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Université Mohammed 1er/Faculté des sciences / Département géologie 2019

INTRODUCTION
Les gisements de skarn ont été exploités pour une variété de métaux, notamment Fe, W, Cu,
Pb, Zn, Mo, Ag, Au, U, REE, F, B et Sn. Les skarns sont présents sur tous les continents et
dans des roches de presque tous les âges. Bien que la plupart se trouvent dans des lithologies
contenant au moins un peu de calcaire, ils peuvent se former dans presque tous les types de
roches, y compris le schiste, le grès, le granit, le basalte et la komatite. Les skarns peuvent se
former lors du métamorphisme régional ou de contact et à partir de divers processus
métasomatique impliquant des fluides d'origine magmatique, métamorphique, météorique ou
marine (Meinert, L et al 2007). On les trouve adjacents aux plutons, le long des failles et des
principales zones de cisaillement, dans des systèmes géothermiques peu profonds, au fond de
la mer et aux profondeurs de la croûte terrestre plus profondes dans des terrains
métamorphiques profondément enfouis. Ce qui lie ces divers environnements, et ce qui
définit une roche comme skarn, est la minéralogie qui comprend une grande variété de silicate
de calcium et de minéraux associés, mais qui est généralement dominée par le grenat et le
pyroxène. Ainsi, la présence de skarn n'indique pas nécessairement un cadre géologique
particulier, une composition de protolithe ou un processus métasomatique Son développement
indique plutôt que la combinaison de la température, de la pression, des fluides et de la
composition de la roche hôte se situait dans la plage de stabilité des minéraux de skarn
identifiés. Le skarn est une roche métasomatique formée par l'altération chimique de roches
volcaniques carbonatées (dolomone et calcaire), calcaréo-pélitiques et riches en Ca-Mg par
des fluides hydrothermaux d'origine magmatique (principalement magma granitique) ou
métamorphiques. Sa formation est associée à la concentration de dépôts métalliques, appelés
dépôts de skarn. Ces dépôts de skarn fournissent d'importantes sources d'or, de chalcopyrite,
de magnétite, de scheelite, de molybdénite, de sphalérite, de galène et de cassitérite Meinert
L. D., 1992. On pense que la majorité des principaux gisements de skarn dans le monde sont
liés aux systèmes hydrothermaux (Einaudi, et al 1981). Les skarns peuvent être stériles ou
contenir des métaux ayant une valeur économique. Les dépôts de skarn sont des sources
importantes de métaux de base et de métaux précieux, ainsi que d'étain, de tungstène et de fer.
Les skarns sont des gisements minéraux à température relativement élevée liés à l'activité
magmatique-hydrothermale associée aux plutons granitoïdes dans des environnements
tectoniques orogéniques; les skarns se forment généralement là où un pluton granitoïde a
pénétré dans des couches sédimentaires comprenant du calcaire ou d'autres roches riches en
carbonates. Les processus qui conduisent à la formation de tous les types de gisements de

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skarn comprennent: (1) le métamorphisme isochimique de contact lors de la mise en place du
pluton, (2) la formation progressive de skarn métasomatique à mesure que le pluton se
refroidit et qu'un fluide minéral se développe, et (3) une altération rétrograde des
assemblages de minéraux formés. Le dépôt de minerais accompagne les étapes 2 et 3. Les
gisements de skarn sont généralement zonés de manière minéralogique par rapport aux
contacts de pluton, à la lithologie originale des roches hôtes et (ou) aux voies de passage des
fluides (Einaudi, et al 1981,).

