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NOVEMBRE 1962 - № 6 LA HOUILLE B L A N C H E 701

Cavitation dans les p o m p e s


Cavitation in p u m p s
A report of Cavitation W o r k i n g G r o u p N o . 2 of Société H y d r o t e c h n i q u e d e F r a n c e

P A R P. GUITON,
INGÉNIEUR A LA MAISON L. B E R G E R O N

A la demande de la Commission de la Cavita- At the request of the Cavitation Commission


tion, le rapport fait le point actuel des connais- this report surveys the present state of es-
sances que l'on peut considérer comme acquises tablished knowledge of cavitation in pumps and
concernant la cavitation dans les pompes et fulfils the following aims:
remplit les buts suivants :
1" Il rassemble, à l'usage des constructeurs et 1. It provides a summary of essential informa-
des utilisateurs de turbines, l'essentiel des ren- tion on this question for turbine constructors
seignements sur celte question afin de leur per- and users so that they may draw on this source
mettre d'en tirer des remarques utiles pour for the solution of their own cavitation
leurs propres problèmes de cavitation. problems.
2° Il constitue l'outil nécessaire aux travaux 2. It forms an essential tool for the further
ultérieurs du Groupe sur la cavitation dans les work of the Group on cavitation and in this
pompes et pour cela : respect:
a) Crée un cadre de chapitres et de paragraphes a) it lays down a framework of chapters and
où toute question ultérieure et tout renseigne- paragraphs thus providing a place for all fur-
ment viennent trouver leur place; ther questions and information;
b) Précise le langage commun de façon que les b) it defines a common language of definitions
définitions et les notations adoptées évitent les and notations to avoid later confusion, espe-
confusions ultérieures, notamment en ce qui cially with respect to the different stages of
concerne les différents stades de cavitation; cavitation ;
c) Etablit un diagramme général de représen- c) it establishes a general representative graph
tation permettant la confrontation des résultats. to allow the results to be compared.
3° 77 présente à l'aide de ce diagramme quel- 3. By m,eans of this graph it presents some
ques résultais types déduits d'une première sta- typical results deduced from the first statistical
tistique et les compare avec tes formules et study and compares them with conventional
abaques classiques. formulas and graphs.

Ce texte a été élaboré dans le cadre de la Commission de la Cavitation de la Société Hydrotechnique


de France par le Groupe de travail n° 2, dont la composition était la suivante : MM. G U I T O N , rapporteur
du Groupe, Maison L. Bergeron; B O U C H O N , Société Râteau; H U G U E N I N , Laboratoire d'Hydraulique et de Cavi-
tation de l'Ecole Nationale d'Ingénieurs Arts et Métiers de Paris; M A N O N , Société Le Matériel Électrique S W ;
D E S A I N T - V A U L R Y , Compagnie de Construction Mécanique, procédés Sulzer; SASIA, Société Worth in gton; et
le professeur T E N O T .

CHAPITRE !

GÉNÉRALITÉS ET NOTATIONS

1.1. Généralités. Mais les pompes et les turbines présentent, à


ce sujet, bien des différences. Il a paru intéres-
sant de le rappeler, tout d'abord, pour ceux des
1.1.1. C O M P A R A I S O N AVEC LES TURBINES. membres de la S.H.F. qui sont plus familiarisés
avec les turbines qu'avec les pompes. Parmi ces
Par définition, il existe un phénomène de cavi- différences, les principales sont les suivantes :
tation dans une pompe, c o m m e dans toute m a - 1.1.1.1. Pression de vapeur. — C o m m e on le sait
chine ou appareil hydraulique, quand il y a, pour que des cavités se forment, il faut que la
dans le liquide intérieur, des cavités de vapeur, pression absolue la plus faible à l'intérieur de
si petites soient-elles. la machine, p minimale, s'abaisse jusqu'à attein-

Article published by SHF and available at http://www.shf-lhb.org or http://dx.doi.org/10.1051/lhb/1962057


702 LA HOUILLE BLANCHE № 6 - N O V E M B R E 1962

drc la pression de vapeur p du liquide dans la


v
c o m m e nous allons le voir, il n'y a pas ici,
pompe. Contrairement à ce qui a lieu générale- c o m m e pour les turbines, la possibilité de faire
ment pour les turbines, p est souvent loin d'être
v
entrer systématiquement de l'air dans la m a -
négligeable (pompage d'eau chaude, hydrocar- chine.
bures etc.). Nous reviendrons plus loin, au cha- 1.1.1.6. Remède de l'entrée d'air difficilement
pitre 8, sur les conséquences qui en résultent. utilisable. — O n sait qu'il est classique, pour les
1.1.1.2. Cavitation à l'entrée. — L a traversée turbines, d'atténuer le bruit de cavitation en
de la roue de la pompe (ou de la première roue laissant rentrer systématiquement de l'air dans
s'il s'agit de pompes multicellulaires) mettant l'œillard de la roue.
rapidement le liquide en pression, la zone de Or, dans une pompe, une petite rentrée d'air
pression minimale de la p o m p e se situe norma- étouffe bien le bruit. Mais elle affecte rapi-
lement dans cette roue, très près en aval de l'en- dement les caractéristiques de fonctionnement
trée dans celle-ci. (Nous mettrons de côté pour de la machine : l'air étant entraîné au travers
l'instant les cavitations se produisant ailleurs que de la roue, lefluidetraversant celle-ci devient
dans l'œillard de la première roue, qui feront compressible, ce qui modifie sa mise en pres-
l'objet du chapitre 6.) sion.
La cavitation de la pompe, pour u n débit et 1.1.1.7. Dépression du liquide souvent en amont
une vitesse de rotation donnés, dépend donc de la machine. — Alors que, pour les turbines, la
avant tout des conditions d'aspiration et de zone de dépression ne remonte pas en amont de
charge existant à l'entrée de la première roue. la roue, pour les pompes, elle peut s'étendre très
Elle est, par contre, pratiquement indépendante loin en amont de celle-ci, dans beaucoup d'ins-
des conditions existant à la sortie de la roue. tallations.
C'est donc l'inverse de ce qui a lieu pour les Il peut y avoir alors bien avant la p o m p e u n
turbines. début de dégazage qui tend à favoriser l'appari-
1.1.1.3. Cavitation accentuée, en général inac- tion de la cavitation.
ceptable. — E n se développant à l'entrée de la 1.1.1.8. Parties de la machine pouvant être
roue, la cavitation perturbe très rapidement tout touchées par la cavitation en aval de la l roue. rc

l'écoulement dans celle-ci, altérant très vite de — Alors que, pour les turbines, il n'y a guère de
façon importante les caractéristiques de fonc- cavitation en dehors de la roue et de l'aspira-
tionnement. Contrairement aux turbines, il n'est teur, pour les pompes, loin de se limiter à la l re

donc guère possible, en général, d'admettre le roue, les parties de la machine touchées par la
fonctionnement eu cavitation d'une pompe. cavitation peuvent comprendre les diffuseurs, les
1.1.1.4. Etude systématique des érosions diffi- redresseurs, etc., et enfin des roues autres que
rc
ciles. — Les érosions par cavitation sont par la l roue, dans le cas de pompes multicellulai-
suite presque toujours plus lentes que pour les res.
turbines, et le seuil de cavitation industrielle
(voir 1.1.2.) correspondant à la limite d'emploi,
1.1.2. C A V I T A T I O N P H Y S I Q U E E T C A V I T A T I O N I N D U S -
est en général fixé par une chute de hauteur, de
TRIELLE.
débit ou de rendement et non par une rapidité
d'érosion c o m m e cela a souvent lieu pour les
1.1.2.1. Cavitation physique. — Nous dirons
turbines.
qu'il y a cavitation physique dans la machine
A cause de cela, et sauf quelques cas particu- dès qu'il y apparaît les moindres cavités ou bul-
liers, les observations systématiques des zones les de cavitation. O n ne dit pas pour autant,
d'érosion sont beaucoup, plus rares que pour les industriellement, que la p o m p e cavité.
turbines et le groupe de travail n'en a guère à
présenter actuellement. 1.1.2.2. Cavitation industrielle. — Industriel-
Cette lacune tient aussi du fait que les pompes, lement, on ne parle de cavitation que lorsque la
combien vitales pourtant, ne sont le plus sou- cavitation physique est développée au point d'en-
vent que des auxiliaires et échappent rapide- traîner des perturbations nuisibles du fonction-
ment aux investigations de l'exploitant qui, en nement de la machine (voir 2.2.2).
général, ne demande qu'à les oublier : autre dif-
férence encore entre les turbines et les pompes.
1.2. Notations.
1.1.1.5. Bruits parfois inéluctables. •— Les
bruits de cavitation, qui sont la hantise des 1.2.1. C A T É G O R I E S D E PARAMÈTRES : PARAMÈTRES
constructeurs de pompes, apparaissent souvent E X T E R N E S E T P A R A M È T R E S INTERNES.
avant le seuil de cavitation industrielle (voir
1.1.6) qui limite généralement l'emploi de la Les paramètres intervenant dans l'étude de la
machine. cavitation peuvent être répartis en deux catégo-
Force est, le plus souvent, de les accepter, car, ries :
N O V E M B R E 1962 - № 6 • P. G U I T O N 703

Première catégorie - Paramètres externes : m = coefficient d'obstruction de l'œillard ;


ceux qui ont trait au comportement extérieur de u == vitesse d'entraînement au diamètre
a

la machine et auxquels on est limité le plus sou- D ; ffi

vent en l'absence de renseignements sur son v — vitesse axiale moyenne dans la sec-
a

dimensionnement interne. tion S„;


Deuxième catégorie - Paramètres internes : (NPSH)
ceux faisant intervenir le dimensionnement —-
= coefficient de charge
2
"tt/2 <7
nette absolue à l'aspira-
interne et en particulier le diamètre D de l'ceil- a
tion;
lard de la première roue.
a = v„/u = coefficient de débit
Les premiers intéressent surtout le projeteur n a

d'aspiration;
et l'utilisateur et les seconds le constructeur.
A„ = N P S H / 0 v 7 2 ) ; ff

Çî = coefficient de rapidité spécifique à


a
1.2.2. P R I N C I P A U X P A R A M È T R E S E X T E R N E S .
l'aspiration;
n (Q/m)V2 .. .
( N P S H ) = charge nette absolue à l'aspiration s t e s e s ecifl i e
(voir 2-1); 7NPSH)3/* r ^ f. P .q î
C'est le niveau énergétique du liquide U M on.i d aspiration corrigée
à l'entrée de la pompe, mesuré au- (en unités métriques) ;
dessus d'un point déterminé de la ra té
première roue. Il s'exprime en hau-
W
'« =
G ^g( N UPNSI Ho )n ;^ P^
, Td aspiration
P s é c i
R f u

corrigée.
e

teur de colonne du liquide pompé;


H = hauteur totale d'élévation faite par la 1.2.4. L E T T R E S E N INDICE,
pompe (appelée aussi : hauteur m a -
no métrique totale);
a = caractérise la section d'entrée de la
Q = débit volume traversant la pompe;
première roue de la pompe;
n = vitesse de rotation;
o = caractérise la section de mesure à
o) = vitesse angulaire; l'entrée de la machine;
t, = rendement de la pompe; b = caractérise le stade de cavitation phy-
P = puissance absorbée par la pompe; sique correspondant à la formation
des premières petites cavités ou bul-
g — accélération due à la pesanteur;
les:
= vitesse spécifique (en d = caractérise le stade de cavitation phy-
unités métriques) ; sique correspondant au point où la
courbe H-Q à vitesse constante com-
3/4
= rapidité spécifique mence à décoller de la courbe H-Q en
(gii) (sans dimensions); charge.
c = caractérise le stade de cavitation phy-
(^iW T4£S,n? é c i f i q u e sique correspondant au début de cavi-
d
tation industrielle défini par une
t
?Ql 3
— rapidité spécifique perte de 3 % sur H pour un débit et
<7.(NPSH)''* d'aspiration (sans di- une vitesse de rotation donnés, par
mensions) ; rapport à sa valeur en charge;
(NPSH) coefficient de T h o m a ; g = caractérise la cavitation globale cor-
H respondant à la chute à pic de la
courbe caractéristique H-Q à vitesse
p — pression absolue;
de rotation constante;
p' = pression effective;
disp. = disponible = caractérise le (NPSH)
p =
v pression de vapeur; existant à l'entrée d'une p o m p e pour
p —
A pression atmosphérique; le différencier de celui ci-après;
v = vitesse d'écoulement; requis = celui qui est nécessaire pour éviter la
o— masse volumique; cavitation (au stade b, d, c, ou g).
v= ?g = poids spécifique.

