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REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

Paix - Travail - Patrie Peace - Work - Fatherland


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MINISTERE DE L’AGRICULTURE MINISTRY OF AGRICULTURE
ET DU DEVELOPPEMENT RURAL AND RURAL DEVELOPMENT
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SECRETARIAT GENERAL SECRETARIAT GENERAL
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DIVISION DE L’ENSEIGNEMENT ET DE LA AGRICULTURAL COOPERATIVE AND
FORMATION AGRICOLES COOPERATIFS ET COMMUNITY EDUCATION AND TRAINING
COMMUNAUTAIRES DIVISION
****** ******
ECOLE POUR LA FORMATION DES SPECIALISTES EN RURAL EQUIPMENT AND DEVELOPMENT
EQUIPEMENT ET AMANAGEMENT RURAUX, KUMBA SPECIALISATION TRAINING SCHOOL, KUMBA
****** ******

COURS D’ALIMENTATION EN
EAU POTABLE

PARTIE I :
GENERALITE SUR LE TRAITEMENT DES EAUX DE CONSOMMATION

Par : EwoukemNkembeSilfried
Ingénieur du génie de l’eau

Septembre 2016
Contenu
CHAPITRE I : Généralités sur la ressource en eau ............................................................................. 3
1.1. Le cycle de l’eau ................................................................................................................... 3
1.2. Paramètres de caractérisation des eaux ................................................................................. 4
1.2.1. Les paramètres physicochimiques ................................................................................. 4
1.2.2. Les paramètres microbiologiques et biologiques ........................................................... 5
1.3. Impacts de la qualité sur la vie des ouvrages : .................................................................. 6
1.4. Impacts sanitaires des différentes composantes des eaux ................................................. 7
1.5. Contrôle et suivi de qualités des eaux de consommation .................................................. 8
CHAPITRE 2 : traitement des eaux destinées à la consommation humaine ..................................... 10
2.1. Généralités .............................................................................................................................. 10
2.2. Traitements T1 : clarification.................................................................................................. 11
2.2.1. Moyens utilisés dans le traitement de clarification :........................................................ 11
2.2.2. Paramètres à prendre en compte dans le dimensionnement............................................. 11
2.2.3. Etape 1 : Le pré traitement et préparation de l’eau à traiter............................................. 11
2.2.4. Etape 2 : la coagulation-floculation ................................................................................. 14
Les coagulants à base de sel d'aluminium ................................................................................. 15
Les coagulants à base de sel de fer............................................................................................ 15
2.2.5. Etape 3 : la décantation .................................................................................................... 17
2.2.6. Etape 4 : la filtration ........................................................................................................ 18
 Mise en œuvre ..................................................................................................................... 19
2.3. Mise à l’équilibre calco-carbonique ....................................................................................... 21
2.3.1. Eau à l’équilibre, eau incrustante, eau agressive ............................................................. 21
2.3.2. La neutralisation .............................................................................................................. 22
2.3.3. La Reminéralisation ......................................................................................................... 23
2.4. Traitement désinfection .......................................................................................................... 23
2.4.1. Désinfection à l’eau de javel ou hypochlorite de sodium ................................................ 24
2.4.2. Désinfection à l’hypochlorite de calcium (Ca(ClO)2). ..................................................... 26
2.5. Les traitements spécifiques : élimination du fer et du manganèse.......................................... 27

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CHAPITRE I : Généralités sur la ressource en eau

1.1. Le cycle de l’eau


L’eau est un solvant naturel, capable de dissoudre n’importe quel corps dont elle est en contact. Elle
se trouve dans l’environnement en trois états naturels à savoir solide (dans les glaciers), liquide
(dans les rivières, lac et océans) et gazeux (dans l’atmosphère).

Le cycle de l'eau est un cycle consistant à des échanges d'eau entre les différentes enveloppes de la
Terre : l'atmosphère, l'hydrosphère (l'ensemble des éléments liquides de la Terre : rivière, mer...) et
le sol (la lithosphère).

Le cycle de l’eau peut se résumer au parcours suivant : précipitation, ruissellement, infiltration,


évaporation, transpiration.

L'eau des océans et des mers, chauffée par le soleil, s'évapore : c'est ce que l'on appelle
l'évaporation. Les lacs, cours d'eau ainsi que la plupart des terrains et leur végétation rejettent
également de l'eau par évapo-transpiration. Sous l’effet des mouvements d’air, cette vapeur d’eau se
condense pour former soit des gouttelettes soit des glaces (condensation). Cette eau, contenue dans
les nuages, retombe sur les océans et les continents lors des pluies et des tombées de neige
(précipitations).

Quand l'eau tombe sur les continents, elle ruisselle ou s'infiltre à travers les roches (infiltration ou
écoulement souterrain). Une partie de cette eau tombée est utilisée par les plantes et ne s'écoule pas
de cette façon. L'eau rejoint, dans un temps plus ou moins long, un cours d'eau. L'eau va de nouveau
aller dans l'océan, les lacs et va reprendre le même chemin, ainsi c'est un cycle qui recommence à
chaque fois.

Quand l'eau s'infiltre dans des roches, elle forme des nappes d'eau souterraine. Dans la plupart de
ces nappes, l'eau circule lentement et fini par ressortir par des sources ou directement par le fond
des cours d'eau.

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1.2. Paramètres de caractérisation des eaux
Comme le montre le cycle de l’eau, plusieurs éléments et substances entrent dans la constitution de
ce liquide du fait de son contact avec le milieu naturel. L’eau s’enrichie au cours de son mouvement
de substances organiques, inorganiques, microbiologiques et biologiques qui influencent ses
caractéristiques. Les paramètres permettant de caractériser une eau se regroupent en deux grands
groupes : les paramètres physicochimiques et les paramètres microbiologiques et bactériologiques.

1.2.1. Les paramètres physicochimiques


La qualité physicochimique d’une eau est caractérisée par des paramètres que l’on peut regrouper
en quatre classes : les paramètres organoleptiques, les paramètres liés la structure naturelle des
eaux, les paramètres concernant les substances indésirables, et les paramètres concernant les
substances toxiques.

