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Article in Canadian Journal of Behavioural Science · February 2016

DOI: 10.1037/cbs0000042

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Megan L. Sawatsky University of Ottawa 7 PUBLICATIONS 45 CITATIONS SEE PROFILE
Megan L. Sawatsky
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Canadian Journal of Behavioural Science/ Revue canadienne des sciences du comportement

Hypersexualité chez les étudiants universitaires hétérosexuels

Enya Levaque, Megan L. Sawatsky, and Martin L. Lalumière

Online First Publication, February 15, 2016. http://dx.doi.org/10.1037/cbs0000042

CITATION Levaque, E., Sawatsky, M. L., & Lalumière, M. L. (2016, February 15). Hypersexualité chez les étudiants universitaires hétérosexuels. Canadian Journal of Behavioural Science/Revue canadienne des sciences du comportement. Advance online publication. http://

dx.doi.org/10.1037/cbs0000042

Canadian Journal of Behavioural Science / Revue canadienne des sciences du comportement 2016, Vol. 48, No. 2, 000

© 2016 Canadian Psychological Association 0008-400X/16/$12.00 http://dx.doi.org/10.1037/cbs0000042

Hypersexualité chez les étudiants universitaires hétérosexuels

Enya Levaque, Megan L. Sawatsky et Martin L. Lalumière

Université d’Ottawa

Cette étude s’est penchée sur l’hypersexualité (c.-a` -d., un désir sexuel plus élevé ou des comportements sexuels plus fréquents que la norme, le tout accompagné de conséquences négatives ou de détresse) dans une population d’étudiants universitaires hétérosexuels, par l’entremise de différents questionnaires et indicateurs. L’échantillon était composé de 717 étudiants féminins et masculins, âgés de 18 a` 24 ans, fréquentant une université ontarienne. Des différences entre les sexes ont été remarquées pour les questionnaires et les indicateurs étudiés, suggérant que les hommes étaient plus hypersexuels que les femmes. De plus, lorsque comparés a` l’échantillon d’adultes de Långström et Hanson (2006), nos participants se révélaient plus hypersexuels sur les comportements sexuels impersonnels sélectionnés. Finalement, une portion considérable de notre échantillon atteignait les points limites d’hypersexualité proposés par certains chercheurs, remettant en question la validité et la capacité de généralisation de ces critères. En somme, cette étude a fait ressortir l’importance de recueillir des normes spécifiques d’hypersexualité pour une population donnée, avant d’apposer des points limites.

Mots-clés : hypersexualité, étudiants universitaires, points limites, normes.

Peu d’études ayant comme objectif la détermination des normes sexuelles ont été effectuées depuis les recherches de Kinsey dans les années 1940 –1950 (Kinsey, Pomeroy & Martin, 1948; Kinsey, Pomeroy, Martin & Gebhard, 1953). En réalité, il n’existe aucune étude a` grande échelle des normes sexuelles au Canada. Par conséquent, nous en savons peu sur les comportements et les préférences sexuels de la population canadienne. Les normes per- mettent pourtant de présenter une distribution de ce qui est sex- uellement commun ou atypique. Quelques chercheurs ont tout de même tenté d’étiqueter la sexualité de certains groupes d’individus. Ces recherches ont per- mis de cerner, entre autres, les perturbations et la détresse émo- tionnelle associées au désir sexuel atypiquement plus faible que la norme, c’est-a` -dire le female sexual interest/arousal disorder ou le male hypoactive sexual desire disorder, décrit dans le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (5 e éd.; DSM–5; American Psychiatric Association, 2013). Bien que ce trouble psychologique soit inclus dans le DSM–5, aucun trouble équivalent n’a été ajouté concernant la détresse et les conséquences négatives causées par un désir ou des comportements sexuels atypiquement plus élevés que la norme. Les chercheurs ont tout de même proposé diverses définitions, des questionnaires et des indicateurs de ce qui a été désigné hypersexualité. On se doit ici de préciser qu’une sexualité simplement plus élevée que la norme n’est pas

Enya Levaque, Megan L. Sawatsky et Martin L. Lalumière, École de psychologie, Université d’Ottawa, Ontario, Canada. Cette recherche a été possible grâce au financement de l’Université d’Ottawa. Toute correspondance concernant le présent article doit être adressée à :

Martin L. Lalumière, École de psychologie, Université d’Ottawa, 136, rue Jean-Jacques-Lussier, Ottawa (Ontario) K1N 6N5, Canada. Courriel :

martin.lalumiere@uottawa.ca

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visée par le concept proposé; une telle sexualité étant plutôt une dimension d’épanouissement personnel chez certains. Ce qui dis- tingue l’hypersexualité est la détresse personnelle ou les con- séquences négatives qu’engendrent ce désir ou ces actions sex- uelles plus fréquentes.

Différentes conceptions de l’hypersexualité

Kalichman et al. (1994) ont été parmi les premiers a` proposer le concept de compulsion sexuelle, définie en tant qu’une nécessité intense et précise de rencontrer les désirs sexuels ressentis, le tout causant de la détresse émotionnelle. Coleman, Miner, Ohlerking et Raymond (2001) suivirent avec leur définition du comportement sexuel compulsif en tant que désordre où l’individu a des fan- tasmes, des désirs et des comportements sexuels intenses, in- trusifs et répétitifs. La notion de contrôle de soi est ici utilisée en tant que : capacité de l’individu a` contrôler ses pulsions sexuelles; fréquence des désirs et comportements sexuels; dis- sonance émotionnelle reliée a` la sexualité; et fréquence a` laquelle la sexualité interfère avec les relations interperson- nelles de l’individu, ses activités et sa stabilité financière. L’importance du contrôle fut encore une fois utilisée dans la définition du comportement hypersexuel de Reid, Carpenter et Lloyd (2009). Cette notion est définie en tant que difficulté a` contrôler ses pensées, sentiments et comportements sexuels pendant une période significative, causant alors des con- séquences négatives et de la détresse pour soi ou pour autrui. En 2010, Kafka tenta une définition du désordre de l’hypersexualité en vue de son ajout dans le DSM–5, comportant les critères suivants : fantaisies, impulsions ou comportements sexuels in- tenses et récurrents sur une période d’au moins six mois, inter- férant avec d’autres aspects importants de la vie, répondant a` des émotions dysphoriques (par ex., anxiété, dépression ou ennui), ou causant de la détresse personnelle ou un dysfonctionnement social. Ce désordre a été refusé par le comité du DSM–5, principalement en raison du manque de recherche sur le sujet (Klein, Rettenberger &