1.2.3 P R I N C I P A U X P A R A M È T R E S I N T E R N E S . 1.3. Formulaire (voir aussi 1.2.2 et 1.2.3).

D„ = diamètre d'entrée de la roue;


(NPSH) = ^ + 4 ^ — —
D,. = diamètre de sortie de la roue ; Yo *g Yo
S„ = aire de la section utile d'entrée de la <o, = 0,0190 n, ov, = 0,0190 S
roue; = 0,0190 S';
704 LA HOUILLE BLANCHE № 6 - N O V E M B R E 1962

0„ = -

8
Q Dg _ /"Q~
3
(ît/8)mwD 0 2 V mwç a

CHAPITRE 2

I N F L U E N C E D E L A C H A R G E N E T T E A B S O L U E A L'ASPIRATION (NPSH)
S U R LES C A R A C T É R I S T I Q U E S D E F O N C T I O N N E M E N T D E S P O M P E S

2.1. Charge nette absolue à l'aspiration C o m m e ce dernier symbole est le plus ré-
(NPSH). pandu, notamment parmi les usagers des pom-
pes, il a été retenu ici, de préférence aux autres,
en attendant une normalisation internationale.
2.1.1. D É F I N I T I O N . O n écrira : (NPSH), la parenthèse permettant
de faire suivre le symbole d'indices ou d'expo-
Les conditions d'aspiration ou de charge à sants, et de le faire entrer dans une expression
l'entrée de la première roue sont déterminantes. algébrique.
C o m m e elles sont liées à celles existant à l'en-
trée de la pompe, il est nécessaire de définir cel- Donc: (NPSH) + ^ = ^ (1)
les-ci sans ambiguïté, quitte à rappeler ce qui est 2 9, Yo Yo
connu de tous. C o m m e l'altitude de la zone de cavitation est
Ce qui importe, c'est l'écart existant entre la souvent mal définie, par convention, le (NPSH)
pression absolue totale (statique et dynamique) est déterminé, sauf indications contraires, en
poussant le liquide à l'entrée de la pompe, soit ramenant la charge absolue piézométrique Po/to
2
Po + 9o (.v /2), et la pression de vapeur p dans
0 v à l'altitude du centre C de l'entrée de la roue. a

la pompe. (Intersection de l'axe de rotation de la machine


p , po et v sont respectivement la pression
0 0 avec le plan passant par les extrémités amont
absolue ramenée à l'altitude de la zone de cavi- des aubes) (voir fig. 1.)
tation, la masse volumique et la vitesse moyenne
du liquide à l'entrée de la machine.
Pour éviter la cavitation, il suffit que cet écart
soit supérieur à la dépression maximale due à
l'écoulement dans la pompe.
Exprimée en hauteur de colonne de liquide
pompé, de poids spécifique yo = 9o9> à la tem-
pérature t existant dans la pompe, cette dépres- Fia. 1
0

sion A/z ne dépend, pour une roue donnée, que


du débit et de la vitesse de rotation. 2.1.3. ( N P S H ) aisp . E T (NPSH) requi3 .
Ceci amène à exprimer de la m ê m e façon O n note ( N P S H ) . quand on veut indiquer
aisp

l'écart en question, qui devient : qu'il s'agit du (NPSH) disponible, c'est-à-dire de


celui existant effectivement à l'entrée de la
PO | "a 2
PV pompe lors du fonctionnement considéré et non
Yo 2g 7 o
pas de celui nécessaire pour ne pas caviter, que
l'on note (NPSH) ,.„,„¡,3.
Cette expression s'appelle la charge nette
absolue à l'aspiration (en anglais « net positive Les (NPSH) correspondant aux divers stades
suction head», en abrégé N P S H ) . de cavitation sont notés par les indices b, d, c, g
correspondant à ces stades, c o m m e indiqué au
paragraphe 2.5 ci-après (voir aussi 1.2.4).
2.1.2. S Y M B O L E S .
2.1.4. D É T E R M I N A T I O N D E ( N P S H ) _ . msp
Pour cette expression, les symboles H „ et H a oa

ont été proposés en France il y a quelques a) Le ( N P S H ) , peut être mesuré si l'on


diBp

années. Dans la littérature mondiale on utilise, trouve une section de mesure convenable, en
entre autres, les symboles : H , H et (NPSH). sv M amont de l'entrée de la pompe; elle devra être,
N O V E M B R E 1962 - № 6 P. G U I T Ó N 705

E n général, Y A = To> mais pour les pompes à


eau chaude, par exemple, il peut se faire que les
écarts de températures, entre la tuyauterie déni-
velée et la p o m p e soient tels qu'ils ne permet-
e
tent plus de confondre Y A t To-
E n ce qui concerne p , vA

— s'il s'agit d'un réservoir en communication


avec l'atmosphère extérieure ou d'un bassin
à l'air libre, on a p = p , p étant la pres-
vA A A

FIG. 2 sion atmosphérique;


— s'il s'agit d'une enceinte fermée où règne
notamment, exempte de prérotation. O n devra uniquement la pression de vapeur du liquide
en outre tenir compte de la perte de charge sup- pompé et si l'écart de température entre le
posée entre cette section de mesure et la section liquide dans l'enceinte et celui dans la
d'entrée. pompe est faible, on a p = p . vA v

Dans ce cas, on mesure la pression effective


C'est le cas, par exemple des pompes d'extraction
p'o par rapport à l'atmosphère.
de condenseur des pompes alimentaires et de
E n prenant p' positif s'il s'agit d'une pres-
0
certaines pompes à hydrocarbures.
sion, l'entrée de la pompe étant en charge et en
prenant p'çs négatif s'il s'agit d'un vide, on a
alors, p étant la pression atmosphérique :
A
2.2. Influence d'une baisse de (NPSH) i sur a sp

Po PA + P'o les caractéristiques de fonctionnement


=
(2)
To Yo d'une p o m p e .

b) Le ( N P S H ) , peut être aussi calculé à


disp
2.2.1. C O U R B E S : H = / [(NPSH) , ] AI P

partir des données de l'installation, en particu- P = f [ ( N P S H ) J E T ^ = / [(NPSH) .] aisp AISP

lier si le liquide pompé vient d'un réservoir ou A n E T Q CONSTANTS.


d'un bassin comportant une surface libre du
Les figures 4 a, 4 b, 4 c et 4 d donnent sché-
liquide (flg. 2 et 3).
matiquement l'allure de la variation de hauteur
E n se référant aux figures, on a alors :
H, de puissance absorbée P et le rendement i\,
quand pour une p o m p e donnée, à une vitesse de
PvA + T A ( H - %A) — Pv
(NPSH)üisp. _ (3) Arotation donnée, on fait baisser le ( N P S H ) AL8P

To tout en maintenant le débit constant.


Ces figures sont tracées avec ( N P S H ) en AI8P

avec les notations suivantes : abscisse et H, P et t\ en ordonnées.


pvA = pression totale (gaz -f- vapeur) régnant L a figure 4 a a trait à une pompe centrifuge de
au-dessus de la surface libre; rapidité spécifique (*) relativement faible, soit
Y A = poids volumique m o y e n du liquide dans
la partie dénivelée de la tuyauterie; (*) Conformément au v œ u de la Commission de la
H = différence d'altitude entre la surface li-
A
Cavitation, le Groupe de travail n" 2 a adopté, pour
bre et le point C„ de la pompe, H étant caractériser la « vitesse spécifique » de la machine, le
A

positif si l'entrée de la pompe est au- n o m b r e sans dimension Q — avec m = vitesse angu-m

dessus de la surface libre, négatif si elle (ffH)"'


laire, Q = débit, g = accélération due à la pesanteur,
est en dessus;
H = hauteur totale d'élévation, au lieu des grandeurs
5A = perte de charge entre le réservoir et la habituellement utilisées pour les p o m p e s :
p o m p e évaluée en hauteur de colonne nQ" _ n (1 000 QH775)V* 2

et n. 3,65 •
de liquide traversant la tuyauterie. H 3
H HP/3 1

Par définition des pertes de charge, il y a dans lesquelles n = n o m b r e de révolution par minute,
identité entre la valeur de (NPSH) et où Q doit être exprimé en m'/s et H en mètres.
aisp. ainsi défi- co se substituant à n dans l'expression, il a paru
opportun de désigner ce n o m b r e par le symbole œ i , par
nie par (3) et celle définie précédemment par (1).
analogie à n,, et de l'appeler rapidité spécifique pour
le différencier de vitesse spécifique, le m o t rapidité ayant
l'avantage de ne pas caractériser u n e dimension :

1
Q = rapidité spécifique
,'pertes de charge 3 Donc : a
(4)
(SfH)
VA A A
On a sensiblement :

o. = 0,0190 n, = 0,0052 m 8
(5)
FIG. 3
706 LA HOUILLE BLANCHE № 6 - NOVEMBRE 1962

D HB p Ces courbes de raccordement peuvent m ê m e ,


dans certains cas, présenter une légère bosse
'D H B H correspondant à une légère augmentation de
ÍQ H B 1 hauteur et de rendement.
Grosso modo, les courbes évoluent avec la vi-
Q et n constants tesse spécifique de lafigure4 b à la figure 4 c.
00. < 0,6 env O n peut encore parler de cavitation globale en
CNPSH) disp prenant pour (NPSH) la valeur du (NPSH) à
ff

l'origine de la chute quasi rectiligne; mais cette


définition devient de plus en plus floue au fur et
H.P.77

S Q et n constants
à mesure que la vitesse spécifique augmente.
Nous avons marqué de la lettre d (décolle-
ment) le point où la cavitation commence à se
faire sentir. C o m m e tout point de tangence, il
0,6 env.< <jJ <1,2env est difficile à préciser.
5

1NP5H) disp. L a valeur correspondante du (NPSH) est :


(NPSH),.
La figure 4 d a trait à des pompes hélicocen-
H, P, r¡ D H
(c) trifuges et hélice, de rapidité spécifique élevée,
0 disons w > 2,4 environ, pour fixer les idées.
7- s

Dans ce cas, la chute de H, P et •/) est progres-


Q et n constants sive jusqu'au bout. On ne peut plus parler de
(NPSH^dsp. l,2env< u> < 2,4 env. cavitation globale.
C o m m e dans le cas précédent, il peut y avoir
au début une légère exaltation de rendement et
D H de hauteur.
(d)
D
7. .
Q et n constants 2.2.2. C A V I T A T I O N INDUSTRIELLE.
U ) , > 2,4 env.
(NPSH) disp. Pour avoir une définition valable dans tous
les cas, et correspondant aux usages de la pro-
FIG. 4 fession, on appelle par convention cavitation
industrielle celle correspondant à une chute de
hauteur de 3 % .
os, < 0,6 environ, pour fixer íes idées, sans que
ce chiffre ait une quelconque valeur. A cette cavitation correspondra l'indice c (cri-
Si l'on fait décroître progressivement tique) (*).
(NPSH) . à partir d'une valeur suffisamment
dIap
L a valeur de (NPSH) correspondante est
élevée, H, P, et t\ restent constants jusqu'à ce (NPSH)..
que, pour une certaine valeur du ( N P S H ) que disp

nous appellerons (NPSH) , la hauteur, la puis-


g

sance et le rendement tombent simultanément à 2.2.3. E X P L I C A T I O N S C H É M A T I Q U E D E L ' A L L U R E D E S


la verticale de lafigure.C'est ce que l'on appelle C O U R B E S D E 2.2.1.
la cavitation globale, d'où l'indice g.
La chute se fait ici brusquement, presque La figure 5 a représente schématiquement la
sans transition. coupe d'une p o m p e centrifuge lente, avec un
(NPSH),,J suffisamment faible pour que, à un
5P
Les figures 4 b et 4 c ont trait à une pompe
débit voisin du débit de rendement maximal, il
centrifuge ou hélico-centrifuge de vitesse plus
se forme une petite zone de cavitation à l'ar-
élevée, disons, pourfixerles idées, 0,6 < o>, < 2,4.
rière de l'aube dans la région de l'ceillard.
Quand on fait baisser ( N P S H ) , il y a chute disp

sensiblement rectiligne c o m m e précédemment,


mais cette chute est d'autant moins verticale que
la vitesse spécifique est plus élevée. (*) N o u s avons hésité pour cet indice. C'est le plus
E n outre, entre les horizontales de base cor- employé, mais il a été utilisé avec des définitions très
respondant aux grandes valeurs de (NPSH) lilsp
différentes, d'où une certaine confusion. N o u s avions
et la chute quasi rectiligne, il y a une courbe de pensé u n m o m e n t utiliser la lettre i (industriel), mais
elle est utilisée parfois dans la littérature anglo-saxonne
raccordement arrondie d'autant plus importante pour « incipient », m o t qui caractérise le tout début de
que la vitesse spécifique est plus élevée. cavitation.
N O V E M B R E 1902 - № G P. G U I T Ó N 707

