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Semaine 5 Leçon 2 : Convergence des réseaux

Cette leçon porte sur la convergence des réseaux.


Nous utilisons aujourd’hui plusieurs réseaux d’accès hétérogènes de par leurs
caractéristiques physiques (les tailles des cellules, les types d’accès, ou encore
les modes de communications, ...), avec des équipements fournissant plusieurs
services (qui eux même sont hétérogènes).
Nous avons à plusieurs reprises dans nos leçons fait référence au mot clé
Convergence.
L’objectif principal de cette leçon est de s’arrêter sur ce que l’on entend par le
terme convergence dans le contexte des réseaux d’aujourd’hui.
Et concrètement nous allons donner quelques exemples de solutions facilitant
cette convergence.

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Comprendre le cœur d’Internet : les réseaux d’opérateurs
Riadh Dhaou – ENSEEIHT
Mais d’abord un petit historique.
La convergence est envisagée pour la première fois de façon concrète à la fin
des années 90.
Elle sombre néanmoins rapidement dans l’oubli à une heure où les entreprises
se veulent spécialisées, soit sur le mobile, soit sur le fixe, pour être plus
performantes sur leur cœur de métier ou acquérir la taille critique sur leur
marché.
Et effectivement, il s'agit bien de marchés différents.
Le mobile vit une croissance effrénée profitant des marges confortables d'un
environnement peu concurrentiel, à l’époque.
A contrario, le fixe est dominé par les opérateurs historiques, et les acteurs du
marché détruisent leurs marges, incapables d'imaginer un autre facteur
différenciant que le prix.
Sur le plan technique, la convergence est quasi-impossible à mettre en œuvre,
excepté dans les systèmes d’information autour de la base client et de la
facture.
A partir de 2002, tout juste quelques années plus tard, la donne change pour
les opérateurs mobiles. Les efforts consentis pour remplacer les fixes par des
mobiles se soldent par des échecs, pour des raisons légitimes d’ergonomie, de
préoccupations sanitaires, etc.
Côté fixe, l’horizon se dégage. La maturation de la technologie DSL et la
généralisation de l’utilisation du socle IP permettent aux acteurs de rebondir

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et déclenchent le premier grand mouvement de convergence entre Internet,
télévision et téléphonie fixe.
Sur le plan technique, dès 2004, la mise en œuvre de structures pour les
opérateurs virtuels (VNO) offre l’opportunité aux acteurs fixes d’entrer sur le
marché du mobile sans devoir investir massivement dans un réseau, ni avoir à
le gérer, mais sans non plus disposer de la latitude technique nécessaire pour
produire des offres innovantes, voire convergentes.
De façon moins spectaculaire, la généralisation des technologies IP permet aux
acteurs du mobile de vendre du fixe sans pour autant se confronter à la
téléphonie à l'ancienne.
Des ponts rapprochent donc les mondes fixe, mobile et Internet, mais sans les
décloisonner, à cause de l'absence de services compatibles entre eux
(incompatibilité souvent due à l’ergonomie particulière du terminal mobile, ou
à la data mobile trop chère et trop lente qui pénalise les flux de données
volumineux et les connexions permanentes). Le bénéfice le plus tangible à ce
stade est la fidélisation du client qui se trouve lié à son opérateur par de
multiples services.
Au milieu des années 2000, les phénomènes émergents du début de la
décennie s’amplifient et force est de constater que la convergence fixe-mobile
limitée qui a été mise en œuvre est un échec. Les VNO issus du fixe peinent à
vendre du mobile hors de niches très fermées, et l'absence de maîtrise
technique de bout en bout rend les offres convergentes fragiles et peu
innovantes. Côté mobile, le prix des minutes continue à baisser, cette fois-ci
plus drastiquement avec la généralisation des formules illimitées issues du fixe
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et conceptuellement très différentes des forfaits. Il faut d’urgence fidéliser les
clients et passer d’un modèle de vente de minutes à un modèle de vente de
services plus rentable pour préserver un maximum de valeur.
Les choses s’accélèrent lors du passage de la 3ième à la 4ième génération de
réseaux de mobiles avec l’adoption du mode paquet (IP) de bout-en-bout. IP
qui est vue comme principale solution de convergence de niveau réseau.

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À travers ce bref historique, nous avons vu que la convergence fixe-mobile est
passée par plusieurs phases et peut aussi être vue à plusieurs niveaux.
Si nous voulons donner une définition à la convergence, sur un plan technique
:
Nous pouvons la voir du côté réseaux, avec la « Convergence des réseaux » ou
l’Intégration des réseaux fixe et mobile et de leurs services »
Du coté terminaux, avec la « Convergence des terminaux » qui intègrent de
plus en plus de services
Du coté services, avec la « convergence des Services » qui peuvent être accédés
à partir de n’importe quel type de technologie d’accès
Sur un autre plan, la convergence commerciale se manifeste par le
« Regroupement du personnel affecté au marketing, à l’administration et au
support technique » des divisions fixe et mobile d’un l’opérateur.