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LEVAQUE, SAWATSKY ET LALUMIÈRE

Briken, 2014). Depuis ce temps, d’autres chercheurs ont néanmoins repris cette notion de désordre de l’hypersexualité dans des ouvrages subséquents (par ex., Reid, Garos & Fong, 2012). Ces diverses conceptions contiennent des composantes majeures de la notion d’hypersexualité en incluant les désirs et les com- portements sexuels « intenses », « fréquents » ou « persistants », la détresse émotionnelle ressentie et les conséquences négatives de la sexualité. Par contre, on ne définit pas les notions mises entre guillemets par des données objectives, laissant alors l’interprétation de la « quantité problématique » a` l’individu même, plutôt que de déter- miner si l’individu se trouve effectivement a` un niveau plus élevé que la norme. Certains chercheurs ont toutefois tenté d’intégrer cette notion objective, tel Kafka (1997) qui proposa le trouble du désir hyper- sexuel. Ce désir se rapporte a` un nombre cumulatif élevé d’orgasmes obtenus pendant une semaine donnée et une semaine typique (c.-a` -d., exutoire sexuel total calculé par le Total Sexual Outlet Inventory [TSOI]), et ce, de façon persistante. Sur la base de précédents sondages réalisés dans la population générale (Janus & Janus, 1993; Kinsey et al., 1948; Laumann, Gagnon, Michael & Michaels, 1994), Kafka conclut que de 1,2 % a` 15,0 % des hommes rapportaient un exutoire sexuel total de sept orgasmes ou plus par semaine. Croyant que cette proportion de la population masculine reflétait bien sa notion d’un exutoire sexuel « statis- tiquement » plus élevé que la norme, il posa une limite probléma- tique hypersexuelle pour les individus rapportant un exutoire égal ou plus élevé que sept. Bien que Kafka (1997) ait considéré les notions « statis- tiques » d’un comportement sexuel plus fréquent que la norme, ce nombre reste quand même assez arbitraire. De plus, il n’y a aucune évidence empirique que cette limite soit associée a` des répercus- sions négatives, telles que les éléments plus subjectifs mentionnés auparavant (par ex., désir sexuel, détresse personnelle et con- séquences négatives reliées a` la sexualité). Finalement, la limite problématique de Kafka ne repose que sur les normes masculines et a majoritairement été testée parmi des populations masculines cliniques ou judiciaires (par ex., Kafka & Hennen, 2003; Kingston & Bradford, 2013; Winters, Christoff & Gorzalka, 2010). Aucune limite problématique n’est donc reportée pour les femmes.

Questionnaires d’hypersexualité

Les diverses conceptions utilisées par les chercheurs ont servi a` l’élaboration de questionnaires afin de tenter d’identifier les indi- vidus hypersexuels pouvant potentiellement bénéficier d’un traite- ment psychologique. La Sexual Compulsivity Scale (SCS), créée par Kalichman et al. (1994), a été un des premiers questionnaires d’hypersexualité. Les questions de la SCS dérivent d’un manuel pratique destiné aux individus ayant des difficultés reliées au contrôle de leur sexualité ou croyant avoir une dépendance sex- uelle (CompCare, 1987). Kalichman et al. indiquent que le ques- tionnaire évalue le degré de détresse causé par les besoins sexuels d’un individu. Ce questionnaire fut utilisé, entre autres, parmi des hommes homosexuels, des individus atteints du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et une population a` faible revenu (Benotsch, Kalichman & Kelley, 1999; Kalichman et al., 1994; Kalichman & Rompa, 1995; Parsons, Bimbi & Halkitis, 2001). Le pointage limite hypersexuel fut déterminé en se référant

aux échantillons étudiés (c.-a` -d., 80 e percentile ou deux écarts- types au-dessus de la moyenne). Le Compulsive Sexual Behaviour Inventory (CSBI; Coleman et al., 2001) est composé de trois sous-échelles : contrôle de soi, sévices et violence. La sous-échelle traitant du contrôle de soi (la CSBI-C) est spécifiquement d’intérêt dans cette étude et sera donc la seule étudiée. Aucune limite hypersexuelle précise ne fut rap- portée, mais un pointage plus bas est indicateur de comportements plus sexuellement compulsifs. Ce questionnaire fut premièrement utilisé parmi une population masculine clinique, avec un groupe de référence provenant de la population générale (Coleman et al.,

2001).

L’Hypersexual Behaviour Inventory (Reid, Carpenter, et al., 2009) est un autre questionnaire populaire divisé en trois sous- échelles : contrôle (pensées, sentiments, et comportements sex- uels); utilisation de la sexualité afin de faire face a` des situations émotionnellement désagréables ou en réponse au stress (coping); et conséquences indésirables associées aux comportements sex- uels. Ce questionnaire fut testé auprès de populations cliniques (avec des groupes de référence d’étudiants universitaires), princi- palement de sexe masculin (Reid, Carpenter, et al., 2009; Reid et al., 2012; Reid, Harper & Anderson, 2009; Reid, Karim, McCrory & Carpenter, 2010). Un point limite hypersexuel fut déterminé a` partir de l’échantillon de cette première étude, sur la base du calcul statistique de Jacobson et Truax (1991) impliquant les moyennes et les écarts-types des populations cliniques et de référence. Reid et al. (2012) approfondirent l’étude des conséquences négatives de la vie sexuelle des individus s’étant déja` produites ou pouvant se produire a` l’avenir sur les plans sociaux, financiers et de la santé mentale. La Hypersexual Behaviour Consequences Scale fut créée et testée auprès d’une population clinique d’individus de sexe masculin et féminin. Aucun point limite précis ne fut rapporté, mais un pointage plus élevé référait a` des con- séquences négatives plus graves et fréquentes. Cette revue des questionnaires d’hypersexualité les plus com- muns permet de se rendre compte que les recherches dans le domaine portent souvent sur des populations très précises (en termes de sexe, d’orientation sexuelle et de statut clinique ou judiciaire), et les résultats ne sont peut-être pas applicables a` d’autres populations.

