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LES ACCELEROMETRES ET LEUR

CONDITIONNEMENT

I – Les accéléromètres

L’accéléromètre est utilisé pour mesurer une accélération et des vibrations. De


plus, à l’aide d’analyses complexes, il permet de localiser un point de vibration à
l’intérieur d’une pièce. Bien utilisé, l’accéléromètre permet d’améliorer les mesures
issues d’autres techniques, voire impossible à obtenir différemment.

Les accéléromètres se caractérisent par leur diversité et leur sensibilité


propre. Ainsi des accéléromètres ultra sensibles ont été conçus, réalisés et testés,
permettant ainsi d’envisager de nombreuses applications en orbite.

1.1 - Principe de fonctionnement :

Dans le monde industriel, le modèle le plus communément utilisé est basé sur
la combinaison de la loi sur l’accélération de la masse de Newton, qui dit que si une
masse subit une accélération, c’est qu’elle est soumise à une force F telle que

F = m×a
et celle de l’action d’un ressort de Hooke qui dit que si un ressort de constante
k est étiré ou compressé et atteint une position à une distance X de sa position
d’équilibre, c’est qu’il subit une force

F=k×X
a - 2 familles d’accéléromètres :

Les accéléromètres peuvent être actif ou passif.

Un accéléromètre passif renvoie une charge générée par un élément piézo-


électrique. Quand l’accéléromètre bouge, la masse applique une force sur le cristal,
qui est étiré ou comprimé. Cette contrainte sur le cristal induit une différence de
charge entre ses surfaces. Cette différence de charge est détectée par un
amplificateur sensible aux charges et est convertie en signal de tension. Pendant
que l’accélération du cristal change, l’impédance de sortie varie pour créer le signal
de tension.
Figure 1 : Schéma d’un accéléromètre passif

Un accéléromètre actif est presque identique à l’accéléromètre passif, mis à


part qu’il possède un amplificateur sensible aux charges incorporé dans
l’accéléromètre lui-même, qui permet de convertir la charge de l’accéléromètre en
une tension. Cet amplificateur a besoin d’une source de courant constant et fait
varier son impédance en fonction de la variation de charge sur le cristal piézo-
électrique.

1 : Cristal piézo-électrique
2 : Masse séismique
3 : Amplificateur sensible aux charges
4 : Connexion du signal
5 : Boîtier de l’accéléromètre

Figure 2 : Composition d’un accéléromètre actif


Figure 3 : Schéma d’un accéléromètre actif

Un accéléromètre ICP se comporte comme un appareil résistif, tout


changement dans le courant d’excitation induit des erreurs dans la tension générée
par l’accéléromètre. Il est donc conseillé d’utiliser une source de courant active
(source de courant avec une résistance montée en parallèle). Comme la résistance
de ce type de courant est très grande en comparaison de celle de l’accéléromètre,
des changements dans la résistance de l’accéléromètre n’affecte pas la source de
courant. On est dans ce cas, très proche d’une source de courant idéal, qui permet
de générer un courant constant sans tenir compte de l’effet de charge ; ce qui est
très utile lorsqu’on travaille à très haute fréquence.

c – Comparaison des accéléromètres actifs avec les accéléromètres


passifs.

ACTIF PASSIF
AVANTAGES Peu sensible au bruit Utilisable dans une large
Amplificateur de charge gamme de tension
intégré Utilisable à très hautes
températures
INCONVENIENTS Gamme d’accélérations Sensible au bruit
limitée Besoin d’un
Gamme de T° limitée à conditionnement externe
environ 250°F

1.2 - Critères importants pour le choix d’un accéléromètre :

a - Choix de l’accélération G

Si cet indice est trop faible par rapport à l’application, l’accéléromètre pourrait
fonctionner au delà de ces limites et risquerait d’être endommagé.
Si l’indice est trop élevé, l’accéléromètre perdrait en sensibilité sur des mesures
précises.

