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Mémoire de fin d’études pour l’obtention

du Master de recherche en Sciences de Gestion


Option : Management
Thème de recherche :

La compétitivité des Entreprises du secteur Textile-


Habillement marocain.

Réalisée par : HAMMES Jihane

Encadrement de : Mr. Larbi Mhin

2019

1
Dédicace

Je dédie ce mémoire
A ma mère qui m’a soutenu et encouragé durant ces années d’études
Qu’elle trouve ici le témoignage de ma profonde reconnaissance.

A ma famille et ceux qui m’ont partagé avec moi tous les moments d’émotion
Lors de la réalisation de ce travail .Ils m’ont chaleureusement supporté et encouragé
Tout au long de mon parcours.

A mon fiancé qui m’a toujours encouragé et à qui je souhaite plus de plus de succès.
A vous cher lecteur.

Remerciements

Je tiens tout d’abord à remercier Mr LARBI M’HIN qui n’a épargné aucun effort, à aucun
moment donné, pour m’injecter de nouvelles idées sur le plan théorique et pratique, pour
m’éclaircir la bonne voie de la recherche scientifique. Je le remercie assez fort pour sa
ponctualité, son encadrement et ses orientations.

Je n’oublierai jamais toutes les personnes qui n’ont pas hésité une seconde à m’encourager, à
m’aider, à me conseiller et à me critiquer tout au long de mes recherches et pour l’élaboration
de mon mémoire de recherche

2
Glossaire
AMITH :Association marocaine des industries du textile et de l'habillement

AMF :Accord multifibres

CA :Chiffre d’affaires

CAF :Capacité d’autofinancement

DRH: Direction des ressources humaines.

DG: Direction générale.

DAS : Domaine d’activité stratégique

ESITH : Ecole Supérieure des Industries du Textile et Habillement

FMI : Fonds monétaire international

FCS : Facteur clé de succès

GRH: Gestion des ressources humaines.

GATT : Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce

IDE : Investissement direct à l’étranger

OMC: Organisation mondiale du commerce.

PME : Petite ou moyenne entreprise

PAI : Plan d’accélération industrielle.

RH: Ressources humaines.

R &D : Recherche et développement

TPP: Trans Pacific Partnership

UE: Union Européen

VA : Valeur ajoutée

VAE: Validation des acquis de l'expérience.

3
Liste des tableaux

Tableau n° 1: les différents types de performances………………………………………….. P35

Tableau n° 2: Données économique sur le secteur en 1999……………………….……....... P44

Tableau n°3 : Comparaison entre l’industrie de textile et l’industrie d’habillement …........... P48

Tableau n° 4: les quatre filières de l’activité du secteur textile habilement au Maroc……..... P50

Tableau n° 5 : Contribution/Evaluation des principes grandeurs économique industrielles

2014-2013………………………………………………………….…………...…………..…. P51

Tableau n°6 : Présentation des entreprises interrogées par le questionnaire ……... P73

4
Liste des figures

Figure n°1 : Contribution de l’industrie du textile habillement et du cuir en 2014….…….... P53


Figure n°2 : Contribution des branches dans les grandeurs économique industrielle………...P54
Figure n°3 : Evolution de la production des industries textiles et du cuir 2010-2014………..P56
Figure n°4 : Evolution de la valeur ajoutée des industries textile et du cuir 2010-2014…..…P56
Figure n°5 : Les exportations du secteur textile habillement marocain 2017………………... P57
Figure n°6 : Evolution de l’emploi des industries textile et cuir 2010-2014………………… P58
Figure n°7 : Evolution de l’emploi de 2007-2014 ? (effectif en milliers)…………………….P59

5
Sommaire

Première partie : La compétitivité


Chapitre I: La compétitivité « concepts, formes et mesures »
1. définition et formes de la compétitivité

2. Forme de la compétitivité

Chapitre II : les indicateurs de mesure de la compétitivité


1. Les indicateurs de la compétitivité au niveau de l’entreprise

Chapitre III : Stratégies de l’entreprise compétitives.


1. Les différentes stratégies de l’entreprise

2. Les autres dimensions stratégiques

3. Environnement et compétitivité de l’entreprise

Chapitre IV : La performance : un vecteur de compétitivité


1. la performance : un indicateur essentiel de la compétitivité

Deuxième partie : La position du secteur textile habillement au


Maroc
Chapitre I : Historique et évolution du secteur textile habillement au Maroc

1. Historique

2. Les Phases de l’élaboration d’un produit

Chapitre II : La place du Secteur textile-habillement dans le tissu industriel


marocain
1. Le rôle du secteur textile habillement dans le tissu industriel marocain

2. Structure du secteur textile habillement au Maroc

6
Chapitre III : Les facteurs de compétitivité du secteur textile habillement
1. positionnement compétitif interne

2. positionnement compétitif externe

Chapitre IV : le repositionnement stratégique de l’industrie du textile


habillement
1. Accord multifibre 1974-1994

1.1. Le MAROC et AMF

2. L’Accord de l'OMC sur les textiles et les vêtements (ATV) 1995-2005

3. Les Ecosystèmes industriels

4. Le Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020

Chapitre V: Etude empirique sur les entreprises du secteur textile-


habillement marocain
1. Objectif de l’enquête

2. Méthodologie

3. Analyse et interprétation des résultats

Conclusion générale et recommandation


Annexe

Références bibliographique

Tables des matières

7
Introduction Générale

Il est admis que le secteur du textile-habillement revêt une importance stratégique dans
l’économie nationale en raison du potentiel considérable qu’il recèle en matière
d’investissement, d’emploi, d’exportation et de création de valeur ajoutée.

En effet, c’est un secteur qui occupe une place considérable dans l’économie nationale, et qui
contribue de façon substantielle à l’amélioration des performances des industries de
transformation, comme en témoignent les indicateurs économiques, en particulier, dans la
dynamisation du commerce extérieur.

Aujourd’hui plus que par le passé, à tort ou à raison, le mot compétitivité fait loi. Les
pratiques et les orientations érigées à partir de ce concept ont des conséquences multiformes ;
désastreuses pour les uns, avantageuses pour les autres.

La compétitivité n’est, bien évidemment dans une sphère d’économies nationales, qu’une
modalité de comportement. Parmi d’autres, des acteurs économiques devant l’exacerbation de
la concurrence entre marchés, chaque entreprise cherche dans le respect des règles de jeu à
sauvegarder ses acquis (part de marché) et préserver ses avantages concurrentiels voire même
les accroître.

En réalité, la compétitivité n’est plus l’unique objectif de l’entreprise, mais elle a dépassé les
frontières pour devenir la préoccupation majeure de l’Etat et de la société dans son ensemble.

D’aucuns estiment que ce secteur, qui se trouve confronté depuis quelques années à de
multiples contraintes ayant affecté son développement, souffre d’une perte relative de
compétitivité et d’un recul de la position concurrentielle, en particulier, sur le marché
communautaire, dû à une concurrence internationale de plus en plus agressive.

De même, il n’est pas vain de souligner les efforts accomplis par le Gouvernement Marocain
pour relancer le secteur textile-habillement, à même de lui permettre de réunir toutes les
conditions de réussite d’une stratégie visant à profiter des forces intrinsèques de ses
opérateurs et saisir les opportunités offertes, en tenant compte des forces de nos entreprises et
des risques liés à un environnement concurrentiel.

8
Intérêt et choix du sujet

Ce travail présente le résultat de tout mon parcours universitaire, où je devrais investir


mes connaissances pré-acquises et de les compléter par des recherches scientifiques à l’aide
des revues de littérature, articles de presse, rapports, et sites internet, afin de collecter des
informations complémentaires sur le terrain.

Le choix de ce sujet revêt d’un intérêt particulier tant sur le plan personnel que général.
Sur le plan général, l’intérêt est de mettre la lumière sur l’importance de l’industrie de textile
habillement, qui représente une proportion importante dans notre industrie tant en terme
numérique qu’en terme de contribution à la création d’emploi, aux exportations…, Et son
poids dans l’économie nationale, ainsi d’étudier la compétitivité du secteur textile habillement
en générale et les entreprises qu’il l’appartient en particulier.

Sur le plan personnel, C’est pour moi un plaisir de traiter un tel sujet car j’estime que les
recherches sur ce sujet contribueront à améliorer mon expérience surtout au marché de
travail.

Etant donné que mon travail est orienté dans le domaine de gestion, il constitue un document
qui met en évidence des données réelles, qualitatives et vérifiables pouvant servir à d'autres
recherches ultérieures.

9
Problématique de recherche

Pour mener bien cette étude, il est nécessaire de passer par un certain nombre de questions
afin de sortir de tout ce qui est ambigu vers l’intelligibilité des choses, et de cerner encore plus
le travail. De ce fait notre problématique s’articule autour d’un certain nombre de question :

 Quels sont les principaux leviers de compétitivité des entreprises et du secteur textile
habillement au Maroc ?

 Quels sont Les facteurs de compétitivité du secteur textile habillement ?

 Quelles sont les atouts et les handicapes du secteur textile habillement ?

10
Méthodologie de recherche

Dans ce présent travail de recherche et dont l’objectif est de répondre à notre


problématique précitée, l’étude sera divisée en deux grandes parties majeures :

En première partie nous apportons d’abord des précisions sur la notion « compétitivité »,
ses formes au niveau micro et macroéconomique, ses formes, indicateurs de mesure, et les
stratégies qu’adopte les entreprise compétitive pour faire face de la concurrence et garder son
part sur le marché durablement.

La seconde partie, où nous essayerons à présenter le secteur textile-habillement marocain


afin de cerner sa compétitivité. Cette présentation se fera à travers le décryptage de son
historique, son importance dans le tissu industriel marocain, ainsi que son positionnement à
l'échelle internationale, étudier les principaux et fameux facteurs clé de la compétitivité du
secteur textile habillement.et de discuter les différents accords concerné par ce secteur d’activité
et qui participe à son réussite.

Finalement nous allons enrichir ce travail par une étude empirique porte sur une enquête
par questionnaire afin de l’analyser et interpréter les résultats obtenus pour mettre en évidence
les différents éléments traités en parties théorique.

11
Première partie : La compétitivité

12
Introduction de la première partie

La modernisation des marchés et la crise qui caractérise le système économique mondial de


nos jours ont provoqué l’intensification considérable de la concurrence internationale entre les
entreprises, les secteurs industriels et les nations. Le thème de la compétitivité paraît donc au
cœur des débats politiques, économiques ainsi que de stratégies d’entreprises dans la plupart
des pays.

L’analyse de la compétitivité a fait l’objet de nombreuses études théoriques et empiriques,


cependant, aucune d’elle n’a réussi à en donner une réponse satisfaisante et suffisante. Chaque
école, voire chaque auteur adopte une méthode qu’il juge appropriée pour l’analyse.

Le présent chapitre vise à clarifier, dans la mesure du possible le concept de la compétitivité,


tout en identifiant ses différentes formes et mesures.

13
Chapitre I : La compétitivité « concepts, formes et
mesures »

En raison de l’ouverture croissante des économies, de la globalisation des marchés, de


l’innovation technologique. la compétitivité est devenue un impératif pour : les entreprises
opérant aussi bien sur le plan national qu’international.

La tendance à la réalisation de la libre concurrence sur le marché mondial, a donné à cette


notion une nouvelle dimension. Le rapport qualité/prix doit être aussi avantageux que possible
pour pénétrer un marché ou maintenir une position concurrentielle. L’amélioration de la
compétitivité est conditionnée par le niveau des innovations technologiques et la capacité des
nations ou des entreprises à se spécialiser dans des créneaux porteurs.

1. Définition et formes de la compétitivité

La notion de compétitivité renferme une multitude de définitions et a été, depuis longtemps,


l’objet de vives controverses. C’est un concept multidimensionnel tant qualitatif que
quantitatif, ambiguë et indéterminé sur le plan théorique et susceptible d’interprétations
diverses. « La compétitivité est un concept qui tout de long de l’histoire est défini selon
plusieurs approches et selon plusieurs théoriciens». C’est pourquoi chacun d’eux définit la
notion de compétitivité en fonction des variables qu’il voit nécessaires pour renforcer la
position concurrentielle à l’égard des partenaires commerciaux.

L’économiste américain Malcolm H. Dunn a expliqué la compétitivité comme étant la


capacité de s’adapté au changement structurel et l’anticiper. le compétitive Ness Policy
Council des Etats-Unis définit la compétitivité comme la capacité des biens et services
capables de soutenir les exigences des marché internationaux à une époque où le niveau de vie
des citoyens augmente constamment et durablement .Quant à l’OCDE, elle voit dans la
compétitivité « la capacité d’entreprise, d’industries, de régions de nations ou d’ensembles
supranationaux à générer ,de façon durable, un niveau d’emploi des facteurs relativement
élevé » .

Ces définitions sont extrêmement larges. Dans un autre sens, la compétitivité met l’accent sur
la qualité de l’environnement national dans lequel opèrent les unités de production. C’est-à-
dire l’ensemble des éléments d’une économie qui peuvent jouer en faveur de l’amélioration de
la compétitivité. Cette définition recouvre des considérations liées aux coûts de main-
d’œuvre, aux conditions de travail, à la gestion d’entreprise, aux compétences et à la
qualification des employés. Au niveau des infrastructures routière, de transport et de
communication, à la qualité de l’administration publique (efficacité et efficience dans le
règlement des affaires), au niveau de la concurrence, les politiques en matière de qualité et de
normes, à la protection de la propriété intellectuelle…etc. Nation dépend aussi « de
l’aptitude de l’environnement socio-politique à réunir les conditions d’un développement
harmonieux ».

14
Les variables politiques et les grandeurs socio-économiques influencent largement le niveau
de la compétitivité globale d’une économie.

1.1 Au niveau microéconomique :

Au niveau de l’entreprise, la notion de compétitivité est plus simple et ses termes sont
plus explicites. Ainsi la compétitivité d’une entreprise peut être définie d’une maniéré plus
simple comme le produit et sa capacité à soutenir la concurrence des autres entreprises
nationales ou étrangères.

Selon le modèle de concurrence pure et parfaite « une entreprise n’est pas compétitive lorsque
son coût de revient moyen dépasse le prix de ces produits sur le marché »1. De ce fait, une
entreprise peu rentable ne peut être compétitive, donc la rentabilité d’une entreprise est le
facteur le plus fiable pour appréhender sa compétitivité.

Mais, le traitement du seul aspect rentabilité de l’entreprise, revient à ne pas prendre en


compte que la dimension structurelle de la définition. A ce niveau ALTENBURG et Al
(1998) ont adopté une définition englobante : « la compétitivité d’une entreprise est l’aptitude
à conserver une position sur le marché entre autres choses, en livrant des produits de qualité à
temps et à un prix compétitif grâce à une capacité d’innovation et à un système de
commercialisation efficace »2.Cette définition est intéressante puisqu’elle prend en
considération, à la fois les résultats attendus d’une entreprise compétitive (part de marché), et
les moyens pour atteindre cette compétitivité (innovation, différenciation des produits …).

A cet égard, on distingue deux approches différentes, mais complémentaires : une approche
statique ou de résultats et une approche dynamique ou de moyens.

 L’approche statique : met l’accent sur le rôle des critères quantitatifs

(Prix, profit, etc...)Pour apprécier l’état compétitif d’une entreprise. Selon cette approche, une
entreprise est compétitive si elle peut réaliser des marges bénéficiaires suffisantes. Ainsi
« une entreprise compétitive, est celle qui est capable d’offrir son produit sur les marchés à
des prix suffisants pour rémunérer les facteurs nécessaires et dégager une marge bénéficiaire
supérieure à celle de ses concurrents »3.

Cette approche est qualifiée de résultat parce qu’elle accorde une grande importance à la
réalisation du profit comme principal indicateur de performance de compétitivité de
l’entreprise.

1
« Competitiveness : concept and measures », document hors-série n°5, industry Canada, avril 1995
2
ALTENBURG et AL (1998), cité in « amélioration de la compétitivité des PME par le renforcement des
capacités productives » ; rapport du secrétariat de la CNUCED, 20 décembre 2002.
3 Bienaymé A « la compétitivité de l’économie française », communication au colloque (association française
des sciences économiques), paris .juin 1981, P1.

15
 L’approche dynamique : s’intéresse aux déterminants de la compétitivité structurelle
dont la qualité constitue une composante essentielle.

Cependant, cette distinction entre compétitivité statique et dynamique, ne doit pas être
confondue avec la compétitivité Ex post et la compétitivité Ex ante. Cette dernière distinction
renvoie plutôt aux notions de résultat ou encore de performance observée pour la première, ex
post, de stratégie, de projets et donc d’anticipation pour la seconde.

1.2 Au niveau macroéconomique

Sur le plan macroéconomique ou d’un pays, la compétitivité est souvent assimilée à un


environnement macroéconomique stable et sécurisant (déficit budgétaire réduit, taux d’intérêt
faible, taux d’inflation admis, etc.). Cette compétitivité évolue de pair avec l’amélioration de
bien être économique d’un pays.

Ainsi L TAYSON définit la compétitivité d’une nation comme « sa capacité de produire des
biens et services qui satisfont aux conditions de la concurrence internationale tout en
permettant aux citoyens de bénéficier d’un niveau de vie à la fois croissant et
soutenable »4.cette définition a été adoptée par competitiveness Policy conseil des Etats Unis.
Alors que MARKUSEN ajoute que « un pays est compétitif s’il maintient un taux de croissance
du revenu réel égal à celui de ses partenaires commerciaux dans un contexte de libre échange et
de commerce équilibré à long terme »5.cependant, le taux de croissance des partenaires
commerciaux n’est important que dans la mesure où il donne une indication des possibilités de
croissance d’un pays donné.

Pour sa part, l’OCDE voit dans la compétitivité, la capacité des entreprises, d’industries, de
régions, de nations ou d’ensembles supra normaux de générer de façon durable un niveau
d’emploi des facteurs relativement élevé. Le global compétitiveness report 2000 signale que
« la compétitivité d’une nation est fonction de sa créativité économique. Cette créativité se
mesure à l’aide d’indice de technologie et d’un indice de création d’entreprises »6.

