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Thermodynamique Année 1999/2000

Epreuve de rattrapage

Exercice 1 (6 points)

On considère une mole de gaz parfait.

1° Etablir la relation de Mayer : C p − Cv = R .


2° Montrer que si le gaz subit une transformation adiabatique réversible, alors TV γ -1 = Cste .

Exercice 2 (14 points)

Une mole de gaz parfait diatomique, initialement à la température T1 = 285 K et sous la pression
P1 = 10 5 Pa , décrit un cycle constitué par les transformations réversibles suivantes:

- une compression adiabatique AB jusqu’à la température T2 = 320 K


- une compression isotherme BC jusqu’à la pression 2P1
- une détente adiabatique CD ramenant le gaz à la température T1
- une détente isotherme DA .

1° Représenter le cycle dans le diagramme de Clapeyron (P, V ) puis dans le diagramme


entropique (T, S) .
2° Calculer le travail échangé par le gaz avec le milieu extérieur au cours de chaque
transformation.
3° Quelles sont les quantités de chaleur échangées avec le milieu extérieur au cours de chaque
transformation ? Vérifier les deux principes de la thermodynamique.
4° Sachant que ce cycle est celui d’une pompe à chaleur, calculer son coefficient de performance.
On donne R = 8 ,32 J ⋅ mol − 1 ⋅ K − 1 .

Corrigé

Exercice 1

1° La variation élémentaire de l’énergie interne est, d’après le premier principe

dU = δ Q + δ W . (1)

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Pour une transformation élémentaire réversible, le travail des forces de pression est
δWrev = −PdV . La relation (1) fournit la quantité de chaleur échangée au cours de cette
transformation : δQrev = dU + PdV .
Puisque le gaz est parfait, dU = C v dT et la relation précédente devient :

δQrev = C v dT + PdV . (2)

En tenant compte de l’équation d’état des gaz parfaits, on a :

PV = RT ⇒ PdV = RdT − VdP ,

ce qui permet d’écrire le transfert thermique réversible en fonction de dT et de dP seulement :

δQrev = (C v + R )dT − VdP .

Dans le cas d’une transformation isobare, on a :

dP = 0 ⇒ δQrev = (Cv + R )dT = C p dT ,


d’où
C p − Cv = R .

2° Dans le cas d’une transformation adiabatique réversible, δQrev = 0 et la relation (2) permet
d’écrire :
C v dT = −PdV . (3)

Cp
La relation de Mayer : C p − Cv = R et γ = , permet d’en déduire immédiatement que :
Cv

R
Cv =
γ −1

RT
En remplaçant l’expression de C v et P = dans (3), on obtient :
V
R RT
dT = − dV ,
γ −1 V
ou encore
+ (γ − 1)
dT dV
= 0.
T V

Cette relation acquiert la forme intégrale suivante :

TV γ -1 = Cste .

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Remarques :
Il faut noter que cette relation suppose :
• que la transformation est réversible afin que T et V soient définies à chaque instant
et que T soit uniforme ;
• que le gaz est parfait ;
• qu’il subit une transformation adiabatique ;
• que γ (donc C v et C p ) est constant. Cette dernière hypothèse est valable à condition que
l’intervalle de température “balayé” par le gaz ne soit pas trop important (quelques
dizaines de K).

Exercice 2

1° Il s’agit d’un cycle de Carnot

P
T
2P1 C isotherme T2

T2 C B
B isentropiques

D isotherme T1
T1 D A
P1 A

P P’
O V3 V4 V2 V1 V O S2 S1 S

Dans un diagramme (P, V ) , le cycle est constitué de deux morceaux de courbes AB et CD (avec
l’équation des adiabatiques PV γ = Cste ) et de deux morceaux d’hyperboles BC et DA (avec
l’équation des isothermes PV = Cste ).
T1 est la température de la source froide, T2 celle de la source chaude. On passe d’un diagramme
à l’autre en remarquant :
* qu’une transformation adiabatique réversible donc isentropique se traduit par une variation
d’entropie nulle : ∆S AB = ∆S CD = 0 ; chacune des transformations AB et CD est représentée
dans un diagramme entropique (T, S) par un segment vertical.
* que la compression (resp détente) isotherme s’accompagne d’un travail positif WBC > 0
(resp négatif WDA < 0) , donc une perte de chaleur QBC < 0 (resp un gain de chaleur QDA > 0)
C
δQ QBC
et d’une diminution d’entropie ∆S BC = S C − S B = ∫ T2 =
T2
< 0 (resp un accroissement
B
QDA
d’entropie ∆S DA = > 0 ). De telles transformations sont représentées chacune dans un
T2
diagramme entropique (T, S) par un segment horizontal.

