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La protection civile...

Revue N° 19
SOMMAIRE
UNE ORGANISATION

02
ADMINISTRATIVE ET
OPERATIONNELLE
EDITORIAL DYNAMIQUE ET ADAPTÉE
AUX EXIGENCES DE L’HEURE

03
VISITES AUX STRUCTURES CENTRALES ET
LOCALES DE LA PROTECTION CIVILE
LE MINISTRE D’ETAT DONNE LE TON
ET MONTRE LA VOIE…
AGENDA

10
LUTTE CONTRE LES FEUX DE FORETS
Publication Bimestrielle ET SURVEILLANCE DES PLAGES ET
Editée par BAIGNADES
la Direction Générale ACTUALITÉ POUR UNE PRESENCE PLUS
SECURISANTE
de la Protection Civile

14
UNITE SECONDAIRE DE CHELGHOUM LAID
AU COEUR DE L’ACTION
OPERATIONNELLE
DIRECTEUR VIE EN
CASERNEMENT
DE LA PUBLICATION

16
INCENDIE DES BATIMENTS D’HABITATION
L. EL-HABIRI CE QU’IL FAUT SAVOIR POUR S’EN
PROTEGER
DIRECTEUR DOSSIER
DE LA RÉDACTION PREVENTION

25
S. LAMINE
RISQUE INDUSTRIEL EN ALGÉRIE
UNE PREOCCUPATION,
PHOTOS RÉALISÉES DANGEREUSEMENT, MINOREE
Par la Cellule Audiovisuelle
DOSSIER
COUVERTURES INTÉRIEURES PREVENTION

34
Par la DPC de Mila
ACTUALITÉ OUVERTURE DE LA SAISON
ESTIVALE A ORAN
SIÈGE SOCIAL LE WALI APPELLE AU SENS
CIVIQUE DES CITOYENS
5,rue Ahmed kara
le paradou - Hydra

38
Tél.: (213) 021 600 109 GESTION DES CATASTROPHES
MAJEURES EN MEDITERRANEE
Fax : (213) 021 549 863
L’EXPERIENCE ALGERIENNE
COMME REFERENCE
BRÈVES
Conception et

39
Création Graphique ÉVÈNEMENT
LES CARAVANES MÉDICALES DE LA
ANEP Communication PROTECTION CIVILE
OU LA VOLONTE DE VAINCRE LES
et Signalétique DISTANCES ET L’ENCLAVEMENT
Tél.: (213) 023 535 324 - 535 378

44
Fax : (213) 023 535 359 Evènement
TOURNOI PROFESSIONNEL NATIONAL sportif
INTER UNITES
PRÉ-PRESSE LE SPORT ADAPTE REPREND
SES DROITS
ET IMPRESSION
Imprimerie ANEP

48
Evènement LE PREMIER CHALLENGE NATIONAL
Tél.: 021 813 101/02 sportif DU SPORT ADAPTE AU METIER D’AGENT DE LA
021 812 112 PROTECTION CIVILE
Fax: 021 811 804 UTILITARISME OBLIGE…
Editorial

EDITO UNE ORGANISATION ADMINISTRATIVE


ET OPERATIONNELLE DYNAMIQUE ET
ADAPTÉE AUX EXIGENCES DE L’HEURE

L es changements profonds et multiformes que le secteur de la


Protection civile a pu connaître depuis le début de ce troisième
millénaire, à la faveur de la mise en œuvre des différents programmes
de développement initiés par les pouvoirs publics, se sont traduits sur
le terrain par le renforcement aussi bien quantitatif que qualitatif de ses
capacités de riposte, grâce à l’implantation d’un nombre impressionnant
d’unités d’intervention et à l’extension de sa carte opérationnelle, lui
permettant ainsi de recouvrer sa vocation de service public de proximité,
assurant des prestations égales pour tous, par la consolidation de sa
force de frappe, favorisée par l’acquisition d’équipements et de matériels
individuels et collectifs modernes et adaptés ainsi que par l’augmentation
appréciable de ses effectifs, rendue possible consécutivement à l’octroi
de postes budgétaires en rapport avec les exigences en moyens humains
induites par l’importance du volume de travail que requièrent la diversité
... il était tout et la complexité des missions échues.
à fait logique A cela s’ajoute, bien évidemment, l’opportunité offerte au secteur
d’accompagner ces changements par la mise en place d’une séries de
d’accompagner mesures et d’initiatives allant dans le sens de l’optimisation du rendement
ses mutations de ses effectifs et de leur efficacité dans la prise en charge des missions
et d’œuvrer au de secours et de sauvetage que ce soit en temps normal ou bien en
situation d’urgence ou de catastrophe ; se traduisant par le choix de la
parachèvement spécialisation au dépend de la polyvalence ayant longtemps prévalu,
de l’édifice comme en témoigne la création d’entités spécialisées telles que les équipes
réglementaire de sauvetage-déblaiement, les détachements de renfort aux premières
interventions (DRPI), les colonnes mobiles de lutte contre les feux de
en question par forêts, les brigades cynotechniques, les groupes de reconnaissances
la consécration et d’intervention en milieux périlleux (GRIMP), le groupement aérien, les
d’une équipes de plongeurs et hyperbaristes…
organisation Sur le plan réglementaire, l’on ne peut passer sous silence l’acquis
administrative et majeur que le secteur a pu engranger du fait de l’adoption et de la
promulgation du nouveau statut particulier applicable aux agents de la
opérationnelle Protection civile et par le truchement duquel leur dur et noble métier a
à même de pu être, enfin, valorisé et justement apprécié en fonction de sa difficulté
répondre et des périls encourus, tant pour ce qui concerne l’évolution dans la
carrière que pour la promotion, la rémunération, la retraite ou la protection
efficacement aux socioprofessionnelle.
impératifs induits Dans ces conditions, il était tout à fait logique d’accompagner ses
par l’ensemble mutations et d’œuvrer au parachèvement de l’édifice réglementaire
de ces en question par la consécration d’une organisation administrative et
opérationnelle à même de répondre efficacement aux impératifs induits
développements. par l’ensemble de ces développements et par voie de conséquence, de
satisfaire pleinement aux besoins de la société en termes de prise en
charge des préoccupations liées à sa sécurité et à la préservation de ses
biens et de son environnement.
Un objectif que la Direction Générale de la Protection Civile s’attèle à
concrétiser en proposant un nouvel organigramme dynamique et conforme
aux exigences de l’heure ainsi qu’aux attentes et espoirs des pouvoirs
publics et des citoyens, en lieu et place de l’ancien, devenu obsolète et
un frein à toute perspective de développement réel.

2 EL-HIMAYA N°19
Agenda

Inauguration de l’Unité El-Akid LOTFI

VISITES AUX STRUCTURES CENTRALES


ET LOCALES DE LA PROTECTION CIVILE
LE MINISTRE D’ETAT DONNE LE TON
ET MONTRE LA VOIE…

INAUGURATION DE L’UNITÉ accompagné du premier a mis en place un imposant


EL AKID LOTFI responsable de l’institution, dispositif d’accueil, agrémenté

I ncontestablement pour le le colonel M. El-Habiri, a eu à par la présence remarquée


secteur 2014 est une année inaugurer l’Unité secondaire de la fanfare qui a su donner
faste puisque ponctuée par El-Akid Lotfi, au niveau de à cet événement toute la
trois évènements marquants la commune d’Ain El-Turck, solennité ainsi que la ferveur et
ayant eu pour dénominateur relevant de la daïra d’Oran. l’enthousiasme qu’il mérite.
commun les visites du ministre Le Directeur général, Après avoir passé en revue le
d’Etat, ministre de l’Intérieur accompagné du Ministre détachement de la Protection
et des collectivités locales aux d’Etat et du Wali, saluant les civile qui lui a rendu les
structures de la Protection troupes après la cérémonie honneurs et écouté l’allocution
civile tant locales que centrales, d’inauguration. de bienvenue prononcée
respectivement à Oran, en date Une nouvelle infrastructure par le Directeur de wilaya, le
du 27 mars 2014, à Alger, au pourvue en moyens matériels et ministre d’Etat s’est intéressé
siège de la Direction Générale, humains conséquents qui vient aux explications se rapportant
le 22 avril 2014 et à Sétif, en renforcer la carte opérationnelle à l’activité opérationnelle au
date du 27 mai 2014. d’El-Bahia. niveau de la wilaya qui lui furent
Au cours de la première fournies ainsi qu’à celles liées
Pour l’occasion, le Directeur
visite, notre ministre d’Etat, au volet relatif à la formation
de Protection civile de la wilaya
et à la formation continue ;

EL-HIMAYA N°19 3
Agenda

thèmes à propos desquels il humaine en lui offrant l’accent sur l’obligation de


n’a pas hésité de faire part de l’opportunité de se former et s’ouvrir sur le monde à l’effet
ses réflexions et orientations, de se recycler tout au long de de permettre aux effectifs de
particulièrement en ce qui la carrière professionnelle. s’assurer la maîtrise parfaite
concerne la réduction des Le ministre d’Etat, insistera des outils, équipements et
délais d’intervention, une des également sur la nécessité de techniques modernes, tout
préoccupation majeure des maintenir le cap et de renforcer en exprimant son entière
secouristes ainsi que sur la le travail de formation des disponibilité à aider le secteur
nécessité de privilégier et citoyens dans le secourisme à aller de l’avant.
de promouvoir la ressource de masse avant de mettre

HOMMAGE A LA
PROTECTION CIVILE…
« La Protection civile algérienne a prouvé son efficacité à l›échelle
internationale, a déclaré à Oran, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et
des Collectivités locales, M. Tayeb Belaïz.
«L’efficacité de la Protection civile algérienne a été démontrée dans tous
les pays où elle a été sollicitée», a indiqué le ministre d’Etat en marge de
la cérémonie d’inauguration d’une nouvelle unité secondaire, implantée au
niveau du quartier «El-Akid Lotif», à l’Est de la ville d’Oran.
«Le fait que l’aide de la Protection civile algérienne soit à chaque fois
sollicitée dans nombre de pays affectés par une catastrophe naturelle
majeure, constitue une preuve du professionnalisme qu’elle ne cesse de
faire prévaloir», a souligné M. Belaïz.

…ET ENGAGEMENT
DU MINISTRE D’ETAT
Le ministre d’Etat a fait savoir que son département «est pleinement
engagé dans le sens de la consolidation de la formation des agents
et cadres de la protection civile». Il a précisé dans ce contexte que de
nouveaux programmes de perfectionnement sont envisagés tant en Algérie
qu’à l’étranger pour les faire bénéficier des spécificités techniques des
domaines d’excellence de chaque pays».

4 EL-HIMAYA N°19
Agenda

intérêt particulier du ministre d’Etat au travail dynamique


effectué au niveau du CENAC

VISITE DU SIÈGE DE LA ses cadres qui ont exposé, cha- Concernant l’ancien organi-
DIRECTION GÉNÉRALE DE cun pour ce qui le concerne, les gramme, d’emblée, notre minis-
LA PROTECTION CIVILE missions dont sa structure a la tre d’Etat n’a pas manqué de re-

L ors de cette seconde vi- charge qu’il s’agisse des effec- lever son caractère caduque au
site, la première du genre tifs, de la formation, des infras- regard des profondes mutations
au siège de la Direction gé- tructures, des équipements ou que la société a pu connaître,
nérale de la Protection civile, encore de l’ancien et du nouvel plaidant pour sa révision en
le ministre d’Etat, ministre de organigramme projeté et des profondeur.
l’Intérieur et des Collectivités objectifs que le secteur entend
atteindre. Pour ce qui est de la seconde
locales, accompagné d’une im- présentation relative à la pré-
portante délégation, composée Le ministre d’Etat qui s’est
vention ; là, également, le mi-
de nombreuses personnalités montré très attentif aux ex-
nistre d’Etat a montré un vif in-
dont entre autres, messieurs posés présentés et explica-
térêt pour les explications qui lui
le Secrétaire général du MICL, tions fournies par les uns et les
le Général-major, Directeur gé- autres n’a pas moins déconcer- étaient données, formulant, au
néral de la Sûreté nationale, le té et surpris l’auditoire par ses passage, ses vues et réflexions
wali d’Alger et le Président de connaissances pointues et ses au sujet de cet important volet
l’Assemblée populaire commu- jugements parfaitement avisés d’activité auquel il faudrait ac-
nale d’Hydra, a été convié à une sur l’ensemble des questions corder la plus grande attention
visité guidée l’ayant mené, tour abordées, comme peuvent en à l’effet d’en assurer le déve-
à tour, du salon d’honneur où il témoigner les répliques et ques- loppement et ce, afin de mieux
eut droit à une présentation glo- tions qu’il eût à donner ou à po- appréhender les tâches et mis-
bale de l’institution, animée par ser à ses interlocuteurs. sions assignées.