Au contraire, certains auteurs refusent d’utiliser le concept de compétitivité pour qualifier une
économie. PAUL KRUGMAN dénonça ainsi l’utilisation de ce concept pour qualifier une
économie nationale, moins pour son sens flou que de l’idéologie qu’elle véhicule, en laissant
supposer que les nations se font concurrence au même titre que les firmes, l’essentiel du
principe des avantages comparatifs (toutes les nations gagnent à l’échange) est occulté ;

4 Cité par Krugman 1994.P.31 .cité in « problèmes économiques », n°2433,2 août 1995, P11
5Markusen. J1992. « Productivité, compétitivité, performance commerciale et revenu réel : le lien entre les
quatre concepts ».Cité in « competitiveness »concept and measures », document hors-série n°5, industry
Canada, avril 1995.
6
Cité in « amélioration de la compétitivité des PME par le renforcement des capacités productives » ; rapport du
secrétariat de la CNUCED, 20 décembre 2002.

16
Plus encore, il ajoute que la croissance du revenu réel d’une nation repose fondamentalement
sur la productivité des facteurs domestiques, et non sur la notion mal définie de la
compétitivité « la compétitivité est un mot vide de sens lorsqu’il est appliqué aux économies
nationales »7.

Dans une tentative simplificatrice, la compétitivité a été abordée en termes de performances


commerciales. Un pays connaissant une balance commerciale tendanciellement à l’équilibre
tout en ne devant pas recourir pour ce faire à des modifications constantes de parité ou de
politiques de déflation interne pourrait être considéré comme globalement compétitif au plan
international.

La différence entre la compétitivité d’une entreprise et celle d’une nation est que l’entreprise
cessera d’exister si elle demeure longtemps non compétitive, alors qu’une nation ne parvient
jamais à la cessation d’activités. Lorsqu’une nation perd sa compétitivité », cela se traduit par
une détérioration de la protection sociale plutôt que par son élimination du marché.

1.2.1 La compétitivité d’une nation

Sur le plan macro-économique, la compétitivité est souvent assimilée à un


environnement macroéconomique stable et sécurisant (déficit budgétaire réduit, taux
d’inflation admis, taux d’intérêt faible…) Bref, la compétitivité est liée à l’ensemble des
moyens mis en œuvre par les pouvoirs publics dans le but d’accroitre le niveau de vie de la
population et de mettre l’économie sur les rails d’une croissance soutenue et durable. En effet,
L.Tyson définit la compétitivité d’une nation comme « notre capacité de produire des biens et
services qui satisfont aux conditions de la concurrence internationale tout en permettant à nos
citoyens de bénéficier d’un niveau de vie à la fois croissant et soutenable ».

De cette citation, il ressort que la compétitivité d’une économie est fonction de son aptitude à
renforcer sa position concurrentielle à l’égard des autres pays. Elle se traduit également par
« sa capacité d’affronter la concurrence internationale, c’est-à-dire d’obtenir un équilibre
durable de sa balance de paiement courants (échanges de marchandises et services avec
l’étranger) ou simplement de sa balance commerciale dans le respect de la liberté des
échanges défini par les accords du GATT ».

D’autres écrits dans ce domaine précisent que la compétitivité d’une nation dépend aussi
« De l’aptitude de l’environnement socio-politique à réunir les conditions d’un
développement harmonieux ». Les variables politiques et les grandeurs socio-économiques
influencent largement le niveau de la compétitivité globale d’une économie.

7
PAUL Krugman, cité in « compétitivité » michéle debonneuil et Lionel fontagné .La documentation française.
Pris 2003

17
Toutefois, la compétitivité d’une nation ne s’apprécie qu’à travers ses échanges commerciaux
avec l’extérieur, « un pays connaissant une balance commerciale tendanciellement à
l’équilibre tout en ne devant pas recourir pour ce faire à des modifications constantes de parité
ou de politiques de déflation interne pourrait être considéré comme globalement compétitif au
plan international ». Elle est aussi assimilée à l’avantage comparatif dont dispose une
économie pendant une période. La compétitivité d’une économie se mesure par la capacité de
ses prix à confronter la concurrence dans le marché mondial. Les prix ne sont que le reflet des
coûts de production influencés par une multitude de variable tels que, la politique monétaire
nationale, le taux de change, la politique commerciale….etc.

Tous les éléments qui contribuent à l’amélioration ou à la détérioration de la compétitivité


d’une nation se traduisent par des modifications, à la hausse comme à la baisse, du niveau des
prix mondiaux vis-à-vis de ceux des pays concurrents. Ces changements dépendent des
conditions structurelles et/ou conjoncturelles du système productif et de la santé de
l’économie dans son ensemble.

En définitive, la compétitivité d’une économie est fonction à la fois de sa capacité à soutenir


la concurrence internationale et de son aptitude à créer un environnement favorable à une
croissance durable et à un développement continu.

Cependant, la compétitivité d’un pays n’est que le résultant de la compétitivité des unités de
production constituant l’appareil productif et le tissu industriel national.

1.2.2 La compétitivité d’une entreprise8

La compétitivité d’une entreprise est le produit de sa capacité à soutenir la concurrence


des autres entreprises nationales ou étrangères. Une entreprise est dit compétitive lorsqu’elle
s’assure durablement un avantage par rapport à ses rivales.

La rentabilité d’une entreprise est l’indicateur le plus fiable pour appréhender son niveau de
compétitivité, selon P. De Villé « l’entreprise pourrait être dite compétitive lorsque son taux
de rentabilité est supérieur à celui des autres entreprises opérant sur le même marché, dans les
mêmes conditions de concurrence à court-moyen terme, ou encore à l’ensemble des
entreprises productives si l’on s’intéresse à la compétitivité à plus long terme dans un même
espace territorial ou enfin à l’ensemble des entreprises de cette même branche dans un certain
nombre de pause constituait la zone de référence ».

La rentabilité est parmi les éléments qui ont un impact, direct ou indirect, sur le résultat
d’exploitation de l’entreprise, tels que : le prix de la consommation intermédiaire, le prix de
l’output, les salaires, le coût du capital et la technologie qui déterminent le niveau

8
Olivier Meir, Diagnostic stratégique évaluer la compétitivité de l’entreprise.

18
De productivité des facteurs et l’amortissement des biens d’équipement.

2. Formes de la compétitivité

La compétitivité ne se mesure pas par un critère unique, mais résulte de la conjonction


d’un ensemble d’éléments pour lesquels l’entreprise, voir la nation, se trouve en situation
favorable par rapport à ses concurrents, à savoir sa compétitivité prix et sa compétitivité hors
prix.

2.1. Compétitivité prix :

Elle exprime la structure des prix d’une économie par rapport à celle de ses partenaires
commerciaux et est loin de refléter l’ensemble des caractéristiques permettant la vente d’un
produit. Elle est directement liée au niveau du taux de change et consiste pour les producteurs
d’un pays donné à pouvoir vendre sur les marchés étrangers à un prix, éventuellement
inférieur au prix des producteurs étrangers.

Le taux de change est donc l’opérateur crucial ; une économie généré des gains de
compétitivité prix lorsque le taux de change réel augmente, c’est-à-dire quand les prix
nationaux baissent. Ces grains apparaissent d’abord sur les marchés étrangers et peu sur le
marché national.

En plus du taux de change, la compétitivité prix au niveau macroéconomique repose


également sur des ressources naturelles à la disposition du pays (matières premières, énergie,
fond marins…), qui sont déterminées par le découpage du monde en états nation, et des
ressource humaines.

Au niveau de l’entreprise, les structures du coût sont alors les déterminant principaux du prix
et, par voie de conséquence de la compétitivité. Ces coûts sont pour toute entreprise, quel que
soit son secteur d’activité, les coûts de la matière première, les frais financiers et les coûts de
la main d’œuvre.

2.2 . Compétitivité coût :

Elle se rapporte aux coûts de l’entreprise, c’est-à-dire aux coûts des facteurs de
production et à l’efficacité de la production. Elle augmente lorsque les coûts baissent à
quantité du produit constante, indépendamment du prix ou de la quantité vendue.

19
Sur le plan macroéconomique, la comparaison se fait sur la base des coûts salariaux unitaires
d’un pays par rapport à ses partenaires de la zone, puisque les coûts de la main d’œuvre
constituent élément important dans l’industrie.9

A ce niveau, de nombreux critères peuvent être mis en évidence pour apprécier l’impact des
coûts de la main d’œuvre sur la compétitivité industrielle. Tel que le taux de croissance de la
main d’œuvre, qui permet de situer l’analyse dans une perspective dynamique.

Toutefois, est force de constater, l’évolution de la compétitivité prix est insuffisante, à elle
seule, d’expliquer les performances nationales dans le commerce extérieur, surtout dans un
nouveau contexte en pleine mutations, et ou la qualité constitue un instrument efficace à
l’échelle planétaire .Alors la prise en considération des déterminants de la compétitivité hors
prix devient un impératif.

2.3. Compétitivité hors prix :

Aujourd’hui, dans un environnement de plus en plus concurrentiel, la compétitivité prix


n’arrive pas à expliquer et justifier, à elle seule, les performances des entreprises et des
nations sur des marchés globalisés en pleine mutations, et sur lesquels le client est devenu roi.
D’où il est devenu opportun, d’adopter une nouvelle conception de la compétitivité.

La compétitivité hors prix exprime la faculté d’une entreprise ou d’une nation à capter la
demande grâce à des facteurs autres que les prix, et s’adapter aux évolutions de cette dernière.
Elle se fonde essentiellement sur trois éléments, qui sont la qualité, la différenciation des
produits et l’innovation.

 La qualité :est devenue aujourd’hui un facteur déterminant de la compétitivité des


entreprises, du fait qu’elle leur permet de s’adapter aux besoins de plus variés et complexes
des clients « une entreprise peut soutenir la concurrence internationale à long terme, si elle a
la souplesse et la capacité nécessaire pour identifier et mettre au point des produits plus
efficacement que d’autres »10.

On assiste récemment au développement d’une nouvelle philosophie de management (la


qualité totale), qui n’est pas considérée comme un objectif en soi, mais bien comme la mesure
par excellence des résultats de toutes les activités de l’organisation. Il s’agit de toutes les
personnes qui doivent participer aux grands processus d’amélioration, touchant l’ensemble de
l’organisation.

9
« Coûts salariaux et compétitivité dans les principaux pays industriels », problèmes économiques, n°2338 ?25
10
Rapport de la banque mondiale n° 1157, cité in « impératif de la performance dans la compétitivité de
l’entreprise » Salam amimar.thése de doctorat 2003.

20
 La différenciation des produits : est la création de produits de qualité ayant des
caractéristiques particulières.

Elle permet à l’entreprise d’engager des profits substantiels, en apparaissant comme le seul
fabricant le produit en question et de détenir par la suite un monopole limité (à un produit très
précis et sur une période relativement courte).

Même si la différenciation exige des investissements en recherche et développement


importants à priori, elle confère à la firme un surplus de réputation et de crédibilité, et un
sentiment de confiance en lui permettant de conserver ses marchés traditionnels, et
d’augmenter de nouvelles parts de marché à posteriori.

 L’innovation :dans le souci de renforcer la compétitivité, et de faire face à la demande


volatile des consommateurs, les entreprises recouvrent de plus en plus à l’innovation. Cette
dernière est définie comme le seul moyen qui permet à l’entreprise de suivre de plus près le
changement des habitudes, des goûts et des structures et d’en garder contact.

L’innovation peut prendre plusieurs formes :

 Des produits ou services nouveaux, intégrant une ou des améliorations technologiques


ou simplement des modifications du design ou des fonctionnalités.

 Innovation dans les processus de conception, de production ou de maintenance. Ces


innovations ont pour principal objectif l’amélioration de la productivité de l’entreprise.

La compétitivité hors coûts recouvre également la compétitivité technologique et la


compétitivité structurelle.

 La compétitivité technologique :est considérée au centre des préoccupations de


plusieurs auteurs comme Schumpeter ou Marshall, cette dernière s’opérer par les prix ainsi les
coûts, et porte sur les produits eux même. Elle se réfère à la recherche, à l’innovation,
l’accumulation du savoir technologique et à la compétence.

La compétitivité technologique est devenue un facteur essentiel de la performance des


entreprises, comme l’affirmait CHAMBERLIN dans les années 50 « les produits sont les
choses les plus volatiles du système économique, beaucoup plus que le prix ».

Le problème principal posé par la compétitivité technologique est celui du passage du niveau
de la firme à celui de la nation.

21
 La compétitivité structurelle 11: met en lumière tous les
facteurs« structurels »susceptibles de freiner ou de stimuler la production (goulets,
encadrement, d’étranglement, capacité de financement, encadrement, etc.) CHESNAIS lui
attribue la fonction d’accorder à l’état un rôle actif par rapport aux firmes « le terme de
compétitivité structurelle permet d’exprimer l’idée que si la compétitivité des entreprises
traduit l’efficacité des pratiques de gestion de l’entreprise. Elle procède aussi de la cohérence
et de l’efficacité des structures de l’investissement dans le pays.de son infrastructure
technique et d’autres facteurs qui déterminent les avantages externes sur lesquels peuvent
s’appuyer les entreprises »12.

11
Marc Ingham, Management stratégique et compétitivité, De Boeck, 1995.
12
CHESNAIS F, La compétitivité technologique en tant que compétitivité structurelle in F.Chesnais
compétitivité internationale et dépenses militaires, Economica, 1990

22
Chapitre II : Les indicateurs de mesure de la
compétitivité

La compétitivité est un concept complexe du fait que son évaluation exige le recours à
plusieurs indicateurs, cependant aucun d’entre eux n’est capable de faire, à lui seul, le
diagnostic de l’ensemble de la compétitivité.

Les indicateurs changent selon une entreprise, un secteur d’activité ou d’une nation, puisque à
chaque niveau d’agrégation correspondent diverses mesures de la compétitivité.

1. les indicateurs de la compétitivité au niveau de l’entreprise

La compétitivité au niveau microéconomique consiste en une pondération de plusieurs


facteurs, qui constituent la force relative de l’entreprise ; Cette force peut être définit
comme « l’ensemble des ressources et des compétences qui déterminent toutes les fonctions et
tous les domaines d’action de l’entreprise »13.ces ressources et ces facteurs se déterminent à la
fois par des facteurs endogènes et exogènes de l’entreprise.

Selon l’OCDE » les facteurs qui contribuent à la compétitivité microéconomique sont depuis
longtemps une source de préoccupations particulière pour l’économie industrielle et celle de
gestion. Ces disciplines font appel à une grande diversité d’indicateurs (part de marché,
bénéfices, dividende, etc.) »14.

En générale, pour tester la santé compétitive d’une entreprise, l’analyse des indicateurs de part
de marché, accompagné de l’examen des ratios plus précis concernant la rentabilité, la
productivité, et le coût de revient s’avéré d’une importance cruciale.

13
DIMITRIS BOURANTAS « les bases de la compétitivité industrielles », revue de gestion, septembre-octobre
1983, P40.
14
OCDE 1991, cité in « competitiveness : concept and measures », document hors-série n°5, industry Canada,
avril 1995.

23
1.1. La part de marché :

La part de marché est la principale mesure de la compétitivité « la compétitivité est la


capacité à faire face à la concurrence et à occuper une position forte sur un marché ».comme
l’affirme la définition suivante :

La part de marché =chiffre d’affaire de l’entreprise /chiffre d’affaire totale des


entreprises

Certes la part de marché n’est pas en effet l’objectif de l’entreprise ; elle ne cherche à
augmenter sa part de marché que lorsque cela lui permet d’augmenter son profit.

En revanche, une part importante sur le marché intérieur ne constitue pas un indicateur fiable
pour tester la compétitivité de l’entreprise sur le plan international ; il est possible pour une
entreprise de détenir une part importante du marché local sans être compétitive au niveau
international, c’est le cas lorsque le marché local est protégé par des obstacles au commerce.

1.2 Le coût de revient moyen :

Une entreprise n’est pas compétitive lorsque son coût de revient dépasse le prix de ses
produits sur le marché, donc le coût de revient moyen comparé à celui des concurrents
constitue un indicateur suffisant pour appréhender la santé compétitive de l’entreprise.
Le coût de revient moyen d’une entreprise peut être supérieur à celui de ses rivales parce que
sa productivité est plus faible, parce que ces facteurs de production lui coutent trop cher, ou
pour ces deux raisons à la fois.

Cependant, le coût de main d’œuvre peut assez bien représenter le coût de revient moyen
lorsque le coût de main d’œuvre constitue une importante fraction du coût total, mais cette
situation n’est fréquente qu’au niveau national et non de l’entreprise.

1.3La rentabilité :

La rentabilité de l’entreprise est souvent considérée comme l’indicateur le plus pertinent


de sa compétitivité.

24
A partir du compte d’exploitation de l’entreprise, le taux de rentabilité de l’entreprise dépend
d’un ensemble de variables simple: le prix de l’output, celui des consommations
intermédiaires, les coûts du travail et des biens capitaux, enfin la technologie de l’entreprise
déterminant les productivités des facteurs et la dépréciation de l’équipement.

La rentabilité économique peut alors s’écrire :

Rentabilité brute globale = excédent brut global / capital engagé

Cette formule met l’accent sur les marchés, autrement dit sur les choix de produit et
d’organisations compatibles avec une optimisation de la rentabilité économique guidée par le
marché.

1.4. La productivité :

La compétitivité est fondée sur la productivité accrue des entreprises, cette productivité
peut être définie comme une quantité d’objets fabriqués ou de services rendus par unité de
temps. Mais, force est de souligner, la productivité, en elle-même n’est pas garante de la
performance de l’entreprise, ce qui compte c’est la contrepartie monétaire de cette
productivité, à savoir la valeur ajoutée par chaque salarié pendant chaque heure de travail 15.

Quant à la productivité totale des facteurs, elle mesure l’efficience avec laquelle sont
convertis en produits finis l’ensemble des facteurs de production, mais cette notion ne jette
aucune lumière sur les avantages ou les désavantages du coût et des facteurs de production, de
même que cette productivité ne renseigne pas sur l’attrait des produits proposés par
l’entreprise.

Productivité totale des facteurs = (croissance totale)-(contribution du facteur capital et


travail à la croissance)

Il est possible de calculer le taux de croissance de la productivité totale des facteurs.


Mais, les indicateurs de compétitivité prix qu’on vient de citer jusqu’à présent, sont d’autant
peu fiables que les structures de marché sont éloignées de la concurrence parfaite.

15
GUILLAUME DUVAL, « productivité et valeur ajoutée : des relations complexes », problèmes économiques,
n°2551,14 janvier 1998.

