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Manuel du meunier, et du

constructeur de moulin à eau


et à grains ([Reprod.]) par M.
Bucquet

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Bucquet, César. Manuel du meunier, et du constructeur de
moulin à eau et à grains ([Reprod.]) par M. Bucquet. 1790.

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TÎÏE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE

MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford 0X3 OBW; LK
Planche 1°

' Eleva àa?i clu Moulut.


DU M LE R%

ET DU CONSTRUCTEUR DE MOULINS

*i EAU ET
U OQ
Par M. B U ET.-
Nouvelle Edition revue, corrigée «Si beaucoup
augmentée, approuvée par l'Académie des
Sciences, & imprimée fous, fon Privilège,

A PARIS..
Chez ONFROY Libraire rue Sc-Vtâûr, N°. 11.
AVIS.
DE L'ÉDITEUR,
Notice Hijlorique fur l'Auteur du préfent
Mémoire.

Voici le dernier Ouvrage d'un Ci-


toyen prefqu'inconnû & qui cepeiidant
a mérité réellement l'eflime & lâ recon-
noiflance de fes compatriotes je vais
le leur prouver afin qu'ils s'acquittent
-de,ce devoir envers lui,
On ne retirait, il y a un fiécle que
livres de farine d'un fetier de bled, &
il en falloir quatre fetiers par an pour la
nourriture d'unfeul homme;la mouture s'eft
amélioré depuis, car felon M. de Vauban
trois fetiers de bled, produifant livres
de pain fumToient pour la .nourriture
du foldat.
La mouture économique établie par
le fieur Bucquet dans plu fleurs Pro-
vinces du Royaume par ordre du Gou-
A
vernement a réduit cette consommation
qui produifént
a deux fetiers de bled
380 livres de farine Se livres de pain.
Cette augmentation de farine provient
de la mouture des gruaux qu'on laiifoit
auparavant dans le ion parce que les J

vices de conftructio.n'des moulins ne per-


mettoient pas de les remoudre ce que
le fieur Buquet a rendu facile en perfec-
tionnant les moulins & la mouture. La
perte de ces gruaux étoit d'autant plus
confidérable, qu'ils contiennent le germe
du bled la farine la plus favoureufe
la plus fubftancielle & que l'on emploie
maintenant a faire les pâtes &. patineriez
les plus délicates.
Il réfulte de cette perfection des mou-
lins & de la mouture un tiers de bé-
néfice & d'économie fur la conibmmation
France puifdu'il n'en fauc
des grains en
plus que deux fetiers par an au lieu de
trois pour la nourriture d'un homme,& que
deux fetiers produifént plus de farine
ces
& de pain.
Ce bénéfice d'un tiers tant en qualité
qu'en quantité ftyr la confotnmation des
grains, eft pour la France un objet- con-
ftdérable, & qui deviendroirmimenfe" f
notre Agriculture \étoitr ce qu'elle pour-
roit & ce qu'elle -devroit êar€>^
L'année commune de lawrécoîte, des
grains en France eft de, millions de
fetiers. Si la culture étoit .dans tout le,
Royaume ce qu'elle eff en Flandre dans
l'Ifle de France & dans le pays dcCaux,
l'année commune ferait de 80 millions
de fetiers au moins & feroit de plus
de 160 millions de fetiers fi les landes,
bruyères & marais, qui couvrent encore
un tiers au moiiis du Royaume, étoient
en bonne culture. Dans ce cas la po-
pulation doublerait la France pourroit
contenir 32 millions d'habitans qui con-
fommeroient foixante quatre millions
de fèriers de bled & nous aurions
au moins 96 millions à vendre chaque
annéc qui à 12. liv. le fetier en routes
efpèces de grains, produiraient un milliard
'î<,z millions, dont moitié réfufoeroit de
la perfection des moulins & de la mouture.
Tel eft l'état ou nous devrions être, &
voici l'état où nous femmes.
On ne compte en France que
millions d'habitans^qui du tems de M. de a
Vauban confommoient millions de
fetiers de bled & qui n'en confomment
ou n'en doivent plus confommér que 32
millions^ en fe nourifTant mieux. C'eft
donc fur,, notre confommation une éco-
nomie annuelle de 16 millions de fetiers
qui évalués l'un dans l'autre à 12 liv.
le fetier valent millions qui le per-
doient chaque année, & que l'on gagne
par les moulins & la mouture écono-
mique. Or depuis vingt cinq ans au
moins que cette mouture eft établie le
fieur Buquet a donc enrichi la France de
quatre milliards 800 millions.
Quel eft le François qui ait enrichi
fa Patrie auffi prodigieufement pour le
prêtent & plus encore pour l'avenir
Et quel eft celui qui pour faire autant
de bien aurGit eu comtne M. Buquet,
le courage de facrifier le tems le plus
précieux de fa vie fa fortune, fa tran-
quillité & fâ fanté ï Il encres-vrai qu*ërr
parcourant Ies Provinces du Royaume
par ordre du Gouvernement pour y
réformer les moulins & la mouture le
fieur Buquet n'a éprouvé que, des con-
tradictions des persécutions qu'il a
même plufieurs fois rifqué fa vie parce-
qu'on le regardoit comme rinftrument
d'un affreux monopole ,"& cela tandifque
par-tout des procès-verbaux authentiques
conftatoient les fuccès de fes opérations
( i ) enfin il eft également vrai que ce
bon citoyen n'a reçu aucune récompenfe,
& qu'on n'a ceffé de le perfécuter que
depuis que fa vieilIeflé fes infirmités &
fon malaife ont défarmé fes ennemis.
Dans cet état de détrelîè le fieur
Buquet n'a pas ceffé de fe rendre utile
le Mémoire fuivant n'eft qu'une nouvelle
édition corrigée augmentée dinerem-
ment rédigée, de fon Manuel du Meû-
nier & du Charpentier de Moulins

( i ) Voyez le Mémoire in-40. imprimé à Dijon en


& qui fe vend chez le fieur Buquet.
imprimé par ordre du Gouvernement
en
l'approbation de l'A-
cadcmiexlÇoyale des Sciences. Il èit auffi
l'Auteur du Traité pratique de la Con-
férvation des grains & farinesr&_d10bfer-
vations fur la Boulangerie, qu'il a publié
en Il'1)1,, en deux volumes in- 8°. avec
figures
ce qu'a fait le fieur Buquet

noiilance de le.; compatriotes.


Il nous relie un devoir a remplir
c'eil celui défaire connaître le respectable
auteur de tout le bien 'qu'a fait le fleur
Buquet, & dont il l'eut certainement fait
récompenfer s'il émit relié en place. Nous
ne nommerons point ce Minière parce
que' nous n'en avons pas la permifïion
niais nous dirons que c'ell fous Ion Mi-

Royales d'Agriculture., les Chaires d'E-


conomie Rurale les Ecoles Royales

4iinli que Cciui-ti,


Mines & cette, précieufe liberté du
commerce des grains, pour laquelle il lui
a fallu combattre tant
d'efprit de corps
tant d,e préjugés tant de cabales &
vaincre tant de réfiftances.
C'eft ce Ministre qui par tous ces
crabliflemens & par tous fes foins pour
l'Agriculture, a conquis à lui feul pour
îerRok, une grande partie de fon Royaume,
par les défriehemens immenfes
qu'il a
occafionné. C'eft auflî à ce Miniftre d'Etat
les Lettres font redevables des richeffes
que
étonnantes & uniques que nous a laine
le célèbre. feû Court de Gebelin le
Génie le plus vafte que la France ait pro-
duit, & reconnu pour tel par toutes les
Académies par tous les vrais Savans
ce que nous lemmes en
état de prouver
C'eft ce Minière
par fa Correfpondance.
qui a intéreiïë les fàvans Voyageurs à
recueillir dans toutes les parties du
Monde les manuferks les livres &
les monumens dont Gebelin feuï pouvoit
nous faire çonnoître le mérite enfin
c'eft encore à ce Miniftre qu'on fera,
redevable de la continuation du Monde
primitif, par les foins qu'il vient de prendre
pour acquérir & conferver les livres les
manufcrits & tous-les matériaux nécef-
faires pour achever cet excellent Ouvragew
M X K AIT du fécond Programme publié par î 'Académie
des Sciences en tj8 f pour le Concours par Elle propo fi
fur la
les moyens de perfectionner les Moulins Mouture
économique.

LA féconde pièce, qui a fixé


porte pour devife ces mots multa paucis, L'Auteur de
ce Mémoire a préfenté d'une manière très-exaâe tout ce
qui concerne la Mouture des grains & particulièrement
les procédés qui font propres à la Mouture économique
il eft entré dans tous les détails rélatifs à la conftruftion
des moulins, rde ceux en particulier qui font déflinés pour
la dernière de ces montures & prenant pour règle fa
propre devife, il s'eft appliqué à réunir beaucoup de chofes
dans un Mémoire peu étendu ces connoiflances.,raiem-
blées avec autant d'ordre que de clarté font proprement
un précis des meilleurs Ouvrages qu: ont été publiés fur
cette matière. >
LES Commiflaires nommés par l'Académie pour lui
fendre compte du Mémoire fur les moyens de perfectionner

Au
& qui a obtenu l'AcccHir en ayant rendu compte à l'Acadé-
mie, elle a jugé que cet Ouvrage étoit digne d'être imprimé
ious fon privilège. Septembre, 1786.

Jt certifie leprêfent Extrait conforme au jugement de l'Académie*

A Paris, ce 5 Septembre 1786.

Le Marquis DE ConooRCET Secrétaire Perpétuel.


ôbfervariohs préliminaires.
LE premier des Arts eft celui qui eft la fource
& l'aliment de tous les autres qui fait naître
toutes les matières premières & particulièrement
les grains.
Par fa néceffité pour nos premiers besoins
l'art de la conftruclion des moulins & de la mou-
ture eft le fecond.
Ces deux arts les plus utiles font cependant
les plus négligés les moins perfectionnés parce
qu'en général les hommes ne connoiffem point
leurs véritables intérêts parce que la Capitale eft
habitée par la plus grande partie des propriétaires
&' des Capitalistes qui préfèrent le monopole &
l'agiotage de l'argent & des papiers à des fpé-
culations fur l'Agriculture & fur les arts &
métiers utiles à moins qu'ils n'obtiennent des
Commerce&l'indultrie font gênéspar des impôts
indirects, des réglemens dés prohibitions& des

L'art du Meunier a tout au plusvingt années


de date je veux dire que ce n'eft que depuis
environ vingt ans qu'on a répandudes ^lumières
utiles fur l'arc de conflruireles Moulinsà bled
de dreflèr & rhabillerles meiiles d'étuver né-
toyer & conferve.les grains & d'en tirer par
la' mouture & la bluterie le meilleur produit
poffyle.
On commenceà convenir qu'un Meunier doit
connoître
il. Les qualitésdes différentesefpètesde grains
qu'on eft dans l'ufage de réduire en farine.
x°. La manière de les nétoyer & de les
étuver avant de les moudre.
3Q. La conftruaion de toutes les pièces d'un
Moulin leurs rapports entre elles leur mé-
chanifme leurs effets dans les différentes efpèces
faire faire
de moutures pour pouvoir faire ou
a-propos & convenablement les conftruûions &
réparations néceflaires.
Le bon choix des meules la manière de
les fécher & dreffer,
5 9. L'efpèce de rhabillage- des meules
qui
convient pour la différente mouture de chaque
efpèce de grain Séparément, pour celle des
bleds mélangés des bleds humides des bleds
fecs ,&c.
6Q. Les différentes efpéces de mouture.
Les différens bluteaux employer felon
les différentes moutures & les différens produits
qu'on en veut tirer.
8°.es mélanges de farines les plus avantageux
pour le peuple.
L'art de conferver les farines.
Tous ces traités & détaillés
dans quelques Ouvrages qui ne font pas (ans mé~
rite j'en extrairai ce qui me conviendra pour
composer l'ouvrage demandé par l'Académie j'y
ajouterai les fruits de mon expérience & de
mes
réflexions je tacherai d'éviter les phrafes inutiles,
d'être exa# méthodique & clair & dé dire
enfin beaucoup de chofes en peu de mots multa
paucis c'efl;
ma devife.
Le vœu de l'Académie étant fans doute de-
répandre l'inftruâion dans une clafîè d'hommes
communément peu lettrés & fur un art en
général peu connu, je m'attacherai à me faire'
comprendre aux Conftruâeurs de moulins & aux
Meuniers en ne parlant que la langue de leur
art & en n'employant que les termes & expreffions.
qu'ils connoiffent.
Pour éviter autant qu'il m'eft poffible le^re-
proche d'avoir outre-paflë les bornes du Programme
de l'Académie par mes détails j'affirme la pro-*

« En
» on ne perfedionnoit pas en même tems l'art de
» monter de meules
» les différentes efpèces. de montures qu'exigent
» les -différentes qualités de grains & l'art de la
» bluterie toutes corinoifiancès qui font peu com-
» munes & qui font infëparabîes de l'art du
» Meunier & du Programme: de l'Académie
»• félon moi.
» i

Dés Moulins à eau de pied ferme.

Les Moulins à eau fe diflinguent


en Moulins
de pied ferme Se Moulins fur' bateau.- Je
ne
parlerai de ces derniers qu'à l'article des change-
mens à faire aux Moulins ordinaires.
Les Moulins de pied ferme font ainfi notnmés
parce qu'ils font bâtis folidement fur le bord
des rivières il y en a dé quatre fortes, favoir:
i°. Les Moulins en dejfoûs dont la roue k
aubes tourne dans une reillcre courfier
ou
courant d'eau qui la prend par deflbus.
z°. Les Moulins en dejfus dont la roue 1 pots,
ou au guets reçoit l'ea& en deflîis
par un conduit
ou canal, îorfqu'elle a aflêz de ttûte
& pas afiear
de volume pour faire tourner en deflbust
Lts Moulins pendans- placés fous les, ponts
30.
des rivières navigables,, & dont la roue à aubes
s'élève ou s'abaiiïc. fuivant, la hauteur de .l'eau.
Les Moulins à
connus que dans nos Provinces méridionnales où
fon en fait ufage., je vais en donner une idée.
Varbre, tournait, de ce moulin eft vertical
fon bout fupérieur cit armé,d'un fer d'environ
deux pouces en porte la meule courante

liorifontalement vers le bas il porte une roue
-horifontale d'eoviron_jtrois pieds de diamètre.
L'extrémité inférieure de cet arbre fe termine. par
un pivot de fer tournant fur une crapaudine d'acier
fixée fur un palier au bas de la cuvette. La roue

fans fond '


de ces moulins eft k aubes inclinées elle eft en-
fermée dans une cuvette ou tonneau en maçonnerie
auquel aboutit un courfier aufli en
jnaçonnerie d'environ un pied de diamètre plas
ou moins félon la force de l'eau qui entre avec
précipitation & obliquement par ce courtier dans
.la divette oh ne trouvant pas pour fortir d'ou-
verture *auiîï grande que cellé.'par laquelle elle
ell entrée elle le gonfle & forme dans cette
cuvette un tourbillon qui force la roue de tourner
ai'ec elle en même tems elle s'échappe par les
intervalles que les aubes ont entre élles elle fe*i
s'écoule par le
par 'le fond dc là cuvette &

côte d'aval ou l'on a ménagé'une pente.


le parlerai
Ces moulins ont des défauts, dont
la description du gros, de fer &
de.
en faifant
l'anille & à l'article qui-
traite des défauts des
moulins ordinaires cuvette, &c.
déj'Aca-
'Pour me renfermer dans le Programme
deffous
demie, je ne décrirai que les Moulins en
en -deffus dont la' • conftruaîon cilla' même
différence ci-devant énoncée ils font
avec la feule
les Moulins ceux qui font le meilleur fer-
de tous
vice & le plus continuel.
fur Xous^fës
Les Moulins de pied fe*rnë~oni
autres un grand avantage, c'eft de pouvoir établir
partie fupérieure des magasins dans lef
dans leur
les
quels on peut à peu de frais manœuvrer
de
grains les rafraîchir, cribler & nétoyer avant
fe vais d'abord en décrire les diffé-
les moudre.
rentes parties. I 1 1.
§
Defcriplion de loutes les Pièces d'un Moulin
économique-
de
La Roue. Dans tin grande partie des Provinces
Roues de
France on eft dans l'ufage d'employer des
Rouets qui
dix à douze pieds de diamètre, & des
diamètre cette
n'ont qu'environ quatre pieds de
défavan-
difproportion dans la hauteur de la Roue
tage le moulin.
lorfque le Heu le permet, il faut donner à la
Roue un plus grand diamètre il eft plus avant
tageux pour la force de l'eau & pour celle du
Moulin dont la Roue eft le lévier plus un levier
eft long plus il opère de force ainfi lorfque
l'eau eft affez forte il faut donner k la Roue un
'diamètre de dix-fept pieds quatre pouces ou environ
jufqu'à l'extrémité des aubes fur vingt à vingt-
quatre pouces d'aubage c'eft-a-dire de la largeur
de la reilière ou du courfier & la Roue doit
avoir vingt quatre aubes d'environ deux pieds
de largeur chacune.

chute ne foit pas aflez forte l'aubage & le fond


du glacis ne doit avoir que douze à quinze pouces
de largeur le diamètre de la roue ne fera que d'en-
,viron treize pieds & demi on 'y pourra mettre
trente aubes au lieu de vingt-quatre: il eft effentiei
qu'elles foiertt d'une bonne longueur, telle que celle
de dix-huit à vingt-quatre pouces, afin d'éviter
le reflux de l'eau & que le ceintre de la roue ne
touche point, ou très-peu, à l'eau ù on mettoit
un plus grand nombre d'aubes l'eau pajotteroit
dans leurs intervalles ce qui augmenteroit la
refiftance de la roue & retarderoit lé mouvement
du moulin en général plus l'eau eft forte &
moins il faut d'aubes.
Lorfque la chute d'eau d'un moulin en deflèus
eft foïble quoiqu'il y en ait beaucoup il eft
éffentiel de tenir la roue les aubes fort larges,
c'èfl-à-dire, d'environ trois à. quatre pieds &
la reillère à proportion alors le volume d'eau
fupplée à la chute & accélère le mouvement de
la roue.
Les Aubes. L'aube doit être faite de bois
d'orme c'eft une petite planche attachée aux
jantes de la roue.
coyaux fur le ceintre ou
Les aubes font les bras du lévrier elles font,
les ailes font aux
aux Moulins à eau ce que
Moulins k-X£nu__elles doivent être placées droites
inclination
fur la roue ce non inclinées leur
feroit pajotter l'eau, & retarderait le mouvemBg/'
de la roue.
Une roue dont le nombre d'aubes eft double
le nombre d'aubes
tourne plus vite que celle dont
eft fimple il faut qu'elles foient difpofées de
façon que deux aubes foient dans l'eau pendant
que celle d'avant
centre, & que celle d'après en
fort en tout quatre aubes agiflantes à la fois
deux qui font dans l'eau,
une qui entre dans l'eau,
& la quatrième qui en fort.
Les Coyaux font deux petites pièces de bois
entaillées fur la roue.
Les Auges. A l'égard des Moulins en-deffus il
faut que l'ouverture des Auges ou pots de la roue
foit proportionnée à la force & à la quantité de
l'eau lorfque les pots ne font pas aiïez ouverts
l'eau rejaillit fort de la roue & nuit à fon
mouvement qui doit toujours êtte lefte ;à l'égard

aubes..
de leur nombre il faut fuivre les mêmes règles
que pour les
L'arbre tournant eft: l'axe de la roue & du rouet
qui font en dedans du Moulin cet arbre eft
le centre du mouvement du Moulin ainfi il doit
être proportionné à fa force & à celle de toutes
les pièces fur lefquelles il doit agir il doit
avoir environ féizè a vingt pouces de gros, en
quarré.
Les Tour rillons & les Ëèkimarts. les tour-
rillons qui. font les bouts de rer dont les extrc-
(, mités -de l'arbre tournant font armés doivent
être dans fon plein milieu ils doivent être
fupporccs par des plumarts de fonte ou de cuivre,
qui doivent leur fervir de chevet pour les faire
tourner plus gai & avec moins de frottement.
La forme ordinaire de ces tourrillons efl défa-
vantageufe pour les petits Moulins fur tout »
en ce qu'elle occafionne un frottement qu'il eft
effèntiel de diminuer. Cts tourrillons ont ordi-
nairement fix à huit pouces de tour & portent
fur des plumarts de fix à huit pouces de longueur..
Lorfque ces plumarts font de fer ou de cuivre
le frottement eft encore confidéi-able mais lorf-
qu'ils font de bois comme dans la plupart des:
petits Moulins alors le frottement eft bien plus
confidérabîe & retarde beaucoup le jeu du Moulin.
Pour remédier ces înconvcniens il faudrait
que les tourrulons
furent moins gros moins
longs & qu'ils foflcnt terminés par une boule
d'acier qui porteroit fur des plumarts de cuivre
incruftcs fur le chevrefier qui les tient en équi-
libre ces tourrillons n'auroicnt ainfi pas plus
d'un pouce de frottement & les petits Moulins
fur-tout y gagneroient beaucoup.
Le Rouet eft une Roue à dents ou aluchons y
ad/iptée fur l'arbre tournant dans la cave
Moulin pour engrener, dans les fufeatfx de
la lanterne. Ses dents aluchons pa chevilles
font de petites pièces de bois caillées foit quar-
rément foit en plan incliné. Le diamètre du
rouet doit être proportionné à celui de la roue
ainfi en fuppofânt le diamètre de la roue de
dïx-fept pieds q ;atre pouces tel qu'il eft indiqué
ci-devant, celui du rouet doit être de huit pieds,
c'eft-a-dire toujours un peu nioins de la moitié
du diamètre dc la roue. Quand on lui donne la
moitié jufte du diamètre de la roue cela diminue
la force du levier ou de la roue & rallentit fon
mouv ement.
Si le Moulin a beaucoup d'eau le rouet doit
avoir qu irante-huit dents à fix pouces de pas ou
d'intervalle rune de l'autre il eft neceffaixe que
dejpefite par pouce»
ces dents ayent une ligne
fôivant l'épaiffeur du- rouet y c'eft-a-dire que fi le
ceintre, la bande île parement ou le chant^au
(termes fynonymes^ fix ou huit pouces de large
la dent aura/itf à huit lignes de pente, afin que
.les fufeapx^de la lanterne quittent plus^facilement
lesdénts du Rouet il efl plus avantageux, de
/donner cette pente aux lumières ou trous que l'on
fait dans le chanteau du rouet pour y enfoncer
que fur la tête des dents
les dents mêmes ce-

