Vous êtes sur la page 1sur 3

Fiche N°4 : Les fissures structurelles des maçonneries

pavillonnaires

PATHOLOGIES Les structures verticales en maçonnerie constituent actuellement le principe


DU BATIMENT constructif de loin le plus courant en maison individuelle. Ce sont des montages de
blocs de béton pleins ou creux, ou de briques de terre cuite, assemblés par des joints
de mortier (de ciment ou bâtard = ciment + chaux).

La paroi qui en résulte forme l'élément extérieur d'un mur de façade et elle est, de ce
fait, recouverte généralement sur sa face externe d'un enduit, le plus souvent
hydraulique, à base de ciment, et de réalisation traditionnelle (toute manuelle) ou en
partie industrialisée (le monocouche), maintenant la plus fréquente.

Le mur extérieur d'un pavillon a deux fonctions

La première, la fonction «porteuse», traduit le fait qu'il porte planchers et toit du


bâtiment. A cet égard, le mur doit faire l'objet d'une vérification de résistance,
assurant que les charges ainsi transmises n'excèdent pas la capacité à la compression
des blocs ou des briques, et ce, avec un coefficient de sécurité.

La seconde, la fonction «paroi», illustre le rôle protecteur du mur à l'égard des


agressions climatiques diverses :

- la pluie d'abord, contre la pénétration de laquelle on lutte par l'épaisseur et le bon


jointoiement de la maçonnerie, mais aussi par la bonne exécution de l'enduit.C'est
l'ensemble paroi-enduit qui assure l'étanchéité ;

- mais aussi les variations saisonnières de température. A ce titre, des panneaux


isolants viennent compléter la paroi maçonnée, soit du côté intérieur, soit sous forme
d'un système d'isolation thermique par l'extérieur ; le mur ainsi bâti (paroi + cloison
isolante), d'épaisseur courante 30/35 cm, doit alors permettre aux locaux, en toutes
saisons, de garder une température intérieure proche de 20 °C.

Cette fiche s'intéresse aux murs à isolation intérieure.

Le mur extérieur peut présenter des pathologies

L'analyse des sinistres montre en effet que, si la fonction porteuse ne donne guère
lieu à déboires, la fonction paroi est, elle, victime de fréquents problèmes d'origines
diverses, que l'on peut répertorier selon quatre familles principales :

1. Les désordres par tassements de fondation.

2. Les fuites des liaisons fenêtres-gros oeuvre.

3. Les désordres de l'enduit monocouche.

4. Les fissures de la maçonnerie, liées au fonctionnement de la paroi - et dites pour


cela «structurelles» - sous l'effet de certaines sollicitations (internes ou extérieures),
objet de cette fiche.

Les trois catégories de fissures structurelles d'un mur extérieur

Ces fissurations relèvent, pour l'essentiel, de trois grandes catégories, en fonction de


leur origine mécanique :

les fissures de retrait différentiel des matériaux cimentaires que contient la paroi ;

les fissures de mouvements hygrothermiques, saisonniers ou ponctuels, qui affectent


cette même paroi ou ses constituants, et d'autant plus facilement que cette paroi est
fortement isolée thermiquement sur sa face intérieure ;

les fissures dues à la flexion du plancher supérieur du pavillon, quand il est réalisé en
béton armé.

1. Le retrait des mortiers et bétons de ciment est un phénomène de rétraction du


matériau lors de la perte d'une partie de son eau de fabrication (par séchage et
évaporation). Il se manifeste très rapidement et avec une intensité d'autant plus
grande que la quantité d'eau utilisée excède par trop le minimum nécessaire à la prise
de ce mortier ou de ce béton. Des fissures peuvent alors naître au contact de deux
éléments d'âges différents, tels les blocs et les joints de montage, notamment lorsque
le mortier qui les constitue est étalé par temps très sec et que, parallèlement, les blocs
ne sont pas mouillés avant pose.

2. Les variations de températures ou d'humidité peuvent, de leur côté, affecter la


paroi de plusieurs manières :

A. Lorsque celle-ci est formée de matériaux hétérogènes, par exemple : briques et


linteaux/chaînage en béton armé. Le comportement différent de ces matériaux peut
créer des fissures à leur jonction.

B. On sait, par ailleurs, que ces matériaux présentent, du fait des changements de
température, des variations dimensionnelles non négligeables (dilatation en été,
rétraction hivernale). Ainsi, la paroi d'un mur-pignon, de quelques mètres de
longueur, tend en période froide à se rétrécir de plusieurs millimètres. Mais du fait de
sa liaison rigide avec les planchers, qui restent à une température à peu près
constante, elle subit des contraintes de traction, susceptibles d'engendrer des fissures
verticales.

3. Le plancher haut du pavillon, quand il existe, est généralement réalisé à l'aide de


poutrelles préfabriquées, en béton armé ou précontraint, portant dans un seul sens, et
sur quelquefois des longueurs de l'ordre de 5 m ou plus. Un tel plancher peut prendre
une légère déformation de flexion dans sa partie centrale. Elle ne nuit pas à sa
solidité, mais peut s'accompagner d'une rotation de l'appui sur le mur de façade et
d'un soulèvement de la rive du plancher. Cela génère une fissure horizontale sous son
arête basse d'appui.

Ce défaut peut aussi affecter un angle de plancher réalisé en dalle de béton armé, si
l'on a omis de doter le croisement des parois d'un chaînage vertical, à l'aide de blocs
d'angles spécialement perforés à cet effet.

La plupart de ces fissures traversent la paroi et se répercutent dans l'enduit, et sont


donc a priori infiltrantes ; mais, pour autant, on peut empêcher l'humidité d'apparaître
sur la face interne du mur de façade en plaçant une lame d'air entre la paroi et la
cloison isolante, capable d'évacuer l'eau infiltrée.

En conclusion, il existe de nombreuses causes de fissurations des maçonneries de


pavillons, dont les plus fréquentes apparaissent éminemment liées aux conditions
climatiques environnantes.

Le retrait des mortiers, l'hétérogénéité des matériaux et la flexion des planchers sont
les trois causes principales de fissuration des murs de façades.

Leçon : la leçon à retenir serait de retrouver pleinement le sens, qui semble parfois
oublié de nos jours, de la nécessaire harmonie entre l'habitat et le climat - ou le
microclimat - de son milieu, de son pays ...

PHOTO : La fissure horizontale touche souvent les pignons de maisons individuelles