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Le relativisme est un « mouvement de pensée qui traverse les siècles depuis l'antiquité gréco-romaine »1, pour désigner un ensemble de

doctrines variées qui ont pour point commun de défendre la thèse selon laquelle le sens et la valeur des croyances et des comportements
humains n’ont pas de références absolues qui seraient transcendantes. Le succès du relativisme culturel à partir de la seconde moitié du
vingtième siècle, et à visée politique dans les années 80, en Occident, a assuré la primauté et même l’exclusivité à ce sens du mot. Les
idéologues anti-relativisme ont, eux aussi, souvent usé du terme « relativisme » de façon laxiste parce qu'il se rattache à l’historicisme, un des
traits « le plus accusé de notre temps »2.

Représenté depuis l'Antiquité une philosophie parmi d'autres, il existe différentes variantes du relativisme notamment un relativisme cognitif
épousant un point de vue selon lequel « la connaissance est le produit d'une construction qu'elle ne saurait pour cette raison être tenue pour
objective, et un relativisme culturel affirmant que les normes et les valeurs sont propres à chaque « "culture" ou "sous-culture" et qu'elles ne
peuvent par suite être considérées comme fondées objectivement »3.

Cet article propose une synthèse retraçant l'histoire de ces relativismes, distinguant les différents relativismes, et de la validité de leurs thèses
et celle des raisons d'être de leurs influences...

Histoire

« L' homme est la mesure de toute chose ». Ce sont avec ces mots, attribués au sophiste Protagoras, qu'est formulée la première philosophie
relativiste.

Le gnostique Carpocrate et ses adeptes soutiennent par exemple que Bouddha, Moïse, Mani et Jésus avaient la même valeur sur le plan
humain4.

Les arguments relativistes [modifier]

Un des arguments du relativisme est que nos propres biais cognitifs nous empêchent d’être objectifs, nos propres sens s’interposent entre
nous et l’observé. De plus un biais de notation, à travers le langage utilisé, s’applique à ce que nous avons appris. Enfin, il nous reste un biais
culturel partagé avec les autres observateurs de la même culture mais qui peut différer selon les cultures et nous ne pouvons pas espérer lui
échapper complètement.

Les sceptiques affirment par contre que les certitudes subjectives et les objets concrets font partie de notre vie quotidienne et qu’il n’y a donc
pas grande valeur à vouloir écarter des concepts comme l’objectivité et la vérité. Les objectivistes considèrent qu’il n’y a aucun moyen de
prouver l’introduction de biais par nos sensations ; une telle preuve ne serait pas valide car les connaissances nécessaires à cette preuve ont
été acquises via nos perceptions et dans un tel système philosophique les perceptions sont considérées valides axiomatiquement.

Les relativismes [modifier]

Relativisme épistémologique [modifier]

Le relativisme épistémologique, avant d’être revendiqué, a été une accusation, formulée en particulier contre Thomas Kuhn (défi relevé par
Paul Feyerabend).

George Lakoff définit le relativisme dans son livre Metaphors We Live By (Les Métaphores dans la vie quotidienne, traduction française
publiée aux Éditions de Minuit), comme un rejet du subjectivisme et de l’objectivisme pour se concentrer sur les relations entre elles, c’est-à-
dire comment nous mettons en relation notre expérience courante avec la précédente. Cette attitude le rapproche de l’anti-réalisme de Pierre
Duhem et de Henri Poincaré (cités par Alan Chalmers dans What is this thing called Science?) : la valeur d’une théorie scientifique est
comparable à celle du catalogue d’une bibliothèque, c’est son utilité, et non pas le fait de savoir si elle est vraie ou fausse. Bruno Latour fait
remarquer quant à lui, que le contraire du relativisme n’est pas l’universalisme, mais l’absolutisme.

Relativisme culturel [modifier]

Article détaillé : relativisme culturel.

Le concept de relativisme culturel a de l’importance pour les philosophes, psychologues, sociologues et anthropologues. Les philosophes
explorent comment la vérité de nos croyances dépendent ou non de, par exemple, notre langage, notre vision du monde, notre culture... ; le
relativisme éthique en fournissant un exemple. De leur côté, les anthropologues essaient de décrire le comportement humain. Pour eux le
relativisme se réfère à une méthodologie avec laquelle le chercheur tente de suspendre (ou de mettre entre parenthèses) son propre biais
culturel pour comprendre les croyances et comportements dans leurs contextes locaux.

Relativisme moral [modifier]

Le relativisme moral (ou éthique) est la position de pensée qui consiste à dire qu'il n'est pas possible d'ordonner les valeurs morales par
l'utilisation de critères de classement.

