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L’Aménagement du Territoire

PLAN :

Genèse de l’AT

les concepTs de l’AT

Définition de l’AT

Les contenus et les principes de l’AT

exploiTATion des ouTils de l’AT

l’AcTe 3 de la décentralisation

Les principes en dehors du Sénégal ; UEMOA

Emancipation des économies actives ; Mamadou DIA


INTRODUCTION

Les dimensions territoriales de développement ont été malmenées en Afrique. De la


colonisation à l’indépendance la géographie des hommes et des activités n’a joué qu’un rôle
secondaire dans les politiques publiques. Force est de constater que les territoires africains se
trouvent tirailler sans que les Etats ne trouvent la voie vers une reconnaissance des
dimensions territoriales du développement.

Aujourd’hui, l’aménagement des territoires et le développement durable constitue un enjeu


prioritaire pour les pays du sud comme le Sénégal au regard de la forte disparité existant entre
l’urbain et le rural, entre Dakar et les autres partis du territoire national et entre les zones
rurales elles-mêmes. Le poids important de la partie Ouest du Sénégal incluant la capitale
Dakar ne fait qu’aggraver les déséquilibre avec le reste du pays dans de nombreux domaines ;
transport, accès aux services…

L’aménagement du territoire doit être repensé et s’attaqué aux déséquilibres qui constituent
des goulots (freins) à l’émergence des territoires.

Dans une analyse récente de politique économique sur la gouvernance, il a été mis en exergue
« qu’une manque d’application de la politique publique en matière d’aménagement du
territoire entraine des conséquences néfastes à différents niveaux en faisant notamment perdre
sa légitimité à l’action publique ( y compris celle menée par les collectivités locale) en
favorisant la multiplication des conflits fonciers et le renforcement de l’exode rural ». Cette
situation devrait amener les politiques de développement territorial à prendre rapidement en
compte :

- D’une part les recompositions spatiales en cours à l’intérieur de l’espace sous régional
(UEMOA).
- D’autre part la nécessité de valoriser le potentiel des territoires sur la base d’un
maillage approprié des infrastructures et la gestion durable des ressources naturelles et
la patrimoniales considérées comme des biens publics et ou communs.

Les territoires représentent aujourd’hui une priorité au plus haut niveau en atteste la réforme
de l’acte 3 de la décentralisation en cours, la révision du plan national et la loi d’orientation
pour l’aménagement et le développement durable de l’espace.
I- Genèse de l’AT

A- Les fondamentaux

1.1 Clarification des concepts (support cours)

1.2 Essai de définition

« L’Aménagement du territoire a pour finalité, à la fois, de promouvoir la mise en valeur des


ressources régionales et d’améliorer les cadres de vie et d’améliorer les conditions d’existence
des habitants en atténuant les disparités régionales de développement économique et social
par une organisation prospective de l’espace reposant sur une orientation volontaire et
concerté des équipements et des activités ». De cette définition, il ressort clairement que
l’Aménagement du territoire apparait ;

- Comme une exigence de justice spatiale à travers la correction des disparités intra et inter
régionales.

- Comme une exigence économique par exemple la recomposition planifiée des espaces de
production économique, renforcée par l’implantation d’infrastructures susceptibles d’avoir un
effet d’entrainement économique.

- introduit l’idée d’une spécialisation fonctionnelle des territoires en fonction du potentiel de


développement.

1.3 Rôles et responsabilités

 Rôle ordonnateur :

En donnant des orientations et en définissant des stratégies adaptées pour combler les déficits
observés sur les territoires. En termes d’organisation de l’occupation du sol et de valorisation
des ressources et potentialités existantes.

 Rôle créateur :

En identifiant sur le territoire les types d’action à entreprendre pour promouvoir le


développement territorial.

 Rôle économique :

Des investissements sont réalisés sur la base des préconisations des plans d’aménagement.
 Rôle social

Dans la mesure ou il vise à améliorer le cadre de vie et les conditions d’existence des
populations tout en essayant de d’atténuer les écarts de revenus et de niveau de vie entre
territoires riches et territoires pauvres.

Force est de constater que ces aspects ci-dessus doivent tenir compte des axes suivantes ;

- le renforcement de la décentralisation et de la déconcentration pour assurer une promotion


effective des territoires porteurs d’enjeux.

- le modelage ou recomposition du territoire national afin de construire des entités territoriales


viables.

- la reconquête des régions ou territoires en difficulté parce que intégré ou en retard.

- la valorisation des niches d’activités porteuses.

- la lutte contre la concentration excessive donc inopérantes.

1.4 Objectifs :

 Objectifs économiques ;

- assurer la croissance économique des régions et partant de l’économie national dans son
ensemble.

- assurer une utilisation optimale de l’espace et de ses ressources afin d’accroitre la qualité de
l’offre des services publics.

 Objectifs sociaux ;

- assoir les bases d’une justice sociale par une meilleure répartition des fruits de la croissance
et des équipements socio-collectifs ou socio-économiques de base.