I- FORMATION DE SKARN

Les skarns sont essentiellement formés à partir de deux processus, à savoir: métamorphisme
isochimique et métasomatisme par infiltration. Le métamorphisme isochimique implique le
transfert métasomatique de composants entre des lithologies adjacentes à petite échelle (peut-
être en centimètres). Métamorphisme isochimique d'unités de schiste et de carbonate
légèrement intercalées où le transfert métasomatique de composants entre lithologies
adjacentes peut se produire à petite échelle (peut-être des centimètres. Skarnoïdes (Fig. 1) est
un terme descriptif pour les roches silico-calcaires à grain relativement fin, pauvres en fer et
reflétant au moins en partie le contrôle de la composition du protolithe. Sur le plan génétique,
la skarnoïdes est un intermédiaire entre des cornes purement métamorphiques et un skarn
purement métasomatique à grains grossiers. En raison des compositions typiques des
protolithes sédimentaires, il est généralement de couleur pâle et de composition pauvre en Fe.
Pour tous les termes précédents, la composition et la texture du protolithe ont tendance à
contrôler la composition et la texture du skarn résultant. En revanche, les dépôts de skarn les
plus importants sur le plan économique résultent d'un transfert métasomatique à grande
échelle, dans lequel la composition du fluide contrôle la minéralogie de skarn et de minerai
résultante (Fig. 1d). Même si bon nombre de ces termes sont assez spécifiques, il existe un
continuum, tant sur le plan conceptuel que sur le terrain, entre processus purement
métamorphiques et processus purement métasomatiques (Meinert, L et al 2007)

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Fig.1 - Types de formation de skarn A. Le métamorphisme isochimique implique une


recristallisation et des modifications de la stabilité des minéraux sans transfert de masse
significatif. B. Le skarn de réaction résulte du métamorphisme de lithologies inter couches,
telles que le schiste et le calcaire, avec transfert de masse entre couches à petite échelle
(bimétasomatisme). C. Skarnoïdes résulte du métamorphisme de lithologies impures avec un
certain transfert de masse par un mouvement de fluide à petite échelle. D. Le skarn
métasomatique à contrôle de fluide a généralement un grain grossier et ne reflète pas
fidèlement la composition ou la texture du protolithes (Meinert, L et al 2005)

II- Evolution des dépôts de skarn

La formation d'un dépôt de skarn est un processus dynamique. Dans la plupart des grands
gisements de skarn, le métamorphisme précoce / distal se traduit par la formation de
cornéennes, de skarn de réaction et de skarnoïdes, et le métasomatisme ultérieur / proximal se
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traduisant par un skarn à minerai à grain relativement grossier. Le métamorphisme précoce et
le métasomatisme continu à une température relativement élevée sont suivis d'une altération
rétrograde lorsque les températures baissent (Meinert, L et al 2007).

La minéralisation coïncide avec l’altération rétrograde et est postérieure à la formation de la


majorité des minéraux métasomatiques comme les grenats et les pyroxènes. Il existe une
relation directe entre la séquence emplacement – cristallisation – altération –refroidissement
du pluton et la séquence métamorphisme – métasomatisme – altération rétrograde de
l’encaissant (Fig.2). L’intensité de chaque stade dépend des conditions géologiques locales
telles la profondeur de mise en place de l’intrusion, la présence de fractures et la compétence
de la roche hôte.

Fig.2. Stades évolutifs des gisements de skarn associés au pluton A. Causes initiales de
l'intrusion métamorphisme des roches sédimentaires. B. La recristallisation métamorphique
et les changements de phase reflètent les compositions de protolithes avec le
bimétasomatisme local et la circulation des fluides formant différents minéraux silico-
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calcaires (skarns de réaction et skarnoïdes) dans lithologies et le long des limites de fluide.
Notez que le métamorphisme est plus étendu et que la température en profondeur est plus
élevée que celle adjacente. À la petite coupole près du sommet du système. C. La
cristallisation et la libération d’une phase aqueuse séparée entraînent skarn métasomatique à
contrôle de fluide. Notez que le skarn en profondeur est petit par rapport à la taille de l'auréole
métamorphique. Il est également orienté verticalement par rapport au skarn latéralement
étendu qui s'étend localement au-delà de l’auréole métamorphique près de le sommet du
système. D. Le refroidissement du pluton, la séparation en phase vapeur et la circulation des
eaux météoriques plus froides peuvent causer altération rétrograde d'assemblages
métamorphiques et métasomatiques de silicate calcique. Notez que l'altération rétrograde est
plus étendue dans les zones peu profondes (Meinert, L et al 2005)

Gîtes de métamorphisme de contact : Gisements de type Skarn ou


Gisements Pyrométasomatiques:

