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Le potentiel de l'Afrique attise toutes les convoitises

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INNOVATION ET VIE QUOTIDIENNE

Le potentiel de l'Afrique attise toutes les convoitises


écrit par Redaction 8 mars 2012

Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Afrique a toujours été un


point chaud du globe. L’exploitation des richesses minières et du
pétrole en particulier exacerbe les rivalités locales, sans parler des
luttes entre grandes puissances, par procuration. La stabilité du
continent est périodiquement remise en question que ce soit pour
des raisons religieuses, tribales, ethniques, ou pour le contrôle des
richesses du sous-sol. La présence internationale existe et pèse,
depuis de nombreuses années, dans tout le continent.

L’Afrique est de plus en plus courtisée par les pays émergents


On ne compte plus les visites des dirigeants indiens, chinois, turcs,
russes, vénézuéliens. Cette coopération est montée en puissance
ces dernières années, avec de grandes capacités de financement
de la part de ces pays émergents.

L’Inde, par exemple, bénéficie des réseaux de la diaspora indienne,


surtout en Afrique de l’Est et en Afrique du Sud. Les sociétés
indiennes se sont positionnées sur des domaines bien particuliers,
comme les télécommunications, le transport routier, ou
l’exploitation des phosphates, offrant aussi ses services dans les

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nouvelles technologies où elle a une compétence reconnue. Elle a


octroyé des crédits à huit pays africains pour des projets
économiques et sociaux et pour le développement
d’infrastructures, en partie confié à des entreprises indiennes.

Est-ce pour des raisons historiques (trois millions d’Africains y ont


été déportés en tant qu’esclaves en un siècle et demi), toujours
est-il que les dirigeants brésiliens se veulent solidaires du
continent africain, au-delà des intérêts économiques. De solides
relations se sont nouées avec l’Afrique du Sud, des transferts de
technologies agricoles adaptées au climat tropical sec se mettent
en place. Et les expériences réussies de l’ex-président Lula pour
faire reculer la pauvreté intéressent les capitales africaines.

L’Afrique l’a bien compris et trouve son intérêt à se tourner vers le


Brésil qui exporte des protéines végétales, procède à des
investissements miniers, importe du pétrole. Réciproquement, le
Brésil a trouvé dans l’Afrique du Sud un partenaire de choix,
suffisamment développé pour que les échanges soient productifs
pour les deux pays.

C’est ainsi que l’Afrique est devenue un enjeu entre le Brésil, la


Chine et l’Inde, sans oublier les anciennes puissances coloniales.
Surtout pour la Chine…

Vers un néo-colonialisme chinois ?


L’entrée en jeu des Chinois, dont l’intérêt est d’accaparer les
richesses minières à tout prix, ne peut que compliquer la
géopolitique locale. Les relations de la Chine avec l’Afrique sont
pour l’instant économiques – le commerce entre les deux zones a
été multiplié par cinq en six ans.

C’est une évidence : la Chine a besoin des matières premières et


du pétrole africains. Elle trouve en plus des débouchés pour ses
propres entreprises dans le secteur des travaux publics, des
télécommunications, ou du textile. La Chine, riche en devises, en
profite pour proposer des financements pour le développement
d’infrastructures pour lesquelles elle prescrit également les
services de ses entreprises.

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Depuis maintenant une bonne décennie, la Chine s’efforce d’être


omniprésente en Afrique, sûre d’arriver ainsi à capter les richesses
locales. Les Chinois ne s’en cachent pas vraiment. Tenez, selon
l’AFP, le ministre chinois des Affaires étrangères, en visite en
Namibie début janvier, a comparé l’Afrique à une “mine d’or” pour
les investissements étrangers. Le ministre arrivait d’une tournée au
Niger et en Côte-d’Ivoire : “L’Afrique est une terre fertile pour les
investisseurs étrangers, et c’est une mine d’or pour attirer les
investisseurs étrangers, spécialement pour les infrastructures, qui
sont le sang et les muscles d’un pays”.

Le ministre a signé un accord de coopération incluant un prêt de


2,5 millions d’euros à la Namibie. Celle-ci est un grand désert peu
peuplé (2,3 millions d’habitants) et pourtant, 27 sociétés chinoises
y sont actuellement actives dans les travaux publics, les mines,
l’ingénierie et les services financiers. Selon la Banque mondiale,
environ 35 000 Chinois y vivent actuellement. En Namibie, où elle
est intervenue directement en construisant des routes, des écoles
et des hôpitaux dans des régions reculées, comme dans les autres
pays, la Chine tente de se rendre indispensable et de prendre de
solides positions dans l’exploitation des ressources minières ainsi
que dans les investissements d’infrastructures.