b - Sensibilité de l’accéléromètre

Les accéléromètres ont un niveau de sensibilité donné en millivolts/G. La


tension de crête s’obtient en multipliant la sensibilité par l’indice G maximal.
c – Amplification

L’amplification est nécessaire car elle permet d’avoir un meilleur signal sur
bruit et de rejeter le bruit de mode commun. Le gain va bien évidemment dépendre
de la sensibilité du capteur ainsi que de la force du signal.

d – Mesure en courant alternatif ou en courant continu

Si le système d’acquisition fait une mesure en courant alternatif, la gamme


d’entrée doit être en bipolaire et le gain calé au maximum afin d’obtenir la tension de
crête calculée précédemment.

Si le système fait une mesure en courant continu, la gamme d’entrée doit être
en unipolaire et accepter la tension calculée pour le décalage d’offset.

e – Référencement à la masse

Le système doit toujours être mis à la masse, mais en un seul et unique point.
Donc, pour un accéléromètre relié à la terre, il faut utiliser l’amplificateur en entrée
différentielle et une source flottante, sinon il se formera une boucle de masse qui
produira des sources externes de bruit. Pour un accéléromètre isolé, il faut relier
l’entrée de l’amplificateur à la terre. Dans le cas contraire, cela peut provoquer un
signal fortement bruité ou une rupture du signal du fait que l’entrée de l’amplificateur
flottante peut se trouver en dehors des limites de réglage.

f – Excitation

Il faut utiliser une source d’alimentation de bonne qualité pour exciter


l’accéléromètre. Cette source de courant doit également permettre d’utiliser
l’accéléromètre dans sa gamme complète. Il faut savoir que de nombreux
accéléromètres travaillent avec un courant d’excitation compris entre 2 et 20 mA.

g – Choix du filtre anti-repliement

Le choix du filtre anti-repliement dépend de l’application. Aussi, dans le cas


d’une réponse basse dans la bande passante, il est préférable d’utiliser un filtre de
Butterworth. Dans le cas où l’on veut recueillir des informations de phase, telles que
la cause ou l’effet d’une vibration, il faut alors utiliser un filtre de Bessel. Si enfin le
système observe simplement le contenu général d’une vibration ou qu’il opère dans
un environnement bruité, alors un filtre elliptique de Chebyshev sera utile. Le nombre
de pôles du filtre détermine le degré de sur échantillonnage nécessaire pour obtenir
un signal sans repliement.

h – Fréquence de résonance

La fréquence naturelle est la fréquence à laquelle l’élément sensible de


l’accéléromètre va résonner et répondre avec un mouvement maximum à une
accélération spécifique qui lui est appliquée lorsqu’il est dans un état où il ne peut
pas être amorti (freiné).
Il y a un effet de résonance, lorsque la fréquence de la table égale à la
fréquence naturelle de l’accéléromètre. En général, les accéléromètres ne sont pas
utilisés près de leur fréquence naturelle à cause de fortes non linéarités au niveau
des entrées.

Exposé un accéléromètre à des accélérations dont la fréquence est 40% plus


importante que sa fréquence naturelle peut provoquer des dégâts au niveau de
l’accéléromètre, ci celui-ci n’est pas protégé par des systèmes de freinage. En effet,
le phénomène d’amortissement ou de freinage possède plusieurs fonctionnalités :
• Minimiser le pic de résonance pour permettre à l’accéléromètre de
dépasser sa gamme de fréquence d’utilisation.
• Minimiser l’impulsion du pic de résonance pour prévenir les dégâts au
niveau des entrées.
• Minimiser l’onde de résonance au niveau du signal de sortie.

i – Nombre de mesures à réaliser

Si on utilise un accéléromètre directionnel ou linéaire, on ne peut déterminer


l’accélération que selon un axe. Si on doit la déterminer selon plusieurs axes, on
utilise alors un accéléromètre multi-axes (tri-axial)