Le terme skarn a été utilisé pour la première fois par le Suédois Alfred Elis Tornebohm en
1875 ; ce sont des gisements issus de phénomène de métamorphisme de contact entre une
roche carbonatée (calcaires, calcaires magnésiens et dolomies) et un corps magmatique
intrusif (roches plutoniques). C’est un métamorphisme allochimique avec transfert de la
matière (pyrométasomatisme) dont la paragenèse minéral est généralement dominée par les
minéraux calco-silicatés tels que les grenat et les pyroxènes, et des minéraux associés comme
forstérite, wollastonite, molybdénite, etc. Les gisements Pyrométasomatiques ou de type skarn
sont formés par remplacement métasomatique essentiellement siliceux de roches carbonates
ou de roches plutoniques. D’une manière simplifiée, cette zone d’échange métasomatique
comporte deux parties :

 Exoskarn– Le protolithe est constitué de roche sédimentaire. Un exoskarn se forme


généralement loin d’une intrusion due aux interactions de la paroi et du pluton, ce qui
crée une altération de la paroi rocheuse et partie externe ou exoskarn qui résulte de la
transformation métasomatique de l’encaissant calcaire (Meinert, L et al 1992).

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Endoskarn - Le protolithe est de roche ignée. Un endoskarn se forme généralement dans la
masse rocheuse elle-même et est associé aux altérations de roches ignées avec albite répandu
et à la stockworks en raison des processus de refroidissement des veines et des articulations
(Meinert, L.D., et al 1992)

Fig.3 Echange métasomatique au niveau du contact intrusion plutonique-calcaire et


emplacement des deux types de skarns (Image Google)

III- Minéralisation

L’identification et la classification des gîtes de type skarn sont basées sur la minéralogie. Bien
que la majorité des minéraux qui forment les skarns soient des minéraux communs, certains
sont plus abondants que d’autres. Ainsi, le quartz et la calcite sont présents dans tous les
skarns alors que l’humite, le periclase, la phlogopite, le talc, la serpentine et la brucite sont
des minéraux uniquement présents dans les skarns magnésiens. La composition des
amphiboles est légèrement différente selon le type de skarn. Les amphiboles des skarns à Cu,
Au, W et Sn deviennent progressivement plus riches en aluminium (actinolite-hastingsite-
hornblende), les amphiboles des skarns à Cu, Mo, Fe et Au de plus en plus ferrifères

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(tremolite-actinolite), tandis que les skarns riches en Zn contiennent des amphiboles enrichies
en manganèse et appauvries en calcium (actinolite-dannemorite).La paragenèse des minéraux
métallique est composée essentiellement d’or natif, argent, magnétite, galène, sphalérite,
cassitérite, molybdénite, hématite, etc. Les roches encaissantes sont les endoskarn et/ou les
exoskarns; la gangue est prédominée par des minéraux calco-silicatés retrouvés dans la zone
de métasomatisme.

Fig.4 Minéralisation de type skarn (Cu, Au, Mo, AG, etc.) au contact intrusion magmatique
(couleur rougeâtre) - roches carbonatées (en bleue) (image Google).

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Tableau1. Minéralogie des skarn (Meinert, L.D., 1993)

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IV- Modèle métallogénique

Les skarns sont formés par la transformation de carbonates (calcaires et/ou dolomies) et/ou du
granite par diffusion de fluides dans la zone de contact de granitoïdes intrusifs dans des
formations carbonatées. Ils sont principalement constitués de silicates calciques (grenat,
pyroxènes). (Melleton J et al 2016). Les niveaux carbonatés sont ainsi skarnifiés, tandis que
les niveaux silico-alumineux deviennent des cornéennes (Lebret, N et al 2014).

Fig.5 Coupe schématique idéalisée montrant les différentes morphologies de skarns pouvant
se développer au contact d’une intrusion recoupant des niveaux carbonatés. (Melleton J et al
2016).

