Vous êtes sur la page 1sur 37

Restitution d’enquête sur l’éco-anxiété

Novembre 2019

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie


www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com
Edito

La canicule et les records de température enregistrés au cours de l’été 2019 (46° dans l’Hérault le 29 Juin) ont
intensifié les prises de conscience des enjeux climatiques. Ce que le mental n’admettait peut être pas encore a
été vécu dans le corps. Il devient difficile de nier la réalité écologique et les impacts de l’action humaine sur
notre écosystème.
Depuis cet été 2019, un nombre accru de journalistes s’intéresse au sujet de l’éco-anxiété. La preuve en est la
quantité d’articles de presse, de reportages et documentaires qui contiennent des témoignages de personnes
identifiées comme « éco-anxieuses ».

Alors que précédemment les souffrances liées au désastre écologique se trouvaient en filigrane des contenus de
consultation, l’éco-anxiété est devenue au sein de ma pratique une vraie clé d’entrée pour démarrer un
travail en psychothérapie. Suite à l’identification de ce facteur spécifique j’ai décidé de mener une enquête de
fond sur les différents ressentis liés aux désastres environnementaux dans le but de pouvoir mieux comprendre et
accompagner mes patients.

L’enquête est restée en ligne un mois, du 10 Septembre au 10 Octobre 2019, elle a été remplie en intégralité par
1 066 personnes (nombre total de participants 1 264).
Cinq enseignements clés en découlent qui seront développés plus en détail dans ce document :
1. Présence d’un réel besoin de mettre des mots sur des maux : l’importance de nommer ;
2. Une éco-anxiété systémique, reliée à un ensemble de facteurs qui touchent aussi bien la sphère de l’intime
que la dimension géopolitique ;
Charline Schmerber
3. Large éventail d’émotions et de ressentis qui va au-delà de l’anxiété ;
Praticienne en
4. L’éco-anxiété a un impact sur la mise en mouvement et sur la capacité d’action ;
psychothérapie
(Analyste Psycho- 5. Une invitation à la re-connexion à la nature dont nous, êtres humains, faisons partie.
organique)
Je suis convaincue que la notion de santé planétaire qu’elle soit physique, psychique, sociale ou spirituelle va
constituer l’un des plus grands enjeux pour les années à venir. Le contenu de ces 1 066 témoignages atteste
pour moi de l’importance de faire des ressentis liés aux désastres écologiques un vrai sujet à prendre en
considération.

Merci à chacun des participants de cette enquête pour leur participation et pour leurs témoignages. Le
dépouillement a été pour moi une période bien singulière. J’ai été touchée de l’authenticité des partages
auxquels j’ai connecté esprit, corps et coeur.

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Une enquête « témoignage »

Positionnement
Les tendances et résultats présentés ici ne peuvent être considérés comme représentatifs de la population française. Cette
enquête ne positionne pas sur ce créneau spécifique.
Il s’agit d’une collecte de témoignages, de ressentis autour de la thématique de l’éco-anxiété.
La vocation de cette enquête a été d’ouvrir, de libérer la parole, de permettre aux participants de nommer leurs différents
ressentis. L’analyse des résultats atteste de la présence d’un vrai besoin, de pouvoir exprimer et partager les souffrances
liées aux problématiques environnementales.

Thématique
La prise de conscience écologique provoque chez les individus une nouvelle forme de détresse psychique appelée éco-
anxiété.
La psychiatre américaine Lise Van Susteren définit l’éco-anxiété comme une forme de stress pré-traumatique. Il s’agit d’une
souffrance prospective (= déclenchée par une projection vers l’avenir).
Le contexte environnemental génère toute une palette de symptômes qui s’installent et perturbent le psychisme global des
individus.

Contenu
Cette enquête a été structurée en 5 parties et composée de 33 questions :
- Une collecte de données sociaux démographiques (8 questions) ;
- Un focus sur l’anxiété en général et en regard de l’environnement : causes et symptômes (8 questions) ;
- Les stratégies face à l’anxiété et sources d’informations (6 questions) ;
- Les liens entre nature et psychisme (5 questions) ;
- L’imbrication entre éco-anxiété et action (6 questions) ;
- Moins de 10 minutes étaient nécessaires pour remplir l’ensemble du questionnaire.
© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com
Profil des répondants (1/2)

Age Nombre total de participants : 1 264 Genre

Tendances significatives :
- + de 60% des sondés situés
dans la tranche d’âge 26 - 45
ans ;
- + de 64% de femmes ;
- Majorité de CSP+ ;
- Une population
principalement urbaine.

3,74% des répondants habitent à


l’étranger (Afrique, Allemagne,
Belgique, Espagne, Luxembourg,
Canada, Italie, Pays-Bas, Suède,
Suisse, USA).