EL-HIMAYA N°19 5
Agenda

Il en fut de même pour ce qui passage obligé vers l’actuali- milles de ces régions éloignées,
concerne les explications four- sation et le développement des ont constitué des initiatives loua-
nies à propos du schéma pré- connaissances liées au domaine bles qu’il entend, aujourd’hui
sentant le plateau d’exercices de de la défense civile. pérenniser en leur redonnant vie
mise en condition (plateau techni- Quant à la présentation rela- et droit de cité.
que) que les services de la Direc- tive aux secours médicalisés et Pour ce qui a trait au domaine
tion Générale entendent mettre à l’organisation de campagnes lié aux investissements d’équi-
en place à Bouira dans le cadre de formation des citoyens au se- pements, d’infrastructures et de
du plan quinquennal 2015/2019 courisme de masses, le ministre dotations budgétaires, le ministre
et pour lequel la DGPC sollicite a réellement apprécié les efforts d’Etat, s’est montré très sensible
l’appui du ministère de tutelle en déployés dans ce sens, mettant aux problèmes soulevés par les
vue de son inscription. L’intérêt l’accent sur sa dimension socié- retards accusés dans la réalisa-
qu’il représente pour la forma- tale incontestable et prônant son tion des projets et des entraves
tion pratique et adaptée de l’en- renforcement par le passage à la au développement du secteur
semble des effectifs pour être vitesse supérieure pour pouvoir qui en découlent, exprimant son
à même de faire face aux périls atteindre le plus grand nombre soutien inconditionnel aux me-
que constituent les feux urbains et ce dans les plus brefs délais sures et efforts qui permettent
et industriels a été relevé par no- et concrétiser l’objectif tracé qui de les transcender et affichant
tre ministre d’Etat qui a exprimé est celui d’un secouriste par fa- sa détermination à encourager
son accord pour la concrétisa- mille. toutes les perspectives visant
tion d’un aussi important projet. l’extension de sa carte opéra-
Dans le même ordre d’idées, il
S’agissant de la présentation préconisera le lancement d’une tionnelle, le renforcement de ses
du volet relatif à la ressource hu- opération de proximité devant effectifs ainsi que la consolida-
maine et à sa valorisation au sein toucher les 48 wilayas du pays et tion des moyens matériels requis
du secteur et dont la compo- visant, plus particulièrement, les par l’exercice de sa noble mis-
sante actuelle est estimée à près populations rurales et isolées. Il sion.
61.000 hommes, chiffre qui, au en confiera l’organisation à la Di- Prêtant une attention toute par-
demeurant, est loin de répondre rection générale de la Protection ticulière aux explications relative
aux besoins du secteur estimés, civile par le biais de sa sous di- au nouvel organigramme, il ne
à pas moins de 120.000 pour rection des secours médicalisés manquera pas de mettre l’accent
pouvoir lui permettre de s’ali- dont les équipes auront à effec- sur la nécessité de son adapta-
gner sur la norme internationale tuer des visites médicales sur le tion à la réalité du terrain ainsi
requise en la matière, le minis- terrain en vue de dépistages de que sur les aspects techniques
tre d’Etat, ministre de l’Intérieur maladies et d’éventuelles prises liés à la spécificité des missions
a manifesté sa totale adhésion en charge en la matière à l’instar échues qu’il y a lieu de détailler,
à aider l’Institution à combler ce de ce qui a été fait dans le cadre quitte à mettre en place de nou-
déficit pour peu que les moyens de l’organisation des caravanes velles structures pour pouvoir en
humains (encadrement et for- initiées en 2011 par le ministère assurer une meilleure prise en
mateurs) et matériels (structures de l’Intérieur et des collectivités charge et être à même d’en tirer
d’accueil, équipements didac- locales et auxquelles ont parti- le meilleur parti en termes d’ef-
tiques et pédagogiques) soient cipé le ministère de la Solidarité ficacité opérationnelle ; relevant,
réunis. ainsi que la DGPC. au passage, le caractère urgent
Le ministre d’Etat a profité de Ces caravanes d’entraide et de sa concrétisation rapide et de
cet exposé pour s’appesantir sur de solidarité avec les popula- son apport décisif dans la redy-
la formation et la formation conti- tions enclavées et déshéritées namisation des nombreuses et
nue qu’il y a lieu de dispenser au du grand sud au souvenir des- diverses missions imparties au
profit des effectifs par la néces- quelles le ministre d’Etat a ren- secteur de la Protection civile.
sité de diversifier les rapports de voyé ses interlocuteurs et qui Après ces différents exposés, le
coopération que ce soit au ni- avaient été très favorablement ministre d’Etat, ministre de l’Inté-
veau interne en prenant attache accueillies par nos concitoyens rieur et des Collectivités locales
avec les universités et centres et permis aux équipes médicales eu à visiter le Centre National
de recherche en vue de la mise d’être fortement conscientisées de Coordination (CENAC) ou il
en place de formation post-gra- à propos des conditions difficiles eut droit à une présentation dé-
duées et spécialisées ou bien vécues par de nombreuses fa- taillée sur l’activité de ce centre,
international qui constituent un

6 EL-HIMAYA N°19
Agenda

Le ministre d’Etat, accompagné du wali


d’Alger visitant le lieu de la mémoire des
agents de la Protection civile.

les moyens matériels, techniques et technologiques tion (U.N.I.I) où, accueillie par les rythmes martiaux
mis en œuvre pour accéder à l’information, en ef- de la fanfare ; elle fut conviée à suivre un programme
fectuer la collecte, l’exploitation, la remontée ainsi de manifestations riches et variées, allant du défilé
que sur les délais de réponse à propos desquels il de troupes avec ses carrés d’agents munis de pel-
posera de nombreuses questions liées surtout à la les, pioches et autres outils propres aux équipes de
conjugaison de facteurs à même dont permettre la sauvetage-déblaiement, de lutte contre les risques
réduction. Nucléaire, radiologique, bactériologique et chimi-
L’ultime halte au niveau de la Direction Générale que, de reconnaissance et d’intervention en milieux
sera réservée au musée de la Protection civile, lieu périlleux, de files de binômes appartenant à la bri-
du souvenir et de la mémoire des soldats du feu. Les gade cynotechnique, de véhicules d’intervention à
explications qui lui furent données sur tel objet ou toutes sortes d’exercices de simulation (de séisme,
outil et les récits auxquels il eut droit sur telle événe- d’accident industriel, radiologique, sans parler des
ment figé ad-aeternam sur une affiche ou photogra- spectaculaires démonstrations réalisées par l’équi-
phie furent loin de le laisser indifférent. Tour à tour, pe cynophile ou encore par les agents effectuant
ému et émerveillé, le ministre d’Etat a énormément une délicate opération de désincarcération à la suite
apprécié le temps de cette visite consacré aussi bien d’un accident survenu sur la voie public…mettant
au passé lointain que récent du secteur. en valeur le caractère vital ainsi que la noblesse des
missions imparties au secteur…
Aussitôt, après cette visite, la délégation devait se
rendre à l’Unité Nationale d’Instruction et d’Interven-

EL-HIMAYA N°19 7
Agenda

Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur


et des Collectivités locales hôte de l’UNII

INAUGURATION DE L’UNITÉ sur les lieux par le Directeur de étapes par lesquelles est passé
SECONDAIRE D’AIN Protection civile de la wilaya, le le projet avant de laisser la pa-
OULMANE Commandant A. Chabour, en- role au DPC qui, pour sa part,
Au cours de sa visite au sec- touré du Chef de Daïra d’Ain a mis en exergue l’importance
teur de la Protection civile à Sé- Oulmane, son Président d’APC, que revêt cette nouvelle infras-
tif, le 27 mai 2014, le ministre de nombreux élus locaux ainsi tructure qui occupe une surface
d’Etat, ministre de l’Intérieur et qu’une foule compacte de ci- de 5000 m2 que ce soit en ma-
des Collectivités locales, ac- toyens. L’inauguration s’est dé- tière de couverture opération-
compagné d’une importante roulée sous le Son de la fanfare, nelle, de par sa position géo-
délégation, conduite par les Di- des youyous de femmes, des graphique privilégiée, puisque
recteurs généraux de la Protec- applaudissements et salves de située à l’entrée nord de la ville
tion civile et de la Sûreté Natio- baroud. d’Ain Oulmane, à proximité de la
nale, respectivement, le colonel In situ, le responsable du bu- route nationale numéro 28, re-
M. El-Habiri et le Général major reau d’étude chargé du suivi liant Sétif à M’Sila et non loin de
A. El-Hamel, devait inaugurer le des travaux de réalisation de l’échangeur réservés aux poids
nouveau siège de l’unité secon- cette nouvelle unité a eu à four- lourds, lui permettant de réduire
daire d’Ain Oulmane. nir, avec force détails, toutes les considérablement les délais
explications nécessaires au mi- d’intervention et de gagner en
C’est dans une ambiance fes-
nistre d’Etat ainsi qu’au Direc- efficacité ou en termes de com-
tive que notre ministre d’Etat
teur général sur les différentes modités à même d’améliorer les
et son staff furent accueillis

8 EL-HIMAYA N°19
Agenda

Le Ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des


Collectivités locales inaugurant l’Unité d’Ain Oulmane.

conditions de vie des agents en opérationnelle dont le volume ne de campagnes de sensibilisation


casernement. cesse d’augmenter. à l’adresse des citoyens.
Le DPC a, également, saisi cette En prenant la parole, le Ministre Il insistera, par ailleurs, sur l’im-
opportunité pour faire un exposé d’Etat a mis l’accent sur l’attention portance de la campagne d’as-
détaillé concernant les différents nécessaire que les pouvoirs pu- sistance médicale initiée au profit
projets en voie de réalisations ou blics doivent accorder à la Protec- des populations des zones ru-
encore, en étude dont a béné- tion civile et de la sollicitude qu’el- rales éloignées et à laquelle les
ficié la wilaya dans le cadre des le se doit d’en attendre en raison médecins de la Protection civile
différents programmes et plans des nobles missions de protection ont aussitôt répondu, sillonnant
de développement ainsi que sur des personnes et de sauvegarde le pays d’Est en Ouest, du Nord
la carte opérationnelle de la wi- de leurs biens et environnement au Sud, se rendant dans les coins
laya, constituée présentement qu’elle accomplit en tous lieux, les plus reculés ; prodiguant tou-
de 12 unités dont une principale de jour comme de nuit ; louant, au tes sortes de soins, prescrivant et
et un poste avancé et appelée à passage, les efforts déployés par distribuant des médicaments aux
être renforcée à brève échéance les agents dans la prise en charge malades nécessiteux, redonnant
par pas moins de 11 autres unités de l’action opérationnelle ainsi un sens aux concepts d’entraide
dont l’implantation judicieuse ne que par les services relevant du et de solidarité que les vicissitu-
manquera certainement pas d’of- secteur en matière de prévention des du temps ont, malheureuse-
frir au secteur l’opportunité de sa- des risques qu’ils soient courants ment, mis à mal.
tisfaire aux exigences de l’action ou majeurs à travers l’organisation

EL-HIMAYA N°19 9
Actualité

LUTTE CONTRE LES FEUX DE FORETS ET


SURVEILLANCE DES PLAGES ET BAIGNADES
POUR UNE PRESENCE PLUS SECURISANTE

L es regroupements régionaux
de Tébessa (le jeudi 20 mars
2014) et de Ain Témouchent (le
ces deux importantes rencontres
réside, certainement, dans l’ex-
pression de la volonté affichée
du mercure et de grandes chaleurs
en perspective par rapport à la sai-
son 2013, même si elles suscitent
mercredi 26 mars 2014) ont permis par les premiers responsables au une certaine préoccupation et inci-
aux responsables réunis en vue de niveau des wilayas de veiller à tent à davantage de vigilance, ne
préparer la saison estivale, de faire l’engagement de tous les acteurs peuvent fournir matière à provo-
le bilan relatif à la saison écoulée, concernés dans les dispositifs mis quer quelque panique.
de faire ressortir les lacunes rele- en place et de favoriser une plus Il s’agit tout simplement de coor-
vées, de préconiser les solutions grande organisation et synchro- donner les efforts de tous les ac-
et de suggérer les mesures à ap- nisation dans le déploiement des teurs concernés y compris des
pliquer à l’effet d’améliorer les dif- efforts en vue d’en permettre l’ef- citoyens (grâce aux campagnes
férents dispositifs à mettre en œu- ficience. de sensibilisation) afin de donner
vre tant pour la campagne de lutte Quand tous les acteurs s’im- corps à toutes les mesures préven-
contre les forêts que pour celle re- pliquent, la préparation et l’en- tives envisagées, en procédant à
lative à la surveillance des plages gagement sont savamment leur application scrupuleuse sur le
et baignades. coordonnés, les prévisions météo- terrain.
Le fait notable à relever lors de rologiques faisant état de montée

10 EL-HIMAYA N°19
Actualité

La protection du patrimoine
agricole et forestier passe
par l’implication de tous les
services concernés et la
coordination de leurs efforts

Le wali de Tébessa
ouvrant les travaux du regroupement
Le dispositif de lutte contre les feux de forêts aussi rapide qu’efficiente du risque en question.
n’est plus figé grâce à la participation des colonnes A Ain Témouchent, le Secrétaire Général qui a
mobiles dans les opérations de sensibilisation des présidé l’ouverture des travaux du regroupement,
agriculteurs, paysans et riverains d’avant saison et en lieu et place de madame le Wali, retenue par de
leur mise en mouvement vers les massifs forestiers nombreux engagements, a mis en exergue l’im-
jugés sensibles et ce, dès le début de l’été. portance des efforts à déployer en vue de garantir
Des initiatives qui ont donné des résultats très en- une plus grande coordination entre tous les servi-
courageants durant l’été 2013 même si, au demeu- ces concernés pour pouvoir envisager des actions
rant, celui-ci fut, en termes de conditions climati- efficaces dans les campagnes de lutte contre les
ques, relativement, clément. feux de forêts et de surveillance des plages et bai-
Pour le Wali de Tébessa qui a ouvert les assises du gnades.
regroupement des wilayas de l’Est du pays et tenu à Les propos tenus par le Directeur de l’Organisa-
être présent à l’heure de leur clôture, la Protection tion et de la Coordination des Secours, le Colonel
civile constitue la colonne vertébrale de l’action de Mohamed Khellaf et faisant état d’efforts consentis
prévention et de lutte contre les risques qui me- jusque-là et à redoubler à l’avenir en vue de réduire
nacent la société au quotidien. Le renom dont elle la facture des dépenses d’importations de produits
jouit est loin d’être surfait comme en témoignent alimentaires et visant à vaincre le spectre de la dé-
ses nombreuses participations à la prise en charge pendance sur ce plan resteront parmi les plus mar-
de catastrophes qui se sont produites à travers le quants de ces deux regroupements dont la mesure
monde. En un mot, a-t-il souligné, elle constitue où ils symbolisent un haut degré de conscience des
une présence sécurisante dans la société. enjeux majeurs que constituent l’autosuffisance
Le wali mettra également l’accent sur les efforts alimentaire et la nécessité d’œuvrer dans le sens
de coordination et d’entraide entre les différents de sa concrétisation effective.
secteurs pour pouvoir garantir aux moyens de lutte
le succès escompté.
Les problèmes rencontrés lors des précédentes
campagnes de lutte contre les feux de forêts seront
égrenés un à un par le wali qui, lors de la clôture,
citera entre autres, le manque de voie d’accès et
de pistes carrossables à travers les massifs boisés,
celui des travaux d’aménagement préventif, l’insuf-
fisance de postes de vigies, de points d’eau …
Une connaissance des difficultés que rencontrent
les agents de la Protection civile lors des opéra-
tions de lutte contre les incendies de forêts qui an-
nonce une volonté de mettre à contribution tous les
acteurs concernés en vue de leur prise en charge
Intervention du Secrétaire général de la wilaya, représentant de
efficace et par voie de conséquence, d’une gestion Madame le wali d’Aïn Témouchent au regroupement.

