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Anarchisme

Illustration du livre Le principe anarchistede Pierre Kropotkine (1913)

L'anarchisme est un courant de philosophie politique développé depuis le XIXe siècle sur un ensemble de
théories et pratiques anti-autoritaires1. Fondé sur la négation du principe d'autorité dans l'organisation
sociale et le refus de toute contrainte découlant des institutions basées sur ce principe 2, l'anarchisme a pour
but de développer une société sans domination, où les individus coopèrent librement dans une dynamique
d'autogestion3.

Sommaire
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 1 Étymologie

 2 Précurseurs de l'anarchisme

 3 Définitions

o 3.1 Principes généraux

o 3.2 Courants

 3.2.1 Courants socialistes

 3.2.2 Courants individualistes

 3.2.3 Courants écologistes

 3.2.4 Courants chrétiens

 3.2.5 Courants indéterminés

 3.2.6 Conflits entre courants

o 3.3 Vers une société anarchiste

 4 Expériences historiques

o 4.1 Organisations primitives apparentées à l'anarchisme


o 4.2 En périodes révolutionnaires

o 4.3 En périodes non-révolutionnaires

o 4.4 Sur ces diverses périodes expérimentales

o 4.5 Période contemporaine

 4.5.1 Culture contemporaine anarchiste

 5 Critiques de l'anarchisme

 6 Bibliographie

o 6.1 Histoire de l'anarchisme

o 6.2 Littérature anarchiste

 6.2.1 Textes anciens

 6.2.2 Textes contemporains

o 6.3 Sources historiques

o 6.4 Philosophie

 7 Filmographie

 8 Notes et références

 9 Voir aussi

o 9.1 Articles connexes

o 9.2 Liens externes

Étymologie[modifier]

Article détaillé : Étymologie du terme anarchie.

Le terme anarchie est un dérivé du grec « ἀναρχία » (« anarkhia »)4. Composé du préfixe privatif an- (en
grec αν, « sans », « privé de ») et du mot arkhê, (en grec αρχn, « origine », « principe », « pouvoir » ou
« commandement »)5,6. L'étymologie du terme désigne donc, d'une manière générale, ce qui est dénué de
principe directeur et d'origine. Cela se traduit par « absence de principe7 », « absence de règle7 »,
« absence de chef8 », « absence d'autorité2 » ou « absence de gouvernement6 ».

Dans un sens négatif, l'anarchie évoque le chaos et le désordre, l'anomie9. Et dans un sens positif, un
système où les individus sont dégagés de toute autorité9. Ce dernier sens apparaît en 1840sous la plume
du théoricien socialiste Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865). Dans Qu'est-ce que la propriété ?, l'auteur se
déclare anarchiste et précise ce qu'il entend par anarchie : « une forme de gouvernement sans maître ni
souverain »9.

Précurseurs de l'anarchisme[modifier]

Article détaillé : Précurseurs de l'anarchisme.


Diogenes par John William Waterhouse

Pour de nombreux théoriciens de l'anarchisme, l'esprit libertaire remonte aux origines de l'humanité10. À
l'image des Inuits, des Pygmées, des Santals, des Tivs, des Piaroa ou des Merina, des sociétés
fonctionnent, parfois depuis des millénaires, sans autorité politique (État ou police)11 ou suivant des
pratiques revendiquées par l'anarchisme comme l'autonomie, l'association volontaire, l'auto-organisation,
l'aide mutuelle ou la démocratie directe12.

Les premières expressions d'une philosophie libertaire peuvent être trouvées dans le taoïsme et
le bouddhisme13. Au taoïsme, l'anarchisme emprunte le principe de non-interférence avec les flux des
choses et de la nature, un idéal collectiviste et une critique de l'État ; au bouddhisme, l'individualisme
libertaire, la recherche de l'accomplissement personnel et le rejet de la propriété privée9.

Un courant individualiste et libertaire peut également être trouvé dans la philosophie de la Grèce antique,
dans les écrits épicuriens, cyniques etstoïciens14. Platon dans la République fait mention de l'anarchisme
qu'il identifie à la démocratie directe[réf. nécessaire]

Certains éléments libertaires du christianisme ont influencé le développement de l'anarchisme15, en


particulier de l'anarchisme chrétien16. À partir duMoyen Âge,
certaines hérésies et révoltes paysannes attendent l'avènement sur terre d'un nouvel âge de liberté9. Des
mouvements religieux, à l'exemple des hussites ou des anabaptistes s'inspirèrent souvent de principes
libertaires17.