Niveau d’étude
Lieu de résidence

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Profil des répondants (2/2)
Catégorie Socio-Professionnelle Statut parental
2,85%

7,84%

8,95%
7,61%

10,70%
2,06%

16,72%

20,76%
4,91%

Retraité
66
29
44

13
74
35
Secteur d’activité 77
35

248
67
17
208
64
12
138
19
5
51
33
90
64
34

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


#1 : Mettre des mots sur des maux : l’importance de nommer

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Le niveau élevé de participation prouve qu’il existe un fort besoin d’expression

Quelques statistiques : participation et temps passé


sur le questionnaire

- Un nombre conséquent de participants qui atteste


d’un intérêt pour le sujet de l’éco-anxiété
- 1 264 personnes ont ouvert l’enquête ;
- 1 066 y ont répondu en intégralité soit
84,3% des participants.

- Temps moyen nécessaire pour remplir le


questionnaire : moins de 10 minutes.
- Les participants y consacrent une moyenne de
de presque 13 minutes.

- 8 questions ouvertes et non obligatoires sur


l’ensemble des 33 questions ouvertes dont se
saisissent les participants :
- En moyenne plus de 72% des participants
choisissent de répondre à ces questions.

- La partie du questionnaire qui génère le plus


d’intérêt : l’imbrication éco-anxiété et action.
- plus de 3 minutes passées à répondre à ces 6
questions (dont 3 non obligatoires).

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


#2. Une anxiété systémique, reliée à un ensemble de facteurs

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


La dégradation de l’environnement constitue une vraie source d’anxiété

+ de 90% des répondants déclarent ressentir de l’anxiété du fait


de la situation environnementale.

Les préoccupations environnementales génèrent un plus fort « La dégradation de


niveau d’anxiété chez les participants que pour ce qui a trait à leur l'environnement crée-t-elle chez
vous un sentiment d'anxiété ? »
vie quotidienne.

Pour + de 68% des personnes l’anxiété relative à l’environnement


est décrite comme importante ou aigüe.

« Comment pourriez-vous décrire votre état actuel de stress, « De quelle intensité est votre ressenti d’anxiété par rapport à
d'anxiété dans votre vie de tous les jours ? » l’environnement ? »

Moyenne : 3,08 Moyenne : 3,78

(0 = ne sait pas, 1 = très bas, 2 = bas, 3 = modéré, 4 = important 5 = aigu) (0 = ne sait pas, 1 = très bas, 2 = bas, 3 = modéré, 4 = important 5 = aigu)

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


La perte de la biodiversité est le phénomène le plus générateur d’anxiété

Les participants sont interrogés sur l’évaluation de leur niveau d’anxiété par rapport à 9 risques différents liés à
l’environnement ainsi qu’à la société.

Il leur est donné en référence l’échelle de notation suivante : 0 = ne sait pas, 1 = très bas, 2 = bas, 3 = modéré, 4 = important 5
= aigu.

1. Perte de la biodiversité : moyenne de 3,99

2. Ressources en eau (quantité et qualité) : moyenne de 3,88

3. Réchauffement climatique : moyenne de 3,77


Top 3 des sources d’anxiété :
4. Augmentation des injustices sociales : moyenne de 3,76 1. Perte de la biodiversité
5. Pollution de l’air : moyenne de 3,52 2. Ressources en eau
3. Réchauffement climatique
6. Acidification des océans : moyenne de 3,44

7. Démographie (augmentation de la population mondiale) : moyenne de 3,02

8. Diminution des ressources en énergies non renouvelables (énergies fossiles) : moyenne


de 2,94

9. L'évolution des technologies (intelligence artificielle, automatisation des tâches…) :


moyenne de 2,66

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Une anxiété qui peut être qualifiée de « systémique » car due à différents facteurs

Les causes de cette éco-anxiété vont au-delà des enjeux climatiques, elle sont liées au fonctionnement global du monde.

690 personnes, soit plus de la moitié des participants (54,59%), choisissent de répondre à cette question
non obligatoire.

1 057 risques au total sont nommés. Plus de 33% des participants mentionnent plus qu’un risque par
réponse, comme l’illustre ce verbatim :

« Guerres, famines (alimentation), maladies médecine/soins (approvisionnement en médicaments), morts


massives, violences, loi du plus fort, individualisme, risque d'accidents nucléaires ... »

Les sources d’anxiété sont donc multiples pour près d’ 1/3 des participants.

Ces risques se rattachent à 6 grandes thématiques. Ils touchent des problématiques très diversifiées, allant
de la dimension individuelle jusqu’à la dimension géopolitique.

1. Le contexte individuel : y sont rattachés les risques liés à la nature humaine, aux questions existentielles Top 5 des risques les plus cités :
(solitude, mort, extinction de l’espèce humaine) à l’avenir, aux conditions de vie. 1. L a guerre : 11,54%
2. Les pénuries : alimentation,
2. Les menaces systémiques : ensemble de phénomènes qui pourraient mettre en danger les besoins eau : 7,47%
primaires notamment ce qui touche à l’alimentation, à la santé et à la sécurité. 3. La violence : 7%
4. Le risque économique : 6,53%
3. Le contexte environnemental : risques de catastrophes naturelles et industrielles (dont nucléaire), la
5. Le risque sanitaire : 6,34%
pollution des eaux, sols avec la question des déchets, l’impact sur l’agriculture, sur le bien-être animal.

