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T S SVT 2

Chapitre 5
ÉTUDE DE LA LIMITE D'UNE SUITE

Dans le chapitre 3, au paragraphe II, on a vu les différents comportements possibles d'une suite en
l'infini :
• soit elle est convergente : elle admet comme limite un nombre réel ;
• soit elle est divergente : elle n'admet pas de limite ou elle admet une limite infinie.

Toujours dans le chapitre 3, on a utilisé les théorèmes généraux donnés au paragraphe III pour
étudier la limite d'une suite.
Dans ce qui suit, on va donner de nouveaux outils permettant d'étudier la limite d'une suite.

I Limites et comparaison
1. Théorèmes de comparaison.

Théorèmes de comparaison:
Soit (un) et (vn) deux suites réelles.
• ROC exigible au BAC
Si, à partir d'un certain rang, un ≥ vn et si lim v n = +∞, alors lim u n = +∞.
n →+∞ n →+∞
• Si, à partir d'un certain rang, un ≤ vn et si lim v n = -∞, alors lim u n = -∞.
n →+∞ n →+∞

Démonstration :

Exemple :
Soit (un) la suite définie sur ℕ par un = n² + (-1)n.
On va montrer que cette suite tend vers +∞.

Pour tout entier naturel, (-1)n ≥ -1 donc n² + (-1)n ≥ n² – 1 .


Or, lim ( n² 1) = +∞ donc, par comparaison, lim u n = +∞.
n →+∞ n →+∞

Remarque :
On utilisera le premier théorème de comparaison pour démontrer que lim q n = +∞ lorsque q > 1.
n →+∞
(Voir paragraphe II.2)

2. Théorème d'encadrement (dit théorème des gendarmes)

Théorème des gendarmes (admis) :


Soit (un), (vn) et (wn) trois suites réelles telles que un ≤ vn ≤ wn à partir d'un certain rang.
Si (un) et (wn) tendent vers la même limite l, alors (vn) tend aussi vers l.

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Exemple :
sin( n)
Soit (vn) la suite définie sur ℕ* par vn = .
n
On va montrer que cette suite converge vers 0.

Pour tout entier naturel n, on a : -1 ≤ sin(n) ≤ 1 donc,


1 sin( n) 1
pour tout entier naturel n non nul, ≤ ≤
n n n
1 1
lim = lim = 0 donc, d'après le théorème des gendarmes, lim v n = 0.
n →+∞ n n →+∞ n n →+∞

II Etude de la limite dans le cas des suites arithmétiques et géométriques.


1. Cas des suites arithmétiques

Propriété :
Soit (un) une suite arithmétique de raison r.
• Si r > 0, alors (un) tend vers +∞.
• Si r < 0, alors (un) tend vers -∞.
• Si r = 0, alors (un) est stationnaire et sa limite est donc son premier terme.

Démonstration :

2. Cas des suites géométriques

Propriété :
• ROC exigible au BAC . Si q > 1, alors lim q n = +∞
n →+∞
n
• Si q = 1, alors lim q = 1
n →+∞
n
• Si -1 < q < 1, alors lim q =0
n →+∞
• n
Si q ≤ -1, alors la suite (q ) n'a pas de limite.

Démonstration :
On va uniquement démontrer le premier point et admettre les autres.

Corollaire :
Soit (un) une suite géométrique de raison q et de premier terme u0.
• Si q > 1 et u0 > 0, alors la suite (un) tend vers +∞.
• Si q > 1 et u0 < 0, alors la suite (un) tend vers -∞.
• Si -1 < q < 1, alors la suite (un) tend vers 0.
• Si q = 1, alors la suite (un) tend vers u0.
• Si q ≤ -1, alors la suite (un) n'a pas de limite.

Démonstration :
On va uniquement démontrer le deuxième point et admettre les autres.

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Exemple :
On reprend le sujet du DM1 :
La population d'une ville est modélisée par une suite (u n) où un désigne le nombre d’habitants, en
milliers, en (2018+n). En 2018, la ville compte 10 000 habitants et des études démographiques
permettent d'affirmer que, chaque année,
• 10 % des habitants de la ville meurent ou déménagent dans une autre ville ;
• 1 200 personnes naissent ou emménagent dans cette ville.
On a ainsi u0 = 10 et, pour tout entier naturel n, un+1 = 0,9un + 1,2

(un) est un exemple de suite arithmético-géométrique car la formule de récurrence est du type
un+1 = aun + b (avec a = 0,9 et b = 1,2 ici).
Dans le DM1, on a trouvé une formule explicite pour le calcul des termes de cette suite, à savoir,
pour tout entier naturel n, un = 12 2×0,9 n
n n
lim 0,9 = 0 car 0 < 0,9 < 1 d'où lim ( 2×0,9 ) = 0 (limite d'un produit)
n →+∞ n →+∞
On en déduit que lim u n = 12 (limite d'une somme).
n →+∞
Cette limite s'interprète ainsi dans ce cas :
Avec ce modèle, à long terme, la population va se stabiliser autour de 12 000 habitants.

VI Convergence des suites monotones

Propriété :
Soit (un) une suite croissante.
Si (un) converge vers le réel l, alors (un) est majorée par l.

Démonstration :

Théorème 1 (admis):
Une suite convergente est bornée

Remarque 1 :
Le théorème ci-dessus peut également s'énoncer de la manière suivante :
Si une suite converge, alors elle est bornée.
On pourra ainsi retenir sa contraposée qui peut permettre de montrer qu'une suite diverge :
Si une suite n'est pas bornée, alors elle diverge.
Par exemple, la suite (un) définie sur ℕ par un = ( 1)n ×n n'est pas bornée donc elle diverge.

Remarque 2 :
Attention, la réciproque de ce théorème est fausse.
En effet, il suffit de considérer la suite (un) définie sur ℕ par un = (-1)n.
Cette suite est bornée mais elle diverge.

Théorème 2 (de convergence monotone) (admis) :


* Si une suite est croissante et majorée, alors elle converge.
* Si une suite est décroissante et minorée, alors elle converge.

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Exemple :
1
Soit (un) la suite définie par u0 = et un+1 = un – (un)² pour tout entier naturel n.
2
1. Etudier le sens de variation de la suite (un).
2. Montrer que, pour tout entier naturel n, 0 ≤ un ≤ 1.
3. La suite (un) est-elle convergente ?

Théorème 3 :
* Si une suite est croissante et non majorée, alors elle tend vers +∞.
* Si une suite est décroissante et non minorée, alors elle tend vers -∞.

Démonstration :

Remarque 3 :
La réciproque de chacun des théorèmes ci-dessus est fausse.

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