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Encyclopédie Pratique de Médecine

Elsevier, Paris

Introduction

L’épistaxis est une urgence fréquente qui, la plupart du temps, ne justifie aucune consultation médicale. Toutefois, certaines épistaxis amènent le patient à requérir un avis, soit par leur répétition, soit par leur importance. Le rôle du généraliste est primordial pour dépister une pathologie spécifique (tumeur, angiome, etc), mettre le patient en condition avant son transfert en cas d’hémorragie abondante, ou encore rassurer le patient et lui donner les soins et conseils pour éviter les récidives.

Points à vérifier devant une épistaxis :

état cardiovasculaire : hypertension

++ ;

hémostase : prise d’anticoagulant,

aspirine, chimiothérapie, etc ;

répétition, unilatéralité : tumeur ? ?

Attitude en pratique

Évaluer le retentissement du saignement

Il s’établit sur l’état général : tension artérielle, rythme cardiaque, pâleur, sueurs et l’existence d’une angoisse du patient. Il faut préciser, par ailleurs, la durée du saignement.

Points importants de l’épistaxis « essentielle » :

la tache vasculaire est la région le

plus fréquemment en cause ;

les croûtes endonasales et la

sécheresse de l’air ambiant la

favorisent ;

la compression bidigitale est

souvent suffisante.

Rechercher les facteurs entretenant ou favorisant le saignement

Existe-t-il des troubles de l’hémostase ? Quels sont les médicaments en cours, prescrits ou automédiqués ?

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pistaxis

en cours, prescrits ou automédiqués ? ´ E pistaxis JM Klossek Quelles sont les pathologies du

JM Klossek

Quelles sont les pathologies du patient ? L’épistaxis peut, dans certains cas, s’accompagner d’une hypertension artérielle méconnue, qui peut elle-même entretenir le saignement si elle n’est pas corrigée.

Rapide évaluation permettant de distinguer deux situations cliniques

Soit le saignement survient chez un patient sans trouble de l’hémostase ou pathologie sous-jacente :

la plupart du temps, le problème est rapidement maîtrisé par une compression bidigitale ou un méchage antérieur. L’origine la plus probable est une blessure de la tache vasculaire (située sur le septum nasal antérieur), aisément visible en éclairant la région vestibulaire et en soulevant la pointe du nez. Il faut néanmoins toujours se méfier, en particulier si l’épistaxis est récidivante et unilatérale, d’une tumeur endonasale ou du cavum qui peut être présente, même en l’absence d’obstruction nasale.

Grandes causes d’épistaxis :

troubles de l’hémostase

(médicaments ++) ;

tumeurs nasosinusiennes, cavum

++ ;

traumatismes postopératoires ;

capillarites, anomalies vasculaires ;

causes « essentielles ».

Soit le saignement survient chez un patient ayant des troubles de l’hémostase, spontanés ou acquis, ou une pathologie cardiovasculaire. Outre l’arrêt du saignement, le contrôle de l’hémostase et de la tension artérielle est systématiquement nécessaire. La liste des médicaments pris dans les jours précédents l’hémorragie est précisée : anticoagulant, aspirine ++, chimiothérapie, etc. Les derniers contrôles biologiques (en particulier si un traitement anticoagulant est en cours), sont analysés.

Traitement

Le traitement peut se résumer à un méchage antérieur, mais assez souvent, un avis spécialisé est nécessaire car une compression antéropostérieure

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est parfois requise. En cas de perturbation de l’hémostase, si le saignement n’est pas trop abondant, un méchage résorbable est souhaitable pour éviter toute récidive, fréquente lors du déméchage.

Méchage antérieur :

calmer et rassurer le patient ;

si possible, faire moucher le

patient ;

pulvériser un vasoconstricteur plus

ou moins anesthésique ;

glisser la mèche selon une ligne

aile du nez - tragus.

Parfois, l’hémorragie persiste ou son abondance justifie un avis spécialisé et une hospitalisation ; un méchage antérieur est mis en place pour atténuer le saignement et le transfert est organisé (ambulance, Samu).

Trousse pour épistaxis :

un éclairage frontal ;

une solution nasale :

– Aturgyl t, Pernazènet,

Xylocaïnet, Naphazolinéet ;

une pince fine longue (Lubet

-Barbon) ;

des mèches :

– tampons : Coalgan t, Merocel t, etc ;

– mèche grasse : tulle gras ;

– mèche résorbable : Sorbacelt, Surgicelt.

Conclusion

Si l’épistaxis est une urgence fréquente, le plus souvent bénigne, des règles strictes dans sa prise en charge doivent être systématiquement appliquées :

vérifier les facteurs favorisants (traitements, tumeurs, troubles de l’hémostase), contrôler l’état cardiovasculaire et préciser le point de saignement pour guider le choix thérapeutique, en particulier le type de méchage (antérieur, antéropostérieur, résorbable).

Jean-Michel Klossek : Professeur des Universités, praticien hospitalier, service ORL et chirurgie cervicofaciale, hôpital Jean Bernard, 86021 Poitiers cedex, France.

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Toute référence à cet article doit porter la mention : JM Klossek. E pistaxis. Encycl Méd Chir (Elsevier, Paris), Encyclopédie Pratique de Médecine, 1-0530, 1998, 1 p

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