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12 fait mardi 16 novembre 2010 culture MUSÉE. Le Maroc a été élu président du
12
fait
mardi 16 novembre 2010
culture
MUSÉE. Le Maroc a été élu président du Conseil international des musées (ICOM)-Arabe, en la personne de Hassan Ezzaim,
directeur des Villas des Arts, musées et espaces culturels de la Fondation ONA, indique-t-on dans un communiqué de la
Fondation ONA. Ces élections se sont déroulées, lors de la 22è Conférence générale du Conseil international des musées
qui s'est tenue du 7 au 12 novembre 2010 au Centre des Expositions de Shanghaï en Chine, ajoute-t-on de même source.

MORT D'EDMOND AMRAN EL MALEH

Lettres orphelines

Le grand écrivain marocain Edmond Amran El Maleh est décédé hier lundi à l'hôpital militaire de Rabat, à l'âge de 93 ans. Un hommage lui sera rendu ce matin au cimetière juif à Rabat. Au delà de l'inconsolable et immense perte que constitue cette disparition pour le Maroc, c'est surtout la famille de la Littérature et de la Culture en général qui se retrouve orpheline.

et de la Culture en général qui se retrouve orpheline. , Edmond Amran El Maleh sera

, Edmond Amran El Maleh sera inhumé aujourd'hui à Essaouira à 15h00, après un hommage rendu au cimetière juif de Rabat. / MAP.

HOMMAGE. Dans un article intitulé “Edmond Amran El Maleh: cette obsédante question de culture”, paru il y a dix jours dans un quoti- dien de la place, l'auteur et critique littéraire Abdellah Baïda -qui compte parmi les plus proches d'Edmond Amran El Maleh et parmi les connaisseurs les plus avertis de ses œuvres-, après avoir énuméré une liste d'ouvrages d'Edmond

Amran El Maleh, a conclu ainsi son texte: “Ce cher Edmond a encore des car- touches dans sa besace; on entendra certainement reparler de lui”. Entendre reparler d'Edmo- nd, grâce à de nouveaux écrits qui allaient jaillir de ses cartouches en attente dans sa besace, voilà le souhait de tous ceux qui apprécient l'homme affable qu'était avant tout Edmo-

nd El Maleh, mais égale- ment le vœu de tous ceux qui connaissent son œuvre dont la grandeur se mesure à l'aune de l'envergure de son auteur.

Hélas, le destin, ce sort à propos duquel Edmond disait: “Je refuse de me recroqueviller en attendant

le destin!”, en a décidé au-

trement. L'auteur de Mille

ans, un jour (1986), a rendu l'âme lundi 15 novembre 2010, à l'hôpital militaire

de Rabat, à l'âge de 93 ans.

Patriote tal mout

Quand je quitte le Maroc, je me déplace sans me déplacer”.

Edmond El Maleh dans le dernier entretien qu'il a accordé à la MAP.

Voilà un propos qui résume le patriotisme viscéral du défunt, un sentiment jamais démenti. Sa mort constitue donc une perte incommensurable pour

le Maroc, son pays, pour

l'indépendance duquel il

a courageusement milité.
À

propos de son engage-

ment dans la lutte pour l’indépendance, il a raconté récemment cette anecdote très significative:

Un jour de 1965, alors qu'il était déjà fiché en France -pour son passé militant-, avec des mentions comme “nationaliste et agitateur” dans son dossier, Edmond

revient à Paris où il trouve un poste à Sainte-Barbe, dans un établissement ca- tholique. Là-bas, raconte- t-il, le directeur de l'éta- blissement lui posa cette question aussi surprenante que saugrenue: “Monsieur El Maleh, est-ce que vous avez fait quelque chose

contre la France?” Interro- gation à laquelle Edmond répondit: “Absolument pas!” Dans une de ses conversa- tions avec Abdellah Baïda, ce dernier est revenu à la charge en lui reposant la même question. Cette fois, Edmond a répondu par l'affirmative: “Bien sûr! J’ai milité contre la France pour l’indépendance du Maroc.”

Un immense écrivain

Outre son patriotisme, Ed- mond n'en est pas moins un grand écrivain même si, à l'image de Monsieur Jour- dain qui faisait de la prose sans le savoir, il se refuse le qualificatif de “grand écrivain”, expliquant qu'il

était venu à la littérature par “accident” et que, à ce

titre, il ne se considérait

pas comme écrivain

tile de s'attarder là-dessus, Edmond ne convaincra per- sonne sur ce point, et son œuvre littéraire est là pour le contredire. Une œuvre bien particu- lière dans le paysage litté- raire marocain, parce que, selon Abdellah Baïda inter- venant lors d'une rencontre

Inu-

il y a un an sur les écrits du défunt en présence de celui- ci, l'œuvre de Edmond El Maleh “fait fonctionner l’alchimie du verbe pour créer des correspondances entre des univers épars et éparpillés dans le temps et dans l’espace”.