pendant on donne quelquefois cette pente aux


parce que cela
eft plus facile.
Si le moulin a peu d'eau le Rouet doit avoir
jusqu'à 6 & même 6o chevilles, En général, fi
l'eau eft forte le pas du rouet doit être long &
par confcquent avoir moins de chevilles & fi
l'eau eft foible fon pas doit être plus court il
doit avoir plus de chevilles.
Les Embrâfurcs. du rouet font des pièces de
bois qui fe croifent pour four-enir la circonférence
du rouet elles. doivent être fortes à proportion
de fa groffeur.
La Lanterne eft un pignon à jour fait en forme
de lanterne compofé de deux tourtes ou pièces
de bois rondes autour defquelles font les fufeaux
dans lefquels engrenent les dents du rouet. Cette
ianterne eft fixée fur le gros fer qui trayerfe les
la meulecourante.
D'aprèsles proportions
durouetci devant
indiquées
dix-neufpouces

vafort, on peutmettrejufqu'àdix&mêmedouze
a la lanterne,& toujours de mêmepas
fiifeaux
le dentsdurouet le Moulin
'que feraplusdoux
la meuletourneraplusrondementelle s'ufera
moins la mouturelè feramieux & ce qu'on
perdraen viteflè on le gagnerapar la qualité
de la mouture& par un.pluslongfervicedu
Moulin.
Les proportions enrreroue le rouet la
lanterne& la meulecourantedoiventêtre telles
que40 ou 48 dentsdu rouet& huitfufeaux de
lalanterneopèrentcinqoufixtoursdelalanterne
& de la meulecontreun tourdelaroue.D'après
cetterègle on doit préférerle nombrepairdes
dents durouet& desfufeauxde la lanterneau
nombreimpair.
Il y a deux manièresde faire la lanterne
favoirà fufeauxdroits & a fuseauxinclinés»
Celleà fuseauxinclinésle nommeLanterneà
ferelne.
On fait aufGlesfufeaux en boisou en {et;
ceux de fer durent plus long-tems & s'ufent moins
ceux-ci ont le mouvement
que ceux de bois mais
plus doux, & ceux de bois de gayac fur-tout
font préférables parce que le frottement en eft
plus doux & plus folide.
Les'dents du rouet & les fufeaux de la lanterne
ayant la même inclinaifon le choc plein qu'ils
fe donnent en tournant eft auui vif que des coups
de maillet & fi les fufeaux font de fer ce choc
caufe au rouet un ébranlement qui occafionne fon
écartement à moins qu'il ne foit etréfillonnc ou
foutenu par derrière avec des pièces de bois
qu'on nomme etréfillons qui prennent dans le
milieu des deux embrasures, un bout à la roue
& l'autre au. rouet. Ce choc faifant le même
effet fur l'arbre tournant & fur le gros fer les
fait vaciller leur fait faire des heurtemens des
foubrefauts fait bourdonner la meule, & la mou-
ture eft inégale & grofficre fur-tout lorfque la
roue a beaucoup de vitefie.
Lc dérangement n'eft pas fi confidérable lorfqne
la chute & le courant d'eau font foibles & que
les fufeaux font de bois mais la lanterne à fereine
eft toujours fujette à fe déranger de pas lorsqu'on
defcend le fer ou que l'on cale le chevrefier
c'eft-a-dire la pièce de bois qui lui fert de chevet,
& fur laquelle pofe l'axe ou le grand arbre du
Moulin ainfi il faut préférer les lanternes à fufeaux
droits & de bois qu'on peut étréfillonner lorf
qtiïls dardent un peu c'eft-à-dire qu'on étaye
ces fufeaux par de petits ctrefillons qu'on place hori-
fontalement, & qu'on fait entrer de force entre
chaque- fufeau.
Le Palier eft une pièce de bois d'environ un
pied carré fur neuf pieds de longueur entre fes deux
appuis, & dont les deux bouts taillés en dos de
carpe pofent fur deux pièces de bois qu'on nomme
brayes. Cette forme de dos de carpe en nécelTaire
pour alléger la meule plus droite.
Le palier fervant à porter le gros fer fur lequel
la lanterne & la meule courante font arrêtées il
eft évident que fa force doit, être proportionnée
à la péfanteur des meules & à la force du Moulin.
Les deux Brayes qui fupportent le palier font
deux pièces de bois chacune de fix pouces en quarrë;
pofées en travers du befroi dans lequel elles entrent
par une rainure à couliflè.
Le Béfrol efl compofé de quatre piliers de pierre
ou de bois debout qui foutiennent la charpente
du Moulin ou l'étage des meules.
La Trempure eft une pièce de. bois de cinq à fix
pouces de gros & d'environ neuf pieds de long, qui
fait l'effet d'une bafcule ou d'un levier il fert à
haufTer'& bailler le palier à volonté. La trempure
traverfe" fous le plancher des meules & reçoit dans
l'un de fês bouts un pièce de fer debout, qu'on nomme
` épée de la trempure, qui k travers d'une..des
braies. A l'autre bout de la trempure eft attachée
une corde qui va s'arrêter à côté de la huche &
qu'on charge d'un poids par le moyen duquel on
fouléve cette trempure. -Quand -on tire ce poids,
on Soulevé la braie qui porte le palier & l'on
écarte ainfi plus ou moins la meule courante.
On m'a propofé il y a longtems, d'employer
pour l'allégement de la meule une efpèce de cric
fous le palier au droit de la pointe de fer, je n'en
ai point approuvé l'ulage in/. parce que ce cric
eft plus couteuk que la trempure 2°. parce que
l'ufage de la trempure eft plus facile pour le Garde-
moulin parce que le Garde-moulin doit con-
duire à la fois & fans fortir de place les trois
Couvernaux du Moulin favoir l'anche le bail
bled & la trempure; il doit avoir une main à
l'anche pour tâter la mouture & en juger la qualité; il
doit tenir de fautre main le bail bled & la corde de
la trempure; le bail bled pour donner plus ou moins
de bled dans la meule, felon le broyement que l'on
& la trempure pour alléger ou appro-
veut faire
cher c'eft-a-dire hauffer ou baifler la meule; félon
que la mouture fexige 4°" c'eft que le
Garde-
moulin re pourrcit pas gouverner fi facilement
ce cric avec l'anche & le bail bled.
Le âros Fer. La meu!e courante eft fupportée
par un arbre de fer ou gros fer, dont ie bout
fupérieur fe nomme Papillon la partie au-defîbus
du papillon fe nomme la Frefée le bout inférieur
de cet arbre fe nomme le Pivot & la partie qui
eft entre la fuiée & le pivot fe nommé le corps
de l'arbre.
Le papillon entre dans l'anille & porte la
meule courante.
Dans un Moulin d'une force ordinaire le corps
de l'arbre de fer doit avoir environ trois pouces.
de largeur fur un pouce & demi d'épaiffeur, depuis
la fufce jufqu'au commencement du pivot.
Le pivot du gros. fer porte fur une efpèce de
pas de métal qu'on nomme crapaudine; il eft
eflêntiel que cette crapaudine foit dans le plein
milieu du palier, afin que la pointe du gros fer
foit bien droite & au niveau du milieu de l'arbre
tournant.
La fufée du gros-fer doit être ronde elle doit
avoir environ fix à huit pouces de long fur dix
pouces & demi de circonférence toujours fuivant
la force du Moulin il faut lui donner environ
deux lignes de plus dans le haut que dans le bas.
Si cette augmentation du haut de la fufée étoit
plus fenfiblè elle allégeroit trop la meule la
feroit bourdonner & en même tems cela pour-
roit faire grener c'efl-à-dire faire paflèr le grain
entre les boites & la fufée pour venir tomber &
le perdre fur la lanterne.' Si l'eau eft foible on
plus leffement.
fera là fufée plus petite,'le Moulin en tournera

On diftingue dans le papillon les plats & les


les plats font les côtés !es plus larges,
les bouts font les côtés les plus étroits.
Le papillon doit avoir deux » pouces de -large-
par en bas fur les plats revenant à. deux pouces
moins un quart par le haut & un pouce & déni
par en bas fur les bouts venant à un pouce &
un quart vers le haut. De cette manière l'anille
rebords de la
ne porte pas fur les épaulemens ou
fufée & la meule fe dreffe facilement. Lorfque,
par le frottement la fufée s'ufe plus d'un côré
le haut des
que de l'autre, & qu'il fe forme vers
livres ou "retords ces rebords portent fur les
boitillons «font échauffer le fer & gênent pour
approcher la meule le moyen d'y remédier eft
de faire porter le fer à la forge de faire bien
arrondir la fufée, bien limer & adoucir les iné-
galités, & de remettre le fer dans le plein milieu
de la meule giflante.
La Bo'uc & les Boitillons fervent à contenir
la fuik dans l'œillard du gite la boite eft une
efoepe de noyau ou de moyeu rond de bois d'orme,
creuté dans le milieu, ou l'on place deux pinneaux
ou boitillons de bois de cormier allant de bout
en bout de 3 à 4 pouces en carré fur 6 à 7
pouces de longueur pour contenir la futée. OR--
en dans rufage de faire une boite ronde mats
j'ai obfervé qu'en la faifant quarrée dans la
longueur des deux tiers de l'cpaifl'eur de la meule,
&. le refte rond la boite duroit dix fois plus, &
n'étoit pas fi fujette à deflérer le fer. Les deux
boitillonsfont contrebandes par deux autres mor-
ceaux de bois pofés en.:fens contraires ou de plat
en plat, qui fe nomment faux bouillons; ils fervent
à foutenir les boitillons & le bourage de chanvre
& de graiffe dont on garnit la fufée du gros-
fer. On peut employer pour faire la boite un
bon vieux moyeu de charette parce qu'ayant fait
fon effet il n'efl plus fi fujet a travailler que
le bois neuf qui en fe gonflant pourroit faire
fendre la meule. Pour éviter cet effort de la boite
il faut encore avoir la précaution de la fréter
c'eft-à-dire de la cercler de fer bien exactement.
L'Anille efl une pièce de fer ayant la forme de
deux C adofles D~C au milieu' de la quelle eft un
trou carré qu'on nomme l'œil de l'anille & dans
lequel entre le bout du papillon.
L'anille eft incruftée & fcellée avec du plâtre ou du
plomb, dans le milieu de la partie intérieure de la
meule courante; fa grandeur & fa forme doivent être
proportionnées à la grandeur & épaifiéur de la
meule & à la grandeur de l'œilla^d ou trou de
la meule.
On diftingue dans Manille le corps & les
bras le corps eft la parae du milieu & qui a
dans fon jufte milieu un rrou quarré. La longueur
dti corps de l'anille doit^ être d'environ quinze
pouces, non compris Ieî7b*as qui doivent avoir
la même longueur au plus. S'ils étoient plus longs,
la meule ne fe manieroit pas fi bien ils empê-
cheroient de dreffer la meule & d'en pefer les
bouts avec facilité.
Dreffer la meule. c'eft la charger du côtÉ
oppofé à celui qui baiffe. Pefcr la meule c'eft
chercher fon équtlibre"ën appuyant fur les quatre
points pour voir fi elle ne pèfe pas plus d'un côté
que de l'autre.
L'anille dans toutes fes parties doit avoir en-
viron deux pouces & demi d'épaiffeur fur environ
cinq pouces &. demi de large.
Les quatre Pipes. Pour dreffer les meules con-'
venablement on fe fert de quatre petits coins
de fer qu'on nomme pipes. Ils doivent avoir
environ trois lignes d'epaiffeur fur deux pouces
de longueur être plus minces en bas qu'en haut;
on les enfonce à coups de maire entre le papillon
& l'anille pour relever ou rabaiffer la meule du
côté des plats ou des bouts qui l'exigent. La largeur
de ces coins doit être moindre que celle du
papillon, afin de pouvoir les ferrer au befoin.
Depuis quelques années on a trouvé une manière
plus commode de dreffer le fer de la meule fan<
le moyen

dans une boite qu'on


de

prefïïon de chaque côté fur la longueur & 'une.


autre k chaque bout fur la largeur pour faire
couler la poëlettè ces vis fe ferrent avec desclefs;
cette machine épargne beaucoup de main d'oeuvre
diminue le chaumage du Moulin & ménage la

crapauditie.
Par économie on fait faire la crapaudine a
trois pas quand elle n'en qu'un quatre vis
fuffifent fur fa longueur. Il arrive quelquefois
que la pointe du fer fiffle ou fait du bruit eri
tournant & qu'alors la meule s'allège ou fe fou-
lève toute feule fahsy toucher en voici la raifon:
quand l'acier eft dans le feu il fe gonfle & s'al-
longe, de même l'acier de la pointe du gros-fer
s'échauffe & le gonfle en tournant & occaHonne
le foulcvement de la meule mais cela ne dure
pas longtems parce que l'acier s'ufe, & la meule
fe rapproche toute feule. En pareil cas lorfqu'oj»
il
voit que le fer s'échauffe trop faut arrêter le
Moulin, vuider lepas, c'eft-à-dire ôter l'huile
qui s'y eft encraffeeSe le rafraîchir avec de l'eau
froide cela durcit l'acier du pas & de la pointe
en iuite on les effiiie & l'on y remet de la
nouvelle huile d'olive. Il
IL convient que la pointe du fer foit
en pointe
'd'oeuf,- plus ou moins fine félon la forte
du Mou-
lin & la pefanteur dans un
Moulin foible fi la pointe du fer eft ^roiTe
elle ledéfavantâge. Pour remédier^ l'inconvénient
de l'échaufFemerit de cette poirite"V"dë"fdn"iifflë_
ment & du foulèvement de la meule, on a imaginé
de faire faire le pas ou la crapaudine d'un
métal
compofé de cuivre, d'étain fin & de régule
d'an-
timoine fondus enfemble
ces crapaudines durent
beaucoup-plus fongtems, &
pour les ménager
encore, on a foin, chaque fois qu'on fait recharger
d'acier la pointe du gros-fer de le faire
tourner
pendant huit jours fur une crapaudine d'acier
le polir l'adoucir, afin pour
que fon frottement lui- le
pas métallique foit enfuite plus doux. Quoique
cette
crapaudine de métal foit meilleure
on Ce iert
encore généralement de celle d'acier.
Les -nuées. Il y
a dans un Moulin deux meules
placées horifontalement l'une fur l'autre
la meule
inférieure eft à demeure & fe
nomme la mcuU
gijfumc ou le guc. La meule fupérieure
eft mobile
& tourne fur l'autre;
on la nomme par cette
raifan la meule courante.
Il faut beaucoup de connoî^nces
théoriques &
pratiques pour bien choifir les meules.
En général elles font médiocres
lorfqu'elles
font rougeâtres noirâtres
& à grands trous &
elles font bonnes lorfqu'elles font à petits trous
femblables k
& bien pcrfiilces on en trouve de
& Bergerac. Il y a aufil dans ces
Clerac Ncrac
Provinces une autre efpèce -de -pierre dont on,

-fait des enfemble le feigle, le maïs ou bled de


Turquie les pois & les fèves dont les pauvres
meules
font leur pain dans ces Provinces. Ces
quinze
font fi tranchantes qu'elles ne donnent que
vingt livres de fon par quintal de grain.
Brie,
Les meule de la Ferté fous Jouarre, en
font les meilleures pour la mouture des bled?
fon au
feptentnonaux elles développent mieux le
carrières
Lroyement il y a encore d'affez bonnes
à faire des meules à Mpntmirail&
de pierres
mais elles
fur les frontières de la Champagne
fous
me font pas fi bonnes que celles de la Ferté
Oulbec
Il v a une autre carrière à meulière a
en Normandie la pierre en etl trop tendre
lourde cependant
elle fait la farine molle &
bien choses meules fcroient un bon
étant ces
très-fecs. J'ai
moulage pour les bleds étuvés &
employer les meilleurs meules d'Oulbec en
vu
Ferté tous
gite avec une meule courante de la
Jouare elles faifoient un très-bon moulage.blanc-
grain
La meule giffante doit être d'un
bleu foncé plein & doux elle doit
cu moins
ardente ou moins tranchante que la meule
courante
pour en foutenir l'effort. •
Une meule ardente eft une meule
coupante par
fes inégalités naturelles &
par cclles qu'on y a
faites en" la piquant. Les meules. font plus ardentes
à proportion que la pierre dont -font com-
pofées eft plus dure, & qu'il faut les rebattre',
repiquer, ou rhabiller mpinf ibuvent. Ceft la
quantité & petirefiè des'trous qui rendent une
meule bien ardente. Ces petits trous,
en terme
de meunerie, fe nomment èvdlleurcs ainfi
une
meule bien éveillée eft une meule bien ardente.
Une meule à petits trous s'éclate moins & prend
mieux fon marteau.
Pour les meules ardentes, il faut préférer les
pierres meulières blondes, œil de perdrix,
un peu
tranfparentes, Cernées de petites parties bleues &
blanches & de petits trôus,
parce qu'elles font plus
ferrées & plus approchantes de la
nature du
caillou.
Comme les meules d'un grain égal font très-
rares, & que la plupart le trouvent riîeferde
veines dures & tendres de grands & petits
trous,
on cil obligé de retravailler ces meules, qui, après
ce travail, ne font pas toujours fans défauts. Les
fabricans de meules
en compofent de plufieurs
morceaux fem6lables, qu'ils choififiènt, appareil-
lent, lient & maftiquent enfembleavec du plâtre.
Ces meules ont excellentes lorsqu'elles ont été
«ompofces avec foin mais le plâtre employé pour
les malliquer, retenant beaucop d'eau, ces
meules
font plus long-tems à fécher & j'en parlerai en-,
meules.
core à l'article du féchement des
Lorfqne les deux meules font également ar-
tlentes cela défavantage le moulin; il tourne en.
approchant au lieu de tourner en allégeant ce
oui rougir la farine & les gruaux par les parti-
cules de fon qui s'y mélent on conlomme le
grain en recoupes
Les deux meules doivent être absolument de
même diamètre autrement la plus large ferait
ufée parie frottement de la plus étroite, ce qui
lui feroit prendre des lèvres faillies ou rebords
qui empêcheraient la farine de s'échapper d'entre
elles à fur .& mefur-e du broyement, l'échauffe:-
roient & la rendroient fableufe.
Des meules de fix pieds deux ou trois pouces
de dkmètre, fur douze à quinze pouces d'épaiffeur
de quinze à dix-huit
pour la mcnle courante, &
giflante iont d'une bonne
pouces pour la meule
proportion pour un moulin qui doit moudre quinze
a vingt fetiers par jour; mais au-deflous de quinze
fetiers elles doivent être plus petites & moins
lourdes ainfi que toutes les autres pièces du
moulin dont la force doit être proportionnée à
celle de la chute & du courant d'eau.
Lorgne l'on a fait choix de bonnes meules, il
faut les préparer les faire fécher les piquer les
monter toutes opérations dont je traiterai lorf-
que j'aurai fait la defcription des autres pièces du
moulin.
Les Archures. Lorfque les meules font -bien-
montées, on pofe les archures autour d'elles. Les
archures font une- efpèce de coffre ou dereaiflê'
ronde qui environnent les meules.
Les Çoiiyer^aux. Les planches avec lefqneUe? on
couvre & ferme cette coiffe fe nomment les
couverçaux elles doivent être bien jointes &
bien dores pour empêcher l'évaporation de la
farine.
Les Trégiions Porte- trèmions & Frayon.
Au-defius des archures ,on place les trônions
ou chevrons qui foutiennent la trémie & les
porle-trémions ou fitppors des trémions, au milieu
defquels efl !e frayon qui doit être dans le milieu
de l'œillard. Le frayon eft une efpèce de pignon
incrufté dans le bas au corps de l'anille &'quï
frotte contre Wwgct pour faire tomber le bled.
L'Auget cil une boîte longue inclinée & placée
faus la poime de k trémie,
pour recevoir le bled
& le conduire dans l'osillard } il doit être bien
fufpendu fans toucher au cul de la trémie pour
qu'il pui;lè bien fè régler à prendre également le'
blcd ou le gruau quand' on le remoud.
La Trémie eft un entonair quarré de bois,,
dans lequel on Verfc le grain ou le gruau. Il'
doit être placé bien directement fur l'auget. Faute
de cette précaution, on rifque de faire aller le
moulin à deux airs c'eft-a-dire plus ou moins
fort ce qui fait battre le frayon plus ou moins
fort contre l'auget. Cela arrive quand le moulin
prend plus ou moins de bled alternativement.
Lorsque le Garde-Moulin entend que le moulin
va à deux airs il élève ou baifTe l'auget par le
moyen de deux ficelles, dont l'une fe nomme le
bail-bkd, pour donner plus de bled fi le moulin
vîte^ni
va trop pour, en diminuer la chute fi le
moulin va lentement afin d'alléger les meules
mais dans, tous les cas, il aura grand foin que
l'auget ne donne pas fon bled alternativement &
par fecouflè.
Le moulin va auffi à deux airs quand la meule
courante a des lourds ou des queux par lefquelles
eile déborde, ou bien quand la- roue qui prend
l'eau eft inégale & qu'elle paffe plus vîte dans
un tems que dans un autres, ou que le tourillon
n'efl pas dans le plein milieu de l'arbre tournant,
ou qu'il eft trop lâche, ce qui donne des fècouffes
& fait aller le moulin à deux airs à quoi on re-

monture des meules..


médie par les moyens que je dirai à l'article de la'

Il faut enfuite placer l'anche convenablement.


