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Francoprovençal

Le francoprovençal ou arpitan () est une langue romane parlée en France, en Suisse et en Italie. C’est
Francoprovençal
l’une des trois langues distinctes du groupe linguistique gallo-roman.
patouès,
Le francoprovençal comporte des caractères propres qui en font une langue considérée comme distincte francoprovençâl,
par la linguistique contemporaine. Il présente néanmoins également certains traits communs avec les arpitan, arpetan 1
langues d'oïl et avec l’occitan dans ses variantes, et intègre des influences des langues germaniques et
italo-romanes.

Longtemps délaissé ou combattu par les pouvoirs publics, n'ayant eu un caractère officiel que très
rarement au cours de son histoire, le francoprovençal est menacé mais connait aujourd’hui un léger
regain d’intérêt, porté notamment par des fédérations associatives.

Les régions historiques de l’aire linguistique


francoprovençale, avec toponymie en
francoprovençal.
Pays France, Italie, Suisse
Région Bresse, Bourgogne du Sud,
Bugey, Dauphiné, Forez,
Franche-Comté, Lyonnais,
Savoie, Suisse romande
(sauf le Jura), Piémont
(vallées arpitanes), Pouilles
(seulement 2 communes),
Vallée d’Aoste
Nombre de Total : 140 000 (1988)
locuteurs dont dans l’Ain : 15 000
dont en Isère : 2 000
dont dans le Jura et le
Doubs : 2 000
dont dans la Loire : 5 000
dont dans le Rhône : 1 000
dont en Savoie : 35 000 2
dont en Vallée d'Aoste :
61 822 (2003) 3
dont en Italie : 70 000
(1971) 4
dont en Suisse : 7 000
(1995) 4
Typologie syllabique
Classification par famille

- langues indo-européennes
- langues romanes
- langues gallo-romanes
- francoprovençal

Statut officiel
Langue
officielle Quelques communes
du Piémont ayant opté
pour la coofficialité
avec l’italien
Admise comme
langue régionale en
Suisse 5 et dans la
région Auvergne-
Rhône-Alpes 6, 7.
Sommaire Codes de langue
Dénominations de la langue ISO 639-2 roa 8
Franco-provençal, francoprovençal
ISO 639-3 frp (http://www-01.sil.o
Romand
rg/iso639-3/documentatio
Arpitan
n.asp?id=frp)
Aire de diffusion du francoprovençal
France Étendue langue individuelle
Italie Type langue vivante
Suisse IETF frp
Historique Linguasphere 51-AAA-j (http://www.hor
Les substrats pré-celtique et celtique
tensj-garden.org/index.p
L'origine burgonde et latine
hp?tnc=1&tr=lsr&nid=51-A
Littérature AA-j)
Diffusion actuelle
Échantillon
France
Italie Article premier de la Déclaration universelle
Suisse des droits de l'homme
Les instituts de la langue Francoprovençal (norme ORB)
Le théâtre en patois francoprovençal Articllo premiér (1)
En Italie
En Suisse
Radiô Arpitania Tuis los étres humens nêssont libros et
Fête internationale pariérs en dignitât et en drêts. Ils ant rêson
Conclusion et conscience et dêvont ag·ir los yons
devérs les ôtros dens un èsprit de
Description fratèrnitât.
Phonétique
Comparaison de mots
Nombres
Orthographe
Graphie de Conflans
A.P.I.
Graphie de Conflans
Exemples français
Exemples savoyards
Orthographe de Henriet
Orthographe de référence B
Ouvrages en orthographe de référence B

Liste des dialectes francoprovençaux


Comparaison dialectale
Toponymes
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes
Liens externes

Dénominations de la langue

Franco-provençal, francoprovençal
La création de l’expression franco-provençal est due au linguiste italien Graziadio Isaia Ascoli en 1873 :

« J’appelle franco-provençal un type linguistique qui réunit, en plus de quelques caractères qui lui sont propres, d’autres caractères dont une
10
partie lui est commune avec le français (un des dialectes de langues d’oïl ) et dont une autre lui est commune avec le provençal, et qui ne
provient pas d’une tardive confluence d’éléments divers, mais au contraire atteste de sa propre indépendance historique, peu différente de celle
par lesquelles se distinguent entre eux les autres principaux types romans. »

— Graziadio Isaia Ascoli


Ce mot est désormais écrit en un seul mot, sans trait d’union, afin d’éviter la
confusion et de souligner le caractère indépendant de cette langue. Le terme
« provençal », au moment où Ascoli écrit ces lignes, ne se réfère pas
uniquement à la langue de la Provence, mais à l’intégralité de la langue occitane.
En effet, l’occitan, avant d’obtenir son nom de baptême définitif, en a reçu
plusieurs, chronologiquement « limousin », puis « provençal ».

La suppression du trait d’union, proposé au Colloque de dialectologie


11
francoprovençale de 1969 à l’université de Neuchâtel , traduit lexicalement la
volonté de créer une identité propre et plus marquée ; elle vise également à
éviter de suggérer que la langue se borne à une simple juxtaposition d’éléments
d’oïl et d’oc.

C'est sous cette dénomination que cette langue est officiellement


12, 13, 14
reconnue . Une catégorisation du francoprovençal (FP) par rapport aux langues
9
romanes .

Romand
Le terme romand pour nommer le francoprovençal est attesté depuis le XVe siècle (dans un document fribourgeois de 1424 qui autorise les notaires à « faire lettres
e e
en teif [= allemand] et en rommant ») ; il est fréquent dans des documents vaudois et fribourgeois des XVII et XVIII siècles. Il est encore attesté à Genève au
e
XIX siècle, mais il n’a jamais dépassé les frontières de l’actuelle Suisse romande.

Arpitan
15
Les termes arpitan et arpian qui signifient montagnard pour le premier, berger pour le deuxième , ont été repris au début des années 1970 pour répondre au
besoin de lever la confusion générée par le terme francoprovençal. La forme particulière arpitan a été choisie pour sa ressemblance avec le nom de la seconde
grande langue gallo-romane, l’occitan. Littéralement, arpian ou arpitan, signifie donc « le montagnard, le berger ». Arpitan est formé à partir de la racine pré-indo-
16
européenne alp- , dans sa variante dialectale moderne arp- ; en francoprovençal, ce mot ne désigne pas la « montagne », une « forme de relief élevé », comme on
17
le croit communément, mais les « pâturages de montagne où les troupeaux sont conduits et passent l’été » (voir alpage). Cette racine est présente dans de
nombreux noms de lieux, tant en Haute-Provence (Arpasse, Arpette, Arpillon…), qu’en Dauphiné (Arp, Arpion, Arpisson, Aup…), Savoie (Arpettaz, Arpeyron,
Arpiane…), Valais (Arpette, Arpache, Arpitetta…) et en Vallée d'Aoste (Arp, Arnouvaz, Arpet, Arpetta, Arpettaz…). On retrouve cette racine ou ses variantes en
Lombardie, en Suisse, en Allemagne et en Autriche.

À partir de 1974, et jusqu’au début des années 1980, un équivalent orthographié harpitan est utilisé par le mouvement socio-culturel et politique valdôtain
Movement Harpitanya. Politiquement de gauche, le Mouvement prône la « libération nationale et sociale de l’Harpitanie » par la création d'une fédération arpitane
18, 19
à cheval sur les Alpes, englobant la Vallée d'Aoste, la Savoie, les vallées arpitanes piémontaises et le Valais occidental .

Dans l'intervalle, et en tout cas dès la création de l'Alliance culturelle arpitane (ACA) en 2004, le terme arpitan, sans 'h' initial, désigne le francoprovençal sans
revendication politique, de manière politiquement neutre. Sur son site officiel, l'ACA, qui promeut le terme arpitan, déclare ainsi expressément qu'elle est une
20
« association politiquement neutre » , ce que confirme la directrice du Centre d'études francoprovençales, Christiane Dunoyer : « Il n’y a pas eu une filiation
directe, il n’y a pas eu d’institutions ou des personnes qui aient revendiqué cet héritage d’une manière consciente et officielle. Mais il est certain que cela a
contribué à faire évoluer les consciences et à faire en sorte que certaines idées progressent. Il y a par exemple une homonymie entre Harpitanya d’il y a quarante ans
et un mouvement éminemment culturel qui existe de nos jours. Il rassemble des jeunes gens de Suisse, de Savoie, du Lyonnais, etc. et qui communiquent surtout
21
par le biais des nouvelles technologies et ils portent de l’avant un projet culturel commun . »

Jusque-là peu usité dans les publications de la recherche universitaire francophone, arpitan est reconnu dans la terminologie universitaire comme un synonyme de
22
francoprovençal, puisque le SUDOC (Système universitaire de documentation), système de référence, l’a indexé comme tel. En revanche, le terme commence à
23
être utilisé dans la littérature universitaire des chercheurs internationaux et dans la littérature des spécialistes locaux . Il est aujourd’hui en usage dans certaines
associations de locuteurs, notamment l’Association des enseignants de savoyard (AES), présidée par Marc Bron, et pour qui la dénomination franco-provençal « est
malheureuse, car elle laisse un parfum d’inachevé, d’amalgame entre oc et oïl, alors qu’elle n’est ni d’oc, ni d’oïl. Que dirait-on si l’on avait appelé l’occitan le
24
franco-espagnol, le franco-italien ou le franco-corse ? Cela n’aurait manifestement pas été sérieux. Cela ne l’est pas davantage concernant le savoyard .» La
25
Fédération internationale de l'arpitan (ACA) , implantée à Saint-Étienne, Sciez et Lausanne, souhaite « rendre visible l’arpitan sur la place publique », promeut
26
l’utilisation d’une orthographe unifiée (l’orthographe de référence B) et le mot arpitan, estimant que le composé francoprovençal prête à confusion , entravant
27
ainsi ses chances de reconnaissance officielle en tant que langue minoritaire (en France notamment ). La linguiste Claudine Brohy, de l'institut de plurilinguisme
28
de l'université de Fribourg, note que ce néologisme est « de plus en plus utilisé » .

Aire de diffusion du francoprovençal


30
L’aire francoprovençale, parfois appelée Arpitanie , est délimitée, inclusivement, par les régions listées ci-dessous.

France
La majeure partie de l'ancienne région Rhône-Alpes : toute la Savoie (Savoie propre, Maurienne,
Tarentaise, Genevois, Chablais et Faucigny), le Forez (département de la Loire), la Bresse, la
Dombes, le Revermont, le Pays de Gex, le Bugey, l’agglomération de Lyon, le Nord-Dauphiné ;
31
une partie de la Franche-Comté et de la Saône-et-Loire. La langue influence le parler
32, 33
auvergnat de la Montagne bourbonnaise dans l'Allier .

