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Foudre

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Pour les articles homonymes, voir Foudre (homonymie).
La foudre est un phénomène naturel de décharge électrostatique disruptive qui peut se produire
lorsqu'une grande quantité d'électricité statique s'est accumulée dans des zones de nuages
d'orage, dans ces nuages, entre eux ou entre de tels nuages et le sol (la terre ou la mer). La
différence de potentiel électrique (électrostatique) entre les deux zones peut atteindre 10 à
20 millions de volts1 et pour qu'apparaisse la foudre, un plasma est produit dans l'air sur le
parcours de la décharge, causant les deux phénomènes observés : l'éclair d'une part, qui se
propage très rapidement, et d'autre part le tonnerre, qui résulte d'une dilatation explosive de l'air
échauffé par l'éclair, et se propage relativement lentement (à la vitesse du son dans l'air, qui
dépend de sa température)2.
La foudre a tendance à frapper de préférence le sol proche du nuage générateur, en particulier
dans les régions de haute altitude, et plus particulièrement les bâtiments et arbres, ou tous objets
proéminents sur le sol ou la mer, qui peuvent être plus précisément ciblés par effet de pointe,
mais aussi par des effets de conduction électrique. Le tonnerre peut résonner d'un craquement
sec et immédiat lorsque l'éclair est proche, ou gronder plus largement au loin, en particulier en
montagne, par effets d'écho. Comme la lumière voyage beaucoup plus vite que le son, l'éclair est
en général visible bien avant que le tonnerre ne soit audible, ce qui permet d'estimer la distance
à laquelle la foudre est tombée (en multipliant par 0,34 environ le nombre de secondes d'écart
pour avoir une première estimation en km)3.
Elle présente de nombreux dangers : électrocution des personnes et des animaux,
déclenchement d'incendies, interférences électromagnétiques nuisibles aux communications, à
l'aviation et à la navigation, destructions de composants dans les équipements
électroniques, etc. C'est pourquoi plusieurs techniques ont été développées pour la détecter, ce
qui reste difficile avant le coup de foudre, et la canaliser quand c'est possible, afin de protéger les
êtres vivants et les biens.

Des éclairs zébrant le ciel de Schaffhouse (Suisse). Photo prise depuis Dörflingen. Un oiseau est aussi
visible dans l'image. Quatre images de celui-ci sont visibles du fait de l'effet stroboscopique dû aux éclairs.
Éclair au-dessus d'une ville

Sommaire

 1La charge
o 1.1La gravitation
o 1.2La convection
 2La décharge
o 2.1Foudre positive ou négative
o 2.2Tracé
o 2.3Couleurs et longueurs d'onde, parasites électromagnétiques
o 2.4Fréquence de la foudre, risques pour l'aviation
 2.4.1Estimation du taux de foudre
o 2.5Tonnerre, autres effets
 2.5.1Tonnerre
 2.5.2Décharges en haute altitude
 2.5.3Effets secondaire/indirects dans les bâtiments
 2.5.4Particules relativistes
o 2.6Distance
 3Différents types de foudre
o 3.1Éclairs intra et inter-nuages
o 3.2Éclairs nuage-sol
o 3.3Foudre en boule
o 3.4Foudre volcanique
 4Dangers
o 4.1Détection
o 4.2Protection
o 4.3Normalisation en France
 5Énergie
 6Armement
 7Arts
 8Notes et références
o 8.1Références
o 8.2Notes
 9Voir aussi
o 9.1Bibliographie
o 9.2Articles connexes
o 9.3Liens externes

La charge[modifier | modifier le code]

Cycle de vie d'un orage : fort mouvement ascendant au début et descendant ensuite. Ce qui crée les
conditions favorables au transport des charges électriques
Distribution des charges électriques et de la foudre dans un orage grâce aux différences de potentiel
créées

Les nuages d'orage (cumulonimbus) créent les conditions météorologiques favorables à


l'accumulation de charges électriques et, par conséquent, à la création d'effets
de condensateur géants4 :

 La différence de température importante entre la base et le sommet du nuage, induit de