- corriger les disparités intra et interterritoriales de développement.

 Objectifs politiques ;

- résoudre des problèmes de cohésion nationale.

- éviter les problèmes de dislocation de l’économie nationale.


- intégrer les régions à l’économie nationale.

 Objectifs environnementaux et écologiques ;

- maitriser les problèmes de dégradation de l’environnement et de gestion des ressources


naturelles.

- améliorer le cadre de vie.

1.5 Principes de gouvernance territoriale

L’Etat, n’étant plus le seul acteur de l’AT, il convient de rechercher les solutions du côté de la
gouvernance définie par Pierre Calame 2000, les mutations de l’Etat nation face à la
mondialisation comme « l’art des sociétés de construire de façon volontaire un Etat de
régulation »

Ces principes s’appuient sur les piliers ci-dessous ;

 La durabilité :

Elle a pris une grande importance dans les années 90 surtout lors du sommet de RIO ou il a
été beaucoup plus question d’intégration ; les dimensions économiques, environnementales et
sociales. La prise en compte de ces dimensions doit nous faire éviter le report des contraintes
de développement aux entités territoriales.

La durabilité suppose ainsi des solidarités intercalaires entre les différents échelons
territoriaux (la commune, le département, la région…).

 Le polycentrisme :

Principe d’organisation du territoire autour de plusieurs centres munis de fonctions


décisionnelles et fortement associés à la notion de réseau. Il suggère une organisation
rationnelle autour de projets structurants pour la concrétisation des solidarités interterritoriales
en vue d’un aménagement par vocation.

 La subsidiarité (proximité- participation) :

Ce pilier va de pair avec le principe de suppléance qui veut que quand les problèmes excèdent
les capacités d’une petite entité, l’échelon supérieur ait le devoir de soutenir dans les limites
du principe de subsidiarité. C’est le souci d’efficacité qui est recherché ie la recherche du
niveau pertinent d’action publique. (Exemple : les politiques sectorielles qui se font au niveau
du territoire).

 La cohérence (solidarité et intégration) :

Elle se construit autour des logiques de production et de préservation avec comme


soubassement une politique de maillage axé sur des espaces territoriaux homogènes.

L’accent pourrait être mis entre autre sur les aspects relatifs à la relocalisation des activités
(les entreprises), sur les aspects liés l’administration de la capitale (Brasilia- Yamoussoukro,
Abuja, Rabah) et à l’organisation des flux financiers de redistribution au profit des régions
pauvres.

 La centralité du territoire :

Il peut y avoir une approche territoriale reposant sur une démarche globale et concertée du
territoire, sur la recherche d’intégration mais également sur la prise en compte de diverses
composantes (environnementale, économique, sociale, politique…).

B – L’Aménagement du Territoire au Sénégal de 1960 à nos jours

L’évolution de l’AT au Sénégal peut se répartir en différentes périodes.

1. La période 1960 – 1968

Durant cette période, l’accent est mis sur l’aménagement rural.

En 1960, il est créé un bureau d’aménagement des terroirs et villages au commissariat du


plan. Il avait pour mission ;

- d’organiser les villages pour promouvoir une politique rationnelle d’équipement du milieu
rural (élaboration de pan type village).

- d’étudier et terroirs et proposer des zonages pour favoriser le développement rural, en


harmonisant la distribution de l’ensemble des activités sur le terroir.

- de participer à l’élaboration et à la localisation des projets locaux.

En 1962, institution d’un code des investissements par la loi N°62-33 du 22 Mars 1962. Ce
code devrait permettre d’attirer les investisseurs au Sénégal en accordant un certain nombre
d’avantages fiscaux ;
- exonération de l’impôt sur les surfaces industrielles et commerciales pendant 5 ans pour les
Eses installées dans la région du Cap-Vert.

- Exonération portant sur une durée plus longue pour favoriser les zones rurales (faible niveau
d’équipement).

En 1963, création du service de l’Aménagement du territoire. Il garde les attributions du


bureau et reçoit de nouvelles fonctions :

- réalisation, élaboration d’études générales d’aménagement,

- participation au PDU,

- élaboration des textes relatifs à la loi sur le Domaine National.

Pour bien mener l’aménagement rural, le gouvernement a pris des options sur le foncier en
nationalisant les terres à travers la loi 64-46 du 17 Juin 1964.

Les principes fondamentaux qui sous-tendent le nouveau régime foncier s’articulent autour
des axes suivants ;

- l’Etat devient l’unique ¨maitre de la terre¨ qui est purgé de tous et érigé en domaine national.

- la gestion des parties rurales du Domaine National (zone de terroir) est confiée à leurs
occupants organisés en CR.

On distingue trois phases dans l’application de la Loi sur le Domaine National dans les zones
de terroir :

- La phase politico-juridique ; concerne la¨ disparition¨, à la date de publication de la loi, de


la possession de type coutumier.