Note : seule la partie nord du Dauphiné est dans la zone


francoprovençale. Les départements de la Drôme et des Hautes-Alpes
sont occitans (sauf l'extrême nord de la Drôme). La majeure partie de
l’Isère est francoprovençale mais certaines zones de son Sud sont
occitanes. Une description extrêmement précise de la frontière entre
occitan et francoprovençal est décrite avec une carte par Gaston Tuaillon
34
en 1964 .
35
Selon la dialectologue Colette Dondaine , il est vraisemblable qu’à l’origine (avant l’apparition Bleu sombre : reconnaissance
des premiers textes littéraires), l’actuelle Franche-Comté, jusqu’aux pieds des Vosges, faisait officielle Bleu moyen : aire
également partie de l’espace francoprovençal. traditionnelle de la langue Bleu clair :
zone de transition

Italie
La Vallée d'Aoste, à l’exception des communes Walser de Gressoney-Saint-Jean, Gressoney-La-
Trinité et Issime, dans la Vallée du Lys.
Les hautes vallées piémontaises dans les communes suivantes :

Ala di Stura, Almese/Almesé, Alpette/L'Alpette, Avigliana/Veillane,


Balme/Barmes, Borgone di Susa/Bourgon, Bruzolo/Brusol de Suse,
Bussoleno/Bussolin, Cantoira/Cantoire, Caprie, Carema/Carême,
Castagnole Piemonte/Chassagne du Piémont, Ceres/Cérès, Ceresole
Reale/Cérisoles, Chialamberto/Chalambert, Chianocco/Chanoux, Chiusa
di San Michele/L’Écluse, Coassolo Torinese/Coisseuil, Coazze/Couasse,
Condove/Condoue, Corio/Cory , Frassinetto/Frassinet,
29
Germagnano/Saint-Germain, Giaglione/Jaillons, Giaveno/Javein, L’aire francoprovençale .
Gravere/Gravière, Groscavallo/Groscaval, Ingria/L'Ingrie, Lanzo
Torinese/Lans-L’Hermitage, Lemie, Locana/Locane, Mattie/Mathie,
Meana di Susa/Méans, Mezzenile/Mesnil, Mompantero/Montpantier, Moncalieri/Moncallier, Monastero di
Lanzo/Moutiers, Moncenisio/Montcenis, Noasca/Novasque, Novalesa/Novalaise, Pessinetto/Pessinet, Pont-
Canavese/Pont-en-Canavais, Quincinetto/Quincinet, Ribordone/Ribardon, Ronco Canavese/Ronc,
Rubiana/Rubiane, San Didero/Saint Didier, San Giorio di Susa/Saint-Joire, Sant’Ambrogio di Torino/Saint-
Ambroise, Sant’Antonino di Susa/Saint-Antonin, Sparone/Esparon, Susa/Suse, Traversella/Traverselle,
Traves/Travey, Usseglio/Ussel, Vaie/Vaye, Valchiusella/Chausselle, Valgioie/Valjoie, Valprato Soana/Valpré,
Venaus/Vénaux, Villar Dora/Villar d'Almesé, Villar Focchiardo/Villar-Fouchard, Viù/Vieu. Plus une partie de la
commune de Trana et le hameau de Grandubbione.

Deux enclaves dans les Pouilles sont dues à l’émigration de locuteurs au XIVe siècle : Faeto/Fayet et Celle di San Vito/Cèles de Sant Vuite.
Note : Les vallées plus méridionales (Haute vallée de Suse, Val du Cluson…) du Piémont parlent l’occitan.

Suisse
Tout l’espace romand (à l’exception du canton du Jura et de l'ancien district de Moutier (canton de Berne), qui font partie des parlers d’oïl).

Historique

Les substrats pré-celtique et celtique


La définition historique des origines du francoprovençal reste naturellement délicate [réf. nécessaire].
39
L’héritage linguistique primitif se limite à la toponymie et à l’hydronymie comme Arrondine, Arve, Alpes, Truc, Bec. Le mot chalet (popularisé par Jean-Jacques
Rousseau) dérive également d’une hypothétique racine préceltique (ou « ligure ») cal- signifiant « abri ». Il est à noter que le francoprovençal ORB souta
(localement orthographié chotta, chota ou cheûta) signifiant aussi abri provient du latin populaire *susta (du verbe latin « substare » qui signifie « se tenir
40
dessous ») .

À la période de La Tène, des tribus celtes (Allobroges, Ceutrons en Val d’Isère ; Salasses en Vallée d’Aoste ; Helvètes, Séquanes et Allobroges dans l’actuelle
Suisse romande) se fixent dans la zone. Leur influence demeure perceptible isolément dans le lexique commun avec les mots méleze (*melatia), nant (*nantu,
vallée), balme (*balma, trou).
L'origine burgonde et latine
L'origine latine de la langue francoprovençale, dont il dérive majoritairement, est démontrée dès sa définition par
Graziadio Isaia Ascoli. Plusieurs romanistes comme Walter von Wartburg (1946) et Pierre Bec (1971) estiment que
41
le francoprovençal constituerait la première branche divergente du groupe des parlers d’oïl et ce dernier situe
e e
cette divergence aux alentours du VIII ou IX siècle. Le bloc d’oïl de l’ouest aurait continué à évoluer et le
francoprovençal aurait fait preuve d’un conservatisme marqué.
42
Pourtant, des recherches récentes démontrent que le francoprovençal n’est pas une branche archaïque de la
langue d'oïl, mais une langue romane indépendante, aussi ancienne que les autres langues gallo-romanes. Les
premières caractéristiques de cette langue sont en effet attestées dans des inscriptions monétaires mérovingiennes
e
de la fin du VI siècle. L'analyse des traits majeurs de phonétique historique qui ont permis de l'identifier
Les langues de la Galloromania.
correspondent d'ailleurs exactement aux limite du royaume Burgondes d'avant 469 (avant les conquêtes effectuées
41 3 Limite actuelle du
sous le régime mérovingien) , ce fait est aussi étayé par l'aire du vocabulaire d'origine burgonde qui respecte ces 36
francoprovençal
41
frontières . Walther von Wartburg indique à ce sujet que la déformation des voyelles ĕ et ŏ est une trace d'une 4 Extension du francoprovençal
41 37, 38
forte influence de la langue burgonde en tant que substrat phonétique . avant le XIIIe s.

Le fait que la région est devenue tardivement française explique en partie cette distinction vis-à-vis des langues
41
d'oïl. Mais dès le Moyen Âge [C'est-à-dire ?], ces deux régions échangent beaucoup et s'influencent entre elles linguistiquement . D'ailleurs, la langue moderne
continue à recourir à des termes médiévaux pour certains actes courants (bayâ pour donner, pâta pour chiffon, s’moussâ pour se coucher, etc.). Désormaux écrit à
ce sujet dans la préface du Dictionnaire savoyard : « Le caractère archaïque des patois savoyards est frappant. On peut le constater non seulement dans la
phonétique et dans la morphologie, mais aussi dans le vocabulaire, où l’on retrouve nombre de mots et de sens disparus dans le français propre. […] ». En outre, le
francoprovençal partage certaines évolutions phonétiques primitives avec la langue d’oïl, mais non les plus récentes. En revanche, certains traits le rattachent à
l’occitan (voir le chapitre Morphologie).

Littérature
Cette langue n’a jamais pu s’élever au niveau de ses trois grandes voisines d’oïl, d’oc et « de sì » (italien). Le morcellement politique (découpage entre la France, la
Suisse, la Savoie/Sardaigne, le Piémont) et géographique, ainsi que l’abandon, dans les grands centres urbains comme Lyon, Grenoble ou Genève, du parler
e
vernaculaire en faveur de la langue d’oïl véhiculaire, expliquent la faiblesse du corpus littéraire existant. Les premières traces écrites remontent au XII siècle et
e e
XIII siècle dont un long texte du XIII siècle écrit en dialecte lyonnais, la Vie de sainte Béatrice d’Ornacieux, dû à Marguerite d’Oingt (et non de Duingt, comme l’a
cru malencontreusement Champollion), dont voici un extrait :

« § 112 : Quant vit co li diz vicayros que ay o coventavet fayre, ce alyet cela part et en ot mout de dongiers et de travayl, ancis que cil qui
gardont lo lua d’Emuet li volissant layssyer co que il demandavet et que li evesques de Valenci o volit commandar. Totes veys yses com Deus o
aveyt ordonat oy se fit. »

e
Au XIV siècle, la ville de Fribourg (Suisse) fait du francoprovençal sa « langue nationale » sous une forme que la recherche moderne appelle scripta para-
43
francoprovençale . Les procès-verbaux des délibérations du Conseil de la ville, les actes des notaires, etc. sont rédigés dans cette langue :

« Item hont ordoney li advoye, li consed et li ijc, que en chesque for de Fribor soyt li moistre et un bacheleir et ij. garzons por porteir l’aygue et
les meiz in ce que un dont por chasque coppa de farina .iiij. d. por tottes choses et chascon reculle sa farina einsy quant a luy playrra de que
chasque forna doyt contenir vij. coppes, li que forna se amonte ij. s. iiij. d. a vij. coppes de farina. »

— (Fribourg 1370, cf. Aebischer 1950, p. 115)


e
À partir du XVI siècle, on recense de nombreuses transcriptions de chansons, poésies, fragments, etc. Nous extrayons ci-après quelques informations biographiques
de nouveau du Dictionnaire savoyard de A. Constantin et J. Désormaux (voir Bibliographie).

1520 : Chanson de la Complanta et désolation dé Paitré, patois de Genève, retranscrit au XVIIe siècle.
1547 : Placard de huit lignes en patois de Genève, dans Recherches sur le patois de Genève, par Eugène Ritter.
1555 : Noelz et chansons nouvellement composez tant en vulgaire francois que savoysien dict patois, Nicolas Martin, Lyon. En patois
mauriennais.
Etc.