 Les paramètres organoleptiques


Ce sont des paramètres qui sont liés à la perception de nos organes vis-à-vis de l’eau. Elles
sont relatives à l’odeur de l’eau, sa couleur, et sa saveur.
 Odeur : il est un signe de pollution ou de la présence de matières organiques en décomposition.
La détermination de l’odeur ne constitue pas une mesure. Le sens olfactif permet dans une
certaine mesure de déceler les différentes odeurs.
 Saveur : elle représente l’ensemble des sensations perçues à la suite de la stimulation,
par certaines substances solubles des bourgeons gustatifs. La minéralisation de l’eau, suivant
qu’elle est faible ou importante, implique un goût plus ou moins accentué. La saveur de
l’eau est toujours révélatrice de sa qualité.
 Couleur : elle peut avoir trois causes naturelles à savoir minérale par les composés ferreux de
l’argile, animale par des urochromes, végétale par des acides humiques. La couleur de l’eau
peut également avoir une cause industrielle (eaux usées industrielles). La coloration d’une eau
est dite vraie ou réelle lorsqu’elle est due aux seules substances en solution. Elle est dite
apparente quand les substances en suspension y ajoutent leur propre coloration. La mesure de la
couleur se donne en nombre d’unité Hazen ou en unité platine Cobalt (PtCo).
 Les paramètres en relation avec la structure naturelle des eaux
Ce sont les paramètres caractéristique de l’aquifère. Parmi eux, on peut citer :
 La température qui est fonction du type de ressource et de l’origine de l’eau.
 Le pH : il est relatif à la teneur de l’eau en ion H3O+
 La conductivité : La conductivité d’une solution ou son inverse, la résistivité est liée à la
concentration ionique. Il traduit le degré de minéralisation de la solution exprimé en micro
siemens par centimètre (μSm/Cm).
 Le Titre Hydrotimétrique ou dureté totale (TH) : Il est relatif à l’ensemble des cations
métalliques présents, à l’exception des ions alcalins. Il renseigne sur la teneur en cations
Ca++, Mg++, Fe++, etc. En général le TH est assimilé à la seule teneur en calcium et
magnésium, éléments dominants dans les eaux naturelles.

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- La dureté (titre) calcique (TCa) : elle est relative à la seule teneur de l’eau en calcium, qui
joue un rôle très important dans l’équilibre calco-carbonique.
- La dureté (titre) Magnésique (TMg) : elle est relative à la seule teneur de l’eau en
magnésium.
 Le Titre alcalimétrique : Les espèces basiques présentes dans l’eau se présentent en général
sous les formes OH-, CO--3, HCO-3, PO4---. Il faut préciser que certaines de ces espèces,
OH- et HCO-3 sont incompatibles les unes avec les autres, donc ne peuvent pas exister à la
fois dans l’eau.
- Le titre alcali métrique simple (TA) : Il ne concerne que les fonctions fortes TA = OH- +
(CO3--)/2
- Le titre alcalimétrique complet (TAC) : Il est relatif à l’ensemble des fonctions basiques
TAC = OH- + CO--3 + HCO-3. En raison de la non coexistence de OH et HCO-3 on à donc
à faire aux deux cas suivants TAC = OH- + CO--3 ou TAC = CO--3 + HCO-3
 Le sodium, sulfates, chlorures, potassium, aluminium.

 Les concernant les substances indésirables dans l’eau


Ce sont les substances qui ne doivent pas apparaitre dans une eau de consommation. On
distingue parmi ces substances :
Le fer, Le manganèse, Les nitrates, Les nitrites, Le zinc, Le cuivre, L’argent, L’ammonium, Le
phosphore, les hydrocarbures dissous ou émulsionnés, le sulfure d’hydrogène, etc.

 Les substances toxiques


Les substances toxiques sont des substances qui causeraient des risques sanitaires avérés en
cas d’exposition ou d’ingestion à de faible dose. Ce sont : L’arsenic, Le cadmium, Le plomb, Le
mercure, Le cyanure, Le baryum, Le Nikel, le chrome total.

1.2.2. Les paramètres microbiologiques et biologiques


Le danger le plus commun et le plus répandu qui menace les eaux en général et les eaux de
consommation en particulier est la pollution directe ou indirecte par les eaux usées, les déchets
divers ou les défections humaines et/ou animales. Les organismes vivants rencontrés dans les eaux à
traiter ou dans les eaux de consommation sont essentiellement : les bactéries, les virus, les
champignons, les amibes, les vers et les insectes.

Un micro-organisme est dit pathogène quand il est capable de proliférer dans un organisme
pluricellulaire en provoquant chez ce dernier des troubles de santé plus ou moins graves.

 Les bactéries : Ce sont des organismes microscopiques unicellulaires, isolés ou


coloniaux. Les principales bactéries pathogènes émises dans le milieu naturel par des porteurs saints
ou malades sont essentiellement :

ques

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 Les virus : Ce sont des agents pathogènes extrêmement petits, visibles seulement au
microscope électronique. Ils vivent essentiellement dans l’intestin d’un sujet porteur et sont éjectés
en grand nombre avec les matières fécales (108unités /g de matière fécale).On peut trouver dans
l’eau, les virus suivants :
• les entérovirus responsable, de la poliomyélite
• les virus de l’hépatite : seule l’hépatite A est transmissible par l’eau ; le type B est transmissible
par transfusion sanguine
• les adérovirus qui attaquent les voies respiratoires et les yeux
• les rotarovirus qui sont responsables des maladies diarrhéiques (20 à 70 des diarrhées infantiles)

 Les indicateurs de pollution biologique et/ou microbiologique :les méthodes servant à


les dénombrer les micros organismes pathogènes étant souvent longues et complexes,l’on procède à
la recherche d’organismes normalement présents dans les déjections humaines et/ou animales à
sang chaud.La présence de ces micro-organismes témoigne de la présence de matières fécales
etpartant de celle d’organismes pathogènes. Parmi eux nous avons les coliformes totaux, les
coliformes fécaux, les streptocoques fécaux, etc.

1.3. Impacts de la qualité sur la vie des ouvrages :


La qualité d’une eau peut impacter sur les ouvrages dont elle est en contact de deux manières :

- La corrosion : elle est due au caractère agressif d’une eau du fait de sa forte teneur en
dioxyde de carbone et son acidité. L’eau a donc tendance à aller puiser dans le matériaux de
l’ouvrage le déficit de calcium nécessaire pour le rétablissement de son équilibre. Cette réaction
favorise donc l’oxydation du métal et l’attaque du béton. La corrosion peut également avoir pour
cause la présence dans l’eau des bactéries réductrices de fer.
- L’entartrage : c’est la formation des dépôts de calcaire (calcium) dans les ouvrages du fait
du caractère entartrant d’une eau. La forte teneur de l’eau en élément calcium conduise à son dépôt
dans les ouvrages principalement les canalisations réduisant de ce fait le diamètre.

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1.4. Impacts sanitaires des différentes composantes des eaux

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1.5. Contrôle et suivi de qualités des eaux de consommation

1.5.1. Types d’analyses


Les types d'analyses à réaliser ou à faire réaliser selon les situations peuvent être des analyses
réduites, des analyses sommaires, des analyses complètes, ou des analyses particulières.
L’application des types d’analyses dépend de :
- Du point d'analyse dans le système d'AEP : ressource, production, distribution
- De l’origine de l’eau : Eaux souterraines, Eaux de surface

1.5.2. Fréquences des analyses


Les fréquences des analyses varient selon l’emplacement :
A la ressource et à la production (usine) les fréquences sont fonction du débit journalier (m3/jour) ;
A la distribution les fréquences d’analyses sont fonction de l’importance de la population desservie.

