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Cours Qualité,

Traitement et
Epuration des eaux
Chapitre 01
Cours 3ème année (LMD Filière Hydraulique)
Module : Qualité, Traitement et Epuration des eaux Dirigé par : Guergazi S et Youcef L

Chapitre I : CARACTERISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES ET BACTERIOLOGIQUES


DES EAUX NATURELLES

I.1 Introduction

L’eau absolument pure n’existe pas dans la nature. Les eaux non traitées, dites brutes contiennent de
nombreuses substances d’origine naturelle ou provenant de l’activité humaine. Les substances présentes
dans les eaux naturelles sont soit en solution (dissoutes), soit en suspension colloïdale, soit en
suspension plus ou moins fine.
Au cours du cycle de l’eau dans la nature, l’eau se charge de différentes substances telles que les gaz et
les fumées dissous, des sels minéraux, des substances organiques et des organismes vivants (algues,
bactéries,…). Les polluants (atmosphérique, des sols et des cours d’eau) contribuent par ailleurs à
augmenter la quantité de substances présentes dans l’eau naturelle.
La composition d’une eau naturelle, va varier selon le lieu où l’on se trouve. De plus, les conditions
météoriques d’une région donnée vont influer sur la qualité de son eau (concentrations plus élevées par
temps sec, eaux plus boueuses par temps de pluie,…). La nature de l’eau peut ainsi varier de façon
saisonnière. Cela signifie que l’eau d’alimentation ne sera pas la même d’un endroit à l’autre même
après avoir été rendue potable.

I.2. Différents types des eaux naturelles

I.2.1. Eaux souterraines


Les eaux souterraines, ce sont des eaux qui proviennent de nappes souterraines plus ou moins profondes
et sont captées par forage ou par puits. Elles sont en général pauvres en oxygène et en matières
organiques. Dans les terrains géologiques anciens (granit, grés, schistes), la minéralisation est faible ;
par contre dans les terrains sédimentaires (calcaire), la minéralisation est importante. Ces eaux
souterraines ont une composition stable dans le temps, peu influencée par la pollution de la surface
terrestre. Sauf pour certaines nappes phréatiques polluées, elles sont souvent proches des normes de
qualité, mais peuvent contenir en fonction de la nature du terrain de stockage des éléments à taux
dépassant les normes.

I.2.2. Eaux de surface


Les eaux de superficielles (surface), ce sont des eaux qui se trouvent à la surface terrestre peuvent être
des eaux courantes (rivières ou fleuves) ou des eaux stagnantes (lacs et retenues naturels ou artificiels).
Ces sont souvent riches en matières organiques et en matière en suspension. Leur composition est plus
variable et elles sont sensibles aux pollutions du milieu extérieur.

I.3. Paramètres organoleptiques des eaux naturelles

Il s’agit de la saveur, de la couleur, de l’odeur et de la turbidité (inverse de la transparence) de l’eau. Ils


n’ont pas de signification sanitaire mais par leur dégradation peuvent indiquer une pollution ou un
mauvais fonctionnement des installations de traitement ou de distribution. Ils permettent au
consommateur de porter un jugement succinct sur la qualité de l’eau.

I.4. Différents états des constituants de l’eau

L’eau naturelle contient de nombreux composés minéraux ou organiques sous différents états : dissous
en suspensions grossières sédimentables et en suspension colloïdale. Ces dernières substances sont
beaucoup plus difficiles à déstabiliser et donc à éliminer.

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I.4.1. Etat dissous


Dans une solution vraie, le corps dissous se divise dans tout le solvant et se forme avec lui une phase
homogène. La taille des particules (molécules ou ions) est généralement inférieure à un nanomètre.
Une telle solution est limpide et traverse les filtres sans séparation.

I.4.2. Etats dispersé ou matières en suspension (MES)


L’état dispersé contient un en semble de particule gênant le passage de la lumière dans la phase liquide.
Une dispersion est retenue par les filtres. Les M.E.S sont les particules solides de densité supérieure
à celle de l’eau. Elles sont très divers tant par leur nature que par les dimensions. Elles proviennent, soit
de la dégradation des végétaux et d’animaux soit de l’arrachement des sables ou des argiles causées par
les eaux de ruissellement. Généralement, la proportion minérale est dominante dans les eaux de surface,
surtout en période de crue. Parmi les M.E.S, on peut citer :

a) Les matières en suspensions décantables


Elles sont soumises aux lois de pesanteur et ont la propriété de sédimentation dans les milieux naturels
ou décantation dans les ouvrages des stations de traitement (décanteurs et débourbeurs). Ces M.E.S
décantent dés que l’eau n’est plus en mouvement ou faiblement agitée, la loi de Stockes et alors
applicable. Cela concerne les particules de dimension ≥ 1µm.

b) Les colloïdales
Un système colloïdal contient des particules constituées soit de particules élémentaires, soit de
macromolécules. Ces particules portent une charge négative sur leur surface, dans l’eau naturelle, ces
charges induisent des forces de répulsion entre les particules et sont un élément de stabilisation de l’état
dispersé qui les empêche de s’agglomérer. Les colloïdes ne sont pas sédimentables, ils se déplacent sous
l’action d’un champ électrique. Ce sont des M.E.S qui ont des dimensions < 1µm, la loi de Stockes est
inapplicable.

I.5. Caractéristiques physico chimiques de l’eau

I.5.1. Gaz dissous


L’eau contient des gaz dissous essentiellement de l’oxygène (02)et du gaz carbonique (CO2)mais aussi
de l’azote (N2) grâce à l’interface atmosphérique/surface ou encore du méthane. Tous n’ont pas la
même solubilité dans l’eau et celle-ci décroît quand la température augmente.
L’augmentation de la température favorise le dégazage (passage de l’eau vers l’atmosphère). La
diminution de la température favorise la dissolution de gaz dans l’eau (solubilité).
La solubilité d’un gaz : est la quantité maximale du gaz que l’on peut dissoudre à partir de l’atmosphère
vers l’eau. Cette solubilité est donnée par la loi de Henry :

[gaz dissous (mg/l)] = k x Pi gaz

[gaz dissous (mg/l)] : Concentration en gaz dissous dans l’eau en mg/l.


𝑚𝑔
K : Constante de solubilité à température donnée (𝐿 .𝑎𝑡𝑚).
Pi gaz : pression partielle du gaz dans l’atmosphère (atm).

- Soit un mélange de gaz (air) la pression totale est Pt. Pt = ∑ 𝑷𝒊 (somme des pressions partielles de
tous les gaz).

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a) Oxygène dissous : Les eaux souterraines ne contiennent pas en général d’O2 dissous (absence
d’interface avec l’atmosphère). Dans une eau de surface, la présence ou l’absence d’O2 dissous nous
renseigne sur le degré de pollution de l’eau. Les micro-organismes dont le rôle est d’épurer
naturellement l’eau de surface consommeront plus d’O2 pour dégrader la matière organique polluante.
Ce qui détermine la nature du système aquatique. L'oxygène dissous est donc un paramètre utile dans
le diagnostic biologique de l’eau

b) Gaz d’azote N2 : C’est le constituant majoritaire de l’air (≈ 79 %). Il est chimiquement très réactif
et il est fixé par certains algues et certaines bactéries qui le transforment en azote organique (acides
aminés, protéines). La solubilité du gaz d’azote varie de 23,5 mg/l à 0 °C à 134 mg/l à 30°C.

c) Gaz carbonique (dioxyde de carbone) CO2 : Il est naturellement présent dans l’atmosphère
(proportion moyenne est de 0,03 % de l’air) . Une eau de surface peut en renfermer à 20°C de 0,52 mg/l
de CO2 libre. Le CO2 est considéré comme un acide faible.

1.5.2 Température

La température de l'eau est un paramètre de confort pour les usagers. Elle permet également de
corriger les paramètres d'analyse dont les valeurs sont liées à la température (conductivité
notamment). La température doit être mesurée in situ. Les appareils de mesure de la conductivité ou
du pH possèdent généralement un thermomètre intégré.