Une longue tradition littéraire francoprovençale existe, bien qu’aucune forme écrite prévalente ne soit identifiée. Un fragment du début du XIIe siècle contenant 105
vers d’un poème sur Alexandre le Grand semble être le plus ancien écrit connu. Girart de Roussillon, une épopée de 10 002 lignes de la moitié du XIIe siècle, est
parfois considéré comme du francoprovençal et en présente indubitablement certaines caractéristiques, bien qu’une édition moderne qui fait autorité le présente
comme un mélange de formes françaises et occitanes (Price, 1998). Un document important de la même période contenant une liste de vassaux du comté du Forez
n’est pas sans intérêt littéraire.

e
Parmi les premiers écrits historiques en ce langage figurent des textes rédigés par des notaires qui apparaissent au XIII siècle lorsque le latin commença à être
abandonné par l’administration officielle. On peut citer la traduction du Corpus Juris Civilis (connu également sous le terme de Code Justinien) dans la langue
vernaculaire parlée à Grenoble. Des ouvrages religieux ont également été traduits ou conçus en dialecte franco-provençal dans des monastères de la région. La
e
Légende de Saint Barthélemy est l’un de ces ouvrages, écrit en dialecte lyonnais, qui ont survécu au XIII siècle. Marguerite d’Oingt (env. 1240-1310), une
religieuse de l’Ordre des Chartreux, a écrit deux longs textes particulièrement remarquables dans ce même dialecte. Voici un extrait du texte original de La Vie de
sainte Béatrice d’Ornacieux :

« Quant vit co li diz vicayros que ay o coventavet fayre, ce alyet cela part et en ot mout de dongiers et de travayl, ancis que cil qui gardont lo
lua d’Emuet li volissant layssyer co que il demandavet et que li evesques de Valenci o volit commandar. Totes veys yses com Deus o aveyt
ordonat oy se fi »

— § 112
Au début du XVIIe siècle, de nombreux textes en francoprovençal voient le jour à l’occasion des conflits religieux entre les réformateurs calvinistes et les catholiques
soutenus par le duché de Savoie. Parmi les plus connus, on trouve Cé qu'è lainô (Celui qui est en haut), rédigé en 1603 par un auteur inconnu. Ce long poème
narratif évoque l'Escalade, une tentative infructueuse de conquête de la ville de Genève par l’armée savoyarde qui provoqua de forts sentiments patriotiques. Ce
poème est devenu plus tard l’hymne de la République de Genève. Voici les trois premières strophes en dialecte genevois avec leur traduction française :

Version avec graphie d'origine Version en francoprovençal moderne Version française

Cé qu’è lainô, le Maitre dé bataille, Cél qu'est lé en-hôt, lo Métre des batâlyes Celui qui est en haut, le Maître des batailles,
Que se moqué et se ri dé canaille ; Que sè môque et sè rit des canâlyes ; Qui se moque et se rit des canailles
A bin fai vi, pè on desande nai, At bien fêt vêre, per un disandro-nuet, A bien fait voir, par une nuit de samedi,
Qu’il étivé patron dé Genevoi. Qu'il étêve patron des Genèvês. Qu’il était patron des Genevois.

I son vegnu le doze de dessanbro Ils sont vegnus lo doze de dècembro Ils sont venus le douze de décembre,
Pè onna nai asse naire que d’ancro ; Per una nuet asse nêre que d'ancro, Par une nuit aussi noire que d’encre;
Y étivé l’an mil si san et dou, O étêve l'an mil-siéx-cent-et-doux, C’était l’an mil six cent et deux,
Qu’i veniron parla ou pou troi tou. Qu'ils vegniront parlar un pou trop tout. Qu’ils vinrent parler un peu trop tôt.

Pè onna nai qu’étive la pe naire Per una nuet qu'étêve la ples nêre Par une nuit qui était la plus noire,
I veniron; y n’étai pas pè bairè; Ils vegniront, o n'étêve pâs per bêre : Ils vinrent; ce n’était pas pour boire:
Y étivé pè pilli nou maison, O étêve por pilyer noutres mêsons, C’était pour piller nos maisons,
Et no tüa sans aucuna raison. Et nos tuar, sen ôcuna rêson. Et nous tuer, sans aucune raison.

Pendant la période qui suivit, de nombreux écrivains composèrent des textes satiriques, moralisateurs*, poétiques, comiques et des textes pour le théâtre, ce qui
indique bien la grande vitalité de la langue francoprovençale de l’époque. Parmi ces textes : Bernardin Uchard (1575–1624), auteur et auteur dramatique de
Bresse ; Henri Perrin, auteur de comédie, de Lyon ; Jean Millet (1600?–1675), auteur de comédies, de poésie pastorale et d’autres poèmes, de Grenoble ; Jacques
Brossard de Montaney (1638–1702), compositeur de chants pour chœur* et de comédies, de Bresse ; Jean Chapelon (1647–1694), un écrivain qui a écrit plus de
1500 chants pour chœur, chansons, épîtres, et dissertations, de Saint-Étienne ; et François Blanc dit la Goutte (1690–1742), écrivain de poèmes en prose, dont
Grenoblo maléirou sur la grande inondation de Grenoble en 1733. Parmi les auteurs du XIXe siècle, on trouve Guillaume Roquille (1804–1860), poète appartenant à
la classe ouvrière, de Rive-de-Gier, près de Saint-Chamond, ainsi que Joseph Béard (1805–1872) de Rumilly.

Jean-Baptiste Cerlogne (1826–1910), abbé à qui on reconnaît le mérite d’avoir promu l’identité culturelle de la Vallée d'Aoste et son patois par sa poésie (entre
autres « L’infan prodeggo », 1855) et par ses premiers travaux scientifiques. (Le Concours Cerlogne – une manifestation annuelle qui porte son nom – permet
depuis 1963 de sensibiliser des milliers d’étudiants italiens à la nécessité de conserver la langue de la région, sa littérature et son héritage.)

Extrait du poème La pastorala de Jean-Baptiste Cerlogne, le chant de Noël le plus célèbre au Val d'Aoste :
De nët euna leumiére / De nuet una lumiére / Durant la nuit une lumière

I berdzè l’at paru; / Ès bèrgiers at pariu / Aux bergers apparut

Un andze vin leur dëre : / Un ange vegnit lor dére : / Un ange vint leur dire :

Lo Sauveur l’est neissu. / Lo Sôvor l'est néssiu / Le Sauveur est né.

Un pouro baou l’est son palatse, / Une pauvre étable est son palais

Et sat pei de fen in traver / Et sept brins de foin en travers

Compouson lo deur matelatse / Composent le dur matelas

De ci gran Rei de l’univer; / De ce grand Roi de l’univers

Et din la rigueur de l’iver / Et dans la rigueur de l’hiver


De dò trei lindzo l’est queuver. / De deux ou trois linges il est couvert.

Amélie Gex (1835, La Chapelle-Blanche, (Savoie)–1883, Chambéry), la grande poétesse savoyarde a écrit aussi bien en sa langue natale qu’en français. Elle fut
une avocate passionnée de sa langue. Les thèmes de son œuvre comprennent le travail, les thèmes lyriques, l’amour, la perte tragique de l’être aimé, la nature, le
temps qui passe, la religion et la politique. Beaucoup considèrent ses contributions littéraires comme les plus importantes de cette langue. On compte parmi ses
œuvres : Reclans de Savoie (Les Echos de Savoie, 1879), Lo Cent Ditons de Pierre d’Emo (Les Cent dictons de Pierre du bon sens, 1879), Fables (1898), et Contio
de la Bova (Les Contes de l’Étable, -date?- [Quand ?]). Certains de ses écrits en français sont sur le point d’être imprimés.

C’est à la fin du XIXe siècle que les dialectes francoprovençaux régionaux se sont mis à disparaître. Les principales raisons en furent l’expansion du français dans
tous les domaines de la vie* mais aussi l’émigration des campagnards vers les centres urbains. C’est à cette époque que des sociétés savantes culturelles et
régionales se sont mis à collectionner les contes, les proverbes et les légendes au contact des locuteurs natifs. Cette transcription continue aujourd’hui. De très
nombreux travaux ont été publiés. Parmi ceux-ci voici un extrait en dialecte Neuchâtelois de Le renâ à Dâvid Ronnet (Le renard de David Ronnet), tiré de Le Patois
Neuchâtelois (Favre, 1894, p. 196) :

« Aë-vo jamai ohyi contâ l’istoire du renâ que Dâvid Ronnet a tioua dé s’n otau, à Bouidry ? Vo peuté la craëre, è l’é la pura veurtâ.

Dâvid Ronnet êtaë én’ écofi, on pou couédet, qu’anmâve grô lé dzeneuillè; el é d-avaë mé d’èna dozân-na, avoué on poui que tsantâve dé
viadze à la miné, mâ adé à la lévaye du solet. Quaë subiet de la métsance! mé z-ami ! E réveillive to l’otau, to lo vesenau; nion ne povaë restâ u
llie quan le poui à Dâvid se boétàve à rélâ. Ç’tu poui étaë s’n orgoû.

Le gran mataë, devan de s’assetâ su sa sulta por tapa son coëur & teri le l’nieu, l’écofi lévâve la tsatire du dzeneuilli por bouèta feur sé
dzeneuillé & lé vaër cor dè le néveau. E tsampâve à sé bêté dé gran-nè, de la queurtse, du pan goma dè du lassé, dé cartofiè coûtè, &
s’amouésâve à lé vaër medzi, se roba lé pieu bé bocon, s’énoussa por pieu vite s’épyi le dzaifre. (…) »

« Avez-vous déjà entendu l’histoire du renard que David Ronnet a tué chez lui, à Boudry ? Vous pouvez y croire ; c’est la pure vérité.

David Ronnet était un cordonnier plutôt travailleur qui aimait beaucoup les poules ; il en avait plus d’une douzaine, avec un coq qui parfois
chantait à minuit, mais toujours au lever du soleil. Quel grabuge, mes amis ! Ça réveillait toute la maison, tout le voisinage ; personne ne
pouvait rester au lit quand le coq de David commençait à crier. Ce coq était son orgueil.

De grand matin, avant de s’asseoir sur son siège pour battre son cuir et [en] tirer les semelles*, le cordonnier levait la porte du poulailler pour
faire sortir ses poules et les regarder courir dans le porche. Il lançait à ses bêtes des grains, de l’avoine, du pain trempé dans du lait, des pommes
de terre cuites, et il s’amusait à les voir manger, se voler* les plus grands morceaux, se hâter* pour plus vite se remplir l’estomac. (…) »

Au XXe siècle, les écrivains les plus célèbres pour leur utilisation du patois sont : Prosper Convert (1852–1934), le barde de Bresse ; Louis Mercier (1870–1951),
chanteur populaire et auteur de plus de douze volumes de prose, de Coutouvre, près de Roanne ; Just Songeon (1880–1940), écrivain, poète et militant communiste,
de La Combe, Sillingy près d’Annecy ; Eugénie Martinet (1896–1968), poétesse d’Aoste ; et Joseph Yerly (1896–1961) de Gruyères dont les œuvres complètes ont
été publiées dans Kan la téra tsantè (Quand la terre chantait).

Ceux qui s’intéressent à lire dans cette langue rare une œuvre bien connue pourront se procurer Lo Petsou Prince, une édition de référence du classique d’Antoine
44
de Saint-Exupéry Le Petit Prince, traduite par Raymond Vautherin, (Gressan : Wesak Éditions, 2000 ). Voici les premières lignes de la deuxième partie du conte
en patois valdôtain :

« L’y est chouë s-an, dz’ëro restà arrëto pe lo déser di Sahara. Quaque tsousa se s’ëre rontu dedin lo moteur de mon avion. Et di moman que
dz’ayò avouë ni mecanichen, ni passadzë, dze m’apprestavo de tenté, solet, euna reparachon defecila. L’ëre pe mè euna questson de via o de
mor. Dz’ayò dzeusto praou d’éve aprë p’euna vouètèina de dzor.