EL-HIMAYA N°19 11
Actualité

A l’occasion de leurs interventions, les Directeurs


de protection civile des wilayas évoqueront chacun
les difficultés rencontrées, telles que celles liées au
manque de voies d’accès, de pistes carrossables,
d’insuffisance de postes de vigies, de rareté des
points d’eau, de traçage de tranchées pare-feu
ou en rapport avec l’insuffisance des moyens
d’attaque ou encore aux pratiques de certains
Intervention du Directeur
paysans qui élargissent leurs terres au détriment
de l’Organisation de la forêt par la pratique du brûlis ou qui ne
et de la Coordination des soignent pas leurs arbres fruitiers et préfèrent les
Secours.
brûler pour recevoir des indemnisations pour les
pertes occasionnées sans parler du non respect
par bon nombre des lieux destinés à l’entreposage
des foins et autres produits agricoles.
Il mettra également l’accent sur la nécessité Hormis les entraves se rapportant à l’aménagement
d’œuvrer à la préservation de la forêt et par voie de la forêt que les pouvoirs publics ont promis
de conséquence, à celle de l’équilibre écologique, de prendre en charge, le reste des difficultés a
valorisant l’apport déterminant des services de tendance à disparaître progressivement avec le
l’ASAL dont l’exploitation des images satellitaires renforcement, en moyens humains et matériels,
réduit considérablement les écarts dans les des unités d’intervention ainsi que la mise
bilans des forêts et ceux de la Protection civile, en application des directives opérationnelles
permet d’améliorer le dispositif de lutte contre les concrétisées par la multiplication des caravanes
incendies, d’assurer une plus grande coordination de sensibilisation et de prévention des risques
avec les services concernés et d’opérer des feux de forêts et de récoltes utilisant des colonnes
mouvements de colonnes mobiles vers les mobiles avant l’entame de la saison estivale,
massifs les plus exposés grâce à la précision et à le renforcement des dispositifs de proximité
la fiabilité des informations fournies. pour l’accompagnement des agriculteurs lors
des opérations de moisson-battage, priorisant
les localités éloignées par rapport aux unités
d’intervention, la préparation et l’installation des
équipes et moyens de lutte contre les incendies
de forêts dans les massifs fortement boisés durant
les périodes de grandes chaleurs, d’impliquer,
grâce des actions de sensibilisation soutenues,
les walis et les responsables des collectivités
locales à l’effet d’obtenir la participation effective
Le Directeur des Personnels
et de la Formation lors de son de l’ensemble des organismes et secteurs
intervention. engagés dans le cadre des comités opérationnels
locaux, de communes, de daïras et de wilayas et
la mobilisation de leurs moyens pour l’ouverture
des voies d’accès et la réalisation des points
Le Directeur des Personnels et de la Formation,
d’eau nécessaires à l’intérieur des massifs boisés
M. Mahfoudh Bensalem soulignera, pour sa part
à même de permettre une meilleure accessibilité
l’importance que revêt le renforcement des unités
et davantage d’efficacité aux moyens de lutte…
d’intervention par un apport humain de qualité,
grâce à la spécialisation dans les différents Autant de mesures et d’initiatives qui dans
domaines, la formation d’officiers en adéquation un cadre de coordination soutenue et de
avec les exigences de l’action opérationnelle collaboration active entre tous les acteurs
et permettant l’amélioration des conditions concernés, permettront, à coup sûr de mieux
d’exercice de la mission. faire face à l’aléa des incendies de forêts et de
cultures et par voie de conséquence, d’assurer
Le DPF insistera également sur la nécessité
une meilleure protection de notre patrimoine
d’utiliser rationnellement ce personnel ou, en
agricole et forestier.
d’autres termes, de procéder à son affectation
pour les spécialités dans lesquelles il a été
formé.

12 EL-HIMAYA N°19
Actualité

Un dispositif renforcé mais


l’essentiel réside dans la conscience
et la vigilance des estivants
L’analyse du bilan des opérations heures de surveillance alors que gnade, scindés en deux équipes,
de secours pour la campagne de 59 l’ont été dans les plages inter- l’une opérant au cours de la mati-
surveillance des plages et baigna- dites. née soit de 8 heures à 14 heures,
des pour la saison écoulée (2013) Concernant le nombre de noyés l’autre, en début d’après midi, soit
faite par le Sous directeur des opé- dans les barrages, oueds, retenues de 14 heures à 20 heures.
rations, le Commandant S. Lahiani collinaires et plans d’eau durant la Même si les équipements collec-
laisse transparaître une hausse saison estivale, celui-ci a diminué tifs ont été légèrement renforcés
des interventions puisque celles-ci si l’on compare les bilans des an- au niveau des postes de secours
sont passées de 44.080 en 2012 nées 2012 et 2013, ayant, respec- de plage avec l’apport, à titre
à 48.365 en 2013 alors que la sai- tivement, atteint 123 et 111 victi- d’exemple, de 26 nouveaux canots
son estivale en question a connu mes mais reste toujours plus élevé pneumatiques et embarcations
la plus faible affluence depuis les que celui des décès par noyade en semi-rigides alors qu’aux abords
10 dernières années. Une faible mer. de nombreux postes l’ambulance
fréquentation due essentiellement a fait son apparition, les moyens
Il n’en demeure pas moins que
au fait que le mois de Ramadhan aussi bien individuels que collec-
ces chiffres restent tout de même
s’est étalé sur une période privilé- tifs restent en deçà des exigences
alarmant et sont synonymes de di-
giée de la saison des vacances (du de l’action opérationnelle.
zaines de familles endeuillées cha-
10 juillet au 9 août) comme l’expli-
que année. Nous ne sommes toujours pas
que le SDO qui n’a pas manqué de
Malgré les appels à la vigilance et à l’heure de l’uniformisation des
préciser, également, que le mois
au respect des règles et consignes postes de secours de plages avec
de juin a été marqué par un temps
de sécurité en matière de baignade toutes les commodités ou pres-
maussade et peu propice à la bai-
en mer et de l’interdiction qui frap- que comme à Annaba (hormis le
gnade.
pe de nombreuses plages jugées dernier poste de plage, situé der-
Cela dit, la hausse des interven- rière les monts et forêts de Seraïdi,
dangereuses à plus d’un titre ainsi
tions trouve son explication aussi construit en dur) où tous les postes
que des mesures restrictives et
bien dans le renforcement des coquets, faut-il le souligner, sont
même prohibitive qui concernent
moyens humains par l’apport de construits en charpente métallique
les barrages, oueds, mares, lacs et
personnels qualifiés, l’engagement avec plancher et plafond en bois,
autres plans d’eau ; l’inconscience
et la mise en œuvre d’équipements donnant fière allure aux occupants
et l’absence de sens civique conti-
modernes dans le dispositif que des lieux.
nuent de semer la mort et le désar-
dans la prise de conscience des
roi. A la mi-juin 2014, on dénombre De grands efforts sont consen-
citoyens quant à la nécessité de
déjà 8 morts noyés dans les pla- tis par le secteur ainsi que par
faire appel à des professionnels
ges, 4 dans les plages interdites et quelques wilayas qui s’impliquent
du secours en cas de situation pé-
4 autres dans les plages surveillées toujours davantage mais demeu-
rilleuse ou d’accident.
mais en dehors des heures de sur- rent insuffisants. La sensibilisation
Concernant le nombre de per- veillance alors que l’on enregistre ainsi que toutes les initiatives vi-
sonnes décédées par noyade au 31 décès par noyade en mer et 45 sant à conscientiser les citoyens
niveau des plages, celui-ci a sen- dans les barrages et plans d’eau sur les dangers de la mer ainsi que
siblement diminué, passant de avant l’ouverture de la saison esti- sur ceux des baignades dans les
102 en 2012 à 87 en 2013, soit une vale (entre avril et mai). barrages et plans d’eau, entrepri-
baisse de 14,70 % , constituant ses par les services de la Protec-
La Protection civile a mobilisé
le plus bas chiffre enregistré de- tion civile à elles seules et sans
pour le dispositif de surveillance
puis 2004 et dû, probablement, à renforcement en moyens humains
des plages et baignades de la sai-
la plus faible affluence enregistrée et matériels en rapport ne peuvent
son en cours près de 15.000 hom-
depuis la saison évoquée. permettre d’atteindre les objec-
mes dont 1.000 surveillants pro-
Sur les 87 victimes de noyade fessionnels, 380 plongeurs dont tifs escomptés ni autoriser à plus
dans les plages, fait-on remarquer, 160 venus renforcer le dispositif d’optimisme.
48 sont issues des wilayas de l’in- des plages à partir des wilayas de La rédaction
térieur du pays. 28 cas de décès l’intérieur et près de 13.000 sur-
ont été enregistrés dans les plages veillants saisonniers, répartis sur
surveillées dont 8 en dehors des les 370 plages autorisées à la bai-
EL-HIMAYA N°19 13
Vie en casernement

UNITE SECONDAIRE
DE CHELGHOUM LAID
AU COEUR DE L’ACTION OPERATIONNELLE

Depuis que les choses ont été reprises en main pour le secteur de la Protection civile à Mila,
il y a, un plus de trois ans, les Miléviens ne s’en sont trouvés que mieux et plus rassérénés.
La rationalisation de l’implantation des unités d’intervention et leur multiplication ont permis de
raccourcir les distances et de réduire les délais d’intervention, donnant à l’action des secouristes
cette efficacité qui, par le passé, leur a fait tant défaut dans la prise en charge des situations
d’urgence.

L ’Unité secondaire de
Chelghoum Laid, inaugu-
ré en octobre 2013 fait partie
nes, en l’occurrence celles de
la localité de son implantation,
de Oued El-Athmania et de Ain
ple les différents pavillons a,
particulièrement, fort à faire
avec les accidents de la circu-
de ces nouvelles infrastruc- Melouk, est très sollicitée que lation qui, malheureusement,
tures dédiées à l’intervention ce soit pour venir en renfort à comme partout ailleurs, re-
sur l’engagement desquelles l’ancienne unité sise au niveau présentent 50% de l’activité
on compte, aujourd’hui, pour du centre ville ou à celle de Ta- opérationnelle.
pouvoir répondre aux attentes djenant située à 20 bornes ou L’Unité de Chelghoum sur-
des citoyens en termes de se- encore d’El-Athmania distante plombe la plaine et les vastes
cours et de sauvetage. d’autant de kilomètres ou bien champs agricoles dont elle
Occupant une position axiale aux postes avancé de M’Ghira sécurise les récoltes, la zone
dans la carte opérationnelle ou à celui dédié aux secours industrielle dont elle prend en
de la wilaya de Mila, l’Unité routiers de Tadjenant. charge les risques d’explo-
secondaire de Chelghoum L’effectif de 43 éléments en- sion, d’incendies au niveau
Laid qui assure la couverture tre officiers (5), sous-officiers du dépôt de gaz, de l’usine
opérationnelle de 3 commu- (6) et agents (32) qui en peu- de détergent « Henkel », des

14 EL-HIMAYA N°19
Vie en casernement

Les éléments
de l’unité de
Chelghoum
El Aid en
intervention

carrières, d’accidents ferroviaires Les délais d’intervention de 15 à d’équipements de plongée vous


ou au niveau du gazoduc et de 20 minutes particulièrement dans donnent l’impression d’être dans
l’oléoduc relevant de la station de les zones urbaines, en raison de une wilaya côtière et ou ceux du
Sonatrach. la circulation relativement dense, Groupement de Reconnaissance
Du côté de Hammam Grouz qui constituent un net progrès par et d’Intervention en Milieux Pé-
est une zone inondable, elle se rapport au temps de 50 à 60 mi- rilleux (GRIMP) vous invitent, le
doit de faire face au risque inon- nutes que prenaient les secouris- temps d’une liaison imaginaires à
dation, sans parler des nombreu- tes pour arriver sur les lieux des faire avec les parois rocheuses, à
ses interventions effectuées à la sinistres et autres accidents, il y quelques varappes, est au cœur
suite de chutes dans les puits a, à peine, quelques mois. d’une activité qui ne s’achève ja-
dont sont équipées la presque to- Ces délais restent tout de même mais avec le coucher du soleil.
talité des fermes et maisons dis- en-deçà des normes requises, Le signal bruyant de la sirène
séminées sur les flancs des mon- explique le Directeur de Protec- surprend souvent l’effectif à
tagnes alentour et des accidents tion civile de la wilaya de Mila, le l’heure de la descente des cou-
domestiques provoqués par la lieutenant colonel Abderrahmane leurs. Le temps de l’intervention
défectuosité des articles électro- Djelloul pour qui les unités en parcourt allègrement les 24 heu-
ménagers… Comme quoi, avec cours de réalisation de Bouhatem res et n’excuse aucun retard. Le
les 250 à 300 interventions pour dont les travaux d’avancement chef d’unité, le sous lieutenant
toutes sortes d’accidents et d’in- ont dépassé les 95% ou de celle Slimani Amar qui est un homme
cidents au cours du mois, l’effec- de Roueched, réalisée à 60% ou de terrain pour qui la discipline
tif de la caserne de Chelghoum encore celle de Oued El Athmania doit être maîtresse des lieux est
est loin de chômer. vont apporter des réponses pal- satisfait du rendement de ses élé-
La force de frappe de l’Unité de pables aux préoccupations liées ments.
Chelghoum est constituée d’un à la réduction des délais d’inter- Bien qu’il arrive à son effectif
fourgon pompe tonne (FPT), de 2 vention et par conséquent, contri- d’être submergé quelques fois,
ambulances ainsi que d’un CCFM buer au renforcement de l’effica- la discipline dont il fait preuve et
et est appelée à être consolidée cité des secours à personnes. l’organisation qu’il fait prévaloir à
davantage puisqu’un camion de Très ouverte, spacieuse et aé- chaque fois, lui permet d’être à la
lutte anti-incendie de forêts a reçu rée, l’unité de Chelghoum avec hauteur des exigences de l’action
l’ordre de quitter l’Unité principale ses véhicules flambant neuf, ses opérationnelle.
sise à Mila pour Chelghoum dans remises propres, ses magasins S. L.
la matinée du 25 avril. où l’entreposage de matériels et

EL-HIMAYA N°19 15
Dossier Prévention

INCENDIE DES BATIMENTS


D’HABITATION
CE QU’IL FAUT SAVOIR
POUR S’EN PROTEGER

Par le Capitaine Lotfi BENARFA


Chef de bureau de Prévention et des normes de Sécurité

Sans parler des risques qu’ils sont susceptibles de courir du fait de leur proximité des installations
classées, les bâtiments d’habitation sont exposés au risque incendie par le simple usage des
énergies que sont l’électricité et le gaz. Cependant, il est des principes et règles de prévention dont
l’observation permet de s’en protéger ou d’en réduire les effets dommageables.

