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MODULE 12:

MATERIAUX DE CONSTRUCTION

2019/2020 M. EL YAMOUNI Bouraida


Page 1
MATERIAUX DE CONSTRUCTION
CHAP 1 : Les granulats

CHAP 2 : Le ciment

CHAP 3 : Le béton

CHAP 4: L’acier

CHAP 5 : Le bois

CHAP 6 : La brique

CHAP 7 : Le bitume
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Les liants

 Les liants: ce sont des produits généralement


employés sous forme de poudres fines et qui,
gâchés avec l’eau ou en contact à l’air,
durcissent et forment une masse dure et
compacte analogue à la roche naturelle =
Matrice.

EAU
LIANT
POUDRE + Ou (MATRICE)

AIR

Page 3
Classification des liants

Hydrocarbonés

Hydrauliques Aériens

Liants

Page 4
Classification des liants

• Regroupe • Durcissement • Un matériau


Hydauliques

Aériens
les produits à l'air dû à adhésif

Hydrocarbonés
fournis par une réaction
les contenant du
de bitume, ou
cimenterie carbonatation
(ciment, du goudron
: chaux (dérivé du
chaux aériennes,
hydraulique) pétrole) ou
plâtres, les deux. Cet
+ Peuvent argiles
durcir élément
correctement agrégé avec
lors qu’ils des granulats
sont fournit des
immergés matériaux
dans l’eau, enrobés.
sans être au
contact de
l’air Page 5
1. LE CIMENT

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1.1 Généralités - Historique
 Ciment : du latin "caementum",
qui signifie mortier, liant des
maçonneries.
 Ciment : poudre minérale, dont
la propriété est de durcir sous
l'eau.
 En 1759, l'Anglais John
Smeaton produit un mortier Ingénieur Chercheur.
britanique (1724- 1792)
proches des ciments modernes Père du GC UK
en mélangeant des chaux Mécanicien-physicien

hydrauliques et des cendres


volcaniques.
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1.1 Généralités - Historique
 Le Français Louis Vicat
découvre en 1817 les principes
chimiques des ciments et définit
les règles de fabrication du
ciment hydraulique. Il est
Ingénieur pont et
considéré comme l'inventeur du chaussées (1786- 1861)

ciment moderne, mais il publie


ses travaux sans prendre de
https://www.youtube.com/watch?v=e0Uavg7Qd5U Page 8
brevets.
2.1 Généralités - Historique
 En 1824, L'écossais Joseph
Aspdin prit un brevet d'invention
en 1824, sur la fabrication d'un
liant à partir d'un mélange de
chaux et d'argile qu'il appela
"ciment Portland" à cause de
l'aspect présenté par ce liant
durci qui rappelait celui de la Briquetier britanique
(1778- 1855)
pierre calcaire de l’île de Portland
(Sud UK)  C’est le premier
ciment.
Page 9
1.1 Généralités - Historique
 20eme siècle a ouvert la voie aux ciments artificiels qui
prendront progressivement le pas sur les chaux
 L’accélération sera plus manifeste à l’issue de la deuxième
guerre mondiale (1939-1945) lorsque le secteur du bâtiment
produit essentiellement des logements neufs bâtis à partir
d’éléments préfabriqués et n’utilisant plus les chaux  C’est
l’époque charnière où la chaux est en passe d’abandon.

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1.2 Le ciment au Maroc
 Secteur
cimentier marocain:
 Composante essentielle de l’industrie
marocaine:
 6,7% du PIB industries de transformation.
 7% des investissements industriels globaux.
 Chiffre d’affaires : 7,2 milliards de Dh
 Emplois directs : 3000 personnes.
 Appui à l’économie nationale:
 Producteur fiscal de 1 er ordre

 Assujetti à une taxe spéciale alimentant le


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Fonds Solidarité Habitat (100 Dh /T Ciment)
1.2 Le ciment au Maroc

Évolution du marché du ciment


Page 12
1.2 Le ciment au Maroc
 4 grands groupes cimentiers marocains:
LafargeHolcim Maroc : filiale du groupe
Lafarge (Capacité : 7.9 millions T / an.), 55% de
parts de marché
 Ciments du Maroc : filiale d’Italcementi Group.
(Capacité : 4 millions T / an)
 Ciment de l’Atlas : groupe capitaux Marocains
(Capacité : 1,2 million T /an)
 Asment Témara : filiale du cimentier Portugais
Cimpor. (Capacité : 1,2 million T /an)
 Association Professionnelle des Cimentiers 
www.apc.ma
Page 13
 12 usines+ 4 stations de broyage  plus de
20,2 M T/ans (2015).