Figure 4 : Accéléromètre linéaire et accéléromètre tri-axial

1.3 - Différents types d’accéléromètres :

En général, les notices des différents accéléromètres vont fournir la fréquence


naturelle, le coefficient d’amortissement, une échelle de facteurs qui mettent en
relation l’accélération d’entrée et la sortie.

a – Accéléromètre de base

Le type d’accéléromètre le plus simple mesure les mouvements d’une masse


en attachant la masse au bras du potentiomètre à l’aide de ressorts. De cette
manière, la position de la masse est transmise comme un changement de résistance.
La fréquence naturelle de ces appareils est généralement inférieure à 30 Hz, limitant
ainsi ce type d’accéléromètre à des applications de mesure d’accélération stable ou
de vibration basse fréquence.

b – Accéléromètre à résistance variable

La résistance variable est comparable à un capteur LVDT dans le sens où un


principe d’induction est utilisé. La mesure est faite à partir d’une tension induite dans
une bobine lorsque la masse bouge sous l’influence d’une accélération. Ce type
d’accéléromètre est utilisé seulement dans les études de vibration et de chocs, car il
ne possède une tension de sortie que lorsque la masse est en mouvement. Sa
fréquence naturelle est typiquement inférieure à 100 Hz. Il est souvent utilisé dans
l’exploration des sols pour détecter les vibrations des strates souterraines.

c – Accéléromètre piézo-électrique

L’accéléromètre piézo-électrique est, lui, basé, comme déjà spécifié


précédemment, sur une propriété d’un cristal dans lequel une tension est générée,
lorsqu’il subit la pression exercée par la masse. Ce cristal est une source de haute
impédance et donc nécessite une entrée de haute impédance. C’est donc un
détecteur de bruit faible. Les niveaux de sortie sont typiquement de l’ordre des
millivolts. La fréquence naturelle de tels accéléromètres peut excéder 5 KHz, ils
peuvent donc être utilisés pour des mesures de chocs et de vibrations.

d – Accéléromètre à élément vibrant

Un accéléromètre à élément vibrant contient, lui, une masse séismique


soutenue par des fils précontraints, fabriqués pour vibrer à leur fréquence naturelle
dans un système électromagnétique. Lorsque l’accélération développe une force le
long des fils, leur fréquence de vibration est ainsi changée, produisant un signal en
corrélation avec l’accélération subie.

1 : masse séismique
2,3 : fils de vibration
4,5 : détecteurs bobines
6,7 : aimant électrique conducteur
8 : amortisseur
9 : boîtier

Figure 5 : Accéléromètre à élément vibrant

e – Accéléromètre à jauges de contrainte non attachées.

Un accéléromètre à jauges de contrainte non attachées contient des jauges


de contraintes, non reliées aux ressorts, qui supportent la masse séismique. Les
jauges fournissent une suspension élastique de la masse grâce à des ressorts
spéciaux. Aussi, déformées par l’accélération, elles forment un signal électrique
proportionnel à cette dernière.
1 : masse séismique
2,3,4,5 : ressorts
6,7,8,9 : jauges de contrainte
10 : boîtier

Figure 6 : Accéléromètre à jauges de contrainte non attachées

f – Accéléromètre SERVO

Un accéléromètre SERVO contient une masse séismique et un mécanisme


SERVO qui contrôle la position de la masse. L’accélération fait bouger la masse. Le
détecteur de position détecte les mouvements et produit un signal d’erreur dans la
boucle du mécanisme SERVO, ce qui développe un courant. Ce courant est la
mesure de l’accélération.

