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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de La


Recherche Scientifique
Centre Universitaire de Tissemsilt

PHYSIQUE
OPTIQUE GÉOMÉTRIQUE
Manuel de Cours

Présenté par :
Dr. Mokhtari Mohamed

Année Universitaire : 2017-2018


Première édition
Table des matières

Table des figures 3

PREFACE 5

1 Principes et lois de l’optique géométrique 7


1.1 Les Lois de Snell-Descart : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.1 Indice de réfraction : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.2 Lois de Snell-Descartes : . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.3 Applications des lois de Snell-Descartes : . . . . . . . . 12

2 Le Prisme 17
2.1 Le Prisme : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.1.1 Définition : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.1.2 Son action sur un rayon lumineux . . . . . . . . . . . 18
2.1.3 Les relations caractéristiques du prisme et leurs conséquences 20
2.1.4 Condition d’émergence : . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.1.5 Etude des variations de la déviation en fonction de
l’angle d’incidence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

3 Miroirs sphériques 29
3.1 Le miroir sphérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.1.1 Stigmatisme du miroir sphérique . . . . . . . . . . . . 30
3.1.2 Relations de conjugaison . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.1.3 Foyers. Distance focale. Vergence Formule de Newton . 33
3.1.4 Construction de l’image d’un petit objet perpendicu-
laire à l’axe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.1.5 Grandissement linéaire transversal . . . . . . . . . . . 36

1
2 TABLE DES MATIÈRES

4 Les lentilles 39
4.1 Les lentilles convergentes : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
4.1.1 Les foyers : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
4.1.2 Les plans focaux : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
4.1.3 La construction graphique des images : . . . . . . . . . 42
4.1.4 Les formules : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.1.5 Le grandissement : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.2 Les lentilles divergentes : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.2.1 Les foyers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.2.2 Les plans focaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.2.3 La construction graphique des images : . . . . . . . . . 51

5 Bibliographie 53
Table des figures

1.1 Lois de Snell-Descartes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8


1.2 réfraction limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3 réflexion totale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4 Etude du rayon réfracté par une lame à faces parallèles. . . . . 13
1.5 Le fibre optique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

2.1 Plan de section principale du prisme. . . . . . . . . . . . . . . 18


2.2 Cheminement d’un rayon lumineux à travers un prisme. . . . . 19
2.3 dispersion de la lumière. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.4 Courbe de variation de la déviation avec l’angle d’incidence.A =
60o , n = 1, 5. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.5 Cheminement d’un rayon lumineux à travers un prisme au
minimum de déviation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

3.1 (a) miroire conceve, (b) miroire converxe. . . . . . . . . . . . . 29


3.2 (a) miroire conceve, (b) miroire converxe. . . . . . . . . . . . . 30
3.3 (a) Miroire conceve, (b) Miroire converxe. . . . . . . . . . . . 32

4.1 Lentille mince. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39


4.2 Le foyer image d’une lentille. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
4.3 Le plan focal image d’une lentille convergente. . . . . . . . . . 41
4.4 Le plan focal objet d’une lentille convergente. . . . . . . . . . 42
4.5 La construction graphique des images. . . . . . . . . . . . . . 43
4.6 Construction graphique : objet réel entre le plan focal objet et
la lentille. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.7 Image d’un objet réel. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
4.8 le rapport entre l’image et l’objet. . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.9 Le foyer-image d’une lentille divergente. . . . . . . . . . . . . . 47

3
4 TABLE DES FIGURES

4.10 Le foyer- objet d’une lentille divergente. . . . . . . . . . . . . . 48


4.11 Le chemin de rayon transmis. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.12 Le chemin de rayon transmis. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.13 Le plan focal image. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.14 Le plan focal objet. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
4.15 La construction graphique des images. . . . . . . . . . . . . . 52
PREFACE

l’optique est parmi les différentes parties de la physique celle qui a le plus
évolué eu égard à ses analogies multiples avec la mécanique, l’électromagnétisme
et la physique quantique et au potentiel d’application qu’elle génère dans le
vécu quotidien et la recherche scientifique. L’optoélectronique, l’optique non
linéaire, la photonique, les télécommunications par fibres optiques, l’hologra-
phie, . . . , ne sont que des exemples de ce que l’optique a fourni comme outils
aux autres disciplines et à l’avancement des sciences en général.
L’optique géométrique s’est développée sur la base d’observations simples
et repose sur deux principes et des lois empiriques : la propagation rectiligne
dans un milieu homogène et isotrope ; le principe du retour inverse qui ex-
prime la réciprocité du trajet lumineux entre source et destination ; les lois
de Snell-Descartes pour la réflexion et la réfraction.
Ce cours s’adresse plus particulièrement à des étudiants de premier cycle
universitaire, domaine Science de la matière (SM) et Science de la nature et
de la vie (SNV).Structuré en quatre chapitres, il présente, les fondements et
les lois de l’optique géométrique et aborde l’étude des systèmes sphériques
telque les miroires et les lentilles. L’objectif de ce cours est avant tout la
maı̂trise des concepts de base : réfraction, réflexion, dispersion, image réelle
et virtuelle, construction de rayons dans un système optique centré etc.

5
6 PREFACE
Chapitre 1

Principes et lois de l’optique


géométrique

1.1 Les Lois de Snell-Descart :


1.1.1 Indice de réfraction :
Dans le vide, la lumière se propage en ligne droite à la vitesse c qui est,
par définition : c = 299792458m/s = 3.108 m/s
Par contre l’expérience montre que la vitesse de propagation de la lumière
change d’un milieu matériel à l’autre, et qu’elle est toujours inférieure à c.
On définit alors l’indice de réfraction n d’un milieu comme étant égal au
rapport de la vitesse de la lumière dans le vide, à la vitesse v de la lumière
dans le milieu considéré :
c
n= (1.1)
v
L’indice du vide est donc égal à l’unité, tandis que l’indice des substances
transparentes dans le visible est supérieur à l’unité. Retenons les valeurs des
indices des milieux suivants :
– indice de l’air : 1, 0003
– indice du verre : 3/2
– indice de l’eau : 4/3.
Notons que l’indice de l’air étant pratiquement égal à 1, nous l’assimile-
rons par la suite au vide. En fait, ces valeurs sont des valeurs moyennes car
l’indice d’un milieu varie avec la longueur d’onde λ de la lumière selon la

7
8CHAPITRE 1. PRINCIPES ET LOIS DE L’OPTIQUE GÉOMÉTRIQUE

formule approchée de Cauchy :

B
n(λ) = A + (1.2)
λ2

où A et B sont des constantes caractéristiques du milieu considéré.