25
Dans ce cas des indicateurs de compétitivité hors prix (plus qualitatifs sont plus pertinents
pour tester les performances compétitives de l’entreprise. Ces indicateurs ont trait à :

 la qualité, la spécificité du produit, l’innovation et la différentiation du produit.

 La capacité de créer des rapports harmonieux avec les fournisseurs de composantes et de


première en amont et avec les détaillants en aval.

 L’amélioration des compétences des travailleurs et des employés par le biais


d’investissement dans la formation professionnelle et l’accroissement de la responsabilité
des travailleurs au chapitre de la production.

La compétitivité-coût ne peut être considérée comme élément explicatif de la compétitivité


d’une entreprise. Les conditions de demande qu’elle s’est créée pour elle-même sont à
prendre en compte.

Lorsqu’on parle de la compétitivité-coût, on fait implicitement allusion à la compétitivité-


prix, du fait que le prix est un indicateur essentiel de la compétitivité d’une entreprise. En fait,
« une entreprise est dite compétitive pour un produit donné si elle est capable de l’offrir sur
les marchés à des prix inférieurs ou égaux à ceux des concurrents, effectifs ou potentiels, mais
suffisants pour rémunérer les facteurs nécessaires et dégager une marge bénéficiaire
supérieure ou égale à celle de ses concurrents ».Le prix compte parmi les facteurs les plus
essentiels de la compétitivité d’une firme, du fait que la compétitivité-prix est souvent
dépendante des fluctuations du taux de change, de l’évolution du différentiel et de la marge
bénéficiaire des exportateurs.

26
Chapitre III : Stratégies de l’entreprise compétitive

Au moment où l’on assiste à un développement accru des interférences entre économies


nationales, la mise en œuvre d’un certain nombre de stratégie s’avère nécessaire pour adoucir
la pression de la concurrence qui pèse sur l’entreprise. Les différents modes d’actions
stratégiques ont pour objectif principal de rendre l’entreprise plus performante en vue de lui
permettre d’atteindre un niveau élevé de compétitivité, aussi bien sur le plan national
qu’international.

1. Les différentes stratégies de l’entreprise

En 19éme siècle, selon l’analyse classique traditionnelle, le comportement de la firme


est traduit par la maximisation du profit. Aujourd’hui, l’entreprise moderne cherche à
atteindre l’objectif de la croissance et non plus à maximiser le profit. La concrétisation de cet
objectif de croissance n’est possible, dans un climat de changement et d’incertitude, qu’à
travers la mise en application de stratégies.

Cependant, avant d’entamer l’analyse des stratégies auxquelles la firme aura recours, il
convient de définir le concept de stratégie : « la stratégie d’une firme peut-être définie comme
l’ensemble des décisions et moyens qu’elle engage en vue de s’isoler du jeu des forces
concurrentielles qui pèsent sur elle »16.

1.1. Les stratégies mettant l’accent sur le prix

Les stratégies portant sur le prix ont souvent été préférées par les économistes en raison
de leur préoccupation des conditions d’équilibre entre l’offre et la demande dans un secteur
d’activité donné. Cependant, le privilège accordé à la stratégie de prix a été ensuite nuancé
pour permettre une meilleure appréhension de la réalité de la firme. De cette situation, il
ressort deux modalités de détermination des prix.

a- La détermination du prix dans le marché

Sur un marché bien déterminé on constate d’une manière générale la proximité des prix
pour des biens et services similaires, même s’il n’existe pas de confrontation entre
producteurs. Les différentes méthodes de production mises en place par les producteurs d’un
même bien ou d’un même service sont, de ce fait, semblables, ce qui dégagera des coûts de
production comparables.

16
J.P.Angeleier : Economie industrielle, éléments de méthode, presses universitaires de Grenoble 1991, op.cit.,
P.85.

27
Dans le cas où les produits sont concurrentiels, un prix unique règne sur le marché,
couvrant les frais de production et dégageant un bénéfice suffisant et acceptable pour
l’offreur. Dans bien des cas, le producteur peut se retrouver dans une situation d’ambiguïté en
ne pouvant plus connaitre exactement son coût de production.

Pour fixer le prix de vente, il procède à l’aliénation de son prix sur celui en vigueur sur le
marché. Dans ce cas, fréquemment, le prix de marché dépend étroitement du prix de
production. La firme leader qui domine la marché fixe son prix de vente à un niveau qui lui
permet de dégager un profit suffisant après déduction des coûts, ainsi que toutes les charges y
afférentes. Un suiveur ne fera qu’appliquer le prix en vigueur sur le marché.

Lorsque l’entreprise prend la décision de modifier sa position sur le marché, elle peut mettre
en place une stratégie de prix différente : elle pratiquera le full cost, mais avec une répartition
dans le temps de ses coûts fixes, ce qui entraînera une baisse de prix. De même, l’entreprise
peut envisager une autre stratégie si elle se trouve contrainte de vendre à un prix supérieur à
celui de ses adversaires (concurrents) : il s’agit d’aborder une politique de différenciation du
produit.

Les grandes firmes ou les firmes leader sur un marché donné n’ont pas pour objectif essentiel
d’éliminer les petits concurrents par le biais d’une politique de prix offensive, même si ces
derniers connaissent une hausse dans leurs coûts de production unitaires. Pour les grandes
firmes, les PME jouent un rôle important dans l’absorption des fluctuations de la demande,
d’autant plus qu’elles exercent une activité de sous-traitance, permettant à ces firmes de
régulariser leurs rythmes de croissance et leurs activités.

b- Les stratégies contingentes des prix :

La croissance est un objectif stratégique pour les entreprises opérant au niveau national
et international, ainsi elle est considérée comme un résultat des stratégies mises en œuvre.
Parfois, la stratégie peut viser à affaiblir la concurrence, lorsque celle-ci présente une menace
vive, par le biais d’une édification stratégique de barrières.

De même, la différenciation des produits est une autre stratégie ayant tendance à
modifier l’environnement en faveur de la firme qui a besoin d’être accompagnée d’une
stratégie de recherche-développement lui permettant d’innover dans les techniques de
production.

2. Les autres dimensions stratégiques

L’entreprise peut avoir comme stratégie celle qui vise à limiter la concurrence agressive
par l’accès de nouveau concurrents dans le secteur en question. La différenciation du produit,
ajoutée à la recherche-développement, modifie respectivement l’environnement pesant sur la
firme et les techniques de production en vigueur.

28
2.1. Obstacles à l’entrée des nouveaux concurrents

Pour empêcher l’arrivée de nouveaux producteurs et éviter leur installation dans la


branche d’activité, la firme met en place des barrières stratégiques. Ce principe a été
développé notamment à l’aide du concept de coûts irrécupérables.

Lorsqu’une firme est déjà installée dans un secteur d’activité, et qu’elle craint l’entrée d’un
concurrent potentiel, elle affichera une menace en vue de le décourager par le recours à
l’usage des coûts rendant crédibles sa menace.

Ces coûts constituent donc un obstacle à l’entrée. De manière générale, lorsqu’un concurrent
entre dans un secteur d’activité, la firme qui l’occupe déjà a intérêt au partage du marché
plutôt qu’à une compétition par le prix mettant les deux sociétés en difficulté ; l’entreprise qui
existe sur le marché est appelée donc à adopter une stratégie passive.

Tandis que dans le cas contraire, c’est-à-dire si elle veut lutter contre l’entrée du concurrent,
elle doit le dissuader d’une manière crédible. A cet effet, la firme est amenée à engager des
couts irrécupérables entrainant, en cas d’entrée, une marge bénéficiaire plus importante en
situation de guerre des prix qu’en situation de partage de marché, L’entreprise applique alors
une stratégie de dissuasion active.

2.2. La différenciation du produit

La stratégie de différenciation du produit joue un rôle essentiel dans la modification de


l’environnement qui pèse sur la demande adressée à l’entreprise. La différenciation du produit
permet, en fait, de fidéliser une partie non négligeable de la clientèle et de rendre la demande
rigide par rapport au prix. Une telle approche peut apporter ses fruits pour les producteurs qui
la pratiquent, car ils peuvent augmenter leurs prix et par conséquent accroitre le volume de
profit, sans craindre pour autant une perte de la clientèle.

Le producteur qui applique cette stratégie pourra pousser son analyse plus loin en tablant sur
une prolifération des produits qu’il vend sur le marché de telle façon à récupérer le surplus de
consommateur : offrir des produits différenciées à des prix différents, vendant plus cher aux
clients capables de payer un prix plus élevé pour le produit auquel ils sont attachés en raison
de la différenciation, et un prix plus bas pour les autres. Toutefois, la mise en application de
cette stratégie présente une limite ; la firme ne peut plus jouer sur les effets de série et ne
profite plus d’économie d’échelle liés à la production inférieurs et laissent de dégager le profit
attendu.

29
2.3. La recherche et développement

La stratégie de recherche et développement vise à modifier les techniques de production


en vigueur, à rendre opérationnelle des techniques nouvelles et mieux adaptées aux structures
des entreprises et prenant beaucoup bien en compte leurs forces et faiblesses que les
techniques ancien utilisé. Dans ce sens, cette stratégie peut également modifier les biens et
services vendus. Les grandes firmes, en suivant la logique du raisonnement, orientent
l’innovation dans le sens du renforcement de leur position sur le marché, A ce niveau, il
convient de mentionner que la recherche est couteuse, et que ses résultats sont incertains et
aléatoires ; de même, leur diffusion nécessite un délai plus ou moins long, ce qui signifie que
la période de récupération des dépenses est longue.

3. Environnement et compétitivité de l’entreprise

Aujourd’hui plus que jamais, la mondialisation est un processus irréversible et ses


résultats sont divers et multiples : économiques, commerciaux, techniques, technologiques,
sociaux…etc. Avec le mouvement colossal de transfert des technologies pour réduire le coût
et améliorer la productivité, les problèmes issus de l’usage de cette technologie et les
émissions qu’elle dégage sont identiques partout où elle est présente et touche, en particulier,
l’environnement.

Une entreprise compétitive est celle qui réduit ses coûts par rapport à la concurrence et
améliore ses résultats, mais aussi celle qui tient compte de la qualité de l’environnement et de
l’entourage où elle vit, ce qui nécessite des coûts supplémentaires.

L’augmentation de ces coûts, imposés à l’entreprise, se traduira-t-elle effectivement par une


perte de compétitivité? La réponse est négative en raison de l’existence de cinq éléments
d’explication :

 La compétitivité est due à la différence de coûts entre les entreprises. Si les coûts de
protection de l’environnement sont supportés par toutes les unités de production en
concurrence, il n’y aura pas de modification relative des prix et, par conséquent, celle
de la compétitivité.

 L’impact d’une hausse du coût sur les ventes en fonction :

- De la possibilité de la répercuter sur la demande.


- Du comportement des producteurs à l’égard du prix.
- Et de l’élasticité-prix de la demande pour le produit en question.

30
Ainsi, l’impact du coût de protection de l’environnement sur la compétitivité est négativement
d’autant plus que sa marge bénéficiaire est réduite, que la concurrence est élevée et que la
demande pour le produit est élastique au prix.

 Face à cette augmentation dans le coût, les entreprise ne vont pas rester sans faire
aucune action, de même elles ne fonctionnent pas dans un environnement statique-
figé. confrontées à une hausse des couts, elles vont adapter leurs appareils de
production pour minimiser les répercussions. Pour cela, elles mettront en place un
arsenal de mesure, tels que : les progrès technologiques, a substitution des facteurs, la
bonne gestion de l’environnement…etc.

 La politique d’environnement n’est qu’un élément parmi autres qui déterminent la


compétitivité économique d’une entreprise, citons à titre d’exemple : la qualité,
l’innovation, la différenciation, la proximité géographique des marchés, la
qualification de la main d’œuvre…etc.

 L’objectif prioritaire de chaque entreprise est de satisfaire la demande des


consommateurs ; si ces derniers exigent des entreprises d’améliorer leurs
performances en matière d’environnement, cette amélioration pourrait être considérée,
non comme un obstacle, mais une condition nécessaire à la compétitivité d’une
entreprise.

Des normes d’environnement beaucoup plus sévères engendrent une augmentation des coûts
pour l’entreprise, ce qui aura des effets pervers à la fois sur la marge bénéficiaire et la
compétitivité. Au contraire, une nette amélioration des résultats en matière d’environnement,
réduit le coût et accroît la qualité des produits, ce qui renforce, à long terme, la compétitivité
de l’entité.

Une étude a été réalisée en Europe sur un effectif de 67 entreprises relevant des secteurs des
produits laitiers et de la transformation a dégagé les conclusions suivantes :

*Les entreprises peuvent atteindre un niveau élevé de compétitivité, même en supportant des
coûts relativement élevés du fait de la réglementation,

*rien ne permet d’affirmer que les entreprises affichant une productivité supérieure à la
moyenne ont également des coûts de protection de l’environnement ne figurent pas parmi les
facteurs important ayant une incidence sur la survie (ou la croissance) de la plupart des
entreprises,

*il existe une corrélation généralement positive entre un niveau de compétitivité supérieur à la
moyenne et l’adoption, plus fréquente que dans la moyenne des entreprises, de mesures de
protection de l’environnement ».

31
Aujourd’hui, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à opter pour une politique
d’environnement saine et une éthique fondée sur l’efficacité écologique qui chercher à
éliminer les problèmes de pollution. Les émissions et les rejets de déchets montrent
clairement l’usage irrationnel des ressources. Eviter un tel usage peut être considéré comme
un bon moyen d’accroitre la performance et la compétitivité.

La firme n’est pas seulement influencée par l’environnement immédiat où elle vit et tisse des
liens, mais aussi par le macro-environnement qui a également un impact sur son sort.

32
Chapitre IV : La performance : Vecteur de
compétitivité

L’économie mondiale, dans notre ère, est en train de parcourir des trajectoires sans
jamais s’arrêter. Les plus performants, donc les compétitifs, accompagnent ce dynamisme et
relève, par l’occasion, les défis de ce changement perpétuel qu’impose la globalisation
économique et financière ainsi que la délocalisation de la production.

L’entreprise est l’acteur principal composant le tissu industriel d’une économie, et elle
doit évaluer chaque fois qu’il est nécessaire. Cette évolution impose aux entreprises, du fait de
l’ouverture, d’adopter un système de changement permanent et d’être souvent en position de
force grâce à une compétitivité économique souhaitable permettant de sauvegarder, sinon de
conquérir de nouvelles part de marché. Par ailleurs, ce parcours n’est possible que par une
forte performance. Comment alors peut-on l’apprécier au niveau de l’entreprise ? Et qu’en
est-il de la performance de l’économie marocaine et ses unités de production ?

1. La performance : un indicateur essentiel de la compétitivité

La performance est un facteur fondamental de la compétitivité économique, surtout que


le monde est en mutation continue, et que les principes du commerce international changent
constamment en fonction des exigences du marché mondial. Seule une performance solide
peut garantir la survie de l’entreprise17.

1.1. Les instruments de mesure de la performance d’une entreprise

La question traditionnelle à se poser est de savoir comment la structure de la firme peut


influencer le taux de rentabilité. Il est donc commode d’apprécier les résultats de la firme
comme l’efficacité dans la mise en application de sa stratégie, sa capacité de limiter la
concurrence. L’efficience de l’entreprise se mesure par le biais de ses comptes.

Cependant, avant d’entamer l’analyse des instruments de mesure de la performance, il


convient de passer en revue les différentes définitions proposées pour éclaircir la signification.

17
Caldwell, Charles M, performance management.

33
a-Quelques définitions du concept performance

Le mot performance englobe des notions diverses : Productivité, croissance,


profitabilité, rendement et compétitivité. C’est un rapport entre les ressources engagées et les
résultats obtenus .Selon la théorie des organisations, la performance est « une information le
plus souvent quantifiée, qui indique l’état ou le degré d’accomplissement des objectifs
assignés dans le cadre d’une stratégie global de l’entreprise »18.

En outre, « la performance est à la fois accroissement du chiffre, de la part de marché, du


bénéfice ; elle se manifeste aussi à travers les œuvres sociales, la satisfaction donnée au
personnel. La performance est innovation, variation de la gamme des produits, elle est
démultiplication des unités de production et du service pour la conquête et la fidélisation du
client »19.

Selon le prix Baldrige (USA), la performance correspond à une information sur les résultats
de sortie obtenus, des produits, et des services qui permet, l’évaluation et la comparaison
relative aux buts, standards, résultats passés, et relatifs aux autres organisations.

La performance peut être exprimée en termes financiers et non financiers. Selon toujours la
même source, il existe trois types de performances en l’occurrence : opérationnelle prenant en
compte la qualité des produits et services, liée aux clients, financière et relative au marché.

18
Clarke: Industrial economics; Oxford 1985.
19
M.M.A. Agbodan et F.G Amoussouga : « Les facteurs de performance de l’entreprise » ; Actualité
scientifique, éditions John Libby Eurotext 1995, Paris, op.cit, P.XV.

34
Tableau n°1: les différents types de performances :

Types de Performance Signification

Ce type de performance met l’accent sur l’utilité et


l’efficacité des indicateurs de mesures. C’est le cas
par exemple de la productivité, de la réduction des
rebuts, et de la conformité aux exigences
La performance opérationnelle réglementaire.
La performance opérationnelle peut être mesurée au
niveau de l’exécution, au niveau des processus clés,
et au niveau compagnie. La qualité des produits et
services fait appelle à la performance opérationnelle
qui met le point sur les mesures et indicateurs des
exigences sur les produits et services dérivé de
l’information sur les goûts et les préférences des
clients.
Par exemple livraison à temps, fiabilité, temps de
réponses, taux de défauts

Elle porte notamment sur la mesure des indicateurs


relatifs à la perception des clients, de leurs
comportements et de leur réaction face à un
La performance liée aux clients changement des prix ou des produits. C’est le cas
par exemple de la fidélisation de la clientèle, des
résultats d’enquêtes.

Met le point sur les indicateurs utilisant des mesures


de coûts et de revenu, l’utilisation des avoirs, la
croissance des avoirs, valeur ajoutée par employé,
taux d’endettement, part de marché. Les mesures
La performance financière et relative au financières sont adoptées dans toute la compagnie
marché et sont regroupées pour fournir une information
composite de performance au niveau de l’entité.
c’est le cas du retour sur investissement, retour sur
capital, marges et autres mesures de liquidités et de
profitabilité.

35
Pour d’autres, la performance d’une entité est définie comme l’ensemble des
indicateurs montrant combien les objectifs stratégiques et les objectifs annuels sont atteints,
compte tenu de leur priorité relative. Quand on veut étudier la performance future, celle-ci
doit être comparée à la performance présente.

b-Comment mesurer les performances ?