puissants déplacements d'air verticaux, mais qui peuvent être aussi horizontaux, dans le
nuage et son pourtour ;
 La présence d'humidité, avec des gouttes d'eau de tailles diverses et variables, ainsi que de
poussière et aussi de glace, qui selon leur taille (et donc leur masse) vont descendre dans le
nuage plus ou moins vite, mais aussi monter, pour les plus légères, portées par les courants
ascendants, et vont pouvoir échanger des électrons par effet triboélectrique ;
 L'atmosphère (avec tout ce qu'elle contient) étant devenue électriquement fortement
chargée, il y a dans le nuage des zones à potentiel électrique différent : en général négatif à
sa base, et positif au-dessus (cette configuration semble apparaître dans 80 à 90 % des cas,
les 10 à 20 % restants donnant par contre un nuage positif à sa base)5. Mais il faut aussi tenir
compte de champs électrostatiques horizontaux qui sont présents dans le nuage, ou entre
nuages. Il existe des champs électriques qui peuvent devenir très importants.
L'électrisation du nuage d'orage est donc explicable par la contribution de deux phénomènes
physiques : convection atmosphérique et gravitation
La gravitation[modifier | modifier le code]
Les gouttes de pluie, les grêlons et les particules de grésil (de petits grains de glace) tombent par
gravité vers le bas du nuage, plus vite que les gouttes d'eau et les cristaux de neige et de glace
de poids inférieur, qui restent en suspension ou ne tombent que lentement. Lorsque les grosses
particules entrent en collision avec les cristaux de glace à une température inférieure à une limite
critique, autour de −15 °C, les grains de grésil se chargent négativement, ou positivement si cette
température est supérieure à ladite limite. Comme les grains tombent plus rapidement que les
cristaux, ils transportent vers le bas, depuis les zones supérieures du nuage où les températures
sont en général bien inférieures à −15 °C, des charges négatives4. Le seuil des −15 °C dépassé,
celles-ci deviennent positives. On peut obtenir alors une structure tripolaire du nuage, avec une
couche médiane importante, chargée négativement et entourée de deux couches positives, l'une
en bas, la seconde tout en haut. Cependant, les chocs ou frottements entre particules ne sont
pas tout à fait seuls à l'origine de l'électrisation du nuage.
La convection[modifier | modifier le code]
Les ions libres dans l'atmosphère sont captés par les gouttelettes d'eau dans le nuage, qui sont
ensuite emportées dans les courants verticaux créés par le mécanisme de la convection
atmosphérique (l'air chaud monte dans l'air plus froid, et inversement). Ceci produit des
accumulations de charges différentes selon l'altitude dans le nuage4.
Au sommet des cumulonimbus, les rayons cosmiques frappent directement
les molécules d'air situées dans une atmosphère peu dense (moins de 300 hPa), et les ionisent :
ces ions négatifs se fixent aux cristaux et aux gouttelettes du nuage, et forment une couche
appelée « couche écran » en haut du nuage. D'autre part, au voisinage du sol à la surface de la
Terre, le champ électrique très intense peut produire une « décharge Corona » d'ions positifs, car
quand la différence de potentiel avec l'objet pointu est suffisante, un champ électrique intense
produit l'excitation des électrons avoisinants. Ceux-ci entrent alors en collision avec des atomes
neutres, qui libèrent de nouveaux électrons, qui vont à leur tour induire l'apparition d'autres
électrons, et ainsi de suite, telle une réaction en chaîne : c'est l' « avalanche électronique », ou
"ionisation par choc". Les ions positifs créés sont ensuite entraînés par l'air chaud s'élevant par
convection, et participent ainsi à l'électrisation de la base du nuage. Mais la couche inférieure
positive du nuage étant assez fine, c'est la couche médiane négative qui aura une influence
électrostatique sur la Terre. Lors d'un orage, celle-ci se charge donc en général positivement, par
influence.

La décharge[modifier | modifier le code]


Animation de la décharge

Lorsque ce champ électrostatique dépasse les limites diélectriques de l'air (variables selon les
conditions d'humidité et de pression), il apparait une décharge, conduisant localement à un
rééquilibrage électrostatique (généralement une petite décharge de 50 à 100 mètres de longueur
à la base du nuage, vers le bas. On constate toutefois qu'un tiers de ces décharges se font en
sens inverse, provenant du sol vers le nuage. Elles ne sont généralement visibles que lors de
gros orages.
Foudre positive ou négative[modifier | modifier le code]
La décharge peut être positive ou négative4 :

 Si le coup est négatif, cas usuel, la décharge se passe du bas du nuage chargé
négativement vers le sol (ou la mer), ou un autre nuage chargé positivement. Les décharges
sont multiples et variées : à une première décharge partielle de durée de front de 10 à 15
microsecondes succèdent des décharges d’attaque plus raides et de descentes plus
douces ;
 Quand le coup est positif, le bas du nuage est chargé positivement. Une seule décharge
apparaît durant de 0,1 à 0,2 seconde. La durée d’attaque varie entre 20 et 50 μs et
l’amplitude du courant des «coups positifs» est généralement supérieure à celle des coups
négatifs.
L'éclair positif est moins fréquent, 10 % ou moins, mais plus destructeur4,6. En effet, il implique le
plus souvent la partie supérieure du nuage, l'enclume (située vers 10 000 m dans les régions
tempérées), ce qui correspond à une plus grande distance du sol, et donc à une plus grande
différence de potentiel électrique au moment du déclenchement. Alors que le coup négatif produit
en moyenne un courant de 120 000 ampères, pour une charge de 350 coulombs, le positif peut
produire des pointes jusqu'à 300 kA, et plusieurs centaines de coulombs7,8. L'éclair positif peut
frapper à plusieurs kilomètres en aval de l'orage, sous l'extension horizontale de l'enclume, dans
une région sans précipitations, surprenant ainsi les observateurs de l'orage : c'est un cas de
foudre en ciel clair.
Tracé[modifier | modifier le code]
Ce qui se passe pour un éclair nuage-sol "classique" peut se décrire en trois étapes2,9 :

1. le potentiel électrostatique, devenu très élevé, crée une première décharge montante (en
partant du sol), qui arrache des électrons aux molécules de l'air, créant ainsi un premier
canal ionisé, appelé traceur ou précurseur, qui ne transporte encore qu'une faible charge
électrique, et avance vers une zone de charge opposée, à une vitesse de l'ordre
de 200 km/s. Une seconde décharge suit, prolongeant le traceur de quelques dizaines de
mètres, puis ce précurseur va progresser par bonds de longueurs proportionnelles à
l'amplitude des décharges élémentaires. Le traceur est le plus souvent à multiples
branches, pouvant buissonner avec des directions variées, la progression correspondant
à la recherche d'un cheminement optimal, de moindre résistance électrique ;
2. les charges positives accumulées sous l'orage, en réponse à l'approche de la charge
négative croissante portée par les précurseurs, ont tendance à se concentrer sur des
objets élevés et pointus, tels que les arbres, les poteaux et les bâtiments... quelquefois
les personnes, isolées et debout ou (pire) en groupe. Un phénomène que tentent
d'exploiter les paratonnerres. Cela initie à un certain moment un traceur allant jusqu'au
nuage ;
3. quand le canal précurseur rejoint le nuage, en général à moins de 100 mètres du sol, un
arc électrique en retour va se déclencher, utilisant le canal du précurseur (traceur en
dard). Il libère alors les charges électriques accumulées de part et d'autre, qui vont
pouvoir se rejoindre, et donne l'éclair proprement dit ; le courant se propage alors à une
vitesse qui peut atteindre 100 000 km/s10 (un tiers de la vitesse de la lumière). La
décharge passe dans un canal qui a entre 50 mètres et 25 km de longueur, et environ
3 cm de diamètre10.
Les décharges entre nuages se produisent de façon similaire, en connectant des zones de
charges opposées d'un nuage à l'autre. Pour ce qui est des décharges dans un nuage, ne
passant pas à l'air libre, il n'y a pas d'arc de retour, mais seulement la rencontre des traceurs
provenant de l'un et de l'autre.
Couleurs et longueurs d'onde, parasites
électromagnétiques[modifier | modifier le code]

Eclairs à Belfort en France.