Remarque :
Plus l’indice absolu d’un milieu transparent est élevé, plus ce milieu est
dit réfringent. Par exemple le verre (n = 3/2) est plus réfringent que l’eau
(n = 4/3).

1.1.2 Lois de Snell-Descartes :


Considérons un rayon lumineux (appelé rayon incident) arrivant en un
point I (appelé point d’incidence) situé sur la surface d’un dioptre séparant
deux milieux d’indices n1 et n2 . Ce rayon est alors scindé en deux parties
d’intensités différentes (Fig. 1.1) :
- Un rayon, dit rayon réfléchi, qui se propage dans le milieu d’indice n1 ,
- Un rayon se propageant dans le milieu d’indice n2 , qualifié de réfracté.

Figure 1.1 – Lois de Snell-Descartes .


1.1. LES LOIS DE SNELL-DESCART : 9

On repère par les angles i1 (angle d’incidence), i01 (angle de réflexion)


et i2 (angle de réfraction) les inclinaisons des trois rayons relativement à la
normale au dioptre en I.
Le plan défini par la normale au dioptre et le rayon incident est appelé
plan d’incidence.
Les lois de Snell-Descartes (au nombre de trois) sont les suivantes :
1. Le rayon réfléchi et le rayon réfracté sont dans le plan d’incidence.
2. i01 = −i1 ,
3. n1 sin i1 = n2 sin i2 .

Discussion de la troisième loi de Snell-Descartes


* Cas où n1 < n2 : réfraction limite (Fig. 1.2)

Figure 1.2 – réfraction limite .


10CHAPITRE 1. PRINCIPES ET LOIS DE L’OPTIQUE GÉOMÉTRIQUE

Le rayon lumineux passe du milieu 1 moins réfrigent au milieu 2 plus


réfrigent. Nous avons alors :

n1 sin i1 = n2 sin i2 (1.3)

avec n2 > n1

Il en résulte que sini2 < sini1 ; les angles i1 et i2 étant compris entre 0 et
π/4, sinus et angles varient dans le même sens, soit i2 < i1 . Le rayon réfracté
se rapproche donc de la normale.

Un rayon incident normal (S1I), pour lequel i1 = 0, entre sans déviation.


Lorsque i1 croı̂t, i2 croı̂t aussi tout en restant inférieur à i1 . A l’incidence
rasante (i1 = π/2), l’angle de réfraction est maximal (angle de réfraction
limite noté ilim ) et vaut :

n1
sin ilim = (1.4)
n2

Par exemple si la lumière va de l’air dans le verre : ilim = 42o

* Cas où n1 > n2 : réflexion totale (Fig. 1.3)


1.1. LES LOIS DE SNELL-DESCART : 11

Figure 1.3 – réflexion totale .

Le rayon lumineux passe maintenant du milieu 1 plus réfrigent au milieu


2 moins réfrigent. La troisième loi de Snell-Descartes implique alors que

i1 < i2 (1.5)

Le rayon réfracté s’écarte donc de la normale et l’angle de réfraction est


maximal (i2 = π/2) pour un angle d’incidence limite ir tel que :
n2
sin(ir ) = (1.6)
n1
Si l’angle d’incidence est supérieur à ir , il n’y a plus de rayon réfracté
(en effet, on a alors sin i2 > 1, i2 n’est donc plus défini), le rayon incident
est totalement réfléchi : on parle de réflexion totale. Le dioptre se comporte
comme un miroir
12CHAPITRE 1. PRINCIPES ET LOIS DE L’OPTIQUE GÉOMÉTRIQUE

Approximation des petits angles : Loi de Kepler

Si l’angle d’incidence i est petit, on peut confondre la fonction sinus avec


la valeur de l’angle exprimée en radians. Il en est alors de même pour r .
On rappelle qu’au premier ordre sin i ∼ i et cos i ∼ 1.
On a de même sin r ∼ r et cos r ∼ 1 .
On peut obtenir dans ce cas une expression approchée de la loi de Snell-
Descartes sous une nouvelle forme appelée loi de Kepler :

n1 i = n2 r (1.7)

Ou

i = nr r (1.8)

Dans l’énoncé de cette loi, les angles peuvent être exprimés en radians
ou en degrés. Plus l’angle est grand et plus l’erreur de la loi de Kepler est
importante.

1.1.3 Applications des lois de Snell-Descartes :

Lame à faces parallèles

Considérons une lame transparente à faces parallèles d’indice absolu n et


d’épaisseur e placée entre deux milieux d’indices identiques n = 1 (Fig. 1.4
).
Aux points A et B, on applique les lois de Snell-Descartes ; on a donc :
- en point A : sin i1 = n sin r1
- en point B :n sin r2 = sin i2
Comme r1 = r2 = r on a i1 = i2 = i ;
l’angle émergent est le même que si le rayon passait directement du pre-
mier milieu d’indice absolu n = 1 au troisième milieu de même indice.
1.1. LES LOIS DE SNELL-DESCART : 13

Figure 1.4 – Etude du rayon réfracté par une lame à faces parallèles.