Plusieurs idées et tendances libertaires émergent dans les utopies françaises et anglaises de
la Renaissance et du siècle des Lumières18. Pendant laRévolution française, le mouvement
des Enragés s'oppose au principe jacobin du pouvoir de l'État et propose une forme de communisme19.
En France, en Allemagne, en Angleterre ou aux États-Unis, les idées anarchistes se diffusent par la
défense de la liberté individuelle, les attaques contre l'État et lareligion, les critiques du libéralisme et
du socialisme autoritaire9. Certains penseurs libertaires américains comme Henry David Thoreau, Ralph
Waldo Emerson et Walt Whitman, préfigurent l'anarchisme contemporain de la contre-culture, de l'écologie,
ou de la désobéissance civile20.

Définitions[modifier]
Principes généraux[modifier]

L'anarchisme est une philosophie politique qui présente une vision d'une société humaine sans hiérarchie,
et qui propose des stratégies pour y arriver, en renversant le système social habituel.

L'objectif principal de l'anarchisme est d'établir un ordre social sans dirigeant. Un ordre fondé sur la
coopération volontaire, d'hommes et de femmes libres et conscients, qui ont pour but de favoriser un
double épanouissement : celui de la société et celui de l'individu qui participe au premier.

À la source de toute philosophie anarchiste, on retrouve une volonté d'émancipation individuelle et/ou
collective. L'amour de la liberté, profondément ancré chez les anarchistes, les conduit à lutter pour
l'avènement d'une société plus juste, dans laquelle les libertés individuelles pourraient se développer
harmonieusement et formeraient la base de l'organisation sociale et des relations économiques et
politiques.
Le « A » inscrit dans un « O », un des symboles de l'anarchisme de l'origine maçonnique

L'anarchisme est opposé à l'idée que le pouvoir coercitif et la domination soient nécessaires à la société et
se bat pour une forme d'organisation sociale et économique libertaire, c'est-à-dire fondée sur la
collaboration ou la coopération plutôt que la coercition.

L'ennemi commun de tous les anarchistes est l'autorité, sous quelque forme qu'elle soit, l'État étant le
principal ennemi des anarchistes :

l'institution qui s'attribue le monopole de la violence légale (guerres, violences policières), le droit
de voler (impôt) et de s'approprier l'individu (conscription, service militaire).

Les visions qu'ont les différentes tendances anarchistes de ce que serait ou devrait être une société
sans État sont en revanche d'une grande diversité. Opposé à tout credo, l'anarchiste prône l'autonomie
de la conscience morale par-delà le bien et le mal défini par une orthodoxie majoritaire, un pouvoir à
la pensée dominante. L'anarchiste se veut libre de penser par lui-même et d'exprimer librement sa
pensée.

Certains anarchistes dits « spontanéistes » pensent qu'une fois la société libérée des entraves
artificielles que lui imposait l'État, l'ordre naturel précédemment contrarié se rétablirait spontanément,
ce que symbolise le « A » inscrit dans un « O » (« L'anarchie, c'est l'ordre sans le pouvoir »,Proudhon).
Ceux-là se situent, conformément à l'héritage de Proudhon, dans une éthique du droit naturel (elle-
même affiliée à Rousseau). D'autres pensent que le concept d'ordre n'est pas moins « artificiel » que
celui d'État. Ces derniers pensent que la seule manière de se passer des pouvoirs hiérarchiques est de
ne pas laisser d'ordre coercitif s'installer. À ces fins, ils préconisent l'auto-organisation des individus par
fédéralisme comme moyen permettant la remise en cause permanente des fonctionnements sociaux
autoritaires et de leurs justifications médiatiques. En outre, ces derniers ne reconnaissent que
les mandats impératifs(votés en assemblée générale), révocables (donc contrôlés) et limités à un
mandat précis et circonscrit dans le temps. Enfin, ils pensent que le mandatement ne doit intervenir
qu'en cas d'absolue nécessité.