Les grands principes de la sé- De même, dans les dégage- A la mise à l’abri des fumées
curité incendie : ments communs de l’immeuble, des volumes de circulation hori-
La protection et la sauvegarde les revêtements ne doivent pas zontale commune.
recherchées en cas d’incendie favoriser la propagation du feu ; Toutes ces mesures qu’elles
sont celles des personnes alors La construction doit, soit dispo- soient passives ou actives sont
présentes dans l’immeuble. Pour ser de dégagements communs venues amoindrir l’importance
satisfaire cet objectif, le décret qui restent praticables en cas de l’intervention avec les échel-
n°76-37 du 20 février 1976, re- de feu, afin de permettre aux oc- les aériennes au regard de délais
latif à la protection contre les cupants d’évacuer le bâtiment, notables d’intervention en milieu
risques d’incendie et de pani- soit, si des occupants sont pié- urbain à certaines périodes de la
que dans les bâtiments d’habi- gés par l’incendie, leur permettre journée, de cadences lentes de
tations, retient quelques grands d’être secourus par les agents mise en sécurité ou de sauvetage
principes : de la Protection Civile au moyen par échelle et du cout élevé de
L’enveloppe de tout logement des échelles déployées en faça- tels engins qui limite leur nombre
doit assurer à ses occupants, des accessibles ; et donc leur disponibilité.
pendant une durée notable, une Au désenfumage des cages
protection contre le feu qui s’est d’escalier encloisonnées ;
déclaré dans une autre partie du
bâtiment ou dans un bâtiment
voisin ;
Les logements doivent être iso-
lés des locaux qui peuvent être
siège de dangers spécifiques
d’incendie ;
Les matériaux de construction
mis en œuvre et les équipements
des bâtiments ne doivent pas
contribuer à aggraver, rapide-
ment ou notablement, un feu
d’ameublement (logements) ou
de tout autre contenu combus-
tible (caves, celliers, garages,
locaux d’ordures ménagères…).

16 EL-HIMAYA N°19
Dossier Prévention

Première famille : habitations individuelles isolées ou jumelées, à deux niveaux au plus, non compris les
caves et sous sols enterrés ou semi-enterrés.

Deuxième famille : habitations individuelles isolées ou jumelées à plus de deux niveaux, habitables, individuelles
en bande et habitations collectives dont le plancher bas du logement le plus haut est situé à moins de ٨ mètres
du sol

EL-HIMAYA N°19 17
Dossier Prévention

18 EL-HIMAYA N°19
Dossier Prévention

3- Cas Particuliers: lorsqu’un les deux niveaux les plus élevés tures, c’est la règle du C+D qui
immeuble de la 4éme famille doit d’un immeuble à usage d’ha- s’applique simultanément pour la
contenir des locaux à usage autre bitation de moins de 50 mètres 3éme et 4éme famille.
que l’habitation, il doit être rangé de hauteur, n’a pas pour effet
dans la catégorie des immeubles de classer cet immeuble dans la 4- Dégagements :
de grande hauteur (IGH). Tou- classe des immeubles de grande
tefois, le bâtiment demeure en hauteur, si l’établissement consi- 3éme famille :
4éme famille lorsque les locaux déré ne communique pas directe- Les cages d’escaliers :
répondent à l’une des conditions ment avec le reste de l’immeuble, • Les parois de cages d’es-
suivantes : est desservi par au moins deux caliers doivent être coupe feu
1. Les locaux affectés à une ac- escaliers protégés de deux unités de degré une heure (CF1h), à
tivité professionnelle font partie de passage et ne peut recevoir l’exception des impostes ou
du même ensemble de pièces plus de 500 personnes. oculus qui peuvent être pare
que celles ou se déroule la vie fa- flammes de degré une heure
miliale ; (PF1h) ;
Principales caractéris-
2. Les locaux affectés à une ac- • à l’étage le plus élevé, la
tiques des bâtiments de cage d’escalier doit comporter
tivité professionnelle, de bureaux
ou constituant un établissement 3éme et 4éme famille : soit un châssis ou une fenêtre
recevant du public et dépendant vitrée en verre mince, direc-
d’une même personne physique 1- Résistance au feu des tement accessible ou munie
ou morale : éléments de construction : d’un dispositif permettant son
ouverture depuis le palier de
a. Forment un seul ensemble Les éléments porteurs verticaux l’escalier, d’une surface d’un
de locaux contigus d’une surface doivent être stable au feu : mètre carré au moins assurant
de 200 m2 au plus, pouvant ac-
• Une heure (SF1h) pour les l’évacuation des fumées et
cueillir vingt personnes au plus à
bâtiments de la 3éme famille ; gaz chauds ;
un même niveau ;
• Une heure et demi (SF1H30) • les escaliers mettant en
b. Sont isolés des autres parties
pour ceux de la 4éme famille ; communication les sous sols
du bâtiment par des parois coupe
Les planchers séparatifs entre et le reste du bâtiment doi-
feu de degré une heure (EI60) et
logements doivent être coupe vent comporter au moins un
des blocs portes pare flammes
feu : bloc porte coupe feu de degré
de degré une demi heure (E30).
une demi heure (CF1/2h) aves
3. Les locaux affectés à des ac- • Une heure (CF1h) pour les
ferme porte et s’ouvrir dans le
tivités professionnelles, de bu- bâtiments de la 3éme famille ;
sens de la sortie en venant du
reaux, ou constituant des établis- • Une heure et demi (CF1h30) sous sol ;
sements recevant du public de pour ceux de la 4éme famille.
• ces escaliers doivent aboutir,
4éme catégorie répondant à l’en- au rez-de-chaussée, dans un
semble des conditions suivantes: hall ou une circulation horizon-
2- Accessibilité aux bâtiments :
a. Le plancher bas du niveau le tale et ne doivent pas aboutir
3éme famille : Chaque logement
plus haut occupé par ces locaux dans les escaliers desservant
doit être atteint soit directement,
est toujours situé à 8 mètres au les étages.
soit par un parcours sur par les
plus au dessus du niveau du sol 4ème famille :
extérieur accessible aux piétons ; échelles mécaniques et implanté
de telle sorte qu’au rez-de-chaus- Les habitations doivent compor-
b. Chaque niveau occupé par ter au moins un dégagement pro-
sée, les accès aux escaliers soient
ces locaux ayant au moins une tégé conçu de telles sortes que
atteints par la voie échelles.
façade en bordure d’une voie les fumées et les gaz de combus-
échelle ; 4éme famille : les immeubles
tion produits dans la circulation
doivent être implantés de telle
c. Ces locaux et leurs dégage- sinistrée ne puissent pénétrer
sorte que les accès aux escaliers
ments sont isolés de la partie du dans l’escalier desservant les lo-
protégés soient situés à moins
bâtiment réservée à l’habitation gements et qui est constitué de :
par des parois coupe feu de de- de cinquante mètres (50m) d’une
voie engins. 1- Une circulation horizontale
gré deux heures (REI120) sans protégée (à l’air libre ou à l’abri
aucune intercommunication. 3- Façades : des fumées) qui relie directe-
4. De même, l’aménagement Les revêtements extérieurs doi- ment chaque logement soit à un
d’un établissement recevant du vent être classés M2. Pour les escalier protégé soit à la voie
public du type N (restaurant) sur façades comportant des ouver- publique ;

EL-HIMAYA N°19 19
Dossier Prévention

Les balcons,
coursives ou
terrasses dont
le coté donnant
sur le vide de la
façade
comporte, sur
toute sa lon-
gueur, des vides
au moins égaux
à la moitié de la
surface totale
de cette paroi,
constituent des
circulations
horizontales
protégées à l’air
libre.

Si des circulations aménagées de façon à réaliser l’évacuation efficace de la fumée et de la chaleur, présentent
des parois coupe feu de degré une demi heure (CF1/2h) et si la distance à parcourir entre la porte du logement le
plus éloigné et l’accès à l’escalier ne dépasse pas 15m, ces circulations constituent des circulations horizontales
protégées à l’abri des fumées.

20 EL-HIMAYA N°19
Dossier Prévention

2- Un escalier protégé peut être l’exception de sa propre cana- • Déboucher directement à


soit à l’air libre, soit à l’abri des lisation électrique, d’éclairage, l’extérieur ou dans un hall lar-
fumées, il doit : de colonne sèche, canalisa- gement ventilé ou ne compor-
• Etre desservi à chaque ni- tion d’eau et chutes d’eau mé- tant aucun risque d’incendie
veau par une circulation hori- talliques ; ou d’enfumage ;
zontale protégé ; • Comporter un éclairage élec- • Avoir des paliers et volées
• Ne comporter aucune gaine, trique dont les conducteurs stable au feu de degré une
trémie, canalisation, vide or- sont indépendants de ceux heure (SF1h).
dures, locaux, ascenseurs à des autres parties de l’immeu-
ble ;

Si la paroi
de l’escalier
donnant sur
l’extérieur
est ouverte
au moins sur
la moitié de
sa surface
sur toute la
longueur, cet
escalier consti-
tue un escalier
à l’air libre.

Si un escalier intérieur possède des parois coupe feu une


heure (CF1h) et bloc porte pare flamme une demi heure
(PF1/2h) s’ouvrant dans le sens de la sortie en venant des
logements et puis comportant à sa partie supérieure une
ventilation haute de un mètre carré (01 m2) commandée
manuellement depuis l’accès des agents de la Protec-
tion Civile, cet escalier constitue un escalier à l’abri des
fumées.

EL-HIMAYA N°19 21
Dossier Prévention

Porte palière sans ferme porte favorisant l’enva- Absence de portes séparant les circulations hori-
hissement des fumées et flammes dans la cage zontales communes du volume d’’implantation de
d’escalier de secours bloquant l’évacuation des l’escalier, alors que la configuration de ces déga-
habitants des logements des niveaux supérieurs. gements communs se prête aisément à la réalisa-
tion de parois munies de portes permettant d’iso-
ler l’escalier.
En cas de pénétration de fumée ou de flammes
dans l’une quelconque des circulations de cet en-
semble « dégagement » non recoupé, l’enfumage
est apte à s’y propager à tous les niveaux supé-
rieurs à celui ou le feu s’est déclaré.

Porte palière immeuble 4éme famille Cage d’escalier d’immeuble 4éme famille

5- Les circulations internes : horizontale et ne doivent pas • Les gaines pour colonnes
3éme et 4éme famille aboutir dans les escaliers des- montantes de gaz ne doivent
• Les circulations internes ve- servant les étages ; pas comporter de séparations
nant des sous sols et aboutis- • Les portes des locaux vide étanches à l’air au niveau des
sant dans les dégagements ne ordures doivent être coupe planchers et ne doivent pré-
doivent pas être en communi- feu de degré une demi heure senter aucune réduction de
cation directe avec les esca- (CF1/2h) et à fermeture auto- section à ces niveaux ; elles
liers desservant les étages ; matique. Ces locaux doivent doivent être ouverte en partie
être établis de telle façon haute et leurs trappes et/ou
• Elles doivent comporter, à
qu’un incendie ne puisse être portes pare flammes un quart
leur partie supérieure, un bloc
propagé. d’heure (PF1/4h).
porte coupe feu de degré une
demi heure (CF1/2h) à ferme- • Les gaines pour colonnes
ture automatique et s’ouvrant montantes d’électricité doi-
Conduits et gaines d’élec-
dans le sens de la sortie en vent être recoupées au niveau
tricité et gaz : 3éme et 4éme
venant des sous sols ; de chaque plancher ou palier
famille
par des écrans en matériaux
• Les escaliers mettant en • Les gaines destinées à rece- incombustibles et les trap-
communication les sous sols voir les canalisations montan- pes et/ou portes ayant un de-
et le reste du bâtiment doivent tes de gaz et d’électricité doi- gré pare flammes d’un quart
aboutir au rez-de-chaussée, vent être sans communication d’heure (PF1/4h)
dans un hall ou une circulation entre elles ;

22 EL-HIMAYA N°19
Dossier Prévention

Gaine technique GAZ utilisée par les locataires lo- L’utilisation des gaines de gaz et d’électricité com-
cal de rangement et stockage de produits divers, me placards de produits divers, génère souvent des
notamment inflammables (ici bidons de peintures) incendies incontrôlables du faite que la propagation
et obturant de ce fait, le passage libre autour de des fumées et flammes s’effectue par les planchers
la colonne montante utilisé pour rejeter, en cas de non soigneusement recoupés pour ceux destinées à
fuite, le gaz vers l’extérieur. l’électricité et l’accumulation des gaz à l’intérieur de
l’immeuble pouvant provoquer une explosion en cas
d’étincelles pour ceux destinées au gaz.