La premiëre nët dze me si donque indrumi dessu la sabla a pi de meulle vouet cent et cinquante dou kilomètre d’un bocon de terra abitàye.
Dz’ëro bien pi isolà d’un nofragà dessu euna plata-fourma i menten de l’ocean. Donque imaginade mina surprèisa, a la pouinte di dzò, quan
euna drola de petsouda voéce m’at revèillà. I dijet:

— Pe plèisi… féi-mè lo dessin d’un maouton tseque ! »

En l’an 2000, les Éditions des Pnottas ont publié le premier livre de bande dessinée en francoprovençal (dialecte savoyard), Le rebloshon que tyouè ! (Le Reblochon
45
qui tue !) , dans la série Fanfoué des Pnottas, illustré par Félix Meynet et écrit par Pascal Roman. On a aussi traduit en francoprovençal deux bandes dessinées
46 47
tirées des Aventures de Tintin : Lé Pèguelyon de la Castafiore (Les Bijoux de la Castafiore) en dialecte bressan , L’Afére Pecârd en francoprovençal ORB* , et
L’Afére Tournesol en dialecte gruérien. Ces trois livres, à l’origine écrits et illustrés par Hergé (Georges Remi), ont été publiés en 2006 et 2007 aux éditions
Casterman.

Bien que confiné à l’expression orale, le francoprovençal a relativement bien survécu jusqu’au début du XXe siècle, malgré son morcellement, dans les populations
rurales. L’isolement relatif des vallées alpines et un faible solde migratoire avant la révolution industrielle expliquent ce maintien.
Diffusion actuelle

France
Le francoprovençal a longtemps été socialement déconsidéré, au même titre que les autres langues et dialectes qui
faisaient et continuent à faire la richesse linguistique de la France. Il disparaît rapidement de France
[réf. nécessaire] ; la France ne reconnaît pas son existence en tant que langue régionale, alors qu'elle est enseignée
48, 49
dans plusieurs collèges et lycées de Savoie .

Plusieurs parlers français influencés par le francoprovençal continuent d'être utilisés. Pour les principaux, il s'agit
du parler lyonnais, du parler stéphanois, du parler savoyard, et du français de Suisse. Autres : bressan… Panneau bilingue français-arpitan
[réf. nécessaire] savoyard, installé en Savoie en
2016.

Italie
Sa perpétuation en Vallée d'Aoste s’explique par des raisons politiques et historiques. La vallée a pratiqué jusqu’au
e
XIX siècle un régime de diglossie où le francoprovençal était relayé à l’écrit et dans l’enseignement par la langue
française — comme en Savoie, dans le Lyonnais ou en Suisse Romande. Mais contrairement à ce qui s’est passé
dans les autres régions de l’aire francoprovençale, le français n’a pu prendre le dessus car l’État italien, à partir de Panneau routier bilingue (français-
son unification en 1861, s’est attaché à l’éradiquer, avec un paroxysme de violence durant l’ère fasciste. Il a dans patois valdôtain) à Introd.

ce but encouragé l’immigration massive d’Italiens en poussant les autochtones à l’émigration (vers Paris, Lyon et
Genève notamment). L’usage oral du « patois » (ainsi dénommé par les Valdôtains eux-mêmes) a par contre été
toléré en milieu rural dès lors qu’il ne portait pas ombrage à l’italien rendu obligatoire dans la vie économique,
l’enseignement et les actes officiels. Cela a permis sa survie, faute d’être concurrencé par le français. Le Valdôtain
est presque totalement absent dans l'usage quotidien à Aoste, où il est parlé surtout soit par les personnes âgées,
soit dans le domaine institutionnel et intellectuel, tandis qu'il reste bien vivant, parlé et compris par les autochtones
au niveau de langue maternelle, dans le reste de la région, à partir des communes autour du chef-lieu régional,
jusqu'aux vallées latérales. Cet idiome participe aujourd’hui d’une certaine revendication identitaire et d'une
reconnaissance au niveau officiel, par un statut de langue minoritaire, à côté des deux langues officielles de la
région autonome (le français et l'italien).

En 1985, par une loi régionale dans le cadre des Services culturels de l’Assessorat régional de l’Instruction
publique, fut constitué le Bureau régional pour l’ethnologie et la linguistique (BREL), qui s’est pour ainsi dire
greffé sur l’activité déjà mise en chantier par deux associations : le Centre d'études francoprovençales « René
Willien » de Saint-Nicolas (village où naquit l’abbé Jean-Baptiste Cerlogne, le félibre de la poésie valdôtaine en
patois) et l’AVAS, l’Association valdôtaine des archives sonores, dont il a pris la relève et avec lesquelles il
continue à collaborer grâce aussi à une convention qui en réglemente les rapports. En 1995 en particulier fut
fondée l’École populaire de patois (abrégé en EPP), qui organise des cours pour les adultes et les enfants. Des
Panneaux d'entrée d'agglomération
cours de patois ont été introduits notamment dans les écoles primaires de la Vallée, suivant la méthode Dichonnéro
50 en français et en savoyard à Pers-
di petsou patoésan de Raymond Vautherin .
Jussy, Haute-Savoie, 2015.
51
Les études menées par le BREL au cours des dernières décennies ont permis la création du « Gnalèi » , mot
signifiant en patois « nid », mais indiquant également le pain que l'on cuisait autrefois avant la Noël pour toute
l'année. Il s'agit d'un site internet entièrement trilingue (français-patois-italien), accueillant toutes les données
recueillies, et présentant en particulier un glossaire trilingue avec support audio pour la prononciation.

Il faut enfin signaler qu'il existe deux enclaves linguistiques dans la région des Pouilles, à l'extrême sud de l' Italie :
Celle di San Vito et Faeto, où environ un millier de personnes, pour la plupart âgées, issus d'une ancienne
émigration au XVIe siècle, parlent le francoprovençal.

Suisse Panneau bilingue en français et


Dans plusieurs villages du Valais (Savièse, Nendaz, etc.) et de la Gruyère, le francoprovençal demeure la langue arpitan valdôtain à Introd (Vallée
vernaculaire d’expression courante des personnes âgées de 60 ans ou plus. Mais à Évolène, petit village du val d'Aoste), 2018.
52, 53
d'Hérens, les enfants apprennent encore le patois évolénard en famille S'il n'est pas parlé par tous, il est
compris par la majorité des habitants, toutes générations confondues.

Les instituts de la langue


Il existe un certain nombre d'instituts qui travaillent sur le francoprovençal, et qui font souvent autorité sur de nombreuses questions :
ACA - Fédération internationale de l'arpitan (Aliance culturèla arpitanna) : fondée en 2004, cette
fédération transfrontalière a pour buts la documentation, la socialisation et la revitalisation de
l’arpitan dans l’ensemble de son aire de diffusion: numériser la documentation disponible afin de
la rendre facilement accessible au public, socialiser l’arpitan en rendant cette langue visible dans
l’espace public par le biais de différents supports, et enfin la revitaliser par la mise en ligne de
54
méthodes d’apprentissage . En 2007, elle lance la première radio diffusant, grâce à internet, sur
55
l'ensemble du domaine linguistique, avec des émissions dans les différents dialectes (Voir
Radiô Arpitania). En 2012, avec le soutien de l'ancienne région française Rhône-Alpes, elle a mis
en ligne un site d'auto-apprentissage, permettant d'étudier différents patois francoprovençaux.
56
L'ACA organise la 37e édition de la Fête internationale de l'arpitan en 2016 à Saint-Etienne .
L'ACA promeut le mot arpitan en souhaitant qu’à terme il remplace la dénomination actuelle,
francoprovençal, jugée trop ambigüe.
Office géographique arpitan : cet institut, fondé en 2013, travaille sur les questions liées à la
géographie, comme les limites de la langue et sa toponymie. GeoArp possède une grande base
de données avec les noms en patois local pour des communes francoprovençales et en fait la
57
promotion auprès des pouvoirs politiques (signalisation bilingue, etc.) . Vue sur la salle de conférences lors
Centre d'études francoprovençales et le Bureau régional pour l'ethnologie et la linguistique de la 37e fête internationale de
(BREL) : associations qui travaillent sur la langue, et plus spécifiquement sur le francoprovençal
l'arpitan organisée par l'ACA en 2016
de la Vallée d'Aoste.
à Saint-Étienne.
Institut de la langue Savoyarde (ILS) : cette fédération regroupe les diverses associations de la
langue francoprovençale en Savoie.
Fondation pour le développement et la promotion du patois : tout comme l'ILS, cette association
fédère les divers groupes du Valais.
Institut Pierre Gardette : Institut de recherche sur le francoprovençal dépendant de l'université
catholique de Lyon.

Le théâtre en patois francoprovençal


Logo de l’Aliance culturèla arpitanna.

En Italie

En Vallée d'Aoste, la principale compagnie théâtrale est Lo Charaban, fondée en 1958 à l'initiative de René Willien. Elle met en scène un spectacle unique répété
pendant une semaine au théâtre Giacosa d'Aoste, les acteurs jouant régulièrement à guichets fermés.

L'autre événement théâtral d'envergure en patois est le Printemps théâtral, qui prévoit des représentations sur tout le territoire régional. Il réunit toutes les
compagnies locales, composées surtout par des jeunes.

Dans les deux cas, il s'agit d'acteurs non professionnels.

En Suisse

Dans les districts de la Gruyère, de la Veveyse et de la Sarine, des pièces en patois fribourgeois sont jouées chaque année. Elles réunissent un public et des acteurs
de la région autour d’une langue commune d’origine francoprovençale, au service de chants et de scènes plus ou moins traditionnels suivant les auteurs. L’action,
qui mobilise généralement peu de personnages, se déroule la plupart du temps dans des espaces familiers. Les comédiens amateurs sont patoisants ou apprennent à
prononcer correctement grâce aux autres membres de la troupe. Quant aux rares auteurs actuels, ils créent des œuvres inédites et assurent ainsi le renouvellement du
répertoire théâtral en patois.

Les premières pièces en patois sont composées vers 1920 par Cyprien Ruffieux, Fernand Ruffieux, Joseph Yerly, Pierre Quartenoud, l’Abbé François-Xavier
Brodard et Francis Brodard. Il s’agissait de « drames genre Roméo et Juliette au village » (A.-M. Yerly), de scènes au chalet puis de légendes mises en scène, ou de
« comédies musicales » sur des airs de l’abbé Bovet. Comme les associations de patoisants n’existaient pas encore (elles sont fondées entre 1956 et 1984), les
sociétés de jeunesse, de Costumes et Coutumes et de Chant et Musique organisaient les représentations. À partir de 1936, des troupes de Sâles, Mézières, Le Crêt et
Treyvaux ont apporté une large contribution au théâtre patois. Le Tsêrdziniolè de Treyvaux a assuré la continuité de la tradition (il prend la relève de la Société de
Chant et musique qui joua pour la dernière fois en 1959) en jouant une pièce en moyenne tous les trois ou quatre ans. Le style évolue: après les drames, ce groupe
crée ses propres pièces. En 1985, le premier opéra populaire patois Le Chèkrè dou tsandèlê de Nicolas Kolly sur une musique d’Oscar Moret y voit le jour le temps
de huit représentations à guichet fermé!

