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ZAD AL MUSTAQNI' - Imam Al Hajjawy

Commentaire par Salih ibn Fawzan al Fawzan

CHAPITRE SUR LA PROSTERNATION DE L’OUBLI :

Hajjawy : Cela est prescrit pour l’ajout ou l’omission d’actes et pour le doute. Cela n’est pas
prescrit pour l’omission volontaire. Cela peut être appliqué dans les prières obligatoires
et surérogatoires.

Fawzan : La prosternation de l’oubli est une prosternation effectuée en expiation pour avoir
oublier un acte dans la prière.

« Sahwu » veut dire oublier ou avoir une absence. Dans la prière cela fait référence à l’oubli en
ajoutant ou omettant un acte ou en ayant un doute sur si on a accompli un acte ou non.

Allah fait mention de personnes oubliant la prière elle-même, Il dit : « Malheur à ceux qui prient
tout en négligeant (et retardant) leur Salat. » (Sourate Maa’un – V 4-5) Et « sahwu » dans la
prière peut aussi se référer à la négligence. Allah a dit « Puis vinrent des générations qui
négligèrent la prière et suivirent leurs passions. » (Sourate Maryam – V 59).

Sujud al-sahwu ne doit pas être faite pour une omission volontaire ou ajout dans la prière. Toute
action intentionnelle ou distorsion annulera immédiatement la prière comme nous allons bientôt
discuter. Il y a plusieurs actions que le Prophète (Alayhi Salat wa Salam) a oubliés dans sa prière :
il n'a prié que deux rakat en accomplissant une prière composée de quatre rakat. [Hadith rapporté
par Al Bukhary (1 / 129,183) et Muslim (2/86)] Il s’est lèvé après la deuxième rakat sans s'asseoir
pour le premier tashahud [Hadith rapporté par Ahmad (4 / 247,253) et At-Tirmidhi (365)] , il a prié
cinq rakat pour une prière [Hadith rapporté par Al Bukhary (1/111) (2/85) (9/108) et Muslim (2/85)]
Le Prophète (Alayhi salat wa salam) a expliqué à sa Umma les mesures correctives à faire pour
chaque scénario.

Hajjawy : Un acte supplémentaire volontaire fait pendant la prière, à condition que cet
acte appartienne à la prière, comme se tenir debout, s'asseoir, s'incliner ou se prosterner
rendra la prière nulle et non avenue. Si cela est fait par oubli, erreur, il doit faire le sujud
al sahwu pour l'expier.

Fawzan: Les raisons pour faire sujud al sahwu : - L’ajout d’un acte dans la prière, cela peut être
divisé en deux catégories, physiques et verbaux.
Les actes physiques peuvent être divisés en acte qui font partit de la prière comme être debout,
s’incliner, se prosterner et des actes qui ne sont pas accomplit dans la prière comme par exemple
inconsciemment ou par oubli, parler en priant, manger, boire ou marcher en priant aussi
longtemps qu'ils le font avec distraction.

Les actes verbaux sont de deux types, actes additionnel toléré dans la prière et ceux qui ne sont
pas tolérés dans la prière.

Quand quelqu’un accomplit quelque chose en plus parmi les actes physiques pendant la prière,
par exemple s’il s’assoit dans un temps où il doit être debout ou vice versa ou s’il se prosterne plus
de deux fois ou s’il accomplit une rakat supplémentaire, sa prière est valide si cela a été fait par
oubli. Il devra juste accomplir la prosternation de l’oubli comme expiation.

Hajjawy : S’il ajoute une rakat et ne s’en rend compte qu’après la prière ; il devra faire
sujud sahwu. S’il réalise cela en pleine prière il devrait s'asseoir pour le tashahud final s'il
ne l'a pas déjà lu, faire sujud al sahwu et ensuite faire le taslim. Si deux personnes de
confiance font tasbih et que l'imam, bien que n'étant pas confiant de lui-même, procède à
la prière, cela devient invalide pour lui et pour les suiveurs qui le suivaient s'ils étaient
conscients de l'erreur. Ceci cependant ne s'applique pas à ceux qui l'ont fait de façon
distraite, en oubliant ou à celui qui s'est retiré lui-même de (la prière de l’imam) l'imam.

Fawzan : S’il prie al Fajr par exemple, et qu’il se lève pour accomplir une troisième rakat ou qu’il
fasse une rakat supplémentaire dans une des prières obligatoires, il devra stopper son action et
devra se remettre en position assise s’il s’en rappelle lorsqu’il fait cet acte supplémentaire. Il
expiera cette erreur par sujud al sahwu.
S’il réalise seulement après avoir fait l’acte supplémentaire, par exemple il prie une cinquième
rakat et s’assoie pour le tashahud ou qu’il est déjà fait le taslim, il devra faire sujud al sahwu et cela
est suffisant.