Le rejet du centralisme, pour le fédéralisme, aboutit donc à un projet d'organisation sociale fondée sur
la gestion directe de sa propre vie et la décentralisation, où chacun est en mesure de participer à la vie
commune, tout en conservant son autonomie individuelle, selon les conceptions parfois
diamétralement opposées que s'en font les différents courants anarchistes.[réf. nécessaire]

Courants[modifier]
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À la genèse de l'anarchisme politique, on trouve les travaux pionniers de William Godwin : en 1793, il
publie Enquête sur la justice politique et son influence sur la morale et le bonheur (traduction
française), œuvre largement inspirée par la Révolution française. Il y propose une critique radicale de
la société et de toutes les formes de gouvernements qui, selon lui, empêchent l'épanouissement des
individus et les mènent à leur corruption. Les travaux de Max Stirner (qui refusait
l'appellation « anarchiste ») auront également un rôle très important dans le développement de
l'anarchisme individualiste. Celui-ci publie en 1845 L'Unique et sa propriété, une œuvre en réaction
contre la pensée hégélienne et post-hégelienne, qui va marquer durablement la pensée anarchiste.

Les libertaires considèrent qu'une société anarchiste devrait être construite sans hiérarchie et
sans autorité ; les institutions telles que le capitalisme, la famille patriarcale, l'Église, l'État, l'arméesont
qualifiées d'autoritaires (dans le sens d'une présence d'autorité par opposition au système libertaire qui
s'en passe) et contraires aux libertés individuelles.

Trois mouvements principaux existent au sein de la mouvance anarchiste, l'un socialiste,


l'autre individualiste et le dernier syndicaliste. Il existe également d'autres tendances peu connues et
plus récentes.

C'est dans l'espace délimité par ces conceptions, globalement peu représentatives de l'ensemble, que
se situe la pensée anarchiste.

Aujourd'hui, il existe donc de nombreuses théories anarchistes distinctes. Différents groupes peuvent
donc se définir comme anarchistes et néanmoins avoir des positions (au niveau tactique, stratégique,
organisationnel, comme au niveau de leur philosophie politique, économique et sociale) différentes,
voire opposées.

Courants socialistes[modifier]

Articles détaillés : Anarchisme socialiste, Anarcho-communisme et Anarcho-syndicalisme.

Manifestation d'anarchistes contre le chômage à New-York, 1914

Les socialistes libertaires, selon les tendances, considèrent que la société anarchiste peut se
construire par mutualisme, collectivisme, communisme,syndicalisme, mais aussi par conseillisme.
L'abolition de la propriété et l'appropriation collective des moyens de production est un point essentiel
de cette tendance libertaire. Par propriété, on n'entend pas le fait de posséder quelque chose pour soi,
mais de le posséder pour d'autres afin d'en tirer des revenus (locations, lieux de travail...). Ces
courants, composés initialement de Proudhon (et ses successeurs), puis de Bakounine, étaient
présents au sein de l'Association internationale des travailleurs (Première internationale), jusqu'à la
scission de 1872 (où Bakounine et Karl Marx se sont trouvés opposés). L'anarchisme socialiste est
considéré comme une politique qui établit un pont entre le socialisme et l'individualisme (par le biais
ducoopérativisme et du fédéralisme libertaire) combattant tant le capitalisme que l'autoritarisme sous
toutes ses formes.

 L'anarchisme socialiste ou socialisme libertaire, qui propose une gestion collective égalitariste de la
société (mouvement largement influencé par les écrits de Bakounine) ;

 L'anarchisme communiste ou communisme libertaire, qui de l'adage « À chacun selon ses besoins,
de chacun selon ses capacités » veut, d'un point de vue économique, partir du besoin des
individus afin de produire par la suite le nécessaire pour y répondre ; ce qui politiquement est lié
étroitement avec l'anarchisme qui part des volontés de chaque individu réel, par la liberté
politique pour créer/construire la société à l'échelle des humains vivants/désirants (mouvement
largement influencé par les écrits de Errico Malatesta, Pierre Kropotkine) ;

 L'anarcho-syndicalisme, qui propose une méthode : le syndicalisme, couplé à l'anarchisme,


comme moyen de lutte et d'accès vers une société anarchiste (mouvement largement influencé
par les écrits d'Émile Pouget, Pierre Monatte et Fernand Pelloutier) ;