Gaine de gaz d’un immeuble de la 4éme famille Gaine d’électricité d’un immeuble de la 4éme famille

Défense extérieure contre l’incendie

Les immeubles de la 4éme


famille doivent compor-
ter une colonne sèche
par escalier conforme à
la norme algérienne NA
3465, le raccord d’alimen-
tation installé au niveau
des endroits facilement
accessibles aux agents
de la Protection Civile.

EL-HIMAYA N°19 23
Dossier Prévention

- Raccord d’alimentation ne répondant pas à la nor- - L’orientation de la prise d’incendie non


me algérienne NA 3465. normalisée.
- Il doit être particulièrement placé dans un coffret - La prise est placée en un endroit pouvant être sujet
métallique cadenassé pour se prémunir des actes à des chocs et pouvant aussi causer des accidents
de vandalisme notamment par le vol des pièces en corporels aux locataires ; le palier intermédiaire de la
cuivre qui le compose. cage d’escalier est l’endroit le plus approprié.

Raccord d’alimentation RDC immeuble de la 4éme famille

Colonne sèche avec prise d’incendie immeuble 4éme famille

24 EL-HIMAYA N°19
Dossier Prévention

Risque industriel en Algérie


UNE PREOCCUPATION,
DANGEREUSEMENT, MINOREE

Par le Capitaine Tayeb BERRACHED


Chef de bureau du Fichier national des Etablissements répertoriés

Dans un environnement économique de plus en plus complexe, le développement


et la survie des entreprises exigent de leurs dirigeants une gestion intégrée de
l’ensemble des risques auxquels elles sont exposées.

Ils ne peuvent plus se conten- mesures mis en œuvre pour sup- la protection agit sur les consé-
ter de réagir à l’évènement. Ils primer, ou tout au moins, réduire quences (sécurité passive).
doivent savoir, au contraire, dé- le plus possible, la probabilité Toutefois, il serait utopique de
velopper une stratégie « proac- d’occurrence d’un sinistre. croire qu’il est possible d’éli-
tive » de gestion des risques. La La protection quant à elle, est miner tous les risques d’une
prévention fait partie intégrante constituée de l’ensemble des entreprise. La disparition d’un
de cette stratégie. moyens utilisés pour atténuer la risque peut parfois en entraîner
La notion de prévention englo- gravité d’un sinistre. un autre, susceptible d’être en-
be à la fois les mesures de pré- Bien que la limite entre les deux core plus grave. En agissant sur
vention intrinsèque et celles de soit très élastique, l’on retiendra le double axe prévention pro-
la protection. tout simplement que la préven- tection, on peut transformer un
La prévention intrinsèque re- tion agit sur les causes des sinis- risque inacceptable en un risque
groupe les différents moyens et tres (sécurité active) tandis que acceptable.

EL-HIMAYA N°19 25
Dossier Prévention

Malheureusement, l’on constate On distingue plusieurs types dage ou la fuite d’un produit
que la situation de la prévention d’effets, immédiats ou différés, toxique pour l’environnement
dans les entreprises en ALGERIE consécutifs à un éventuel acci- sur le sol ou dans l’eau.
est peu reluisante. On note géné- dent industriel :
ralement, dans la gestion des ris- • les effets thermiques, Nature, causes et effets
ques, une absence de politique consécutifs à un incendie ou
réelle de prévention au niveau Différents phénomènes pou-
une explosion,
des responsables d’entreprises. vant aboutir à des accidents ma-
• les effets de surpression, jeurs sont redoutés sur les sites
consécutifs à une explosion industriels. En particulier, on peut
Les différents Risques indus- ou un éclatement, citer :
triels en Algérie • les effets toxiques consécu- • Le BLEVE : «Boiling Liquid
Le risque industriel majeur cor- tifs à une dispersion dans l’air Expanding Vapor Explosion»,
respond au risque accidentel de produit toxique volatil ou c’est-à-dire l’explosion de
pouvant survenir sur les sites à un incendie dégageant des gaz en expansion provenant
industriels et pouvant entraîner fumées toxiques, d’un liquide en ébullition.
des conséquences graves pour • les effets de pollution, géné-
les personnes, les biens et l’en- ralement consécutifs à l’épan-
vironnement.

Montée en pression du liquide Rupture de la structure de


Feu sous la sphère du réservoir stockage et libération du gaz
de stockage et du liquide sous pression Formation d’une boule de feu

26 EL-HIMAYA N°19
Dossier Prévention

Les stockages de gaz liquéfiés atmosphérique. Une des causes question est inflammable, il y a
sous pression sont susceptibles peut être l’échauffement d’une formation d’une boule de feu
d’être le siège d’un BLEVE. Il sphère de stockage prise dans avec un rayonnement thermique
s’agit d’une vaporisation violente un incendie. intense.
à caractère explosif consécutive Celle-ci peut éclater sous l’ef- • L’UVCE : « Unconfined Va-
à la rupture d’un réservoir conte- fet de la pression interne : il y a por Cloud Explosion », c’est-
nant un liquide à une tempéra- alors projection de fragments et à-dire explosion d’un nuage
ture très supérieure à sa tem- libération de gaz liquéfié instan- de gaz en milieu non confiné.
pérature d’ébullition à pression tanément vaporisé. Si le gaz en

Fuite de matières inflammables Formation d’un nuage de vapeur Inflammation et explosion du nuage de vapeur

Suite à une fuite de gaz inflammable, le mélange • L’incendie d’un stock de produits, en en-
du gaz et de l’air forme un nuage qui en rencon- trepôts par exemple : aux effets thermiques de
trant une source d’inflammation peut exploser. Les l’incendie en lui-même peuvent s’ajouter, sui-
effets sont essentiellement des effets de pression. vant la nature des produits stockés, des risques
d’explosion et des risques toxiques.

Fort dégagement de chaleur par


Départ d’un feu au sein d’un entrepôt Propagation de l’incendie au sein de l’entrepôt
rayonnement accompagné
éventuellement de fumées toxiques

• L’émission et la dispersion de produits toxiques, lors d’un accident majeur, suite à une explosion, un
incendie ou une fuite importante, conduisant a une pollution de l’air, de l’eau, du sol, entraînant des
conséquences mortelles.

Epandage de liquide toxique au sol Formation d’un nuage toxique suite à Dilution du nuage toxique dans l’atmosphère
l’évaporation de la nappe de liquide

EL-HIMAYA N°19 27
Dossier Prévention

• Le feu de nappe, lorsqu’une nappe de liquide inflammable, produite à la suite de la perte de confi-
nement d’un réservoir, prend feu. Celui-ci peut générer des effets thermiques importants.

Fuite de matières inflammables Fuite de matières inflammables Inflammation des matières inflammables

• Le boil-over, classique ou en couche mince, phénomène pouvant être rencontré en cas d’incen-
die de bacs d’hydrocarbures relativement visqueux (fioul lourd, gazole, fioul domestique) lorsque de
l’eau est présente au fond du bac.

Inflammation de la cuve Baisse du niveau d’hydrocarbures Vaporisation explosive


d’hydrocarbures dans le réservoir de l’eau au fond du réservoir Boil Over

En situation d’incendie, l’hydrocarbure est pro- carbure enflammé tout autour du bac. Ce phéno-
gressivement consommé et une onde de chaleur mène donne lieu à des effets thermiques. Suivant la
se forme dans le reste du bac. Quand l’onde de nature de l’hydrocarbure impliqué, ce phénomène
chaleur entre en contact avec la couche d’eau pré- peut être plus ou moins violent.
sente au fond du réservoir, celle-ci se vaporise ins- • L’explosion de poussières, phénomène en-
tantanément, formant un effet piston qui projette traînant des effets de surpression et de projec-
violemment l’hydrocarbure vers le haut. Il y a for- tion.
mation d’une boule de feu, et épandage d’hydro-

Stockage de solide pulvérulent Formation d’un nuage suite à la mise en Inflammation et explosion du nuage
suspension de poussière

• L’explosion de produits explosibles, tels que les produits pyrotechniques ou, dans certaines
conditions, certains engrais.

28 EL-HIMAYA N°19
Dossier Prévention

Stockage d’engrais Apport d’une source d’énergie Décomposition puis explosion des engrais
importante dans le stockage

Cadre réglementaire Algérien : « Législatifs et déclarant les zones industrielles de Skikda, de


réglementaires» RISQUES INDUSTRIELS. d’Arzew et d’In Amenas respectivement des zo-
nes à risques majeurs; JO N°33
LOIS ET ORDONNANCES 8. Décret exécutif n° 06/198 du 31 mai 2006
définissant la réglementation applicable aux
1. Loi 04-20 du 25 décembre 2004 relative à la
établissements classés pour la protection de
prévention des risques majeurs et à la gestion
l’environnement; JO N°37
des catastrophes dans le cadre du développe-
ment durable ; JO N°84 9. Décret exécutif n° 09-335 du 20 octobre 2009
fixant les modalités d’élaboration et de mise en
2. Ordonnance 76-4 du 20 février 1976 relative
œuvre des plans internes d’intervention par les
aux règles applicables en matière de sécurité
exploitants des installations industrielles.
contre les risques d’incendie et de panique et à
la création de commission de prévention et de
protection civile; JO N°21 L’Algérie dispose d’une législation spécifique
3. Ordonnance 95-24 du 25 septembre 1995 permettant de réglementer le fonctionnement des
relative à la protection du patrimoine public et établissements industriels présentant des incon-
à la sécurité des personnes qui lui sont liées ; vénients ou des dangers pour l’environnement : la
JO N°55 législation des installations classées pour la pro-
tection de l’environnement (ICPE) suivant le décret
exécutif 06/198 du 31 mai 2006 (JO N°37).
DECRETS
En fonction de la nature des activités pratiquées
1. Décret n° 84-55 du 3 mars 1984 relatif à l’ad- sur l’installation et des quantités de produits dan-
ministration des zones industrielles; gereux présentes, la nomenclature ICPE définit des
2. Décret n° 84-56 du 3 mars 1984 portant orga- régimes de classement des installations suivant le
nisation et fonctionnement des entreprises de décret exécutif 07/144 du 19mai 2007, chacun de
gestion; ces régimes impliquant des exigences réglemen-
3. Décret 90-402 du 15 décembre 1990 portant taires du niveau le moins contraignant (régime de la
organisation et fonctionnement du fonds de ca- déclaration D) au plus exigeant (régime de l’autori-
lamités naturelles et de risques technologiques sation AM,AW,A/APC ).
majeurs; JO N°55 Les installations soumises à déclaration (D) ne
4. Décret exécutif n° 03-332 du 8 octobre 2003 sont pas considérées comme présentant de gra-
portant création, organisation et fonctionne- ves dangers ou inconvénients. Elles font l’objet
ment du centre opérationnel national d’aide à la d’un dépôt de dossier à l’APC avant leur mise en
décision; JO N°61 service ou suite à une modification importante, et
se voient délivrer un récépissé de déclaration. Elles
5. Décret 04-181 du 24 juin 2004 portant créa-
sont alors soumises à un arrêté ministériel de pres-
tion de la commission de communication liée
criptions générales.
aux risques naturels et technologiques majeurs;
JO N°41 Les installations soumises au régime de l’auto-
risation (A), sont susceptibles de présenter, quant
6. Décret exécutif n° 05-476 et Décret exécu-
à elles, de graves dangers ou inconvénients pour
tif n° 05-477 du 20 décembre 2005 déclarant
l’environnement. Elles font alors l’objet d’une de-
respectivement Hassi-R’Mel et BERKINE zone
mande d’autorisation d’exploiter à la Wilaya, com-
à risques majeurs; JO N°82
prenant notamment une étude de dangers et une
7. Décret exécutif n° 06/161, Décret n° 06/162 étude d’impact. La procédure d’instruction com-
et Décret exécutif n° 06/163 du 17 Mai 2006 prend entre autres une enquête publique. Après

EL-HIMAYA N°19 29
Dossier Prévention

étude et instruction du dossier, si l’autorisation raient menacer directement les populations exté-
d’exploiter est accordée, elle est assortie de pres- rieures à l’établissement.
criptions techniques spécifiques. Les activités pétrolières et gazières en Algérie
Pour les installations à autorisation ministériel- présentent 80% des risques majeurs (incendies,
le (AM) ou wilaya (AW), une prise en compte des explosions et risques toxiques) et plus de la moitié
aspects organisationnels de la sécurité est atten- des unités industrielles sont implantées dans les
due avec la mise en place d’un système de ges- grandes agglomérations, Alger, Bejaïa, Arzew, An-
tion de la sécurité (SGS), et de plans de secours. naba, Blida et Skikda. En termes de risque majeur,
Ainsi, le PII (plan d’intervention interne), établi par sur un échantillon de 60 établissements industriels
l’exploitant, définit les mesures d’organisation, les recensés, 43% présentent un risque d’explosion,
méthodes d’intervention et les moyens internes à 42% un risque d’incendie et 16% des risques toxi-
l’établissement ; tandis que le Plan orsec , établi ques ! «Pas moins de 96 sites à risque industriel
sous l’autorité du wali , vise à mettre en œuvre les dans les zones relevant de Sonatrach à travers le
moyens nécessaires à la maîtrise d’un sinistre de pays.
plus grande ampleur dont les conséquences pour-

Exemple : Raffinerie de Sidi Arcine Alger

L’espace littoral abrite 91% des industries sidé- riel roulant d’intervention adéquat pour faire face
rurgiques, mécaniques, métallurgiques et électro- à d’éventuels risques qui peuvent être générés au
niques (ISMME), 90% des industries des matériaux niveau des établissements à caractère industriel.
de construction, 85% des industries chimiques,
A cet effet, plusieurs conventions ont été signées
65% des industries du cuir et 56% des industries
avec l’université de Batna portant sur la formation
textiles. Dans ce contexte, ajoute-t-elle : «Une stra-
à la carte et de post-graduation spécialisé « PGS »
tégie comprenant des démarches préventives pour
agir systématiquement en amont est plus qu’es- en matière de risque industriel et avec l’université
sentielle afin de sécuriser les sites industriels na- de Boumerdès et d’autres formations sont pro-
tionaux en prenant en compte la règlementation en grammées avec d’autres universités pour répon-
vigueur dans ce domaine». dre aux besoins compte tenu de l’évolution que
Face à cette situation, la Direction Générale de connait notre pays en matière d’investissement
la Protection Civile consciente du rôle et du poids dans le secteur industriel d’une part, et d’autre
qui pèsent sur les services de secours de la pro- part, pour se conformer aux exigences du décret
tection civile a lancé un train de mesures soit en exécutif n°06/198 du 31mai 2006 relatif à l’appro-
matière de formation ou par l’acquisition de maté- bation des études de dangers.