En revanche s’il continue de faire l’acte supplémentaire en le sachant et en ayant connaissance des
règles de la prière, sa prière est invalide. Cela est du car il aura fait de façon volontaire un acte
supplémentaire et cela altère, déforme la prière.

Les suiveurs dans la prière sont tenus d’alerter l’imam s’il oublie (quelque chose). Ils ne devront
pas rester silencieux et ignorer cela. La personne devra alerter l’imam en disant « SubhanAllah » et
la femme devra taper sa main sur le dos de l’autre main.
Si l’imam entend le tasbih des hommes ou les clappements de main des femmes, il devra réaliser
qu’il s’est levé pour une rakat en trop. Il devra immédiatement retourner en position assise à
condition qu’il ne soit pas confiant sur sa possible erreur. En revanche, s’il est certain que rien a
été oublié ou qu’il ne s’est pas trompé, il ne devra pas faire attention à l’alerte et continuer la
prière.
S’il n’est pas conscient du fait qu’il ait prié une rakat supplémentaire, il est pardonné et sa prière
est valide. Toutefois il devra faire sujud al sahwu lorsqu’il réalise son erreur ou oubli.

Le suiveur (ma’mum) qui est innatentif sur la prière supplémentaire devra suivre l’imam. S’il est au
courant de l’erreur de l’imam mais le suit en supposant que c’est la bonne décision, alors il est
également pardonné et sa prière est valide.

Toutefois, si le suiveur sait qu’il prie une rakat supplémentaire et qu’il connait la loi islamique, sa
prière est nulle. Il devra se remettre en position assise et ne pas suivre l’imam dans la rakat
supplémentaire qu’il accomplit. Il devra réciter le tashahud en position assise et soit faire le taslim
lui-même, soit attendre que l'imam termine la prière et fasse le taslim après lui.

Hajjawy : Si un acte qui ne fait pas partit de la prière est fait excessivement pendant que
l'on prie, cela conduira à l'annulation de la prière; peu importe que ce soit fait
volontairement ou dans un état d'oubli. Un niveau minimal de performance de cet acte ne
nécessite pas de sujud (comme expiation).

Fawzan : Il s’agit la du deuxième type d’ajout dans la prière, les actes physiques qui ne font pas
partie de la prière comme par exemple, marcher, donner ou prendre quelque chose. Cela est
permis dans la prière seulement si le mouvement est fait au minimum, que cela ne ternit pas la
prière et sujud al sahwu est n’est pas requise.

Toutefois, si ces actes sont beaucoup plus excessifs que les normes sociétales, prolongés et faits
sans qu'il y ait de nécessité, la prière devient invalide. Car cela altère complètement la façon de
faire la prière. Le Prophète (Alayhi salat wa salam) avait l’habitude d’avancer ou de reculer durant
la prière. [Hadith rapporté par Al Bukhary (2/82) et Muslim (3/28), de la narration de Aisha] Il a
bougé de haut en bas pour enseigner à ses Compagnons. Ce mouvement est pour une nécessité
quand un serpent ou scorpion apparait lors de la prière, il devra bouger pour le tuer et continuer
asa prière. [Hadith rapporté par Al Bukhary (2/333, 248, 255, 473, 475 et 490), Abu Dawud (921) et
d’autres.]

Hajjawy : Boire ou manger par oublie ou inconsciemment pendant la prière n’annulera


pas la prière à condition que la quantité soit petite. Boire une petite quantité
intentionnellement en priant une prière facultative ne l'invalide pas.

Fawzan : La quantité qui est bu ou manger doit être petite, une autre condition est que cela est
fait en état d’inconscience ou d’oubli et qu’il soit inconscient donc de son action. S’il le fait
volontairement durant une prière obligatoire, cela annule la prière quelque soit la quantité
consommée.
Pour une prière surérogatoire, boire une petite quantité d’eau est permis. Cela a été fait par
quelques Compagnons du Prophète (Alayhi salat wa salam) parce que les prières étaient souvent
prolongées.

Hajjawy : Et s’il dit quelque chose prescrit dans la Shari’a à un moment inapproprié
comme réciter le Qur’an en prosternation ou en étant assis entre les deux prosternations,
ou encore lire le tashahud quand on est debout ou réciter une sourate dans les deux
dernières rakats, cela n’annulera pas la prière. Ce n’est pas obligatoire de faire sujud al
sahwu mais recommandé. S’il fait le taslim avant que la prière soit terminée, sa prière sera
invalide.