Le long du chemin parcouru, la décharge, qui peut correspondre à une différence de potentiel
initiale de 100 millions de volts, surchauffe les gaz de l'atmosphère et les ionise (la température
peut atteindre cinq fois celle de la surface du soleil, soit 30 000 K). Il se forme un plasma
conducteur, à l'origine de l'émission soudaine de lumière que l'on observe10. Le phénomène
lumineux est communément dénommé « éclair ».
La couleur observable de cet éclair dépend de plusieurs facteurs : la densité de courant, la
distance de l'observateur à l'éclair, et différentes particules présentes dans l'atmosphère. En
général, la couleur perçue d'un éclair est blanche dans un air sec, jaune en présence d'une
grande quantité de poussières, rouge en cas de pluie, et bleue en présence de grêle11.
La perception de couleur blanche de l'éclair est aussi liée à l'ensemble des longueurs d'onde des
différents éléments présents dans l'air électrifié, l'air étant notamment composé de manière
principale d'oxygène et d'azote12, qui contribuent en émission à des longueurs d'onde
correspondant au vert (508 à 525 nm) et jaune-orange (599 nm) pour l'oxygène et bleu (420 à
463 nm) et rouge (685 nm) pour l'azote13. Mais ce n'est là qu'une partie des longueurs d'onde
présentes dans la lumière de l'éclair en air sec, car d'une part ces éléments produisent aussi
d'autres longueurs d'onde, et d'autre part, l'air contient d'autres éléments physiques.
La foudre provoque également des parasites électromagnétiques qui perturbent les
télécommunications.
Fréquence de la foudre, risques pour l'aviation[modifier | modifier le code]
Carte de la fréquence de la foudre dans le monde. Plus de 1,2 milliard d'éclairs se forment par an,
principalement en zones équatoriale (Le Rwanda est le plus touché pour ce qui est du nombre d'impacts de
foudre par km214

On voit dans l'image de droite que la foudre est plus fréquente à l'équateur et, selon la latitude,
dans les zones chaudes et humides, notamment près des littoraux. En effet, les orages qui
produisent la foudre sont engendrés par une instabilité de l'atmosphère due à une élévation de la
température du sol et à une humidité de basse altitude. Les zones équatoriales, bien plus
chaudes et humides, sont donc beaucoup plus orageuses que les zones polaires. Les orages
peuvent y atteindre 15 000 mètres d'altitude.
Les conditions à l'échelle synoptique organisent la convection de l'ensemble de l'atmosphère
terrestre. Ce n'est pas partout à l'équateur que les conditions sont favorables à la formation des
orages. Ainsi, la zone de convergence intertropicale, alimentée par l'action des alizés,
correspond d'abord à des mouvements de soulèvement au-dessus de sols surchauffés
permettant la formation assez continuelle d'orages. Au nord et au sud de cette zone, il y a par
contre des mouvements descendants d'air sec, qui dégagent le ciel, et correspondent à des
zones désertiques, où l'humidité et les orages sont absents. Les eaux des courants marins froids
inhibent l'apparition des orages (ex. côte ouest de l'Amérique du Nord et du Sud), alors que les
eaux chaudes les favorisent (ex. le Gulf Stream, et tous les parcours des ouragans).
Les taux varient aussi d'année en année suivant la variation climatique annuelle. Ainsi,
selon Météorage (filiale de Météo-France), la France a connu le record en nombre d'éclairs et
d'activité orageuse dans ses annales : presque 700 000 coups de foudre et 7,8 millions d'éclairs
intra-nuage entre le 1er janvier et le début septembre à cause de l'été particulièrement chaud15.
L'aviation est particulièrement concernée par les risques de foudroiement, qui sont fréquents dès
qu'un avion pénètre dans un cumulonimbus (il va jouer alors le rôle d'un court-circuit traversant
rapidement le nuage électrisé...). Les pilotes ont pour consigne d'éviter la traversée et même la
trop grande proximité de ce type de nuages, principalement à cause de la force des courants
aériens internes et périphériques (et aussi au-dessous et en dessous), qui peuvent conduire à
des pertes de contrôle (décrochages), ou à la traversée de nuages de grêle très violents et
destructeurs (risques d'extinction moteurs, impacts sur le pare-brise, etc.). Les avions sont
protégés contre les foudroiements par l'effet « cage de Faraday » assuré par leur structure
métallique, ou par des aménagements des structures en matériaux composites), mais aussi par
les normes appliquées pour la conception et la réalisation des câblages et des équipements
internes, certains équipements plus exposés pouvant toutefois être endommagés (antennes
radar météo, gouvernes...). Les équipages sont quant à eux soumis alors à une lourde charge de
travail quand ils n'ont pas pu éviter le cœur des zones orageuses (perte de visibilité extérieure,
bruits violents et fortes turbulences, communications difficiles, pertes de vitesse brutales en
approche ou au décollage, ou même à très haute altitude...).
Au sol, la foudre a fait l'objet de différents types d'études scientifiques statistiques, car il y a de
nombreuses différences de caractéristiques selon les lieux et les circonstances d'observation
(amplitude, durée, nombre d'arcs en retour) et suivant le type d'éclair (intra-nuage, nuage-sol,
positif, négatif) :
 selon une étude française, 50 % des coups de foudre qu'elle a répertoriés ont une intensité
inférieure à 50 000 A et 99 % inférieure à 200 000 A4. Environ 60 % des décharges sont intra
ou inter-nuages ; on estime à 32 millions le nombre d'éclairs frappant le sol
chaque année dans le monde ;
 La fréquence des coups de foudre est définie à partir du niveau kéraunique (nombre de fois
où le tonnerre a été entendu dans l'année) et surtout de la densité de foudroiement (nombre
de coups de foudre au km2 par an). Ce dernier mode de quantification peut être alimenté par
des moyens de mesure, les détecteurs de foudre : moulin à champs, antennes
directionnelles, et capteurs par satellites ;
 La fréquence ou la répartition des éclairs peut aussi être modifiée à la suite des évolutions
climatiques, mais aussi de l'artificialisation des milieux, et plus précisément de la création par
l'homme de sites et d'objets attirant la foudre.
Estimation du taux de foudre[modifier | modifier le code]
Fréquence exceptionnelle durant un orage en 1991 à Sydney en Australie : un éclair toutes les 30
secondes pendant deux heures.

