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Dédicace

A ma Mère,
Pour ton amour et ton affection bienveillante pendant une intense période de
rédaction et de mise au point. En toutes circonstances, sans lesquels rien de cela
n’aurait été possible.
A mon Père,
Pour la confiance et l’éducation que tu m’as apportées, sans oublier ta volonté à me
pousser vers le meilleur de moi-même.

A mon Frère Amine,


Pour ton encouragement et ton soutien.

A mes inséparables amis Mariam EL. et Bouchra H. Youssef C, Youssef S


Pour votre présence à chacun des pas vers le savoir… je vous serai toujours redevable
de votre aide précieuse… le meilleur reste à venir

A mes amis et collègues Lamiae. M .et kaoutar .N


Pour les conseils que vous me prodiguez, pour l’inspiration que vous m’apportez et le
support que vous me présentez quand le quotidien est laborieux .

A mon cher mari Omar.B.


Pour ta façon de voir le meilleur en moi, de me propulser vers la dernière ligne droite
dans la concrétisation de ce travail, et de m’aider à envisager l’avenir avec assurance
et sérénité.

A tous ceux qui ont contribué un tant soit peu à faire de moi la personne que je suis
… A vous tous … Merci

Je vous dédie à tous ce modeste travail, qui est également le votre…


Veuillez y trouver l’expression de ma profonde gratitude !
Remerciements

A vous, Mr. Abdellah Marghich, qui m’avez accompagné pour la


réalisation de ce mémoire, et qui m’avez apporté vos conseils et vos encouragements, sans
lesquels je n’aurais pas pu venir à bout de ce travail intellectuel intense.

A vous, messieurs les membres du jury, qui avez accepté de participer à


l’évaluation de cette mémoire. Je vous adresse mes remerciements pour vos remarques avisées
et vos éclaircissements.

A vous, collègues de promotion, qui avez partagé avec moi vos connaissances, et
apporté votre aide bienveillante... Je vous souhaite tout le succès professionnel possible.

A vous, mes amis, qui m’avez toujours apporté votre aide inconditionnelle, votre
soutien moral et vos encouragements constants… Soyez remerciés pour votre présence
inestimable à mes côtés!
Table d’abréviation

ASLO : association française de la logistique.

G
3PL : Troisième Partie LogistiqueThird-Party Logistics provider.
KPI : Le tableau de bordet des indicateurs de performance.
4pl : Quatrième Partie Logistique ou en anglais 4th-Party Logistics Provider.
RFID : un système d’identification par radiofréquence.
APS : Systèmes de planification avancée ou l'advanced planning and scheduling.
GPA : gestion des approvisionnements partagés.
CPFR : collaboration accrue entre acteurs.
PME : petit et moyens entreprise.
PSL : Prestataire de services logistiques.

Sommaire
INTRODUCTION

PARTIE I : Etat des lieux et pratique du Prestataire de Service Logistique dans la


SupplyChaine

Chapitre 1: Cadre légal du Prestataire de Service Logistique

Section 1: qualification du contrat du prestataire de service logistique : L’influence


constatée d’un régime commun.

Section 2:Qualification du contrat de prestation de service logistique : L’indépendance


recherchée d’un régime spécial

Chapitre 2: la pratique des prestataires des services logistiques au Maroc et en


France

Section 1:les bonnes pratiques des prestataires de service logistique : exemple pratique du
marché

Marocain

Section 2: les bonnes pratiques du prestataire de service logistique en


France :

Réflexion sur un cas d’entreprise

PARTIEII : Le prestataire de service : concepteur d’un système logistique

Chapitre 1: Le droit contractuel du contrat de prestation de service logistique

Section 1: L’exécution du contrat de prestation de service logistique

Section 2: L’inexécution du contrat de prestation de service logistique

Chapitre 2: le rôle du contrat dans la stratégie de la prestation de service logistique

Section 1: Recommandation du prestataire de service logistique : point de vue d’un


juriste

Section 2: Recommandation du prestataire de service logistique : point de vue d’un


expert.

CONCLUSION
Introduction

6|Page
INTRODUCTION

Encore méconnue et peu développée il y a vingt ans, la fonction logistique occupe


aujourd’hui une place stratégique au sein des entreprises. Elle permet de gérer et organiser les
flux physiques ainsi que les flux d’informations qui lui sont associés. Cette gestion des flux
doit être réalisée au meilleur coût. Des entreprises spécialisées en logistique ont donc fait leur
apparition. Connus sous le nom des prestataires de services logistiques, ces entreprises qui
proposaient au départ des prestations de transport ont vu le panel de leurs activités s’élargir.
Leur rôle est ainsi passé de simples exécutants réalisant des opérations logistiques basiques à
celui de véritable pilote et coordonnateur de flux offrant de plus en plus de prestations à
valeur ajoutée.1

Dans le transport de marchandises, et cela de façon beaucoup plus claire que dans de
nombreux autres secteurs d'activité, l'avenir d'une entreprise dépend très largement de sa
capacité à maîtriser et à traiter les innombrables données nécessaires à la production de son
offre et à l'insertion de celle-ci dans l’ organisation logistique de ses clients. En effet, dans une
économie qui voit s'exacerber la compétition, le transporteur ne peut pas se permettre d'être
un facteur d'instabilité et de vulnérabilité en termes de délais, de coûts, d'aléas, d'erreurs et de
rupture pour les chargeurs qui lui font confiance2.

Bien souvent, le transporteur concrétise maintenant les options industrielles et


commerciales les plus audacieuses de ses clients. Ainsi, il devient un facteur de performance
essentiel en offrant des prestations d'un haut niveau de service. En s'industrialisant et en
combinant des trafics compatibles entre eux, il parvient d’abord à réduire ses coûts directs
mais surtout à éliminer d'éventuels coûts induits par la non-qualité du transport: rupture de
stocks dans un hypermarché, arrêt d'une chaîne de production approvisionnée avec retard, etc.
En outre la mutation des trafics se traduit par l'augmentation des fréquences de transport, par
1
J.B.BOUDRON , “ Le rôle des prestataires de services logistiques : vers une position stratégique au sein de la
supply chain? »,MémoireMaster 2 Spécialité Logistique, Université Paris I Panthéon Sorbonne ,2009,P.10.
2
P. Bourgne et C. Roussat (2008) , Structuration de l'activité logistique: des acteurs émancipés du transport? ,
Les Cahiers Scientifiques du Transport, nO 54, pp. 73-100.

7|Page
le fractionnement et la réduction de la taille des lots et par le déclin des marchandises
pondéreuses au profit de marchandises plus légères et à forte valeur ajoutée. Mais la réduction
des niveaux de stocks immobilisés tout au long des chaînes, qui lient les chargeurs et les
transporteurs, et la multiplication des risques de rupture impliquent l'acquisition d'une grande
expertise par le transporteur.3

En outres les chaînes logistiques que le prestataire construit autour d'un noyau
transport doivent être cohérentes et homogènes pour d'évidentes raisons de fiabilité, de
productivité et de coût: elles doivent être compatibles avec les multiples chaînes logistiques
dans lesquelles elles s'insèrent. Il procède alors au regroupement en « familles » de
marchandises ou de trafics, en apparence parfaitement hétérogènes, mais homogènes du point
de vue des opérations logistiques et de transport dont ils font l'objet. En se spécialisant sur
certaines familles, le transporteur propose une gamme de prestations standards, mais
parfaitement adaptées à chacun de ses clients, ou susceptibles d'être marginalement ajustées,
et répercute une fraction des économies d'échelle obtenues grâce aux consolidations réalisées
Pour lui.

La performance consiste à réussir une combinaison satisfaisante des diverses


contraintes logistiques de ses clients pour les intégrer au sein de ses chaînes de transport, qui
deviennent autant de passages obligés pour toute logistique se voulant performante. Placé en
interface agissante et dynamique entre de nombreuses organisations industrielles et
commerciales, le transporteur cherche alors à promouvoir une certaine normalisation dans les
échanges de marchandises comme dans les échanges de données.

La multiplication des interconnexions qu'il réalise au cœur même de véritables


réseaux logistiques, et qui sont sa raison d'être, est porteuse d'une plus grande standardisation
des matériels de transport, de manutention, d'informatique. etc., des conditionnements et
emballages comme les colis, palettes, conteneurs, etc. ainsi que des procédures et formats
d'échange ou de stockage de données a type d’ exemple : langages, messages. structures des
bases de données etc.

Dans le pilotage des chaînes logistiques, le rôle capital de l'industrie de la prestation


logistique n'est plus à démontrer. Il est habituel de repérer les premières « traces» de
l'émergence des PSL dans un lieu géographique précis, le Royaume-Uni, à une période

3
D. Tixier, H.Mathe, J. Colin, « LA LOGISTIQUE D'ENTREPRISE Vers un management plus compétitif », Edition
DUNOD,2011 ,P.241 .

8|Page
charnière sur le plan économique, le début des années 1970. C'est à cette époque que des
distributeurs alimentaires et spécialisés ayant pris le contrôle de la fonction de gros, c'est-à-
dire ayant centralisé les activités d'approvisionnement des magasins à partir d'un réseau plus
ou moins dense d'entrepôts régionaux, décident de se tourner vers des PSL pour en assurer
tout ou partie de la maîtrise d'exploitation. L'un des exemples les plus fameux est celui de
Marks et Spencer, à l’origine de l'exceptionnelle croissance du prestataire anglais Exel
Logistics, longtemps l'un des leaders mondiaux du marché. Petit à petit, le Royaume-Uni va
ainsi devenir l’un des pays de référence en matière d'externalisation logistique, d'abord dans le
commerce, ensuite dans l’industrie, suivi finalement par d'autres pays européens.

Ainsi la prestation logistique est fondamentalement liée aux stratégies de recentrage


de certains industriels et distributeurs sur leurs core competences. Celles-ci les ont amenés à
se désengager d'activités jugées périphériques et à externaliser tout ou partie de leurs activités
logistiques.

Les PSL, nouveaux acteurs spécialisés dans le transport et, plus largement, dans la
maîtrise des flux physiques et d'information sur les chaînes logistiques, se sont alors
développés. Selon une étude déjà ancienne menée par le cabinet Eurosiris, les PSL ont trois
origines :

 les prestataires issus du transport comme les transporteurs routiers, les


commissionnaires et les transitaires organisateurs des chaînes de transport à
l'international et les integrafors : la messagerie express, le transport aérien. De même
les filiales de grands groupes manufacturiers, tels que CAT membre du consortium
Global Automotive Logistics, ex-filiale logistique de Renault, ou de grands groupes de
distribution , tels que Easydis filiale logistique du groupe Casino.
 les prestataires de services aux industries qui œuvrent généralement pour des secteurs
de haute technologie en assurant des activités de manutention, d'entreposage voire
d'assemblage terminal.
 les PSL commencent à sous-traiter les tractions aux entreprises de transport de petite
taille et consolident, sur des plates-formes, les flux de leurs clients4.

4
Sur 33 groupes de PSL étudiés par Eurostaf entre 2003 et fin 2008, sept ont disparu par acquisition: ABX, ACR,
Christian Salvesen, Exel, Frans Maas. Premium Logistics, Tibbett et Britten. Parallèlement, un seul groupe d'
envergure mondiale est apparu, CEVA, ISSU de l'acquisition d'Eagle Global Logistics et du pôle logistique de TNT.
P. Albertini (2008) , Les stratégies des prestataires logistiques européens, Vol. 1 : Analyses et conclusions ,
Eurostaf, Paris.

9|Page
Vers La fin des années 1980 marque l'essor considérable de l'industrie de la prestation
logistique: les PSL se spécialisent alors peu à peu sur des marchés variés. En 1990, cette
industrie a évolué vers une plus grande segmentation. En fonction de leur origine et de leur
ancienneté sur le marché, les PSL s'attachent à leurs segments en s'appuyant sur leurs cultures,
et leurs savoir-faire très différents.de même L'industrie de la prestation logistique se
caractérise désormais par une forte complexité et par une importante diversification au regard
des critères généralement employés que sont le poids de la marchandise, les délais de
livraison, la valeur ajoutée des activités, la couverture géographique et la taille du PSL.

Parallèlement, depuis le début des années 2000, elle subit des reconfigurations
permanentes et un mouvement de concentration avec un nombre croissant de fusions et
d'acquisitions .Le groupe allemand Deutsche Post World Net, numéro un mondial de la
logistique, caractérise fort bien cette tendance puisque depuis 1998 il a multiplié les
acquisitions d'envergure, avalant progressivement l'américain DHL, l'un des leaders de
l'express international, le groupe de transport suisse Danzas, auquel il a adjoint le suédois
ASG, la branche logistique de l'armateur néerlandais Nedloyd , l'américain Air Express, ou
encore, en 2005, Exel Logistics, alors deuxième logisticien mondial. Cette dynamique de
concentration se poursuit avec, par exemple: le rachat du britannique Christian Salvesen par
Norbert Dentressangle à la fin de l'année 2007.

Soulignant la disparité du métier de PSL, P.-P. Domier et M. Fender rappellent qu'un «


grand nombre de prestataires logistiques sont issus du secteur des transports, caractérisé par
une structure bipolaire comprenant des micro-entreprises avec quelques salariés et des
entreprises de taille considérable représentant plusieurs milliards d'euros de chiffre d'affaires
»5 . Le terme lui-même de PSL est souvent utilisé de manière trop généraliste, pouvant décrire
des prestataires très différents au retard du service apporté. Si dans son Lexique des termes de
la logistique publié annuellement, la revue Logistiques Magazine donne une définition
générale des PSL: «une entreprises assurant la réalisation d'activités logistiques pour le
compte d'un industriel ou d'un distributeur », elle s'empresse de le classer, en fonction de
l'offre de services proposée, selon trois familles:

5
P.-P. Domier et M. Fender, « La Logistique Global et le Supply Chain Management »,Editions Eyrolles
d'Organisation, 2007, P.356.

10 | P a g e
 les PSL classiques, issus pour la plupart du secteur des transports routiers: ils assurent
la simple exécution d'activités physiques liées au transport, à la manutention et au
stockage des produits intermédiaires ou finis de l'entreprise cliente.
 les PSL à valeur ajoutée: ils intègrent la gestion d'activités à caractère industriel ou
commercial par exemple la différenciation retardée, et à caractère administratif par
exemple la facturation, à caractère informationnel par exemple le tracking-tracing.
 les PSL dématérialisés ne disposant quasiment pas de moyens physiques propres, ils
construisent leur prestation en mobilisant des ressources auprès des sous-traitants
spécialisés et en assurent la cohérence par une totale maîtrise des flux d'information.

Au fil du temps , des PSL sont donc devenus de véritables concepteurs de systèmes d'offre
bien au-delà des « frontières » traditionnelles de la logistique entendue comme la gestion
coordonnée des flux physiques et d'information. Ce développement s'est appuyé sur
l'élargissement considérable et la modularité de l'offre de services logistiques qui 'ont connus
entre 1990 et 2000.6

À ce jour, force est d'admettre que l'industrie de la prestation logistique au sens large a
pris une importance grandissante dans les économies occidentales, en Europe, sur le continent
Nord-américain et en Asie du Sud-Est, mais aussi en Afrique du Nord plus récemment. 7 Cette
émergence du PSL est liée au développement de l’externalisation logistique qui s’inscrit dans
une démarche de Supply Chain Management et qui suppose la création d’une relation
contractuelle nouvelle permettant aux prestataires de services logistiques d’améliorer et
d’innover en anticipant les besoins de leurs clients.8

Il convient de signaler qu’un nombre croissant des entreprises donneurs d’ordre se rendent
compte que le développement des pratiques d’avant-garde dans l’ensemble de la Supply
Chain Management est une affaire couteuse pour maintenir l’avantage concurrentiel et
satisfaire le client final. De ce fait, ils préfèrent se consacrer à leur métier de base qui est plus
créateur de valeur pour le client et sous-traiter au prestataire de service logistique les activités
jugées loin de leur savoir-faire .

Le rôle du prestataire de service logistique n’est pas un mouvement ponctuel qui


s’apparenterait à un simple élargissement de la sous-traitance, mais c’est une réorganisation
6
G.Paché, F.Fulconis, G. roveillo, « les prestations logistique : origine, enjeux, perspectives. », Edition Ems
managment&societé, P.49 ;
7
C. Camman et L. Livolsi, « La gestion mutualisée des approvisionnements : une opportunité stratégique pour
les prestataires de services logistiques », Edition Gestion, 2000, Vol. 26, n° 3, pp. 59-74.
8
Y. Pimor, M. Fender, “Logistique, Production, Distribution, Soutien », Edition DUNOD, 2010, P.95.

11 | P a g e
des chaines de valeurs aboutissant à la formalisation des relations contractuelles entre les
parties contractantes du contrat de prestation logistique.

Actuellement il n’existe pas de définition légal concernant le statut de contrat de


prestation de service logistique. La doctrine française a pu donner une définition au contrat de
prestation de service logistique conclue entre le PSL et le client comme suit : « le contrat en
vertu duquel le prestataire de service logistique s’engage à l’égard du donneur d’ordre
à effectuer une prestation de service logistique »9. Il faut signaler que c’est une prestation
que le PSL assure. Il s’agit d’une série cohérente d’activité comme le transport, le chargement
et déchargement, la gestion du stock, le traitement des commandes, la préparation de
l’expédition et la facturation, ainsi que d’autres activités complémentaires.

En outre le PSL est tenu de prendre réception des affaires au lieu et à l’heure convenue
accompagnée du document de transport fournis par le donneur d’ordre, ainsi de veiller à ce
que l’entreposage ait lieux dans les locaux convenues, et d’assurer la responsabilité légale.10

En ce qui concerne l’industriel, qui confier des tâches au PSL comme le transport et le
stockage, il s’agit ici d’une simple exécution matérielle opérer par le co-contractant appelé
sous-traitant d’exécution. Dans ce cas le rôle du contrat consiste à garantir le respect par le
PSL de l’ensemble des obligations convenues.

En effet les industriels peuvent aussi choisir de mettre en place une forme de sous-
traitance, ce dernier peut participer de façon autonome à la prestation, c’est-à-dire, il est plus
qu’un simple exécutant en proposant des services innovants : comme la préparation intégrant
des contraintes spécifiques de chronologie, de livraisons couplées à des services d’installation,
contrat d’entretien etc. Le PSL développe une certaine autonomie appuyé par une mise en
réseaux et un partage de l’information .alors le service logistique fourni correspond à une
prestation sur mesure à type d’exemple : une préparation des commandes très sophistiqué et
que la livraison effectué au profit du client sous des délais très bref.

Il faut signaler que Le contrat de prestation logistique étant avant tout un contrat par
définition, soumis aux règles générales du droit commun.il est régi par les dispositions du
dahir des obligations et contrat , c’ est à dire le dahir du 12 aout de 1913 ,d’après son article
723alinea 2 qui qualifie le contrat de prestation en tant que contrat de louage d’ouvrage qui

9
S.Kezami, « le contrat logistique . »,Mémoire,CDMT,2007 ,P.15.
Condition Général De la FederationFrancaise Des entreprise de transport et de la logistique, « condition du
10

contrat de prestation de service logistique. », P.1.

12 | P a g e
est définie comme : «Le louage d'ouvrage est celui par lequel une personne s'engage à
exécuter un ouvrage déterminé, moyennant un prix que l'autre partie s'engage à lui payer ».A
noter qu’il y aucun soubassement légal spécial qui règlemente le régime juridique du droit de
prestataire logistique, en cas de conflit le juge recoure toujours au droit commun qui est le
DOC.

Cependant Le contrat de prestation logistique entre dans la grande catégorie des


contrats à exécution successive par opposition à celle des contrats instantanés. L’opération de
logistique ne se résume pas à l’exécution d’une opération déterminée et ponctuelle, au
contraire, la relation de logistique s’inscrit dans la durée, souvent sur plusieurs années. Cette
constatation implique qu’il ne sera pas rare que le contrat initialement signé fasse l’objet de
renouvellements ou de modifications en cours d’exécution.

Il faut donc retenir une structure contractuelle qui soit compatible avec une certaine
flexibilité d’usage. Dans les prestations logistiques, il faut avoir à l’esprit de se prémunir
contre les désagréments qui pourraient découler de ce consensualisme en insistant sur la
nécessité d’un formalisme pour lier les parties.

Cependant la qualification du contrat de prestation de service logistique revêt d’une


importance primordial .car il permet de déterminer la catégorie de ce contrat ainsi que son
régime juridique .en pratique le secteur de prestataire de service logistique souffre d’une
anarchie, il n y as ni un soubassement légal, ni un contrat type qui détermines les obligations
des parties ainsi les solutions en cas de litige.

Actuellement le problème se pose au niveau d’une controverse doctrinal concernant la


qualification du contrat de prestation logistique c’est de savoir qu’ il est le droit applicable aux
prestation effectué par un prestataire de service logistique ?

L’objet de notre mémoire est de mettre en évidence dans une première partie Etat des lieux
et pratique du PSL dans la chaine logistique et d’approfondir les modalités de Perspectives
et recommandation du PSL dans une seconde partie.

13 | P a g e
Partie I

Etat des lieux et pratique du


Prestataire de Service
Logistique
dans la Supply Chaine

14 | P a g e
PARTIE I :Etat des lieux et pratique du Prestataire de Service
Logistique dans la Supply Chaine .
« C’est maintenant ou jamais !prix exceptionnels, à ne pas rater profiter de la
baisse ! ».Déambulant dans les allées de leurs hypermarché, un samedi après-midi, des
consommateurs enthousiastes découvrent une offre promotionnelle pour un dernier téléviseur
écran plats à titre d’exemple. En effet en l’espace de trois heures, dans un bruissement digne
d’une ruche, le rayon téléviseur se trouve malheureusement en total rupture, au grand dam
des clients retardataires qui regrettent amèrement de n’avoir pas su saisir à temps cette
opportunité. Une telle situation, est vécue chaque semaine par des milliers des
consommateurs, dans un univers de distributions de masse qui cherche à écouler des
quantités de plus en plus importantes de produits , en rattrapant par les voulûmes, les faibles
marges unitaires. A noter que nul ne contestera qu’un téléviseur arrivant jusqu’ à chariot du
client, c’est toute une organisation qui est complexe d’un nombre significatif d’activités
logistique qui doivent être cordonnée au mieux.11

Du cotes de distributeur, il s’agit d’assurer un niveau élevé de disponibilités des


produits en magazins lorsque le client s’y présente pour les acheter en charge .en effet le
distributeur est tenue d’approvisionner efficacement ses magasins à partir d’ entrepôts ,de
dépôts et de plateforme régionales soigneusement localisé , ce qui signifie qu’ il doit
acheminer les produits et au préalable ,gérer le stocks de manières performante pour préparer
au bon moments les commandes12.

Mais le plus surprenant c’est est ce que le consommateur sait - il qu’ une grande partie
des activités logistique sont exploitée, c’est à dire piloté par des transporteur de nouvel
génération ,qui au fil du temps ont su élargir leur offre des services au-delà de simples
activités d’acheminement des produits ?cette situation est courante dans la chaine logistique
contemporaine ?: la réponse sur cette question est complexe, car cette situation est courante
dans la chaine logistique mais qui pourraient penser dans le grand public que les
transporteurs deviennent des prestataire de service logistique capable de configurer des
11
G. Paché, F. Fulconis, G. roveillo, « la prestation logistique : origines, enjeux, et perspectives »,Edition Ems
management &société,2011 ,P.9.
12
G. Paché, F. Fullconis, G. roveillo, « la prestation logistique : origine, enjeux et perspective »,Edition Ems,
management &société,2011,P11.

15 | P a g e
ordinateurs portables , d assembles des composants sur des plateforme modulaire ou encore
de s occupé de service après ventes de leurs clients .

Depuis une décennie le PSL proposait des solutions innovantes en créant la valeur à
leur clients, car il est liée sur le recentrage sur leur core compétences de certaines industriels
et distributeurs .tout ceci ont amené les industrielle a externaliser leurs activité logistique au
PSL qui est un nouvel acteur spécialisé dans le transport et la maitrise des flux physique et
d’information au sein des chaines logistique comme a types d’exemples :

 Les transporteurs routiers, des commissionnaires de transports, des transitaires : c’est


ce qu’en appelle des organisateurs et des intégrateurs des chaines de transport à
l’internationales.
 Des filiales de grandes groupes industriels ou de distribution.
 Des prestataires de service logistique.

Actuellement le PSL devient le pilote de flux de son client , c’est à dire il doit être
capable de refondre et d’optimiser quotidiennement d’un « plan de transport » rendu très
complexe par la variabilité de multiple contrainte que ce soit en terme de volume, de
localisation, de ressource de transport , et de respect de la législation . Doté d’outil lui
permettant de maitriser les flux d’information, ainsi que l’élaboration d’une interface de la
gestion de ressources du transport. En d autre terme c’est d’effectuer un contrôle à travers un
suivie de performance des transporteurs ainsi que la sécurisation des défaillances par la
mobilisation de ses propres ressources.13

Toute fois L’organisation de prestation de service logistique n’influence pas


uniquement la compétitivité des exportateurs marocains, mais elle est aussi à la base des
décisions de délocalisation des entreprises étrangères qui essayent de s’installer au Maroc.
Pendant longtemps, on s’est focalisé sur le sacro – saint avantage du coût de la main –
d’œuvre pour attirer ces entreprises. Toutefois, les évolutions récentes de l’environnement
concurrentiel ont montré les limites d’une stratégie fondée essentiellement sur les coûts de
production14. Il ne s’agit pas uniquement de produire moins cher mais également d’être plus
réactif en maîtrisant les délais de mise sur le marché des produits fabriqués. A côté des coûts
de production, on s’intéresse de plus en plus aux coûts de circulation des produits et des
13
G.Paché,F.Fulconis,G.roveillo, « la prestation de service logistique : origine, enjeux et perspectives » ,Edition
Ems management et société ;2011 ,P.16.
14
A.Naciri.Bensaghir, «LA CONTRIBUTION DE LA LOGISTIQUE A L’INTEGRATION DES SOUS –
TRAITANTS MAROCAINS DU SECTEUR TEXILE – HABILLEMENT A LA LOGIQUE DES DONNEURS D’ORDRE
ETRANGERS. »,revue marocaine d’audit et de developpement ,N° 20,2005 ,P.1

16 | P a g e
informations. Les préoccupations logistiques des relations de l’entreprise avec ses partenaires
sont le résultat des décisions stratégiques portant sur une volonté de recentrage et d’alliance,
où il s’agit de maîtriser les interfaces. La logistique contribue alors à la restructuration des
activités industrielles en favorisant notamment une approche de maîtrise des flux.15

Cependant le statut du prestataire de service logistique au Maroc souffre d’un vide


juridique en la matière, par conséquent en l’absence d’un soubassement légal spécial en se
réfère au soubassement légal général c’est-à-dire le code du droit des obligations et contrats
de 1913.en effet la doctrine marocaine ne donne pas une véritable qualification du statut de
prestataire de service logistique (chapitre 1).

en pratique ce domaine important participe d’une façon primordial au développement


du Maroc , car ça incite les grandes société internationales leadeur en prestation logistique de
s’installer au Maroc et de créer des plateforme logistique .il faut signaler que malgré la
concurrence rude dans ce secteur et qui manque d’une règlementation qui organise le
secteur ainsi qu’ un absence de qualification du prestataire de service logistique non
seulement de la part du législateur mais aussi de la part des praticiens (chapitre2) .

15
A.Naciri.Bensaghir, «LA CONTRIBUTION DE LA LOGISTIQUE A L’INTEGRATION DES SOUS –
TRAITANTS MAROCAINS DU SECTEUR TEXILE – HABILLEMENT A LA LOGIQUE DES DONNEURS D’ORDRE
ETRANGERS. »,revue marocaine d’audit et de developpement ,N° 20,2005 ,P.1

17 | P a g e
Chapitre 1:Cadre légal du Prestataire de Service Logistique .

En l'espace d'une génération, les prestataires de services logistiques sont passés du


simple statut de « transporteurs améliorés» à celui d'apporteurs de solutions logistiques clés
en main à leurs clients, sans que cette véritable révolution soit d'ailleurs toujours perçue à sa
juste mesure.16
Toutefois, les évolutions récentes de l’environnement concurrentiel ont montré les
limites d’une stratégie fondée essentiellement sur les coûts de production. Il ne s’agit pas
uniquement de produire moins cher mais également d’être plus réactif en maîtrisant les délais
de mise sur le marché des produits fabriqués. A côté des coûts de production, on s’intéresse de
plus en plus aux coûts de circulation des produits et des informations.17
La logistique contribue alors à la restructuration des activités industrielles en
favorisant notamment une approche de maîtrise des flux. En effet, « le processus logistique
est consciemment réparti sur plusieurs acteurs internes et externes ».une telle orientation ne
peut être considérée comme une innovation, mais elle entre dans le schéma traditionnel du «
faire » ou « faire - faire » connu sous le terme de prestataire de service logistique , à laquelle
les industriels font souvent recours pour subvenir aux carences de la capacité de leurs moyens
de production ou pour bénéficier de savoir-faire supplémentaire.18
Toutefois, les données du problème ne peuvent plus être traitées de la même manière
qu’auparavant. L’accroissement de l’intérêt accordé aux problèmes de circulation des flux de
produits tend vers la redéfinition des rôles des parties concernées (donneur d’ordre et
entreprise-cliente, PSL et fournisseur). En effet, les fournitures et les prestations participent
ainsi à la structuration des flux de fabrication des donneurs d’ordre dès la conception du
produit. Autrefois réservée en grande partie à l’absorption des charges de travail
excédentaires, la prestation de service logistique est aujourd’hui considérée comme une
séquence de production à maîtriser 19r.
En effet, le recentrage des entreprises entraîne la délégation d’autres opérations, non
seulement celles considérées comme annexes telles que les opérations de transport, de
16
G.Paché, «La Gestion Des Chaines Logistique Multi –Acteurs. », Edition PUG, 2000, P.205.
17
FABBE – COSTES. N : « formulation de stratégies logistiques », in « logistic and distribution planning :
strategies for management » Ouvrage collectif, London, 1992,P.152.
18

19
C.PARAPONARIS: "Efficience logistique et organisation du travail: le rôle de la maîtrise des flux dans
la mutation des systèmes de production". Théses en Sciences Economiques, Université d'Aix-Marseille,
1990,P.306

18 | P a g e
conditionnement, d’emballage, d’étiquetage, de stockage.., mais également, et dans certains
cas, d’opérations faisant partie du processus de fabrication de l’entreprise. Cette dernière se
voit ainsi se transformer en un réseau formé de plusieurs unités ou maillons dont l’efficacité
est mesurée par la capacité de synchroniser les rythmes de fonctionnement en maîtrisant
notamment les flux externes.
Ainsi, dans un contexte de circulation physique, le problème de prestation dans
certaines opérations de production ou de circulation ne se pose pas uniquement en termes de
coûts comme c’est le cas pour l’intégration verticale. À côté des coûts induits par une décision
qui choisit le marché au lieu de l’organisation, il y a particulièrement des « coûts de
coordination comme les délais, le stockage etc. résultant des problèmes de non
synchronisation des flux de matières entre fournisseurs et les prestataires de service
logistique».20
Toutefois le donneur d’ordre fait entreposer des marchandises, à titre professionnel
auprès d’un dépositaire ou prestataire de service, qui met à sa disposition un certain nombre
de moyen matériels et humains (entrepôts, équipes de surveillance, logiciel de gestion des
stocks, flotte de véhicule) et lui permet d’externaliser ses opérations de stockage et de
livraison et ainsi, d’optimiser ses flux commerciaux.21
La complexité et l’étendue des prestations confiées au prestataire obligent l’entreprise
qui désire externaliser tout ou partie de ses flux logistiques et son prestataire de services à
rédiger un contrat qui précisent leurs obligations réciproques.22
En effet l’étude menée sur le terrain nous montre que le « Contrat de Prestations
Logistiques » est un contrat à géométrie variable selon sa qualification (section 1 ) ,
impliquant des prestataires différents qui ne sauraient être logés à la même enseigne juridique
(section 2) .

20
Pour Olivier WILLIAMSON, les coûts d’une externalisation (marché) sont essentiellement des coûts de
Transaction.
21
A.Naciri.Bensaghir, «LA CONTRIBUTION DE LA LOGISTIQUE A L’INTEGRATION DES SOUS –
TRAITANTS MAROCAINS DU SECTEUR TEXILE – HABILLEMENT A LA LOGIQUE DES DONNEURS D’ORDRE
ETRANGERS. »,revue marocaine d’audit et de developpement ,N° 20,2005 ,P.3.
22
M. Bentak, « sous-traitance: activité en plein essor mais en mal de réglementation »,L’ economiste, Edition N°
1630,2003.