Indicateurs d’hypersexualité

Långström et Hanson (2006) furent parmi les rares a` utiliser des données objectives afin d’apposer des limites hypersexuelles. Ainsi, en analysant les données de 1279 hommes et de 1171 femmes, âgés de 18 a` 60 ans, ayant participé au Sexuality and Health Project lancé en 1996 dans la population générale suédoise, les chercheurs ont pu déterminer huit indicateurs de comporte- ments sexuels impersonnels, et ont proposé une limite hypersex- uelle pour chacun. Un nombre cernant les5%a` 10 % des plus hautes données de l’échantillon, pour les hommes et les femmes séparément, constituait la limite pour les quatre indicateurs conti- nus, et une réponse affirmative constituait la limite pour les quatre indicateurs dichotomiques : fréquence de masturbation durant le dernier mois (nombre pour les hommes [n h ] 15; nombre pour les femmes [n f ] 5; fréquence d’utilisation de pornographie par année (n h 31; n f 4); nombre de partenaires sexuels durant la dernière année (n h 3; n f 2); nombre de partenaires sexuels par

HYPERSEXUALITÉ CHEZ LES ÉTUDIANTS UNIVERSITAIRES

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année active (n h 3; n f 2); avoir déja` eu une relation sexuelle avec une autre personne lorsque marié ou en cohabitation; avoir présentement plus d’un partenaire sexuel; avoir une attitude en- courageant les rapports sexuels occasionnels (casual sex); et s’être déja` engagé dans du sexe de groupe. Långström et Hanson (2006) additionnèrent ensuite les indicateurs pour chaque participant afin de former trois groupes : les individus n’atteignant aucune des limites hypersexuelles (niveau bas); les individus atteignant une ou deux limites (niveau modéré), et les individus atteignant trois limites ou plus (niveau élevé). Dans leur échantillon, 12 % des hommes et 7 % des femmes composaient le niveau élevé d’hypersexualité, et 43 % des hommes ainsi que 37 % des femmes composaient le niveau modéré d’hypersexualité. Bien que ces chercheurs apportent une notion statistique de l’hypersexualité, certains éléments sont toujours laissés a` part, puisque cette approche est strictement comportementale, tout en ignorant les comportements sexuels « personnels » (par ex., rapports sexuels avec un partenaire stable), et les conséquences négatives. De plus, les points limites déterminés par un percen- tile ne sont pas nécessairement applicables dans d’autres pop- ulations.

Corrélats de l’hypersexualité

Långström et Hanson (2006), ainsi que d’autres chercheurs (par ex., Klein et al., 2014), ont également déterminé des variables significativement différentes entre les groupes hypersexuels et les groupes non ou peu hypersexuels. Ces corrélats incluent, entre autres, une séparation des parents durant l’enfance, avoir été victime de sévices sexuels par le passé, être célibataire, et avoir été excité sexuellement par l’exposition en public de ses organes génitaux, l’espionnage d’autrui lors d’activités sexuelles ou l’utilisation délibérée de la douleur en contexte sexuel. Toutefois, un des corrélats le plus étudié et répliqué de l’hypersexualité reste le sexe de l’individu. Les chercheurs concluent systématiquement que les hommes tendent, en moyenne, a` être plus sexuellement compulsifs que les femmes, et qu’ils ont un désir sexuel plus fréquent, intense et élevé que ces dernières (par ex., Benotsch, Kalichman & Pinkerton, 2001; Dodge, Reece, Cole & Sandfort, 2004; Kalichman & Rompa, 1995, 2001; Lippa, 2009; Regan & Atkins, 2006; revue de Baumeister, Catanese & Vohs, 2001).

Objectifs de la présente étude

Puisque les questionnaires et les indicateurs d’hypersexualité susmentionnés sont généralement utilisés de façon séparée, cette étude a pour but de les étudier tous a` la fois pour un même échantillon d’hommes et de femmes tirés d’une population non clinique. Cette démarche permettra de voir a` quel point les limites hypersexuelles établies, les indicateurs de Långström et Hanson (2006), ainsi que le corrélat du sexe peuvent être appliqués et validés parmi des populations différentes que celles qui ont été étudiées a` l’origine. De plus, cette étude vise a` évaluer d’autres indicateurs d’hypersexualité potentiels, portant sur le désir sexuel, les pensées sexuelles et les comportements sexuels personnels. Finalement, cette étude permettra d’amasser des normes sexuelles canadiennes parmi les étudiants universitaires.

Méthode

Participants

Des hommes et des femmes âgés de 18 ans ou plus et maitrisant l’anglais furent recrutés dans le cadre d’un sondage électronique sur les comportements et les préférences sexuels. L’inscription s’est faite au moyen d’un outil de participation a` la recherche dirigée par l’École de psychologie d’une université ontarienne. L’inscription a` cette étude était un choix parmi d’autres, donc totalement volontaire. Les participants étaient tous inscrits a` un cours admissible de première ou de deuxième année universitaire en psychologie, en communication ou en linguistique, et re- cevaient un boni de 1 % ajouté a` leur note finale pour leur participation. Ces disciplines sont ciblées au préalable par l’outil de participation selon l’intérêt des professeurs d’inclure leur cours dans la liste disponible. Un total de 1044 participants (730 femmes, 271 hommes et 43 individus non identifiés) ont amorcé le sondage électronique. La différence entre les nombres de participants masculins et féminins est représentative du ratio sexuel dans les disciplines ciblées par

l’outil de participation a` la recherche (c.-a` -d., entre 76 et 82 % en 2014). Certains (n 327) ont été exclus des analyses pour les raisons suivantes : ils se sont retirés (n 60); ils ont consenti, mais n’ont pas commencé le sondage (n 42); ils ont affirmé ne pas avoir été honnêtes en répondant au questionnaire (n 80); ils n’ont pas fourni suffisamment d’information pour déterminer leur orientation sex- uelle (n 79); ils n’étaient pas hétérosexuels (n 33); ou ils étaient âgés de plus de 24 ans (n 34). L’orientation sexuelle des participants était basée sur trois ques- tions tirées des travaux de Kinsey et al. (1948, 1953; voir ci- dessous). Ce critère d’exclusion a été imposé parce que le nombre d’individus non hétérosexuels était insuffisant pour effectuer les analyses statistiques, former des normes et présenter des résultats séparés. De plus, certaines études ont conclu que les individus non hétérosexuels rapportaient des normes sexuelles et des pointages hypersexuels significativement différents des individus hétérosex- uels (Cerny & Janssen, 2011; Janssen, Goodrich, Petrocelli & Bancroft, 2009; Kalichman & Rompa, 1995; Lippa, 2007). La sélection d’une tranche d’âges précise a été effectuée afin de fournir des normes populationnelles précises, habituellement re- trouvées chez les étudiants universitaires canadiens de premier cycle. L’échantillon final comprenait 717 étudiants, âgés de 18 a` 24

ans, dont 187 individus de sexe masculin

1,6) et 530 individus de sexe féminin (M âge 19,1, É.-T. 1,3). Les données démographiques sont présentées dans le Tableau 1. Le participant le plus commun était caucasien (73 %), né au Canada (86 %), célibataire (50 %) et n’avait pas d’enfant (97 %).