Cependant, le trajet des rayons n’est pas modifié. En effet, la figure


montre que, bien que le rayon transmis sorte avec le même angle que l’angle
d’incidence, il est décalé d’une quantité δ que nous allons calculer.
Dans le triangle ABC, on peut écrire :

BC δ
sin(i − r) = = (1.9)
AB AB
AD e
cos r = = (1.10)
AB AB
d’où :
cos r
sin(i − r) = δ (1.11)
e
et
esin(i − r)
δ= (1.12)
cos r
14CHAPITRE 1. PRINCIPES ET LOIS DE L’OPTIQUE GÉOMÉTRIQUE

Dans l’approximation des petits angles, sin α ∼ α et cos α ∼ 1 ; les rela-


tions précédentes se simplifient en :

δ = e(i − r) (1.13)

avec = nr , soit encore

(n − 1)
δ = ie (1.14)
n
où i est nécessairement exprimé en radians.

Fibre optique
Une fibre optique est un  guide de lumière . Elle est constituée d’un
coeur cylindrique d’indice n0 et d’une gaine d’indice n” . Ces deux milieux
sont transparents (Fig. 1.5).
Le diamètre de la gaine est de l’ordre d’une centaine de µm alors que
celui du coeur est de quelques microns.

Figure 1.5 – Le fibre optique.

Un rayon arrive en I sous une incidence i ; il se réfracte avec un angle r


et frappe la gaine avec un angle d’incidence m. Le but de la fibre optique est
de transmettre le rayon à l’intérieur du cœur avec le minimum d’absorption
sans que celui-ci puisse sortir de la gaine. Il faut donc que la réflexion soit
totale en J . On écrit les lois de la réfraction enI :

nsini = n0 sinr (1.15)

r et m sont reliés par :


1.1. LES LOIS DE SNELL-DESCART : 15

n
m+r = (1.16)
2
Il y a réflexion totale en J si :
n
n0 sin m = n00 sin (1.17)
2
ou encore si :
n”
sin m = cos r = (1.18)
n0
Finalement :
n”
n2 sin2 i = n02 [1 − ( )] = n02 − n”2 (1.19)
n0
Soit : q
(n02 − n002 )
sin i = (1.20)
n
Avec n0 = 1, 5 et n00 = 1, 48, sin i = 0, 244 et i = 14o .
Si i est inférieur à cette limite, m est supérieur à l’angle de réflexion limite
et le rayon se réfléchit à l’intérieur de la fibre pour ressortir à son extrémité
opposée. q
La quantité (n02 − n002 ) est appelée ouverture numérique de la fibre.
16CHAPITRE 1. PRINCIPES ET LOIS DE L’OPTIQUE GÉOMÉTRIQUE
Chapitre 2

Le Prisme

2.1 Le Prisme :

Les prismes sont utilisés pour décomposer une lumière en ses différentes
couleurs ou pour mesurer des indices de réfraction. Nous allons définir le
prisme puis déduire de nos connaissances sur la réfraction ses effets sur un
rayon lumineux.

2.1.1 Définition :

Un prisme est formé d’un milieu transparent limité par deux faces planes.
Il est caractérisé par son angle au sommet A et par son indice de réfraction
n. Les schémas ci-contre montrent un plan de section principale du prisme
et un prisme.

17
18 CHAPITRE 2. LE PRISME

Figure 2.1 – Plan de section principale du prisme.

2.1.2 Son action sur un rayon lumineux

Les deux réfractions

Un rayon lumineux frappant une des faces du prisme est réfracté, il tra-
verse ensuite le milieu d’indice n, puis est à nouveau réfracté (Fig. 2.2)
2.1. LE PRISME : 19

Figure 2.2 – Cheminement d’un rayon lumineux à travers un prisme.

Pour la première réfraction, l’angle d’incidence est noté i, l’angle de


réfraction r. Pour la deuxième, l’angle d’incidence est noté r0 , l’angle de
réfraction i0 . Pour utiliser correctement le prisme, le rayon incident doit se
trouver dans un plan perpendiculaire à l’arête du prisme (sinon tout se passe
comme si l’angle au sommet du prisme devenait variable). Dans les condi-
tions correctes, les plans d’incidence et de réfraction sont tous confondus avec
un plan de section droite du prisme.

Déviation
L’effet du prisme est donc de dévier le rayon lumineux. La déviation,
qui est l’angle entre le rayon incident (initial) et le rayon émergent (réfracté
final), est notée D.

Dispersion
De plus la déviation dépend de l’indice du prisme, lui-même fonction de la
longueur d’onde car le milieu est dispersif. Ceci explique la décomposition de
20 CHAPITRE 2. LE PRISME

la lumière blanche en ses différentes couleurs (Fig. 2.3). Avec des prismes de
verre, on constate expérimentalement que la lumière rouge est moins déviée
que la lumière violette

Figure 2.3 – dispersion de la lumière.

2.1.3 Les relations caractéristiques du prisme et leurs


conséquences
Les relations caractéristiques du prisme
Les relations caractéristiques du prisme sont au nombre de quatre : -
D’abord, les lois de la réfraction :

sin i = n sin r (2.1)

n sin r0 = sin i0 (2.2)


L’angle entre les normales aux faces du prisme est égal à A (voir figure
2.2) et la somme des angles d’un triangle est égale à 180o :

r + r0 + (180o − A) = 180o r + r0 = A (2.3)


2.1. LE PRISME : 21

Enfin, l’expression de la déviation :

D = i − r + i0 − r0 = i + i0 − (r + r0 ) = i + i0 − A (2.4)

D = i + i0 − A (2.5)

2.1.4 Condition d’émergence :


Il y a deux conditions d’émergence, l’une sur l’angle d’incidence et l’autre
sur l’angle du prisme.