VA 'fiche eft un conduit de bois ou de fer-blanc
en forme de languette qui fert a conduire le b'le4
moulu dans le bluteau. Il faut que l'anche, foit
bien en pente, pour que la farine torrftTe facilement
dans le bluteau & qu/elle ne remonte-point dans
les meules, ce qui les engraifTeroit ..& érhaiiiïexoit
le moulin.
Une meu!è s'engraîffé on prend crappe quand
la farine, fufüfamment afftnée, paffe pîufieurs; fois
fur la meule giflante & s'y arrête ce qui fait
que la farine qui vient après gliflè deffus fans
recevoir fa façon. Lorfque les nmules font engraif-
fées elles donnent la plus rnauvaifè mouture, le.
grain n'eft qu'applati le fon n'eft point écuré, la
farine eft grafïë elle fe corrompt facilement
elle fait pea de pain & il eft mauvais.
La Huche.- A côte & plus bas que les meules eft
une huche de fcpt à huit pieds de longueur & de
trois à quatre pieds de large, «dans laquelle cet
lés ou à quatre petits
un bluteau à trois grands
lés d'étamire façonnes en forme de fac dont l'ou-
verture efl coufue par un bout far le cerceau qui
joint au trou de la huche par où fort le fon pti
tombe dans l'anche, laduelle conduit dans, le do-
dinage ou dans la bluterie cylindrique placée dans
la partie inférieure de la même huche.
Dans le haut de cette huche on place un pa-
lomucr< iupportc par des accouples de fer, de
cuivre, ou même de corde, qui tiennent fa
huche &c au palonnier..
Le Palonnier efI un morceau de bois blanc bien
fec & bien «léger, d'environ quatre pouces de lar-
geur il fert à Soutenir la corde du bluteau qu'il
doit déborder aux deux bouts, tant
caufe des
accouples qui le foutiennent par des cordons
qu';i caufe des pajfcmens qui font le tour du
palonnier.
Les Paffemens font la partie du cordeau qui fou-
tient le bluteau renforcé d'une longe de cuir de
Hongrie qui doit aller le long du bluteau & [on-
tenir les attaches de cuir qui tiennent à la ba-
guette. La dernière attache du bluteau doit être
au bout de la baguette & l'autre à environ quinze
pouces de diftancc il eft à propos que la longe
de cuir ait dcjà fervi afin qu'ayant fait ion effet
elle s'allonge moins.
Il faut réduire le palonnier à un pouce d'épaif-
feur entre les deux paflemens il fera plus léger
& le bluteau tamifera mieux il fuffit qu'il ait
de la force aux accouples & fous les pafiemens.
Il ne faut pas mettre de paffemens de l'autre
côté des attaches à moins que ce ne foit
un moulin très-fort; car quand le bluteau efi:
fermé cl'tin paginent des deux côtes .il ne com-
mence iouvent à bluter qu'aux attaches.
Les Dluteaux. Il y en a qui préfèrent les blu-
teaux k quatre petits lés & deux palonniers à.
chaflis, en ce qu'étant bien ouverts ils doivent
mieux bluter mais ces bluteaux font très-lourds
pour des moulins de moyenne force. Le poids de
deux palonniers à chaffis furcharge trop, & un
blutage ne fauroit être trop lefte. Quoi qu'il n'y
ait qu'un parlement, on ne doit pas craindre que
le bluteau fe déchire s'il efl bien monté.
La pente qu'on donne au bluteau doit être d'en-
viron un pouce par pied c'eft-à-dire qu'une huche
àriix-pieds doit avoir huit pouces de pente. Si
cependant le moulin va très-fort, on peut donner
quelques pouces de pente de plus au bluteau
afin qu'il ne fe charge pas tant & qu'il débite à
mefure que les meules travaillent. En confcquence
auffi, la groflèur du bluteau doit être propor-
tionné à la force du moulin.
Quand le moulina moud fort & vîte, le bluteau
doit être un peu plus gros, afin qu'il laiffe palTer
vîte la fatine. Un moulin qui affleure bien fouffre
foit
un bluteau plus gros, fans que la farine en
fïneiTe des
pour cela plus bile. La qualité & la
bluteaux doit auffi varier fuivant la féchereiTe des
bleds, fuivant la piquure des meules, fie fuivant
qu'un bluteau, eft bien ou mal monté.
Pour les bleds [ces, il faut des bluteaux plus
,fins, il en faut de plus ronds quand ils font
tendres.
Des meules piquées convenablement, bien dve(->
fées & bien montées, peuvent fouff'rir
un bluteau
plus rond fans pour cela faire rougir la farine.
On peut faire bluter également un bluteau de
deux échantillons plus fins l'un que- l'autre,
avec
le même bled & force égale de moulin cela
dépend de la bonne monture des bluteaux.
V et aminé
ou étoffe de laineà deux étains
dont on fait les bluteaux fe fabrique fur-tout à
Rheims & en Auvergne elle porte un tiers
ou
un. quart de large. Il y en a douze échantillons
déterminés pour les bluteaux ces échantillons.
vont en augmentant de fineffe depuis le numéro
'i i julqu'au numéro 4Z c'efl-à-dire qu'elles ont
depuis onze jufqu'à quarante-deux fils dans chaque
portée. Les derniers numéros font les plus fins

les intervalles font


parce que plus il y a de fils dans une portée, plus
étroits. On prend ces
derniers numéros pour les bluteaux fupérieurs qui
tamiient la flcur de farine, éV. l'on emploie depuis
le numéro r jufqu'au numéro 18 pour le dodi-
nage ou bluteau qui doit tamifer les gruaux &
recoupes.
Depuis plufieurs années, les Fabricans d'éta-
mine à Rheims en ont changé les numéros de
manière que les Meuniers ne pouvant aller cfroifn:
celles dont ils ont befoin ils font fort embarraffés
pour fe les procurer par lettres; ce qui caufe des
erreurs & des pertes fréquentes, qui n'auront plus
lieu lorfque les Infpe&eurs du Commerce & des
Manufactures voudront bien préférer l'intérêt pu-
blic.
Quelques Meuniers ont eflayé de fubftituer des
bluteaux cylindriques de foie à ceux de laine,
mais il s'en faut bien que le produit en farines
blanches foit auffi avantageux tant pour la qualité
Après le remoulage des
que pour la quantité.
gruaux qui en grattant &
frottant continuelle-
ment la "foie facilitent le partage de la fleur,
engraifi'és & ne tàmiler.t plus
ces bluteaux font
comparaifon de ceux d'étamine.
ou très-peu, en
On a fait dans un moulin l'épreuve de deux
bluteaux dans le premier étage d'une huche debout
de fept pieds de large fur fept à huit de long
l'autre avaUnt-Veau,
un babillard à mont-l'eau, &
Il y a aufii deux
à coté de l'arbre tournant.
anches qui à l'aide d'une coTïMi^adaptce à la
pi:;ce d'énchevetrure, dirige la firme pour la faire
tomber également dans les deux bluteaux.
Le fécond blutcau ca & cioit erre plus fin que
le premier, attendt^que. la première anche du côcé
de la poufToe de la meule, cft celle où ett
couiiiTe & par où la (leur tombe toujours la
première. Par le moyen de cette couliflè, on charge
le fecond bluteau tant & il peu que l'on veut; il
faut tenir ces blute.aux il trois lés bien ouverts
avec des palonniers larges & ainfi qu'il eft dit
ci-devant..
Avant cet arrangement, la huche de ce Moulin
étoit de travers aù lieu d'être en long de forte
que n'étant pas poffible d'approcher le babillard
près les touïïHons à caufe d'un mur qui en em-
péchoit, il falloir retirer beaucoup de bled au
Moulin pour faire bluter le bluteau ce qui rou-
giffoit la farine & ce Moulin ne pouvoir moudre
alors qne 37 fetiers en 24 heures, au lieu que
depuis qu'il eft monté de cette nouvelle façon
eau jufqu'à
il peut moudre dans la bonne et
fetiers & la farine elt meilleure.
Il réfulte de cette observation que pour opérer
un pareil changement dans un Moulin il faut
qu'il aille fort & que les meules foient bien
ardentes à proportion pour bien affleurer &
écurer les fons & cela parce qu'il faut augmenter
le dcbit du bluteau à proportion de la force du
Moulin toutefois je le répète la farine d'un
Moulin économique, qui moud fetiers,
{,il de meilleure qualité que celle d'un Moulin qui

en débite jufqu'à 60.


Le L'étage fiipérieur de la huche eft
pour les bluteaux fins dellinés à tirer la première
tàrine du bleds on place dans l'étage inférieur de
!a huche un dodin.tge ou bluteau lâche d'une
ïtamine plus ouverte & de deux ou trois groffêuis,
pour fcparer le gruaux & les recoupes.
le
'Ce dodinage peut être fait & monté comme
grand bkitcau à l'exception que la lumière de
plomb à celle
la baguette ne doit point être à
<le la batte mais elle doit être percée un_peu__
équerre, mivant la lumière de la batte, c'eik-
.en
à-dire, venant de la croifee afin de donner
diftance
au bout de la baguette une plta grande
de fon moteur ce qui donne plus de mouvement
au dodinage ,&:
le fait mieux tamifer.
Si le grand babillard eft comme on l'a
dit
tnons-l'eau celui du dodinage doit être avalant-
en Cens contraires.
l'eau, parce qu'il faut les pofer
Bluterie cylindrique. Dans tous les cas foit
<jn'on ait une huche debout ou de
plat on doit
'préférer une bluterie cylindrique a un dodinage
divifion
fur-tout fi l'on vife au blanc & a l'exacte
«des matières. Cette
bluterie fe met en mouvement
l'a dit ci-devant, par une lanterne
comme on
&
,emmanchée l'extrémité de l'arbre tournant
petit heriffon pofé
engrenant dans les dents d'un
bien
près les tourillons dudit arbre tournant ou
fuplée la lanterne & le hériflbn par deux pou-
on dans les
lies unies par un pignon engrennant
..dents du grand rouet & par des poulies de
renvoi ainfi qu'il eft dit k l'article des
bluter.
Avec cette bluterie on a toujours un gruau
plus parfait qu'avec un dodinage mais il faut
bien prendre garde que la bluterie ne fe gomme
ou ne s'engraillc par des gruaux trop mous ce
qui arrive encore lorfque le bluceaufupérieur ne
blute pas fufïïfamment ou blute mal parce qu'alors
il tombe dans la bluterie cylindrique de la farine
de bled ou de la fleur avec les gruaux ce qui
gomme la foie.
Pour parvenir a faire bien bluter un Moulin.
il faut que le pivot du babillard foit placé fur le
chevrefier du dedans ou à'côté & le plus près
poffible à fix ou huit pouces des tourillons de
farbre tournant.
Premier Babillard. Le babillard eft une pièce
de bois pofee perpendiculairement & qui fe
meut
en bas fur un pivot & en haut dans un collet
de fer ou de bois dur attaché au béfroi il eti
percé en haut d'une lumière ou trou quarré
par où paffe la baguette ou clogne attachée au
bluteau.
Si le Moulin efl en-deffous avec une huche
debout, il faut mettre le babillard à mont-l'eau;
fi c'eft un Moulin en-deflus il faut placer le
babillard avalant-l'eau enfin fi la huche eft de
plat au lieu d'être dehout le babillard doit être
à mont-l'eau le mouvement en elt bien, plus
doux.
Les Croifées. Il faut donner au babillard une
cette croifée eft faite tourte on
rond de bpis d'orme d'environ 21 pouces de
diamètre 'ayant trois bras égaux & à diftance
égale de huit dix pouces de long en obfervant
de percer dans le milieu la lumière ou le trou
par où doit paffer le fer du Moulin. Par- cet
arrangement le blutage fera régulier & doux.
Je dis qu'il eft préférable de ne donner que
trois bras à la croifée parce que loriqu'il y en
le Moulin va fort les coups
a quatre & que
trop fréqiïerïs caffëht fouvent le bluteau qui n'a
tamiler fur-tout quand le
pas le tems de bien
Moulin paffe vingt à trente feticrs.
On peut faire la croifée de trois morceaux de
jante de roue elle fera moins fujette à Íe fendre
feule pièce on la
que fi elle n'étoit que d'une
confolidera par le moyen de trois boulons de fer,
de deux à trois pouces de tour retenus chacun
depuis rafïïcte
par un bon écrou & qui prenne
du défions de la lanterne lufques deflùs les bras
de la croifée. Pour donner à cette croifée plus de
folidité on applique deflùs une équerre de fer
qu'on arrête avec des écrous cette croifée rend
le mouvement plus égal plus doux v& ménage
davantage le bluteau. En effet à chaque coup
de lanterne la croifée heurte trois fois contre la
batte ce qui fait remuer trois fois le babillard
la baguette & par conféquent le bluteau & comme
il faut que ce
bluteau aille & vienne, il eil évident
que, lorfque le Moulin va vîte, le bluteau n'a pas
le tems de.revenir & la farine ne fe remue pas
bien.
Batte fi
Baguette. Pour monter la batte. &
la baguette dans une jufte proportion il faut
appuyer la baguette d'un côte contre la huche
& mefurer la batte contre la batte de la croifée
de façon qu'il y ait à-peu-près deux pouces de
diftance du bout de la batte au bout de la croifée
on laine alors revenir le babillard de manière que
la batte prenne de quatre à cinq pouces fur le
bras de la croifée & l'on eft sûr alors que la
baguette doit remuer la bluterie dans une jufle
vîteffe & qu'elle ne peut toucher contre la huche
en tournant ce qu'il faut éviter avec foin.
Il faut que la force de la batte foit proportionnée
à celle du Moulin & même qu'elle ne foit pas
fi forte parce que cette partie doit être lefte.
Second Bablllard. On ajoute un fecond ba-
billard auprès du premier quand on fe fert d'un
dodinage ou bluteaux !âche pour tamifer les
gruaux, en obtenant que, fi le grand babillard'
qui donne la fecouflè au bluteau fitpérieur efl à
mont-l'eau à côté de l'arbre tournant., il tàu t
que celui du dodinage foit avalant-l'eau fi au
contraire le grand eft avalant-l'eau l'autre doit
être à mont-l'eau. Mais je confcille de préférer
au dodinage une petite' bluterié cylindrique qu*ofl
Ifait tourner par le moyen d'une petite lanterne
de vingt a vingt-deux pouces de diamètre avec,
fuivant la force du Moulin^ huit à douze fufeaux
'qui s'engraihent dans les dents d'un petit hérfïïbn
k Vingt-*cinq
'de vingt-quatre
de l'arbre tournant près les tourillons du dedans.
Si le bâtiment du moulin a un étage deviné
-au nétoyage `des grains, on pourroit monter un
petit hériffon pareil à -celui ci-deflùs à Fautfe
bout de l'arbre tournant en dehors; cet hériflbn
avec une lanterne adaptée, feroit mouvoir les
cribles dans le grenîèn
Cette dernière méthode du blutage eà très-
bonne lorfque la huche eft debout c'eft- à-, dire
lorfque les bluteaux font fur.la même ligne que
farbre du moulin; mais fî la huche eft de plat,
ou pofée en fens contraire de l'arbre du moulin,
de manière qu>eiléJ'îe-éorrp«s4à angle droit alors
on pourra faire engrener une etite lanterne ou
un petit hériffon dans les d ts
du grand rouet;
cfette lanterne fera tourner à l'autre bout une
poulie qui, par le moyen d'une corde, ira prendre
l'autre poulie adaptée à l'arbre dé la bluterie cy-
lindrique, pour lui communiquer le même mou-
vement.
Pour la proportion de ces poulies, voyez ce qui
en eft dit à l'article du nétoyage des grains.
Prix commun des Machines d'un Moulin écono»

'On ne peut point détermine? le' prix de la


«onftruâion de la cage & des bâtimens d'tua
moulin à eau de pied-ferme, cela dépend de la
grandetir plus .ou moins confidérable de ces bâti-
mens, du prix "de la
main-d'œuvre, plus chère
.dans un pays que dans un autre, ainfi que des
3>rix du bois, du fer,
&c. '].

La roue & fon arbre tournant peuvent coûter


à 300 livres, Suivant la hauteur de la roue,

,«et,ck.
la grofleur de l'arbre & les fers qu'on y

Le rouet & la lanterne environ zoo à


liv. luivant la^Jfeiueur du rouet, la
3ooi«

ferrures de la lanterne, &c. -ci.


^ualitNdes bois, fon boulonnement les

,Le befroi peut être en maçonnerie.


a>o

Le palier, les deux braies & la trempure


peuvent coûter à 60 liv. ci
o 60
Le gros fer, l'anille le pas ou la cra-
;paudine environ iço à xoo liv. fuivant
ieur force ci
chaffiskdreflèr les meules, avec fes
Le
•wîs, chaffis dé fer, poëlette de cuivre &
à 80

Iooo
liv.

liv.
ci.
crapaudine métallique
Ci-contre.

ci.».
le tout environ

Les deux meules, de bonne qualité &


bien miles en moulage coûtent 800

Les cercles des meules couvercles, tré-


1000
810L

80

mions, porte-trémions trémie auges Se


frayori environ zoo liv. ci 2oo
Le huche & ià bluterie de
dodinage, environ go à. too liv.
Les bluteaux, de
ci.
deflbùs ou

liv. pièce fui-


100

jrant leur fineffe ci


1
Le babillard nud liv. & ferré 30 liv. ci.
30
En y joignant les machines néceflàires
pour cribler & nétoyer les grains, il fau-
dra une lanterne qui prenne dans le rouet,
un petit arbre de couche, poulies, cordages,
ventillateur un cylindre d'environ douze
pieds de long fur deux & demi de
gros,
garni de feuilles de fer -blanc piqué;
un
crible d'Allemagne, un crible des Chartreux;

TOTAL DÈS PRIX,


ci.
toutes ces machines peuvent coûter de 300
à 800 liv. fuivant leur qualité,
environ.
800

3068I.
précis des Opérations qui doivent précéder la.
conftucïion d'an Moulin à eau de pied ferme.'
'Avart de conftruire un moulin à eau de pied.
Terme fur le bord d'une rivière, il faut niveler
veut employer à le faire mouvoir,
.1'eau qu'on,
faire
afin de voir à quelle hauteur on pourra
gonfler cette eau l'aide d'une, cclufe d'une
digue ou d'une chauffée.
D'après ce niv élément on jugera du lieu où
J'on doit placer le moulin & où la chute d'eau
.fera plus convenable au propriétaire làns
nuire

Il faut niveler mefurer l'eau ,plutôt en été


'qu'.en hivers mais il faut connoître auili l'état de
faifons pluvieufes.
cette eau dans les
En mefurant le produit de l'eau-, il faut la con-
traindre*à ne s'écouler que par un endroit, afin
de voir combien il en paffe de pieds cubes dans.
une minute, un quart d'heure,
&c.
En tout état des chofçs à côte de 4'éclufe qui
la
-doit Soutenir l'eau devinée à .faire tourner
faire un dechargeoir &
roue du moulin, il faut
«jêrne deux s'il eft. befoin .pour faciliter l'écou-
lement du fùpcrflu de J'eau fur-fout dans les
;tem;s de crues, & pour
éviter de noyer les ter-
reins voifins.
Quand on connoît la quantité d'eau dont on
peut difpofer, la hauteur de fa chute & fon poids
il faut voir fi la dépehfê qui s'en fera par un
pertuis de largeur égale a la fûperficiê d^ùne des
aubes ou auges de la roue ne l'excédera pas..
Quand l'eau n'eu: pas abondante on rpeut- err
augmenter la force en faifant le pertuis plus étroit
alors l'eau étant plus ferrée ion cours eft plus
roide il a- plus de vitefle & de force.
Lorfque l'eau n'éft pas- affez abondante pour
faire tourner la roue par-deflous, fi fa chute le
permet on conduit l'eau au-deffus dé là roue
par une auge inclinée dont l'entrée fe fermé
avec une vanne de même largeur que faube de
la roue.
Le col de cigne au- faut du moulin doit être
fait en chanfrein d'environ trois pouces l'eau
tombera plus roide fur les- aubes qui fi le iaut
étoit droit.
Entre la vanne & la roue il' ne doit y avoir
que le moins d'intervalle pofTible afin que l'eau
en fortant du pertuis frappe les aubes & foit

s en perde.
toute employée à faire tourner la roue,. fans, qu'il

La vanne morrloir aura de vingt à trente


pouces,
de large, fuivanr la force de l'eau car s'il y
a
peu i'tau, la vanne doit être plus étroite & plut
large an contraire s'il yen beaucoup..
a
A la fuite de la vanne mouloîr, fera conduit
glaffis une reilliére ou courfier en bonne
un
pierre dure plate & en ;diaux vive le fond &
les côtés de même.
Il faut conduire la reillière depuis le bas de
la roue jufqu'à vingt -quatre à trente pieds de
longueur au-denous, & même plus s'il fe peut,
& lui donner une pente d'environ un 'pouce &
demi par toife, pour faciliter & précipiter le cours
de l'eau, afin qu'elle fuie des aubes fans faire aucun
obftacle.
Au lieu de faire cette conftra&ion en dales de
pierres, on peut la faire en madriers de bois;
mais alors elle dure moins.
Il faut que le couriier aille en s'élargiffant
faciliter l'entrée
vers fes deux extrémités pour
& la fortie de l'eau.
Il ne faut donner entre les bords de l'aube &
le coffre du courfier que le jeu néceffaîre pour le
l'eau foît
mouvement de la roue, afin que toute
uniquement employée à la faire tourner.
Il faut que les aubes de la roue ne foient qu'en
nombre fuffifant & qu'elles foient diftribuées de
manière qu'elles ne fe nuifent point, qu'elles ne
fe rejettent point l'eau les unes fur les autres
cela empêcheroit la roue de recevoir toute la
force du courant de l'eau & retarderoit fon mou-
vement.
La vîteffe de la roue & de la meule tournante
çft toujours en raifon r i°. de la puifianee me»;
trice ou de la force de la chute & du courant
d'eau qui les fait tourner. 2°. De la bonne dif-
tribution ajuftage & proportion des aubes: ou
auges. j°. De la réfiftanee
de la meule par fort
'poids. q:°: De fan équilibr-e fur ton
la réfiftanee du grain par fa dureté- De la-
réfiflance qu'occafionnent par- leur frottement-
toutes les. parties du moulin qui concourent à
moudre le grairu.
En général,. la puiflance doit être plus fôrte
ainfi la roue,,
que la céfiftanceafin de la vaincre;
fon arbre tournant, les meules & toutes, les- antres,
pièces du. moulin,. doivent être proportionnées h,
la puiflance ou. à la. force de l'eau qui doit les
faire agir.
J'ai vu deux moulins à côté l'un de l'autre ils-
avoient la même chute d'eau l'un étdit. d'une-
mécanique légère, fes. meules n'avaient que cinq,
pieds deux pouces de diamètre & fix pouces.
d'épaiflêur l'antre, qu'on nommoit le grand mou--
lin, étoit d'une mécanique plus forte, feî- meules
avoient fix pieds quatre pouces de.- diamètre &.
fix pouces d'epaiffeur; la qualité des meules des
deux moulins étoit à-peu-près la même, cependant
le grand moulin faifoit Un tiers moins d'ouvrage
que l'autre.
Pour faciliter Veftimation de la quantité de
fetiers de grain que peut moudre ,.en heures
uu Moulin économique bien drcflc dont toutes
les pièces font en bon état & dont on connpic
la f'orcv" motrice ou la quantité de pouces cubes,
d'eau qui le. fait mouvoir je vais faire connoitre
la quantité de grain qu'ont moulu dans un tems.
donne deux Moulins économiques l'un en deflùs
Vautre en deffous bien conditionnés, & la quantité
de pouces cubes d'eau qui ont produit cette mou-«~
nire. Cette defcriptioü fera peut-être plus.
inf->,

tiiâive pour les Meuniers que les favans calculs


des Hydrauliftes, d'aill.eurs je ne puis & ne veux
dire que ce que je fais.,

Moulin ayant l'eau en dejfous.