Page 14
1.3 Process de Fabrication

a. Phases de fabrication du ciment:

i. Extraction et concassage

ii. Préparation du cru

iii. Cuisson et trempe

iv. Broyage et stockage

Page 15
1.3 Process de Fabrication

Extraction et concassage Page 16


1.3 Process de Fabrication
i. Extraction et concassage:
Les blocs obtenus sont transportés
 Les matières premières sont
vers l’atelier de concassage et
extraites de carrières généralement
réduits dans en éléments d'une
à ciel ouvert.
dimension maximale de 50 mm. Ces
 La marne = mélange naturel de
concasseurs sont situés parfois sur
calcaire et d’argile (>35%) les lieux même de l'extraction,

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1.3 Process de Fabrication

Préparation du cru Page 18


1.3 Process de Fabrication
ii. Préparation du cru:
 Mélanger le calcaire et l’argile (compositions tjs
proche de 80 % de calcaire et 20% d’argile) 
broyage en une fine poudre de granulométrie
inférieure à 200 microns
 Correction éventuelle de la composition par
ajouts (exp : oxyde de fer Fe2O3, oxyde
d’aluminium Al2O3, silice SiO2)
 Homogénéisation et stockage Cru de ciment
 Cru et sous forme de poudre en cas d’utilisation
de voie sèche, de Granules (voie semi-humide)
ou de pâte (voie humide). Page 19
1.3 Process de Fabrication
ii. Préparation du cru:

Page 20
1.3 Process de Fabrication
ii. Préparation du cru:
a. Voie sèche:
 Pré-homogénéisation: permet d'atteindre un
dosage parfait des deux constituants du ciment
par superposition de multiples couches.

 Broyeurs-sécheurs: le mélange est très finement


broyé et sécher (éliminer l’humidité résiduelle)
pour obtenir une poudre qui présente la finesse
requise.

 Préchauffage: à 800°C par les gaz issus du four


de cuisson puis, arrive partiellement
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décarbonatée, dans le four de cuisson
1.3 Process de Fabrication
ii. Préparation du cru:
a. Voie sèche:
 Ce procédé est le plus utilisé car il est le plus
économe en énergie
 Mais il nécessite la mise en oeuvre de moyens
importants de captation des poussières
 Le cru en poudre est une nouvelle fois
homogénéisé par fluidisation corrigée si
nécessaire.
 Stockage en silo avant l'introduction au four.Page 22
1.3 Process de Fabrication
ii. Préparation du cru:
b. Voie semi-sèche:
 Une variante de la voie sèche.
 Elle consiste à agglomérer, la matière sous forme
de granules de 10 à 20 mm de diamètre, par ajout
de 12 à 14 % d'eau.
 Les matières premières sont préalablement
parfaitement homogénéisées et séchées lors de
l’opération de broyage afin d’obtenir la farine.
Page 23
1.3 Process de Fabrication
ii. Préparation du cru:
c. Voie humide:
 Elle implique une grande consommation d’énergie
pour évaporer l’eau excédentaire.
 Le cru est transformé en une pâte fluide.
 Les blocs sont déversés dans un bassin de
délayage (alimenté d’eau), à l’intérieur duquel
tourne une herse qui effrite et divise la matière.
 La pâte ainsi obtenue qui est encore grossière est
ensuite broyée et envoyée dans des bassins de
stockage pour y être homogénéisée
mécaniquement.
Page 24
1.3 Process de Fabrication
Préparation du « cru »

Voie sèche ou
semi-sèche :
broyage 0,2
calcaire mm le cru granules

Ajouts éventuels : Voie humide :


argile bauxite ou oxyde de
fer pâte fluide

matières premières mélange conditionnement

Page 25
1.3 Process de Fabrication
ii. Préparation du cru:
Composition du « cru » :
 Chaux CaO produit de la décarbonatation du
calcaire :
CaCO3 (calcaire) CaO (chaux vive) + CO2
900 - 1000°C

 Silice SiO2 (optique, appareillage labo, fibre de verre)

 Alumine Al2O3 (Aluminium) argile

 Oxyde de fer Fe2O3 (Colorant alimentaire)


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Bassin de délayage

Page 27
Hall d’homogénisation

Page 28
1.3 Process de Fabrication

Page 29
Cuisson et trempe
1.3 Process de Fabrication
iii. Cuisson et trempe:
 Le mélange est ensuite introduit au four rotatif 
phase de clinkérisation.
 La cuisson se fait à une température voisine de
1450 °C dans un four rotatif, long cylindre
tournant de 1,5 à 3 tours/minute et légèrement
incliné.
 A la sortie du four, le clinker tombe sur des
refroidisseurs à grille qui ramènent sa température
à 70 °C (trempe) choc thermique donne
naissance à des granules de diamètres variant
entre 1 et 10 mm Page 30
 Four rotatif incliné : ~ 80 m (voie sèche) / ~ 150 m
(voie humide), diamètre de 5 m, tôle d’acier
tapissée de briques réfractaires à l’intérieur
 Température de cuisson : 1450 °C
 Temps de cuisson : ~ 1 h (voie sèche) Page 31
1.3 Process de Fabrication
iii. Cuisson et trempe:

Page 32
1.3 Process de Fabrication
iii. Cuisson et trempe:

Page 33
1.3 Process de Fabrication
iii. Cuisson et trempe:
 Dans la zone I: zone de déshydratation, le cru
subit une dessiccation complète.
 Dans la zone II, zone de décarbonatation Le
CaCO3 se transforme en CaO
CaCO3  CaO + CO2
 Dans la zone III zone de clinkerisation : les
silicates, alumine et d'oxyde de fer se combinent
avec la chaux provenant du calcaire pour donner
des silicates et aluminates de chaux et silico-
alumino- ferrite de chaux.
Page 34
1.3 Process de Fabrication
iii. Cuisson et trempe:

Page 35
1.3 Process de Fabrication
iii. Cuisson et trempe:

Silica Calcium Iron Alumina

C3S C2S C3A C4AF

Page 36
1.3 Process de Fabrication
iii. Cuisson et trempe:

Page 37
1.3 Process de Fabrication

Broyage et stockage Page 38


1.3 Process de Fabrication
 Ajouts Clinker:
 Le clinker est acheminé vers les trémies des
broyeurs où il est finement broyé avec 3 à 5% de
gypse pour régulariser sa prise.

 Dans certains cas, en plus du gypse (pierre à


plâtre), on ajoute d’autres constituants tels que : le
laitier des hauts fourneaux, les cendres volants, ou
les fillers pour l’obtention des différents types de
Page 39
ciment.
1.3 Process de Fabrication
 Ajouts Clinkers:
 Ils modifient les propriétés du ciment grâce à
leurs caractéristiques chimiques ou physiques.
De part leur nature
 Ils permettent aussi d'abaisser le prix de
revient.
 Ils améliorent des propriétés telles que
l’accroissement de la maniabilité, de la
compacité et diminution du ressuage.... Page 40
1.3 Process de Fabrication
 Ajouts Clinkers:
1) Gypse:
• roche sédimentaire
évaporitique
• Il est constitué en majeure
partie de sulfate de calcium
hydraté (CaSO4, 2(H2O))
• Pierre à plâtre
• Régulateur (retardateur) de
prise en masse du ciment
jusqu'à l'utilisation
Page 41
1.3 Process de Fabrication
 Ajouts Clinkers:

2) Laitier de haut fourneau :


• Sous-produit de l’industrie
métallurgique (fusion de
minerai de fer dans un haut
fourneau)
• Produit hydraulique (fait prise
avec de l’eau) =>
remplacement du clinker
• Composition: 40% CaO+35%
SiO2+11% Al2O3+ 8% MgO
(magnésie)
Page 42
1.3 Process de Fabrication
 Ajouts Clinkers:
3) Cendres volants
• Naturelles : cendres volcaniques
( pouzzolanes)
• Artificielles :
 Cendres volantes de centrales
thermiques au charbon
(dépoussiérage des gaz de
combustion )
 Sous-produit de l’électrométallurgie
du silicium (fumée de silice)
 Composition :45 à 70% SiO2 (90 à
95% pour la fumée de silice)+10 à
25% Al2O3+ Jusqu’à 10%
Page 43
d’alcalins (Na2O et K2O)
1.3 Process de Fabrication
 Ajouts Clinkers:
4) Les fillers
• Roches calcaires finement broyées
• Rôle de remplissage
• Composition : > 75% CaCO3

Page 44
1.3 Process de Fabrication
 Ajouts Clinkers:

Page 45
1.3 Process de Fabrication
iii. Broyage et stockage:
 C’est la dernière phase qui correspond au
passage du clinker aux ciments.
 Le clinker additionné du gypse est très finement
broyé avec (100 μm).
 Ce broyage s’effectue dans des broyeurs à
boulets, grands cylindres métalliques horizontaux,
animés d’un mouvement de rotation autour de leur
axe, et à moitié remplis de boulets d’acier.
 Le clinker est introduit à l’une des extrémités dont
les proportions suivantes :
 95 à 97% da clinker
 3 à 5 % de gypse Page 46
1.3 Process de Fabrication
iii. Broyage et stockage:

Page 47
1.3 Process de Fabrication
iii. Broyage et stockage:

Page 48
1.3 Process de Fabrication
iii. Broyage et stockage:
 Le ciment peut être stocké selon deux modes :
 stockage en vrac en silos,
 Stockage en sacs en palettes