Encore bien vivant dans le canton, le théâtre en patois ne manque ni de public ni de relève. Évolution des thématiques (vie au chalet, montagne, terre, famille) tout
en respectant la tradition, épisodes « historiques » du village, traduction de comédies et de farces et créations inédites sont un gage de succès pour cet art populaire
qui appartient au patrimoine culturel fribourgeois.

Les patoisants sont regroupés en amicales, une par district, chargées de l’organisation et de la mise sur pied des représentations. Les amicales sont chapeautées par
la Société cantonale des patoisants fribourgeois. Cette dernière joue un rôle de coordination et de promotion mais ne s’occupe pas de l’organisation d’événements.

Les troupes de théâtre actuelles du canton sont: la jeunesse de Cerniat (qui crée et joue elle-même ses pièces env. tous les 2-3 ans), la troupe théâtrale du Groupe
Choral Intyamon à Albeuve (théâtre et chant), la jeunesse de Sorens, les patoisants de la Sarine, Intrè-No de Fribourg (chaque année), les patoisants de la Gruyère
58
(chaque année), les patoisants de la Veveyse (chaque année), le groupe des Tsêrdziniolè de Treyvaux (tous les 3-4 ans) .

Radiô Arpitania
Créée en Savoie en 2007 par l'association Aliance culturèla arpitanna, la diffusion de la première radio francoprovençale couvrant
l'ensemble du domaine linguistique, Radiô Arpitania, reprend sur Internet en 2012 depuis son studio de Prilly, en Suisse. Celle-ci
fonctionne grâce à l'envoi de matériel audio - chansons, textes lus, interviews, reportages, etc. - envoyé par des locuteurs de l'ensemble de
l'Arpitanie (Suisse, France et Italie). Elle présente également les balados (baladodiffusions, podcasts) actuels des différentes régions
arpitanes (ou francoprovençales) : « Les langues se délient » sur RCF des pays de l'Ain (bressan et espéranto en alternance), « Et si l'on
Logo de Radiô
parlait patois » sur RCF Haute-Savoie, Intré Nò sur Radio Fribourg, en Suisse.
Arpitania.

Fête internationale
Depuis 1956 (journées romandes des patoisants à Bulle) les régions arpitanophones de Suisse, de France et d'Italie
organisent à tour de rôle une fête internationale réunissant les locuteurs des trois pays. Ce rendez-vous est
l'occasion pour les locuteurs de France, de Suisse et d'Italie de se retrouver autour de conférences, de débats, de
concerts et de danses traditionnelles.

Conclusion
En 2018, le francoprovençal demeure une langue vivante et parlée en tant que langue maternelle uniquement en Réunion du Conseil international du
59
Vallée d'Aoste dans plusieurs domaines de la vie quotidienne et également chez les jeunes générations francoprovençal (CIF) lors de la 37e
fête internationale de l'arpitan à
En France, ce sont surtout les activités associatives qui soutiennent la diffusion de cette langue. Cependant, l'usage Saint-Étienne, en 2016.
de l'arpitan au quotidien était, selon une étude de 2009, de 2 % des habitants des espaces ruraux en Rhône-Alpes et
60
négligeable en zone urbaine .

En 2015, deux collectivités, la région Rhône-Alpes et la région autonome Vallée d'Aoste ont signé une charte de coopération afin de sauvegarder, faire connaître et
faire vivre l'arpitan dans toutes ses composantes que sont l'enseignement, la formation, la visibilité publique de la langue, les médias et les industries culturelles, le
61
spectacle vivant, les outils linguistiques ainsi que le patrimoine culturel matériel et immatériel. Plusieurs collectivités suisses ont également manifesté leur intérêt .

Description

Phonétique
Traits caractéristiques :

Une surabondance des voyelles fermées :

Contrairement à l’occitan, qui ignore les voyelles fermées, et au français, qui en fait un usage « normal », le locuteur francoprovençal
ferme systématiquement un grand nombre de voyelles. Exemple : machon, maison, prononcé mâchon.
Amuïssement des voyelles entravées et non-accentuées :

Exemples : ramasse, balai, prononcé le plus souvent /rmassâ/. Mindya, manger, devient /mdyâ/. Peutet, enfant, prononcé /ptêt/, etc.
Réalisation diverse de la palatalisation de la consonne [k]

Suivant les vallées, [k] devant voyelle aboutit à /ch/ (régulièrement), /ts/, /st/ ou encore à l’interdentale /θ/. On a ainsi lat. campus >
/chan/, /stan/, /tsan/, /θan/.
Évolution, comparable au français de /a/ vers /ie/ après la palatalisation

canem > /tsien/ ; cadere > /tsiere/ ; caput > /tsief/ ; etc.

Comparaison de mots
Le tableau ci-dessous compare des mots francoprovençaux à leurs équivalents dans différentes langues romanes, plus le latin pour référence. On remarque
notamment l’évolution du « p » latin en « v », du « c » et « g » en « y », et la disparition du « t » et « d ». Il y a plus de similitude avec le français, qu’avec les autres
langues romanes en comparaison.
Occitan Occitan
Latin Francoprovençal Français Catalan (provençal) (vivaro-alpin) Piémontais Italien

clavis cllâf clef clau clau clau, passa ciav chiave


cantare chantar chanter cantar cantar chantar, cantar canté cantare
cambiare changiér changer canviar cambiar chambiar cambié cambiare
fabbrica,
forge, fabbrica (de
fabrica favèrge farga fabrega farja, fauria forgia,
fabrique l'italien)
fucina
mangiare
(vient de
manducare mengiér manger menjar manjar manjar manghié
l'ancien
français)
capra chiévra, cabra chèvre cabra cabra cabra, bica crava capra
lingua lengoua langue llengua lenga lenga lenga lingua
nox, noctis nuet nuit nit nuech nuech neuit notte
sapo,
savon savon sabó sabon sabon savon sapone
saponis
sudé
sudare suar suer suar susar suar, susar (dialectal sudare
strassué)
vita (ancien
vita via vie vida vida vita, vida vita
via)
pacare payér payer pagar pagar paiar, pagar paghé pagare
platea pllace place plaça plaça plaça piassa piazza
gesia ou
ecclesia égllése église església glèisa, glèia gleisa chiesa
cesa
formagg ou
caseus tomme,
tôma, fromâjo formatge fromatge fromatge, fromatgi toma ou formaggio
(formaticus) fromage
formaj

Nombres
Le francoprovençal utilise le système décimal. Cela se retrouve en français régional pour les 70, 80 et 90 (70 sèptanta /sɛˈtɑ̃ tɑ/, 80 huitanta /vwiˈtɑ̃ tɑ/, 90
nonanta /noˈnɑ̃ tɑ/). Cependant les dialectes occidentaux utilisent le vigésimal (base 20) pour 80, quatro-vengts /katroˈvɛ̃/, « 120 » (siéx-vengts) est redevenu
cent-vengt.

Orthographe
Au cours du temps plusieurs orthographes ont été utilisées pour écrire le francoprovençal. On peut les diviser en deux groupes, selon leur transparence
orthographique :
62
Les orthographes opaques. Elles sont généralement basées sur les langues gallo-romanes, dont le français , pour créer une convention
63
propre à la langue écrite . Elles mettent plus d'importance sur l'étymologie et la morphologie. L'Orthographe de référence (ORB) en est un
exemple.
64
Les orthographes transparentes. Elles sont généralement basées sur les conventions de l'orthographe française . Elles visent un lien entre
65
la graphie et la prononciation , et sont donc aussi appelées graphies semi-phonétiques. La graphie de Conflans en France (principalement
66
usitée en Savoie) et la graphie du Bureau Régional pour l'Ethnologie et la Linguistique (B.R.E.L.) en Vallée d'Aoste sont des exemples .
L'orthographe de Henriet est également une graphie semi-phonétique, inspirée par les conventions de la langue française, italienne et
basque.
En premier lieu sont apparues les orthographes étymologiques, basées sur le bas-latin et ensuite sur le français, la langue dominante de l'activité intellectuelle dans
la région. Puis, dans le cadre des recherches des dialectologues, les orthographes transparentes, visant de reproduire fidèlement son parler, sont apparues. De même,
dans le cadre d'une réaffirmation de l'identité régionale dans les années 1970, la graphie transparente de Henriet, visant une rupture plus marquée avec le français,
est apparue. [réf. nécessaire]

Graphie de Conflans
67
La "Graphie de Conflans" est un système orthographique du francoprovençal (savoyard principalement) créé dès 1981 par le "groupe de Conflans" . Formé à
l'initiative de Marius Hudry (Historien savoyard, et excellent [interprétation personnelle] patoisant) et de Gaston Tuaillon — un dialectologue —, ce groupe, composé
de patoisants venant de toute la Savoie se rassembla durant de nombreuses réunions dont le but était de permettre au savoyard d'adopter une forme écrite, assez
simple, et reconnue par tous. Forme qui ne pouvait se permettre d'être très complexe, au vu de l'état de grande détresse de la langue savoyarde ; c'est donc ainsi que

68
68
vit le jour un système orthographique semi-phonétique ne gardant du français que la prononciation de l'alphabet et non l'orthographe . À l'issue de trois années
faites de nombreuses enquêtes dialectales, de recueils d'enregistrements, ainsi que de la composition de glossaires ; la première forme aboutie de Graphie est
publiée dans les cahiers du vieux Conflans en 1983.