1.5.3 Turbidité

La mesure de la turbidité permet de préciser les informations visuelles sur l'eau. La turbidité traduit la
présence de particules en suspension dans l'eau (débris organiques, argiles, organismes
microscopiques…). La turbidité se mesure sur le terrain à l'aide d'un turbidimètre.
Unités: 1 NTU (Nephelometric Turbidity Unit) = 1 JTU (Jackson TU) = 1 FTU (Formazin TU). Les
classes de turbidités usuelles sont les suivantes:

Tableau 1 : classes de turbidité usuelles (NTU, nephelometric turbidity unit)

NTU < 5 Eau claire


5 < NTU < 30 Eau légèrement trouble
NTU > 50 Eau trouble
NTU > 200 eau de surface "Africaine"

1.5.4 pH
Le pH (potentiel hydrogène) mesure la concentration en ions H+ de l’eau. Il traduit ainsi la balance
entre acide et base sur une échelle de 0 à 14 et 7 étant le pH de neutralité.
Ce paramètre joue un rôle important dans :
 les propriétés physico-chimiques (acidité, alcalinité).
 les processus biologiques.
 l’efficacité de certains procédés de traitements (coagulation, adoucissement et chloration).
 Classification des eaux d’après leur pH

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Tableau 2 : Classification des eaux d’après leur pH


pH < 5 Acidité forte →présence d’acides minéraux ou organiques
dans les eaux naturelles.
pH =7 pH neutre
7< pH<8 Neutralité approchée → majorité des eaux de surface
5,5< pH<8 Majorité des eaux souterraines
pH =8 Alcalinité forte, évaporation intense

I.5.5. Les matières minérales

I.5.5.1. Paramètres minéraux globaux

a) La minéralisation

La conductivité mesure la capacité de l’eau à conduire le courant entre deux électrodes. La plupart des
matières dissoutes dans l’eau se trouvent sous forme d’ions chargés électriquement. La mesure de la
conductivité (µS/cm) permet donc d’apprécier la quantité de sels dissous dans l’eau.

La conductivité est également fonction de la température de l'eau : elle est plus importante lorsque la
température augmente. Les résultats de mesure doivent donc être présentés en termes de conductivité
équivalente à 20 ou 25°C. Les appareils de mesure utilisés sur le terrain effectuent en général
automatiquement cette conversion.

La minéralisation totale en sels minéraux (mg/l) d’une eau est donnée par une relation simple en
fonction de la conductivité.

Minéralisation totale = Conductivité × K, K : facteur de correction

b) La dureté

La dureté d'une eau ou son titre hydrotimétrique (TH) exprime sa concentration en sels de calcium
(Ca2+)) et de magnésium (Mg2+) ces deux éléments proviennent de la dissolution à partir des roches
calcaires ou dolomitiques. La dureté est liée à la nature des terrains traversés par une eau. Si l'eau
présente une forte concentration de ces sels minéraux, on dit qu'elle est dure (c'est le cas des eaux
provenant des sols calcaires) TH  30 °F. A l'inverse, si cette concentration est faible, l'eau est dite
douce TH < 30 °F, ce qui est le cas pour les eaux qui traversent des sols granitiques. Une eau dure, par
son apport en calcium et en magnésium, est bonne pour la santé, mais elle accélère par contre l'entartrage
des conduites et réagit mal au savon. A l'inverse, une eau trop douce a tendance à corroder les
canalisations.

La dureté carbonatée ou temporaire concerne les ions calcium et magnésium liés à la quantité de
carbonate et de bicarbonates qui peut être éliminée ou précipitée par ébullition. Ce type de dureté est
responsable de l’entartrage des canalisations d’eau chaude et des bouilloires. La dureté non
carbonatée est due à l’association des cations responsables de la dureté avec les sulfates, les chlorures
et des nitrates. On l’appelle également dureté permanente car elle ne peut être éliminée par ébullition.

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c) Alcalinité et acidité
L’alcalinité correspond en majeur partie par anions ou des empèses moléculaires d’acides
faibles, principalement l’hydroxyde, le bicarbonate et le carbonate. Le titre alcalimétrique
complet (TAC) est exprimé par les concentrations de ces éléments an quantités équivalente de
carbonate de calcium, de milliéquivalents ou en degré français.

TAC = [OH-] + [CO32-] + [ HCO3-] = TA + [ HCO3-]


TA = [OH-] + [CO32-] (titre alcalimétrique) ? Le TA = O°F Si le pH de l’eau < 8,3

L’acidité Correspond à la présence d’anhydride carbonique libre, d’acides minéraux et de sels d’acides
forts et de bases faibles. L’acidité d’une eau est mesuré par la quantité de base nécessaire pour élever le
pH de cette eau jusqu’à une certaine valeur choisie par convention (généralement autour de 8,3). On
l’exprime soit en normalité (et plutôt en méq/l), soit en mg/l de CaCO3 équivalents ou encore en °F.

Acidité totale de l’eau = Acidité faible + Acidité forte (TAF)


Si pH de l’eau < 4,5 Ac totale = Ac faible + TAF
Si pH de l’eau ≥ 4,5 Ac totale = Acidité faible = [CO2]

I.5.5.2. Eléments minéraux majeurs

La minéralisation d’une eau correspond à l’ensemble des sels minéraux dissout dans l’eau et dont la
nature dépend des terrains traversés. L’eau contient beaucoup d’ions dissous dont les principaux sont le
calcium (Ca2+), le magnésium (Mg2+), le sodium (Na+), le potassium (K+), les bicarbonates (HCO3-), les
sulfates (SO42-) et les chlorures (Cl-). Ils proviennent pour l’essentiel du lessivage des sols par les eaux
de pluie. Aussi, leur teneur dépend-elle directement de la nature des roches du bassin versant. Elle peut
varier du milligramme par litre au gramme par litre pour les eaux les plus salées. En moins grande
concentration (du microgramme au milligramme par litre)

I.5.5 .3. Les paramètres indésirables


Sont dites indésirables certaines substances qui peuvent créer soit un désagrément pour le
consommateur : goût et couleur (fer, manganèse...), soit causer des effets gênants pour la santé
(nitrates, fluor). En moins grande concentration (du microgrammes ou milligramme par litre), l’eau
contient aussi des éléments nutritifs, ou nutriments, que sont l’azote (contenu dans l'ammoniac, les
nitrites et les nitrates), le phosphore (contenu dans les phosphates) et la silice, mais aussi le fer et le
manganèse.

 Ammonium (NH4+) : Si la concentration est supérieure à 0,5 mg/l il faut suspecter une pollution
récente d’origine industrielle ou humaine.
 Nitrate (NO3-) : Concentration maximale : 50 mg/l. l’ingestion de nitrate à fortes doses est
susceptible sous certains conditions de perturber l’oxygénation du sang chez les nourrissons
(« maladie bleue » ou méthémoglobinémie). Par ailleurs, ils sont suspectés de participer à
l’apparition de cancers digestifs. Dans les eaux douces, ils participent aux phénomènes de
prolifération d’algues microscopiques (eutrophisation).
 Nitrites (NO2-) : concentration maximale est de 0,1 mg/l. La présence de nitrites dans les eaux est
un signe de pollution, elle justifie une analyse physico chimiques et bactériologiques détaillée.
 Fer : concentration maximale est de 200 µg/l. Les besoins journaliers de l’organisme sont de 1 à 2
mg de fer. Les limites de potabilité sont basées sur des effets esthétiques, le seuil gustatif, les effets
ménagers et les inconvénients qu’entraîne le fer, à trop fortes concentrations dans les réseaux de

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distribution. A des concentrations de l’ordre de 300 µg/l, le fer tache le linge et les installations
sanitaires et donne mauvais goût à l’eau.
 Fluor : Les sources principales de fluor dans les eaux souterraines sont les roches sédimentaires
(fluorapatite des bassins phosphatés par exemple) mais également les roches magmatiques et
certains filons. Les concentrations en fluor sont plus faibles si la teneur en Ca2+, issu du gypse par
exemple est forte. Le temps de contact entre roche et eau souterraine ainsi que les réactions chimiques
déterminent les teneurs en F-. Le fluor est reconnu comme élément essentiel pour la prévention des
caries dentaires mais une ingestion régulière d’eau dont la concentration en fluor est supérieure à
1,5mg/l peut entraîner des problèmes de fluorose osseuse et dentaire (toxicité chronique).