4. Le contexte social : craintes autour d’une population à deux vitesses (l’une éveillée et l’autre peu informée,
inactive et / ou dans le déni ), risques autour des tensions et injustices sociales.

5. Le contexte économique : crise financière, crainte d’un effondrement du système bancaire.

6. Le contexte politique : situation politique nationale, internationale caractérisée par une peur de la
montée des extrêmes, d’une perte des libertés individuelles et d’une difficile gestion des migrations
climatiques.

Un certain nombre de participants parlent d’un effondrement global qui rejoint cette idée d’anxiété
systémique.
© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com
Illustration des 5 risques les plus cités avec des verbatims extraits de l’enquête

« Déclenchement d'une guerre, corruption, nouvel ordre mondial.»


Guerre
« La peur d'une guerre civile et de la violence … »

« Pénuries alimentaires, eau potable, électricité.»


Pénuries

« Famines et tueries pour obtenir de la nourriture à tout prix.»

« L'hypothèse de fortes tensions sociales et le risque de montée de la violence. »


Violence
« La nature humaine et la violence qu'engendrent le manque et la panique.»

«Risque de blocage brutal de l'économie du fait d'une crise financière importante.»


Economie
«Crise financière mondiale (crash boursier).»

« Atteintes à la santé liées à la qualité de l’environnement.»


Santé
« Risques sanitaires liés à la pénurie de médicament en cas de pandémie non maîtrisable.»

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Illustration de cette anxiété systémique avec des verbatims extraits de l’enquête

« Les comportements humains liés à la chute des ressources … » ; « La nature humaine et la violence
Nature humaine
qu'engendrent le manque et la panique.»

Extinction « Catastrophes naturelles, déchets clandestins, fin de l’humanité.»

1
Mort « La peur de perdre des personnes que j’aime » ; « La mort tout simplement.»
Le contexte individuel
13,33%
Solitude « Solitude isolement.»

Avenir (dont l’avenir « Violence, manque de possibilités de projection dans le futur » ; « Incertitude sur l’avenir. »
des enfants) « Avenir incertain pour mes enfants : est-ce juste de faire des enfants en ce moment ? »

Conditions de vie « Atteinte de nos limites en ressources. Perte de notre confort et niveau de vie.»

Guerres « Guerres dues au manque d'eau, de nourriture, déplacements de population.... »

Violences « Montée de la violence d'état, risque d'augmentation de la violence individuelle face aux pénuries.»
2
Racisme « La radicalisation politique / le racisme.» Les menaces
systémiques
33,20%
Terrorisme « Conflits internationaux, attentats…»

Santé « L’avenir du secteur de la santé, comment pourrons-nous encore soigner et soulager les gens sans énergie... »

Pénurie « Instabilité sociale, rupture des chaines d'approvisionnement, pénurie alimentaires, instabilités géopolitiques...»

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Illustration de cette anxiété systémique avec des verbatims extraits de l’enquête

Catastrophes naturelles « Les catastrophes environnementales naturelles (ouragan, tsunami, incendies).»

3
Catastrophes industrielles « Risques d'accidents nucléaires , Risques d'accidents industriels.»
(dont nucléaires )
Contexte environnemental
16,13% Agriculture « Perte des sols fertiles due à l'érosion (labours excessifs) et à la bétonisation.»

Bien-être animal « Disparition d'environnements uniques, le traitement des animaux.»

Pollution « Pollution plastique, pesticides, OGM, manque de résilience de nos sociétés. »

Individualisme « Le manque de temps pour s'adapter, les comportements de survie que cela pourrait engendrer. Le
chacun pour soi. Survivre et non plus vivre ds un monde mourant. »

Inaction « La non-réaction des gens en général, le manque de compréhension du sujet et des ordres de grandeur
par le grand public.»

Déni « En fait je ne suis pas anxieuse à cause de ces phénomènes mais du fait que l'homme ne prend pas 4
conscience de ce qui va arriver.»

Désinformation «  L'incompréhension d'une partie de la population des problèmes liés à l'écologie. » Contexte social
10,97%

Injustices sociales « Le déséquilibre grandissant entre les classes sociales. Le déni/refus d'acceptation et d'action des
pouvoirs publics et des grandes entreprises.»

Tensions sociales « L'hypothèse de fortes tensions sociales et le risque de montée de la violence»

Dépendances « Le sentiment de dépendance au système, et le manque de connaissance technique. »

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Illustration de cette anxiété systémique avec des verbatims extraits de l’enquête

5 Crise financière « Crise financière qui se profile.»


Contexte économique
8,26%

« L’ultra libéralisme dans lequel nous sommes plongés et le chaos politique qui en découle. Cela
Politique donne vraiment l'impression de la fin d'un monde sans que pour le moment un nouveau ou des
nouveaux modèles sociétaux émergent. »

Inaction politique « Incapacité de nos gouvernements à réagir face à l’urgence.»