Le recours à l’usage du diagnostic des comptes d’une entreprise, est un moyen pour voir
dans quelle mesure elle a pu atteindre ses objectifs stratégiques. Les analystes financiers
emploient une batterie d’indicateurs en vue d’une analyse financiers minutieuse du
fonctionnement et de la situation de l’entreprise. Les ratios utilisés sont nombreux, nous en
retiendrons les plus importants :

▪ Le Taux de marge : celui-ci est un rapport entre la marge brute d’autofinancement


(MBA) et le chiffre d’affaires. La MBA20est le résultat qui reste à l’entreprise après
déduction de toutes les charges se rapportant aux achats qui ont participé au processus
de production et rémunéré tous les facteurs de production extérieurs, avant d’en
affecter au financement de ses investissements.
La MBA est, de ce fait, considérée comme un bon indicateur d’efficience de
l’entreprise. Une ponction de la marge est destinée au compte de dotation aux
amortissements et provisions et concourt ainsi à financer la croissance de la société, le
reste c’est le bénéfice, autrement dit, la rémunération des capitaux propres. Plus la
firme réalise un taux de marge supérieur, plus elle est considérée comme efficiente.

▪ Le taux de rentabilité financière : est égale au ratio résultat net sur capitaux propres.
Le résultat net21 est défini comme ce qui reste à l’entreprise après déduction de tous les
frais et charges et la partie sera consacré à la croissance.

Ce taux est un instrument souvent utilisé pour mesurer l’efficacité de la firme, mais de
manière imparfaite car le calcul du résultat net fait partie des décisions stratégiques.

En effet, l’entreprise pour payer moins d’impôt pourra, par exemple, gonfler ses provisions.
Cependant, de l’autre côté, pour ne pas décourager les actionnaires bailleurs de fonds, elle
procède à une réintégration de ses provisions en vue de faire apparaître un bénéfice élevé qui

20
Avec le nouveau plan comptable la MBA a été remplacée la par la CAF.
21
Le résultat ne peut-être un bénéfice ou une perte.

36
sera en partie distribué même si elle n’arrive pas à couvrir toutes ses charges. Ceci nous
pousse à conclure que le résultat net ne peut être considéré comme un bon indicateur
d’efficacité, mais comme un indicateur de rentabilité financière effective des fonds propres.

▪ Les ratios de structure ou d’endettement : nous allons nous contenter de la capacité


de remboursement22. Ce rapport doit être inférieur à 4.Ceci signifie que la firme doit
rembourser sa dette dans un délai ne dépassant pas 4ans, si elle affecte toute la MBA à
cette finalité. Un autre ratio de structure n’est autre que celui de l’autonomie
financière : fonds propres sur dettes (Fonds propres/dettes) 23qui est également
intéressant. Les fonds propres24à eux seuls sont insuffisants à l’entreprise pour faire
fonctionner le processus de production. Elle comble cette insuffisance par le recours à
l’endettement à court moyen et long termes. Les valeurs minimale de ce ratio, afin
d’éviter un endettement excessif, est fonction à la fois de la nature de l’activité, de la
longueur du cycle de production et de son caractère aléatoire. Par exemple, cette
valeur ne doit pas descendre en dessous de 1.

▪ Les performances de la société peuvent-être encore évaluées par l’usage des ratios de
dynamisme .Plus le taux d’investissement25 est en augmentation continue, plus il
donne une image de la volonté de l’entreprise à suivre et à évoluer parallèlement à
l’environnement en modifiant son processus de production, sa gamme de produits ou
en augmentant sa capacité d’offre.
De même, le ratio de dynamisme MBA/investissements par ses propres ressources. Il
est erroné de mesurer les performances d’une entreprise en utilisant un seul ratio. Il
importe plutôt d’employer une batterie d’indicateurs permettant d’établir une
évaluation générale de la situation de la firme.

22
Dettes à moyen et long terme sur la marge brute d’autofinancement ; DLMT/MBA, aujourd’hui Dettes
financières/CAF.
23
Parfois on utilise le ratio fonds propres sur le total du passif.
24
Les fonds propres peuvent-être calculés de a manière suivante : Fonds Propres = Capital +Réserves +Résultat
net.
25
Il s’agit d’un rapport entre les investissements engagés par la firme et le chiffre d’affaire.

37
Conclusion de la première partie

Au terme de ce chapitre, il nous paraît très utile de définir la compétitivité comme étant
la force relative d’un compétiteur par rapport à ses rivaux, la définition de la compétitivité au
niveau de l’entreprise est plus simple, ainsi on peut la considérer comme étant la force relative
de l’entreprise par rapport à ses concurrents qui lui permet d’obtenir une part de marché.

Les mesures de la compétitivité dépendent largement de la définition que l’on donne à ce


terme et partant des objectifs que l’on veut atteindre. Donc chaque niveau d’agrégation
(entreprise, nation, secteur) correspond à différentes mesures.

Après avoir présenté le secteur textile habillement et levé, dans la mesure du possible,
l’ambiguïté qui entoure le concept de compétitivité du secteur sur le plan pratique, qui fera
l’objet de cette deuxième partie.

38
Deuxième partie : position du secteur textile
habillement au Maroc

39
Introduction de la deuxième partie

L’industrie marocaine du textile-habillement est parvenue à occuper une place importante


dans le tissu industriel national et se forger une position remarquable dans le commerce
international de cette industrie. Il occupe la troisième place dans l’industrie marocaine après
les industries agroalimentaires, chimiques et para chimique, il est le 7éme fournisseur de
l’UE, et le premier contributeur à l’emploi industriel,

Le secteur compte plus de 1.200 entreprises qui produisent plus d’un milliard de pièces par
an, et pèse pour ¼ des exportations du pays et 15% du PIB industriel.

Le secteur textile représente un secteur stratégique au sein de l’activité industrielle nationale


par sa contribution aux agrégats du secteur (27% des emplois et 7% de la valeur ajoutée
industriels), Dans le contexte de crise économique qui a touché ses principaux partenaires
(notamment l’Espagne et la France qui absorbent près de 60% des exportations du secteur), le
textile a fait preuve de résilience.

40
Chapitre I: Historique et évolution du secteur
textile habillement au Maroc

L’industrie textile marocaine s’est développée dans une première étape dans le cadre de la
substitution aux importations des produits finis, puis s’est orienté dans une deuxième étape
vers l’exportation dans le cadre de la sous traitance pour l’Europe.

1. Historique:
L'historique du secteur textile-habillement peut être représenté en 8 étapes principales.

Etape 1: Mise en place des moyens de production (1960-1965):

En 1960, le secteur textile-habillement comptait une cinquantaine d'entreprises, parmi


lesquelles on distinguait: Manufacture de Fès, Blita, Icoma, Nassige Al Maghrib, Manatex,
Mafaco, Saft, etc… qui étaient dans leur majorité intégrées: filature, tissage et finissage.

L'industrie du textile et de l'habillement ne couvrait, à cette période, que 25 à 30%26 des


besoins du marché local. La valeur de la production ne dépassait presque pas 70 millions de
dirhams. La promulgation du premier code des investissements industriels et l'institution d'une
protection douanière ont permis le démarrage réel de l'industrie textile.

Les résultats de ces mesures n'ont pas tardé à se révéler puisque 5 années plus tard, la
production a été augmentée de plus de cinq fois afin de couvrir 45 à 50% des besoins
nationaux. Le secteur privé a contribué sensiblement à cette opération27.

C'est à cette époque que s'est manifesté l'intéressement du privé marocain, se limitant
principalement au commerce des tissus et des vêtements importés, ainsi que l'installation et
l'implantation des unités de production de textile, surtout dans le tissage et la confection.

26
S. Leymarie et Tripier : « Le Maroc prochain dragon » ; de nouvelles idées pour le développement, éditions
Eddif, 1992, P.4.
27
Idem, P.46.

41
Etape 2: Croissance et satisfaction du marché local (1966-1973):

Cette phase est caractérisée par un développement rapide du secteur textile-habillement


avec une couverture de plus en plus importante des besoins locaux. Dans cette même période,
d'autres branches de la filière textile se sont imposées en vue d'une intégration plus importante
du secteur, il s'agit notamment de la bonneterie, la broderie et du finissage en plus du secteur
de la confection. En jouant le rôle de promoteur, l'Etat a voulu donner l'exemple en
investissant dans les branches très capitalistiques et/ou jugées peu rentables ou à haut risque
par le privé, mais essentielles pour une meilleure intégration de la filière.

En effet, dans laps d'une dizaine d'années, la branche du textile-habillement marocaine s'est
rapidement développée et ce, grâce à la conjugaison des efforts de l'administration et du
secteur privé: la création de Cofitex et le lancement des études pour la réalisation du
complexe (COTEF), entreprises intégrées en filature, tissage et ennoblissement, illustrent bien
cette concertation.

Etape 3: Croissance soutenue et début d'ouverture sur l'extérieur (1974-1981):

Après avoir couvert la quasi-totalité des besoins locaux, l'industrie textile-habillement


s'est tournée petit à petit vers le marché international. Pendant cette période, et en vue de
soutenir la croissance et améliorer l'environnement et les structures d'accueil des
investissements industriels, l'Etat a édicté un certain nombre de mesures législatives,
réglementaires, administratives et financières telles que: le code des investissements
industriels, le code des exportations, les régimes économiques en douane, la création de
l'Office pour le développement industriel "O.D.I" et du centre marocain de promotion des
exportations "CMPE", etc...

A ce titre, l'Etat a créé, par le biais de l'Office de Développement Industriel (ODI), des unités
de production en partenariat avec des opérateurs économiques locaux et étrangers. Parmi ces
unités il y a lieu de citer: Icoz à Oued Zem, Settafil à Settat, etc...

Etape 4: Début de développement des exportations (1982-1986):

Au début des années 80, l'industrie marocaine du textile a connu au niveau du


développement des exportations un bilan plus ou moins positif. La production du secteur fait
état de 9,3 milliards de dirhams en 1986 dont presque le tiers était destiné à l'exportation.

En outre, les investissements de cette période ont connu une croissance d'un rythme
remarquable, la moyenne annuelle entre 1982 et 1986 était de 560 millions de dirhams, ceci
étant le résultat de la promulgation du nouveau code des investissements et des exportations

42
de 198328. L'emploi du secteur au cours de la période correspond en moyenne à 110 000
personnes.

Ainsi, le taux de couverture des importations par les exportations était au-dessus de la barre
des 100%. On assiste aussi à une consolidation de certaines branches répondant aux besoins
du marché local, ainsi qu'à l'épanouissement et le développement rapide des exportations dans
presque toutes les branches et en particulier la confection, la bonneterie, la filature, le tissage
coton et le tissu d'ameublement.

Etape 5: Explosion des investissements textiles et développement des capacités


productives (1987-1991):

C'est la période la plus décisive qu'a connu le développement du secteur textile. 1987 est
l'année de libéralisation de plusieurs produits textiles. Ainsi, à partir de cette date, chaque
programme général des importations introduit un nouveau souffle de libéralisme dans les
importations du secteur.

Depuis, on assiste également à une véritable croissance des investissements en textile au


Maroc. Cela coïncide avec les restructurations opérées au niveau du secteur textile-
habillement européen et des exportations dont le phénomène de délocalisation est la
conséquence directe.

Au cours de cette période, les investissements de délocalisation représentent en moyenne 30%


des investissements textiles du pays. On assiste également à une croissance accélérée des
exportations, plus particulièrement celles de la confection et de la bonneterie, ainsi qu'à la
création et l'expansion d'unités spécialisées dans les branches exportatrices. Le taux de
couverture est par conséquent passé de 130% en 1986 à 166% en 1991.

Etape 6: Grand dynamisme à l'export (1992-1998):

Malgré les mutations croisées par le marché international du textile-habillement,


qu'elles soient au niveau technique, au niveau de la distribution ou encore des sources
d'approvisionnement, cette industrie constitue à cette époque le premier secteur de

28
Sous l’égide de la banque mondiale et du fonds monétaire international, le Maroc a appliqué une politique
d’ajustement structurel/L’objectif de celle-ci, d’une manière générale, est de réduire la demande globale et
d’augmenter l’offre globale.

43
transformation au Maroc. En 1999, la contribution du secteur textile-habillement dans
l'activité manufacturière était comme suit29:

Tableau n°2: Données économiques sur le secteur en 1999

Industrie de
Secteur du textile-
Grandeurs transformation Part en %
habillement

Nombre
6 680 1 500 22,5
d'établissements

Effectif 496 576 186 764 38

Production
152 22,7 15
(milliards DH)

Valeur ajoutée
54 8 15
(milliards DH)

Investissements
11 2,4 22
(milliards DH)

Exportations
38,5 14,3 37
(milliards DH)

29
Portrait de secteur pour le secteur de formation textile-habillement. Réalisé dans le cadre de la coopération
Maroc-Québécoise. Ministère de l'emploi, de la formation professionnelle, du développement social et de la
solidarité, page 4-6.

44
Source: Site du Ministère du Commerce et de l'Industrie, Mai
2001

Etape 7: Orientation vers la spécialisation et dans niches (1999-2004):

Durant cette période, l'industrie de textile s'est développée grâce aux commandes de
sous-traitance des donneurs d'ordre, centrales d'achat, hypermarchés et des ventes à distances
européennes. Les entreprises marocaines se sont positionnées en tant que façonniers des
donneurs d'ordres européens et notamment français. Les volumes étaient importants, rythmés
selon deux saisonnalité.

Les exigences en savoirs techniques, en innovation et en créativité n'étaient pas rigoureuses.


Les professionnels de l'habillement, qui travaillaient essentiellement sur la base des matières
européennes, pouvaient compter sur une bonne visibilité et un planning de commandes
assurées sur l'année, avec une puissante concentration sur les marchés français et allemand.

La migration des commandes de grandes séries vers l'Asie et les pays de l'Est de l'Europe,
entamée au début de la dernière décennie 90, a amené les industriels marocains à réorienter
leurs intérêts pour les chaînes spécialisées, les marques et une spécialisation dans des niches.

L'industrie marocaine du textile-habillement va chercher à tirer profit de l'un des principaux


atouts à sa disposition, sa proximité géographique de l'Europe.30

Etape 8: Le contexte depuis l'avènement du nouveau millénaire:

L'environnement industriel du Maroc est marqué ces dernières années par deux
événements majeurs qui ont pu affecter profondément son environnement socio-économique
et organisationnel: Il s'agit de la signature de l'accord de la zone de libre-échange avec
l'Europe et la fin des quotas depuis le 1er Janvier 2005.

Dans le cadre du libre-échange, le Maroc a signé un accord avec l'Union Européenne pour
intégrer cette zone en 2010. Ce dernier prévoit un démantèlement tarifaire progressif de
l'arsenal de protection sur l'ensemble des secteurs industriels. Cette ouverture de marchés en
2005 a constitué pour le Maroc des aléas concurrentiels.

L'explosion du textile chinois sur les marchés internationaux (plus de 27% des exportations
mondiales en valeur) a perturbé le Maroc. Les donneurs d'ordre européens ont largement
déplacé leurs commandes vers l'Asie. Cette pratique s'est traduite par une crise rude qui a

30
SAYAD ALI, «Zone de libre-échange Euro-Marocain et mise à niveau de l'entreprise industrielle marocaine:
le cas du secteur textile-habillement», thèse de doctorat, Rabat-Agdal 2015, page 82.

45
touché aussi bien les exportations marocaines que l'emploi dans ce secteur. Entre Janvier et
Décembre 2010, les exportations marocaines ont chuté de 10% à 15%, et 40 000 emplois ont
été perdus.

Pour mettre terme à cette remarquable crise, les entreprises ont développé de nouvelles
routines et compétences dans la recherche de flexibilité à travers la mise en place du circuit
court, qui exige une coordination des activités et implique une évolution des modes de
coordination entre les acteurs. Les industriels marocains ont acquis, à travers une longue
expérience dans l'exportation, une parfaite connaissance des exigences commerciales et des
normes techniques sur les marchés européens.

La présence de l'AMITH dans les différents réseaux internationaux, les liens entre le Maroc et
de nouveaux investisseurs, autant d'atouts qui permettent à l'industrie textile-habillement
marocaine de s'adapter aux nouvelles exigences du marché mondial, et qui favorisent et
encouragent une recherche active de partenaires étrangers.

Parmi les contraintes qui s'imposent à ce secteur, on peut citer:

 Les pratiques sociales et environnementales exigées par les donneurs d'ordres.


 Forte concurrence avec une grande pénétration des produits asiatiques.
 Le changement des pratiques d'approvisionnement des clients.

Pour faire face à ces contraintes, les entreprises marocaines ont adopté d'une part une stratégie
marché qui se base sur la diversification des produits et les débouchés en réalisant des accords
de libre-échange pour avoir accès aux marchés de l'UE. D'autre part, une stratégie de service,
où les entreprises optimisent l'atout de proximité pour compresser les délais, assurer une offre
globale, développer des plates-formes d'approvisionnement et d'export et développer des
approches commerciales basées sur les réseaux d'entreprise. Et enfin, une stratégie industrielle
qui permet une intégration ciblée en passant de la sous-traitance à la cotraitance.

2. Les Phases de l’élaboration d’un produit

L’intégration est la réunion dans une seule entreprise de toutes les phases de
l’élaboration d’un produit, en effet le produit fini textile passe généralement par quatre
opérations successives qui sont :

 La filature :c’est la phase du traitement des fibres brutes (matière première qui sert à
toutes les créations de toute surface textile) et leur transformation en fil.

 Le tissage : il s’agit du processus de transformation permettant de passer du fil au


tissu.

46
 L’ennoblissement : c’est l’étape de production qui confère aux étoffes leurs aspects et
leurs propriétés finales, plusieurs opérations se succèdent au cours de cette phase, à savoir le
prétraitement, la teinture et l’impression.

 La confection : c’est l’opération finale qui, après un certain nombre d’opérations,


rend toute étoffe textile destinée à l’habillement, propre à l’usage (création, conception,
industrialisation, fabrication).