69
Tableau détaillé des normes orthographiques de la Graphie de Conflans

A.P.I. Graphie de Conflans Exemples français Exemples savoyards

Voyelles non nasalisées (différemment


orthographiées)


[ø] eù il veut la ryeûte (la pente)
[œ] ô la peur tòteùra (plus tard)
[o] ò (accent non haut sh/ts/stôtan (été)
[ɔ] obligatoire) le sol mòsh/styu (mouchoir)
[ɑ] â pâte apréstâ (préparer)
[ä] à (accent non Paris pàta (chiffon, éponge)
obligatoire)

Semi-voyelles (différemment
orthographiées)

bouteille, payer,
[ j] y yô (haut), frozyé (se développer)
iode
[w] ou on nouire (un noyer)
oui, louis

Voyelles nasalisées (différemment


orthographiées)

[ã] an lent l'àvan (l'osier)


[õ] on long nyonsan (nulle part)
[ɛ̃] in Ain on sh/ts/stin (un chien)

Consonnes (différemment orthographiées)

mossâr (motte de terre avec son


s (ss entre deux
[s] face, casse herbe)
voyelles)
[z] vase klyôzatâ (cligner des yeux,
z
clignoter)

koston (cou), lou kakatin (les


casque, quête
[k] k toilettes)
gueuler, guillaume,
[ge], [gi], [gœ] gué, gui, gueu r'guétâ (regarder), guilye (motte
gueux
de beurre)

montagne, paille, nyolè (nuage), pelyë (cheveux)


[ ɲ], [ʎ], [ j] (consonnes palatales) ny, ly, y
panier jarzë (tricot en laine), jambri
[ ʒ] j
gilet, jaune (souffrir)

Liste de quelques ouvrages en Graphie de Conflans :

Pierre Grasset, Le Sarvan du bâtrô, Institut de la Langue Savoyarde, 2009


Groupe de Conflans, Découvrir les parlers de Savoie, centre de la culture savoyarde, 1994
Joseph Béard, Jozè Byâ, dè l’Elyeudo, Institut de la Langue Savoyarde 2009
Patoisants du Val de Thônes, Proverbes, Dictons et Réflexions, 1998.
Les Derniers Patoisants Giettois, La Giettaz: le patois du haut Val d'Arly, Cleopas, 2009
Quand les Savoyards écrivent leur patois, Centre de la culture savoyarde, 1997
Roger Viret, Su la rota d’la Korbeura, Gap-Éditions, 2011
Adrien Dieufils, Au pays d’Amélie Gex, La Fontaine de Siloé, 2005
Le périodique en langue savoyarde Dàva rossan-na, publié de 1994 à 1999
Célestin Duch & Henri Béjean, Le Patois de Tignes, Savoie, Éditions littéraires et linguistiques de l'université de Grenoble, 1998

Orthographe de Henriet
70
Dans son ouvrage La lingua arpitana Joseph Henriet (en arpitan : Joze Harrieta) propose une graphie supradialectale, en vue de former une koinè arpitane. À
chaque lettre une prononciation, mais la prononciation précise peut varier entre les régions (les accents en linguistique). La prononciation généraliste est indiqué
dans le tableau, et les variations sont notés en bas. Les lettres entre parenthèses servent à indiquer une prononciation spécifiquement locale quand le contexte
l'exige.

Les consonnes
Labio- Pré- Les voyelles
Bilabial Dentale Alvéolaire Palatale Vélaire Glottale
dentale palatale Lettre API
Sourde P /p/ T /t ̪/ (TY) /ʈ/ (KY) /c/ K /k/ A [ä]
Occlusive
Voisée B /b/ D /d̪ / (DY) /ɖ/ (GY) /ɟ/ G /ɡ/ E [ɛ]
Nasale M /m/ N /n/ NY /ɲ/ O [ʌ]
Sourde C /t͡s/ (CY) /t͡ʂ/ OE [ə]
Affriquée
Voisée J /d͡z/ (JY) /d͡ʐ/ EI [e]
Sourde F /f/ S /s/ X /ʃ/ H /h/ OU [ɤ]
Fricative
Voisée V /v/ Z /z/ (ZY) /ʒ/ I [i]
Latérale L /l/ LY /ʎ/ Ü [ʉ]
Rhotique R /ʁ~r/ U [ɯ]
Semi-voyelle W /w/ Y /j/

Notes sur la prononciation :

C : Peut se prononcer comme une consonne affriquée alvéolaire sourde [t͡s], une consonne affriquée post-alvéolaire sourde [t͡ʃ], une
consonne affriquée alvéolo-palatale sourde [t͡ɕ], ou une combinaison [st].
CY : Peut se prononcer comme une consonne affriquée rétroflexe sourde [t͡ʂ], ou une consonne affriquée post-alvéolaire sourde [t͡ʃ].
J : Peut se prononcer comme une consonne affriquée alvéolaire voisée [d͡z], ou une consonne fricative dentale voisée [ð].
R : Henriet préconise une consonne roulée alvéolaire voisée [r], mais selon les régions il peut aussi être prononcé comme une consonne
fricative uvulaire voisée [ʁ], ou une consonne roulée uvulaire voisée [ʀ].
X : Peut se prononcer comme une consonne fricative post-alvéolaire sourde [ʃ], une consonne fricative alvéolo-palatale sourde [ɕ], ou une
consonne fricative rétroflexe sourde [ʂ].

Orthographe de référence B
L’Orthographe de référence B (ORB) est une proposition de graphie supradialectale proposée par le linguiste
71
Dominique Stich pour unifier l’orthographe du francoprovençal et de ses patois . Elle est l’amélioration de
72
l’orthographe de référence A proposée en 1998 dans l’ouvrage Parlons francoprovençal (éd. L’Harmattan) .
Cette graphie utilise des lettres « quiescentes » (étymologiques ou pseudo-étymologiques, qui ne se prononcent
pas) permettant de différencier les homonymes, sur le modèle des orthographes de référence des deux autres
langues romanes que sont le français et l’occitan. Ces lettres muettes servent également à indiquer au lecteur si
l’accent tonique tombe sur la dernière syllabe ou non. En ORB seuls les mots en -a, -o, -e, -os, -es et la finale
verbale -ont (français -ent) sont paroxytons (accentués sur l’avant-dernière syllabe). Selon la Fédération
Quelques ouvrages en ORB.
internationale de l'arpitan ACA, "il n’existe pas de « prononciation supradialectale », l’ORB ne sert pas à
standardiser la langue dans ses formes orales. L’ORB ne sert qu’à pouvoir diffuser des textes à l’écrit à un public
73
plus large que la communauté de locuteurs dans laquelle il a été écrit ".

Ouvrages en orthographe de référence B

Le Francoprovençal de poche, Paris : Assimil, 2006


Mini dico savoyard-français, Fouesnant : Yoran Embanner, 2005
Dictionnaire francoprovençal/français, Thonon-les-Bains : Éditions Le Carré, 2005
Les Aventures de Tintin : L’Afére Pecârd, Bruxelles : Casterman, 2007. (ISBN 978-2-2030093-1-8)
Floran Corradin, Lo Temps, Sciez : Éditions Arpitania, 2008. (ISBN 978-2-9523473-1-0)
Marc Bron, Alain Favre et Agnès Carron, Arrêta fran, Dyan !, Habère-Poche : Institut de la langue savoyarde, 2009.
Nicolas Gey, Los Noms de les bétyes en arpitan, Sciez : Éditions Arpitania, 2015. (ISBN 978-2-9523473-2-7)
Pierre Duplay, Lo Panoramâ de vers Sant-(E)tiève, Sciez : Éditions Arpitania, 2016.

Liste des dialectes francoprovençaux


Les dialectes de l'arpitan.

France Suisse Italie Dialectes de transition (France)


Bressan Genevois Faetar Charolais (Francoprovençal → Langue d’Oïl)
Burgondan Fribourgeois Valdôtain (Valdotèn) Mâconnais (Francoprovençal → Langue
Dauphinois Neuchâtelois Valsoanin (Val d’Oïl)
Forézien Valaisan Soana)
Jurassien Vaudois
Lyonnais
Savoyard

Comparaison dialectale
PV 1
L’orthographe diffère selon les auteurs. Martin (2005), donne l'exemple entre Bressan et Savoyard. Duboux (2006) entre le français et le vaudois .
Français Francoprovençal Savoyard Bressan Valdôtain Vaudois
Bonjour ! Bonjorn ! Bonzheu(r) ! /bɔ̃ ˈʒø/ Bondzor ! Bondzo !
Bonne nuit ! Bôna nuet ! Bouna né ! /bunɑˈnɑ/ Baanét ! Bouna né !
Au revoir ! A revêre ! A'rvi / A'rvè ! /a.rɛˈvɑ/ Au revoir ! À revère !
Oï, Oyî, Vâ, Ouâi,
Oui, Ouais Ouè Ouâ, Ouè /ˈwɛ/ Ouè
Voué, Vaî
Non, Nan Nan Nà, Nan /ˈnɔ̃ / Na Na
P'tètre, Dèbin (val
Peut-être Pôt-étre / T-èpêr /pɛˈtetrə/ Magâ pâo-t-ître
d'arly)
So'plé / Chô'plé, Ch'vô
S’il vous plait S’o vos plét /sevoˈplɛ/ Pe plésì Se vo plyé
plé
Merci ! Grant marci ! Mârchi dû, Granmacî ! /grɑ̃ marˈsi/ Gramasì Grand macî !
Un homme Un homo On omou, On omo /in ˈumu/ Eun ommo On hommo
Une femme Una fèna Na fena, Na foumâla /nɑ ˈfɛnɑ/ Euna fenna Onna fènna
L’horloge Lo relojo Le / lo r'lozhe /lo rɛˈlodʒu/ Lo relojo Lo relodzo
Les horloges Los relojos Lou / lo r'lozhe /lu rɛˈlodʒu/ Lé reloge Lè relodze
La rose La rousa La reuza /lɑ ˈruzɑ/ La rosa La roûsa
Les roses Les rouses Lé reuza /lɛ ˈruze/ Lé rose Lè roûse
Il mange. Il menge  mdyè,  mëzye /il ˈmɛ̃ʒɛ/ Y meudje Ye medze
Elle chante. El / Lyé chante Lyé sh/st/tsante /ɛl ˈʃɑ̃ tɛ/ Llie tsante Ye tsante
Il pleut. Il pleuvine. O pllôt / plluvigne É plyu Y plout Ye plyâo
Il pleut. O brolyasse. /u brulˈjasə/
Kint'aoura y'é ? /
Quelle heure est-il ? Quint’ hora est ? Quent’eura l’è-t ? Quint'hâora l’è-te ?
Kint'(y)eura y'é
Quelle heure qu’il
Quâl’ hora qu’el est ? /tjel ˈoʒɑ ˈjə/
est ?
Il est six heures et El est siéx hores et L’è-t chuis eure é L’è sî z'hâore et la
É ché z'aoura é d'myé
demie. demi demi demi.
Il est six heures et /ˈɛjɛ siʒ ˈoʒə dɛ
El est siéx hores demi
demie. ˈmi/
Comment vous vous Quê que vos âdes
Kint non vo-z'é ? Quen non avéde-vo ?
appelez ? niom ?
Comment vous vous Coment que vos vos /kɛmˈe kɛ ˈvu vu Quemeint vo
appelez ? apelâds ? apaˈlo/ appelâ-vo ?
Je suis content de Je su bonèso de vos D'si / Si fran kontê d'vo Dze si bien contèn de Ye su conteint de vo
vous voir. vêre vè. vo vére. vère.
Je suis content de Je su content de vos /ʒɛ si kɔ̃ ˈtɛ də vu
vous voir. vêre vɑ/
Prègiéds-vos Prédzade-vo
Parlez-vous patois ? Prezyé-vo patyué ? Parlâ-vo patois ?
patouès ? patoué ?
Parlez-vous patois ? Côsâds-vos patouès ? D'vezâ-vo patyué ? /koˈʒo vu patuˈɑ/ Dèvesâ-vo patouè ?

Toponymes
Presque la totalité des toponymes de l'aire de la langue francoprovençale ont pour origine cette langue. Le francoprovençal n'ayant jamais été langue officielle (à
part quelques exceptions éphémères), ces toponymes sont transcrits sous une forme francisée. Ainsi, pour désigner la ville de Genève, le français moderne a adopté
74
une forme francisée du nom arpitan Geneva [ðəˈnɛva], et a abandonné le nom du moyen français, Genvres .