I.5.5.4.Paramètres minéraux toxiques

Les éléments toxiques proviennent des roches mais aussi parfois des activités industrielles et
domestiques. Ces éléments ne sont présents qu’à l’état de trace (de 0,1 à 100 microgrammes par litre),
comme l’arsenic, le cuivre, le cadmium, le manganèse, le fer, le zinc, le cobalt, le plomb…La présence
de ces éléments est dangereuse pour la santé en cas de consommation régulière.

I.5.6. Matières organiques

Ce sont par définition des composés du carbone, de l’hydrogène, de l’oxygène et de l’azote. La matière
organique peut être d’origine naturelle, elle provient, soit de l’érosion des sols et soit de la
décomposition de matières animales ou végétales qui se trouvent dans l’eau. Comme, elle peuvent être
d’origine artificielle. Dans ce cas, elle provienne de l’activité humaine (industries, agriculture, rejets
des eaux usées urbaines).
Les substances présentes dans l’eau peuvent être classées selon deux modes différents :
-Suivent leur états physique : matière dissoute, colloïdales ou en suspension.
-Suivent leur nature chimique : minérale ou organique
Les substances organiques sont innombrables (plusieurs centaines de mille voire plusieurs millions) et
leur identification individuelle très difficile. Leur concentration infime (minime) dans les eaux
profondes, peut atteindre quelques dizaines de milligrammes par litre dans les eaux de surface.

I.5.6.1. Paramètres organiques globaux


L’ensemble de ces paramètres permet d’estimer la quantité de matières organiques présente dans
l’eau.

DBO ou Demande biochimique (Biologique ) en Oxygène exprime la quantité d’oxygène nécessaire


à la dégradation de la matière organique biodégradable d’une eau par développement de micro-
organismes, dans des conditions données. Les conditions communément utilisées sont 5 jours (DBO5 )
20°C, à l’abri de la lumière et de l’air. Elle est exprimée en mg d’oxygène consommé/l.

Cette mesure est très utilisée pour le suivi des rejets des stations d'épuration, car elle donne une
approximation de la charge en matières organiques biodégradables. Elle est exprimée en mg de O2
consommé (Tableau 3).

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Tableau 3 : Echelle de valeurs de DBO5

Situation DBO5 (mg/l d'O2)


Eau naturelle pure et vive <1
Rivière légèrement polluée 1<c<3
Egout 100 < c < 400
Rejet station d'épuration efficace 20 < c <40

DCO ou Demande chimique en oxygène exprime la quantité d’oxygène nécessaire à la dégradation


de la matière organique, qu’elle soit biodégradable ou non biodégradable d’une eau à l’aide d’un
oxydant puissant le bichromate de potassium, en milieu acide fort (H2 SO4) et au reflux pendant deux
heures.

La relation empirique suivante lie généralement la DBO5 la DCO et la matière organique de


l’échantillon (MO) : MO = (2DBO5 + DCO)/3
La différence entre la DCO et la DBO est due aux substances qui ne peuvent pas être décomposées
biologiquement. Le rapport entre la DCO et la DBO5 constitue une mesure indicative de la dégradabilité
biochimique des composés présent s dans l’eau.

DCO
Si >3 La majorité de la MO existante est non biodégradable.
DBO5

DCO
Si <3 La majorité de la MO existante est biodégradable.
DBO5

Oxydabilité au permanganate de potassium (KMnO4) : C’est une mesure similaire à la DCO,


utilisée dans le cas de faibles concentrations en matières organiques (DCO< 40 mg/l d’O2). L’oxydant
requis est le permanganate de potassium. L’oxydation des matières organiques et des substances
oxydables est effectuée par le permanganate de potassium à chaud ou à froid, la méthode à chaud est
la plus utilisée a cause de sa rapidité.

COT, carbone organique total représente la teneur en carbone total (organique et minérale) lié à la
matière organique. La méthode repose sur une mesure de CO2 après oxydation complète. Cette méthode
permette d’analyser l’eau quel que soit sa qualité (de forte salinité, acide, basique, ou contient des
composés toxiques). Mais, elle nécessite dans la majorité des cas l’élimination des matières en
suspension est nécessaire avant le dosage.

Absorbance UV : La mesure de l’absorbance en UV à 254 nm est un indice caractéristique des


substances possédant une ou plusieurs doubles liaisons (carboxyliques, benzéniques…). Cette mesure
de l’absorbance peut nous renseigner sur le contenu organique d’une eau, notamment la fraction
aromatique.

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I.6.Qualité microbiologique de l’eau

L’analyse biologique complémentaire de l’analyse chimique, fait apparaître différentes espèces de


micro-organismes tels que les bactéries, les virus les planctons et les champignons. On distingue deux
types de micro-organismes :
Ceux qui sont pathogènes et provoquent des maladies
Ceux qui sont saprophytes c.à.d qui n’ont pas un effet sur la santé de l’être humain.
Rien n’est plus important que la qualité micobiologique d’une eau, car toutes sortes de maladies (fièvres,
typhoïde, choléra, maladie entérovirale gastro-intestinales…), peuvent être transmises par l’eau.
D’une façon idéale l’eau potable ne devra contenir aucun micro-organisme pathogène et être exempte
de toute bactérie indiquant une pollution fécale.
Les différents familles de micro-organismes rencontraient dans une eau sont présentés dans le tableau
4.

Tableau 4 : Les différentes familles de micro-organismes rencontraient dans une eau


BACTERIES VIRUS PROTOZOAIRES
Staphylocoques Escherichia Coli Entérovirus Giardia
Legionella
Streptocoques Hépatites Cryptospridium
Pneumophila
Salmonella Cyanobactéries Bactériophages Amibes

I.7. Conclusion
A partir des différentes informations nous avons pu établir une relation étroite entre la qualité physico
chimiques et bactériologiques des eaux et la santé humaine. Lorsque les normes de qualité sont
dépassées, des mesures particulières de protection de la santé sont prises en fonction de la nature et du
degré l’altération.
1) renforcement de la surveillance de la qualité de l’eau.
2) Enquête et évaluation des risques.
3) Détermination des populations sensibles.
4) Restrictions ou interdiction de la consommation de l’eau.

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Chapitre II : Procédés physico-chimiques de traitement des eaux naturelles

II.1 Introduction
La filière classique de traitement, quelle que soit l’origine de l’eau, est constituée d’une désinfection
(étape obligatoire) précédée au plus par trois types de traitement : étapes de pré-traitement, étapes de
clarification et étapes d’affinage.

Figure 1: Chaine de traitement physico-chimique d’une eau naturelle

II.2 Pré-traitement
Ce sont des procédés physiques. Une eau, avant d’être traitée, doit être débarrassée de la plus grande
quantité possible d’éléments dont la nature et la dimension constitueraient une gêne pour les traitements
ultérieurs. Dans le cas d’une eau potable, les prétraitements sont principalement le dégrillage, le
tamisage et le déssablage ou le débourbage.
II.2.1 Le dégrillage : premier poste de traitement, permet de protéger les ouvrages avals de l'arrivée
de gros objets susceptibles de provoquer des bouchages dans les différentes unités de traitement.
Ceci permet également de séparer et d'évacuer facilement les matières volumineuses charriées par
l'eau brute grâce à des barreaux espacés de 5 à 10cm.

II.2.2 Le tamisage : permet d’éliminer des objets plus fins que ceux éliminés par le dégrillage grâce
à des grilles à mailles de 0.3 à 3mm. Il s’agit de feuilles ou de morceaux de plastique par exemple.
Il existe également des micro-tamis à mailles de 25 à 100 microns pour éliminer le plancton par
exemple.

II.2.3 Le déssablage ou débourbage


- Le déssablage a pour but d'extraire les graviers, sables et particules minérales plus ou moins
fines pour éviter les dépôts et protéger les appareils contre l'abrasion.
- Le débourbage est une étape de traitement qui précède la clarification dans le cas d'une eau très
chargée en limon ou en sable fin. Les débourbeurs permettent d'enlever les boues, en laissant dans
les eaux traitées une charge en M.E.S de l'ordre de 100 à 1000 g/l selon les cas.