V- PETROGENESE DES PLUTONS DANS LES SYSTEMES DE TYPE


SKARNS

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Il existe plusieurs études démontrant une corrélation plus ou moins bien définie entre la
composition du pluton et le type de skarn. Ces corrélations sont bien illustrées par des
graphiques binaires ou Ternaires tels qu’illustrés à la Fig.6 (Meinert, L et al 1995). En terme
d’éléments majeurs, les plutons associés aux gîtes de type skarn sont d’affinité calco-alcaline.
Il existe toutefois quelques rares exemples de skarns associés à des plutons tholéiitiques et
alcalins (Birkett et Sinclair, 1998; Corriveau et Gorton, 1993). Le contenu en aluminium des
plutons s’apparente aux plutons métalumineux et peralumineux, mais aucun n’est peralcalin
(Fig.7). L’état d’oxydation du fer dans le pluton est un bon indicateur de l’état d’oxydation du
magma, donc du contenu en soufre (et de sa spéciation), de la séparation des fluides et du
contenu en métal du skarn. Les skarns à Fe, Cu, Zn et Mo sont associés à des magmas oxydés,
alors que les skarns à Sn et Au sont reliés à des magmas réduits (Fig.7) (Meinert, L et al
2005). Les skarns à W se situent à la limite entre les deux, car ce type de skarn comprend les
deux extrêmes, possiblement en réponse à des facteurs géologiques externes variables tels la
profondeur de formation ou la teneur en carbone de l’encaissant. Des éléments traces tels Rb,
Sc, V et Ni peuvent également différencier le type potentiel de skarn associé à un pluton (Fig.
8) (Meinert, L et al 2005). Le Rb et le Sc reflètent la cristallisation de phases riches en K
(feldspaths potassiques et micas) et des pyroxènes respectivement. Le V et le Ni eux, sont
associés aux oxydes (magnétite et ilménite) et olivine, donc auront tendance à diminuer avec
la différenciation du magma. La haute teneur en Rb et Ni des skarns de Sn et de Mo implique
un mélange de magma primaire et d’un magma provenant de la fonte de la croûte fortement
différenciée. De façon générale, il existe une évolution dans la composition du magma qui se
traduit par un changement dans le type de skarn. Ainsi, les magmas les moins évolués (source
mantellique) formeront des skarns à Fe alors que les plus évolués (croûte continentale) ont un
potentiel pour les skarns à Sn.

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Fig.6 Exemples de graphiques montrant les variations du type de skarn en fonction de la


composition du pluton associé. Il faut noter que la majorité des gîtes de type skarn sont
associés à des plutons subalcalins (B) et que peu sont associés à des suites tholéiitiques (C).
(Meinert, L et al 1995).

Fig.7 État d'oxydation (A) et saturation en aluminium (B) des plutons associés à différents
types de skarn (Meinert, L et al 2005).

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Fig.8 Diagrammes de corrélation (A) Rb vs Sc et, (B) V vs Ni, pour les plutons associés aux
Principaux types de skarn (Meinert, L et al 2005).

VI- CLASSIFICATION DES SKARNS

Le critère de classification des skarns sont nombreux incluant notamment le type de métal
exploité (W, Fe, Cu, Au, Ag, etc.) ; ils peuvent être basées également sur les caractéristiques
descriptives (type de roche, métal dominant, etc.) ou sur les caractéristiques génétiques (les
mécanismes de circulation des fluides, température de formation). Les skarns sont subdivisés
en sous classe dont le plus important sont voir le tableau (1). Les skarns sont classés en
fonction du type de protolithe et de leurs assemblages d'altération (Ray et Webster, et al
1997). Basé sur le type de protolithe, nous avons endoskarn et exoskarns. Un endoskarn est
formé par l'altération de l'intrusion (également utilisé pour décrire un protolithe igné), tandis
qu'un exoskarn est formé par l'altération de la paroi rocheuse (calcaire ou dolomone). Un
exoskarn décrit un protolithe sédimentaire. Sur la base de leurs assemblages d'altération; les
skarns sont divisés en skarn prograde et en prograde

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Tableau 2. Classification des skarns (voir Meinert……)