19 | P a g e
Section 1: qualification du contrat du prestataire de
service logistique : L’influence constatée
d’un régime commun
La qualification juridique du contrat est importante, car elle permet de déterminer le
régime correspondant et d’en déduire, par analogie, des conséquences juridiques maîtrisées.
En effet Il n'y a pas de contrat de prestation sans montage juridique. Le partenariat avec un
prestataire de services logistiques s'échafaude en ayant recours aux contrats. Il faut donc
s'interroger sur les types des contrats possibles et sur les limites de ces montages. Par ailleurs,
les solutions retenues peuvent varier en fonction des opérations logistiques .il consiste à
conclure des contrats de coopération ou les partenaires commerciaux mettent en place un
accord commun pour arriver à un objectif préétabli. 23
La question est d'autant plus difficile quand t-il entre en jeu un caractère international
pour l'une des parties au contrat, puisqu’il faudra envisager les problèmes liés aux différents
régimes juridiques amenés à se rencontrer pour la réalisation des prestations. Les entreprises
peuvent également choisir de coopérer en se livrant à des montages juridiques plus
complexes, en utilisant non pas un contrat unique mais un ensemble de contrats unis dans un
but commun.
Cependant le contrat de prestation de service logistique est soumis aux règles
relatives au droit des contrats et obligations, c’est à dire celons les dispositions du dahir des
obligations et contrats du 12 aout de 1913comme nous l’avons déjà signaler. Certes d’après
le DOC le contrat de prestation de service logistique appartient à la catégorie des contrats de
louages d’ouvrage aux termes de son article 723 alinéa 2 dispose que : « Le louage d'ouvrage
est celui par lequel une personne s'engage à exécuter un ouvrage déterminé, moyennant un
prix que l'autre partie s'engage à lui payer ». Il en résulte dudit article qu’il y a Deux éléments
primordiaux qui caractérisent ce contrat : En premier lieu, l’exécution d’un ouvrage
particulier requérant certaines qualités ou encore la fourniture d’un service, ceci par
opposition à la simple fourniture d’un bien comme dans le contrat de vente. En second lieu,
l’indépendance de l’entrepreneur vis-à-vis de son maître de l’ouvrage se traduisant par
l’absence de lien de subordination.
Ces éléments nous apparaissent recouvrir la réalité de l’opération de logistique. En
effet, le contrat de prestation de service logistique oblige à faire quelque chose pour le client
moyennant paiement d’un prix par exemple fourniture d’un service de gestion de stock des

23
G.Paché, «La Gestion Des Chaines Logistique Multi –Acteurs. », Edition PUG, 2000,P.221.

20 | P a g e
produits en vue de leur remise au destinataire dans les délais convenues. Mais ce contrat du
point de vue juridique appartient à la catégorie du contrat innomé puisque il n’est pas
réglementé par aucune loi.
Le contrat de prestation de service logistique entre dans la grande catégorie des
contrats à exécution successive par opposition à celle des contrats instantanés. L’opération de
logistique ne se résume pas à l’exécution d’une opération déterminée et ponctuelle. Au
contraire, la relation de logistique s’inscrit dans la durée, souvent sur plusieurs années. Cette
constatation implique qu’il ne sera pas rare que le contrat initialement signé fasse l’objet de
renouvellements ou de modifications en cours d’exécution.
La qualification juridique du contrat est importante, car elle permet de déterminer le
régime correspondant. Cette tâche s’avère laborieuse pour le contrat de service logistique.il
donne lieu à une comparaison entre le contrat de prestations de services logistiques et les
conventions qui s’en rapproche le plus, à savoir le contrat de mandat (A),et le contrat de
dépôt(B).

A. Le Contrat de prestation de service logistique et le contrat de


mandat :
Le contrat de mandat est un acte par lequel une personne donne à une autre le
pouvoir de faire quelque chose pour le mandant en son nom et pour son compte. En effet
l’article 879 du DOC définit le contrat de mandat « est un contrat par lequel une personne
charge une autre d'accomplir un acte licite pour le compte du commettant. Le Mandat
peut être donné aussi dans l'intérêt du mandant et du mandataire, ou dans celui du
mandant et d'un tiers, et même exclusivement dans l'intérêt d'un tiers ».ilen résulte de
cette définition, que plusieurs conditions sont l'essence du mandat il faut:
1-Qu'il y ait une chose : en général, toute chose peut être l'objet d'un mandat : les cas où la
personne que l'acte intéresse doit être présente.

2 - Il faut que la chose soit de nature à ce que le mandant puisse être censé la faire lui-même,
par le ministère de son mandataire, au moment où le mandat recevra son exécution. Le
mandataire, en effet, représente le mandant, à l'effet de l'obliger envers les tiers et d'obliger les
tiers envers lui.
3-Il faut que la chose soit de nature à pouvoir être faite par le mandataire. On n'examine pas,
du reste, si ce dernier a eu personnellement cette faculté: il suffit, pour la validité du mandat,
que le mandant ait pu raisonnablement le penser.

21 | P a g e
4- la chose ne doit pas concerner l’intérêt du mandataire.
5- Le mandant et le mandataire doivent avoir la volonté de s'obliger l'un envers l'autre.
6- Le mandat doit être conféré dans la forme voulue pour que le mandataire puisse exécuter
l’acte qui en est l'objet.24
en outre il n’existe pas une définition légal à notre connaissance du contrat de
prestation de service logistique , mais la doctrine française le définis :«est une convention
par laquelle un prestataire de service logistique , s’engage à gérer un stock de produits
afin de les remettre à des personnes désignées et en des lieux déterminés, selon un
calendrier souvent précis et contraignant et des procédures préétablies en accord avec
l’autre partie, le client, moyennant un prix convenu ».25
Cependant il n y a pas une véritable qualification du prestataire de service logistique ,
mais la doctrine marocain qualifie transitaire comme prestataire de service logistique .a noter
que aussi les accords internationaux de libre échanges que le Maroc a conclue avec d autre
pays comme l’ accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats unis d’ après son article 7
« lorsque vous souhaiter exporter vers les états unis, vous pouvez faire appel à un service
externe pour le prestation de transport appelé transitaire ».en effet Le terme transitaire ne
figure pas dans le D.C.C.M de 1919. C’est une appellation recouvrant différents types
d’activités que cet intermédiaire est appelé à accomplir. Ainsi, dans la définition du Lamy de
Transport Tome 2, le transitaire est considéré comme « un intermédiaire de transport
spécialisé, dont la mission essentielle consiste à assurer la continuité entre deux transports
distincts dans le cadre strict des instructions reçues ».
Certes Le transitaire est en fait un prestataire de service, et le plus souvent hautement
compétent, c’est l’un des piliers de la pratique des transports maritimes. C’est en droit un
mandataire qui a pour mission de conclure, pour le compte du chargeur, contrats de transports
et contrats complémentaires, et plus généralement de prendre toutes mesures dans l’intérêt de
la marchandise. C’est la précision donnée par l’article 895 du D.O.C au mandataire puisque le
transitaire en est un qui « est tenu d’exécuter exactement la commission qui lui a été donnée ;
il ne peut rien faire au-delà, ni en dehors de son mandat. » donc il s’agit en principe d’un
simple mandataire qui ne doit agir que sur les instructions de son mandant, à ce titre il est
soumis aux règles de droit commun du mandat et n’ a donc de lien contractuel qu’avec celui
qui a requis ses services.

24
R.J. POTHIER, « tralté des contrats de bienfaisance. »,Edition Tarler, 1992,P .114.
G.Paché,F.Fulconis,G.roveillo, « la prestation de service logistique : origine, enjeux et perspectives » ,Edition
25

Ems management et société ;2011 ,P.43.

22 | P a g e
Il faut signaler qu’avec la multiplication des opérations avant et post transport, le
transitaire entant que mandataire de son client au sens de DOC marocain a un rôle très
variable. Il effectue des opérations juridiques comme Reconnaissance de la marchandise et
Faire des réserves en cas d’avarie, Signature du bon de livraison etc. Ainsi que les opérations
matérielles connexes à l’opération suivant les instructions données par son client mandant
comme l’entreposage, gardiennage, emballage, marquage, étiquetage en attendant le transport
suivant, et groupage de la marchandise en fonction de leur destination.
il convient de préciser que le législateur reconnait au mandataire un pouvoir de
représentation , c’est à dire la mission du mandataire consiste à accomplir un ou plusieurs
acte juridique .en revanche le contrat de prestation de service logistique qui a pour finalité
l’exécution des flux physique et il n’a aucune relation au principe de la représentation
juridique .ainsi les contrats qui porte sur les flux physique avec des tiers qui n’ont aucune
relation avec le contrat initial , en effet ces tiers sont inopposables au donneur d’ordre.
Toutefois le mandataire est tenu d’accomplir les actes de contrat de mandat et d’apporter les
soins d'un bon père de famille à la gestion de la chose dont il s'est chargé. Il est tenu d'accomplir le
mandat tant qu'il en demeure chargé, il répond à des dommages-intérêts qui pourraient résulter de son
inexécution d’après l’article 890 et suivant du DOC .en outre le mandataire et le mandant est tenu
d'exécuter les engagements contractés par le mandataire, conformément au pouvoir qui lui a été donné.
Il n'est tenu de ce qui a pu être fait au-delà, qu'autant qu'il a ratifié expressément ou tacitement. En
effet Le mandant doit rembourser au mandataire les avances et les frais que celui-ci a faits l'exécution
du mandat, et lui payer ses salaires lorsqu’ il en a été promis. 26en d’ autre terme ,L’article 914 du DOC
dispose que le « mandant doit rembourser au mandataire les avances qu’il a du faire pour
l’exécution du mandat dans la mesure de ce qu’il était nécessaire à cet effet, lui payer sa
rétribution au cas où elle serait due, quel que soit le résultat de l’affaire, s’il n’y a fait ou
faute imputable au mandataire ». Il effectue au nom et pour le compte de son client les
actes juridiques nécessaires à cette opération mais peut également effectuer lui-même les
opérations matérielles, qu’il s’agisse du déchargement, du chargement, du déplacement de
la marchandise d’un véhicule à l’autre. Ces opérations ne modifient pas la qualification du
contrat.

A noter que le mandataire doit exécuter une obligation de moyen, il est tenue de
fournir tous les moyens possible et agir en bon père de famille, en cas d’inexécution de cette
obligation précité. Il est responsable pour faute prouvé, la partie lésée doit démontrer qu’il

R.J. POTHIER, « tralté des contrats de bienfaisance. »,Edition Tarler,1992,P .122.


26

23 | P a g e
n’a pas fournis tous les moyens pour atteindre le résultat convenue. C’est à dire, Il doit
éclairer son mandant sur les conditions d’exécution du mandat pour lui permettre de modifier
ses instructions en fonction de ses intérêts. A cette effet le mandataire peut engager sa
responsabilité, si le transitaire qui connaissant la nature dangereuse de marchandises,
n’informe pas son mandant des exigences faites sur les conditions de transport de celles-ci.
Par contre dans le contrat de prestation de service logistique, le prestataire de service
logistique doit exécuter une obligation de résultat, car il garantit le résultat de sa mission au
donneur d’ordre .si le prestataire n’accomplis pas ses obligations, le PSL encoure une
responsabilité présumé, la partie lésé n’as même pas besoin d’apporter une preuve pour
démontrer la faute.

B. contrat de prestation de service logistique et le contrat de dépôt:

Le dépôt, en général, est un acte par lequel on reçoit la chose d'autrui, à la charge de
la garder et de la restituer en nature. En effet le contrat de prestation de service logistique
est intiment liée au contrat de dépôt, Il est réglementé par l’article 781 du DOC qui
dispose: « Le Dépôt est un contrat par lequel une personne remet une chose mobilière à
une autre personne, qui se charge de garder la chose déposée et de la restituer dans son
individualité ».il en résulte de cette définition légal du DOC que :

 La chose du contrat de dépôt doit être un bien meuble c’est à dire les contrats ayant
pour objet la conservation d’un immeuble ne sont donc pas des « dépôts ». Le bien
meuble dans le contrat de dépôt doit être un bien matériel, corporel. alors que la
conservation ne constitue pas son obligation principal du PSL, l’obligation essentiel
la prise en charge de la marchandise et la gestion des stocks .en peux dire que
l’obligation du PSL c’ est de faire quelque chose et non pas sa conservation.
 Le contrat de dépôt comprend une obligation de conservation, il ne peut y avoir de
contrat de dépôt sans une telle obligation, consistant à prendre soin de la chose et à
l’entretenir. L’obligation principale du contrat de dépôt va parfois plus loin que la
simple conservation.
 Le contrat de dépôt comprend une obligation de restitution et cette obligation découle
du caractère temporaire du dépôt, qui est un contrat opérant une mise à disposition du
bien, donc temporaire.

24 | P a g e
 Le contrat de dépôt est un contrat essentiellement gratuit : le caractère gratuit n’est
plus un élément nécessaire du contrat de dépôt, mais si rien n’est expressément prévu,
la gratuité est présumée. Les frais engagés pour le dépôt doivent être remboursés.

Cependant Le dépositaire doit avoir lors de la conservation de la chose, de la fidélité. or


il manquerait à cette obligation, s'il donnait à la chose déposée moins de Soins qu'à celles qui
lui sont propres: mais on ne pourrait exiger de lui que les soins d'un bon père de famille,
encore qu'il apportât à la garde de ses propres choses, des soins plus exacts. En d autre terme
il doit conserver la chose sans l’utiliser plus que nécessaire à la conservation. L’obligation de
conservation n’est pas une obligation purement passive : le dépositaire doit faire en sorte que
la chose soit entretenue, ne se détériore pas. Si la chose s’est détériorée, le dépositaire est
responsable à condition qu’il ne se soit pas comporté avec la chose déposée comme il
s’occupe habituellement de ses affaires.27
Le dépositaire a l’obligation de restituer la chose du dépôt en l’état ainsi que ses
éventuels fruits, sauf cas de force majeure, au déposant. Il est exonéré de cette obligation s’il
sait que la chose a été volée et connaît le véritable propriétaire dans ce cas, le dépositaire doit
préalablement lui demander s’il souhaite récupérer son bien. La restitution s'effectue au terme
extinctif ou à la demande du déposant sauf si le dépositaire a des raisons légitimes de
s’opposer à la restitution anticipée, au lieu du dépôt.

Le déposant doit rembourser le dépositaire des éventuelles dépenses engendrées par le


dépôt. De même L’indemnisation des éventuelles pertes : le déposant doit indemniser le
dépositaire des éventuelles pertes causées par le dépôt par exemple en cas de vice caché de la
chose : le dépositaire voit ses pommes contaminées par les pommes pourries du déposant. Le
dépositaire dispose d’une garantie vis-à-vis du déposant qui n’exécute pas ses obligations : il
a un droit de rétention de la chose déposée. Si le déposant persiste dans son refus de payer les
sommes dues, le dépositaire peut vendre la chose déposée.

Section 2: Qualification du contrat de prestation de


service logistique : L’indépendance recherchée
d’un régime spécial.
Pour l'industriel qui choisit un PSL pour lui confier des tâches comme le transport ou
le stockage, il s'agit d'une simple exécution matérielle opérée parle co-contractant appelée
sous-traitance d'exécution. Dans ce cas, le rôle du contrat consiste à garantir le respect par le
R.J. POTHIER, « traitédes contrats de bienfaisance. »,Edition Tarler,1992,P .87.
27

25 | P a g e
PSL de l'ensemble des obligations convenues et surtout la possibilité de ne pas être lié pour
une trop longue période. Ces préoccupations formalisées, même simplement, il est plus facile
pour le donneur d'ordres de prévoir la poursuite ou de décider de l'arrêt des relations. Dans ces
cas, le contrat sera hautement formalisé sous la forme d'un cahier des charges précis et
complet, c'est-à-dire détaillé, délimitant de façon précise les obligations de chacun pour
chaque opération.28
Par exemple, deux industriels décident d'externaliser l'achat, le stockage et le transport
des matières premières, ainsi que le conditionnement, le stockage et le transport, vers les
points de vente, des différents produits finis. Les deux industriels peuvent recourir à la
technique de la joint-venture pour réaliser leurs objectifs. Dans un accord de base, ils vont
décrire précisément ces objectifs ainsi que les obligations de chaque partie, ils prévoient
également les éléments concernant la gestion financière et le pilotage des opérations.29
En raison de la globalisation, de ce paysage économique de plus en plus
concurrentiel, du progrès technique qui engendre toujours plus d’innovation quant aux
matières et matériaux à transporter, et des considérations pratiques et physiques du transport,
il est de plus en plus important pour les entreprises qui sollicitent les professionnels du
transport de faire appel à un seul intervenant qui prendra en charge la totalité de l’expédition.
Partant de cette nécessité de l’unité de l’intermédiaire, plusieurs modèles dérivés de de
prestation de service logistique ont été élaborés au fil des années par la pratique.
Il est fréquent que les entreprises expéditrices ou destinataires se déchargent sur un
professionnel de tout ou partie des opérations de transport : emballage, assurance, stockage,
établissement des documents de transport, déplacement. Parce qu’il porte sur une pluralité des
prestations, le contrat de prestation de service logistique : soulève des difficultés de
qualification. Le prestataire de services logistiques, notamment il propose une gamme de
services logistiques que l’on peut faire entrer dans les contrats nommés, dont deux intéressent
la logistique : le contrat de commission de transport(A), et le contrat de transport(B).

A. Contrat de prestation de service logistique et le contrat de


commission de transport:
Pour déplacer une marchandise, un expéditeur peut s’adresser à un commissionnaire
de transport qui se chargera pour lui d’organiser le transport envisagé .il est essentiel dans la
chaine de transport : c’est un intermédiaire par excellence du donneur d’ordre.

G.Paché, «La Gestion Des Chaines Logistique Multi –Acteurs. », Edition PUG, 2000,P.222.
28

G.Paché, «La Gestion Des Chaines Logistique Multi –Acteurs. », Edition PUG, 2000,P.224.
29

26 | P a g e
sur le plan juridique , le commissionnaire reste un mandataire particulier , puisqu’ il
exerce sa fonction de représentation en son nom personnel , alors que le transitaire agit au
nom de son client .en effet avant l’avènement du code de commerce de 1996, le droit
marocain ignorait le commissionnaire de transport , car le code de commerce général de 1913
sétait limité a considéré le contrat de commission comme un acte de commerce d’ après
l’article 2 alinéa 2.
Aujourd’hui le code de commerce éventuelle lui consacre une règlementation
semblable à la réglementation française .ainsi aux termes de l’article 422 du code de
commerce : « La Commission est le contrat par lequel le commissionnaire reçoit le
pouvoir pour agir en son propre nom pour le compte du commettant ».il faut signaler que
Le commissionnaire et le transitaire, bien qu’ayant des activités similaires, n’obéissent
cependant pas au même régime juridique. La différence entre ces deux types, c’est que le
commissionnaire se charge complètement du transport en l’organisant à sa guise (libre choix
des voies et moyens) et que le transitaire, quant à lui, intervient uniquement lors de la rupture
30
de charge.
Le transitaire agit sur le fondement du contrat de mandat, C’est un intermédiaire
chargé de recevoir la marchandise du transporteur et d’assurer la réexpédition par les soins
d’un autre transporteur maritime, fluvial, ferroviaire ou aérien. Il accomplit à cette fin des
opérations d’ordre juridique c’est-à-dire qu’il prend livraison pour le compte de son client et
contracte pour lui le second contrat de transport1. Il doit suivre scrupuleusement les
instructions de son mandant au nom de celui-ci à la différence du commissionnaire qui agit en
son propre nom.
De plus, le transitaire est responsable uniquement de son fait personnel et n’est donc
pas responsable du fait d’autrui comme peut l’être le commissionnaire de transport. Ainsi,
pour engager sa responsabilité, il faut prouver sa faute c'est-à-dire prouver qu’il n’a pas
respecté les instructions du mandant.il ne bénéficie pas non plus d’une durée de prescription
spécifique car il n’existe pas de véritable statut légal qui encadre l’activité de transitaire. De
plus, contrairement au commissionnaire, le transitaire n’a aucun privilège spécifique. La
rémunération n’est pas non plus la même.
A l’instar du commissionnaire de transport, le commissionnaire en douane est un
intermédiaire. Ainsi, il accomplit directement, au nom et pour le compte de son client, ou
indirectement, en son nom, mais pour le compte de son client, des formalités douanières. Pour
éviter toute confusion, il paraît nécessaire que les professionnels n'emploient pas

G.Paché, «La Gestion Des Chaines Logistique Multi –Acteurs. », Edition PUG, 2000,P.230.
30

27 | P a g e
indifféremment les termes de commissionnaire en douane, transitaire en douane,
commissionnaire de transport, pour désigner les intermédiaires chargés d'accomplir les
formalités douanières, chacune de ces professions ayant des droits et obligations qui leurs sont
propres. Il importe peu que l'activité principale d'une entreprise consistant à recevoir ou à
entreposer des marchandises « transitaire » ou à les faire acheminer à destination par des
transporteurs « commissionnaire de transport », car lorsqu'elle accomplit des formalités en
douane pour le compte de son client, elle assume, du fait de l'exécution de cette seule mission,
une responsabilité qui lui est propre, différente de celle qu'elle peut encourir pour les fautes
qu'elle pourrait commettre en tant que transitaire ou commissionnaire de transport.
Le commissionnaire confie à des tiers, pour le compte de son commettant, l'exécution
des opérations matérielles nécessaires pour réaliser le déplacement de la marchandise. A
priori, il n’effectue pas lui-même le déplacement matériel de la marchandise car il n'est pas
transporteur. Néanmoins, une entreprise qui exerce l'activité de commissionnaire de transport
peut tout à fait cumuler les activités de transporteur et de commissionnaire. L'entreprise sera
alors dans l'obligation d'émettre des contrats de nature différente. En cas de litige, il faudra
rechercher la volonté des parties pour attribuer à l’entreprise telle ou telle qualité.31
Notamment Le commissionnaire organise le transport de bout en bout, Le
commissionnaire se charge de l'organisation du transport et de ce fait, il est tenu dans le cadre
de sa mission de faire effectuer par les intermédiaires de son choix toutes les opérations
indispensables à l'exécution du contrat.
Une des principales conditions pour attribuer la qualité de commissionnaire de
transport est que l'entreprise qui est chargée d'organiser le transport dispose du libre choix des
voies et moyens pour faire exécuter l'ordre reçu de son commettant. Ainsi le commissionnaire
à l'initiative d'organiser à son gré le transport, il choisit les transporteurs et autres intervenants
sans avoir à solliciter ou à obtenir l'agrément de son commettant.
A l'inverse, le fait de demander l'approbation de son commettant ne lui retirera pas la
qualité de commissionnaire. Toutefois, si les instructions du donneur d'ordre sont très précises
comme par exemple l'exigence par le commettant d'embarquer des marchandises sur un navire
déterminé à bord duquel il a réservé un espace en cale, alors cette entreprise qui agit en tant
qu'intermédiaire ne pourra se voir attribuer la qualité de commissionnaire.32
Cependant Le commissionnaire de transport est un professionnel qui traite en son nom
personnel les différents contrats nécessaires à l'exécution du déplacement des marchandises.

Rodière René , « Droit Maritime" , Précis Dalloz , 12ème édition 1999, P.322
31

CA Lyon, 10 janvier 1980 ; CA Rouen 20 janvier 2005, RG N°03/ 02093 BTL 2005, p 161 .
32

28 | P a g e
Ainsi, ce sera lui qui sera le plus souvent mentionné en tant qu'expéditeur ou chargeur sur les
documents de transport. Toutefois, le fait qu'un commissionnaire ne figure pas comme
expéditeur, car il ne suffit pas à lui ôter cette qualité si celle-ci n'est pas contestée33.
La doctrine considère comme commissionnaire de transport ou organisateur de
transport : « tout prestataire de service qui organise et fait exécuter, sous sa responsabilité
et en son nom propre, un transport de marchandise selon les modes et les moyens de son
choix pour le compte d’un commettant ».il faut signaler que le contrat de commission de
transport n a fait l’objet d’aucune disposition du code de commerce , ce dernier s’ est limiter
de règlementer le contrat de commissions en générale, projet du code de commerce maritime
qui n’as prêter au contrat de commission de transport aucune importance.
En revanche le contrat de commission de transport est règlementé par la loi 16-99 relatif
au transport routier aux terme de son article 1 : « est réputé commissionnaire de transport
routier, toute personne physique ou moral qui organiser ou fait exécuter sous sa responsabilité
et son propre nom, des opérations de groupage de marchandise ou d’affrètement pour le
compte de commettant ».donc le commissionnaire de transport est un intermédiaire et non
mandataire. Mais la qualification donnée par la doctrine marocaine au statut de PSL est un
commissionnaire, sachant que les actes accomplies de diverses nature juridique : transport,
stockage, manutention, l’activité de groupage ….etc.
Le commissionnaire de transport organise et fait exécuter le transport. Cela signifie qu'il ne
transporte pas lui-même: il y a une intervention d'un transporteur pour l'exécution du transport
à proprement parler. Ainsi, dès lors que le chargeur fait appel à un commissionnaire, la
réalisation de la prestation implique la superposition de deux contrats: l'expéditeur et le
commissionnaire sont liés par un contrat de commission de transport, alors que le contrat de
transport à proprement parler est conclu entre le commissionnaire et le transporteur. On
constate donc que le commissionnaire de transport est un "architecte du transport". En effet,
il organise le transport, en opérant des choix qui lui sont propres: il est libre de solliciter tel
transporteur ou tel chargeur. Cette analogie avec l'architecte est pertinente puisque le
commissionnaire de transport, en tant que spécialiste, est chargé de la conception du transport
et de son organisation, au même titre que l'architecte conçoit un bâtiment par exemple.
Il n'y aura donc commission de transport qu'en présence d'une entreprise intervenant en tant
Qu’intermédiaire disposant d'une marge de manœuvre suffisante quant à l'organisation de
L’opération de transport. Dans le même temps que si ces deux éléments ne suffisent pas à
caractériser le contrat de commission, la qualité de commissionnaire sera déduite par le fait

Cass, com., 10 mai 2005, N° 04-10235, N°708 SA S’TRANS France ; BTL 2005, p 355 .
33

29 | P a g e
que l'entreprise conclut en son nom personnel donc, qu'elle apparaît en nom sur les documents
de transport.

30 | P a g e
B. Contrat de prestation de service logistique et le contrat de transport:

L’élargissement des services proposés par les PSL, notamment par ceux qui
proviennent des services à l’industrie, s’apparente à leur métier de base .sur cette base, la
mutation des offres de service logistique est significative aux composantes modulaires qui
sont banalisées il faut en ajouter d’autre qui permettent de fidéliser la clientèle et de
positionner les compétiteurs sur le marché de ce point de vue en peut distinguer cette
élargissement en amont et en aval.

En ce qui concerne d’ une part l’élargissement en amont, c’est à dire la diversification


des offres « permet de prendre en charge les opérations de stockage et de gestion de s stock
matières et composantes des clients industriels, simultanément aux stockages et à la gestion
des stocks des produits finis ».cette extension de gestion de stock .il en résulte un nouveau
reconfiguration vers l’amont de la chaine logistique.

D’ autre part la réalisation d’ opérations à caractère commercial comme la facturation et le


règlement des litiges , il s’étend à l’ aspect logistique de marchandising : gestion de
l’approvisionnement des rayons, éliminations des produits périmé, évacuation des emballages
vides .A cet égard nous pouvons présenter les « activités multiples variées » des prestataires
de service logistique en reprenant les propos de N.Fabbes-costeset Colin .il ya différentes
types de prestataires de service logistique :

 Les prestations d’entreposage de produit : la configuration des produits en sortie de


stock est la même qu’en entrée.
 Les prestations de manipulation de produit : interventions sur les conditionnements
–marquage, suremballage ou ré-emballage. constitutions d’assortiments de produits
tri, etc.
 Les prestations des industriels : interventions sur les produit eux même, c’est à dire la
finition, la customisation, essais, test, qualités, magasins avancés, centre de
préparation logistique, etc.
 Les prestations commerciales : marchandising, prise de commande, etc.
 Les prestations informationnelles : gestion d’information qui s’ajoute aux besoins
internes du prestataire et aux besoins « normaux »des autres prestations réalisé :
gestion de stocks, tracking etc.

 Les prestations de conseil et d’ingénierie logistique.

31 | P a g e
 Les prestations de transport : elles concernent déférentes modes (maritime, routier,
ferroviaire, aérien) et les prestation auxiliaires en transport internationales.

Prestation liée au service de Prestation liée au service à la logistique Prestation liée au service
transport en amont et en aval industriel
 Commission de transport.  compte rendu de livraison en  Facturation.
 Groupage, dégroupage. temps réel.  Gestion des ordres de
 Location des véhicules.  création d’étiquette de code production.
 Opération douanière barre  Gestion du SAV.
 Transit  étiquetage, marquage de prix.  Ingénierie logistique.
 Gestion des stocks de matières  Marchandising
composantes et produit finis logistique en magasin.
 Manutention  Règlement de litiges
 Traitement et préparation
des commandes.

Cependant en peut avoir des prestations de transport maritime sans traiter le transport
routier, en général le contrat du transport est en vertu de l’article443du code de commerce,« le
contrat de transport est la convention par laquelle le transporteur s’engage moyennant un
prix, à faire lui-même parvenir une chose en lieu déterminer ». Parmi les divers contrats
d’externalisation logistique, le transport constitue souvent l’objet essentiel du contrat. Mais la
prestation de services logistiques ne se limite pas au transport. Il faut donc distinguer le
contrat de prestation de service logistique et du contrat de transport maritime en premier
lieux par les points suivants :
 le contrat de transport maritime a un caractère tripartite, car il met en présence trois
parties : le chargeur, le transporteur, et le destinataire. Le destinataire n’apparait pas en
personne lors de la conclusion du contrat mais c’est lui qui est titulaire du
connaissement en acceptant la marchandise à lui offerte par le transporteur.

32 | P a g e
 Le destinataire est considéré avoir le statut de partie au contrat de transport. Il
bénéficiera d’une action en responsabilité, action contractuelle, contre le transporteur
au cas où la marchandise est endommagée ou perdue.