Le taux de foudre f est proportionnel à la puissance 6Note 1 de la vitesse w des mouvements d'air

ascendants 16,17
. On peut donc écrire où a est un coefficient de proportionnalité. Elle
s'exprime en m s−1
−2

La référence est en fait plus spécifique, et les auteurs affirment aussi dans une seconde équation
que17,18 :
où W (en mètres) est la « largeur » du mouvement ascendant et Z est la réflectivité radar (en
mètre-cubeNote 2). En mettant en relation les deux équations, on constate que la fréquence f
des éclairs permet d'estimer — grossièrement — la vitesse des courants ascendants, et donc
la dangerosité de l'orage si on connait Z et W. Toutefois, en ce qui concerne les orages

tropicaux, Yoshida19 affirme que la fréquence des éclairs est proportionnelle à , ce qui
modifierait la relation pour ces latitudes.
Tonnerre, autres effets[modifier | modifier le code]
Tonnerre[modifier | modifier le code]
La foudre génère une onde acoustique, le tonnerre. Cette onde est engendrée par
la dilatation brutale de l'air surchauffé par l'arc électrique2,10. Elle peut consister pour
l'observateur au sol en un bruit sec ou un roulement, sourd selon la distance séparant
l'auditeur de la foudre.
Décharges en haute altitude[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Phénomènes lumineux transitoires.
La foudre peut s'accompagner, dans les cas de fortes décharges, de phénomènes lumineux
secondaires en haute altitude. La brièveté de ces flashs, ainsi que leur altitude très élevée
(mésosphère et ionosphère), ont retardé leur découverte par les scientifiques. Elles n'ont été
confirmées que dans les dernières décennies.
Effets secondaire/indirects dans les bâtiments[modifier | modifier le code]
La foudre peut momentanément provoquer des phénomènes de montée en potentiel
des prises de terre, et des parasitages ou dysfonctionnements induits par des phénomènes
d'induction électromagnétique, effets dont on cherche à se prémunir dans les installations
sensibles (militaires, centrales nucléaires20, réseaux de télécommunication21, etc.).
Particules relativistes[modifier | modifier le code]
Les éclairs (et les nuages d'orage) se comportent aussi comme des accélérateurs naturels
de particules22. À l'intérieur des nuages d'orage, des cascades d'électrons relativistes sont
créées dans des champs électriques23, devenant une source de flashs intenses
de rayonnement γ24,25 qui ont pu être détectés par des observatoires au sol26,27,28,29,30, par des
détecteurs aéroportés31 et par des flashs γ terrestres de l'espace32,33,34,35. Ces flashs sont brefs
mais énergétiquement assez intenses pour provoquer des réactions photonucléaires
atmosphériques36,37,38,39,40 qui produisent des neutrons et éventuellement
des positons par désintégration bêta d'isotopes radioactifs instables.
Grâce au télescope spatial Fermi, Michael Briggs et ses collaborateurs ont analysé le spectre
d'émission des flashs de 17 éclairs ; ils y ont trouvé un pic net à 511 kiloélectrons-volts,
l'exacte quantité d'énergie produite par l'annihilation d'un électron et de son antiparticule,
le positron41,42. Des positrons ont été accidentellement détectés (en 2009) autour d'un avion
volant à l'intérieur d'un nuage d'orage43. Puis des indices d'émissions de neutrons et de
positons ont été détectés au sol (à 0,5 -1,7 km de la foudre) lors d'un orage au Japon début
2017, à l'occasion d'un flash gamma (γ) de moins d'une milliseconde44.
Ces phénomènes avaient été prévus par Leonid Babich (Physicien russe du centre fédéral
nucléaire de Sarov), qui avait aussi prédit que tous les neutrons délogés de l'azote par un
rayon γ ne sont pas absorbés, certains pouvant alors déclencher une transmutation d'un
autre noyau d'azote en carbone 14 (isotope radioactif contenant deux neutrons de plus que
le carbone ordinaire. On considère généralement que le carbone 14 de l'atmosphère serait
formé par les rayons cosmiques, mais théoriquement la foudre pourrait aussi en produire une
petite quantité, encore à évaluer45.
Distance[modifier | modifier le code]
Pour un observateur, la durée entre la vue de l'éclair venant d'un orage et la perception du
son tonnerre permet de déterminer la distance approximative d'un impact de foudre. En
divisant par 3 le temps en secondes qui s'écoule entre la vue de l'éclair et l'instant où on
entend le tonnerre, on obtient une distance en kilomètres.
La vitesse de la lumière dans l'air est de presque 300 000 km/s. L'observateur réagit à la vue
de l'éclair en un ou deux dixièmes de secondes, alors que le temps de trajet de la lumière,
sur une distance qui ne dépasse pas quelques dizaines de kilomètres, est de moins d'un dix-
millième de seconde. On peut dire qu'il voit l'éclair au moment où il se produit. Au point
d'origine de l'éclair, on a une onde de choc plutôt qu'un son ; mais après une courte distance
par rapport à celle jusqu'à l'observateur, la propagation du son suit les lois de l'acoustique
linéaire. La vitesse du son dans l'air est approximativement de 330 m/s plus 0,6 par degré
Celsius aux températures courantes. Mais la température de l'air peut varier largement entre
l'éclair et l'observateur, et de ce fait, le son, par réfraction, ne se propage pas exactement en
ligne droite ni à une vitesse constante ; les vents violents qui soufflent souvent dans les
nuages d'orage s'ajoutent ou se retranchent à la vitesse de propagation du son ; l'origine de
l'éclair, dans le ciel, peut-être plus près que l'arrivée de la foudre au sol46. Même en mesurant
le temps avec un chronomètre, la précision est illusoire.
La distance maximale à laquelle on entend le tonnerre varie selon la stabilité de l'air. En effet,
le son se disperse dans des conditions instables et porte plus loin dans des conditions
stables. On peut voir un éclair sans entendre le tonnerre et donc sans pouvoir calculer la
distance à l'orage. Les orages estivaux se produisent dans de l'air instable et il y a une limite
à la perception du tonnerre. Dans le cas des orages hivernaux se produisant au-dessus
d'une couche stable d'inversion de température (engendrés par des altocumulonimbus), le
son sera réverbéré en altitude par cette couche et ne sera généralement pas perçu au sol
mais s'il peut la pénétrer, il portera très loin.
L'éclair le plus long a été mesuré en Oklahoma à 6 h 7 le 20 juin 2007 sur une distance
horizontale de 321 kilomètres, mais n'a duré que 5 s 7047. De même, en France en 2012, a
été observé l'éclair ayant duré le plus longtemps, soit 7 s 7448, la moyenne étant de
seulement 0,2 seconde49.