Essayons de nous focaliser maintenant sur le plan technique. Nous avons, ces
derniers temps, vu émerger plusieurs solutions qui favorisent la convergence.
Ces solutions peuvent être classées par niveaux hiérarchiques.

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D’abord sur le niveau applicatif qui prend une part considérable avec
l’émergence d’architectures comme IMS et de solutions standardisées (dans le
cadre du 3GPP) et commercialisées, comme le standard GAN commercialisé il
a quelques années par exemple en France sous le label UNIK et dont les
concepts sont toujours utilisés aujourd’hui pour les réseaux hétérogènes.
Ensuite au niveaux liaison de données, qui concentre un certain nombre
d’autres solutions. Par exemple, Un sous ensemble de MPLS (comme T-MPLS:
Transport MPLS (standardisé par ITU-T))
Des extensions d’Ethernet (comme PBB: Provider Backbone Bridge ) connu
également sous le nom de MAC in MAC (standardisé par l’IEEE))
Enfin, une des solutions sur laquelle nous allons focaliser est GAN (ou Generic
Access Network) qui est une solution de convergence proposée par l’IEEE, et
qui est venue pour favoriser la mobilité de terminaux entre réseaux
hétérogènes fondés sur des technologies IEEE ou 3GPP.
Bien sûr, il existe d’autres solutions, à d’autres niveaux, comme par exemple au
niveau physique, mais que nous ne présenterons pas dans cette leçon.
Dans la suite, nous prendrons trois exemples de solutions très largement
discutées et utilisées, ces derniers temps.

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L’IMS met en œuvre IPv6 de bout en bout, du terminal au cœur de réseau, ce
qui permet de réduire les éléments de passerelles nécessaires et facilite la
convergence.
Les services devenus indépendants du type de réseau, se trouvent de facto
convergents, puisque disponibles de la même façon (logique de service,
configuration, facturation, ...) quels que soient le réseau d'accès et le terminal.
Il est par exemple possible d’utiliser un client SIP embarqué dans un téléphone
ou dans un PC, le service n’a pas forcement la même interface utilisateur mais
il a le même comportement. Par ailleurs, la standardisation des accès aux
services rend les services réutilisables et intégrables pour former des
combinaisons plus riches (la présence est un bon exemple de service socle). Le
niveau service, agnostique aux problématiques télécom, profite naturellement
du socle mutualisé des fonctions liées à la mobilité.
L’IMS donne les moyens aux opérateurs de garantir la sécurisation des
échanges, la qualité de service, l’interconnexion avec les autres opérateurs.

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La deuxième solution que nous passons en revue est aussi standardisée par le
3GPP et connue sous le terme GAN ou Generic Access Network. Il faut dire
qu’initialement elle était connue sous le nom du consortium qui l’a créé UMA
pour Unlicensed Mobile Access mais aussi sous sa dénomination commerciale
comme UNIK ou TWIN.
Conceptuellement il d’agit d’un accès sans-fil (en mode paquet IP) à un réseau
de cœur qui était à ses premières génération en mode circuit (GSM).
Cette solution est généralisée à n’importe quel type d’accès et le cœur du
réseau a aussi évolué vers les dernières générations en mode paquet.
L’idée étant que le mobile est doté de plus sieurs interfaces radio (hétérogènes,
wifi, GSM par exemple). Lorsqu’il est sous couverture du point d’accès wifi il est
pris en charge par ce dernier et lorsqu’il est hors de portée du point d’accès Wifi
il est pris en charge par la station de base GSM. Ses communications passent
directement par celle-ci ou passent pas le point d’accès wifi.
L’intérêt de cette solution est qu’elle permet d’utiliser n’importe quel réseau
local ou autre réseau d’accès avec un impact minimal sur de cœur du réseau de
l’opérateur, un impact minimal sur les services rendus, et un impact minimal
sur les infrastructures radio existantes.
Tous les services peuvent être transportés au travers du réseau local wifi par
exemple, avec le moins de changements possibles.
On peut construire des politiques et des mécanismes qui permettent d’assurer
la continuité de service en cas de mobilité de l’utilisateur.

