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MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS

OBJECTIFS DU COURS

Pour un ingénieur le problème se présente par l’étude d’évolution dans le


temps des caractéristiques physiques d’un milieu matériel occupant un
volume V dans l’espace et limité par une frontière V et soumis à des
transformations dans l’espace et dans le temps.
Objectifs:
• Le premier objectif de ce cours est d’introduire les concepts de base
de la mécanique des milieux continus tels qu’ils sont enseignés
dans la plupart des écoles d’ingénieurs
• Fournir les outils physiques et mathématiques qui vont permettre de
mettre en équation le comportement dans l’espace et dans le temps
des phénomènes physiques considérés.
• Savoir évaluer le tenseur de déformation et le tenseur des
contraintes.
• Connaitre les équations constructives qui relient les contraintes aux
déformations
• Acquérir les notions de base de la mécanique des fluides

1
INTRODUCTION

Introduction

• Toute description de phénomènes physiques fait largement appel au langage et


aux concepts des mathématiques. Se pose alors le problème du choix de la
schématisation. Celle-ci doit permettre, au moyen de calculs mathématiques, de
comprendre les phénomènes observés et de prévoir ceux à venir. La finesse de la
modélisation à retenir dépend des moyens que l’on est capable, mais aussi
disposé, à mettre en œuvre pour effectuer les mesures expérimentales qui seront
comparées aux résultats théoriques obtenus par les calculs.

• La mécanique des milieux continus est cette branche de la mécanique qui étudie
la déformation d’un milieu (solide, liquide ou gaz). elle utilise un modèle continu
et ignore donc, dans la schématisation employée, la structure microscopique de
la matière. On se place à une échelle macroscopique, mais les phénomènes
physiques observés à l’échelle microscopique servent de guide dans le choix de la
représentation macroscopique qui donne, dans une certaine mesure, une image
moyenne de ce qui se passe au niveau moléculaire ou atomique.

• La mécanique des milieux continus, est la science de base de disciplines aussi


nombreuses que variées que l’on a encore trop tendance à vouloir séparer en
deux groupes : celui de la mécanique des solides déformables et celui de la
mécanique des fluides.

2
• La MMC introduit le formalisme mathématique nécessaire à la modélisation des
solides et des fluides. Ce cours est une introduction à ces notions.
• Cette partition ne peut être aussi tranchée. La connaissance des fondements de la
mécanique des milieux continus permet d’aborder ensuite les problèmes
particuliers de calcul des structures, de mécanique des fluides et de résistance
des matériaux…
• La mécanique des solides indéformables est l’étude des relations forces-
déplacements d’un domaine matériel solide et indéformable. En réalité, sous
l'action de forces, il y a toujours déformation du corps, indépendamment du fait
que le corps soit au repos (statique) ou soit a l’état de mouvement non uniforme
(dynamique).
• La mécanique des milieux continus (MMC) est une généralisation qui prend en
compte la déformation des corps (solide, liquide, gaz, plasma, etc.). La MMC
décrit les contraintes, les déformations et leurs relations (comportement du
matériau).

3
Analyse tensorielle

Rappels sur les vecteurs


Définition :
On appelle vecteur une quantité impliquant à la fois une grandeur, une direction et un sens. Cette
quantité peut représenter en un point M de l’espace une grandeur physique mesurable par
exemple la vitesse, la force, le moment …
Dans un espace vectoriel de dimension 3. Sa base orthonormée (directe) est notée ( e1 , e 2 , e 3 )
un vecteur V est défini par 3 composantes :
V  V1 e1  V2 e 2  V3 e 3
Une quantité est scalaire si elle est définie par un nombre réel

Convention de sommation d’Einstein


Considérons la somme:
S 2  a11b1c1  a12 b2 c1  a 21b1c 2  a 22 b2 c2

Cette somme peut s’écrire d’une manière simplifiée:


2 2
S 2  a11b1c1  a12 b2 c1  a 21b1c 2  a 22 b2 c 2   a b c ij i j
i 1 j 1

Considérons maintenant la somme Sn contenant nxn termes:


n n
S n  a11b1c1  a12 b2 c1  a13 b3 c1  ...  a 21b1c 2  a 22 b2 c 2  a 23 b3 c1  ....   a b c ij i j
i 1 j 1

4
La convention d’Einstein consiste à omettre les signes ∑ et d’écrire :
S n  a ij bi c j
Les indices de sommation i et j sont appelés indices muet car on peut changer leurs nom
sans changer la valeur du résultat, en effet :
S n  aij bi c j  aik bi c k

En mécanique des milieux continus classique ; 1  i  3 et 1  j  3 (espace de dimension 3)

Symbole de Kronecker
On définit le symbole de Kronecker δ par:

1 si i  j
d ij  
0 si i  j

Si l’on range les δij dans une matrice n × n, on obtient la matrice unité (ou Identité) .

Exemple (produit matrice vecteur) :


Dans l’espace à 3 dimension, soit le vecteur V de composantes V1 , V2 et V3 qui s’écrit en
notation indicielle (convention d’Einstein) :

V  Vi e i V  V1 e1  V2 e 2  V3 e 3 tenseur d’ordre1

Soit M la matrice de composante Mij

M  M ij 

Le produit matriciel de la matrice M et le vecteur V s’écrit :


U  MV
En utilisant la convention d’Einstein, on écrit :
U i  M ij V j U i  M i1 V1  M i 2 V2  M i 3 V3


Ui et Vj sont appelés composantes des vecteurs U et V sur la base e1, e2 , e3 

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Notion de tenseur
La notion de tenseur permet d’étendre le calcul vectoriel et représenter des quantités
caractéristiques de l’état du matériau qu’on ne peut pas représenter à l’aide d’un vecteur. En
effet en mécanique des milieux continus, outre les grandeurs scalaires telles que la masse et les
grandeurs vectorielles telles que les forces, on a besoin de caractériser d’autres grandeurs
qu’on ne peut représenter ni par un scalaire ni par un vecteur. Ces grandeurs, comme par
exemple l’état de contrainte et l’état de déformation qu’on va voir par la suite, nécessitent
l’introduction de la notion de tenseurs. On utilise principalement des tenseurs d’ordre 2 pour
représenter ces états. On peut utiliser la classification suivante:
Tenseur d’ordre 0 ou scalaire : il est défini par un seul nombre qui représente la valeur
absolue de la grandeur physique qu’il représente. On peut citer la masse, la température …
Tenseur d’ordre 1 ou vecteur : Pour représenter un vecteur, il faut plus que sa valeur
absolue (norme). Dans un espace de dimension n, il faut n1 composantes pour représenter
un vecteur. On peut citer la vitesse, l’accélération, la force…
Tenseur d’ordre r : Pour représenter un tenseur d’ordre r dans un espace n, il faut nr
composantes
Définition : dans un repère de l’espace de dimension n, un tenseur est défini par un opérateur
liant dans le même repère deux grandeurs physiques en un même point M de l’espace. ses
composantes ne dépendent que des coordonnées du point M.