 L'anarchisme proudhonien, qui défend l'autogestion fédéraliste, un travaillisme pragmatique,


un justicialisme idéo-réaliste et une économie mutualiste. Le travail, fondement de la société,
devient le levier de la politique, le réalisateur de la liberté. Le justicialisme permet un pluralisme à
travers un équilibre des forces physiques et sociales. Le fédéralisme permet le dynamisme et
l'équilibre de la société pluraliste (auteurs: Pierre Joseph Proudhon, James Guillaume, Maurice
Joyeux) ;

 L'anarchisme insurrectionnel qui prône l'insurrection, la révolte (auteurs : Wolfi


Landstreicher, Alfredo M. Bonanno) ;

 L'anarcho-indépendantisme, qui définit la nature anarchiste de la lutte pour l'émancipation des


peuples (une tendance clairement de gauche à ne pas confondre avec le national-anarchisme) ;

 Le postanarchisme qui s'inspire de la pensée post-structuraliste et post-marxiste ;

 L'anarcho-sionisme est un courant politique qui naît après le sentiment d'échec de l'action
révolutionnaire des juifs à l'issue des grands pogroms des années 1890. Les anarchistes comme
les socialistes viennent à penser que la question juive ne peut faire l'économie d'un projet de
société séparée en attendant la révolution mondiale. Pour les anarcho-sionistes, il s'agit de fonder
un foyer national sans État. Ce courant n'adhèrera pas au sionisme de Theodor Herzl (auteur
français : Bernard Lazare).

Les cinq premières tendances


(socialiste, communiste, syndicaliste, proudhonienne et insurrectionnelle) se rejoignent et coexistent au
sein des différentes associations libertaires. L'ensemble de ces courants se caractérise par une
conception particulière du type d'organisation militante nécessaire pour avancer vers une révolution. Ils
se méfient de la conception centralisée d'un parti révolutionnaire, car ils considèrent qu'une telle
centralisation mène presque inévitablement à une corruption de la direction par l'exercice de l'autorité.

Courants individualistes[modifier]

Article détaillé : Anarchisme individualiste.

Les individualistes libertaires, selon les tendances, considèrent au contraire que seul l'individu peut
légitimement posséder son bien propre, soit par l'abolition de la propriété, soit par la possession
individuelle, soit par la propriété privée21. Selon cette tendance, les institutions autoritaires doivent être
supprimées, en les désertant ou en les combattant, la question essentielle est la liberté de l'individu
face à l'oppression de la société (et de ses composantes). Les institutions intermédiaires, nées de la
collaboration entre individus et susceptibles de tenir l'État en échec, sont considérées avec
bienveillance, pour autant, évidemment, qu'elles ne participent pas à l'oppression étatique (exemple
typique : les fabricants d'armes).

 L'anarchisme individualiste, qui défend l'autonomie individuelle contre toute forme d'autorité et
d'aliénation (État, Religion, etc.), et propose l'association libertaire entre les individus (mouvement
largement influencé par les écrits de Max Stirner, John Henry Mackay, Victor Basch, Émile
Armand, Zo d'Axa) ;

 L'anarchisme de droite. Ce courant littéraire français regroupe des auteurs qui s'opposent aux
formes gouvernementales traditionnelles comme la démocratie, le pouvoir des intellectuels et le
conformisme. Il s'agit d'une attitude et d'une esthétique plutôt que d'une idéologie structurée, qui
se cristallise autour de valeurs « de droite » telles l'anti-égalitarisme aristocratique, l'individualisme
et l'esprit « libertin » (auteurs : Louis-Ferdinand Céline, François Richard, Michel-Georges
Micberth) ;

 L'anarcho-capitalisme, mouvement issu de la pensée libérale, libertarienne et anarchiste


individualiste américaine. Il veut rendre à l'individu tous les droits usurpés par l'État, y compris les
fonctions dites « régaliennes » (défense, police, justice et diplomatie). L'anarcho-
capitalisme défend la liberté individuelle, le droit de propriété et la liberté de contracter
(auteurs : Gustave de Molinari, Murray Rothbard, David Friedman, Hans-Hermann Hoppe, Walter
Block) ;

 Le postanarchisme, qui défend une vision de l'anarchisme riche d'auteurs habituellement non-
assimilés au courant libertaire. Pour cette philosophie, l'État est un instrument, utilisable à des fins
diverses, même pour les anarchistes.
Courants écologistes[modifier]

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Articles détaillés : Anarchisme vert et Anarcho-primitivisme.