« Montée des radicalisme en politique, risque de totalitarisme ou à l'inverse d'abandon totale des 6
Montée des extrêmes
populations en cas de crise majeure.» Contexte politique
16,70%

Démocratie « Un effritement progressif de nos états (certes imparfaits) démocratiques et de droit.»

Migration « Crises à venir sur tous ces sujets, mouvements de populations réfugiées.»

Géopolitique « Instabilité géopolitique, conflits liés au climat, inaction des pouvoirs publics.»

« Le manque de résilience de nos sociétés, due à leur fonctionnement systémique (toutes les dimensions de la société
Effondrement systémique
sont interconnectées et interdépendantes), et donc le risque d'effondrement en cas de chocs endogène ou exogène »

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


#3. L’éco-anxiété fait partie d’une palette variée de ressentis

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Un panel de ressentis plus large que l’anxiété

« En dehors de l’anxiété ressentez-vous d’autres émotions par rapport aux


enjeux de dégradation de la planète ? »

Top 5 des ressentis les plus mentionnés


1. Colère : cité 464 fois (24,12%)
2. Tristesse : cité 352 fois (18,30%)
3. Impuissance : cité 169 fois (8,78%)
4. Peur : cité 80 fois (4,16%)
5. Espoir : cité 53 fois (2,75%)

1 924 ressentis partagés par les 947 répondants


—-> pour une majorité, plusieurs ressentis exprimés

+ de 83% des répondants indiquent ressentir d’autres émotions que de l’anxiété par rapport à la dégradation de l’environnement
Sur les 966 personnes ayant répondu positivement au fait d’avoir d’autres émotions que de l’anxiété, 98% choisissent de répondre
au complément de question non obligatoire et de partager leur ressenti.

Un total de 175 termes différents pour caractériser les ressentis présents :


- 114 ressentis peuvent être qualifiés de « négatifs » (65%)
- 61 ressentis « positifs » (35%)

—-> L’anxiété est donc une émotion parmi un large éventail d’autres ressentis.
© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com
© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com
Illustration des 5 ressentis les plus cités (verbatims issus de l’enquête)

« Colère face à l'inertie des responsables politiques, à leur indifférence et à leur mépris des études scientifiques
effectuées dans le domaine »

Colère « Colère sourde et latente contre les timoniers en tout genre. »

« Colère face à l'absence de réaction de la grande majorité des gens, colère de me dire que je fais partie de ces gens là. »

« Colère envers les acteurs du capitalisme et l'absence d'actions réelles de nos dirigeants »

« Tristesse de voir la beauté du monde disparaître, tant de la nature que des rapports humains qui se tendent de
plus en plus. »

« Tristesse de ne plus oser faire un enfant dans monde avec aussi peu d’avenir . »
Tristesse
« Tristesse. Résignation. Acceptation de la mort d'une manière générale pour moi mes proches et le vivant. »

« Tristesse de voir l'humanité ne pas réagir et foncer droit vers son extinction. »

« Impuissance malgré les efforts personnels. »

«Sentiment d'impuissance malgré l'action locale »


Impuissance

« Sentiment d’impuissance d être isolée de ne pas être comprise. »

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Illustration des 5 ressentis les plus cités (verbatims issus de l’enquête)

« Je tremble pour les populations les plus pauvres qui subiront de plein fouet les consequences des dérèglements climatiques.»

« Peur pour les générations futures… »

Peur « Peur, stress, incertitude, aucune prise en compte par les personnes de mon entourage. »

« De la peur et un sentiment de révolte.»

« Faible mais possible espoir de mettre un terme à une forme de vie mortifère, pour une vie plus simple et humaine.»

« Tristesse, impuissance... mais aussi espoir que ça change, volonté de changement à mon échelle.» Espoir

« De l'espoir : que les gens réagissent et qu'un changement profond s’opère. »

« Tristesse de perdre des trésors naturels. Joie de pouvoir encore en observer certains. Colère envers les
destructeurs. Culpabilité d'en faire partie. Peur des conséquences sur nos sociétés.»

Un pluralité « Tristesse et colère, de voir une espèce animale autoproclamée supérieure à tous qui est pourtant la seule
de ressentis assez stupide pour détruire son environnement.»

« Grande tristesse, souvent de la colère (plus que de l'anxiété d'ailleurs), parfois de la lassitude.»

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Différentes stratégies adoptées par les participants pour gérer l’ensemble de ces ressentis

« Quels sont vos moyens et stratégies personnelles pour (di)gérer cette anxiété ainsi
que les autres émotions éventuelles générées par les enjeux environnementaux ? »

La parole - le fait de parler, d’échanger, de nommer


ses ressentis - constitue la stratégie la + importante
face à l’éco-anxiété :

- 765 participants, soit + de 60% mentionnent les


discussions avec l’entourage

- 159 sondés (12%) en parlent dans un espace


dédié (psychothérapie, psychanalyse)
« Avec quels interlocuteurs parlez-vous de ce ressenti d’éco-anxiété ? »

Les amis, la famille (dont les conjoints), les collègues


constituent des interlocuteurs privilégiés. Les
échanges se font aussi sur les réseaux sociaux
(présence de groupes dédiés aux questions de
l’environnement qui favorisent la mise en relation).