Cependant en transport terrestre, aérien, certains considèrent que le destinataire est un


tiers au contrat, le transporteur peut être la personne morale, l'entreprise de transport, et aussi
la personne physique, l'individu qui s'engage à transporter des marchandises, alors que dans le
cadre du contrat d’externalisation logistique, il est impossible pour un individu d’accomplir
une gamme de services logistiques pour le compte de l’entreprise industrielle ou commerciale,
qui effectivement fait appel à une entreprise de logistique. Ainsi donc, le contrat prestation de
service logistique est conclu entre les personnes morales.
En générale, le transporteur est soumis à une obligation de résultat : acheminer au bon
endroit les marchandises en bon état dans les délais convenus. C’est à dire Le contrat de
transport a pour objet principal le déplacement de la marchandise ou de la personne. Le fait
de Déplacer est à prendre au sens propre : mouvoir physiquement la marchandise en utilisant
un matériel adapté à ce transport. En outre dans le cadre du contrat de prestation de service
logistique, la prestation de services logistiques ne se limite pas au transport, et le PSL est dans
la plus des cas tenu de fournir le service d’entreposage.
Certes L’activité de transport est une activité commerciale par nature d’après l’article 6
alinéa6du code de commerce et le contrat de transport est un contrat commercial. Le
transporteur est considéré comme un commerçant s’il fait de cette activité sa profession
habituelle. Le transporteur est un professionnel indépendant. Cette indépendance se
matérialise par le fait que c’est lui qui va maîtriser l’opération de déplacement : il est libre de
choisir le matériel adapté, ainsi que l’itinéraire à suivre, d’organiser le chargement du moyen
de transport. Bien entendu, son client peut réduire cette liberté par des instructions précises
données dans le contrat comme les heures impératives de chargement ou de livraison,
contraintes Spécifiques. Mais, malgré ces contraintes, la convention sera un contrat de
transport chaque fois que le professionnel aura la maîtrise de l’exploitation du conducteur et
du véhicule.
Cependant nombreux prestataires étendent leur offre à des prestations logistiques plus
complexes que le transport pur : entreposage de la marchandise, préparation de commande,
gestion des retours. Il existe alors une grande variété de situations dans laquelle il sera délicat
de savoir s’il s’agit d’un simple déplacement de la marchandise, donc soumis au droit des
transports, ou bien s’il s’agit d’un contrat d’entreposage , voire d’un contrat complexe mêlant

33 | P a g e
plusieurs prestations enchevêtrées. Dès lors que l’entreposage de la marchandise est une
opération annexe au transport, strictement nécessaire à ce dernier, il n’y aura pas de contrat de
dépôt mais uniquement un contrat de transport. 34
Le régime juridique applicable à l’opération sera celui du contrat de transport, y
compris pendant les phases d’entreposage annexes. Ce sera le cas lorsque la marchandise est
remise au transporteur avant son déplacement mais que l’objet principal du contrat est le
déplacement. Il en sera de même lorsque le transporteur choisit de faire passer la marchandise
sur un quai pour la transborder dans un autre véhicule, choisit de la grouper avec d’autres
marchandises et la met en attente. Ça sera aussi le cas lorsque la marchandise n’a pas pu être
remise au destinataire et est conservée par le transporteur en attente d’instructions du donneur
d’ordre.
Par contre, dès lors que le déplacement est accessoire à la phase d’entreposage de
courte distance, longue durée de stockage, entreposage amandé par le client et non nécessaire
à l’exécution du transport, facturation séparée de l’entreposage, il peut s’agir d’un contrat
distinct du contrat de transport : un contrat de dépôt. Dans d’autres cas, donneur d’ordre et
prestataire conviennent de prestations complexes s’imbriquant les unes aux autres, en vue
d’arriver à un résultat global : une prestation logistique complète. Transport, manutention,
stockage, préparation de commande, conditionnement se mélangent dans un seul contrat qui
est pour les parties, correspond à une réalité économique ignorant les catégories juridiques.
Il peut considérer qu’il s’agit d’une juxtaposition de contrats, chacun ayant une
existence autonome. Dans ce cas, si le litige intervient lors du déplacement, le droit des
transports s’appliquera alors que, si le litige intervient lors d’une préparation de commande,
c’est le droit du contrat de louage d’ouvrage en d’autre terme c’est le contrat de prestation de
service classique qui s’appliquera. Il peut aussi considérer qu’un seul contrat englobe toute la
prestation. Dans ce cas, c’est le droit de l’opération qui a un caractère principal qui
l’emportera et qui s’appliquera à tout le contrat. Les autres opérations seront considérées
comme accessoires. Un seul régime juridique, celui de l’opération principale, s’appliquer à
quel que soit le moment de survenance du litige.35

En deux Emme lieux Le transport routier constitue une fonction clé de la logistique qui
permet de mettre lesbiens à la disposition des acheteurs au lieu voulu et en temps voulu. Il
34
G.Paché,F.Fulconis,G.roveillo, « la prestation de service logistique : origine, enjeux et perspectives » ,Edition
Ems management et société ;2011 ,P.54.
35
G.Paché,F.Fulconis,G.roveillo, « la prestation de service logistique : origine, enjeux et perspectives » ,Edition
Ems management et société ;2011 ,P.63.

34 | P a g e
peut être assuré par le producteur, par le distributeur ou par un transporteur professionnel
(prestataire logistique).Afin de tirer des bénéfices de l’avantage de chacun d’entre eux, on
assiste au développement d’une approche modale en combinant généralement la voix
maritime et la routier (transport combiné) augmentant ainsi la productivité globale de la
chaîne des transports, comme parallèles logiques, une diminution des coûts globaux et une
augmentation de la rentabilité. Concernant le choix du mode de transport, l’entreprise va tenir
compte de plusieurs éléments c’est-à-dire des exigences de rapidité, des fréquences de
fiabilité, de disponibilité et des coûts. Ces exigences sont souvent négociées et discutées entre
les différentes parties concernées.
Les coûts de transport sont généralement flexibles car ils dépendent des caractéristiques du
produit, de la distance et de la taille du chargement. On distingue d’une part : les coûts de
transport de l’usine aux entrepôts ou à une plateforme, les coûts de livraison aux clients. Les
activités liées aux livraisons et aux transports : le regroupement des commandes. En effet,
l’objectif primordial est d’optimiser le chargement des camions et donc leur remplissage et
l’ordre des livraisons.
Certaines entreprises, souhaitant consacrer l’essentiel de leurs ressources et de leur
compétence à ce qu’elles estiment être au cœur de leur valeur ajoutée spécifique, leur core
business ou métier de base, ont tendance à aller vers la sous-traitance de certaines tâches ou
processus logistiques : c’est ce qu’ en appelle désormais prestation de service logistique .
Cette dernière nécessite dans tous les cas une coordination forte qu’elle, doit rester dans
l’entreprise pour veiller aux intérêts du client et assurer la cohérence globale des processus.
Avec 95 % des tonnages transportés, contre 4,4 % par le rail, la route reste le mode
De transport dominant. Mais les attentes des clients changent et l’offre des transporteurs
s’adapte. En plus de l’acheminement, leur activité s’est étendue à la prestation de services
logistiques. On assiste également à une spécialisation sur certains segments de marché :
matières dangereuses, denrées périssables… et au développement d’activités de distribution
de type messagerie, transport de petits et moyens colis.
Au Maroc, le transport routier de marchandises se caractérise par un faible rapport
qualité/prix. Pour de nombreuses entreprises marocaines, ce n’est pas un problème dans la
mesure où il est peu onéreux. Il est vrai que la fiabilité et la vitesse ne sont pas aujourd’hui
des impératifs pour de nombreuses entreprises non exportatrices. Pourtant, la situation devrait
assez rapidement changer. En effet, avec la libéralisation de l’économie et l’arrivée sur le
marché des grands distributeurs européens, ces impératifs de qualité et de vitesse devraient

35 | P a g e
émerger. La demande de transport évoluera et devrait entraîner des changements au niveau de
l’offre de transport.
Conscient des problèmes liés au transport routier de marchandises (faible
professionnalisation, suroffre de transport, vieillissement du parc), le gouvernement a lancé
une réforme du transport routier de marchandises articulée autour de la loi 16-99 (entrée en
vigueur le 13 mars 2003). Les objectifs de la réforme étaient de mettre à niveau le cadre
législatif et institutionnel, essayer de créer une régulation efficace du marché et définir des
critères objectifs d’accès à la profession. En effet Pour faire quelques comparaisons, il faut
savoir que l’âge moyen du parc au Maroc est le double de ceux des pays d’Europe centrale.
S’agissant de l’utilisation du parc, un camion opère 90 jours par an en moyenne au Maroc
contre 220 jours en France.
Toute fois Le contrat de transport routier porte sur une prestation de services qui est le
déplacement, c’est un contrat de louage d’ouvrage particulier . La particularité du contrat de
transport routier de marchandise et les nombreuses règles spécifiques dont il fait l’objet semblent
l’avoir éloigné de cette définition générale et en avoir fait un contrat autonome, recadré par la
doctrine et la jurisprudence. L’offre de transport de marchandises peut même ressembler parfois à
une industrie tant la phase de transport est intégrées au circuit de production industrielle. Par abus
de langage, certains auteurs n’hésitent d’ailleurs pas à utiliser le terme de coûts de production
pour se référer à la multiplicité des charges dont le coût sert à calculer le prix de revient du
transport.
En revanche l’obligation du prestataire consiste à réaliser une prestation, celle du maître de
l’ouvrage est de rémunérer cette prestation. Le contrat de prestation de service logistique est un
contrat à titre onéreux, la rémunération constituant la cause qui justifie l’obligation d’effectuer un
travail à laquelle s’engage le PSL. Le paiement du prix constitue ainsi l’obligation principale du
client.
Les parties au contrat de prestation de service logistique déterminent librement le montant de la
rémunération dans les limites des pratiques abusives qui tendraient à réduire la pression
concurrentielle sur le marché envisagé. Le déplacement de la marchandise est le critère principal
de la prestation de transport routier. Il constitue l’obligation principale du transporteur et doit être
effectué de manière autonome par ses propres moyens. Accessoirement, le transporteur routier
peut être contractuellement chargé d’effectuer des prestations annexes. Par exemple, il en sera
ainsi des opérations de chargement ou du déchargement que le contrat type général routier met à
la charge du transporteur pour les envois inférieurs à trois tonnes, sauf accord contraire.
En tout état de cause, le transporteur doit prendre soin des marchandises transportées, ce qui
implique qu’il doit être suffisamment compétent et diligent pour s’assurer qu’elles soient livrées
36 | P a g e
dans le même état que celui dans lequel elles étaient lors de leur prise en charge. A défaut de
porter tout le soin nécessaire à la conservation des marchandises, le transporteur risque de voir
sa responsabilité engagée.

Chapitre 2: la pratique des prestataires des services logistiques au


Maroc et la France
Au cours des deux dernières décennies, les entreprises ont réduit leurs activités, se
concentrant sur les « cœurs de compétences », et elles ont eu tendance à confier à des tiers
toutes les fonctions qui n’appartiennent pas à leur raison d’être. Ainsi, le marché de la
prestation de services, notamment des transports et de la logistique, se développe de plus en
plus. Le prestataire est aujourd’hui obligé de répondre aux exigences variées des clients, en
leur proposant le niveau maximum de personnalisation des services offerts. La logistique a
ainsi évolué du statut de fonction de support, concentrée sur la distribution physique des
produits, à celui de fonction transversale à l’intérieur de l’entreprise C’est dans ce contexte
que l’on s’interroge sur la qualité de la relation entre le prestataire et son client. En effet, c’est
seulement dans un climat de confiance que les décisions stratégiques importantes peuvent être
prises sans que les acteurs soient perturbés par les ennuis que génère tout changement. La
confiance est un levier incorporel de la performance, elle est donc essentielle dans une
relation industriel et prestataire36.

Pratiquée par plus de 60 % des sociétés françaises, l’externalisation concerne aussi


bien les services généraux, la logistique, l’informatique et les télécommunications que la
vente, la relation client et le marketing. Même si, pour ce dernier domaine, elle peine encore à
entrer dans les mœurs. En général, deux grandes raisons sont à l’origine de la décision
d’externalisation : la complexité et la logique économique. Une telle opération comporte des
risques auxquels les entreprises ne sont pas suffisamment Sensibilisées. Un certain nombre de
ces risques peuvent être appréhendés pendant la période précontractuelle et anticipés dans le
cadre du contrat signé avec le prestataire. L’externalisation progresse globalement de 5% à
10% dans les grandes entreprises. La moyenne du nombre de fonctions externalisées est en
croissance.37

36
Rapport du ministère d’équipement et de transport marocain, « analyse et recommandation des prestataire de
service logistique »,Année juillet 2004,P.8.

37 | P a g e
Selon L’ASLOG, près de90% des entreprises sous-traitent un ou deux maillons de la
chaîne logistique, le plus souvent ce sont le transport et le stockage, et de plus en plus d’entre
elles confient l’ensemble de la chaîne à des prestataires extérieurs. Les acteurs sur ce marché
sont nombreux, leur rôle pouvant être plus ou moins important, selon la prestation offerte, qui
peut varier du transport simple jusqu’à la conception et à la gestion des flux physiques et
informatiques d’une entreprise cliente, voire de la chaîne à laquelle elle appartient.

En Europe la part de la prestation logistique et de transport externalisée s’agrandit de


plus en plus. Sans trop caricaturer, la logistique avait un rôle de support, elle a aujourd’hui un
rôle stratégique. Dans un premier temps, les services logistiques externalisés ne concernaient
que des tâches basiques, dites non stratégiques (stockage et transport). Peu à peu, à la
demande des producteurs, le prestataire logistique a assumé des nouvelles missions à valeur
ajoutée : conditionnement spécifiques des produits, adaptation différenciée selon la
destination ou l’usage, contrôle qualité, préparation des produits en vue de leur utilisation
directe en bord de chaîne, etc.

Aujourd’hui, nous distinguons parmi les prestataires logistiques les « 3PL » et «


4PL »:Le concept du 3PL(ou Third Party Logistics) s’est progressivement imposé dès le
début des années 90. Cela consiste pour une entreprise à sous-traiter une partie de la chaîne
logistique à un fournisseur spécialisé qui ne se contente pas seulement d’exécuter la fonction
mais qui se charge également de la planifier et de faire le lien avec les autres parties de la
chaîne.

Le 3PL peut utiliser ses propres moyens ou bien faire appel à un exécutant,
dématérialisant ainsi les liens entre son client, sa fonction logistique et ses différentes
fonctions.38Ce marché continue d’évoluer sur les trois principaux continents avec une
progression moyenne de 8% par an. Depuis quelques années, les 3PL se voient supplanter par
les 4PL ou Fourth-Party Logistics Providers.

Ce concept avait été créé par Andersen Consulting aujourd’hui Accenture.


Contrairement au 3PL où le client garde un droit de regard sur le pilotage, le 4PL secharge
totalement de la gestion de la chaîne logistique. Il doit être capable de conseiller son client, de
choisir des solutions logicielles adaptées à chaque fonction de la chaîne, de les intégrer et de

37
Suuplychain magazine, « Les prestataires logistiques vivent des changements de
logique : avis d’ un expert », edition N° 44,P.8
38
Suuplychain magazine, « Les prestataires logistiques l’horizon s’élargit: avis d’ un
expert », édition N° 44,P.1 ,2.

38 | P a g e
piloter l’ensemble. L’avantage pour l’entreprise est bien sûr celui de la réduction des coûts et
du gain en espace et en temps.39

Ils existent des raisons principales d’avoir recours à un Prestataire : La réduction de


l’investissement dans les actifs physiques et des coûts de la main d’œuvre. La perception de
l’activité externalisée comme un coût réel entraînant une meilleure connaissance des frais
logistiques. Plusieurs responsables logistiques d’entreprises industrielles ont remarqué que le
recours à un prestataire logistique permet de prendre conscience et ensuite de mieux contrôler
les coûts logistiques et de transport qui sont souvent cachés dans les frais d’une division ou
d’un produit.40

La connaissance spécialisée du prestataire. Ainsi, la forte compétence acquise par le


prestataire, associée à la possibilité d’avoir plusieurs clients, permet au prestataire de
développer des économies d’échelle tout en alimentant une forte compétence de spécialiste.
L’accroissement de la flexibilité. La possibilité de meilleure adaptation aux changements
donne de la souplesse aux firmes et leur permet, d’une manière générale, d’être moins
vulnérables aux évolutions de l’environnement.

Il faut signaler que Les résultats d’une étude IDC font apparaître que 27% des
entreprises interrogées rencontrent des difficultés au cours du contrat avec leur prestataire.
Des difficultés souvent liées à des imprévus, essentiellement des problèmes techniques (39%),
mais aussi à des problèmes humains (9%) ou à des problèmes de contrats (9%).Certains
facteurs aggravent ces difficultés et tout d’abord le manque de transparence perçu par le
client, la faible valeur attribuée au respect des engagements (70%), ou encore le sentiment que
le prestataire accorde une place trop importante à la profitabilité (60%). Autres facteurs
invoqués ayant contribué aux difficultés : un turn-over trop important, une baisse de la qualité
de services, le manque de souplesse du contrat.41

Au-delà du service apporté par le prestataire, se nouent de plus en plus fréquemment à


des véritables relations partenariales par la nécessité d’une intégration accrue du prestataire
dans le système logistique de son client. Parallèlement, on assiste à une baisse du nombre de

39
Suuplychain magazine, « Les prestataires logistiques l’ horizon s’élargit: avis d’ un
expert », édition N° 44,P.4.

40
Barthelemy J, « Stratégies d’externalisation : préparer, décider et mettre en œuvre
l’externalisation d’activités stratégiques », éditions DUNOD , année 2004, p.192
41
Etude faite par IDC : premier groupe mondial de conseil et d’étude sur les marchés des technologies de
l’information

39 | P a g e
prestataires utilisés et une augmentation de la durée des collaborations entre prestataires et
industriels.

Cependant les bonnes pratiques au Maroc en prestation de service logistique nous


conduit à S’interroger sur les besoins de prestation de service logistique au Maroc qui n’a
pas de sens selon nous sans une compréhension minimale du rôle que peut jouer ce dernier
dans les chaînes logistiques internationales. L’objectif de cette approche est de proposer une
grille de lecture des logistiques internationales actuelles en s’appuyant sur plusieurs
référentiels qui serviront de base par ailleurs à la formalisation des besoins en prestation
réellement dans le marché (section 1).

Aujourd’hui, force est d'admettre que l'industrie de la prestation logistique au sens


large a pris une importance grandissante dans les économies occidentales, en Europe, sur le
continent Nord-américain et en Asie du Sud-Est, mais aussi en Afrique du Nord plus
récemment. Pour des raisons historiques, la France est l'un des pays les plus dynamiques en la
matière, avec le Royaume-Uni. Les PSL y ont construit des capacités d'entreposage de très
grande taille et en parallèle, ils ont également développé une expertise qui leur permet de
mieux répondre aux besoins de leurs clients en proposant des solutions compétitives en
matière de pilotage et de régulation des flux (section 2).

Section1 : les bonnes pratiques des prestataires de


service logistique :exemple pratique du marché
marocain
La prestation logistique est devenue au cours des 10 dernières années une discipline
majeure. Les forces qui expliquent la montée en puissance de cette fonction ,en effet
L’identification par les entreprises du service comme un facteur majeur de différenciation
soutenant la vente de produits de plus en plus banalisés ou plus généralement comme un
levier apportant un avantage concurrentiel .Les entreprises marocaines doivent maîtriser et
optimiser les maillons des chaînes d’approvisionnement avec des contraintes de temps, de
fiabilité et de qualité qui sont nouvelles. Les donneurs d’ordre évoluent vers la livraison "juste
à temps" qui se traduit pour le partenaire marocain par la maîtrise de délais très courts :
parfois moins d’une semaine entre la commande et la livraison. 42

42
Rapport du ministère d’équipement et de transport marocain, « analyse et recommandation des prestataire de
service logistique », Année juillet 2004,P.10.

40 | P a g e
Les autorités du Maroc se sont préparées à ce nouvel environnement concurrentiel en
entreprenant un programme de réformes des douanes et des transports routier, aérien,
portuaire, et la programmation et la construction de nouvelles infrastructures. D’autre part,
d’importants investissements, comme le nouveau port de Tanger-Méditerranée et le
programme d’autoroutes ont été également entrepris. Malgré ces efforts notables, il reste un
important potentiel d’amélioration qui passe entre autres par des modifications au sein de
chaque entreprise: organisation interne, mise en place de processus Supply Chain, adaptation
des systèmes d'informations dans les entreprises. 43

Toutefois Il représente jusqu’à 70% de l’investissement, Prenons la société de Lesieur


comme un prototype est sur le point d’externaliser ses opérations logistiques, Le
développement des plates-formes logistiques se heurte, comme l’investissement industriel en
général, à la cherté du foncier. Les prix prohibitifs du terrain dissuadent plus d’un
investisseur, surtout à Casablanca, En fait, le coût du foncier peut atteindre jusqu’à 70% de
l’investissement global en fonction de la localisation. Et ce n’est pas un montant négligeable
puisqu’on parle d’investissements de plusieurs dizaines de millions de DH. «Le
développement de la logistique au Maroc passe inévitablement par la mise en place
d’infrastructures qui nécessitent des surfaces importantes pour la massification des flux»,
explique Frédéric Sellier, directeur général de Graveleux Maroc, qui vient d’entamer la
construction d’une plate-forme logistique sur un terrain de 27.000 mètres carrés à
Mohammedia.

Actuellement, de plus en plus de grandes entreprises industrielles construisent des


plates-formes et délèguent la gestion à des prestataires spécialisés. En atteste l’implantation de
Géodis au Maroc avec le partenariat conclu avec Unilever Maghreb en 2004. Ce contrat de
transport et de logistique, d’une durée de cinq ans, comprend toutes les prestations depuis
l’approvisionnement des sites de production jusqu’à la distribution des produits finis. «Notre
travail principal est de gérer la prestation et la maîtrise des flux d’un client en amont et
enaval de son unité de production, de stockage et distribution vers tous ses clients»,
explique Laurent Majerus, directeur Logistique chez Géodis Maroc.

Ainsi, avant acheminement par voie maritime vers le Maroc, l’Algérie et la Tunisie,
les produits Unilever sont centralisés à Marseille sur une première plate-forme logistique de

43
SOUKTANI .A , « installation logistique disponible au Maroc et perspective d’ implantation » ,Mémoire,
fsjes souissi rabat , Année 2007, P.6.

41 | P a g e
plus de 3.000 m2. Une fois la marchandise arrivée sur le territoire national, Géodis assure
ensuite les prestations logistiques en amont et en aval de la production. En amont, il
réceptionne et stocke les matières premières nécessaires à la production des produits Home
and Personal Care comme les lessives, produits d’entretien, produits de soins corporels ,et
l’emballage, puis approvisionne en flux tendu les usines marocaines. Pour cela, une plate-
forme de 10.000 m2 a été construite à Ain Sebaâ, à Casablanca.

En aval, Géodis stocke les produits finis sortis d’usine et prépare les commandes.
Cela concerne les produits HPC mais aussi les produits alimentaires, stockés sur une plate-
forme située à Had Soualem. Géodis travaille également avec d’autres entreprises marocaines.
Il leur loue une partie de la plate-forme pour le stockage de la marchandise. Concurrent direct
de Géodis, et numéro un mondial des services logistiques et de supply chain management,
Exel a conclu un contrat avec Cofarma. D’autres projets sont en gestation, notamment celui
de Lesieur qui veut déléguer ses opérations à un prestataire de services logistiques.44

L’Objectif est d’optimiser l’ensemble de la chaîne logistique, depuis


l’approvisionnement des sites de production jusqu’à la distribution des produits finis. Le
fabricant d’huile se penche actuellement sur le choix du gestionnaire. Il n’a pas lancé d’appel
d’offres mais préfère choisir à partir d’un short List sur laquelle figurent en bonne place les
incontournables Géodis et Exel. La mise en place de ce genre d’installations pallierait
partiellement au sous-équipement du Grand Casablanca pour le bonheur des chargeurs
marocains. D’autres initiatives suivront dont celui de l’ONCF qui tarde à voir le jour. Elle
dispose de plates-formes de 1.000 à 5.000 m2, gérées ou construites par des logisticiens.

Il s’agit notamment d’Oukacha 1 et 2, Atlantic Logistic, Géodis, M&M, Maersk


Logistics, Logismar et Acima. «Au total, ce sont pas moins de 30.000 m2 qui ont été
construits. Même si le mouvement a été rapide dans les dernières années, ces installations
sont généralement créées à la demande d’un donneur d’ordres important comme
Décathlon, McDonald’s, LG ou Unilever», précise un rapport de la Banque mondiale sur la
logistique au Maroc. «Néanmoins, les surfaces consacrées à ces infrastructures restent
faibles et contraintes. Aussi, ce type de service ne peut véritablement être proposé qu’à des
chargeurs qui ont un volume d’affaires assez faible».

44
SOUKTANI .A , « installation logistique disponible au Maroc et perspective d’ implantation » ,Mémoire,
fsjes souissi rabat , Année 2007, P.9.

42 | P a g e
Au Maroc et pour le moment, les entreprise de prestation de service logistique ne
dispose d’aucun contrat type qui organise le secteur. Dans la finalité d’avancer dans
l'amélioration des rapports commerciaux donneurs d'ordres et prestataire de service logistique.
Certes la prestation logistique est devenue à l'heure actuelle une activité à forte valeur ajoutée
en plein essor. Elle ne se limite pas à l’entreposage, manutention .elle permet de suivre un
produit depuis sa conception jusqu'à sa sortie d'usine, de piloter des flux physiques et
d'informations entre fournisseurs et producteurs, de fluidifier la production et d'optimiser les
flux entre fournisseurs et distributeurs.
Les donneurs d’ordre Lors des appels d’offres, sont devenue très exigeants en matière
de cout et prestation, en effet elles cherchent une prestation avec meilleures cout .pour y
arrivé, il exprime dans un cahier de charge leur besoin de prestation spécifique selon la
nature d’activité(A).
Les prestataires de charge répondent dans la limite des besoins indiqué dans le cahier de
charge par ce que en appelle en pratique réponse de cahier de charge .en effet le donneur
d’ordre va étudier toutes les réponses sur la base des moyens technique et financier de chaque
PSL et de choisir l’offre la convenable(B).
A. Cahier de charge :

Les prestataires de services logistiques connaissent une profonde mutation, de par la


mondialisation. En effet, en concentrant le stockage sur quelques plates-formes régionales, la
mondialisation intensifie les échanges. Les coûts de transport représentent une part de plus en
plus importante des coûts logistiques des entreprises, il devient primordial d’optimiser les
circuits de distribution à l’échelle de la planète.
Le prestataire de service logistique joue un rôle très important dans le
développement économique, mais la plupart des sociétés spécialisé en prestation logistique
sont des sociétés étrangers implantées au Maroc .alors que la seul société marocain qui existe
c’est la société national du transport et la logistique, malheureusement les sociétés étrangères
monopolisent le Marché. Ce secteur est mal organiser, puisque il ne dispose pas d’un cadre
juridique clair pour la prestation de service logistique. La Concurrence déloyale, et le retard
de paiement, la prestation de service logistique se développe d'une manière anarchique, Le
recours à la prestation de service est souvent d'ordre structurel.
Au Maroc, peu d'entreprises honorent la totalité de certains marchés sans faire appel à
des prestataires de services. Depuis la réforme du 30 décembre 1998, le titulaire du marché est

43 | P a g e
libre de choisir son prestataire de service logistique, mais obligé de notifier au maître
d'ouvrage leurs identités et la nature des prestations.45
En matière d'exécution des prestations et Lors d'un appel d'offres, le maître d'ouvrage
qu'il soit un office, n'est jamais totalement sûr de la capacité technique et logistique du
titulaire du marché. Ce dernier, bien qu'il soit appelé en respect de la loi à effectuer la majeure
partie du marché, est souvent tenté d'optimiser ses charges fixes en sous-traitant la plus grande
partie du travail. Il est tout à fait légitime que l'entreprise titulaire de l'appel d'offres fasse
appel à plusieurs prestataires de service logistique. Mais elle est appelée à bien faire son
choix. Un sous-traitant doit en effet disposer de l'expertise nécessaire pour réaliser une
prestation en respect des exigences du cahier des charges initial. Pour que le maître d'ouvrage
ne perde pas totalement le contrôle, le législateur impose à l'adjudicataire d'expliquer à ce
dernier la nature des prestations.
En outre observateurs estiment que le recours aux prestations de service logistique est
un signe de santé économique de l'entreprise. « Celle-ci fait appel à des prestataires de
services surtout pour se concentrer sur son métier de base », explique Ahmed Merzouki,
chef de la division des Relations avec la profession au ministère de l'Equipement et du
Transport46.
Les coûts et le temps consacrés au transport des marchandises entre les sites de
production et ceux des clients finaux sont souvent vécus par les industriels comme un mal
nécessaire. Réduire ces derniers et surtout, satisfaire les exigences des clients, sont des
priorités pour les prestataires qui veulent rester compétitifs. Dans ce contexte, il nous a paru
intéressant de nous pencher sur la prestation de transport, à travers l’exemple suivant.47
La société winccor Nixdorf est une société allemande, qui fabrique des guichets
automatique dans le secteur bancaire, installé au Maroc et possédant plusieurs usines en
Allemagne. Elle distribue ses produits dans le monde entier. Tous les transports chez winccor
sont réalisés par des prestataires externes. En effet, du fait de la diversité des produits
distribués et de la spécificité de ceux-ci, il est plus intéressant pour eux, d’un point de vue
économique et qualitatif, d’avoir recours à des professionnels du transport.
La division logistique de la société winccor Maroc prend en compte certaines orientations
stratégiques, dans le choix de ses prestataires, en matière de sécurité, qualité et coût. Les

45
Décret n° 2-98-482 du 11 ramadan 1419 du 30 décembre 1998fixant les conditions et les formes de passation
des marchés de l'Etat ainsi que certaines dispositions relatives à leur
46
Ahmed Merzouki, chef de la division des Relations avec la profession au ministère de l'Equipement et du
Transport,intervew
47
Cahier de charge de la société winccor Nixdorf N° 206.

44 | P a g e
transporteurs sont ainsi sélectionnés de façon très rigoureuse. Les transporteurs eux-mêmes
adaptent leur matériel en fonction de la demande des guichets, et aux exigences de
conditionnement conteneur, palette.
Le destinataire peut aussi imposer des contraintes spécifiques, Le cahier des charges pour la
prestation de transport est très détaillé. Il inclut les éléments sur la typologie du transport à
effectuer mais également les critères de performance retenus et leurs sanctions ponctualité,
respect des délais convenues , taux d’erreur, etc.
La durée du contrat est de 5 ans. En effet, pour les prestations spécifiques, winccor met en
place des contrats d’une durée de 5 ans, car le PSL doit s’équiper du matériel spécifié. C’est
alors un véritable partenariat qui s’instaure entre les deux entités. La relation avec les
prestataires est plutôt délicate, et avant d’arriver à instaurer un climat de confiance plusieurs
étapes sont à passer et à valider, pendant lesquelles chaque partie essaie de tirer le meilleur
profit pendant la négociation. Voici un exemple, à titre illustratif, de mise en place de contrat
de prestation.
Winccor a lancé un appel d’offre à plusieurs PSL afin de mettre en place un nouveau
plan, pour un trafic de quatre conteunaire de 40 Pieds contenant des guichets automatiques,
au départ de 5 sites de production en Allemagne. Ce trafic étant prévu pour débuter le 12
octobre 2012. Il a tenu compte des alliances existantes entre les PSL, et a précisé sur l’appel
d’offre que la totalité des prestations serait confiée à un seul PSL, en lieu et place des
prestataires réalisant actuellement ce trafic du port de Hambourg d’ Allemagne au port de
Casablanca. L’objectif étant de faire jouer la concurrence sur les prix, et obligeant les
transporteurs déjà présents sur le trafic à faire une offre intéressante s’ils voulaient garder et
même développer la relation.
Il a donc envoyé son appel d’offre aux PSL, en précisant que la réponse pouvait se
faire par alliances préexistantes. L’appel d’offre est décrit sur un dossier très complet de 15
pages, qui sera ensuite repris pour élaborer le contrat. Il comprend tout le descriptif de
l’opération : produits, volumes, itinéraire, sécurité, contraintes, dates à respecter et critères
d’attribution.
L’étape de Rédiger un cahier des charges va vous obliger à vous poser beaucoup de
questions sur les projets et les besoins. Vous allez donc pouvoir définir des contraintes, avoir
de nouvelles idées et établir une liste de fonctionnalités à implémenter sur le site. N'hésitez
pas à décrire ses fonctionnalités précisément : le cahier des charges, avant d'être validé avec le
prestataire, pourra être complété ou modifié. En effet, ces précisions vont permettre au
prestataire de vous fournir un devis plus juste et adapté à votre demande.

45 | P a g e
D'autre part, le rôle du cahier des charges est d'assurer la bonne compréhension entre
le prestataire et le client sur le travail qui doit être réalisé. Donc plus il sera précis, plus vous
serez sûr que le prestataire et vous vous êtes bien compris. Il permet de présenter le projet de
manière sérieuse et complète à des tiers investisseurs etc. Le cahier des charges pourra être
utile aux donneurs d’ordre en tant que support pour la présentation de votre projet lors d'une
demande de prêt à la banque ou lors de la recherche d'investisseurs. Un cahier des charges
exhaustif est gage de sérieux, il montre que la société a bien réfléchi aux projets.

