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U NIVERSIT É M OHAMMED V–R ABAT

É COLE S UP ÉRIEURE DE T ECHNOLOGIE DE S AL É

D ÉPARTEMENT I NFORMATIQUE

Aide-mémoire et exercices corrigés


–M ATRICES –

YOUNES L OUARTASSI

Année Universitaire 2017–2018


M ATRICES
1. Définitions
On appelle matrice à coefficients réels (ou complexes) la donnée de mn nombres réels notés :
(aij )1≤i≤m 1≤j≤n . On représente la matrice de la manière suivante :
 
a11 ... a1j ... a1n

 .... ... ... ... ... 


 ai1 ... aij ... ain 

 .... ... ... ... ... 
am1 ... amj ... amn
Le premier indice correspond à la ligne, le deuxième à la colonne.
Le couple (m, n) s’appelle le format de la matrice ou l’ordre de la matrice.
On note Mm,n (K) l’ensemble des matrices à coefficients dans K (où K = R, C) à m lignes et
n colonnes.

Si m = n, on dit que la matrice est une matrice carrée d’ordre n.


On note Mn (K) l’ensemble des matrices carrées d’ordre n.
Les termes aii pour 1 ≤ i ≤ n forment la diagonale principale de la matrice.

Egalité de deux matrices. Deux matrices A et B sont égales si elles ont même format et pour
tout i et tout j on a aij = bij .
2. Opérations sur les matrices
Soit A = (aij )1≤i≤m 1≤j≤p ∈ Mm,p (K) et B = (bij )1≤i≤p 1≤j≤n ∈ Mp,n (K). On appelle
Pde A par B la matrice C = AB de format m × n dont le terme général cij est :
produit
cij = pk=1 aik bkj .
A(BC) = (AB)C, A(B + C) = AB + AC, A(λB) = (λA)B = λ(AB).
Quelques pièges : le produit matriciel n’est pas commutatif : AB et BA s’ils existent peuvent
être différents. Le produit AB peut être nul sans que A = 0 ou B = 0.
3. Transposée d’une matrice
Soit A = (aij )1≤i≤m 1≤j≤n ∈ Mm,n (K). On appelle transposée de A la matrice AT ∈
Mn,m (K) dont le terme général bij est : bij = aji .
(A + B)T = AT + B T , (λA)T = λAT , (AT )T = A, (AB)T = B T AT .
4. L’inverse d’une matrice
Soit A ∈ Mn (K), on dit que A est inversible s’il existe une matrice B de Mn (K) telle que :
AB = BA = In
Dans ce cas B est unique et s’appelle l’inverse de A et est notée A−1 .
On appelle GLn (K) l’ensemble des matrices inversibles de Mn (K).
Soit A et B deux matrices carrées de Mn (K). Si AB = In , alors A et B sont inversibles et
B = A−1 .
Soit A et B deux matrices carrées de GLn (K). On a (AB)−1 = B −1 A−1 .
T
Soit A une matrice carrée de GLn (K) . On a (AT )−1 = (A−1 ) .

1
Exercice 1. (Produit de matrices)
Calculer les produits matriciels :
     
      −1 −1 0 a b c 1 a c
2 1 1 −1 1 2 0
× , × 1 4 −1  ,  c b a  ×  1 b b  .
3 2 1 1 3 1 4
2 1 2 1 1 1 1 c a

Solution 1.  
        −1 −1 0  
2 1 1 −1 3 −1 1 2 0 1 7 −2
× = , × 1 4 −1  = ,
3 2 1 1 5 −1 3 1 4 6 5 7
     2 1 2 
a b c 1 a c a + b + c a 2 + b2 + c 2 b2 + 2ac
 c b a × 1 b b = a+b+c b2 + 2ac a 2 + b 2 + c2  .
1 1 1 1 c a 3 a+b+c a+b+c
Exercice 2. (Matrices 2 × 2)
Soient deux matrices :    
1 0 0 1
A= , B= .
0 0 1 0
Calculer les matrices :
AB, BA, A2 , B 2 , A2 − B 2 , (A + B)(A − B), A2 + B 2 + 2AB, (A + B)2 .

Solution
 2.       
0 1 0 0 2 1 0 2 1 0
AB = , BA = , A = = A, B = = I2 , A2 − B 2 = A − I2 =
 0 0 1 0   0 0   0 1
  
0 0 1 1 1 −1 0 −1 2 2 2 2
, (A + B)(A − B) = × = , A + B + 2AB =
0 −1   1 0 −1 0 1 −1 0 1
2 1
et (A + B)2 = .
1 1
Exercice 3.  
a b
Soient a et b des réels non nuls et A = . Trouver toutes les matrices B ∈ M2 (R) qui
0 a
commutent avec A c’est-à-dire telles que AB = BA.
Solution 3. 
c d
Soit B = une telle matrice. On a :
e f
   
ac + be ad + bf ac bc + da
AB = , BA = .
ae af ae be + af

Puisque AB = BA, on obtient le système :



 ac + be = ac
ad + bf = bc + da
af = be + af

On résoud ce système pour trouver que e = 0 et c = f . Toutes les matrices B qui conviennent sont
celles de la forme :  
c d
.
0 c