à (NPSH)^ (voir 2.1.). Le débit entrant dans la


pompe reste donc égal à Q . s

Par contre, le débit sortant de la roue, qui


n'est déterminé que par les conditions à la sortie
de celle-ci, augmente très passagèrement au-delà
de Q quand H diminue, jusqu'à ce que la roue
y

soit suffisamment vidée pour que les angles de


sortie de l'eau se modifient et ramènent le débit
sortant à Qj, (fig. 5 b).
Si la longueur relative des canaux de la roue
est plus faible, une zone de cavitation d'étendue
moyenne, n'occupant pas toute la largeur du
canal à l'œillard, peut être néanmoins suffisante
pour perturber l'écoulement à la sortie de la
roue. Le canal n'est plus assez long, en effet,
pour que l'écoulement se reforme inchangé, à
l'aval de la zone de cavitation.
La perturbation à la sortie se traduit par une
modification de H, P, et -r\.
La valeur du (NPSH) pour laquelle la cavita-
tion commence à influer sur l'écoulement à la
sortie de la roue, est celle correspondant au
point D des figures 4 b, 4 c, el 4 a*.
Si enfin la longueur relative des canaux est
très courte ou m ê m e nulle, ce qui est le cas des
roues hélices, la moindre cavitation dans l'œil-
lard influera sur l'écoulement à la sortie de la
roue et par suite sur les caractéristiques, ce qui
fait que les points D et B seront 1res voisins.
D'autre part, la hauteur faite par la pompe
s'annulera avant que la pression p soit atteinte
v

Fre. 5 sur toute la largeur de l'œillard, d'où absence


de cavitation globale.
Ces explications montrent, et l'expérience pa-
Le canal étant suffisamment long, l'écoule-
raît confirmer que c'est beaucoup plus la lon-
ment se reforme au-delà de la cavité et, à la sor-
gueur relative des canaux (fig. 5 c) que la rapi-
tie de la roue, n'est pas modifié par la cavitation.
dité spécifique qui influe sur l'allure des courbes
H, P, et 7) restent par suite inchangés.
de cavitation.
Cette cavitation ne se manifeste donc pas sur Ces deux facteurs évoluent parallèlement, mais
les courbes de fonctionnement et peut corres- sans relation étroite, ce qui montre qu'il ne faut
pondre, par exemple, à un point tel que M de la attacher aucune importance aux valeurs de M ,
ligure 4 a. indiquées plus haut pour fixer les idées.
Quant au début de la cavitation physique,
c'est-à-dire l'apparition de la moindre caAdté
dans l'œillard, elle passera complètement ina- 2.3. Modifications des courbes caractéristi-
perçue. Elle correspond par exemple au point B ques de fonctionnement des p o m p e s à
de la figure 4 a. vitesse de rotation constante, provoquées
Si le (NPSH)<if ,i. continue à décroître, la cavi-
S par la cavitation.
tation s'étend en largeur jusqu'à ce que tout
l'œillard soit à la pression p . Le (NPSH) corres-
v Si, pour une p o m p e donnée tournant à une
pondant est (NPSH),,, c o m m e on va le voir. vitesse donnée, au lieu de faire décroître
E n effet, quand (NPSH)„ . est maintenu à
iS[l
(NPSH) . à débit constant, on fait au contraire
<IiKI)

cette valeur (NPSH)„, m ê m e si alors on diminue varier le débit à (NPSH), ,_ constant, on peut
Iisl

H en faisant baisser la pression au refoulement tracer l'influence de la cavitation sur les cour-
de la pompe, le débit arrivant à l'œillard ne peut bes caractéristiques de fonctionnement à vitesse
plus augmenter puisque la charge motrice pous- constante des pompes.
sant le liquide dans la pompe (qui est la diffé- Ces courbes sont tracées pour des valeurs
rence entre la charge totale à l'entrée de la décroissantes de (NPSH) , soit : ( N P S H ) ^
(1Kl

p o m p e et la pression p régnant alors dans tout


v (NPSH) , (NPSH)j,, etc.
2

l'œillard) cesse de croître, étant justement égale Ceci donne schématiquement les figures : 6 a,

2
708 LA HOUILLE BLANCHE № 6 - NOVEMBRE 1962

H, P,7J
O n peut le montrer de façon particulièrement
parlante, en rognant progressivement le diamè-
Ci). < 0,6 erw. tre extérieur d'une roue de rapidité spécifique
peu élevée et en traçant les courbes hauteur-
\ \ V
débit obtenues pour u n m ê m e (NPSH) ,. Ceci alsi

S' CM (a)
CO
est représenté sur lafigure7.
(HS
/ X X
a.
/ £
% Q
92
5
°gi Effet d u r o g n a g e

0,6 env < Ci) < 1,2 en»

FIG. 7
Effet d u rognage.

Malgré la diminution de H, la cavitation glo-


bale se fait toujours pour le m ê m e débit Q . g

O n peut supposer que le débit Q„ correspon-


dant au début d'apparition des bulles de cavita-
tion (point B) reste aussi inchangé.

FIG. 6
Quant au débit correspondant au point D,
point où la courbe en cavitation décolle de la
courbe sans cavitation, il se rapproche de plus
6 b, 6 c et 6 d, correspondant aux ligures 4 a, 4 b, en plus de Q au fur et à mesure du rognage,
b
4 c et 4 d. c'est-à-dire au fur et à mesure que la longueur
Cependant, alors que dans l'examen des figu- relative des canaux diminue. Il peut aussi en
res 4, nous nous étions limités à la zone de bon être ainsi dans une certaine mesure du débit Q c
rendement de la machine, lesfigures5 couvrent correspondant à la cavitation industrielle.
toute la caractéristique hauteur-débit.
E n particulier, lors des explications schémati- Bien entendu, quand on augmente le diamètre
ques des figures 5, nous avions considéré les extérieur d'une roue donnée, en prolongeant ses
modifications de l'écoulement dans la roue dues aubes, les courbes de cavitation évoluent en sens
à la cavitation, dans des coupes, développées ou inverse.
non, perpendiculaires au plan méridien de la
roue.
Or, pour des débits très inférieurs au débit 2.5. Caractéristiques de cavitation d e l'œillard
de rendement maximal, la cavitation est liée à d'une roue.
des perturbations de l'écoulement méridien.
Leur influence sur les caractéristiques hauteur- La hauteur H et la géométrie de la sortie de
débit, quoique encore mal étudiée, est retrans- la roue n'influençant pas (NPSH) et ( N P S H )
ff 6
crite approximativement sur les courbes 6. pour un débit donné tant qu'elles n'affectent pas
l'écoulement dans l'œillard, et celui-ci n'étant,
2.4. Influence d u rognage d'une roue. par suite, fonction que du débit pour une vitesse
de rotation donnée, on est conduit à caractériser
La cavitation dans la roue ne dépend, nous les roues, et plus particulièrement leurs œillards
venons de le voir, que des conditions à l'entrée par les courbes ( N P S H ) , = / (Q) et (NPSH)„ =
de celle-ci. / (Q) à vitesse de rotation constante.
N O V E M B R E 1962 - № 6 P. G U I T Ó N 709

O n trace également (NPSH)„ = f (Q), corres-


pondant à la cavitation industrielle, mais cette
dernière courbe a trait, en fait, à la totalité d'une
roue et non à son œillard seul, étant influencée
plus ou moins par la sortie, c o m m e indiqué plus
haut.
Pour un œillard donné, il peut donc y avoir
plusieurs courbes ( N P S H ) = / (Q) selon le degré
C

de rognage de la roue, ou, plus exactement, selon


son diamètre extérieur.
Si l'on trace ces différentes courbes sur un
m ê m e graphique, avec les (NPSH) en ordonnées
et le débit en abscisse, on obtient des graphiques
tels que ceux représentés schématiquement sur
les figures 8 a, 8 b, 8 c et 8 d, les indices a, b, c
et d ayant trait aux m ê m e s g a m m e s de vitesses
spécifiques que précédemment.
La courbe (NPSH)„ = f (Q) caractérisant la
cavitation globale n'existe pas pour les vitesses
spécifiques élevées.
Quant à la courbe ( N P S H ) = f (Q) caractéri-
6

sant l'apparition des premières cavités, elle ne


peut être, en fait, déterminée que dans les cas
encore relativement rares où une observation
visuelle peut être faite, grâce à des aménage-
ments spéciaux.
Si cela est relativement facile pour des roues
hélices, ce l'est beaucoup moins pour les roues (d)
centrifuges et hélicocentrifuges, sauf le cas des
rouets ouverts ou de tracés anormaux ou bien si a_
une partie de la roue est faite en plexiglas. Fio. 8

CHAPITRE 3

SIMILITUDE D E C A V I T A T I O N D A N S LES POMPES


ET ÉCARTS PAR RAPPORT A LA SIMILITUDE

3.1. Similitude de cavitation. Par suite, toutes les grandeurs qui, dans la
machine, ont la dimension d'une hauteur de
3.1.1. S I M I L I T U D E AU SEUIL DE LA CAVITATION. colonne de liquide, varient c o m m e le carré de
toutes les vitesses d'écoulement dans la machine,
Courbes ty = /'(<?„).
ab
elles-mêmes proportionnelles aux vitesses péri-
phériques, pour des points de fonctionnement
Immédiatement avant l'apparition des pre- homologues dans la similitude.
mières bulles de cavitation, il n'y a que la phase E n particulier, les grandeurs suivantes :
liquide dans la pompe, et les différences de pres-
sion entre les divers points de l'intérieur de la
(NPSHW-i^i-
machine suivent les lois générales de similitude
¿9
des turbomachines, avec les m ê m e s sources
d'écart par rapport à ces lois que pour les tur- (i>„ " vitesse moyenne axiale d'écoulement dans
bines (effet d'échelle, nombre de Reynolds, petits I'œillard), qui représente la différence de pres-
écarts dans la similitude géométrique, air ou gaz sion entre l'entrée de la machine et le point où
dissous, etc.; voir 3.3). va apparaître la première bulle de cavitation,
710 LA HOUILLE BLANCHE N " 6 - N O V E M B R E 1962

(NPSH),, et enfin H, varient toutes c o m m e


2 u
u /2 g ( a étant la vitesse périphérique d'en-
a

traînement au diamètre D „ de l'œillard).


Si l'on ignore tout des dimensions de la roue,
et en particulier u , on peut seulement faire
a

intervenir le rapport de ( N P S H ) et de H. 5

t-D - m

(NPSH),
soit : or„ coefficient de Thoma (6)
H

expression bien connue. FIG. 9

<j, reste constant pour des points de fonction-


f

nement homologues de deux pompes homothéti- Pour un œillard donné, le diagramme ty = al)

ques ou identiques tournant à la m ê m e vitesse f («)„ sera donc, en théorie, indépendant des di-
de rotation, ou à des vitesses de rotation diffé- mensions absolues de la roue et de sa vitesse de
rentes. rotation.
Il n'y a là évidemment aucune particularité
pour les pompes par rapport aux turbines. 3.1.2. N O M B R E S C A R A C T É R I S T I Q U E Sty ,tp , k , n, a > a a a M

ou S E T tù' ou S'. D E G R É D E C A V I T A T I O N .
Cependant, le paramètre a, en faisant interve- sa

nir H qui est lié presque exclusivement à la sor-


tie de la roue et non à l'œillard, ne permet pas 3.1.2.1. <p. — a Nous avons défini plus haut :
de passer des essais de cavitation d'une roue
aux caractéristiques de cavitation d'une roue Qa _£a
9a
d'œillard semblable, mais de diamètre extérieur u„
différent.
3.1.2.2. <\i . — a E n appelant de façon générale
Il est donc plus avantageux, pour les construc-
teurs, d'écrire séparément pour l'entrée de la (NPSH)
roue :

(NPSH) 6
= Cte 07) de m ê m e que nous avons appelé <b lety ayant ah a

H„V2 g trait à (NPSH),, nous appellerons + ., ^ oatap

4*OR ^ ,g ceux ayant trait, respectivement, au


E T

H (

et pour la sortie = Cte = (NPSH) disponible, à celui caractérisant le


«,,V2 g décollement des courbes : (NPSH) , la cavitation d

industrielle : (NPSH) , ou la cavitation globale :


C
(NPSH)^ et H ne restent proportionnels entre (NPSH),.
eux que si (u,./u„) — (D /DJ restent eux-mêmes
r

proportionnels entre eux pour les deux machi-


nes, 3.1.2.3. K . — Certains expérimentateurs uti-
a

(D,. étant le diamètre de sortie de la roue et u lisent le coefficient :


r

la vitesse d'entraînement correspondante).