Différents types de foudre[modifier | modifier le code]


Éclairs intra et inter-nuages[modifier | modifier le code]
La disposition des charges électriques dans l'orage, telle qu'expliquée antérieurement, crée
des différences de potentiel entre le sommet, le centre et la base de l'orage. Lorsque le
potentiel est suffisamment grand, l'air entre ces différents niveaux n'est plus assez isolant et
un claquage se produit. La foudre alors générée peut se produire entre les différentes parties
du nuage ou entre des nuages voisins.
Comme ces couches sont plus près en général les unes des autres qu'elles ne le sont du sol,
ce genre d'éclairs sera le premier à se produire. À mesure que l'orage prend de l'extension
verticale et que le potentiel augmente, la foudre nuage-sol prendra le dessus sans jamais
être la seule. Le changement de proportion entre le type inter/intra-nuageux et nuage-sol est
donc une indication du stade de développement du cumulonimbus.

Éclair intra-nuageux au-dessus de Toulouse.


Éclair inter-nuageux au Maroc.


Éclairs nuage-sol[modifier | modifier le code]
Il existe deux types de foudre nuage-sol, soit descendant (sommet du nuage vers le sol) et
ascendant (sol vers base du nuage)4 :

 Le type descendant est le plus fréquent mais un basculement de ce type vers le type
ascendant est souvent indicatif de temps violent car le nuage est alors particulièrement
développé ;
 Le type ascendant est le plus fréquent dans le cas de coup de foudre sur des structures
de grande hauteur (tour, pylône). Il se produit également souvent à l'avant du nuage
proprement dit, jusqu'à 40 kilomètres du nuage, lorsqu'il part de l'enclume. Un tel
phénomène peut surprendre les gens qui se pensent à l'abri en voyant l'orage dans le
lointain (un coup de tonnerre dans un ciel serein)50.

Éclair nuage-sol à Alger.


Éclair nuage-sol près d'Issoudun.

Éclair nuage-sol près de Dardilly.


Coup de tonnerre dans un ciel serein.


Foudre en boule[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Foudre en boule.
Gravure du XIXe siècle illustrant le phénomène de foudre en boule.

La foudre en boule, ou foudre globulaire, est un phénomène se produisant parfois à l'impact


(dans de très rares cas, avant). Elle se présente en règle générale sous la forme d'une
sphère lumineuse de taille variable (de l'ordre du centimètre à plusieurs dizaines de
centimètres de diamètre). Les observations rapportent différentes couleurs (blanc, rougeâtre,
parfois jaune, etc.) et une durée de vie très différente selon les cas, mais le plus souvent tout
au plus quelques secondes. Encore aujourd'hui, les connaissances à son sujet sont assez
fragmentaires. Il a été tenté de nombreuses fois de la reproduire en laboratoire, comme selon
la théorie chimique imaginée par les chercheurs néo-zélandais John Abrahamson et James
Dinnis51, sans toutefois apporter d'explication définitive au phénomène. Les premières
« boules de feu » artificielles auraient été créées par des scientifiques brésiliens de cette
façon52 :
1. Un arc électrique créé entre deux électrodes vaporise du silicium pur ;
2. En se refroidissant, le nuage de silicium se contracte ;
3. Le silicium se combine à l'oxygène de l'air. La réaction chimique dégage de l'énergie
donnant une température estimée de 1 700 °C à ces boules de feu qui tournent
généralement sur elles-mêmes juste au-dessus du sol puis disparaissent.
Foudre volcanique[modifier | modifier le code]

L'orage volcanique de l'éruption du mont Rinjani (Indonésie), en 1994.