Page 49
1.3 Process de Fabrication
 Matières premières:
 En résumé:
– 80% calcaire
– 20% argile
 Produit de la cuisson:
– Transformations chimiques
– Granules de clinker
 Produits d’addition:
– Gypse (régulateurs de prise)
– Laitiers de haut fourneau
– Fillers
– Fumée de silice
• Ciment:
– Broyage
– Conditionnement
Page 50
https://www.youtube.com/watch?v=tkf-ma_BgOw
1.3 Process de Fabrication
CALCAIRE
75%
MÉLANGE ET STOCKAGE
BROYAGE HOMOGÉNEISATION
ARGILE 25%

REFROIDISSEMENT
FOUR
1450°C

CLINKER
Ajouts éventuels de
constituants tels que :
• fillers
Ajout du • cendres volantes
régulateur de BROYAGE • laitiers
prise • pouzzolanes
(Gypse) • fumées de silice

CIMENT
Page 51
2.4 Les différents ciments normalisés
 Il existe 3 familles de produits associables aux
différentes classes de résistance:
1. Ciment Portland Artificiel (CPA)
2. Ciment Portland Composé (CPJ):
3. Ciment au Laitier (CLK, CLC, CHF):
a. CHF : Ciment de Haut Fourneaux
b. CLK : Ciment de Laitier au Clinker
c. CLC : Ciment de au Laitier et au Cendre

Page 52
1.4 Les différents ciments normalisés
1. Ciment Portland Artificiel
(CPA):
 Composition: 97% de
clinker + gyspe + 3 % de filler
calcaire
 Domaine d’utilisation ::
• CPA 45 : ciment de structure
courant travaux en BA, non
pour les bétons de grande
masse ou faiblement armé
• CPA 65 et 65R: BA très
fortement sollicité (ossature
porteuse) et avec prise rapide Page 53
1.4 Les différents ciments normalisés
2. Ciment Portland Composé (CPJ):
 Composition: au moins 65 % de
clinker (ajout 35 % : laitier, cendre,
pouzzolane, filler)
 Domaine d’utilisation ::
• Ciment multi-usage, convient
pour toutes les étapes de la
construction d'un bâtiment
• CPJ 35: travaux de maçonnerie
et les bétons peu sollicités (les
enduits, mortier et chape).
• Les CPJ 45 et 55: conviennent
pour les travaux de toute nature Page 54
1.4 Les différents ciments normalisés
3. Ciments au laitier :
 Composition: Trois types de ciments
comportent des pourcentages de laitier assez
importants; il s'agit du ciment de laitier au clinker
(CLK), du ciment au laitier et aux cendres (CLC),
du ciment de Haut-fourneau (CHF).

Type Clinker Laitier Cendres

CLK < 20% >80% -

CLC 20-65% 18-50 % 18-50 %


CHF 20-65% 35-80% -
Page 55
1.4 Les différents ciments normalisés
3. Ciments au laitier :
 Domaine d’utilisation :
Ces ciments sont bien adaptés aux
•Travaux hydrauliques,
souterrains, fondations et
injection,
• Travaux en eaux agressives :
eau de mer, eaux séléniteuses,
eaux industrielles, eaux pures,
• Ouvrages massifs : fondations,
piles d'ouvrages d'art, murs de
soutènement, barrages.
Page 56
1.5 Environnement réglementaire et
normatif des ciments
1. Désignation Européenne ciment:
 Les ciments courants sont divisé en 5 types selon
leur composition (EN 197-1):
 CEM I : dits Portland (anciennement CPA) Ils
intègrent de 95 à 100 % de clinker. Ils conviennent
pour des travaux de toutes natures en béton armé
ou précontraint.
 CEM II : dits Portland composés se classent dans
la catégorie CEM II (ex-CPJ) en version A ou B en
fonction du pourcentage de clinker. Ces ciments
sont adaptés pour les travaux de maçonnerie et la
fabrication de béton armé ou précontraint. Page 57
1.5 Environnement réglementaire et
normatif des ciments
1. Désignation Européenne ciment:
 Les ciments courants sont divisé en 5 types selon
leur composition (EN 197-1):
 CEM III : les ciments de haut fourneau sont dits
CEM III A, B (ex-CHF), ou C (ex-CLK). Outre le
clinker, ils intègrent surtout une partie plus ou
moins importante de laitier de haut fourneau (de
36 à 95 %). Ces liants sont destinés aux travaux
hydrauliques, en eaux agressives et pour les
ouvrages de masse (fondations, piles de pont,
bétons lourds, barrages...).
Page 58
1.5 Environnement réglementaire et
normatif des ciments
1. Désignation Européenne ciment:
 Les ciments courants sont divisé en 5 types selon
leur composition (EN 197-1):
 CEM IV : la famille CEM IV regroupe les ciments
pouzzolaniques (anciennement CPZ). La
pouzzolane améliore la qualité hydraulique des
ciments
 CEM V : les ciments au laitier et aux cendres sont
répertoriés dans la catégorie CEM V (ex-CLC). Ils
permettent le même type d’applications que les
CEM III.
Page 59
1.5 Environnement réglementaire et
normatif des ciments