Condition sur l’angle d’incidence


Pour que le rayon émergent existe, il faut quer0 ≤ rlim 0
, angle limite d’in-
0 0
cidence, car lorsque r > rlim , il y a réflexion totale sur la seconde face du
prisme. Lorsque r0 = rlim
0
, l’angle i0 vaut 90o , l’angle rlim
0
est donc donné par :
0
n sin rlim = sin 90o = 1 (2.6)

0 1
sin rlim = (2.7)
n
La condition r0 ≤ rlim
0
impose r ≥ A − rlim 0
car r = A − r d’après la
relation (3). Et ceci impose d’après la relation (1), donc :

i ≥ i0 (2.8)
avec :

0
sin i0 = n sin (A − rlim ) (2.9)

Condition sur l’angle du prisme


De plus, l’angle de réfraction r est toujours inférieur à l’angle limite de
0
réfraction rlim , égal à l’angle limite d’incidence rlim . Par conséquent, les deux
inégalités : r0 ≤ rlim
0
et r ≤ rlim sont vérifiées simultanément, or r + r0 = A,
donc :

A ≤ 2rlim (2.10)
22 CHAPITRE 2. LE PRISME

Avec
1
sinrlim = (2.11)
n
Lorsque

A > 2rlim (2.12)


il y a toujours réflexion totale.

Prisme à réflexion totale


C’est un prisme dont la section droite est un triangle rectangle isocèle.
On dirige le rayon lumineux vers la base du prisme en incidence normale.
Le rayon pénètre dans le prisme sans déviation puis frappe la première face
sous une incidence de 45o supérieure à l’angle limite d’incidence ; il y a donc
réflexion totale. La deuxième face agit de la même façon car l’incidence vaut
à nouveau 45o . Ceci permet d’utiliser le prisme différemment, c’est à dire
pour  couder  le rayon lumineux. Ce type de prisme est employé dans
les jumelles et dans les lunettes terrestres, pour en diminuer l’encombrement
et redresser l’image (sans cela, le ciel serait en bas et le sol en haut). Cela
nécessite deux prismes à réflexion totale dont les arêtes sont orthogonales.

2.1.5 Etude des variations de la déviation en fonction


de l’angle d’incidence
Domaine de définition
L’angle d’incidence varie de i0 à 90o . Dans ce domaine, toutes les fonctions
qui construisent D sont définies, donc il en est de même pour D.

Etude qualitative
En considérant la relation (1), nous constatons que r est fonction de i.
La relation (3) montre que r0 est fonction de r donc de i. La relation (2)
implique que i0 est fonction de r0 donc de i. Donc la déviation D est fonction
de l’angle i, ce qui semble a priori naturel.
Finalement, toutes les variables sont fonctions de l’angle d’incidence i ;
L’angle du prisme A et l’indice de réfraction n sont des paramètres.
2.1. LE PRISME : 23

Expression de la dérivée.
Nous dérivons la déviation par rapport à l’angle d’incidence, l’angle du
prisme et l’indice étant constants c’est à dire que le prisme est invariable et
que la longueur d’onde est fixée. Il vient, d’après la relation (1) :

dD di0
=1+ (2.13)
di di
Il nous faut calculer di0 /di. La dérivation par rapport à r0 de la relation
(2) nous fournit di0 /dr0 :

di0 di0 ncosr0


cosi0 = ncosr0 → 0 = (2.14)
dr dr cosi0
La dérivation par rapport à r de la relation (3) nous fournit dr0 /dr :

dr0 dr0
1+ =0→ (2.15)
dr dr
La dérivation par rapport à i de la relation (1) nous fournit dr/di :

dr dr cosi
cosi = ncosr → = (2.16)
di di ncosr
Finalemet :
di0 di0 dr0 dr
= 0 (2.17)
di dr dr di
Finalemet :
di0 n cos r0 cosi −cosr0 cosi0
= (−1) = (2.18)
di cos i0 nosr cosi0 cosr
D’où :
dD 1 − cosr0 cosi
= (2.19)
di cosi0 cosr

Etude de la dérivée
Deux valeurs particulières

dD cosr0 cosi (cosr0 .0)


=1− = 1 − =1 (2.20)
di cosi0 cosr cosi0 cosr
24 CHAPITRE 2. LE PRISME

Cette quantité est positive.


dD
→ −∞ (2.21)
di
Cette quantité est négative.
beginitimize Recherche des zéros de la dérivée enditimize

dD cosr0 cosii
=1− = 0 → cosr0 cosi = cosi0 cosr (2.22)
di cosi0 cosr
Les angles sont tous compris entre 0 et 90o , donc les cosinus sont tous
positifs. La dernière égalité est donc équivalente à son carré :

cos2 r0 cos2 i = cos2 i0 cos2 r (2.23)

(1 − sin2 r0 )(1 − sin2 i) = (1 − sin2 i0 )(1 − sin2 r) (2.24)

sin2 i0 ) 2 2 0 sin2 i
(1 − )(1 − sin i) = (1 − sin i )(1 − ) (2.25)
n2 n2

sin2 i0 2 sin2 isin2 i0 sin2 i 2 0 sin2 isin2 i0


1− − sin i + = 1 − − sin i + (2.26)
n2 n2 n2 n2

1 1
(1 −2
)sin2 i0 = (1 − 2 )sin2 i (2.27)
n n
Comme n est différent de 1, cette équation est équivalente à :

sin2 i0 = sin2 i (2.28)

Comme tous les angles sont compris entre 0 et 90o , les sinus sont positifs,
donc cette équation est équivalente à :

sini0 = sini (2.29)


Comme tous les angles sont compris entre 0 et 90o , cette équation est
équivalente à :
i0 = i (2.30)
La dérivée dD/di ne s’annule qu’une fois lorsque i varie de i0 à 90o .
2.1. LE PRISME : 25

Existence du minimum de déviation


Lorsqu’on augmente l’angle d’incidence, la déviation passe par un mini-
mum Dmin. (Ceci suppose que i0 < imin , sinon la déviation croı̂t avec l’angle
d’incidence.)
Remarque :
La loi du retour inverse de la lumière montre que lorsqu’on change i en
i0 , r et r0 s’échangent et i0 devient i. Donc la déviation est inchangée.
Ceci implique que D passe par un extremum pour i = i0 = iext .
L’existence du minimum de déviation étant admise, cette remarque per-
met de retrouver rapidement l’expression de Dmin .