Article détaillé : Orage volcanique.


Un orage volcanique est un phénomène météorologique résultant de l'apparition de foudre
au-dessus d'une éruption volcanique quand les particules de cendre et de poussière qui sont
expulsées par cette dernière sont projetées à grande vitesse dans une zone d'activité
thermique intense. Elles se frottent rapidement, ce qui les charge en électricité, et les fait
donc accumuler des charges positives ou négatives. La tension des champs
électromagnétiques formés par ces dernières devient progressivement trop forte, ce qui
provoque l'apparition de foudre volcanique53.

Dangers[modifier | modifier le code]


Il y a environ 2 000 orages dans le monde entier à chaque instant. Ces orages produisent
entre 30 et 100 éclairs nuage-sol par seconde ou environ cinq millions d'éclairs par jour54. Les
dommages à travers le monde sont donc importants. Par exemple en France, selon
l'INSERM, il y a de 15 à 25 décès par an liés à la foudre55.
Les dangers de la foudre sont définis par :

 les effets directs (thermoélectriques) : la circulation d'un très fort courant électrique
échauffe la matière et cause des dommages mécaniques souvent très importants, voire
spectaculaires. Chaque année, en France, environ deux millions d'impacts de foudre
sont enregistrés par les systèmes de détection, et près de 250 clochers sont plus ou
moins gravement endommagés par le « feu du ciel » qui provoque également entre
15 000 et 20 000 incendies4 ;
 les effets indirects (électromagnétiques)4 : le courant de foudre induit d'une part une
tension de mode commun (U = R I+ L dI/dt) et un champ électromagnétique d'une
intensité exceptionnelle. Il s'ensuit la génération d'impulsions électriques parasites très
puissantes, qui sont majoritairement en cause dans les dégâts d'après les statistiques.
Ces parasites suffisent en effet à dégrader des matériels électroniques sensibles
(téléviseurs, ordinateurs, etc.) même si l'éclair est éloigné. Si l'éclair est plus proche, le
parasite peut aussi détruire des matériels plus résistants (lampes, moteurs, fours…) ;
 la conduction56 De nombreux animaux craignent instinctivement la foudre, qui est plus
dangereuse pour les animaux au sol que dans les arbres (tant que l'arbre n'est pas lui-
même foudroyé), et tout particulièrement pour les quadrupèdes (par rapport aux
bipèdes). Le foudroiement direct d'animaux (ou de personnes) est très rare, mais la
foudre peut indirectement tuer en frappant à proximité : en effet autour du point d'impact
elle crée un déplacement de charges électriques avec un certain potentiel électrique. Ce
potentiel est plus ou moins important suivant la nature du sol (sa résistivité) et selon la
distance à l'impact. La différence de potentiel (tension) entre deux points est d'autant
plus importante que l'écart est grand entre ces deux points (pour une résistivité donnée).
Plus cette tension est importante, plus un courant intense peut circuler dans un
organisme vivant (électrocution) par les membres en contact avec le sol. Ce phénomène
est appelé « tension de pas », plus élevée pour un grand quadrupède orientée vers le
point d'impact, que pour un être humain57. Ainsi en aout 2016, dans un parc national
norvégien la foudre a tué plus de 323 rennes qui s'étaient regroupés lors d'un orage58.
Si la personne n'est pas tuée ou gravement brûlée, la majorité des lésions cutanées laissée
par la foudre sont superficielles (brûlures ponctuées de points et carbonisations linéaires ou
brûlures de contact induites par des objets métalliques sus-jacents) avec marques de
ramification en feuilles de fougère dites figures de Lichtenberg. Les caractéristiques
histopathologiques de ces figures ont été décrites par Resnik & Wetli, Charles en 199659.
Détection[modifier | modifier le code]

Antennes faisant partie d'un réseau de détection de la foudre en Chine. Ce réseau peut détecter
les éclairs en trois dimensions dans les orages.

Article détaillé : Détecteur de foudre.


Il existe différents systèmes de détection de la foudre :

 le moulin à champ est un instrument de mesure d'un champ électrique statique. En


météorologie, cet instrument permet, grâce à l’analyse du champ électrostatique au-
dessus de lui, de signaler la présence d'un nuage électriquement chargé traduisant
l'imminence de la foudre60,61 ;
 réseau d’antennes réceptrices qui reçoivent le signal radio généré par la décharge.
Chacune des antennes en tire la direction d’où vient la foudre et son intensité.
Par triangulation des directions, on peut ensuite déduire la position54 ;
 système mobile qui n’utilise qu’une antenne directionnelle pour déduire la direction et
l’intensité du coup de foudre pour ensuite déduire la distance par l’analyse de la
fréquence et de l’atténuation de l'amplitude du signal54 ;
 détection par satellite artificiel des éclairs produits par les orages en balayant la zone de
vision pour la détection des flashs lumineux. On utilise pour cela des
satellites géostationnaires comme les GOES et METEOSAT qui se situent à environ
36 000 km de la Terre. À cette distance, on peut négliger l'épaisseur de l'atmosphère et
la position peut être déduite en latitude et longitude directement62.
Les réseaux de détecteurs de foudre sont utilisés par les services météorologiques comme
le Service météorologique du Canada, Météo-France et le National Weather
Service américain pour suivre les orages et prévenir les populations. D'autres utilisateurs
privés et gouvernementaux les utilisent également, dont en particulier les services de
préventions des feux de forêts, les services de transport d'électricité, comme Hydro-Québec,
et les usines d'explosifs.
Le repérage par satellite est en développement, il a un meilleur taux de détection mais les
données sont rapportées à intervalles de 5 à 10 minutes et non en continu. Les systèmes
mobiles sont utilisés par l’industrie du transport aérien à bord d’avions afin de détecter les
orages et de les éviter.
Protection[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Paratonnerre et Parasurtenseur.
Éclair frappant la tour Eiffel en 1902.