2
Exercice 4.      
1 0 0 1 1 1 1 1 1
On considère les matrices A =  0 1 1 , B =  0 1 0  et C =  1 2 1 .
3 1 1 1 0 0 0 −1 −1
Calculer AB, AC. Que constate-t-on? La matrice A peut-elle être inversible? Trouver toutes les
matrices F ∈ M3 (R) telles que AF = 0 (où 0 désigne la matrice nulle).
Solution 4.
On trouve :  
1 1 1
AB = AC =  1 1 0  .
4 4 3
La matrice A n’est pas inversible : si tel était le cas, on multiplierait à gauche par A−1 dans l’égalité
AB = AC, et on trouverait B = C. Ce n’est pas le cas! Pour la seconde partie, on considère F une
matrice vérifiant les propriétés précitées :
 
a b c
F =  d e f .
g h i
Le calcul de AF donne :
 
a b c
AF =  d+g e+h f + i .
3a + d + g 3b + e + h 3c + f + i
Puisque AF = 0, on a le système suivant :

 a=b=c=0
 a=b=c=0


d = −g

d+g =e+h=f +i=0 ⇐⇒
e = −h
3a + d + g = 3b + e + h = 3c + f + i = 0
 

f = −i

Les matrices F recherchées sont donc les matrices de la forme :


 
0 0 0
F = d e f .
−d −e −f

Exercice 5. (Matrices stochastiques)


Une matrice A ∈ Mn (R) est dite stochastique si et seulement si

1. ∀ 1 ≤ i, j ≤ n, ai,j ≥ 0,

Pn
2. ∀ 1 ≤ i ≤ n, j=1 ai,j = 1.

Montrer que l’ensemble des matrices stochastiques est stable pour le produit matriciel.

Solution 5.
Soient A = (ai,j ) et B = (bi,j ) deux matrices stochastiques et soit C = AB leur produit. Alors,
clairement on a n
X
ci,j = ai,k bk,j ≥ 0
k=1

3
car tout est positif. De plus, pour tout i dans {1, . . . , n}, on a
n
X n
X n
X
ci,j = ai,k bk,j ,
j=1 k=1 j=1
Xn
= ai,k ,
k=1
= 1.

Exercice 6. Soit
   
1 1 0 1 0 0
A =  0 1 1 , I =  0 1 0  et B = A − I.
0 0 1 0 0 1

Calculer B n pour tout n ∈ N. En déduire An .

Solution 6.
On commence par calculer les premières valeurs de B n . On a
     
0 1 0 0 0 1 0 0 0
B =  0 0 1  , B2 =  0 0 0  , B3 =  0 0 0  .
0 0 0 0 0 0 0 0 0

On en déduit alors par récurrence que, pour tout n ≥ 3, on a B n = 0. En effet, c’est vrai pour n = 3.
Si c’est vrai au rang n ≥ 3, alors

B n+1 = B n × B = 0 × B = 0.

Pour obtenir A, on écrit A = I + B et on remarque que I et B commutent puisque IB = BI = B.


On peut alors appliquer la formule du binôme de Newton, ce qui est très facile ici puisque B n = 0
dès que n ≥ 3. On en déduit
   
n n n n−1 n n−2 2
A =I + I B+ I B
1 2
ce qui se réécrit en
n(n − 1) 2
An = I + nB + B .
2
On a donc
n(n−1)
 
1 n 2
An =  0 1 n .
0 0 1

Exercice 7.

 
−1 1 1
1. Soit A =  1 −1 1 . Montrer que A2 = 2I − A, en déduire que A est inversible et
1 1 −1
calculer A−1 .

4
 
1 0 2
2. Soit A = 0 −1 1. Calculer A3 − A. En déduire que A est inversible puis déterminer
1 −2 0
A−1 .
 
0 1 −1
3. Soit A = −1 2 −1. Calculer A2 − 3A + 2I3 . En déduire que A est inversible, et
1 −1 2
−1
calculer A .

Solution 7.

1. Le calcul ne pose pas de problèmes. Il mène à :

A2 + A A+I A+I
= I =⇒ A = A = I.
2 2 2
A est inversible, et son inverse est : A−1 = A+I
2
.

2. Un calcul donne A3 − A = 4I. Donc A × 14 (A2 − I) = I ainsi A est inversible et


 
2 −4 2
1 1
A−1 = (A2 − I) = 1 −2 −1 .
4 4
1 2 −1

3. On vérifie facilement que A2 − 3A + 2I3 = 0. On réécrit ceci en :


 
−1
A(A − 3I3 ) = −2I3 ⇐⇒ A (A − 3I3 ) = I3 .
2
−1
Ainsi, A est inversible et son inverse est A−1 = 2
(A − 3I3 ).

Exercice 8. Soient (an ), (bn ) et (cn ) trois suites réelles telles que a0 = 1, b0 = 2, c0 = 7, et vérifiant
les relations de récurrence : 
 an+1 = 3an + bn ,
bn+1 = 3bn + cn ,
cn+1 = 3cn .