Représentation graphique

Figure 2.4 – Courbe de variation de la déviation avec l’angle


d’incidence.A = 60o , n = 1, 5.
26 CHAPITRE 2. LE PRISME

Expression du minimum de déviation

Figure 2.5 – Cheminement d’un rayon lumineux à travers un prisme au


minimum de déviation.

Au minimum de déviation,

i = i0 = imin (2.31)

(Dmin + A)
Dmin = 2imin = A → imin = (2.32)
2
A
r = r0 = rmin → A = 2rmin → rmin = (2.33)
2

(Dmin + A) A
sin imin = n sin rmin → sin = n sin (2.34)
A 2
Cette dernière relation permet de calculer Dmin connaissant le prisme,
c’est à dire l’indice n et l’angle A. Elle est en fait plus souvent utilisée pour
2.1. LE PRISME : 27

déterminer avec une bonne précision l’indice du prisme pour une longueur
d’onde donnée. On mesure l’angle du prisme et le minimum de déviation, et
on en déduit l’indice n pour la lumière monochromatique choisie :

sin Dmin2 +A
n= (2.35)
sin A2
28 CHAPITRE 2. LE PRISME
Chapitre 3

Miroirs sphériques

3.1 Le miroir sphérique

Un miroir sphérique est une portion de surface sphérique de centre C ren-


due réfléchissante par un dépôt métallique. C’est donc une calotte sphérique
de sommet S et de rayon SC . La droite CS représente l’axe principal du
miroir.
Le miroir est dit concave lorsque la surface intérieure est réfléchissante et
il est dit convexe lorsque c’est la surface extérieure qui l’est .

Figure 3.1 – (a) miroire conceve, (b) miroire converxe.

29
30 CHAPITRE 3. MIROIRS SPHÉRIQUES

3.1.1 Stigmatisme du miroir sphérique


Remarquons, tout d’abord, que le stigmatisme rigoureux est réalisé dans
deux cas :
- lorsque le point objet est situé au centre C du miroir car tout rayon issu
de C est normal au miroir et se réfléchit sur lui-même.
- lorsque le point objet appartient à la surface du miroir. Ce cas est sans
intérêt.

Conditions de stigmatisme
Considérons un rayon lumineux issu d’un point objet A1 sur l’axe prin-
cipal ; il se réfléchit en I sur le miroir et coupe l’axe en A2 qui, s’il y a
stigmatisme, serait l’image de A1 .
On note ω l’angle que fait la normale en I au miroir et l’axe de celui-ci

Figure 3.2 – (a) miroire conceve, (b) miroire converxe.

Appliquons la loi des sinus dans les triangles CA1 I et CA2 I :

CA1 IA1 IA1 CI


= = = (3.1)
sini sinn − ω sinω sinα
Et
CA2 IA2 CI
= = (3.2)
sini sinω sinα0
Avec ω = α − i ou α = ω + i et α0 = ω − i
3.1. LE MIROIR SPHÉRIQUE 31

En écrivant les relations précédentes en valeur algébrique, on obtient les


deux relations :
sini sinα
= (3.3)
CA1 CI
Et 0
sin(−1i) sinα
= (3.4)
CA2 CI
Ou 0
sin(i) −sinα
= (3.5)
CA2 CI
Effectuons la somme membre à membre de ces deux relations :
0
sini sini sinα sinalpha
+ = − (3.6)
CA1 CA2 CI CI
Soit
1 1 1
sini + = (sin(ω + i) − sin(ω − i) (3.7)
CA1 CA2 CI
Soit
1 1 1
sini + = 2sinicosω (3.8)
CA1 CA2 CI
Ou encore
1 1 2cosω
+ = (3.9)
CA1 CA2 CS
0
Si on remplace : CA1 = z ; CA2 = z ; CI = CS = ρ
La dernière relation devient :
ρz
z0 = (3.10)
2zcosω − ρ
Pour une valeur donnée de z, z dépend de ω : la position de A2 , image
de A, dépend donc de la position du point d’incidence I.

Stigmatisme rigoureux
- Pour z = 0, on a z 0 = 0 : on a donc stigmatisme rigoureux lorsque A1
est en C.
- Si le point objet A1 est sur le miroir, CA1 et CI sont confondus, donc
0
z = ρ ; α = ω, et i = 0 , ce qui entraı̂ne α = ω = α , soit, d’après la loi des
sinus, CA1 = CA2 et le point A2 est confondu avec le point A1 .
On retrouve donc les deux cas de stigmatisme rigoureux.
32 CHAPITRE 3. MIROIRS SPHÉRIQUES

Stigmatisme approché
* Si A1 est voisin du centre C , alors z =  ( avec  petit devant ρ ) et
dans l’équation (2) 2cosω 2 est négligeable devant ρ quel que soit  : un miroir
sphérique est donc approximativement stigmatique pour les points voisins du
centre C et cela quelle que soit l’inclinaison des rayons sur l’axe .
Le stigmatisme approché est donc réalisé lorsqu’on se place au voisinage
des conditions de stigmatisme rigoureux.
* Siω est petit ,cosω peut être considéré comme constant et égal à 1 et à
chaque valeur de z correspond une valeur dez 0 :
La dernière relation devient :
ρz
z0 = (3.11)
2z − ρ

Un miroir sphérique est donc approximativement stigmatique pour des


rayons para axiaux c’est-à-dire dans les conditions de l’approximation Gauss.
Par la suite, pour indiquer que seule la portion voisine de l’axe d’un
miroir sphérique est utilisée dans les conditions de stigmatisme approché,
nous représenterons le miroir par une partie rectiligne perpendiculaire à l’axe
optique, comme indiqué sur la figure ci-après :

Figure 3.3 – (a) Miroire conceve, (b) Miroire converxe.