La foudre est comme issue d'un générateur parfait de courant. Une des méthodes de
protection est donc de faciliter la circulation des charges électriques vers la terre, au moyen
de conducteurs dédiés.
Le paratonnerre va faciliter le chemin du canal foudre par effet de pointe. Le paratonnerre
sera efficace à condition d'être en présence d'un coup de foudre descendant dont le
précurseur avance par bonds successifs63 ; ce qui est le cas dans 90 % des coups de foudre.
Il est, ensuite, très important d'assurer une continuité électrique de grande capacité jusqu'à
la terre.
Ce procédé ne garantit pas l'interception d'un arc électrique, qui peut tomber juste à
proximité. Pour cette raison, les constructions industrielles sensibles sont équipées de
nombreuses pointes et filins conducteurs. Il est aussi conseillé de réaliser l'interconnexion de
toutes les parties conductrices présentes aux abords (par exemple les conduites d'eau) avec
ce circuit de descente de foudre (s'il reste en bon état).
Un bon dispositif extérieur de protection d'une installation contre la foudre est constitué de
quatre composantes :

1. Un dispositif de capture, qui peut prendre plusieurs formes : fils tendus,


paratonnerres à tige ou paratonnerres à dispositif d'amorçage, conducteurs
maillés… Ces dispositifs doivent être dimensionnés, en fonction du niveau de
protection souhaité, par la méthode de la sphère fictive déduite du modèle
électrogéométrique de la foudre, de manière qu'un impact de foudre se produise
préférentiellement sur le dispositif et non sur l'installation à protéger ;
2. Une bonne liaison équipotentielle de toutes les pièces métalliques du bâtiment
connecté au puits de terre (constitué d'un réseau de conducteurs nus et enterrés, en
contact intime avec le sol), qui doit permettre de disperser « facilement » les
courants dans le sol. Pour ce faire, ces conducteurs doivent présenter une faible
résistance à la terre64, ce qui permet en outre de limiter les surtensions susceptibles
d'apparaître sur les liaisons électriques extérieures qui pénètrent dans l'installation à
protéger ;
3. Des conducteurs de descente, qui assurent la jonction entre le dispositif de capture
et le puits de terre ;
4. Des parasurtenseurs au niveau du tableau électrique principal afin de dissiper toutes
les charges électriques qui pourraient circuler sur le réseau électrique du bâtiment
(entre autres par induction, même sans contact direct avec la foudre) et risqueraient
d’endommager les appareils branchés à l'installation électrique.
Cet ensemble de conducteurs doivent être interconnectés correctement, et durablement.
Toutefois, l'installation d'un paratonnerre ne prend pas en compte les effets indirects de la
foudre sur une installation. La circulation du courant foudre sur les conducteurs du dispositif
génère un champ magnétique impulsionnel intense, qui peut perturber voire détruire certains
constituants de l'installation électrique du bâtiment à protéger. Plusieurs solutions peuvent
être envisagées afin de limiter ces effets :

 éloigner les conducteurs de capture et de descente de l'installation à protéger, puisque le