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2° Transformation AB :
A l’état initial, le volume V1 du gaz est donné par la loi des gaz parfaits :
RT
P1V1 = RT1 ⇒ V1 = 1 .
P1
Application numérique :
8,32 × 285
V1 = = 23,7 ⋅ 10 − 3 m 3 .
5
10

On comprime le gaz, de façon adiabatique, de l’état A(P1 , V1 , T1 ) à l’état B(P2 , V2 , T2 ) . La


relation de Laplace TV γ -1 = Cste (établie dans l’exercice 1) permet de calculer le volume V 2 :

1 γ −1
γ -1 γ -1 ⎛T ⎞
T1V1 = T2 V2 ⇒ V2 = V1 ⎜⎜ 1 ⎟⎟ . (1)
⎝ T2 ⎠
Application numérique :
7
le gaz étant diatomique, on a γ = . Donc
5
52
⎛ 285 ⎞
V2 = 23,7 ⋅ 10 -3
×⎜ ⎟ = 17,7 ⋅ 10 − 3 m 3 .
⎝ 320 ⎠

L’équation d’état du gaz parfait fournit la pression P2 dans l’état B :


RT2
P2 V2 = RT2 ⇒ P2 = .
V2
Application numérique :
8,32 × 320
P2 = = 1,5 ⋅ 10 5 Pa .
−3
17,7 ⋅ 10
La variation d’énergie interne est :

∆U AB = U B − U A = WAB + QAB = WAB car QAB = 0 .

On a, pour une mole de gaz parfait,

∆U AB = WAB = C v (T2 − T1 ) ;

R
or, la capacité calorique molaire isochore est C v = , donc
γ −1

WAB =
R
(T2 − T1 ) .
γ −1
Application numérique :
WAB =
8,32
(320 − 285) = 728 J .
0,4

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Transformation BC :
Le gaz subit une compression isotherme réversible de l’état B(P2 , V2 , T2 ) à l’état
C(2P1 , V3 , T2 ) . Le volume V3 est obtenu à l’aide de la loi de Mariotte :
P2
P2 V2 = 2P1V3 ⇒ V3 = V2 .
2P1
Application numérique :
1,5 ⋅ 10 5
V3 = 17,7 ⋅ 10 − 3 ≈ 13,3 ⋅ 10 − 3 m 3 .
5
2 ⋅ 10

Le travail élémentaire reçu par le gaz au cours de cette transformation réversible est :

RT2
δW = −PdV = − dV .
V
Par intégration, on obtient :
V3
dV V
WBC = − RT2 ∫ V
= RT2 ln 2 .
V3
V2
Application numérique :
17,7
WBC = 8,32 × 320 ln ≈ 761 J .
13,3
Transformation CD :
Pour cette transformation isentropique, le volume V4 dans l’état D(P4 , V4 , T1 ) est tel que :

1 γ −1
γ -1 γ -1 ⎛T ⎞
T2 V3 = T1V4 ⇒ V4 = V3 ⎜⎜ 2 ⎟⎟ . (2)
⎝ T1 ⎠
Application numérique :
52
− 3 ⎛ 320 ⎞
V4 = 13,3 ⋅ 10 ⎜ ⎟ ≈ 17,8 ⋅ 10 − 3 m 3 .
⎝ 285 ⎠

Comme pour l’isentropique AB, le travail échangé avec le milieu extérieur s’écrit :

WCD =
R
(T1 − T2 ) .
γ −1
Application numérique :
WCD = −WAB = −728 J .
Transformation DA :
Une démonstration analogue à celle utilisée lors de la transformation BC permet d’obtenir le
travail échangé :
V
WDA = RT1 ln 4 .
V1
Application numérique :

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17,8 ⋅ 10 −3
WDA = 8,32 × 285 ln ≈ −679 J .
23,7 ⋅ 10 − 3

3° - Au cours des évolution isentropiques AB et CD, les quantités de chaleur échangées avec le
milieu extérieur sont nulles : QAB = QCD = 0 .
- Sur les deux isothermes BC et DA, la variation d’énergie interne du gaz est nulle. Donc,

V V
QBC = −WBC = RT2 ln 2 et QDA = −WDA = RT1 ln 4 .
V3 V1
Application numérique :
QBC = −761 J et QDA = 679 J .

Au cours du cycle ABCDA, la variation d’énergie interne du gaz s’écrit :

∆U = (WAB + WBC + WCD + WDA ) + (QAB + QBC + QCD + QDA ) ,

⇒ ∆U = WAB + WCD + (WBC + QBC ) + (WDA + QDA ) (car QAB = QCD = 0 )

⇒ ∆U = WAB + WCD (car WBC = −QBC et WDA = −QDA )


soit
∆U =
R
(T2 − T1 ) + R (T1 − T2 ) = 0 .
γ -1 γ −1

Donc, le premier principe est vérifié car l’énergie interne ne varie pas au cours d’un cycle.

