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17/11/2019 II.

Principes et mécanismes de la coagulation-floculation

II. Principes et mécanismes de la coagulation-


floculation
Les procédés de traitement des eaux sont nombreux et dépendent énormément de la nature des eaux
brutes. En effet, les étapes de coagulation et floculation sont très appliquées dans le pré-traitement
de clarification des eaux. Dans un premier temps, un sel appelé coagulant est injecté à l’eau dans le but de
déstabiliser les particules en suspension et de les regrouper sous forme des flocs, ensuite les flocs formés
décantent permetant la séparation des agrégats. Ces particules en suspension, appelées colloides, jouent
un rôle très important dans la compréhension de ce procédé ainsi comme les variables influençant son
efficacité. Pour mieux comprendre l’étude à suivre, nous allons donc introduire le principe de la
coagulation et floculation dans les prochaines sections.

1. Les colloïdes
Les colloides sont des particules des tailles très petites comprises entre 10⁻⁶m (1μm) et 10⁻⁹m (1nm) avec
un temps de sédimentation naturel très élevé (Shemanski, Usalco). Le traitement de coagulation provoque
l’agrégation des particules colloidales en larges et denses agrégats, ce que favorisent leurs décatation et
séparation. Ces agrégats sont formés lors de la déstabilisation des particules en suspension, en réduisant
les forces de répulsion et en leurs conférant la possibilité de s’accoder entre elles. Par ailleurs, les
particules colloidales ont des surfaces spécifiques importantes, ce que répresente des phases sorbantes
pour diverses autres impuretés (Dihang, 2007).

Les répulsions électrostatiques existent du fait que les colloides possédent une charge de surface, laquelle
est majoritairement négative dans le cas des eaux naturelles. La particule s’entoure d’une double couche,
dont la première, la couche de Stern, est présente à la surface immédiate de la particule et ne peut donc pas
être pénétrée par des ions non adsorbés. La deuxième couche, couche de Gouy-Chapman ou couche
diffuse, est d’un autre côté déformable et mobile, et dépend fortement de la force ionique de la solution
(Pallier, 2008).

Représentation schématique de la double couche électrique et de l'évolution du potenciel électrique en fonction de la distance à la particule. (EL HACHMI, 2013)

Le plan qui sépare ces deux types de couche est le plan de cisaillement, et la différence de potentiel entre
la solution (électriquement neutre) et le potentiel au plan de cisaillement est le pontetiel Zêta. Dans la
théorie de la double couche, une coagulation optimale répresente l’annulation du potentiel Zêta de la
particule par l’ajout de réactif (Pallier, 2008). La figure suivante décrit le modèle de Stern-Gouy-Chapman

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et montre l’arrangement ionique en double couche et l’évolution du pontetiel électrique de la surface de la


particule vers la solution (Dihang, 2007).

Modèle de Stern-Gouy-Chapman. (Dihang, 2007)

a. Les types des colloïdes


La nature des colloïdes est liée à leurs origines et à des mécanismes qui contribuent à leur formation. En
général, les différents types des colloïdes sont difficilement présents à l’état pur dans le milieux mais
plutôt associés à des composés pour former des particules de taille colloidale. La forme la plus facilement
trouvée sont ceux provenant du sol comme les oxyhydroxydes de fer et/ou aluminium et les
aluminosilicates (argiles). Les matières organiques de haut poids moléculaire, des biocolloides et des
bactéries sont également retrouvés. Dû à l’épandage de déchets ou de fertilisants, il est aussi possible de
retrouver des colloides de nature carbonatée et phosphatée (Dihang, 2007). Comme mentionné
précédemment, l’élimination des ces colloïdes dépend fortement de leurs propriétés de charge de surface
et de leurs tailles.