champ magnétique rayonné par un conducteur est inversement proportionnel à la
distance par rapport à ce conducteur ;
 multiplier ces conducteurs de manière à diviser les courants : on peut réduire ainsi les
niveaux de champs à proximité des conducteurs, et si le courant est bien réparti autour
de l'installation à protéger, on obtient également un certain effet de compensation du
champ magnétique créé par chaque conducteur ;
 augmenter l'atténuation propre à la structure de l'installation, par exemple par une
amélioration de la continuité électrique du ferraillage dans le cas de constructions en
béton armé (soudure des croisements et des chevauchements de fers), de manière à
constituer un meilleur écran électromagnétique ;
 améliorer l'équipotentialité des masses métalliques de l'installation, pour limiter les
différences de potentiels induites, en interconnectant les différents éléments conducteurs
de l'installation (poutres métalliques, conduites d'eau, châssis des armoires et des
équipements électriques…), au moyen de tresses de masse par exemple ;
 apporter un traitement particulier au câblage de l'installation : placer les câbles au plus
près des masses métalliques (poutres par exemple) ou sur des chemins de câbles
métalliques reliés à la masse à leurs deux extrémités, ce qui permet de réduire les
surfaces des boucles de masses et donc les tensions parasites induites aux entrées /
sorties des équipements électriques.
Dans les réseaux électriques, on évite que la foudre tombant sur les lignes électriques ne se
propage à l'intérieur du poste en installant au-dessus des conducteurs électriques de ces
lignes des câbles de garde, qui en plus de leur rôle de support de communication (ils
contiennent des fibres optiques), jouent un rôle de protection contre la foudre. Au-delà de
cette protection primaire, la protection des installations électriques contre les surtensions
produites par la foudre sur les conducteurs actifs des liaisons électriques est réalisée par
l'utilisation de composants parasurtenseurs (parafoudres, éclateurs à gaz,
thermistances, diodes Transil) qui ont pour but de court-circuiter les
impulsions parasites cheminant sur les liaisons électriques en dérivant la majeure partie de
l'énergie de l'impulsion directement vers la terre. Le bon câblage de ces composants est
essentiel à leur efficacité, ainsi que la longueur et la position des câbles, qui jouent en effet
un rôle primordial.
À l'extérieur, les règles de protection individuelles sont en ville de se protéger dans un
bâtiment et en campagne de s'éloigner de tout point culminant (effet de pointe des arbres,
des clôtures) et de ne pas se regrouper (en espace exposé). La voiture, avec sa carcasse
métallique, est une assez bonne protection (effet cage de Faraday). La position la plus sûre,
si on ne peut se mettre à l'abri, est celle de la « boule de sécurité » qui consiste à
s’accroupir, les pieds joints et sans toucher le sol avec les mains65 mais il faut penser à se
séparer des objets métalliques pointus (alpinistes).
Le risque de foudre peut être apprécié par la « règle des 30-30 », selon laquelle il devient
impératif de se protéger contre la foudre si le délai entre éclair et coup de tonnerre est
inférieur à 30 secondes (l'orage est situé à une distance d'environ 10 km), ou si le délai
écoulé après le dernier éclair ou coup de tonnerre est inférieur à 30 min66.
Normalisation en France[modifier | modifier le code]
Le dimensionnement d'un dispositif extérieur de protection foudre des installations est régi
en France par les normes NF EN 62305 et NF C 17-10067, qui proposent une méthode
d'analyse de risque à partir de paramètres tels que la sensibilité d'une installation (présence
de matières dangereuses, risque de panique, etc.) et son exposition au phénomène foudre,
estimée à partir de statistiques de foudroiement de la zone géographique dans laquelle
l'installation à protéger se situe4. Cette analyse aboutit à la détermination d'un niveau de
protection à apporter, et à partir duquel la norme propose un dimensionnement adéquat du
dispositif extérieur de protection de l'installation.
L'analyse de risque proposée par la norme NF EN 62305-268 est beaucoup plus fine, mais
également plus difficile à appliquer, que celle de la norme NF C 17-100. Quant à la norme NF
EN 62305-369, elle propose des solutions plus concrètes et est beaucoup plus exhaustive,
concernant les configurations d'installations, que la norme NF C 17-100.
La norme NF EN 62305-470 permet de prendre en compte les effets de l'impulsion
magnétique créée par un impact foudre sur une installation électrique, contrairement à la NF
C 17-100 qui ne traite que des effets directs.
Les paratonnerres à dispositif d'amorçage (PDA) sont régis par la norme NF C 17-10271 mais
leur utilisation reste très controversée, à cause du manque de démonstrations solides de
l'augmentation du rayon de protection qu'un PDA est censé apporter par rapport à un
paratonnerre classique de hauteur équivalente.
En ce qui concerne les parafoudres à placer sur les liaisons d'alimentation en entrée d'une
installation électrique, se référer à la norme NF EN 61643-1172 pour le choix des
caractéristiques de ces composants et au guide UTE C 15-443 pour des préconisations sur
leur intégration dans l'installation électrique. La norme NF C 15-100 donne quelques
informations à ce sujet, mais renvoie essentiellement à ces deux textes. Les liaisons de
communications entre installations peuvent également nécessiter une protection des
interconnections électriques par parafoudres, régies par la norme NF EN 61643-21.

Énergie[modifier | modifier le code]


Certaines personnes caressent l'espoir de récupérer l'énergie de la foudre pour s'alimenter
en électricité. Une telle récupération de l'énergie des éclairs paraît pour l'instant peu
probable, car non seulement elle nécessiterait la couverture de l'ensemble du territoire par un
nombre immense de paratonnerres, mais surtout elle ne pourrait être que très peu
productive. En effet, un éclair est un phénomène ponctuel dégageant une grande puissance,
mais sur une faible durée. L'énergie en jeu est donc bien faible, comparativement à
d'autres énergies renouvelables par exemple. L'ordre de grandeur de l'énergie de la foudre
est de quelques centaines de kilowatts-heures par choc (environ 280 kWh, en incluant
l'énergie de l'onde rayonnée magnétiquement). Il y a entre un et deux millions de chocs par
an en France. Ainsi, même si toute cette énergie était récupérée et partagée entre les 65
millions d'habitants du pays, chacun obtiendrait une part de l'ordre de 6 kWh/an, soit
l'équivalent de trois heures d'utilisation d'un four ou d'un radiateur électrique.

Armement[modifier | modifier le code]


Un autre projet futuriste est celui de domestiquer la foudre à usage militaire. Pour le moment,
on ne sait si les expériences dans ce domaine ont été vraiment concluantes, et ce pour les
raisons évoquées plus haut.
La fiction est pleine de références sur ce mythe : ex. : la « centrale météo » génératrice de
tempête du jeu Command and Conquer : Alerte rouge 2, l'installation météorologique secrète
souterraine d'Ile de France dans la BD de E. P. Jacobs S.O.S. Météores, Tome 8 des
Aventures de Blake et Mortimer.
Dans la mythologie grecque, le foudre est une arme avec laquelle Zeus lance des éclairs.

Arts[modifier | modifier le code]

La décharge de foudre ; série de peintures des dix héros de Tametomo, par Yoshitsuya Ichieisai —
Japon, années 1860.

Certains photographes, appelés chasseurs d'orages, se sont spécialisés dans les clichés de
foudre.
Foudre est un film écrit et réalisé par Manuela Morgaine entre 2004 et 2012. Il a été
sélectionné au festival de Rotterdam de 2013, et visible dans les salles au printemps 2013.
Entre documentaire et fiction, ce film met en scène quatre saisons différents sens du mot
foudre : celle qui foudroie, celle qui réanime, celle qui engendre une mythologie et enfin le
coup de foudre amoureux73.
Un espace muséographique entièrement consacré à la foudre existait dans le Cantal,
à Marcenat dans le Cézallier, au cœur du Parc naturel régional des volcans d'Auvergne,
mais il a fermé en septembre 2012. La maison de la Foudre avait été créée en 1992 par Alex
Hermant74
The Lightning Field est une œuvre d'art de l'artiste Walter de Maria créée en 1977. Elle se
trouve au Nouveau Mexique aux États-Unis et elle se compose de plusieurs poteaux en
acier. C'est une œuvre de Land art, qui peut donc être frappée par la foudre, ce qui arrive
cependant rarement.