La variation d’entropie de l’univers s’écrit :

∆S univers = ∆S gaz + ∆S sources .

Or, la variation d’entropie du gaz au cours du cycle ABCDA est :

∆S gaz = ∆S AB + ∆S BC + ∆S CD + ∆S DA ;

- au cours des isentropiques AB et CD : ∆S AB = ∆S CD = 0 ;


V
RT2 ln 2
Q V3 V
- au cours de l'isothermes BC : ∆S BC = BC = = R ln 2 ;
T2 T2 V3
V
RT1 ln 4
Q V1 V
- au cours de l'isothermes DA : ∆S DA = DA = = R ln 4 ;
T1 T1 V1
donc

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V2 V
∆S gaz = R ln + R ln 4 .
V3 V1

En tenant compte des équations (1) et (2), on en déduit immédiatement que

V2 V1
= , (3)
V3 V4
d’où
V2 V
∆S gaz = R ln − R ln 1 = 0 ,
V3 V4

ce résultat était prévisible car l’entropie du gaz ne change pas au cours d’un cycle.

La variation d’entropie totale des sources est :

∆S sources = ∆S C + ∆S F ;

- au cours de la phase isotherme BC, la source chaude de température T2 reçoit de la part du gaz
Q − QBC V
une quantité de chaleur QC = −QBC : ∆S C = C = = − R ln 2 ;
T2 T2 V3
- au cours de la phase isotherme DA, la source froide de température T1 fournit au gaz une
Q − QDA V
quantité de chaleur QF = −QDA : ∆S F = F = = − R ln 4 ;
T1 T1 V1
on en déduit, compte tenu de l’équation (3)
V V
∆S sources = − R ln 2 − R ln 4 = 0 ,
V3 V1
donc
∆S univers = ∆S gaz + ∆S sources = 0 .

Le deuxième principe est alors vérifié car la variation d’entropie de l’univers est nulle au cours
d’un cycle réversible.

4° Dans le diagramme (P, V ) , l’aire du cycle correspond au travail total échangé par le gaz au
cours du cycle : A cycle = W = − ∫ PdV . Ce travail est positif car le cycle parcouru dans le sens
cycle
trigonométrique. Il s’agit donc d’un cycle récepteur ; on prend le cas d’une pompe à chaleur. Ce
système reçoit du travail (W > 0) et de la chaleur d’une source froide (QDA > 0) et restitue cet
ensemble sous forme de chaleur (QBC < 0) à la source chaude. Le coefficient de performance est
défini par :
gain chaleur fournie à la source chaude QBC
e= = = ;
dépense travail reçu par la pompe à chaleur W

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on donnera deux méthode permettant de calculer ce rapport .

Première méthode
D’après le premier principe, le travail reçu par le gaz au cours d’un cycle est :

W = −QBC − QDA ,
on en déduit
QBC 1
e= = . (4)
QBC + QDA QDA
1+
QBC

En remplaçant les expressions des quantités de chaleur QBC et QDA , calculées en 3°, dans
l’équation (4), on obtient :
1
e=
⎛ V V ⎞
1 + ⎜⎜ RT1 ln 4 RT2 ln 2 ⎟⎟
⎝ V1 V3 ⎠

ou encore, compte tenu de l’équation (3)


1 T2
e= =
⎛ V V2 ⎞ T2 − T1
1 − ⎜⎜ RT1 ln 1 RT2 ln ⎟
⎝ V4 V3 ⎟⎠
Application numérique :
320
e= = 9,14 .
320 − 285
Deuxième méthode
Dans le diagramme (T, S) , l’aire du cycle est associé à la chaleur totale échangé au cours du

∫ TdS . Cette quantité de chaleur est négative car le cycle est parcouru dans
'
cycle. A cycle =Q=
cycle
le sens trigonométrique.
On a :
QBC
e= ,
W
'
or, puisque W = −Q ( ou bien A cycle = −A cycle ) , il vient :

e=
QBC
=
Aire du rectangle PP' BC
=
(S1 − S 2 )T2
Q Aire du rectangle DABC (S1 − S 2 )(T2 − T1 )
soit
T2
e= = 9,14 .
T2 − T1

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Remarque :
Nous aurions pu aussi utiliser directement la relation de Laplace relative à T et P :
(Tγ P1−γ = Cste) pour calculer la pression P2 .

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