Le repérage des points de fonctionnement (NPSH)
K„ 2 (9)
homologues pour l'œillard étant fait le plus com- v /2g
a

modément par le débit Q entrant dans la roue,


a

le paramètre sans dimension correspondant est : O n aura donc de m ê m e K , K , K , K . ah ai ac as

Qa 3.1.2.4. — D e m ê m e , si de façon générale :


(8)
u,
(NPSH)
(10)
(S étant l'aire, utile de la section d'entrée de la
a
H
roue) (voirfigures9 a et 9 b) ; de m ê m e que pour
nous caractériserons de la m ê m e façon a ,, a
l'ensemble de la pompe, on utilise parallèlement iUv it

u u

à i|; le paramètre : a> c> °r/-

3.1.2.5. — Degré de cavitation. -— Il est utile


S,.u s d'avoir u n repérage précis du degré de cavita-
tion quand celle-ci affecte sensiblement la
S,, étant l'aire de la section de sortie de la roue. courbe caractéristique hauteur-débit.
N O V E M B R E 1962 - № 6 P. GUITÓN 711

Par convention, nous appellerons degré de caractérise en gros un type de roue, on a été
cavitation d'une pompe, l'écart relatif entre la amené à introduire la quantité :
hauteur manométrique totale H à laquelle fonc-
1 2
tionne réellement la pompe, telle qu'elle résulte nQ ' _
vitesse spécifique d'aspiration (12)
de l'installation, et la hauteur manométrique (NPSH)v* _

totale H qu'elle donnerait pour le m ê m e débit


(l

et la m ê m e vitesse de rotation en l'absence de pour caractériser :


toute cavitation.
— soit l'aptitude d'une roue à réaliser un débit
H„ H donné avec le m a x i m u m de vitesse et le mini-
Degré de cavitation = d° (11)
0
H„ m u m de charge, s'il s'agit de (NPSH) : re(lllis

(NPSH)„, , o u „ ;
Pour le début de cavitation industrielle, on a d t

donc :
— soit, au contraire, la marge que l'installation
d" = 0,03
c par convention (voir 2.2.2.). procure par rapport à cette aptitude, s'il
s'agit de ( N P S H ) . aisp

3.1.2.6. Comparaison entre i> et a. — Pour a


D e m ê m e que nous avons remplacé n s par le
revenir aux avantages respectifs de ty et de a, a
nombre sans dimension :
on peut dire ceci :

— é intéresse plus particulièrement le cons-


a
M l =
(gH>-- < ' P ra ldlte s eci
P t< l" ( e

tructeur, car il caractérise l'œillard d'une


roue indépendamment de sa sortie et du reste
nous utiliserons pour la vitesse spécifique d'as-
de la machine. Il est de moindre intérêt pour
piration le nombre sans dimension :
l'utilisateur, qui ignore en général D ; 0

— a intéresse l'utilisateur et le projeteur, car .1/2


e u t
°disp. P être calculé dès qu'on connaît l'ins- 1
' g*'" (NPSH) '* 3
(13)
tallation, et sa valeur nécessaire peut être rapidité spécifique d'aspiration
estimée dès qu'on connaît les caractéristi-
ques de fonctionnement de la machine.
O n doit remarquer que S et &>„,,. font intervenir
uniquement, c o m m e o, des paramètres extérieurs
O n voit cependant que, en cavitation, on peut de la machine (voir 1.2) et intéressent donc l'uti-
définir deux valeurs de <r suivant que l'on se lisateur, et également le projeteur, avant toute
réfère à H, qui généralement seul est connu, ou considération sur le dimensionnemcnt interne de
à H„ : la machine.
(NPSH) „, ,„_ (NPSH) „
diF diB
Le constructeur, qui doit, lui, faire intervenir
ce dimensionnement, serait logiquement amené
à utiliser le nombre sans dimension analogue
E n l'absence de précision, il peut y avoir con-
fusion si la cavitation est accentuée.
1/2
<fa
(14)
On a «' = „ (1 — rfoj (11 bis) 4vS/4
1/2
Il faut préciser, par exemple, que les figures 4, 1 u v
c'est-à-dire : £2„ = 5 1
qui sont souvent tracées en portant d , en disp
(2 g)*'* (NPSH)-'''-
abscisse au lieu de (NPSH) ., ne sont valables
disp

que s'il s'agit de a', c'est-à-dire de H„ et non de Pour les roues ne comportant pas d'arbre ou
H au dénominateur, car, dans ce dernier cas, le de moyeu d'arbre dans l'œillard on a :
d, après avoir diminué, irait en réaugmentant
pour une grande baisse de (NPSH) ,. disp
Q D„
et u„ = u
(*D V4)
a

3.1.2.7. Vitesse spécifique d'aspiration S (ou


S'); rapidité spécifique d'aspiration a> (ou tù' ).d'où sœ sa
1
1 2 1
— D e m ê m e que la vitesse spécifique n„ — T. -' (2 g)^ (NPSH)*/'
1/2 3/4
( n Q / H ) caractérise l'aptitude d'une m a -
chine à réaliser u n débit et une hauteur à une
c'est-à-dire : Qa =
vitesse de rotation plus ou moins grande et (8 T í ) / 2 1 4
712 LA HOUILLE" BLANCHE № C - NOVEMBRE 1962

Mais dans le cas général, où il peut y avoir un Mais ceci n'est pas suffisant, car c o m m e on le
arbre ou un moyeu dans l'œillard, S diffère de a
sait, il faudrait que, ce qui est contradictoire,
2
7tD /4 (voir fig."9 a et 9 b).
8
le nombre de Reynolds soit maintenu et que, ce
qui est également contradictoire, les temps de
passage de l'eau dans la zone déprimée, qui con-
E n posant S = m (15)
0
ditionnent les échanges entre la phase liquide et
la phase vapeur, soient aussi les mêmes.
avec m ^ 1 La question de la similitude en régime de ca-
(1 — m) — degré d'obstruction de l'œillard, vitation est par suite très délicate; c o m m e elle
rentre dans le cadre des préoccupations d'un
Q autre groupe de travail de la Commission de la
il vient Cavitation, nous ne l'examinerons pas davantage,
m («D V4) 0

nous réservant de revenir plus loin sur certains


de ses aspects.
d'où : (16)
1
m' 2
(8 7Î )2
Signalons cependant qu'une tendance très
répandue parmi les constructeurs de pompes est
O n peut appeler : de faire des essais de cavitation en réalisant la
m ê m e hauteur sur le modèle que sur la p o m p e
u,' =
m = rapidité spécifique(17) grandeur, soit n = u en appelant 1 le modèle
0l Ba

m
" d'aspiration corrigée et 2 la machine grandeur.
Ceci est un m o y e n terme entra :
de m ê m e , on introduit
La similitude de Rey-
= vitesse spécifique (18) nolds, qui impose :
i/a
m
d'aspiration corrigée D„„ E n supposant que
le liquide p o m p é ait
nombre ou grandeur intéressant l'utilisateur les m ê m e s caractéris-
ou le projeteur, qui, m ê m e sans tenir compte L a similitude de tiques physiques pour
Froude, qui impose : la p o m p e grandeur et
des dimensions de la roue, peuvent supputer la
le modèle.
valeur de m suivant le type de construction de
la pompe (par exemple machine ayant ou non
un palier côté aspiration).
V D;
L'identité des temps de passe qui conduit à :
3.1.2.8. Relations entre if , <?, K , Q„, u> , o/ , a a a sa so

S, S' et a. — Outre les relations (14), (16), (17)


et (18) précédentes, il y a lieu de noter les sui- u„
vantes :
= 0,0190 S
W s o ei9) Le souci de faire les essais de cavitation à
o/ = 0,0190 S' sa (20)m ê m e hauteur pour le modèle et pour la p o m p e
grandeur se justifie en outre pour les raisons
(21)
suivantes :
1 a) Certaines cavitations physiques, notam-
(22)
ment celles apparaissant aux faibles débits, ne
sont habituellement décelables, en absence de
-3/4 (23) visualisation, que par le bruit perçu à l'oreille.
Or le bruit, lié à l'écrasement des bulles ou
S=- (24) poches de cavitations dans les zones de pression,
est fonction de l'importance de ces pressions.
3.1.3. S I M I L I T U D E E N CAVITATION.
Si les hauteurs et par suite les pressions sont
trop faibles, le bruit tombe au-dessous du seuil
3.1.3.1. Considérations générales. — Quand la audible et la cavitation physique en question
cavitation physique s'est développée, la simili- n'est plus décelable.
tude générale des turbomachines n'est plus Or ce bruit, souvent gênant, réapparaîtra sur
théoriquement applicable, c o m m e on le sait, que la p o m p e grandeur. Il en est de m ê m e des vibra-
si les écoulements sont géométriquement sem- tions.
blables, ce qui implique des cavités géométri- b) Les modèles de p o m p e sont très souvent
quement semblables et, puisque ces cavités ont plus petits que les modèles réduits de turbines
une surface libre, cela implique la similitude de (ceci pour des raisons économiques inhérentes
Froude en plus de la similitude générale des aux deux industries). L a similitude de Froude
turbomachines. conduirait par suite à des nombres de Reynolds
N O V E M B R E 1962 - № 6 P. G U I T O N — • 713

trop petits, pour les modèles de pompes, alors Citons :


qu'ils sont encore suffisants pour les modèles de 3.2.1.1. Présence de gaz dissous. — L'expé-
turbines. rience montre en particulier que la cavitation
n'apparaît pas pour le m ê m e 4*» s'il s'agit d'eau
3.1.3.2. Courbes A = f ( „) et
oc = /(?«)• —
ç
aérée ou désarérée.
E n première approximation, et sous réserve des Pour de l'eau désaérée, la cavitation apparaît
remarques précédentes, on admettra que la cavi- plus tard, pour des <\> plus faibles. a
tation industrielle et la cavitation globale sui- Tout se passe c o m m e si les fines bulles d'air
vent les lois générales de similitude des turbo- qui se dégagent lors de la dépression facilitaient
machines, ce qui justifie l'emploi des paramè- la formation des cavités de vapeur servant de
tres : noyau à celles-ci, et ceci d'autant plus que la
(NPSH), durée de passage (voir 3.3.2) est plus grande.
е 4 ф
Pour toutes les pompes industrielles qui véhi-
culent de l'eau naturelle aérée, ce qui est la
qui sont alors invariables dans la similitude. grande majorité, il convient donc que les essais
C o m m e cela n'est qu'une approximation, on de ces pompes ou de leurs modèles soient faits
examinera séparément les écarts que l'on a pu également en eau aérée.
constater par rapport à cette similitude. Il faudra, bien entendu, choisir un ( N P S H ) dlBPp

Cette façon de faire permet de tracer pour tou- d'essai suffisamment élevé pour que l'eau ne
tes les roues homothétiques entre elles la m ê m e commence pas à dégager son air dissous avant
courbe 4» = / (<p) et la m ê m e courbe <l/ = f (<?«). de pénétrer dans la zone de cavitation de la m a -
ac a a!l

Ces courbes sont, à l'échelle près, celles des chine.


figures 8. Sauf indication contraire, les valeurs de ty n

auxquelles on se référera correspondront donc à


3.1.3.3. Formule de Ténot. — • Des essais faits des essais faits en eau aérée.
à différentes vitesses sur une p o m p e hélice avec Par contre, certaines pompes industrielles
visualisation ont montré au professeur Ténot véhiculent de l'eau désaérée c o m m e , par exem-
qu'il fallait le m ê m e écart de (NPSH) en valeur ple, les pompes d'extraction de condenseur. Il est
absolue en non en valeur relative par rapport donc légitime que les essais de cavitation de ces
au ( N P S H ) pour obtenir le m ê m e degré de cavi-
0 pompes ou de leurs modèles soient faits en eau
tation ou de non-cavitation. désaérée. Mais, dans ce cas, cela doit être men-
Cela conduit à la relation : tionné sur les résultats d'essais.
g c
l disp. ' ci jjga. (25) 3.2.1.2. Mode de réalisation du (NPSH). — Si
5 n
2 disp. te H-rei on en revient à l'équation 03) paragraphe 2.1.4.
et si, c o m m e cela a presque toujours lieu,
qui est équivalente à :
7A = Yo. on a :
( N P S H W i— (NPSH) = n (NPSH) disl ,„— (NPSH),
(NPSH) „,. = / )
dil T A + H A — (26)
formules dans lesquelles l'indice 1 a trait aux
conditions d'exploitation de l'installation indus- Il est rare que l'on fasse varier p,„ les essais
trielle; l'indice 2 a trait aux conditions de l'essai
étant faits le plus souvent en eau froide. Il faut
(sur la machine m ê m e ou sur modèle).
donc faire varier p , H
VA ou ^ pour que le
A A
Cette formule (25) déduite du cas d'une m ê m e (NPSH)disp. varie.
machine dont la roue a des dimensions faibles
par rapport à ( N P S H ) . ne semble pas pouvoir
alsp a) Variation de la perte de charge à l'aspira-
être utilisée sans restrictions dans le cas de deux tion $ .
A

roues de dimensions très différentes ou d'une Elle est obtenue le plus souvent par étrangle-
m ê m e roue de grande dimension. ment au moyen d'un organe approprié. Il faut
prendre beaucoup de précautions pour ne pas
créer de perturbations dans l'écoulement à l'en-
3.2. Ecarts par rapport à la similitude géné- trée de la roue, ces perturbations pouvant modi-
rale. fier sensiblement les caractéristiques de cavita-
tion de la roue.
3.2.1. E C A R T S D U S A U M O D E D E RÉALISATION DES C'est là une cause fréquente d'erreur.
ESSAIS.
b) Variation dans la hauteur géométrique d'as-
Pour pouvoir examiner les écarts par rapport piration (H„).
à la similitude générale, il faut d'abord com- Cette méthode n'est guère employée, car elle
mencer par discerner, pour les éliminer, ceux conduit à des dispositions d'installations compli-
dus aux conditions d'essais. quées.
714 LA HOUILLE BLANCHE № 6 - N O V E M B R E 1962

c) Variation de la pression totale de vapeur et 3.2.3. E S S A I S D ' U N E M Ê M E P O M P E A D E S V I T E S S E S


de gaz p régnant dans un réservoir fermé.
VA
D E ROTATION DIFFÉRENTES.