L'anarchisme écologiste rejette toute forme d'économie industrielle et d'exploitation du monde naturel
(mouvement proche de certaines composantes du communisme anarchiste) dans une mesure plus ou
moins importante, et forme un troisième pôle de la pensée anarchiste. Les anarchistes écologistes
proposent, selon la tendance, soit le retour à la nature (sous forme de société primitive ; ce courant
s'inscrit dans la tendance individualiste), soit la mise sous contrôle par les individus de la technologie.

 L'anarcho-primitivisme, qui mélange les idées primitivistes et anarchistes (auteurs : Fredy


Perlman, John Moore, John Zerzan) ;

 L'anarchisme vert, mouvement au croisement de la philosophie anarchiste et de


l'écologisme (auteurs : Murray Bookchin, Élisée Reclus) ;

 Le courant anti-industriel, qui se distingue par une critique radicale de toutes les technologies
issues des révolutions industrielles des XIXe et XXe siècles (auteurs : Theodore
Kaczynski,Kirkpatrick Sale).
Courants chrétiens[modifier]

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L'anarchisme chrétien entend concilier les fondamentaux de l'anarchisme (le rejet de toute autorité
ecclésiale ou étatique) avec les enseignements de Jésus de Nazareth, pris dans leur dimension
critique vis-à-vis de l'organisation sociale. D'un point de vue social, il se fonde sur la « révolution
personnelle » la métamorphose de chaque individu au quotidien. Léon Tolstoï, Søren
Kierkegaard,Jacques Ellul et Ivan Illich en sont les figures les plus marquantes.

Selon Ellul,

« Tout cela, que l’on voit (le conformisme, le conservatisme social et politique des Églises ; le
faste, la hiérarchie, le système juridique des Églises ; la « morale » chrétienne ; le
christianisme autoritaire et officiel des dignitaires des Églises…), c’est le caractère
« sociologique et institutionnel » de l’Église, […] ce n’est pas l’Église. Ce n’est pas la foi
chrétienne. Et les anarchistes avaient raison de rejeter ce christianisme. 22 »

Par ailleurs, l'anarchisme est pour Ellul « la forme la plus aboutie du socialisme23. »

Aux États-Unis, le mouvement Jesus Radicals24 s'inscrit dans cette mouvance.

Courants indéterminés[modifier]

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Des courants récents, peu connus ou ayant leur autonomie propre, et ne rentrant pas dans le cadre
des tendances précédentes existent.

 L'anarchisme épistémologique. Mouvement qui s'oppose à l'autoritarisme intellectuel et politique


s'appuyant sur la transmission coercitive du savoir, la hiérarchie intellectuelle et la censure, et qui
prône au contraire la liberté de pensée et d'expression, la diversité de pensée et de culte, et la
libre adhésion aux idées (auteur : Paul Feyerabend) ;

 L'anarcho-féminisme qui croise les idées féministes et anarchistes (auteurs : Emma


Goldman, Voltairine de Cleyre, etc.) ;

 Le mouvement anarcho-punk qui radicalise les idées du mouvement punk ;

 Le mouvement anarcho-skinhead ;

 Le crypto-anarchisme qui promeut l'utilisation de la cryptologie à des fins de protection sur Internet
contre une autorité internet qui devient de plus en plus présente ;

 L'anarchisme non-violent : mouvement dont le but est la construction d'une société refusant la
violence. Les moyens utilisés pour arriver à cette fin sont en adéquation avec celle-ci : écoute et
respect de toutes les personnes présentes dans la société, choix de non-utilisation de la violence,
respect de l'éthique (la fin ne justifie jamais les moyens), place importante est faite à l'empathie et
à la compassion, acceptation inconditionnelle de l'autre. Apolitique, profondément humaniste, il
vise à rassembler les hommes et les femmes pour construire une société où chacun est poussé à
se réaliser (la société est au service de l'individu) et en même temps incite l'individu à collaborer, à
contribuer au bien-être de tous les acteurs de la société (l'individu est au service de la société) ;

 L'anarchisme queer, ou le Pink Bloc — dans lequel se manifeste le mouvement anarcho-queer —


qui cherche à radicaliser le mouvement gay et lesbien d'un côté, et de l'autre à « queeriser » les
réseaux anarchistes à travers la mise en avant des questions d'homophobie et de transphobie.