- La phase administrative ; elle concerne la mise en place des CR, elle doit aboutir à la
construction d’un cadastre rural.

- La phase économique ; concerne la mise en œuvre d’une réforme agraire par le


remembrement des terres, les améliorations foncières, la mise en place d’assolement collectif
et le plan de culture rationnel.

A la fin de cette période, les autorités avaient adopté une approche plus globale et cela se
traduisait par deux actes dont le circulaire n° 13-15 du 20 juin 1966 pour manifester pour la
première fois la volonté de réaliser un Projet National d’Aménagement du Territoire (PNAT).
Le deuxième acte correspond à l’érection en 1967 de la Direction de l’Aménagement du
Territoire (DAT).

Missions de la DAT :

- Etablissement, au niveau national et régional, du plan général et des plans régionaux d’AT.

- Définition en liaison avec les services concernés des normes d’Aménagement des terroirs
villageois, du zonage régional et la détermination des villages centres et des groupes de
villages (étude préalable à la mise en place ou découpage des CR).

- Examen et approbation de tous les projets et toutes les propositions d’implantation de projet
ayant des incidences sur l’AT.

- Etude des localisations optimales ou rationnelles pour l’ensemble des équipements


économiques ou administratifs et vérification de leur implantation par rapport aux options du
plan.

- Responsable de la cartographie en matière de planification et de développement.

En 1968, le premier schéma dénommé schéma horizon 1995, qui a beaucoup insisté sur une
meilleure répartition dans l’espace des activités et des hommes en vue d’obtenir un niveau de
productions plus importants. Ce schéma a servi de cadre de référence au 3ème plan de
développement économique et social.

2. La période 1969-1976

C’est la poursuite des terroirs testes (commencé en 68). Ces derniers vont donner après les
CR. Durant 7 période il y a un autre acte qui est posé ; schéma horizon 2000 qui a pour
objectif la décongestion du bassin arachidier. (Il s’agit de revoir l’organisation et orienter les
producteurs).

Le décret du 76036 du 16 janvier 1966 portant visa de localisation.

3. La période 1977-2000

Cette période a coïncidé avec l’élaboration de beaucoup de documents. En 1984, il y a le


Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT). En 1986, il y a une esquisse
(aperçue) du PNAT. Après esquisse il est retenu de poursuivre la réflexion sur le PNAT. Il y a
toujours dans cette période une étude cartographique sur les ressources naturelles ; pédologie,
nature du sol, etc. 1er réunion du PNAT qui coïncide avec le guichet unique. En 1997 c’est le
tournant décisif du PNAT avec un avant-projet PNAT (92-94) qui définissait les grandes
orientations de développement économique. C’est en 1997 qui constituait le cadre de
référence ; la validation par le conseil interministériel et approbation du PNAT le 23 janvier
1997.

Orientation du PNAT ;

- revisiter le visa de localisation

- Inciter les autorités à tenir compte des orientations du PNAT

4. De 2000 à nos jours

Marquée par la mise en place de stratégie axée sur la promotion des secteurs productifs et des
investissements privées par la création d’un environnement économique et social favorable
au développement de l’initiative privée.

Décret n° 2009/13-02 du 20 Novembre 2009 création de l’ANAT (Agence National pour


l’AT). Ce décret regroupe les attributions de 3 structures ;

- DAT
- Direction des Travaux Géographiques et Cartographiques
- Agence National du Cadre de Vie et de la Qualité de la consommation.

Missions de l’ANAT :

- Amélioration des conditions et cadre de vie des populations (en mettant l’accent sur la
gestion environnementale),
- Promotion de la région comme pôle de développement et pivot de la cohérence
territoriale.
- Réalisation d’infrastructures sur l’ensemble du territoire nationale pouvant revêtir la
plateforme minimale d’infrastructure de base. (Poursuite de la construction régionale)

L’ANAT a une double tutelle :

Financière ; ministère en charge des finances

Technique ; ministère en charge de l’aménagement


C – La politique de l’Aménagement du territoire dans l’espace UEMOA

La politique de l’Aménagement du Territoire continue d’occuper une place prépondérante en


Afrique. Le renouveau de l’Aménagement du Territoire est lié aux principes que véhicule
cette politique : la cohésion, l’amélioration des partenariats entre Etat, la coordination etc. à
l’échelle régionale, plusieurs organisations ont mis en place des programmes destinés à définir
des politiques d’aménagement pour le développement durable de l’Afrique. Cette politique
participe de l’intégration régionale ouest africaine en marche.

Le développement territorial de l’Afrique s’inscrit dans un contexte d’aménagement, de mise


en place d’infrastructures structurantes et de coopérations transfrontalières.

Le plan d’aménagement communautaire a pour mission de transcender les frontières


héritées de la colonisation pour asseoir les bases d’une intégration en vue d’une
cohérence dans les politiques sectorielles.