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STUDIO ALIX

L’ART DU PORTRAIT

ÉCRITS DE LUMIÈRE
Ouvrage réalisé par
Christian Raby et Loïc Chauvin

Crédit photographique
Fonds Alix, Bagnères-de-Bigorre

Imprimé par Çava Print, Argenteuil

Écrits de lumière
21, rue Pixérécourt
75020 Paris
contact@ecritsdelumiere.fr
www.ecritsdelumiere.fr

ISBN 978-2-9538669-6-4

© ÉCRITS DE LUMIÈRE – 2018


STUDIO ALIX
L’ART DU PORTRAIT

ÉCRITS DE LUMIÈRE
Le studio Alix, dans ses quatre lieux d’implantation (Bagnères-de-
AR CH É TYP E D U PO RTR AIT Bigorre, Lannemezan, Tarbes et Luchon), enregistre scrupuleusement
les rituels qui scandent les différents âges de la vie. La population des
Hautes-Pyrénées est portraiturée dans les moments importants de
son existence.
Ici, l’organisation des prises de vue reste classique. Les décors peints
apparus dans les années 1880 continuent à meubler le fond de l’image
jusqu’à la fin des années 1960. La pose est normalisée et les rituels
immuables.
Pas de sourire bien sûr, mais aussi peu de regard direct vers l’objectif.
Le regard des modèles est comme méditatif, perdu dans la contem-
plation d’un objet situé généralement à gauche de l’axe de prise de
vue. En fait, le photographe, muni d’un déclencheur souple, se plaçait
debout à côté de la chambre photographique. C’est probablement
lui que le sujet regarde au moment de la prise de vue. Il s’agit ici d’un
des aspects essentiels de l’esthétisation de l’image photographique.
Tout se passe comme si les portraits du studio Alix, grâce à ce regard
décalé, visaient à supprimer de la pose tout indice de la présence du
photographe et de son appareil.
Bien qu’ils magnifient la singularité physique d’une personne, tous
les portraits du studio Alix font entrer l’individu dans une pose qui
confine à l’image conventionnelle, voire à l’archétype. D’ailleurs, la
ligne des regards échappe aussi aux spectateurs que nous sommes et
on ne peut s’empêcher de se demander à quoi pense à cet instant la
personne portraiturée. Ce regard légèrement décalé ouvre vers l’inté-
riorité psychologique de la personne photographiée.

8
Bébé
ca 1940, Bagnères-de-Bigorre, négatif, plaque de verre, 18 x 24 cm

9
Grand-mère avec sa petite fille
1954, Bagnères-de-Bigorre, négatif, plan film, 13 x 18 cm

10
Enfant avec un jouet
1963, Lannemezan, négatif, plan film, 18 x 24 cm

11
Mariage
ca 1945-50, Bagnères-de-Bigorre, négatif, plan film, 13 x 18 cm

14
Mariage
ca 1970, Bagnères-de-Bigorre, négatif, plan film, 18 x 24 cm

15
Portrait de femme
ca 1930, Bagnères-de-Bigorre, négatif, plaque de verre, 13 x 18 cm
Le détourage du sujet est réalisé sur le négatif avec de l’opaquo,
petite crème passée côté émulsion ou parfois côté verre.

18
Fillette
1935, Bagnères-de-Bigorre, négatif, plaque de verre, 13 x 18 cm
La technique du sfumato, utilisée ici, crée un flou de premier plan qui fait
ressortir le sujet. Il était obtenu grâce à un « balingard ». Cet instrument
était constitué d’une tige fixée à l’appareil photo qui supportait un carton
dentelé à une courte distance de l’objectif.

19
Enfant en costume marin
1931, Bagnères-de-Bigorre, négatif, plaque de verre, 13 x 18 cm

22
Petit poulbot
1938, Bagnères-de-Bigorre, négatif, plaque de verre, 13 x 18 cm

23
Groupe de danseuses
ca 1960-65, Bagnères-de-Bigorre, plaque de verre, 13 x 18 cm

32
Accordéoniste de l’orchestre Brasilia
ca 1950, Bagnères-de-Bigorre, négatif, film, 6 x 6 cm

33
Le fonds Alix est l’exemple rare d’un studio photographique qui a opéré tout au
long du XXe siècle dans une région de montagne française. Les trois générations de
photographes de la famille Eyssalet ont constitué une mémoire visuelle unique des
Hautes-Pyrénées. Les près de 700 000 photographies conservées à Bagnères-de-
Bigorre retracent sur cent ans l’évolution de la région.
L’originalité du studio Alix réside dans la grande diversité de son activité. Aux portraits
réalisés en studio succèdent les prises de vue de paysages pyrénéens avec les activités
pastorales et rurales et, dès le début des années 1930, les photos de sports d’hiver.
Viendront ensuite la photographie industrielle ou publicitaire, puis les reportages
pour la presse. Sans oublier la réalisation et la vente de cartes postales.
Mais, au début du XXe siècle, la réalisation de portraits constitue l’essentiel de l’activité
du studio Alix. Dans un premier temps, ces portraits sont réalisés en studio devant des
fonds peints représentant un décor d’église ou de château. Les opérateurs enregistrent
scrupuleusement, au fil des années, les rituels qui scandent les différents âges de la
vie : naissance, communion, conscription, mariage…
Mais, ils réalisent aussi des portraits hors du studio traditionnel : portraits de person-
nages pittoresques des montagnes pyrénéennes, portraits d’artistes venus pour un
spectacle au casino, de maquisards lors de la libération de Tarbes ou même photos
d’identité sous le régime de Vichy.
Avec cet ouvrage, nous avons voulu rendre hommage à cet aspect particulier de
l’activité du studio Alix et à la qualité du travail de ses photographes.

ISBN 978-2-9538669-6-4

9 782953 866964
13 € TTC