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Mathématique ECS 1

05 Sept. 2015

Corrigé du devoir surveillé 1.

Veillez à bien justifier vos réponses : un exercice bien traité rapporte des points, un exercice traité de façon non rigoureuse
ne rapporte pas de points. Malus de 2 points pour les copies mal rédigées. La durée de l’épreuve est de 4 heures. Aucune
sortie avant la fin de l’épreuve. Les calculatrices ne sont pas autorisées.

Si, au cours de l’épreuve, vous repérez ce qui vous semble être une erreur d’énoncé, signalez le sur votre copie et poursuivez
votre composition en expliquant les raisons des initiatives que vous êtes amenés à prendre.

Ce sujet comporte cinq exercices indépendants.

Exercice 1. Un artisan est contacté à domicile par ses clients sur appel téléphonique et dispose d’un répondeur. Quand
l’artisan est absent, il branche systématiquement son répondeur. Quand il est présent, l’artisan décroche le téléphone deux
fois sur trois.
Quand un client téléphone, il tombe quatre fois sur cinq sur le répondeur.
Un client téléphone à l’artisan. On note
— R l’événement : « le client obtient le répondeur »
— A l’événement : « l’artisan est présent »
— A l’événement contraire de A.
On note PE (F ) la probabilité de l’événement F sachant E.
(1) Déterminer les probabilités P (R), PA (R) et PA (R).
L’énoncé permet d’écrire
4 1
P (R) = , PA (R) = et PA (R) = 1.
5 3
(2) Exprimer la relation liant P (R), P (A), PA (R) et PA (R).
La formule des probabilités totales donne

P (R) = PA (R)P (A) + PA (R)P (A) = PA (R)P (A) + PA (R)(1 − P (A))

(3) En déduire P (A).


4 1 4 2
La relation précédente se réecrit = P (A) + 1 − P (A) donc P (A) est solution de l’équation = − P (A) + 1.
5 3 5 3
3
On obtient donc P (A) = .
10
(4) Un client téléphone et tombe sur le répondeur. Quelle est la probabilité que l’artisan soit présent ?
La question revient à trouver PR (A).
La formule des probailtés conditionnelles permet d’écrire
1 3
P (A ∩ R PA (R)P (A) 3 × 10 1 5 1
PR (A) = = = 4 = × = .
P (R) P (R) 5
10 4 8

Exercice 2. Les courbes Cf et Cg données ci-dessous représentent respectivement, dans un repère orthonormal (O,~i, ~j), les
fonctions f et g définies sur l’intervalle ]0 ; +∞[ par :

f (x) = ln x et g(x) = (ln x)2 .

1
y y = (ln x)2
y = ln x

~j

0 ~i x

(1) On cherche à déterminer l’aire A (en unités d’aire) de la partie du plan grisée.
Z e Z e
On note I = ln x dx et J = (ln x)2 dx.
1 1
(a) Vérifier que la fonction F définie sur l’intervalle ]0 12 ; +∞[ par
F (x) = x ln x − x est une primitive de la fonction logarithme népérien. En déduire I.
La fonction F est dérivable sur ]0, +∞[ comme produit et somme de fonctions dérivables et
1
F 0 (x) = x × + ln x − 1 = ln x
x
donc F définit bien une primitive de la fonction ln sur ]0, +∞[. Le théorème fondamental du calcul intégral donne
alors
I = F (e) − F (1) = e ln e − e − 1 ln 1 + 1 = 1.
(b) Exprimer la dérivée de la fonction x 7→ x(ln x)2 et en déduire que J = e − 2I.
La fonction x 7→ x(ln x)2 est dérivable sur ]0, +∞[ comme produit de fonctions dérivables et
(x(ln x)2 )0 = (ln x)2 + 2 ln x
puis en intégrant membre à membre cette égalité sur [1, e], on obtient grâce au théorème fondamental du calcul
intégral
e(ln e)2 − 1(ln 1)2 = J + 2I
ce qui donne bien J = e − 2I.
(c) En déduire la valeur de J.
J =e−2
(d) Donner la valeur de A.
L’aire A est égale à I − J donc
A = 1 − (e − 2) = 3 − e.
(2) Pour x appartenant à l’intervalle [1 ; e], on note M le point de la courbe Cf d’abscisse x et N le point de la courbe Cg
de même abscisse. Pour quelle valeur de x la distance M N est-elle maximale ? Calculer la valeur maximale de M N .
La distance M N est égale à ln x − (ln x)2 . Pour trouver la valeur maximale, on étudie la fonction h définie sur [1, e]
par h(x) = ln x − (ln x)2 .
Cette fonction est dérivable sur [1, e] comme somme et produit de fonctions dérivables, et sa dérivée s’exprime par
1 ln x 1
h0 (x) = −2 = (1 − 2 ln x)
x x x
Sur l’intervalle [1, e], le signe de h0 (x) est celui de 1 − 2 ln x :