Opérations sur les tenseurs


Addition de tenseurs de même ordre
Nous ne pouvons additionner que des tenseurs de même type, par exemple:

S ij  a ij  bij  cij

Produit direct ou Produit tensoriel :


Le produit direct entre deux champs ou variables consiste à simplement les accoler. Par
exemple, le produit direct entre un scalaire S et un vecteur de composantes Vi redonnera
simplement un vecteur dont les composantes auront valeur SVi . La situation se complique
un peu dans le produit direct de deux vecteurs de composantes respectives Vi et Uj , le
résultat étant un tenseur d’ordre deux de composantes
Tij  ViU j
exemple :
Soit les deux vecteurs:

Le produit tensoriel des deux vecteurs est donné par:


C’est-à-dire:

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Définition :

Le produit tensoriel T peut être représenté sous forme d’un tableau appelé matrice du
produit tensoriel :

 Tenseurs particuliers

NB: Un tenseur T quelconque peut être decomposer en une partie symétrique et une partie
antisymétrique:

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Operateurs différentiels

1. Gradient d’un champ scalaire X M


fonction qui représente un
Si p(x,y,z) est une
champ scalaire au point M ( E. potentiel ,
pression , Temp…), la différentielle de p
s’écrit:

  p  
 
  x    dx 
 p   p   p    p    
dp    dx   dy   dz       dy 
 x  
 y  z    y    dz 
  p    
  z  
 
d OM

dp  grad p.dOM
Gradient de p noté :

Produit scalaire

Operateur différentiel Nabla :


 p p p      
grad p   , ,    , ,  p   p
 x y z   x y z 
  
   , ,  : Operateur Nabla
 x y z 
2. Gradient d’un champ vectoriel
Si V(x,y,z) représente un champ vectoriel au point M ( vitesse , Force , champ
électrostatique ou magnétique…), on écrit:

 dVx   gradVx .d OM   Vx 
   
dV   dV y    gradV y .d OM  V  V y 
 dV   gradV .d OM  V 
 z   z
z 

8
  Vx   V   V  
 dx   x dy   x dz 
  x   y   z  
  V   V   V  
y
d V    dx   y dy   y dz 
  x   y   z  
  V   V   V  
  z dx   z dy   z dz 
  x   y   z  
 Vx Vx Vx 
 
 x y z   dx 
 V V y V y  
dV   y  dy 
 x y z   
 Vz Vz Vz   dz 
 x y z 

 Vx Vx Vx 
d OM  
 x y z 
 V y V y V y 
grad V gradV  
 x y z 
 Vz Vz Vz 
d V  grad V d OM  x
 y z 

3. Operateur divergence
La divergence d’un vecteur ( noté : div V) est par définition :

 V   V y   Vz 
divV  tr grad V   x        :Un scalaire
 x   y   z 
4. Potentiel d’un champs vectoriel
On dit que la force F ( ou un champ vectoriel qlque ) dérive d’un potentiel si:

  Fz Fy  
    
  y z   0
  F F    
   z  x    0
  x z    
  Fy Fx    0 
    
  x y  

rot F
F est donc une force conservative

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rot F   F : Operateur Rotationnel

Si F est une force conservative ( rot F  0 ) alors il existe un scalaire ( Potentiel
noté V(x,y,z)) tel que :
F   grad V

5. Operateur Laplacien:
 2V  2V  2V : Laplacien de V
V  div grad V   
x 2 y 2 z 2

Description d’un milieu continu

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Définition

 Mécanique des milieux continus:


– La mécanique des milieux continus ( ou mécanique des
milieux déformables) étudie l’évolution dans le temps et dans
l’espace des caractéristiques physiques d’un domaine matériel
(solide, liquide ou gaz)

Densité

V Pression
P0 . Température
V

Résolution des équations aux


dérivées partielles menues des
conditions aux limites et des
conditions initiales

 Hypothèse de continuité:
Bien que la matière soit discontinue, ce que peut mettre en
évidence n'importe quelle observation microscopique voire
macroscopique, les mécaniciens ont besoin d'une hypothèse de
continuité permettant de décrire les grandeurs physiques par des
champs de fonctions mathématiques ayant les 'bonnes' propriétés
de continuité et de dérivabilité
L'hypothèse de continuité nous permettra de définir des densités
volumiques de certaines grandeurs physiques, par exemple la
masse volumique.

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modèles de description cinématique
 Référentiel et repère :
En mécanique on a toujours besoin d’un référentiel (observateur ) pour
décrire le mouvement des particules , la position d’une particule est repérée
par ses cordonnées dans ce référentiel. Les vitesses et accélérations sont
établies dans ce référentiel
La cinématique a pour but la description des mouvements et fait donc intervenir
deux espaces :
• le premier est la représentation de l’espace physique dans lequel évolue le
système matériel étudié ; c’est un espace affine réel euclidien orienté de
dimension trois : ; on notera E l’espace vectoriel associé ;
• le second est la représentation de la notion de temps ; c’est un espace affine réel
orienté de dimension un : ; on notera T l’espace vectoriel associé.