VII- Contexte géodynamique des gisements de type skarn

La tectonique, la pétrogenèse et les dépôts de skarn sont intimement liés. Il devient donc
possible de classer les différents types de skarn en utilisant certains diagrammes de
Discrimination tectonique (Fig9) (Longuépée, H. Et al 2008). Une classification tectonique
utile des dépôts de skarn devrait regrouper les types de skarn qui se produisent généralement
ensemble et distinguer ceux qui se produisent généralement dans des environnements
tectoniques spécialisés. Par exemple, les dépôts calciques de skarn Fe-Cu sont pratiquement le
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seul type de skarn trouvé dans les terranes océaniques d'arc insulaire. Beaucoup de ces skarns
sont également enrichis en Co, Ni, Cr et Au. En outre, certains skarns économiques semblent
s’être formés dans des bassins d’arrière-plan associés à des arcs volcaniques océaniques. La
grande majorité des dépôts de skarn sont associés à des arcs magmatiques liés à la subduction
sous la croûte continentale. La composition des plutons varie de la diorite au granite bien les
différences entre les principaux types de skarn en métaux de base semblent refléter davantage
l'environnement géologique local (profondeur de formation, voies structurales et fluides) que
les différences fondamentales de pétrogenèse. Durant cette phase, l'arc magmatique peut
s'élargir ou migrer plus à l'intérieur des terres. Les plutons ont une composition granitique et
les skarns associés sont riches en Mo ou en W-Mo avec un moindre Zn, Bi, Cu et (Meinert, L
et al. 2007). Les plutons ont une composition granitique et contiennent généralement de la
muscovite primaire et de la biotite, des méga-cristaux de quartz gris foncé, des cavités
microlitiques, une altération de type Greisen et une radioactivité anormale. Les skarns
associés sont riches en étain ou en fluor, bien qu'une foule d'autres éléments soient
généralement présents et puissent avoir une importance économique. Cette suite évoluée
comprend W, Be, B, Li, Bi, Zn, Pb, U, F et REE.

Fig.9 Environnements tectoniques favorables pour les principaux types de skarns définis par
le contenu en éléments traces. Les environnements d'arc volcanique (VA), orogéniques (syn-
COL) et intra-plaque (WP) peuvent être hôte de gîtes de type skarn, alors que les
environnements de ride océanique (OR) sont dépourvus de ce type de minéralisation
(Meinert, L et al 2005 ).

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Fig.10 Représentation schématique des environnements tectoniques auxquels sont associés


les Gîtes de type skarn. A) Subduction de croûte océanique et bassin arrière-arc, B)
Subduction de croûte Continentale avec accrétion de terranes océaniques, C) Subduction
avec faible angle de la croûte subductée et D) Rift continental (Meinert, L et al. 2005).

VIII- Exploration des gisements de type skarn

De la reconnaissance des traits caractéristiques à la compréhension des conditions de


Genèse d’un type de gisement, la recherche en géologie minière contribue à élaborer un
Modèle génétique qui facilitera aux géologues l’exploration. (A) Le premier stade voit
l’ascension d’une intrusion magmatique au sein d’une séquence carbonatée. La différence de
température induite entraîne la déshydratation de l’encaissant, ainsi que la formation d’une
auréole métamorphique ; (B) Au stade prograde, tandis que le pluton refroidit et que les
saumures magmatiques s’en extraient, la métensomatose commence son œuvre : au sein du
magma (endoskarn) et de l’encaissant (exoskarns), les silicates anhydres tels que les grenats et
les pyroxènes cristallisent. C’est à l’issue de ce stade que la minéralisation se met en place. Si
les métaux sont supposés provenir de l’intrusion magmatique, leurs mécanismes exacts

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d’extraction et de concentration sont pour l’heure toujours à l’étude ; (C) A mesure que le
système refroidit et que les fluides se mélangent aux eaux météoriques, des silicates hydratés
(chlorites, épidotes…) remplacent progressivement les minéraux de la phase prograde. Ce
stade rétrograde prend plus d’ampleur si le milieu est superficiel, là où la déformation est
cassante.

Fig.11 modèle génétique simplifié des gisements de type skarn (Poitrenaud, T et al 2018).

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Rif oriental : description des unités lithologiques

Le Maroc est entouré de marges passives sur toute sa zone littorale, à l’exception du domaine
méditerranéen où la convergence active entre l’Afrique et l’Europe est accommodée dès le
Cénozoïque par l’orogenèse du Rif. Le Rif constitue la frange sud de l’orogène bético-rifain,
chaîne relativement symétrique qui referme la ceinture alpine à l’Ouest au niveau de l’arc de
Gibraltar.

I. Les grands ensembles de la chaîne rifaine


La structure de la chaîne rifaine correspond à un empilement de nappes caractérisé par des
déversements divergents vers l’extérieur du Rif (Achalhi, N et al 2016). Classiquement, trois
grands domaines sont distingués, de l’intérieur vers l’extérieur de la chaîne : les zones
internes (Domaine d’Alboran) qui chevauchent les nappes de flyschs elles-mêmes charriées
sur les zones externes. Ces dernières chevauchent à leur tour un socle paléozoïque, pré-
structuré durant l’orogenèse hercynienne (avant pays). Ces complexes se sont formés dans des
conditions métamorphiques différentes et définissent ensemble un MCC démembré. Leur
évolution tectonique est donc polyphasée, mais l’essentiel des structures y est cependant
acquis lors de leur empilement au Miocène inférieur (Lebret, N et al 2014).