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CHAPITRE 2 : traitement des eaux destinées à la consommation humaine

2.1. Généralités
Une eau potable est :
- Une eau qui ne fait courir aucun risque pour la santé de l’homme à court, moyen et long terme,
- Une eau qui est acceptée du point de vue organoleptique par le consommateur,
- Une eau qui ne se dégrade pas durant son transport jusqu’au point d’utilisation,
- Une eau qui ne dégrade pas les ouvrages de transport et de stockage.

Les traitements ont pour objet de donner aux eaux destinées à la boisson, à la préparation des
aliments, à l’industrie alimentaire et voire destinées aux usages domestiques, des qualités répondant
à des recommandations ou à des exigences de normes.

La chaîne de traitement est constituée des ouvrages qui permettent la correction de paramètres de
l’eau brute en vue de les ramener à des concentrations respectant les critères d’eau potable.

Les caractéristiques physico-chimique et bactériologique de la ressource en eau, et les qualités


requises à l’usage, déterminent la nature des traitements à mettre en œuvre.
Par contre c’est l’importance et le niveau de développement socioéconomique de la population qui
vont déterminer la taille des ouvrages de traitement.

Dans une chaîne de traitement, les processus ci-après peuvent être mis en œuvre.

 Processus physiques :
Dégrillage, dessablage, débourbage, tamisage/ micro tamisage, aération, flottation, décantation et
filtration.

 Processus chimiques :
Coagulation / floculation, mise à l’équilibre calco carbonique, déferrisation, démanganisation etc…

 Processus biochimiques :
Désinfection et dégradation de la Matière Organique – MO-

L’ensemble de ces processus permettent :

 La clarification : élimination des Matières en suspensions et des matières colloïdales;


 La désinfection : élimination des germes pathogènes avec possibilité de protection contre
d’ultérieures pollutions bactériologiques;
 L’élimination ou la réduction de certains constituants minéraux dangereux pour la santé;
 La satisfaction des caprices organoleptiques des consommateurs.

Suivant la qualité des eaux à la ressource et les qualités requises à l’usage, on peut être amené à
appliquer les traitements ci-après :
 Traitements de clarification (traitement T1)
 Traitements de désinfection (traitement T2)
 Traitements de mise à l’équilibre calcocarbonique (Traitement T3)
 Traitements spécifiques (élimination du fer et du manganèse etc. …).

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2.2. Traitements T1 : clarification
Le traitement de clarification est l’ensemble des techniques et procédés de traitement qui visent
l’élimination des substances physiques, organiques, colloïdales et minérales dans une eau destinée à
la consommation humaine. Il vise trois objectifs principaux à savoir :
• Respecter les exigences de qualité requises pour la totalité des paramètres pris en compte par
les normes.
• Obtenir une qualité d’eau apte à subir les traitements de désinfection sans risque de formation
de sous-produits faisant l’objet d’une exigence de qualité.

• Produire une eau ne présentant pas de risque de dégradation de sa qualité lors de son
transport, stockage et distribution jusqu’au point d’utilisation.

2.2.1. Moyens utilisés dans le traitement de clarification :


Trois principaux moyens sont utilisés dans les traitements de clarification :
- La séparation directe : à travers les techniques séparative comme la filtration, l’ultrafiltration
et la nano filtration.
- L’insolubilisation et séparation à travers la coagulation-floculation. Elle consiste à Précipiter
les composés à éliminer par des réactifs chimiques puis séparation par filtration.
- La destruction, assimilation par les filières biologiques. C’est la Consommation ou
métabolisme des composés à éliminer par une faune bactérienne adaptée.
- La rétention (échange d’ion) qui est la fixation du composé sur un support spécifique.

2.2.2. Paramètres à prendre en compte dans le dimensionnement


 Etat des périmètres de protection (Existence, conformité, Identification des risques de
pollution)
 Qualité de l ’eau à traiter Variabilité
Paramètres en dépassement
Paramètres à prendre en compte ( risques d ’évolution )
Traitabilité( essais préalables, pilotes )
 Caractéristiques du réseau (Rendement hydraulique, Temps de séjour)
 Caractéristiques du site
Accessibilité
Liaisons disponibles ( Energie, P&T… )
Possibilités d ’interconnections ( Substitution ou dilution )
Débit à traiter

Les filières d’insolubilisation- filtration peuvent se regrouper en quatre (04) étapes à savoir : le pré
traitement et la préparation de l’eau à traiter, la coagulation-floculation, la clarification, et la
filtration.

2.2.3. Etape 1 : Le pré traitement et préparation de l’eau à traiter


Ils sont physiques ou chimiques et sont destinés à extraire de l’eau brute la plus grande quantité
possible d’éléments dont la nature ou taille constituerait une gêne pour les traitements ultérieurs
et/ou pour les pompages.
Ils sont effectués à deux niveaux : à la prise/station de pompage, et à l’usine de traitement.

a)A la prise/station de pompage :


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Le positionnement de la prise et le chois de la technique d’aménagement sont des éléments d’une
grande importance dans le traitement de l’eau dans le cas des eaux de surface.

On distingue plusieurs types d’aménagement d’une prise : la prise sur les berges, la prise au milieu
du cours d’eau, la prise dans le lit du cours d’eau, et le captage en lac ou en barrage.
Au niveau de la station de pompage, le dégrillage, le dessablage et le débourbage constituent
également les techniques de rétention des éléments grossiers et fins.

b) A l’usine de traitement
L’objectif de la préparation de l’eau à traiter au niveau de l’usine est de Mettre en place les
conditions optimales favorables au traitement. Les principaux moyens utilisés sontl’oxydation, la
correction du Ph et la minéralisation.
 Lapré oxydation :
Elle a pour objectifs de :
• Eliminer le caractère réducteur de l’eau à traiter (anoxie)
• Précipiter les composés métalliques (Fer, Manganèse)
Elle est faite par deux procédés : l’oxydation par l’oxygène de l’air et l’oxydation par les agents
chimiques.
 L’oxydation par l’oxygène de l’air :Elle est nécessaire lorsque,
il faut oxyder la M.O afin d'éliminer les goûts et les odeurs,
il s'agit de faire précipiter le manganèse et/ou le fer des eaux souterraines
il s'agit d'éliminer le CO2 agressif des eaux souterraines
On en distingue trois techniques :

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 L’oxydation par les agents chimiques
Oxydants utilisés :

Stoechiométrie : g/g métal à éliminer


Produit Fer Manganèse Mise en œuvre
Bioxyde de Chlore 1,2 2,5 cf Désinfection
Ozone 0,86 0,87 cf Désinfection
Permanganate 0,94 1,9
Exemple de pré oxydation au permanganate de potassium
Utilisé pour l’élimination spécifique du Fer et du Manganèse dans les eaux peu chargées en
matières organiques.
Caractéristiques : Poudre cristallisée de couleur violette peu soluble dans l’eau ( 44 g/l à 10°C ; 90
g/l à 30°C ). Les solutions utilisées sont généralement préparées à une concentration de 10 g/l.