Les colloides peuvent aussi être classés comme électronégatifs et hydrophiles et/ou électropositifs et
hydrophobes, comme le montre le tableau ci-dessous:

Classement des colloides

Hydrophiles Hydrophobes

Macromolécules organiques Oxydes métalliques

Substances humiques ou non humiques Minéraux argileux

b. Le comportement des colloïdes


Le comportement des colloides est décrit par la théorie DLVO (Derjaguin – Landau – Verwey –
Overbeek), que considère le potentiel d'interaction total entre deux particules comme étant la somme du
potentiel attractif dispersif et répulsif de la double couche électrique. Le potenciel attractif correspond à la
force d’attraction de Van Der Waals, comprenant les interactions dipôle-dipôle, les effets d’induction et les
effets de dispersion.
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Théorie DLVO. (Barres et al. 2004)

2. Description du processus de coagulation


La coagulation s’agit du procédé dont un réactif appelé coagulant est introduit dans la solution avec le but
de déstabiliser la suspension colloidale en pénétrant la double couche afin de s’adsorber dans la couche de
Stern. Le coagulant étant cationique est responsable pour augmenter le potenciel Zêta jusqu’à une valeur
proche de zero et éléver également la force ionique du milieu, permettant par la suite la diminution de la
barrière énergétique de répulsion et le rencontre et l’agrégation des particules colloidales (Pallier, 2008).
Le coagulant utilisé par EDF dans leur procédé de coagulation est le chlorure ferrique (FeCl₃).

Déstabilisation des particules colloidales (SHEMANSKI, Usalco)

a. Le chlorure ferrique (FeCl3) comme coagulant


Le chlorure de fer (III) (FeCl₃) est un sel de fer largement utilisé dans le traitement des eaux. Les
mécanismes ayant lieu lors de la coagulation sont donc la neutralisation des charges et ensuite l’adsorption
des colloides neutralisés sur un précipité d’hydroxyde de fer ou coagulation par entraînement (Pallier,
2008). Le cation métallique est introduit sous forme de fer dissous, sachant qu’à pH des eaux naturelles la
réaction de dissolution du FeCl₃ a lieu instantenement.

La réaction de dissolution lors de l’ajout de l’ion Fe³⁺ dans l’eau est la formation du précipité d’hydroxyde
de fer (Fe(OH)₃) par hydrolyse (réaction 1). L’acidité libérée réagit ensuite avec des espèces généralement
en solution comme les ions bicarbonates (réaction 2) :
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Fe³⁺ + 3H₂O ⇄ Fe(OH)₃ +3H⁺ (1)

HCO₃⁻ + H⁺ ⇄ H₂O + CO₂ (2)

Fe³⁺ + 3HCO₃⁻ → Fe(OH)₃ +3CO₂ Réaction globale

En effet, dans la réalité il n’y a pas seulement la formation du précipité mais aussi de plusieurs
intermédiaires. Le cation Fe³⁺ s’hydrate en Fe(H₂O₆)³⁺ et ensuite s’hydrolyse pour former différents
complexes selon le pH de la solution: Fe(OH)²⁺, Fe(OH)₂⁺, Fe₂(OH)₄²⁺, Fe₃(OH)₄⁵⁺, Fe(OH)₄⁻ (Pallier,
2008) . Pour des valeurs neutres de pH, la solubilité de l’hydroxyde est faible favorisant la formation du
précipité Fe(OH)₃. La valence du coagulant a une enorme influence sur la coagulation éléctrostatique,
c’est à dire, la compression de la double couche (Leoni, 1996).

La coagulation par entraînement est dû à la surdosage de coagulant que provoque la diminution de la


solubilité de l’espèce métallique et donc une forte formation des précipités. Les particules de pollution
sont éliminées lors de son adsorption à la surface du précipité (Pallier, 2008).

b. Paramètres de régulation de la coagulation


Les principaux paramètres influents dans l’étape de coagulation sont le pH et la dose de coagulant
injectée, mais il est aussi possible que le temps et la vitesse de coagulation, la force ionique, la nature du
coagulant, la température (entre autres) interviennent.

Ci-dessous, le diagramme de distribution des zones de coagulation nous montre les conditions optimales
de pH de la solution et la dose de coagulant FeCl₃ utilisée. On observe 3 zones principales : la zone 1
correspond à la coagulation floculation optimale où les espèces cationiques du fer prédominent et les
mécanismes présents sont la neutralisation, déstabilisation, adsorption et précipitation des particules
colloidales ; la zone 2 correspond à la coagulation par entraînement, dont l’efficacité est plus faible que la
précedente ; la zone 3 répresente l’invertion du potenciel Zêta dû à une modification de la surface des
colloides ce que peut redéstabiliser les flocs formés entraînant à une coagulation non efficace. Les zones
en dehors des ces trois sont dites comme des zones de stabilité colloidale.