On souhaite exprimer an , bn , et cn uniquement en fonction de n.


an
1. On considère le vecteur colonne Xn =  bn . Trouver une matrice A telle que Xn+1 =
cn
n
AXn . En déduire que Xn = A X0 .
 
0 1 0
2. Soit N =  0 0 1 . Calculer N 2 , N 3 , puis N p pour p ≥ 3.
0 0 0

5
3. Montrer que
n(n − 1) 2
An = 3n I + 3n−1 nN + 3n−2 N .
2
4. En déduire an , bn et cn en fonction de n.

Solution 8.

1. On pose  
3 1 0
A =  0 3 1 .
0 0 3
Il est clair que Xn+1 = AXn , et par récurrence on en déduit que Xn = An X0 .

2. On a    
0 0 1 0 0 0
N2 =  0 0 0  , N3 =  0 0 0  .
0 0 0 0 0 0
Pour p ≥ 3, on a alors N p = N 3 .N p−3 = 0.

3. Ecrivons que A = 3I + N , et remarquons que les matrices 3I et A commutent. Il est possible


d’appliquer la formule du binôme, qui est très simple puisque N p = 0 dès que p ≥ 3. On
obtient exactement le résultat demandé (il était également possible de procéder par récurrence).

4. On a alors
n(n−1)
 
3n 3n−1 n 3n−2 × 2
n
A = 0 3n 3n−1 n .
0 0 3n
On obtient alors :
 n(n−1)
 an = 3n + 2 × 3n−1 n + 7 × 3n−2 × 2
,
b = 2 × 3n + 7 × 3n−1 n,
 n
cn = 7 × 3n .

6
Exercice 9. (Deux matrices qui commutent)
Soit A, B ∈ Mn (K) tel que AB = I + A + A2 . Montrer que A est inversible puis que les matrices
A et B commutent.

Exercice  10. (Calculd’inverse)


0 1 1
Soit A =  1 0 1  . Calculer A2 et vérifier que A2 = A + 2I3 , où I3 est la matrice identité 3 × 3.
1 1 0
En déduire que A est inversible et calculer son inverse.
Solution 9.

Exercice 11. (Calcul des puissances d’une matrice)

 
1 1 0
1. Soit A =  0 1 1  et soit B = A − I3 .
0 0 1

(a) Calculer B 2 , B 3 en déduire une formule de récurrence que l’on démontrera pour B n , pour
tout entier n.
(b) Développer (B + I3 )n par la formule du binôme et simplifier.
(c) En déduire An Pour tout entier n.
 
1 1 1 1
 0 1 1 1  n
 0 0 1 1  . Pour tout entier n, calculer A en utilisant A − I4 .
2. Soit A =  

0 0 0 1

Exercice 12. (Inversibilité)

 
1 0 0
1. On considère la matrice A =  0 1 1  .
3 1 1
   
1 1 1 1 1 1
(a) Soient B =  0 1 0  et C =  1 2 1 .
1 0 0 0 −1 −1
Montrer que AB = AC, a-t-on B = C ? A peut-elle être inversible ?
(b) Déterminer toutes les matrices F telles que AF = 0 (0 étant la matrice dont tous les
coefficients sont nuls).
 
1 2
2. Soit A =  3 4 . Déterminer toutes les matrices B telles que BA = I2 .
−1 4

Exercice 13. (Matrices du type I + A)


Soient A une matrice carrée réelle d’ordre n ≥ 0. On suppose les matrices A et In + A inversibles.

7
1. Montrer que la matrice In + A−1 est inversible.

2. Montrer que (In + A−1 )−1 + (In + A)−1 = In .

Exercice 14. (Transposition)


Soit  
cos θ − sin θ
A= .
sin θ cos θ
Montrer que A est inversible d’inverse AT .

Exercice 15. (Polynôme annulateur)


Soit la mtrice 

1 2 3
A = 2 3 1
3 1 2

1. Vérifier que (A − 6I)(A2 − 3I) = 0.

2. Soient n ∈ N et Pn le polynôme de degré inférieur à 2 tel que :


√ √ √ √
Pn (6) = 6n , Pn ( 3) = ( 3)n et Pn (− 3) = (− 3)n .

Montrer que An = Pn (A).

Exercice 16. (Trace d’une matrice carrée)


A ∈ Mn (K) où K = R, C . On appelle trace de la matrice A, et on note tr(A) l’élément de
SoitP
K, ni=1 ai,i .
Montrer que pour toutes matrices A et B dans Mn (K), on a tr(AB) = tr(BA). En déduire que
pour toute matrice P ∈ GLn (K) on a tr(P −1 AP ) = tr(A).

Exercice 17. (Trace d’une matrice : le retour...)



Soit A ∈ Mn (R). Montrer que si tr AAT = 0 alors A = 0.

Exercice 18. (Inverse)


Soient A, B deux matrices de Mn (K), on note In la matrice identité.
Montrer que si In − AB est inversible alors In − BA l’est également.
Exercice 19. (Matrice à diagonale strictement dominante) P
Soit A ∈ Mn (C). On suppose que pour tout 1 ≤ i ≤ n, |ai,i | > j6=i |ai,j |.
Montrer que A est inversible.

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