L’ensemble de ces deux espaces définit, ce


qu’on appelle indifféremment, un
observateur ou un système de référence
ou encore un référentiel et sera noté R

 Description lagrangienne :
on considère la transformation dans le repère orthonormé :

E  O, e1 , e2 , e3 
à l'instant t0 = 0 la position M
d’une particule appartenant
au solide possède des
coordonnées initiales X1, X2,
X3. Le vecteur position
initiale est ainsi
OM  X 1 e1  X 2 e2 , X 3 e3
en notation indicielle on a :
OM   X i ei  X i ei
i
lors de la transformation le point M subit un déplacement
u ( M )  Mm

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on introduit les coordonnées x1 , x2, et x3 du point m résultant
du déplacement de M entre les instants t0 et t , le vecteur
position à l’instant t s’écrit:
Om  x1 e1  x2 e2  x3 e3
Notation indicielle: Om  x e
i
i i  xi ei

Les coordonnées x1 , x2 et x3 dépendent à la fois des


coordonnées initiales X1 , X2 et X3 et du temps t :
Om  Om X 1 , X 2 , X 3 , t 
Ou encore :
 x1  x1  X 1 , X 2 , X 3 , t 

 x2  x 2  X 1 , X 2 , X 3 , t 
x  x X , X , X , t 
 3 3 1 2 3
X1, X2 et X3 sont appelé : variables de Lagrange

La vitesse d’un point m est donnée par:


d Om dx1 dx dx
V m, t    e1  2 e2  3 e3
dt dt dt dt
L’accélération d’un point m est donnée par:

d V d 2 x1 d 2 x2 d 2 x3
 m, t    2 e1  2 e2  2 e3
dt dt dt dt
On peut aussi introduire le vecteur déplacement :
du
V m, t   M , t 
dt
u  Mm  Om  OM : vecteur déplacement

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 Description Eulérienne :
Au lieu de suivre chaque particule dans son mouvement,
on se fixe un point géométrique m de l’espace et on
observe les particules qui y défiles au cours du temps.
Selon le point de vue de Euler, la grandeur G dépend de la
position d’observation (coordonnées du point m ) et du
temps t :
 
G  G Om, t  G  x1 , x2 , x3 , t 
x1, x2 et x3 sont appelé : variables de Euler
Une grandeur physique G peut donc être décrite de deux
façons :
• Selon le point de vue Lagrange, G dépend des coordonnées
initiales du point M et du temps
 
G  G OM , t  G  X 1 , X 2 , X 3 , t 
• Selon le point de vue Euler, G dépend des coordonnées du
point M et du temps
 
G  G Om, t  G  x1 , x2 , x3 , t 

La variation de la grandeur G au cours du temps donne


également deux formulations :
• Point de vue Lagrange, puisque les coordonnées initiales sont
indépendantes
dG dG
  X i , t   G  X i , t 
dt dt t
• Point de vue Euler, coordonnée du point m dépendent du temps

dG dG  
 xi , t   1  G dt  G dx1  G dx2  G dx3 
dt dt dt  t x1 x2 x3 
dG G G dx1 G dx2 G dx3
   
dt t x1 dt x2 dt x3 dt
ou encore:
dG G : dérivée particulaire de G
  grad G.V
dt t

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 dx1 
 
 dt 
 dx 
V   2  : champ de vitesse
 dt 
 dx3 
 
 dt 
 G 
 

 1 x
 G 
grad G    : gradient de G
 x2 
 G 
 
 x 
 3
La dérivée particulaire s’applique aussi aux grandeurs
vectorielles et tensorielles

Exemple : accélération du point de vu Euler

d V V
   grad V .V
dt t

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Déformations

Tenseur de la déformation

 Le problème qui se pose lorsqu’on souhaite étudier les


transformations d’un milieux continu est: comment
mesurer les déformations?
 Ce n’est pas une question simple, car les déformations
concernent aussi bien les changements de
volume(dimensions) que de forme. Il faut une mesure
efficace, capable de représenter des quantités qui ont une
signification géométrique et physique précise et si
possible simple.
 Comme les déformations peuvent changer avec l’endroit,
la mesure de la déformation doit être une mesure locale,
ponctuelle.
 La déformation n’est pas une grandeur physique objective,
absolue, comme p. ex. la masse ou la longueur. A l’aide
d’un exemple simple nous allons voir la définition la plus
classique de la déformation.

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 Considérons donc une barrette de matériau déformable,
soumise à une traction. La barrette se déforme et on peut
mesurer sa déformation par le rapport entre la variation de
sa longueur et sa longueur initiale:
  o
e .
o
o 
 Cette quantité est adimensionnelle. Elle donne
une mesure de l’effet de déformation de la
force appliquée.
 Si la déformation est une dilatation, e > 0, si
elle est une contraction, e < 0.
 Cette mesure de la déformation est seulement
une des mesures possibles; elle est la plus
utilisée si les déformations en jeu sont petites
(hypothèse des petites perturbations, HPP).

hypothèse des petites perturbations, HPP


• L’HPP est une hypothèse adoptée en MMC classique. Ceci est
justifié par le fait que la plupart des matériaux qu’on étudie sont
tellement rigides que les déformations qu’ils permettent sont,
normalement, très petites.
• La définition vue ci-dessus ne peut pas compléter l’analyse de
la déformation. En fait elle est macroscopique (la mesure est
faite sur la pièce entière, non localement) et unidirectionnelle
(on fait implicitement l’hypothèse que la seule déformation en
jeu est la dilatation le long de l’axe de la barrette).
• Pour étudier la déformation d’un milieu continu quelconque, il
faut généraliser cette définition. Cette généralisation doit
pouvoir décrire localement et complètement la déformation.
• En fait, un corps continu peut subir une déformation qui change
avec la position et la déformation ne concerne pas que les
variations de longueur, mais aussi les autres caractéristiques
géométriques, comme par exemple les angles, les volumes etc.
• La généralisation de la mesure de la déformation se fait par une
grandeur mathématique complexe, le tenseur de la déformation

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Champ de déformations

 Tenseur gradient du champ de déplacement


Considérons deux point M et M’ infiniment voisins à l’état
de référence. Après transformation, leurs positions sont
situées respectivement en m et m’ :
notons :
dM  dX  MM '
dm  dx  mm'

u M  et u M ' :Vecteurs déplacement resp. de M et M’

Puisqu’on a:
 x1  x1  X 1 , X 2 , X 3 

 x2  x2  X 1 , X 2 , X 3 
x  x X , X , X 
 3 3 1 2 3
Ou peut écrire:

 x1 x x
dx1  dX 1  1 dX 2  1 dX 3
 X 1 X 2 X 3
 x2 x x
dx2  dX 1  2 dX 2  2 dX 3
 X 1 X 2 X 3
 x x x
dx3  3 dX 1  3 dX 2  3 dX 3
 X 1 X 2 X 3

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Qu’on peut écrire sous forme matricielle :

 x1 x1 x1   x1 


   
 dx1   X 1 X 2 X 3  dX 
1
x   x2 
   x2 x2 x2   x 
dx
 2 dX
 2   3
 dx   X 1 X 2 X 3  
 3   x3 x3 x3  dX 3   dx1 
 X  
 1 X 2 X 3  dx   dx2 
 dx 
 3
F : Tenseur gradient de la transformation
Et donc
F  grad x  grad OM
dx  F dX