Fawzan : Les actes verbaux ajoutés sont de deux types : - Des mots qui appartiennent à la prière
- Des mots qui n’appartiennent pas à la prière.

La position pour réciter le Qur’an est debout (qiyam).

S’il récite le taslim avant que la prière soit terminée, elle est annulée car le taslim signifie la
conclusion de la prière et donc celui qui le fait volontairement pendant la prière, aura laissé sa
prière incomplète.

Hajjawy : S’il fait le taslim en oubliant et qu’il s’en rappelle un peu après, il devra conclure
la prière et faire le sujud al sahwu. Toutefois, s'il y a un grand écart de temps ou s'il a parlé
d'autre chose que de la question des prières, alors la prière qu'il a faite est invalide, tout
comme parler au milieu de la prière l'invalide. S'il parle sur le sujet de la prière et est
circonspect, alors sa prière est valable. Le rire est similaire à la parole.

Fawzan : Si son taslim est fait avant la conclusion de la prière en oubliant, il devra procéder par
finir sa prière s’il réalise son erreur peu après. Il fera sujud al sahwu comme expiation et sa prière
est valide. Le Prophète (Alayhi salat wa salam) a fait comme cela. [Hadith rapporté par Al Bukhary
(1/129, 183) et Muslim (2/86)]

Premièrement : Concernant le long intervalle de temps, le Prophète (Alayhi salat wa salam) a


réalisé son erreur après une courte période.

Deuxièmement : Concernant l'ablution étant invalide. Il est farfelu de reprendre et de compléter


une prière lorsque l'ablution qui lui est destinée est invalide.

Troisièmement : Concernant le fait de parler d'autres choses que les questions liées à la prière.
Dans l'incident qui sert de précédent, le Prophète (Alayhi salat wa salam) n'a parlé que des
questions relatives à cette prière.
« tout comme parler au milieu de sa prière l’invalide » C’est à dire proférer des paroles qui
n'appartiennent pas à la prière comme Allah dit: "Et tenez-vous debout devant Allah, avec
humilité". (Sourate Al Baqara - V. 238) Il nous a été commandé de garder le silence pendant la
prière. Le Prophète (Alayhi salat wa salam) a dit: "En vérité, il n'est pas convenable que les gens
parlent dans la prière." [Hadith rapporté par Muslim (2 / 70-71), Ahmad (5 / 447-448) et d’autres.]

Les conditions qui permettent de parler après avoir conclu une prière incomplète sont expliquées
ici: Premièrement, le discours doit porter sur la prière elle-même, semblable à l'incident du hadith
où le Prophète (Alayhi salat wa salam) et ses compagnons parlaient seulement de l’oubli dans la
prière. Deuxièmement, il devrait être circonspect (rapide), tout comme le bref échange entre le
Prophète et ses compagnons.

Le fait de rire annule la prière comme le fait de parler, le rire est défini à un rire qui comprend au
moins de lettres.

Hajjawi : S'il souffle ou se lamente mais pas à cause de la crainte d'Allah, le Très-Haut ou
s'il fait un bruit exagéré de la gorge sans besoin, la prière est annulée si au moins deux
harfs (lettres) s'articulent.

Fawzan : Souffler sans excuse valable ou besoin annulera la prière. Cela est dû au fait qu’il y ait
une possibilité qu’un mot s’articulent quand quelqu’un souffle ou se lamente.

Pleurer bruyamment en raison du rapprochement de la mort ou d’une calamité qui lui serait
tombé dessus annule la prière. Cela est qualifié comme une forme de discours qui ne fait pas
partie de la prière. S’il pleure fort dû à la crainte d’Allah, sa prière n’est pas annulée. Le Prophète
(Alayhi salat wa salam) lui-même pleurait dans sa prière, si fort, qu’un son provenant de sa
poitrine qui ressemblait à la respiration sifflante d'une bouilloire. [Hadith rapporté par Ahmad
(4/25,26), Abu Dawud (904) et An-Nasa’i (3/13)]

Le fait de faire un bruit exagéré de la gorge sans besoin annule la prière car c’est un genre de
discours. Si il y a un besoin par exemple, si quelqu'un lui demande la permission d'entrer dans la
pièce pendant qu'il prie, alors c'est permis (de faire un bruit de la gorge). Le Prophète (Alayhi salat
wa salam) a fait cela quand Ali ibn Abi Talib lui a demandé la permission d'entrer alors qu'il était
en train de prier. [Hadith rapporté par Ahmad (1/80), An-Nisa’i (3/12) et d’autres.]

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