Dans la toponymie officielle, la principale source de survivance du francoprovençal se fait dans un certain nombre de suffixes caractéristiques : -az, -ez, -ad, -o(t)z,
75, 76
-od, -oud, -uz, -ax, -ex, -ux, -oux et -ieu(x) . Ils indiquaient la syllabe accentuée. La dernière consonne est rarement prononcée, ou bien sa prononciation
indique l’origine étrangère du locuteur. Pour les noms multisyllabiques, « z » indique l’accentuation sur l’avant-dernière syllabe, et « x » sur la dernière, exemple :
Chanaz : /ˈʃɑ.nɑ/ (shana) ; Chênex : /ʃɛˈne/ (shèné). On peut relever que ces « x » et « z » finaux n'ont jamais été une lettre, mais ils rapportent une fioriture de
PV 2
l'écriture de ces noms remontant au Moyen Âge .

Les sous-sections suivantes sont des exemples par régions :

France
Ain : Outriaz, Seillonnaz, Ordonnaz, Blanaz, Jarvonoz, Culoz, Marboz, Contrevoz, Beynost, Oyonnax, Sonthonnax-la-Montagne, Gex,
Echenevex, Chevroux, Lescheroux, Jujurieux, Civrieux, Misérieux, Meximieux, Toussieux, Ceyzérieu, Pugieu, Perrex, Versonnex, Niévroz,
Lagnieu, Lompnaz, Lompnieu, Ambérieu, Cormoz, Trévoux, Reyrieux.
Allier : Lenax, Montcombroux-les-Mines
Ardèche : Boulieu.
Doubs : Saraz, Éternoz, Bolandoz, La Cluse-et-Mijoux, Montmahoux.
Jura : Saffloz, Vertamboz, Morez, Lajoux, Le Vaudioux, Vannoz.
Savoie : Arthaz-Pont-Notre-Dame, Peillonnex, Motz, Lovettaz, Chanaz, Sonnaz, Motz, Séez, La Motte-Servolex, Ontex, Verthemex, Avrieux,
Ruffieux, Chindrieux, Champagneux, Drumettaz, Barberaz, La Féclaz, La Clusaz, La Giettaz, Avressieux Viuz-en-Sallaz, Marcellaz, Aviernoz,
Frontenex, Saint-Jean-de-Couz, Saint-Pierre-de-Gernebroz, Verthemex, Viuz-en-Sallaz, Marcellaz, Chamonix, Aviernoz, La Forclaz, Marlioz,
Marnaz, Chevenoz, Charvonnex, Chênex, Seythenex, Thélévex, Seytroux, Combloux, Les Carroz, Viuz-la-Chiésaz, Metz-Tessy, Conjux,
Praz-sur-Arly, Mont-Saxonnex, Reyvroz, Saint-Jorioz, Vétraz-Monthoux, Villaz, Ville-en-Sallaz, Ontex, Verthemex, Avrieux, Ruffieux,
Chindrieux, Champagneux, Drumettaz, Barberaz, Avoriaz, Chainaz-les-Frasses, Servoz, Loisieux, Moillesoulaz, La balmaz, Viuz-la-Chiésaz,
Menthonnex, Chamoux-sur-Gelon, Cohennoz, Sciez, Saint-Genix-sur-Guiers, Saint-Jean-de-Couz, Villaroux, La Muraz.
Rhône : Brussieu, Courzieu, Jarnioux, Ouroux, Rillieux-la-Pape, Sermenaz, Grézieu-la-Varenne, Vénissieux, Vaulx-en-Velin, Manissieux,
Meyzieu.
Loire : La Tour-en-Jarez, Razoux, Chénieux, Écullieux, Aveizieux.
Isère : Vernioz, Proveysieux, Ornacieux, Monsteroux-Milieu, Monseveroux, Optevoz, Charvieu-Chavagneux, Tignieu, Vignieu, Chavanoz,
Crémieu, Siccieu, Beptenoud, Bourgoin-Jallieu.
Italie
Vallée d'Aoste : Bionaz, La Clusaz, Runaz, Lillaz, Chérolinaz, Planpincieux, Échevennoz, Morgex, Isollaz, Arbaz, Tollégnaz, Allésaz, Fénillaz,
Morgonaz, Orbeillaz, Arcésaz, Extrépiéraz, Arnad, Éternod.
Suisse
Genève : Athenaz, Treulaz, Vésenaz, Bardonnex, Bernex, Certoux, Choulex, Laconnex, Le Grand-Saconnex, Maisonnex, Onex, Thônex,
Troinex.
Fribourg : La Brillaz, La Folliaz, La Sonnaz, Chesopelloz, Neyruz, Pont-en-Ogoz, Rustoz, Le Marterex, Mottex.
Neuchâtel : Val-de-Ruz, Brot-Plamboz, Le Prevoux.
Valais : Arbaz, Dorénaz, Nendaz, Veysonnaz, Vérossaz, Vernayaz, Mazembroz, Vétroz, Nax, Mex, Vex, Massongex, Choëx.
Vaud : La Bérallaz, Bioley-Orjulaz, Bressonaz, Cerniaz, L'Étivaz, Mutrux, Onallaz, Penthalaz, Penthaz, Penthéréaz, Ropraz, Sallaz, La
Sarraz, Saubraz, Tolochenaz, Villars-Mendraz, Aclex, Bex, Château-d'Œx, Cheserex, Cordex, Founex, Mex, Paudex, Saint-Prex, Trélex.

Notes et références
1. en l’orthographe ORB supradialectale standardisée, voir :