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II.3 La préoxydation
C’est un procédé chimique qui utilise le chlore (ou l’hypochlorite de sodium), l’ozone, le dioxyde de
chlore ou le permanganate de potassium. Il est destiné à permettre l’élimination du fer et du manganèse
(notamment pour les eaux souterraines), de la couleur et des algues (essentiellement pour les eaux
superficielles).
Cette étape va s'insérer dans une filière, en la plaçant en aval des pré-traitements physiques et en amont
des traitements classiques. L'intérêt d'un traitement chimique d'oxydation est de permettre une meilleure
élimination de certaines substances lors des étapes suivantes. Particulièrement :

 augmentation de l'efficacité de la coagulation/floculation,


 réduction des matières organiques et de l'azote ammoniacal,
 oxydation de certains métaux (précipitation améliorée),
 amélioration du traitement de certains composés (pesticides, solvants chlorés),
 éviter le foisonnement des algues,
 réduction des goûts et des odeurs,
 ré-oxygénation de l'eau.

II.3.1 Pré-oxydation chimique au chlore

II.3.1.1 Principe d'action

La pré-chloration correspond à l'application d'une dose de chlore avant n'importe quel traitement. Le
chlore est l'oxydant le plus communément utilisé dans le traitement de l'eau.
Il est employé sous forme gazeuse (Cl2), liquide (hypochlorite de sodium) ou solide (hypochlorite de
calcium). Le chlore est introduit dans les canalisations ou dans les bassins de mélange disposés en début
de filière.
Lorsque du chlore pur est additionné à l'eau, il se décompose rapidement pour former de l'acide
hypochloreux (HClO) et de l'acide chlorhydrique (HCl) :

Cl2 + H2O ——> HClO + HCl

HClO (acide faible) est ensuite partiellement dissocié en ion hypochlorite ClO- :

HClO ——> H+ + ClO-

On appelle chlore résiduel libre, la somme [HClO + CIO-].

L'acide hypochloreux et l'ion hypochlorite sont de puissants oxydants avec cependant, une
prédominance d'efficacité pour HClO.

Utilisé en pré-oxydation chimique, le Chlore présente un certain nombre d'avantages :


 Amélioration de l'efficacité de la coagulation,
 Réduction des odeurs des boues organiques présentes dans les décanteurs,
 Evite le développement d'algues et autres organismes au niveau des filtres

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La pré-chloration présente l'inconvénient de former des composés organiques chlorés dont les
trihalométhanes (THM) qui peuvent avoir des effets nocifs sur la santé de l'homme. Il faut donc éviter
une pré-chloration dans le cas de l'eau brute fortement chargés en matières organiques, car les THM se
forment à partir du chlore et de certains composés ( exemple : les acides humiques).

En fait, lorsque l’on ajoute à une eau donnée des doses croissantes de chlore, après un temps de contact
correspondant à la durée de séjour de l’eau dans l’installation, à l’abri de la lumière, on constate que le
chlore résiduel au lieu d’augmenter régulièrement avec la dose initiale, passe par un maximum puis
décroît , passe par un minimum et croît ensuite régulièrement . Ce dernier correspond au point critique
ou « break point », où les chloramines sont transformées totalement en azote moléculaire (Figure 2).

En présence d'ammonium ou des substances aminées le chlore forme des chloramines, ayant un
pouvoir bactéricide non négligeable, selon les réactions suivantes:

NH4+ + HOCl --> NH2Cl + H2O + H+ (1) monochloramine (NH2Cl)

NH4+ + 2HOCl --> NHCl2 + 2H2O + H+ (2) dichloramine (NHCl2)

NH4+ + 3HOCl --> NCl3 + 3H2O + H+ (3) trichloramine (NCl3)

Lorsque la réaction 3 est terminée l'excès de chlore ajouté provoque la destruction des chloramines
selon la réaction :

2NH2Cl + HOCl --> N2 + 3HCl + H2O (4)

Lorsque la réaction 4 est terminée le chlore ajouté en excès se trouve sous forme de chlore libre. La
présence des amines ou d'ammonium entraine que la dose de chlore nécessaire pour obtenir un
traitement efficace soit beaucoup plus élevée, car une partie très importante est consommée par des
composés aminés.

Figure 2 : Evolution du chlore résiduel en fonction du chlore introduit

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II.3.2 Pré-oxydation chimique au Bioxyde de chlore

Le bioxyde de chlore (ClO2) est un oxydant qui est préparé sur site par réaction entre le chlore et le
chlorite de sodium ( NaClO2) :

Cl2 + 2 NaClO2 ——> 2 ClO2 + 2 NaCl

Le bioxyde de chlore a l'avantage de ne pas conduire directement à la formation de THM et autres


composés organochlorés.
Le bioxyde de chlore est plus efficace que le chlore vis à vis de la couleur et des goûts.
Le fait que ClO2 n'oxyde pas l'ammoniaque rend son emploi plus restrictif comme agent de pré-
oxydation chimique.
Mais le fer, le manganèse, les sulfures et les nitrites sont bien oxydés. De plus, le bioxyde de chlore a
l'avantage de réagir plus rapidement sur le Fer et le Mn que le chlore.

II.3.3 Pré-oxydation chimique à l'Ozone

Le rôle de l'ozone (formule : O3), dans le traitement des eaux potables, a été longtemps limité à
l'élimination des bactéries et virus, et de la couleur. Il est utilisé pour l'élimination du Fer et du
Manganèse, ainsi que pour favoriser l'abattement du Carbone Organique Total (qui exprime en grande
partie la "nourriture des micro-organismes").
Très souvent, la pré-oxydation chimique à l'ozone est utilisée en remplacement des autres pré-
oxydations et notamment celle faite avec le chlore.

L'ozone présente les avantages suivants :


 Pas de formation de sous-produits chlorés (THM),
 Favorise la coagulation-floculation-décantation,
 Favorise l'élimination biologique de l'ammoniaque (grâce à l'oxygène apporté).

Inconvénients: une faible rémanence et la formation de composés tels que les aldéhydes, et / ou
l'apparition de bromates (BrO3-) par réaction sur une eau contenant des bromures
Les doses généralement utilisées sont de 0.3 à 0.5 mg d'ozone par mg de COT.
Dans une usine de traitement d'eau possédant déjà un dispositif d'ozonation finale, on peut utiliser une
partie de l'ozone disponible pour la pré-ozonation, sans augmenter la capacité de l'installation.

II.3.4 Pré-oxydation chimique au permanganate de potassium

Le KMnO4, se conserve indéfiniment à sec, au froid et à l'obscurité. Sa bonne solubilité permet de


l'utiliser à de grandes concentrations. Notons, cependant, qu'une dose excessive de KMnO4 risque de
donner une couleur rosé à l'eau, qui vire au jaune après sa réduction dans les réseaux de distribution.

Utilisé en pré-oxydation chimique, KMnO4 a un effet indirect sur la diminution des précurseurs de THM
qui s'explique par une augmentation de sa capacité d'adsorption en présence d'ions Ca 2+ , tendant à
diminuer le COT dans l'eau et donc à diminuer les possibilités de formation de THM.
Le permanganate a peu d'actions sur l'élimination de la couleur ou pour traiter les goûts et les odeurs.

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Tableau 1 : Comparaison entre les divers oxydants.

Oxydant Avantages Inconvénients


Chlore Puissant oxydant Formation de sous-produits
Utilisation simple THM
résiduel persistant Forte influence du pH

Longues expérience de son utilisation Problèmes avec goûts et odeurs

Bioxyde de chlore Oxydant puissant Préparation sur site


Résiduel relativement persistant Problèmes avec odeurs
Pas de formation de THM Formation produits halogènes
Pas d'influence du pH
Ozone Oxydant puissant Faible effet rémanent
Pas de formation de THM ni produits halogènes Préparation sur site

Pas de problèmes avec goûts et odeurs Corrosif

Efficacité sur algues Utilisation peu aisée


Peu d'effet du pH
Effet bénéfique sur coagulation
Formation sous-produits biodégradables
Permanganate de
Utilisation aisée Oxydant modéré
potassium
Coloration rosé de l'eau quand il
Pas de formation de THM
est en excès
Sous-produits peu connus
Peut précipiter suivant pH

II.4 La clarification
C’est une étape indispensable pour les eaux de surface et les eaux souterraines karstiques. Elle permet
d’obtenir une eau limpide par élimination des matières en suspension, et donc de la turbidité.