Cette méthode est très employée, la variation Divers expérimentateurs ont constaté que ù ac

de p étant obtenue facilement avec une pompe


VA diminue sensiblement quand la vitesse de rota-
à vide. tion augmente. Sans doute y a-t-il là u n effet
A noter cependant que si les essais sont faits de la réduction du temps de passage.
avec u n vide élevé dans le réservoir, l'eau se La formule de Ténot (voir 3.1.3.3) va dans le
désaère rapidement. m ê m e sens que ces résultats expérimentaux.
O n ne peut cependant pas affirmer que cette
E n outre le temps de passage de l'eau dans
diminution est générale toutes les expériences
la zone des faibles pressions, qui s'étend alors
n'étant pas concordantes à ce sujet.
jusque dans le réservoir, est beaucoup plus
Une particularité classique des essais de cavi-
grand que dans les installations réelles. Ceci
lation d'une m ê m e pompe à différentes vitesses,
est d'autant plus vrai que les essais sont faits
2
mais que ne met pas en défaut la similitude
à u J2 g faible, c'est-à-dire nécessitent u n vide
générale, est indiquée en 3.4, ci-après.
élevé dans le réservoir si H = 0. A

d) Utilisation d'un réservoir fermé situé en 3.2.4. E S S A I S D E P O M P E S S E M B L A B L E S D E D I M E N -


SIONS D I F F É R E N T E S .
contrebas de la pompe :
Le mieux, semble-t-il, est de combiner les Outre les écarts dus aux nombres de Reynolds
méthodes b et c, en mettant le réservoir fermé et au nombre de Fronde, qui sont différents pour
à plusieurs mètres au-dessous de la pompe. les deux machines, il faut citer :
Le temps de passage de l'eau dans la zone — rugosité relative différente pour les deux
de faible pression est alors très court et on se pompes ;
rapproche davantage des conditions de I'instal-r — écarts mineurs dans la similitude géométri-
lation industrielle. que, mais pouvant avoir une grosse influence
L'emploi d'un compresseur combiné avec la sur la cavitation (épaisseur des aubes à l'en-
pompe à vide permet d'obtenir des valeurs de trée), forme et acuité de l'arête d'entrée, con-
(NPSH) depuis 0 jusqu'à plusieurs dizaines
disp
gés de raccordement, jeux marginaux, etc.
de mètres. Ceci a une grande importance pour les petites
pompes (D„ < 200 m m , pour fixer les idées).
f?) Circuit fermé plein avec tube de charge.

Dans les cas où ( N P S H ) doit être toujours


fHsil 3.3. Variation d u débit limite d'une p o m p e en
maintenu supérieur à 10 m , il est c o m m o d e fonction de sa vitesse de rotation et d u
d'employer u n circuit fermé plein avec une sim- ( N P S H ) disponible.
ple colonne piézométrique de charge.
D'après la valeur du (NPSH) disponible, une
3.2.1.3. Indétermination de la courbe en
augmentation de vitesse de rotation peut, sui-
charge. — Avant de pouvoir déterminer les
H
points D et С (décollement de la courbe H-Q par L (2)
rapport à la courbe en charge et chute de hau-
teur de 3 %) il faut d'abord s'assurer qu'en aug-
mentant la charge par rapport à la courbe de
base dont on part, la courbe H-Q ne varie pas en
sens inverse. Il faut, en effet, partir d'une courbe
qui ne varie plus quand la charge augmente. Ceci
est souvent une source d'imprécision ou d'er-
reur, pour les grandes rapidités spécifiques.

3.2.2. T E M P S D E P A S S A G E .

Le temps que met l'eau pour traverser la zone


de faible pression semble avoir une grande
importance, c o m m e déjà indiqué plus haut.
Cette question, qui reste controversée, est gé-
nérale et sort du cadre de ce rapport. FlG. 10
N O V E M B R E 1962 - № 6 P. GUITÓN 715

vaut les cas, soit diminuer le débit atteint (Q,. Les deux courbes (1 bis) et (2 bis) se déduisent
ou Q ), soit au contraire l'augmenter.
f/ l'une de l'autre par la similitude : (NPSH),,
2
La figure 10 permet de le montrer. variant c o m m e (n^/n,) et Q c o m m e J? /n,. 2

Sur cette figure, nous avons fait figurer les Ces deux courbes, incurvées vers le haut, se
courbes hauteur-débit (1) et (2) d'une pompe à coupent en P. Si le (NPSH) disponible est supé-
deux vitesses de rotation différentes nj et rieur à celui correspondant à l'ordonnée de P,
n > 7i , ainsi que les courbes (1 bis) et (2 bis)
2 3 on a Q, > Q,,î> c o m m e le montre la figure.
;2

donnant (NPSH)„ = f (Q) pour les m ê m e vites- Par contre, s'il lui est inférieur, on a
ses. Q„2 < Qm-

CHAPITRE 4

DIAGRAMMES GÉNÉRAUX - FORMULES APPROXIMATIVES

4.1. D i a g r a m m e général Ceci a été fait, notamment en vue de compa-


rer ces résultats statistiques moyens à ce que
4.1.1. P R É S E N T A T I O N D U DIAGRAMME : donnent les formules simplifiées en usage ou
publiées dans la littérature technique qui,
La similitude des turbomachines étant consi- c o m m e on le verra en 4.3, ne sont utilisables
dérée c o m m e applicable à la cavitation sous les que sous certaines réserves.
réserves formulées au chapitre 3, le groupe de Le Groupe de travail poursuit actuellement
travail « pompes » a établi un diagramme géné- cette confrontation.
ral <J<a = / ('-?a) (Wir fig. 11).
U n examen critique est en effet nécessaire en
Ce diagramme est tracé en coordonnées loga-
vue d'éliminer les écarts dus aux conditions d'es-
rithmiques. O n y a figuré le réseau des droites
sai ou au fait que les résultats ont trait à des
parallèles, u/ = constante caractérisant la rapi-

roues de dimensions ou de vitesses de rotation
dité spécifique d'aspiration corrigée. Pour que le
trop différentes.
diagramme soit plus général, on en effet choisi
la rapidité spécifique d'aspiration corrigée Il serait souhaitable, dans un stade ultérieur,
(3.1.2.7). O n y a aussi figuré quelques droites de ne se référer, par exemple, pour fixer les
parallèles K„ = constante et, en particulier, la idées, qu'à des œillards compris entre T> = a

droite K — 1 soit i = 9 „ c'est-à-dire .


a a
2 200 m m et D„ = 300 m m et à des valeurs de
2
u„ /2 g comprises entre 10 m et 20 m .
(NPSH) = (v y2 g). a Dans la statistique du Groupe de travail, sur
chaque courbe 'Kc = /(?«), le point correspon-
Les ordonnées mesurées par rapport à cette dant au <?„ pour lequel le rendement maximal de
2
droite, multipliées par u /2 g soit : a la pompe est atteint, est marqué d'un petit cer-
cle et, à.côté de ce point, la valeur du w corres- s

O ^Yodisp.
2
9a )
2)ondant est indiquée.
z
y
2
»,
c'est-à-dire (NPSHW — (27) 4.1.2. P R I N C I P A L E S ZONES DU DIAGRAMME <yt =
•9 J f (?„). C O U R B E S T Y P E S = f <«p) :
a

représentent, mesurée en hauteur de liquide, la


différence entre la pression moyenne dans l'œil- Pour résoudre un problème donné : Q, H, n,
lard et la pression de vapeur. (NPSH) ., ce qui définit la vitesse spécifique
disp

C'est la marge disponible, avant cavitation, d'aspiration, donc, dès que l'on a estimé m, la
pour faire face aux dépressions dues aux aubes droite o/ = Cte du graphique au-dessous de
sa

par rapport à la pression moyenne dans l'œil- laquelle le point ç„ — ty de la p o m p e doit se


aB

lard. situer, le constructeur a plus ou moins le choix


A partir des courbes 4w = / (<?<>) d'un grand du diamètre d'entrée de la roue D . a

nombre de pompes, réunies par les différents Si la p o m p e doit avoir une capacité d'aspira-
constructeurs ou expérimentateurs participant tion élevée, pour augmenter la marge disponible
au groupe de travail, on a cherché à dégager, donnée par l'expression
en les confrontant, des allures types et des zones
moyennes pour ces courbes. [(NPSH)<lisp. (»«V2 g)'.
716 LA HOUILLE BLANCHE № 6 - NOVEMBRE 1962

(NPSH)

0,07 0,09 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1


0,16 0,18
FlG. 11
Diagramme général de cavitation des pompes.
N O V E M B R E 1962 - № 6 P. G U I T Ó N 717

(voir 3.1.1 et 4.1.1), on est conduit à choisir v a Courbe 2 : P o m p e centrifuge de rapidité spéci-
le plus faible possible, donc D„ le plus grand fique a», = 1,6 environ;
possible, c'est-à-dire une valeur de o faible. tt

3
Courbe 3 : P o m p e hélice de rapidité spécifique
<? varie en effet c o m m e 1/D , car on a :
a a
w = 3,8 environ;
s

Q (28)
(*/8) mcoBy 5
ZONE II

Courbe 4 : Roue d'extraction en eau aérée :


D„ Q
d'où (28 bis) w = 0,60 environ;
s

Courbe 5 : Roue d'extraction en eau désaérée :


C o m m e , en l'absence de prérotation, v /u est a a
(n = 0,50 environ;
s
la tangente de l'angle de la vitesse relative de
l'eau dans l'œillard au diamètre D„, avec la di-
rection de u„, cela conduit parallèlement à cou- ZONE III
cher les aubes à l'entrée. Courbe 6 : Roue centrifuge :
O n est cependant limité dans cette voie si on
ne veut pas sacrifier le rendement de la roue, ou w = 0,75 environ.
s

bien tomber sur des instabilités de la courbe


H = / (Q) de la pompe.
Pour des tracés normaux, les roues se situent 4.2. Valeurs moyennes de «/. (ou S')- Cour-
donc sur le diagramme dans une bande verti- bes c— f(n ).
s

cale comprise, à l'extrême, entre o = 0,2 et a

<f = 0,5 et pratiquement entre 9 == 0,25 envi-


a a Le diagramme précédent montre qu'une m ê m e
ron et ©„ = 0,35 environ, ce qui correspond à courbe caractéristique de cavitation de pompe
une première zone du diagramme (Zone I). tyac — f ( ?a) correspond à des vitesses spécifiques

C o m m e , pour un débit et une Adtesse de rota- d'aspiration <ù' très différentes suivant le débit.
sa

tion donnés et pour un degré d'obstruction de Pour chaque courbe, on peut déterminer trois
l'œillard donné, D varie en raison inverse de la
8 valeurs de o/ : stt

racine cubique de <? (voir 28 bis) l'écart relati-


a

vement faible sur <? conduit à des écarts encore a) La valeur maximale;
tt

plus faibles sur D . ffi


b) La valeur au rendement maximal de la
Si l'on s'en tient au cas où m = 1, on peut pompe ;
dire :
c) La valeur minimale dans les limites de
Pour un débit donné et une vitesse de rotation
débit correspondant à l'utilisation normale de la
donnée, toutes les pompes de tracé normal, et
pompe.
sans moyeu dans l'œillard, ont des diamètres
d'œillard du même ordre, quelle que soit leur Si l'on prend cette dernière valeur et qu'on en
rapidité spécifique. détermine u n ordre de grandeur assez large, on
peut en déduire une règle simple permettant de
Si la capacité d'aspiration prime tout, on est
dégrossir rapidement un problème de pompes :
amené à sacrifier le rendement de la première
par exemple :
roue et à adopter des valeurs de ty„ nettement
plus faibles. w' = A pour les tracés normaux; 80

C'est le cas des roues de pompes d'extraction,


u ' = B pour les tracés d'extraction. s o
qui se situent dans la Zone II du diagramme.
Enfin, dans certains cas, et pour des usages Dans ce cas, la relation (23) ou (24) :
spéciaux ou pour des raisons particulières, des
4/3 4/3
valeurs beaucoup plus grandes de o„ ont été uti-
lisées (œillards petits avec aubes très redres-
sées).
Elles constituent la Zone III du diagramme. du paragraphe 3.1.2.7 devient, pour les tracés
Sur ce diagramme nous avons fait figurer, au normaux :
simple titre d'illustration, quelques courbes ty- 4/3
pes moyennes | = / (» ) qui n'ont qu'une valeur
a c 0
(27)
schématique.
ZONE I
Ceci permet de déterminer des graphiques d'uti-
lisation a — f (a),) ou <r = / (/?,) qui, en coordon-
Courbe 1 : P o m p e centrifuge de rapidité spéci- nées logarithmiques, sont représentées par des
fique u = 0,5 environ;
s
droites de pente 4/3 ou presque, suivant que l'on
718 LA HOUILLE BLANCHE № 6 - N O V E M B R E 1962

maintient A constant ou qu'on le fait varier un l'ordre de 20 % à 30 % , à une valeur correspon-


2)eu avec ov dante de S = 140 à 150 environ.
Le plus répandu de ces graphiques est celui De m ê m e , pour les pompes d'extraction, en
des Standards de 1'« Hydraulic Institute » améri- première approximation, dans les projets, il vaut
cain que l'on trouvera retranscrit en unités mieux s'en tenir à S ^ 250 environ soit
w
métriques sur la figure 12. 'tt ^ 5 environ avec obstruction de l'œillard
S

par le moyeu de l'ordre de 15 % .