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Par contre, pour le trafic de type data, cette solution induit quand même un
overhead due à l’encapsulation de l’IP sur GPRS sur GAN sur IP
Cette solution en pâtie également des multiples niveaux de sécurités : sécurité
avec le réseau local, pour le tunnel Ipsec et avec le réseau de mobiles
GSM/GPRS. La configuration de la sécurité n’est pas simple.
N’est pas une solution tout-IP de bout en bout.
En plus il faut aussi gérer convenablement la mobilité de l’usager avec des
risques d’interruption de service si l’utilisateur se déplace dans un réseau visité
qui adopte une méthode d’accès ne garantissant pas la disponibilité de
ressources radio. On doit aussi localiser le mobile correctement et effectuer du
partage de charge de façon efficace.
Cette solution n’a pas vu le succès commercial escompté surtout avec
l’apparition de solutions concurrentes comme VIOP (Skype, viber) et le passage
aux générations de réseaux télécom adoptant le mode paquet.

Cette solution de convergence est en réalité une solution d’interconnexion à


base de l’utilisation de passerelle. Notée GAN Contrôleur ou UMA Contrôleur
c’est la même entité.
En effet les flux applicatifs sont encapsulés dans des tunnels établis entre le
terminal utilisateur et la passerelle qui assure l’interconnexion avec le cœur de
réseau du mobile.
Le trafic utilisateur de type voie est en encapsule dans des paquets IP et envoyé
vié des tunnels à la passerelle. De même que pour le trafic de signalisation.

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La passerelle se charge alors de convertir le trafic des paquets qu’elle reçoit en
portions TDM envoyés via le réseau GSM.

Le dernier exemple que je vais prendre dans cette leçon émane de l’organisme
de standardisation IEEE.
Contrairement à la solution précédente qui est une solution cousue main entre
couples de réseaux d’accès hétérogènes, MIH ou M2dia Indépendant Handover,
ambitionne d’aider à la gestion de la mobilité d’utilisateur au travers de réseaux
d’accès hétérogènes. Et d’effectuer ce qu’on appelle handover vertical (par
opposition au handover horizontal, effectué lorsque le terminal mobile change
de cellule sans changer la nature du réseau d’accès.
Constatant que l’IETF (Internet Engeneering Task Fors) a anticipé en
commençant à tenir compte des événements de niveau liaison de données
pour optimiser les protocoles de gestion de mobilité de niveau réseau, l’IEEE a
décidé de proposer un standard universel qui permet de rendre l’accès
générique en masquant les spécificités du réseau d’accès et de gérer ainsi la
mobilité de façon transparente au média utilisé. D’où le nom de Média
Indépendant Handover (ou MIH).
L’organisme IEEE a donc développer un standard commun à travers les médias
802 mais également 3GPP.
Définir des triggers de niveau 2 pour optimiser la mobilité de niveau réseau
(FMIP, …)

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Définir des informations indépendantes du média afin de permettre au mobile
de détecter et sélectionner efficacement les réseaux.
Définir une façon pour transporter cette information sur tous types de médias
802
Trois types de services sont proposés aidant à la préparation et à l’exécution de
handovers: des services de types évènement (permettant de détecter les
évènements liés à la mobilité de façon transparente au média, par exemple un
lien radio est rompu ou est sur le point d(être interrompu, des services de types
commandes (par exemple déclencher un handover, ou configurer un lien,…)
et des services de type information (qui donnent des informations sur les
réseaux d’accès facilitant la sélection des réseaux cibles en cas de mobilité).
Cette solution est en réalité une solution d’interconnexion entre réseaux
hétéro à base d’une sous-couche de convergence qui permet de rendre
transparents les services des niveaux sous-jacents. Elle mappe ainsi les point
d’accès de service spécifiques au média à des points d’accès au service
génériques facilitant ainsi le développement et l’exploitation de protocoles de
gestion de mobilité pour les niveaux plus élevés.
À titre d’exemple l’interface et d’un pc mobile est débranche, alors l’interface
wifi est activée et prendre le relais pour assurer une continuité du service.
Un mobile en communication via un réseau cellulaire, embarqué dans un train
entrant en gare. Le réseau wifi local à la gare prend le relais.

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En guise de conclusion nous pouvons dire que plusieurs solutions facilitant la
convergence existent.
D’abord avec l’adoption du mode paquet.
Ensuite avec la proposition d’architectures de convergence à l’instar d’IMS
Enfin au travers des solutions d’interconnexion que ce soit à l’aide de
passerelles comme GAN ou à l’aide d’une couche de convergence comme MIH.
La première est une solution cousue main et la seconde est une solution
générique.
Pour aller plus loin nous vous invitions à vous intéresser également à la
séparation du trafic de contrôle de celui des données utilisateurs et la
virtualisation des réseaux qui pourraient contribuer dans le futur à renforcer la
convergence des réseaux, des services et des terminaux.

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