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Chapitre 8 - GESTION TECHNIQUE ET FINANCIERE DU

MATERIEL UTILISE SUR LES CHANTIERS


1 / Introduction.
Le matériel représente entre 10 et 15 % du prix de vente hors taxes d'un gros chantier de
bâtiment. L'entreprise utilise du matériel de plus en plus performant, et face à la concurrence, il
est nécessaire d'optimiser les coûts liés à l'utilisation de ce matériel.

2 / Classification du matériel.
La Fédération Nationale des Travaux Publics a établi, avec le concours des fournisseurs
intéressés, un répertoire des principaux matériels de Génie civil , dans un recueil intitulé :
Méthode pour la détermination des charges d'emploi des principaux matériels de génie civil
Le but de ce guide est de déterminer les coûts d'exploitation du matériel pour pouvoir calculer
son incidence dans l'établissement des prix de vente des ouvrages élémentaires. Le matériel est
réparti entre 20 classes distinctes, chaque classe étant elle-même divisée en catégories. Chaque
catégorie est à son tour subdivisée en groupes, puis sous-groupes.

CLASSE DESIGNATION DU MATERIEL 11 Matériel ferroviaire

1 Matériel d'alimentation en eau et épuisement 12 Matériel d'atelier mécanique

2 Matériel de battage et d'arrachage 13 Matériel d'atelier bois

Matériel pour la production d'air comprimé et 14 Baraquements


3
travaux d'abattage
Matériel de topographie, de mesure et de
15
4 Matériel de terrassement télécommunication

5 Matériel de transport routier Matériel flottant pour travaux fluviaux, matériel


16
de plongée

6 Matériel de levage et de manutention


Matériel flottant pour travaux maritimes,
17
Matériel pour la construction et l'entretien des matériel de plongée
7
routes et pistes d'aviation
Matériel de sondage, forage, fondations spéciales
18
8 Matériel de concassage, broyage et criblage et injections

Matériel pour la fabrication, le transport et la 19 Matériel spécial pour la pose des canalisations
9
mise en place des bétons, mortiers et enduits
20 Matériel pour travaux souterrains

Matériel de production, de transformation et de


10
distribution de l'énergie

Exemple de classification
Pour le matériel de fabrication, le transport et la mise en place des bétons, mortiers et enduits : Cat 9

Catégorie 91 : Fabrication des bétons


Groupe bétonnière avec moteur électrique
Sous-groupe mobile à tambour basculant sans chargeur
Sous-groupe mobile à tambour basculant avec chargeur
Sous-groupe mobile à tambour horizontal et chargeur basculant
etc….
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3- Nécessité du parc de matériels de l'entreprise.

3.1 Approvisionnement des chantiers.


Pour approvisionner un chantier en matériel, on a trois solutions possibles :

1. Procéder à un recensement des besoins en matériel pour l'ensemble des chantiers et investir
dans du matériel commun.
2. Louer à une société extérieure le matériel dont on a besoin.
3. Acheter un matériel pour une opération donnée, sachant que cette dernière devra supporter
l'intégralité des frais liés à son achat et à son utilisation

La première solution débouche sur la création d'un parc de matériel au sein de l'entreprise qui permet :

D'établir une liste du matériel par catégorie, caractéristiques, quantités, et date de mise en
service.
De définir une politique d'investissement et des moyens de financement
De définir une politique de renouvellement du matériel, basée sur des durées de vie et des
notions d'amortissement.
D'assurer le suivi, l'entretien courant, les réparations en fonction des fréquences propres
à chaque catégorie de matériel.
D'établir un planning général d'utilisation du matériel en fonction, des périodes
d'immobilisations pour entretien, des périodes de transferts entre chantiers
D'optimiser le prix de revient d'utilisation.
D'assurer le transport, l'installation, l'adaptation du matériel sur le chantier et son
rapatriement au parc de matériel.

L'approvisionnement des chantiers en matériel est assuré en général par le service matériel qui en
contrepartie perçoit une prestation de location, versée par le conducteur de travaux, en fonction de la
durée d'utilisation, basée sur une échelle calendaire à raison de 30 jours par mois.
Cette méthodologie débouche en général sur l'application d'un barème de location interne à
l'entreprise.
Le gestionnaire du parc précise dans son barème les conditions de prestation et les limites
d'intervention du personnel du dépôt sur le chantier.
Le conducteur de travaux, qui est le seul responsable de son budget de chantier, peut faire appel à la
deuxième solution, c'est à dire à la location externe, si les conditions de locations internes ne lui sont
pas favorables.
Exemples :

Coût de location trop cher

Matériel non disponible ou pas assez puissant.