Taux de traitement : Les concentrations résiduelles en Fer et Manganèse affectées de leur


stœchiométrie conduisent à la valeur de la dose à appliquer. Par la suite, les oxydes bruns ( MnO2 )
catalysent cette oxydation : des doses moins importantes seront nécessaires.

Dimensionnement : exemple: Traitement d’une eau dont les teneurs en Fer et Manganèse après
aération sont respectivement de 0.15 et 1.2 mg/l. Les débits à traiter sont de 50 m3/h et 1000 m3/j
(temps de fonctionnement 20 h/j)

Taux de traitement : 0.15 * 0.94 + 1.2 * 1.9 = 2.42 g/m3


Débit massique horaire : 2.42 * 50 = 121 g/h
Débit à injecter : 121 g/h / 10 g/l = 12.1 l/h Pompe doseuse de 4 à 20 l/h
Consommation journalière : 12.1 * 20 = 242 l/j
Stockage l Autonomie j
Point d ’injection : FLOCULATEUR 2000 8
2500 10
 La correction du pH
Les réactions de coagulation se produisent dans des conditionspHmétriques bien précise. Il est donc
nécessaire de corriger le pH de l’eau soit en l’augmentant ou soit en l’abaissant pour satisfaire aux
conditions de floculation.

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 Acidification de l’eau : Les réactifs de coagulation utilisés sont très acides : leur mise en
œuvre conduit à un abaissement du pH. Dans le cas d’un abaissement insuffisant, des produits
acides tels que H2SO4 (acide Sulfurique) peuvent être utilisé. Le gaz carbonique (CO2) est très
utilisé. Le plus souvent il est couplé avec de la chaux : Stabilisation du pH de floculation
 L’alcalinisation de l’eau : sont utilisés comme réactif le lait de chaux ou la soude. Le taux de
traitement de ces derniers est déterminé par des essais préalables.

2.2.4. Etape 2 : la coagulation-floculation


L'eau contient de nombreux composés qui peuvent être regroupés en trois catégories
 Matières en suspension - MES -
Ces produits peuvent être d'origine minérale (sables, limons, argiles, …) ou organique (produits de
décomposition des matières végétales ou animales).
A ces produits s'ajoutent les micro-organismes tels que bactéries, plancton, algues et virus. Ces
substances sont responsables, en particulier de la turbidité et de la couleur.
 Matières colloïdales (moins de 1 micron)
Ce sont des MES de même origine que les précédentes mais de plus petite taille et dont la
décantation est excessivement lente voire impossible à décanter naturellement.
Les colloïdes sont soumis à deux types de forces:
- Force d'attraction de Van der Vaals EA, liée à la structure et à la forme des colloïdes
- Force de répulsion électrostatique EB, liées aux charges superficielles des colloïdes.
La stabilité d'une suspension colloïdale dépend du bilan de ces forces. Pour favoriser
l'agglomération des colloïdes il faut diminuer les forces de répulsion électrostatique: c'est la
coagulation.
 Matières dissoutes (moins de quelques nanomètres)
Ce sont généralement des cations ou des anions.
Une partie de la matière organique est également sous forme dissoute. On trouve aussi des gaz (O2,
CO2, H2S ….)

Les procédés de coagulation et de floculation facilitent l'élimination des matières en suspension et


des matières colloïdales. Quant à l'élimination des substances dissoutes elle nécessite pour chaque
espèce un traitement spécifique.

a) Principe de la coagulation
Après les opérations de pré traitement des particules restent présentes dans l'eau: matière en
suspension, matières colloïdales et matières dissoutes. Les colloïdes sont généralement porteurs de
charges électrostatiques négatives donc, soumises à des forces de répulsions mutuelles.
La coagulation a pour but de réduire ces charges (par apport de charges positives) et de former un
précipité adsorbant les substances indésirables.

Une agitation rapide (vitesse des hélices 120 à 140trs/min) en un temps bref (1 à 2 minutes) permet
un mélange du coagulant (phase de coagulation). Une phase d'agitation modérée (30 à 40 trs/min)
pour un mélange lent (10 à 20 minutes) permet une collusion entre précipité et particule pour
donner des flocs (phase floculation) facilement séparables de l'eau par décantation ou par filtration.

b) Les réactifs et réactions chimiques


Les coagulants généralement utilisés sont des sels d'aluminium et de sels de fer. Ce sont les ions
Al3+ et Fe3+ qui vont former avec les ions OH- de l'eau un précipité et neutraliser les charges
négatives des colloïdes.

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Les coagulants à base de sel d'aluminium
La réaction de base est Al3+ + 3H2O  Al (OH) 3 + 3H+

On note qu'il y a formation d'un précipité d'hydroxyde d'aluminium et libération d'une acidité. Cette
acidité H+ va réagir sur certaines espèces en solution, notamment les ions bicarbonates en solution:
H   HCO3  H 2O  CO2
Après la coagulation l'eau connaît alors une baisse du pH à cause de l'apparition de l'acidité.
Cette acidité peut être compensée par ajout (soit en même temps que le coagulant, soit après le
coagulant).
3
N.B : La coagulation floculation est optimale pour 6  pH  7 pour Al et 5 pH 11pour Fe 3+

Sulfate d'aluminium (forme liquide ou solide) Al2 (SO4 )3 ,18H2O.Il est très soluble et stable.
Réactionchimique :Al2 (SO4 )3+ 6HCO- 3  2Al(OH)3 +3SO2-4 + 6CO2