Or, ce qui marque l’industrie textile habillement marocaine est l’existence d’un profond
déséquilibre entre certaines de ses branches performantes, orientées exclusivement vers le
marché international (habillement, filatures et certains tissage pour couverture) et d’autres
sont la quasi-totalité des capacités est destiné pour la satisfaction du marché local (tissage
pour habillement et finissage)

A ce fameux déséquilibre, s’ajoute la faible intégration des filières ; « s’agissant de la branche


textile, elle est caractérisée par une forte intégration (dans une même entreprise) et en
revanche une très faible intégration de filières (amont ou aval) »31.

Les synergies entre l’amont et l’aval de la filière sont quasi existantes, en effet la plupart des
entreprises du secteur sont spécialisées dans un seul stade de transformation, à savoir la
confection ou la bonneterie.

La forte spécialisation dans les activités de confection et bonneterie peut être expliquée par les
trois points suivants :

 La majorité des entreprises sont de petites ou moyennes (or l’intégration suppose


l’augmentation de la taille).

 Les activités de confection débouchent directement sur la consommation finale.

 Le recours massif des industriels marocains aux investissements dans les secteurs à
rentabilité sur et immédiate.

31
Synthèse du livre blanc de l’industrie marocaine du textile-habillement. Ministre de l’industrie, du commerce
et des télécommunications. Département du commerce et de l’industrie.

47
Chapitre II: La place du secteur textile-
habillement dans le tissu industriel marocain

1. Le rôle du secteur textile habillement dans le tissu industriel marocain

Le Maroc est l’un des pays où le secteur des industries «textile et habillement» occupe
une position de premier plan.

Tableau n°3 : Comparaison entre l’industrie de textile et l’industrie


d’habillement32

Industrie Textile Industrie d’habillement

32
ACHY L (2005) « une première journée de l’impact de l’ATV sur les industries TH au Maroc »journée
d’étude organisé par le centre de recherche JES 2005.

48
Industrie relativement plus capitalistique Industrie intensive en main d’œuvre en
caractérisée par une évolution particulier féminine avec peu d’évolution
technologique rapide et où les économies technologique et où les économies d’échelle
d’échelle ont un rôle important. ne jouent pas énormément.

La Turquie et la chine, par exemple, ont une Cette industrie se compose de l’activité de
industrie de textile très développée. «chaîne et trame» (articles tissés) et de
Le Maroc et la Tunisie par contre dépendent l’activité de maille.
largement de l’étranger pour leurs
approvisionnements.

Pour avoir une réponse justifiée et satisfaisante à la question relative à la position stratégique
de cette industrie du textile-habillement dans l'économie nationale, notre étude sera réalisée à
travers l'analyse de l'évolution de plusieurs paramètres statistiques, à savoir la production, la
valeur ajoutée, l'emploi, l'investissement, ainsi les exportations, et ce avant de mettre en
lumière les principaux atouts et faiblesses relatifs à ce secteur.

2. Structure du secteur textile-habillement au Maroc

Pour analyser la structure de ce secteur, nous allons procéder à une répartition par
filières et par régions.

2.1 Répartition de l'activité du textile-habillement par filières

La profession a identifié, en partenariat avec les pouvoirs publics, quatre filières porteuses
qui disposent d’un potentiel leur permettant, à travers des investissements de modernisation,
une stratégie marketing adaptée et une stratégie d’alliance et de partenariat avec les
principaux fournisseurs européens, de devenir les pôles de croissance et de compétitivité
future du secteur. Ces filières sont :

1. La maille fine et la grosse maille : bénéficient d’une relative intégration, la filière maille
dispose d’atouts et de potentialités énormes de développement ;

2. Le chaîne et trame : locomotive de l’industrie marocaine du Textile– Habillement, la


filière chaîne et trame souffre de son absence d’intégration et de sa dépendance des matières
principalement européennes. Cette situation l’oblige à développer des stratégies d’alliance et
de partenariat avec les fournisseurs européens, pour répondre à la dynamique actuelle de la
demande et sortir de l’étau de la sous-traitance.;

49
3. Le Jeans et le sports wear : réputé pour son savoir-faire en matière de jeans et sportswear,
le Maroc dispose aujourd’hui d’une filière offrant une image dynamique, réactive et créative,
à dominante cotraitance et produit–fini ;

4. Le tissu d’ameublement et le linge de maison : longtemps orientée vers les marchés


locaux et du Moyen Orient, le développement de la filière textile de maison passe par une
reconfiguration de l’offre sur le marché local orientée ‘’Concepts’’ et vers une approche
d’exportation basée sur l’innovation.

Tableau n°4: Les quatre filières de l'activité du secteur textile-habillement au Maroc

Maille Chaîne et Jeans et Textiles de


trame sportswear maison
Unités 27% 32% 32% 9%
Effectifs 22% 41% 31% 6%
Production 27% 36% 29% 8%
Export 24% 38% 32% 6%
Investissement 29% 12% 51% 8%

Source: L'enquête du Ministère du commerce et de l'industrie (2005).

2.2 Répartition de l'activité du textile-habillement par régions:

La répartition géographique démontre toute l’importance que revêt cette activité pour
l’équilibre socioéconomique du pays.

50
Tableau n°5:Contribution/Evaluation des principes grandeurs économiques industrielles
2013-201433

Producti Investissemen Valeur


Exportation Effectif
on t ajoutée
Région économique

Grand Casablanca -0.4% -4.8% -46.9% -12.8% 3.6%

Rabat-salé-Zemmour-Zaer 3.4% 7.3% -26.1% 4.5% 4.6%

Tanger-Tétouan 32.6% 22.8% -32.3% 11.3% 9.7%

Laayoune-Boujdour-Sakia -24.9% -2.9% -61.3% 8.3% 23.0%


Hamra

Ministère de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de L’Economie Numérique ; L’observatoire


33

Marocain de l’industrie

51
Marrakech-Tansifat-Al 14.0% -0.2% -12.2% -0.4% -4.0%
Haouz

Source : MIC ; L’observatoire Marocain de l’industrie

La stratégie de répartition régionale joue un rôle primordial puisqu’elle permet de créer


une accélération industrielle, toute en faisant des Régions des moteurs de développement
.cette dernière est considérer comme étant un pari réussi puisqu’il table sur la mise en valeur
des spécificités et des potentialités de chaque région. Chaque investisseur a le choix de
s’installer où il veut, cependant les autorités sont sensibles à la création d’une
complémentarité entre les régions et assurer une répartition des richesses sur tous les
territoires34.
La Région de Casablanca avait une domination par la présence des grandes entreprises plus
particulièrement dans le domaine du textile ce qui a engendré un développement économique
important. Suite à cette expérience, on a voulu concrétiser cet impact positif sur d’autre région
dans le but de vivifier le mouvement économique. Pour faire cela il été nécessaire de préparer
de terrain soit à travers l’infrastructure, ou bien les compétences nécessaire pour y faire
preuve : le cas de Tanger Med cité au-dessous.

Tanger Med qui est aujourd’hui le premier port de l’ensemble du pourtour méditerranéen et
qui a pu constituer un véritable levier de développement de la région.

Tanger est une ville où le textile a une histoire et exporte énormément des produits de textile-
habillement il représente une évolution de 32.6% entre 2013-2014. Ce secteur emploie une
importante main-d’œuvre avec une contribution de 9.7% pas uniquement de la région
Tanger-Tétouan-Al Hoceima mais de l’ensemble du Royaume.

Il faut remarquer que la Région accueille plusieurs zones dédiées comme Tanger Automotive
City qui se développe avec l’industrie automobile, les agropoles qui permettent le
développement de l’agro-industrie, et le textile évidemment. Ce sont des complémentarités et
des synergies en fonction des spécificités des régions, de leur histoire, compétences, capacité
et de l’infrastructure dont elles disposent. En effet, lorsqu’on regarde la distance entre Tanger
et l’Europe, c’est une position stratégique avantageuse. Cette région a pu se développer à une
telle vitesse et atteindre de tels résultats.

34
Selon Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie
numérique, la réussite de la Région Tanger-Tétouan-Al Hoceima publié sur la presse Eco Actu, « Moulay Hafid
Elalamy la complémentarité entre régions est fondamentale », le 1 Août 2019.

52
Chapitre III: Les facteurs de compétitivité du
secteur textile et habillement

1. Positionnement compétitif interne


Le secteur textile habillement constitue au Maroc une activité à forte potentialité, il
occupe une bonne position parmi les industries de transformation, aussi bien au niveau de sa
contribution aux agrégats macroéconomiques, qu’au niveau de l’équilibre socioéconomique
du royaume.

Le secteur du textile et de l’habillement au Maroc est le premier employeur industriel. Avec


près de 27% des emplois industriels nationaux, il contribue à hauteur de 7% à la valeur
ajoutée industrielle, 5% à la production industrielle et 5% au chiffre d’affaires industriel

En principe les points de force de l’industrie marocaine de textile habillement peuvent être résumés
comme suit :

53
Figure n° 1:Contribution de l’industrie du textile habillement et du cuiredans les grandeurs
économiques industrielles en 201435

35%
31%
30%

25%

20%

15% 13%

10% 8% 7%
5%

0%
Valeur ajoutée Effectif Exportation Production

Valeur ajoutée Effectif Exportation Production

Source : Observatoire marocain de l’industrie ; www.mcinet.gov.ma

Figure n°2 : Contribution des branches dans les grandeurs économiques industrielles -
2014

35
Ministère de l’industrie du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique/observatoire de
l’industrie www.mcinet.gov.ma

54
Source : Observatoire marocain de l’industrie ; www.mcinet.gov.ma

Le secteur “Textile-Habillement” est constitué de deux industries : Industrie Textile ;


Industrie de l’Habillement et des Fourrures. Le tableau présenté ci-dessous regroupe les
différents indicateurs macroéconomiques, traçant l’évolution annuelle de chaque industrie.
Dans l’industrie Textile, au terme de l’année 2014, les variables macroéconomiques
“Production”, Valeur ajoutée” “Emploi”, et “Exportation”.

1.1 La production et la valeur ajoutée

55
Le Maroc est pratiquement dépourvu des ressources naturelles, sa production de laine
est trop grossière pour l’habillement et reste destinée au tapis. Le pays procède aussi une
production de coton de bonne qualité.

Le Maroc ne dispose ni de pétrole; ni de la matière première pour produire les fibres


synthétiques, ni d’un marché suffisamment important. Le Maroc jouit d’un atout essentiel: sa
proximité géographique

L'industrie du textile et du cuir contribue pour 20%, en moyenne, à la valeur ajoutée des
industries de transformation et occupe près de 42%36 de l'emploi industriel.

La branche regroupe les activités industrielles suivantes :

- Les produits du textile (filature, tissage, ennoblissement textile, articles textiles, tapis et
autres industries textiles, étoffes à maille, articles à maille) qui participent à hauteur de 19% à
la production de la branche.

- Les articles d'habillement et de fourrures (vêtements en cuir et vêtements en textile) dont


la contribution s’élève à environ 78% à la production de la branche.

- Les produits du cuir et les articles de voyage (apprêt et tannage des cuirs, articles de
voyage et de maroquinerie et chaussures) qui contribuent pour 3% à la production de la
branche.

Selon les chiffres de l’Office des changes, les perspectives pour 2019 sont tout autant
positives. Une bonne nouvelle pour un secteur qui compte plus de 1.600 fabricants spécialisés
dans le textile, avec une capacité de production de plus d’un milliard de pièces par an.

Pour l’association des professionnels du textile, le développement à l’international nécessite


de s’affranchir un peu plus des processus de transformation au profit de l’industrialisation, et
ce, en favorisant l’émergence de la valeur ajoutée.

Figure n° 3: Evolution de la production des industries Textiles et du cuir 2010-201437.

36
Haut- commissariat au plan.
Observatoire marocain de l’industrie
37

56
La valeur de la production du secteur de l’industrie de l’habillement et des fourrures
atteint environ 13 475 millions de dirhams en 2014, soit près de 3.4% de la valeur de la
production totale des industries de transformations. Cette dernière a enregistré une évolution
négative de 2% entre 2013 et 2014.

Figure n°4 : Evolution de la valeur ajoutée des industries textile et du cuir 2010-201438

Selon les constats observés, on constate que la valeur ajoutée pour le secteur de
l’industrie de l’habillement et des fourrures est estimée à près de 5 153 millions de dirhams
(convertir en milliard) en 2014 soit 4.6% de la valeur de la richesse créée au cours du
processus de production totale des industries de transformations. Par ailleurs, Cette dernière a
enregistré une évolution négative de 2% en termes de variation annuelle.

1.2 Exportation

Observatoire marocain de l’industrie


38

57
Les produits du secteur textile habillement marocain sont destinés, en grande partie à
l’exportation En effet la majorité des entreprises de confection sont spécialisées dans la sous
traitance et donc sont totalement exportatrice.

Figure 5: Les exportations du secteur TH Marocain 2017

La barre des 35,88 milliards de DH39d’export de produits de textile a été franchie fin
2018. «Au cours des deux dernières années, la dynamique du secteur a permis au Maroc
d’afficher respectivement la 2éme et 3éme meilleure performance à l’export sur l’UE»40.

La rubrique « Textile et cuir » affiche une valeur d’exportations de 35.941milliards de


DH, en hausse de 41% par rapport à la même période en 2017.Les vêtements confectionnés
totalisent 22.4 milliards (+2.7%) et les articles de bonneterie 7.3 milliards (+4.1%).« Le
secteur a réalisé en 2018 une progression qu’il faut saluer, sachant qu’elle intervient après les
exceptionnelles années 2016 et 2017 où le Maroc avait signé des performances parmi les
meilleures au monde sur le marché européen », affirme-t-il.

Pour le président de l’AMITH, cette performance est d’autant plus salutaire que
l’environnement concurrentiel était particulièrement difficile. « Il faut savoir que dans les

39
Contacté par Médias 24, Karim Tazi, président de l’association marocaine des industries du textile et de
l’habillement (AMITH), livre ce diagnostic.
40
indique Tazi le président de l’AMITH
41
Chiffres de l’office des changes publier à la presse MEDIAS24 le 17 janvier 2019, « Textile : le financement
et la contrebande freinent la croissance du secteur.

58
pays concurrents du Maroc, la Turquie et la Tunisie, ont eu une très forte baisse de la valeur
de la monnaie, ce qui a boosté leur compétitivité. Cela a beaucoup influencé les donneurs
d’ordre, le facteur prix étant déterminant dans notre métier », précise M. Tazi.

1.3 L’emploi

L'élaboration d'une stratégie de développement nécessitera la prise en compte de trois


éléments primordiaux. Les deux premiers mettront l'accent sur les objectifs visés, expliquer
par les efforts d'industrialisation du pays. C'est donc un objectif général qui met en question
l'accroissement des effectifs employés, mais aussi des objectifs intermédiaires portant sur la
réalisation d'une croissance forte de la production, des investissements et des exportations qui
constituent les principaux déterminants des emplois industriels.

Le troisième élément concerne les moyens d'actions liés à la mise à niveau des entreprises
pour relever les défis de l'intégration à l'économie nationale. Il s'avère alors, que l'élément
emploi constitue un moteur important pour la croissance économique et sociale.

Figure n° 6:Evolution de l’emploi des industries textile et du cuir 2010-2014

On remarque que l’effectif pour le secteur de l’industrie de l’habillement et des fourrures


est estimée à près de 120 272 millions de dirhams en 2014 soit 20% du totale des industries
de transformations.

En revanche, l’emploi de la branche serait resté en retrait. La reprise des exportations n’aurait
pas permis de réamorcer immédiatement de nouvelles créations d’emplois. Une perte de 32
mille postes a même été enregistrée entre 2013 et 2014, soit une réduction de 5% en variation
annuelle. Ces pertes ont été, principalement, le fait d’une réduction de 14% des effectifs
employés dans le textile, 4,6% dans l’habillement et 8,6% dans les activités de la chaussure.

Elles s’inscrivent, globalement, dans le prolongement de la tendance baissière qui avait


marqué les activités du textile et du cuir depuis 2007. Entre 2008 et 2014, la branche du

59
textile et cuir avait, en effet, perdu environ 119 mille emplois. Les entreprises de la branche
avaient procédé à un réajustement de leurs effectifs employés, à la suite du ralentissement de
leur activité, accentué par les effets de la dernière crise économique internationale.

En 2014, elles ont été plus prudentes par rapport à la répercussion des effets de la récente
reprise des exportations sur l’emploi, en raison notamment des faibles performances
économiques qui marquent encore ses principaux débouchés à l’export, en l’occurrence la
France et le Portugal.

Figure n° 7: Evolution de l’emploi de 2007 à 2014 (effectif en milliers)

1.4 L’investissement

Tout secteur, quel que soit son poids au sein de l’industrie, et du commerce
international, ne peut progresser, sans l’existence d’une infrastructure. Pour cette raison, les
pouvoirs publics en étroite collaboration avec l’AMITH, ont déployé d’énormes efforts, pour
faire du textile habillement une Platte forme pour les délocalisations et les investissements
étrangers.

1.5 Le textile habillement, un secteur bien structuré

60
L’importance que revêt l’industrie du textile et habillement au sein du tissu marocain,
découle du soutien et l’assistance que lui accordent les différentes structures d’encadrement et
de tutelle.

Ces structures sont en gros l’Etat et l’AMITH, qui agissent par l’intermédiation du ministère
du commerce et de l’industrie, le conseil national du commerce extérieur et le centre de
promotion des exportations.

Aujourd’hui, la clé de la compétitivité des entreprises dépend dans une large mesure de
l’action de l’état. De ce fait, le gouvernement marocain, n’a pas cessé ses efforts depuis
L’indépendance soit d’intervenir directement par le biais des investissements pour pallier
l’absence du secteur privé, ou indirectement sur les structures en encourageant
l’investissement dans certains domaines via des incitations fiscales, de subvention et
d’exonérations.

Les mutations qu’a connues le textile habillement cette année, avec le démantèlement de
l’accord multifibres, ont bouleversé les données au sein de ce secteur vital pour un grand
nombre de pays, notre pays est un bon exemple.

Face à ces mutations, les pouvoirs publics, ont été devant la nécessité de mettre en œuvre un
ensemble d’actions concrètes, en vue de protéger le secteur, et aider les entreprises pour faire
face aux défis de la mondialisation.

L’essentiel de ces actions conçues par l’état consiste en : l’instauration du fond Hassan pour le
développement économique et social dont le but est d’encourager l’investissement notamment
dans le secteur TH, la mise en place du fond de restructuration dénommé « FORTEX » afin
d’appuyer le programme de restructuration des entreprise du secteur, la mise à l’implantation
des projets industriels et enfin le développement de la formation professionnelle.