3.1.2 Relations de conjugaison


Ces formules sont constituées, d’une part, des relations entre les posi-
tions de l’objet et de l’image et, d’autre part, des relations entre les valeurs
algébriques des dimensions de l’objet et de l’image.
3.1. LE MIROIR SPHÉRIQUE 33

Relation entre les positions de l’objet et de l’image


Origine au centre
Dans les conditions de l’approximation de Gauss, ω petit et cosω ≈ 1, la
relation (1) s’écrit :
1 1 2
+ = (3.12)
CA1 CA2 CS

Origine au sommet
Introduisons dans le premier membre de la relation (3) le sommet S :
1 1 2
+ )= (3.13)
CS + SA2 CS + SA1 CS
Soit

((CS + SA1 ) + (CS + SA2 ))CS = 2(CS + SA1 ).(CS + SA2 ) (3.14)

Développons et simplifions cette expression, il vient :

(SA1 .CS) + (CS.SA2 ) = 2.SA1 .SA2 (3.15)

Divisons les deux membres par SA1 , SA2 , CS . On obtient :


1 1 2
+ = (3.16)
SA1 SA2 SC
Cette relation est connue sous le nom de “Formule de Descartes ”

3.1.3 Foyers. Distance focale. Vergence Formule de


Newton
Position des foyers :
D’après la définition du foyer image F2 , la position de celui-ci dans le cas
d’un miroir sphérique est obtenue en écrivant que :

SA1 → ∞ (3.17)
Soit
34 CHAPITRE 3. MIROIRS SPHÉRIQUES

1
)→0 (3.18)
SA1
on aura donc :
SC
SF2 = (3.19)
2
Le foyer image F2 d’un miroir sphérique est donc situé au milieu de SC.
De la même manière, on trouve la position du foyer objet F1 en écrivant
que :
SA2 → ∞ (3.20)
Soit
1
→0 (3.21)
SA2
Soit :
SC
SF1 = (3.22)
2
Le foyer objet F1 d’un miroir sphérique est donc également situé au milieu
de SC.
Les foyers objet et image d’un miroir sphérique sont confondus en F et
situés au milieu de SC.

Distance focale et vergence


La distance focale f 0 est donnée par la distance SF2 . On a :

SC R
f 0 = SF2 = = (3.23)
2 2
La vergence est définie par :
n
V = (3.24)
SF2

où n est l’indice du milieu dans lequel se trouve le miroir. La vergence


d’un miroir sphérique est donc :

n n 2n
V = = 0 = (3.25)
SF2 f R
3.1. LE MIROIR SPHÉRIQUE 35

La vergence s’exprime en dioptrie (m−1 . Dans le cas où le miroir est placé
dans l’air (n = 1) on a :
1 1 2
V = = 0 = (3.26)
SF2 f R
La vergence est une grandeur algébrique. Le miroir est dit convergent
lorsqu’elle est négative, et divergent si elle est positive.

Relation de conjugaison avec origine au foyer F :


Formule de Newton Remplaçons dans la relation (4) CS par 2SF et in-
troduisons F dans le premier membre de cette relation ; il vient :
1 1 1
+ = (3.27)
SF + F A2 SF + SA1 SF
Soit
((SF + F A1 ) + (SF+ F A2 ))SF = (SF + F A1 ).(SF + F A2 ) (3.28)
Après développement et simplification, on obtient :
F A1 .F A2 = SF 2 = F S 2 (3.29)
qui est la ”Formule de Newton”

3.1.4 Construction de l’image d’un petit objet per-


pendiculaire à l’axe
Pour effectuer cette construction, nous allons tirer profit des propriétés
des foyers, du centre C et du sommet S et utiliser des rayons particuliers.

Rayons particuliers
- Tout rayon incident passant par le centre C, se réfléchit sur lui-même.
- Tout rayon incident passant par le foyer objet F , se réfléchit parallèlement
à l’axe.
- Tout rayon incident parallèle à l’axe, se réfléchit en passant par le foyer
image F2 ,.
- Tout rayon incident en S, se réfléchit symétriquement à l’axe optique.
Remarquons que lorsque l’objet A1 B1 est de petite dimension et que A1
est situé sur l’axe, l’image A2 B2 sera également perpendiculaire à l’axe avec
A2 sur l’axe. Il suffit donc de construire l’image B2 de B1 .
36 CHAPITRE 3. MIROIRS SPHÉRIQUES

Quelques constructions
Objet A1 B1 réel (placé avant F )

3.1.5 Grandissement linéaire transversal


Rappelons que le grandissement linéaire transversal γt représente le rap-
port des valeurs algébriques de la dimension de l’image à celle de l’objet.

Origine au centre
La similitude des triangles ABC et A2B2C donne en grandeur et en signe
A2 B2 CA2
γ= = (3.30)
A1 B1 CA1
Si A1 et A2 sont de part et d’autre de C, alors l’image est renversée.

Origine au sommet
Si l’on considère les triangles A1 B1 S et A2 B2 S, on a :
A2 B2 SA2
γ= =− (3.31)
A1 B1 SA1

Origine au foyer
Les triangles SIF et A2 B2 F étant semblables, on peut écrire :
A2 B2 A2 B F A2
= = (3.32)
SI A1 B1 FS
D’où
A2 B2 F A2
γ= = (3.33)
A1 B1 FS
On a de même
A2 B2 FS
γ= = (3.34)
A1 B1 F A1
3.1. LE MIROIR SPHÉRIQUE 37

-
38 CHAPITRE 3. MIROIRS SPHÉRIQUES
Chapitre 4

Les lentilles

Définitions : on appelle lentille le système optique constitué par un milieu


transparent et homogène limité par deux faces sphérique ou par une face
sphérique et une face plane. Soient C et C’ les centre de ces face ; la droite
CC’ et l’axe de la lentille ; le diamètre MM’ du cercle qui la limite est son
diamètre d’ouverture (Fig. 4.1)
on distingue deux sortes :
- Les lentilles mines ou convergentes
- Les lentilles épais ou divergentes

Figure 4.1 – Lentille mince.