Les coagulants à base de sel de fer


Le principe de réaction est
Fe3  3H 2 0  FeOH 3  3H 
L'ion ferrique peut enduire une coloration de l'eau traitée
Chlorure ferrique (liquide, parois cristallisées) FeCl3 ,6HCO3
Les principaux réactifs utilisés sont les suivants :
Réactifs Formule Produit commercial
Densité Titre Points forts Points faibles
COAGULANTS - FLOCULANTS
Sels de Fer
Chlorure Ferrique FeCl3 1,43 596 g/l Très efficace sur la matière organique Exige un dosage précis ( couleur jaune )
1,38 521 g/l Pas de contraintes de pH (de 5,0 à 8,5 ) Forte incidence sur le pH
Ne gèle pas ( surtout d = 1,38 ) Peut nécessiter un adjuvant ( Alginate )
Sels d'aluminium
Sulfate d'alumine Al2(SO4)3, 18 H2O Efficace sur la matière organique Forte contrainte du pH ( 5,5 à 7,5 )
Solution 1,33 17 % Al2O3 Plus souple dans le dosage Aluminium résiduel réglementé
Sa formulation est polymérisée Cristallise à basse température
WAC Polychlorure 1,2 10 % Al2O3 Incidence moins importante sur TAC et TH Mêmes remarques
WAC HB d'aluminium
Aqualenc basifié

ADJUVANTS DE FLOCULATION
Alginate Solide Efficace avec les sels de Fer : eaux froides
Polymères de synthèse Solide Efficace à très faible dose Polymère agréé Eau potable ( SEP )
Taux de traitement limité
Réglementation résiduel de monomère
CORRECTEURS DE pH
Soude NaOH 1,27 300 Facile à mettre en œuvre Coût important. Pas d'apport de TAC et TH
Chaux Ca(OH)2 Solide Faible coût. Apport de TH Point fragile de la filière
Carbonate de Sodium Na2CO3 Solide Pas d'apport de TH. Solutions à préparer

Gaz carbonique CO2 Gaz Facilité des réactions

c) Détermination du taux de traitement : essai de floculation ou jar test


L'essai de coagulation tente de recréer les conditions d'addition du coagulant
(et éventuellement d'adjuvant), de mélange rapide, de floculation et de décantation qui existe dans
une chaîne de traitement donnée. C'est une opération qui permet au traiteur,
. de déterminer les coagulants (et adjuvants éventuels) appropriés pour une eau donnée
. d'adapter les dosages de coagulants (et adjuvant) aux variations de turbidité de couleur ou d'autres
facteurs. L'opération est couramment appelée le jar test.

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Après addition de différentes doses la coagulation floculation est simulée par deux phases
d'agitation :

- Vitesse de rotation des hélices 120 à 140 tr/mn pour un mélange rapide d'une durée de 1mn.
C'est la phase de coagulation.
- Vitesse de rotation des hélices : 30 à 40 tr/mn pour la formation des flocs. Mélange lent qui
permet aux flocs de se rencontrer pour une agglomération : durée
10 à 20 mn. C'est la phase de floculation.
N.B. : Il est bon de noter pendant cette phase le temps et l'ordre d'apparition des premiers flocs.
Après ces phases d’agitation, il faut
- Arrêter le dispositif d'agitation et laisser les échantillons décanter pendant 5 à 15 voir 60
minutes.
- Observer le comportement des échantillons (évolution des flocs, niveau de décantation). Les
résultats sont qualifiés de mauvais, passable, bon, excellent.

N.B. : la plus faible dose qui fasse disparaître la turbidité sera essayée sur la chaîne réelle de
traitement.
- Retirer à l'aide d'une pipette une portion d'échantillon prise dans les 4 cm supérieurs de chacun
des bêches et déterminer la couleur, le pH, la turbidité et l'alcalinité totale.
- Reprendre l'opération en mettant dans chaque bêche la dose optimale retenue – y ajouter des
doses croissantes d'adjuvants.

d) Dimensionnement des ouvrages


 Préparation et injection des réactifs
Les solutions sont préparées dans des bacs à des concentrations comprises entre 10 et 100 g/ litre.
Le produit est dissout dans de l'eau filtrée. Une fois le taux de traitement connu, le
dimensionnement devient possible.
- Débit massique horaire du coagulant :
Taux de traitement X Débit d’eau à traiter = Débit massique horaire

Dimensionnement dispositif injection du coagulant

- Débit massif journalier de coagulant pure :


Débit massique horaire X Durée de fonct. h/j = Débit massique journalier
- masse de coagulant à prélever pour la préparation :
Débit massique journalier/taux de réactivité du coagulant = Masse journalière du réactif
- débit horaire d’injection : Préparation de la solution
Débit massique horaire/concentration de la solution de coagulant = Débit horaire à injecter

Dimensionnement pompe doseuse


- Volume journalier de la solution :

Cours d’alimentation en eau potable EFSEAR de Kumba, Septembre 2016 Page 16


Débit horaire X Durée de fonct. h/j = volume de la préparation/ jr
- Volume de la cuve de préparation :
Volume journalier X autonomie de la station (en Jr) = Volume de la cuve de préparation
 Dimensionnement de la filière
- Agitation rapide : objectif est d’assurer le
mélange des réactifs avec l’eau à traiter
afin d’obtenir une réaction complète
Condition de fonctionnement : temps de
contact 2 minute, vitesse 140 tr/min

Volume de la cuve = Débit d’eau à traiter X


Temps de contact
On fixe la hauteur et on détermine la surface,
puis la largeur pour déterminer la longueur.
La coagulation peut aussi se faire par cascade
ou dans des bassins à agitation mécanique.
- Agitation lente (floculation) : l’objectif
de favoriser le contact des produits
coagulés pour qu’ils se rassemblent sous
forme de « floc ».

Conditions de dimensionnement : vitesses de rotation 20 à 40 tr/min, temps de contact 20 minutes.


Même principe de dimensionnement que l’agitation rapide.

2.2.5. Etape 3 : la décantation


La décantation est un procédé physique utilisé dans pratiquement toutes les usines d'épuration et de
traitement des eaux.
Elle a pour but d'éliminer les particules en suspensions dont la densité est supérieure à celle de l'eau.
Ces particules sont en général des particules de flocs (coagulation floculation) ou des particules
résultant de la précipitation qui a lieu lors des traitements d'adoucissement ou d'élimination du fer et
du manganèse.
Les particules décantées s'accumulent au fond du bassin de décantation d'où elles sont extraites
périodiquement. L'eau clarifiée, située près de la surface, est dirigée vers l'unité de filtration.
On distingue plusieurs types de décanteur : le décanteur statique à flux vertical, le décanteur
statique à flux horizontal, le décanteur lamellaire, et les décanteurs à lit de boue.
 décanteur statique à flux horizontal : décanteurs rectangulaires
Selon Degrémont dans ce type de décanteur, la surface de décantation en mètres carrés est égale
une à deux fois le débit horaire en mètres cubes par heure  Vitesse de décantation suivant la
surface horizontale compris entre 0,50 et 1,00m/h.
Autres conditions :
Généralement dans ce type de décanteur,
 le temps de séjour est compris entre 2 et 4 heures
 la profondeur est comprise entre 2,5 et 4 mètres

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L
 3   6
l
L
 20   35
H

 Différentes parties d'un décanteur statique

(1) (4)

(2)

(3)

(1)- Zone de tranquillisation ou d'entrée

Elle doit permettre une répartition uniforme du flux d'entrée suivant la longueur, on peut avoir :

 Une paroi plongeante sous laquelle passe l'eau ou


 Une paroi encrée au fond avec des orifices V  0,15 m/s
(2)- Zone de décantation

Temps de séjour 1 à 4 heures


(3)- Zone des boues

On estime que la zone des boues doit avoir un volume de 25 % du volume de décantation. Le
soutirage des boues peut être hydraulique ou à la pompe.
(4)- Zone de sortie

L'écoulement doit être tranquille pour éviter la remise en suspension des eaux. La collecte des eaux
décantées doit s’effectuer à environ 30 à 40 cm sous la surface libre.