La clarification peut combiner les procédés suivants : Coagulation- floculation + décantation +


filtration.

II.4.1 coagulation - floculation

C’est un procédé physico-chimique qui a pour but de déstabiliser les matières colloïdales (particules
qui ne s’agglomèrent pas naturellement ).
L’eau reçoit un réactif destiné à provoquer l’agglomération de ces particules en suspension en agrégats
floconneux, dont l’ensemble forme une masse qu’on appelle le “floc”. Les réactifs utilisés sont
généralement des sels de fer ou d’aluminium. Chaque réactif coagulant n’étant actif que dans une

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certaine zone de pH, un ajustement du pH peut s’avérer nécessaire. Sous l’effet de son propre poids, le
floc se dépose lentement.

II.4.1.1 Coagulation

Dans les eaux naturelles, la très grande majorité des particules colloïdales est chargée négativement
(Figure 3).

Figure 3: Distribution ionique autour d'une particule colloïdale


(d'après le modèle de Gouy-Chapman-Stern )

 Au centre : l'ion colloïdal.


 A l'extérieur : les ions libres de charge électrique équivalente et de signe contraire à celle de
l'ion colloïdal et formant deux couches :
- ions de parois (couche dense de Helmholtz ou couche de Stern) indissolubles de l'ion colloïdal qui
présentent une charge toujours inférieure à celle de l'ion colloïdal (le niveau énergétique à cette distance
est caractérisé par le potentiel Zêta).
- ions complémentaires (couche de Gouy-Chapman) formant une couche diffuse à une plus grande
distance de l'ion colloïdal, en équilibre avec le solvant, présentant un appauvrissement progressif en
ions de signe contraire à celui de l'ion colloïdal, accompagné d'un enrichissement correspondant en ions
de l'autre signe.

On en déduit donc que l'élimination des colloïdes passe par l'annulation du potentiel zêta afin d'annuler
les forces de répulsion.

L'élimination des colloïdes passe par l'annulation du potentiel zêta afin d'annuler les forces de
répulsion. La coagulation chimique, par apport de cations trivalents (Al3+, Fe3+), est donc la meilleure
solution. Les ions Al3+ et Fe3+ neutralisent la force de répulsion entre les particules colloïdales et
favorisent ainsi la coagulation.

Nature des réactifs coagulants

Les réactifs utilisés sont généralement des sels de fer ou d’aluminium comme :
• Le sulfate d'aluminium Al2(SO4)3, 18 H2O .
• Le chlorure ferrique FeCl3, 6 H2O.
• Le polychlorosulfate basique d’aluminium (Aqualenc).
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• Le polychlorure d’aluminium (WAC).

Les sels d'aluminium et de fer ferrique qui renferment des cations de nombre d'oxydation 3+ sont
presque exclusivement utilisés dans la coagulation/floculation des eaux. Les sels d'aluminium et de fer
présentent outre leur valence élevée, présentent l'intérêt de s'hydrolyser dans la gamme de pH habituelle
des eaux naturelles, en donnant un hydroxyde insoluble qui précipite.
On sait cependant, depuis peu, que ce n'est pas l'ion trivalent qui joue le rôle essentiel, mais les produits
d'hydrolyse intermédiaires qui se forment. Les sels d'aluminium et de fer conduisent en effet, en solution
diluée, aux hydroxo-complexes suivants :

X+++ + OH- << >> X (OH)++ (1)


X (OH)++ + OH- << >> X (OH)+2 (2)
X (OH)+2 + OH- << >> X(OH)3 (3)
X(OH)3 + OH- << >> X(OH)-4 (4)

dans lesquelles OH- = ions hydroxyles, X = Al ou Fe

Bien qu'il s'agisse d'équilibre, ces réactions sont pratiquement complètes aux pH habituels des eaux, et
irréversibles au moins pour les trois premières.
La proportion relative de chacun de ces complexes dépend des conditions de milieu (pH, température,
concentration) (Figure 4).

Al3+ Al (OH) 2+ Al (OH) 2+ Al (OH) 3 Al(OH)4 - Al( 0H)6 3-

2 3 4 5 6 7 8 9 10

5,5 7,5

Figure 4: pH de formation des hydroxydes d’aluminium

Rôle du TAC:

Une autre particularité de l'addition de coagulant dans l'eau est la consommation d'alcalinité. Cette
perte de TAC est fonction de la nature et de la concentration du composé mis en jeu. Par exemple,
pour le sulfate d'aluminium, on a :

Al2 (SO4)3 + 3Ca (HCO3)2 3CaSO4 + 2Al (OH) 3 + 6CO2

La perte d'alcalinité (consommation de HCO3-) se traduit par une chute de pH.

La chute du pH est due également à la libération des ions H+ après hydrolyse du sel d’aluminium.

Al2(SO4)3 3 SO42- + 2 Al3+

H2O H+ + OH-

Al3+ + 3 OH- Al(OH)3


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II.4.1.2 Floculation

Après avoir été déstabilisées, les particules colloïdales ont tendance à s'agglomérer lorsqu'elles entrent
en contact les unes avec les autres. Le taux d'agglomération des particules dépend de la probabilité des
contacts et de l'efficacité de ces derniers.
On obtient ce grossissement par la création d'une turbulence modérée favorisant la collision entre les
particules de floc. Ces turbulences sont crées soit par le mouvement hydraulique de l'eau traversant des
plaques perforés, des chicanes ou au moyen d'agitateur mécanique lent installés dans des bassins.
Afin d'augmenter la vitesse de sédimentation du floc et une meilleure capture des colloïdes, on utilise
des floculants tels que des macromolécules organiques naturelles (alginate de sodium) ou des
polymères organiques de synthèses (polycrylamide).

II.4.2 Décantation ou flottation

Ce sont des procédés physiques intervenant après la coagulation-floculation. L’eau coagulée et floculée
entre dans le décanteur à vitesse réduite de façon à éviter les turbulences. Les flocs se déposent au fond
de l’ouvrage et l’eau clarifiée est récupérée en surface.
A l’inverse, la flottation consiste à favoriser la clarification par entraînement des particules en surface,
grâce à la génération de bulles d’air, qui s’accrochent aux matières en suspension et aux flocs. Les
flottants sont récupérés en surface par bras racleur.
Il existe plusieurs types de décanteurs :
II.4.2.1 Décanteurs statiques
Il est constitué d’un bassin rectangulaire ou circulaire où les boues se déposent. Les petits décanteurs
sont munis de fonds inclinés de 45° à 60° pour permettre l’évacuation continue ou intermittente des
boues au point le plus bas.

II.4.3 Décanteurs à contact de boues


Ce sont des décanteurs modernes qui possèdent une zone de réaction où l’on met en contact l’eau brute
et ses réactifs avec les boues déjà existantes : on trouve là les appareils à circulation des boues et les
appareils à lit de boues.

II.4.3 Filtration

C’est un procédé physique disposé généralement après la décantation ou la flottation (notamment dans
le cas des eaux de surface). Ce procédé peut être toutefois situé directement après une coagulation (cas
des eaux souterraines karstiques) ou après une pré-oxydation (cas des eaux souterraines contenant du
fer, du manganèse ou de l’arsenic).

La filtration la plus répandue est la filtration sur lit de sable. Le filtre peut jouer un double rôle suivant
les conditions d’exploitation : d’une part, il retient les matières en suspension par filtration et d’autre
part, il constitue un support bactérien permettant un traitement biologique, c’est à dire une
consommation des matières organiques et de l’ammoniac, ou du fer et du manganèse, par les bactéries
qui sont développées sur le sable.