Les Etats-Unis ont réagi récemment en créant un nouveau


commandement militaire américain centré sur l’Afrique, avec pour
objectif de protéger l’accès aux hydrocarbures et autres
ressources stratégiques. Ce qui revient à éviter qu’une autre
puissance, comme la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie,
obtienne des monopoles ou un traitement de faveur.

Cette réaction des Etats-Unis face à la pénétration de la Chine en


Afrique n’en est qu’à ses débuts, mais se concrétise assez vite.
Ainsi, le Congrès américain a-t-il autorisé, il y a trois mois, le
déploiement d’une centaine de soldats en Ouganda, pour des
opérations de conseil et de formation, visant à éradiquer la
rébellion armée sévissant dans l’ouest du pays et surtout au
Congo, où elle commet les pires atrocités.

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Une croissance économique de plus de 7% par an jusqu’en


2030
Jusqu’à récemment, l’histoire de la croissance africaine a plutôt
été divergente que convergente avec celle du reste du monde. La
raison principale en est l’instabilité politique, l’absence de règles
juridiques réelles, le manque de formation des populations en âge
de travailler et par une insuffisance dans le domaine de la santé,
une démographie défavorable, une inflation forte et des
investissements trop faibles. Par exemple, tandis que le PIB par
tête augmentait de 3% par an après la Deuxième Guerre mondiale
dans les pays avancés, celui des pays africains après leur
indépendance s’est contracté de 0,6% par an entre 1973 et 2000.
Rien pour plaire, allez-vous me dire !

Sauf que tout est en train de changer même si c’est très progressif.
Ainsi, depuis le milieu des années 90, beaucoup de pays africains
sont devenus plus stables politiquement d’après les indicateurs de
gouvernance de la Banque mondiale.

Si vous prenez le Botswana, très stable, le PIB par tête a été


multiplié par 3,5 entre 1980 et 2009. Globalement, avec un
environnement d’investissement en amélioration, une meilleure
gestion économique et l’envolée de la demande chinoise pour les
ressources africaines, la croissance annuelle de l’Afrique a été
de 5,5% par an au cours de la dernière décennie, soit sa
meilleure performance depuis l’indépendance dans les années 60.

Une main-d’oeuvre à bas coûts, un grand marché intérieur en


croissance, des ressources naturelles, autant d’atouts pour un
potentiel considérable de développement pour les 20 prochaines
années. L’Afrique subsaharienne compte plus de 800 millions
d’habitants (12% de la population mondiale) sur 23,3 millions de
km2 (17,5% de la superficie mondiale), produisant près de 2% du
PIB mondial. Ces chiffres sont en soi une photo instantanée de ce
qu’est l’Afrique aujourd’hui, mais voyons ce qu’elle va devenir…

Selon le FMI, l’Afrique subsaharienne ne représente en 2010 que


2% du PIB mondial pour 12,4% de la population de la planète
(sources : Banque mondiale et INED). Pour autant, l’Afrique

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Le potentiel de l'Afrique attise toutes les convoitises

pourrait créer la surprise dans le bon sens, car le continent attire


les investissements. D’abord pour tirer profit des matières
premières, et ensuite pour bénéficier de l’effet de levier que crée
une population jeune et une classe moyenne en forte croissance.

La consommation est d’ores et déjà une composante majeure


de la croissance africaine
Une étude de Standard Chartered Bank estime à 7% la
croissance annuelle moyenne de l’Afrique jusqu’en 2030, en
s’appuyant sur la croissance chinoise et indienne. Car la demande
asiatique va en effet continuer à aider l’Afrique en maintenant des
prix élevés pour les matières premières.

De plus, comme vous l’avez vu, le rôle de la Chine devient


significatif dans la fourniture d’aides au développement et dans la
construction d’infrastructures. Or le grand défi est de fournir des
infrastructures et des emplois à une population qui devrait
augmenter de 50% entre 2010 et 2030. Le problème est que la
croissance générée par les matières premières n’est que peu
créatrice d’emplois.

Donc le grand défi du continent va être d’assurer le développement


d’une économie non liée aux matières premières ; là sera la
véritable clé du succès. Le pari n’est pas impossible.
[C’est d’ailleurs le pari que relève Jean-Claude dans Défis &
Profits. De vraies locomotives économiques sont nées : Afrique du
Sud, Nigeria, Botswana, ces pays bénéficient d’une stabilité
politique, de l’émergence du consommateur africain, et de
l’encouragement à l’investissement privé. Des recommandations à
forte croissance potentielle à découvrir dans Défis & Profits…]

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