39
40 CHAPITRE 4. LES LENTILLES

4.1 Les lentilles convergentes :


4.1.1 Les foyers :
Le foyer –image :
Le foyer –image d’une lentille convergente est le point de l’axe ou conver-
gente les rayons réfractés correspondant aux rayons incidents parallèles à
l’axe. (Fig. 4.2).

Figure 4.2 – Le foyer image d’une lentille.

le foyer-objet :
le foyer-objet d’une lentille convergente est le point de l’axe tel que tous
les rayons issus de ce point sortent de la lentille parallèlement à l’axe.

La distance focale :
une lentille convergente a un foyer-objet F et un foyer-image F 0 ; ces
deux foyers sont de part et d’autre de la lentille et, quelle que soit la forme
de celle-ci, ils sont équidistants du centre optique O (Fig. 4.4). La distance
de ce point à l’un des foyers est la distance focale f de la lentille.

OF = OF 0 = f. (4.1)

Application :
La définition des foyers permet de construire de façon très simple la
marche de certains rayons.
4.1. LES LENTILLES CONVERGENTES : 41

- Tous rayon incident parallèle à l’axe sort de la lentille en passant par le


foyer-image F 0 .
- Tout rayon incident qui passe par le foyer-objet F sort de la lentille
parallèlement à l’axe..

4.1.2 Les plans focaux :


Plan focal image :
On appelle plan focal image le plan perpendiculaire à l’axe en F 0 , foyer-
image.
Un faisceau de rayons incidents parallèles donne un faisceau émergent qui
vient converger en un point du plan focal image ; ce point est l’intersection
de ce plan avec le rayon du faisceau passant par le centre optique (Fig. 4.3).
On voit que A0 B 0 est renversée par rapport à l’objet. Calculons sa lon-
gueur ; comme α est petit, on a :

A0 B 0 A0 B 0
α(rd) = = (4.2)
OB 0 f

Ou :
A0 B 0 = f α (4.3)

Figure 4.3 – Le plan focal image d’une lentille convergente.

Plan focal objet :


On appelle plan focal objet le plan perpendiculaire à l’axe en F , foyer-
objet.
42 CHAPITRE 4. LES LENTILLES

Soient un point lumineux A dans ce plan. Les rayons issus de A sortent


de la lentille parallèles entre eux ; leur direction commune est celle de AOX,
rayon qui traverse la lentille en ligne droite (Fig. 4.4). L’image A0 du point
A est à l’infini

Figure 4.4 – Le plan focal objet d’une lentille convergente.

Un objet AB situé dans le plan focal objet a son image à l’infini .Si
on considère un œil qui reçoit les rayons à leur sortie de la lentille, ils lui
semblent provenir d’une image A0 B 0 infiniment éloignée , virtuelle et droit
Son diamètre apparent vaut :

AB
α(rd) = A0d
OB 0 = AOB
d = (4.4)
f

4.1.3 La construction graphique des images :


On prend toujours un petit objet AB perpendiculaire à l’axe, ayant son
pied B sur B sur cet axe. L’image A0 B 0 est aussi perpendiculaire à l’axe et
son extrémité B 0 est sur l’axe. nous prenons (Fig. 4.5)
- Le rayon AI parallèle à l’axe qui se réfracte suivant IF 0
- Le rayon AF J qui se réfracte parallèlement à l’axe.
Les deux rayons réfractés se rencontrent en A0 : il suffit d’abaisser de se
point la perpendiculaire A0 B 0 à l’axe. Comme vérification, on peut tracer :
- Le rayon AO qui continue en ligne droite : il doit passer en A0
4.1. LES LENTILLES CONVERGENTES : 43

Figure 4.5 – La construction graphique des images.

Nature, position et grandeur de l’image :

On constate aisément sur la figure qu’il faut distinguer trois cas :


Objet réel en avant du plan focal objet :
l’objet A1 B1 donne en A01 B10 une image réelle, renversée, située au-delà
du plan focal image .
On vérifie que si l’objet est à une distance de la lentille OB = 2f , l’image
est à la même distance O0 B 0 = 2f , et elle est égale à l’objet, A0 B 0 = AB.
En conséquence :
- Si OB > 2f , l’image est plus petite que l’objet .
- Si OB < 2f , l’image est plus grand que l’objet.

Objet réel entre le plan focal objet et la lentille :

Dans ce cas, c’est le prolongement du rayon IF 0 que coup la droit AO : de


l’objet A2 B2 en a en A2 B20 une image virtuelle, droit, plus grande que l’objet
( fig.4.6)
44 CHAPITRE 4. LES LENTILLES

Figure 4.6 – Construction graphique : objet réel entre le plan focal objet et
la lentille.

Objet virtuel :

Dans ce cas, la droit OA coup le rayon IF 0 entre I et F 0 : l’objet virtuel


A3 B3 donne en A03 B30 une image réelle, droite, plus petite que l’objet, située
entre la lentille et son plan focal image
On remarquera que l’image se déplace toujours dans le même sens que
l’objet .

4.1.4 Les formules :


La résolution du problème relatif aux lentilles est grandement facilitée
par l’emploi de deux formules, dans lesquelles interviennent :
La distance de l’objet à la lentille et sa grandeur
distance de l’image à la lentille et sa grandeur,
distance focale de la lentille.
Une convention de signes permet de tenir compte :
De la nature de l’objet (réel ou virtuel),
De la nature de l’image (réelle ou virtuelle)
Du sens de cette image (droite ou renversée)
4.1. LES LENTILLES CONVERGENTES : 45

La formule de Descartes :
Considérons un objet réel AB dont une lentille convergents, de centre
optique O et de foyers F et F 0 , donne l’image réelle et renversée A0 B 0 (Fig.
4.7) .