Délais de mise à disposition trop long …. etc…………..

Enfin dans le cas où il faut envisager un matériel bien spécifique, pour un chantier donné, le
conducteur de travaux a toujours la ressource de procéder à l'achat d'un matériel, qui reste alors
la propriété du chantier, et qui devra être amorti sur ce chantier. Dans certains cas, le matériel
peut être racheté par le parc matériel en occasion.

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4 / Conditions de remplacement du matériel, notions d'amortissement.

La gestion du matériel prend en considération 2 critères :


Un critère comptable.
Le matériel fait partie du patrimoine de l'entreprise en tant qu'actif immobilisé ; la valeur de cet
actif diminue au fil des années. La durée à l'issue de laquelle cette valeur est considérée comme
nulle ,ne constitue pas la durée de vie. Le calcul de la perte de valeur constitue " l'amortissement
comptable ".
Critère de longévité technique.
La longévité est la durée pendant laquelle un matériel travaillant dans des conditions " normales "
selon ses caractéristiques moyennes et dans le temps normal ouvrable peut être utilisé dans les
meilleures conditions de productivité. Suivant ce critère le matériel doit être remplacé :
Lorsqu'il ne permet plus un rendement suffisant sur chantier. Lorsque les frais de réparation
deviennent trop importants pour le maintenir en état. La longévité technique est donc limitée par
l'usure et par l'obsolescence du matériel.
 
L'amortissement fiscal peut prendre 2 formes différentes :

4.1) Amortissement linéaire. Le taux annuel pris en compte dans la comptabilité générale de
l'entreprise est constant pendant la période de longévité.
Exemple : Une grue automotrice sur pneus de 40 tonnes est fiscalement amortissable sur une
période de 8 ans. Le taux d'amortissement linéaire est de 100% / 8 ans = 12.5 % Les 12.5 % étant
appliqués chaque année sur la valeur de départ du matériel.

4.2) Amortissement dégressif. Chaque année on amortit une part décroissante du montant total
à récupérer. Le taux annuel se calcule à partir du taux linéaire, en fonction de la longévité, et on
applique un coefficient de correction.
Exemple : Pour la grue automotrice de 40 tonnes, on applique un coefficient de correction de 2.5
(longévité > 6ans ), sur l'amortissement linéaire de 12.5 %, on obtient 31.25 %. Les 31.25 %
s'appliquent sur la valeur résiduelle en début d'exercice., puis( 100%-31,5%/7ans)x2,5 = 24,2% la
seconde année ; (100-55,7)/6)x2,5 =18,4% etc…

5 Incidence du coût d'un matériel dans l'étude de prix.

Pour permettre l'introduction du coût d'utilisation d'un matériel, il convient de procéder à l'étude
de différents frais.
5.1 Incidence des frais fixes à partir du guide de la F.N.T.P.
L'amortissement d'un matériel doit permettre de récupérer l'équivalent de la perte de valeur du
matériel (vieillissement, détérioration, dégradations,...etc....). Amortir ce n'est que récupérer la
valeur perdue, de sorte que la somme de la valeur restante et de l'amortissement réalisé, soit
constamment égale au capital investi (dépréciation monétaire incluse).
L'amortissement total réalisé doit à chaque instant, et surtout lorsque le matériel est bon pour la
réforme, rendre possible l'achat d'un matériel neuf équivalent :

Vt = Vo x Im = Vr + P
Vo Valeur initiale du matériel à la date de parution du guide ( 01 / 01 / 1996 )
Im Indice de variation de prix obtenu dans " Le Moniteur " (édition annuelle, voir 2011)
Vr Valeur résiduelle du matériel au bout d'un temps t
Vt Somme qu'il faut investir pour obtenir un engin présentant des caractéristiques
équivalentes au bout d'un temps t d'utilisation.

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P Provision pour amortissement des frais fixes du matériel.