Toute fois Le cahier des charges a pour objet de préciser, entre autres :
 le périmètre des prestations, en fonction de la stratégie d’achat retenue
 les hypothèses de volumes, fréquences, horizons d’information
 les objectifs de performance attendus
 les conditions et exigences.
 les modalités de transfert en cas d’externalisation

Sauf dans le cas d’une sous-traitance de capacité, un cahier des charges ne doit pas être
descriptif, c’est-à-dire intégrer a priori des solutions, mais rester sur le plan fonctionnel qu’est
ce qu’on veut faire, quels résultats sont attendus ? : Ce sont les prestataires qui sont censés
être les experts et qui doivent proposer les solutions les mieux adaptées.
Le cahier des charges doit faire l’objet d’un travail d’équipe, associant les logisticiens, les
financiers, la qualité, les services techniques et commerciaux ,et bien sûr, l’acheteur qui doit
jouer un rôle de filtre, éviter les surenchères et le garant de l’application de la stratégie retenue
Après le lancement de l’appel d’offre auprès des prestataires présélectionnés , la phase de
discussion technico-économique doit être :
 utilisée pour s’assurer de la bonne compréhension des prestataires de ce qu’on attend
d’eux.
 optimiser le cahier des charges, tant au niveau du périmètre que des objectifs de
performance exemple taux de service à 100%.
 préciser les règles du jeu pour le suivi de la réalisation du contrat comme : KPI,
traitement des litiges… Il faut s’attacher à mener de manière « cloisonnée » les
discussions avec les différents prestataires.

B-réponse sur cahier de charge :

Aujourd'hui, le recours à la prestation de service logistique connaît au Maroc un réel essor.


Mais celui-ci n'est pas encore accompagné de mesures législatives et d'ordre technique.
L'absence de dispositions législatives et réglementaires, qui voue le métier à la précarité
juridique et financière, pose aussi un problème. Certes le Retards de paiement, l’impossibilité
46 | P a g e
de faire valoir une avance forfaitaire sur les prestations ou de nantir sa créance est autant de
pierres d'achoppement. Le « Contrat de Prestations Logistiques » qu’elles concluent soit une
convention qui prend en compte la gestion des flux physiques et informationnels, partant des
approvisionnements en matières premières en passant par leur transformation jusqu’à la mise
à disposition des produits finis ou semi-finis auprès du consommateur48.
Avant attribution et rédaction du contrat, une analyse de risques doit être menée : cette
analyse doit permettre d’identifier les risques, d’en mesurer leur criticité (fréquence/impact) et
de définir les actions pour les réduire. Les domaines de risque peuvent concerner, entre autres:
 défaillance technique : prestations non-conformes, incendie entrepôts
 défaillance financière du prestataire
 mauvaise compréhension du cahier des charges
 Système d’Information incompatibles ou propriétaires
 insuffisance de flexibilité et de réactivité
 incapacité à accompagner le progrès
 évolution des règlementations

L’analyse de ces risques peut conduire à mener des audits d’évaluation supplémentaires, à
amender le cahier des charges, à choisir plusieurs prestataires, à intégrer des clauses dans le
contrat, à mettre en place des procédures de surveillance, à revoir certaines assurances ou à
Anticiper des solutions de back-up.

Toute fois L’attribution du contrat à un ou plusieurs prestataires doit s’effectuer en


concertation avec l’ensemble des clients internes, afin d’éviter la remise en cause ultérieure
des conditions du contrat Par ailleurs, il est recommandé de prendre les décisions en se basant
sur une grille des critères de possibilité et de pondération tels que :
 conformité commerciale et capacité financière
 conformité technique et capacité industrielle (y compris sous-traitances)
 capacité à atteindre les objectifs de performance
 capacité à maîtriser flexibilité et réactivité
 capacité à maîtriser les règlementations
 prise en compte des contraintes sociétales et environnementales.

Compte tenu de la diversité des cas de figures, il n’existe pas de contrat type, Le contrat
résulte des discussions technico-économiques négociées avec le ou les prestataires :
 il doit être équilibré, ce qui n’est souvent pas le cas de certains prestataires (aucune
responsabilité…)
 Les clauses doivent refléter le bon sens, respecter les lois (réglementations, délais de
paiement…) et se référer aux Incoterms.
48
L’économiste , «sous-traitance: activité en plein essor mais en mal de réglementation »Edition N° 1630,2003.

47 | P a g e
 attention également à ne pas empiler des clauses de pénalités, pour répondre à certains
risques identifiés, qui risqueraient d’être dissuasives
 Pour certains contrats critiques, il est recommandé de faire signer conjointement le
contrat et le cahier des charges final.

La réalisation des prestations doit être « co-pilote » sur le plan opérationnel et


stratégique si nécessaire (partenariat, externalisation).en outre Au plan opérationnel, on
suivra les KPI opérationnels et le traitement des litiges, la réalisation du plan de réduction
des risque la performance du prestataire en fin de contrat. Au plan stratégique, on suivra
les KPI, l’avancement des plans de progrès, l’actualisation de l’analyse de risques
stratégiques, la volonté de coopération du prestataire.
La réponse sur le cahier de charge est sous formes d’un contrat pour le cas de la
société allemande qu’en a déjà cité à décider de choisir un prestataire de service logistique «
URB logistique » qui se trouve son siège à rabat. Cette réponse de cahier de charge Contient
des éléments techniques et financiers. En ce qui concerne les éléments technique : Les
Prestations réalisées par URB LOGISTICS pour le compte du Client consistent en la
réception, le stockage, la préparation et la gestion de produits ainsi que le transport associé du
Client.
Il est précisé que les prestations non définies et qui seraient demandées par le Client ne
seront réalisées par URB LOGISTICS qu’après la conclusion d’un avenant définissant leurs
modalités d’exécution et leur rémunération. URB LOGISTICS contrôle la réception des
Produits non dangereux, et toute anomalie sur produits sera mise en zone de quarantaine. Si
URB LOGISTICS constate une détérioration du Produit ou des manquants, URB LOGISTICS
émettra des réserves correspondantes auprès du transporteur tiers sur les documents de
réception. 49
Il n’aura pas à vérifier la réalité des caractéristiques des Produits portées à sa
connaissance par le Client et n’est pas responsable de la nature et de la qualité des Produits
que les colis ont été déclarés contenir. Il stocke les Produits dans les surfaces allouées au
Client étant précisé que l’utilisation de surfaces excédentaires par rapport à celles prévues
donnera lieu à une facturation complémentaire au tarif de stockage en vigueur. Le PSL assure
la gestion des flux des Produits, c’est-à-dire, la gestion des entrées et sorties des Produits des
Sites au moyen des équipements informatiques. Il procédera à la manipulation des produits du
client pour préparer des ordres de livraisons sur la base des documents fournis par le client.

49
Reponse sur chaier de charge sous forme de contrat entre urbanos logistique et winccor Nixdorf

48 | P a g e
Cependant URB effectue des inventaires physiques complets du stock des Produits Deux
fois par an. Une fois par année civile et au moins un autre inventaire tournant selon des
modalités à déterminer entre les Parties. A noter que l’inventaire physique annuel est fait à la
clôture de l’exercice comptable du client et une attestation est remise par URB LOGISTICS.
Tout inventaire supplémentaire, effectué, soit à la demande du Client, soit pour contrôle imposé
par la réglementation, sera facturé en sus. Le niveau d’écart de stock sera mesuré lors de ces
Inventaires.

Le Client aura librement accès au Site, sous réserve d’en aviser préalablement URB
LOGISTICS et de respecter les règles de sécurité en vigueur sur le Site. Le Client sera
accompagné d’un représentant d’URB LOGISTICS durant toute la visite. Ces visites de clientèle
devront se dérouler pendant les heures d’ouverture du Site et seulement les jours ouvrés
travaillés.

Lorsqu’un changement de site est rendu nécessaire par une augmentation du volume des
Produits à traiter au-delà de ce qui a été prévu contractuellement ou en cas de modification de la
nature des Produits nécessitant de nouvelles autorisations, ou lorsqu’il a été demandé
uniquement par le Client et accepté par URB LOGISTICS, tous les frais afférents à ce
changement sont supportés par le Client. Ces frais sont ceux de manipulation, transport,
chargement et déchargement. En dehors de ces cas, URB LOGISTICS se réserve le droit de
changer le Site, sous réserve d’avoir obtenu l’accord préalable du Client et moyennant un préavis
de 3 mois.

Le Client communiquera son prestataire toute information ou éléments relatifs aux


Produits nécessaires à la bonne réalisation des Prestations. Le Client reconnaît que URB
LOGISTICS n’a aucune connaissance particulière sur les Produits et que URB LOGISTICS SA
ne pourra en aucun cas être tenue responsable de défauts, mauvais fonctionnements d’un Produit,
à moins qu’il soit causé par une faute du PSL au regard de ses obligations définies dans le
présent Contrat. Dans tous les autres cas, le Client s’engage à indemniser le PSL de tout recours,
réclamation de tiers, clients du Client à l’encontre d’URB LOGISTICS.
Le Client déclare faire son affaire du respect des prescriptions administratives ou
réglementaires applicables aux Produits. Le prestataire de service logistique ne sera en aucun cas
responsable des défauts de déclaration aux autorités, de certificat ou d’autorisation relatifs à la
détention, l’importation ou la distribution dont les produits devraient faire l’objet. La
responsabilité de URB LOGISTICS sera entièrement dégagée en cas d’altération des Produits ou

49 | P a g e
de pollution des Produits générée antérieurement à la prise en charge ou postérieurement à la
décharge, ou résultant d’un vice propre des Produits ou de leurs conditionnements, des faits d’un
tiers ou d’un événement naturel à condition que le conditionnement n’eut été altéré lors du
stockage ou du transport de la marchandise.
Les Produits stockés restent la pleine et entière propriété du Client. URB LOGISTICS ne
permettra que les produits fassent l'objet d'un droit de rétention ou de nantissement de la part
d'un tiers et ne conclura aucun accord en contradiction avec les droits de propriété du Client. Le
Client garantit pleinement le PSL contre toute revendication relative à la propriété des Produits
ainsi qu’aux droits de propriété intellectuelle afférents aux Produits, et s’oblige à dédommager
intégralement URB LOGISTICS des frais ou pertes de toute nature qui pourraient lui être
occasionnés de ce chef.
En ce qui concerne les éléments financiers : Les prix payés par le Client en rémunération
des Prestations réalisées par URB LOGISTICS & EXPRESS SA dans le cadre de ce Contrat sont
déterminés en tableau ,Ces prix sont déterminés sur la base de paramètres.

Frais logistique Entrée Préparation Sortie Stockage par jour

WN - Grand Serveur 35,00 Gratuite 40,00 1,80

WN - Petit Serveur 10,00 Gratuite 15,00 1,00

WN - PC Complet 10,00 Gratuite 15,00 1,00

WN - PC Portable 10,00 Gratuite 15,00 0,50

WN - POS/TPV (Beetle Complète) 15,00 Gratuite 20,00 0,50

WN - Imprimante 10,00 Gratuite 15,00 0,50

WN - Scanner 10,00 Gratuite 15,00 0,50

WN - GAB 45,00 Gratuite 60,00 2,80

WN - Borne / Kiosk Standard 30,00 Gratuite 35,00 1,80

WN - Borne / Kiosk petit format 15,00 Gratuite 20,00 1,00

WN - Rack 35,00 Gratuite 40,00 2,80

WN - Petit Périph 0,65 Gratuite 0,65 0,15

WN - Accessoires GAB 10,00 Gratuite 15,00 1,80

WN - Retour GAB 25,00 Gratuite 35,00 2,80

50 | P a g e
 Frais de transport

Nature de la prestation Target prices DH/HT

Transport manutention mise en


place
Périmètre Casa
Transport manutention mise en
place Gab Type PC8xxx 1 600,00
Transport manutention mise en
place Gabs Type PC1500 1 500,00
Transport Rack 350,00
Transport Borne/Kiosk 300,00

Supplément Kilométrique pour


Hors Casa ( > 50 Km périph) 5 dhs /KM
à procéder par groupage sur axes
routiers
Transport et manutention
autres équipements par catégorie Périm.
de véhicule utilisé: Casa. Hors Casa. Et non cumulé avec le forfait
Forfait tarif Km. Nuitée/manutentionnaire*
Renault Kongoo 150,00 4 dhs /KM 150,00
Renault Trafic 500,00 4 dhs /KM 150,00
Canter 3,5 t 950,00 5 dhs /KM 150,00
Canter > 3,5t 1 100,00 5 dhs /KM 150,00

TRANSFERT DE MATERIEL

Nature de la prestation Target prices DH/HT


Transfert manutention mise en place
Gabs
périmètre Casa
GAB à l'interieur d'une même agence 900,00
GAB agence à agence 1 600,00

51 | P a g e
Mise en place uniquement 900,00
Reprise ancien gab uniquement 900,00

périmètre hors Casa Plus


5 dhs
gab à l'interieur d'une agence 900,00 /KM
5 dhs
gab agence à agence 1 600,00 /KM
5 dhs
Mise en place uniquement 900,00 /KM
5 dhs
Reprise ancien gab uniquement 900,00 /KM

Transfert manutention mise en place


racks, bornes,
périmètre Casa
interne agence 400,00
agence agence 600,00

périmètre hors Casa Plus


5 dhs
interne agence 400,00 /KM
5 dhs
agence agence 600,00 /KM

Autres équipements
Transfert et manutention autres Périm.
équipements Casa. Hors Casa. non cumulé avec forfait
tarif
par catégorie de véhicule utilisé: Forfait Km. Nuitée/manutentionnaire *
4 dhs
Renault Kongoo 150,00 /KM 150,00
4 dhs
Renault Trafic 500,00 /KM 150,00
5 dhs
Canter 3,5 t 950,00 /KM 150,00
5 dhs
Canter > 3,5t 1 100,00 /KM 150,00

 N.B : Assurance de 0.4% pour une valeur assurée de 15 000 000 dirhams payable
mensuellement à hauteur de 5 000 DH par mois.

Notamment au regard des contraintes et du volume des Prestations effectivement confiées


par le Client à URB LOGISTICS durant chaque période. Toute modification des prix devra être
convenue conjointement. Les factures sont établies mensuellement sur la base de relevés

52 | P a g e
d’opérations. Elles seront payées par le Client dans les 60 jours à compter de la date de la facture
considérée. Les paiements seront effectués par virement, Chèque ou tout autre moyen de
paiement accepté au Maroc.

En a donné la réponse qui a été prise par la société allemande, pour qu’il s en charge d’exécuter
la prestation logistique .mais il existe plusieurs réponses, et le client choisit la proposition la plus
convenable en prenons compte de qualité de prestation, à meilleure couts, et par la suite ,il
conclue un contrat avec prestataire de service logistique .

Section 2 : les bonnes pratiques du prestataire de


service logistique en France : Réflexion sur
un cas d’entreprise

Une grande partie de nos concitoyens n’ont de la logistique qu’une vision


superficielle et déformée. Ils n’imaginent pas, en voyant les grands bâtiments qui bordent les
autoroutes, qu’ils régulent des flux, créent de la valeur, génèrent des emplois, brefs qu’ils sont
des éléments indispensables à la vie économique du pays.
Dans une période fortement marquée par la délocalisation des sites de production, la
logistique occupe un rôle d’autant plus important qu’elle délivre des prestations à valeur
ajoutée et permet non seulement d’organiser le départ et l’arrivée des produits, mais aussi de
les préparer, de les stocker, de les transformer, de les assembler, de les emballer… Sans
véritablement compenser les pertes d’emplois induites par les délocalisations industrielles,
elle représente pour de nombreuses régions un atout incontestable pour le développement
économique et le maintien du travail sur les bassins d’emplois.
Ces quelques réflexions peuvent paraître évidentes aux professionnels aguerris qui
nous lisent chaque mois. Mais pour ce grand public qui ne voit que les effets indésirables de
la distribution et du transport, il serait sans doute salutaire de lui apprendre que la logistique
est une richesse inestimable50.
Heureusement ces dernières années, certains prestataires logistiques se sont attachés à
industrialiser cette activité et peuvent désormais faire état d’un bilan extrêmement positif, Ces
entreprises contribuent par leur dynamisme, à la croissance du pays mais tirent également

50
Brousseau E., Geoffron P., Weinstein O., , Confiance, connaissances et relations inter-
firmes, in Guilhon B., Huard P., Orillard M., Economie de la connaissance et organisation,
Entreprises, territoires, Réseaux, L.harmattan, Paris,1997,PP51-77

53 | P a g e
l’image de la logistique vers le haut. La visite de quelques plates-formes suffirait à démontrer
l’intérêt de ce métier particulièrement riche et cependant relativement nouveau.
En effet, très longtemps, les magasins généraux ont été des surfaces d’entrepôts mises
à la disposition des industriels et des distributeurs. Et il a fallu attendre la fin du XXe siècle
pour assister à l’émergence de quelques «prestataires » qui ne se contentaient plus de louer
des surfaces, mais proposaient des prestations à valeur ajoutée. En France, les plus gros
dépassaient rarement les 500 collaborateurs. Parmi ces pionniers, on peut citer FDS, Tailleur
Industrie, Stock alliance, Calberson, Danzas, Dubois, Faure et Machet. Très artisanales à leurs
débuts, ces entreprises ont réussi à séduire les industriels comme les distributeurs.
L’externalisation a connu en 10 ans une croissance exceptionnelle, entraînant une
recomposition du paysage à travers le renforcement de certains acteurs, le regroupement de
plusieurs et la disparition de nombreux autres.51
Pendant cette période, le marché s’est segmenté en trois : celui des
grands acteurs mondiaux multi activités, celui des petits acteurs locaux ou
régionaux et celui des spécialistes métiers. Dans cet espace dominé par
des groupes de taille planétaire, mais aussi par des Niche Players
régionaux hyper spécialisés, les généralistes de taille moyenne résistent
difficilement. Le panel que nous avons sélectionné pour vous est
particulièrement représentatif de cette dichotomie.
Le marché français des prestataires logistiques connaît depuis quelques années une
croissance régulière. Pourtant, tous les acteurs ne progressent pas à la même vitesse. Si une
majorité d’entre eux réalisent des progressions comprises entre 3 et 7 % du chiffre d’affaires,
d’autres enregistrent des croissances organiques spectaculaires pouvant atteindre jusqu’à 40%.
Comment s’expliquent de telles différences ? En fait, ce marché relativement jeune se
structure autour d’une offre assez diversifiée que l’on pourrait schématiquement classer en 5
grandes familles : les spécialistes, les généralistes, les régionaux, les acteurs du froid, les
acteurs du e-commerce.
En observant les performances économiques de ces groupes, on constate que la
catégorie « spécialiste » bénéficie d’une vitalité particulière. Il s’agit de sociétés spécialisées
dans un métier ou une technologie et qui grâce à cette spécialisation se distinguent des autres.
Pour illustrer cette catégorie, prenons l’exemple de CEP qui en quelques années s’est imposé
sur le marché de la préparation de commandes mécanisée et réalise déjà 150 millions d’euros

51
Carbone V, Le rôle des prestataires logistiques en Europe, Intégration des chaînes et
Alliances logistiques, thèse,Année juin 2004, 488 pages

54 | P a g e
de chiffre d’affaires global. Autre exemple, ID Logistics, qui décline dans le domaine de la
grande distribution et de la distribution spécialisée des processus très standardisés. Une
spécialisation qui lui a permis en quelques années de gagner la confiance des clients les plus
exigeants et de les accompagner à l’international. On pourrait également citer Arvato
Services, Eurodislog ou Staci sur les produits de marketing et les opérations promotionnelles,
New Vogue, dans le textile… bref, pour toutes ces entreprises qui connaissent de bons
résultats, l’important est de capitaliser sur un savoir-faire particulier, de soigner la relation
avec le client et de lui apporter un niveau de service que la plupart des grands groupes ne
peuvent atteindre.
Toute fois La bonne image de ces « spécialistes » n’est pas sans chagriner les
généralistes confrontés à un double dilemme : d’une part, voir leurs parts de marché
grignotées par ces challengers, d’autre part, perdre en crédibilité face à cette nuée de
spécialistes, plus petits certes, mais souvent plus compétents sur des activités à forte valeur
ajoutée. Des groupes comme Geodis, DHL ou encore Kuehne et Nagel semblent avoir trouvé
la parade en verticalisation de leur offre.
D’un statut de généraliste, ces groupes sont devenus en quelque sorte des multi-
spécialistes, ce qui présente l’énorme avantage de pouvoir rivaliser avec les niches-players,
tout en faisant valoir la taille et la force d’un groupe international. De plus, cette segmentation
par métier ou par type d’activité tend également à rapprocher le client des centres de
décisions, ce qui n’est pas toujours évident dans les nébuleuses d’envergure planétaire.
Dans ce contexte, l’espace se réduit considérablement pour les généralistes de taille
moyenne, pris en tenaille entre de gros incontournables et des petits hyper-pointus. Les seules
entreprises qui résistent assez bien à cette situation très concurrentielle sont des PME
fortement enracinées en région. Leurs principaux atouts sont naturellement la proximité
d’autres PME locales ou régionales. Parfois leur réputation se répand comme une tache
d’huile au-delà de leur territoire naturel, ce qui peut les conduire, à l’instar de Le Roy
Logistique, de Lahaye ou d’Alloin Logistique, à couvrir des zones géographiques de plus en
plus étendues.
Au-delà de cette classification sommaire, les acteurs du marché s’attachent à se
différencier à travers des modes opératoires ou des équipements qui vont les rendre plus
performants ou plus attractifs que leurs concurrents. L’objectif étant en général d’atteindre le
meilleur service au meilleur coût. Ainsi dans l’enquête qu’ ils ont réalisée auprès de 120
entreprises de logistique, plusieurs d’entre elles se distinguent par des investissements lourds
dans le domaine informatique.

55 | P a g e
Ces investissements correspondent à une volonté de traiter les informations en temps
réel, d’automatiser les processus, d’assurer la traçabilité des produits, de remonter les
informations vers les clients, etc. A titre d’exemple, nous verrons plus loin que la société ID
Logistics réalise de gros efforts dans l’informatique et les nouvelles technologies. La plupart
de ses sites sont équipés en vocal et plusieurs pilotes ont été lancés pour tester la RFID. Autre
exemple, celui de FM Logistic qui depuis sa création a cherché à se différencier dans trois
domaines d’excellence : la conception des bâtiments, les systèmes d’information et les
ressources humaines.
Ce dernier point est d’ailleurs primordial si l’on veut comprendre le succès de cette
société familiale qui depuis des années connaît une croissance à deux chiffres et arrive, dans
notre classement, en tête des créateurs d’emplois. Notons au passage que les sociétés
patrimoniales ont sans doute plus que les autres tendances à bâtir leur stratégie sur le long
terme et donc à investir dans les domaines qui assureront la pérennité de l’entreprise. C’est le
cas des deux dernières entreprises citées, mais on pourrait également parler de SED
Logistique, Daher, Le Roy Logistique, voire de Kuehne et Nagel ou Norbert Dentres sangle,
qui bien qu’ayant ouvert son capital, reste dirigé par la famille.
L’année 2007 a été marquée par une volonté des prestataires de s’inscrire dans une
démarche « verte». Là encore, il faut y voir l’opportunité pour certains de se différencier en
proposant à leurs clients des sites logistiques respectueux de l’environnement. Des groupes
comme Norbert Dentressangle ou DHL sont dans une démarche de certification ISO 14000.
Certains s’efforçant de développer un maximum d’entrepôts HQE. Geodis a créé une
direction spécifique et nommé un responsable « environnement ». FM Logis tic installe des
cellules photovoltaïques sur des plates-formes géantes pour utiliser l’énergie solaire. Même
s’il est difficile de faire la distinction entre des initiatives purement marketing et une réelle
volonté de préserver la nature, il reste que cette évolution, qui tend à se généraliser, ne peut
que favoriser l’image d’une profession souvent décriée par les média. 52
La relation d'agence qui nous intéresse débute au moment où une relation d'affaires
s'établit entre deux partenaires, un vendeur et un acheteur de services logistiques, avec ou sans
contrat écrit. Dans les deux cas, c'est le top management du client qui choisit le PSL parmi les
différents opérateurs du marché de la prestation de services, et il a la possibilité de le
remplacer « facilement ».

52
Gode-Sanchez C, « Confiance et performance dans les organisations : l’impact des
nouvelles technologies de l’information et de la communication, Colloque Les enjeux du
Management responsable », Année juin 2004, p16.

56 | P a g e
De ce fait, le rapport des pouvoirs est favorable au client à l'origine de la relation. Le
pouvoir du donneur d’ordre se fonde sur sa faible dépendance vis-à-vis du PSL, car c'est le
premier qui a décidé de nouer la relation et sélectionné le second, souvent à la suite d'un appel
d'offres par le moyens d’un cahier de charge (A) .en effet le PSL répond sur la base de ce
cahier de charge (B)

A. Cahier de charge :

Les prestataires de services logistiques connaissent une profonde mutation, de par la


mondialisation. En effet, en concentrant le stockage sur quelques plates-formes régionales, la
mondialisation intensifie les échanges. Les coûts de transport représentent une part de plus en
plus importante des coûts logistiques des entreprises, il devient primordial d’optimiser les
circuits de distribution à l’échelle de la planète.
Les coûts et le temps consacrés au transport de marchandises entre les sites de
production et ceux des clients finaux sont souvent vécus par les industriels comme un mal
nécessaire. Réduire ces derniers et surtout, satisfaire les exigences des clients, sont des
priorités pour les prestataires qui veulent rester compétitifs. Dans ce contexte, il nous a paru
intéressant de nous pencher sur la prestation de transport, à travers l’exemple suivant pour
lesquels les noms, lieux et chiffres ont été modifiés. La société Alpha est une société
française, fabriquant des biens intermédiaires, et possédant plusieurs usines en France et dans
le monde. Elle distribue ses produits dans le monde entier. Tous les transports chez Alpha sont
réalisés par des prestataires externes. En effet, du fait de la diversité des produits distribués et
de la spécificité de ceux-ci, il est plus intéressant pour Alpha, d’un point de vue économique
et qualitatif, d’avoir recours à des professionnels du transport.53
La direction logistique d’Alpha prend en compte certaines orientations stratégiques,
dans le choix de ses prestataires, en matière de sécurité, qualité et coût. Les transporteurs sont
ainsi sélectionnés de façon très rigoureuse. Les transporteurs eux-mêmes adaptent leur
matériel en fonction de la demande et des contraintes du produit volume, fragilité, poids, et
aux exigences de conditionnement. Le destinataire peut aussi imposer des contraintes
spécifiques.
Le cahier des charges pour la prestation de transport est très détaillé. Il inclut les
éléments sur la typologie du transport à effectuer mais également les critères de performance
retenus et leurs sanctions. La durée du contrat est de 1 à 3 ans. En effet, pour les transports
spécifiques ou transports dédiés, Alpha met en place des contrats d’une durée de 3 ans, car le
53
Cas pratique d’ alfa : une société française

57 | P a g e
transporteur doit s’équiper du matériel spécifié. C’est alors un véritable partenariat qui
s’instaure entre les deux entités.
Le contrat n’est signé que pour un an, car Alpha souhaite garder de la flexibilité pour
renégocier les prix avec les concurrents, qui sont nombreux sur le marché. Exemple de mise
en place d’une relation avec un prestataire de transport. La relation avec les prestataires est
plutôt délicate, et avant d’arriver à instaurer un climat de confiance plusieurs étapes sont à
passer et à valider, pendant lesquelles chaque partie essaie de tirer le meilleur profit pendant la
négociation. Voici un exemple, à titre illustratif, de mise en place de contrat de transport.
Alpha a lancé un appel d’offre qui date du Septembre 2005 à plusieurs transporteurs
afin de mettre en place un nouveau plan de transport, pour un trafic de53 000 tonnes de
produits, au départ de 3 sites de production. Ce trafic étant prévu pour débuter le 1er janvier
2006. Alpha a tenu compte des alliances existantes entre les transporteurs, et a précisé sur
l’appel d’offre que la totalité du transport serait confiée à un seul transporteur ou alliance de
transporteurs, en lieu et place des prestataires réalisant actuellement ce trafic.
L’objectif étant de faire jouer la concurrence sur les prix, et obligeant les transporteurs
déjà présents sur le trafic à faire une offre intéressante s’ils voulaient garder et même
développer la relation. Alpha a donc envoyé son appel d’offre aux transporteurs, en précisant
que la réponse pouvait se faire par alliances préexistantes. L’appel d’offre est décrit sur un
dossier très complet de 12 pages, qui sera ensuite repris pour élaborer le contrat. Il comprend
tout le descriptif de l’opération : produits, volumes, itinéraire, sécurité, contraintes, dates à
respecter et critères d’attribution.
Les transporteurs ont répondu par alliance en reprenant chaque point de l’appel
d’offre, et en faisant des propositions tarifaires. Les tarifs proposés n’étant pas satisfaisants,
Alpha a décidé de lancer un second appel d’offre avant de faire son choix qui date du
Novembre 2005. Pour continuer à faire jouer la concurrence et après l’analyse des dossiers, la
stratégie d’Alpha a donc été de réaliser un second appel d’offre après avoir revu les
conditions, et changé la modalité suivante : Le contrat ne sera plus attribué à un seul
prestataire mais pourra être attribué à plusieurs, afin d’optimiser les possibilités de circulation
et de ne pénaliser ni l’attributaire ni Alpha.
La démarche d’Alpha de faire un second tour visait à faire baisser les tarifs proposés.
Cela s’est avéré concluant puisque les tarifs ont été diminués par tous les transporteurs.
Cependant, certains points ont dû être approfondis et revalidés entre La Direction Logistique
d’Alpha et les transporteurs, car chacun essaie de tirer le meilleur parti en essayant de changer
les modalités. Par exemple, il était précisé dans l’appel d’offre « demande de prix fermes

58 | P a g e
pour 18 mois ». Le transporteur, dans sa proposition, a précisé « prix fermes pour 12 mois ».
Il est donc important de revalider ensemble chaque point afin que les deux parties soient en
accord total.
C’est ce travail préalable qui est à l’origine de la confiance qui pourra être développée
par la suite. La négociation est donc longue et fastidieuse, chaque partie essayant de tirer
profit. Elle est le fruit de dizaines d’heures passées au téléphone et de nombreux échanges de
mails, pour valider le contrat, pour qu’il soit identique pour les deux parties et bien compris
de chacun.
En Décembre 2005 société Alpha a fait son choix et a décidé de confier le trafic à 3
transporteurs. Alpha a pris des risques en choisissant un tel schéma, car chaque usine n’est
alors en contrat qu’avec un seul transporteur pour la livraison de ses produits. C’est donc par
la suite le transporteur qui aura le pouvoir de faire pression, et non l’inverse.

B. Réponse sur cahier de charge :

Alpha est conscient de sa position, mais a déjà l’habitude de travailler avec ces
transporteurs pour d’autres trafics, Ce choix s’avère le plus économique. Fin Décembre 2005
a eu lieu la rencontre des deux parties pour finaliser les termes de l’accord et signer.
Nous continuerons notre exemple en nous appuyant sur la relation la plus importante :
Celle avec le transporteur A. Sur le contrat, le transporteur précise « un engagement clair et
transparent en terme de moyens couvrant 100 % des besoins », et « une réelle flexibilité de
moyens » ,Le contrat est signé pour une durée de 3 ans.
Les délais ont été respectés, le trafic a donc pu commencer dans le délai prévu. Un
certain nombre de problèmes se sont très rapidement posés. En effet, les tarifs de transports
étant très intéressants, Alpha a souhaité développer ses ventes dans la zone concernée, et a
donc vendu beaucoup plus que précisé sur le contrat : Au départ de l’usine 1 nous sommes
passés de 35 000 T/an prévus à 70 000 T en réalité, avec des pics à gérer parfois 15 départs la
même journée et 1 seul départ le lendemain.
Le transporteur a tout mis en œuvre pour répondre à la demande, en effet le prestataire
avait « l’exclusivité » de la relation, Alpha n’a donc pas fait appel à d’autres pour renforcer.
Le transporteur a réclamé des indemnités à Alpha pour cet imprévu. Après 3 mois de trafic un
1er bilan s’imposait car le transporteur refusait de poursuivre dans ces conditions. Le premier
comité de pilotage des membres des sièges s’est réuni. Comme il a été précisé sur le contrat,
le comité de pilotage se réunit de façon trimestrielle avec :

59 | P a g e
• Un représentant des achats logistique Alpha
• Un responsable industriel d’Alpha
• Le responsable de la cellule (prestataire)
• Le responsable commercial (prestataire)
Le transporteur a réclamé à Alpha une somme importante pour tous les frais engagés
pour répondre à la demande supplémentaire d’affrètement non prévue. Le transporteur a
également précisé que sans accord entre les parties, il arrêterait complètement le trafic à partir
du 1er mai 2006. De plus, il souhaitait dorénavant revoir ses tarifs à la hausse en fonction des
nouvelles données (augmentation des volumes).