(M âge

19,7, É.-T.

Questionnaires

Questionnaire biographique. Les participants ont rempli un questionnaire biographique composé de 40 questions, incluant :

âge, sexe a` la naissance, identification sexuelle, orientation sex- uelle, état civil, enfants, niveau d’éducation, emploi, revenu, eth- nicité, langues maitrisées, dominance manuelle, fratrie, historique criminel et cycle menstruel (s’il y avait lieu). Questionnaire sur l’historique sexuel. Ce questionnaire a été conçu aux fins de cette étude, a` partir d’autres sondages sur les

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LEVAQUE, SAWATSKY ET LALUMIÈRE

Tableau 1 Données démographiques pour l’échantillon total, les individus de sexe féminin et les individus de sexe masculin

 

Sexe a

Sexe

Variable

Total

féminin

masculin

Genre b

n

717

530

187

Femme (%)

73,4

98,7

1,6

Homme (%)

26,4

1,1

97,9

Ethnicité

n

704

521

183

Caucasien (%)

73,2

73,3

72,7

Afro-américain (%)

5,3

5,2

5,5

Premières Nations (%) Asiatique (%) Indien (%) Lieu de naissance

0,9

1,2

0,0

6,1

6,0

6,6

1,6

1,7

1,1

n

706

521

185

Canada (%)

86,4

88,2

81,6

Présentement employé

n

715

528

187

Oui (%) Orientation sexuelle c

47,2

48,6

42,7

n

717

530

187

Hétérosexuel (%)

92,7

91,7

95,7

Majoritairement hétérosexuel (%) Bisexuel (%) État civil

6,3

7,2

3,7

0,8

0,9

0,5

n

715

528

187

Célibataire (%)

49,5

47,5

55,1

Voit quelqu’un (dating ) (%) Relation stable (%) Honnêteté

16,6

16,7

16,6

33,3

35,8

26,1

n

717

530

187

Complètement (%) Presque complètement (%) Majoritairement (%)

57,6

60,8

48,7

34,4

31,5

42,8

7,9

7,7

8,6

Nota. Lorsque la somme des pourcentages n’atteint pas 100 %, les pourcentages restants comprennent les autres options. a Sexe sexe biologique a` la naissance. b Genre identité sexuelle rapportée par l’individu dans le questionnaire. c Orientation sexuelle orientation sexuelle rapportée par l’individu dans le questionnaire (six catégories).

normes en matière de sexualité (par ex., Herbenick et al., 2010; Johnson et al., 2001), et a permis de recueillir des informations sur les potentiels corrélats et indicateurs pertinents d’hypersexualité. Il contenait 56 questions, regroupées en plusieurs sous-sections :

contacts sexuels, partenaires sexuels, masturbation solitaire, rap- ports sexuels avec pénétration, pensées sexuelles, intérêt et dégout ressenti envers un sexe ou l’autre, utilisation de pornographie, utilisation de jouets sexuels et utilisation de services sexuels. Les rapports sexuels incluaient la pénétration vaginale, anale, avec un pénis, les doigts, un godemiché (dildo) ou un godemiché avec courroies (strap-on). Trois questions, basées sur les travaux de Kinsey et al. (1948, 1953), étaient posées aux participants concernant leur orientation sexuelle. Les questions portaient sur leur attirance romantique, leur attirance sexuelle et leurs fantaisies sexuelles depuis l’âge de 18 ans. Ces questions étaient répondues au moyen d’une échelle a` 7 points incluant, entre autres, les choix suivants : « femmes seule- ment » (0), « femmes et hommes également » (3), et « hommes seulement » (6). La combinaison de ces questions a servi a` déter-

miner l’orientation hétérosexuelle des participants. Les hommes étaient considérés comme majoritairement hétérosexuels s’ils répondaient, pour les trois questions, avec des choix de deux points ou moins. Les femmes, elles, étaient considérées comme ma- joritairement hétérosexuelles si elles répondaient avec des choix de quatre points ou plus. Questionnaires d’hypersexualité. Le Tableau 2 présente la liste des questionnaires utilisés ainsi que leurs principales infor- mations. Question de validité. La question suivante : « À quel point sentez-vous que vous étiez capable d’être totalement honnête lor- sque vous répondiez a` ce sondage ? » (V. Huta, communication personnelle, 8 novembre 2013) figurait a` la toute fin du question- naire, et était répondue au moyen d’une échelle a` 7 points, allant de « complètement » a` « pas du tout ». Seuls les participants ayant indiqué qu’ils étaient « complètement », « presque complète- ment » ou « majoritairement » honnêtes (voir Tableau 1) ont été retenus pour les analyses. Autres questionnaires. D’autres questionnaires ont été inclus dans le sondage, mais leurs résultats ne sont pas reportés dans cet article : Sociosexual Orientation Inventory—Revised (Penke & Asendorpf, 2008), Preference for Partner Variety and Casual Sex—Revised (PVCS-R; adapté de la version originale de Lalumière, Chalmers, Quinsey & Seto, 1996), Paraphilias Scale (Seto, Lalumière, Harris & Chivers, 2012) et Marlowe-Crowne Social Desirability Scale—Revised (Reynolds, 1982). De plus, une question supplémentaire portait sur la satisfaction sexuelle.

Procédure

Le sondage électronique était accessible en anglais par l’entremise d’un service Web sécurisé entre novembre 2013 et mars 2014. Les participants étaient informés de choisir un endroit privé et confortable, puisqu’ils répondaient au sondage a` l’heure et dans le lieu de leur choix. Une médiane de 39 minutes fut requise pour répondre au sondage. Avant de commencer, les participants devaient lire et accepter les informations fournies dans le formu- laire de consentement. Ce dernier informait les participants que l’objectif de l’étude était la collecte de données relatives aux normes en matière de sexualité pour la population canadienne. L’objectif concernant l’exploration du concept d’hypersexualité n’a été mentionné aux participants que dans le formulaire de compte-rendu, afin de ne pas orienter leurs réponses. Ils avaient alors la possibilité de retirer leurs données des analyses s’ils le désiraient. Le Bureau d’éthique et d’intégrité a` la recherche de l’université a approuvé cette procédure.