Son avant bec ou glacis porte pieds de
long fur fix de largefon entrée revenant à
17 pouces à la vanne mouloir.
La vanne mouloir a pareillement 17 pouces
d'ouverture & dix pouces d'eau de hauteur près,
la vanne.
La'reillère ou le courfier a la diflance de
dix
pouces de la vanne mouloir, porte 15 pouces
lignes de large:, fcpt pieds de long & le furplus
qui eft de pieds de long le termine à [on-
«embouchure 3a pouces de largeur en6n cette
yc'Uère à 4 pouces de pente fur fa longueur.
efl
Lefaut ou la chute d'eau de ce Moulin
des pieds 4' pouces depuis l'aplomb de ?arbre
tournant jufqu'à l'entrée- du eol de cigne.
L'arbre tournant a 17 pouces de gros ou en
carré. pieds
La roue, y compris Ton aubage, a
de diamètre lavoir, 10 pieds & demi de. centre >_
& 3 pieds & demi-^âubage cependant les aubes;
n'ont que de long mais elles fo'nt
%i pouces
répétées deux fois fur la fuperficie de la roue.
lignes
Le rouet a 6 pieds 6 pouces & quelques
6 6 lignes d'épaiffeur &'
de diamètre pouces
chacune a <j pouces
44 dents ou chevilles dont
lignes de diftance de l'une à l'autre.
pas ou
L/Wrne a 8 fufeaux
de même pas que les
dents du Rouet.
de dia-
La meule courante a 6 pieds 3 pouces
les
mètre fur 11 pouces d'cpaifleur. Toutes
meilleure
pièces & ferrures de ce Moulin font de la
construction.
Ce Moulin ayant dix pouces d'eau de hauteur
cubes a
k la vanne mouloir fournit 170 pouces
moulu i2o livres
la roue ces pouces d'eau ont
de bled, poids net, en minutes ce qui fait
ix fetiers & 99 livres de bled en 24
heures
le fetier pefant 240 livres.
Ce produit ilefl pas le même depuis le com-
jufqu'à ce
mencement du rhabillage des meules
Qu'elles foient ufces. Ce produit eft celui du milieu
du rhabillage car, les preouers jours. la meule
étant plus coupante moud plus de bled, & fur
la fin du rhabillage, la meule étant iifEb moud
moins.
7
II faut encore faire attention que ce produit eft
aufli celui d'un bled qui n'eft ni trop fec ni trop:,
mou car l'un & l'autre influe fur la, qualité 6c.
quantité de la farine
J'obferve encore que ce calcul eft appliqué à la
mouture fur bled feulement dont le Confie
père
qu'environ cinq livres le bouleau mefure de
Paris ainfi qu'il fe pratique ou doit fe pratiquer
dans la mouture économique car fi l'on entend
mouture économique finie le calcul doit com-
prendre aufïi le plus ou moins de fineffe des bluteaux..
Si,; fon emploie des bluteaux jrès fins & qu'on
farte moudre cinq ou fix fois les gruaux cela
allonge la mouture & ne fait pas toujours la
meilleure farine elle eft trop dilatée elle perd
ion goût de fruit elle fe conferve plus difficile-
ment, & le pain en eft moins bon ainfi je ne
calcule que fur la mouture à bled le remoulage
des gruaux étant arbitraire.
Autrefois on comptoit la mouture fur bled
fait rnais
comme les deux tiers de l'ouvrage
depuis que le luxe emploie des bluttaux plus fins,
la mouture fur bled n'eft guère que la moitié des
l'ouvrage, & l'ouvrage en eft moins bon par
les raifons que viens de dire.

Moulins en defus.
pieds de long
,.L'avant bec de ce Moulin a
fur 13 pieds à fon entrée, &
y)
; 3
pieds 6 ponces à
3 pieds d'eau de hauteur
fon embouchure il
à fentrée & i pied près la vanne mouvoir
d'un pied de la vanne,
7 pouces à la diftance
& 4 pouces au milieu de l'auge.
La vanne mouloir a 2.7 pouces d'ouverture
ainfi que l'auge qui te réduit à 26 pouces à fort
embouchure.
L'auge a 13 pieds de long & 2. pouces 6
lignes de pente fur fa longueur..
La roue a 9 pieds de haut, 3 pieds 6 pouces de
large, hors d'oeuvre; chaque côté y compris la dou-
blure,a trois poucesd'épaiffeurfur un pied de .hauteur;
culs-dë-hotte
cette roue eft chargée de 30 pots à
& 5 pouces
ayant chacun 17 pouces de haut
de làrge d'entrée & de fond.
L'arbre tournant a 15 pouces de gros.
Le rouet a 6 pieds 8 pouces de diamètre 7
pouces d'épaiffeur 44 chevilles & pouces
petites lignes de pas.
La lanterne a 9 fufeaux de même pas.
La meule courante a 6 pieds 3 pouces de dia*.
mètre, & 13 pouces d'épaiffeur.
La vanne mouloîr fournit à la rouelle pouces
cubes d'eau qui ont moulu 120 livres de bled en
23 minutes & donne par confcquent en il..
heures, une mouture de 3 fetiers & 64 livres
de bled de bonne qualité.
J'obferve que l'avant bec de ce Moulin ntît
point un glacis ordinaire mais feulement un pont
qui précède la vanne dont le fouliard ou les
pierres d'aflife font à plus de trois pieds au deffous.
de la ditte vanne en forte que l'eau ne prend
fa rapidité qu'en fortant de la ditte vanne &dans
range. Toutes les pièces & ferrures de ce Moulin-
font d'ailleurs de la meilleure conftru&ion..
S v r.
Préparution des Meules.
Avant d'employer les meules, il faut les travailler
ainfi qu'il fuit.
i°. Il: faut les placer fur un plancher bien égal;
& qui n'ait point de pente 211. les nïvcler
3Q. les bien dreffer des quatre faces en
déterminer & marquer le jufte milieu en mettant
une petite planche au milieu de l'œiliard avec
un bâton debout, bien droit d'environ trois ou
quatre pouces de circonférence ayant un- petit-
toiirriilon dans le bas afin de pouvoir tourner
dans le milieu de la planche pofée dans l'œiliard il
50. le bâton fera auili affujetti dans le haut dit
plancher avec un tourillon afin de pouvoir
tourner fans fe déranger ni quitter le centre.
60. On attachera enfüite au bâton une règle
,ce la moitié de la longueur de la meule giflante
le bout de lâ règle fera d'environ fix lignes plus
bas fur la feuillure qu'à l'œillard ce qui la-rendra
convexe.
7«. Pour la meule courante, le bout de la règle
de glus haut ce
aura au contraire huic lignes
qui la rendra concave.
Un peut également le fervir d'une règle qui
.auroit tout le diamètre de la meule & qui feroit
l'autre.
convexe d'un côté & concave de
8°. On fait tourner la règle à mefure qu'on
;
bat la meule à blanc c'eft-à-dire fans faire de
rayons on rend ainfi les
meules convexes ou
poffible.
concaves avec toute la jufteffe
9Q. En deux riblages ou tours de meule fans
bled les meules étant .montées fe trôuveront
bien frayées adoucies & en état d'êtte rayonnées
félon les règles données ci-après mais avant de
les fécher &,
monter les meules neuves il faut
pour cela, voici comme il faut s'y prendre.
§ VIL
Sèchement des Meules.
Avant de monter les meules il faut les laiflèr
fécher & meurir à 'l'air & à l'abri des injures du-
ients pendant fix mois & même plus cette pré-
caution eft eflêntielle elles travaillent mieux la
farine eft plus sèche. Les meules neuves employées
avant d'être parfaitement sèches. s'engraifïènt
font une mauvaife mouture, une mauvaife farine,
& plus mavaife encore lorfque les grains font
humides.
La plupart des Meuniers n'achetant des meules
que pour les employer auflï-tôt & ne pouvant
.point attendre leur féchement naturel je vais
expliquer les moyens de les deffécher en huit
jours. Il faut
le. Que les meules foient battues a la règle,
que l'une foit convexe & l'autre concave ainfi
qu'il eft dit ci-devant.
placer & fceller la meule gluante dans les
enchevêtrures.
3°. Placer fur cette meule à diftances égales
quatre rouleaux de bois d'environ i pouces de
haut, fur lefquels on pofera la meule courante.
Placer, entre chaque rouleau des terrines
amortie d'abord en-
ou grands plats de braife
fuite moins amortie enfuite un peu ardente &
enfin plus ardente mais qui ne jettent jamais
ni flamme, ni fumée.
50. Ne point laiffer refroidir les meules entre-
tenir leur féchement par une chaleur douce &
continuelle qui les pénètre infenfiblement &
îéviter une trop grande chaleur qui lés iêroic
éclater.
6°. couvrir les places qui fé trouvent entre
les rouleaux & les terrines de morceaux de vieille
Ctoffe de laine ou de toile pour boire l'humidité
des meules.
changer fournit de'place les rouleaux
les terrines afin que les meules sèchent égale-
ment par-tout.
Changer les étoffes auffi-tôt qu'elles font
humides, ne point les laiflèr fécher fur les meules,
& les remplacer par d'autres qui foient feches.
4orfque les meules ne rendent plus d'eau,
il faut les entourer avec de groflè toile, ou des
facs de coutil & biffer les aeillards des meules
ouverts pour fervir de ventoufe & attirer l'hu-
midité plus promptement.
io°. Quand les meules ne rendent plus aucune
humidité Se heures aprés on peut les piquet
& rayonner.
1 i°.^fin je le répète il faut avoir attention
i
'de n'échauffer les meules que peu-à-peu éviter
une chaleur fubite y entretenir toujours une cha-
leur douce qui les pénètre & les defsèche petit
à petit il faut bien éponger l'eau qu'elles rendent
à fur a mefure qu'elles fuentchanger les étoffes
dès qu'elles fout mouillées les remplacer pat
d'autres qui foient sèches changer de place les
Rouleaux & les plats de braifo auffi fouvent qu'il
eft néceffaire.
Ce féchement eft plus
long'pour les meules
Çompofées d'échantillons appareilles & maftiqués
etifemWe, parce qu'elles confervent beaucoup d'hu"
midité & qu'elles en prennent encore dans les
tems humides & de dégel ainfi. leur. féchement
doit être fait avec plus d'attention & eft abfo-
lument néceffaire avant de les employer à la
les meules fe
.mouture. Qu'on ne dife pas que
sèchent a force de s'échauffer en tournant en
travaillant car 1°. les meules étant humides la
première mouture les engraifle cette mouture
eft d'un moindre produit tant au Moulin qu'au
pétrin & le pain qui en provient eft mauvais.
La chaleur que produit la mouture concentre
l'humidité des meules au lieu de févaporer & j
cette humidité refTott dans le repos du Moulin
& renouvelle l'engraiflage des meules.
Pour entendre ce qui fuit il faut favoir qu'on
diflingue dans les meules quatrer faces favoir deux
plats & deux bouts. Des deux plats l'un fe nomme
plat à mont l'eau &- l'autre avalant Veau.
Des deux bouts l'un fe nomme le bout fur
l'anche & l'autre le bout fur la roue.
Le plat à mont l'eau eft le côté de la meule
où l'une des fleurs ,de l'anille eft pofée & qui
regarde le côté d'où vient l'eau.
Le plat avalant -l'eau èft le côté oppofé qui
regarde l'eau qui fuît.
\Le- bout du côté où la farine tombe dans le
Le bouc
oppofé, qui eft du côté de la roue du Moulin,
s'appelle le bout fur la roue ou fur la tèmparie^ on
nomme tempane le mur du Moulin qui eft du
côté de la. roue.
Les marques qu'on fait fur Tanille & le papillon',
font néceflaires pour ne pas changer les aires
la pofition qui
convient à la, meule courante quand on la remanié.
Ainfi lorfqù'on dit qu'une meule doit être bien
bordée de niveau fur fes quatre faces cela {rgnifîe
que la feuillure ou la partie qui avoifine les bords
doit être plus pleine que l'entre-pied & le coeur.
On diftingue le plat de la meule en trois
pârties on nomme feuillure les fix premiers pouces
de la largeur de la meule près du bord.
De-là à un pied en avant vers le coeur
cette largeur d'un pied fe nomme Ventre-pied de
la meule & le refte jufqu'à l'œil ou trou de la
meule fe nomme le coeur.
Le cœur de la meule concaffe le bled.
L'entre-pied le rafine & forme le gruau.
La feuillure, lorsqu'elle eft bien bordée de niveau,
allonge la farine & détache le fon.
§ V I I I.
£e rayonner & rhabiller ks
&
Meules.
rhabiller le»
&
Pour bien piquer rayonner

Paris & dans fa


que d'expérience. Excepté dans

perdus. On verra. ailleurs les


seules k ,o«F en
Sfentages, voici comment' doit

bord
quime lignes de large au

touffe des grains, & de leurs


plus ou moins de

^^r^po*
colfps parce que cette partie fouffre les coups dé
la rrempure & fatigue le plus.
Lorfqu'on repique ou rhabille les meules, il faut
faire enforte que les rayons ne faffent qu'effleurer
la rhabillufe •, c'eft-a-dire que les rayons doivent
être plus élevés au-defïus du plan de la^mpule y
car s'ils rexcédoient il en réfulteroit un bour-
donnement capable d'échauffer les meules elles
agiroient en approchant au lieu d'alléger &
feroient un fon fin qui fe méleroit avec la fariner
L'épaifTeur d'une feuille de papier fuffit pour une
bonne rhabillure quand elle. eft trop ouverte
c'eft-a-dire, quand l'outil eft trop marqué fur la
meule à côte du, rayon elle fait la farine moins
douce.
Pour le moulage plein & ferré qui ne convient
qu'aux Moulins foibles le rhabillage au° coeur &
à l'entre-pied feulement doit être plus foncé.
Dans une* année pluvieufe lorfque les grains
font humides il convient de tenir les rayons
moins larges que 'pour les bleds fecs le fon
s'écure mieux.`
Il faut auffi un rhabillage différent pour les
feigles ,méteils &c. que pour le froment
ainli qu'on le verra aux articles .de la mouture
des bleds humides des bleds très fées, & des
menus grains.
Tout ce que j'ai obf2rvé jufqu'ici fur le rayon-
ornent des meules, ne regarde que les Moulins,
de moyenne force dans lefquels on
moud e*H
foie* four
heures, depuis 10 jufqu'à 3° & 3S
bled; c'eft-a-dire fans remoudre les gruaux, car
les Moulins qui vont très-fort & dans
pour
lefquels on moud de 30 à fetiers & plus, en
heures il faut que les rayons ayent depuis,
z4 trois pouces & demi
deux pouces & demi jufqu'à
proportionéllement
de diftancel'un de l'autre &
l'augmentation de la force du Moulin. Il faut,
k
même tems bien ouvrir le cœur & l'entre-
en dans les meules
pied pour faciliter l'entrée du bled
& pour éviter que
la farine s'échauffe.
les meules plus
avantageufement &
On rhabille
à fix pannes
plus commodément avec des marteaux
dents, dont la tête a environ 18 k^o lignes

de long fur de large avec ce, marteau un,
trois. Avec le
homme fait autant d'ouvrages que
qu'une pointe on
côté de ce marteau qui n'a
de la meule.
taille les rayons & les parties dures
elle eft
Cette fhabiUure n'éclate point la pierre
fur-tout
plus douce & fupérieure à toute autre
celles
les .modes très-ardentes car pour
pour
les marteaux fimples
qui le font médiocrement
ils font la rhabillure
& ordinaires font préférables,
plus nette.
foit
Qoique la piquure des meules en rayons
il
recommandée comme la meilleure cependant
*<ya .des meules molles telles que celles dont on.
fe fert en Pcrigord en Poitou & autres Provinces
qu'il vaut mieux rhabiller a coups perdus parce
que les ray-ns fur ces pierrer'molles ne faifant
«qu'applatirfeulement le bled lafarine fort grafïe,
& le fon îefte chargé de farine k moins qu'on

ne fafre des rayons très-fins & à un pouce de


• diftance l'un de l'autre & quoique ce rhabillage
'donne quatre fois plus d'ouvrage qu'un autre, je
le préfère.
II faut obferver que les meules molles, piquées
coups perdus ne
peuvent" moudre que le bled
feulement ,& qu'il faut abfolument des rayons
enlever la
pour moudre les gruaux & pour en
pellicule fans quoi la farine eft groffe, molle
compare, mal évidée, fuivant les expériences qui
en ont été faites en Pcrigord & en Poitou.
' Les meules ordinaires, qui ont depuis cinq juf-
qu'a fept pieds de diamètre, fur douze, quinze &
dix-huit pouces d'épaiffeur, durent. environ trente-
cinq à quarante arts. Cette durée des meules(dépend
toutefois de leur dureté, de la manière dont elles
ont été montées rhabillées & foignée? de la
manière de moudre plus ou moins gros enfin
de la force des moulins, de la qualité des grains
& de l'intelligence des Meûniers. Lorfque les
meules ont tourné long-tems & que leur cr a«t-
feur eft confidérablement diminuée, on les taille
de nouveau, pour leur donner une furface oppo%
à celle qu'elles avoient,& les faire fervir de meules
gluantes encore plusieurs années.
Ces détails prouvent combien il eft efïentiel de
favoir rhabiller & rayonner les meules à propos,,
"& cet art eft prefque inconnu.
Ces détails toutefois ne concernent que la
auffi mouture des
mouture à blanc, qu'on nomme
ricües mais comme un Meunier doit favoir pr4-
tiquer toutes fortes de moutures, & travailler pour
les pauvres encore mieux que pour les riches
j'indiquerai aux articles des différentes efpèces
de moutures, les diôcrens rhabillages qui leur
conviennent,,
On a confeillé de piquer les meules en rond,
cercle à l'œillard
en commençant le premier en
continuant jufqu'à l'extrémité de la feuillure & çn
laiffant entre chaque cercle une diftance égale.
Je n'approuve point ce rhabillage pour la mon-
qui l'ont
ture économique, & je doute que ceux
confeillé en connoiflent bien les procédés & \es
réfultats.
Ma critique eft fondée fur ce que par cette
rhabillure, les produits du bled reftei oient dans
les meules plus long-teins que par le rhabillage
la circonférence, & s'y
en rayons du centre à
échaufferoient.
"Ce rhabillage pourroit cependant être bon a-
mais ce n'eft point ici le lieu d'ea

Monture des Meules.