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


#4. L’éco-anxiété influe sur la mise en action

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Pour plus de 67% des participants l’éco-anxiété a un impact sur leur capacité d’agir

« Ce ressenti d'éco-anxiété a-t-il eu un impact particulier


sur votre capacité à agir au quotidien ? »

3 types de réaction se dégagent de cette imbrication éco-anxiété et action :


- Une forme d’ambivalence avec oscillation entre envie d’agir et ressenti d’impuissance
(9%) ;
- Une paralysie qui bloque l’action (30%) ;
- Une mise en action (61%).
Pour 87,43% des répondants cela a déclenché l’envie de faire des actions spécifiques.

Les participants partagent un ressenti global proche de l’impuissance par rapport à l’état
de la planète, évalué en moyenne à 1,52. (système de notation compris entre 0 :
impuissance et 4 : impact réel de l’action)

« Comment évaluez-vous votre pouvoir d'action individuel par rapport à « Ce ressenti d'éco-anxiété vous a-t-il donné envie de faire
l'état de la planète ? (entre 0 : impuissance et 4 : impact réel de l’action) des actions spécifiques ? »

Moyenne : 1,52

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Pour 9% des participants, ce ressenti d’éco-anxiété amène un ressenti ambivalent

Deux grandes tendances :


1. Une oscillation importante entre espoir et désespoir, des fluctuations importantes entre ces deux extrêmes, perte du centre, de ce qui fait
repère, de l’équilibre entre les deux ;
2. Une prise de conscience qui suit le processus de la courbe de deuil : une phase descendante qui commence par le choc et la sidération
puis une phase ascendante avec mise en action.

Deux autres thématiques qui sont évoquées au sein d’autres parties de l’enquête :
- Un rapport au temps qui se transforme : sentiment d’urgence et aussi pour certaines personnes un temps présent plus apprécié face aux
enjeux sombres pressentis du futur ;
- Un impact sur les liens sociaux : un tri dans les relations entre les personnes conscientes et celles dans le déni, une incapacité à se rejoindre.

« Grosses modifications dans mon mode de vie (…) et engagement politique.... jusqu'au jour où l'impression que ces
gouttes d'eau dans l'absurde ne servaient à rien. J'essaie de réveiller l'espoir en essayant de me convaincre
Oscillation entre qu'aujourd'hui, on est peut-être plus nombreux à prendre conscience de l’urgence ? »
1 espoir et désespoir
« Soit je suis prostrée et je n'arrive plus à faire grand chose, soit je suis hyper active et je monte des projets avec
mon collectif écolo et je m'épuise... pas de juste milieu »
« Tantôt l'anxiété m'accable et paralyse notamment ma capacité à réfléchir de façon efficace. A l'inverse, il arrive que
cette anxiété soit le moteur d'action plus positive (plus vertueuse). »
Une prise de
« Tout d'abord un choc, puis ensuite le besoin d’agir. »
conscience qui suit
« Au début, diminution de la capacité d'agir, comme une dépression. Avec le temps, actions plus 2 le processus de la
concrètes et réfléchies que dans le passé. » courbe de deuil

Un rapport au temps « Alternance entre épisodes de désespoir et désir bouillonnant d'agir et de profiter du moment présent »
qui se transforme
« Au début il m'a paralysé, mais parce que je cherchais trop à regarder l'avenir. Depuis que je me
concentre sur chaque journée, ça va beaucoup mieux »

« Coupure d'amis non concernés ou mal informés » Un impact sur les


liens sociaux
« Maintenant je ne me gêne plus pour dire ce que je pense aux gens. »

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Pour plus de 30% des participants, l’éco-anxiété bloque le mouvement et le regard
vers l’avenir
Les 5 grandes tendances :
1. Une forme de paralysie et de figement : incapacité à retrouver le mouvement, à se mettre en action ;
2. Emergence d’une insécurité existentielle et identitaire : difficulté à choisir, prépondérance du doute, questionnement autour du sens
global de l’existence ;
3. Une remise en question de la sphère professionnelle : un travail qui semble inadapté, dans lequel la personne ne se reconnaît plus ;
4. Une incertitude face de l’avenir : doutes autour de la possibilité de se projeter dans le futur, interrogations sur le fait d’avoir des enfants ;
5. Obsessions, mécanismes compensatoires, maladies, trouble du sommeil : un impact sur la santé et sur le bien-être au quotidien.
« L'insécurité que nous réserve le futur me stresse énormément et me fige ! je perds ma
Une forme de force et mon envie à la vue de l'énorme défi a venir. »
1 paralysie et de
figement « Ce ressenti d’anxiété me paralyse plus qu'il me motive.»
« Il y a eu des moments ou j'ai fait des attaques de panique et j'ai été incapable d'action pendant plusieurs
heures, notamment pendant la dernière canicule.»