USINE DE DEPART TONNAGE ANNUEL TRANSPORTEUR


DU TRAFIC DEPART USINE
Usine 1 35 000 T Transporteur A

Usine 2 2 000 T Transporteur A

Usine 3 8 000 T Transporteur A

Usine 4 4 000 T Transporteur B

Usine 5 4 000 T Transporteur C

Alpha a eu deux semaines pour réagir et donner sa réponse. Cette réaction de la part du
prestataire nous fait réfléchir sur la question de la confiance, car à cet instant aucune
confiance n’était établie entre les deux parties. Le contrat était pourtant extrêmement bien
préparé et ficelé, mais les quantités ne correspondaient pas à celles mentionnées. D’après le
transporteur : le volume étant deux fois plus important que prévu, il a fallu déployer des
moyens supplémentaires qui ont entraîné des coûts très importants. C’est à Alpha de payer ces
coûts, De plus, la grille tarifaire est réévaluée à la hausse.
D’après Alphale transporteur tire profit de sa position de supériorité pour menacer
Alpha. En effet, le transporteur sait pertinemment qu’il est le seul prestataire actuel sur cette
liaison, et qu’Alpha ne pourra pas se permettre de couper le trafic du jour au lendemain. On se
trouve ici devant une situation d’opportunisme ex post .En effet, cette situation est idéale pour
le transporteur, car plus le nombre de fournisseurs potentiels est limité, plus le fournisseur
attitré est difficile à remplacer. Elle ne pouvait pas se permettre de couper le trafic, et se
trouvant en position d’infériorité, son seul recours était la négociation.
Les relations interpersonnelles étant satisfaisantes, le partage des coûts a finalement
été rééquilibré après négociation, et Alpha a finalement dû payer seulement une partie de la
somme requise. C’est là qu’interviennent les notions d’expérience passée et de relations

60 | P a g e
interpersonnelles. Car à ce niveau, ne pouvant se baser sur le contrat, les deux entreprises ont
réussi à trouver un compromis pour régler rapidement le problème. En effet, elles avaient déjà
travaillé ensemble, et une certaine confiance avait déjà été instaurée sur d’autres relations, ce
qui a pu permettre de sauver celle-ci, qui aurait pu mal se terminer.
En revanche Alpha a dû accepter les nouveaux tarifs du transporteur, alors qu’il était
précisé dans le contrat que les tarifs ne seraient pas modifiés pendant 18 mois. Se pose alors la
question de la valeur du contrat: il n’y avait pas de volume maximum de trafic précisé sur le
contrat. Dans ces conditions, le transporteur avait-il le droit de revoir ses tarifs ? Profitait-il de
sa position de force pour faire preuve d’opportunisme ? Cette évolution des volumes n’aurait-
elle pas dû permettre au prestataire de réaliser des économies d’échelle, et donc revoir plutôt
ses prix à la baisse ? . Selon le responsable des négociations de transport d’Alpha, le problème
du contrat est qu’il n’est pas possible d’y avoir recours dans une situation d’urgence telle que
celle-ci lorsque la situation n’est pas claire, et malgré un contrat complet certains points
restent discutables, chaque entité essayant d’en tirer le meilleur bénéfice.
Les relations interpersonnelles sont aussi importantes que le contrat, c’est sur elles
que se base la relation, d’autant plus que, comme dans cet exemple, « tout ne peut pas être
sur le contrat », ce sont donc aux personnes de régler ensemble les problèmes .Dans un
deuxième temps, Alpha a souhaité revenir aux termes du contrat en volume, pour que le
transporteur revienne aux tarifs négociés. Alpha a donc donné la moitié des flux à un autre
transporteur, pour revenir à quantités précisées sur le contrat.
Alpha ayant fait pression pour revenir sur les conditions de l’appel d’offre, deux
transporteurs se partagent les flux de l’usine 1 depuis octobre 2006. Tout est alors rentré dans
l’ordre, les tarifs sont intéressants tels que sur le contrat, les relations sont bonnes, et les gains
semblent partagés. Pour la société Alpha, c’est une réelle satisfaction. Les transporteurs savent
qu’ils sont deux sur le trafic, ils ne peuvent donc plus faire preuve d’opportunisme par une
menace quelconque, au risque de se faire exclure, ou de voir les volumes diminuer. Pour
arriver à instaurer une réelle relation de partenariat, il faut que les deux parties soient égales,
car si l’une a le pouvoir de faire pression sur l’autre, alors il devient impossible d’établir une
relation de confiance. Cette équité est souvent à la base du succès de la relation, devant le
contrat.
Chaque partie doit maîtriser sa position et les forces doivent être équilibrées. Cet
exemple est la preuve que lorsqu’une des deux parties est en position de force elle cherchera à
profiter de sa situation. La difficulté est que la relation est longue et ardue à mettre en place,
car les buts sont divergents, et c’est là qu’interviennent les rapports humains et le bon sens.

61 | P a g e
D’autre part, pour qu’il n’y ait pas un rapport de force entre les deux prestataires présents sur
le même trafic, l’idéal est que la prestation soit partagée équitablement en volume, comme
dans l’exemple.
Le nombre de fournisseurs de services de transport a tendance à se réduire. Cette
concentration permet d’exercer directement une action sur les coûts de transport mais aussi,
indirectement, d’obtenir plus de flexibilité du prestataire sur les marchés desservis, dans le
cadre d’une politique de création de valeur. Aucun groupe ne dispose aujourd’hui d’un réseau
intégré de transport et de logistique au niveau mondial.
La volonté des prestataires de se développer sur ce marché accélère la chute des barrières
entre les différents métiers du transport et de la logistique. Sur le plan stratégique, les acteurs
du marché de la logistique et du transport sont motivés par la nécessité de proposer une offre
de services internationale (transport multimodal en propre ou en partenariat, desserte des
marchés émergeants...).
La déréglementation facilite d’ailleurs la constitution de réseaux internationaux de
transport intégrés (élargissement de l’Union européenne vers les pays de l’Est, ouverture des
marchés asiatiques). Pour Alpha, le développement des transporteurs vers les pays de l’Est, ou
les alliances entre transporteurs européens, va permettre de renforcer la relation de partenariat
avec les prestataires actuels qui se développent en Europe de l’Est, ainsi que de diminuer le
nombre d’interlocuteurs.

62 | P a g e
Partie II

Le prestataire de service :
concepteur d un systèmes
logistique

PARTIE II : le prestataire de service logistique : concepteur de


système logistique .
Au-delà des conséquences opérationnelles, l'évolution du métier de PSL présente
d'importants enjeux stratégiques et tend à reconsidérer le management des relations inter-
organisationnelles dans les chaînes de valeur. Les travaux menés sur les structures en réseau
apportent des éléments de réflexion, ils définissent notamment le rôle de la firme-pivot qui se
charge de coordonner les activités d'entreprises « juridiquement et financière dépendantes les
unes des autres, mais organisationnelle interdépendantes».
Dans le même temps, ces structures en réseau s’inscrivent pleinement dans la
conception actuelle de la logistique globale, c'est-à-dire dans une démarche transversale aux

63 | P a g e
processus intra-organisationnels de l'entreprise et inter-organisationnels sur l'ensemble de la
chaîne de valeur.54
Le pilotage des flux apparaît comme un facteur clé de maîtrise des chaînes logistiques,
et il convient de s'interroger sur le rôle réel des PSL qui est considérés comme de simples
entreprises satellites, se positionnement progressivement comme pivots de chaînes
logistiques. Leur réussite reposera sur leur capacité à répondre alors aux contraintes
d'alignement stratégique qui en découlent.
Les interentreprises ont à la fois entraîné une remise en cause des frontières juridiques
des organisations, conduit ces dernières à reconsidérer leur place sur les chaînes logistiques, et
contribué à l'apparition de nouveaux métiers, au premier rang desquels celui de PSL, ainsi que
des nouvelles manières d'envisager la gestion des processus, par exemple en matière de
différenciation au plus tard des produits finis.
Ces changements ont impliqué la mise en œuvre de nouvelles formes de structures en
réseaux, Les travaux menés sur les organisations réticulaires font l'objet d'une abondante
littérature, et de cette littérature, il ressort que la notion même de réseau constitue à la fois un
objet organisationnel singulier, le résultat d'un système sociotechnique et au final un objet de
recherche dans le domaine du management des entreprises.
S'il est inutile de revenir sur l'ensemble des recherches consacrées à l'étude des
structures en réseau, rappelons néanmoins que certaines d'entre elles en donnent une
représentation qui, tout en étant parfois très schématique, demeure fort instructive quant à la
logique de fonctionnement sur laquelle elles reposent. Elles constatent que leur mise en
pratique s'est concrétisée par une architecture complexe avec un centre, une entreprise au
cœur d'un réseau de relations et d'informations, tissant des liens étroits avec ses fournisseurs,
ses clients, des entreprises concurrentes etc. 55
Ainsi, il ressort que deux niveaux articulés composent traditionnellement ces formes
organisationnelles .un termes aussi variés que firme-pivot, broker, hub firme, ou encore centre
stratégique :
 un espace relationnel constitué d'entreprises « satellites », situées en amont ou en aval du cœur
du réseau, généralement spécialisées dans la fabrication d'un module, dans la distribution d'un
produit, ou encore, dans la réalisation de prestations logistiques.

G.Paché, «La Gestion Des Chaines Logistique Multi –Acteurs. », Edition PUG, 2000,P.207.
54

55
F. Fréry, « Les réseaux d'entreprises: une approche transactionnelle, Repenser la stratégie: fondements el
perspectlves », VUibert, Pans, 1998 pp. 61-84.

64 | P a g e
 Les structures en réseau représentent donc des organisations quasi hiérarchiques
généralement au bénéfice du cœur du réseau, sans pour autant tomber dans des
relations de dépendance caractérisant les rapports traditionnels entre donneur d'ordres
et sous-traitants.

Elles s'appuient largement sur un principe de spécialisation permettant à chaque


membre de concentrer, mobiliser et renforcer constamment ses efforts et ses ressources sur un
domaine d'activité afin d'y acquérir une position forte. Si, d'un point de vue descriptif, la
composition d'une structure en réseau est intéressante pour mieux identifier les parties en
présence et leur place respective, dans une perspective plus dynamique, c'est l'étude de son
fonctionnement qui apparaît fondamentale, tout particulièrement ses propriétés opératoires et
la maîtrise des flux physiques et d'informations associées.
La firme-pivot y joue un rôle central. Puisque c'est elle qui est à l'origine de cette
organisation réticulaire résultant de la mise en œuvre de stratégies d'impartition et de
coopération interentreprises. Le rôle de la firme-pivot repose sur les trois C formés par le
triptyque « conception, coordination et contrôle ». Elle conçoit tout d'abord la structure en
réseau en repérant les opportunités de développement de nouvelles activités à la manière
d'une cellule d'analyse stratégique au sein d'un grand groupe, puis en sélectionnant les
intervenants extérieurs susceptibles d'y participer. 56
Elle coordonne ensuite la structure obtenue en assurant la gouvernance des transactions
entre les partenaires, que ce soit par la gestion des flux physiques intermédiation par achat de
la production des maillons en amont et revente aux maillons en aval , ou par la maîtrise des
flux d' information comme la constitution d'un réseau EDI, collecte et redistribution des
données, élaboration d'un langage commun. Enfin, elle contrôle le réseau en s'assurant du
niveau de qualité atteint par les intervenants, en détenant des actifs stratégiques indispensables
à la survie de l'ensemble de marque, système logistique, technologie spécifique, interface
privilégiée avec le marché ou les prescripteurs, etc. ou en dépêchant régulièrement des
auditeurs dans les entreprises satellites .
Ainsi, le rôle de la firme-pivot consiste en priorité à manager une chaîne de valeur et
non pas à concevoir, fabriquer ou vendre des biens ou des services. La gestion des interfaces
standardisées ou spécifiques devient la clé de voûte du système d'offre vu comme un tout. À
l'extrême, la firme-pivot « remplit globalement le même rôle que la direction d'une

56
F. Fréry, « Les réseaux d'entreprises: une approche transactionnelle, Repenser la stratégie: fondements el
perspectlves », VUibert, Pans, 1998 pp. 61-84.

65 | P a g e
entreprise intégrée vis-à-vis de ses fonctions opérationnelles, à la différence que celles-ci
sont dévolues à des entreprises financièrement autonomes ».

Dans une telle conception des structures en réseau, les PSL n'occupent qu'une place de
satellites chargés d'assurer la maîtrise d'exploitation des systèmes logistiques pour le compte
de la firme-pivot censée réguler l'ensemble des flux par l'utilisation de techniques et d'outils
spécifiques comme l'advanced planning and scheduling , ou par la mise en place de
démarches telles que la GPA et le CPFR. Toutefois, face à l'évolution et à l'enrichissement
récents du métier de PSL, une radicale modification de son rôle semble envisageable à moyen
terme.
Pour faire face au risque d'enracinement, un client doit-il s'engager sur plusieurs
années avec un ou des prestataire de service logistique, au contraire, privilégier des contrats
spot de quelques mois, voire de quelques semaines, et à combien de PSL doit-il finalement
déléguer la gestion des interfaces?.La question est cruciale et semble déboucher depuis
quelques années sur une réponse relativement standard, du moins pour la durée des contrats.57
En effet, si le recours à des contrats spot reste monnaie courante dans certaines
activités basiques ne nécessitant aucun savoir-faire spécifique, il ne peut être question de
remettre en cause de manière incessante les modalités d'exécution de services plus complexes
dont la qualité dépend avant tout de la pérennité de leur processus de production, ainsi que de
l'efficacité des personnels en contact. Que l'on songe par exemple aux activités liées à la
gestion des stocks, àla constitution de lots promotionnels ou encore au comanufacturing, dont
le contenu technologique exige la mise en œuvre d'apprentissages collectifs inscrits dans la
durée. L'assemblage de compétences revêt dès l'instant un haut niveau de complexité exigeant
un effort soutenu de coordination inter organisationnelle, et dont les conditions de réalisation
doivent être explicitées avant la formalisation du projet collectif qui associe les partenaires.58
Certains n'hésitent pas à employer le terme de nouvelle génération pour décrire des
prestations logistiques qui sortent de l'ordinaire en proposant la gestion mutualisée des
approvisionnements. Il ne s'agit plus seulement de gérer les flux physiques entre les quatres
murs de l'entrepôt, mais également d'arbitrer au niveau des flux d'informations, de devenir un
approvisionneur pour un ensemble de fournisseurs, d'optimiser le transport amont, etc. Petit à
petit, la mutualisation des moyens devient la norme. Le contexte de ralentissement

57
G.Paché,F.Fulconis,G.roveillo, « la prestation de service logistique : origine, enjeux et perspectives » ,Edition
Ems management et société ;2011 ,P.210.
58
G.Paché,F.Fulconis,G.roveillo, « la prestation de service logistique : origine, enjeux et perspectives » ,Edition
Ems management et société ;2011 ,P.217.

66 | P a g e
économique, conjugué à la prise de conscience des enjeux du développement durable, n'est
sans doute pas étranger à ces évolutions. Au final, l'objectif est de packager une solution
globale pour optimiser l'ensemble des coûts de la chaîne logistique. Lentement mais sûrement,
chacun met en place différentes briques : conception du schéma logistique, pilotage des flux
de transport, gestion des approvisionnements, engagements sur la réduction des stocks. Du
coup, la relation client-prestataire a tout intérêt à se renforcer pour rechercher de la manière la
plus efficace possible les derniers gisements d'économies.
Cependant, dans le contexte économique actuel, « les clients ont de plus en plus de
mal à donner des prévisions en termes de volumes, à la hausse comme à la baisse. Les pics
et les creux interviennent à des moments inexplicables », note Egbert Maagd, Directeur
Général Europe de l'Ouest de Wincanton. La demande de flexibilité dans les contrats, sur les
moyens fixes mis en œuvre en termes d'équipes n'a jamais été aussi forte, ni d'ailleurs la
volonté de renégocier les accords existants. « Nous faisons en sorte d'avoir une assurance
de volume minimal à traiter, mais certains clients voudraient s’affranchir de ces
contraintes, rediscuter des minima de nombre de commandes », explique pour sa part Gilles
Moutel, Directeur Général d'Heppner.
Pour atténuer ce débat sur les prix, les prestataires n'ont d'autre choix que de proposer
toujours plus de valeur ajoutée: reverse logistics, comanufacturing, copacking, logistique in
situ. D'autres misent sur le savoir-faire technologique, souvent sous la forme de partenariats
avec des intégrateurs, comme notamment DHL ou, plus récemment, MGF Logistique dans le
domaine de la RFID. Reste que la tentation des industriels de réduire la durée des contrats
avec leurs PSL, courante depuis quelques années, n'est pas toujours propice aux initiatives
innovantes, qui doivent être amorties sur des périodes plus longues.
Cela n'empêche pas certains logisticiens de pronostiquer un renversement de tendance.
« Dans les mois à venir, je pense que l'on va voir les durées de contrat se prolonger. Les
contrats de trois ans qui étaient devenus la règle vont évoluer plutôt vers les six ans, prévoit
Egbert Maagd. Aujourd'hui, il y a encore assez de parcs immobiliers existants disponibles.
Mais dès qu'il faut faire appel à des investisseurs, il est difficile d'en trouver un qui veuille
s'engager sur des périodes inférieures à six, voire neuf ans », ajoute-t-il pour étayer sa thèse.
Reste la question du nombre de PSL devant être mobilisés. Évidemment, il n'existe
pas, ici aussi, the one best way, ou si tant est qu’ ' il existe, l'incertitude environnementale est
telle qu'il serait impossible de l’atteindre. En revanche, avec la complexité accrue de
l'assemblage de compétences, se dégage une tendance lourde de réduction du portefeuille de
PSL, calquée sur le modèle s'étant développé dans la filière automobile pour les fournisseurs

67 | P a g e
de premier rang. Au fur et à mesure que les PSL voient leur champ de compétences s'élargir,
et proposent à chacune des entreprises virtuelles des solutions personnalisées, à forte
spécificité, le risque de voir le PSL s'enraciner augmente considérablement.
Il sera cependant aisé de mettre en place des systèmes de contrôle efficaces car nous
sommes dans une logique du « petit nombre» qui permet de suivre plus facilement le
déroulement des transactions. Rappelons qu'il est de tradition d'opposer les prestations
logistiques routinières, ne contenant aucun « arrangement » spécifique dans leur réalisation,
aux prestations logistiques personnalisées, Co construites entre l'acheteur et le vendeur. Le
comanufacturing illustre parfaitement ce second type de prestations.
Or, plus les investissements consentis pour gérer les interfaces sont spécifiques, plus le
PSL prend un risque stratégique compte tenu de la possible absence de redéploiement vers
d’autres entreprises. De son côté, une entreprise tirera avantage d'une relation de longue durée
avec le PSL car la défection éventuelle de ce dernier impliquera un processus long et
dispendieux de sélection et d'évaluation d'un nouveau PSL apte à proposer un actif spécifique
comparable. Bref, en raison des coûts de changement devenus prohibitifs, les prestations
logistiques personnalisées en tant qu’actifs spécifiques augmentent la vulnérabilité stratégique
de tous les partenaires, et rendent souhaitable l'enracinement. Une telle situation justifie la
nécessité de « cimenter» les relations inter-entreprises pour préserver les intérêts mutuels sur
le long terme.
En définitive, le PSL en tant que partie prenante d'une chaîne logistique doit être apte à
gérer ses interfaces tout en jouant, sans opportunisme, le jeu du projet collectif. Plus encore, il
devra également mettre en œuvre des capacités dynamiques pour être apte à reconfigurer
l’assemblage de compétences lui étant confié lorsque l’environnement est soumis à des
changements rapides. D'une certaine manière, le PSL se positionne ici comme un « boundary
spanner », c'est-à-dire comme une entité contribuant à l'intégration organisationnelle des
différentes composantes d'une chaîne logistique.
Le contrat de prestation de service logistique joue un rôle central dans le
développement du statut de prestataire de service logistique, car il définit et codifie les
obligations du prestataire de services logistiques et de l’entreprise cliente. Le contrat, et plus
généralement le droit positif, font partie des outils disponibles, mais aussi des contraintes à
prendre en considération.
Le contrat ne peut pas prendre en compte tous les futurs possibles et reste parfois
incomplet. Il doit donc prévoir un système de contrôle du respect des obligations par les deux
parties. Soumis aux principes généraux du droit des contrats, étant un contrat innommé, le

68 | P a g e
contrat de prestation de service logistique est un contrat consensuel, formé par le seul
consentement des parties qui se sont souvent mises d’accord sur le contenu du cahier des
charges. C’est un contrat à titre onéreux qui entraine l’engagement de la responsabilité de
plein droit du prestataire de services logistiques en cas de dommage causé à l’entreprise
cliente. Néanmoins, nous considérons que l’absence de contrat écrit va entrainer des
conséquences parfois lourdes.
Il convient de s’interroger sur le régime contractuel du contrat de prestataire de
service logistique (chapitre 1).Ce contrat par conséquent souffre d’une panoplie de lacune
comme manque de règlementation, absence du contrat type, des infrastructures très ancienne
etc. ce qui nous pousse de s’informer sur le rôle du contrat dans la stratégie de la prestation
de service logistique (chapitre 2).

Chapitre 1: Le régime contractuel du contrat de prestation de service


logistique
Notre régime de droit des contrats repose sur le principe de la liberté contractuelle 59 et
Donc, sur le libre choix du cocontractant ainsi que des moyens permettant d’effectuer ce
choix. Durant la période de préparation du contrat d’externalisation logistique, la première
étape est de la recherche de prestataires de services logistiques selon les critères comme
localisation géographique, expérience sectorielle, spécialisations diverses etc.60
Le recours à l’appel d’offres est donc possible, Les contractants ont le libre choix de
déterminer sous quelle forme le contrat sera formalisé. Le prestataire de services logistiques
est d’abord une personne morale, une entité dotée de la personnalité juridique. En droit
marocain, le prestataire de services logistiques est régi par le DOC et le code de commerce
portant loi 15/95.
Les interrogations reposent sur les conditions spécifiques de l’accès du marché
logistique, au-delà des conditions de base. La création d’une entreprise de logistique doit-elle

59
w. hou, « la liberté contractuelle en droit des transports maritimes de marchandises »,Thèse de doctorat :
Université Paul Cézanne : Aix-Marseille , 2010,P.2.
60
G.Paché, «La Gestion Des Chaines Logistique Multi –Acteurs. », Edition PUG, 2000, P.221 .

69 | P a g e
exiger un nombre minimum de logisticiens professionnels agréés au sein de l’entreprise ?
L’entreprise doit-elle remplir certaines conditions matérielles nécessaires, telle qu’une flotte
de véhicule ? : Le capital minimum doit-il être élevé pour créer une entreprise de logistique ?:
Malheureusement les réponses sur ces questions du point de vue de législateur n’existent pas
en raison d’absence d’un droit spécifique qui régit le secteur.
À l’opposé de l’image des simples opérateurs de transport qui leur est parfois associée,
les prestataires de services logistiques à l’origine de gros transporteurs intégrateurs, proposent
une gamme de services logistiques. Avec la généralisation de la globalisation des services de
la chaîne logistique, les clients cherchent les prestataires qui peuvent gérer tous les aspects de
leurs chaînes logistiques, y compris établir la chaîne et le système informatique, et fournir des
services intégrés, transports, entreposage, conditionnement, préparation de commande,
livraison etc. Cela donne le concept de fourth party logistics provider. Le PSL est décrit
comme un contractant général qui gère les autres, c’est à dire transporteurs, transitaires,
entrepositaires, manutentionnaires, courtiers en douane, etc. Il engage sa responsabilité de
l'ensemble de procédure pour le compte de son client. Il ne possède ni entrepôt ni flotte de
véhicules.
Dans le cadre du contrat de prestation de service logistique, le prestataire de services
logistiques n’est pas transporteur même si certains d’entre eux disposent de leurs propres
flottes de véhicules, et jouent le rôle du transporteur. Notons que lorsqu’un contrat de
prestation de service logistique est qualifié de contrat de transport, le PSL est de simple
transporteur ou, en cas de transport multimodal.
Le PSL est indépendant à l’égard de son donneur d’ordre en agissant à leur risque et
péril, ce qui est différent que le service de logistique au sein d’une entreprise. Le PSL a le
libre choix des moyens d'exécution du contrat et il n'existe entre lui et le client aucun lien de
subordination quant à son exécution. Ayant le libre choix des voies et moyens d’exécuter le
contrat, le PSL va recourir aux services des substitués pour l’entreposage, le transport, le
conditionnement, le filmage, en agissant en son propre nom, afin d’accomplir l’ensemble des
services prévus par le contrat de prestation de service logistique.
D’ailleurs, dans le contrat de prestation de service logistique, il est toujours prévu que le PSL
doit souscrire une assurance pour couvrir les sinistres comme le vol, incendie, explosion,
avarie, etc, qui est susceptibles de survenir aux marchandises pendant la prise en charge par le
PSL.
En pratique, le PSL signe toujours un contrat d’assurances en son propre nom pour le
compte de son client. Lorsqu’il fait transporter les marchandises en agissant en son propre

70 | P a g e
nom pour le compte de son client, il est commissionnaire de transport en termes de droit
français. Notons que la conception de commission de transport n’existe pas dans le droit
positif. Aucun texte juridique ne prévoie le commissionnaire en matière de logistique et de
transport.
Sur le plan de la forme, le contrat de prestation de service logistique est généralement
accompagné d’un cahier des charges qui détaille l’ensemble des éléments pratiques de
l’opération. En effet L’élaboration du cahier des charges est une étape essentielle qui précise
l’expression des besoins du client. Le cahier des charges comprend des informations comme
la précision des prestations logistiques confiée au prestataire de services logistiques, les
modalités et le lieu d’exécution, les délais pour la mise en œuvre de l’opération, les exigences
du système d’information, les bases économiques des prestations, etc.
Le client doit normalement décrire avec précision ses objectifs et ses besoins dans le
cahier des charges, et les porter à la connaissance des prestataires de services logistiques. En
cas de litige ou de difficulté d’exécution, le cahier des charges et la réponse des PSL sont des
documents clés, qui permettent de comprendre ce qu’attendait le client et ce que le prestataire
lui a promis.
Cependant le cahier des charges ne fait pas toujours partie du contrat. Le cas le plus
fréquent c’est que le cahier des charges ne fasse pas partie des éléments contractuels, car il est
remplacé par des documents plus précis, élaborés lors de la première phase du contrat par le
PSL et approuvés par le client, qui reflètent plus fidèlement la réalité des présentations, notant
que l’essentiel est de garder trace de cet accord initial du client et du PSL.
En réalité, le PSL se retranche derrière l’imprécision ou le caractère incomplet du
cahier des charges pour justifier les difficultés qu’il rencontre. Il est clair que si le cahier des
charges est écarté du champ contractuel, le PSL ne peut plus arguer de son imprécision. En
fait, plus des prestations sont complexes dans ses mises en place, plus il est conseillé de
considérer que le document de référence du contrat ne sera pas le cahier des charges initial,
mais un document élaboré ultérieurement et reflétant l’accord des parties sur la description
exacte des prestations.
Après que la sélection du prestataire a été effectuée, c’est la rédaction du contrat qui
N’est pas moins difficile car il ne s’agit pas d’un contrat nommé. La prestation de service
logistique ne pourra pas se faire sans contrat. Normalement les parties au contrat vont établir
un contrat unique qui intègrent toutes les prestations à effectuer, en considérant que tous les
éléments sont non isolables et doivent être prises en compte dans l’ensemble des services

71 | P a g e
logistiques. Au lieu d’établir un contrat unique, les entreprises peuvent également choisir de
coopérer en utilisant un ensemble de contrats.
Cet ensemble de contrats peut se construire par un accord de base qui décrit les
objectifs, et des « contrats satellites » conclus pour réaliser l’accord de base, s’agissant de
toutes les prestations concernées dans la chaîne logistique, l’achat, le stockage, le
conditionnement et le transport, etc.
On voit parfois la rédaction du contrat se fait par l’utilisation d’un « contrat type » que
les parties doivent commenter et amender, ce qui apportera le moins de modifications à la
structure du contrat. Néanmoins, il n’existe pas un contrat-type qui pourra couvrir une partie
de ses situations et facteurs propres à chaque transaction, ni les conditions générales
transparentes normalement éditées par les associations des entreprises marocaines.
Les PSL européens implantés au Maroc sont souvent dotés des conditions générales de
vente de prestation logistique vis-à-vis aux clients, tandis que les PSL locaux ne disposent pas
de conditions générales ouvertes à leurs clients. Les exemples de contrat de prestation
logistique se trouvent quelque part. Généralement, ils vont faire l’objet d’amendements afin
de satisfaire le besoin du client. Ces exemples de contrat sont inspirés de contrats européens et
américains et de conditions générales publiées par des organisations interprofessionnelles
occidentales dont les clauses pour certaines sont bien adaptées dans le marché marocain,
tandis que d’autres sont parfois mal exécutées par les parties au contrat.
Le recours à ces exemples de contrat peut ainsi amener « à mélanger les obligations
importantes de celles qui ne le sont pas, et rend le dépouillement inutilement complexe ».
Généralement, le contrat de prestation de service logistique contient les clauses de prix, de
durée, de responsabilités et de règlement des différends. Dans tout contrat à titre onéreux, la
clause de prix tient une place particulière à déterminer le tarif et le mode de paiement.
La tarification peut se faire forfaitairement dans le cas où la réalisation de prestations
est clairement définie et stables dans son exécution. L’un des intérêts du contrat
d’externalisation logistique est la maîtrise des coûts par le client. L’un des intérêts du contrat
de prestation de service logistique est la maîtrise des coûts par le client.
Il arrive plus souvent que la tarification se fasse en fonction des prestations à effectuer,
de la nature, du poids, et du volume de la marchandise à traiter transport, entreposage,
conditionnement etc, Dans ce cas, le prix est simplement déterminable. Les cotations peuvent
donc établies en fonction des conditions et tarifs des substitués ainsi que des lois, règlements,
et conventions internationales en vigueur.

72 | P a g e
Le contrat de prestation de service logistique étant de longue durée, des phénomènes
imprévisibles peuvent se produire. En cas de changement des besoins du client, d’évolution
des technologies ou bien de baisse des coûts de traitement, une stipulation concernant la
révision du prix crée une obligation de renégociation des clauses du contrat, permettant aux
parties au contrat de mettre d’accord sur le tarif de la prestation concernée.
Outre, il est important de préciser la durée du contrat de prestation de service
Logistique afin de déterminer le point de départ du contrat et sa durée, voire les conditions
suspensives. Pour les clients PME, ce type de contrat se réalise normalement sur une période
d’un an, une durée qui permet d’une part au client de mettre en concurrence les PSL et d’avoir
un meilleur service au meilleur coût, d’autre part au PSL d’intégrer le service personnalisé à
chaque client dans son programme annuel afin d’optimiser la chaîne logistique.
Il est possible pour les parties au contrat d’établir les clauses limitatives ou
exonératoire de responsabilité. De telles clauses sont réputées non écrites lorsqu’elles portent
sur l’obligation essentielle du contrat. Plus généralement, le PSL tente de limiter sa
responsabilité, soit en fixant des plafonds d’indemnisation, soit en se limitant à la réparation
des dommages directs. De toute façon, le droit commun ne permet pas la réparation que de
ces seuls dommages. 61
Il arrive parfois qu’une des parties qualifie d’indirect un dommage qui serait considéré
comme direct par les tribunaux. Il est donc généralement préférable de détailler le plus
possible les chefs de dommages qui seront ou non couverts contractuellement. Pour fixer le
plafond d’indemnisation, le contrat prévoit, en règle générale, une couverture d'assurance. Les
clauses d’assurances ont pour objet d’une part d'assurer sa responsabilité qui découle le
contrat concerné, auprès d'un assureur agréé et d’autre loi relative au contrôle des entreprises
d'assurances .d’autre part, sur demande écrite et expresse du donneur d'ordre mentionnant la
couverture souhaitée, d'assurer les marchandises avec abandon de recours contre le PSL au
bénéfice et aux frais du donneur d'ordre, auprès d'un assureur agréé, en fonction de valeur des
marchandises déclarée par le donneur d’ordre et acceptée par le PSL.
Normalement le PSL va fournir au donneur d'ordre, sur simple demande, une
attestation d'assurance signée par l'assureur ou son mandataire. Cependant Un contentieux
juridictionnel est toujours long et représente un coût important. Aussi vaut-il mieux, dans la
mesure du possible, recourir à des procédures alternatives. L’arbitrage est la voie de résolution
des litiges préférée par les entreprises marocains ou étrangers implanté au Maroc dans leur

G.Paché, «La Gestion Des Chaines Logistique Multi –Acteurs. », Edition PUG, 2000, P.227.
61

73 | P a g e
vie économique. Lorsqu’il s’agit d’un contrat de caractère international, le droit marocain
autorise le recours à l’arbitrage pour le règlement des différends contractuel.
Le contrat peut donc prévoir de soumettre le litige à l’arbitrage par le biais d’une
clause compromissoire. Si le coût peut s’avérer élevé, il existe des avantages de souplesse et
de rapidité indéniable. La mise en œuvre de ces contrôles a un coût non négligeable, mais ils
sont devenus totalement nécessaires au bon déroulement des activités du PSL.
Les obligations des parties au contrat de prestation de service logistique varient selon
les prestations convenues par les parties. Pour le PSL qui fournit une gamme de services
logistiques, ses obligations combinent celle de l’entreposeur, du transporteur et de
l’entrepreneur de conditionnement, tri, filmage, assemblage etc. En pratique, il arrive que
l’une des prestations domine dans le contrat, le plus souvent le transport ou l’entreposage, et
des prestations accessoires coexistent. L’étude des modalités d’exécution de contrat
d’externalisation logistique, à travers les divers exemples du contrat et les conditions
générales du PSL, implique que soient précisées, d’une part, les obligations du PSL, d’autre
part, les obligations du donneur d’ordre (section 1).ainsi il faut alors examiner chaque
opération pour déterminer le régime applicable. S’il est prouvé que sont survenus pendant
l’exécution d’une partie des prestations logistiques l’avarie, la perte ou le retard affectant la
marchandise, on applique le système du réseau. Par exemple, si le dommage est localisé
pendant le déplacement de la marchandise à la clientèle du donneur d’ordre par voie routière,
on applique le régime de responsabilité du transporteur routier pour déterminer la
responsabilité du PSL. S’il n’est pas possible de prouver à quel moment est intervenu le
dommage, c’est le système unique qui s’applique, c’est-à-dire qu’on se réfère au régime de
responsabilité du contrat de louage d’ouvrage pour déterminer la responsabilité du PSL
(section 2).