Analyse des données

De façon comparable a` d’autres études (par ex., Långström & Hanson, 2006), le 90 e percentile fut présenté afin d’indiquer les données a` l’extrémité de la distribution (par ex., fréquence ou intensité plus élevée que la norme). Ce percentile n’est toutefois pas jugé ici comme étant un indicateur d’hypersexualité en tant que tel. La taille de l’échantillon variait quelque peu entre les différentes analyses en raison des données manquantes. Un calcul proportionnel fut effectué sur les pointages des participants ayant répondu a` 75 % et plus d’un questionnaire particulier; les partic- ipants pour lesquels il manquait plus de 25 % des réponses a` un

HYPERSEXUALITÉ CHEZ LES ÉTUDIANTS UNIVERSITAIRES

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Tableau 2 Questionnaires d’hypersexualité utilisés et information pertinente associée

Questionnaire

Sous-échelles, pointage et point limite hypersexuel

Fiabilité

Sexual Compulsivity Scale (SCS; 10 questions; Kalichman et al., 1994)

Total Sexual Outlet Inventory (TSOI; 4 questions; Kafka, 1997) Compulsive Sexual Behavior Inventory— Control Subscale (CSBI-C; 28 questions; Coleman et al., 2001) Hypersexual Behavior Inventory (HBI; 19 questions; Reid, Carpenter, et al., 2009) Hypersexual Behavior Consequences Scale (HBCS; 22 questions; Reid et al., 2012)

Pointage : Likert 4 points (« pas du tout comme moi » a` « tout a` fait comme moi ») Total: 10–40 Point limite hypersexuel : 24 Pointage : indéterminé Total : nombre cumulatif d’orgasmes Point limite hypersexuel : 7 /sem Sous-échelles : contrôle, sévices et violence Pointage : Likert 5 points (« très fréquemment » a` « jamais ») Total : 28–140 Point limite hypersexuel : aucun, pointage plus bas plus sexuellement compulsifs Sous-échelles : contrôle, coping et conséquences Pointage : Likert 5 points (« jamais » a` « très souvent ») Total : 19–95 Point limite hypersexuel : 53 Pointage : Likert 5 points (« n’est pas arrivé et est improbable d’arriver » a` « est arrivé a` plusieurs reprises » ) Total : 19–95 Point limite hypersexuel : aucun, pointage plus élevé conséquences négatives plus graves et fréquentes

I.G. : 0,86; T-R.G. (3 mois) : 0,64 (Kalichman & Rompa, 1995) I.G. : 0,88 (notre échantillon)

Non fournie. Une seule question utilisée dans cette étude.

I.S-E. : 0,88-0,96 (Coleman et al., 2001) I.S-E. : 0,91 (sous-échelle contrôle; notre échantillon)

I.G. : 0,96; T-R.G. (2 sems) : r 0,91; I.S-E. : 0,89-0,95; T-R.S-E. (2 sems) : r 0,88-0,90 (Reid, Garos, & Carpenter, 2011) I.G. : 0,94; I.S-E. : 0,81-0,91 (notre échantillon) I.G. : 0,84; T-R.G. (2 sems) : r 0,76 (Reid et al.,

2012)

I.G. : 0,92 (notre échantillon)

Nota. I.G. fiabilité interne générale; T-R.G. fiabilité du test-retest générale; I.S-E. fiabilité interne des sous-échelles; T-R.S-E. fiabilité du test-retest des sous-échelles.

questionnaire furent exclus des analyses concernant ce question- naire. Cinq variables équivalentes a` cinq des indicateurs d’hypersexualité de Långström et Hanson (2006) ont été créées pour des fins de comparai- sons : 1) le nombre de masturbations solitaires durant le dernier mois; 2) le nombre de partenaires sexuels durant les 12 derniers mois; 3) le nombre de partenaires sexuels par année active; 4) la préférence pour un mode de vie sexuellement permissif; et 5) le fait de s’être déja` engagé dans du sexe de groupe. Les variables 1 et 5 avaient une question équivalente directe dans le présent questionnaire. Les vari- ables 2, 3 et 4 ont été créées par le recodage de certaines variables provenant du sondage.

Résultats

Indicateurs d’hypersexualité

Le Tableau 3 présente les résultats pour les individus de sexe mas- culin et féminin pour 17 potentiels indicateurs d’hypersexualité sélectionnés. Une différence significative entre les sexes a été trouvée pour 11 des variables (par ex., désir moyen de contacts sexuels par mois). Certaines variables ne respectaient pas la sup-

position d’égalité des variances entre les échantillons pour le test

t ; un test non paramétrique Mann–Whitney a confirmé les résultats

pour ces variables. Certaines variables violaient la supposition du test chi carré concernant le nombre minimal de données par

cellule; les méthodes exactes Monte Carlo et Fisher ont confirmé les résultats pour ces variables.

Questionnaires d’hypersexualité

Les résultats pour les cinq questionnaires d’hypersexualité sé- lectionnés sont présentés dans le Tableau 4. Seule la première

question du TSOI est reportée dans ce tableau, comme l’ont fait d’autres études (par ex., Kingston & Bradford, 2013), puisqu’elle représente le point limite déterminé par Kafka (1997). Les hommes rapportaient des pointages significativement plus élevés sur tous les questionnaires d’hypersexualité, comparativement aux femmes (sauf pour le CSBI-C, où un pointage plus bas fait référence a` une compulsion sexuelle plus élevée). De plus, un pourcentage signifi- cativement plus élevé d’hommes que de femmes atteignait les points limites hypersexuels. Un test non paramétrique Mann– Whitney a confirmé les résultats pour les questionnaires violant la supposition d’égalité des variances entre les échantillons pour le test t .

Comparaison avec les résultats de Långström et Hanson (2006)

Le Tableau 5 compare nos résultats avec ceux de Långström et Hanson (2006) pour les cinq indicateurs d’hypersexualité sélectionnés. Les données reportées pour Långström et Hanson proviennent directement de leur article. Comparativement a` ces chercheurs, les femmes et les hommes de notre étude rapport- aient des données significativement plus élevées et étaient également plus nombreux a` atteindre l’indicateur d’hypersexualité pour les trois variables suivantes : nombre de masturbation durant le dernier mois, nombre de partenaires sexuels durant les 12 derniers mois, et nombre de partenaires sexuels par année active. Les participantes de sexe féminin de Långström et Hanson étaient cependant plus nombreuses a` atteindre l’indicateur d’hyper- sexualité pour le sexe de groupe a` vie, comparativement aux participantes de notre étude.

