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DROIT PENAL

DI NOCCA GIULIANO
L2 DROIT ANNEXE A LA SEANCE
3//4

PLAN DU COMMENTAIRE DARRET

Commentaire d'arrêt.
Le fait d'étendre le droit à la vie au sens de l'article 2 de la Convention européenne des droits de
l'homme et du citoyen à l'enfant qui n'est pas né demeure sujet brûlant du droit actuel. L'arrêt rendu
par la chambre criminelle de la Cour de cassation en date du 25 juin 2002 s'inscrit dans la lignée des
débats. En l'espèce , la mère d'un enfant mort né porte plainte contre un personnel médical pour
négligences. Les juges du fond relaxeront le médecin alors responsable de sa patiente . Suite a un
appel interjeté par la partie civile pour demande de dommages et intérêts il sera soulevé que le
médecin et la sage femme , suite à une série de négligences ont commis par leur faute a la
réalisation du dommage et sont donc responsables solidairement du préjudice subit ,que la sage
femme , ayant refusée d'appeler son supérieur alors que le nouveau né avant sa naissance présentait
des troubles cardiaques était alors coupable d'homicide involontaire. Se formule alors un pourvoi en
cassation par le Ministère public sur motif principal qu'au titre de l'article 111 – 4 du Code pénal
portant sur l'interprétation stricte de la loi pénale les faits reprochés à un médecin qui a
involontairement causé la mort d'un enfant à naître n'entrent pas dans les prévisions de l'article 319
ancien et 221 -6 du code pénal , concernant l'atteinte « involontaire » à la vie d'une personne.
Droit a la vie spécifié par l'article 2 de la Convention Européenne de sauvegarde des droits de
l'homme et du citoyen. Le champ d'application de l'article 221-6 s'étend il à l'atteinte a la vie d'un
enfant a naître? La Cour jugera que non , et cassera l'arrêt rendu , sans renvoi , les faits n'étant
susceptibles d'aucune qualification pénale. Cette décision soulève une fois de plus les conditions
d'applications de l'article 221 – 6 et de leur qualifications en l'espèce (I)ainsi que du problème
d'application du délit d'homicide involontaire pour le cas d'un enfant mort né , soulevant ainsi
l'interrogation d'attribuer à un fœtus le statut de personne ayant droit a la vie au sens de l'article 2 de
la CEDH.(II)

I ) Problème de la qualification d'homicide involontaire.

A) Réunion des éléments allant dans ce sens


→ Négligences répétées par le médecin et sa sage femme , manquement dans la surveillance pour
enfant a terme dépassé ( pas assez soutenue ) , manque de concertation entre la sage femme et le
médecin. + auditions de témoins allant dans ce sens = conditions en apparence applicable à l'article
221-6 du code pénal pour atteinte involontaire a la vie.

B) absence de preuve d'une volonté manifestement délibérée de porter atteinte a la vie du futur
nouveau né
→ Pas de volonté manifeste de contourner les règles « de l'art » = pas de faute caractérisée.

TRANSITION: en tout état de cause ce point n'aurait pas été sujet a aider dans la prise de décision
de la cour car..
II)Problème de élargissement du champ d'application de l'article 221-6 a un enfant mort né ( donc à
un fœtus)

A)Position jurisprudentielle et CEDH


→ Doc 5 de la CEDH : « c est la potentialité de cet être et sa capacité a devenir une personne qui
doivent être protégés au nom de la dignité humaine sans pour autant en faire une personne qui aurait
un droit à la vie au sens de l'article 2 de la dite convention »
->arrêt de la Cour de cassation en date du 29 juin 2001 , accident causé par une personne sous
emprise de l'alcool qui causera la mort du fœtus que portait la passagère de l'autre voiture , auteur
de l'accident alors condamné pour blessures involontaires et circonstance aggravante de conduite
sous l'empire de l'alcool mais relaxé pour atteinte involontaire à la vie de l'enfant a naître au motif
que l'article 221 – 6 n' étant pas son application à naitre et viable violant ainsi le dit article et
l'article 111-4 sur la stricte application des peines.
→ En l' espèce , ici la cour en date du 25 juin suivra cette décision

B)Cas de l' espèce

→ En l'espèce l'état de l'enfant était lésé avant sa naissance et si certes ,certaines analyses
supplémentaires et soutenues auraient pu éviter le dommage subi , la qualification d'homicide
involontaire se révèle inefficace , le champ d'application de l'article 221-6 ne s'étendant pas à
l'enfant à naitre.

Nota : question prof : le debat portait aux premiers degrés sur la responsabilité au titre
de larticle 226-1 seulement ?
Au sujet du même article , il est possible d'etre qualifié d'auteur d'un homicide
involontaire au titre de l'alinéa 1 du dit article si il n'y a pas de manifestation de
volonté? Si non , pourquoi est faite une distinction entre alinéa un et deux , dans le
deuxieme on traite expréssement de la manifestation de volonté et pourtant les peines
diffèrent?