Fig.12 Carte structurale de la chaîne du Rif (Lebret, N et al 2014). Représentant les grands
domaines structuraux et localisation des bassins post-nappes.
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I.1- Les zones internes


Les zones internes du Rif constituent la partie marocaine émergée du domaine d’Alboran.
Elles sont constituées d’un empilement de trois grands ensembles, de la base vers le sommet
et de l’intérieur vers l’extérieur de la chaine : les Sebtides, les Ghomarides et la dorsale
calcaire.

I. 1.1 -Les Sebtides

Le complexe des Sebtides forme un empilement de nappes de protolithes ante-alpins qui


affleurent dans quatre fenêtres tectoniques (Fig.) sous les nappes des Ghomarides (Achalhi, N
et al 2016).La base de l’empilement est constitué d’une unité de péridotite, le massif des Béni
Bousera (lherzolite à spinelle). Les roches crustales sus-jacentes (unité de Filali) sont
essentiellement des granulites acides recouvertes de micaschistes via le passage de gneiss
migmatitiques. Au-dessus du socle, des unités méta-sédimentaires permo-triasiques (unités de
Federico) s’empilent en séquences de schistes et quartzites répétées tectoniquement. Des
marbres dolomitiques datés du Trias moyen à supérieur viennent enfin coiffer ces unités
(Lebret, N et al 2014).

1.2 -ides

Le complexe des Ghomarides est constitué de quatre nappes paléozoïques de bas degré de
métamorphisme (Aakaili, Koudiat Tizian, Béni Hozmar et Talembote) empilées et séparées
par leurs couvertures sédimentaires non-métamorphiques d’âge mésozoïque-cénozoïque. Les
Ghomarides occupent la position structurale supérieure des zones internes rifaines, séparées
des Sebtides par des failles normales de faible pendage (Lebret, N et al 2014).
La couverture sédimentaire est constituée par des sédiments de « red beds » discordants du
Trias moyen à supérieur, composés de conglomérats, quartzites et d’évaporites. Les nappes
paléozoïques enregistrent deux épisodes métamorphiques : le premier est varisque, de type
schiste vert et le deuxième est alpin. Les températures maximales atteintes lors de l’épisode
alpin varient de < 330°C en haut de la série à 500°C en bas de la série, au contact avec les
Sebtides (Achalhi, N et al 2016).

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I. 1. 3 -La dorsale calcaire


La Dorsale calcaire est une unité de transition entre les zones internes et le domaine des
flyschs (fig. I-11), rattachée au domaine d’Alboran. Ces unités sont en contact avec le
domaine des flyschs par l’intermédiaire des unités prédorsaliennes. Elle est nommée «
Dorsale calcaire » car elle est essentiellement constituée de faciès carbonatés d’âge triasique à
Néogène (Achalhi, N et al 2016). Son association structurale avec le domaine d’Alboran tend
à l’interpréter comme une couverture méso-cénozoïque d’une séquence paléozoïque (Lebret,
N et al 2014). Cette unité n’a été affectée que localement d’un métamorphisme post-éocène de
très faible grade. Cette unité comprend des carbonates triaso-liasiques non-métamorphisés et
correspond aux reliques de la marge passive Sud de la Téthys (Poujol, A et al 2014). Cette
unité forme les reliefs majeurs du Rif.

I. 2- Les nappes de flyschs


Deuxième grand domaine structural de l’orogène bético-rifain, l’unité des Flyschs est
structuralement comprise entre les unités externes des paléo-marges téthysiennes qui seront
décrites par la suite et les unités internes décrites précédemment (fig.). Elle est composée par
quatre nappes allochtones, non métamorphiques et plissées selon les mêmes orientations que
celles des zones externes. Cette phase compressive est probablement liée à la reprise de la
convergence Afrique-Europe (Corsin, M et al 2014).