Figure 4.7 – Image d’un objet réel.

On trace les deux rayons AIF 0 A0 et 0 AF JA0 . Les deux triangles F OJ et


AIJ étant semblables, on a :
OF OF
= (4.5)
AI IJ
IL en est de même des deux triangles F’ OI et A’JI, ce qui donne :

OF 0 IO
0
= (4.6)
IA IJ
Si on ajoute ces deux relations membre à membre, on obtient :

OF OF 0 (OJ + IO) IJ
+ 0
= = =1 (4.7)
IA JA IJ IJ
Si on remarque en fin que AI= OB que JA’ = OB’ et que OF’ = OF on
a finalement :
OF OF
+ =1 (4.8)
OB OB 0
1 1
= (4.9)
OB OF
46 CHAPITRE 4. LES LENTILLES

Dans le cas de figure considéré, toutes ces grandeurs sont positives : P =


OB, P 0 = OB 0 , f = OF . On obtient donc la formule générale :

1 1 1
+ 0 = (4.10)
p p f

4.1.5 Le grandissement :
L’image A0 B 0 est homothétique de l’objet AB . On appelle grandissement
le rapport d’homothétie δ .
Par convention,
- δ > 0 si l’image est droite,
-δ < 0 si elle est renversée
Reprenons le cas de figure précédent : l’objet réel AB donne une image
A B réele et renversée. Traçons le rayon AOA0 (Fig4.8) dans les deux tri-
0 0

angles semblables ABO est A0 B 0 O, on a géométriquement :

Figure 4.8 – le rapport entre l’image et l’objet.

A0 B 0 OB 0
= (4.11)
AB OB
Mais, algébriquement, le grandissement δ est négatif, tandis que p et p0
sont tous deux positif ; on est donc conduit à la formule, qui est général :

−p
δ= (4.12)
p
4.2. LES LENTILLES DIVERGENTES : 47

4.2 Les lentilles divergentes :


IL y a une grande analogie entre les études des deux sortes de lentilles.
En particulier, les conditions pour obtenir une image sont les même . Les
définitions sont parfois identiques, par exemple pour le centre optique O ;
sinon, elles ne différent que par la nécessité d’adapter le langage à la réalité
ou à la virtualité de l’élément considéré ; c’est le cas pour les foyers et les
plan focaux.

4.2.1 Les foyers


Le foyer-image :

Le foyer-image d’une lentille divergente est le point de l’axe d’où semblent


provenir les rayons réfractés correspondant aux rayons incidents parallèles à
l’axe (Fig 4.9).

Figure 4.9 – Le foyer-image d’une lentille divergente.

Le foyer- objet F :

Le foyer- objet d’une lentille divergente est le point de l’axe tel que tous
les rayons qui iraient converger en ce point sortent de la lentille parallèlement
à l’axe.(Fig 4.10) .
48 CHAPITRE 4. LES LENTILLES

Figure 4.10 – Le foyer- objet d’une lentille divergente.

La distance focale :

est la distance du centre optique O à l’un ou l’autre des deux foyers F ou


0
F . Comme les foyers sont virtuels, on affecte cette grandeur du signe :

f <0 (4.13)

Application :

Comme pour les lentilles convergentes, la définition des foyers permet de


construire certains rayons (Fig 4.11,4.12)

Figure 4.11 – Le chemin de rayon transmis.


4.2. LES LENTILLES DIVERGENTES : 49

Figure 4.12 – Le chemin de rayon transmis.

- Tout rayon incident parallèle à l’axe sort de la lentille comme s’il venait
du foyer-image F 0
-Tout rayon incident qui irait passé par le foyer-objet F sort de la lentille
parallèlement à l’axe.

4.2.2 Les plans focaux

Plan focal image :

C’est le plan perpendiculaire à l’axe en F’, foyer- image .


Un faisceau de rayons incidents parallèles donne un faisceau émergent qui
semble provenir d’un point du plan focal image ; ce point est l’intersection de
ce plan avec le rayon parallèle aux rayons incidents et passant par le centre
optique O(Fig 4.13).
Un objet AB infiniment éloigné a une image A0 B 0 virtuelle, droite, et
située dans le plan focal image.
50 CHAPITRE 4. LES LENTILLES

Figure 4.13 – Le plan focal image.

Plan focal objet

c’est le plan perpendiculaire à l’axe en F foyer- objet .

Un faisceau qui irait converger en un point A de ce plan, donne à la sortie


de la lentille des rayons parallèles à la direction OA (Fig 4.14).

Un objet virtuel AB situé dans ce plan a une image A0 B 0 infiniment


éloignée.
4.2. LES LENTILLES DIVERGENTES : 51

Figure 4.14 – Le plan focal objet.

4.2.3 La construction graphique des images :

le principe est le même que pour les lentilles convergentes considérons par
exemple le cas d’un objet réel AB (Fig 4.15).

- Le rayon AI , parallèle à l’axe, se réfracte comme s’il venait de F’

- Le rayon AJ, dont le prolongement passe par F, sort parallèlement à


l’axe.

Les prolongement de ces deux rayons réfractés se coupent en A’.

-Le rayon AO, qui continue en ligne droite, passe par A’


52 CHAPITRE 4. LES LENTILLES

Figure 4.15 – La construction graphique des images.


Chapitre 5

Bibliographie

1- N. AWANOU. Cours de Physique. Optique. Fascicule. Cotonou 1996.


2- T. Bécherrawy. Optique géométrique : Cours et exercices corrigés.
Broché 2005.
3- A. Moussa et P. Ponsonnet. Cours de physique – Optique , éditions
Desvigne, Paris 1992.
4- J-P. Parisot, P. Segonds, S. Le Boiteux. Cours Physique Optique.
Sciences Sup, Dunod 2003.
5 - M. May. Introduction à l’optique. Ed. Dunod, Paris 1993.

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