Le mot ou le verbe dans la syntaxe maléhienne est mis en musique de manière à procurer un plaisir à celui qui sait savourer les agencements d’une langue (voire des langues), une esthétique et une musicalité”.

Abdellah Baïda.

Une œuvre abondante aus- si. En effet, outre Mille ans, un jour paru en 1986, Ed- mond El Maleh compte à son actif plus de dix autres ouvrages, dont: Parcours

immobile (1980), Aïlen ou la nuit du récit (1983), Jean Genet, le captif amoureux (1988), Le retour d’Abou

Elhaki (1990), etc. Voilà pourquoi la dispari- tion d'Edmond Amran El Maleh laisse les Lettres et le monde de la culture en général, orphelins et incon- solables. Une perte que ré- sume ainsi la directrice des éditions Le Fennec, Layla Chaouni:

Le Fennec est un

animal merveilleux dans la littérature marocaine”, telle fut la réaction d'Edmond Amran El Maleh aux 20 ans des éditions Le Fennec. Aujourd'hui, je dirai en le paraphrasant, que la littérature marocaine a perdu une part de “ce merveilleux”.

Layla Chaouni, directrice

de Le Fennec.

Bassirou BA

Deux romans marocains nominés pour le prix Booker arabe

LITTÉRATURE. Deux romans

marocains figurent sur la liste annoncée derniè- rement des 16 œuvres arabes, nominées pour le Booker prize arabe. Il s'agit des romans Al

Qaws wa Al Faracha (l'Arc

et le papillon) de Mohamed Achaari et Moaddibati de Bensalem Himmich, selon les organisateurs de ce prix. La liste des nominés pour le prix Booker arabe contient 16 œuvres repré-

sentant, outre le Maroc, l'Algérie, l'Arabie Saoudite, l'Égypte, le Liban, la Libye, le Soudan, la Syrie et le Yé- men. Le prix Booker arabe est décerné annuellement à une œuvre arabe: les six œuvres nominées reçoivent chacune 10.000 dollars alors que le lauréat reçoit 50.000 dollars supplémen- taires. Les premiers prix des trois dernières éditions du “Boo-

ker arabe” pour le roman sont revenus respective- ment aux Egyptiens Bahaa

Taher pour L'Oasis du cré-

puscule et Youssef Zeidan pour Azazil, ainsi qu'au nouvelliste saoudien Abdou

Khal pour Elle lance des étincelles.

Ce prix a été créé en avril 2007 à Abou Dhabi en col- laboration avec le prix Boo- ker britannique et la colla- boration de la Fondation des émirats.

MAP

et la colla- boration de la Fondation des émirats. ■ MAP , Bensalem Himmich, philosophe et

, Bensalem Himmich, philosophe et actuel ministre de la Culture./DR

EN BREF

 EN BREF FILM. Le film Le Portrai- tiste du jeune réalisa- teur Moncef Malzi a

FILM. Le film Le Portrai- tiste du jeune réalisa- teur Moncef Malzi a été présenté, samedi soir, en avant-première à Dar Taqafa à Marrakech avant de faire l'objet d'une tournée nationale. Cette fiction de 90 mn relate l'histoire d'un groupe d'amis confrontés à des situations difficiles et dont la solidarité leur permet de lutter pour vivre et s'impo- ser dans la vie en créant une association d'artistes pour pouvoir exprimer leur bonheur et trouver des formes de communication avec les habitants de leur quartier défavorisé à tra- vers l'art. Licencié comme chef opérateur de l'Ecole supérieure des arts visuels (ESAV) de Marrakech, le jeune réalisateur a réuni une équipe de comédiens de l'ISADAC et de techni- ciens de l'ESAV pour son

premier film Le Portraitiste.

ciens de l'ESAV pour son premier film Le Portraitiste . CINÉMA. L'édification culturelle du cinéma natio-

CINÉMA. L'édification culturelle du cinéma natio-

nal, un ouvrage collectif sur la genèse d'un véritable projet cinématographique national embrassant diverses composantes de la culture nationale, vient de paraître aux éditions du ciné-club d'Imouzzer. Riche de 118 pages, le livre est une compilation des travaux d'un colloque sur la culture populaire dans le cinéma marocain, organisé en 2009 dans le cadre de la 6ème rencontre du cinéma des peuples d'Imouz- zer. Cette publication est la quatrième du ciné-club d'Imouzzer, après celles sur le “patrimoine lyrique en cinéma marocain”, l'“image du marginalisé en cinéma” et les “questions de critique cinémato- graphique au Maroc”.

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