6

LEVAQUE, SAWATSKY ET LALUMIÈRE

Tableau 3 Données moyennes et extrêmes chez les femmes et les hommes pour les indicateurs potentiels d’hypersexualité sélectionnés

 

Variable

Sexe féminin

Sexe masculin

t / 2

 

d

Désir moyen de contacts sexuels par mois

 

n

517

182

M

(É.-T.)

17,2 (13,2)

24,5 (18,2)

4,99

0,50

Médiane

 

15,0

20,0

90 e percentile Nombre moyen de contacts sexuels par mois

31,0

60,0

n

516

183

M

(É.-T.)

7,7 (9,6)

6,5 (8,3)

1,53

 

0,13

Médiane

 

5,0

4,0

90 e percentile Nombre de contacts sexuels, dernier mois

20,0

19,2

n

520

182

M

(É.-T.)

6,0 (9,5)

4,7 (8,0)

1,79

 

0,14

Médiane

 

2,0

1,0

90 e percentile Nombre de partenaires sexuels masculins, a` vie a

16,0

14,1

n

517

185

M

(É.-T.)

3,7 (4,1)

0,1 (0,6)

19,43

1,02

Médiane

 

2,0

0,0

90 e percentile Nombre de partenaires sexuels masculins, 12 derniers mois

9,0

0,0

n

525

187

M

(É.-T.)

1,7 (2,0)

0,0 (0,1)

19,68

0,99

Médiane

 

1,0

0,0

90 e percentile Nombre de partenaires sexuels féminins, a` vie

4,0

0,0

n

521

187

M

(É.-T.)

0,1 (0,5)

5,3 (8,9)

8,00

1,13

Médiane

 

0,0

2,0

90 e percentile Nombre de partenaires sexuels féminins, 12 derniers mois

0,0

11,2

n

527

187

M

(É.-T.)

0,0 (0,2)

2,2 (2,9)

9,86

1,47

Médiane

 

0,0

1,0

90 e percentile Nombre de nouveaux partenaires sexuels, 12 derniers mois

0,0

6,0

n

522

187

M

(É.-T.)

1,2 (1,9)

1,5 (2,6)

1,45

 

0,14

Médiane

 

1,0

1,0

90 e percentile Partenaires sexuels simultanés, 12 derniers mois

3,0

4,0

n

527

187

Oui (%)

 

14,6

18,7

1,76

0,1

Sexe de groupe, a` vie

 

n

528

187

Oui (%)

 

2,1

8,6

15,92

0,30

Nombre de masturbations solitaires, dernier mois

 

n

512

174

M

(É.-T.)

4,7 (7,1)

15,6 (13,2)

10,39

1,21

Médiane

 

2,0

12,0

90 e percentile Nombre moyen de masturbations solitaires par semaine

12,0

30,0

n

515

178

M

(É.-T.)

1,5 (2,0)

4,4 (3,9)

9,43

1,11

Médiane

 

1,0

3,0

90 e percentile Nombre de partenaires pour rapports sexuels avec pénétration, a` vie b

4,0

8,1

n

516

180

M

(É.-T.)

3,8 (16,2)

3,8 (5,5)

0,01

 

0,00

Médiane 90 e percentile

 

2,0

2,0

8,0

9,0

HYPERSEXUALITÉ CHEZ LES ÉTUDIANTS UNIVERSITAIRES

Tableau 3 ( suite )

7

Variable

Sexe féminin

Sexe masculin

t / 2

d

Nombre de rapports sexuels avec pénétration, 7 derniers jours

n

524

180

M (É.-T.)

1,2(2,2)

0,9(1,9)

1,48

0,14

Médiane

0,0

0,0

90 e percentile Fréquence des pensées sexuelles, mois moyen de la dernière année

4,0

3,0

n

526

186

83,79

0,69

Jamais (%) Moins qu’une fois par mois (%) Une fois par mois (%) Une fois par semaine (%) Plusieurs fois par semaine (%) Une fois par jour (%) Plusieurs fois par jour (%)

1,0

0,5

1,9

1,1

6,1

2,2

19,4

7,5

42,2

23,7

14,3

21,0

15,2

44,1

Fréquence des pensées sexuelles durant activités non sexuelles

n

525

186

33,97

0,44

Jamais (%) Rarement (%) Occasionnellement (%) Fréquemment (%) Très fréquemment (%)

3,2

2,2

19,8

8,6

43,6

38,7

19,4

22,0

11,4

18,8

Toujours (%)

2,5

9,7

Utilisation de services sexuels, a` vie

n

528

184

30,52

0,42

Oui (%)

0,2

6,5

Nota. La somme des pourcentages peut ne pas être égale a` 100 % en raison de l’arrondissement. a Partenaires sexuels une personne avec laquelle le participant aurait eu un contact sexuel tel : toucher génital, sexe oral, sexe anal ou coït. b Rapports sexuels avec pénétration rapport entre un homme et une femme, deux hommes ou deux femmes pouvant inclure : coït, sexe anal, pénétration avec un godemiché avec courroies (c.-a` -d., strap-on), avec un godemiché (c.-a` -d., dildo ), avec les doigts, etc. Catégorie représentant le 90 e percentile. p 0,05. p 0,01. p 0,001.

Discussion

Cette étude avait pour objectif d’examiner des indicateurs d’hypersexualité dans un échantillon d’étudiants universitaires. De plus, cet article visait a` établir des normes sexuelles propres a` cette population et a` évaluer la pertinence des points limites hypersex- uels déja` suggérés. Les résultats de cette étude concernant le sexe en tant que corrélat de l’hypersexualité reflètent les conclusions précédentes dans le domaine (par ex., Benotsch et al., 2001; Dodge et al., 2004; Kalichman & Rompa, 1995, 2001; Winters et al., 2010). Compara- tivement aux femmes, les hommes ont obtenu des pointages plus hypersexuels pour tous les questionnaires étudiés, et ils étaient significativement plus nombreux a` atteindre les points limites pour le HBI, le TSOI et le SCS. Les hommes rapportent généralement un désir sexuel plus élevé que les femmes (Benotsch et al., 2001; Dodge et al., 2004; Kalichman & Rompa, 1995, 2001; Lippa, 2009; Regan & Atkins, 2006; revue de Baumeister et al., 2001), ce qui expliquerait potentiellement les résultats différents sur un questionnaire tel le SCS, portant principalement sur ce sujet. De manière similaire, il n’est pas étonnant de retrouver une différence entre les sexes sur des questionnaires tels le HBI et CSBI-C (mesurant le niveau de contrôle personnel), puisque les hommes sont reconnus comme ayant de plus grands déficits que les femmes en matière de contrôle volontaire général (par ex., méta-analyse de Cross, Copping & Campbell, 2011). Globalement, les résultats obtenus sur les différents question- naires d’hypersexualité, et surtout les points limites associés, por-