30 EL-HIMAYA N°19
Dossier Prévention

Il sera question, dans cet article, de mener des Dans ce contexte, le tableau ci-dessous mon-
réflexions pouvant permettre de proposer des ac- tre les difficultés rencontrées pour l’obtention de
tions concrètes dans le sens de la maîtrise des ris- conformité par les entreprises (environ 12% seu-
ques. Car, de cette maîtrise des risques, dépend lement pour l’année 2013) qui, apparemment
la pérennité des entreprises d’une part, et d’autre manifestent peu d’intérêt face à un enjeu aussi cru-
part, la sauvegarde de notre économie nationale. cial que la prévention des sinistres.

Source : DGPC/DP/SDER

Il s’agit des facteurs suivants : • Le stockage sans précaution particulière de


1 : L’absence de culture du risque dans les en- produits dangereux.
treprises ; En somme, à l’exception de certaines filiales de
2 : le non-respect de l’exécution des recom- multinationales qui disposent d’un référentiel de
mandations édictées dans le contenu des étu- sécurité acceptable, l’on déplore un manque gé-
des de dangers par les entreprises ; néral de culture du risque dans les autres entre-
prises.
2 : L’absence de formation, d’information et de
sensibilisation du personnel en matière de ris-
que est patente dans la plupart des entreprises. ACTIONS NECESSAIRES POUR UNE
Ses manifestations les plus palpables sont : MEILLEURE MAÎTRISE DES RISQUES :
• L’absence d’identification et d’analyse des Un niveau de prévention et de protection efficace
risques ; ne peut découler que d’une action concertée de
• L’inefficacité des moyens de secours (bou- tous les acteurs intéressés à la sauvegarde des
ches d’incendie vides d’eau ou obstruées) ; outils de production. Chacun d’eux doit, en ce qui
le concerne, intégrer un certain nombre de préoc-
• L’Insuffisance des moyens humains et maté-
cupations que nous recommandons ci-dessous
riels ;
suite aux différentes visites effectuées par les ser-
• La subsistance de comportements à risque vices de la protection civile sur l’ensemble du terri-
tels que des agents qui fument dans l’établis- toire national et l’expérience acquise sur le terrain
sement malgré les panneaux d’interdiction af- dans le cadre du suivi et contrôle et de la confor-
fichés, mité des installations classées pour l’obtention des
• La priorité accordée à la production au détri- autorisations d’exploitation conformément à la rè-
ment de la sécurité, glementation en vigueur.
• la pratique de soudure sur des réservoirs ren-
fermant des produits inflammables sans avoir
pris les mesures de sécurité nécessaires,

EL-HIMAYA N°19 31
Dossier Prévention

Exemple : visite effectuée par les services de la protection civile d’Oran au niveau du complexe d’ammoniac,
pour tester les équipements de sécurité, sis dans la zone industrielle de la wilaya d’Oran.

1 : AU NIVEAU DES ENTREPRISES : • par des scénarios : Par exemple, en sup-


Il est essentiel pour l’entreprise de lutter contre posant la réalisation d’un risque et en réflé-
sa vulnérabilité afin de préserver sa pérennité. Elle chissant sur ses conséquences on découvre
doit, par conséquent, mener les actions nécessai- d’autres risques induits qu’il convient de
res à une bonne maîtrise des risques auxquels elle prendre en compte ;
est confrontée. - analyser les risques pour en déterminer les
Elle doit également se concerter avec les entre- causes. Plusieurs évènements pouvant se com-
prises du même secteur présentant le même profil biner pour entraîner l’accident ;
de risques. - quantifier les risques. C’est-à-dire, déterminer
leur fréquence ou, pour les risques rares, leur
probabilité d’occurrence et leur gravité ;
a : Définition de procédures de management
du risque - créer un service de sécurité dont le rôle est
de mettre en place toutes les mesures de pré-
L’entreprise doit mettre en place une véritable po-
vention et de protection et de veiller à leur strict
litique de prévention des risques consistant à :
respect. Le service de sécurité doit surveiller et
- identifier les risques soit : tester régulièrement tous les moyens de pré-
• par l’observation des mécanismes de pro- vention - protection. Il doit sensibiliser l’ensem-
duction, des procédures, des comporte- ble du personnel sur les risques créés par les
ments, etc., activités de l’entreprise ;

32 EL-HIMAYA N°19
Dossier Prévention

- traiter les risques en mettant en place les me- Il ne faut jamais perdre de vue qu’à la première
sures de prévention et les moyens de protection minute de l’incendie, il suffit d’un verre d’eau pour
appropriés. en venir à bout. A la seconde minute, un seau d’eau
Ces mesures de prévention peuvent consister : suffit. A la troisième minute, il faut un réservoir. Au-
delà, on se débrouille.
• au choix d’un matériau non combustible
lors de la construction d’un édifice, b : Concertation avec les autres entreprises :
• à la mise à la terre électrique des masses Il serait souhaitable que les entreprises exerçant
métalliques pour l’évacuation de l’électricité dans un même secteur d’activité, dans les limites
statique, que leur permet le contexte concurrentiel, instau-
• à la maintenance préventive, rent un cadre de concertation, pour échanger leur
expérience en matière de gestion des risques et
• à l’assèchement des pièces d’une machine
des sinistres. De cette manière, les unes pourront
ou
s’inspirer de l’expérience des autres en matière de
• à l’application de lubrifiant sur des organes prévention des risques d’entreprises.
après bris, pour éviter les corrosions supplé- En maîtrisant au mieux ses risques, l’entreprise ne
mentaires, etc. transférera aux services de la protection civile que
Quant aux moyens de protection, ils peuvent être les risques qui échappent à son contrôle, pour les
les moyens de premiers secours (détecteurs, ex- prendre en charge dans les plans d’urgence (PII,
tincteurs et RIA etc.), Plan Orsec, etc...).

c : Promouvoir la formation en gestion des ris- En conclusion, nous sommes tous interpelés tous
ques : pour faire évoluer les choses et il est indispensable
Promouvoir la formation des responsables des que nous agissions, ensemble, en approfondissant
entreprises en gestion des risques pour mieux cer- certaines pistes de réflexion.
ner et gérer les risques qui peuvent surgir au sein La prévention des risques doit refléter un état
de leurs établissements ce qui va permettre aux d’esprit. Ce qui doit être permanent, c’est la prise
services de la protection civile de mieux prendre en de conscience de sa problématique et de ses en-
charge uniquement les grand risques et les grands jeux par les différents acteurs.
moyens qui devront être mis en place pour faire Ce faisant, l’entreprise garantira sa pérennité et
face à un accident grave et les plans d’urgence qui sa profitabilité. L’Etat, soucieux de protéger l’éco-
doivent être mis en œuvre dans ce genre de situa- nomie nationale, trouvera, à travers la sauvegarde
tion. de l’outil de production et la préservation des vies
humaines, un motif réel d’implication active.

EL-HIMAYA N°19 33
Actualité

Le wali d’Oran, donne le coup d’envoi de la


saison estivale.

OUVERTURE DE LA SAISON
ESTIVALE A ORAN
LE WALI APPELLE AU SENS CIVIQUE DES CITOYENS

La localité balnéaire A croire qu’elle se doutait que pas ménagé d’efforts en vue
de Aïn El Turck a les amoureux du sable d’or et de faire des 150 kilomètres de
des rivages enchanteurs al- côte de la wilaya avec ses 32
pris énormément de
laient plaider sa cause pour plages autorisées à la baignade
couleurs après les en faire l’élue annonciatrice de sur les 34 existantes, équipées
travaux d’aménagement l’ouverture solennelle de la sai- de cabines d’habillage, de dou-
et d’embellissement son estivale. ches et de sanitaires, une desti-
auxquels elle a pu avoir Il faut dire que les autorités lo- nation privilégiée des estivants
cales, le wali à leur tête, n’ont et partant, ont permis à l’un de
droit ces derniers mois.

34 EL-HIMAYA N°19
Actualité

Le wali visitant un des stands de la Protection civile

ses plus beaux sites de briguer respectant les règles et mesu- pour renforcer le dispositif mis
cet honneur. Le long du boule- res de prévention et de sécurité en place), répartis sur les 370
vard du front de mer, l’orchestre en matière de baignade, sa- plages autorisées à la baignade
donnait libre cours à ses ins- luant au passage les sacrifices sur toute la bande littorale du
truments de cuivre, alors que consentis par les hommes de la pays.
d’innombrables stands d’expo- Protection civile, leur constante Entre autres efforts supplé-
sition de la Protection civile, de mobilisation et leur disponibilité mentaires consentis par le sec-
la Sureté nationale du tourisme, en vue d’assurer la sauvegarde teur, le renforcement du dispo-
de l’artisanat, de jeunes entre- des vies, des biens et de l’envi- sitif de sécurisation des plages,
preneurs et artisans occupaient ronnement. en sus du facteur humain, par
le trottoir, attirant les badauds Autres facteurs et non des l’apport de matériels et équipe-
de tous âges, séduits par ce moindres qui ont plaidé en fa- ments d’intervention (présence
spectacle de rue inhabituel. veur de la corniche oranaise, la de zodiacs et d’embarcations
Avant d’annoncer l’ouverture fait qu’elle ait été l’une des plus semi-rigides au niveau des
officielle de la saison estivale, le fréquentée en 2013 et qu’elle ait plages sensibles, d’ambulan-
wali a, dans une allocution de eu également le taux le moins ces…), visant à assurer l’effica-
bienvenue aux nombreux invités élevé de décès par noyade. cité des secours à personnes.
présents dans la tribune amé- Pour garantir la sécurité des Malgré tout cela, la sensibili-
nagée pour la circonstance, mis baigneurs, la Protection civile a sation et l’information des bai-
l’accent sur les efforts déployés mobilisé près de 15.000 hom- gneurs sur les règles de pruden-
par les pouvoirs publics à l’ef- mes (1000 surveillants de bai- ce à observer restent le moyen
fet de rendre le séjour des esti- gnades professionnels, plus de le plus sûr que les services de
vants le plus agréable possible, 12.000 surveillants saisonniers proximité de la Protection civile
appelant les Oranais à perpé- sans parler des 380 plongeurs entendent renforcer également
tuer les traditions d’hospitalité professionnels dont 160 pré- au niveau des plages tout au
et à faire preuve de civisme, en levés des wilayas de l’intérieur long de la saison estivale.

EL-HIMAYA N°19 35
Brèves

BREVES
LES VARAPPEURS A L’ASSAUT SECOURISME DE MASSE
DU TELEPHERIQUE DE CONSTANTINE VERS UN COUP
Les jeunes grimpeurs d’Alger, de D’ACCELERATEUR
Blida, de Bouira, de Tizi-Ouzou, de
Tlemcen et d’Annaba étaient les hôtes
de leurs homologues chevronnés de
Constantine, au milieu des célèbres
gorges du Rhummel pour un stage de
formation IMP1 de secours sur télé-
phérique initié dans le cadre de l’exé-
cution du programme de coopération
algéro-française.
L’Ecole du GRIMP de Bab-El-Kan-
tara a vécu pendant les cinq jours
du stage (du 6 au 10 avril 2014) au
rythme d’un apprentissage particu-
lièrement enrichissant, animé par les
lieutenants Denis Diologent, Marc
Palpacuer de la Sécurité civile fran-
çaise, du capitaine Hocine Haddag
de la Direction générale de la Pro-
tection civile et en présence du res- Secouristes volontaires en démonstration
ponsable de la coopération techni-
que algéro-française, le colonel P.
Les Grimpeurs à l’assaut Rodriguez. Bien que la formation au secourisme
du téléphérique dédiée au large public continue son pe-
tit bonhomme de chemin, session après
Lors de ce stage, session, faisant atteindre le nombre d’ap-
les jeunes grimpeurs prenants formés à celui de 58.563 avec
des 7 wilayas dont 51.087 apprenants admis ou en d’autres
Constantine, au nom- termes détenteurs de diplôme de secou-
bre de 16, après avoir riste, arraché dans un des 1.886 centres
pris connaissance des qu’animent pas moins de 3.179 forma-
objectifs du stage, teurs à travers les 48 wilayas du pas au
contrôlé le matériel in- début du mois de juin 2014, l’opération
dividuel et repéré les est appelée à connaître un nouveau coup
sites de manœuvres, d’accélérateur.
devaient se familiari- C’est ce que laissent entendre les pro-
Remise de diplôme, ser à coup d’exercices pos valorisants que n’a cessé d’émettre
sanctionnant la fin de stage avec l’autonomie et le le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur
parcours complet sur corde avant de s’attaquer aux techni- et des Collectivités locales à propos de
ques spécifiques d’abordage de cabine et d’évacuation de cette initiative aux effets positifs insoup-
victime, de progression et de sécurité sur pylône, suivis de çonnables lors de ses récentes visites
manœuvre nocturne consacrée au déplacement sur câble. aux structures tant centrales que loca-
Les stagiaires, en appel à l’occasion des exercices prati- les de la Protection Civile, invitant ou
ques d’évaluation exécutés au cours de l’avant-dernier jour plutôt encourageant les animateurs de
du stage, allaient mettre à profit toutes les techniques vues cette importante opération à redoubler
et apprises au niveau des ateliers sur le site d’exploitation, d’efforts à l’effet de concrétiser l’objectif
donnant entière satisfaction aux animateurs de ce rendez- tracé par ses initiateurs dès le lancement
vous dédié à la formation, laquelle, rappelons-le a été sanc- de la première session de formation, fin
tionnée par la remise de diplômes aux apprenants novembre 2010 ; celui d’ «un secouriste
par famille».