En ouvre, la promotion du savoir-faire des entreprise, la promotion du partenariat globale


avec les pouvoirs publics, les investisseurs et les clients internationaux sont autant
d’exigences qui ont nécessité et les clients internationaux sont autant d’exigences qui ont
nécessité l’existence d’une association (AMITH) qui défend les intérêts des industriels du
secteur.

Considérée aujourd’hui comme le premier initiateur de projets et locomotive de la filière,


l’AMITH est née en 1960, elle a maintenant, près de 45 ans au service de l’industrie du TH
marocaine.

L’AMITH est une association sans but lucratif, regroupée autour de quatre filières (chaîne et
trame, maille, jean et sportswear et textile de maison).Elle rassemble 700 entreprises, emploi
79% de l’effectif total de la filière et couvre 5 grandes régions du royaume.

61
L’association a contribué au lance au lancement des principales structures du secteur, à savoir
l’ESITH en 1996, le CTTH en 1996, le GIAC cuir et textile en 1997, et VETMA en 1991.

L’école supérieure des industries du textile habillement (L’ ESITH) a pour mission : la
formation initiale d’ingénieurs d’Etat et techniciens spécialisés en TH, la formation continue
et ‘assistance technique aux entreprises du secteur, et la participation aux travaux de
normalisation.

Le groupement interprofessionnel d’aide au conseil textile et cuir (GIAC) ; association qui


soutient les entreprises en les aident à définir leurs stratégies et à déterminer leurs besoins en
compétences.

Le VETMA est un salon de textile habillement crée par l’AMIT en 1991, il s’agit d’un outil
de communication visant la promotion du secteur et la renommée du savoir-faire marocain. A
ce célèbre salon s’ajoute Maroc sourcing (le dernier né de l’AMITH), qui s’inscrit en amont
du secteur et sa principale mission est de véhiculer l’image d’une nouvelle offre marocaine
(produit fini, collection, etc.)

En résumé, nous pouvoirs dire que malgré la position stratégique qu’occupe le secteur textile
habillement parmi les industries de transformation par son dynamisme, l’essentiel des
avantages compétitifs de l’industrie marocaine a plusieurs faiblesses au niveau international.

2. positionnement compétitif externe

2.1. Identification des principaux concurrents du Maroc

Les firmes marocaines, confrontées à la libéralisation du commerce extérieur, trouvent


leurs parts de production destinées à l’étranger se détériorent, surtout depuis 2002, contre
l’amélioration de la production étrangère vendue au Maroc.

De ce fait, les firmes marocaines doivent améliorer leur compétitivité pour se hisser au niveau
de leurs principaux concurrents, en particulier la chine, la Turquie, la Tunisie, la Roumanie,
sachant qu’ils existent d’autres concurrents …

 La Tunisie :

La Tunisie, forte de 2000 entreprises, est le sixième fournisseur de l’Union européenne et


un concurrent direct du Maroc. Le secteur est performant en jeans, sportswear et lingerie
féminine. Un de ses principaux atouts est l’implantation de nombreux investisseurs étrangers,
notamment français et italiens. Ces sociétés étrangères réalisent environ les deux tiers des
exportations du secteur.

62
Malgré tout, le secteur subit une érosion de ses exportations depuis deux ans, du fait de la
concurrence asiatique mais surtout est-européenne (Roumanie, Bulgarie) et turque.
En février 2005, le gouvernement tunisien a adopté un plan très ambitieux visant à faire
migrer 250 entreprises de la sous-traitance vers le produit fini. Il a également adopté un
important plan pluriannuel de développement de ses exportations.

 La Turquie :

La Turquie, second fournisseur de l’Union Européenne en habillement après la Chine,


monte chaque année en puissance grâce à une politique très active de promotion, soutenue par
les pouvoirs publics turcs, sur l’ensemble des marchés européens et américains. Adossée à
une puissante industrie textile (tissage, filature, ennoblissement), elle est très performante en
prêt-à-porter féminin, notamment pour les petites pièces légères de dessus en maille : pulls,
sweat-shirts, T-shirts, polos. Plus encore, la Turquie est jugée compétitive sur le plan service.

La Turquie souffre par contre du piratage et de la copie, et dispose d’une industrie textile
comparée à celle des pays asiatiques, car adoptant dans la majorité des cas les mêmes
méthodes, Donc l’avantage concurrentiel dont dispose la Turquie va fortement s’atteindre
avec l’abolition des quotas en 2005.

C’est la raison qui a conduit ce gros producteur et exportateur méditerranéen d’invoquer la


clause de sauvegarde pour stopper l’invasion des importations chinoises sur son propre
marché.

 La chine :

La chine constitue la première puissance mondiale en matière du textile habillement,


son hégémonie a été concrétisée par l’adhésion plus récemment à l’OMC.

Elle continue à enregistrer une progression de plus en plus grande au niveau de son industrie
textile habillement parfaitement intégrée.

Ayant lancé depuis 1993 un plan de restructuration du secteur, la chine avait accéléré ses
reformes pour faire sauvegarder sa compétitivité ; d’autant plus que le secteur exporte
annuellement plus de 50 milliards de dollars, soit un quart des exportations mondiales.

Les avantages compétitifs de la chine dans le textile habillement, sont basés pour l’essentiel
sur une main d’œuvre à bon marché et un taux de productivité plus élevé (90%).Néanmoins,
d’autres facteurs ont joué un rôle non moins important.

Cependant, l’abondance des AMF (l’Accord Multifibre) l’intégration progressive du secteur


dans les règles de l’OMC bénéficiaient principalement à la chine, devenue récemment
membre à part entière de l’OMC fait peser lourdement sur le textile habillement chinois.

63
Mais pékin a décidé de garder son avance, en rapprochant d’une guerre commerciale sur ses
exportations textiles avec les Etats Unis et l’union européenne, et a opéré une volteface en
supprimant des taux à l’exportation42.

 La Roumanie :

Constitue l’un des principaux concurrents du Maroc, aussi bien au niveau du coût et de
l’abondance de la main d’œuvre, qu’au niveau de la proximité géographique (pas de traversée
en mer pour exporter ces produits au marché de l’union européenne).

Ansi.la Roumanie septième fournisseur de vêtements tissu de la France en 2002, a enregistré


pour les 11 premiers mois de 2003, une hausse de 2% en valeur des exportations de vêtements
tissés. Elle constitue, en outre, une zone de prédilection de la sous-traitance, du fait de la
rareté de l’offre locale de tissus répondant aux standards européens ainsi que la faible capacité
financière des confectionneurs

42
« Pékin décide à garder son avance : le textile marocain souffre de la chine ».Abdelali Boukhalef .Le matin
économique du 31/05/2005.

64
CHAPITRE IV: le repositionnement stratégique de
l’industrie du textile-habillement.

L'industrie textile-habillement marocaine est confrontée à une concurrence de plus en


plus vive de la part des turcs, des tunisiens et des asiatiques aussi bien sur le marché local que
sur le marché mondial. La situation du Maroc est très délicate par rapport au marché
européen des vêtements on constate que les échanges Marocaines ont augmenté mais cette
augmentation reste inférieure en comparaison avec les autres pays méditerranéens.

Pour renverser la tendance l’industrie marocaine doit être proactive, optimiser ses circuits
logistiques, développer ses compétences à tous les niveaux.

1 .Accord multifibre 1974-1994 :


L’accord d’arrangement multifibre AMF a été remplacé par l’accord de l’OMC sur les
textiles et les vêtements qui mettent ont place un processus transitoire en vue de la
suppression définitive de ces contingents.

L’Accord multifibres régissait le commerce international dans la filière textile depuis 30 ans
Par des quotas d’importation, Ce système de quotas avait été instauré pour protéger les
industries du Nord face à l’ouverture progressive des marchés aux produits textiles des pays du
Sud, beaucoup plus compétitifs en raison du faible coût de leur main d’œuvre.
Mais s’ils ont limité les exportations des grands producteurs comme la Chine ou l’Inde, les
quotas ont aussi garanti l’accès aux marchés pour d’autres pays moins compétitifs comme la
Tunisie, L’Ile Maurice ou la république dominicaine ou la république dominicaine.
Les importateurs peuvent désormais choisir librement leurs fournisseurs. Les nouvelles règles
ont joué en faveur de la Chine, l’un des seuls pays à pouvoir réaliser toutes les étapes de la
production sur son territoire. La Chine est de loin le 1er exportateur d’habillement au monde,
et le premier fournisseur de la France, avec 26% des importations d’habillement de la France
En 2007 (source IFM).La concurrence s’est fortement accrue entre les pays producteurs, au
détriment des travailleurs et des normes sociales.

65
1.1. Le MAROC et AMF

Le Maroc n'est pas un pays signataire de l'AMF43; et pourtant, les "textiliens" marocains ont
toujours été attentifs à son évolution et à son sort; surtout ces dernières années où les
industries textiles ont pris l'importance qui est la leur aujourd'hui. C'est que si pour certains
pays, les accords AMF et extra-AMF ont limité le développement de la production et des
exportations des produits textiles et des articles d'habillement, pour d'autres au contraire, les
restrictions imposées aux plus compétitifs ont permis de limiter la concurrence et les ont aidés
par là-même à développer progressivement une industrie performante notamment au niveau
de l'habillement. On peut inclure le Maroc dans cette dernière catégorie.

D'ailleurs, même pour les premiers, il s'est avéré que les restrictions imposées au titre de
l'AMF auraient parallèlement produit un effet positif de taille en les poussant à produire et à
exporter des produits de meilleure qualité et contenant une valeur ajoutée plus importante. 44

Ils seraient donc mieux armés pour affronter la concurrence qui ne sera que plus acharnée
avec le démantèlement de l'AMF. En tout état de cause, l'entrée du produit marocain au
marché européen - qui constitue notre principal client et notre principal fournisseur - est
quasiment libre. Seul l'article "Pantalon" est contingenté à 41 millions de pièces par an, si bien
que certains dépassements sont tolérés. En outre, toute laisse pensée que les industries textiles
marocaines doivent leur essor - en partie il est vrai à l'existence des restrictions types AMF
qui ont limité le développement rapide des concurrents potentiels de la production marocaine.
Mieux encore, on peut avancer que les accords préférentiels Maroc CEE d'une part, et les
accords AMF d'autre part, ont permis à la production "made in Morocco" (en direct et en
TPP) d'avoir une parcelle du marché européen. Conjugués avec des taux salariaux bas ces
accords ont permis par là-même aux traditions textiles marocaines de connaître l'évolution
rapide qui les a marquées.

Sans l'existence des quotas pour les "Dragons" de l'Asie de l'Est et du Sud-Est et des droits de
douane relativement élevés (de l'ordre de 14%) qui frappent leurs exportations à destination de
la CEE, les exportations marocaines auraient peut-être eu du mal à faire face à leur concurrence.
En fait, les défis n'appartiennent pas seulement au passé. Ils sont présents aujourd'hui et se
multiplieront davantage dans l'avenir au fur et à mesure du désarmement des AMF. L'entrée en
scène des pays ex-socialistes du bloc de l'Est et l'affirmation de leur place ne feront qu'accroître
la concurrence pour le produit marocain.

43
Ils constituent le principal instrument t juridique mis en œuvre par les pays développés pour renforcer leur
protectionnisme en matière de produits textiles et d'habillement
44
SAYAD ALI, «Zone de libre-échange Euro-Marocain et mise à niveau de l'entreprise industrielle marocaine:
le cas du secteur textile-habillement», thèse de doctorat, Rabat-Agdal 2015

66
Dans ces conditions, les "textiliens" marocains doivent plus que ne jamais être à l'écoute de tout
ce qui se passe sur la scène mondiale. Etre à l'écoute, c'est avant tout se préparer et agir pour
pouvoir être au rendez-vous des échéances qui se profilent à l'horizon.45

2. L'Accord de l'OMC sur les textiles et les vêtements (ATV) 1995-2005

Depuis le 1er janvier 1995, le commerce international des produits textiles et des
vêtements est en pleine mutation sous l'effet du programme de transition sur dix ans énoncé
dans l'Accord de l'OMC sur les textiles et les vêtements (ATV). Avant que l'Accord n'entre en
vigueur, une forte proportion des exportations de textiles et de vêtements des pays en
développement vers les pays industriels était soumise à des contingents, conformément à un
régime spécial en dehors des règles normales du GATT.

L'Accord sur les textiles et les vêtements est un instrument transitoire qui repose sur les
éléments-clés suivants:

a) l'éventail des produits visés, qui comprend l'essentiel des filés, des tissus, des articles
confectionnés et des vêtements;

b) un programme d'intégration progressive des textiles et des vêtements dans le cadre des
règles du GATT de 1994;

c) un processus de libéralisation visant à augmenter progressivement les contingents


existants (jusqu'à leur suppression) grâce à un relèvement des cœfficients de croissance
annuels à chaque étape;

d) un mécanisme de sauvegarde transitoire permettant de régler les nouveaux cas de


préjudice grave ou de menace de préjudice grave causé aux branches de production
nationales qui pourraient se présenter pendant la période de transition;46

e) la création d'un Organe de supervision des textiles (OSPT) chargé de superviser la mise
en œuvre de l'Accord et de veiller à ce que les règles soient scrupuleusement observées; et

45
SAYAD ALI, «Zone de libre-échange Euro-Marocain et mise à niveau de l'entreprise industrielle marocaine:
le cas du secteur textile-habillement», thèse de doctorat, Rabat-Agdal 2015

46
https://www.wto.org

67
f) d'autres dispositions régissant notamment le contournement des contingents, leur
administration, les restrictions quantitatives autres que celles qui résultent de l'AMF et les
engagements pris au titre d'autres accords et procédures de l'OMC affectant ce secteur.

3. Les Ecosystèmes industriels

Le Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020 a introduit une approche nouvelle fondée sur la
mise en place d’écosystèmes industriels. Il s’agit d’un chantier phare de la nouvelle stratégie
industrielle qui vise à améliorer l’intégration sectorielle, à démultiplier les investissements et à
assurer une montée en valeur du secteur industriel en favorisant l’établissement de partenariats
stratégiques ciblés et mutuellement bénéfiques entre leaders industriels et TPME (Très Petites,
Petites et Moyennes Entreprises).

Il s’agit plus concrètement de fédérer des groupes d’entreprises autour de « locomotives »


porteuses de projets d’écosystèmes. Ces locomotives peuvent être des leaders industriels
nationaux, des groupements professionnels ou encore des investisseurs étrangers.47

Les alliances d’entreprises qui se tissent ainsi et forment des « communautés de destin
stratégique » organisées, gagnent en performance et en réactivité et contribuent à renforcer la
compétitivité de filières dans leur intégralité.

Collaboration d’un genre nouveau, les écosystèmes tendent aussi à faire de l’industrie un
pourvoyeur d’emplois majeur, notamment pour les jeunes, et à l’inscrire dans un cercle
vertueux de progrès.

Parmi les offres proposées dans le cadre de cet accord figurent l’avance sur crédit de TVA qui
permet aux entreprises exportatrices de disposer d’un relais de trésorerie dans l’attente de leur
remboursement, le confirming et le factoring entre les acteurs des écosystèmes, le
financement en relais sur les subventions, ou encore le crédit de transmission qui facilitera la
pérennisation des entreprises en manque de relève.

Enfin, il est à rappeler que conformément aux contrats de performance conclus entre l’Etat et
la profession, ces 3 premiers écosystèmes contribueront à eux seuls, à créer 44.000 nouveaux
emplois, soit 46% de l’objectif fixé aux écosystèmes textiles d’ici 2020,à générer un chiffre
d’affaires additionnel de 6,3 milliards DH, et à réaliser 57 projets d’investissement portés par
des entreprises locomotives du secteur.48

47
Ministère de l’industrie, de l'investissement ,du commerce et de l'économie numérique
48
Publié sur le site officielle de la banque populaire ; http://www.gbp.ma

68
4. Le Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020

Le plan d’accélération industrielle est une nouvelle approche basée sur la mise en place
d’écosystèmes performants, visant l’intégration des chaînes de valeur et la consolidation des
relations locales entre les grandes entreprises et les PME.

La nouvelle stratégie industrielle, dite « Plan d’accélération industrielle 2014-2020 »


capitalise sur la réalisation accomplies et garde le cap des Métiers Mondiaux du Maroc tout en
intégrant les autres filières classiques du tissu industriel national, tels que le textile et le cuir.
Ce plan fixe dix mesures clefs, regroupées en trois blocs :

Le premier bloc de mesures a pour objectif principal de réduire l’atomisation sectorielle et de


construire une industrie mieux intégrée, dont les logiques d’écosystèmes constituent le point
d’ancrage et le levier principal. Seront favorisés les écosystèmes autour d’entreprises
locomotives pour créer une nouvelle dynamique et une nouvelle relation entre grands groupes
et PME, afin qu’une fertilisation croisée puisse se mettre en place.

Le second bloc de mesures porte sur la mise en place d’outils de soutien afin d’améliorer la
compétitivité des PME, en leur offrant un accès aux investisseurs, au financement et aux
marchés. Le dispositif financier fait l’objet d’un programme spécifique, qui inclut la création
du Fonds de Développement Industriel, doté d’une enveloppe de 20 milliards de Dirhams.

Le troisième bloc de mesures vise à renforcer l’attractivité des Investissement Directs


Étrangers, à travers la mise en place d’une équipe, qui s’appuiera sur des professionnels de
l’intermédiation et des experts par métier, chargée de 20 prospects stratégiques. Etant donné
que l’amplification de la vocation africaine du Royaume est aujourd’hui un objectif
clairement poursuivi, le plan industriel se propose de la décliner pour privilégier les
partenariats Sud-Sud, et agir dans l’optique de création de valeur partagée.

Cette stratégie, qui s’étalera sur la période 2014-2020, devrait générer un demi-million
d’emplois dans le secteur avec, en prime, un accroissement sensible de la part de l’industrie
dans le PIB qui devrait croître de 14% à 23%. Ces changements passeront par une
diversification et un élargissement du tissu industriel, ainsi qu’une meilleure articulation entre
les grandes entreprises et les PME.

