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Mathématique ECS 1

5 mai 2018

Concours blanc : Première épreuve

La qualité de la rédaction entrera pour une part importante dans l’appréciation de


la copie. Veillez à bien justifier vos réponses : un exercice bien traité rapporte des
points, un exercice traité de façon non rigoureuse ne rapporte pas de points. Malus
de 2 points pour les copies mal rédigées. La durée de l’épreuve est de 4 heures.
Aucune sortie avant la fin de l’épreuve. Les calculatrices ne sont pas autorisées. Les
téléphones portables doivent être rangés.
Si, au cours de l’épreuve, vous repérez ce qui vous semble être une erreur d’énoncé, signalez le sur
votre copie et poursuivez votre composition en expliquant les raisons des initiatives que vous êtes
amenés à prendre.

Conseils de rédaction.

Tout d’abord, il est inutile de recopier l’énoncé. Il faut éviter tout recours abusif aux symboles
logiques : les formules doivent être intégrées à des phrases en français correctement rédigées. On
ne mélange jamais les symboles ∀, ∃, ⇒, . . . avec des phrases en français : on écrira « quel que soit,
il existe, implique,. . . »en toutes lettres ! Rappelez vous que la flèche ⇒ n’a pas la signification de
« donc »et que le symbole ⇐⇒ traduit une équivalence entre deux propositions : dans un simple
calcul (simplification, transformation, etc.), son emploi est inutile !
N’oubliez pas aussi qu’il faut
— respecter les notations de l’énoncé
— définir avec précision toute notation utilisée ne figurant pas dans l’énoncé,
— utiliser les mots mathématiques avec leur sens précis : le correcteur n’est pas là pour deviner
ce que vous avez voulu écrire. On ne peut juger que ce qui figure sur la copie.
— éviter les ratures, écrire lisiblement, soigner les graphiques (pensez à travailler au brouillon
pour esquisser un raisonnement ou faire un calcul afin de ne pas raturer votre copie.)
Au cours de la rédaction, ne perdez pas de vue que vous cherchez à convaincre votre lecteur que
vous savez résoudre le problème posé, en lui expliquant le plus clairement possible la solution que
vous avez trouvée. On évitera de donner une simple liste de résultats et on justifiera soigneusement
toute affirmation. On détaillera les articulations du raisonnement ainsi que les calculs. L’évidence
est une notion relative ! Il faut expliquer clairement votre démarche en invoquant le cours et en
citant les théorèmes. Retenez que

Toute affirmation non justifiée n’a aucune valeur.

1
1 1
x2n x2n−1
Z Z

Exercice 1. Pour tout n ∈ N , on pose In = dx et Jn = dx.
0 1 + xn 0 1 + xn
1
(1) Etablir, pour tout entier n ∈ N∗ , l’encadrement 0 ≤ In ≤ . Que peut on dire de la
2n + 1
convergence de la suite (In ) ?
1
(2) Etablir, pour tout entier n ∈ N∗ , l’inégalité : |In − Jn | ≤ .
2n(2n + 1)
(3) A l’aide du changement de variable u = xn , calculer Jn .
(4) Déduire de ce qui précède un équivalent simple de In .

Exercice 2. On note (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 et f l’endomorphisme de R3 défini par

f (e1 ) = e1 + e2 − e3 , f (e2 ) = 4e1 + e2 − 2e3 , f (e3 ) = 6e1 + 3e2 − 4e3 .

On notera aussi id l’application linéaire identique de R3 .


(1) Soit (x, y, z) un vecteur de R3 . Exprimer l’image f (x, y, z) du vecteur (x, y, z) par l’endo-
morphisme f en fonction de x, y et z.
(2) Déterminer une base de ker(f ) ainsi qu’une base de Im(f ).
(3) Montrer que ker(f ) et Im(f ) sont supplémentaires dans R3 .
(4) Exprimer f ◦ f en fonction de f .
(5) En déduire que ker(f + id) ⊕ ker(f ) = R3 .

Exercice 3. Dans cet exercice, on pourra utiliser, sans démonstration, la formule de Vandermonde,
K     
X K L K +L
=
i=0
i J −i J

où J, K, L désignent des entiers naturels tels que 0 ≤ J ≤ K + L.

Soient N et r deux entiers naturels tels que 1 ≤ r < N et b = N − r. Une urne contient N boules
parmi lesquelles r sont rouges et les autres blanches.
Dans la suite, n est un entier vérifiant 1 ≤ r ≤ n ≤ N et b ≤ n.
(1) On tire successivement et sans remise n boules de l’urne. Quel est l’ensemble Ω des résultats
possibles ? Déterminer card(Ω).
(2) Désormais, on suppose que les résultats possibles sont équiprobables. On introduit, pour
k ∈ J1, nK, l’événement Ak : « la k ème boule tirée est rouge. »
(a) Calculer la probabilité P (Ak ), pour tout k ∈ J1, nK.
(b) Soit (k, `) ∈ J1, nK2 tel que k 6= `. Calculer la probabilité P (Ak ∩ A` ).
(3) On introduit la variable aléatoire Sn égale au nombre de boules rouges tirées.
(a) Déterminer l’ensemble Sn (Ω) des valeurs prises par la variable aléatoire Sn .
(b) Etablir, pour tout k ∈ Sn (Ω), la probabilité P (Sn = k). On en donnera une expression
faisant intervenir des coefficients binômiaux.
nr
(c) Montrer que l’espérance de Sn est donnée par E(Sn ) = .
N
(d) Calculer la variance V (Sn ) en fonction de n et r. On pourra commencer par calculer
E(Sn (Sn − 1)).