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Le filtre à sable nécessite un nettoyage périodique afin d’éliminer les matières retenues entre les grains
qui ralentissent le passage de l’eau. La filtration sur lit de sable, efficace, simple et peu coûteuse, s’est
imposée, en raison des énormes volumes d’eau à filtrer.

La filtration sur membranes (microfiltration notamment) est de plus en plus fréquemment utilisée, mais
elle reste encore onéreuse. Elle est fondée sur l’utilisation de membranes de faible épaisseur, comportant
des pores réguliers de très petites dimensions. Ces membranes, sortes de barrières physiques, peuvent
être d’origine organique ou minérale.

D’une façon générale, on distingue deux types de filtration.

II.4.3.1 La filtration lente (v<10m/j) : qui a l’avantage d’être une opération facile mais présentant
plusieurs inconvénients tels que la nécessité d’une grande surface et l’exigence d’une eau dont la
turbidité est faible.

II.4.3.2 La filtration rapide (v= [4.5,10] m/h) : qui en revanche est une opération relativement
complexe mais palliant aux inconvénients de la première. La filtration rapide s'applique à des eaux
préalablement traitées( eau floculée et décantée ou flottée) et aura pur but d'obtenir une clarification
poussée de l'eau par l'élimnation des MES.

II.5 L’affinage
Les traitements d’affinage de l’eau font intervenir des procédés d’ozonation, de filtration sur charbon
actif ou de filtration sur membranes (ultrafiltration ou nanofiltration).

L’affinage a pour effet l’oxydation et la biodégradation des matières organiques et l’élimination ou


l’absorption de certains micropolluants qui existent déjà dans l’eau ou qui se sont formés au cours du
traitement et qui n’ont pas été totalement abattus par la coagulation-floculation. En outre, il améliore
les qualités organoleptiques de l’eau (saveur, odeur, limpidité).

L’ozone , outre son grand pouvoir désinfectant (élimination des virus et des spores bactériennes), permet
l’oxydation de certains micropolluants organiques (pesticides, composés aromatiques …) et transforme
les matières organiques naturelles (qui sont ensuite éliminées par le charbon actif biologique) en
augmentant leur biodégradabilité.

Le charbon actif est un matériau poreux qui possède une très grande surface spécifique qui permet
l’adsorption et la dégradation par voie microbiologique des matières organiques naturelles et des
micropolluants organiques (notamment pesticides). Cet affinage est réalisé par la mise en oeuvre soit
du charbon actif en poudre au cours de la floculation et sera par la suite évacué avec la boue, soit sous
forme de charbon actif en grains, habituellement utilisé après filtration sur sable.

L’utilisation de membranes présentant un seuil de coupure très faible (ultrafiltration ou nanofiltration)


commence à être pratiquée en traitement d’affinage. Elles permettent de retenir des molécules de taille
importante (ultrafiltration) à petite (ultrafiltration couplée à une injection de charbon actif en poudre,
nanofiltration), comme les pesticides.

II.6 La désinfection

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Cette étape, commune à tous les traitements, est la plus importante. Elle a pour but de neutraliser tous
les virus et bactéries pathogènes. Elle n’est efficace que si l’eau a été préalablement bien traitée,
notamment dans le cas des eaux de surface. Bien que les eaux souterraines soient souvent naturellement
exemptes de microorganismes, la désinfection prévient le risque d’une contamination par infiltration
dans la ressource et dans le réseau.

Elle peut être effectuée par des procédés chimiques : oxydation chimique avec des agents chlorés
(chlore gazeux, eau de Javel, bioxyde de chlore) et ozone, ou rayonnements ultraviolets,

Pour que la désinfection soit totalement efficace, il convient de maintenir un résiduel de désinfectant
dans l’eau distribuée jusqu’au robinet du consommateur. Lorsque la désinfection finale est réalisée par
l’ozone (qui présente un faible pouvoir rémanent), par les UV ou par les membranes, une légère injection
de réactifs chlorés (chlore, eau de Javel ou dioxyde de chlore) est nécessaire.

II.7 Traitement d'équilibre

Le but est d'éliminer le gaz carbonique (CO2) agressif des eaux, et d'augmenter si nécessaire l'alcalinité
(TAC) et/ou la dureté (TH) de ces eaux dites "agressives".
Trois types de traitement sont envisageables: l'aération, la neutralisation simple, la reminéralisation.

II.7.1 Traitement par aération (élimination du gaz carbonique CO2).

Procédé physique, utilisé uniquement si le CO2 est élevée et pour lequel les quantités de réactifs
neutralisants seraient prohibitives. Les techniques possibles : ruissellement par cascades, injection d'air
dans la masse liquide.

II.7.2 Traitement par neutralisation

Procédé chimique, qui permet l'élimination du CO2 par réaction de neutralisation avec un réactif
basique Les principales techniques possibles (formules) :

 Neutralisation à la chaux : Ca(OH)2 + 2 CO2 Ca(HCO3)2


 Neutralisation à la soude : NaOH + CO2 NaHCO3
 Neutralisation au carbonate de sodium : Na2CO3 + CO2 + H2O 2 NaHCO3
 Filtration sur matériau neutralisant à base de calcaire principalement: CaCO3 + CO + H2O
Ca(HCO3)2
 Neutralisation au bicarbonate de sodium : NaHCO3 + CO2 + H2O 2 NaHCO3

II.7.3 Traitement par reminéralisation.

- Reminéralisation par injection de CO2 suivie d'une neutralisation par réactifs neutralisants.
sur un filtre à base alcaline (carbonate de calcium).

- Reminéralisation par injection de bicarbonate de soude et d'un sel fort de calcium (le sulfate
de calcium ou le chlorure de calcium). Ce traitement concerne les eaux douces à faible teneur mais
néanmoins sursaturées en CO2 libre.

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Chapitre 03
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Chapitre III : Epuration des eaux usées

I. Caractéristiques des eaux usées


On distingue trois grandes catégories d’eaux usées : Les eaux domestiques, les eaux industrielles, les eaux pluviales.
Les cours d’eau ont une capacité naturelle d’épuration. Mais cette capacité a pour effet de consommer l’oxygène de
la rivière et n’est pas sans conséquences sur la faune et la flore aquatiques. Lorsque l’importance du rejet excède la
capacité d’auto-épuration de la rivière, la détérioration de l’environnement peut être durable.

1. Les eaux domestiques :Elles proviennent des différents usages domestiques de l’eau. Elles sont essentiellement
porteuses de pollution organique. Elles se répartissent en eaux ménagères, qui ont pour origine les salles de bains et
les cuisines, et sont généralement chargées de détergents, de graisses, de solvants de débris organiques, etc, et en
eaux de robinets. Il s’agit des toilettes chargés de diverses matières organiques azotées et de germes fécaux.

2. Les eaux industrielles :Elles sont très différents des eaux usées domestiques. Leurs caractéristiques varient d’une
industrie à l’autre. En plus de matières organiques, azotées ou phosphates, elles peuvent également contenir des
produits toxiques, des solvants des métaux lourds, des micropolluants organiques, des hydrocarbures. Certaines
d’entre elles doivent faire l’objet d’un prétraitement de la part des industriels avant d’être rejetées dans les réseaux
de collecte. Elles sont mêlées aux eaux domestiques que lorsqu’elles ne présentent plus de danger pour les réseaux
de collecte et ne perturbent pas le fonctionnement des usines de dépollution. Les grandes entreprises sont toutes
équipées d’unités de traitement interne.

3. Les eaux pluviales : Elles peuvent constituer la cause d’une pollution importante des cours d’eau, notamment
pendant les périodes orageuses. L’eau de pluie se charge d’impuretés au contact de l’air (fumées industrielles), puis
en ruisselant des résidus déposés sur les toits et les chaussées de villes (huiles de vidange, carburants, résidus de
pneus et métaux lourds…). En outre, lorsque le système d’assainissement est dit « unitaire », les eaux pluviales sont
mêlées aux eaux usées domestiques. En cas de fortes précipitations les contraintes de préservation des installations
d’épuration peuvent imposer un déversement très pollué dans le milieu naturel. Enfin, dans les zones urbaines, les
surfaces construites rendent les sols imperméables et ajoutent le risque d’inondation à celui de la pollution.