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Diagramme de coagulation au chlorure ferrique pour des conditions optimales de pH/dose de


coagulant (Amirtharajah & Mills, 1982).

3. La floculation
La floculation est l’étape où les particules préalablement déchargées s’agglomèrent en structures plus
grosses appelées microflocs. Ces microflocs s’agrègent ensuite en flocons plus volumineux, appelés flocs,
qui peuvent alors subir une décantation. L’étape de floculation peut être améliorée en ajoutant un autre
réactif : l’adjuvant de floculation, communément appelé le floculant.

Ces agrégations successives dépendent en réalité de deux phénomènes de transport régissant la vitesse de
floculation :

La floculation péricinétique : ce phénomène est lié à la diffusion brownienne (agitation thermique).


Toutes les particules ayant la même énergie cinétique, les plus petites ont alors des vitesses de
déplacement plus élevées ce qui augmente leur probabilité de se rencontrer. Le contact est donc
induit par les gradients de diffusion et de température.
La floculation orthocinétique : ce phénomène s’applique aux flocs dont la taille est supérieure à la
taille critique de 10µm. En effet, au-delà de cette valeur critique l’agitation thermique ne joue plus
qu’un rôle extrêmement mineur sur le mouvement des particules. Seule une agitation mécanique de
l’eau correspondant à un régime turbulent faible mais non négligeable, peut alors déplacer les
particules et faire se rencontre les flocs et ainsi les faire s’agglomérer en des structures plus grosses.

De nombreux paramètres influent sur l’étape de floculation comme la température, le pH, le type de
coagulant/floculant, la turbidité initiale etc… Le temps de floculation et la vitesse de floculation sont des
caractéristiques spécifiques à cette étape.

En floculation, le gradient de vitesse agit sur la probabilité de rencontre des microflocs, mais il n’est pas
possible de l’augmenter exagérément. En effet, pour des valeurs trop élevées du gradient de vitesse, le floc
formé peut subir un cisaillement mécanique entraînant sa destruction. Les gradients de vitesse étant très
dépendants de la géométrie du système et du type d’agitation, il n’est donc pas intéressant de déterminer

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cet optimum qui ne serait valable que dans le cas du jar-test et non valable pour une application
industrielle. Nous allons donc fixer le temps de floculation à 30 minutes et la vitesse de rotation lors de
l’étape de floculation sera fixée à 30tr/min (Lefebvre, 1989).

4. Paramètres influençant l'étape de coagulation-


floculation
a. La température
La température influe principalement sur la viscosité de la solution. La solution réagit donc différemment
aux sollicitations que l'on crée lors du processus de coagulation/floculation.

Des études ont démontré expérimentalement qu'à basse température, en dessous de 7°C, la coagulation des
particules était très mauvaise, c'est pourquoi nous choisirons de ne pas prendre de valeurs de température
en dessous de ce seuil. En effet, Camp et al. (1940) expliquent le problème en eau froide de deux façons :

La solubilité des coagulants est plus faible.


L'augmentation de la viscosité de l'eau ralentit la décantation des flocs.

Courbes des MES en fonction de la dose du coagulant pour différentes températures (Bouazza, 2011).

On observe que quel que soit la dose de coagulant injecté, une température trop basse (15°C) ou une
température trop élevée (35°C) ne sont pas adaptées pour réduire au maximum la concentration en matière
en suspension (MES). Il est donc possible de déterminer une température optimale

L’effet sur le fer résiduel est également présent avec une solubilité des coagulants plus faible à basse
température (Bouazza, 2011).