5.11 Définitions
Valeur Vo : Valeur initiale du matériel à la date de parution du guide ( 01/01/1996) col. 6 du guide).
La longévité T : Durée calendaire pendant laquelle un engin travaillant normalement selon
ses caractéristiques moyennes et dans le temps normal ouvrable, peut être utilisé dans les
meilleures conditions de productivité est exprimé en nombre d'années. Les frais de gros
entretien doivent rester dans un domaine acceptable (colonne 4 du guide).
Durée de mise à disposition théorique Dith : Durée de mise à disposition du matériel sur
les chantiers. C'est la durée calendaire (7 jours par semaine, 30 jours par mois, 360 / an)
Durée réelle de mise à disposition des chantiers Dir : En réalité la durée théorique n'est
jamais appliquée car le matériel peut être immobilisé, pour des réparations, ou pendant les
périodes de transfert. On minore Dith par un coefficient U dépendant de la nature de l'engin.
Durée réelle d'utilisation sur chantier Du : Période effective d'utilisation sur le chantier
(5 jours par semaine ou 40 heures, 21 jours par mois ou 170 heures, 250 jours par an
ou 2000 heures).
5.12 Pourcentage de frais fixes liés à l'achat du matériel= Cij
Cas d'une Location interne à l'entreprise
Il convient dans ce cas de ne tenir compte que de l'effet d'amortissement n car les frais
financiers liés aux achats de la société sont inclus dans les frais généraux. Pour obtenir
l'incidence de ces charges sur une journée il suffit de diviser la valeur Ci par la durée réelle de
mise à disposition du chantier : Dir
xxx
Cas d'une location extérieure à l'entreprise Cij
Pour obtenir l'incidence de ces charges sur une journée il suffit de diviser la valeur Ci par la
durée réelle de mise à disposition Dir.
xxx
513 Pourcentage de frais fixes liés au gros entretien prévisionnel = Ce
Pour une année Ce = m en %
xxxx

Le cout jour = Lj = ΣCoûts journaliers liés aux frais fixes (Cij+Ce)

5.2 Incidence des frais variables (FV).

5.21 Frais liés à l'entretien courant.


L'annexe A du répertoire de la F.N.T.P. permet de déterminer la frontière entre les grosses
réparations et les réparations courantes. L'importance et la fréquence de ces dernières variant
avec le type de matériel, il est donc difficile d'établir des règles types. Cette part de dépenses
est évaluée à partir des statistiques d'entreprise ou les statistiques des fournisseurs et
s'applique sous forme de charges journalières en €/ j.

5.22 Frais liés à la conduite.


Les frais de personnel dépendent de la qualification de ce dernier. Il faut bien sûr tenir compte
des charges salariales et des primes ainsi que de l'incidence éventuelle d'heures supplémentaires
( voir cours sur déboursés horaires).Ces frais s'expriment également en €/ j.

5.23 Frais liés aux matières consommables


Les consommations en carburants et en lubrifiants sont fonction de la nature des travaux de la
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puissance des engins et des conditions de travail. Ces consommations sont indiquées sur les fiches
d'identification technique de l'engin. A défaut de valeur plus précise on peut admettre comme
valeur :

160 à 180 grammes par cheval et par heure (1 cheval vapeur = 736 Watts)
130 grammes par cheval et par heure pour du terrassement lourd
110 grammes par cheval et par heure pour des engins évoluant sur piste (niveleuse, tombereau..)
Le lubrifiant représente 1 / 10ème des dépenses en carburant détaxé.
La masse volumique du fioul étant de 0.83 Kg / l.

5.3 Calcul du prix de revient journalier d'un matériel


Le calcul du prix de revient à la journée d'un matériel est égale à la somme des termes suivants
majorés par les coefficients pour frais de gestions FP .
Lj = Coûts journaliers liés aux frais fixes
FV = Coûts journaliers liés aux frais variables
FP = Frais pour la gestion du parc à matériel en % de Lj et FV

Le prix de revient jour =PR = Lj + FV + FP

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Chapitre 9- La Revalorisation des Marchés Publics et Privés

1. Principes généraux

1.1. Indexation

Le prix d’un marché P0 est établi sur la base économique de la remise de l’offre à un instant T = 0.
Un temps plus ou moins important peut s’écouler entre le moment où l’on propose le coût
prévisionnel d’un ouvrage et son exécution concrète.
Si l’on veut tenir compte de l’incidence dans le temps des variations des conditions économiques,
le marché doit prévoir l’application d’une indexation sous la forme :
P = Po x C
C : est un coefficient qui dépend de la structure de formule représentative de la prestation
P : est le nouveau prix obtenu à partir du prix P0 établi à l’instant T=0.
Deux modalités d’indexation peuvent être retenues pendant le chantier :
Dans un marché les prix peuvent être fixés suivant 2 bases :

L’actualisation permet de modifier les prix lorsque le démarrage des travaux a lieu au-delà de
3 mois après la remise de l’offre. l’actualisation ne se déroule qu’une fois au cours d’un chantier.

La révision permet de modifier les prix lorsque le démarrage des travaux a lieu avant ou après
3 mois de la date de remise de l’offre et si la durée de travaux est supérieure à 3 mois. La
révision s’ajuste à chaque situation mensuelle au cours d’un chantier.