2
Exercice 4. Problème. Soient p un entier naturel tel que p ≥ 2, et Rp [X] l’espace vectoriel réel
des polynômes de degré inférieur ou égal à p (on convient que le polynôme nul est de degré −∞).

Partie 1

Cette partie est consacrée à l’étude d’une famille de polynômes de R[X].


On pose Q0 = 1 et pour k ∈ N∗ ,
k−1
1 Y X(X − 1) . . . (X − k + 1)
Qk = (X − j) = .
k! j=0 k!

Ainsi,
X(X − 1) X(X − 1)(X − 2)
Q1 = X, Q2 = , Q3 = , etc.
2! 3!
(1) Montrer que la famille (Q0 , Q1 , . . . , Qm ) est une famille libre de Rm [X].
(2) Montrer que pour tout entier m ∈ Z, le nombre Qk (m) est un entier relatif.
(3) On souhaite prouver que pour tout entier m, la famille (Q0 , Q1 , . . . , Qm ) est une famille
génératrice de Rm [X]. On procède par récurrence sur m.
Pour m = 1, le résultat est clair puisque

R1 [X] = Vect(1, X) = Vect(Q0 , Q1 )

(a) Soit P = aX 2 +bX +c un polynôme de R2 [X]. Exprimer P comme combinaison linéaire


de Q0 , Q1 , Q2 et en déduire que (Q0 , Q1 , Q2 ) est une famille génératrice de R2 [X].
(b) Soit m ∈ N. On suppose que (Q0 , Q1 , . . . , Qm ) est une famille génératrice de Rm [X].
m+1
X
On considère la famille (Q0 , Q1 , . . . , Qm , Qm+1 ) et un polynôme P = aj X j de
j=0
Rm+1 [X].
Montrer qu’il existe un réel c (à préciser) tel que P − cQm+1 ∈ Rm [X] et conclure.

Partie 2

On note T l’application de Rp [X] dans lui-même qui, à tout polynôme P de Rp [X], associe le
polynôme T (P ) défini par
T (P ) = P (X + 1)
et ∆ l’application de Rp [X] dans lui-même qui, à tout polynôme P de Rp [X], associe le polynôme
∆P défini par
∆P (X) = P (X + 1) − P (X).
L’application identité de Rp [X] sera notée I.
(1) (a) Vérifier que ∆ est une application linéaire.
(b) Quel est le noyau de ∆ ?
(c) Déterminer le degré de ∆P en fonction de celui de P , pour tout P de Rp [X].
(2) On définit pour tout entier n ∈ N l’application ∆n par

∆0 = I et ∀n ∈ N∗ , ∆n = ∆ ◦ ∆n−1 .

(a) Vérifier que pour tout k ∈ J1, pK, ∆(Qk ) = Qk−1


(b) En déduire l’image Im(∆) de ∆.
(c) Montrer que tout polynôme P de Rp [X] se décompose sous la forme :
p
X
P = αk Qk avec αk = (∆k P )(0)
k=0

3
Partie 3

(1) Montrer que T est un automorphisme de Rp [X] et donner l’automorphisme réciproque de


T.
(2) En remarquant que ∆ = T − I, prouver que , pour tout P de Rp [X],
n  
X n
∆n P (X) = (−1)n−k P (X + k).
k
k=0

(3) Démontrer que, pour tout P de Rp [X], les deux propriétés suivantes sont équivalentes :
(A) Les coordonnées de P dans la base (Qk )0≤k≤p sont dans Z.
(B) Pour tout k de Z, P (k) ∈ Z.

4
On dispose d’un dé équilibré à 6 faces et d’une pièce truquée telle que la probabilité d’apparition
de « pile » soit égale à p , p ∈ ]0; 1[.
On pourra noter q = 1 − p .
Soit N un entier naturel non nul fixé.
On effectue N lancers du dé ; si n est le nombre de « 6 » obtenus, on lance alors n fois la pièce.
On définit trois variables aléatoires X, Y, Z de la manière suivante :
— Z indique le nombre de « 6 » obtenus aux lancers du dé,
— X indique le nombre de « piles » obtenus aux lancers de la pièce,
— Y indique le nombre de « faces » obtenues aux lancers de la pièce.
Ainsi, X + Y = Z et, si Z prend la valeur 0, alors X et Y prennent la valeur 0.
(1) Reconnaitre la loi de Z, puis donner son espérance et sa variance.
(2) Pour k ∈ N , n ∈ N, déterminer la probabilité conditionnelle P[Z=n] (X = k). On distin-
guera les cas : k ≤ n et k > n.
(3) Montrer, pour tout couple d’entiers naturels (k, n), les égalités suivantes :
— si 0 ≤ k ≤ n ≤ N alors
    N −n  n
n N k n−k 5 1
P ([X = k] ∩ [Z = n]) = · p (1 − p) ,
k n 6 6

— si n > N ou k > n alors


P ([X = k] ∩ [Z = n]) = 0.
(4) Calculer la probabilité P (X = 0)
(5) Montrer pour tout couple d’entiers naturels (k, n) tel que 0 ≤ k ≤ n ≤ N, l’égalité :
     
n N N N −k
=
k n k n−k

En déduire la probabilité P (X = k).


(5) Quelles sont les lois des variables aléatoires X et Y ?
(6) Les variables aléatoires X et Y sont dites indépendantes lorsque pour tout i ∈ J0, nK et
tout j ∈ J0, nK :
P ([X = i] ∩ [Y = j]) = P ([X = i])P ([Y = j]).
Les variables aléatoires X et Y sont-elles indépendantes ?