« L’impression que tout ce que je fais ne sert à rien »


« Cela me freine dans la prise de decision: acheter un appart, choix d'avoir un enfant, choix du métier. » Insécurités
2 existentielle et
« Cela m’empêche de faire des choix, je redoute même de faire des choix de peur qu'ils identitaire
aient un impact sur mon environnement qu'ils ne soient pas assez responsables. »

Remise en question
« Un impact sur le sens que je donne à mon travail, remise en question de tout, je ne travaille plus depuis 2 mois.»
3 sphère
« Mon métier perd tout son sens vu qu'il n'aide en rien à solutionner le problème.»
professionnelle
« Manque de motivation pour chercher un boulot après mes études car à quoi bon si on n'a pas de futur.»

« J'ai du mal à agir concernant l'avenir car pour moi l'avenir est compromis . » Incertitude face
4 à l’avenir
« Difficulté à se projeter. A envisager une seconde grossesse . »

Obsessions, « A certains moments ça tourne en boucle dans ma tête et ça empêche de me concentrer. J'ai des insomnies et donc de
5 troubles du la fatigue ensuite en journée »
« Difficultés de concentration » « Ca me rend malade j'ai mal à l’estomac. » « Travailler jours et nuits. »
sommeil, santé

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Pour plus de 60% des participants, une des stratégies face à l’éco-anxiété est l’action

Pluralité d’actions mentionnées pour plus de 41% des participants qui s’investissent à la fois dans la sphère individuelle mais aussi collective.

1. Actions individuelles :
A. Transition écologique au sein du foyer avec mise en place ou renforcement d’actions telles que le 0 déchet, consommation de produits
locaux, modes de déplacement plus responsables (train, covoiturage, réduction ou arrêt des trajets en avion)
B. Nouveau lieu de vie : déménagement à la campagne, nouvelle terre d’accueil en opposition à la ville
C. Changement de vie professionnelle : choix d’un métier plus en adéquation avec cette conscience écologique
D. Acquisition de nouveaux savoirs : participation à des formations, accumulation de connaissances pratiques (low tech, do it yourself)
E. Intensification du rapport à la nature : création d’un potager, nettoyage d’espaces naturels, temps plus important passé dans la nature
F. Introspection et autre rapport au temps : travail personnel sur soi, un temps présent plus investi, avec une conscience différente
G. Sublimation : développement d’une activité artistique
H. Accent mis sur l’autonomie : forte mention du terme de résilience, d’une préparation à une vie plus autonome (habitat, alimentation…)
I. Vie familiale : décision de ne pas faire d’enfant
2. Actions collectives :
J. Participation accrue à la vie associative, développement de système d’entraide
K. Engagement militant : partis politiques, actions de désobéissance civile (Extinction Rebellion)
L. Partage, éveil et action de sensibilisation auprès de l’entourage, dans le cadre professionnel ou associatif
31,84 %

15,96 %
12,31 %

9,88 %
7,14 %
6,91 %

5,55 %
5,62 %

2,66 %

1,14 %
0,53 %
0,46 %

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Illustration des mises en actions individuelles & collectives (verbatims issus de l’enquête)

« Acheter local dans la mesure du possible, consommer moins, recycler, donner, prêter et échanger.»
Transition écologique
« Réduction de mon empreinte personnelle & familiale (plus d'avion, moins de viande, meilleure consommation).»

Nouveau lieu de vie « Chercher un lieu résilient où vivre en paix et en accord avec la nature »

Changement de vie « J’ai quitté une carrière de libéral en informatique pour m'installer comme maraîcher.»
professionnelle

Acquisition de nouveaux savoirs « Étude des soins naturels. » ; « Permaculture, étude des plantes médicinales. »

Intensification du rapport à la nature « Retourner au jardin que j'ai laissé depuis plusieurs années.» ; « Être comme un colibri, nettoyer plages,
bords de rivières»
Introspection et autre
« Ralentir, conscientiser mes sensations, vivifier ma sensibilité »
rapport au temps

Sublimation « Dessiner en faveur de l'environnement et des générations futures.»

Accent mis sur l’autonomie « Préparer ma maison et faire des réserves pour survivre »

Vie familiale « Je veux pour l'instant ne pas avoir d’enfant.»

Participation accrue « Engagement associatif, développement d’un réseau local jardin partagé, besoin de rencontrer des
à la vie associative groupes conscients du sujet »

Engagement militant « Actions avec Extinction Rebellion et ANVCOP21 » ; « Préparer le futur par des actions militantes. »

Partage, éveil et « Proposer des ateliers, tutoriels et démonstrations pour réduire ses déchets et faire soi-même. »
action de sensibilisation « Faire bouger les mentalités autour de moi, essayer de faire changer les choses au travail... »

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


#5. Une invitation à la re-connexion à la nature

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Pour + de 96% des participants, la nature influe sur notre santé physique et psychique

Pensez-vous qu'il existe une corrélation entre notre rapport


à la nature et notre santé physique et psychique ?
Pour + de 80% des sondés la nature a une importance qualifiée
d’essentielle dans leur vie.