I. 3-Les zones externes


Les zones externes constituent une « ceinture » de nappes de charriages empilées et plissées
(Corsin, M et al 2014). L’orientation de ces plis et chevauchements est généralement
ENE/WSW dans les Bétiques puis passe à N/S dans la zone de Gibraltar et dans le Rif
septentrional. Elle est fragmentée en quatre nappes allochtones non métamorphiques
déversées sur les zones externes au Miocène inférieur ou rétrochevauchant localement le
complexe des Ghomarides (Lebret, N et al 2014).
Les zones externes rifaines sont Divisées en trois grandes parties selon des critères
stratigraphiques et structuraux. Des parties
Les plus internes aux parties les plus externes de la chaîne on distingue : l'Intrarif, le Mésorif
et le Prérif (Achalhi, N et al 2016).

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II. Le Rif oriental

Le Rif oriental est la partie géographique de la chaîne rifaine qui s’étend sur le littoral
Méditerranéen depuis la faille du Nékor jusqu’à l’embouchure de la Moulouya (Fig.13).
Cette bande littorale voit des sommets, autochtones, allochtones ou volcaniques, émerger en
Massifs au sein des vastes plaines sédimentaires du Néogène. Le Rif oriental représente un
terme structural transitionnel entre l’orogène rifain, dont il constitue pour la majeure partie
les zones dites externes (Mésorif et Prérif), et l’avant-pays moyen-atlasique auquel
appartiennent ses unités méridionales. De ce fait il poursuit la logique en empilement de
nappes, qui affecte cette fois des unités de couverture allant du Trias au Néogène (Corsin, M
et al 2014). On y retrouve des unités en position structurale basse, fortement tectonisées et
métamorphisées, ainsi que des unités structuralement hautes, peu déformées et non-
métamorphiques regroupées sous le nom de nappes rifaines (Achalhi, N et al 2016). Ces deux
grands types d’unités sont séparés par une formation olistostromique (l’olistostrome
Tortonien) qui constitue une couverture commune aux massifs à schistosité et à l’avant-pays
Oriental.

Fig.13 carte géologique du Rif oriental (Achalhi, N et al 2016)

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III. localisation locale

Le district de fer d’Ouixane (Wiksane, Ouichane) est situé à l’extrémité nord du massif des
Béni Bou Ifrour, à une dizaine de kilomètres au SSW du port de Nador (fig14.). Les
coordonnées GPS des gîtes principaux sont les suivantes : Ouixane N35°07’29’’, W3°01’27’’;
Axara-Imnassen N35°07’09’’, W3°01’11’’;Bokoya-Setolazar N35°06’53’’; W3°00’44’’.

Fig.14 Localisation du district ferrifère de Ouixane (Massif des Béni Bou Ifrour) sur la carte
routière Michelin au 1/1 000 000 (A) et sur la carte structurale schématique de la région
(Bouabdellah.M, et al2013)

IV- Les gisements exploités

1. Gisement d’Ouixane
Par sa production en minerais de fer dépassant 1 Mt et ses fortes teneurs en fer (70%), le
gisement d’Ouixane est considéré comme le plus riche de l’ensemble des gîtes du district. Il
recèle également l’une des plus fortes réserves reconnues (3,1 Mt de minerais moyennant
60.64% Fe ; Anonyme, 1985) (Bouabdellah.M, 2013).

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. Le gisement a été exploitée à ciel ouvert dans deux carrières principales est et ouest séparées
parla faille d’Ouixane. Les méthodes d’exploitation utilisées sont de type "chambres et
piliers" et "gloryholes"(Lebret, N et al 2014).

Fig.15 Répartition des principaux gisements du district ferrugineux de Ouixane a partir d’une
vue satellitaire (Google Earth 2009).

2. Les substances exploitées


Le fer, principalement sous forme d’oxydes (magnétite, hématite), sulfures (pyrite, pyrrhotite)
et carbonates (sidérite, ankérite).
V- Paragenèses minérale

VI- Modèles génétiques

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Fig.-16 : phase prograde analyse microscopique. (A) Grenat ; (B) pyroxène, quartz,
amphibole ; (C) vienne calcite, carbonate, pyrite.

Fig.-17 Minéralisation analyse microscopique. (E) Vienne calcite recoupe le pyroxène,


plagioclase, biotite ; (F) plagioclase, pyroxène, quartz ; (G) magnétite, pyroxène, quartz,
biotite ; (H) pyroxène, quartz, biotite ; (I) endoskarn à pyroxènes (J) pyroxène, plagioclase.