tent a` contester leur validité ou, du moins, leur capacité de gé- néralisation. Si un point limite hypersexuel pour un questionnaire précis permettait effectivement de repérer une population problé- matique, seulement un pourcentage restreint de participants serait identifié. Entre 5 % et 23 % des femmes et entre 17 % et 38 % des hommes de cette étude ont atteint les points limites pour le HBI, le TSOI et le SCS. Ces pourcentages, surtout dans le cas des hom- mes, reflètent une proportion considérable de l’échantillon. De plus, le TSOI en soi porte a` se questionner, puisque les pointages moyens rapportés par les hommes et les femmes de notre étude sont égaux ou plus élevés que le point limite proposé de sept orgasmes ou plus par semaine. De façon similaire, Winters et al. (2010) ont obtenu des moyennes élevées sur ce même question- naire dans une population générale. Si l’hypersexualité est traitée comme un trouble psychologique requérant des services, il est peu probable que la majorité des étudiants universitaires de notre échantillon aient une sexualité a` ce point problématique. De plus, tel que discuté dans l’introduction, le TSOI (ou, plus précisément, le nombre d’orgasmes obtenus dans une semaine typique) en tant qu’indicateur d’hypersexualité devrait être con- testé, puisqu’il ne représente pas la sexualité dans son ensemble. Certaines études rapportent que l’exutoire sexuel primaire des individus âgés de 16 a` 25 ans est la masturbation solitaire (par ex., Kinsey et al., 1948, 1953), impliquant alors qu’une grande ma- jorité du pointage total sur le TSOI se rapporte a` ce seul exutoire sexuel, et ne tient que peu compte d’une sexualité avec partenaire. D’autant plus que le TSOI ne considère pas

8

LEVAQUE, SAWATSKY ET LALUMIÈRE

Tableau 4 Pointages moyens et extrêmes chez les femmes et les hommes pour les questionnaires d’hypersexualité sélectionnés

 

Sexe

Sexe

Questionnaire

féminin

masculin

t / 2

d

HBI

n

524

185

M

(É.-T.)

33,6 (13,3)

41,8 (15,3)

6,49

0,59

Médiane

31,0

39,0

90 e percentile

50,1

66,0

%

53 a

8,6

23,8

28,76

0,41

TSOI b

 

n

501

180

M

(É.-T.)

6,9 (11,6)

9,9 (12,3)

2,99

0,25

Médiane

3,0

5,0

90 e percentile

20,0

21,0

%

7 c

22,6

37,8

15,73

0,31

SCS

n

524

186

M

(É.-T.)

13,8 (4,9)

17,1 (6,4)

6,27

0,62

Médiane

12,0

15,0

90 e percentile

20,0

28,3

%

24 d

5,0

16,7

25,47

0,39

CSBI-C

 

n

525

185

M

(É.-T.)

55,5 (9,1)

51,9 (9,7)

4,40

0,39

Médiane

58,0

54,0

10 e percentile HBCS

44,6

39,0

n

528

186

M

(É.-T.)

29,4 (11,7)

33,1 (14,9)

3,03

0,29

Médiane 90 e percentile

25,0

28,0

44,1

53,3

a Point limite défini dans Reid, Carpenter, et al. (2009). b Première ques- tion seulement (nombre total d’orgasmes durant une semaine typique dans les 12 derniers mois). c Point limite défini dans Kafka (1997). d Point limite défini dans Benotsch et al. (1999). p 0,05. p 0,01. p 0,001.

l’implication dans une activité sexuelle sans obtenir d’orgasme, l’incapacité d’obtenir des orgasmes ou l’obtention d’orgasmes multiples (données disponibles dans Kinsey et al., 1948, 1953; Mercer et al., 2013). Il semblerait, par contre, que les hommes de notre échantillon rapportent un pointage moyen plus élevé sur le HBI (M 41,8) que ceux rapportés par de précédents groupes d’étudiants (M 32,8 – 38,5; Reid, Carpenter, et al., 2009; Reid, Harper, et al., 2009; Reid et al., 2010). Par contre, la moyenne d’âge de ces autres groupes étudiants était plus élevée (M 25,6 – 26,2 ans) que celle présentée dans cet article (M 19,7 ans). Similairement, lorsqu’on les compare a` l’échantillon de Långström et Hanson (2006), nos participants semblent encore une fois être plus hypersexuels. Pré- cisons, par contre, que l’échantillon de ces chercheurs incluait plusieurs groupes d’âge (entre 18 et 70 ans). Ce facteur d’âge pourrait possiblement expliquer les résultats disparates ici, puisque l’âge a été rapporté comme un facteur d’influence sur la sexualité. Les fréquences des comportements, les types de comportements dans lesquels l’individu s’engage, ainsi que le désir sexuel ont tendance a` être plus élevés et variés chez les jeunes que chez la population vieillissante (par ex., Herbenick et al., 2010; Johnson et al., 2001). En somme, nos conclusions portent donc a` se demander si les étudiants universitaires sont réellement hypersexuels en plus

grande quantité que ce qui est retrouvé dans les populations des précédentes études, ou si les indicateurs eux-mêmes ne sont pas appropriés et devraient être révisés. En fait, on peut se demander si l’étude de la sexualité d’une population devrait plutôt se faire de manière propre au sexe, au groupe d’âge (par ex., adolescents, jeunes adultes, âge avancé) et au groupe social (par ex., cliniques, judiciaires, étudiants). Ainsi, il serait non seulement important de reproduire cette étude dans une population semblable a` la nôtre, afin de vérifier nos résultats, mais également dans d’autres popu- lations que celles qui sont mentionnées plus haut afin d’établir des normes propres a` une variété de groupes d’individus canadiens.