Introduisons le champ de déplacement, on :

Om  OM  u  u1 
Ou bien  
u u2  : Vecteur déplacement
 x1  X 1  u1
 u 
 x2  X 2  u 2  3
x  X  u
 3 3 3
On remplace dans le tenseur gradient de la transformation, on a :
 u1 u1 u1 
 
1 0 0  1 X  X 2 X 3 
   u 2 u2 u 2 
F  0 1 0    F  I  grad u
0 0 1  X 1  X 2 X 3 
   u3 u3 u3 
 X 
 1 X 2 X 3 
D  grad u : tenseur gradient de déplacement

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Tenseur de déformation de Green Lagrange :
Examinons maintenant la transformation du couple formé par
deux vecteurs infinitésimaux dX et dX’. Pour étudier la
transformation de ce couple, il est plus commode d’utiliser le
produit scalaire dX.dX’ pour voir si ce couple à subit ou non
une déformation (variation de longueur ou variation d’angle)

dx  F dX
Et
dx '  F dX '

On a : T T
 dx1    dX 1 
   

dx1 , dx2 , dx3    dx2    F  dX 2   dX 1 , dX 2 , dX 3  F
T

 dx    dX 3 
 3  
Calculons la différence :
 dx '1   dX '1 
   
dx.dx '  dX .dX '  dx1 , dx2 , dx3  dx '2   dX 1 , dX 2 , dX 3  dX '2 
 dx '   dX ' 
 3  3

 dX '1   dX '1 
  
T    
 dX 1 , dX 2 , dX 3  F F  dX '2   dX 1 , dX 2 , dX 3  dX '2 
 dX '   dX ' 
 3  3
 dX '1 
  
 T 
 dX 1 , dX 2 , dX 3  F F  I  dX '2 
 


 dX '3 

20
 dX '1 
  
1 T  
dx.dx '  dX .dX '  2dX 1 , dX 2 , dX 3   F F  I  dX '2 
2  
 dX '3 

E
E : Tenseur de déformation de Green Lagrange

1 T
2
    1
 2
 T
 
E   F F  I    I  grad u . I  grad u  I 


1
  T T
 
E   grad u .  grad u  grad u grad u 
2 

Tenseur Symétrique

Tenseur de déformation linéarisé (Hypothèse HPP)

L’hypothèse des petites perturbations (HPP) permet de simplifier


l’expression du tenseur de déformation de Green Lagrange, cette
hypothèse postule:
•Petits déplacements : le déplacement de chacun des points du
solide est petit de sorte que l'état actuel(déformé) est confondu
avec l'état initial dans le calcul des forces internes
•Petites déformations : les termes du tenseur de déformation
sont petits devant l'unité
Conséquences : Les termes de déformation du second ordre
deviennent négligeables, et le tenseur de déformation s’écrit :

E e 
1
 T
 
 grad u .  grad u 
2 
Les composantes eij du tenseur de déformation s’écrivent :

1  u u 
e ij   i  j  avec e ij  e ji
2  X j X i 

21
Interprétation du tenseur de déformation e:
Partons de l’équation:
 
dx  F dX  I  grad u dX  dX  grad u dX
Le tenseur grad u peut s ’écrire sous la forme de deux tenseurs,
un tenseur symétrique et un tenseur antisymétrique :

1 T
 1 T

dx  dX   grad u  grad u  dX   grad u  grad u  dX
2  2 
Tenseur Antisymétrique Tenseur Symétrique

dx  dX   dX  e dX
1 T
   grad u  grad u 
2 
1  ui u j 
de composantes ij    avec ij   ji
2  X j X i 

On montre que le tenseur antisymétrique  est équivalent à un


produit vectoriel :

 dX  Rot u  dX    dX
dx  dX    dX  e dX

mm'  MM '    dX  e dX

dx  dX  u M '  u M     dX  e dX
u M '  u M     dX  e dX
translation rotation déformation

Termes déjà vu en mécanique


des solides indéformables

22
Elongation suivant une direction
Le tenseur de déformation de Green Lagrange, traduit la
déformation d’un couple formé par deux vecteurs
infinitésimaux dX et dX’ de la façon suivante:

Au cours de la transformation le
vecteur:

dX devient: dx
dX ' devient: dx '

Considérons un vecteur de longueur dX dans la configuration


initiale orienté par un vecteur unitaire de direction e

dX  dX e

dx 2  dX 2  dx  dX dx  dX   2 dX E dX

Dans l’hypothèse des petites perturbation on fait l’approximation


suivante:
dx  dX  2 dX
Et on note:
dx  dX : l’allongement relatif dans la direction e
ee 
dX
On a ainsi:

dx  dX dx  dX   e e dX .2dX  2dX 2 e.e e

23
D’où :

e e  e.e e : l’allongement relatif au point M dans la direction e

ee est un scalaire sans dimension, il est :


 positif si la longueur dX augmente pendant la transformation
Négatif si la longueur dX diminue pendant la transformation

Dans un repère orthonormé ( e1, e2 , e3 ) on définit:


u1
e 11  : l’allongement relatif au point M dans la direction e1
x1
u
e 22  2 : l’allongement relatif au point M dans la direction e2
x2
u
e 33  3 : l’allongement relatif au point M dans la direction e3
x3
Rq : on dit aussi : l’élongation dans la direction e1, e2 et e3

L’allongement relatif au point M dans une direction quelconque e


Définie par e  e1 , e2 , e3  est:

 e 11 e 12 e 13  e1 
  
e e  e.e e  e1 e2 e3  e 12 e 22 e 23  e2 
e
 13 e 23 e 33  e3 

24
Distorsion angulaire (glissement )
Considérons maintenant l’angle droit construit sur deux vecteurs
unitaires dX et dX’ de la façon suivante:

dX devient: dx
dX ' devient: dx'
On voit que:
T
dx.dx '  dX .dX '  2dX E dX '

En considérant :

dx.dx '  dx.dx '. cos dx, dx '  dx.dx '.sin 


Impossible d’afficher l’image.
 
car dX  dX '
On obtient :
Impossible d’afficher l’image.

D’ou :

2dX E dX ' 2e1 E e2


sin   
dx.dx' 1  2 E11 1  2 E22
On a déjà établi :
1 T  1
E   F F I CI
2  2
  
Impossible d’afficher l’image.
 