Section 1: L’exécution du contrat de prestation de


service logistique
Le contrat de prestation de service logistique doit très clairement définir les droits et
obligations réciproques des parties c’est à dire le PSL et le donneur d’ordre, et notamment le
calendrier des opérations de logistique. Le contrat devra organiser dans le détail le
mécanisme de déclenchement des demandes des opérations. Organiser ces procédures avec
précision permettra d’optimiser et de rationaliser la gestion des demandes de prestation
logistique.

74 | P a g e
A.Les obligations du prestataire de service logistique :
Le prestataire assume avec toute la diligence requise, l’exécution de l’ensemble de
leurs obligations aux termes du contrat. En cas de l’absence de cette stipulation, on peut
toujours reconnaitre dans le contrat cette obligation sous-jacente qui a un domaine très large.
Notamment Il est tenu de veiller au bon fonctionnement du matériel qu'il utilise pour
l'exécution du contrat de prestations logistique.
Cependant Le PSL est tenu de l’obligation de diligence pendant toute la durée de vie
du contrat. Par exemple, il doit désigner des personnes de contact et communiquer ses noms
au donneur d'ordre. Il doit « se comporter en bon père de famille à l'égard des marchandises
et de prendre en charge », si besoin est, toutes les mesures nécessaires à la conservation des
marchandises, aux frais du donneur d'ordre, même celles ne découlant pas directement de la
prestation logistique62.
S’il omet de désigner une ou plusieurs personnes de contact, celui qui a signé le
contrat de prestations logistiques au nom du prestataire logistique est considéré comme étant
la personne de contact. Certes le PSL doit prendre réception des marchandises au lieu, à
l'heure et de la manière convenus, accompagnées d'un document de transport et des autres
documents fournis par le donneur d'ordre et de les livrer dans le même état que celui dans
lequel il les a reçues, ou dans l'état convenu.
Il doit indiquer, lors de la réception des marchandises, des réserves éventuelles sur le
document de transport et d'en informer le donneur d’ordre afin que celui-ci puisse prendre les
mesures nécessaires. Le PSL doit assurer l'entreposage et la manutention des marchandises
dans les locaux appropriés. Toute modification d'un lieu convenu nécessite l'accord du
donneur d'ordre, il est tenu d’une obligation de réaliser les prestations accessoires, telles que
conditionnement, étiquetage, tri, filmage, assemblage etc., toutes les taches personnalisées
selon les besoins du donneur d’ordre.
Le donneur d’ordre doit envoyer une demande écrite et expresse au prestataire de
service logistique mentionnant la couverture souhaitée, d’assurer les marchandises avec
abandon de recours contre le prestataire logistique au bénéfice et aux frais du donneur
d’ordre, auprès d’un assureur agréé, et de fournir au donneur d’ordre, sur simple demande,
une attestation d’assurance signée par l’assureur ou son mandataire.
Le PSL veille au bon fonctionnement du matériel qu’il utilise pour l’exécution du contrat de
prestations logistiques et De faire preuve de discrétion à l’égard de tiers quant aux faits et
données qui lui sont connus sur base du contrat de prestations logistiques. Tous les montants
Voir les Conditions de prestation de services logistiques de la Fédération des Entreprises Belgiques, 2005,P.2
62

75 | P a g e
dus par le prestataire de services logistiques et le donneur d'ordre, que ce soit, seront payés en
tenant compte du délai convenu ou, à défaut de délai convenu, dans les quinze jours après la
date de facture.63

B.Les obligations du donneur d’ordre :


Le donneur d’ordre est tenu aussi d’une obligation de diligence pendant toute la durée
de vie du contrat. Il assume avec toute la diligence requise, l’exécution de l’ensemble de leurs
obligations aux termes du contrat. Le donneur d’ordre doit désigner une ou plusieurs
personnes de contact et d'en faire mention au prestataire logistique. Si le donneur d'ordre omet
de désigner une ou plusieurs personnes de contact, celui qui a signé le contrat de prestations
logistiques au nom du donneur d'ordre est considéré comme étant la personne de contact.
il doit signaler en temps utile au prestataire de services logistiques toute information
concernant les affaires de même que leur traitement, qu'il est capable de signaler ou qu'il est
supposé être capable de signaler, et dont il sait ou est supposé savoir qu'elle est importante
pour le prestataire de services logistiques, à moins qu'il peut admettre que le prestataire de
services logistiques connaît cette information. Le donneur d'ordre se porte garant de
l'exactitude des informations fournies.64
Cependant il est tenue de mettre à la disposition du prestataire de services logistiques
les affaires convenues au lieu, au moment et de la manière convenus, accompagnées d'un
document de transport et des autres documents requis par ou en vertu de la loi du côté du
donneur d'ordre. Ce dernier doit payer, dans le délai de paiement prévu, outre le prix convenu
pour la prestation de services logistiques, les frais réalisés par le prestataire de services
logistiques concernant les activités complémentaires, de même que les frais.
Certes Le donneur d’ordre préserve le prestataire de services logistiques de tout
recours de tiers en matière de dommage, causé par un agissement ou une omission du chef du
donneur d'ordre, ses subalternes, de même que toute autre personne desquels services le
donneur d'ordre fait usage.
Il doit signaler en temps utile au prestataire logistique toute information concernant les
marchandises, et leur traitement. Pour les marchandises dangereuses, le donneur d'ordre est
tenu de transmettre ou de communiquer au prestataire logistique tous les documents et les
instructions nécessaires. Il doit répondre de tous les frais et dommages que supporterait le
PSL en raison de l'inexactitude ou de l'insuffisance des informations ou des documents
63

J .KEMBEU, « le contrat de prestations logistiques, contrat complexe ou contrat sui generis ? étude de la notion
et du régime du contrat de prestations logistiques », thèse de doctorat, Université de Rouen,2009 ,P.20.
64
Voir les Conditions de prestation de services logistiques de la Fédération des Entreprises Belgiques, 2005,P.3

76 | P a g e
concernés. Il répond également de tout dommage à l'environnement, dommage ou vice propre
que le PSL supporterait en raison d'une insuffisance d'informations quant à la nature de la
marchandise.
Le donneur d’ordre s'occupe du matériel qu'il a mis à la disposition du prestataire de
services logistiques, et De prendre réception, au terme du contrat de prestation de services
logistiques, des affaires se trouvant encore chez le prestataire de services logistiques au plus
tard le dernier jour ouvrable du présent contrat, ceci après paiement de ce qui est dû ou sera
dû.
Le donneur d’ordre a une obligation d’instruction. Il est tenu de donner au PSL en
temps utile les instructions nécessaires et précises pour l’exécution des prestations. Les dates
de départ et d’arrivée éventuellement communiquées par le PSL doivent être données à titre
indicatif, car le PSL n’est pas tenu de vérifier les documents fournis par le donneur d’ordre.
Toutes instructions spécifiques à la livraison doivent faire l’objet d’un ordre écrit et répété
pour chaque envoi et de l’acceptation expresse et répétée du PSL.
En ce qui concerne ce qui sera dû après la fin du contrat de prestation de services
logistiques, le donneur d'ordre peut se limiter à fournir une sûreté suffisante. Le maitre
d’ouvrage est tenu de prouver à l'égard de tiers de la discrétion nécessaire en ce qui concerne
les faits et données, qui lui sont connus sur base du contrat de prestation de services
logistiques. Tous les montants dus par le prestataire de services logistiques et le donneur
d'ordre, de quelque chef que ce soit, seront payés en tenant compte du délai convenu ou, à
défaut de délai convenu, dans les quinze jours après la date de facture.

Le donneur d’ordre doit payer dans le délai de paiement prévu, le prix convenu pour la
prestation logistique et les frais réalisés par le prestataire logistique concernant les activités
accessoires. Il doit accepter toute adaptation des tarifs par le PSL pour des frais qui sont
inconnus au moment de la signature du contrat. Il doit prendre en charge les frais d'évacuation
et de recyclage des emballages et des déchets résultant de la prestation au prix coûtant.
Si le donneur d'ordre de services logistiques ne paie pas un montant dû dans le délai
convenu ou, à défaut de délai convenu, dans les quinze jours après la date de facture, il est
tenu de payer en sus de la facture un intérêt de 3% en plus de l'intérêt légal à partir du jour où
les paiements auraient dû avoir lieu jusqu'au jour du paiement inclus. En cas de défaut de
paiement, qui apparaissant du simple dépassement des délais de paiement, le prestataire de
services logistiques est tenu de payer en plus de l'intérêt, le dédommagement conventionnel
irréductible de 10 % des montants dus.

77 | P a g e
En ce qui concerne les marchandises, le donneur d’ordre doit mettre à la disposition du
PSL les marchandises convenues au lieu, au moment et de la manière convenus,
accompagnées d'un document de transport et des autres documents requis par ou en vertu de
la loi. Il est tenu de prendre réception, au terme du contrat, des marchandises se trouvant
encore chez le PSL au plus tard le dernier jour ouvrable du contrat.

Section 2: L’inexécution du contrat de prestation de


service logistique
Les dommages résultant de l’exécution ou de l’inexécution de tout contrat de
logistique doivent être réparés par celui à qui ils sont imputables, conformément aux règles du
droit commun de la réparation des dommages contractuels. La réparation au dommage
prévisible au moment de la formation du contrat et L’appréciation du caractère prévisible du
dommage est une question de fait.
Cependant Les parties peuvent influer conventionnellement sur la responsabilité qui
résultera de l’inexécution du contrat. En principe, les clauses limitatives ou exonératoires de
responsabilité sont valables. La jurisprudence reconnaît leur efficacité, mais en restreint
sérieusement les conditions de validité. Tout d’abord, la clause ne doit pas aboutir à une
décharge de responsabilité sur les obligations essentielles de la part de celui qui s’oblige, c’est
à dire le PSL (A)et le donneur d’ordre (B).

A. Responsabilité de plein droit du prestataire de service logistique :


Il est possible de distinguer dans le contrat une prestation principale comme le
transport ou l’entreposage et des prestations annexent, le contrat de prestation de service
logistique est qualifié de contrat de transport ou de contrat d’entreposage, et le PSL est
qualifié comme un transporteur ou un dépositaire, soumis aux régimes de responsabilité
spécifiques au transporteur ou au dépositaire. Lorsqu’il n’est pas possible de distinguer dans
les diverses opérations que prévoit le contrat des prestations principales et annexe, le PSL
proposant une gamme de prestations logistiques.
Si La marchandises prise en charge par le prestataire logistique dans leur éventuel
emballage ne sont pas restituées au donneur d’ordre, au destinataire dans le même état que
celui dans lequel elles ont été réceptionnées ou dans l’état convenu, le prestataire logistique
est responsable, sauf cas de force majeure , des pertes et dommages matériels intervenus. La
charge de la preuve que le dommage matériel ou la perte a eu lieu entre le moment de
réception et le moment de livraison, incombe au donneur d’ordre.

78 | P a g e
Le débiteur de l'obligation contractuelle supporte une responsabilité de plein droit, dite
aussi la « responsabilité sans faute ».En effet la responsabilité contractuelle du débiteur,
suppose l'existence d'un manquement à une obligation n'est pas exigée. Il n’y a plus à prouver
la faute de l’auteur du dommage dans la responsabilité sans faute.
En cas d’inexécution ou de mauvaise exécution d’un contrat par l’une des parties, sa
responsabilité contractuelle doit être engagée par l’autre, le débiteur doit continuer à
s'acquitter de ses obligations. Si le contrat est toujours valable, prendre les mesures
correctives, ou indemniser le préjudice causé à l’autre partie. La responsabilité du PSL, non
conditionnée par le caractère fautif du fait dommageable, peut être mise en cause en l'absence
de faute.
Cependant le prestataire de service logistique à une éventuelle indemnité si la
responsabilité lui incombe au niveau des dommages et pertes matériels est limitée à 8,33
droits de tirage spéciaux par kilogramme brut de marchandises perdues ou endommagées,
sans dépasser un montant maximum absolu à convenir entre les parties au moment de la
conclusion du contrat de prestations logistiques. Si pareil montant n’a pas été convenu, le
montant maximum absolu précité est fixé par événement ou série d’événements provenant
d’une seule et même cause.
En réalité, certains contrats de prestation de service logistique prévoient une clause au
sujet de la responsabilité du fait des choses et d’autrui. Nous constatons que, même en
l’absence d’une telle clause dans le contrat, en cas de différends liés à l’exécution du contrat,
le PSL est souvent responsable non seulement du dommage qu’il cause par son propre fait,
mais encore de celui qui est causé par le fait des substitués comme les transporteurs,
transitaires, entrepositaire, manutentionnaire, courtier en douane, etc., ou des choses qu’on a
sous sa garde.
Si le prestataire logistique n'exécute pas la prestation logistique ou les activités
complémentaires au moment convenu ou dans les délais, de la manière et au lieu convenus, il
est tenu, sans préjudice, d'exécuter de la manière convenue ces activités le plus rapidement
possible et sans frais supplémentaires pour le donneur d'ordre. Lorsque ce dernier a fait des
frais en sus ayant trait aux fait que le prestataire logistique n'a pas exécuté la prestation ou les
activités complémentaires de la manière, au moment ou au lieu convenus, le prestataire
logistique est responsable de ces frais jusqu’ à un montant maximum à convenir au moment
de la conclusion du contrat de prestation logistique. Si pareil montant n'a pas été convenu, la
responsabilité du prestataire logistique au niveau de ces frais s'élèvera au maximum.

79 | P a g e
Le prestataire logistique n'est pas responsable des dommages consécutifs à des
informations et à des ordres, fournis par lui ou à d'autres personnes. Si le prestataire logistique
ne remplit pas ses obligations principales à plusieurs reprises, le donneur d'ordre peut, sans
préjudice de son droit au dédommagement du dommage de résilier le contrat de prestation
logistique après avoir donné par écrit un délai de minimum 30 jours au prestataire logistique,
si ce dernier n'a toujours pas satisfait à ses obligations à l'issue de ce délai.il faut signaler que
le dédommagement du dommage résultant de cette résiliation, le prestataire logistique doit au
maximum un montant à déterminer au moment de la conclusion du contrat de prestations
logistiques.
En ce qui concerne le domaine de la responsabilité de plein droit, le PSL n’est pas
nécessairement responsable lorsqu’une marchandise est reçue endommagée par la clientèle du
donneur d’ordre. Il ne l’est que si le dommage est survenu pendant que la marchandise était
sous sa garde, ou plus précisément sous la garde de ses préposés, agents ou sous-traitants,
c’est-à-dire depuis la prise en charge jusqu’à la livraison à la clientèle du donneur d’ordre, y
compris la phase de stockage, de cross-docking, de manutention, de traitement des
marchandises.
Néanmoins, les parties au contrat peuvent se mettre d'accord sur la couverture des
préjudices en excluant le dommage immatériel. En l'absence d'accord des parties, lorsqu'il y a
inexécution ou mauvaise exécution de l'obligation contractuelle d'une partie, le montant de
l'indemnisation ne doit pas être supérieur au préjudice causé par la violation du contrat, y
compris la perte du bénéfice attendu du contrat, à condition qu'il ne dépasse pas le dommage
éventuel qui a été prévu ou aurait dû être prévu par la partie au moment de la conclusion du
contrat .
En outres Le prestataire logistique n’est pas responsable du dommage et de la perte
des marchandises, lorsque ce dommage ou cette perte est la conséquence de risques
particuliers liés à l’entreposage en plein air, à la demande du donneur d’ordre. En effet la
responsabilité fixée, le prestataire logistique n’encourt aucune autre responsabilité quelle
qu’elle soit, sauf si le dommage provient de son dol.65

Le PSL est responsable à la place de chacun de ses substitués, mais aussi dans les
mêmes conditions que ses derniers. En cas de dommages résultant du fait des substitués, la
responsabilité du PSL est limitée à celle encourue par ses substitués, en application des
dispositions dans le cadre de l’opération qui lui est confiée. Par exemple, pour les dommages

Voir les Conditions de prestation de services logistiques de la Fédération des Entreprises Belgiques, 2005,P.4.
65

80 | P a g e
subis par les marchandises imputables à l'opération de transport, le PSL est responsable aux
plafonds d'indemnité fixés dans les dispositions légales ou réglementaires applicables au
transport considéré.
En ce qui concerne les dommages entrainés par le retard de livraison, la réparation due
par le PSL est souvent limitée au prix du transport de la marchandise. Cette indemnité ne
pourra normalement excéder celle qui est due en cas de perte ou d'avarie de la marchandise,
Lorsqu’il y a aucun dommage résultant de retard de livraison, le PSL peut s’exonérer
notamment dans le model relationnel de la prestation logistique.
Pour les dommages résultant d’un manquement dans l’exécution des prestations autre
que le transport, par exemple à l’occasion du stockage, les parties peuvent aussi se mettre
d’accord sur la limitation de la responsabilité personnelle du PSL. Le donneur d'ordre a
toujours la faculté de souscrire une déclaration de valeur qui, fixée par lui et acceptée par le
PSL, a pour objet de déterminer le plafond d'indemnité indiqué.
En ce qui concerne les marchandises en stock, les éventuels dommages, pertes ou
différences de stock seront évalués une fois par an. En cas de différence positive, aucun
dédommagement ne sera demandé. En cas de différence négative, aucun dédommagement ne
sera payé si la différence est inférieure à 0,05% du volume annuel total ayant été traité. S'il y
a un tarif suivant le nombre de pièces, les 0,05% seront également appliqués sur le nombre de
pièces.
Si un tarif sur base du poids a été convenu, les 0,05% seront appliqués sur le poids
traité. Au cas où les 0,05% seraient quand même dépassés, le prestataire logistique payera au
donneur d'ordre un dédommagement égal à la valeur réelle du produit perdu et endommagé
au-dessus des 0,05%.Pour le transport maritime, l’article 4 alinéa 5 des Règles de la Haye,
prévoit un plafond de responsabilité du transporteur maritime à hauteur de 666 DTS par colis
ou 2 DTS par kilogramme de marchandise perdue ou endommagée, le montant le plus élevé
étant appliqué.
Dans le transport aérien l’article 22 de la Convention de Montréal prévoyant que la
responsabilité du transporteur, en cas de destruction, de perte, d’avarie ou de retard des
marchandises, est limitée à la somme de 17 DTS par kilogramme. Quant au transport
multimodal, la seule disposition concernant la limitation de responsabilité se trouve dans
l’article18 alinéas 1 de la Convention du 24 mai 1980.
Si l’origine du dommage peut être prouvée, la responsabilité de l’entrepreneur de
transport multimodal sera limitée à une somme de 920 DTS par colis, ou 2,75 DTS par
kilogramme de marchandise endommagée. Dans ce cas-là, si une convention internationale

81 | P a g e
couvrant le mode de transport pendant lequel le dommage est survenu, fixe une limite de
responsabilité plus élevée, cette limite sera appliquée.
Le débiteur peut être exonéré en tout ou en partie « selon des effets de la force
majeure», toutefois le débiteur ne peut s'exonérer dans le cas où la force majeure est survenue
lors de l'exécution tardive de ses obligations. Le PSL peut s’exonérer en cas de force majeure
survenue pendant toute l’exécution du contrat de prestation de service logistique, telle que
l’incendie. La force majeure doit être « imprévisibles, inévitable, irrésistible »et extérieure à
la volonté des parties. Mais le mauvais temps qui empêche de faire la livraison dans le délai
convenu est-il complètement imprévisible ? : L’irrésistibilité reste l’élément le plus important
de la force majeure, tandis que l’imprévisibilité doit être raisonnable.
Les conditions de mise en œuvre de la force majeure sont particulièrement strictes et
rarement réunies. Pour éviter les difficultés de la qualification de la force majeure, dans
certains contrats ou des conditions générales du PSL, la clause de force majeure est remplacée
par la « clause d'incendie », le PSL ne s'exonérant de sa responsabilité qu'en cas d’incendie,
en excluant tout autre cas de force majeure.
le défaut de la marchandise est conçu comme une cause d’exonération dans le contrat
de transport , le transporteur est responsable des dommages-intérêts pour le dommage ou la
perte de la marchandise survenue pendant le transport, à moins que le transporteur prouve que
le dommage ou la perte de la marchandise est causée par un cas de force majeure, ou par la
nature propre de la marchandise, ou par la freinte de route, ou par la faute de la part de
l'expéditeur ou le destinataire. En pratique, dans les contrats d’externalisation logistique et les
conditions générales du PSL, le dommage résultant du vice propre des marchandises exonère
le PSL de sa responsabilité.
Le prestataire logistique peut faire procéder à la vente de la marchandise sans attendre
d'instructions de l'ayant droit, lorsque la nature périssable ou l'état de la marchandise le
justifie ou lorsque les frais de garde sont hors de proportion avec la valeur de la marchandise.
En effet La valeur des marchandises est déterminée par le coût de production ou, à défaut,
d’après le prix courant sur le marché, ou, à défaut, d’après la valeur usuelle des marchandises
de même nature et qualité. Il peut également faire procéder à la vente en cas d'abandon de la
marchandise par le donneur d'ordre.
Il peut également faire procéder à la vente, lorsque, dans un délai raisonnable, il n'a
pas reçu de l'ayant droit d'instructions contraires dont l'exécution puisse équitablement être
exigée. Si la marchandise a été vendue, le produit de la vente doit être mis à la disposition de

82 | P a g e
l'ayant droit, déduction faite des frais grevant la marchandise. Si ces frais sont supérieurs au
produit de la vente, le prestataire logistique à droit à la différence.
En cas de marchandises périssables ou de marchandises dont les frais de conservation
sont hors de proportion avec la valeur des marchandises, une simple communication de vente
sera adressée à l’ayant droit. Si ce dernier ne réagit pas immédiatement, la vente peut avoir
lieu. En cas de marchandises non périssables une communication de vente sera également
adressée à l’ayant droit, Si ce dernier ne réagit pas dans le délai de 15 jours, la vente peut
avoir lieu.
En cas de défaut de paiement, apparaissant du simple dépassement des délais de
paiement, le donneur d’ ordre est tenu de payer en plus de l'intérêt, le dédommagement
conventionnel irréductible de 10 % des montants dus. En cas de défaut de prestation ou de
cessation des activités du chef du donneur d'ordre ou du prestataire de services logistiques,
tous les montants, ils seront 'immédiatement exigibles que dans les cas suivantes :
 Si le prestataire de service logistique se trouve en situation de faillite ou un sursis de
paiement a été accordé à ce dernier.
 Si le prestataire de service logistique propose un accord à ses créanciers, en effet il
reste en défaut avec le respect de ses obligations et de résilier le contrat de
prestation de services logistiques.

Si le donneur d'ordre est en défaut de payer les montants qu'il doit au prestataire de
services logistiques et sur lesquels le prestataire de services logistiques a un droit de rétention
ou de gage, le prestataire de services logistiques a le droit, après avoir obtenu l'autorisation du
juge, de vendre les affaires entreposées chez lui aux frais du donneur d'ordre et de se payer
avec la recette tous les montants dus concernant les affaires, l'un et l'autre. Le prestataire de
services logistiques peut sur demande faire remplacer le gage par une sûreté équivalente, se
trouvant exclusivement à son évaluation.
En matière du droit commun, à défaut de disposition particulière, le délai d’agir est de
quinze ans, prévu par l’article 387 DU DOC «Toutes les actions naissant d'une obligation
sont prescrites par quinze ans, sauf les exceptions ci-après et celles qui sont déterminées
par la loi dans les cas particuliers». Pour le contrat de prestation de service logistique, il
arrive que les conditions générales du PSL prévoient un délai de moins de deux ans, plus
court que la prescription de l’action contre le transporteur. En droit, le délai de prescription est
considéré comme un délai d’ordre public strict, dont la modification conventionnelle n’est pas
possible.

83 | P a g e
B.Responsabilité de plein droit du donneur d’ordre:
Le donneur d'ordre est responsable de tous les dommages causés par des personnes ou
des affaires que le prestataire de services logistiques a dû admettre sur son terrain. Si le
donneur d'ordre omet de désigner une ou plusieurs personnes de contact, et celui qui a signé le
contrat de prestation de services logistiques au nom du donneur d'ordre est considéré comme
étant la personne de contact.
Le PSL n'est pas responsable des dommages découlant de renseignements et d'ordres,
fournis par ou à d'autres personnes. Si le donneur d'ordre ne signale pas en temps utile les
informations concernant les affaires, ainsi que leur traitement, et si les affaires convenues ne
sont pas mises à disposition au moment convenu ou dans le délai, de la manière et au lieu
convenus, accompagnées des documents, il est tenu d'exécuter ces activités le plus rapidement
possible, sans frais, et de la manière convenue pour le prestataire de services logistiques.
Lorsque le prestataire de services logistiques a fait des frais ayant trait au fait que le donneur
d'ordre n'a pas satisfait à ses obligations, le donneur d'ordre est responsable de ces frais.
Si le donneur d'ordre ne satisfait pas, à plusieurs reprises, à ses obligations, le
prestataire de services logistiques par exemple, l'inexactitude ou l'insuffisance des
informations quant à la nature de la marchandise dont résultent des dommages et des frais qui
sont à la charge du donneur d'ordre.. Il peut, sans préjudice de son droit à l'indemnisation du
dommage, résilier le contrat de prestation de services, après avoir fixé par écrit un dernier
délai au donneur d'ordre et que le donneur d'ordre n'a pas satisfait à ses obligations à l'issue de
celui-ci.
A titre d'indemnisation pour le dommage découlant de cette résiliation, le donneur
d'ordre est redevable au maximum d'un montant à convenir au moment de la conclusion du
contrat de prestation de services logistiques.de même s’ il ne signale pas en temps utile les
informations concernant les affaires, ainsi que leur traitement, et si les affaires convenues ne
sont pas mises à disposition au moment convenu ou dans le délai, de la manière et au lieu
convenus, accompagnées des documents requis , il est tenu d'exécuter ces activités le plus
rapidement possible, sans frais, et de la manière convenue pour le prestataire de services
logistiques. 66Lorsque le prestataire de services logistiques a fait des frais ayant trait au fait
que le donneur d'ordre n'a pas satisfait à ses obligations, le donneur d'ordre est responsable de
ces frais jusqu'à le montant maximum précis par événement.
Si le donneur d’ ordre ne satisfait pas, à plusieurs reprises, à ses obligations, le
prestataire de services logistiques peut, sans préjudice de son droit à l'indemnisation du
Voir les Conditions de prestation de services logistiques de la Fédération des Entreprises Belgiques, 2005,P.6
66

84 | P a g e
dommage, résilier le contrat de prestation de services, après avoir fixé par écrit un dernier
délai au donneur d'ordre et que le donneur d'ordre n'a pas satisfait à ses obligations à l'issue de
celui-ci.
Il est tenu d’assurer ses marchandises contre l'incendie et les risques similaires, y
compris une cession de recours à l'égard du prestataire de services logistiques et de tout autre
tiers. Il sera par ailleurs responsable de l'enlèvement et du traitement des marchandises
endommagées par un incendie ou une inondation.
Si le donneur d'ordre de services logistiques ne paie pas un montant dû dans le délai
convenu ou, à défaut de délai convenu, dans les quinze jours après la date de facture, il est
tenu de payer en sus de la facture un intérêt de 3% en plus de l'intérêt légal à partir du jour où
les paiements auraient dû avoir lieu jusqu'au jour du paiement inclus.
En cas de défaut de paiement, apparaissant du simple dépassement des délais de
paiement, le donneur d’ ordre est tenu de payer en plus de l'intérêt, le dédommagement
conventionnel irréductible de 10 % des montants dus. En cas de défaut de prestation ou de
cessation des activités du chef du donneur d'ordre ou du prestataire de services logistiques,
tous les montants, ils seront 'immédiatement exigibles sauf dans deux cas :
 Si le donneur d'ordre se trouve en situation de faillite ou un sursis de paiement a été
accordé au donneur d’ordre.
 Si le donneur d'ordre propose un accord à ses créanciers, en effet il reste en défaut
avec le respect de ses obligations et de résilier le contrat de prestation de services
logistiques.