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Fig.-17 Rétrograde analyse microscopique. (K) carbonate, pyrite, chlorite ; (L) vienne
calcite recoupe le carbonate, quartz, (M) vienne de calcite recoupe le quartz ; (N ) epidotite,
biotite, quartz, chlorite, carbonate ; (O) vienne de Quartz recoupe le carbonate, (P) carbonate,
quartz, biotite.
VII- Modèle génétique

La formation Ouixane a généralement des caractéristiques tectoniques frappe de N-S avec un


pendage relativement important (60 ° ~ 70 ° E). Cette formation a été fortement pliée et
probablement endommagée au cours de deux stades tectoniques de l'orogenèse alpine
(Éocène à Oligocène) et lors d'un événement plus récent liées à la formation des nappes de rif.
L’étroite association spatiale entre le cortège d’intrusions dioritiques et les minéralisations
ferrugineuses du district d’Ouixane a amené bon nombre d’auteurs à voir dans une telle
association une relation génétique (Bouabdellah.M, et al2013). Plus tard dans l’article, le
résultat de la datation au Détermination de l'âge K-Ar suggère que la minéralisation s'est
produite à 7,04 ± 0,47 Ma. La relation spatiale entre skarn et dykes de microgranodiorite
dérivés du batholite de Ouixane Granodiorite et de la similarité d'âge (8,02 ± 0,22 Ma),
confirme que la granodiorite de Ouixane est la roche ignée la plus probablement liée à la
minéralisation. Le skarn est réparti asymétriquement dans le calcaire et le minerai de
magnétite s'est développé juste en dessous du skarn calco-silicate sous la forme de deux
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couches parallèles séparées par 100 m de calcaire et de schiste stériles (EL RHAZI., M et al
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Conclusion générale

Le métamorphisme de contact doit son nom à son association spatiale directe avec un corps
chaud, généralement une intrusion magmatique, qui se met en place dans un encaissant froid.
L’anomalie thermique induite par la différence de température provoque ainsi des
transformations à la fois minéralogiques, texturales et chimiques qui se produisent à l’état
solide et forment une auréole métamorphique dont l’extension dépend de la taille du corps
intrusif. Les fluides impliqués s’articulent autour de trois pôles : les fluides d’origine
purement magmatique, ceux provenant de la déshydratation de l’encaissant ou encore les
fluides météoriques. Selon qu’ils sont immobiles ou en mouvement, les transferts
métasomatiques se font, respectivement (1) par diffusion, lent processus dont le moteur est un
gradient de potentiels chimiques des constituants, et facilité par de hautes températures ; (2)
par percolation, lorsqu’un gradient de pression met le fluide en mouvement au travers d’une
roche fortement perméable. La skarnification est un processus dynamique dans le temps et
dans l’espace, qui évolue à l’interface entre le métamorphisme et la métasomatose et qui se
produit en environnement carbonaté (et donc riche en CaCO3).

Le district de type skarn de fer d'Ouixane est hébergé dans une séquence métasédimentaire du
Jurassique supérieur-Crétacé composée de schistes, de carbonates et de grès intercalés. Les
unités du Jurassique moyen à supérieur de la Formation d’Ouixane consistent de couches
alternées de calcaire argileux, calcaire, marne calcaire, schiste noir, quartzite et schiste
d’origine grès argileux. La partie supérieure de la formation d’Ouixane est composée de
schiste calcaire et de calcaire de néocomien, comprenant plusieurs fossiles d'indexation. Le
plus haut une partie de la formation d’Ouixane est une mince barre calcaire
microconglomérique de l’âge barrémien. Ces formations sédimentaires ont été introduites par
des digues et des filons-couches appartenant à la centrale granodioritique d’Ouixane pluton du
Miocène précoce. Plus tard dans la Le résultat de la datation au K-Ar de la granodiorite de
Ouixane est présenté et suggère que le Miocène supérieur est le âge de la génération de
granodiorite. La formation de Ouixane présente des caractéristiques tectoniques généralement
en direction de N-S avec un pendage relativement important (60 ° à 70 ° E). Cette formation a
été fortement pliée et faillée probablement au cours de deux stades tectoniques de l'orogenèse
alpine (éocène à oligocène) et lors d'un événement plus récent liées à la formation des nappes
de rif.

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