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L’effet d’une douleur musculaire unilatérale sur le recrutement du segment lombaire des

multifides pendant une contraction automatique. par N. Dickx et al. (2010)

Pour vous remettre dans le contexte scientifique du début de la recherche susmentionnée :


- 1992 : preuve du rôle important d’une déficience musculaire (des muscles du tronc) dans les lombalgies
- 1994 : corrélation entre une réduction de calibre des fibres des multifides et patients avec lombalgie
aigue.
- 1995 : les multifides sont des stabilisateurs prépondérant de la colonne (à eux seuls : 2/3 de la raideur de
la colonne)
- Entre 1993 et 2004 nombre d’études montre qu’ une déficience des multifides cause une lombalgie.
- Depuis, plusieurs études divergentes ont montré qu’un changement au niveau des multifides (un seul
côté) donnait soit des effets locaux et ipsilatéraux, soit des effets plus étendus et bilatéraux.
La question que se sont posée nos chercheurs est donc de connaître les effets d’une douleur unilatérale : soit
locaux et ipsilatéraux ou étendus et bilatéraux. Ils ont donc cherché à comprendre le rôle de la douleur sur le
contrôle moteur en induisant eux même cette douleur chez les sujets testés, ceci en injectant une solution saline
au niveau lombaire.
Cette expérience-ci est basée sur une étude précédente qui déterminait les effets d’une douleur
expérimentalement induite au niveau lombaire durant une tache d’ « élévation de bras » car durant cette tâche,
les multifides sont recrutés automatiquement pour stabiliser la colonne. Cette précédente avait une lacune
essentielle : ils n’ont cherché à connaitre les effets que localement, ce qui ne donne pas de résultat pour ailleurs
dans le segment lombaire.

La méthode que nos chercheurs ont utilisée :


- Sujets : 6 hommes, 9 femmes, 24 ans, 1m72 et 68 kg en moyenne. Les sujets potentiels à des douleurs
lombaires ont été écartés de la recherche.
- Appareil d’imagerie et mesures : l’appareil d’écho est un Esaote Mylab 25 (notes : mesurer à l’écho la
contraction de muscles profonds peut paraitre étrange, mais des mesures indirectes peuvent être faites
car il s’avère que l’écho est corrélé avec l’activité à l’EMG. De plus, un EMG est invasif et
provoquerait sans doute une douleur supplémentaire et surement une contraction réflexe, ce qui
fausserait les résultats.). Les mesures sont prises en couché ventral pendant une séquence vidéo de 10s
où sont sélectionné 2 images : 1 : image des multifides décontractés, 2 : image des multifides contractés
(au max) durant l’élévation du bras. On mesure des 2 côtés de la colonne et à 3 niveau différents : L3-
L4, L4-L5 et L5-S1. Les mesures d’épaisseur étaient tjrs prises aux mêmes endroits relatifs. Chaque
mesure est réalisée 2 fois.
- La douleur était induite avec 1 injection (tjrs au même endroit (c.à.d. à 5cm latéralement de L4, à 2,5cm
de profondeur)) de solution saline (même molarité). Chaque sujet est invité à coter sa peur de la douleur
avant l’injection et l’intensité de la douleur après injection sur une échelle de 0 à 10 (0 = pas de
douleur, ou pas de peur de la douleur ; 10 = extrême peur ou douleur) ou à l’aide d’une VAS.
- Statistiques :

Les résultats eux même ont été testés et montrent une très grande fiabilité ;
 La douleur et « peur de » ont été également mesurées avec les résultats suivants : peur de l’injection à
2,9 ; peur de la douleur à 3,5 ; douleur après injection 6,0 ; pdt l’exercice la douleur reste à 6,0 mais
après l’exercice, elle descend à 4,4.
 Il n’y a pas de différence significative d’épaisseur au repos entre la situation contrôle et la situation de
douleur.
 ?
 Par contre, la douleur influence le changement d’épaisseur du muscle en contraction en situation de
douleur : le muscle s’épaissit moins en situation douloureuse ; ceci bilatéralement et sur les 3
segments.

Analyse des résultats :

Depuis longtemps, des chercheurs s’opposent quant à leur conclusion : changements sélectifs en phase aigue de
lombalgie, et effets plus généralisés dans la phase chronique. Les résultats de cette étude-ci, une douleur induite
provoque une activité réduite bilatéralement et à tous niveau des multifides.
Une critique que l’on peut faire à cette étude est qu’elle se base sur une douleur induite musculaire. Il y a
d’autres types de douleur. De plus, la douleur d’une réelle lombalgie peut-être causée par des lésions sous-
jacente qui ferait rentrer en jeu d’autre mécanisme tel le reflexe d’inhibition, qui lui aussi influencerait le
recrutement des multifides.
D’un autre côté, cette douleur expérimentale a le mérite de leur permettre d’étudier mieux le l’influence de la
douleur sur le contrôle moteur (qui est pourtant normal).
Ils émettent aussi la possibilité que dans la population avec lombalgie réelle, derrière le changement de structure
local, il y a « autre chose » qui cause les effets plus généralisés sur le recrutement des multifides.

Les résultats de leur recherche vont dans le sens d’un traitement qui renforce le muscle déficient avant tout.