Les formules d’actualisation et de révisions s’appliquent à partir d’index «TP» et «BT» qui
paraissent tous les mois dans la revue «LE MONITEUR» ou la revue du CERBTP (la Réunion) avec
un décalage de 3 mois. En fonction de la date de démarrage des travaux et de leurs durées il
convient d’appliquer les principes suivants :

De = durée de la phase d’études Exemples : Terrassements BT02  béton armé 


BT06  carrelage BT09  travaux souterrains TP05 
Dt = durée de la phase travaux travaux d’enrobés TP09, etc. 

RO = Date de la remise de l’offre

OS = Date de l’ordre de service correspondant au démarrage effectif des travaux

1.2. Variation des prix

Si un délai inférieur à 3 mois s'est écoulé entre la date de Remise de l'Offre (R0) et l'Ordre
de Service (OS) et si les travaux ne durent pas plus de 3 mois les prix sont fermes et non
révisables.

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Si un délai inférieur à 3 mois s'est écoulé entre la date de remise de l'offre (R0) et l'ordre de
service (OS) et si les travaux durent plus de 3 mois, les situations mensuelles sont révisées par
des index officiels "BT" ou "TP".

Si un délai supérieur à 3 mois s'est écoulé entre la date de remise de l'offre (R0) et l'ordre de
service (OS) et si les travaux ne durent pas plus de 3 mois les prix sont actualisés à la date de
démarrage des travaux par des index officiels "BT" ou "TP".

Si un délai supérieur à 3 mois s'est écoulé entre la date de remise de l'offre (R0) t l'ordre de
service (OS) et si les travaux durent plus de 3 mois les prix sont actualisés à la date de
démarrage des travaux et les situations mensuelles sont révisées par des index officiels "BT"
ou "TP".

2. Formules d'actualisation

2.1. -Marchés publics


Exemple : Marché privé de travaux d’ossature 
La formule d’actualisation s’établit de la façon suivante : métallique ‐Montant HT signé au marché au 2 fevrier 
2011 : 344 800 € ‐ Index BT 07 
Début des travaux fixé par l’ordre de service au 16 
aout  2011 
Im = 703,5 
P = Prix actualisé Im0 = = 697,6 
Montant des travaux réactualisé au 16 aout 2011  
P0 = Prix initial à la remise de l’offre P =344800 x (703,5/697,6)= 347 716€ 

Im = Valeur de l’index «BT» ou «TP» pour le mois de l’actualisation

Im0 = Valeur de l’index «BT» ou «TP» du mois de la signature du marché

Les indices «BT» ou «TP» sont fonction de la nature des travaux.

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2.2. Marchés privés

Il n’existe aucune réglementation en matière d’actualisation des marchés privés sauf stipulations
indiquées dans l’article 6.4 de la norme NFP 03-001. Toutefois si une clause actualisation est
prévue dans le marché, celle-ci se calculera comme pour les marchés publics.

3. Formules de révisions

3.1. Marchés publics

Lorsque l’on révise les prix, l’entreprise a déjà engagée certains frais (installation de chantier,
mise à disposition de matériel lourd, frais d’études, etc…) au cours de la période de préparation
de chantier. Il n’y a pas donc lieu de réviser cette partie de travaux et c’est la raison pour laquelle
la formulation comporte une partie fixe de 12.5 %
La formule de révisions s’établit de la manière suivante : Exemple : Marché public d’étanchéité 
multicouche signé le 1 Février 2011, montant 
HT des travaux : 361 000 € ‐ BT 53  
Démarrage des travaux le 29 Mars 2011, 
durée des travaux 4,5 mois. 
Situation au 28 Avril 2011 :35 % des travaux 
réalisés  
Pr = Prix révisé Im = 157,3 
Im0 = 155,5 
P0 = Prix initial à la remise de l’offre ou prix actualisé Montant de la situation au 28 Avril 2011  
Pr =361 000x(0,125+0,875(157,3/155,5))x0,35 
=  364656x035 = 127 62970€        
Im = Valeur de l’index «BT» ou «TP» pour le mois de révision

Im0 = Valeur de l’index «BT» ou «TP» du mois de la


signature du marché ou à la date d’actualisation

3.2. Marchés privés

Les formules sont établies au choix. Depuis l’arrêté n°80-64/A du 13 Août 1990, les parties
contractantes peuvent définir librement leurs formules de révisions, sans obligation de conserver
des parties fixes.

1er cas formule sans partie fixe 2ème cas formule avec partie fixe

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