Des penseurs idéalistes, comme Kant, chercheront à démontrer l'unicité de "la Morale" en laïcisant la morale chrétienne qui se veut unique et
universelle.

Des penseurs matérialistes, comme Spinoza ou Nietzsche, conserveront la pluralité des morales humaines tout en tachant de trouver des
critères permettant d'évaluer une valeur ("Quelle est la valeur d'une valeur morale ?"). La favorisation ou la nuisance à la vie, est le critère le
plus souvent rencontré chez les penseurs matérialistes.

Critiques du relativisme

Les détracteurs du relativisme, comme Alan Sokal, ont fait remarquer que l'affirmation selon laquelle « il n'existe aucune vérité absolue » est
trivialement autocontradictoire. En effet, si la proposition est admise comme vraie, alors elle doit s'appliquer à elle-même, et est en
conséquence fausse.

L'énoncé simplificateur « Tout est relatif » pourrait être soumis à cette démonstration. En fait, cet énoncé n'est jamais employé par les
relativistes, sauf par boutade. Il faut d'ailleurs signaler que cet énoncé est également employé, de manière encore plus erronée, à propos de la
théorie de la relativité. En fait, la relativité au sens d'Albert Einstein est construite au contraire l'existence d'invariants constatés comme la
vitesse de la lumière.

Parmi les opposants revendiqués au relativisme, le pape Benoît XVI a dénoncé dans un discours prononcé le 18 avril 2005, la veille de son
élection « une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego
et ses désirs. »5

Richard Dawkins critique de façon virulente le relativisme culturel : « Montrez-moi un relativiste culturel dans un avion à 10 000 mètres et je
vous montrerai un hypocrite. Les avions sont construits selon des principes scientifiques et ils fonctionnent (...). Des avions construits sur des
spécifications mythologiques et tribales comme celles du culte du cargo (...) ne le font pas6 » (wk)

Whatever may be the real and primary significance of Protagoras's famous dictum, "Man is the measure of all things" (anthropos metron
panton kai ton syton kai ton me onton, Plato, "Theæt.", 152 A; in "Mind", XIX, 473, Mr. Gillespie maintains that the dictum has an ethical
significance), it has ordinarily been understood in an epistemological sense, and a statement of the relativity of all human knowledge, of the
impossibility of penetrating beyond the appearances of things. And this interpretation is in conformity with the general tendency of the age in
which Protagoras lived. Heraclitus's doctrine of a perpetual and universal flux, Parmedides's view that plurality and change are but the
semblance of reality, futile attempts to explain the nature of sense-perception and to account for illusion and false judgment, together with a
dawning consciousness (evident in Democritus) of a subjective factor in the perceptual process — all this tended to make philosophers
distrust the deliverances of their senses and rely solely upon reason or intelligence. Reflection, however, soon made it clear that rational
theories were no more consistent than the data of perceptional experience, and the inevitable result of this was that the Relativism of
Protagoras and his followers eventually passed into the Scepticism of the Middle Academy (see Scepticism).

Modern Relativism, on the other hand, though it too tends to pass into Scepticism, was in its origin a reaction against Scepticism. To dispel
the doubt which Hume had cast on the validity of universal judgments of a synthetic character, Kant proposed that we should regard them as
arising not from any apprehension of the nature of real things, but from the constitution of our won minds. He maintained that the mental
factor in experience, hitherto neglected, is really of paramount importance: to it are due space, time, the categories, and every form of
synthesis. It is the formal element arising from the structure of the mind itself that constitutes knowledge and makes it what it is. Hume erred
in supposing that knowledge is an attempt to copy reality. It is nothing of the kind. The world as we know it, the world of experience, is
essentially relative to the human mind, whence it derives all that it has of unity, order and form. The obvious objection to a Relativism of this
kind is the outstanding thing-in-itself, which is not, and can never become, and object of knowledge. We are thus shut up with a world of
appearances, the nature of which is constituted by our minds. What reality is in itself we can never know. Yet this is, as Kant admitted,
precisely what we wish to know. The fascination of Kant's philosophy lay in the fact that it gave full value to the activity, as opposed to the
passivity or receptivity of mind; but the unknowable Ding-an-sich was an abomination, fatal alike to its consistency and to its power to solve
the problem of human cognition. It must be got rid of at all costs; and the simplest plan was to abolish it altogether, thus leaving us with a
reality knowable because knowledge and reality are one, and in the making of it mind, human or absolute, plays an overwhelmingly
important part. (new a.)