36 EL-HIMAYA N°19
Brèves

BREVES
VOUS Y AVEZ PENSE… REDEPLOIEMENT DES EFFECTIFS
LA DIRECTION DE PLONGEURS
DE PROTECTION CIVILE A LA RESCOUSSE DES WILAYAS
D’EL-TAREF L’A FAIT COTIERES

Pour votre sécurité appelez tel ou tel autre nu-


méro de la Gendarmerie nationale ou de la Su-
reté nationale. Chaque 10, 20 ou 30 bornes vous
ne voyez que ces panneaux et vous vous êtes Les plongeurs lors de la manœuvre
souvent dit pourquoi n’y a-t-il pas de panneaux de Beni Haroun (Mila)
de la Protection civile pour mettre en garde ou
pour inviter les citoyens à se rapprocher de leurs
services en cas de nécessité ?
C’est fait ou plutôt, la DPC d’El-Taref l’a fait. Il faut dire que du côté de la Direction générale
L’initiative est encourageante et devrait être gé- de la Protection civile, l’on n’a pas attendu le dé-
néralisée. Cependant, le contenu des panneaux but de la saison estival et les premiers cas de
devrait être soumis à l’approbation de la Direc- noyades en mer pour mettre les bouchées dou-
tion de la Prévention, ne serait-ce que par souci bles, en procédant au renforcement des capa-
d’uniformisation des textes et de justesse dans cités opérationnelles du secteur pendant cette
la traduction. période.
En arabe, le texte est irréprochable mais sa tra- En effet, pas moins de 160 plongeurs issus des
duction en français l’est moins. Le vocable de « wilayas intérieures du pays ont été appelés à la
difficultés » devrait être remplacé par celui de rescousse dans le cadre d’un redéploiement au
« danger », autrement, un usager qui aurait un profit des wilayas côtières.
pneu crevé, pourrait, s’il est un peu francophone De toute évidence, cet apport en moyens hu-
sur les bords, appeler les numéros inscrits sur le mains qui ne manquera pas de sécuriser davan-
panneau pour un éventuel coup de main. tage les 370 plages autorisées à la baignade,
Cela dit, d’autres panneaux de sensibilisation n’en permettra pas moins aux professionnels
sont à l’étude et devrait, entre autres, mettre en mis à contribution, de garder aussi bien la forme
garde contre des dangers précis comme l’instal- que les bons réflexes.
lation dans certaines régions et signaler à l’in-
tention du public « Attention zone inondable »…

EL-HIMAYA N°19 37
Brèves

Le Directeur Général
de la Protection
Civile en compagnie
de son homologue
espagnol, le
Directeur Général de
la Protection civile et
des Urgences

GESTION DES CATASTROPHES


MAJEURES EN MEDITERRANEE
L’EXPERIENCE ALGERIENNE COMME REFERENCE
Prenant part aux travaux du et plus particulièrement, celles du Royaume d’Espagne.
séminaire international consa- de l’Est du pays, il ne manquera Les deux responsables se
cré à « la gestion des catastro- pas d’en valoriser l’apport po- sont également entretenus sur
phes majeures en Méditerranée sitif et sa contribution décisive les nombreuses opportunités
occidentale et à la contribution dans la réduction des effets d’échange avantageux offer-
des forces armées lors de la dommageables de ces situa- tes par l’accord administratif de
survenue d’une catastrophe », tions de catastrophe. coopération tels que les échan-
initié par le ministère espagnol L’exposé présenté par le Di- ges d’experts et d’expérien-
de la Défense, à l’occasion de recteur Général sur l’expérien- ces, la formation, l’organisation
la célébration du 10ème an- ce algérienne a été suivi avec de manœuvres et d’exercices
niversaire de l’initiative « 5+5 beaucoup d’intérêt par l’assis- communs permettant aux équi-
Défense », le Directeur Général tance qui a pu en apprécier la pes d’intervention des deux
de la Protection civile, le co- richesse et par conséquent, les pays d’atteindre l’interopérabi-
lonel M. El-Habiri a saisi cette résultats encourageants qu’elle lité, synonyme d’efficacité dans
opportunité pour entretenir les a permis d’atteindre en termes la prise en charge des situations
participants à propos de l’ex- d’efficacité dans la gestion des d’urgence ou de catastrophe
périence algérienne en matière différents aléas subis. avant d’aborder le volet relatif à
de collaboration, de coordina- la mission de mise en œuvre de
En marge des travaux du sé-
tion et d’interopérabilité entre l’accord entre les deux institu-
minaire, le Directeur Général de
les défenses civile et militaire tions dévolue à la commission
la Protection civile a été reçu au
dans les situations d’urgence et mixte, appelée à tenir sa pre-
siège de la Direction Générale
de catastrophe. mière réunion à Alger.
de la Protection civile et des
Mettant en exergue la parfaite Urgences par son homologue Le Colonel M. El-Habiri fut, par
synergie qui a pu s’opérer entre espagnol pour une importante ailleurs, convié à visiter l’Ecole
la Protection civile et l’Armée séance de travail se rapportant nationale de Protection civile
nationale populaire lors des aux relations bilatérales dans espagnole, le Centre de coor-
inondations de Bab El-Oued, le domaine de la défense ci- dination des appels du 112 de
de Ghardaïa, du séisme de vile ainsi que sur les modalités la région madrilène ainsi qu’un
Boumerdès ou encore à la suite de mise en œuvre de l’accord certain nombre de casernes de
de la vague de froid et des tem- administratif de coopération sapeurs-pompiers de la Capi-
pêtes de neige qui ont frappé scientifique et technologique tale de la péninsule ibérique.
la majeure partie des wilayas en la matière conclu entre notre
du nord du territoire national, ministère de l’Intérieur et celui

38 EL-HIMAYA N°19
Evènement

ZOOM
Sur

LES CARAVANES MÉDICALES


DE LA PROTECTION CIVILE
OU LA VOLONTE DE VAINCRE LES
DISTANCES ET L’ENCLAVEMENT

Par le Lt.Colonel A. SAADI


Sous-Directeur des Secours médicalisés

En application de l’instruction donnée par le ministre d’Etat, ministre de l’Inté-


rieur et des Collectivités locales, à l’occasion de la visite de travail effectuée le
22 avril 2014 au siège de la Direction générale de la Protection civile, appelant les
directions relevant du secteur à travers l’ensemble du territoire national à organi-
ser des sorties sur le terrain dans les zones rurales et isolées en vue d’y assurer
des consultations médicales et des soins au profit des populations ; la DGPC a
tracé un programme annuel national visant la concrétisation de cet objectif, en
collaboration avec les services des wilayas, en l’occurrence, les services de l’ad-
ministration locale, les directions de la santé et de la population ainsi que celles
de l’action sociale.

Les populations concernées ont été aussitôt in- - Des Produits pharmaceutiques et paraphar-
formées par le biais des émissions radiophoniques maceutiques acquis par l’intermédiaire des
et des flashs d’information diffusés sur l’ensemble Directions de l’Administration Locales des Di-
des wilayas à travers les radios locales, les cor- rections de la Santé et de la Population des wi-
respondants de presse locaux ainsi que par le layas ;
biais d’affichage à travers les A.P.C des régions - Des médecins officiers et des psychologues
ciblées. cliniciens de la Protection Civile ;
Cette opération à nécessité la mobilisation d’im- - Des médecins, dentistes et infirmiers de la
portants moyens au niveau de toutes les directions santé public au niveau des wilayas de ; Biskra,
de protection civile, soutenue par ceux des direc- Tindouf, Bouira, Tamanrasset, Tlemcen, Tébes-
tions des wilayas à savoir : la DAL, la DSP et la sa, Djelfa, Msila et El Oued ;
DAS. Ces moyens consistent en:
- Des Psychologues cliniciens des Directions
- Des ambulances de la Protection Civile ; de l’Action Sociale des wilayas de Bouira, Illizi,
- Des véhicules de liaison de la Protection Civile Biskra Tindouf, Tamanrasset et Ain Defla ;
et des services de la wilaya ; - Distribution de tentes, couvertures et denrées
- Du Matériel médical et des produits pharma- alimentaires au niveau des wilayas de Taman-
ceutiques d’urgence de la Protection civile ; rasset et de Tindouf.

EL-HIMAYA N°19 39
Evènement

Les membres de la caravane médicale de la DPC de Mascara, s’apprêtent à entamer leur noble Mission

Le coup d’envoi en a été donné le 8 mai 2014 à sées à cette occasion ; aussi nous contenterons-
Mascara par le wali de la wilaya avant que Tindouf nous de rapporter, au hasard et à titre illustratif,
ne lui emboite le pas, une semaine plus tard, plus l’atmosphère vécue par quelques wilayas seule-
exactement, le 17 mai. ment, comme à Oued Souf, où renforcée par la
Depuis, c’est le branle-bas de combat au niveau présence du Samu, du Croissant rouge et de la Di-
de toutes les Directions de protection civile dont rection de la Santé de la wilaya, la caravane de la
les médecins, aides-soignants et psychologues, Protection civile fut très active et ce dès le 27 mai,
sont mobilisés pour la circonstance. Les caravanes puisque plus de 400 consultations avec distribu-
composées de plusieurs camions et ambulances tion de médicaments ont pu être effectuées par
s’organisent et commencent à sillonner les villa- ses équipes au profit des populations nomades qui
ges, hameaux, lieux-dits et autres coins perdus… ont très bien accueilli cette initiative ; la considé-
Apportant dans leurs trousses et bagages, l’espoir rant comme un grand événement.
d’un isolement, enfin, vaincu. Le 29 mai, ce fut au tour de la caravane des mé-
Pas moins de 12594 personnes de tous âges ont decins de Médéa de se mettre en mouvement. Pas
pu bénéficier de consultations médicales, de soins moins de 312 villages et hameaux enclavés, dissé-
médicaux d’urgence données par des officiers minés entre monts et collines et appartenant aux
médecins, des cliniciens ainsi que des aides-soi- 58 communes que comptent la wilaya figurent sur
gnants alors que certains d’entre eux ont été éva- la liste des lieux dont les habitants sont concernés
cués vers des structures sanitaires spécialisées, à par les auscultations médicales.
travers l’ensemble du territoire national. A l’occasion d’une première halte au niveau des
Il serait long et peut-être même fastidieux d’égre- communes isolées de Ouled Hellal et de Bouaiche,
ner les wilayas, l’une après l’autre et d’en citer cha- les médecins caravaniers ont pris en charge plus
que lieu pour rendre compte de l’importance du de 130 personnes souffrant de différentes patho-
travail effectué par les équipes médicales mobili- logies, distribuant aux uns des médicaments et

40 EL-HIMAYA N°19
Evènement

Médecins de Mila à l’œuvre

procédant à l’évacuation d’autres malades vers les Touggourt, Temacine, Mégarine et El-Hed-
services spécialisés du centre hospitalier. jira constitueront les toutes prochaines haltes de
Dans la wilaya de Ouargla, la caravane sanitaire l’équipe médicale de la Protection civile qui envi-
de la DPC a été au rendez-vous avec les habitants sage de passer au peigne fin les hameaux les plus
des localités reculées de Hassi-Khouildat et de éloignés.
Hassi El-Bekra, relevant de la daïra de Hassi-Mes- Les services de la Protection civile de la wilaya
saoud puisque pas moins de 560 personnes y ont de Tlemcen ont, eux également, entamé les sorties
bénéficié de consultations et de soins médicaux médicales ciblant des nécessiteux dans les zones
alors que 120 d’entre eux se sont vus distribuer rurales et steppiques éloignées.
des médicaments. A signaler au passage que la Le staff chargé de ces sorties, composé de mé-
wilaya a contribué au succès de l’opération par decins, de psychologues, d’une sage-femme et
des dotations en produits pharmaceutiques et mé- d’infirmiers, et disposant de tous les moyens re-
dicaments. quis, a choisi la commune steppique de Sidi-Djillali

EL-HIMAYA N°19 41
Evènement

comme première étape pour se rendre ensuite effectué entre les caravaniers de la Protection ci-
vers Sebdou puis à Aïn Talout, mettant l’accent sur vile et les différents services de santé de wilayas à
l’aspect préventif en prodiguant des conseils liés travers l’ensemble du territoire nationale a donné
à l’hygiène sanitaire, contre les maladies à trans- des résultats, le moins que l’on puisse dire, en-
mission hydrique (MTH), les zoonoses et au com- courageants, comme peuvent en témoigner les
portement à tenir par les personnes âgées et les habitants de ces localités isolées et souvent encla-
malades chroniques, dont les diabétiques durant vées qui y ont vu une attention, particulièrement, à
le mois du Ramadhan, surtout en pareille période propos et de nature à préserver et à renforcer les
marquée par la remarquable montée du mercure. liens de solidarité entre toutes les couches de la
Le travail d’entraide et de collaboration qui s’est société.

42 EL-HIMAYA N°19
Evènement

Les caravanes médicales de la Protection civile Nous reviendrons sur ce sujet avec de plus amples
ont, pendant le mois sacré du Ramadhan, conti- détails dans notre prochaine édition. Par la même
nué à sillonner les villages dans de nombreuses occasion, nous essaierons de recueillir les avis et
wilayas, considérant cette période de piété et de propos des habitants sur le déroulement de cette
solidarité envers les plus démunis comme propice opération d’envergure ainsi que ceux des équipes
à davantage d’efforts et de sacrifice pour en per- médicales mobilisées pour la circonstance.
mettre un plein succès.