2
4.3. Formules de la forme ^ac — Ki?» + Kg

Beaucoup d'auteurs considèrent la différence


entre la pression totale à l'entrée de la machine
et les cavités où règne la tension de vapeur,
soit (NPSH) , c o m m e la s o m m e de deux termes :
C

— Une dépression dans l'œillard due à la


2
mise en vitesse v /2 g et éventuellement u n peu
a

supérieure à cette mise en vitesse moyenne par


suite des survitesses locales et des petites pertes
de charge, soit :

K avec K ^ 1

—- Une dépression supplémentaire due à l'ac-


tion des aubes, et proportionnelle à
w„- ,, , IV
nQ soit X
I
I
20 30 40 50170,9C
60 80 I n ¿9 '2g
10 100

w„ étant la vitesse relative à l'entrée des aubes


Diagramme ramené au d'un œillard
au diamètre de l'œillard.
FIG. 12
D i a g r a m m e a — n, déduit des standards (NPSH)„ = K w„ (30)
de l'«Hydraulic Institute» américain. 2g 2g

X est variable avec ©„, augmentant rapidement


Il comprend deux branches, l'une pour les
de part et d'autre de la valeur de ©„ correspon-
pompes hélico-centrifuges et hélices, basée sur
dant à l'angle d'entrée optimal, surtout si on
S = 160 soit o/,„ = 3 environ pour m = 1, l'au-
détermine X non plus par (NPSH) , mais par C
tre pour les pompes centrifuges monocellulaires
(NPSH)„.
(avec m = 1) où S varie de 180, soit u>' — 3,4 sa

pour n„ = 24, à 126, soit o/ = 2,4 pour n = 82.


S(l s E n l'absence de prérotation,
Une comparaison avec le graphique général 2 2 2

de la figure 11 montre que cela donne générale- w a = v + u,


ment une marge.
Mais cette marge est nécessaire pour tenir d'où : ( N P S H ) = (X - f K ) ~~ -4- \
C

2g 2g
compte des variations de débit, donc de ©„, aux-
quels peut être soumise la pompe et pour élimi- Si l'on divise les deux membres par u /2 g et a
2

ner autant que possible la cavitation physique en ne considérant pour X et K qu'une valeur
cachée en couvrant la courbe A,,» — f (•<?„), con- moyenne constante, X + K = et X = K , on 2

nue ou supposée, ceci d'autant plus que la hau- obtient des relations de la forme :
teur faite par la pompe est relativement grande
pour sa vitesse spécifique. «ta = K 2
l9a + K 2 (31)
Pour les projets, il est prudent, en première
approximation, de ne pas dépasser S — 170 poul- Les valeurs de K K , (ou K et X ) proposées
1 ;

ies roues sans moyeu dans l'œillard. Gela con- par divers auteurs : Pfleiderer, Gongwer, etc.,
duit, pour les roues de multi-cellulaires, avec sont très variables, K variant de 1 à 1,5 environ
x

une obstruction de l'œillard par le moyeu de et Ko de 0,3 à 0,08 environ, croyons-nous.


N O V E M B R E 1962 - № 6 P. G U I T Ó N 719

L a formule de Gongwer par exemple, citée ces formules représentatives couvrent. Enfin, il
parfois donne K = l , 4 et X = Ko = 0,085, d'où n'est pas toujours spécifié si elles ont trait à des
K = 1,485.
x moyennes ou à des cas extrêmes.
O n peut, en sens inverse, essayer de recher- Le Groupe de travail ne pense donc pas qu'il
cher quelles valeurs de Kj et de K il faudrait 2
faille pour le m o m e n t attacher trop de valeur à
adopter pour avoir une allure générale plus ce genre de courbes.
satisfaisante, par exemple tangente aux courbes
(3), (1) et (6) de la figure 11.
Malheureusement, aucune valeur de K et K x 2

ne permet d'y parvenir, car la forme m ê m e de 4.4. Relation entre w' . et w,„ c'est-à-dire entre
aa

l'expression (31) ne semble pas convenir pour S' et n au point de rendement maximal.
s

cela.
O n peut seulement trouver des valeurs de L'examen des courbes <b = f (?„) recueillies
ac
et Ko qui rendent ceci possible pour une plage ne permet pas actuellement de déceler une loi
relativement étroite de o . a
générale de variation de la rapidité spécifique
Suivant que cette plage se situe dans la zone d'aspiration corrigée o/ de la roue en fonction
S(l

des cp normaux, dans celle des faibles cp ou dans


0 s
de sa rapidité spécifique ui. s

celle des <? élevés, on aboutit ainsi à des valeurs


ffi

différentes de K et K .x 2 <j/ = f (w ) au point de rendement maximal des


ga s

Ceci explique en partie les écarts rencontrés pompes.


sur ces valeurs dans la littérature. Cependant, pour un m ê m e constructeur, s'il y
Ces écarts sur K et K sont dus aussi probable-
3 2 a une continuité des méthodes et du style de
ment en grande partie au fait qu'il est rarement tracé pour une large plage de n„, une telle loi
précisé quelles portions des courbes peut apparaître.
'\>ah = f (<?„) Tel constructeur, par exemple, donne pour ses
tracés normaux, une variation à peu près li-
OU <\i ac = f, (fflj néaire de o'.„ entre o> = 0,4 et w = 1,3, u>' di-
s s s m

OU <\> „ = f (<p )a 0
minuant de 40 % quand w, varie de 0,4 à 1,3.

CHAPITRE 5

INFLUENCE DE LA GÉOMÉTRIE DE LA ROUE

5.1 Influence du diamètre d'œillard D„. l'aube à l'entrée sur le diamètre moyen D de t

l'arête d'entrée des aubes, la réduction relative


Nous avons signalé cette influence au para- de la section de passage à l'entrée des canaux
graphe 4.1. Les variations de D entraînent, rap- par rapport à ce qu'elle serait avec des aubes
tt

pelons-le, celles de cp et par suite celles de l'an- infiniment minces, peut être estimée approxima-
a

gle des aubes à l'entrée qui doit s'adapter à <p tivement c o m m e suit : La figure 13, qui repré-
OI

qui, avons-nous vu, en l'absence de prérotation et sente schématiquement l'entrée d'un canal dans
une vue pseudo-développée, donne un ordre de
pour une répartition uniforme des vitesses axia-
grandeur de cette réduction relative en faisant
les, donne la direction de la vitesse relative du
abstraction des courbures, et en se limitant au
liquide au diamètre D . a

5.2. Influence de l'épaisseur des aubes à


l'entrée.

Nous avons signalé plus haut l'importance de


cette épaisseur et de la forme de l'arête d'en-
trée, perpendiculairement à l'aube.
Pour préciser, si Z est le nombre d'aubes, e
l'épaisseur de celles-ci à l'entrée et ^ l'angle de Fia. 13
720 LA HOUILLE BLANCHE № 6 - NOVEMBRE 1962

cas où l'arête d'entrée est sensiblement au dia- dépend en fait de la forme de l'arête d'entrée et
mètre D .
a
du tracé des aubes au voisinage de celle-ci.
La figure donne en effet les relations suivan- Le raccordement des deux branches peut être
beaucoup moins arrondi que représenté sur les
tes :
figures, et m ê m e se faire de façon plus ou moins
Réduction relative : anguleuse, les deux branches pouvant aller jus-
qu'à se recouper dans certains cas.
NX NT' WD,/Z) — (e/sinp,) Mais les influences respectives de la forme de
ML M'L' rX> /Z x la section droite des aubes sur l'arête d'entrée,
du profil de l'arête d'entrée dans le plan méri-
Ze dien et du tracé de l'aube au voisinage de
soit réduction relative = 1 (32) l'arête d'entrée, facteurs qui influent tous les
•KD sin ß
1 x
trois sur les caractéristiques de cavitation, sont
des questions qui restent du domaine propre
Cette réduction entraîne une augmentation de de chaque constructeur.
la vitesse relative moyenne à l'entrée des canaux,
Divers auteurs ont cherché à établir des rela-
d'où une augmentation de la dépression et une
tions faisant intervenir la géométrie de ces tra-
diminution de la capacité d'aspiration, c'est-à- cés. Nous ne les mentionnerons que pour m é -
dire une augmentation de ( N P S H ) et <\>. e o
e
moire.

5.3. Influence de l'angle d'entrée m o y e n pi des 5.5. Influence du n o m b r e d'aubes.


aubes ($i est défini e n 5.2).
E n augmentant le nombre d'aubes Z, on
Cette question reste du domaine propre de cha- diminue le couple transmis par chaque aube
que constructeur. au liquide pour u n débit et une hauteur donnés,
Nous signalons seulement le point suivant : donc la différence de pression moyenne entre
les deux cotes de l'aube. Cela va dans le sens
Si l'on trace la ligne K„ = constante tangente
d'une augmentation des capacités d'aspiration
à la courbe ty = f (çj d'une pompe, le <? du
ac a
de la pompe.
point de tangence semble correspondre plus ou
Par contre, en augmentant le nombre d'au-
moins, d'après certains expérimentateurs, à un
bes, on diminue la section de passage utile à
angle de la vitesse relative, en l'absence de pré-
l'entrée des canaux, par suite de l'épaisseur de
rotation, voisin de l'angle de l'aube.
celles-ci, d'où une augmentation des vitesses
C'est également au voisinage de ce point que relatives. Cela va dans le sens d'une diminu-
e s
la courbe ij'aîi = / (?«) t en général la plus pro- tion des capacités d'aspiration de la pompe.
che de la courbe ty = f (? ).
uo a
Ceci montre qu'il est difficile d'en déduire
Il est à noter que pour les valeurs de o au- a une loi générale.
delà de ce point, c'est la face avant de l'aube qui Pour les pompes de grand u avec des aubes
5

tend à caviter, et pour des valeurs de o en deçà a peu couchées à l'entrée, divers expérimentateurs
de ce point, c'est la face arrière de l'aube qui ont trouvé que si, pour une m ê m e p o m p e avec
tend à caviter. L a courbe <\i = f (?„), de m ê m e
tth des aubes identiques, on en diminuait le nombre
que les courbes ( N P S H ) = f (Q), se compose
6 au-dessous d'une certaine valeur, ( N P S H ) aux
C

donc en fait de deux branches ayant trait cha- points successifs de. rendement maximal allait en
cune à l'une des faces de l'aube (branche n° 1 et augmentant, c'est-à-dire que la capacité d'aspi-
branche n° 2) respectivement (voirfig.15). ration augmentait.
Encore faut-il s'assurer que la diminution de
H, et par suite l'augmentation de n qui en est
s

5.4. Influence du tracé des aubes proprement résultée, n'explique pas déjà en grande partie ce
dit et du profil de l'arête d'entrée. résultat.
Pour les pompes de petit u et en particulier
s

pour les pompes d'extraction dont les aubes sont


Les deux branches de la courbety = / («J ou al) très couchées à l'entrée (•<?„ petit) on perd en gé-
(NPSH)s = / ( Q ) dont il vient d'être question en néral sur la capacité d'aspiration quand on aug-
5.3 sont plus ou moins indépendantes l'une de mente le nombre d'aubes, ceci par suite de la
l'autre et l'allure parabolique de leur raccorde- diminution de la section de passage qui en ré-
ment, représenté sur lesfigures8 et la figure 15 sulte.
N O V E M B R E 1962 - № 6 P. G U I T Ó N 721

CHAPITRE 6

C A V I T A T I O N S A U T R E S Q U E LES C A V I T A T I O N S
D A N S L'ŒILLARD D E LA PREMIÈRE ROUE,
DANS LA Z O N E DE BON R E N D E M E N T

6.1. Cavitation physique à faible débit à l'en- sique de la cavitation de la branche 3 et sur sa
trée de la roue et en amont de celle-ci. localisation.
Signalons cependant que plus le débit dimi-
Pour presque toutes les rapidités spécifiques, nue, plus les cavités tendent à se former en
si on utilise une p o m p e à des hauteurs normales amont dans l'œillard et jusque dans le moyeu
ou élevées (par rapport à cette rapidité spécifi-
(NPSH) bronche 3
que) et si on diminue le débit progressivement b

(NPSH) h bronche 2
par rapport à celui de rendement maximal, la /
'(NPSH). branche 1
p o m p e devient bruyante et ceci d'autant plus
que sa rapidité spécifique est élevée.
Très souvent, et notamment pour les faibles
et moyennes rapidités spécifiques, le bruit s'atté-
nue u n peu quand, en diminuant encore le débit,
on arrive au débit nul.
Fio. 15
Il est bien connu qu'au-dessous d'un certain
débit, l'écoulement méridien normal est déséqui-
libré et est remplacé par des écoulements méri- de la torche de prérotation de la tuyauterie d'as-
diens tels que ceux des figures 14 a et 14 b. piration (ceci tout au moins pour les petites et
moyennes Adtesses spécifiques).
E n ce qui concerne l'influence sur les courbes
caractéristiques, il semble qu'au-dessous d'un
certain (NPSH) disponible, la hauteur à débit
nul diminue un peu.