2.2.6. Etape 4 : la filtration


La filtration est un procédé de séparation solide – liquide au travers d'un milieu poreux. Les
particules solides y sont maintenues.

 Selon le mode de mise en œuvre, on distingue deux grandes catégories de filtration:


 La filtration sur support
 La filtration sur lit granulaire
 Selon la vitesse de filtration on distingue :
 La filtration lente 0,50  V  5 m / jour
 La filtration rapide 4  V  10 à 15 m / h

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. les filtres rapides ouverts
. les filtres rapides fermés (ou sous pression)
 Selon le nombre de couches constituant le massif filtrant on distingue
 La filtration sur filtres mono couche
 La filtration sur filtres multicouches (en général sable et anthracite)

 Selon le mode de lavage on distingue :


 Les filtres lavables à l’eau seule (seulement les filtres sous pression)
 Les filtres lavables à l’air et à l’eau
 Les filtres lavables à l’air puis à l’eau (séparément)

a) Filtration lente
La filtration lente est une méthode d'épuration qui consiste à faire passer l'eau à traiter à travers un
lit de matériau filtrant. Au cours de ce passage, la qualité de l'eau s'améliore considérablement par
une diminution importante du nombre de micro-organismes (bactéries, virus, kystes), par
l'élimination des matières en suspension et colloïdales et par des changements dans sa composition
chimique.
Elle est utilisée pour les eaux de surface ne subissant pas de coagulation - floculation. L'activité de
dégradation biologique est importante. Il y a destruction 99 à 100 % des germes totaux, Eschérichia
Coli, et des kystes d'amibe.

La filtration lente est une technique efficace pour les petites localités : elle
- est efficace
- peut être réalisés avec des matériaux locaux
- n’a pas besoin d’énergie électrique
- ne nécessite pas une main d’œuvre qualifiée
- n’engendre pas de consommation de réactifs.

 Mise en œuvre
La filtration étagée permet de bons résultats et retarde le colmatage

20 à 40 mm OOOOOOOOOOOOOOOOOO Filtre dégrossisseur 20 à 30 m3/m2/j


OOOOOOOOOOOOOOOOOO
OOOOOOOOOOOOOOOOOO
1 mm OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO pré filtres 10 à 20 m3/m2/j
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
3
0,3 mm  Filtres finisseurs 2 à 5 m /m2/j



 Entretien
- empêcher l’assèchement  destruction du film biologique

- racler la couche supérieure en cas de colmatage (le sable peut être lavé et remis)

Cours d’alimentation en eau potable EFSEAR de Kumba, Septembre 2016 Page 19


- laver la masse de sable une fois / an.

b) Filtration rapide : 5 à 15 m3/m² /h (voire 20 m3/m² /h selon Degremont) filtre ouvert


L’eau à traiter généralement a reçu au préalable la coagulation -floculation puis la décantation.
N.B.Pour une eau uniquement (non décantée ) la filtration assurera à elle seule la rétention du floc
et de toutes les particules en suspension : cela suppose que le floc soit peu abondant, donc que les
eaux brutes soient peu chargées en MES et en colloïdes (MES  20 à 30mg/l généralement).

Les principaux avantages de la filtration rapide sont :


- une action biologique faible.
- une réduction des surfaces de filtration
- une souplesse d’exploitation
- une adaptation aux brusques variations de l’eau
- une commodité et rapidité de nettoyage des masses filtrantes
Pour la mise en œuvre de la filtration rapide on utilise des filtres ouverts ou des filtres fermés (sous
pression)

Dimensionnement

- filtres mono couches


.Matériaux = 1 à 2 mm
. Épaisseur du lit filtrant 0,8 à 1, 30 m  2 m
- filtres multicouches (durée de vie plus élevée: temps entre deux lavages)
Pierre ponce 3 mm e = 0,30 m
Hydroanthracite 2 mm e = 0,40 m
Sable de quartz 0,7 mm e = 0,80 m
- surface de filtration = Débit d’eau à traiter/Vitesse de filtration
un fois la surface déterminée, on peut la répartir en 2, 3, 4 compartiment ou plus.

 Filtres rapides ouverts lavables à l’air et à l’eau


Le lavage de ces filtres s’effectue par retour simultané d’air et d’eau suivi d’un rinçage à débit
moyen d’eau ne provoquant pas de mise en expansion du lit filtrant.

. Les filtres AQUAZUR T


Ils sont utilisés à des vitesses comprises entre 5 et 10 m/h
- Le lit filtrant est de granulométrie homogène
- Epaisseur du massif filtrant : 0,80 à 1,00m
- La taille effective du matériau est compris entre 0,7 et 1,35mm
- Faible hauteur d’eau au-dessus du massif filtrant : 0,50m
- Une chute géométrique réduite (2,00m en général) pour éviter un trop fort encrassement qui
pourrait entraîner un important dégazage de l’eau
- Ils sont équipés de buselures à longue queue visée sur des dalles en polyester armé ou en béton

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2.3. Mise à l’équilibre calco-carbonique
La mise à l’équilibre calco-carbonique constitue une étape importante du traitement des eaux de
consommation.
Les eaux de consommation, quelque soit leur niveau de traitement ne sont pas pures : elles
contiennent des éléments chimiques dissous dont le plus important est le bicarbonate de calcium (ou
hydrogénocarbonate de calcium).

L’objectif de ce traitement est d’établir les conditions favorables aux traitements de floculation et
désinfection, et de protéger les ouvrages de transport et de stockage contre la corrosion ou
l’entartrage.
Le terme calco-carbonique peut se décomposer en deux expression :
- Calco : compris comme calcaire ou calcium (ca2+), représente la somme des ions calcium et
magnésium (ca2+ et Mg+). Cette teneur en ces ions est appelée dureté et est mesurée par le titre
hydrotimétrique (TH).
- Carbonique : représente la quantité de gaz carbonique (CO2) présente dans l’eau. Cette
quantité peut être sous forme libre ou liée (bicarbonates, carbonates). Il est exprimé par le titre
alcalimétrique complet (TAC) en °F.