Page 60
1.5 Environnement réglementaire et
normatif des ciments

Page 61
1.5 Environnement réglementaire et
normatif des ciments
1. Désignation Européenne ciment:
Les 2 classes de
Famille de Nature des résistance à Caractéristiques
ciment constituants court terme (2 ou
complémentaires
autres que 7 jours)
courant PM/ES/CP1/CP2
le clinker R ou N

CEM II / A – LL 32,5 R CE CP2 NF


Les 3 Notation
Les classes de classes de Notation NF
composition CE précisant que ce
résistance
(les lettres A/B ou C courante ciment est certifié
précisent la teneur en
(28 jours) conforme à la
clinker)
32,5 / 42,5 /
marque NF
52,5

L/LL (CALCAIRE) – S (LAITIER DE HAUT FOURNEAU) – D (FUMEES DE


SILICE) – V (CENDRES SILICEUSES) – W (CENDRES CALCIQUES)
62 – Z
Page 62
(POUZZOLANES) – T (SCHISTES CALCINES)
1.5 Environnement réglementaire et
normatif des ciments
Exemple de dénomination
CEM II / B - M (S-V) 42,5N PM-ES-CP2
Famille de ciments Noms des constituants principaux
Il existe : S : laitier granulé de hauts fourneaux
CEM I : ciment Portland V : cendres volantes siliceuses
CEM II : ciment Portland composé W : cendres volantes calciques
CEM III : ciment de haut fourneau L ou LL : calcaire (en fonction du taux
CEM IV : ciment pouzzolanique de carbone organique)
CEM V : ciment au laitier et aux cendres D : fumée de silice
P ou Q : matériaux pouzzolaniques
T : Schiste calciné
Quantité de constituants
Classes de résistance (résistance caractéristique
principaux autres que le
minimum à 28 jours exprimée en MPa) :
clinker (en % d’ajout)
32,5 ou 42,5 ou 52,5
A : de 6 à 20%
B : de 21 à 35 %
Sous-classes de résistance (résistance caractéristique
C : de 36 à 65 %
minimum à 2 jours exprimée en MPa).
(laitier pour les CEM III)
N : Normal
R : Rapide
Ciment avec au moins Caractéristiques complémentaires
2 constituants principaux PM : ciment pour travaux à la mer
autres que le clinker ES : ciment pour travaux en eau à haute teneur en sulfates Page 63
CP : ciment à teneur en sulfures limitée
1.5 Environnement réglementaire et
normatif des ciments
2. Réglementation Marocaine
a. Ciments ordinaires:
 1985: Homologation de la Norme Marocaine NM
10.1.004 sur les Liants Hydrauliques.
 Juin 2003 :Nouvelle norme marocaine NM.10.1.004
 Certification NM
b. Ciments Spéciaux
 Ciments pour travaux à la mer (PM) NM.10.1.157
 Ciment à faible chaleur d’hydratation initiale et à teneur
en sulfures limitée (CP) NM.10.1.158
 Ciment pour travaux en eaux à haute teneur
64 en
Page 64
sulfates (ES) NM.10.1.159
1.5 Environnement réglementaire et
normatif des ciments
2. Réglementation Marocaine
c. Classification par composition:
i. Le ciment Portland Artificiel (CPA) : résulte du
broyage du clinker et du sulfate de calcium (gypse
ou anhydrite) pour régulariser la prise, et
éventuellement de fillers en faible quantité (<3%). La
teneur en clinker est au minimum 97%.
ii. Le ciment Portland Composé (CPJ) : résulte du
mélange de clinker en quantité au moins égale à
65% et d'autres constituants tels que laitiers,
cendres volantes, pouzzolanes ou fillers (un ou
plusieurs) dont le total ne dépasse pas 35%.
Page 65
1.5 Environnement réglementaire et
normatif des ciments
2. Réglementation Marocaine
c. Classification par composition:
Au Maroc on fabrique principalement les ciments suivants
 CPJ 35: Ciment portland composé avec ajouts
 CPJ 45: Ciment portland composé avec ajouts
Certaines usines fabriquent aussi:
 Le ciment Super blanc CPJ 45, et le Super blanc CPA
55,
 Le ciment CPJ 45 Prise Mer.
Page 66
1.6 Ciments et chantiers
 Prescriptions de base dans les CPS: Conformité
à la norme NM 10.1.004
 Conservation et stockage:
 Ciment est sensible à l’humidité de l’air
 Par temps chaud, le ciment se détériore plus vite
qu'aux basses températures
 Recommandations de stockage:
• Stockage du ciment dans des silos (Grand
chantier) ou l’intérieur de locaux secs.
• Utiliser des palettes pour isoler du sol
67
Page 67
• Couvrir de polyane.
1.6 Ciments et chantiers
Conditions d'entreposage Durabilité
(apparition de
grumeaux tendres)
Conservation en silos fermés (comme dans illimitée
les fabriques de ciment) ou en fûts de tôle
fermés hermétiquement
Conservation à température moyenne de jusqu'à 6 mois et
20° et humidité relative de l'air < à 70%+ davantage
Empilement compact sans protection
spéciale mais à l'abri des courants d'air
Sacs couverts à ciel ouvert ou entre posés env. 2 à 4 mois
dans des locaux aérés (hiver)
Sacs non couverts exposés aux selon le temps: peu
intempéries de jours 68 jusqu'à
Page 68
quelques semaine
1.6 Ciments et chantiers
 Ciment et santé:
 manipulation des ciments sans
protection  Eczéma, irritations
oculaires, Pathologies broncho-
pulmonaires
 Professions touchés  ouvrier,
maçons, carreleurs,
 Mesures de prévention:
• Port des gants adaptés
• Mettre en place des mesures
69
d’hygiène (tenue, savon neutre) Page 69
1.6 caractéristiques des ciments
1. Caractéristiques mécaniques :
 La résistance du ciment est déterminé sur des
éprouvette de mortier normalisé de ciment (composé
en masse de 3 parties de sable normalisé pour 1
partie de ciment et 1/2 partie d’eau et conservées
sous eau à 20°C).
 La classe de résistance est la résistance en
compression (moyenne de 6 valeurs) à 28 jours
exprimée en MPa
 Il existe ainsi 4 classes principales : 35, 45, 55 et
THR, comme Il existe des sous classes R (pour les
ciments rapides et contrôlés pour leurs part à 2
jours). 70
Page 70
Valeurs limites selon les classes de résistances