6:2. Cavitation marginale des roues hélices


et des rouets ouverts et semi-ouverts.
Fia. 14

C'est celle qui apparaît dans la fuite entre pa-


les et stator dans les roues hélices ou dans les
E n m ê m e temps la prérotation se développe à roues semi-ouvertes. Elle apparaît en général
l'amont de la roue. avant la cavitation derrière les pales.
Ces mouvements sont générateurs de cavita- C'est une de celles que l'on peut le plus facile-
tions physiques locales c o m m e a pu le montrer ment visualiser et de nombreuses photos en ont
la visualisation. été publiées pour les roues hélices.
Certains expérimentateurs ont pu mesurer Elle ne semble pas influencer de façon sensi-
ainsi les valeurs du ( N P S H ) d'apparition des
6 ble les caractéristiques de fonctionnement de la
cavités correspondantes et ont mis en évidence machine, mais elle est influencée par l'impor-
une troisième branche de la courbe ( N P S H ) = 6 tance de la fuite marginale qui, elle, agit sur ces
os
f (Q) (branche n° 3) différente des branches n 1 caractéristiques.
et 2 de la zone de bon rendement (voir fig. 15). Son principal inconvénient est l'érosion, à la
L'intersection P des branches 2 et 3 pourrait longue, de la ceinture fixe et de l'extrémité des
correspondre à la pointe de bruit. Il conviendrait pales, ce qui conduit à utiliser de préférence,
de vérifier que pour un (NPSH) disponible supé- pour ces parties, des métaux résistant bien à la
rieur à celui de l'ordonnée du point P, le bruit cavitation.
disparaît. Il ne semble pas qu'il y ait de différence mar-
Nous ne nous étendrons pas sur l'aspect phy- quée entre les pompes et les turbines à ce sujet.
722 — LA HOUILLE BLANCHE № 6 - NOVEMBRE 1962

6.3. Cavitation dans les diffuseurs et les C o m m e le débit influe ici beaucoup plus que
le (NPSH) sur la pression disponible, il en ré-
volutes.
sulte une remontée brutale de la courbe
6.3.1. C A V I T A T I O N DANS L E S DIFFUSEURS : (NPSH)„ = /(Q), (fig. 16 c).
L'examen des zones érodées de certains diffu-
O n peut expliquer cette cavitation schémati- seurs semble montrer qu'il peut y avoir aussi
quement c o m m e suit. cavitation aux petits débits, apparemment par
La pression à la sortie de la première roue décollement en sens inverse derrière les aubes, à
d'une pompe est égale, exprimée en hauteur de l'entrée.
liquide, à :
6.3.2. C A V I T A T I O N A U X BECS D E V O L U T E S :
(NPSH) disI , - 1
(33)
2g Y
Quoique ayant quelque analogie avec les cavi-
Ap,. étant la pression faite par la roue, tations dans les diffuseurs, elle est plus rare-
ment constatée que ces dernières, et n'affecte
Cette pression va en diminuant quand le débit qu'exceptionnellement les courbes caractéristi-
2
augmente, v /2 g augmentant et A/),, diminuant.
a
ques.
Or, quand le débit augmente très au-delà du
débit normal, l'angle d'entrée de l'eau dans le
diffuseur augmente, et par suite, la contraction 6.4. Cavitation propre aux p o m p e s multicel-
augmentant, la section utile contractée de celui- lulaires.
ci diminue (voirfig.16 a).
Ceci, et l'augmentation de débit peuvent con- La figure 17 représente la courbe caractéristi-
duire à de très grandes vitesses dans cette sec- que H-Q à vitesse constante d'une p o m p e multi-
tion contractée et par suite à des dépressions cellulaire à m roues et la caractéristique faite
atteignant l'importance de la pression disponible, par l'ensemble des roues sauf la première, soit
d'où cavitation dans cette section. les m — 1 dernières roues.
Le débit cesse par suite d'augmenter et il y
a chute à pic de celui-ci si on diminue la hau-
teur H de la pompe, le diffuseur se vidant alors
partiellement (voirfig.16 6). f (Q) m roues
Cette cavitation peut se produire m ê m e en
l'absence de cavitation dans la première roue.

re
Q 1 roue
9

Q
FIG. 1 7
(Extraite de l'ouvrage de Stepanoff.)

Si le (NPSH) disponible est tel que la pre-


mière roue soit en cavitation globale et que l'ins-
tallation impose à la pompe une hauteur H infé-
rieure à celle du point G de lafigure,le débit
des m — 1 roues de refoulement devient passagè-
rement supérieur à celui de la première roue.
Celle-ci cavité alors entièrement ainsi que son
diffuseur; la seconde roue (et éventuellement
les suivantes) cavitent alors à leur tour jusqu'à
ce que les roues de refoulement ne fassent plus
que le débit Q . f;

Une des conséquences, c'est que la circulation


d'eau s'arrête dans la douille de la cloison m é -
diane entre les étages 1 et 2, qui est traversée
par l'arbre, ainsi que dans les bagues d'étan-
chéité de la première roue, et la pompe a beau-
FIG. 1 6 coup de chances alors de gripper.
N O V E M B R E 1962 - № 6 P. G U I T Ó N 723

CHAPITRE 7

FORMES D E S CAVITES. — BRUITS E T TRÉPIDATIONS

DÉTÉRIORATIONS DUES A LA CAVITATION

7.1. F o r m e des cavités. Cette question des bruits, qui est une de cel-
les qui limitent l'emploi des pompes pour des
Les différents types de cavitation décrits hauteurs que l'on cherche à augmenter toujours
d'après la forme des cavités ne sont pas, dans davantage, est parmi celles dont l'étude systéma-
l'ensemble, différents de ceux rencontrés dans tique serait le plus nécessaire. Mais elle est
les turbines, si ce n'est qu'on ne trouve pas malheureusement très complexe et d'investiga-
l'équivalent des cavitations par torches dans les tion difficile.
aspirateurs et derrière les ogives des turbines. Il en est de m ê m e des trépidations et des vi-
brations dues à la cavitation.
Nous renverrons donc aux études faites par
ailleurs à ce sujet (Voir le rapport de M . Beau-
frère dans le numéro 4, 1962 de La Houille Blan-
che). 7.3. Détériorations.
Quant à la liaison entre la morphologie des
divers types de cavitation et leur localisation 7.3.1. E R O S I O N S :
dans la pompe, le travail de synthèse correspon-
C o m m e les bruits, elles sont dues à la ferme-
dant reste à faire.
ture brutale des cavités entraînées dans les zones
de pression, et ceci dans le cas où l'écrasement
se fait contre une paroi.
7.2. Bruits et trépidations. Si la fermeture des poches se fait au sein du
liquide, il peut y avoir bruit sans érosion. Cette
Les bruits constituent un des aspects les plus question est du reste générale et sort du cadre
gênants de la cavitation dans les pompes, mais de ce rapport, c o m m e celle de la résistance des
quand ils n'affectent pas les caractéristiques de divers métaux à l'érosion.
la machine, et ne sont pas accompagnés de dété- Les principales zones d'érosion que l'on ren-
rioration, on est amené le plus souvent à les contre dans les pompes peuvent être figurées
accepter. schématiquement sur des plans types. O n peut
C o m m e on le sait, ils sont dus à la fermeture se référer, par exemple, à celles représentées
brutale de cavités entraînées dans les zones de dans l'ouvrage de M . Stepanoff, Pompes centri-
pression. fuges et hélices, figures XII, 10 a, b, c, cf.
Les principales sources de bruit sont : Certaines sont dans les parties exemptes de
cavitation c o m m e par exemple les redresseurs de
— la cavitation au débit partiel, m ê m e si elle
pompes hélices, mais où des poches, provenant
n'est que physique et n'altère pas les carac-
d'une cavitation accentuée de la roue, sont entraî-
téristiques (voir paragraphe 1.6) et ceci d'au-
nées par le courant. Cela peut être également le
tant plus que la vitesse spécifique de la cas de roues d'extraction en pleine cavitation,
p o m p e est plus élevée; provoquant l'érosion de leurs diffuseurs.
— la cavitation au débit normal et au gros dé- Dans ces deux cas, ce n'est pas l'organe qui
bit, et ceci d'autant plus en général que la cavité qui est atteint, mais celui qui est en aval.
vitesse spécifique est plus lente. Ces bruits Il serait intéressant de réunir une documenta-
qui apparaissent au voisinage de la cavita- tion illustrée de cas précis (point de fonctionne-
tion critique et du point C des courbes et au ment, durée, etc.) et cela reste dans les ambitions
début de la cavitation globale, disparaissent du Groupe de travail.
souvent ou s'atténuent quand la cavitation
globale est accentuée; 7.3.2. D É F O R M A T I O N S ET RUPTURES :

— la cavitation de diffuseur et de bec de volute, Outre les érosions, les grippages et aussi les
vraisemblablement tant au gros débit qu'au ébranlements dus aux trépidations, on peut ci-
faible débit. ter c o m m e cas de détériorations :

3
724 LA HOUILLE BLANCHE № 6 - N O V E M B R E 1962

a) Des déformations : b) Des ruptures :


Exemple : La marche des pompes d'extraction Exemple : L a marche de pompes centrifuges
avec une roue en pleine cavitation, l'ajustement à grand n en cavitation accentuée à faible débit,
s

du débit pompé au débit amené se faisant sans par exemple quand elles aspirent en permanence
régulateur par le jeu de la cavitation c o m m e cela

FIG. 18 a FIG. 18 b

était fréquent jadis, avec souvent des désamor- dans un puisard profond insuffisamment ali-
çages et réamorçages brutaux. menté et où l'égalisation des débits se fait, par
O n a vu des cas où les flasques de la roue cavitation. Dans certains cas, des ruptures d'au-
étaient c o m m e soufflés entre les aubes (voir be à l'entrée ont été constatées (voirfig.18 b).
fig. 18 a).

CHAPITRE 8

POMPAGE DES LIQUIDES

A PRESSION DE VAPEUR ÉLEVÉE

8.1. Cas d'un liquide pur : exemple de l'eau Le reste du liquide traverse la zone de dépres-
chaude. sion avoisinant la cavité, sans participer à cet
échange, restant en quelque sorte à l'état de
« surchauffe ».
8.1.1. C O N S T A T A T I O N S G É N É R A L E S :
Ce freinage à la cavitation est d'autant plus
important que la vaporisation est développée.
Par définition, il s'agit d'un liquide dont les Pour une m ê m e p o m p e tournant à une m ê m e
caractéristiques physiques : pression de vapeur, vitesse de rotation, le début de la cavitation
masse volumique, enthalpie, etc., à chaque tem- (point B, apparition des bulles) ne sera donc pas
pérature, sont nettement définies. modifié pour l'eau chaude par rapport à l'eau
Le cas le plus typique et le plus fréquent est froide.
celui de l'eau chaude. Cette eau chaude est en Par contre, pour un m ê m e degré de cavitation
général désaérée. et plus celui-ci est élevé, plus le <NPSH) cor-
re(Juil?