Avant de monter la meule gisante, il 'faut


bien dreffer
les tourillons vis-a-vis l'un de l'autre.
Mettre la roue bien dans la réilliere au
faut de l'eau.
meulegiflante feîen jufte fur le befroi.
jetter.un niveau fur les quatre faces, & un autre
niveau par le milieu de l'oeillard, qui tombe jufte
milieu de l'arbre tournant c'eft-k-dire entre
au
les deux tourillons.
Prendre garde que la meule giff-ànte ne fdît
enfoncée dans fles enchevêtrures, ce qui feroit
rougir la farine.»
Monter la boîte & les bôitillons qui doivent
contenir la fufée dans Toeillard du gîte prendre
garde que la boîte foit bien droite dans le milieu
de la meule giffante.
Après avoir monté les bo}te & boitillons, &
mis la fufée dans le plein milieu de l'anille de la
meule courante, on drefiè le rouet, & l'on eflàyç
quelques tours pour faire engrener les dents bien
égalemement dans la lanterne. Il faut, faire enfort'c-
emhrafle jufte Con
que le rouet paile bien. & qu'il
fufeau, fans cela il cahotteroît ce cahottemerrf
feroit pencher la meule &. feroït un fon' dur.
On s'occupe enfuite de la meule courante, en
la fuppofant piquée & rayonnée félon les principes
ci-devant expliquéson la pèfe on la dreffe, de
niveau en la pefant on examine fi elle a de$
lourds, c'eft-à-dire, fi elle pèfe plus d'un côté que
de l'autre, parce qu'elle peut être plus compa&ê
d'un côté que de l'autre, ou parce qu'elle peut
avoir intérieurementde grands .trous qui empêchent
l'égalité du poids.
Les lourds occafionnent beaucoup dmconvé-
nïens-, iQ. la pente qui fait ufe* les meules plus
d'un côté que de l'autre; z°. ils font étrangler la
fufée du haut en bas Veft-à-dire qu'ils Tufent
plus d'un côté que de l'autré par un plus grand
frottej/eht,, ce qui produit dans le bas de la. fufée
des lippes, lèvres ou rebords qui font foulever»
bourdonner & grener la meule en allongeant. Si
les lippes ou lèvres fe trouvent dans le haut de la
fufée, elles portent fur les boitillons, elles échauf-
fent le fer & gênent l'approchernent des meules.
Pour connoître les lourds, on met la meule
contre-pefer.
courante fur un pointal, pour la
Pointal eft un morceau de fer en forme de
Le
pain-de-fucre, qu'on met à la place du fer fur lds
boitillons, & qui fait le chandelier à la place de
la fufée. On met enfuite dans l'œil de l'anille un
iftorceau de fer concave en chandelier, qu'on y
riflûjettit. On y fait entrer de force un petit mor-
ceau de bois bien dur dans lequel on fait un
trou,avec une tarière pour y faire entrer le bout
du pointal alors on met la meule fur le pointai,
& on le fait tourner pour voir de quel côté font
les lourds.
Quand on a remarqué les lourds, on y coule
du plomb fondu ou du plâtre fur la partie la plus
légère, jufqu'à ce qu'elle foit égale en, poids à
Pautre partie.
On abbat les lippes que les lourds ont pu for-
mer fur la fufée quand les meules ont déjà tourné,
Car quand elles font neuves il n'y a point de lippes,
& quand la fufée eft bien arrondie on la place
dans le plein milieu de la meule giflante, -en
fait entrer le papillon dans le trou quarré de l'anille
fixée à la meule courante enfin on fait faire
quelques tours à la meule pour vérifier s'il n'ya
plus de lourds.
Il faut que la meule giljànte foit bien bordée
de niveau fur les quatre faces, c'eft-'a-dire qu'elle
foit égale par les bords.
Quelques Meuniers font dans l'ufage, en bor-
dint les meules, de ménager deux lignes de pente
fur l'anche, pour faciliter la chûte de la farine;
mais cette pente doit être prcfqu'infenfible & il
eft mieux de bien border les meules de niveau.
,,Le bord, de meule doit être plus
haut que les enchevêtrures., pu les pièces de bois
qjji la; foutiennent, dans lefquelles' elle eft enca-
dfée & affujettie avec de la maçonnerie dans les

Il faut que la meule giflante foit boudinierc y


c*eft-a-dire convexe de trois ou quatre lignes au
cceur en allant toujours en diminuant venant
k rien à la fin de l'entre-pied.
La meule courante doit au contraire être fia"
niere, ceft~à-dire concave proportionnellement à
la convexité de la meule giffante & dans là même
étendue, & pour que cela faile plus d'effet, iliàût
que la meule courante foit un peu plus concave^
convexe afin de donner an
grain la facilité d'entrer dans les meules & qu'elles
piaffent bien prendre le bled également.
Pour mettre la meule courante en bon mou-
l^ge, effentiel de bien mettre l'anille dans
le plein milieu de la meule, fans cela elle cahotte-
Kpit & feroit la queue c'eft-a-dire qu'elle débor-
deront d'un, côté.
La meule courante, pour bien opérer, doit être
pofée b^en droite excepté lorfque le moulin eft
en-défllis^ alors le fer doit avoir un peu de pente
avalant-l'eau. Il faut au contraire que la pente du,
fer foit à morft- l'eau lorfque le moulin eft en-
defîpus. Cette pente du fer n'eft utile que pur
ibutenir le poids de l'eau lorsque les chevilles du
rouet prennent les fufeaux de la lanterne & qu'it
/agit de mettre le moulin en mouvement; car
chaque coup de rouet contre la lanterne, frappant
Je fer par en-bas, redreffe fa pointe par en-haut,
£c par conséquent la meule dans le fens oppofé
où le rouet frappe le fer. Il faut en»., même-tems
avoir attention que cette inclinaifon du fer foit
proportionnée la force du mouvement du mou-
Jin., c'eft-à-dire, qu'il faut incliner le fer de huit
à dix lignes pour un moulin de moyenne force ou
.qui moud t àîj Métiers en vingt-quatre heures
,& en fuppofant que le rouet & la lanterne rnar-
chent bien, car fi leur, marche eft gênée la' «pente
doigt, être un peu plus l,ourde. En général pour un

faut..
moulin qui marche très-bien, le fer doit avoir
moins de pente, attendu qu'il ne fait point de

La plupart des Meuniers fous prétexte d'em-


pêcher leur moulin de s'échauffer oeuvrent trop
leurs meules & ne leur font commencer à prendre
bled que vers la fin de l'entre-pied, où le grain
coule entier fans avoir été cailç j en conféquence,
la feuillure trouve à travailler tout-a-la-fois gruau,
fon & farine, & le tout fe fait mal.
Si dans les meules il n'y avoit que la feuillure
qui dût travailler, il feroit inutile de' leur donner
fix pieds deux ou trois pouces de diamètre.
La meule doit- faire à là fois trois opérations
de mouture; en fortant des bras de Vanille &
quelques pouces plus loin la meule doit com·
mencer a caffer le bled c'eft l'ouvrage du coeur
enfuite le bled fe rafine a l'entre-pied, qui fait le
gruau, enfin, il tombe a la feuillure, qui ne fait plus
gu'écurer, rouler le fon & faire la fleur.
Lorfque chaque partie de la meule fait ainfi fon
ouvrage, un moulin va toujours en allégeant il
'faut cependant obferver, i°. qu'un moulin qui va
très-fort doit être un peu plus ouvert & en pro-
portion de fa force, afin d'empêcher qu'il s'échauffe
t°. que fi le moulin eft très-fort, & les meules
'très-ardentes 'il eft
a propos qu'elles commencent
à caffer le bled un peu plus loin de l'anille que
dans un moulage plein, fur-tout lorfque l'on veut
faire des farines très-blanches par ce moyen le
bled n'eft pas tant haché, ni le gruau rougi, ni
-la farine piquée de fon.
La meule courante, en tournant fait deux
mouvements à la fois en tournant
fur fon pivot,
elle haufi'e & baiffe alternativement, parce que le
palier fur lequel porte fon pivot eO: élailique & fait
l'effet du reflbrt il fléchit & fait fléchir la meule
lorfqu'elle écrafe le bled il fe relève & relève la
meule lorfque le bled eft écrafé en même-tems la
vîtefle de la meule agite fortement l'air, qui chaffe
la farine hors des meules.
Lorfque la meule courante eftun peu trop ar-
en garniflànt
dente, on peut en diminuer l'ardeur
& de farine
les trous avec un maflic de chaux-vive
moulin affleurera
de feigle délayés enfemble le
plus allongée,
mieux, c'eft-a-dire fera une farine
eft celle
plus douce au toucher. La farine courte«
qui eft dure au taa on Réprouve encore plus sû-
peu. de pâte avec de l'eau
rement en en faifantun aifé-
dans le creux de la main fi la pâte s'étend
fi elle fe caffe
ment, la farine eft bien allongée;
& fe défhnit facilement alors la farine eft courte.
Toute farine allongée fait toujours blanc; la fa-
rine courte fait rouge & ne fe conferve point,
s'y
fon ceil rouge vient des particules de fon qui
font mêlées.
Pour faire une bonne mouture il faut que
chaque coupde meule enlève l'écorce du bled,
fans y laiffer de farine.
La mouture fera à fon plus haut point de per-
grain
fe'aion, fi l'on parvient à ne faire pour un
écorce fans y
de bled qu'une feule écaille de fon
laiffer aucune farine.
& fur-tout les
Les meules des petits moulins,
fi ardentes
meules gluantes, ne doivent pas être
celles des grands moulins, parce que ces meules
que
payant point leur mouture, c'eft-à-dire, venant
elles
à manquer de bled, font fujettes a grogner fi
font ardentes; elles hachent le fuH, & il tache
la farine.
Du nétoyage des Grains.

Le nétoyage des grains qui doit précéder


leur mouture s'opère par quatre efpèces de.
cribles, favoir; ïé crible normand, le crible cy-«
lindriqué le crible allemand & le tarare ou yen*"
tillateur.
Le économe qui fabrique des farinés
pour fon compté ou pour les vendre, doit faire
ûfagê d'è ces cribles, fi fon bled n'ëft pas nétoyé;
mais pour économiser la main-d'œuvre, il faut
que le même ^moteur qui fait tourner les meules,
fafïç auffi tourner & mouvoir ces cribles, & pouf
cet effet, il faut que fon moulin ait un étage fupé*
fièùr dans lequel ces cribles foient placés..
Si je recommande cette pratique aux Meuniers
qui fabriquent pour leur compte, ce n'eft pas que
ceux des moulins banaux ne doivent fuivre égale-
ment ces confeils mais ils croyent avoir plus d m-»
térêt à hâter le moulage qui, bien ou mal fait;
leur eft également payé; au lieu que les Fabricans
& Marchands de Farine fentent. l'intérêt qu'ils ont
à les perfectionner. m
Dans le commerce on diflingue trois qualités de
bled favoir bled de la tête bled du milieu &
bled de la dernière qualité.
Les deux premiers cribles dîvïfent le blëd eh ces
trois qualités.
En fuppdfant donc qu'on ait acheté ou récolté
du bled fàle, voici comment on le nétoyera.
On fait d'abord ufage du crible normand,il êftde
forme fonde le fond eft une peau percée de trous
plus petits qu'un grain de beau froment.' Pour en
faciliter Fufage on le* fufpend avec deux ficelles
attachées aux extrémités de ion diamètre.
Ce crible ne conferve que le gros grain, ce
laifTe aller le plus petit, ainfi que les mauvaifes
graines. Ainfi le tas formé par ce crible ne feu
qu'à faire de -petites farines biles de dernière qua-
lité, dont les Cultivateurs fe nourriflent tant ils
font pauvres, & dont ils nourriront leurs volailles
lorfqû'ils pourront, félon le voeu d'Henri IV,
avoir la poule au poj.
y
Un autre avantage de l'ufage de ce crible c'eft
aù-deflus
que le coup de poignet fait venir du bord
du bon bled la paille les boufes lé bled mort »
l'ergot & la cloque, c'eft-à-.dire J'enveloppe du
bled charbonné dont la pouüière fétide nùiroît à
la qualité des farines & à la falubntd dû pain, te
par conCeqûent â la fanté.
Lorfque le coup de poignet a raffemblé toutes
ces faletés au-deffus dû bon grain parce
qu'elles
font plus légères que lui, on les enlève à la, main.
Le Marchand de Farine & le Boulanger qui
achètent le bled tout nctoyé peuvent Ce panée de
cé crible, & les cribles fuivans peuvent leur fuffire.
Après cette opération, on verfe le grain qui n'a

d'Allemagne. «j
pu. mfler par lé crible normand, dans un crible

Ce crible eft
empote
d'une trente dans laquelle
on vérfe le grain, qui fe répand petit à petit en
nappe fur un* plan incliné d'environ degrés
formé de fils d'archal rangés parallèlement & affez
près les uns des autres pour que les meilleurs
graitas ne puiflèntpas paffer au travers. Les mau-
vais grains tombent fur un cuir tendu il. trois pouces
de âiftance fous le crible; & fe rendent dans une
chaudière que l'on place defTous.
Ënfuïte le grain eft verfé dans un bluteau cy-
lindrique. C'eft un grand cylindre de 2 ou 3 pieds
de diamètre, garni alternativement de feuilles de
tôle piquées comme une rape à fucre & de fils
d'archal pofées parallèlement pour lainer paffer
les immondices &&les graines plus menues que- le
froment. Il eft plus avantageux de piquer les feuilles
S^e fer-blanc de l'autre
une ligne d'un-côté & une
côté, afin qu'elle rape des deux côtés. Ça verfe le
grain dans un trémie d'où il coule dans ce cy-
Spôté èn pente qu'on fait tourner avec une
manivelle. Dans le trajet du cylindre le bled eft
gratté par les rapes la pondère & les. petits
grains à>r^ent par les grilles de fil d'archal &
bled fort clair & propxe par l'extrémité du cy-
lindre tombe dans la trémie d'un tarare.
`&
3?. Le tarare ou ventillateùr eft un inftrumenc'
très ingénieux, pour s'en faire une idée claire
qu'on fe figure un homme faifant tourner avec la
manivelle une roue dentée en hériflbn laquelle
engrène dans la lanterne qui eft placée au-deflùs
& quifait tourner très-vîte les aîles & la petite
roue cochée qui par, le levier, fait trémouflêr le
crible fupérieur. Un autre homme verfe dans la
trémie du froment qui coule péu-à-peu. fur '1e
crible fupérieur un peu incliné vers l'avant. Ce
crible, en trémoufîant continuellement tamife le
grain en forme de pluie;,il traverse,en tombant,
un tourbillon de vent occâfionné par les aîles,
& tombe fur un plan incliné où il y a un fecond
crible qui fépare le gros grain du petit.
Pour mieux faire connoître cet inftrument
nous ajouterons ce qui fuît.0 On met le- froment
dans, la trémie il en fort par une petite ouver-
ture à couliffe au fortir de la trémie le grain
fe répand fur un premier crible fait en maille
de laiton affez large pour que le bon grain puiffe
y paflèr. Ce crible fe hauffe & fe baiffe à vo-
lonté par le moyen de la roue dentée il reçoit un
mouvement de trémouflëment par un levier brifé,
auquel iL eft attaché, & dont bout inférieur,
appuyé fur les coches ou dentures de la roue eft
enarbrce a l'extrémité de fait tourner
avec la .manivelle.
Le irémouffement fait couler le grain peu à peu
les corps étrangers trop gros pour paffer au travers
des mailles tombent par une extrémité en forme
-de nappe, fur un plan incliné qui les jette dehors.
Ce qui a pafle par le crible fupérieur tombe en
forme de pluie fur un autre plan incliné d'environ
ou
degrés, oh le grain trouve une autre grille
un
treillis de fils d'archal dont les mailles font
peu plus étroites flue celle du premier, afin que
le petit grain puiffe tomber fous la
caifre, tandis
que le plus gros fe répand derrière le crible.
Sumnfe côtés delà caiffe sa une manivelle engrène
qui fait tourner une roue dentée laquelle
mouvoir
dans une lanterne fixée fur l'effieu faifant
impr&e
à fon extrémité la petite roue cochée qui
le trémouflement aux cribles. Le grand
effieuV
qui tourne très-vite au moyen de la
lanterne
porte auffi 8 ailes, formées de planches minces
qui
qui font en tournant un vent confidérable
chaire toute la pouflière la paille & les corps
légers qui Ce trouvent dans le grain.
d'Allé-
Quelques Meuniers oppriment le crible
cylindrique & fe contentent
magne & le bluteau
du ventilateur.
Le criblage & pétoyage du grain en augmen-
teroit la valeur s'il devoit être fait a main d'hommés;
-biais on peut faire mouvoir ces criblés par h
même force motrice qui fait tourner la roue dU
• Moulin & en même énforte que le mente
moteur nétoye le grain., le moud & blute en
la farine, verra ci-

Pour ces on adapte k l'extrémité d'uri


effets
arbre de couché ou horifontal d'environ trois k
quatre pouces de gros fâifant un angle droit avec
le grand arbre tournant du Moulin, une petite
lanterne de dix-huit a vingt pouces de diamètre
plus on môihs fuivaht la force du Moulin, afin
que les fufeaux de cette lanterne 1 prenant les
dents du Rouet, faffent tourner l'arbre de couche
dans lequel font emmanchées trois poulies dans
'le[quelles on paffe des cordes fans fin qui cor-
1 tefpondent aux poulies des cribles & des bluteaux*
Ce poulies peuvent fè prendre dans une même
tourte de bois d'orme jquand la bluterie à fou
gras eft diredement fous le tarare lorfqu'elle
h'y eft pas^ on place fa poulie fur l'arbre de couche
au droit de ladite bluterie avec des poulies de
renvoî. Les poulies de l'arbre de couche doivent
être, autant qu'il eft poffible direâernent au
deffous des poulies adaptées
aux autres machines
qu'elles doivent mettre en mouvement car fi
( ces poulies ne pouvoient pas être placées*1 direc-
tement les ujjês fous les autres, il ihudroit abib-^
lument fe fervir de poulies de renvoi, pour re-
gagner la perpendiculaire, ce qui eft très-facile.
La poulie d'en bas du tarare peut avoir trente
de diamètre & celle qui eft emmanchée
pouces
doit
dans le tourillon de l'arbre tournant-du tarare,
l'arbre
avoir douze pouces de diamètre celle de
le cylindre
de couche, deftinée à faire mouvoir
de
de fer-blanc doit avoir vingt-quatre pouces
bout de
diamètre & celle emmanchée dans le
l'arbre tournant dudit cylindre de
fer-blanc, 28
On peut faire cette dernière poulie d'une
pouces.
plus épàiffe, afin. d'y ménager une feconde
tourte le grand
poulie de renvoi qui ira faire tourner
de celui de
crible. de- fer^pofé en ièns contraire
fer-blanc.
Wutene doit
La poulie qui fait tourner la
avoir zx pouces de diamètre & celle qui fera
de
emmanchée dans le bout de l'arbre tournant
diamètre.
ladite bluterie doit avoir z6 pouces de
varier
Tous ces diamètres &,mefures peuvent
Moulins des
felon la force & la,différence des
qu'il eft
machines & des .mouvemensmais ce
dTentiel d'6bferver c'eft que la grandeur des
la force des
poulies doit être calculée fuivant
Moulins, & que les cribles & bluteaux cylin-
driques doivent faire z^ tours par minute.
Si les cribles cylindriques vont trop fort ou trop
doucement ils criblent mal.
Le tarare doit faire 80 tours par minute,
s'il va plus vite chaffe le bon bled avec les
criblures s'il va plus doucement, il ne nétoye pas
bien le bled.
En général, fi le mouvement eft trop rapide,
il faut tenir les poulies plus grandes en haut, ou
diminuer celles du bas cela rallentira le mouve-
ment. Si le mouvementau contraire eft trop lent,
l'on en mettra
on diminue la poulie d'en haut ou
de plus grandes en bas. Les poulies doivent être
faites en pattes d'écrevifle c'eft-à-dire que la
rainure doit être large d'entrée, & aller toujours
en diminuant, afin que les cordes
ferrent mieux,
& tournent plus facilement.
II faudrpit auffi n'employer que des cordes qui
euflènt déjà fervi elles font moins dures &
tournent plus rondement.
Les cordes fe raccouïciffent dans les tems hu-
mides, & s'allongent dans les tems fecs. -Pour
remédier à ces inconvéniens on met au 6om. d'une
corde une patte de cuir de Hongrie & une longe
de même cuir à l'autre bout par ce moyen on
allonge ou raccourcit les cordes fuivant le rems.
Si le tarare ne tourne point allez. vite on
raccourcit les cordes s'il va trop vite on les
rallonge.
Cet arrangement eft préférahle fans compa-
raifon, aux rouages & aux petits hériffons qu'on--
pourroit employer dans ces cas parce que le$
poulies coûtent bien moins durent plus, & font
faciles à faire a conduire & à entretenir au
Heu qu'il faut un habile, Charpentier Méchanidetv

pour exécuter
ranger plus difficile a conduire, & parce qu'epjîn
avec des cordes & des poulies qui
coûtent environ
48 liv, on fait autant d'ouvrage qu'avec des-
bénirons qui coûtent vingt trente louis,.
Telle çfi: en général la méthode du nétoyage'
des, grains. fi négligé par les Laboureurs excepté
Brie de la Beauce de l'Ifle de France
ceux de la
& 4e la Picardie,
Voyons maintenant les procédés du blutage

XI,
puifqu'Hs fç lient avec ceux du nétoyage des crains.

Procédés du, Blutage*

Que les grains faient parfaitement nétoyés que


lés meules foient de bonne qualité qu'elles foient
bien rayonnées, bien montées, bien dreffées, quç
leur mouvement foit régulier, cela ne fqffit point;
il faut que le blutage fait auffi parfait, c'eft lui
qui donne à la mouture économique le, degré de!
perfé^iot^qui la distingue de toute autre monture,
Il y a déjà un grand nombre de Moulins éco«
noiniques mais, la plupart pèchent par !e blutage,
dont Fart en:encore généralement inconnu. Tâ-
chons d'en patler d'une manière in&mâive*
Il ne faut pas que le blutage commande le
Moulin en allant trop vite ou trop lentement il
faut que les bluteaux tarâifent la même quantité
..de farine que les meules en font. Si lé bluteau;
netamife pas aufli vîte que le Moulin moud, HS
faut relever l'auget de la trémie poujr empêcher
qu'il ne tombe tant de bled dans les meules alors
les meules n'ayant plus une nourriture fuffifante,
'ou manquant de bled le fon fer broie très-fin, fe.
mêle k la farine, la rougit, la rend bife &
mauvaife.
Si au contraire le bluteau tamise plus vite que
Ee Moulin ne fournit il tamife trop fec & laille
paner du fon avec la fleur.
Il eft donc tres-eflèntiel que les biuteaux répon-
dent à la fineflè de leur étamine & à la forcç
du Moulin, il eft très-effèntiel que les bluteaux.
& les meules foient d'un accord parfait.