1 : masse séismique
2 : détecteur de position
3 : mécanisme SERVO
4 : amortisseur
5 : boîtier

Figure 7 : Accéléromètre SERVO

g – Accéléromètre piézo-transistor

Un accéléromètre piézo-transistor contient un stylet attaché à une masse


séismique. La pointe de ce stylet est en contact avec une partie du transistor à
jonction P-N, sensible à toute pression. La force développée par l’accélération est
transmise au stylet, qui développe une pression sur le semi-conducteur. Les
caractéristiques du transistor sont modifiées, provoquant un changement du courant
dans le circuit électrique.

1 : masse séismique
2 : ressort
3 : stylet
4 : transistor
5 : boîtier
6,7 : câbles

Figure 8 : Accéléromètre piézo-transistor

h – Accéléromètre photoélectrique

Dans un accéléromètre photoélectrique, une masse séismique, déviée par des


forces dues à l’accélération, commande un obturateur placé entre un capteur
photosensible et une source lumineuse. L’illumination de ce capteur est modifiée par
la variation de la surface de l’orifice de l’obturateur à travers lequel la lumière passe.
Le résultat de cela est que le courant délivré par le capteur photosensible devient
proportionnel à l’accélération.

1 : masse séismique
2 : ressort
3 : source lumineuse
4 : capteur photosensible
5 : boîtier

Figure 9 : Accéléromètre photoélectrique

i – Accéléromètre à effet Hall

Dans un accéléromètre à effet Hall, l’élément Hall est attaché à un ressort, lui
même attaché à une masse séismique, qui dévie à cause des forces exercées par
l’accélération. L’élément Hall bouge dans un champ magnétique non uniforme. La
tension générée est proportionnelle à l’accélération mesurée.

1 : masse séismique
2 : ressort
3 : amortisseur
4 : élément Hall
5 : source de champ magnétique non uniforme
6 : boîtier

Figure 10 : Accéléromètre à effet Hall

j – Accéléromètre à jauges de contrainte attachées

Un accéléromètre à jauges de contrainte attachées possède, comme son nom


l’indique, des jauges de contrainte directement reliées à un ressort. L’accélération
provoque une déformation du ressort, étirant un groupe de jauges et compressant
l’autre. Les jauges, connectées en pont, produisent alors un signal électrique en
réponse à l’accélération subie par le système.

1 : masse séismique
2 : ressort
3,4 : jauges de contrainte
5 : boîtier

Figure 11 : Accéléromètre à jauges de contrainte attachées

k – SERVO-inclinomètre

Un SERVO-inclinomètre est un accéléromètre linéaire utilisé dans le champs


de gravité terrestre (+/- 1 g). Cet appareil est composé d’une masse inertielle
(pendule) qui est :
• Articulée autour d’une barre de torsion
• Asservie en position par l’intermédiaire d’un moteur couple inductif dont le
courant de rappel est proportionnel à l’accélération appliquée.
Le détecteur de position est optique. Pour les petits angles, l’accélération
mesurée est assimilable à l’angle. Pour les étendues de mesure plus larges, une
conversion arc-sinus est nécessaire pour déterminer l’inclinaison. Cette technologie
permet d’obtenir des inclinomètres très sensibles ( <0,5 seconde d’arc), sans
hystérisis avec une précision de l’ordre du 1*10 –4 de l’étendue de mesure et enfin,
une dynamique importante.

1.4 – Recommandations pour optimiser les résultats.

Chaque accéléromètre est calibré de telle manière à avoir les meilleures


performances pour une tension d’excitation et une fréquence spécifiques. Pour les
accéléromètres possédant un amplificateur interne, il faut en plus du respect de la
tension et de la fréquence d’excitation, suivre les recommandations de mise à la
masse et de polarité.

En ce qui concerne les accéléromètres sans amplificateurs l’impédance


nominale est en réalité l’impédance de sortie. Pour obtenir de meilleurs résultats,
l’instrumentation utilisée pour gérer l’accéléromètre doit avoir une impédance
d’entrée d’au moins 1 Megohms. Une instrumentation à faible impédance peut
réduire la sensibilité de l'accéléromètre.