On estime que le pH optimal de coagulation/floculation augmente de 0,4 lorsque la température passe de


20 à 4°C par diminution du produit ionique de l’eau (Bouazza, 2011).

b. La vitesse d’agitation et le temps de floculation

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Le temps de floculation paramètre évolue de la même manière que la vitesse d'agitation. Il faut une durée
suffisamment importante pour que toutes les particules se rencontrent et puisse s'agglomérer, mais pas trop
grande non plus pour éviter le phénomène inverse, et la remise en suspension de ces particules (Thomas et
al., 1999). Il est possible de s’attendre à une assez forte interaction entre temps de floculation et vitesse de
floculation à effet négatif. Il y a en effet antagonisme entre les deux facteurs : plus le temps est long et plus
la vitesse est courte, plus il y a possibilité de remettre en suspension les colloïdes et donc moins
l’abattement de turbidité sera important. (Shi et al., 2011)

De plus, l'agitation permet d'homogénéiser la solution. Il est important de dissocier vitesse d'agitation
durant la phase de coagulation et durant la phase de floculation.

La pratique consiste à mettre en œuvre deux séquences d'agitations : une rapide qui favorise le mélange
des réactifs et la déstabilisation des particules (phase de coagulation) et une lente pour favoriser les
collisions entre les particules déstabilisées et ainsi entraîner leur agrégation (phase de floculation). En
floculation, le gradient de vitesse agit sur la probabilité de rencontre des microflocs, mais il n’est pas
possible de l’augmenter exagérément. En effet, pour des valeurs trop élevées du gradient de vitesse, le floc
formé peut subir un cisaillement mécanique entraînant sa destruction.

Les gradients de vitesse étant très dépendants de la géométrie du système et du type d’agitation, il n’est
donc pas intéressant de déterminer cet optimum qui ne serait valable que dans le cas du jar-test et non
valable pour une application industrielle.

Lors de la phase de coagulation, un mélange efficace est obtenu si la solution est placée en régime
turbulent. On considère donc qu'on se place à un nombre de Reynolds supérieure à 105 dans le cas d'une
agitation initiée par un mobile axial (Rossini et al., 1999).

Le nombre de Reynolds est obtenue par : Re=Nρd²μ=105 Avec N la vitesse d'agitation, μ et ρ les
viscosités dynamiques et masse volumique de l'eau respectivement et la taille caractéristique des pales
agitant notre solution (Lo et al., 2010). On trouve dans notre cas une vitesse d'agitation de l'ordre de
100tr/min lors de la phase de coagulation. Pour se placer dans le même cadre que l’étude réalisée l’année
précédente, nous prendrons une valeur de 120tr/min pendant une durée de 2min. En effet le temps de la
phase de coagulation est très rapide (Suez water handbook, 2016)

Pour la phase de floculation, nous allons donc fixer le temps de floculation à 30 minutes et la vitesse de
rotation lors de l’étape de floculation sera fixée à 30tr/min (Lefebvre 1989).

c. Le pH
Comme vu précedement dans la section (I.2.2), le pH est un des paramètres les plus influents dans le
procédé de coagulation, et le même se passe pour la floculation.

Le diagramme de coagulation du fer (Amirtharajah & Mills, 1982) nous a montré l’influence du pH sur le
type de coagulation qu’aura lieu, vu la nature des colloides que peuvent présenter différents Points Zéro
Charge (PZC) et être chargés négativement ou positivement selon le pH du milieu. Dans le notre cas, la
coagulation est faite avec du chlorure ferrique étant ainsi de la coagulation cationique.

Le pH a également une forte influence sur la spéciation du fer, intervenant dans son hydrolyse en
Fe(OH)²⁺, Fe(OH)₂⁺, Fe₂(OH)₄²⁺, Fe₃(OH)₄⁵⁺ et Fe(OH)₄⁻. Le diagramme de solubilité du fer (Gregory,
2006) présente les différentes espèces ferriques selon le pH du milieu et la concentration en Fer (III). On
observe que le PZC du précipité souhaité Fe(OH)₃ est placé en 8,1, donc un pH basique.

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Diagramme de solubilité du fer (Gregory, 2006)

Il est donc très difficile de déterminer la valeur optimale de pH pour les procédés des coagulation et
floculation, sachant qu’ils comprenent différents phénomènes dans différentes gammes de pH. Le mieux à
faire serait de trouver un compromis entre pH de coagulation (acide) et pH de floculation (basique).