: Tenseur de dilatation ( ou de
Cauchy)

25
En remplaçant, on a:

e1 C e2
sin  
C11 C22
La distorsion de l’angle (glissement) droit bâti sur deux vecteur
unitaires e1 et e2 est donnée par:
e1 C e2
 ( M , e1 , e2 )  Arc sin
C11 C22
2e1 E e2
 ( M , e1 , e2 )  Arc sin
Exemple:
1  2 E11 1  2 E22

 8 2 C11  8 C12  2 C22  1


C   
2 1 2 1 
 12  Arc sin  Arc sin 
2 2 1 2 4


 M , e1 , e2  est un scalaire sans dimension
Une distorsion positive correspond à une réduction d’angle droit
1  u u 
e 12   1  2  est la demi distorsion d’angle (e1, e2)
2  x2 x1 
1  u1 u3 
e 13     est la demi distorsion d’angle (e1, e3)
2  x3 x1 
1  u u 
e 23   2  3  est la demi distorsion d’angle (e2, e3)
2  x3 x2 
On peut donc donner une nouvel détermination du tenseur de
déformation linéarisé:     12 13
 e 11 
 2 2 
  23 
e   12 e 22
 2 2 
  13  23 
 e 33 
 2 2 

26
Dilatation volumique
Soit un petit volume parallélépipédique rectangle bâti sur les
vecteurs dX1 , dX2 , dX3 soit:

V  dX 1.dX 2 .dX 3 : Volume avant transformation


v  dx1.dx2 .dx3 : Volume après transformation
La variation relative de volume est défini par:

v  V dx1.dx2 .dx3  dX 1.dX 2 .dX 3


 
V dX 1.dX 2 .dX 3


1  e11 dX 1.1  e 22 dX 2 .1  e 33 dX 3  dX 1.dX 2 .dX 3
dX 1.dX 2 .dX 3
En prenant en compte l’hypothèse HPP:
u1 u 2 u3
  e 11  e 22  e 33   
x1 x2 x3

Soit en introduisant les operateurs trace et divergence:


  tr e  divU
On peut donc exprimer la variation volumique unitaire soit par la
trace du tenseur de déformation, soit par la divergence du champ
de déplacement:
Déformations et directions principales
Définitions:
 On appelle déformation principale toute valeur propre
du tenseur des déformations.
 On appelle direction principale de déformation toute
direction orientée par un vecteur propre du tenseur des
déformations.
Les déformations principales sont solutions de l'équation:
det e  l I  0

27
Les solutions en sont réelles et trois situations peuvent survenir :
 les trois valeurs propres sont égales : c'est que toute direction
de l'espace autour de M0 est direction principale et les dilatations
sont les mêmes dans toutes les directions. Il n'y a aucune
distorsion dans quelque plan que ce soit.
 deux valeurs propres sont égales : il y a une troisième valeur
propre associée à une direction propre. Toute direction
appartenant au plan perpendiculaire à cette direction propre est
également propre.
 les trois valeurs propres (principales) sont différentes alors les
trois directions propres (principales) sont différentes et
orthogonales entre elles du fait de la symétrie du tenseur des
déformations.
Dans la base des vecteurs propres, le tenseur de déformation
s’écrit:
 lI 0 0  Par convention :
 
e  0 lII 0  lI  lII  lIII
0 0 lIII  e ,e ,e 
 I II III

Invariants du tenseur de déformation :

Les invariants du tenseur des déformations sont les coefficients Ki


de l'équation caractéristique: det e  l I  0

 l3  K1l2  K 2 l   K 3  0


 K1  tr e


 2K 
1 2
2


tr
e  tr e 2  
 
 


 K 3  det e
Ces coefficients restent indépendants du choix de la base de
projection du tenseur de déformation

28
En coordonnées cylindriques r, , z 
U r  U r r,  , z , t 

U r,  , z, t   U  U r,  , z, t 
U  U r,  , z, t 
 z z
le tenseur gradient de déplacement s’écrit :

 U r 1  U r  U r 
   U  
 r r    z  :Tenseur gradient de
 U 1  U  U  déplacement
Grad U      Ur  
r r    z
 
 U z 1 U z U z 
 r r  z 
  r , , z 
1  U    U U z  1  U r 
rotU   z  rU e r   r  e   rU   e z
r   z   z r  r  r   57

le tenseur de déformation en coordonnées cylindriques:

29
Exemples d’application
Traction simple :
 Considérons une barrette de matériau déformable, soumise à une traction. La barrette se déforme et
s’allonge d’une d’une longueur dl par rapport à sa longueur initiale:

P
l  l  dl
x

Le deplacement d’un point M est donné par:

U  U x x ex

On peut donc exprimer le tenseur de déformation linéarisé par:

e 0 0
  l  l dl
e   0 0 0 e  
 0 0 0 l l
 

30
Exemples d’application
Cisaillement simple :
Considérons un cube de matériau homogène et isotrope défini comme le domaine : 0 ≤ x ≤ a ,
0≤y ≤ a et 0 ≤ z ≤ a

On exerce le long de deux arêtes opposées parallèles à Ox, un système de forces conduisant à un
déplacement U de composantes ux(x,y,z), uy(x,y,z), uz(x,y,z) représenté ci-dessus.

1.Exprimez le déplacement U et calculez le tenseur de déformation correspondant à un


cisaillement d’amplitude ∆a<<a.
2. Exprimer:
a) le tenseur gradient de déplacement
b) le tenseur de rotation
c) le tenseur de déformation

Cisaillement simple :

Le tenseur de déformation sera donc exprimé pour une traction simple par :

0 0 0
  1 a
e  0 0 e  avec: e
2 a
0 e 0
 

31
Equations de compatibilité
Le tenseur de déformations est obtenu à partir de la donnée d’un champ
vectoriel, le champ de déplacement. Dans un repère quelconque, les
composantes du tenseur de déformation sont déterminées lors qu’on
connaît les composantes du vecteur déplacement.