Remarque

Le réseau d’assainissement des eaux usées d’une agglomération a pour fonction de collecter ces eaux pour les
conduire à une station d’épuration.

II. Etude d’une station dépuration


Pour pouvoir étudier un projet de réalisation d’une station d’épuration ou proposer un procédé de traitement
d’une eau usée, il faut au préalable disposer de certaines données de bases requises pour la conception et le
dimensionnement d’une station de traitement des eaux usées :

 Type de réseau : séparatif ou unitaire ;


 Equivalent habitant EH ;
 Rejet spécifique (l /Hab/j);
 Débit total journalier (m3/j) ;
 Débit moyen horaire (m3/h) ;
 Débits de pointe par temps sec (m3/h) ;

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 Charge polluante (DBO5, DCO, MES) .

En ce qui concerne les données de bases de la qualité d’eaux usées, il faudrait effectuer des analyses
chimiques, physique bactériologique et biologique de l’effluent, il faut prendre en considération aussi, que
des levés topographiques doivent être réalisés pour une implantation adéquate.

 Définition de l’équivalent habitant (OU EH) :

L’équivalent habitant se définit comme étant la pollution produite par habitant et par jour, exprimée en g
d’O2 nécessaire à sa dégradation. On exprime en équivalent habitant non seulement le pouvoir polluant des
eaux usées domestiques mais aussi ceux des rejets industriels et agricoles.

EH = Débit total d’eau usée (m3/j)

(0,7 à 0,8) x dotation en eau potable (m3/j)

Un habitant produit 150 à 200 litres d’eaux usées par jour contenant:

 70 à 90 grammes de matières en suspension (ou M.E.S),


 60 à 70 grammes de matières organiques, exprimées en DBO5,
 15 à 17 grammes de matières azotées, exprimées en N,
 4 grammes de phosphore, exprimé en P.
Ces eaux usées contiennent plusieurs milliards de micro-organismes par 100 ml.

Cet ensemble constitue la charge polluante journalière engendrée par un habitant.

Cette dernière peut s’exprimer en « équivalent- habitants » ( abrév: EH)

III.1 Principe de fonctionnement d'une station d'épuration


Les eaux collectées dans les égouts doivent être traitées avant d'être rejetées dans la nature pour protéger la
santé des individus et sauvegarder la qualité du milieu naturel. C'est l'épuration avant rejet.
La dépollution des eaux usées nécessite une succession d'étapes faisant appel à des traitements physiques,
Physico-chimiques et biologiques. En dehors des plus gros déchets présents dans les eaux usées, l’épuration
doit permettre, au minimum, d'éliminer la majeure partie de la pollution carbonée. Selon le degré
d'élimination de la pollution et les procédés mis en œuvre, des niveaux de traitements sont définis :

Un prétraitement, le traitement primaire (décantation primaire), le traitement secondaire (traitement


biologique) et le traitement tertiaire à cela s’ajoute le traitement des boues.

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III.2 Le prétraitement
Il regroupe les procédés physiques visant à éliminer par décantation une forte proportion de matières
minérales ou organiques en suspension.
Les dispositifs de pré traitement sont présents dans toutes les stations d’épuration, quels que soient les
procédés mis en œuvre à l’aval. Ils ont pour but d’éliminer les éléments solides ou particulaires les plus
grossiers, susceptibles de gêner les traitements ultérieurs ou d’endommager les équipements : déchets
volumineux (dégrillage), sables (dessablage) et corps gras (dégraissage – déshuilage).

 Le dégrillage : consiste à faire passer les eaux usées au travers d’une grille dont les barreaux, plus ou
moins espacés, retiennent les éléments les plus grossiers. Après nettoyage des grilles par des moyens
mécaniques, manuels ou automatiques, les déchets sont évacués avec les ordures ménagères. Le tamisage,
qui utilise des grilles de plus faible espacement, peut parfois compléter cette phase du pré traitement.
 Le dessablage et le déshuilage-dégraissage : consistent à faire passer l’eau dans des bassins où la
réduction de vitesse d’écoulement fait déposer les sables et flotter les graisses.
L’injection des microbulles d’air permet d’accélérer la flottation des graisses. Les sables sont récupérés par
pompage alors que les graisses sont raclées en surface.
On enlève ainsi de l’eau les éléments grossiers et les sables de dimension supérieure à 200 microns ainsi
que 80 à 90 % des graisses et matières flottantes (soit 30 à 40 % des graisses totales).

Figure 1 :

III.3 Le traitement primaire


En épuration des eaux usées le traitement primaire est une simple décantation qui permet de supprimer la
majeure partie des matières en suspension. Ce sont ces matières qui sont à l'origine du trouble des eaux
usées.

L'opération est réalisée dans des bassins de décantation dont la taille dépend du type d'installation et du
volume d'eau à traiter. De la même manière, le temps de séjour des effluents dans ce bassin dépend de la
quantité de matière à éliminer et de la capacité de l'installation à les éliminer. À la fin de ce traitement, la
décantation de l'eau a permis de supprimer environ 60 % des matières en suspension, environ 30 % de la
demande biologique en oxygène (DBO) et 30 % de la demande chimique en oxygène (DCO). Cette part de
DBO supprimée était induite par les matières en suspension. La charge organique restant à traiter est allégée
d'autant.

Les matières supprimées forment au fond du décanteur un lit de boues appelé boues primaires.

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III.3 Traitements secondaires


C’est la phase essentielle de l’épuration biologique qui comporte soit les procédés extensifs, soit intensifs.

III.3.1 Traitements extensifs

III.3.1.1Le lagunage aérobie


C’est certainement le système le plus simple car il consiste à envoyer l’effluent à traiter dans une série de
bassins de faibles profondeurs qui contiennent la communauté microbienne de traitement. Dans cette
stratégie, la station d’épuration se limite à un prétraitement (dégrillage et un tamisage) et les lagunes. La
figure 2 illustre ce procédé.

Figure 2 : Schéma de principe du lagunage aérobie (vues de dessus)

L’eau usée passe dans différents bassins successifs de faible profondeur (1,2 à 1,5 m). Ils peuvent avoir
différentes formes pour améliorer l’hydraulique du système (haricot, allongée…). Un cheminement en
chicane évite les courts circuits hydrauliques. Le passage d’un bassin à l’autre se fait par gravité. C’est un
système qui utilise beaucoup de surface et qui est donc appliqué en zone rurale. Elle est de 10 m2 par
habitant et le temps de séjour de l’effluent est de 50 à 60 jours.
Les matières en suspensions de l’eau usée et la biomasse microbienne formée se déposent dans les lagunes.
Un écosystème complexe va transformer tout cela.
Elles sont en partie décomposées et minéralisé par d’autres micro-organismes, la faune et la flore présentes
(protozoaires, algues microscopiques, végétaux macrophytes…). Les lagunes nécessitent donc un curage
après quelques année de fonctionnement Afin de diminuer cette surface on peut mettre des aérateurs de
surfaces (des turbines de surfaces) qui vont augmenter le transfert d’oxygène de l’air vers l’eau.

III.3.1.2 Lagunage aéré

L'oxygénation est, dans le cas du lagunage aéré, apportée mécaniquement par un aérateur de surface ou une
insufflation d'air (Figure 3). Ce principe ne se différencie des boues activées que par l'absence de système
de recyclage des boues ou d'extraction des boues en continu.
En lagunage aéré, la population bactérienne sans recirculation conduit :
 A une densité de bactéries faible et à un temps de traitement important pour obtenir le niveau de qualité
requis.
 A une floculation peu importante des bactéries, ce qui contraint à la mise en place d'une lagune de
décantation largement dimensionnée.

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Figure 3 : Schéma de principe d'un lagunage aéré

III.3.2 Procédés intensifs

Le principe de ces procédés est de localiser sur des surfaces réduites et d'intensifier les phénomènes de
transformation et de destruction des matières organiques que l'on peut observer dans le milieu naturel.
Trois grands types de procédés sont utilisés :
 Les lits bactériens et disques biologiques ;
 Les boues activées ;
 Les techniques de biofiltration ou filtration biologique accélérée.