En général, pour le blutage, il faut examiner:,


i o. Si le
babillard du bhiteau fupérieur n'elt-

a
éloigné du tourillon de l'arbre tournant que de
à i o. pouces au plus..
z0. Si la bluterie déchiroit les biuteaux, ou §*ils.
blutoieht trop fort il faudroit débrayer, la boite
ou la baguette, pour rallentir & diminuer leurs
coups*
Débrayer & rembrayer c'eft ferret plus ou
moins la barre fur la croifée, ou ferrer la baguette
plus ou moins près de là huche du côté de la
croire.
En général, plus on blute & plus on fait de
farine blanche; mais pour bluter, il faut que les
gruaux foierit fermes, autrement ils s'engraîfTent
au lieu que les bluteries ôtent aifément les rougeurs.
La bluterie eft encore d'une grande utilité lorf-
qu'il y des recoupes qui font dures, ce qui eft
fouvent ôccafionné par une rhabillure trop foncée,
ou par la nature du bled.
Le plus sûr moyen pour avoir du blanc eft de
faffer les gruaux gris pour en ôter les rougeurs
avant de les moudre quand ces rougeurs ont été
v féparées, on peut enfuite dans le moulage appro--
Cher les meules' tant'qu'on veut pour atteindre
les petits gruaux qui ont échap'pé aux premières
moutures.
Le premier lés de la bluterie fait en dernier
travail un gruau clair & fin qu'on peut mêler
en fécond.
Le fecond lés fait un fecond gruau, qui eft bon
pour le pain bis-blanc & une partie du refte
pour le bis. Au lieu qu'avec le dodinage les gruaux
reftans du remoulage font bien plus rouges & ne
peuvent plus être employés qu'en bis.
Lorsqu'on veut remoudre les recoupes en em-
ployant un dodinage, on eft obligé d'approcher le
Moulin, ce qui le fatigue beaucoup & rougit beau"
coup la farine qui prov ent de ces recoupes au
lieu que par le moyen/d'uni1 Muterie le Moulins
va toujours en allégeant, fans que foin remette
lés rougeurs fous la meule, ce qui fait la fariné
des recoupes bien plus claire. '
On trouve encore par le remoulage, au premier
lés de la bluterie, de petits gruaux bons à mettre
en bis-blanc & le refte en bis, ce qui avantage
beaucoup un Moulin, parce xpe rien n'eft perdu!
& qu'on ne remoud que ce qui eft bon «à relhou*
dre. Il eft vrai que cette méthode occafionne des
évaporations, mais on en eft amplement dédom-
magé par la qualité & quantité des farines. D'ail-
leurs, il ne faut pas perdre de vue qu'on n'entend
parler ici que d'un Moulin à blanc car. pour un
Moulin à bis ou a bis-blanc-, le dodinage fuffit, &
on peut tirer par fon ufage la totalité des farines.
Lorfqu'on Ce, fert d'un dodinage, les gruaux, fir
fur-tout les féconds font fouvent mêlés de rou-
geurs que la bluterie fépare exactement } & quand
on fait remoudre ces gruaux, qui font durs &
petits, on eft obligé d'approcher les meules pour
pouvoir les remoudre, & l'on rougit la farine en
pulvérifant les rougeurs que le dodinage a mêlées
.aux gruaux bis, ce qu'on évite avec la bluterie.
Sans rejetter le dodinage on c.1 aflùré par
clairs, QuelquesMeuniersfervent d'abord,du
dodinagepourdégraifferles fonsgras, &fenfoite
d'unebluterie, & cette manièrede travailla eft
la méthodede ceux,
irai blâméprécédemment
quipréfèrentlesbluteauxde ceuxd^amine,;
maisil s'agiflbitalors du bluteaufupérieurqui,
danstousles cas doitêtre de laine parcequ'il
eft deftinéà tamiferla. fleur de farinede bled
qui gomràeroit la foie.Ici au contraireil ne s'agit
que du bluteauinférieurpourles gruauxla& fine, re-
ôt,é
coupes dont le bluteaufupérieura
fleurde farine graffepar elle-même & qui a
befoind'unefortefecouflêpour être bien blutée
lieu la bluteriecylindrique CulHt pour les
au que
gruauxfecs& les fons.durs»
D'ailleursles foies qtvintins,ou caj^vasdes.
cylindres à gruauxdoiventêtrs plus,ouvertsque
ceuxqu'onemploîroît à tamiferla farinede bled
& par celamême ils font moins,liijets,a s'en-
graiffer,
Ceux qui ont un emplacementaffezgrand
ferontbiende bifferfermenterle foingrasayant
de le paflèr.aux bluteriesdu magatmd'en haut
qui font mis en mouvementpar les poulies. dant
j'atparléci-devant&,fi l'emplacement le permet
au-de&is,
ctn fera bien d'avoit deux bluteries
l'une 4e îaitfle le gftfaux fe fépare mieux, & te
fon refte plus fée,
La théorie ôf la pratique que je viens de dé-
çrîrç, conviennent Vtouslçs Meuniers, & ils ne
peuvent faire une bonne monture fans les pratiquer
mais les points capitaux, qui djftinguent la mou-
ture économique de toute autre confifteht en
trois opérations. eflfent,ielles, favoir i?, à. bien(
nétoyer les grains, avant de les moudre 2,0, V
broyer les grains convenablement à bien,
répare!' par lesdifférens bluteau^, les fariner deg,
fans., recoupes, & gruaux» pour pouvoir remoudre;
ces. derniers féparément & k-^propois ainfi
que.je,
l'ai déjà, ^'on le verra dans le Chapitre
Suivant,
§ X, I I,
Procèdes de ta Mouturç
économique.

Le premier procédé confifte à cribler & nétoyer


Je bled avant qu'il tombe dans la, trémie des,
meules.
Le fécond k le moudre de manière qu'il n«
puiflfe ni s'échauffer, ni contracter: aucune mauvaife
qualité ni fbuffrir trop d'évaporation & de déchet.
Le'traifième à bluter en même^tems que les
theulës travaillent pour féparer les diverfes qua-
lités dé farines de gruaux..
&

Le quatrième a rçmoudre les ;différens gruaux


pour en tirer de nouvelles farines.
La première Opération du nétoyage des bleds
fe. fait en transportant les facs au fecond étage
du Moulin ou font les .cribles. Deux Ouvriers,
l'un en bas l'autre en haut font tout ce férvice.
jufqu'au
L'un avec une brouette mène les facs
pied du' mur du Moulin & deflbus la croifée
du «grenier par où le-fac doit entrer; le fac arrive
il l'attache au crochet du câble qui doit l'enlever.
Auffi-tôt l'Ouvrier qui eft en haut en tirant une
corde fait engrener dans un rouet la lanterne
d',un treuil qui monte fur le champ le fac attaché
au cable lorfqu'il eft arrivé à la croifée du
grenier, l'Ouvrier jâche la corde pour défengrener
la lanterne il détache le fac & le vuide dans
le grenier.
Le criblé deux fois la première dans
bled- .eft
le crible normand à la main & le réfidu de
cette criblure forme la derniere qualité du bled.
La féconde fois dans.le grand crible cylindrique
qui nétoie encore le grain, & le fépare en fes
deux autres (qualités l'une dite xête du Rled &
l'autre bled du milieu. Enfuite il coule à travers
le planche par un conduit dans la frémie du
tarare où il eft éventé par les aîles du -ventillateur
qui le nétbie en 0 châtrant là pouffière les pailles,
la cloqùe les légers ou rongés par les
grains
infeâes, &• fép:are, par fës grilles, la^lu'part des
grains, étrangers. Enfin il tombe pur & net dans
la trémie des meules.
Lenétoyage des grains peut fe Faire, à* peu de
frais, ainfi que je l'ai dit ci-devant & doit fe
faire au Moulin s'il n'a pas été fait au grenier
ni dans lalgrange.
La moudre lé
grain fans échauffer la farine.
Les meules entre lefquelles le bled efl introduit
font pîquéesjm, rayons réguliers elles font'
félon la méthode ci-devant prefcrite pour les
métjre en bon moulage ces meules bien montées
& bien dreflâees vont toujours en allégeant; Leur
piquure plus fine que celle des meules ordinaires,
fabrique mieux la farine;, fans- couper le grain
ni hacher le fon. A quelques pouces^de Panille
le bled commence à être concalïe, au milieu de
l'entrepied fe font les gruaux; enfin la feuillure
affleuix la farine & écure le fon.
Comme ^on» doit remoudre les differens gruaux,

on n'eft point forcé de ferrer ni de rapprocher


les meules comme dans la méthode ordinaire où
l'on veut tirer tout le produit par une fcule
mouture, Ici au Contraire le premier moulage eil
Fort gai lafarîne qu'il produit n'eft point échauffée,
& conferve toute fa qualité^
on tamife la farine j
Par la, tro.ifiètoe Opération,
gruaux en môrrte-tems que l'on
& Ton fépare les

moud en accordant le blutage avec le moulage


Íuivaht les principes expliqués ci-devant afin que
le bluteau débite ni plus
ni môins que les meules.
fon & re-
La' farine mêlée avec fes gruaux,
coupes tombe, au fortir des' meules, par l'anche
la partie fu-
dans le premier bluteau placé dans
fon mou-
périeure de la huche. Le bluteau reçoit
bras
cernent de la batte qui en frappant fur les
LdHacroifée placée fur lâ lanterne fait agir le
babillard & la baguette attachée au bluteau.
La farine qui pafTe le bluteau tombe dans
par
la huche elle eft d'une grande fineffe & à
fdrine de bled;
toute fa perfeaionvonla nomme
fur bled,
parce qu'elle eft produite par la mouture
ce qui la diflingue
de la farine de gruau elle
peu près a la moitié du produit. Le refte
va
du gruau moulu fe nomme le fon gras; il fort par
tombe,
le bout inférieur du premier bluteau &
par un conduit dans un fécond nommé dodinage,
précédent il
qui eft plus gros & plus lâche que le
grofieurs
eft ordinairement compofé de différentes
d'étamine ou Canevas qui divifent fa longueur en
trois parties égales.
Dahs le- Moulin entièrement monte félon la
lieu d'un dodinage on

en ce qu'elle fait un plus beau gruau que ce dodi-

préférence pour bluter les Ions gras ainfi que je


Fai dit ci devantelle eft garnie par tiers de
foie ronde, d'un\quintin & d'un canevas. Cette
Huterie tourne par le moyen d'un hériflbn donc
les dents s'engrènent dans les tufeaux de la petite
lanterne qui termine l'axe de la bluterie cylin-
drique, ou par des poulies.
Il doit fortir trois gruaux des diviuons du
bluteau inférieur foit dodinage foit bluterie
v cylindrique la première eft le gruau blanc qui
fe trouve à la tête du bluteau la deuxième
le gruau gris qui fe prend dans le milieu &
la troifième les recoupes à l'extrémité du blu-
teau.
La remoudre
lès diffèrens gruaux pour en tirer de nouvelles
farines.
Après que les blureaux ont féparé toutes les
qualités & que le Meunier à mis à part la fa-
rine de bled, il rengrène les gruaux blancs trois
fois féparément des autres espèces de gruaux, &
toujours de la même façon mais en rie faifant
rations que du. premier bluteau.
Je dis communément parce que les Meuniers,'
qui vifent à une grande qualité de blancheur,
lahTent encore paffer a chaque opération les gruaux
dodinage
à travers les bluteries cylindriques ou le
extraire les rougeurs ou les parties dé
pour en la feconde
fon qui s'y trouvent, d'où il réfulte que
plus claires.
& troifième farine de gruau font bien
Le premier rengrenage du gruau donne une
de bled
farine fupérieure en qualité à la farine
farine de premier gruau blanc
on nomme cette
bled
bourgeois, pour la diftinguer de la farine de
fin
Won nomme le blanc; ce, blanc n'eft pas plus
.que celui-ci a plus de
le blanc bourgeois, mais
corps & de faveur. premier gruau
Le fécond rengrenage du reftant du
inférieure
produit une farine d'une qualité un peu
donne
à la précédente & le troifième rengrenage
farine deffous mais fans mêlange
une encore au
n'en a point..
de fon parce que le gruau blanc
féparément & ie
Le gruau gris fe rengrène
moud légèrement pour en extraire par un tour
bluterie, les rougeurs; de manière que la tête
de
le gruau blanc
meules.
de cette bluterie peut rentrer avec
fous les
Enfin le refte du gruau gris, après avoir été
repaflS
repaffd
purgée de Ion par l'attention qu'on a de moudre
les gruaux gris légèrement la première fois, &>
d'en extraire le fon par la bliiferie.
Les farines de bled des premiers & féconds
gruaux mêlées cnfemble forment le pain blanc
de quatre livres, qu'on vend à Paris.
Les recoupes fe rengrènent de même fépaxé-
ment une feule fois & produîfent ime farine bife
égale 'à-peu-près à la deuxième qualité du gruau
gris r &c toujours fans mêlange de fon. Comme
il tombe, à chaque opération du blutage, de gros
gruaux qui ont échappé à la meule, on les raniaflé
encore pour les remoudre; c'eft ce qu'on nomme
remoulage de gruaux. Il refaite de la mouture des
derniers gruaux, un petit fon qu'on nomme Jîeu-
rage.
Pendant ces differens moulages il faut, être
attentif à fixer l'affiette des meules à en diriger
les mouvemens avec égalité, à les faire approcher
plus ou moins afin d'empêcher dans tous les
cas, que la farine ne foit courte & échauftëe
& pour qu'elle foit au contraire fraîche allongée,
& qu'elle produife un gros fon doux.
Pendant le premier moulage fur bled il faut
avoir foin iw^je^irlarnprfe courante
un peu
haute c'eft-à-di de ne pas la ferrer beaucoup
afin d'enlever là 'pellicule du grain & de faire
de plus beaux gruaux-, £,'&« au contraire
tenir
les "meules plus ferrées lors de
la mouture des
gruaux vu que les parties font plus petites &
meules' bien rhabillées
plus Aires. Cependant les
demandent fouvent à alléger un quart -d'heure
après avoir pris fleur.

Récapitulation des chahgemens fucceffifs qu'é-


prouve le bled pour donner fes divers produits
paî la' tnouiure économique.
En,
fuppofant un Moulin' k eau de pied.-ferme
des greniers au-deflus pour le nétoyage
ayant enlevé en fac
des; grains le bled après avoir été
féparé en
dans l'étage fupérieur y eft criblé &
milieÚ
fes trois qualités de têt,e de bled bled du
par le crible nor-
& bled de la derniere clajfe de -la il
mand, & le grand crible cylindrique
eft verfé
Dans h trémie du tarare ou ventillateur qui
io. tombe
enlève la ppuffière & la halle d'où il
en bas
20. Dans le crible d'Allemagne incliné au
duquel eft un émoteux de-là
Dans la trémie des meules qui le verfe par
'raûëëTâgîte-paï le frayon
la meule courante,
4o Dans l'oeillard ou trou de
les.bras de l'anille d'où il coule
à travers
brife. Sur le coeur de la -meule giflante

£°.;Enfuite dans l'erïtrepied des meules où il,1



s'affine & fe forme en gruau de-là
Dans la feuillure des meules où le gruau
s'affleurepar récurage des ions, & fe convertit
en farine de-ià
Dans l'anche où la mouture' entière eft
chaflee par le mouvement circulaire des meules
de-là
90. Dans le bluteau fupérieur de la huche qui
fépare la farine de bled du fon gras la farine
tombe dans la huche & le fon grws
io°. Dans le dodinage
ou dans la bluterie cy-
lindrique qui diflingue le fon
g&s & fes trois
gruaux & recoupes..
11°. Et enfin au bout du bluteàu inférieur
par
où fort le fon maigre bien évidé de farine.
Quand on a, retiré ces divers produits du grain,
on met à part la farine de bled ou le blanc tiré
par le bluteau fupérieur enfuite on prend le gruau
blanc pour le faire repaffer fous les meules
& le
produit de ce premier gruau fait le même chemin
que le produit du bled il donne, par le bluteau
"fapérreprT-pne-preiuièiti farine bien fupér!èure~S
la première farine de bled on la nomme première
farine de gruau.
précédente.
la

repaflp une fois fous la'meule lorfqu'on


veut tirer la ,plus grande quantité de blanc } mais
ordinairementce gruau gris,
réfidù fe mêle avec
ce qui forme une troifième farine de gruau moins
blanche encore que la feconde. 3

du gruau gris pour avoir une, quatrième farine


qui eit bife, & l'on y mêle encore le produit des
retnoud une
gruaux bis & des
feule fois.
Il refte a la fin de toutes ces opérations un
de
petit fon qu'on nomme- fléorage ou remoulage
gruaux qui eft bon pour empâter la volaille.

Réfultat des Produits de la Mouture économique.

En exécutant -.tous les procédés de la mouture

un Mer de bon bled', pétant livres, mefure


de Paris doit donner communément en totalité
bluter^lupêrî#t. f^pare bien les les nTues
Si la

recoupes alors ces différas produits montent en


détail, avoir

fortes de qua-
Par le remoulage de toutes ces
efpèces de
lités, on fait ordinairement quatre
farine favoir
i". La farine de bled ou le blanc.

que
de premier gruau,
X», La farine de rengr^ag^
^nommée blanc bourgeois.
farine" de fecond gruau
fouvent avec le blanc bourgeois quand le Meu-
nier a eu affez d'adrefle pour moudre légèrement
le gros gruau & pour'en fépàrer les rougeurs.
La farine bife qui réfulte du mélange des fa-
rines des derniers gruaux, remoulages & recoupettes.
Les fonsreftansfe trouvent auffi de trois efpèces,
{avoir le gros Çgrx j les recoupes & le petit fon
ou fleurage.
Il y a beaucoup de variations, fur les déchets
fur-tout fi les farines ont été tranfportées de 5
ou zo lieues par la chaleur, qui avec
les fecouflTesde la voiture contribue beaucoup
aux déchets; fouvent auffi l'erreur vient de l'inexac-
titude de la pefée & du retard après la mouture.
On fenifailernent que les produits de la mouture
économique ne pêuvent pas être toujours uni-
formes tant en farine qu'en fon. Les différentes
façons de moudre & remoudre l'habileté du
Meunier la bonté des meules & du Moulin le
jeu & la perfection de fes différentes pièces les
différentes qualités des grains plus ou moins fecs,
plus ou moins pefans vieux &c. apportent
toujours des différences confidërables dans les pro-
duits on va par cette raifon examiner encore
les divers produits de la mouture économique
eu égard 'au trois différentes dattes ou qualité de
bled qu'on diflingue dans le Commerce en fe
bornant pour chacune au terme moyen de com-
paraifon.
§ XV.
Tableau de comparai/on des divers produits des
trois différentes qualités de bled par la mouture
économique.

Poids du du fetier
Poids du
farine- 175 farine.

Produit
Dééhet.

du
celui
â 6 Déchet.

ug
à 6 Déchet. sa
Produit
celui du

bled.
Tableau dccomparaifàn du produit de la mouture
économique avec celui de la mouture ordinaire
ou rufliqiu,
Un
quintal de bled froment de^ïa deuxième,
Claffê moulu à la manière ordinaire 6ï la même
quantité de ioo livres du mêfnee bled, moulu fuivant
la méthode économique ont rendu en farine,
Par la mouture ordinaire eu ruJUjue. Par la mouture /nnomîfia.
liv. onc gr.
Farine à faire du pain U> onc. gr. Farine fine& à gruau
blanc. A% blanc. bia.
55 1
Farine à pain bV Farine à pain
blanc. blanc. o
Farine ï wûn bit. o Gruaux gris & bis. 90 4
Gros fo jl 7 4 Gros & petit Con. 19

-P&het, » 8 _4
Total égal au poids Total égal. au poids
du bled. 100 du bled.
G * 100
Tableau comparaison des produits en farine
-de
d'un quintal defeigle de deuxième qualité*

[Par la mouture rujlïaue. Par la mouture économique.

_• ''»• <>nc' «<•• lW.dnc.gr.


Son. 44
Farine.

Total.
.3 4 Farine.
Son.
4 Total. "' 07
4
4
99
Total égal au
..du bled..
poids- Total égal au poids
du bled. 100

de comparaïfon des produits de


livres de bled, froment des Provinces Méri-
dionales.'•
l.Vi>>>?*tureàta%i:<iff(. Pqr la mouture c'eommique.
Farine à Airedupain liv.\ ohè. Farine fine liv. onc.:
gruau
blanc.
Farine a pain bis-
Il 3 blanc.
farine pain bis.
blanc., 17Z blanc.
farine à pain bis. 3 o
Farine bife. 64 10
Gros fon. Gros & petit fon, 99 12

.i,a.
14;'4
Au
S°7
J>fchet.: iî Total-

Total égal au
du bled.
poids Total égal au poids
bled.
8

Tableau de compafàijon des produits


de
livres de feptentrional.
L

.1. P*r la mouture la griffe. Parla mouture tfcontmiçur,


.Farine fine à pain bis- liv. one. liv. onci
-^Wancï 8
Farineà pain bis-blanc 157
Total. 9
~^l ^5
H y af cette différence entre la mouture la
grofiè & là mouture ruftique que les Moulins oû
l'on pratique la mouture à la groffe n'ont point
de bluteau, enforte qu'on rapporte chez foi la fa-
rine mêlée avec les fons & gruaux au lieu que
les Moulins où fe pratique la mouture ruftique,'
ont une huche au deflbus des meules avec un
bluteau d'étamine. Si cette étamine eft aflèz groflè
pour laiflèr paflèr le gruau & la groffe farine avec
beaucoup de fon on l'appelle la mouture des
pauvres fi le bluteau moins gros fépàre le foh
les recoupes & recoupettes, on la nomme mou..
turé des bourgeois enfin fi l'étamine ell affez fine
pour ne laiffer paflèr que la fleur de farine on
l'appelle mouture des riches.
On a cherché à rendre la mouture économique
encore plus profitable au peuple & l'on eft par-
venu à en porter les produits en toute farines
à 190 & même 194. livres en faifant paflèr les
fons gras par une bluterie cylindrique au lieu
d'un dodinage & au lieu d'en remoudre toute
la maffe enfemble en remoulant deux fois les deux
premiers gruaux blancs en repaflânt fous la meule
tout à la fois le gruau gris la recoupette les
recoupes & les Cons & en employant des bluteaux
un peu plus ronds enfin en_ mêlant enfemble

toutes ces farines on en a fait un excellent pain


de ménage qui à la blancheur près a été
trouvé de bon goût, très-falubre très-nourriflânt
& préférable, à tout autre pour la. nourriture du
peuple.
jWerverai encore qu'il y a une grande di,ffé
& celui
rence entre le produit du bled nouveau,
du bled qui a pafle l'année, qui a relue, & qui
le grenier.
a été foigneufemenr travaillé dans
En général les grains raffinent tellement par
la manipulation &* la vieilleflè qu'au bout de fix
mois 2.0 muids ou 10 fetiers de bled fe réduifent
à environ mais le produit en farine eG: plus
confidérable. Au bout de l'année, les 10 inuids fe
produit en
trouvent environ à 19 & demi le
''ferine augmente en proportion.
En 17^ V deux fetiers de bled de la féconde
qualité ont été moulus la fin de l'année de la
récolte, & ont produit en farine ci liv.
Deux fetiers de la même récolte &
de la même qualité qui avoient été

duit ci.
moulus étant nouveaux n'avoient pro-
que, 306 liv.

X V I.
Procédés & Rèfultats de la Mouture économiqut
des bleds humides'.
Les procédés ordinaires de la mouture écono-
mique ne conviennent que pour les bleds d'une
fécherefle ordinaire tels que ceux du nord & de
la plupart des provinces de France.
La mouture des bleds humides exige des pro-
cédés différens, celle des bleds étuvés & celle des
bleds méridionaux, en exigent d'autres encore que
je décrirai fuccefiïvement.
Dans les années 1744, & 1781»
les récoltes des grains ont été humides,les bleds
& farines fe font échauffées, on en a perdu poip
des fommes immenfes faute. de favoir les moudre
manoeuvrer.
Dans la plupart de nos provinces on ne fait
ufage que de la mouture la groflè, & l'on fait
le pain du peuple avec des gruaux qui n'ont point
été remoulus. Ces groflês farines n'étant point
affez dilatées ne, prennent point allez d'eau au
pétrin font de mauvais pain & en font un quin-
zième environ de moins que la farine fuffifamment
dilatée & de bonne qualité.
Loifque les bleds humides ne font pas féchés,"
comme ie le dirai à l'article des bleds étuvés, la
mouture en fait mal, les meules s'en^raiffeat
les farines retient humides s'échauffent les fons
reftent gras & fe corrompent les farines qui y
reflent attachées font une perte confidérable, & l'on
évitera tous ces inconvéniens en procédant âinfî
qu'il fuit.
iô. Il faut que les meules foient rhabillées on
celaappelle
repiquées un peu plus profondément
en terme de meunerie hétoyer
un jeu plus les
rayons des meules ou les faire de 3 Ou 4 lignes
moins larges que pour la mouture ordinaire.