Résistance à la compression en MPa


à 2 jours à 28 jours
Sous
Classe Limite Limite Limite
classe
inférieure inférieure supérieure
nominale nominale nominale
CPA 35 - - 25,0 45,0
CPA 45 - - 35,0 55,0
CPA 45 R R 15,0 35,0 55,0
CPA 55 - - 45,0 65,0
CPA 55 R R 22,5 45,0 65,0
T.H.R. - 30,0 55,0 -
(Très Haute
Page 71
Résistance)
1.7 Propriétés principales des ciments

1. Hydratation

2. Analyse granulométrique du ciment

3. Retrait et gonflement

4. Essai de consistance

5. Caractéristiques de fluidité
72
Page 72
Le Ciment
Propriétés principales
Hydratation
 Le ciment durci est une véritable "roche artificielle" qui
évolue dans le temps passant par trois phases :

a. Phase dormante : où la pâte pure (ciment et eau) reste


en apparence inchangée pendant un certain temps (de
quelques minutes à quelques heures suivant la nature du
Page 73
ciment).
Le Ciment
Propriétés principales
Hydratation
b. Début et fin de prise : après 1 ou 2 deux heures pour la
plupart des ciments, on observe une augmentation
brusque de la viscosité : c'est le début de prise, qui est
accompagné d'un dégagement de chaleur. La fin de prise
correspond au moment où la pâte cesse d'être
déformable et se transforme en un matériau rigide.
c. Durcissement : on a l'habitude de considérer le
durcissement comme la période qui suit la prise et
pendant laquelle l'hydratation du ciment se poursuit. La
résistance mécanique continue à croître très lentement;
mais la résistance à 28 jours est la valeur
conventionnelle. Page 74
Le Ciment
Propriétés principales
Hydratation

Page 75
Le Ciment
Propriétés principales
Hydratation
Essai de prise:
 On prend une pâte pure de
ciment de consistance
normale (24 à 30% d'eau).
 Le début de prise correspond au moment où l'on
observe une augmentation de la viscosité, ou
raidissement de la pâte, ce qui, dans la pratique, se
mesure au moyen de l'aiguille normalisée (appareil de
Vicat) (https://www.youtube.com/watch?v=tS76QLIzIcc)
et correspond au temps écoulé depuis le gâchage de la
pâte jusqu'au moment où l'aiguille s’arrête à une distance
(d = 4 mm ±1 mm) du fond de l’anneau de 40 mm de
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hauteur remplie de pâte pure de ciment.
Le Ciment
Propriétés principales
Hydratation

Essai de prise:

 Le temps de début de prise est supérieur à 1h30 pour les


ciments de classes 35 et 45 pour une température de
20°C et supérieur à 1h pour les ciments de classes 55 et
HP.