69
Chapitre V : Etude empirique sur les entreprises du
secteur textile habillement marocain.

Lorsqu’on souhaite collecter des informations sur une population, deux possibilités
s’offrent : La première : Observer et interroger tous les éléments de la population, c’est ce
qu’on appelle une enquête complète, enquête exhaustive ou recensement. La seconde : Consiste
à observer ou interroger une partie de la population, c’est ce qu’on appelle enquête partielle ou
sondage. Les éléments de la population qui sont réellement observés constituent l’échantillon
et l’opération qui consiste à choisir ces éléments est appelée échantillonnage.
Après avoir choisi l’une des méthodes, il est primordiale de passer par trois phases principaux,
la phase examinatrice, la phase confirmatoire et la phase de décision.

L’enquête par questionnaire est un outil méthodologique comportant un ensemble de questions


qui s’enchaînent d’une manière structurée. Ainsi c’est un outil d’observation qui permet de
quantifier et comparer l’information. Cette information est collectée auprès d’un échantillon
représentatif de la population. Il est sous forme d’un ensemble de questions construit dans le
but d’obtenir l'information correspondant aux questions de l’évaluation. Les répondants ne sont
pas sollicités pour répondre directement à celles-ci : un bon questionnaire décline en effet la
problématique de base en questions élémentaires auxquelles le répondant saura parfaitement
répondre. Les enquêtes combinent souvent deux formes de questionnaire, avec une dominante
de questions fermées et quelques questions ouvertes, plus riche mais aussi plus difficiles à
traiter statistiquement.

1. Objectif de l’enquête

La partie empirique permet de répondre directement à la problématique du mémoire posée


au début de ce travail, elle sert aussi à concrétiser ce que nous avons abordé en partie théorique,
de faire transparaître notre capacité à mettre en œuvre des stratégies pour collecter et traiter les
informations, et notre aptitude à interpréter les résultats. Contrairement à la revue de la
littérature qui rapporte les résultats des recherches antérieures. Cette enquête sera destinée plus
particulièrement aux entreprises en secteurs textile habillement (échantillons).

Avant de se lancer, il est recommandé de définir ce qu’on souhaite savoir et les informations
qu’on souhaite obtenir, l’objectif de cette enquête s’articulera autour des points suivants:

 D’identifier les différents leviers de compétitivité et les leviers d’amélioration au niveau


du secteur et au niveau des entreprises.
 D’identifier les principaux fournisseurs et clients étrangers
 D’apprécier les apports de soutien accordé par les autorités concerné.

70
2. Méthodologie :

Ce travail m’a demandé beaucoup de temps et d’énergie pour le réalise. En l’occurrence j’ai
appris plein des nouvelles choses qui vont me servir d’acquérir une valeur ajoutée à ma carrière
professionnelle, et c’était le fruit de tout mon parcours universitaire. Avant que j’ai procédée à
préparer le questionnaire j’ai relu toute les parties théoriques de mon mémoire pour mieux
maitriser le thème et de le compléter par des informations supplémentaire qu’ils m’ont paru très
utiles pour entamer la partie pratique et de mettre une cohérence entre eux. J’ai effectuée des
recherches concernant la méthodologie pour réussir un questionnaire et les conseils à suivre
afin de les appliquer. Commençant par la première phase qui s’appuie sur la définition des
objectifs de l’enquête allant jusqu’à l’analyse des résultats obtenus, après j’ai commencée à
bien formuler et structurer le questionnaire qui porte sur les points essentiels et qui sert à
répondre à notre objectif ainsi qu’à la problématique prédéfinie au départ.

Après avoir finalisé le questionnaire, la cible est connue, j’ai réfléchit de mettre une stratégie
pour faciliter le travail et économiser les moyens physiques, financiers, et éventuellement le
facteur du temps. j’ai procédée d’abord à chercher sur « internet »les différentes entreprises
dans le secteur textile habillement dans ma région (Salé- Rabat –Témara), et collecter le
maximum possible d’informations concernant ces entreprises, chose qui m’a beaucoup aidée ;
j’étais consciente de mes différentes destinations, après j’ai pensée à contacter les gens à partir
des deux réseaux sociaux : premièrement « LinkedIn » qui fait partie des réseaux sociaux les
plus importants au monde , Il s’agit d’un moyen de mettre en ligne du contenu en relation avec
votre activité, le deuxièmes est le groupe Facebook « les textiliens du Maroc » qui est
constitué de 3100 membres professionnel ,étudiants et intéressant par le secteur textile en
général et qui partagent et échangent entre eux les idées ,le design ,les informations , les
actualités, et même les offres d’emploi disponibles dans ce secteur. J’ai pris l’incitative de
contacter quelques personnes appartenant à ces deux réseaux, la majorité d’entre eux sont
implantés dans des entreprises à Casablanca, Tanger et d’autres villes, où je ne peux pas me
déplacer, après une long discussion et négociation, ils ont décidé de remplir le questionnaire et
de me l’envoyer par email. Malheureusement j’ai reçu en fin de compte qu’un seul email dont
les éléments les plus importants en questionnaires sont vides.

Après, il m’a semblé très enrichissant d’agir sur le terrain d’avoir cette première expérience
et de prendre le dessus sur ma timoré, pour pouvoir me combler de courage et bravoure afin
d’assurer plus de communication avec les gens dans le but de développer mes compétences.
J’ai considéré ce travail comme un défi pour moi, je me suis déplacée à la zone industrielle de
salé, et j’ai visité plusieurs entreprises et j’ai dû les convaincre, à me recueillir, et accepter de
répondre à mon questionnaire. Au début j’ai reçu plusieurs cas d’échecs j’étais déçue mais je
n’ai pas abandonnée l’affaire et j’ai réalisé qu’en réalité les échecs sont des escaliers vers la
réussite, j’ai réessayée encore pas mal de fois, et à chaque fois, j’essaye de faire tout mon mieux

71
d’apprendre de mes erreurs et les améliorer. J’ai générée finalement le succès, et j’ai atteint
mon objectif, c’était un résultat satisfaisant pour moi.

Parmi les fautes que j’ai commisse c’est que j’ai mal choisie la période d’enquête, j’ai confronté
d’une semaine avant « aïd adha » où les entreprises sont pressées et perturbées de la livraison
et la production des clients et pour les employées administratifs sont occupés,

cette expérience m’a permis de consulter les grands usines de fabrication, de visualiser même
de loin les différents processus de fabrication d’un produits, et découvrir comment travaillent
les gens devant les machines de production ,j’ai découvert de près plus ce secteur ,et j’ai eu
une opportunité d’effectuer un stage au sein d’une entreprise qui était interroger par mon
questionnaire et intéressante par mon sujet de mémoire, c’est une expérience qui sera toujours
marqué en mémoire.

A cet effet, dès le questionnaire est rempli, il été temps de passer à l’étape de l’analyse et le
traitement des données, pour avoir plus de clarté de présenter les résultats de l’enquête, J’ai
préféré de présenter question par question avec une analyse comparative entre les différents
échantillons interrogés j’ai travaillé avec deux outils, le site web « Google forms », c’est un
outil simple et gratuit pour créer des formulaires en ligne, il vous donnera la possibilité de créer
des questionnaires plus ou moins complexes (embranchements de questions) et de les envoyer
à un groupe de répondants. Chaque formulaire créé est automatiquement enregistré et hébergé
sur votre Google Drive.

Une fois l’enquête envoyée, l'outil en ligne de Google donne la possibilité d'analyser les
données obtenues sous forme de graphiques clairs et propres.et à l’aide du logiciel
bureautique « Excel ».

72
3. Analyse et interprétation des résultats

Le tableau ci-dessous permet de distinguer les entreprises qui ont répondu au questionnaire,
leur statut juridique, capital, et le nombre d’employés.

Tableau n° 6 : Présentation des entreprises interrogées par le questionnaire

Nom de Forme Adresse Capital social Effectif


l’entreprise juridique

SARL N°55, Zone 2000 000 DH 300 personnes


Création industrielle,
clothing group Hay Errahma,
Salé
SA 57, Av. Abou 3 000 000 DH Entre 200 et
Somitex Bakr Sedik, ZI 500
Hay Rahma,
Salé
SARL Lot 51, zone 1000 000 DH 180 personnes
Swim wear any industrielle ha
wear Errahma, Salé
SA Secteur D, Av. 18 000 000 2500
Cindico Al Benafssaj DH personnes
N°40, Z.I. Hay
Errahma 11070
Salé – Maroc
SA route principale 924 000 000 Entre 2000 et
Fruit of the 1, Sebbah, DH 3000
loom Oued Yqem personnes
SKHIRATE

73
Question 1 : Quels sont les activités de votre entreprise ?

Le tableau suivant nous permettra de visualiser les différentes entreprises interroger au


questionnaire (échantillons) avec ses différents domaines activités.

Entreprise Activité

La Confection des :
Création clothing group ▪ Robes pour femmes
▪ T. shirt pour femme et homme
▪ Short pour homme

La confection des :
Somitex ▪ Lingerie et sous-vêtements pour
enfants
▪ Prêt à porter pour bébé
▪ Robe pour femme

La confection des :
Swim wear any wear ▪ Maillot de bain
▪ La lingerie

La conception du vêtement professionnel :


Cindico ▪ Hôtellerie et restauration
▪ Médical
▪ Sécurité et protection

La confection :
Fruit of the loom ▪ T shirt
▪ Polo
▪ jog pants
▪ Fleece

74
Question 2 et 5:Quelle est la qualité de l’activité de votre entreprise ?/Quelle est votre
capacité de production ?

20%

Indépendant
Sous traitance

80%

Ce diagramme nous montre qu’une grande majorité (80%) des échantillons (soit 4
entreprises à la base de 5) ont choisie comme réponse pour cette question le premier choix
« Indépendant » cela explique parfaitement qu’elles disposent suffisamment de moyens pour
effectuer tous le processus de fabrication des produis à savoir humains, matériels, techniques,
financiers...etc., pour honorer seul la totalité de ses commandes. et répondre aux attentes de
ses clients ,il reste à noter que la plupart de ces entreprises arrivent à atteindre ses objectifs
jusqu’à 80% en terme de capacité de production mensuelle et annuelle ,alors que 20% des
échantillons ( soit 1/5 d’entreprise interroger ) ont choisi la deuxième réponse « Sous-
traitant» cela signifie qu’il existent un nombre réduit des entreprises du textile habillement
dans le territoire marocain qui fait appel à une autre entreprise pour confie une partie de sa
production cela permet à une entreprise de minimiser ses coûts ,ou il pourra également se
concentrer sur ses activités de recherche et développement et d'innovation en déléguant la
fabrication de ses produits à ses sous-traitants. Dans certain cas les entreprises marocain sous
charge d’assurer la sous traitance des entreprises étranger.

75
Question 3: d’où vous apporter vos principales matières première?

Portugal
UK
USA
UE
Turquie

Selon les résultats obtenus, on peut constater que la plupart des approvisionnements liée à
la matière première provient principalement de : la Turquie, Inde, le Portugal, royaume uni et
Etat unis, et quelques pays de l’union Européen

Comme réponse à cette question on remarque que toutes les entreprises importent sa matière
première qui est le tissu (Tissu maille, tissu chaine et trame, , accessoire et accessoire
d’emballage ) de l’étranger.

76
Question 4: Quelles sont vos principales destinations ?

35%

30%

25%

20%

15%

10%

5%

0%
UK USA France Espagne Italie Autres
% 30% 22% 18% 12% 10% 8%

10%

vente à l'export
vente locale

90%

On note qu’une seule entreprise parmi cinq qui vend ses produits sur le territoire marocain
alors que les autres entreprises enquêter ne vendent aucune pièce au niveau nationale toutes
ses productions sont destinées vers l’export.

Dans sa globalité, les exportations sont d’un volume important pour UK représente 30%, USA
qui représente 22% et le reste est consacré pour l’union européen et autres.

77
Question 6 :Pensez-vous que le secteur textile habillement est compétitif ?

40%

60% non
oui

Le digramme circulaire ci-dessous affiche également deux proportions, dont 60% (soit
3/5) des échantillons ont répondu par « oui » cela peut être analysé comme suit : le secteur
textile habillement est compétitif, car il occupe une place stratégique dans l’industrie
nationale de transformation aussi bien sur le plan d’emploi et des exportations que sur le plan
l’équilibre socioéconomique du pays. Alors que le reste (40%) ont répondu par « non », vu
que ce secteur malgré les avantages qu’il détient, il est devenu de plus en plus impacté par la
concurrence,ainsi que le manque et l’absence de plusieurs éléments qui participent de son
détérioration.

78
Question 7 :Considérez-vous que votre entreprise et compétitive ?

0%

oui

100%

Comme réponse à cette question, un seul pourcentage qu’il apparaît est de 100%,
représente simplement que l’ensemble des échantillons confirment que leurs entreprises sont
compétitive c’est-à-dire capable de fournir durablement ses produits sur le marché et de faire
face de la concurrence.

Question 8 : Quels sont vos principaux leviers de compétitivité et quels sont les cinq
principaux leviers à améliorer au niveau du secteur et au niveau de votre entreprise ?

Pour mieux comprendre, et pouvoir analyser la situation de l'industrie marocaine, de


résumer les 2 questions dans une matrice SWOT.

Les axes internes sont les caractéristiques internes de l'organisation on distingue les forces et
les faiblesses de l’entreprise, et on va considérer que les forces sont les leviers de
compétitivité des entreprises et les faiblesses sont les leviers d'améliorations.

Ainsi pour l'axe externe, Il énumère des éléments qui ont un impact possible sur l'entreprise
Donc les opportunités on va les considérer comme leviers de compétitivité du secteur TH car
il appartient à l’environnement de l’entreprise. Les opportunités vont se présenter comme
leviers de compétitivité du secteur textile habillement.

79
Opportunités (leviers de compétitivité du MENACES (leviers à améliorer)
STH)
 La concurrence nationale qu’internationale.
 Développement du port et de la zone
Tanger Med  la concurrence du secteur informel

 la proximité géographique avec  Quasi absence d’investissement en création,


l’Europe
R£D ;
 Un climat de stabilité politique et de  Encouragement moins important pour le
paix sociale ; secteur de la part de l’Etat.
 le secteur textile habillement est bien  Manque de matières premières en quantités et
structuré qualités suffisantes
 Le secteur textile habillement occupe  Le secteur du textile-habillement se trouve
une place stratégique dans l’industrie confronté à une concurrence agressive de la
nationale de transformation aussi bien part des pays asiatiques et des pays de
sur les emplois et des exportations que l’Europe de l’Est.
sur le plan de l’équilibre
socioéconomique du pays.

FORCES FAIBLESSES
 Mains d’œuvre qualifié.
 une industrie très diversifie et pleine  Retard technologique

mutation.  Recherche et développement

 Un excellent manager.  facteurs de production et l'insuffisante

 Système informatique. Permet de bien  motivation du personnel

supporter les aléas, les imprévus plus


facilement et fournir des informations
à jour au cours des différents étapes de
la production.
 Respect des délais de livraison.
 Satisfaction des clients.
 la part du marché.

80
 Disposition des machines développer
qui facilite la fabrication des produits.
 Force de la vente à l’export.
 Un bon Service commercial et
relation.

Question 9:L’Etat a mis en place une stratégie de développement pour ce secteur, Avez-
vous déjà bénéficie des programmes dans ce sens ?

40% oui
non
60%

D’après ce diagramme on observe que la majorité des entreprises enquêter soit 3/5 ,
répond pour cette question par « oui »,représentant un taux de 60%.cela explique qu’elles
bénéficient des programmes et stratégie de développement accorder par l’état comme ,Inmae
, éco système , aide financier ,contrat de croissance à l’export, IMTIAZ, MOUSSANADA,
Participation ou foires . 40% des entreprises soit ( 2/5) répond par « non » , ceci est dû
souvent à la non circulation de l’information , ou autres raisons qu’on a pas pu les connaitre .

Question 10. Quels sont les apports et soutien que vous pouvez suggérer ?

 Le financement au niveau des machines acquise


 Les rapports concernant l’exportation
 Attaquer les secteurs informel (les petits garages qui ne paye ni impôts ni CNSS)
 Investir dans les nouvelles technologies
 Investir dans la fabrication des tissus
 Encouragement et soutien des PME
 Rendez le Régime fiscale plus souhaitable
 La formation.

81
Question 11 :Avez-vous un service qualité ?

°Non, Quelles sont vos raisons ?

°Oui, Quel en est l’intérêt ?

100%
90%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
10%
0%
non oui

Series1

Dans le sens du résultat obtenus on constate que la plupart des entreprises interroger
disposent d’un service de qualité pour l’intérêt qui est similaire pour toute les entreprises, ce
dernier permet de savoir si les produits vendus par l’entreprise sont conformes aux exigences
du marché , à la demande du client et cahier de charges afin de rédiger un rapport sur le
déroulement du contrôle et les mesures à prendre pour améliorer la production et réduire les
cas de non-conformité,

Alors pour ceux qu’ils ne disposent pas d’un service de qualité justifient cette décision par le
non importance de ce service.

82
Question 12 : structure des personnels

Employés
80%
70%
60%
50%
40%
Series1
30%
20%
10%
0%
Femmes 18-45 ans Hommes 18-45 ans

D’après notre analyse profonde sur cette partie lors de notre recherche théorique on la
concrétise maintenant dans la partie pratique ; on remarque clairement que le secteur de
l’industrie et plus particulièrement le secteur textile habillement repose sur la main d’œuvre
qui est caractérisé par la compétence et la bonne maitrise du métier.

Cette question était divisé en trois sous questions : le niveau d’étude le sexe et la tranche
d’âge. On conclu que les entreprise du TH recrutent 75% des femmes face à 25% des
hommes employés leurs âge et entre 18-45 ans dont ils ne disposent d’aucun diplôme. Ces
derniers bénéficient d’une formation assurée par l’entreprise elle-même.

Techniciens/Techniciens spéialisé
120%

100%
100%
80%

60%
Series1
40%

20%
0%
0%
Hommes 18-45 ans Femmes

Pour les deux catégories des techniciens quelque soit spécialisé ou non, et qui fonctionne
dans les entreprises du T.H sont tous des hommes âgés entre 18-45ans ayant un diplôme sauf
que les techniciens spécialisé ayant un diplôme délivré par l’OFPPT, et les autres n’ayant pas.

83
Les cadres
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
Hommes 31-45ans Femmes 31-45ans

Series1

Finalement le profil des cadres représente généralement 80% des hommes et 20% des
femmes , âgés entre 31 et 45ans ayant un diplôme d’étude supérieur ou équivalent à Bac+2
,Bac4/5,ce poste est sensible et demande l’expérience suffisante , car il implique la mise en
œuvre des règles de discipline et l’utilisation de l’autorité.