Alors que, pour l'eau froide, la masse de va- respondant à ce degré de cavitation sera dimi-
peur contenue dans une petite cavité d'un vo- nué par rapport à sa valeur en eau froide.
lume donné est négligeable, il n'en est plus de Ou, ce qu[ revient au m ê m e , pour un m ê m e
m ê m e en eau chaude. (NPSH) disponible, le débit atteint pour une
Or, pour faire passer cette masse à l'état de hauteur donnée est d'autant plus grand que la
vapeur, il a fallu lui fournir une certaine quan- température est élevée.
tité de chaleur de vaporisation qui est prélevée La figure 19, extraite du livre de M . Stepanoff
sur l'enthalpie d'une petite quantité de liquide déjà cité en 7.3.1, montre à titre d'exemple les
contiguë. Ceci nécessite un abaissement de tem- courbes de fonctionnement en cavitation d'une
pérature A T au-dessous de celle du liquide pompe fonctionnant à ( N P S H ) , constant et à
disp

pompé. température variable.


Cet abaissement de température, diminuant la U n autre avantage sur l'eau froide est que,
pression de vapeur correspondante, équivaut à lors de la fermeture des poches entraînées dans
une augmentation du (NPSH) disponible, ce qui les zones de pression, la masse de vapeur qu'elles
s'oppose à la cavitation (ou, ce qui revient au contiennent forme coussin amortisseur, ce qui
m ê m e , cela correspond à une diminution du réduit les bruits, les trépidations et les érosions.
(NPSH) requis pour ne pas dépasser ce stade de Le processus schématique décrit ci-dessus per-
cavitation). met de se rendre compte de la complexité du
NOVEMBRE 1962 - № 6 P. GUITÓN 725

Le tableau ci-après donne :

Tp» T di, , dP„


P„, „, p„ L,
? -Jr-et "
dT dT

pour l'eau aux températures T correspondant à


20 °C, 100 °C, 200 "C, 300 °C et 350 °C.
Les constructeurs de pompes à eau chaude
ont cherché des relations, expérimentales ou
autres, reliant ( N P S H ) à la température. Les
C
Q. l/s
FIG. 19
courbes de correction qui en résultent sont le
plus souvent à usage interne.
(Extraite de l'ouvrage de Stepanoff.)
P o m p e de 38 m m , 3740 tr/mn. Citons cependant les courbes B F , B F et U 1 2

Diamètre de roue : 197 m m ( N P S H ) a i s p . = 1,22 m . BF des standards de 1'« Hydraulic Institute »


1 7

Le trait pointillé représente l'aspiration en charge américain, courbes que nous n'avons pas repro-
à 21 «C.
duites.

phénomène et du nombre de facteurs interve- 8.1.2. C R I T È R E THERMIQUE DE CAVITATION (CRI-


nant, parmi lesquels on peut citer : TÈRE D E STEPANOFF) :

T , volume vapeur , M. Stepanoff (voir son livre déjà cité en 7.3.1)


— Le rapport — ' dans la zone de ca-
volume liquide
v
suppose que le rapport du volume de la phase
vapeur V„ au volume de phase liquide Vj inté-
vitation (voir 8.1.2.);
ressé par les échanges thermiques par unité de
— L a masse volumique de la vapeur ? ; D masse de liquide pompé traversant la zone de
cavitation, soit B = (V^/Vj), était caractéristique
— La masse volumique du liquide ç ; t
du degré de cavitation ( H — H)/H„ (voir 3.2.5). n

— La chaleur latente de vaporisation L; Cette hypothèse s'applique en particulier à la


— La conductibilité calorifique du fluide; cavitation industrielle pour laquelle
— L a chaleur spécifique du liquide Q , qui est
la variation de l'enthalpie fj du liquide par (H, — H ) / H „ = 3 %

degré de température C\ = ^ ; Il suppose en outre que la quantité de chaleur


nécessaire à la vaporisation de la masse de va-
— La courbe de la pression de vapeur du liquide peur contenue dans V„ est prélevée sur l'enthal-
en fonction de la température, qui donne la pie du liquide contenue dans Y . Ceci revient à t

variation, par degré, de cette pression, soit admettre que les volumes V et V„ se renouvel- £

dp,, lent parallèlement à la m ê m e vitesse et qu'un


dT ' équilibre thermique a le temps de se produire.

LES VALEURS CI-DESSOUS SONT APPROCHÉES

EAU

CAHACTÉMSTIQUE PHYSIQUE UNITÉ SYMBOLE

à 20 °C à 100 "C à 200 °C à 300 °C à 350 °C

Pression de vapeur bar Pv 0,0233 1,012 15,55 85,9 165,2


Masse volumique du liquide kg/m» 9i 0,998 0,958 0,866 0,712 0,572
Masse volumique de la vapeur kg/m 3
9v 0,0173 0,598 7,86 46,24 113,6
Variation d'enthalpie du liquide par
degré cal dh
1,00 1,00 1,00 1,3 2
kg X degré dT
Variation de la pression de vapeur dp
par degré bar/degré v
0,0015 0,036 0,33 1,2 2,04
dT
Chaleur latente de vaporisation cal/kg L 586 538,9 463,5 325,1 213,0
LA HOUILLE BLANCHE № 6 - N O V E M B R E 1962
726

Dans cette hypothèse on est donc conduit à nel au premier terme entre crochets de l'expres-
écrire : sion développée de B;
?),V,-L = OJVJAJJ b) Pour des pompes identiques tournant à des
d'où : vitesses différentes ou pour des pompes h o m o -
V,, _ oAu thétiques, fonctionnant avec le m ê m e liquide
B (34)
(premier terme .entre crochets identiques) il faut
que (NPSH) — ( N P S H ) . reste inchangé pour
b aisp

relation dans laquelle : avoir le m ê m e degré de cavitation et non pas


o-j, — <r inchangé, ce qui rejoint l'opinion du
dislJ

B = nombre sans dimension caractéristique du Professeur Tenot (voir paragraphe 3.2.3).


degré de cavitation et que M . Stepanoff a Bien entendu c o m m e le fait remarquer M . Ste-
appelé Critère thermique de cavitation. panoff, le rapport V„/V{ ne représente pas exac-
tement le rapport géométrique des volumes de la
V„, V , p„, QI, L ont les significations précisées ci-
!
phase vapeur et de la phase liquide dans la zone
dessus en 8.1.1. et 8.1.2.
déprimée de l'ceillard qui, lui, figurerait au
A „ est la variation d'enthalpie correspondant à mieux le degré de cavitation. E n fonction du
une variation déterminée de (NPSH) par temps de passage plus ou moins rapide une par-
abaissement de la température du liquide tie du liquide échappe aux échanges thermi-
soit A (NPSH), à partir du (NPSH) pour ques : d'une part parce qu'elle n'a pas le temps
lequel cet abaissement de température est de se vaporiser et traverse la zone de cavitation
nul, c'est-à-dire celui où le volume de la dans un état de surchauffe, d'autre part sans
phase vapeur est encore négligeable. doute parce que l'abaissement de température
n'a pas le temps de se communiquer à tout le
Il s'agit donc théoriquement de l'écart de liquide.
(NPSH) par rapport au (NPSH);, correspondant L'emploi du critère B qui a l'avantage incon-
à l'apparition des premières bulles. testable de montrer dans quel sens influent les
diverses caractéristiques physiques du liquide
Donc reste discuté par certains constructeurs et expé-
A (NPSH) = (NPSH) — 6 (NPSH) (35) rimentateurs et les recherches continuent dans
ce domaine.
Pratiquement c o m m e ( N P S H ) est rarement 6

mesurable, M . Stepanoff le remplace par 8.1.3. C R I T È R E D E M . G A G E :


(NPSH),.
Or A (NPSH) correspond à une variation & p v
A u sujet de la cavitation des pompes à eau
de la pression de vapeur du liquide qui est liée chaude, il est nécessaire de signaler u n point
à A par la relation :
a
important ayant trait à l'installation.
T
Si l'on se reporte à la figure 2 et à la relation
,\ A V ^ V -^a (36) (3), on voit qu'il faut tenir compte de l'écart
entre p vA et p et entre y a Yo-
v

Si l'on admet pour simplifier que le refroidis- Or, cet écart existe fréquemment pour les
sement du liquide est uniforme dans le volume pompes alimentaires de chaudières, par suite
V, et c o m m e d'autre part : des régimes transitoires de celles-ci qui font va-
rier la température de l'eau aboutissant dans le
A (NPSH) == ^ î l (37) ballon d'alimentation de la pompe.
9m
Une marge sur le ( N P S H ) est nécessaire
a i №

on obtient en combinant (34), (35), (36) et (37) : pour en tenir compte.


M. Gage a établi un critère définissant cette
d„/dT marge, critère dans lequel intervient le rapport
B X ( N P S H ) , — (NPSH)disi> du volume d'eau contenu dans le ballon au vo-
d /dTlv
lume d'eau contenu dans la tuyauterie d'alimen-
(38) tation de la pompe.

Si le critère B de M . Stepanoff représente bien


le degré de cavitation H„ — H/H„, son expres- 8.2. Cas d'un mélange : exemple des hydro-
sion (38) conduit aux conclusions suivantes :
carbures.
a) Pour une m ê m e pompe fonctionnant à la
m ê m e vitesse de rotation avec deux liquides dif- S'il s'agit d'un mélange de plusieurs liquides
férents il faut, pour avoir le m ê m e degré de purs ayant chacun, pris isolément, des caracté-
cavitation, que l'écart de (NPSH) par rapport à ristiques physiques bien définies à chaque tem-
(NPSH)i supposé soit inversement proportion- pérature, la tension de vapeur du mélange est la
N O V E M B R E 1962 - № 6 P. GUITÓN 727

s o m m e des pressions partielles de chaque cons-


tituant dans le liquide, qui dépend de sa tension \
de vapeur propre et de sa concentration, suivant
la loi de Raoult.
so y J % 0 >, -S.¿y.

Les hydrocarbures complexes peuvent s'écar-
ter de cette loi. 70
•> oar
D e toute façon les parties les plus volatiles fid A T
se vaporisent pour des (NPSH) _ supérieurs à
d!sp 50
celui correspondant à la tension de vapeur du 40
mélange.
•^n
Cependant, dans l'ensemble, il en résulte des i
conditions de non-cavitation, en général moins 20
)PI20 I i I I l i 1 1 , 1 I i |_ i 1—
sévères que celles résultant de fonctionnement Z. 0,30 0.40 Massa
0.50 0.60
spécifiq 0,70 0,80
ue a lotempérature 0,90 en1,00
de pompage 3
kgya'm
en eau froide. (les pressions de vapeur sont des pressions absolues)

L'« Hydraulic Institute » altièricain a publié


FIG. 20
un graphique basé sur l'expérience donnant
Standard B F 18 de 1' « Hydraulic Institute » américain.
approximativement le (NPSH) nécessaire pour
Graphique de correction de ( N P S H )
les hydrocarbures courants définis par leur
pour les hydrocarbures
masse spécifique à la température de pompage, (à ne pas utiliser pour les autres liquides).
et leur tension de vapeur (voirfig.20). Hydrocarbures à tension de vapeur inférieure à 1 bar
Il existe d'autres graphiques utilisés par cer- à la température de pompage.
tains constructeurs, et les recherches à ce sujet
se poursuivent.
C o m m e , pour l'eau chaude, le (NPSH) néces- L'emploi du critère B de Stepanoff, défini de
saire est en général moindre qu'une eau froide, façon analogue à celui pour l'eau, a été tenté
la cavitation entraîne une chute plus faible de la avec plus ou moins de succès. Les recherches et
caractéristique H-Q, et moins de bruit et de discussions se poursuivent à ce sujet entre cons-
trépidations. tructeurs.

CHAPITRE 9

9.1. P o m p e s supercavitantes. Elles échappent en principe à l'érosion, les


bulles entraînées venant s'écraser dans les ré-
gions de surpression à l'aval.
Il n'est pas possible de terminer ce rapport
sans signaler ce type de cavitation.
Les pompes en question ont été créées pour
certaines applications spéciales récentes, telles
que le transfert de liquide dans les fusées, où la
réduction d'encombrement et de poids prime
tout.
Elles utilisent des profils supercavitants.
Ces profils créent une poche de cavitation qui
les englobe, ne restant en contact avec le liquide La figure 21 représente schématiquement,
que par leur intrados. supposons-nous, de tels profils.

CONCLUSION

Le Groupe de travail a surtout voulu, dans ce Il se réserve la possibilité de diffuser ultérieu-


rapport, faire le point de ce qui paraissait acquis rement une feuille corrective pour tenir compte
sur le problème de la cavitation dans les pom- de leurs observation éventuelles.
pes, afin de créer un cadre qui facilite le travail
ultérieur, travail du reste déjà entrepris. Si parfois il est allé un peu au-delà de ce qui
Le rapporteur du groupe regrette et s'excuse est considéré c o m m u n é m e n t c o m m e acquis, il
de n'avoir pu soumettre le texte définitif du s'en excuse également. Mais cela aura au moins
rapport à ses collègues du groupe avant son le mérite de provoquer la discussion.
impression.

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