Ces différents courants/tendances se rejoignent dans la volonté de mettre en place une société
libertaire, où la liberté politique serait la règle, c'est-à-dire qu'aucune institution (syndicale,
communautaire, droit, ou autre) ou individu n'aurait à se contraindre des formes d'organisation politique
libertaire différentes. Surtout après la Seconde Guerre mondiale, apparaissent d'autres courants dans
différents domaines : politiques, philosophiques et littéraires. Ils se démarquent parfois assez
radicalement des doctrines libertaires classiques.

Cette diversification de la philosophie anarchiste montre que l'anarchisme tend à se disperser en


fonction de l'attachement des penseurs à des sensibilités politiques ou philosophiques très diverses.
Certes, toutes ces tendances ont en commun de rejeter le pouvoir et l'autorité, mais les
« programmes » des différents courants sont parfois incompatibles entre eux. Cependant, l'anarchisme
n'étant pas monolithique, cela n'altère en rien le mouvement.

Conflits entre courants[modifier]

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Les tendances de l'anarchisme historique (anarchisme socialiste/syndicaliste/proudhonien/communiste


et individualiste stirnerien) sont également les plus actives politiquement et idéologiquement, et les
mieux organisées. Elles peuvent en outre revendiquer un héritage historique très riche, qui s'est
construit au fil des décennies autour d'un militantisme et d'un activisme très vivaces. Elles constituent
encore de nos jours le noyau dur de l'anarchisme actif, et une majorité d'anarchistes considère que ce
sont les seuls mouvements qui peuvent légitimement revendiquer l'appellation d'anarchisme. Ce sont
ces mêmes courants qui s'associent parfois pour faire front commun au sein
d'organisations synthésistes.

Au sein du mouvement anarchiste, d'autres mouvements non traditionnels sont plus ou moins bien
accueillis (selon les tendances), certains étant considérés comme un enrichissement de l'anarchisme,
d'autres non. Néanmoins, les diverses tendances se rejettent parfois mutuellement, les individualistes
libertaires pouvant rejeter la composante socialiste et réciproquement (notamment dans le cas d'une
organisation politique de type plateformiste).

Pour les courants libertaires traditionnels, les courants tels que le national-anarchisme, l'anarcho-
capitalisme et l'anarchisme de droite sont rejetés, considérant que les idées de ces mouvements sont
extérieures à l'anarchisme politique et historique, et qu'elles n'ont aucun point commun avec les leurs
et leur sont même fondamentalement opposées. La plupart estime également qu'ils emploient
abusivement le terme « anarchisme ». Les nationalistes anarchistes sont pointés du doigt pour leur
promiscuité politique d'avec l'extrême-droite (pour la branche proche du néonazisme) ou
l'incompatibilité de défendre le nationalisme et l'internationalisme, critique également faite à l'encontre
des anarchistes de droite (François Richard considère en effet qu'Édouard Drumont ouLucien
Rebatet sont anarchistes). L'anarchisme de droite est également critiqué pour son incohérence et son
inexistence en tant que mouvement politique (la grande majorité des auteurs cités comme des
anarchistes de droite ne se sont en effet jamais revendiqués de ce mouvement qui est né bien après
eux). Les critiques à l'encontre des anarcho-capitalistes contestent la possibilité de combiner
l'anarchisme et le capitalisme, ce dernier étant considéré par eux comme une source d'exploitation.
L'anarchisme chrétien est critiqué par ceux qui estiment que la religion est source d'oppression et
d'aliénation.

Les anarcho-capitalistes rejettent également le national-anarchisme et l'anarchisme de droite, mais


contrairement aux autres anarchistes qui condamnent le capitalisme comme source d'inégalités, ils en
sont explicitement les partisans et limitent leur critique à l'État. Cette doctrine qui se revendique
anarchiste et libérale peut se trouver rejetée par chacune de ces deux familles.

Vers une société anarchiste[modifier]


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Exemple d'action directe: Le London Social Centre, un squat politique initié par des anarcho-syndicalistes à
Russell Square.