1
2
 T

e   grad u .  grad u 

Par contre la démarche inverse n’est possible que si les composantes du tenseur de
déformation vérifient certaines conditions appelées conditions de compatibilité

32
Equations de compatibilité

La relation (7) est constituée de 6 équations de compatibilité suivantes :

33
Résumé
En coordonnée Lagrangienne, un mouvement est défini par
le vecteur déplacement :

u1  u1  X 1 , X 2 , X 3 

U  u 2  u2  X 1 , X 2 , X 3  U  om  OM  x  X
u  u  X , X , X 
 3 3 1 2 3

 u1 u1 u1 


 
 X 1 X 2 X 3 
 u u2 u 2 
Grad u   2  :Tenseur gradient de

 1 X X 2  X 3  déplacement

 3 u  u 3 u 3 
 X 
 1 X 2 X 3 
F  I  grad u :Tenseur gradient de la transformation

T
C  F .F :Tenseur des dilatations ou tenseur de Cauchy-
Green droit

E
1
2
   1 T
 
T


C  I   grad u .  grad u  grad u grad u 
2 
:Tenseur des déformation de Green-Lagrange
Dans l’hypothèse HPP:
1 T
 1 T

Grad u   grad u  grad u    grad u  grad u  e
2  2 
1 T
   grad u  grad u  :Tenseur des rotations
2 
1 T
e   grad u  grad u  :Tenseur des déformations
2 

34
dx  dX
ee   e.e e : l’allongement relatif au point M dans la
dX direction e

e1 C e2
 ( M , e1 , e2 )  Arc sin
C11 C22
Glissement ou distorsion dans les direction des
vecteur e1 et e2


V  V0
V0

 tr e  divu :Dilatation volumique

En coordonnées cylindriques, un mouvement est défini par


le vecteur deplacement :
u r  u r r ,  , z , t 

U r ,  , z , t   u   u r ,  , z , t 
u  u r ,  , z , t 
 z z

 u r 1  u r  ur 
   u  
 r r    z 
 u 1  u   u  :Tenseur gradient de
Grad U      ur   déplacement
 r r    z 
 u z 1 u z u z 
 r r  z 
  r , , z 


divu  tr e 
u r 1  u 
 
r r  
 u
 ur   z
 z

35
Tenseur de taux de déformation
En coordonnée Eulériennes, un mouvement est défini par le
vecteur vitesse :

 v1  v1  x1 , x2 , x3 , t 

V  x1 , x2 , x3 , t    v 2  v 2  x1 , x2 , x3 , t 
v  v x , x , x , t 
 3 3 1 2 3

 v1 v1 v1 


 
 x1 x 2 x3 
 v v 2 v 2  :Tenseur gradient du
Grad V   2 
 x1 x 2 x3  champ de vitesse
 v 3 v 3 v 3 
 x x 2 x3 
 1
   
V x  dx, t  V x, t  grad v.dx

Contraintes

36
Forces intérieurs et forces extérieurs
En mécanique des milieux continus on distingue deux types de
forces :
 Forces intérieurs : sont les forces de cohésion moléculaire,
de viscosité et de pression qui forment un torseur nul puisque
localement le principe de l’action et de la réaction doit être
respecté.
Les forces extérieures sont elles-mêmes classées en deux
types:
des actions à distance ou volumiques ou encore forces de
champ : ce sont les forces de gravitation,
électromagnétiques, etc. Elles sont exercées par le milieu
extérieur sur chacune des particules. Elles forment un
torseur non nul dont la résultante par unité de volume est
notée f ;
des actions de contact ou surfaciques : ce sont des forces
qui traduisent l’action des particules extérieures voisines de
la surface  sur les particules intérieures appartenant à la
surface  .

Forces internes action et réaction:

-F F
A B

-F F -F F
A B

F(A/B) = -F(B/A) La résultante des forces internes est


toujours nulle
Équilibre :
 
F F  0
F
 
 0
M

37
Vecteur contrainte:
T
F F F
F
T
S

Le Vecteur Contrainte T : est la force résultante par unité de


Surface.( unité :MPa). La résultante des forces s’écrit :
 
F   TdS
S

Le Vecteur Contrainte dépend de la position du point M dans la


section S : T = T(M)

F F
T(M) M

Le Vecteur Contrainte n’est pas toujours colinéaire à la normale n


dépend de la position du point M dans la section S : T = T(M)

F F
M

En générale le vecteur
  
F   T ( M , n )dS
contrainte est défini par : S

38
 Tenseur des contraintes: Formule de Cauchy
Ce qui caractérise l'état de contrainte, c'est la relation existante
entre le vecteur contrainte et la direction de normale à la facette.
Pour obtenir cette relation, il suffit de considérer l'équilibre d'un
domaine matériel infiniment petit de forme tétraédrique ayant
trois faces perpendiculaires aux axes x, y et z.
Soit n la normale au plan ABC dirigée vers l'extérieur du
tétraèdre et dS l'aire du triangle ABC

 nx 
 
n   ny 
n 
 z

dS1  nx dS :l’aire du triangle MBC


nx dS .T M ,i  :la force résultante sur la surface MBC

Le tétraèdre est en équilibre sous l’action des forces appliquées


sur ses 4 facettes :
       
dS .T M , n  n x dS .T M ,i  n y dS .T M , j  n z dS .T M , k  0

T M , n  n T M ,i  n T M , j  n T M , k   0
x y z

T M , n   n T M , i  n T M , j  n T M , k 
x y z

En considérant les composantes dans la base (i,j,k) des vecteurs:


 
 T M , i   11 i   12 j   13 k

 
T M , j   21 i   22 j   23 k

 
T M ,i   i  j  k
31 32 33
On remplace

On a:   11  12  13  nx 
  
 
T M , n    21  22  23  n y 
  
 31  32  33  nz 

39
On montre que le vecteur contrainte s’écrit sous la forme :

 
T M,n  n

où:   11  12  13 
 
    21  22  23  est appelé tenseur des contraintes
en M , ou tenseur de Cauchy
 
 31  32  33  ( tenseur symétrique)
Représentation

Contrainte normale et contrainte tangentielle

: Vecteur contrainte sur la


facette i en M

La Contrainte normale à la facette i est :

 
 x  i .T M , i  i  i   11   xx
D’une façon générale, la Contrainte normale à la facette n en M est:

 
 n  n .T M , n  nT  ( M )n
la Contrainte tangentielle à la facette n en M est:
  T M , n   n
n n

40
 Directions principales et contraintes principales:
Comme pour la déformation, la matrice qui représente  varie
avec le repère choisi.
Définitions:
 On appelle contrainte principale toute valeur propre du
tenseur des contraintes.
 On appelle direction principale de contraintes toute
direction orientée par un vecteur propre du tenseur des
contraintes.
Les contraintes principales sont solutions de l'équation:

det   l I  0

 11  l  12  13
 12  22  l  23  0
 13  23  33  l

Les solutions en sont réelles et trois situations peuvent survenir :


 les trois valeurs propres sont égales : c'est que toute direction
de l'espace autour de M est direction principale et les contraintes
sont les mêmes dans toutes les directions.
 deux valeurs propres sont égales : il y a une troisième valeur
propre associée à une direction propre. Toute direction
appartenant au plan perpendiculaire à cette direction propre est
également propre.
 les trois valeurs propres (principales) sont différentes alors les
trois directions propres (principales) sont différentes et
orthogonales entre elles du fait de la symétrie du tenseur de
contraintes .
Dans la base des vecteurs propres, le tenseur de contraintes est:
 I 0 0  Par convention :
 
e  0  II 0 
0  I   II   III
 0  III  e ,e ,e 
I II III

interprétation physique: selon ces trois directions, la matière est


simplement soumise à effort normal, pas à l’effort tangentiel.