2°. Le bled humide doit êtie moulu un peu


rond de manière que le boiffeau de fon trie-
fure de Paris, qu'il produira, pèfe environ 7 à.
livres, au lieu de 5 livres, environ qu'il pèfe
ordinairement.
3°. Il réfulre de cette mouture un peu ronde,
que la farine eft plus féche & de
meilleure confer-
vatiori, elle fait plus de pain & ileft meilleur,
les gruaux font plus fées, les meules ne s'engraif
fent point, les remoulages & recoupes des gruaux
moulus chacun féparément font plus aifés à ré-
moudre.
40. On moud les fons & recoupes avec un do-
diriage & une blutérie pour en tirer les parties fépa-
rément & ne remoudre que ce qui eft encore
chargé de farine. Le fon étant bien écuré par
Un, broyement propre cette mouture, ne fe cor-
romperapoint la farine n'ayant point été engraiffée
dans les meules s'échauffera moins dans les facs
& l'on tirera de ces bleds humides le meilleur

parti poffible^
La mouture que je confeille eft un peu plus
longue mais pas tant qu'on fe l'imagine, parce que
les meules ne s'engraiffant point, il n'y à point
de temps à perdre pour les dégraiffer, comme
à la mouture ordinaire & la mouture s'en fait
plus vite.
Le Meunier rejettera peut-être cette mouture
fous prétexte qu'elle eft trop longue, & le Bou-

Kfe & que trouvant plus de bénéfice à vendre du


pain? mollet que- du pain cta ménage, il préfere de
ne tirer qu'une moindre-. ^quantité de farine
blanche, fachant bien fe dédommager fur les riches
de 1 a perte ^FîT fait au préjudice des pauvres.
Je vais tâcher de leur prouver leur erreur par
le calcul des bénéfices qui réfultënt des procédés
que je confeille.
On fuppofe que par la mouture ordinaire ils
puiffent tirer du fetier de bled humide i <j livres
de farine blanche & t2 à i livres de farine bife.
i0. Les xtf livres de farine blanche étant
molle & terne fe vendront moins que la bonne
farine.
Je n'aurai par mes procédés que 140 à
livres de farine blanche; nuis j'aurai 30 à liv.
de farine tant bis-blanc que bise, & toutes ces
farines étant mélées enfemble feront vendues au
moins 20 à fols par quintal plus que la farine
blanche & molle.
Je tirerai ,au moins dix à quinze livres de
toutes farines de plus qu'en ne faifant que de la
farine blanche.
fe confervera "plus long-temps,
4°. Ma farine
le pain en fera meilleur j'en ferai une plus grande
quantité, & mon fon bien écuté fe corrompera
moins.
Si l'on avoit fait ufage de cette mouture dans
les annéeshumides, & notamment pour la récolte de
178Z, que de bled & de farine gâtés ne l'eurent
point été de combien d'épidémies populaires on
fe feroit préfervées, que d'hommes & de richeffes
on eut épargné.
§ XVII.
Mouture économique des bleds étuvés.
La mouture des bleds humides feroit plus avan-
-tageufe s'ils' étoient préalablement bien féchés dans
les étuves.
mouture
La des bleds étuvés demande une atten-
tion particulière. Autant qu'il eft poffible, il faut
avoir des meules très-douces à caufe de la féche-
reffe du grain il fau t faire des rayons fort larges
afin que le bled ne foit point haché en le mou-
lant. Si les meules ne font pas auffi douces qu'on
pouroit le défifer, il faut y faire des rayons de
vingt à vingt quatre lignes de largeur fur la
feuillure, & de trois pouces de diftance au
Il faut une rhabillure très-douce, & avoir foin
de bien garnir les trous des meules avec le maftic
de farine de Seigle & de chaux vive, afin que
l'on puiffe faire un gros fon.
Il faut auffi tenir les meules ouvertes de ma-
nière qu'elles ne puiffent moudre que huit à dix
faflè
pouces, afin que le bled fe concaffe moins
&

le fon plus gros.


Il faut en outre avoir foin de te fervir de blu-
général les bleds fecs
teaux très -fins, parce qu'en
l'exigent.
Ces bluteaux fins donneront une bonne quan-
tité de gruaux & des farines très-fines & de bonne
qualité en remoulant les gruaux jufqu' a quatre
fois on eft fûr de tirer tout le produit poflible &
de l'avoir de bonne qualité.
Ces procédés ne font confeillés, ainfi que tous
les autres que d'après les épreuves qui en ont été
faites avec foin.

§ xvii i.
Mouture économique des bleds méridionaux.

Les bleds d'Italie, d'Afrique ou de Barbarie, &


même des provinces méridionales delà France,
exigent d'autres procédés en raifon de leur grande
féchereffe & dureté.
Il y a quarante ans on ne favoit point affleurer
ces bleds par ta meule
& pour on
étoit obligé d'en attendrir l'écorce en les humec-
tant. C'étoit une mauvaife opération, car la farine
\des bleds qui ont .pris de l'eau avant la mouture,
en prend moins au pétrin d'ailleurs cette eau
fait fermenter.les grains leur faitperdre leur
goût.
Voici comment il faut moudre ces bleds.
Difpoféz les meules comme pour la mouture des
bleds étuvés ne les rhabillez que de deux rayons
l'un; le rayon rhabillé concaffe le grain, l'autre
fait la fleur ce la feuillure nétoie le Ion la farine
en fera longue & poin: grauleufe, comme dans la
mouture -ordinaire.
.Lçs. bleds de Barbarie étant encore plus durs
que ceux d'Italie il faut un rhabillage plus doux,
il fera de deux rayons l'un ainfi qu'il eft dit ci-deflùs,
mais à la meule courante feulement.
Xaiffez le coeur des meules & l'entre-pied bien
ouverts les meules ne moulant qu'environ un
pied, il faut les bien garnir de pâte de fei-le
& de chaux vive, fi l'on veut avoir une farine
longue.
Les bleds du midi font ordinairement la farine
jaune mais elle le fera moins par les procédés que
je confeille, elle fera bien dilatée, fans l'être
trop elle fera plus de pain il fera meilleur &
plus blanc le gruau fera fec & le fon doux. Les
Moulins d'une rotation un peu' forte ameutent
• mienx le bled de cette etpëce, dilarent mieux leur
farine & en nétoient mieux le fon que lesMou-
lins faibles^
§ X I X.
'Mouture économique- des jelgles t or gis
Tout ce qu'on a dit jufqu'îci fur la mouture éco-
nomique ne concerne que les fromens à l'égard
des menus grains les procédés & les résultats en
font un peu différens.
Comme il y a plus d'un cinquième du royau-
me qui ne vit que de feigle, il eft eflèntiel dé
faire connoître la mouture de ce grain, qui par
fa forme inince & allongée perd bien plus que le
froment par la mouture ordinaire.
Pour la bonne mouture des feigles, il faut
1°. Tenir les rayons des meules plus près les uns
des autres & plus petits que pour moudre le fro-
ment le moulage afAeurera mieux, fera plus doux,'
produira plus de farine & un petit fon mieux évidé..
z°. On commence par moudre fans dodinage.
30. Après le%premier broyement on en fait un
fecond de la totalité des fons & des gruaux, &
l'on ne fait aller le dodinage ou la bluterie que
cette féconde fois pour en tirer tous les gruaux
& recoupes.
/tnent deux fois afin de le/tirer à .fcc. La raiicm/
effentielle des différent procédés de cette moiuia/e
des feigles c'eft que leur ccorce pu fon /tient
mieux à la farine que celle du froment. Un pre-
mier broyemen/fuffit pour détacher/le fon du
froment, au Heu que celuidu feigj/refte toujours
chargé de .farine c'eit pourquoi il faut le faire
rèpafler ous la meule avec les recoupes

gruaux/'
Dans les provinces où l'on fait ufage de la
mâture ruRique fille caufe une très-grande perte
dans la mouture des le voit
/par le trolfibfiee tableau de compar^îfon ci-devant;
la farine efl compofée, pou/la majeure partie,
1 de gruaux entiers & de recoupes qui ne prennent
pas /eau au pétrin, ne lèvent point, empêchent
^boufFemeflt de la pâte & la bonne fabrication du
pain, qui, par. fa mauvaife qualité eft piéjudi^
ciable à la fanté des citoyens les plus utiles. Enfin
les petits gruaux en nature,
en employant gros &
il y a un douzième ou
quinzième de perte fur la
quantité dans la fabrication du pain. Ainfi ceux
qui font ufage de la mouture l'unique, de-
vroient au moins rémoudre toute la quantité
de tons & gruaux une ou deux fois & bien
allonger la farine.
Quant à la mouture à la groffe comme on
ne fcpare pas les fons- au Moulin., on"
ne: peut
pas les faire renioudre & la perte .qu'elle fait

fidérable.
fur les feigles- eft inévitable & beaucoup plus corr-

Puifque la mouture des feigles doit être diffé-


rente de celle des-fromens, que le rhabillage &
le rayonnement des meules doivent varier en raif'on
des différentes formes 6c qualités des gr'ins; il en:
évident que les mélanges de feigles Se dé froment,
connus fous' le nom de mttstl^ tn^lèard mécle
conceau cojjfèguel &c. font toujours (Hune mou-
ture défavantageufe.
Le défavantage eft fenfible fi fon réfléchit d'une
part qu'à chaque broyement des parties de fro-
ment foit entiers, toit en gruaux, Padreffe du
Meunier confifte dans Part d'enlever légèrement la
pellicule extérieure; d'autre :part:que dans le feigle,
le fon étant plus adhérent à la farine ,qui d£'x
graflè il faut un broyement:plus fort & plus" ferré
pour l'en détacher..
Il eft donc intéreflant dejkire moudre les
feigles & les fromens cHacurj-féparément fans cela
les,, diflerences en forrrie & qualités de ces deux
efpèces de grains font que l'un eft broyé & haché
fous la meule tandis que l'autre eft à peine
con-
cafle ce qui produit une perte confidérable dans
les Moulins ordinaires & même dans la
mouture
économique, quoique ,moins grande dans celle-ci-,
a plu-
parce qu'elle
reprîtes. La mouture économiques orges
autres attentions partie -r faut
fleurs
demande
«moudre ^'totalité' dès ions,
bien fegarder de
comme dans celle des feiglcs', parce que la paille
de l'orge.- pafferoit jlu.s le
bluteau & (croit pré-
la
judiciable à' la^nfervation des farines 6c a
les orges font
bonté domain, excepté lorfque
Il faut néceflairement mettre un
/^dinage ou un blutau, pour en tirer la paille;
fois les gruaux bis
enfuite on-fait remoudre deux
de les bien affleurer.
& blancs en ayant foin
une feule fois &
Puis on remoud les recoupes
les meules que.
fort légèrement en n'approchant
très-peu afin qu'en
repartant toute la maflè au
puifîê encore
dodinage ou à la- bluterie on
les petits gruaux qui
pourroient s'y
en tirer
trouver.
Pour la mouture desblocailles, farrafm ou bled
noir & des avoines il faut fuivre les .mêmes
procédés que pour celle des orges.
X X.
Objections contre la mouture économique,
fi- Réponfes.
On critiqué la mouture économique, & on lui
a
qui fe
reproché de faire une farine chaude
a
blute mal, d'occafionner beaucoup d'évaporation
&de déchet, & que fon attirailde blutërie gênoit
le Moulin.
Rcponfes. Le premier reproche ne convient
point à la mouture économique, qui va toujours
en allégeant ? mais bien a
la mouture brute ordi-
moud
naire qui broie fouvent mal le grain, qui
approchant qui brûle la farine & fépare mal
en
le fon.
Xe fecond reproche ^ton-
eft auflî mal fondé
'vient particulièrement à
la des recoupé &gritaiix
parce que outre perte
il y a bien plus de déchet
qui
comfne\iHe] pratique pour
fe font hors du moulin
cette mouture.
troifième reprocheefi aufli mal fondé, puif-
Le
tout ce
prétendu attirail de bluterie eft ren-
que
fermé dans une feule huche de fept a huit pieds
de longueur.
Pour nous nous reprochons avec la
vérité à toutes les moutures ordinaires^; cbn-
fommer en pure perte un quart ur^Uxïème un
huitième., un dixième de grain de plus qu'elles
&u prouvé par mes
ne le devroieht ce que
tableaux dé comparailbn^K' cela fuffitpour prou-
ver l'utilité de lauture économique & de la
connoiflance d es différents procédés, félon les
différentes qualités des grains.
Reformes à faire aux Moulins ordinaires à ceux
cuvette, &'aux Moulins pendans.

Pour exécuter, a peu de frais la mouture éco-


nomique dans les moulins ordinaires il eft nécef-
faire d'y faire quelques changemens.
Si l'on peut élever un étage au defüis des
meules on y placera au moins un crible nor-
mand un crible de fer-blanc piqué & un tarare,
& l'on fera mouvoir les deux derniers par le même
moteur des meules.
S'il impoffihle de pratiquer cet étage fupé-
efl-
rieur au-deuus de la trémie des meules il faudra
apporter 'les grains au Moulins bien hétoyes fans
cela on ne peut faire de bonne' farine.
Pour la mouture du bled il faut que les meules
foient piquées non à coups perdus, mais en
éventail ou rayons compafles du centre à la cir-
conférence.
Il faut ajouter fous les meules nne huche di-
vifëe fûr fa largeur en deux parties. Dans la
partie fupérieure de la huche, on placera un blu-
teau d'une feule étamine pour tirer toute la
farine de bled. Dans la partie inférieure de la
huche il faut mettre une bluterie cylindrique
garnie de trois différentes étoiles la première
de foie, la féconde de quintin, & la ,|roifième
de canevas ou un dodinage.
Ces bluteaux feront également mis en tnouvey
meules.
ment par le même moteur des
Tel eft le mécanifme à ajouter aux Moulins
ordinaires a eau & de pied ferme or y pra-
tiquer la mouture économique après en avoir
réformé
C'eft eflèntiellement dans le/proportions & dans
la monture de l'arbre & d/1'anille que
comlltent
les plus rands défauts A la plupart, des Moulins
ordinaires & de cet à cuvette./
Dans la plupart des moulins ordinaires
l'anille porte fur les cpaulemens de la fufee
font mal faites. Il
parce que l'une & ./l'autre
réfulte de ces viçe/deconftrudion, qu'il n'en: pas
poflible de tyeïx dreffer la meule, qu'elle panche
plos d'iin^coté que de l'autre, qu'elle cahotte en
/tournant & que le broyemcnt du bled fe fait
niai.
Il y a quarante ans que le fleur Rouffeau,
Meunier a Saint Denis l'homme le plus inflruit
alors en mécanique de Moulins, réforma ces défauts
de conftru&ion en perfectionnant les quatre petits
coins de fer qu'on nomme Pipes dont il com-
bina la forme avec celle de l'anille & du papillon,
tellement qu'il vint à bout d'ajui1cr fes meules de
manière que la meule courante en repos ou en
mouvement refte toujours mieux en équilibre fur
Ion pivot, qu'elle n'y étoit auparavant; il fit part
de cette réforme à ceux de fes confrères qu'il
connoiflbit^ on en fit ufage dans plufieurs Mou-
lins. Mais cette réforme eft encore inconnue dans
les meules
une grande partie du royaume où
font encore cahotantes & montées à l'ancienne
mode; ainfi il eft effentîel de faire connoître
les moyens de corriger ces défauts & (de dreffer
les meules de manière qu'elles exécutent facile-
j'ai tâché
ment la meilleure mouture. C'eft ce que
de faire en faifant connoître les défauts des plu-
lorsque j'en ai fait la
mars & des tourillons,
defcriptïon a leurs articles en, donnant les
proportions exactes de toutes les parties de l'arbre
du fer, de l'anille de la crapaudine & de toutes
les pièces, qui. concourent avec elles aux effets
délirés; je vais maintenant faire connoître les
défauts des Moulins à cuvette.
Défauts des Moulins à cuvette.
Les meules de ces Moulins ont ordinairement
de 4 à pieds de diamètre, fur 8 à 10 pouces
d'épauTeur elles font ordinairement mal piquées
& mal dreffées. On ne pratique dans ces Mou-
lins que la mouture à la groflls ils font plus
fujets que les autres, à chômer dans les temps
de féchereflè parce qu'il leur faut plus d'eau &
de rapidité pour les faire tourner a proportion
de l'ouvrage qu'ils font. Pour en drefTer les meules
on fait ufage, comme dans la plupart des Moulins
ordinaires, de coins de bois au lieu de pipes de
fer; aufli ces meules ont-elles toujours de la pente
&c font des farines très-dchauffées.

Pour remédier aux défauts de conftru&ion & de


mouture de ces moulins, il faut i*. employer un
arbre de bout d'une force convenable c'eft-a-dire
d'environ 8 à to pouces de gros ou en quarré.
Que cet arbre foit placé bien perpendicu-
lairement fur fa crapaudine.
Que fon bout d'en-haut de la groffeur
d'environ deux pouces en quarré foit contenu
par une traverfe de bois, & dans un chapeau de
bois.
4°. Que ce chapeau on trou de bois fujet à
s'ufer par le frottement, foit garni d'un bottillon
de fer affez large pour' qu'on puiffe le garnir
en-dedans de bourre & de graiffe, pour adoucir
le mouvement & pour, pouvoir y inférer des pi-
pes ou petits coins de fer pour contenir & dref-
fer les meules.
Il faut ajouter à l'arbre de bout un rouer
de couche du diamètre pofïïble, pour ne pas gêner
le befroi des meules.
6°. Ajouter encore à l'arbre tournant, une
lanterne avec huit fuleaux qui foient bien'de pas
avec les dents du rouet.
7Q. Que les meules foient bien placées au droit
de la cuvette avalant l'eau.
8°. Que l'anille & les ferrures foient condition-
nées ainfi qu'il eft dit à l'article de l'anille.
Que le mouvement du bluteau par la croifée
fur la lanterne foit régulier.
jo°; Que le petit crible à cilindre' placé fous
la huche au lieu du dodinâge, prenne fon,mou-
vement par des poulies de renvoi, & falTe environ
à tours par minute ainfi que les autres
Moulins.
Après avoir réformé les défauts de ces Moulins
& pour y pratiquer le criblage des grains la
mouture & la bluterie des gruaux il faut
i°. Un hérrffon qui prenne dans le rouet de
couche qui fait tourner la meule, avec un treuil
de couche tenant d'un bout dans l'hériflbn l'au-
tre bout à tourillon de fer tenant foit au mur,
foit dans un Poteau de bout.
Il faut emmancher au treuil les poulies
néceflaires pour faire tourner un ventilateur, un
crible cylindrique une bluterie à fon & toutes
les machines néceflaires à la perfection de la
moutur e.
Enfin il faut, ainfi que jc l'ai dit aux
articles de criblage & blutage, que le mouvement
de' rotation de ces machine; foit réguliw &; par-
faitenient d'accord entr'elles.
Moulins fur bateau.
Quant aux Moulins pendans & fur bateau le
criblage & le blutage peuvent s'y exécuter par
des poulies de renvoi ou par un petit rouage qui
reçoit for mouvemenr du même moteur des meu-
les. & le Meunier intelligent y peut pratiquer
très bien la mouture économique, ainfi qu'on
peut s'en convaincre panjuelqiies-uns de ces
Moulins qui font fur la Seine cependant on
préférera toujours les moulins de pied-ferme.
TABLE
Des Matières contenues dans ce Mémoire.
Pages
préliminaires. 13
i. Obfervations
pied-ferme.
2. Des Moulins à eau de
Description de 'toutes les pièces d'un
Moulin économique. l°
Prix commun des machines d'un
Moulin économique. S0
5' Précis des opérations qui doivent
précéder la conftruclion d'un
Moulin à eau de pied-ferme. 2
6. Préparation des Meules.
6o
Sèchement des Meules. él
8. De la manière de rayonner
rhabiller les Meules. 66

9. Monture des
Meules. 71
âge des, Grains. 78
Du nétoy
II
Procédés dit blutage. 8
iz. Procédés de la Mouture économique. 9L
Récapitulation des changanens
filcccfffs qu'éprouve le bled pour
donner fes divers produits par
Mouture économique.
Lz 98
14. Rcfuhats des
produits de
Mouture
économique. î0°
x<$. Tableau de comparai/on des divers
produits de la Mouture économique.
17. Mouture économique des bleds étuvés.
Des bleds méridionaux. ni
ig.. Des fcigles, orges, méteils, &c.
20. Objections contre la Mouture
économique, &Réponfes m6
2 i. Réformes à faire aux Moulins
ordinaires.
Aux Moulins à cuvette. 120
Aux MoiJtihiJur bateaux, tz3

.-F IN,
à farine & fur les meilleurs procédés pour la

Mémoire fur les avantages que la Province


de Languedoc peut retirer de fes grains

Paf M de l'Imprimerie
desÉtats de Languedoc fous la Direction de
P. F. Didot le jeune, quai des Augufiins. 1786.
.Les
changemens que M. Dranfy propofe dans
ce
Mémoire pour fimplifier perfectionner la conftruc-
&

tion des Moulinseau &.Ia Mouture des grains, fe


réduifent à quatre articles eflentiels.
Le premier confifte à donner, à la lanterne
un dia-
mètre du double plus grand, & de doubler
.en même
tems le nombre des fufeaux. Voyez les lettres Cde9
Fig. 2 & 4 de la Planche ci-jointe.
* Le fécond changement confite à piquer les meule»
lignes
rayons 'courbé: au lieu de les rayonner en
dr6tes
en
éventail, comme fe pratique pour
la
ou en
.mouture économique. Voyez les fig. i & 3.

confite, à Ipbto^J
Le troifième changement
bluteau battant le bluteau tournant en etabhilant
iideffu.-de-U lanterne une poulie E emmanchée
'dans le gros fer, & dans la rainure de laquelle on
paffe l'autre partie paffe
chaine fans fin, dont
une
fixée à l'extrémité de 1 axe du
l,utLu,&leLt
fur une autre poulie
à fur & mefure
tourner & bluter
fort des meules.
que la mouture
confifte à fufpendre
Enfin, le quatrième changement
meule courante, de manière qu'une fois parfaitement
la
droite & elle puiffe refter conftamment
en équilibre
état en tournant. Le moyen qu'a a «nappe
en cet effet fi fteceffa.re &
M 'Dranfy, d'autant opérer cet
fi ilW ipour
meilleur qu'il cft très-fimple
ilIflu,
ne s'agit que de fceUer Vanille
l'meule
B, I.g. 3 & 4
la fceUer en-
courante au lieu de
deffous, comme A Fig. x«c&2 Redonner a^

du fer, qui entre dans l'anille, la forme


partie gros
indiquée par la lettre F.

qui rérultent de chacun de ces


Voici les avantages
Dranfy.
changemens, félon M.
Avantages (tune

En augmentant de moitié le diamètre de la lan-


terne, & en doublant le nombre de fes fuseaux, on
diminue de moitié les mouvemens du Moulin; c'efti
à-dire, que fi la meule courante faifoit vingt-quatre
tours en une minute, elle n'en fait plus que douz^;
Mais 1. ce qu'elle pérd en vîtefle elle, le gagne
en force 2 la meule fe trouve en etat de porter
deux fois plus de grain, & de moudre dans le même
efpace de tems plus que par la mouture ordinaire
lé moulage échauffe moins la farine, qui, en
conféquence fe blute mieux 4". l'effort du rouet
fur la lanterné étant plus doux il ne peut plus la
forcer, ni caflèr fes fufeaux ni déranger le gros 'fer
• d'autant^nieux^qy^H préfente à la fois trois dents à
trois fufeaux', au lieu d'un comme dans les Moulins
ordinaires & 'qu'enftn fi l'un de ces fufeaux cafle,
ou s'ufe plus que les autres, il en reile. deux pour
foutenir & continuer le travail du Moulin.