Le rejet des contraintes qui entravent l'individu, dans ses désirs ou ses besoins, aboutit à une remise
en cause des institutions qui ont été créées, selon les anarchistes, afin de perpétuer ces contraintes.
L'État, le Capital, l'Armée et l'Église font partie de ces institutions que les anarchistes essaient de
combattre (voire d'abattre). Ce combat contre l'autorité prend souvent la forme d'une action directe (un
exemple en est le Do it yourself du mouvement punk), étrangère aux formes traditionnelles de la lutte
politique. En fait, les systèmes politiques contemporains étant très souvent dotés d'un pouvoir
centralisé, le passage à l'anarchisme implique un changement radical. C'est pourquoi les anarchistes
proposent l'abolition de ce système par différents moyens : désobéissance civile, grève, résistance
passive ou résistance active, hacktivisme, obstructionnisme, boycott, etc. Certains anarchistes
considèrent qu'il faut préparer l'avènement d'une révolution sociale radicale (le recours aux armes
pouvant être aussi parfois nécessaire pour se défendre contre un système oppressif, qui lui
n'acceptera pas le droit aux individus de s'organiser afin de déterminer par eux-mêmes leurs libertés),
afin de laisser les sociétés s'organiser sans maîtres et selon leurs besoins et désirs ; d'autres estiment
qu'une révolution non violente est possible, avec une extinction progressive des pouvoirs.

Expériences historiques[modifier]

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L'anarchisme aurait influencé plusieurs expériences historiques.[réf. nécessaire]

Organisations primitives apparentées à l'anarchisme[modifier]


 De nombreux peuples dits primitifs, généralement des chasseurs-cueilleurs comme les Aeta, mais
aussi des agriculteurs comme les Papous, sont dépourvus de structures d'autorité et le pouvoir de
coercition n'y est pas considéré comme légitime.
En périodes révolutionnaires[modifier]

 Durant la Commune de Paris (qui est tout autant revendiquée par les socialistes que
les communistes) en 1871 ;

 En 1873, la Révolution Cantonale pendant la première République espagnole eut une forte
influence sur le mouvement anarchiste espagnol ;

 En 1911, l'essai de création d'une « république socialiste de Basse-Californie », notamment par


les frères Flores Magón ;

 En 1914, le mouvement Ghadar, animé par l'anarchiste Lala Har Dayal, qui développe une idée de
société anarchiste enracinée dans les écrits védiques ;

 Pendant la Révolution russe, en Ukraine, Nestor Makhno conduit la Makhnovchina pendant trois
ans (1918-1921). Par ailleurs, la pensée libertaire était fortement présente lors de la Révolte de
Kronstadt (mars 1921) et plus généralement dans les Soviets jusqu'à leur mise au pas ;

 En Bavière, en 1919, les anarchistes Gustav Landauer et Erich Müsham participent activement à
la république des conseils de Bavière ;

 Lors de la révolution espagnole de (1936-38), dans certaines


régions : Catalogne, Andalousie, Levant, Aragon, etc.

 Durant la guerre 1939-45, en Italie, création, par des résistants, d'une république libertaire près
de Carrare.
En périodes non-révolutionnaires[modifier]

 L'État libre islandais (Þjóðveldisöld en islandais) de 930 à 1262 avec l'Althing et


les goðar ;[réf. nécessaire]

 Le féodalisme pur présente certains caractères de l'anarchie : il n'est pas basé sur une structure
d'autorité mais sur des contrats impliquant des engagements réciproques entre individus ;

 Au Brésil, en 1891, dans le Paraná, création de la Colônia Cecília ;

 Au Paraguay, en 1896, création de la coopérative Cosme ;

 Au Mexique, en 1881, création de la métropole socialiste d'occident ;

 En Espagne, fin du XIXe siècle, création de La Escuela moderna par Francisco Ferrer ;

 En Espagne, maquis urbains anti-franquistes entre les années 1940 et 1960 avec des figures telles
que Francisco Sabaté Llopart et José Luis Facerias ;

 En France, fin XIXe siècle et début XXe siècle, création de diverses colonies libertaires (Aiglemont,
Vaux, Saint-Maur-des-Fossés etc.) ;
 En France, en 1880 création de l'orphelinat de Cempuis, et en 1904 de l'école libre La Ruche (près
de Rambouillet).
Sur ces diverses périodes expérimentales