2.3.1. Eau à l’équilibre, eau incrustante, eau agressive


En matière d'alimentation en eau, les eaux contiennent et/ou sont en contact avec le bicarbonate (ou
hydrogénocarbonate) de calcium. Suivant la teneur CO2 on peut assister soit:
- à des réactions chimiques de dissolution de carbonate de calcium (agressivité),
- à des réactions chimiques de précipitation de carbonate de calcium (entartrage),
- à un équilibre entre le CO2 et les bicarbonates de calcium.
Le pH correspondant à cette situation d'équilibre est dit pH d'équilibre ou pH de saturation (pHs)

Cours d’alimentation en eau potable EFSEAR de Kumba, Septembre 2016 Page 21


L’équation d’équilibre calco-carbonique se présente comme suit :

Dans le cas d’une eau agressive, l'eau a une forte teneur en CO2 (CO2 libre > CO2 équilibrant) et
une faible teneur en calcium. L’eau a tendance à dissoudre le calcaire et à attaquer les mortiers et
les bétons. Les couches protectrices carbonatées à l’intérieur des canalisations métalliques sont
attaquées. Ainsi la conduite est exposée à la corrosion (attaque du métal) interne. Il faut dans ce cas
appliquer un traitement de neutralisation (d’adoucissement).
Dans le cas d’une eau incrustante, il y a une faible teneur en CO2 (CO2< CO2 équilibrant) et une
forte teneur en calcium donc l'eau à tendance à précipiter du calcaire  réduction des sections des
canalisations. Le traitement à appliquer dans ce cas est la décarbonatation.

2.3.2. La neutralisation
Les traitements de correction de pH, souvent désignés par le terme de neutralisation, qui consistent
à ramener le pH d’une eau à une valeur définie peuvent concerner les domaines suivants :
- Correction du pH avant un stade de traitement ultérieur biologique ou physico-chimique
(ajustement du pH de floculation)
- Correction de l’équilibre calco-carbonique pour protéger les conduites d’eau contre la
corrosion ou l’entartrage.

Cours d’alimentation en eau potable EFSEAR de Kumba, Septembre 2016 Page 22


Les principaux moyens utilisés pour la neutralisation sont :
- Chasser le CO2 Excédentaire : stripping (air)
- Neutraliser par un produit alcalin :
- soude, carbonate de soude
- chaux, neutralite (apportent des ions Ca)

2.3.3. La Reminéralisation

Elle consiste à apporter à l’eau les éléments minéraux tels que le calcium et le dioxyde de carbone
pour relever son TH et son TAC.

NB : pour la réalisation de tout opération de mise à l’équilibre calco-carbonique il est primordiale


d’effectuer les analyses suivantes :
- Le titre hydrotimétrique (teneur de l’eau en calcium et magnésium)
- Le titre calcique (teneur de l’eau en élément calcium)
- Le titre alcalimétrique complet (teneur de l’eau en CO2 libre et liés)
- Le pH de l’eau
- Effectuer les tests pour déterminer le pH de saturation ou d’équilibre (pHs).

2.4. Traitement désinfection


L'eau destinée à la consommation doit être exempte de micro-organisme qui pourrait porter atteinte
à la santé du consommateur.
Le processus de coagulation floculation, décantation et filtration réduisent à des degrés divers la
teneur de l'eau en micro-organismes sans toutefois en éliminer la totalité.
La désinfection de l'eau destinée à la consommation humaine est l'étape finale indispensable dans
toute filière de traitement de potabilisation et dans la distribution. La désinfection permet la
destruction ou l'inactivation des micro-organismes pathogènes pour l'homme.
La désinfection utilise des moyens physiques ou chimiques. Les paramètres qui influencent la
désinfection de l'eau sont :
- Nombre et nature des micro-organismes à détruire ou à inactiver
- Type de concentration du désinfectant utilisé
- Température de l'eau à désinfecter : plus la température est élevée, plus la désinfection est rapide
et complète.
- Le temps de contact : la désinfection est d'autant complète que le produit reste en contact avec
l'eau.

Cours d’alimentation en eau potable EFSEAR de Kumba, Septembre 2016 Page 23


- La nature de l'eau à désinfecter : la présence de particules colloïdales ou organiques entrave le
processus de désinfection.
- Le pH de l'eau
- Le mélange : un bon mélange assure une dispersion correcte du désinfectant dans l'eau.
- La nature du désinfectant: pouvoir oxydant (bactéricide); pouvoir rémanent
On distingue deux type de désinfection :
 La désinfection par les agents traceurs : c’est la désinfection par les éléments permettant
non seulement la désinfection de l’eau, mais aussi sa protection contre les pollutions au cours de
son transport et stockage. Parmi ses méthodes, on a la désinfection au chlore gazeux (cl2), la
désinfection à l’hypochlorite de sodium ou eau de javel (NaClO) et celle à l’hypochlorite de
calcium (Ca(ClO)2).
 La désinfection par les agents non traceurs : c’est celle assurant uniquement l’élimination
des germes pathogènes dans l’eau. On peut citer parmi elles l’ozonation (O3), l’ultrafiltration, la
d’désinfection au rayon ultra-violet (UV).

2.4.1. Désinfection à l’eau de javel ou hypochlorite de sodium

 Propriétés du clore :
Caractéristiques :
• Gaz jaune, irritant, plus lourd que l ’air
• Formule chimique : Cl 2 Masse molaire : 71 g Volume molaire : 22.4 l
• 1 ° chlorométrique = 3.17 g
Réactivité :
• C’est un oxydant : oxydation du fer, des composés organiques
• Il réagit sur les composés hydrogénés (Réactions de substitution)
-Formation de chloramines avec NH4
- Formation de Trihalométhane (THM)
- Formation de Chlorophénols …
• Il réagit avec l’eau ( Réactions de dismutation )
• Il a un pouvoir bactéricide
• L ’eau de Javel est une solution de Chlore dans la soude
Cl2 + 2 NaOHNaOCl + NaCl + H2O
• Les propriétés énoncées pour le Chlore sont valables pour l ’eau de Javel
 Utilisation comme agent désinfectant

Avantages :
• Bonne efficacité sur les bactéries, germes pathogènes et virus
• Bon agent de traçage
• Facile d’emploi
• Dosages colorimétriques ou électrochimiques faciles et rapides
• Coût modéré