 De même, la fin de prise correspond au moment où


l'aiguille ne s'enfonce plus dans l’anneau. Page 77
Appareil de VICAT Page 78
Le Ciment
Propriétés principales
Hydratation
Le phénomène de prise du ciment est lié à de nombreux
paramètres tels:
a. la nature du ciment,
b. la finesse de mouture du ciment: plus son broyage a
été poussé, plus le temps de prise est court,
c. la température: plus la température ambiante est élevée
plus la prise est rapide, pour un ciment donné le début de
prise sera de 18 heures à 2 ºC, de 5 heures à 10 ºC, de
3h 30 à 20 ºC et de 30 min à 35 ºC
d. la présence de matières organiques dans l'eau ou
dans l'un des autres constituants du béton ralentit la
prise,
e. l'excès d'eau de gâchage qui a, entre autres
Page 79
inconvénients, une action retardatrice sur la prise
Evolution du temps de prise en fonction de la
température Page 80
Degré d’hydratation d’un ciment en fonction du rapport
E/C Page 81
Eau minimum pour hydratation complète du ciment
Page 82
Le Ciment
Propriétés principales
Analyse granulométrique du ciment
 La taille des grains d’un ciment est d’une grande
importance car elle conditionne la réaction d’hydratation.
 Des grains trop gros donneraient une hydratation trop
lente voir incomplète, alors que des grains trop petits
donneraient une hydratation rapide.
 Déterminer la répartition en poids des grains suivant leur
dimension. Les dimensions des grains de ciment varient
de 1 à 200 microns:
a. Tamisage:
 Si le tamisage est fait manuellement et vu la taille des
grains de ciment est très petite, cet essai ne constitue
qu’un critère de qualité et ne peut renseigner sur la
Page 83
répartition des grains c.a.d. la granulométrie.
Le Ciment
Propriétés principales
Analyse granulométrique du ciment
b. Granulométrie laser :
 Elle a pour objet la détermination de la taille des
particules élémentaires qui constituent les ensembles
de grains et la fréquence statistique des différentes
tailles de grains dans l'ensemble étudié. La technique
de la granulométrie laser utilise le principe de diffraction
et de diffusion d'un faisceau laser
(https://www.youtube.com/watch?v=x8AgSNSTqCA)
c. Sedimentométrie:
 Ce principe dit que la vitesse de sédimentation des
grains est proportionnelle au carré de leur taille (loi de
stokes: V = k × d2).
Page 84
Le Ciment
Propriétés principales
Surface spécifique du ciment
 Les ciments se présentent sous forme de poudre
finement divisée. Cette finesse est une caractéristique
importante: lors du gâchage, plus la surface de ciment en
contact avec l’eau est grande et plus l’hydratation est
rapide et complète.
 La finesse d’un ciment est généralement exprimée par sa
surface massique: c’est la surface totale des grains
contenus dans une masse unité de poudre. La surface
massique est généralement exprimée en cm2 de surface
des grains de ciment par gramme de poudre. L’objectif de
l’essai est d’apprécier cette surface.
 La surface spécifique est mesurée le plus souvent avec le
perméabilimètre de BLAINE
Page 85
(https://www.youtube.com/watch?v=xHiYPKXHq0A) .
Le Ciment
Propriétés principales
Surface spécifique du ciment
Principe :
 La surface massique est d’autant plus grande que les grains
sont plus petits
 Par ailleurs, la vitesse d’écoulement d’un fluide (air pour
l’appareillage de Blaine) à travers un corps granulaire
(ciment) est d’autant plus faible (donc t plus grand) que les
grains qui composent ce corps sont fins.
 Il suffit donc de mesurer la vitesse d’écoulement de ce fluide
travers un lit de poudre de matériau (après enlèvement du
Page 86
bouchon).
e3 . t
S k
 (1  e) 