41
Tenseur des Contraintes dans la base des vecteurs propres
x3
11 12 13
nt 
M x2  (M )  21 22 23 T M  n  
31 32 33
x1
Si P est la matrice de passage  xi  à  X i  , on a:
 t 
X3 T n  PN T '  PT
N I 0 0
M
X2  ' ( M )  0 II 0 T '  ' N
X1 0 0 III
 
T '  PT  Pn  P PN t
 'N
 ' ( M )  P ( M ) t P

42
Invariants du tenseur de contraintes :

Les invariants du tenseur des contraintes sont les coefficients Ki


de l'équation caractéristique: det   l I  0

 l3  K1l2  K 2 l   K 3  0

 K1  tr 



 2K 
1 2
2


tr  
 tr
 2 
  
 


 K 3  det 
K1 , K2 et K3 sont indépendants du choix de la base de projection
du tenseur de contraintes
Dans le repère principal, les composantes diagonales de 
donnent les contraintes normales selon les trois directions
principales: ce sont les contraintes principales.

Élasticité plane :
L’élasticité plane concerne les corps à deux dimensions ( ex:
plaques minces soumises à des forces extérieurs dans leur plan)
On conçoit que les contraintes et les déformations en M sont
indépendantes de z
Dans le plan (x,y) considérons un prisme droit infinitésimale ABC:

ey
C
 
T M,n
t n
 x 

  xy

T M ,  ex    yx
B
A ex
 cos   y
n 
 sin   
T M , e y 

43
    
T M ,ex  T M , ex    x ex   xy e y  :Théorème des actions
réciproques

T M ,e   T M , e   
y y y e y   xy e 
x

Le facettes Sx et Sy respectivement perpendiculaires à l’axe x et


l’axe y sont infiniment petites, et on a:
S x  AC  BC cos   S cos 

S y  AB  BC sin   S sin 
S : facettes BC orienté par la normale n
L’équilibre du triangle ABC se traduit par:

     
S T M , n  S x T M , e x  S y T M ,  e y  0

S  n   t  S  e   e  S  e   e   0
n n x x x xy y y y y xy x

 n   t  cos   e   e  sin   e   e   0
n n x x xy y y y xy x

En remplaçant:
n  cos  ex  sin  e y


t   sin  ex  cos  e y
On obtient:
 n cos    n sin    x cos    xy sin   0
(1)

 n sin    n cos    xy cos    y sin   0
Pour déterminer la composante normale n et tangentiel n de la
contrainte T(M,n) , on peut résoudre le système (1), la solution est:

  x  y  x  y

 n   cos 2   xy sin 2
2 2
 (2)
    x   y sin 2   cos 2
 n 2
xy

44
En effet:
 n cos    n sin    x cos    xy sin   0  cos 

 n sin    n cos    xy cos    y sin   0  sin 
Faisons la somme:
 n cos 2   sin 2     x cos 2    y sin 2   2 xy sin  cos   0
 n   x cos 2    y sin 2   2 xy sin  cos 
Et remplaçons:
1  cos 2 1  cos 2
cos 2   et sin 2  
2 2
On obtient:  x  y  x  y
n   cos 2   xy sin 2
2 2
Un raisonnement semblable donne:
 x  y
n   sin 2   xy cos 2
2

Calcul des contraintes principales :


Une contrainte est dite principale lorsque sa direction est normale
au plan de la facette:

 
T M,n nn et  n  0
Cet direction est déterminé par l’angle 1 , en effet:
2 xy
n  0 tan 21 
 x  y
On a aussi:
2
cos 21 
1

 x   y  2

1  tan 2 21  x   y 2  4 xy2

2 tan 2 21 4 xy2


sin 21  
1  tan 2 21  x   y 2  4 xy2

45
On remplace dans (2) pour obtenir les contraintes principales

 x y 1

 X    x   y 2  4 xy2
2 2

   x   y  1    2  4 2

Y x y xy
2 2

2 2
  y    y 
  n  x    n2   x    xy2
 2   2 

C’est l’ équation d’un cercle

Représentation des contraintes: Cercles Mohr

MP   x
 x  y
MQ   y MO 
2
 x  y
QO  OP  PS   xy
2

46
On remarque :
 xy 2 xy
tan POˆ S    tan 21 
 x  y  x  y
2

Donc: POS  21
Le cercle de Mohr de centre O est de rayon:
2
  x  y  1
R      xy2   x   y   4 xy2
2

 2  2
On remarque aussi:
1 x  y
MA  MO  R    x   y   4 xy2   X
2

2 2
  y 1
MB  MO  R  x   x   y   4 xy2   Y
2

2 2

Application :
Connaissant les contraintes principales x et y , déterminer pour
une facette orientée par n , les contraintes n et n , on donne:

X , n  
En utilisant la relation (2), (XY =0) on a:

  X Y  X Y
  n   cos 2
2 2

    X   Y sin 2
 n 2
La contrainte tangentielle est maximale lorsque :

sin 2  1  
4  X Y
 n Max 
2

47
Cercle de Mohr

MA   X  X Y
MB   Y MO 
2

Lois de comportement

48
Loi Fondamentale de la Dynamique
on considère un milieu déformable dans le repère orthonormé :

R  O, e1 , e2 , e3  n
T
S

Ecrivons le bilan des forces:


e3
Forces de contacte extérieures
appliquées à la surface S: e2 V
e1
 
df s  T M , n .ds   n.ds (Sur un élément de surface dS)
f s    n.ds (Sur toute la surface S)
s
Forces à distance extérieures: forces volumiques
dF  f v .dV (Sur un élément de volume dV)

F   f v .dV (Sur tous le volume V)


V

Exemple de force volumique : force de pesanteur

fv   g : densité volumique des forces de pesanteur

La force de pesanteur applique à un volume V est:

P   f v dV    gdV  g  dV  M g
V V V
Ecrivons le PFD:

F  M   f dV    n.ds     dV


V
v
s V

On aussi :
  n.ds   div dV
s V
:Théorème de la divergence

 f dV   div dV     dV


V
v
V V

div  f v   

49
Si la seule force volumique est la force de pesanteur on a:

div   g      11  12  13 
   
où:   11  12  13   x1 x2 x3 
      
    21  22  23  div   21  22  23 

 31  32  33 
  x1 x2 x3 
  31   32   33 
 x x2 x3 
 1

Élasticité linéaire - Loi de Hooke


A l’état naturelle dans laquelle le solide déformable n’est soumis à
aucune charge, on admet que les contraintes et les déformations
sont nulles
Pour les matériaux, on admet aussi que les contraintes sont
proportionnelles aux déformations à condition de rester dans le
domaine élastique.
Déformations dues a une contrainte normale x
On considère une plaque rectangulaire homogène de faible
épaisseur soumise à une extension selon une direction principale
de contrainte

Observation :
Allongement dans la
direction x
Contraction dans la
direction y

50
on note:
 x  Ee x

e y  n .e x
Avec:
x : Contrainte normale principale (en MPa)
ex : Allongement relatif suivant x (sans unité)
E : Module d’Young (en MPa)
ey : Contraction suivant y (ou raccourcissement sans unité)
n : Coefficient de Poisson , 0,1  n  0,5
Le module d’Young et le coefficient de poisson sont des
constantes qui dépendent du matériau, quelques valeurs sont
données sur le tableaux suivant pour les matériaux courants :

Acier Allum. Bois Béton Verre Carbone

E(GPa) 210 73 15 25 30 73 190  400

n 0.3 0.3 0.2  0.4 0.3 0.3 0.20.3

Déformations dues à deux contrainte x et y suivant deux


directions perpendiculaires:

Si la plaque étudiée est soumise à la fois à une extension selon


l’axe x et une compression selon l’axe y (voir figure)

51
Principe de superposition:

Déformations dues à F1 (contrainte x ):


x
Déformation suivant x: e 1x 
E
x
Déformation suivant y: e 1 y  n .e 1x  n .
E
Déformations dues à F2 (contrainte y):
y
Déformation suivant y: e2y 
E

Déformation suivant x: e 2x  n .e 2 y  n . y
E
Appliquons le principe de superposition, la déformation totale due
à F1 et F2 (contrainte y + y) est:
x y
Déformation suivant x: e x  e1x  e 2 x  n
E E
x y
Déformation suivant y: e y  e 1 y  e 2 y  n 
E E

Dans une plaque mince la loi de comportement contrainte-


déformation ( loi de Hooke), s’écrit:
 x y
e x  n
E E

e  n  x   y
 y E E

 E
 x  1 n 2 e x ne y 

  E e ne 
 y 1 n 2 y x

52
Les équations de Lamé: loi de Hooke généralisée
 Matériau isotrope
• Un matériau isotrope est un matériau pour lequel la
réponse matérielle est indépendante de la direction.
• On peut considérer, de façon totalement équivalente,
l’isotropie comme la symétrie totale: un matériau isotrope
est un matériau pour lequel toute direction est de
symétrie matérielle. Ou encore: il n’y a pas de directions
privilégiées. Donc, toute direction est mécaniquement
équivalente.
 Lamé a spécifié la loi de Hooke pour les matériaux
élastiques linéaires isotropes:

  2 m e  l tre I .
ij = 2meij + ltr(e)dij
l et m : sont les constantes de Lamé, qui décrivent complètement
le comportement élastique d’un milieu isotrope.

Sous forme matricielle :


  11   l  2m l l 0 0 0  e 11 
    
  22   l l  2m l 0 0 0  e 22 
   l l l  2m 0 0 0  e 33 
 33     
  23   0 0 0 m 0 0  2e 23 
    
 13   0 0 0 0 m 0  2e 13 
   0 0 0 0 0 m  2e12 
 12  
Les constantes l et m peuvent être remplacées par d’autres
constante plus significative:
 nE  2 m  3l
 l  ,  E  m ,
(1 n )(1  2n ) m l
  
E l
m  , n  .
 2(1  n )  2(l  m )
E est le module d’Young et n le coefficient de poisson.

53
Avec E et n les équations de Lame deviennent :
E  n 
 e  tre I .
1 n  1  2n 
Les équations de Lamé inverses s’obtiennent facilement
1 n  n 
e   tr I .
E  1 n 

Cercles de Mohr en 2D
Un cercle de Mohr (Otto Mohr 1882) est un diagramme circulaire aidant dans la
recherche des contraintes principales. Il permet de visualiser les relations existantes
entre les contraintes et permet de connaître simplement les contraintes dans toutes les
directions en 2D en connaissant le tenseur des contraintes en un point M.
L’analyse des contraintes est faite en un point M
entouré par un rectangle infinitésimal dont les côtés
sont parallèles aux axes x et y (contraintes planes).
Il apparaît les contraintes normales (x et y) et les
contraintes tangentielles xy. La matrice des
contraintes est de la forme suivante :

(x,y)

En effectuant une rotation du rectangle initial dans


le plan, les différentes contraintes normales et
tangentielles varient en fonction de . La matrice
des contraintes s’écrit alors :

54
Nous avons montré que les contraintes tangentielles
s’annulent pour un certain angle  = p. La matrice des
contraintes s’écrit alors comme suit:

(X,Y)

1 et 2 sont les contraintes principales


et 12 est nulle

Exprimons la contrainte x x2 et


1, dans un repère décalé
d’un angle  par rapport au repère

Cherchons la relation entre  et  ?

les deux fonctions et sont identiques mais décalées de /2.

Une seule fonction suffit donc et le système s’écrit:

2 2
 x  y  x  y 
     
  cos2 2    xy2 sin 2 2 

 2   2 
  y 
  x  xy cos2 sin 2 
 2 
2
x  y  x  y 
 2    sin 2 2    xy2 cos2 2     xy cos2 sin 2 
 2   2 
Donc la relation entre  et  est donnée par:
2 2
  y    y 
   x    2   x    xy2
 2   2 

55
C ’est l’équation d’un cercle de rayon R:
2
 y 
R   x    xy2
 2 
x y 
et de centre le point de coordonnées :
 2 ,0 
 

Cette représentation graphique permet de visualiser facilement les relations existant


entre les contraintes.

56