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Inconvénients :
• Réagit avec l’ammoniaque et les composés organiques en donnant des sous-produits
générateurs de goûts ou faisant l’objet d’une exigence de qualité
• Sa mise en œuvre demande une bonne connaissance de la qualité de l’eau (pH, Demande en
chlore, Teneur en COT …)
• Son efficacité nécessite un temps de contact vrai(CT)
• Produit dangereux : son stockage est soumis à réglementation
 Définitions :
Chlore libre : Quantité de chlore résiduel disponible
Chlore combiné : Chlore lié à des substances pouvant avoir une action bactéricide
Chlore total : Somme du chlore libre et combiné
Chlore actif : Quantité de chlore sous forme d’acide hypochloreux, principe actif
Demande en chlore : Quantité de chlore nécessaire au traitement de l’eau
Taux de chloration : Quantité de chlore en g/m3 appliquée à l’eau à traiter
CT : Concentration moyenne mesurée x Temps de contact
 Mise en œuvre
• Injection et dosage à l’aide d’une pompe doseuse
• Possibilité d’asservissement à la mesure du débit traité et au résiduel de chlore
• Le stockage doit assurer une durée acceptable entre les approvisionnements
• Le stockage doit également tenir compte de la diminution du titre au cours du temps

 Analyse de l’eau à traiter

 Dimensionnement :
- Débit massique horaire de chlore :
Taux de traitement retenu X Débit à traiter m3/h = Débit massique horaire

Cours d’alimentation en eau potable EFSEAR de Kumba, Septembre 2016 Page 25


- Débit horaire à injecter :
Débit massique horaire/ Teneur en chlore de l’eau de javel utilisée (Titre EJ x 3,17) = Q (l/h)

Dimensionnement de la pompe doseuse


- Volume journalier nécessaire
Débit horaire à injecter X Durée de fonct (h/jr) = Volume journalier d’Ej
0
Dimensionnement du stockage
. / Autonomie

Exemple : Traitement à 0.75 g/m3 , 20 h/j , d ’une ressource produisant 200 m3/h EJ : 48°7chloré
5
0.75 g/m3 x 200 m3/h = 150 g/h Pompe doseuse de 0.5 à 3.5 l/h
150 g/h / 150 g/l = 1 l/h g
/
m
1 l/h x 20 h/j = 20 l/j 3

x
Dans la plus part des temps, l’eau de javel est utilisé en solution diluée.
Dans le cas d’injection d’une solution d’eau de javel diluée à une concentration
2 C (g/l), les
paramètres de dimensionnement sont les suivants : 0
0
- Masse journalière de chlore nécessaire = taux de traitement x Volume journalier d’eau à traiter
- Volume journalier d’eau de Javel = Masse jr de chlore/ (titre EJ x 3,17)
m
- Volume journalier de solution mère préparée à une concentration C :
3
V = Vjr eau de javel / Concentration de la solution (g/l) /
- Modalités de préparation de la solution mère : la solution est préparée h dans un bac et
injectée dans l’eau par une pompe doseuse.
Volume eau de dilution = Volume solution – Volume jr eau de javel =

1
2.4.2. Désinfection à l’hypochlorite de calcium (Ca(ClO)2).
5
0
Il se présente en granulés blancs. Il est assez stable et pur entre 70 à 94 %
Pour le traitement il est recommandé la préparation de solution de concentration
g comprise entre 0,5
et 1 %. /
Le produit commercial contient 92 à 94 % de Ca(ClO)2correspondant à 650-700 h g /kg de chlore .
 Propriétés
1
Il a les mêmes propriétés que l’eau de javel. 5
0
 Mise en œuvre
• Injection et dosage à l’aide d’une pompe doseuse g
/
• Possibilité d’asservissement à la mesure du débit traité et au résiduel de chlore
h
• Le stockage doit assurer une durée acceptable entre les approvisionnements
• Le stockage doit également tenir compte de la diminution du titre au cours / du temps
 Dimensionnement 1
- Débit massique horaire de chlore actif nécessaire: 5
Taux de traitement retenu X Débit à traiter m3/h = Débit massique0 horaire
Cours d’alimentation en eau potable EFSEAR de Kumba, Septembre 2016 g Page 26
/
l
- Masse journalière de chlore actif nécessaire = Débit massique horaire x durée fonct
- Masse journalière d’hypochlorite = Masse jr chlore actif nécessaire / Titre hypochlorite
- Volume journalier de la solution préparée à une concentration C :
V = Masse jr hypochlorite / Concentration de la solution
- Débit pompe doseuse :

Q = V / Durée de fonct (l/h)

2.5. Les traitements spécifiques : élimination du fer et du manganèse


Le fer et le manganèse étant présents dans la plupart des sols sous forme de minéraux, la
solubilisation de ces derniers est responsable des concentrations élevées de fer et de manganèse
dans les eaux.
Le fer est l'un des éléments les plus abondants dans les sols, c'est pourquoi on le retrouve plus
fréquemment et en concentration plus élevées que le manganèse.
Les centrations en fer sont rarement supérieures à 10 mg par litre et celles en manganèse à 2 mg par
litre.
Le fer et le manganèse ne sont pas des éléments nuisibles pour la santé; Le fer, au contraire est un
élément nutritif essentiel. Toutefois, pour des raisons d'esthétiques on doit en contrôler les
concentrations.
En effet au-delà d'une certaine quantité de ces métaux dans l'eau, des inconvénients peuvent
apparaître:
 goût métallique désagréable
 taches sur les tissus lors des lessives
 taches sur les équipements sanitaires
 formation de précipité dans les conduites ce qui favorise la croissance de bactéries
ferrugineuses qui se développent en masse gélatineuse pouvant obstruer les grilles et réduire les
diamètres des canalisations. En cas de changement de régime d'écoulement cette masse gélatineuse
peut être entraînée, augmentant la turbidité de l'eau (couleur rouge).
Il faut noter que le fer et le manganèse sont stables en présence d'oxygène dissous uniquement sous
forme de Fe3+ et de Mn4+. Puisque sous ces formes le fer et le manganèse ont tendance à précipiter,
les concentrations en Fe3+ et Mn4+ ne peuvent pas être élevées dans l'eau.
En conditions anaérobies, Fe2+ et Mn2+ sont stables et demeurent en solution; ils sont responsables
des concentrations élevées de fer et de manganèse dans les eaux souterraines.
Le fer et le manganèse sont illimités par voie physique par oxydation par l’oxygène de l’air et par
voie chimique par le permanganate de potassium comme présenté dans les techniques de pré
traitement (voir préparation de l’eau à traiter).

Cours d’alimentation en eau potable EFSEAR de Kumba, Septembre 2016 Page 27


ANNEXE : Norme Camerounaise NC207 :2003-02

Cours d’alimentation en eau potable EFSEAR de Kumba, Septembre 2016 Page 28


Cours d’alimentation en eau potable EFSEAR de Kumba, Septembre 2016 Page 29
Cours d’alimentation en eau potable EFSEAR de Kumba, Septembre 2016 Page 30