En outre Le prestataire de services logistiques aura toujours le droit d'adapter les tarifs
pour faire des dépenses ou couvrir des frais y compris de nouvelles taxes qui sont inconnues
au moment de la signature du contrat, et que le donneur d'ordre aurait aussi eu si le donneur
d'ordre avait exécuté les activités mentionnées dans son contrat conclue à son propre compte.
Le prestataire de services logistiques peut aussi exercer le droit de rétention pour ce qui
lui est encore dû par le donneur d'ordre en rapport avec des contrats antérieurs de prestation
de services logistiques.il peut aussi exercer le droit de rétention pour une provision lui
revenant en rapport avec une couverture, pour laquelle il ne doit pas accepter de sûreté. Si lors
du règlement un litige intervient sur le montant dû ou si pour la détermination de celui-ci un
calcul ne devant pas être effectué rapidement est nécessaire, celui qui exige la remise est
obligé de satisfaire sur le champ la partie sur laquelle recevabilité les parties ne sont pas

85 | P a g e
d'accord et de fournir une sûreté pour le paiement de la partie contestée ou de la partie dont le
montant n'est pas encore fixé.
Cependant Les marchandises, les documents que le prestataire de services logistiques
détient du chef du contrat de prestation de services logistiques, servent de gage pour toutes les
demandes qu'il a à charge du donneur d'ordre. Sauf dans les cas où le donneur d'ordre est en
situation de faillite ou que le sursis de paiement lui a été accordé, le prestataire de services
logistiques n'a jamais le droit de vendre les affaires mises en gage sans l'autorisation du juge.67

Chapitre 2:le rôle du contrat dans la stratégie de la prestation de service


logistique
Il n'y a pas de prestation de service logistique sans montage juridique. En effet Le
partenariat avec un prestataire de services logistiques s'échafaude en ayant recours aux
contrats. Il faut donc s'interroger sur les types de contrats possibles et sur les limites de ces
montages. Par ailleurs, les solutions retenues peuvent varier en fonction des opérations
logistiques.
En outre la prestation de service logistique consiste à conclure des contrats de
coopération où les partenaires commerciaux mettent en place un accord commun pour arriver
à un objectif préétabli. Cependant, selon le type de relations prévues par le contrat, la solution
ne sera pas forcément simple. Pour l'industriel qui choisit un PSL pour lui confier des tâches
comme le transport ou du stockage, il s'agit d'une simple exécution matérielle opérée par le
co-contractant appelée sous-traitance d'exécution. Dans ce cas, le rôle du contrat consiste à
garantir le respect par le PSL de l'ensemble des obligations convenues et surtout la possibilité
de ne pas être lié pour une trop longue période comme nous l’avons déjà cité.
Ces préoccupations formalisées, même simplement, il est plus facile pour le donneur
d'ordres de prévoir la poursuite ou de décider de l'arrêt des relations. Mais les industriels
peuvent aussi choisir le PSL joue un rôle beaucoup plus grand. Ce dernier peut participer de
façon autonome à la prestation, c'est-à-dire être bien plus qu'un simple exécutant en proposant
des services innovants : préparation intégrant des contraintes spécifiques de chronologie
d'utilisation du client, livraison couplée à des services d'installation, contrats d'entretien, etc.
Dans ce cas, aucune partie ne joue un rôle de simple exécutant, les PSL développent une

Voir les Conditions de prestation de services logistiques de la Fédération des Entreprises Belgiques, 2005,P.7.
67

86 | P a g e
certaine autonomie appuyée par une mise en réseau et un partage de l'information. Le service
logistique fourni correspond à une prestation sur mesure avec, par exemple, une préparation
de commande très sophistiquée et des livraisons clients sous des délais très brefs.
Notamment La prestation de service logistique ne se limite pas à l’entreposage ou à la
manutention, elle permet de suivre un produit depuis sa conception jusqu’à sa sortie d’usine,
de piloter des flux physiques et d’informations entre fournisseurs et producteurs, de fluidifier
la production et d’optimiser les flux entre fournisseurs et distributeurs. Le mouvement de
recentrage des industriels sur le cœur de métier a également favorisé le développement de
l’activité logistique. L’externalisation de cette fonction a contribué à l’émergence d’un
véritable marché de la prestation de services, notamment dans la gestion des plates-formes.
La prestation de service logistique ne pourra pas se faire sans contrat, la volonté des
parties qui se manifeste dans le contrat constitue un outil indispensable dans le choix de la
forme organisationnelle retenue. Il n'y a d'ailleurs là rien d'étonnant dans' un système fondé
sur la libre concurrence. Le contrat intervient donc en tant que régulateur du marché ou, du
moins, en tant que « grand organisateur» du marché, surtout avec les fusions-acquisitions. 68
Il doit toutefois en respecter les règles puisque notre système juridique sanctionne les
pratiques anti-concurrentielles. Mais les constructions contractuelles ne sont pas si libres que
cela puisqu'elles doivent de plus en plus se plier au respect de très nombreuses
réglementations; on peut citer quelques recommandations au niveau normes concernant la
qualité, le respect de l'environnement, la sécurité (section1).
L'industrie de la prestation logistique a connu en l'espace d'une génération une
profonde mutation à la fois dans son champ d'intervention , en passant du simple transport de
marchandises à la gestion complexe de plates-formes modulaires, et dans ses modes
opératoires, en passant d'une logique d 'exploitation des activités à une logique deconception
et d'animation de réseaux de circulation. Encore trop peu d’observateurs ont pris la juste
mesure de la véritable révolution managériale en ayant résulté, qui positionne pourtant les
PSL comme des acteurs majeurs de la dynamique d'évolution des chaînes logistiques. Il est
d'autant plus urgent de comprendre cette mutation que les PSL voient s'ouvrir désormais des
perspectives nouvelles de développement. Parmi les plus significatives, je peux retenir tout
particulièrement l'attention. Il s'agit de l'implication des PSL (section 2).

G.Paché, «La Gestion Des Chaines Logistique Multi –Acteurs. », Edition PUG, 2000,P.226 .
68

87 | P a g e
88 | P a g e
89 | P a g e
90 | P a g e
Section 1: Recommandation du prestataire de
service logistique : point de vue d’ un juriste .
Le recours à la prestation de service logistique suppose l'existence d'une véritable une
réflexion stratégique qui sera suivie d'une étape cruciale: le choix du partenaire commercial,
s'accompagnant de négociations dont la forme et le fond doivent respecter des règles
juridiques(A).
L'objectif poursuivi réside dans le choix d'une solution de nature à favoriser la
performance. Une préparation trop difficile et trop onéreuse peut pousser l'entreprise
concernée à préférer l'intégration des activités. De la même façon, la prestation de service
logistique doit faire l'objet d'une réflexion poussée sur le comment faire, c'est-à-dire la
nature du montage juridique le plus adapté(B).

A. Contrat de prestation de service logistique : période de non droit .


Selon Williamson, qu’il existe une subordination de l'analyse stratégique à l'économie des
contrats. Le juriste y voit l'importance capitale du choix de la nature et du contenu précis des
obligations de chaque acteur aux divers contrats, ainsi que la nécessaire prise en compte de la
durée de l'engagement. Ce dernier point ne se traduit pas obligatoirement par une durée fixée
et figée à l'avance puisqu'il existe la possibilité de recourir à des clauses de reconduction
tacites ou non, de résiliation qui mis fin du contrat, à telle ou telle condition et de résolution
rupture du contrat avec rétroactivité quant à la réparation en cas de non-respect de ses
obligations par l'une des parties.
Le rôle des contrats devient donc dès lors stratégique, puisque le choix du type de contrat
détermine la nature des relations et, plus précisément, des obligations de chacun. Si, dans la
littérature en sciences de gestion, la prestation de service constitue une stratégie pertinente,
une étude d'Ernst et Young démontre que seulement 30 % des donneurs d'ordres seraient
totalement satisfaits de leurs PSL ou transporteurs. Aussi convient-il de bien choisir son
cocontractant.
Le choix d’un PSL repose sur le principe de la liberté contractuelle et donc, en toute
logique, sur le libre choix du co-contractant ainsi que des moyens permettant d'effectuer ce
choix. Le recours à l'appel d'offres ou à un cocontractant déterminé sur simple consultation
sont donc possibles. L'appel d'offres est un procédé selon lequel une entreprise informe ses
fournisseurs potentiels de sa volonté de conclure un contrat avec celui qui répondra le mieux

91 | P a g e
aux conditions spécifiées dans un cahier des charges. Les fournisseurs ou, plus largement, les
PSL intéressés doivent répondre par courrier.
Toute fois L'appel d'offres est une invitation à entrer en pourparlers en y répondant,
les soumissionnaires manifestent leur volonté de contracter et le contrat sera conclu avec le
soumissionnaire qui répond aux conditions prévues par le cahier des charges. Pour la
conclusion de contrats importants, la procédure de l'appel d'offres est intéressante car elle
permet la mise en concurrence de diverses entreprises, dont on pourra mesurer le sérieux à
l'examen du contenu de la réponse, ainsi que de la célérité à remplir l'offre. La période des
pourparlers n'en est pas moins extrêmement importante.
Au cours de cette période, les parties discutent des conditions et modalités du contrat.
C'est en fonction du déroulement de ces négociations que les parties vont décider de se lier ou
pas. Si la liberté de chacun reste de mise, le droit encadre tout de même le déroulement des
négociations. 69
En effet, la jurisprudence impose une obligation de loyauté et sanctionne une rupture
brutale. Le fait de débuter des négociations impose le respect de certaines règles pour les
éventuelles futures parties qui sont de la sorte déjà engagées l'une envers l'autre. Le fait de
recourir à des négociations informelles n'empêche pas ces règles de jouer, mais mieux vaut
recourir à des négociations formelles, ce qui évitera des malentendus entre les parties, par
exemple quant aux réels pouvoirs du négociateur d'engager son entreprise, quant à
l'attribution des frais engendrés, ou bien encore quant à l'utilisation des informations
communiquées.
La jurisprudence peut se montrer très sévère dans ses décisions, en particulier quand
les pourparlers s'étalent dans le temps et que la rupture est dépourvue de motif légitime. Dans
un arrêt rendu le 4 avril 199870, la société P. avait mis au point un procédé de conditionnement
de médicaments appelé Diapack pour lequel elle a déposé un brevet. Des pourparlers
s'engagent avec la société S. en vue de l'exploitation du procédé et durant plusieurs années ont
lieu des réunions, des échanges de correspondance et des projets de contrat, puis subitement la
société S. fait savoir qu'elle ne donnera pas suite au contrat.
La Cour de cassation a considéré que le fait de laisser espérer à la société P. pendant
quatre années un accord définitif qui n'a été abandonné, selon les propres dires de la société
S., que pour des considérations internes au groupe ne mettant nullement en cause la qualité du
produit, se trouve dépourvu de motif légitime. Il s'agit d'une rupture fautive à l'origine d'un

G.Paché, «La Gestion Des Chaines Logistique Multi –Acteurs. », Edition PUG, 2000,P.228.
69

Arret n° 95-20361, URL: http://www.legifrance.gouv.fr.


70

92 | P a g e
grave préjudice pour la société P., qui a immobilisé en pure perte pendant quatre ans un
procédé breveté. En vertu de ces éléments, la société S. a été condamnée à verser la somme de
quatre millions de francs (600.000 euros) à titre de dommages et intérêts.
Dans une autre affaire, le P.-D.G. De la société NMG, M. Pigaglio, entre en
pourparlers avec M. Semon, dirigeant de la société Alisée, pour acquérir la branche d'activité
« réseaux et télécommunications » de cette dernière. En cours de négociation, une procédure
de redressement judiciaire est ouverte à l'encontre de la société Alisée. Bien qu'ayant
connaissance de l'état alarmant de la société, M. Pigaglio continue les pourparlers durant
plusieurs semaines, puis met un terme brutal aux négociations. La Cour de cassation considère
que la condamnation de M. Pigaglio à verser à M. Semon la somme de 500.000 francs
(76.000 euros), fondée sur une rupture tardive faisant perdre une chance même ténue à la
société Alisée de trouver un repreneur, est justifiée71.
Ces deux exemples ne sont pas des cas isolés, ils sont la preuve qu'existe une
obligation de loyauté dès l'avant contrat, et que les juges n'hésiteront pas à condamner
sévèrement la partie qui aurait tendance à l'oublier. L'objet des négociations est bien sûr un
aspect fondamental car c'est ce qui permettra aux parties de réaliser un contrat sur mesure.
Il y a des points sur lesquels la plus grande prudence est de mise. À notre sens,
imposer au sous-traitant un système de certification qualité est une condition essentielle au
choix du co-contractant, surtout s'il s'agit d'un PSL. Ce dernier doit d'ailleurs s'engager à
maintenir cette certification pendant toute la durée du contrat.
À défaut, une clause doit prévoir la possibilité de résilier la convention. L'objet du
contrat doit être clairement établi: transport, stockage, manutention, emballage, etc., car
obligations, responsabilités, délais de prescription et charge de la preuve diffèrent selon le
type de contrat. En cas de clause confuse, le juge interprète la clause litigieuse contre celui qui
l'a stipulée, appliquant ainsi un principe substantiel du droit commun issu de l’article
462alinea 3 du DOC qui dispose « Il y a lieu à interprétation : Lorsque l'incertitude résulte
du rapprochement des différentes clauses de l'acte, qui fait naître des doutes sur la portée
de ces clauses ».
Le contrat doit être personnalisé, cela permet de réduire l'incertitude des événements
futurs et donc de gérer au mieux les risques. Des tableaux de bord doivent figurer dans les
prévisions contractuelles afin de pouvoir par la suite mesurer notamment les éléments
qualitatifs. Par ailleurs, la présence d'un comité de pilotage dans les montages complexes est
nécessaire. Il doit être composé de représentants de chaque partie; il va suivre la réalisation du

Arret de la Chambre commerciale, 18 juin 2002, n° 99-16488, URL: http://www.legifrance.gouv.fr.


71

93 | P a g e
contrat et les évolutions des besoins du client, permettant ainsi des adaptations du contrat sous
forme d'avenants, si besoin est, en cours de réalisation.
Le contrat doit se présenter comme un projet logistique adapté au client dans le cadre
d'une relation où la performance constitue l'intérêt de chacune des parties en présence. Dans
cet ordre d'idée, il faut prévoir une clause concernant soit une auto-inspection, soit un audit, et
rendre ainsi possible le suivi et le contrôle de l'exécution du contrat.

B. Rigidité du contrat de prestation de service logistique :


Si la période précontractuelle est essentielle, car elle pose les bases de la relation
future, l'exécution du contrat et le contrôle de son respect n'en sont pas moins importants. Le
donneur d'ordres doit donc avoir prévu la possibilité de suivre, voire de surveiller étroitement
si son partenaire respecte ses obligations contractuelles, pour des raisons évidentes de
performances atteintes, mais aussi pour pouvoir, dans la mesure du possible, éviter un
contentieux coûteux et source d'une perte de temps.
Dans cet ordre d'idée, il peut d'ailleurs exister une clause concernant le règlement des
différends. Mais nous commencerons par évoquer le cas où les sociétés ont décidé de ne pas
recourir à la formalisation de leurs relations, soit parce qu'elles n'avaient pas l'intention de
travailler ensemble sur le long terme, soit parce qu'elles considéraient le contrat comme un
outil inadapté et peu flexible.
Ces situations recouvrent principalement des opérations de transport ou de
commission. L'absence de contrat écrit va entraîner des conséquences parfois lourdes. Les
juges vont se fonder sur l'existence d'un courant d'affaires pour en déduire la réalité des
engagements, et ils en tireront les conséquences au vu des pièces portées aux débats en tant
qu'éléments de preuve. 72
Un contrat informel n'est donc pas dénué de force, les relations verbales sont sources
d'engagement, et l'échange de documents peut suffire à prouver l'existence d'un contrat. La
confiance peut donner naissance à des relations d'affaires, mais en cas de trahison de la
confiance donnée, et devant une volonté de rupture des relations, les personnes morales ou
physiques concernées peuvent trouver un intérêt financier non négligeable en mettant en
cause la responsabilité contractuelle de leur partenaire commercial devant la juridiction
compétente.
Il est donc souhaitable de recourir à une véritable formalisation des relations où ont été
mis au point de façon précise des modes de contrôle en cours de réalisation de contrat. Il peut

G.Paché, «La Gestion Des Chaines Logistique Multi –Acteurs. », Edition PUG, 2000,P.230.
72

94 | P a g e
s'agir d'auto-inspection ou d’audit, c’est à dire Le contrat a pu prévoir qu'il y aurait une auto-
inspection, par exemple annuelle. Dans ce cas, le PSL doit lui-même auditer son propre
fonctionnement et transmettre les résultats à son client de façon périodique.
Le contrat prévoit les méthodes de surveillance mises en œuvre ainsi que les
techniques de mesure du système de management de la qualité. Le contrat ou le cahier des
charges peuvent aller encore plus loin en demandant au PSL chargé de gérer les stocks du
client de mesurer les performances des transporteurs assurant les livraisons des clients finaux.
Cependant, la technique de l'audit semble la plus adéquate.
Quant à l’audit qui est un examen méthodique et indépendant envie de déterminer si
les activités et résultats observés correspondent aux dispositions préétablies et si ces
dispositions sont mises en œuvre de façon efficace et aptes à atteindre les objectifs. L’audit
peut être réalisé par le client lui-même, ou le recours à Un tiers a pu être envisagé dans le
contrat. Pour cette dernière éventualité, il faut absolument s'assurer de la compétence de
l'auditeur qui doit posséder une connaissance, des qualifications et une expérience suffisantes
pour mener à bien sa mission. De son côté, l'audité devra remettre tous les documents de
travail à l'auditeur. Par exemple, pour un PSL chargé d'acheter du transport, il devra fournir:
les attestations d'inscription aux registres des transporteurs, les photocopies de licence de
transport intérieur ou communautaire, les attestations de fourniture des déclarations auprès de
la sécurité sociale, les avis d'imposition, les attestations d'assurance, etc. 73
L'audit doit permettre la mesure de la satisfaction des parties et rendre possible, au vu
des résultats, l'adaptation de la relation contractuelle afin de réaliser la meilleure performance
possible. Aussi, la rédaction de la clause d'audit est-elle capitale. La mise en œuvre de ces
contrôles a un coût non négligeable, mais ils sont devenus totalement nécessaires au bon
déroulement et à l'obtention des objectifs des PSL. Des systèmes de malus peuvent être
prévus en cas d'échec, voire de résiliation si l'écart est trop grand. Par ailleurs, une clause doit
prévoir comment seront réglés les différends qui peuvent survenir entre les parties.
En effet Un contentieux juridictionnel est toujours long et représente un coût
important. Aussi vaut-il mieux, dans la mesure du possible, recourir à des procédures
alternatives. Le contrat peut donc prévoir de soumettre le litige à l'arbitrage par le biais d'une

73
Par exemple, le Centre de Médiation et d'Arbitrage de Paris a prévu des honoraires selon un système de
tranches: à titre indicatif, pour la première tranche jusqu'à 50.000 euros, les frais s'élèveront au maximum à
6.000 euros, et pour la tranche 6, avec un 1 itige supérieur à 45.000.001 euros, les frais seront au maximum de
120.000 euros.

95 | P a g e
clause compromissoire. Si le coût peut s'avérer élevé, il existe des avantages de souplesse et
de rapidité indéniable.74
Il faut savoir que les parties ont le choix entre un arbitrage fondé sur le droit ou en
amiable composition. Si la première possibilité se comprend aisément, il convient de préciser
que l'amiable composition est entendue par la jurisprudence au sens d'équité.
À notre sens, il convient dans ce type de montage juridique, souvent complexe, de
préférer l'amiable composition. En effet, les opérations prévues dans le contrat organisent la
stratégie et donc les objectifs des entreprises parties prenantes. La prévisibilité et la sécurité
figurent au rang des impératifs incontournables, aussi ces critères doivent-ils être pris en
compte prioritairement dans le règlement du litige, cela sera le travail de l'arbitre de se référer
à ces éléments en priorité.
D'autant plus dans les situations nombreuses où les contrats sont négociés et conclus
dans un contexte juridique flou, sur des questions où les règles juridiques sont incomplètes ou
inadaptées Le rôle du contrat ne consiste pas, comme certains le craignent, à rendre trop
rigides les relations entre entreprises, ce qui le rendrait inadapté aux objectifs poursuivis par
des professionnels de la logistique. 75
Il serait alors antinomique avec l'objectif qui est d'optimiser la gestion des flux de
matières et d'informations sur toute la chaîne logistique, c'est-à-dire depuis le fournisseur
jusqu'au client du client, avec une maximisation du taux d'utilisation des capacités de
production et de transport, une réduction au maximum les coûts de stockage et d'entreposage,
et une amélioration continue du service client.
Or, les rédactions de ces contrats, certes complexes, ne sont pas un frein mais au
contraire un moteur à l'obtention de la meilleure performance, tant du donneur d'ordres que du
PSL. Il s'agit de mettre en place une collaboration pacifiée par des rapports contractuels clairs
où le rôle et les obligations de chacun sont définis de façon équilibrée. On peut voir dans ces
contrats une feuille de route où les chemins à suivre sont choisis à l'avance, mais modifiables
en cas de besoin, entretenus dans le respect de règles de sécurité, et où sont effectués des
contrôles ante et post contrat.

74
H.Doumal, « le Maroc et l’arbitrage Cirdi, réflexion sur la compétence »,Mémoire : Université Paris
1,2011,P.10.
75
Cass. 2é civ., 28 février 1990 : Bull. civ. 1990, 2, nO 44.

96 | P a g e
97 | P a g e
98 | P a g e
99 | P a g e
Section 2: Recommandation du prestataire de
service logistique : point de vue d’ un
expert .
Si un grand nombre de travaux s’intéressent aujourd'hui au processus d'externalisation
logistique, trop peu de recherches sont consacrées aux aspects stratégiques des choix effectués
par les PSL, et leur adéquation aux dimensions technologiques et organisationnelles qui
conditionnent le fonctionnement efficace des structures en réseau.
Or, les PSL s'appuient sur des technologies de plus en plus sophistiquées, notamment
sur le plan informationnel, et mettent en œuvre des processus transversaux très complexes
pour accroître la fiabilité et la flexibilité de ces structures en réseau. Les PSL, et
singulièrement, parviennent- ils à procéder à un Coalignement efficace entre ces différentes
dimensions? : La question est essentielle pour le devenir d'une industrie de la prestation
logistique dont l'élargissement du champ d’intervention brouille les frontières établies.
Il existe incontestablement une forte interaction entre organisation du PSL et
environnement technologique. En effet, les PSL sont aujourd'hui le catalyseur des
changements organisationnels au sein des chaînes logistiques en étant impliqués dans une
gouvernance fondée à la fois sur une gestion des connaissances et sur une « spécialisation des
compétences architecturales » qui leur confère une position centrale dans le processus de
création de valeur.
Le concept d’alignement peut être ici mobilisé de façon pertinente. Les modèles
d'alignement stratégique, développés au cours des vingt dernières années, sont fondés sur
l'idée essentielle que la performance organisationnelle résulte du Co alignement de plusieurs
facteurs: la stratégie, la technologie, la structure organisationnelle, etc.
Ces questions retiennent l'intérêt croissant de chercheurs en systèmes d'information, en
management stratégique et en logistique. Leur conclusion est que les entreprises ne peuvent
pas être compétitives sur le long terme sans aligner les composantes de leurs stratégies
génériques, notamment en matière de logistique, sur les technologies de l'information.
Certains modèles d'alignement stratégique intègrent également les individus (culture,
leadership) et les processus (pilotage de la chaîne logistique).76
Dans une perspective purement logistique, un alignement stratégique plus ou moins
bien réussi dépend de deux éléments : d'une part, un type spécifique de « climat des affaires

76
F. Bergeron , L. Raymond et S. Rivard , « Ideal patterns of strategie alignment and business performance »,
Edition Information &Management, 2004,Vol. 4 1, n° 8, pp. 1003-1020.

100 | P a g e
»privilégiant la coopération entre partenaires ,et de structure organisationnelle acceptant la
transversalité , d'autre part, l'utilisation des systèmes d'information indépendamment d'un
contexte culturel donné.
L’utilisation intensive des systèmes d'information ne découle pas seulement de la
nécessité d'obtenir une efficacité maximale dans la gestion des opérations commerciales,
industrielles et logistiques des membres de la chaîne logistique, mais aussi de la recherche de
synergies entre eux, avec un partage équitable des risques et des gains induits par l'échange.
L'on peut dès lors imaginer que les PSL, deviennent les acteurs dynamiques d’un alignement
stratégique d'autant plus performant que la coordination des acteurs, des activités et des
ressources aura été menée avec rigueur, efficience et de réactivité.
Le model proposé actuellement par les professionnelles Le modèle proposé qui permet
d'apprécier les enjeux du Coalignement des PSl. Il met clairement en évidence les liens entre
les variables stratégiques, structurelles et informationnelles, nécessaires pour l'obtention d'une
plus grande « harmonie » de la structure en réseau. Concernant la formation du Co
alignement, elle dessine deux grandes lignes directrices possibles.
Toute déviance par rapport à l'une d'entre elles peut être considérée comme le signe
d'un décalage significatif entre les aspirations à long terme de l'entreprise. Par exemple, un
faible niveau de capacité de traitement des informations chez le PSL sera incompatible avec
une démarche de nature proactive et une rationalité de type analytique, ce qui génèrera un état
de tension à résoudre le plus rapidement possible pour éviter une dégradation des
performances futures de la structure en réseau pour laquelle agit le PSL.
Or, il faut reconnaître qu'actuellement, la plupart des PSL présents sur le marché, et les
réseaux de chaînes logistiques auxquels ils participent, rencontrent encore de nombreuses
difficultés pour mettre en pratique un Co alignement efficace. C'est notamment le cas des
4PL, connaissant les plus grandes difficultés à stabiliser leur système d’offre.
Deux raisons principales peuvent être avancées: la première raison concerne la taille
des PSL et les « frontières» des structures en réseau pour lesquelles ils exercent une fonction
d'intermédiation. Tous les PSL ne sont pas encore organisés en un modèle d'affaires
clairement défini à partir d'une forme organisationnelle totalement intégrée, autrement dit
avec une structure s'appuyant sur une forte spécialisation des activités (départements
spécialisés en vue de répondre aux impératifs spécifiques des différentes chaînes logistiques)
et une forte professionnalisation des métiers77.

G.Paché, F.Fulconis,G.roveillo ,« la prestation logistique : origines, enjeux ,et perspectives »,Edition Ems
77

management &société,2011 ,P220.

101 | P a g e
Ceci permettrait pourtant de satisfaire rapidement les exigences des clients, la seconde
raison concerne la vision globale du modèle d'affaires. Lorsqu'ils élaborent leur stratégie, les
PSL et leurs clients n'ont justement pas toujours une orientation commune en termes de
modèle d'affaires, alors que les PSL, les plus dynamiques disposent des moyens nécessaires
pour y parvenir. Ainsi, ils négligent souvent:
 la création d'un observatoire des pratiques concurrentielles et des risques
 la création d'un laboratoire spécialisé en prestation de service logistique vers les
technologies d'information qui permet d'alimenter le modèle d'affaires en innovations
continues.

L'industrie de la prestation logistique a connu en l'espace d'une génération une profonde


mutation à la fois dans son champ d'intervention , en passant du simple transport de
marchandises à la gestion complexe de plates-formes modulaires, et dans ses modes
opératoires, en passant d'une logique d 'exploitation des activités à une logique de conception
et d'animation de réseaux de circulation. Encore trop peu d’observateurs ont pris la juste
mesure de la véritable révolution managériale en ayant résulté, qui positionne pourtant les
PSL comme des acteurs majeurs de la dynamique d'évolution des chaînes logistiques.
Il est d'autant plus urgent de comprendre cette mutation que les PSL voient s'ouvrir
désormais des perspectives nouvelles de développement. Parmi les plus significatives, deux
peuvent retenir tout particulièrement l'attention. Il s'agit de l'implication des PSL ,dans le
fonctionnement des logistiques urbaines fondées sur la mutualisation, et le rôle de PSL
dans la chaine logistique(A), et Le rôle de prestataire de service logistique entre orientation
service et orientation client(B).
A. La mutualisation de la fonction logistique vis a vis de prestataire de
service logistique.
Si l'on part du principe généralement admis que la maîtrise de la logistique est une
source d'avantage concurrentiel, il est compréhensible que des entreprises en concurrence
frontale ne cherchent pas nécessairement à se rapprocher pour en partager l'usage, au risque
de s'aligner l'une sur l'autre au niveau des performances atteintes. Les analyses en termes de
coopétition, indiquent toutefois que les choses ne sont pas si simples: coopérer sur la base de
la mise en œuvre de systèmes logistiques communs peut être considéré comme une manœuvre
légitime dans certains contextes.
Le débat est désormais relancé avec les réflexions conduites sur la nécessaire
mutualisation des ressources logistiques pour éviter redondances et gaspillages dans une «

102 | P a g e
économie durable », soucieuse d'un usage plus modéré des ressources rares. Si l'on adopte la
vision réseau de chaînes logistiques, pour laquelle des nœuds appartenant à plusieurs chaînes
logistiques sont identifiables, et dont la gestion efficace conduit à la mise en commun de
moyens, de compétences et d'expertises.
Ceci est tout particulièrement visible dans les nouveaux schémas de logistique , portés
par une volonté politique de mutualisation, et pour lesquels les PSL semblent avoir un rôle
important à jouer Tout au long des années 1980 et 1990, les travaux conduits sur le
management des ressources logistiques n'ont cessé de mettre l'accent sur le levier
concurrentiel que représente, pour une entreprise, un pilotage efficace des flux de produits et
d'informations associées en vue de satisfaire, dans des conditions optimales de coût et de
service, la demande des consommateurs. Les développements consacrés au SCM ont certes
élargi la démarche à un ensemble d'entreprises liées entre elles par des « solidarités de
chaîne»par exemple entre un industriel, un distributeur et un PSL.
Ils argumentent toutefois sur le fait que la compétition oppose les chaînes logistiques
entre elles, obligeant des acteurs à mettre en œuvre des ressources logistiques pour construire
un avantage concurrentiel individuel. L'exemple le plus fameux est la multiplication non-
coordonnée d'entrepôts de taille croissante, sans aucune concertation entre les membres d'une
même chaîne logistique, alors même que ces infrastructures ne fonctionnent pas au maximum
de leurs capacités. Il en résulte une duplication systématique de moyens et des gaspillages de
ressources.78
Il n'y a là rien de véritablement surprenant. Dans une économie de type libéral, un
avantage concurrentiel se construit à un niveau microéconomique (l’entreprise), voire méso-
économique (les entreprises en relation dans une chaîne logistique), les écosystèmes les plus
performants sont alors ceux qui affirment sur le moyen terme une capacité supérieure de
survie.
Or, il faut reconnaître que cette manière d'envisager la performance individuelle des
écosystèmes, et dans le cas qui nous occupe, des chaînes logistiques, pose un réel problème:
celui d'une utilisation non-optimale des ressources au plan collectif, de la multiplication de
gaspillages résultant d'une redondance de moyens physiques. Cela aboutit à des nuisances
pour les parties prenantes de la société dans son ensemble, sur un double plan: un plan
économique d'abord, en empêchant une mobilisation des ressources par nature rares pour un

G.Paché, F.Fulconis,G.roveillo ,« la prestation logistique : origines, enjeux ,et perspectives »,Edition Ems
78

management &société,2011 ,P.222.

103 | P a g e
usage alternatif; un plan écologique ensuite, en multipliant les moyens physiques (entrepôts,
véhicules, etc.) qui saturent les espaces urbains et péri-urbains et les flux (trajets, livraisons).
Pour faire face aux mutations en cours qui vont exiger une utilisation durable des
ressources logistiques, des réponses structurées sont indispensables. Elles impliquent
fortement les PSL, dont l'expertise est justement de mutualiser des moyens matériels et
humains au service d'un réseau de chaînes logistiques. Ils se placent clairement au cœur des
initiatives de « logistique durable» en cours d'émergence, tant il est vrai que les activités
logistiques sont à l'origine de nombreuses dégradations environnementales, notamment au
niveau du transport des marchandises.
Parmi ces initiatives, la mutualisation des ressources logistiques occupe une place de
plus en plus importante à la fois chez les décideurs politiques, les acteurs des collectivités
territoriales et les managers d'entreprise. En bref, mutualiser consiste à organiser, de manière
volontaire et structurée, un partage de ressources entre entreprises, qui peuvent par ailleurs
être frontalement concurrentes sur le marché. L'idée de mutualisation n'est pas
révolutionnaire, comme on vient de l'écrire, puisqu’ ' elle trouve ses racines dans le recours
aux PSL.79
Dès lors que des entreprises se coordonnent plus étroitement pour partager des
ressources logistiques communes, ces dernières participent de manière relativement similaire
à la création d'un potentiel avantage concurrentiel. Peut-on alors encore assimiler la maîtrise
logistique à une capacité organisationnelle permettant la préservation d'une « rente» au sens
de la resource based view, fondée sur des ressources rares, peu imitables et peu substituables.
C'est peu probable, pour ne pas dire impossible du fait même de la mutualisation. Cela ne
signifie pas, bien évidemment, la disparition de tout avantage concurrentiel dans une logique
d'alignement des entreprises sur une seule et même trajectoire de performance. Cela signifie
simplement qu'après avoir cultivé pendant trois décennies la maîtrise logistique comme
origine principale d'une stratégie « gagnante », les entreprises doivent se poser la question
d'autres capacités organisationnelles ou compétences à mobiliser.
L'aptitude à mettre en place une structure en réseau « à géométrie variable»,
impliquant un portefeuille plus ou moins large de partenaires et pouvant être rapidement
reconfigurée en fonction des ruptures économiques en cours, constitue sans doute l'une des
nouvelles perspectives de création d'un avantage concurrentiel soutenable en dehors de la
maîtrise logistique stricto sensu.