84
Conclusion de la deuxième partie

Le secteur du textile et de l’habillement joue un rôle crucial dans le domaine de l’industrie


en générale et dans l’économie nationale en particulier, parmi les principaux facteurs de
compétitivité économiques de la branche, on trouve : l’emploi, et la production qui ont
affichés des taux de progressions assez significatives par rapport à d’autres secteur durant ces
derniers années.

De même, le textile habillement occupe une bonne position au niveau international, grâce à
l’attrait qui constitue pour de nombreux donneurs d’ordre étrangers, en majorité européen .En
effet, le secteur bénéficiait depuis longtemps des fameux réels avantages compétitifs qui
étaient le coût de main d’œuvre et sa proximité géographique avec l’union européenne.

Avec la stratégie de répartition des régions ,aujourd’hui Tanger Med est considéré le premier
port de l’ensemble du pourtour méditerranéen et qui a pu constituer un véritable levier de
développement .ainsi la nouvelle stratégie industrielle dite plan d’accélération industriel
2014-2020(PAI) basée sur la mise en place d’écosystème performants .

85
Conclusion générale et recommandations

La notion de compétitivité s’entend comme la capacité à faire face à la concurrence et à


occuper une position forte sur un marché, qu'il soit domestique ou extérieur. Dans ce cadre, la
compétitivité peut concerner une entreprise, un secteur d'activité ou une économie nationale.

Dans un monde économique en mutation continue, où la concurrence est devenue le maître mot
et la clef de voûte du développement économique et social, la survie de toute entreprise passe
nécessairement par la compétitivité. Celle-ci peut être divisée en deux grandes catégories : la
compétitivité-prix et la compétitivité- structurelle. La première est un instrument essentiel pour
affronter la concurrence. Un prix compétitif nécessite un coût de production faible qui passe
par l’amélioration de la productivité et la baisse des coûts salariaux ; toutefois, la compétitivité-
prix ne peut se maintenir qu’à court terme, la compétitivité structurelle (qualité, innovation,
différenciation) joue un rôle prépondérant suite à la nouvelle physionomie de l’économie
mondiale. L’innovation est l’élément qui permet à la firme de rester en permanence en contact
avec ses clients dont les goûts évoluent. La différenciation est l’un des facteurs de la
concurrence entre vendeurs ou producteurs. Enfin la qualité joue un rôle décisif dans le
relâchement de la compétition et renforce davantage la position de l’entreprise sur le marché.

La notion de la compétitivité est à l’industrie du textile et de l’habillement est un secteur clé


de l’industrie marocaine, il possède plusieurs avantages qui sont caractériser par : la proximité
des marchés européens, la stabilité politique, une industrie diversifié, la compétitivité de la main
d’œuvre, respect de délais de livraison des produit à l’export, et force de la vente …etc.

en revanche la filière textile doit faire face à une multitude de contraintes qui menacent sa survie
ce secteur est confrontés à plusieurs défis qui pour être réalisés nécessitent une sérieuse mise à
niveau parmi les plus importants :

86
 Lutter contre la concurrence informelle

 Investir plus dans la production de la matière première pour délaisser de la dépendance


vise à vis de pays étranger.

 Favoriser l’innovation et recherche et développement.

 Soutenir et encourager le secteur du textile et habillement.

87
Annexe :

Questionnaire sur la compétitivité des entreprises de textile habillement « Maroc »

 Identification :

Nom de l’entreprise : …………………………………………………………………………………..

La forme Juridique : …………………………………………………………………………………

Secteur d’activité : …………………………………………………………………………………….

Adresse : …………………………………………………………………………………………………

…………………………………………………………………………………………………………..

 Management et Gestion:

1. Quels sont les activités de votre entreprise ?

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

2. Quelle est la qualité de l’activité de votre entreprise ?

1. Indépendant

2. sous-traitant

3. D’où vous apporter vos principales matières premières ?

a. Importation : Les principales matières importées :


Matière Pays
 …………………………………………… 

 …………………………………………… 
 …………………………………………… 
 …………………………………………… 
 …………………………………………… 

88
b. Approvisionnement local : ………..%
………..%

4. Quelles sont vos principales destinations ?

Principales destinations (exportation):

Produits Pays
 …………………………………………… 
 …………………………………………… 
 …………………………………………… 
 …………………………………………… 
 …………………………………………… 
 …………………………………………… 

Vente locale : ………%


……….%

5. Quelle est votre capacité de production ?

La capacité
(En unité Réalisation en %
Produits de
production 2015 2016 2017 2018
Mensuelle)
     

     

     

     

6-Pensez-vous que le secteur textile habillement est compétitif ?

o Oui

o Non

7. Considérez- vous que votre entreprise et compétitive ?

o Oui

o Non

89
8. Quels sont vos principaux leviers de compétitivité et quels sont vos principaux
leviers à améliorer au niveau de votre entreprise et au niveau du secteur ?

Levier de compétitivité Au niveau du secteur Au niveau de l’entreprise

Levier d’amélioration Au niveau du secteur Au niveau de l’entreprise

 Les apports d’aide et soutien.

9. L’Etat a mis en place une stratégie de développement pour ce secteur, Avez-


vous déjà bénéficie des programmes dans ce sens ?

o Oui

o Non

10. Quels sont les apports et soutien que vous pouvez suggérer ?

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

11. Avez-vous un service qualité ?


o Non. Quelles sont vos raisons ?

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

o Oui, Quel en est l’intérêt ?


…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

90
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

 Gestion des ressources humaines

Structure de votre personnel

Niveau d’Etude Sans Formation Bac+2 Bac +4/5


diplôme
Métiers ………… ………… ………… …………
Cadres
- Femmes
o Entre ………… ………… ………… …………
18-30 ………… ………… ………… …………
ans ………… ………… ………… …………
o Entre
31-45 ………… ………… ………… …………
ans ………… ………… ………… …………
o Entre ………… ………… ………… …………
46-60
ans
- Hommes
o Entre
18-30
ans
o Entre
31-45
ans
o Entre
46-60
ans

Niveau d’Etude Sans Formation Bac+2 Bac +4/5


diplôme
Métiers ………… ………… ………… …………
Employés
- Femmes
o Entre 18-30 ans ………… ………… ………… …………
o Entre 31-45 ans ………… ………… ………… …………
o Entre 46-60 ans ………… ………… ………… …………
- Hommes
o Entre 18-30 ans ………… ………… ………… …………
o Entre 31-45 ans ………… ………… ………… …………
o Entre 46-60 ans ………… ………… ………… …………

Niveau d’Etude Sans Formation Bac+2 Bac +4/5


diplôme
Métiers ………… ………… ………… …………
Techniciens spécialisés
- Femmes
o Entre 18-30 ans ………… ………… ………… …………

91
Niveau d’Etude Sans Formation Bac+2 Bac +4/5
diplôme
Métiers ………… ………… ………… …………
Techniciens
- Femmes
o Entre 18-30 ans ………… ………… ………… …………
o Entre 31-45 ans ………… ………… ………… …………
o Entre 46-60 ans ………… ………… ………… …………
- Hommes
o Entre 18-30 ans ………… ………… ………… …………
o Entre 31-45 ans ………… ………… ………… …………
o Entre 46-60 ans ………… ………… ………… …………
o Entre 31-45 ans ………… ………… ………… …………
o Entre 46-60 ans ………… ………… ………… …………
- Hommes
o Entre 18-30 ans ………… ………… ………… …………
o Entre 31-45 ans ………… ………… ………… …………
o Entre 46-60 ans ………… ………… ………… …………

92
Bibliographie :

Les Ouvrages :

 Le capital humain facteur déterminant de la compétitivité de l’entreprise industrielle


marocaine : l’économie marocaine et les enjeux de la mondialisation.

 La compétitivité de l’entreprise, Sauvin, Thierry.

 Michael Porter, L’avantage concurrentiel, 1er édition, Dunod, paris 1999.

 Thierry Sauvin, la compétitivité de l’entreprise : l’obsession de la firme allégée, Ellipse


édition, 2005.

 Marc Ingham, Management stratégique et compétitivité, De Boeck, 1995.

 Séverine Le Loane, Sylvie Blanco, Management de l’innovation, Pearson Education


France, 2011- 360 pages.

 Dominique Siegel, le diagnostic stratégique et la gestion de la qualité, l’Harmattan,


2004 – 251 pages.
 Olivier Meir Diagnostic stratégique évaluer la compétitivité de l’entreprise

 Thierry Sanvin , la compétitivité de l’entreprise l’obsession de la firme allégée

 Hubert Bazin ,La qualité du management : levier de la compétitivité

93
Documents, article et rapports :

 Fiche sur la baisse de l’emploi –secteur TH- HCP 2014

 L’économiste « Le textile maintien sa croissance » Edition N°:5370 Le 12/10/2018

 « competitiveness : concept and measures », document hors-série n°5, industry


Canada, avril 1995

 ALTENBURG et AL (1998), cité in « amélioration de la compétitivité des PME par


le renforcement des capacités productives » ; rapport du secrétariat de la CNUCED,
20 décembre 2002.

 Bienaymé A « la compétitivité de l’économie française », communication au


colloque (association française des sciences économiques), paris .juin 1981, P1.

 Cité in « amélioration de la compétitivité des PME par le renforcement des capacités


productives » ; rapport du secrétariat de la CNUCED, 20 décembre 2002.

 Markusen.J 1992. « Productivité, compétitivité, performance commerciale et revenu


réel : le lien entre les quatre concepts ». Cité in « competitiveness : concept and
measures », document hors-série n°5, industry Canada, avril 1995.

 « Coûts salariaux et compétitivité dans les principaux pays industriels », problèmes


économiques, n°2338 ?25

 CHESNAIS F, La compétitivité technologique en tant que compétitivité structurelle


in F.Chesnais compétitivité internationale et dépenses militaires, Economica, 1990

94
 DIMITRIS BOURANTAS « les bases de la compétitivité industrielles », revue de
gestion, septembre-octobre 1983, P40.

 OCDE 1991, cité in « competitiveness : concept and measures », document hors-


série n°5, industry Canada, avril 1995.

 GUILLAUME DUVAL, « productivité et valeur ajoutée : des relations complexes »,


problèmes économiques,n°2551,14 janvier 1998.

 J.P.Angeleier : Economie industrielle, éléments de méthode, presses universitaires de


Grenoble 1991, op.cit., P.85.

 R.Clarke: Industrial economics; Oxford 1985.

 M.M.A. Agbodan et F.G Amoussouga : « Les facteurs de performance de


l’entreprise » ; Actualité scientifique, éditions John Libby Eurotext 1995, Paris,
op.cit, P.XV.

 S. Leymarie et Tripier : « Le Maroc prochain dragon » ; de nouvelles idées pour le


développement, éditions Eddif, 1992, P.4.

 Idem, P.46.

 ACHY L (2005) « une première journée de l’impact de l’ATV sur les industries TH
au Maroc »journée d’étude organisé par le centre de recherche JES 2005.

 Ministère de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de L’Economie


Numérique ; L’observatoire Marocain de l’industrie
Ministère de l’industrie du commerce, de l’investissement et de l’économie
numérique/observatoire de l’industrie www.mcinet.gov.ma

 Missions économiques, fiche de synthèse « l’industrie tunisienne des textiles et de


l’habillement »

 « Pékin décide à garder son avance : le textile marocain souffre de la


chine ».Abdelali Boukhalef .Le matin économique du 31/05/2005.

 Portrait de secteur pour le secteur de formation textile-habillement. Réalisé dans le


cadre de la coopération Maroc-Québécoise. Ministère de l'emploi, de la formation
professionnelle, du développement social et de la solidarité, page 4-6.

 Synthèse du livre blanc de l’industrie marocaine du textile-habillement. Ministre de


l’industrie, du commerce et des télécommunications. Département du commerce et
de l’industrie.

95
 SAYAD ALI, «Zone de libre-échange Euro-Marocain et mise à niveau de
l'entreprise industrielle marocaine: le cas du secteur textile-habillement», thèse de
doctorat, Rabat-Agdal 2015.

 Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et


de l’Economie numérique, la réussite de la Région Tanger-Tétouan-Al Hoceima
publié sur la presse Eco Actu, « Moulay Hafid Elalamy la complémentarité entre
régions est fondamentale », le 1 Août 2019.
 Présentation synoptique de l'industrie marocaine du textile-habillement», Spécial
textile INFO, Bulletin AMITH.

 Rapport de la banque mondiale n° 1157, cité in « impératif de la performance dans


la compétitivité de l’entreprise » Salam amimar.thése de doctorat 2003.

Webographie :

 http://www.mcinet.gov.ma

 http://www.amith.ma

 Office des changes

 http://www.gbp.ma

 http://www.maroc.ma

 https://www.wto.org

 http://www.gbp.ma

96
Table de matière

Dédicace ………………………...………………………………………………………… P02

Remerciements ………………………………………….………...……………………… P02

Sommaire ……………………………..……………….………...……………………… P06

Glossaire ……………………………..………………….………...……………………… P03


Liste des tableaux ………….………..………………….………...……………………… P04

Liste des figures ……………………..………………….………...……………………… P05

Introduction générale ………….…..………………….………...……..………………… P08

Problématique de recherche ………….…..………………..…...……..………………… P10

Méthodologie de recherche ………….…..………………..…...………………………… P11

Première partie : La compétitivité……………………………………………….....…… P12

Introduction de la première partie ………………………...…………………….....…… P13

Chapitre I : La compétitivité « concepts, formes et mesures » …………………..…...…… P14

1. définition et formes de la compétitivité ………………………...……………………… P14

97
1.1 Au niveau microéconomique ……………..…………………...……………………… P15

1.2. Au niveau macroéconomique ……...……..…………………...……………………… P16

1.2.1 La compétitivité d’une nation ……...……..…………….…...……………………… P17

1.2.2 La compétitivité d’une entreprise ……...……….…………...……………….……… P18

2. Forme de de la compétitivité …….………………...……...………….………………… P19

2.1Compétitivité prix …….…………………………...……...………….………………… P19

2.2 Compétitivité coût …….…………………..……...……...………….………………… P19

2.3 Compétitivité hors prix …..………………..……...……...………….………………… P20

Chapitre II : les indicateurs de mesures de la compétitivité …………………….…..… P23

1. Les indicateurs de la compétitivité au niveau de l’entreprise …………….………..…… P23

1.1 La part de marché …..………………..……...…………...………….………………… P24

1.2 Le Coût de revient moyen …..………..……...……...………….……...……………… P24

1.3 La rentabilité …..………………..……...……...………….…………………………… P24

1.4 La productivité…..………………..……...……...………………..….………………… P25

Chapitre III : Stratégies de l’entreprise compétitives. …..…….…………………….… P27

1. Les différentes stratégies de l’entreprise …..…….………..……….………..………..… P27

1.1. Les Stratégies mettant l’accent sur le prix …..…….…………...……….………..…… P27

a- La détermination du prix dans le marché …..…….……………...……….………..…… P27

b- Les stratégies contingentes des prix …..……...……….…..……….………..………..… P28

2. Les autres dimensions stratégiques …..…….………….…..……….………..………..… P28

2.1 Obstacles à l’entrée des nouveaux concurrents …..…….……...……...……...…..…… P29

2.2 La différenciation du produit…..…….…………......…………………....………..…… P29

2.3 La Recherche& Développement …….…………......…………………....………..…… P30

3. Environnement et compétitivité de l’entreprise …..…….………….…..……………..… P30

Chapitre IV : La performance : un vecteur de compétitivité …………..........................… P33

1. la performance : un indicateur essentiel de la compétitivité ………………..………....... P33

1.1 Les instruments de mesure de la performance d’une entreprise ……………..……....... P33

98
a- Quelques définitions du concept performance ……………………………..………....... P34

b- Commet mesurer les performances ? ………………………………..……..………....... P36

Conclusion de la première partie ………………………………..……..………...……....... P38

Deuxième partie : La position du secteur textile habillement au Maroc….………....... P39

Introduction de la deuxième partie …………………………………..……..………....... P40

Chapitre I : Historique et évolution du secteur textile habillement au Maroc ……..... P41

1. Historique…..……………………………...………….…..……….………..…….…..… P41

2. Les Phases de l’élaboration d’un produit ………………………...………….…..…...… P46

Chapitre II : La place du Secteur textile-habillement dans le tissu industriel


marocain ……………………………………..…………………...………….…..…...… P48
1. Le rôle du secteur textile habillement dans le tissu industriel marocain ………...…....... P48

2. Structure du secteur textile habillement au Maroc …………...…………….………....... P49

2.1 Répartition de l’activité du textile habillement par filières ……………….………....... P49

2.2 Répartition de l’activité du Textile habillement par régions. ……… …….………....... P50

Chapitre III : Les facteurs de compétitivité du secteur textile habillement …..…....... P53

1. positionnement compétitif interne ………….....………..…………….…….………....... P53

1.1 La production et la valeur ajoutée ……………………………………..….………....... P55

1.2 L’Exportation ………….……………………………..……………………………....... P55

1.3 Emploi ……………..….……………………………..……………………………....... P58

1.4 Investissement ………...……………………………..……………………………....... P59

1.5 Le Secteur textile habillement un secteur bien structuré ………...………….……....... P60

2. positionnement compétitif externe ………….....…………………….……..………....... P61

2.1 Identification des principaux concurrents du Maroc ………….....………………......... P61

Chapitre IV : le repositionnement stratégique de l’industrie du textile habillement... P64

1. Accord multifibre 1974-1994 …………...….....………….………….……..………....... P64

1.1. Le MAROC et AMF …………..............…………….………………..…..………....... P65

2. L’Accord de l'OMC sur les textiles et les vêtements (ATV) 1995-2005 ………………..P66

3. Les Ecosystèmes industriels .......…………………………………….…….……..………....... P67

99
4. Le Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020 ………….....………………………....... P68

Chapitre V: Etude empirique sur les entreprises du secteur textile-habillement


marocain…………………………………….…………..….....………………………....... P69

1. Objectif de l’enquête …………………...….....……………………….……………....... P69

2. Méthodologie ………………………..……………………...………………………....... P70

3. Analyse et interprétations des résultats …………..…….......………………………....... P72

Conclusion de la deuxième partie ………….....…………………….……..…..………....... P84

Conclusion générale et recommandation .....……………….………….……………....... P85

Annexe ………………………..……………………...………………………….……....... P87

Références bibliographique ………………...……………………………….………....... P92

Table des matières ………..…………...….....………………………….……………....... P96

100