Avantages des' rayons circulaires.,

Il réfulte du rayonnement des meules-' en lignes


courbés la preuve qu'on gagne en, force ce que l'on
perd'en vîteflè par cette 'noavelft méthode, & qu'elle
ce plus expéditive puifque W. dès le premier mou-
lage la farine efl à fa perfection que le fon etf
large léger qu'il en réfulte peu de gruau
encore moins de recoupettes &f prefque point de, re-
coupes 4°. & qu'enfiri lé premier moulage produit
138 livres de farine fans odeur de meule, par feptier
de bled pefant 240 livres, au lieu 92 livres de farine
échauffée que donne* d'un feptier de bled le premier1
moulage de la mouture économique.

Avantages du Btuteau tournant.

11 réfulte de la fubftitution du bluteau tournant au


bluteau frappant i°. la fuppreflion du babilard de
ta croifée, de la batte & de la baguette & par confé-
quent une conftruâion beaucoup plus fimple & moins
difpendieufe 2 que le bluteau tournant fatiguant beau.
fupporter
coup moins que le bluteau frappant peut
des itamînes. ou tamis plus fins& qui cependantdurent
_^avantage que le bluteau fuffifant aux moulage
& remoulage les autres bluteaux qu'on emploie dans
la mouture économique deviennent mutiles.

Avantages du drejfage des Méules.

Le moyen fimple & facile qu'à imaginé M. Dranfy


pour. drefler les meules eft fans contredit la. plus avan-
tageufe de fes découverees elle méritoit feule le prix
elle lui
que lui a donné l'Académie & fans doute
vaudra la reconnoiffance de tous ceux qui fauront en
apprécier le mérite.

Il rëfultoit jufqu'ici mille inconveniens de l'impof-


iibilitê dn contenir la meule courante en équilibre
pendant fojn travail fa pente toujours inégale
occa-
fionnoit des bourdonnemens des frottemens qui fai-
foient que les meules s'ufoient plus d'un côté que de
l'autre il falloit fans ceffe redrelfer la meule cou-
rante & le pivot du gros fer qui s'îWbit inégalement
le. moulage fe faifoit mal il- en réfultoit des foins,
des peines, des pertes des frais continuels, & tous
ces incon"éniens ceffent par le nouveau moyen qu'a
imaginé M. Dranfy pour tenir la meule courante tou-
jours en équilibre. Actuellement le Meunier fera le
maître- absolu de fon moulin, de fa mouture, il
pourra exécuter facilement à fon gré toutes efpèces
de, moulage dqnt il aura befoin, fes meules moudront
également, plus long-tems & en s'ufant moins. Tels
font les principaux avantages qui réfulteht du Mé-
moire de M. Dranfy.
On a inféré dans le. même volume dont nous avons
tiré cet extrait, un autre article du même Auteur,
que nous publierons inceflamment en raifon de fon
utilité, c'eft le plan détaillé & les principes delà conf-
truétion d'un Four de Boulanger.

F I N..
(
EXTRAIT

CONSTRUCTION d'un Four de Boulanger, d'après


les Principes & les Plans de M. DRANSY
Ingénieur du Roi; -extrait de fin Mémoire inféré
dans l'Ouvrage de M. Parnzentier, que nous
ayons annoncé dans le Nd. 107. de notre
Journal.
LE
Four éft au pain ce que le Moulin eft à la
farine_; le meilleur_bledmal moulu ne dpnne qu'une
farine de médiocre qualité; de même, le pain fait avec
la meilleure farine ne vaut rien, s'il eft mal cuit; &
la qualité de la cuiffon dépend beaucoup de la conf-
S, truâion du Four, conftru&iôn dont les principes font
presque généralement inconnus. Il réfulte de cette
ignorance que la plupart dès Fours font conftruits
fans proportion :la voûte eft trop élevée ou trop baffe
la bouche ou l'entrée eft trop large ou trop étroite,
& fermé mal. L'âtre eft mal rarrelé il faut fouvent
les réparer ils confomment trop de bois ils retien-
nent trop ou trop peu de chaleur enfin ils brûlent
le pain ou le cuifent mal. Voici les Moyens que con-
feille M. Dransy pour remédier à tous ces incon-
véniens.
grofieut «
la quantité de pains qu'on doit y cuire. Celui dont
«donne ici Nj fur
mens, Fig. 2,3 de longueur ou de profondeur. Il
,o pieds a pouces
apavédansde fonla chambre jufqu'au-deflus du Four,
dont
depuis le pave jufqu a
moitié ou 3 pieds '& demi
ou la bouche du Four.
intérieurement elle
Cette
eft foutenue ic défendue par deux banaes de fer.

du Four doivent être faites, 4e


Les Fondations
mortier de chaux &
épaifieer doit être propor-
de fable: leur force, leur
tionnée la hauteur, à la mafle du bâtiment qu'elles
profondes, fM
doivent porter:elles doivent -être plus
l'on a dfeflon. d'élever fur k
Les/plus fortes, fi pieds de
voûte du Four une étuve ou chambre de fix
haut, les grains
dans laquelle on pouTroit faire fecher
humides opérations de la Boulangerie
ou faire les
prolongeroit les ouxas ou foupiraux
dans ce cas, on y
du Four, par le moyen de tuyaux de poêle.
ordinairement un caveau,
Le deffous du Four forme
bois devine à le chauffer)
qui fert à faire féener k
ferrer les pèles, fourgon & autres ufteivfiles
& à
ïufoge. dç
Pour agrandir ce
deux
creufcr, de manïète qu'on y défende une ou,

Four..
marches.
Au-deflus de la voûte de ce caveau eft
ua arrière
une partie de
quart de 14 pouces, pour contenir
braïfes du
l'étouffoir, dans lequel on fait tomber les

Au-deffus de cet arrière quart eft


tablette qui précède la bouche du Four.
Cette tablette
doit être de fer fondu elle doit être percée d'un trou
l'étouf-
rond, par lequel on fait tomber la braire. dans
branches
foir. Elle doit porter & être arrêtée fur des
de fer,, kêVr* dans la maçonnerie fous l'âtre du
la porte
Four. Cette tablette fert auffi de fupport à
s'ajuiter- pour
du Four, qui doit être de farte tôle, &
fermer parfaitement la bouche du Four.
L'âtre doit être carrelé avec des carreaux de terra
quarrés fur 4 pouces
à four ou à brique de 9 pouces
d'épaiffeun qui ne font pas cuits au four brique,
à l'ait libre.
mais feulement deflechés parfaitement
faire Ces car-
Au défaut de terre à brique on peut
de glaife deux parties de fable
reaux avec deux parties
fin & une partie de chaux, le tout
bien paîtri en-
fe faire
femble. Pour former ces briques, on peut
de la longueur-
des mouks avec de petites planches,
carrelage doit être
& largeur ci-devant indiquées. Le
fable &
fait avec un bon mortier de chaux & de

En contant

l'on doit avoir foin que les carreaux fe joignent far-
feitement.
l'âtre l on fcellera les branches de
fer nécefTaires pour apporte l'autel du Four. Quand
l'âtre fera conftruit, on en ddîinera Pcfpace intérieur
en forme ovale.
Enfuite on formera, en pierres de taille, ou
en
briques, les pieds-droits qui doivent foutenir là voûte.
Enfuite on conflruira la voûte du Four avec des
briques qui doivent être d'un
pouce plus étroites
d'un bout que de l'autre & du mortier de chaux
& de fable fin. En employant ces briques,
on tour-
nera le bout le plus étroit vers l'intérieur du Four.
La hauteur de la voûte du Four doit être le rxième
de fa longueur. Cette hauteur fe prend au-deilbus de
la clef de la voûte. Cette clef ou brique du milieu
de la voûte doit être en forme de pyramide tronquée
tz quarrée.
Pour ulTTôur-de la dimenfion ci-devant donnée,
la diftance de l'âtre à la clef- doit être de 16 à 18
pouces. Cette diftance doit aller en diminuant en tous
fens depuis la clef jufqu'à la naiffance des rives; de
manière qu'au bord fupérieur des rives la voûte n'ait
plus que à à pouces d'élévation les rives n'au-
ront dans leur pourtour que 5 pouces de hauteur.
En conftruifant la voûte il faut la tenir de deux
pouces plus élevée, parce qu'elle perd ces 2 pouces
en féchant & fe retirant. Il faut auffi y former deux
ouvertures une de chaque côté de la clef, qui vien-
nent par-delTus la voûte aboutir en dehors fur la
face du Four de chaque côte & au-deflùs de fa bou-
che. Ces deux conduits de la fumée
que peut -pro-
duire le chauffage du Four, fe nomment ouras. Lorf-
que pour chauffer» le Four, on n'emploie que du
bois trùs-fec & qui ne fait point de- fumée en brû-
lant, il faut fermer parfaitement l'ouverture exté-
rieure des ouras afin de concentrer la chaleur dans
le Four (i).
Le manteau de là cheminée du Four doit avancer
affez pour que la fumée du Four ne puiffe pas fe répan-
dre dans la chambre, La cheminée doit être bâtie en
briques & les intervalles entre la voûte & les pieds
droits doivent être rempUs-entièremeritavec du moëlon
& du mortier de chaux & de table, Enfin, fi on le
juge à propos, on bâtira fur le Four une chambre
qui fervira d'étuve ou de Boulangerie.

EXPLICATION DE LA PLANCHE.
Figure première.
Elévation du Four entier ;,t>a de face.
A. Cheminée du Four.
B. Pierres de tailie formant les pieds droits de
l'édifice.
C. Ouras.
D. Bouche ou entrée du Four.
E. Autel ou tablette.

Il ne faut jamais employer pour le chauffage du Four de vieux


bois de meubles ou treülaâes qui aient été feints fur-tout en vcid, ni
tics bois & plantes de nwuvaiie odeur.
F. Arrière-quart pour foutenir l'étouffoiri
G. Caveau voûté.
Figure seconde.
Coupe du Four fur fa longueur ou profondeurs
H. La cheminée vue de côté.
I. Ouras vu dans fa longueur.
K. Bouche du Four.
L. Autel vu de profil.
M. Arriere-quart vu de profil.
N. Caveau.
F I G U R E TROISÏEME.
Coupe du Four fur fa largeur.
0. Clef de la voûte.
P. Atredu Four.
F IGUREE OU AT R 1 E M E.
L'âtre du Four vu découvert & dansfon entier,
ainf que le premier lit de briques qui commence la
voûte.
Auttl du Four. -:r'S^
: .•"
-"' i -*
J:îy-3^s. aniim P L

^Elévation extérieure d'un Moulin.


'PLANCHE 1. A Arbre tournant avec la grande
roue du dehors, B garnie de fes aubes & coyaux,
C un 'ÀomiM P fur le pont de pierre E qui
lève la vanne mouloir.. Le logement du Meunier
F eft à côté du Moulin G. Corde avec fon
croefer pour monter les facs de deffus la
voiture au fécond étage. Au bas de cette planche
eft une échelle de deux toifes.
largeur.
Coupe intérieure du Moulin fur fa
PLANCHE II. A. Pont avec fa vanne de décharge.
B Partie du pont de pierre C qui conduit à la
vannemoulçire. D Entrée principale du Moulin.
E Efcalier pour monter au piemier étage. F Le
rouet avec fes chevilles. G Arbre tournant avec
fon tourillon H derrière lequel eft Vhérïjbn I
faifant tourner la petite lanterne K de la bluterie.
cylindrique inférieure. Le rouet F fait tourner
dans la partie fupérieure la grande lanterne L
traverféo par le gros fer N
avec fa croifée M
dont le pivot roule dans le pas du palier.0,
deux braies PP. Les chevilles du
même rouet font en méme-tems tourner dans font
milieu deux autres petites lanternes, dont la pre-
mière Q emmanchée au bout du treuil R fcr-t
à monter les facs l'autre petite lanterne & l'op-
pofite fait tourner V arbre de couche avec fes pou-
lies S qui font tourner aufli la blnterie Il fin
gras du premier étage, & les cribles du fécond.
Voila donc trois mouvemens différons imprimés
à plufieurs machines par un feul tour de rouet,
fans qu'ils fe nuisent aucunement les uns aux autres.
Souvent .on fubftitue à l'hériffon 1 une quatrième
lanterne ou un pignon au Bas du rouet pour
faire tourner la petite bluterie cylindrique d'une
huche de plat. [*'
Au premier étage on voit la meule giflante T
maintenue par fes enchevêtrures X la meule cou-
rante V avec Vanille Y dans laquelle entre
le papillon du gros fer. Les deux mcztles entourées
des archures Z les tremions && portent là
trémie 2" avec fon auget i le grain tombe dans
la trémie par un crible de fil cle fer, ou crible
d'Allemagne fufpendu au defïus de la trémie.
Dans .le même étage des meules on voit le
moulinet^ pour relever la meule courante lorfqu'il
en eft belbin. A côté de ce moulinet eft placé
la bluterie à fon gras $ avec fon auget 6 & fa
trémie 7.
Au Second étage on voit le tarare 8 dont

les ailes 9 iont miles en mouvement par la poulie


& la corde fans fin Le tarare reçoit le
grain dans fa trémie iz & le, verfe, bien ncroyé,
par le conduit 13. dans le crible de fer blanc 14,
mis en- mouvement par
Vouvrier 16 jette le grain, qui fort du crible de
fufpendu
fer blanc dans le crible d'Allemagne
-prenÇsr étage qui le verfe dans
au plancher du
la trémie des meules.
Au deffus du feconcTétage eft.un faux
plancher
bafcule 17 attachées
où Youvrier en tirant ta
corde à l'autre hafcule du rez.-de-cliauffée,
par une
fait engrainer dans les dents du rouet la lanterne
Q, qui a pour axe te treuil R, autour duquel fe.
roule l'extrémité du cable fervant à monter les
facs. Ce cable en panant par la garouene ou
poulie de renvoi du dedans 20 & le rouleau
coule le long de la poulie de la garôuetw du
debdrs
/attaché
fait monter en un inftant le
fac
même cable Le même
au crocrtet du
mcchanifme fait monter les facs du dedans «du
Moulin par les trapes ménagées à chaque étage.
Un autre ouvrier ayant reçu le fac de bled,,
le verre dans la trémie du tarare.
Coupe du Moulin fur la longueur.

PLANCHE III. On a ménagé Tous le comble


du Moulin, un faux plancher auquel
on monte
par Yefcal'Ur i6 dont on voit le derrière n.
L'ouvrier tirant la bafcule 11 correfpouclante
à celle du rez-dc-chauflee fait
engrener dans les
dents du rouet L la petite lanterne «P pour faire
«^qpnter les facs
par le moyen de la garouenc du
dedans 13 & du cable 15' qui élève les facs au
troiheme étage par les trapes du plancher de
chaque étage.
Le bled, reçu par V ouvrier eft verfé fur
le faux plancher d'où il tombe au fécond étage
par un conduit 8 dans la trémie 7 au tarare $
& 6 qui en enlève la pouffière & toutes les
choies j)lus légères que le grain.
s-' De-là le bled pafiè par un autre conduit dans
le crible cylindrique de fer blanc 9 ou il cil
gratté & nétoyé par les rapes de fer-blanc en-
fuite il xombe, dans un autre crible de fil de fer
incliné 7 qui
en fépare de nouveau toutes les
pouffières & les grains étrangers, &
au bas duquel
eft un èmoteux ou grille de fil de fer qui arrête
les mottes & les pierres qui pourroient s'y treuver.
'Ce crible d'Allemagne Y fufpendu
au plancher
du premier étage verfe le grain dans la X
foutenue par fes tremions & porte-tremions S S.
Le grain parvenu bien nétoyé dans la trémie
des meules .tombe dans l'auget qu'on peut
u
haufler ou biffer par le moyen d'une petite poulie
& de la ficelle t qu'on nomme baille bled. Une
4 •> & dont le
autre ficelle attachée à la fonette
tout ejt mis fur "le bled dans la trémie x avertit
le, Garde-Moulin lorfqu'il n'y a plus de bled dans
la trémie.
L'auget u fecoué par le frayon q attaché
fur Vanille p fournit le bled qui tombe pur
l'œillard ou trou du milieu de la meule à chaque
fecouffe du frayon entre les meules m & n en-
tourées du coffre des archures R.
La meule gijfanle m aflùjettie par fes enche-
béfroi dont on
vetrures 0 eft fupportée par le
vôit un des piliers r.
La meille courante n fupportée par le gros
fer -qui entre d'un bout dans Vanille p & qui
repofe par fon pivot fur le palier o peut Ce
"haufler ou fe bailler par le moyen de la trempuri
attachée à l'une des braies q.
Le gros fer imprime à la meule courante le
mouvement de rotation qu'il reçoit de la lanterne
T don: les fufeaiix engrènent dans les dents du
roitct L fixé fur l'arbre tournant D. Cet
arbre
fupporté en dedans par la chaife F, & le che-
vreficr M eft également foutenu au dehors par
un autre chevrefier il, & par la
chaife C appuyée
fur un majpf F. Il reçoit fon mouvement de la
grande roue G dont les aubes H attachées par
les coyaux I fbnt châtiées par l'impuifioii de
l'eau dans reilUre K. Un homme. A avance
le
chevrefier du dehors pour drefler le tourillon E
de l'arbre tournant, afin. que lés dents du
rouet
embrayent jufte les fufeaux des lanternes qu'il doit
faire tourner.
le grain ttiôulu tombe' dans
la- partie, fiipérieure de la
i
huche &
où il eft rt-çu
Ce bluteau fufpendu
par les
accouples &c\spalonierz., eft attaché k .h ba-
guette X.qui entre dans une des lumières
ou trous
du babillard' v. aii deffous de. batte S.
Les bras de la croifès.Y attachée au
gros
fer & •frappant^trois ;<m
quatre fois, à chaque
babillard V le
mouvement en fens contraire "fe communique
-la baguette X qui fecotie
,c.
,Z,& le 'force, a tamifer la "'fleur, farine qui? tombe
dans la par6e fupériéure d^ la hft'ciie_ &. Les
en
"fons n'o*nt pu^paffer par' le bluteau
iupérieuf, tombent par
C
dans la* btuicrie cylindrique b garnie dYplufïetirs
les de foie de 'toile & .de "canevas. Cette
blu-
terie tountant par le
mo^en de la lanterne e
qui embraye dans les dents de thèrijpm N fépare
les &\$àswn$. gruaux d d
que l'on fait enfuitev
les meules.
i Fig. prem. Planche IV.-
A. Crapaudiniiou
pas qurporte la pointe du gros fep.
B. Boîte ou poëlette dans laquelle eft enfermée
lacrapaudine.
C. Ghafïis de-cuivre à travers auquel panent les
vis de prefïion.
D D. Vis
du cûté néceflàire pour drefler/ les meules;
les/chaflis
E. Boulons pour arrêter fur le palier.
F F. Palier ou groffe pièce dé bois fur lequel pofe
la ,crapaudine.
G. Plaque de tôle ou de /fer-blanc battu pour
faciliter Ja poëlette a couler
avec plus d'aifance.
H. Quxrré ponctué qui déf'gne le plan du fer.
• Xa figure 2. repréiente la clef pour ferrer les

N°. A. D. Gros fer|pofé fur la crapaudine.


2..
A. Papillon du fer. B. Salfufée. C. Gros du fer.
D. Sa pointe. E. Pas ou/ crapaudine. F. Plan de
la crapaudine. G. Une des chevilles du rouet.
H. Fufeau de la lanterné. I. Petit coin de fer
ou pipe pour dreffer la 'meule. K. Plan de l'anille.
L. Tourillon. M. Frayon. N. Plan de la boîte.
O. Coupe de la boîte. P. Autre coupe de la
boîte. Q. Plumard de cuivre pour foutenir !es
tourillons R de l'arbrei tournant.
Ne,). 3. A. Orgueil ou;crémaillère qui fert d'appui
à la pince pour lever la meule.
B. Pince pour lever la meule.
C. Coin qui fert à caler la meule à mefùre qu'on
Ja lève.
D. Pipoir qui fert .a ferrer les pipes ou petits
coins.
E. Pipe ou petit coin de fer fervant à ferrer la
meule courante.
F. Rouleau férvant à monte'- ou defeendre la meule
courante pour la remettre en place.
G. Marteau à rhabiller les' meules.
H. Marteau à, grain dôrge fervant à engraver
fanille.
J. Marteau fervant à piquer les meules.
K. Maffe de fer fervant à frapper fur le pipoir.'
N0. 4. Figure première. Plan des meules mal pi-
quées à coups perdus & faifant mauvaife farine.
Figure féconde. Plan, des meules piquées en
rayons pour la mouture économique.
N?. 1. PLA NCHE V.
Figures première deuxième troifièrrïe qua-
trième. Différentes perfpeâives du crible ou bluteau
cylindrique.
Figure troifième. Crible d'Allemagne.
N°. Différentes perfpeâives du tarare ou ven.
tllateur.
Figure première. Tarare vu par devant.
Figure deuxième. Tarare vu par derrière.
Figure ttqifième. Coupe & profil du tarare.
Figures quatrième & cinquième. Deflins des
cribles intérieurs du tarare agités par la petite
roue figure fixième.