79
B. Wernerfelt (1984), A resource-based view of the firm , Strategie Management Journal , Vol. 5, n° 2, pp. 171-
180.

104 | P a g e
Cependant La mesure de la performance, d'ores et déjà difficile à évaluer quant à son
périmètre d'application (économique, financier, social, etc.), prend une tournure
nécessairement collective avec la mutualisation logistique. Cette dernière, imposée sous la
contrainte sociétale, conduit plusieurs entreprises à partager des ressources et financer leur
mobilisation (capital physique, capital humain, capital organisationnel). 80
Chaque entreprise attend donc de sa participation financière un gain en termes de
mutualisation. Le principe d'équité devient ici central, au risque de voir la mutualisation
avorter. Il consiste, pour chaque membre de la chaîne logistique, à comparer les coûts induits
par la mutualisation aux bénéfices induits par elle, une situation inéquitable des coûts
largement supérieurs aux bénéfices étant jugée intolérable. Toute la difficulté repose sur le fait
que la mutualisation génère des économies d'échelle et de champ liées à un encastrement
relationnel de compétences et de ressources qu'il est difficile d'isoler sur le plan comptable.
En d'autres termes, chacune des parties prenantes de la mutualisation, sur la base de
mesures purement individuelles de la performance, aura du mal à évaluer ce que lui apporte la
mutualisation. Une réflexion en contrôle de gestion reste à ouvrir dans cette direction,
notamment en termes de mise en place de tableaux de bord adaptés au contexte des chaînes
logistiques multi-acteur.
B. Le rôle de prestataire de service logistique entre orientation service et
orientation client :
Comme toute entreprise commercialisant des biens ou des services à usage intermédiaire
ou final, le PSL doit tenir compte d'un élément clé lors de l'élaboration de sa stratégie: la
satisfaction de ses clients. C'est une évidence marketing, mais elle soulève des problèmes
non négligeables pour les PSL ayant décidé d'élargir leur portefeuille de services.
Dans un souci de simplification, disons que la mise en œuvre de contrats de long
terme démultiplie les capacités d'apprentissage relationnel du PSL en facilitant a priori
l'implantation d'une stratégie orientée client. En effet, les contrats de long terme favorisent
l'émergence d'une approche de type « résolution de problèmes» qui débouche sur des
solutions organisationnelles personnalisées calquées sur les besoins logistiques du client.
Or, la multiplication rapide des services pour une série de clients différents finit par poser
le problème d'une opposition entre l'orientation service et l'orientation client résument la
situation en faisant référence d’une vision et une vision chez le prestataire de service
logistique différente :

G.Paché, F.Fulconis,G.roveillo ,« la prestation logistique : origines, enjeux ,et perspectives »,Edition Ems
80

management &société,2011 ,P.229.

105 | P a g e
 La vision pousse à élargir le portefeuille de services offerts, autrement dit à créer une
forte variété de services, exigeant un important effort en matière d'investissement,
pour répondre à la diversité quasi-infinie des besoins des chargeurs. C'est alors au
PSL de prendre la responsabilité de se positionner à l'interconnexion de plusieurs
chaînes logistiques multi-acteurs afin de faire jouer des économies d’échelle.
 le PSL devra s'adapter aux registres relationnels exigés par les clients, des contrats
spot dans certains cas, des contrats de long terme dans d'autres. À cela s'oppose la
vision qui conduit le PSL à mettre en place un processus logistique spécifique pour
chaque client spécifique.

Dans une telle situation, le positionnement à l'interconnexion de plusieurs chaînes


logistiques n'est pas recherché, même s'il peut émerger chemin faisant. Une excellente
illustration est fournie avec l'entrepôt textile construit par le Groupe Norbert Dentressangle
pour le compte de Carrefour, au sud de Paris, dont les caractéristiques techniques et
organisationnelles en font un investissement à fort niveau d'idiosyncrasie.
Sur un plan managérial, il est clair qu'une réflexion est à conduire à ce niveau pour
comprendre et surmonter les freins à une transformation de certains PSL en coordonnateur de
chaînes logistiques. Deux idéaltypes sont ici envisageables. Le premier idéaltype est celui
d'une standardisation de la gestion des plates-formes modulaires, autant sur le plan technique
que sur le plan des procédures de pilotage.
D'ores et déjà, une telle standardisation est en œuvre, par exemple au niveau des activités
de co packing qu'un PSL comme FM Logistic dédie à un nombre important de clients
appartenant à des secteurs d'activité différents. Le second idéaltype est celui d'une
singularisation de la gestion des plates-formes modulaires, chacune des plates-formes étant
consacrée à une activité hautement spécifique liée notamment à la localisation du client.
On peut par exemple penser à une activité de montage final pour un produit particulier,
non applicable à d'autres produits. Le second idéaltype place évidemment le PSL dans une
situation de dépendance vis-à-vis de clients qui n'a rien à voir avec le premier idéaltype, il
doit également apprendre à gérer des interfaces personnalisées, n'ayant aucune commune
mesure avec les interfaces standardisées, notamment dans la mise en place de systèmes
interactifs de pilotage des flux. Ceci explique sans doute pourquoi la standardisation de la
gestion des plates-formes modulaires reste dominante dans l'industrie de la prestation
logistique.

106 | P a g e
Au-delà du seul aspect lié aux compétences techniques possédées ou non par le PSL se
pose par ailleurs la question de l'identité réelle de son « cœur de métier», qui va servir de
tremplin à la fois pour sa croissance future et pour sa communication en termes d'image de
marque sur le marché des services logistiques.
Le PSL ne s'y trompent pas, en considérant qu'il s'agit de l'interrogation majeure sur le
plan stratégique. Au fur et à mesure que l'on s'éloigne des compétences historiques de base du
PSL (transport et distribution de produits finis ou de matières premières et composants), la
prise de risque s'accroît, autant pour le PSL, ayant toutes les difficultés du monde à trouver
une crédibilité dans des activités périphériques à la logistique, que pour son client, faisant le
pari d'un niveau suffisant de performance en termes de coût, de qualité et de réactivité. En
d'autres termes, plus le PSL développe des services à valeur ajoutée, plus le risque s'accroît au
sein de la chaîne logistique multi-acteurs. Il est donc nécessaire de trouver un point d'équilibre
entre l'expertise services et l'expertise produits.
le PSL évolue d'une expertise de services pour aller vers une expertise produits, et c'est la
vitesse d'évolution qui doit être minutieusement planifiée. L'expertise services sous-entend
qu'il est apte à maîtriser les éléments de performance traditionnels (respect des délais,
efficacité des livraisons, etc.). En revanche, l'expertise produits sous-entend qu'il est apte à
maîtriser des processus qualité, des techniques de différenciation retardée, etc., de manière
suffisamment efficace pour que les clients perçoivent un faible niveau de risque à utiliser ledit
PSL.
L'expertise produite repose en fait sur la mise en place chez le PSL de comptes clés
chargés de piloter la relation avec un client de manière à Co construire avec lui le système
d’offre. Ils doivent aussi procéder aux ajustements mutuels en vue d'améliorer la gestion des
interfaces dans la chaîne logistique, par exemple entre un industriel façonnier et un grand
distributeur souhaitant disposer, dans une logique de Trade marketing, d'un produit sur mesure
pour son enseigne.
L’élargissement du rôle des PSL dans le processus de décomposition et recomposition
des chaînes logistiques multi-acteurs renvoie à des problématiques de gouvernance des
relations inter-organisationnelles. Le fonctionnement de ces chaînes, entendues comme des
réseaux d'affaires, est fondé sur une forte interdépendance des parties dans la résolution des
problèmes de pilotage, ce qui exige la fixation d'objectifs convergents entre membres du
réseau. Il exige aussi la présence de mécanismes adaptés et de ressources adéquates pour
coordonner au mieux les opérations de la chaine logistique.

107 | P a g e
108 | P a g e
109 | P a g e
110 | P a g e
CONCLUSION

Au sein de toute entreprise, la prestation de service logistique est considérée comme


une stratégie qui a fait ses preuves et qui a permis de réaliser des bénéfices organisationnels,
financiers et en termes de qualité.
Au Maroc, la stratégie de prestation de service logistique, installée tardivement par
rapport à l’Europe, a connu une rapide évolution au sein des grandes entreprises.
La prestation logistique possède parfois une image encore dégradée liée à ses impacts
néfastes sur notre environnement. Que l'on pense un instant à ces zones de fret, à l'architecture
souvent sinistre, villes. L'heure est désormais venue de voir la prestation logistique avec des
lunettes radicalement différentes, permettant enfin de découvrir l'exceptionnel potentiel
d'innovation technique et organisationnelle dont les PSL sont porteurs. Depuis plus de vingt
ans, et avec un rythme qui s'accélère nettement, l'offre de services n'a cessé de se sophistiquer
en créant de la valeur pour les clients, qu'ils relèvent de l'industrie ou du commerce.
Ceux-ci se sont appuyés sur des partenaires fiables, compétents et loyaux, pour mettre
en œuvre des systèmes logistiques performants, garants d'une conquête de nouveaux marchés
sur des zones géographiques de plus en plus élargies. Les multiples exemples et illustrations
mobilisés convergent pour démontrer que le PSL est aujourd'hui un acteur-clé dans le
déploiement de supply chains agiles et économes de ressources, en bref totalement en phase
avec les contraintes économiques et écologiques désormais Prévalences dans nos Sociétés.
L'ambition affichée était de proposer un panorama sur les mutations les plus
emblématiques de la prestation logistique, en référence à des cadres théoriques robustes, sans
poursuivre un quelconque objectif d'exhaustivité quant aux différentes facettes du
management opérationnel des PSL.
Nulle surprise par conséquent à ne pas voir traitées ici un nombre important de
dimensions essentielles, mais orthogonales au propos. Les questions de gestion des ressources
humaines chez les PSL, et de manière plus générale en logistique, constituent ainsi une
thématique intéressante, notamment en termes de motivation et d' implication des salariés de
PSL à qui l'on demande de donner le meilleur d'eux-mêmes pour des clients dont ils n'ont
souvent qu'une vague perception
De même, la manière dont les PSL doivent segmenter puis se positionner sur leurs
marchés, en adoptant une politique de communication adaptée, exige la mise en place d'outils
marketing performants, issus par exemple des démarches one-to-one (ou de personnalisation
du système d'offre).

111 | P a g e
Enfin, les réseaux sociaux fondés sur des relations personnelles, parfois amicales,
entre preneurs de décision jouent sans doute un rôle important dans la formalisation des
partenariats entre le PSL et ses clients, par-delà une dimension contractuelle qui entérine un
accord préalablement discuté. Autant d'aspects non négligeables qui appellent une poursuite et
un approfondissement des investigations.
les PSL sont les catalyseurs de profondes mutations managériales, ils sont présents et
très actifs, à un moment historique singulier, pour accélérer des évolutions inéluctables. Ceci
est tout particulièrement le cas des pratiques de mutualisation des ressources logistiques en
vue d'aboutir à leur usage parcimonieux. Les PSL ont cultivé, dès l'origine, une philosophie de
la mutualisation en se plaçant à l'interconnexion d'une multiplicité de chaînes logistiques
organisées en réseau. Ils disposent par conséquent d'une compétence affirmée en la matière, et
la capacité récente dont ils font preuve à s'impliquer dans le fonctionnement de pools en est le
plus éclatant témoignage. Car si la performance logistique vue comme une manœuvre
individuelle pour atteindre un avantage concurrentiel durable - sera moins de mise à l'avenir,
l'aptitude d'un industriel ou d'un distributeur à initier des pools le sera au contraire de plus en
plus. La mutualisation des ressources logistiques devrait ainsi revêtir un caractère
discriminant, notamment sous la pression réglementaire, et les PSL semblent bien armés pour
relever le défi. Ce qui paraît le plus important à nos yeux, en guise de conclusion toute
provisoire, c'est de mettre J'accent sur la place centrale occupée par le PSL dans les schémas
de logistique collaborative. Elle se trouve au cœur des réflexions les plus actuelles sur la
résilience des organisations face aux chocs externes. Dire que les entreprises et, plus
largement, les citoyens, sont confrontés à un monde « complexe et turbulent » est d'une
banalité affligeante. Et pourtant Les bifurcations soudaines, les crises inattendues et les
ruptures brutales constituent le fondement d'une économie de l'incertain qui exige des
réponses collectives. Les membres des chaînes logistiques ne doivent-ils pas, en effet,
apprendre à raisonner sur la base de collaborations abouties, faisant ainsi preuve de résilience
lorsque l'environnement se dérobe? La force des PSL, tenus à une totale neutralité face aux
parties en présence, est de proposer des solutions de synthèse conciliant les intérêts des uns et
des autres ; des solutions innovantes et empreintes de réactivité pour faciliter les phases de
transition. À ce titre, il est peu risqué d'écrire que les plus remarquables perspectives de
développement des PSL sont devant eux, et non derrière, car l'économie de l'incertain se
présente, sans aucun doute possible, comme une réalité durable et sûrement irréversible.

112 | P a g e
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 Décret n° 2-98-482 du 11 ramadan 1419 du 30 décembre 1998fixant les conditions et


les formes de passation des marchés de l'Etat ainsi que certaines dispositions relatives
à leur.

115 | P a g e
Annexe1

116 | P a g e
ANNEXE 1 - Entretien avec Tom TOMKINS - ALLYN
INTERNATIONAL SERVICES Inc.
Business Développent Leader – réalisé le 22 mars 2010

Quel type de client avez-vous ?


Nos clients sont généralement dans le domaine de l’énergie, des produits industriels et dans les
produits d’exploitation gazifière or pétrolifère.
Quel type de prestation leur fournissez-vous ?
Nous leur fournissons une prestation d’externalisation logistique (4PL) qui comprend aussi bien la
mise en place de procédures transport, la coordination des achats transport au niveau stratégique,
la gestion quotidienne des transports notamment par le biais de la mise à disposition d’un système
de gestion de transport en ligne et d’un personnel dédié ainsi que des activités de support tel
l’audit de facture transport (correspondance avec le prix contracté / commandé) ou l’exploitation
de données.
Qu’est-ce qui vous différencie d’un 3PL par exemple et pourquoi pensez-vous que vos clients
font appel à vous plutôt qu’à ce type de prestation ?
Nous nous différencions principalement d’un 3PL par notre principe de neutralité (contrairement à
d’autres acteurs 4PL sur le marché). Nous n’avons pas équipement transport en propre ni
d’obligations ou d’engagement envers tel ou tel transporteur, transitaire. Nous allons analyser les
besoins de nos clients et devenir leur véritable représentant sur le marché.
Nous devenons gestionnaires des transports mais le client reste l’acheteur – nous sommes
rémunérés comme prestataire indépendant et cela garantit la transparence complète de l’achat
transport de nos clients.

117 | P a g e
pensez-vous que la nature de l’activité des industriels est déterminante dans le choix du type
de prestataire ?
Oui. L’activité du client va déterminer la valeur de ses transports et leur typologie. La typologie
va guider le type de système de gestion transport nécessaire – la gestion des transports de camions
pleins vers des ports pour une consolidation sur navire affrété ne ressemble en rien à la gestion
automatique de transport en distribution – le système, les procédures, les temps de cycles et
surtout le niveau d’implication humaine par rapport à une systématisation doit être adapté. La
valeur moyenne des transports et la dépense totale vont aussi définir l’investissement possible
dans le modèle 4PL et par conséquent définir le capital disponible pour le développement du
système ou la mise en place de personnel dédié.
Par exemple un industriel important des nains de jardin de République Tchèque vers la France
même en quantité astronomique n’aura pas d’intérêt à se tourner vers un modèle 4PL car ni la
criticité, ni la complexité (camion standard, peu de lignes transport) n’appellent pas un modèle
4PL. De plus la faible valeur d’achat de ces transports et le faible capital humain pour leur gestion
ne permettront pas de rentabiliser l’implantationd’un modèle 4PL.
Comment qualifierez-vous votre relation avec vos clients industriels ?
Intégrée. En effet, nous devons devenir l’extension de nos clients, nous parlons en leur nom sur le
marché. Il est donc essentiel que nous soyons parfaitement intégrés dans leur organisation et
stratégies, cela passant forcément par une relation de confiance mutuelle et d’ouverture.
Généralement, privilégiez-vous des contrats à long, moyen ou court terme et pourquoi ?
Long terme - car nous devons investir en personnel et en système pour un client et préférons partir
sur une rentabilité à long terme plutôt qu’un revenu à court terme. De plus la mise en place de
d’un système 4PL prendra au minimum 3 mois et la première année est consacrée la renégociation
des achats transport. Le système atteint généralement sa vitesse de croisière entre 9 mois et 1 an et
½. Un contrat de 3 ans minimum est préférable, ou un contrat long terme avec clause de résiliation
ce qui assurera une bonne performance du fournisseur 4PL.

118 | P a g e
Avez-vous des contacts directs avec les clients de vos industriels ?
Oui - généralement. Au niveau stratégique, nous pouvons représenter nos industriels lors de
réunion / communication avec leurs clients pour les questions logistiques. Au niveau opérationnel,
nous sommes souvent en contact avec les clients pour coordonner les livraisons.
Ne pensez-vous pas que les industriels peuvent avoir le sentiment de perdre la maitrise totale
de leur logistique et de leur CRM en faisant appel à vos services ?
Non, car le système que nous proposons leur donne en fait une plus grande visibilité aussi bien au
niveau opérationnel (suivi en ligne, rapport de livraison, demande de transport en ligne) qu’a
niveau stratégique (stratégie achat, procédure en place, revue / réunion stratégique). En tant que
prestataire nous impliquons le client dans toutes les décisions stratégiques. En un mot, nous
agissons comme un département logistique aux procédures et productivités améliorées et avec une
obligation de performance aussi bien financière qu’opérationnelle bien supérieure à un
département logistique en interne.
Nous ne gérons pas le CRM ; la seule interaction se situe au niveau des opérations logistiques.
Pensez-vous qu’il soit possible que certains industriels décident de ré internaliser leur
logistique, ou tout au moins de repasser à une prestation de type 3PL ? Cela vous est-il déjà
arrivé ?
Oui, cela est possible. Nous n’avons pas une d’expérience de mouvement vers un système 3.5 PL
(transitaire exclusif) mais plus vers une ré-internalisation au niveau « corporate », c’est à dire que
nous aurons créé sur une certaine période un groupe logistique centralisé pour un client en
regroupant les besoins de différentes ou usines et pour des raisons stratégiques certains Clients
peuvent décider d’internaliser cette prestation globale.

119 | P a g e
Entretien avec Jérôme JACEK – FM Logistic
Directeur de site – réalisé le 2 avril 2010

Quel type de client avez-vous ?


Le site FM Logistic de Château-Thierry est un site mono client, aspect plutôt rare pour le groupe
FM puisqu’en moyenne un site est dédié à 4 ou 5 clients différents. Notre site est entièrement
consacré à Carrefour.
Quel type de prestation leur fournissez-vous (4PL, LLP, 3PL)?
La prestation que nous réalisons pour le compte de Carrefour est une prestation que je qualifierai
de 3PL+. En effet nous réalisons pour ce client des prestations d’entreposage, de transport et de
co-packing, selon les processus imposés par celui-ci. Cette prestation s’arrête à ce stade de
collaboration car Carrefour souhaite garder la main ses approvisionnements notamment, et refuse
ainsi de nous confier le pilotage globale de sa Supply Chain.
Pourquoi pensez-vous que vos clients ont recours à ce type de prestation plutôt qu’un
autre ?
Comme précisé la question précédente, Carrefour refuse d’aller à un stade d’externalisation plus
poussé afin de garder un certain contrôle de sa chaîne logistique, ce qui est quand même souvent
le cas pour les acteurs de la grande distribution.
Pensez-vous que la nature de l’activité de vos clients est déterminante dans le choix du type
de prestataire ?
Bien évidemment, c’est parce que ce sont des distributeurs qu’ils refusent de passer à un type de
prestation plus aboutie, où ils pourraient davantage bénéficier de nos conseils et du savoir-faire du
groupe FM Logistic.
Comment qualifierez-vous votre relation avec vos clients ?
Je dirais que nous avons un partenariat assez peu développé, c'est-à-dire que ce que recherche
Carrefour avant tout c’est une relation axée sur les coûts, afin d’obtenir la prestation la plus
accessible possible. Pour cela Carrefour nous demande beaucoup de Romain GHEERAERT
L’externalisation logistique 99

120 | P a g e
Reporting, de contrôle interne, afin de nous suivre au plus près, toujours dans une optique de
coûts.
Généralement, privilégiez-vous des contrats à long, moyen ou court terme et pourquoi ?
Etant donné que notre site est totalement dédié à un seul client, nous sommes parties sur un
contrat à long terme, à savoir de 5 ans (3 + 2). Compte tenu que le bâtiment qui leur est dédié a été
construit pour eux, il est logique, pour permettre à FM Logistiqued’amortir son investissement,
que le contrat soit si long. Cependant je pense qu’un contrat à trop long terme est également
dangereux, puisque les deux parties peuvent ainsi un peu se « reposer sur leurs lauriers ». A
contrario, un contrat trop court est également problématique et ne pas permet pas
d’investissements importants, la prestation ne peut donc pas atteindre un niveau de
personnalisation et de complexité élevé.
Avez-vous des contacts directs avec les clients de vos industriels ?
Etant donné qu’ils’agitd’un acteur de la grande distribution, nous n’avons pas de contact avec
leurs clients finaux, qui sont des particuliers. Nous gérons en revanche certaines interfaces avec
leurs fournisseurs.
Pensez-vous qu’il soit possible que certains industriels décident de ré internaliser leur
logistique ? Cela vous est-il déjà arrivé ?
Je ne pense pas non. Carrefour ne pourrait se permettre de ré-internaliser toutes ses activités
logistiques, notamment parce que le groupe ne souhaite prendre se voir imputer le risque social
qui y est lié. De même, je ne vois pas Carrefour passer à un stade d’externalisation plus élevé,
puisque comme je l’ai précisé dans les premières questions le groupe souhaite garder un certain
contrôle sur la gestion de sa chaîne logistique, notamment en amont.

121 | P a g e
Entretien avec Romain BLANCHON - GEODIS
- Branch Manager – réalisé le 12 mars 2010

Quel type de client avez-vous ?


Malaisie : Metro Group (grande distribution)
Quel type de prestation leur fournissez-vous (4PL, LLP, 3PL)?
3PL.
Pourquoi pensez-vous que vos clients ont recours à ce type de prestation plutôt qu’un
autre ?
Garder la logistique dans les couts variables (pas d’investissement direct).

Pouvoir bénéficier du savoir-faire du prestataire suppose être au top de la technologie et de


l’organisation de plateformes logistiques.

Bénéficier d’économiesd’échelles dans le cas d’un entrepôt multi-client (partage des couts fixes
entre les clients).

Faire payer les écarts d’inventaire au prestataire (au-delà d’un seuil négocié entre les deux
parties). Donc réduire les coûts encore une fois.

Pensez-vous que la nature de l’activité des industriels est déterminante dans le choix du type
de prestataire ?
Cela dépend du type de service attendu. Un industriel qui a des fournisseurs partout dans le
monde va rechercher un prestataire qui est prêt àl’accompagner tout le long de sa chaine
logistique et va regarder la capacité du prestataire à fournir des services de consolidation des
achats dans différentes zones du monde.
Si les principales matières premières utilisées par l’industriel sont sujettes a de fortes fluctuations
de cours, l’industriel peut travailler avec un prestataire local pour un service de stockage près de
son site de production afin d’accumuler les achats d’opportunité et d’assurer son
approvisionnement durant les périodes ou les cours ne permettent pas d’acheterà prix compétitif.

122 | P a g e
Donc oui, la nature de l’activité industrielle guide les choix en termes de prestataire.
La taille de l’industriel et de son besoin logistique va aussi l’orienter vers des prestataires de
différentes tailles localement ou mondialement. Poussez un prestataire à investir dans des
infrastructures l’exposé à un risque qui doit être mesuré face à la dépendance du revenue du
prestataire sur l’activité de l’industriel. Si l’industriel coule, il ne doit pas faire couler le
prestataire. Ce dernier doit avoir une base assez solide. Aussi, l’industriel ne doit pas être trop
petit parmi les autres clients du prestataire afin de garder un pouvoir de négociation suffisant.
Comment qualifierez-vous votre relation avec vos clients ?
Belliqueuse.
Généralement, privilégiez-vous des contrats à long, moyen ou court terme et pourquoi ?
Cela dépend du désir du client. Les contrats à long terme permettent d’amortir les investissements
en douceurs et de proposer une offre plus compétitive. Les contrats à court terme sont
généralement des solutions temporaires dues à une mutation de l’activité de l’industriel. Cela peut
aussi correspondre à une période d’essai pour valider des procédés ou évaluer la réelle valeur du
service avant de choisir un prestataire définitif.
Avez-vous des contacts directs avec les clients de vos industriels ?
Pas dans mon cas. Grande distribution. Le seul contact que l’on a avec les magasins en
Allemagne, c’est une liaison EDI via la centrale d’achat asiatique de Metro à Hong-Kong.
Pensez-vous qu’il soit possible que certains industriels décident de ré internaliser leur
logistique ? Cela vous est-il déjà arrivé ?
Encore une fois, cela dépend de la nature de l’activité. Pour certain industriels, l’externalisation
logistique est une étape temporaire avant une rationalisation de leur activité et une réorganisation
de la chaine logistique. Je n’ai pas d’expérience ou d’exemple en tête.

123 | P a g e
Entretien avec Mirjana DACIC - GEODIS
Chef de projet Supply Chain International – réalisé le 4 avril 2010

Quel type de client avez-vous ?


Tous types, tous secteurs d’activités, toutes tailles
Quel type de prestation leur fournissez-vous (4PL, LLP, 3PL)?
Tous types
Pourquoi pensez-vous que vos clients ont recours à ce type de prestation plutôt qu’un
autre ?
Qualité : Pour avoir accès au plus grand nombre de possibilités de sous-traitance et montages
supply-chain possibles (réseaux de sous-traitance plus développés géographiquement que ceux
des clients)
Prix : Pour faire des économies sur les coûts logistiques (IT, RH, douane, etc.).
Les prestataires peuvent proposer des solutions de qualité (qui répondent aux exigences du client)
au moindre coût (souvent solutions proposées sont développées pour plusieurs clients : économies
d’échelle).
Le client souhaite se recentrer sur son cœur de métier (investissement) et cherche à réduire ses
coûts au maximum sur les autres activités annexes (ex : supply-chain).
Pensez vous que la nature de l’activité des industriels est déterminante dans le choix du type
de prestataire ?
Ca dépend du secteur d’activité :
 Grande Distribution : processus standards, grand choix de prestataires ; le coût est surtout
déterminant pour le prestataire

 Automotive : plus industriel, besoin d’une très forte réactivité et savoir-faire du prestataire
; développement d’une relation étroite et de confiance nécessaire (partage plan de
Production, etc.)

124 | P a g e
Pharmacie : Systèmes d’infos et processus très spécifiques que ne possèdent pas tous les
prestataires

Donc beaucoup de prestataires ont tendance à se spécialiser dans certains secteurs d’activités
quand ils ne sont pas dimensionnés pour répondre à tous les types de demande
Comment qualifierez-vous votre relation avec vos clients ?
Très étroite et satisfaisante avec les grands comptes.
La plupart des contrats existants sont renouvelés et les clients avec qui on a mis en place plusieurs
contrats font appel à nous en priorité sur du re-engineering ou nouveaux appels d’offre avant de
faire appel à la concurrence.
Généralement, privilégiez-vous des contrats à long, moyen ou court terme et pourquoi ?
Ca dépend des contrats (en fonction du retour sur investissement : développement IT, bâtiment,
coûts d’implémentations, etc.). Je pense que la moyenne doit tourner autour de 3 ans.
Pensez vous qu’il soit possible que certains industriels décident de ré internaliser leur
logistique ? Cela vous est-il déjà arrivé ?
Non, au contraire, la tendance est de plus en plus au « Cost réduction plan ».
Les industriels cherchent à avoir une visibilité complète sur la supply chain sans que ça leur coûte.
L’externalisation est une tendance qui se confirme de plus en plus.
D’Ailleurs, la stratégie de Geodis est depuis quelques mois de développer son offre 4PL au
maximum. L’objectif 2010 est de « gagner » le plus de contrats 4PL possibles. Le recrutement
chez Geodis suit cette tendance également (besoin de spécialistes 4PL, etc.).

125 | P a g e
ANNEXE 7 - Entretien avec Annelise BRUN – Johnson & Johnson
Planificatrice région Europe - réalisé le 16 mars 2010

Qu’est ce qui a décidé votre entreprise à externaliser sa logistique ?


D’abord le cout, et surtout, le know how est du côté des prestataires, pas des industriels
Quel est votre degré exact d’externalisation, quelles sont les fonctions externalisées ?
Production, transport, warehousing, facturation, et toutes les opérations non génératrices de valeur
A quel type de prestataire (3PL, 4PL, LLP,…) avez-vous recours et pourquoi ?
Je pense 3PL en majorité, sinon 4PL.
Pensez-vous que la nature de votre activité a été déterminante dans le choix du type de
prestataire ?
Oui, l’industrie pharmaceutique requiert des capacités particulières en matière de tracking de
batch, de régulations, un System d’info adapté est requis, le plus souvent un intégré àl‟ERP du
client
Comment qualifierez-vous votre relation avec votre prestataire logistique ?
Etant donné la multitude des prestataires à travers l’Europe, il est difficile de les qualifier. Mais en
général, nous exerçons une pression importante sur eux.
Avec quel prestataire travaillez-vous ? Depuis combien de temps ? Pourquoi ce prestataire ?
FM, Geodis, DHL, et beaucoup de prestataires locaux
Votre prestataire a-t-il des contacts directs avec votre (vos) client(s) ?
Bien sûr, pour toute les opérations
Seriez-vous prêt à ré internaliser votre logistique ?
Non, c’est trop d’investissement financier, et surtout l’expertisen’existe pas dans l’entreprise

126 | P a g e
Annexe 2

127 | P a g e
128 | P a g e
129 | P a g e
130 | P a g e
131 | P a g e
Table des matières

INTRODUCTION…………………………………………………………………………………
PARTIE I : Etat des lieux et pratique du Prestataire de Service Logistique dans la Supply
Chaine………………………………………………………………………..………… 15
Chapitre 1: Cadre légal du Prestataire de Service Logistique…………………………………..
Section 1: qualification du contrat du prestataire de service logistique : L’influence
constatée d’un régime commun.......................................................................................... 19
A. Le Contrat de prestation de service logistique et le contrat de mandat …………….…
B. contrat de prestation de service logistique et le contrat de dépôt………………………
Section 2: Qualification du contrat de prestation de service logistique : L’indépendance
recherchée d’un régime spécial ………………………………………………….…… 25
A.Contrat de prestation de service logistique et le contrat de commission de transport…
B.Contrat de prestation de service logistique et le contrat de transport …………………...
Chapitre 2: la pratique des prestataires des services logistiques au Maroc et en 36
France…………………………………………….……………………….…….....

Section 1: les bonnes pratiques des prestataires de service logistique : exemple pratique du
marché marocain……………………………………………………………………….. 39
A.cahier de charge........................................................................................................................ 42
B.la reponse sur cahier de charge .............................................................................................. 45
Section 2 : les bonnes pratiques du prestataire de service logistique en France : Réflexion sur
un cas d’entreprise…………………………………………………….…………………. 52
A. Cahier de charge…………………………………………...…………………………
B. Réponse sur cahier de charge……………………………………..…………………
PARTIE II : Le prestataire de service : concepteur d un système logistique …..………...…….

Chapitre 1: Le régime contractuel du contrat de prestation de service logistique …….…….


Section 1: L’exécution du contrat de prestation de service logistique ………………….………
A.Les obligations du prestataire de service logistique ……………………………………….
B.Les obligations dudonneur d’ ordre …………………………………………………….…..
Section 2: L’ inexécution du contrat de prestation de service logistique …..……………..……… 77
A.Responsabilité de plein droit du prestataire de service logistique……………………….
B.Responsabilité de plein droit du donneur d’ordre ……………………….………………
Chapitre 2:le rôle du contrat dans la stratégie de la prestation de service logistique….. 86

Section 1: Recommandation du prestataire de service logistique : point de vue d’un


juriste……………………….……………………………………………
A.Contrat de prestation de service logistique : periode de non droit………………..……… 90
B.Regidité du contrat de prestation de service logistique……………..……………….…..… 93
Section 2: Recommandation du le prestataire de service logistique : point d’un expert ………..
A.la mutualisation de la fonction logistique vis a vis de prestataire de service logistique.…. 100
B.Le rôle de prestataire de service logistique entre orientation service et orientation client 103
CONCLUSION…………………………………………………………………………………….
Bibliographie………………………………………………………………………………………..
Annexes…………………………………………………………………………………………….
Table des matières…………………………………………………………………………………..

132 | P a g e