Page 87
Le Ciment
Propriétés principales
Surface spécifique du ciment
On peut donc calculer la surface
spécifique des grains, à l’aide du 3
e . t
temps (t) relevé grâce à la formule S k
ci-contre:  (1  e) 
S : Surface spécifique (cm2/g). k : Constante de
l’appareil.
e : Porosité de la couche tassée t : Temps mesuré en
secondes.
ρ : Masse volumique (g/cm3).
Page 88
η : Viscosité de l’air à la température d’essai (en poises).
Influence de la surface spécifique sur la résistance à la
compression Page 89
Le Ciment
Propriétés principales
Retrait et gonflement
 Les essais sont réalisés sur les prismes 4×4×16 de
mortier normal munis à leur extrémité de plots de
mesures noyés dans le mortier.
 Une composition de mortier normal (mortier 1/3):
 Sable normalisé = 1350 g (3C) (granulométrie 0,1/1,6)
 Ciment = 450 g (C)
 Eau de gâchage = 225 g (le rapport de E/C est donc
0,50). Page 90
Le Ciment
Propriétés principales
Retrait et gonflement
 On étudie dans le temps, c’est à dire à 7 jours et à 28 jours
après la confection, le retrait à l’air et le gonflement dans
l’eau.
 Le retrait à l’air est mesuré à 20° C avec une humidité
relative de 50 %.
 Le gonflement à l’eau est mesuré à 5°C, les variations de
dimensions sont mesurées à l’aide d’un appareil appelé
retractomètre
(https://www.youtube.com/watch?v=dg37Lv4p3M8). Page 91
Soit dl(t) la valeur lue sur le comparateur au temps t; l’éprouvette a
une longueur au temps considéré:

l=L+ dl(t)
Page 92
Le Ciment
Propriétés principales
Retrait et gonflement
 Lorsque les éprouvettes sont conservées dans l’air, dl(t) est
généralement négatif et l’on parle alors de retrait de
l’éprouvette.
 Lorsque l’éprouvette est conservée dans l’eau, dl(t) peut
être positif: il y a alors gonflement.
 La norme marocaine NM.10.1.004 indique que les retraits
à 28 jours mesurés sur mortier normal ne doit pas
dépasser :
 800 μ par mètre pour les ciments de classe 35 et 45
 1000 μ par mètre pour les ciments de classe 45 R et
55
 Elle indique également que le gonflement à 28 jours ne
Page 93
doit pas dépasser 250 μ / m.
Influence du E/C sur le retrait plastique des mortiers.
Page 94
Le Ciment
Propriétés principales
Détermination du pourcentage d’eau normale
(Essai de consistance)
 Il s’agit de déterminer la quantité d’eau à ajouter à un
poids de ciment pour obtenir une pâte dite normale.

 Cette quantité d’eau est la quantité jugée nécessaire pour


l’hydratation complète du ciment.

 Cet essai dit essai de consistance est réalisé à l’aide de


l’appareil de VICAT. Pour réaliser l’essai de consistance,
l’appareil de VICAT est muni d’une sonde dite de VICAT.

 Elle s’enfonce sous son propre poids pour s’arrêter à une


Page 95
distance d du fond.
Evolution de la consistance d’une pâte de ciment en fonction de E/C

Si ( d ) = 6mm ± 1mm, on dit que la consistance de la pâte


étudiée est normalisée, (Consistance normalisée ).
On constate que le rapport E/C au-delà duquel l'augmentation
du dosage en eau permet la fluidification du mélange
correspond à 0.18 Page 96
Composition volumique d’une pâte de ciment en fonction de E/C

C'est d'ailleurs pour des valeurs de E/C supérieures à cette


limite (0,18) que le mélange a réellement l'aspect d'une pâte;
auparavant il a plutôt l'aspect d'une poudre. Page 97
https://www.youtube.com/watch?v=9ZxZlIjSGJQ

Influence de la nature de ciment et des adjuvants sur la


consistance normalisée. Page 98
Le Ciment
Propriétés principales
Caractéristiques de fluidité
 En général, les pâtes de ciment entrant dans la
composition des mortiers ou des bétons ont des
consistances beaucoup plus fluides et donc des dosages
en eau plus importants.
 Quant aux pâtes qui sont utilisées pures pour l’injection
des câbles de précontrainte, elles sont encore plus
fluides et appelées coulis.
 La fluidité se mesure habituellement à l’aide d’un cône de
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Marsh(https://www.youtube.com/watch?v=7O6pqN_lOUg)
Le Ciment
Propriétés principales
Caractéristiques de fluidité
 On chronomètre le temps mis par un litre de coulis pour
passer au travers d’un ajutage calibré (orifice 10 mm de
diamètre et 60 mm de longueur). Plus l’écoulement sera
rapide et plus le coulis sera réputé être fluide.

 L’essai s’effectue sur 3 échantillons. Si t0 est l’instant


d’achèvement de la confection du coulis, les mesures de
fluidité se font à: t0 ; t0 + 15 minutes et t0 + 30 minutes, (on
malaxe que 30 secondes le coulis qui est protégé pendant
son attente de toute évaporation).

 Le temps d’écoulement doit être inférieur à 25 secondes


et se maintenir constant pendant les 15 minutes qui
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Dimension du cône de Marsh (cône d’écoulement)
Page 101
Merci de votre attention

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