Limites

Il a été rapporté que les individus ayant tendance a` participer a` des études portant explicitement sur la sexualité sont plus expéri- mentés sexuellement et ont une attitude plus positive a` l’égard de la sexualité que ceux qui choisissent de ne pas participer (c.-a` -d., biais d’autosélection; par ex., Wiederman, 1999). Cependant, une recherche récente suggère que ces groupes d’individus sont plutôt semblables quant a` leur ouverture sexuelle (Dawson et al., 2015). Il a également été noté que la fiabilité de la mémoire est un obstacle potentiel au sondage en général (par ex., Catania, Gibson, Marin, Coates & Greenblatt, 1990), puisqu’il peut être difficile de se souvenir de ses premières expériences. Cette étude a cependant tenté de réduire ce biais en incluant des questions sur des activités récentes et sur des moyennes comportementales. De plus, le jeune âge de nos participants améliorait leur capacité de se souvenir, comparativement a` une population plus âgée. La désirabilité sociale a également été rapportée comme ayant une influence sur les recherches en sexualité, puisque les attitudes par rapport a` ce sujet sont grandement influencées par les normes culturelles. Dans la majorité des cultures, on s’attend a` ce que les hommes soient plus expérimentés sexuellement que les femmes, et que ces dernières réfrènent leur sexualité de façon générale (Leitenberg & Henning, 1995). Considérant ces stéréotypes sex- uels, les femmes peuvent potentiellement reporter des comporte- ments et des intérêts inférieurs a` ce qu’elles éprouvent, et les hommes peuvent reporter des comportements et intérêts plus élevés qu’en réalité; ce qui augmente l’écart entre les sexes. Nous avons tenté de diminuer ce biais en éliminant les participants qui ont déclaré ne pas avoir été honnêtes dans leurs réponses. Aussi, nous avons déterminé qu’il n’y avait pas de différence entre les sexes sur la mesure de désirabilité sociale, et les différences entre les sexes sur les questionnaires d’hypersexualité sont demeurées présentes lorsque la désirabilité sociale fut utilisée comme co- variable (résultats disponibles sur demande). Cette recherche s’est contentée d’étudier certains liens entre l’hypersexualité et d’autres composantes sociobiographiques et sexuelles, mais des recherches futures pourraient porter sur d’autres corrélats et indicateurs potentiels, tels l’agression sexuelle par le passé, la consommation de pornographie, les paraphilies, l’orientation ou l’attirance sexuelle, le bonheur ou la détresse générale, les cognitions mésadaptées et l’influence de la sociali- sation (par ex., Cerny & Janssen, 2011; Janssen et al., 2009; Kafka, 1997, 2010; Kafka & Hennen, 2003; Kalichman & Rompa, 1995, 2001; Klein et al., 2014; Långström & Hanson, 2006; Lippa, 2007; Pachankis, Rendina, Ventuneac, Grov & Parsons, 2014; Regan & Atkins, 2006).

HYPERSEXUALITÉ CHEZ LES ÉTUDIANTS UNIVERSITAIRES

9

Tableau 5 Comparaison entre les données de notre étude et celle de Långström et Hanson (2006)

Sexe féminin

Sexe masculin

 

Långström et

Långström et

Variable

Cette étude

Hanson (2006)

Cette étude

Hanson (2006)

Nombre de masturbations, dernier mois

n

512

1142

174

1244

M

(É.-T.)

4,7 (7,1)

1,6 (3,3)

15,6 (13,2)

4,9 (6,9)

% f 5; % m 15 a Nombre de partenaires sexuels, 12 derniers mois b

32,6

10,6

46,6

11,4

n

529

1142

187

1244

M

(É.-T.)

1,7 (2,1)

1,2 (1,8)

2,2 (3,0)

1,4 (1,6)

% f 2; % m 3 Nombre de partenaires sexuels, par année active

36,3

12,3

24,1

10,0

n

457

1142

162

1244

M

(É.-T.)

1,4 (1,4)

0,6 (1.2)

1,5 (1,7)

0,9 (1,4)

% f 2; % m 3 Préférence mode de vie sexuellement permissif d

25,2

5,5

14,8

6,4

n

% f/m oui Sexe de groupe, a` vie

n

% f/m oui

508

5,1

528

2,1

1142

6,8

1142

4,4

185

15,7

187

8,6

1244

20,1

1244

10,4

a Indicateurs d’hypersexualité définis dans Långström et Hanson (2006) pour individus de sexe féminin ( f ) et masculin ( m ), ainsi que pourcentage des individus atteignant ces indicateurs. b Incluant partenaires sexuels masculins et féminins. c Partenaires sexuels masculins et féminins depuis l’âge de la puberté. d Basée sur deux questions du PVCS-R : « préférence pour relation a` court terme » (1 a` 8) moins « préférence pour relation a` long terme » (1 a` 8). Pointage positif préférence mode de vie sexuellement permissif. différence significative a` p 0,05. différence significative a` p 0,001.

Conclusion

Une méfiance a` l’égard de l’utilisation des points limites ou des indicateurs des hypersexualité constitue la conclusion principale de cette étude, puisque ceux-ci semblent être majoritairement arbitraires ou propres a` la population étudiée. Un regard sur les normes dans une population est donc critique afin de déterminer si les actions et les désirs d’un individu sont réellement plus élevés que ceux de sa population de référence, et s’il devrait donc être considéré comme hypersexuel ou non. Rappelons que cette caté- gorisation, comme pour tous autres troubles psychologiques, vise- rait a` offrir des services aux individus en besoin et d’améliorer leurs conditions de vie, et non pas a` les étiqueter de manière péjorative. Nous croyons, par contre, qu’une catégorisation hyper- sexuelle n’est pas tout a` fait valide et préférons une considération de la distribution naturelle des traits d’hypersexualité a` travers la population générale sur un continuum. Finalement, de façon gé- nérale, nous encourageons fortement l’amas de données provenant d’autres populations afin d’agrandir la banque de données cana- dienne en matière de sexualité.

Abstract

This study examined hypersexuality (i.e., greater sexual desire or more frequent sexual behaviour than the norm, accompanied by negative consequences or distress) in a sample of heterosexual university students using various questionnaires and indicators. The sample included 717 male and female students between the ages of 18 and 24 who attended an Ontario university. Sex differ- ences were found for many of the questionnaires and indicators, suggesting that men were more hypersexual than women. In ad- dition, when compared to the adult sample from Långström and

Hanson (2006), our participants were more hypersexual across the various impersonal sexual behaviours examined. Lastly, a substan- tial portion of our sample reached the proposed hypersexuality cut-off points, leading us to question the validity and generaliz- ability of these criteria. This study highlights the importance of establishing norms and cut-off points specific to a given popula- tion.

Keywords: hypersexuality, university students, cut-off points, norms

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10

LEVAQUE, SAWATSKY ET LALUMIÈRE

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Rec¸u le 20 mai 2015 Re´vision rec¸ue le 19 novembre 2015 Accepte´ le 20 novembre 2015