III.3.2.1 Lit bactérien


Le principe de fonctionnement d'un lit bactérien consiste à faire ruisseler les eaux usées, préalablement
décantées sur une masse de matériaux poreux qui sert de support aux micro-organismes (bactéries)
épurateurs (Figure 4).
Il existe deux sortes de lit bactérien :
 Lit bactérien à remplissage traditionnel : constitué d’un amas cylindrique de cailloux ou de galets
ayant une taille de 5 à 10 cm la hauteur de couche se situe entre 1,5 à 2,1.
 Lit bactérien à remplissage plastique : Constitué d’un empilement de modules de forme
cylindrique ou parallélépipédique

Une aération est pratiquée soit par aération naturel soit par ventilation forcée. Il s'agit d'apporter l'oxygène
nécessaire au maintien des bactéries aérobies en bon état de fonctionnement. Les matières polluantes
contenues dans l'eau et l'oxygène de l'air diffusent, à contre-courant, à travers le film biologique jusqu'aux
micro-organismes assimilateurs. Le film biologique comporte des bactéries aérobies à la surface et des
bactéries anaérobies près du fond. Les sous-produits et le gaz carbonique produits par l'épuration s'évacuent
dans les fluides liquides et gazeux. Les rendements d’épuration sur lit bactérien peuvent atteindre 85 à 95 %. Par
ailleurs, ce procédé génère des boues fermentescibles et des nuisances olfactives.

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Figure 4 : Schéma de principe de l’épuration par un lit bactérien

III.3.2.2 Disques biologiques

Une autre technique faisant appel aux cultures fixées est constituée par les disques en matière plastique
tournants (Figure 5). Les micro-organismes se développent et forment un film biologique épurateur à la
surface des disques. Les disques étant semi-immergés, leur rotation permet l'oxygénation de la biomasse
fixée (vitesse de rotation lente 1 à 2 tr/min).
Il convient, sur ce type d'installation, de s'assurer :
 De la fiabilité mécanique de l'armature (entraînement à démarrage progressif, bonne fixation du
support sur l'axe),
 Du dimensionnement de la surface des disques (celui-ci doit être réalisé avec des marges de sécurité
importantes). Diamètre 2 à 3m, l’écartement entre les disques est environ 2 à 4 cm.

Figure 5 : Schéma de principe d'un disque biologique

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III.3.2.3 Boues activées


Le principe des boues activées réside dans une intensification des processus d'auto-épuration que l'on
rencontre dans les milieux naturels (Figure 6).

Figure 6: principe de fonctionnement des boues activées - aération prolongée

Le procédé “boues activées” consiste à mélanger et à agiter des eaux usées brutes avec des boues activées
liquides, bactériologiquement très actives. La dégradation aérobie de la pollution s'effectue par mélange
intime des microorganismes épurateurs et de l'effluent à traiter. Ensuite, les phases “eaux épurées” et “boues
épuratrices” sont séparées. Une boue activée aération prolongée permet d'éliminer 95 % de la DBO5, avec
un temps de séjour de 24 heures environ.

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Tableau 1 : Avantages et inconvénients des filières intensives

III.4 Traitement tertiaire

Dans certains cas, des traitements tertiaires sont nécessaires, notamment lorsque l'eau épurée doit être
rejetée en milieu particulièrement sensible. Dans le cas de rejets en rivière, on se limite à la désinfection,
l’élimination de l’azote et les phosphates. Si l’eau épurée est destinée à un recyclage, alors les opérations
sont plus nombreuses et complexes.

 Les stations qui traitent le carbone, l’azote et le phosphore

La législation a imposée un traitement de l’azote et du phosphore en plus du traitement du carbone pour les grosses
stations d’épuration. C’est à dire que l’on doit réduire de manière importante les concentrations de ces deux éléments
dans les rejets en milieu naturels.
Pour cela on a mis en place des stations d’épuration qui combinent le traitement du carbone, de l’azote et du
phosphore. Dans ces stations, on intègre des traitements anaérobie et aérobie pour satisfaire les conditions
d’élimination de ces trois éléments. Comme dans les stations d’épuration classiques on n’a pas assez de matière
organique disponible pour la dénitrification et la déphosphatation biologique.
Dans le bassin anaérobie on a un traitement partiel de la matière organique entrante qui va jusqu’à la formation de
matière organique facilement utilisable par les microorganismes. Elle provient soit des eaux usées soit des boues qui
sont recyclées.
Dans le bassin anoxique, les nitrates issus du bassin aérobie (la “liqueur mixte”sont transformés en azote gazeux qui
s’échappe et les bactéries déphosphatantes accumulent des réserves de substrat. L’élimination des boues chargées en
granules de polyphosphates permet l’épuration du phosphore.

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 La désinfection : Les traitements tertiaires peuvent également comprendre des traitements de


désinfection. La réduction des odeurs l’amélioration de la qualité bactériologique de l’effluent peut
encore être l'objet d'attentions particulières.

III.5 Traitement des boues

Quel que soit le mode d'épuration des eaux usées, les boues sont initialement constituées d’eau (99 %),
de matière organique fraîche, très fermentescible, et de matières minérales dissoutes ou insolubles.
Selon l’utilisation qui doit en être faite, des traitements complémentaires leurs sont appliqués.
Les filières de traitement des boues sont très variées et dépendent de leurs compositions et de leurs
destinations finales. La figure 7 représente les différentes étapes possibles de cette filière.

Figure 7 : Exemple des différentes étapes du traitement des boues.

1. La réduction de leurs volumes : Les différentes étapes du traitement des boues mettent en œuvre des
procédés physico-chimiques ou microbiologiques.
 L’épaississement: C’est la première étape qui consiste à éliminer une partie de l’eau en utilisant
des techniques comme la décantation, la flottation, la centrifugation, soit le drainage qui consiste à
passer dans de "grand peigne tournant" pour permettre à l’eau de descendre plus facilement. Il
permet d’obtenir des boues qui ont jusqu’à 5% de matière sèche.
 La réduction du volume par traitement biologique : Ce traitement consiste à mettre les boues
dans des réacteurs anaérobies, les digesteurs qui vont transformer une partie des boues anaérobie en
méthane et gazcarbonique (le biogaz). Ces digesteurs sont chauffés à 35 ou 55°C et éliminent 40 à
50 % de la masse des boues. Ils produisent environ 350 m3 de méthane par tonne de matière
organique éliminée sous forme d’un biogaz à 65-70 % de méthane et le reste en gaz carbonique. La
digestion anaérobie des boues permet l’élimination de bactéries pathogènes et de virus.

2. Déshydratation et stabilisation chimique : Elle est réalisée par des procédés mécaniques de filtration
(par filtres à bande ou filtres presses) ou de centrifugation et/ou thermiques dans des fours. Leurs teneurs
en matière sèche peuvent atteindre 70 à 80 % en fonction de leurs destinations finales. Une boue qui est à
50% de matière sèche a perdu 90% de son volume.
Le mélange des boues avec des produits stabilisants empêche les fermentations et détruit des micro-
organismes pathogènes. Pour cela on mélange les boues avec de la chaux par exemple.

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3. L’incinération : Les boues déshydratées sont brûlées dans des incinérateurs, seules avec d’autres
combustibles. L’incinération des boues génère des cendres de 5 à 6% de la matière sèche entrante et les
normes de rejets gazeuses sont très réglementées (poussières, métaux, composés organiques volatiles…)

4. La mise en décharge : Les décharges ou encore « Centres d’Enfouissement Techniques » (C.E.T.)


sont des sites où l’on stock des déchets solides.

5. Le compostage : Le compostage est une technique de fermentation aérobie de déchets solides. En fin
de compostage le produit obtenu est tamisé donnant un compost de qualité qui peut être utilisé en
agriculture.

6. L’épandage : L’azote, le phosphore, le potassium le magnésium contenu dans les boues sont des
éléments fertilisants pour l’agriculture. La matière organique présente est aussi d’un grand intérêt pour
certains sols.

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