Au temps passé dans la nature sont associés des ressentis très


positifs. La majorité des participants mentionnent une pluralité
d’émotions. Il s’agit d’une question non obligatoire avec
néanmoins + de 88% de taux de participation.

Quelle est l’importance de la nature pour vous ?

Quelles émotions et quels ressentis associez-vous à un


moment passé dans la nature  ?

Top 5 des ressentis les plus mentionnés


1. Calme : cité 242 fois
2. Sérénité : cité 196 fois
3. Apaisement : cité 186 fois
4. Bien-être : cité 161 fois
5. Joie : cité 128 fois

(0 = aucune importance, 1 = importante, 2 = très importante, 3 = essentielle)

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Le temps passé en nature est associé à un ensemble de ressentis très positifs 

« Bien-être, renaissance, détente, joie, apaisement.» « Apaisement, réconfort, oxygène, amour, sérénité.»

« Sérénité, apaisement,
« Apaisement, alignement,
bonheur, harmonie, éveil des
cohérence, ralentissement. »
sens, respiration, protection.»

« Paix, sentiment d'être


« De la paix et de l’énergie. »
cohérent, aligné. »

« Apaisement, douce joie, « Joie simple, sensation


reconnexion à soi. » d’harmonie. »

« Paix, sérénité, confiance, calme. » « Sérénité plénitude humilité.»

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Un « asservissement » de la nature qui dessert l’espèce humaine sur le long terme

37% des sondés choisissent de développer la corrélation entre santé physique, psychique et nature.

Trois grandes thématiques en ressortent :


1. Présence d’une interconnexion homme - nature : l’homme fait partie intégrante de l’écosystème, ce qu’il semble avoir
oublié au profit d’une domination qui sert des intérêts contraires au bien-être de notre espèce ;
2. Une pollution extérieure (celle de la nature) en miroir de notre pollution intérieure ;
3. Le temps passé en nature influe positivement sur notre bien-être et réduit le niveau de stress.

« Considérer la planète et la biodiversité comme des ressources est en train de tuer l'espèce humaine. Nous devons
1 nous reconnecter à la nature qui est nous et tout ce qui nous entoure. »
Une interconnexion
homme - nature « L'être humain a tendance à oublier qu'il fait lui-même partie de la Nature. »

« Nombre de nos maux 'modernes' proviennent d'une coupure avec la nature, l'homme se voyant 'à part' (et maître)
de celle-ci alors qu'il en fait partie.»

2
« Le monde extérieur est le reflet de notre monde intérieur, même coupure du lien, épuisement, manque de sens et
de soin.» Une pollution
extérieure en miroir
« Nous faisons partie de la nature, si elle est en mauvaise santé nous en ressentons l'impact sur notre vie;» de notre pollution
intérieure

« Comme dirait Annick de Souzenelle, l'état extérieur du monde reflète nos états intérieurs.»

« Des études montrent (et je l'ai vu quand j'en travaillais comme animatrice nature), lorsque les gens de tous âges
3
passent du temps dans la nature, ils retrouvent du bien être.»

L’influence positive
« Des études semblent montrer une diminution du stress lors de contacts avec la nature (marche en forêt par
de la nature sur le
bien-être
exemple)…»

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Mes pistes de réflexion, en tant que thérapeute

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Mon regard de thérapeute sur l’éco-anxiété

Suite au travail effectué dans cette étude, plusieurs pistes de réflexion m’apparaissent pertinentes afin d’aborder la
question de l’éco-anxiété.

Il est néanmoins important de noter que chaque individu étant unique, certaines propositions parleront à certains
et non à d’autres. Libre au lecteur d’investir ce qui fera écho à sa sensibilité et à son intuition.

Pour ce qui est du champ d’action individuel, investir des espaces où la parole circule est essentiel, que ce soit
dans un cadre dédié, dans un entourage amical, familial, associatif ou encore dans des groupes de parole. Les
émotions sont là pour nous donner des indications, des messages à décoder. Nommer ses ressentis aide à les
accueillir, à les traverser et permet aussi de créer du lien. Les émotions ont vocation à être partagées.
Mettre l’accent sur la recherche de sens pour soi, dans une vision à court et moyen terme peut permettre de
(re)trouver une cohérence dans son chemin de vie. Le fait de se sentir aligné avec ce qui fait sens pour soi, permet
de ré-investir son mouvement et de mettre dans le réel ce qui restait de l’ordre du projet.
L’action individuelle à l’échelle du foyer reste un levier important pour continuer à cultiver ce ressenti précieux de
faire quelque chose d’utile.

Prendre conscience de l’immense valeur de notre environnement, des trésors qu’il est peut-être encore possible
de préserver, permettra de développer en soi un sentiment de reliance avec cette nature dont nous faisons partie.
Prendre conscience de ce que nous pouvons perdre nous forcera peut être à protéger l’existant.