Dictionnaire francoprovençal / français, français / francoprovençal : Dictionnaire des mots de base du francoprovençal : Orthographe ORB
supradialectale standardisée, Dominique Stich, éditions Le Carré, Thonon-les-Bains 2003, p. 109, 339, 441, 447 et 454.
Le Francoprovençal de poche, Jean-Baptiste Martin, Assimil, Chennevières-sur-Marne 2005, p. 61.
2. Le francoprovençal, langue oubliée, Gaston Tuaillon in Vingt-cinq communautés linguistiques de la France, tome 1, p. 204, Geneviève Vernes,
éditions L’Harmattan, 1988.
3. Sondage linguistique de la Fondation (http://www.fondchanoux.org/) Émile Chanoux
4. (en) Fiche langue (http://www.ethnologue.com/language/frp)[frp]dans la base de données linguistique Ethnologue..
5. Conseil fédéral, Rapport périodique relatif à la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires : Septième rapport de la Suisse,
Confédération suisse, 2018 (lire en ligne (https://www.bak.admin.ch/dam/bak/fr/dokumente/sprachen_und_kulturelleminderheiten/berichte/7_beri
cht-der-schweiz2018.pdf.download.pdf/7e-rapport-de-la-Suisse-2018.pdf) [PDF]), p. 13-14.
6. La région Rhône-Alpes reconnaît officiellement l'arpitan (http://www.arpitania.eu/index.php/lesnews/96-la-region-rhone-alpes-reconnait-officielle
ment-l-arpitan), sur le site arpitania.eu
7. Réunion du conseil régional Rhône-Alpes consacrée aux langues régionales (http://www.m-r-s.fr/post/2009/07/20/Reunion-du-Conseil-regional-R
hone-Alpes-consacree-aux-langues-regionales), sur le site m-r-s.fr du 20 juillet 2009.
8. code générique
9. Koryakov Y.B. Atlas of Romance languages. Moscou, 2001
10. Michel Banniard, Du latin aux langues romanes, 1997.
11. cf. Marzys 1971
12. « Articolo 2. In attuazione dell'articolo 6 della Costituzione e in armonia con i princípi generali stabiliti dagli organismi europei e internazionali, la
Repubblica tutela la lingua e la cultura delle popolazioni albanesi, catalane, germaniche, greche, slovene e croate e di quelle parlanti il francese,
il franco-provenzale, il friulano, il ladino, l'occitano e il sardo, » loi n°482 du 15 décembre 1999 (http://www.camera.it/parlam/leggi/99482l.htm)
sur le site du parlement italien
13. « Langue française et langues régionales. » (http://www.culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/Langue-francaise-et-langues-de-F
rance/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-regionales)
14. « DÉLIBÉRATION DU CONSEIL RÉGIONAL DE RHÔNE-ALPES RECONNAÎTRE, VALORISER, PROMOUVOIR L’OCCITAN ET LE
FRANCOPROVENÇAL, LANGUES RÉGIONALES DE RHÔNE-ALPES » (http://icar.univ-lyon2.fr/projets/ledra/documents/Deliberation_du_cons
eil_regional.pdf)
15. Les Mots de la montagne autour du Mont-Blanc, Hubert Bessat et Claudette Germi, éd. Ellug, Programme Rhône-Alpes, Recherches en
Sciences Humaines, 1991, (ISBN 2-902709-68-4).
16. Les Alpes et leurs noms de lieux, 6 000 ans d’histoire ? : Les appellations d’origine pré-indo-européenne., Paul-Louis Rousset, 1988,
(ISBN 2-901193-02-1).
17. Lieux en mémoire de l’alpe, Hubert Bessat et Claudette Germi, Grenoble, Éd. Ellug, 1993.
18. Voir l'interview de Christiane Dunoyer (http://www.arpitania.eu/index.php/videos-arpitan/92-histoire-harpitanya-la-ferveur-d-une-idee),
anthropologue et présidente du Centre d'études francoprovençales « René Willien » et Un documentaire sur le Mouvement Harpitanya (http://edi
zioni.lastampa.it/aosta/articolo/lstp/631/).
19. Lire La nation Arpitane - J. Harriet, 1974 (http://arpitania.forumactif.com/CAFE-ARPITAN-c1/L-euroregion-Arpitanie-f1/La-nation-Arpitane-J-Harri
et-1974-t581.htm).
20. ACA: Qui sommes-nous (http://arpitan.com/aca/)
21. Harpitanya, la ferveur d'une idée, un documentaire de Christiane Dunoyer (http://francoprovencal.org/harpitanya-la-ferveur-dune-idee-de-christia
ne-dunoyer/) sur francoprovencal.org
22. Système universitaire de documentation (http://www.sudoc.abes.fr).
23. Copyright © 2003 Diversity, Authors & Publishers (http://www.diversity.org.mk/11.PatriciaReport.asp).
24. Le francoprovençal : évolution et perspectives sur francoprovencal.org (http://francoprovencal.org/situation-besoin-arpitan-marc-bron/).
25. Site officiel de la Fédération internationale de l'arpitan - ACA (http://arpitan.com).
26. Conférence de Jean-Baptiste Martin, Université Catholique, Lyon, 22 janvier 2007.
27. Cf. Lettre du ministre français de l’éducation, 22 août 2006 : [1] (http://tribune.bale.ch/index.php/culture/item/31-refus-reconnaissance-arpitan-fra
ncoprovencal) Tribune de Bâle, 6 septembre 2006.
28. Claudine Brohy, Po ke le Patê vèkechichè (http://www.freiburger-nachrichten.ch/archiv/po-ke-le-pate-vekechiche), Freiburger Nachrichten, 16
mai 2013.
29. Centre de dialectologie de l’Université de Neuchâtel
30. Guy Gardien: Toute une enfance en Arpitanie, in Le Dauphiné (édition Nord-Isère), 08.07.15
31. Deux dialectes arpitans ont été parlés dans le sud de la Fanche-Comté : le Jurassien et le Burgondan.
32. Karl-Heinz Reichel, Études et recherches sur les parlers arverno-bourbonnais aux confins de l'Auvergne, du Bourbonnais, de la Marche et du
Forez, Chamalières, CTA, coll. « Eubransa/Travaux », 2012
33. Serge Soupel, « Le domaine franco-provençal : Essai de synthèse sociolinguistique (Lyonnais, Savoie, Val d'Aoste, Valais) », Médioromanie :
Études sur la France médiane, no 8 - Agencements géohistoriques dans le Centre-Est, 2009 (ISBN 978-2-9534338-2-1)
34. Gaston Tuaillon, « Limite nord du provençal à l'est du Rhône », Revue de linguistique romane, Paris, Société de linguistique romane avec le
concours du Centre national de recherche scientifique, vol. 28 « cahier 109-110 », janvier-juin 1964, p. 127-142 (ISSN 0035-1458 (http://worldca
t.org/issn/0035-1458&lang=fr), OCLC 1681180 (http://worldcat.org/oclc/1681180&lang=fr), lire en ligne (https://dx.doi.org/10.5169/seals-
399338)).
35. Les parlers comtois d'oïl : étude phonétique, Paris, Klincksieck, 1972.
36. Gaston Tuaillon, Le francoprovençal, progrès d'une définition (http://www.centre-etudes-francoprovencales.eu/cef/allegati/tuaillon_266.pdf).
37. Les espaces dialectaux en France, situation et évolution, d'après Pierre Bonnaud (1981) (http://www.ville-souvigny.com/Souvigny/Souvigny_Ling
uistique.html).
38. Aux racines du francoprovençal (http://www.centre-etudes-francoprovencales.eu/cef/index.cfm/actes-conference-publications/2003-aux-racines-
du-francoprovencal.html)
39. La région était peuplée dès le paléolithique, comme en témoignent divers restes mégalithiques, notamment le cromlec’h du col du Petit-Saint-
Bernard.
40. Glossaire des patois de la Suisse romande, vol. 4, p. 18-21.
41. Wartburg, Walther von., Évolution et structure de la langue française, Francke, 1er janvier 1993 (ISBN 3772000134,
OCLC 263198314 (http://worldcat.org/oclc/263198314&lang=fr), lire en ligne (https://www.worldcat.org/oclc/263198314))
42. Chambon/Greub 2000, Kristol 2004.
43. Ch. Th. Gossen 1970
44. (ISBN 88-87719-00-4)
45. (ISBN 2-940171-14-9)
46. (ISBN 2-203-00930-6)
47. (ISBN 978-2-203-00931-8)
48. L’Express (http://www.lexpress.fr/informations/un-patoisan-bien-en-chaire_609152.html).
49. Le Dauphiné Libéré (http://www.ledauphine.com/societe-une-petition-est-lancee-pour-la-reconnaissance-du-savoyard-francoprovencal-ils-militent
-pour-passer-le-savoyard-au-bac-@/index.jspz?article=71906&chaine=26).
50. www.patoisvda.org (http://patoisvda.org/fr/index.cfm/dichonnero-di-petsou-patoesan.html)
51. Lo Gnalèi : site trilingue du (http://www.patoisvda.org/) patois valdôtain.
52. Nicolas Verdan, « En Valais, à Evolène, on parle la "langue du coeur" en famille » (https://web.archive.org/web/20141106183537/http://www.terr
enature.ch/agriculture/09092013-1447-en-valais-evolene-parle-la-langue-du-coeur-en-famille) (version du 6 novembre 2014 sur l'Internet
Archive).
53. (de) Anita Geurts, « Unterwegs im Tal der Eringer Kampfkühe » (http://www.nzz.ch/lebensart/reisen-freizeit/unterwegs-im-tal-der-eringer-kampfk
uehe-1.3432798), sur nzz.ch, 28 août 2009 (consulté le 9 octobre 2018).
54. Premier festival de l'arpitan sur la ville: revitaliser et socialiser cette langue, St Etienne: Le Progrès, 01.09.16.
55. Radiô Arpitania, la première radio francoprovençale en continu (http://francoprovencal.org/radio-arpitania), francoprovençal.org
56. La fête internationale des patois aura lieu dans le far west arpitan (http://www.savoie.news/37-fete-internationale-des-patois), Savoie.news,
31.07.16
57. Alliance Culturelle Arpitane, « Signalisation en arpitan: l'Office géographique arpitan est là pour vous conseiller! » (https://twitter.com/arpitan/stat
us/548834395663400960), 27 décembre 2014 (consulté le 28 décembre 2014).
58. Etat de Fribourg / Staat Freiburg, « Traditions vivantes fribourgeoises : Théâtre en patois francoprovençal - Etat de Fribourg » (http://www.fr.ch/tr
adifri/fr/pub/expressions_orales/theatre_patois_francoprovencal.htm), sur www.fr.ch (consulté le 15 février 2016)
59. La vitalité du patois (http://patoisvda.org/gna/index.cfm/vallee-d-aoste-vitalite-patois.html), Gnalèi - Guichet linguistique sur patoisvda.org/
60. Étude sur l’ensemble du périmètre de la région Rhône-Alpes, page 34 et suiv. « Francoprovençal et occitan en Rhône-Alpes » [PDF] (http://ww
w.rhonealpes.fr/uploads/Document/6e/WEB_CHEMIN_4563_1247754437.pdf), étude pilotée par l’Institut Pierre Gardette, université catholique
de Lyon, juillet 2009.
61. « Rhône-Alpes et la Vallée d’Aoste signent une charte de coopération pour l'arpitan » (http://crieur.ch/rhone-alpes-aoste-charte-
francoprovencal/), Crieur.ch / Tribune de Bâle, 29 mai 2015
62. « Arpitan et orthographe: questions souvent posees » (http://arpitania.eu/index.php/qui-sommes-nous/2-arpitania/58-arpitan-francoprovencal-ort
hographe-de-reference-b)
63. (fr) Stich, Dominique (1998), Parlons francoprovençal : Une langue méconnue, Paris, Éditions l’Harmattan, (ISBN 2-7384-7203-6), pp. 36-38.
64. Tuaillon, Gaston (1984), La graphie de Conflans pour le patois savoyard (http://www.centre-etudes-francoprovencales.eu/cef/bollettini/nouvelles-
centre-10-1984-127.pdf?r=0.13302504918), Saint-Nicolas, Centre d'études francoprovençales, pp.5-8.
65. (fr + frp) Groupe de Conflans, Découvrir les parlers de Savoie, Centre de la culture savoyarde, 1994, pages 17-22
66. (fr) Esprit Valdôtain - Le patois dans sa forme écrite (http://www.espritvaldotain.org/sito/pag/notrepays/patois3.htm)
67. « Centre de la culture savoyarde » (http://www.langue-savoyarde.com/les-groupes-savoyards/centre-de-la-culture-savoyarde)
68. « Graphie de Conflans » (http://projetbabel.org/document/savoyard_graphie_conflans.pdf)
69. (fr + frp) Groupe de Conflans, Découvrir les parlers de Savoie, Centre de la Culture Savoyarde, 1994, 163 p., Pages 17-26
70. (it) Joze Harietta, La lingua arpitana : com particolare riferimento alla lingua della Val di Aosta, Tip. Ferrero & Cie. die Romano Canavese,
1976, 174 p..
71. Dominique Stich, Henriette Walter (directrice de thèse et membre du jury), Caroline Julliard (membre du jury), Marie-Rose Simoni (membre du
jury) et Jean-Baptiste Martin (membre du jury), Francoprovençal : propposition d’une orthographe supra-dialecticale standardisée (Thèse pour
obtenir le grade de docteur de l’université de Paris V), s.l., Université René Descartes-Paris V. UFR de linguistique. Science du langage,
28 juin 2001, 1659 p. (lire en ligne (http://www.arpitania.eu/aca/documents/These_Stich_2001.pdf) [PDF]).
72. Pour une analyse scientifique critique de la graphie de Stich, voir le compte rendu d’Éric Fluckiger (2004), dans Vox Romanica 63, p. 312-319.
73. Orthographe sur le site de l'ACA, Fédération internationale de l'arpitan / francoprovençal (http://arpitan.com/orthographe/)
74. (fr + de + it) Kristol, Andres, Dictionnaire toponymique des communes suisses, Editions Payot (Lausanne), 2005, 1102 p.
(ISBN 2-601-03336-3).
75. Cmment prononcer les noms en -z et -x dans les Alpes, Crieur.ch / Tribune de Bâle & Journal du Léman, 10.06.16 (http://crieur.ch/prononcer-les-
noms-en-az-et-oz-savoie-suisse/)
76. Toponymie arpitane (http://www.arpitania.eu/index.php/videos-arpitan/74-toponymie-arpitane) sur Arpitania.eu

Voir aussi

Bibliographie Sur les autres projets Wikimedia :

francoprovençal, sur le Wiktionnaire


Hervé Abalain (2007), Le français et les langues historiques de la France,
Éditions Jean-Paul Gisserot, (ISBN 978-2-87747-881-6), 317 pages. arpitan, sur le Wiktionnaire
Abry, Christian (1979), Le paysage dialectal, dans Abry, Christian et al. (éd.), Les
sources régionales de la Savoie : une approche ethnologique. Alimentation, Arpitan, sur Wikiversity
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Zbinden (=dictionnaire étymologique des langues gallo-romanes et de tous leurs dialectes)

Articles connexes
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langues régionales de France
linguistique

liste de langues

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Liens externes
Notices d'autorité :
Bibliothèque nationale de France (http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb11935379s) (données (http://data.bnf.fr/ark:/12148/cb11935379s))
Francoprovencal.com, le site international du francoprovençal/arpitan (http://francoprovencal.com/)
Archives RTS "Les patois romands" (http://www.rts.ch/archives/tv/divers/3443596-dvd-les-patois-romands.html)
Société cantonale des patoisants fribourgeois (http://www.patoisants.ch/)
Le premier portail du francoprovençal de la Vallée d'Aoste (http://www.patoisvda.org)
Arpitania.eu, portail international du francoprovençal (http://www.arpitania.eu)
Lo patoué de Saviése, en Suisse (Valais) (http://www.patwe.ch)
Le francoprovençal: histoire et état des lieux (http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/monde/franco-provencal.htm)
Arpitan.ch, autour du Mont-Blanc (http://www.arpitan.ch/)
Plurilinguisme administratif et scolaire en Vallée d’Aoste (https://www.academia.edu/3178188/Investigare_la_Valle_dAosta_metodologia_di_r
accolta_e_analisi_dei_dati)

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