Dans ce que concerne les paramètres mesurés dans les eaux usées comme le carbone total, les matières en
suspension et la turbidité, plusieurs valeurs optimales de pH sont trouvées dans la littérature. D’après
Lefebvre (1989), l’élimination de la matière organique par coagulation/floculation est optimale entre pH
4,5 et 5,5, par contre il est très difficile d’obtenir tel acidité dans l’échelle industriel. D’un autre côté,
Bouazza (2011) donne un pH optimium de 7,6 pour l’élimination des MES et de la turbidité, au même
temps que Saeedi (2007) présente des pH supérieurs à 8 pour obtenir au moins 50% d’abattement.

Abattement des MES pour différents valeurs de pH (Saeedi, 2007)

Abattement de la turbidité pour différents valeurs de pH (Saeedi, 2007)

Quand il s'agit de la concentration de fer dissous dans l’eau traité, Lefebvre (1992) a également montré
qu’un pH proche de 6,5 est l’idéal pour une concentration de fer résiduel faible.

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Effet du pH sur la concentration du Fer(III) (Lefebvre, 1992)

d. La dose de coagulant
Bien que la dose de coagulant soit le paramètre avec un effet positif sur l’efficacité de la coagulation, il est
aussi le principal responsable pour la présence de fer résiduel dans l’eau traitée. De cette manière, trouver
un limite de concentration peut éviter la saturation de l’eau en Fer(III) et donc l’apparition de fer dissous.

En effet, la sur-dosage de coagulant peut provoquer l'effet inverse où des charges positives se disposent sur
la surface des particules, ce que provoque l’invertion du potenciel Zêta, la redéstabilisation des flocs et la
redispersion des particules (Amistharajah, 1982). Lors de la sur-injection du coagulant, le pH chute et
entraîne la formation d’espèces plus solubles que le précipité Fe(OH)₃.

On peut observer à partir des graphiques suivants que l’optimum de la dose de coagulant varie pour les
différentes grandeurs et auteurs. D’après Saeedi (2007), l’élimination des MES et de la turbidité diminue
lors de 70 mg/L de dose de coagulant, mais une concentration inférieure à 20 mg/L n’entraîne pas à un
abattement satisfaisant. Pallier (2008), de son côté, propose un optimum entre 30 et 50 mg/L. En ce que
concerne la quantité de fer résiduel, Pallier (2008) montre que le fer résiduel augmente avec l'élevation de
la dose de coagulant.

Abatement des MES (a) et de la turbidité (b) pour différentes doses de coagulant injectées
(Saeedi, 2007)

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Effet de la dose de coagulant sur l'abattement de la turbidité (Pallier, 2008)

Concentration en fer résiduel en fonction de la dose de coagulant (Pallier, 2008)

e. La force ionique
La force ionique répresente l’activité des ions d’une solution aqueuse, c’est à dire qu’elle intervient dans la
force d’attraction et répulsion entre les particules colloidales et donc dans la formation des flocs. Quand
les particules s’approchent, une énergie potentielle répulsive apparaît et croît lors de la diminution de la
distance séparant les particules. Le même se passe avec l’énergie potentielle attractives que diminue lors
de l’augmentation de la distance entre les particules. La différence entre ces énergies est considérée
comme une barrière d’énergie d’activation que doit être surpassée permetant l’agrégation des particules.

L'introduction du chlorure ferrique dans la solution va libérer des espèces cationiques dont l’activité totale
va induire une compression de la double couche (en particulier la couche diffuse) vers la particule, ce que
provoque l'augmentation des forces d'attraction de Van der Waals. Ces notions d’énergie dépendent donc
de la charge sur les particules et de la composition ionique de la solution (Bouazza, 2011). La force
ionique est donnée par l’équation suivante :

I = 1/2∑ C izi

Où : Ci = concentration molaire

Zi = charge de l’ion

f. La nature des colloides


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Les caractéristiques des colloides en ce que concerne la charge et la capacité d’interaction avec d’autres
particules similaires (électronégativité) jouent un rôle très important dans la coagulation. Comme déjà
mencionné, le point de zéro charge (PZC) peuvent indiquer le comportement des différents types de
colloides lors de la coagulation :

Point de zéro charge de différents argiles (Lo et al., 2010)

Kaolinite Illite Chlorite Smectite

PZC 3 2,5 3 2,6

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