La dimension collective est un vaste champ d’expérimentation qui me semble très pertinente face à l’éco-anxiété.
Un monde porté par l’individualisme ne nous permettra pas de mener les différents combats qui nous attendent.
Nous allons être confrontés à des temps plus sombres dans les années à venir. La notion d’entraide, de solidarité
entre les individus, me semble être un point d’action incontournable pour pouvoir bâtir un futur pérenne. Cela
implique que nous soyons tous embarqués, tous détenteurs d’un certain niveau d’information. L’action de
sensibilisation collective constitue un enjeu de taille ainsi qu’une arme puissante face au déni.

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Les suites éventuelles à donner à ce premier volet d’enquête

D’autres pistes sont possibles pour exploiter l’intégralité des données collectées via cette enquête.
À ce stade, en effet, n’a été développée qu’une partie des données de l’enquête.
L’intention initiale était de pouvoir mieux comprendre les sources d’anxiété, le type de symptômes associés,
ainsi que les stratégies de coping face à l’éco-anxiété (action individuelles, collectives, rapport à la nature…)
Cette restitution répond donc à ce premier objectif.

Néanmoins d’autres données collectées n’ont pas encore été exploitées.


Il pourrait aussi être intéressant de croiser certaines données.

Quelques idées (non exhaustives) pour une éventuelle suite à donner à ce travail :
- Mapping (=carte) de l’anxiété en fonction du lieu de résidence des participants.
- Focus sur une cible de population particulière : par exemple sur les 138 personnes identifiées comme travaillant
dans le développement durable afin de voir s’il existe un impact entre anxiété et secteur d’activité.
- Croisement du ressenti d’éco-anxiété avec le statut parental ou encore avec la question du genre.
- Sources d’informations pour les questions environnementales et degré de confiance face aux médias
mainstream.

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


« Quels conseils pourriez-vous donner à une personne souffrant d’éco-anxiété ? » (1/2)

« Si vous en avez à me donner je suis preneur…»

« D’agir... Seule l’action, qu'elle soit individuelle, collective, de rébellion, remplie de passivité aide à sortir de ce sentiment
d'impuissance et de cette idée que c'est foutu.»

« Parles en. Fais un stage d’écopsychologie, ne reste pas seul. Fais quelque chose de concret avec des gens. Promène
toi en nature. Arrête de t’informer sans pour autant être dans le déni. Regarde ton rapport à la mort, apprivoise le. Ton
rapport à la finitude. »

«  S'accorder des moments de paix dans la nature. Apprendre à accepter la difficulté et agir pour ce qui nous
semble nécessaire. »

«S'appuyer sur ce sentiment pour se mettre en action, ne pas rester seul(e), en parler autour de soi, trouver des
alliés, s'engager.»

« Se mettre en mouvement, et trouver des personnes à qui en parler, des personnes qui savent rester optimistes tout en
acceptant les changements profonds qui nous attendent. Et se rendre compte qu'on n'est pas seul(e).»

« Je lui dirais qu'il est trop tôt pour se laisser aller au découragement, pour l'instant il faut réfléchir et
agir (il y a plein de choses réalisables à mettre en place, au niveau individuel comme au niveau
collectif).»

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


« Quels conseils pourriez-vous donner à une personne souffrant d’éco-anxiété ? » (2/2)

« Fais des choses à ton niveau et tu t'apercevras à quel point cela fait réagir ou inspire tes proches. »

« S'entourer de personnes qui partagent le constat et sont dans l'action. Etre consciente des enjeux mais ne pas être
fataliste. Cultiver son pouvoir d'agir et surtout cultiver la joie de la vie.»

« D'accumuler des connaissances, car ca c'est inépuisable et ca permet d'agir de façon ciblée et pertinente.»

« Travailler le lâcher-prise, voir la beauté là où elle se trouve encore, cultiver ses relations sociales.»

«S'émerveiller de la nature proche de chez soi : une toile d'araignée, une fourmilière, un arbre qui a ses feuilles qui
bruissent sous le vent, un oiseau qui chante... C'est encore possible même en ville ! »

« Arrêter d'imaginer le scénario à la Mad max. Imaginer les opportunités des nouveaux mondes possibles à venir »

« Débrayez d'urgence, accueillez vos émotions, réfléchissez, décélérez, engagez-vous ! »

« Ne pas rester seule, partager, créer du lien, croire encore »

« La peur n'évite pas le danger ... Profitons de chaque jour pour entreprendre ce qui nous tient à coeur.»

© Charline SCHMERBER - Praticienne en psychothérapie www.solastalgie.fr - Tel : 06 50 72 18 92 – charline.schmerber@gmail.com


Merci pour votre attention !

Charline SCHMERBER - Praticienne en


psychothérapie (Analyste psycho-organique)

Cabinet de psychothérapie situé au 2 bis rue Pitot


34000 Montpellier

Site internet : www.solastalgie.fr -


Téléphone : 06 50 72 18 92
Email : charline.schmerber@gmail.com