EL-HIMAYA N°19 43
Evènement sportif

TOURNOI PROFESSIONNEL
NATIONAL INTER UNITES
LE SPORT ADAPTE REPREND
SES DROITS

Par le Lt.Colonel A. SAADI


Sous-Directeur des Secours médicalisés

Allez au pas de course lorsqu’il y a alerte, courir avec un blessé porté sur un
brancard pour rejoindre l’ambulance, sauter un obstacle de pierre, de feu…,
ramper sous les décombres, plonger à l’eau ou grimper un arbre, un mur, un
balcon pour secourir une victime, sont des actions que les agents de la Protection
civile commettent au quotidien à l’occasion de chaque intervention.

Faire de tous ces gestes reproduits à satiété une désignation des membres des jurys, la médiati-
discipline sportive, objet de compétition et décer- sation de l’évènement, la recherche d’éventuels
ner aux meilleur(e)s un prix dont ils tireront, pour sponsors, a opté pour la création d’un « Prix inter
longtemps, orgueil et fierté, éveillera à coup sûr unités » devant être décerné à l’unité lauréate. Une
leur intérêt pour chacun de ces gestes, leur en fera manière très pédagogique d’encourager l’esprit
saisir la portée vitale. d’équipe et de corps.
Ainsi donc, impulser cette dynamique au sein du Après une première rencontre des membres de la
secteur et susciter la curiosité professionnelle des commission, il a été décidé d’axer le tournoi autour
agents vont être des motifs suffisamment valables des disciplines qui portent sur l’activité opération-
pour que la Direction générale de la Protection nelle des agents de la protection civile, ouvrant
civile pense à mettre sur pied des compétitions la participation aux épreuves à tous les agents et
sportives adaptées au métier de l’agent sous for- sous officiers en fonction au sein du secteur, sans
me d’un tournoi professionnel national inter unités distinction d’âge ou de sexe. Quant aux choix des
intéressant toutes unités d’intervention du corps membres du jury, au nombre de 4, il sera fait par
réparties à travers le territoire national. les directeurs de wilayas pour la première phase,
Ce tournoi, qui créera l’émulation chez les agents selon leurs compétences et leur maîtrise des do-
de la protection civile n’en aura pas moins pour but, maines dans lesquels les agents devront concourir
également, d’amener les agents à s’intéresser da- alors que pour les autres phases, leur désignation
vantage aux métiers qu’ils exercent et par voie de incombera à la commission nationale.
conséquence, à assurer un service de qualité aux En plus des épreuves sportives portant sur des
citoyens par une maitrise parfaite des techniques exercices en rapport avec l’activité professionnelle
de secours et de sauvetage ainsi que des gestes et et à laquelle les agents sont habitués comme la
actes qu’ils devront exécuter dans l’accomplisse- table irlandaise, le parcours de 200 mètres avec te-
ment des missions qui leur sont imparties. nue réglementaire d’intervention et sac à dos avec
La commission centrale qui a été installée par le une charge de 20 kilogrammes, le grimper à la cor-
Directeur Général de la Protection civile et devait de et le déroulement et roulement du dévidoir, les
s’atteler à concrétiser plusieurs missions dont compétiteurs seront soumis à une épreuve orale
entre autres, l’organisation du tournoi, des com- se rapportant aux matières essentielles enseignées
pétions sportives, le suivi de leur déroulement, la en vue de l’exercice du métier tels que le secou-

44 EL-HIMAYA N°19
Evènement sportif

risme, l’extinction, le sauvetage et la prévention,


en sus d’une question de culture générale.
A souligner, au passage, que les agents appe-
lés à concourir au nom de leur unité reçoivent le «
prix inter unité » qui est une récompense profitant
à l’unité dont ils font partie ainsi qu’à l’ensemble
de son personnel en même temps que d’autres
récompenses personnelles pour les efforts indivi-
duels fournis.
Le tournoi s’est déroulé en trois phases distinc-
tes.

Première phase :
Une phase préliminaire s’est tenue du 19 janvier
au 28 février 2014 au niveau de chaque wilaya,
mettant en compétition l’ensemble des unités pour
parvenir à dégager l’unité qui aura l’honneur de re-
présenter la direction de wilaya lors de la phase
régionale.

Deuxième phase :
La seconde phase, appelée régionale parce que
réunissant les unités par zone géographique a eu
lieu au niveau de la D.P.C de Sétif pour la région
Est, de celle de Boumerdès pour la région Centre,
de la D.P.C de Mascara pour la région Ouest et de
la D.P.C de Ouargla pour la région Sud.
Les résultats et les classements après délibéra-
tions des commissions régionales, ont été établis
comme suit :

EL-HIMAYA N°19 45
Evènement sportif

Parcours de 200m avec tenue d’intervention et Epreuve du déroulement et roulement de


sac à dos avec une charge de 20 kg à Ouargla. dévidoir à Sétif

Tous les agents des unités qualifiées au niveau nant un survêtement et des trainings offerts par
de chaque wilaya, ont reçu un « prix wilaya » la société Nationale «Sonatrach» et la société Na-
comportant un trophée et un sac de sport conte- tionale «Naftal».

46 EL-HIMAYA N°19
Evènement sportif

L’unité secondaire de Sidi Ali de Mostaganem, sur la plus haute marche du podium à l’ENPC.

Troisième phase : - Un téléviseur LED 39 pouces


Les quatre unités issues des tournois régionaux, - 04 tablettes tactiles 07 pouces
se sont retrouvées en phase finale à l’Ecole Natio- - Un trophée
nale de la Protection Civile.
- Une attestation
A l’issue de cette dernière phase, le classement
final après délibération a été établi comme suit :
4) Quatrième Prix ; décerné à l’unité secondaire
de Bechloul (Direction de la Protection Civile de la
1) Premier Prix ; décerné à l’unité secondaire de Wilaya de Bouira), comprenant :
Sidi Ali (Direction de la Protection Civile de la Wi-
- Un téléviseur LED 32 pouces
laya de Mostaganem), comprenant :
- 04 tablettes tactiles 07 pouces
- Un téléviseur LED 50 pouces
- Un trophée
- 04 PC portables
- Une attestation.
- Un trophée
Il y a lieu de préciser que les quatre prix nationaux
- Une attestation
ont été sponsorisés par les sociétés conserverie
de viandes d’Algérie « BELLAT » et Condor Elec-
2) Deuxième Prix ; décerné à l’unité secondaire tronics ».
de Meskiana (Direction de la Protection Civile de la Esprit de combativité et saine émulation ont mar-
Wilaya d’Oum El Bouaghi), comprenant : qué ses joutes qui, partout où elles se sont tenues,
- Un téléviseur LED 40 pouces se sont déroulées dans un climat fraternelle et une
- 04 tablettes tactiles 10 pouces ambiance festive, faisant se retrouver les enfants
d’une grande et même famille qui, à travers ces
- Un trophée
compétitions ne visent qu’un seul objectif, avoir les
- Une attestation capacités nécessaires à même de leur permettre
d’offrir des prestations de service qui répondent
3) Troisième Prix ; décerné à l’unité principale aux attentes des citoyens.
d’El Oued (Direction de la Protection Civile de la
Wilaya d’El Oued), comprenant :

EL-HIMAYA N°19 47
Evènement sportif

LE PREMIER
CHALLENGE NATIONAL
DU SPORT ADAPTE AU
METIER D’AGENT DE LA
PROTECTION CIVILE
UTILITARISME OBLIGE…

Par le Lt.Colonel ALI BROURI


Sous-Directeur de l’Action Sociale

Le premier challenge national du sport adapté au métier d’agent de la Protection


civile, rappelle à ceux qui exercent le métier la place prépondérante qu’y occupe
la pratique sportive et l’intérêt qu’il y a lieu de lui accorder si l’on espère quelque
amélioration qualitative de la prise en charge de l’action opérationnelle.

Philosophie utilitariste oblige server à la détente est rattrapé parlerait point de sport adapté.
ou nécessité induite par la gra- par la volonté d’en rentabiliser Tout est ramené à la mission et
vité et le caractère sensible l’usage à l’occasion de l’ac- aux préoccupations de rapidité
des tâches à exécuter, même complissement des missions et d’efficacité dont dépend la
le temps que l’on prétend ré- échues. Autrement, l’on ne réussite.

Départ de
course avec
port de
brancard
(Boumerdès)

48 EL-HIMAYA N°19
Evènement sportif

C’est ainsi que les installations opérationnelles et comprenant : daise (planche d’environ 1m²
sportives de Boumerdès, d’El- la meilleure conduite de camion fixée horizontalement à une
Taref, de Mostaganem et enfin d’incendie tout terrain dans un paroi verticale, élevé à plus de
d’Oran ont abrité, respective- parcours particulièrement diffi- 2 mètres au-dessus du sol que
ment, du 27 au 29 mars, du 24 cile, fait de pentes abruptes et l’agent est obligé d’atteindre et
au 26 avril, du 8 au 10 mai, les de descentes prononcées et sur lequel il doit se redresser,
compétitions de la phase régio- dangereuses dans un massif reproduisant les gestes d’une
nale du premier challenge natio- boisé, la meilleure équipe se- opération de sauvetage de l’ex-
nal du sport adapté, réunissant couriste ambulancière doublée térieur d’un appartement) ; le
plus 2040 agents ou si l’on pré- de la conduite d’ambulance ; la monter de corde, la nage libre
fère athlètes, issus des wilayas course d’équipe avec port de et manœuvre de sauvetage en
du Centre et du Sud, de l’Est et brancard, la course avec sac à mer sans oublier le parcours du
de l’Ouest autour de 6 épreuves dos d’un poids de 30 kilogram- pompier.
directement liées aux activités mes ; le test de la planche irlan-

Parcours de
l’agent de
Protection
civile (El-Taref)

Il faut dire qu’à l’occasion de durant les joutes finales qui se meilleure équipe secouriste am-
ce premier challenge natio- sont déroulées à Oran, du 5 au bulancière confrontée au test
nal du sport adapté au métier 7 juin. d’une prise en charge réelle de
d’agent, le choix de la diffi- Les épreuves sportives victime, conduite par un méde-
culté a été délibéré. La volonté puisqu’il s’agit de compéti- cin et soumise à l’appréciation
de faire émerger les meilleurs tions entre 2040 athlètes ayant d’officiers médecins examina-
n’est, en tous cas, pas étrangè- consacré au finish les plus en teurs, le moins que l’on puisse
re à cette option. D’ailleurs de forme et les plus méritants du dire, intransigeants, le meilleure
nombreux compétiteurs furent fait de leur rapport étroit avec conducteur de camion incendie,
contraints d’abandonner que l’intervention et les conditions plongeur sauveteur en mer...
ce soit à Boumerdès, à El-Taref de sa réussite n’auront confir-
ou à Mostaganem ou encore mé, à titre d’exemple, que la

EL-HIMAYA N°19 49
Evènement sportif

Test de la
meilleure
équipe
secouriste
ambulancière
(Boumerdès)

La concurrence a été tellement trop d’effort, comme ce fut le qués et disqualifiés par les exa-
âpre entre les concurrents que cas pour certains brancardiers minateurs dont les membres
certains (heureusement peu qui se faisaient relayer par des veillaient au grain tout le long
nombreux) durent recourir à di- coéquipiers ou pour d’autres des différents itinéraires tracés
vers stratagèmes pour essayer qui vidaient leur sacs à dos de de la compétition.
de se retrouver en tête, sans quelque poids mais vite débus-

Conduite de camion
d’incendie tout terrain
(Mostaganem)

50 EL-HIMAYA N°19
Evènement sportif

C’est l’équipe de la wilaya que lors des joutes régionales, med Zabana par l’Equipe de
d’Oran qui s’est adjugée la pre- toutes les équipes qualifiées Protection civile de Khenchela
mière place de ce challenge ont reçu cadeaux et diplômes et celle de Dar El-Beida (UNII).
national du sport adapté au d’encouragement offerts par Un match très disputé avec une
métier d’agent de la Protection le sponsor de ces joutes, en équipe de Khenchela très tech-
civile avec une moisson de 12 l’occurrence, Ooredoo, le par- nique et accrocheuse, donnant
médailles dont 2 en or alors tenaire officiel de la Protection du fil à retordre à celle de l’UNII
que les seconde, troisième, civile. qui n’a réussi à prendre le des-
quatrième et cinquième places sus que dans les vingt derniè-
sont revenues, respectivement, res minutes du match, alors
En marge de cette compéti-
aux équipes de l’Unité natio- que le score était de 2 buts par-
tion, les amateurs de football
nale d’Instruction et d’Interven- tout, puisant dans l’expérience
étaient au rendez-vous avec
tion (UNII), de Souk-Ahras, de de ses éléments et tirant profit
la finale du championnat inter
Tissemsilt et de Mostaganem. de l’énervement de l’adversaire
unités, animée au stade Ah-
Faut-il rappeler au passage pour prendre le large.

Les finalistes du championnat inter-unités à quelques minutes du coup d’envoi de la rencontre.

EL-HIMAYA N°19 51
Evènement sportif

A quelques bornes du stade vétérans de Relizane et ceux d’El-Hamiz malgré la débauche


Ahmed Zabana, celui de Habib de l’UNII. Un match qui s’est d’énergie et les assauts répétés
Bouakeul devait être le théâtre terminé par un score de 2 à 1 des gars de Relizane.
d’une empoignade entre les en faveur des vieux briscards

Au théâtre d’Oran, à l’heure de la remise des médailles,


trophées et diplômes aux lauréates et lauréats du Challenge.

Le franc succès enregistré troisième fois consécutive et à des DPC aussi bien les instal-
par cette compétition de Bou- l’implication des autorités lo- lations sportives que les sites
merdès à Oran, en passant cales au niveau des quatre wi- d’hébergement sans parler de
par El-Taref et Mostaganem, layas et à leur tête les walis qui la mobilisation des services de
a été rendu possible grâce à n’ont ménagé aucun effort à sécurité et de la disponibilité de
l’action de sponsoring engagé l’effet de lever toutes les entra- l’ensemble des services locaux
par l’opérateur de téléphonie ves et anicroches qui pouvaient mis à contribution lors de ces
mobile « Ooredoo », partenaire en contrarier le bon déroule- joutes.
de la Protection civile pour la ment, mettant à la disposition

52 EL-HIMAYA N°19
... par l’image