1 √
h0 (x) > 0 ⇐⇒ 1 − 2 ln x > 0 ⇐⇒ ln x < ⇐⇒ x < e.
2
√ √ √
La fonction h est donc croissante sur [1, e] puis décroissante sur [ e, e] : elle atteint donc son maximum en x = e
et ce maximum est égal à
 2
√ 1 1 1
h( e) = − =
2 2 4
qui est donc la valeur maximale pour la distance M N .

2
Exercice 3. On définit la fonction tangente notée tan par
sin x
tan(x) =
cos x
sur tout intervalle où l’expression a un sens.
On considère les intégrales
Z π Z π
4 1 1 4
I= dx et J = dx
0 cos2 x 0 cos 4x
h πi
(1) Justifier la dérivabilité et calculer la dérivée de la fonction tangente sur 0, . En déduire la valeur de I.
h πi 4
La fonction tangente est dérivable sur 0, comme quotient défini de fonctions dérivables et
4
cos x cos x − sin x(− sin x) cos2 x + sin2 x 1
tan0 (x) = = = .
cos2 x cos2 x cos2 x
Le théorème fondamental du calcul intégral donne alors
Z π4
π
I= tan0 (x)dx = tan( ) − tan(0) = 1
0 4
h πi sin x
(2) Soit f la fonction définie sur 0, par f (x) = .
4 cos3 x
(a) Justifier la dérivabilité de f et établir que
3 2
f 0 (x) = −
cos x cos2 x
4
h πi
La fonction f est dérivable sur 0, comme quotient défini de fonctions dérivables et
4
cos x cos3 x − sin x(−3 sin x cos2 x)
f 0 (x) =
cos6 x
2
cos x + 3 sin x cos2 x
4
=
cos6 x
cos4 x + 3(1 − cos2 x)x cos2 x
=
cos6 x
−2 cos x + 3 cos2 x
4
=
cos6 x
3 2
= −
cos4 x cos2 x
(b) En déduire une relation entre I et J, puis la valeur exacte de J.
En intégrant membre à membre l’égalité précédente, on obtient
Z π4
f 0 (x)dx = 3J − 2I
0

Le théorème fondamental du calcul intégral donne alors la relation


π
f ( ) − f (0) = 2 = 3J − 2I
4
de laquelle on tire
4
J= .
3

p √ p √
Exercice 4. On considère le nombre complexe z = − 2+ 2+i 2− 2.

(1) Donner la forme algébrique de z 2 .

√ √
q q
z 2 = (− 2 + 2 + i 2 − 2)2
√ √ √ √
q q
= 2 + 2 − (2 − 2) − 2i 2 + 2 2 − 2
√ √
= 2 2 − 2i 2

3
(2) En déduire la forme exponentielle de z 2 .


z 2 = 2 2(1 − i)
√ √ π
= 2 2 × 2e−i 4
π
= 4e−i 4

(3) Déterminer alors la forme exponentielle de z. On justifiera soigneusement cette détermination.


π π π π
On a 4e−i 4 = (2e−i 8 )2 donc z vérifie l’équation z 2 = (2e−i 8 )2 ou encore z 2 − (2e−i 8 )2 = 0. Le nombre complexe z
π π
vérifie donc encore (z − 2e−i 8 )(z + 2e−i 8 ) = 0 ce qui implique
π π
z = 2e−i 8 ou z = −2e−i 8

Puisque le nombre complexe z a une partie réelle négative, on peut affirmer


π π
z = −2e−i 8 = 2eiπ e−i 8 .
π
La forme exponentielle de z est donc z = 2e7i 8 .
π
(4) En déduire le sinus et le cosinus de .
8
Deux nombres complexes sont égaux si et seulement si ils ont même partie réelle et même partie imaginaire. De l’égalité
π
précédente z = −2e−i 8 , on tire donc
√ √
q q
π π
Re(z) = − 2 + 2 = −2 cos(− ) et Im(z) = 2 − 2 = −2 sin(− )
8 8
ce qui donne donc p √ p √
π 2+ 2 π 2− 2
cos = et sin =
8 2 8 2

Exercice 5. Soit f la fonction définie sur ]0, +∞[ par



x 3
f (x) = √ +
3 2x

et soit C la courbe représentative de f dans un repère orthonormé (O,~i, ~j).


(1) (a) Etudier les variations de f sur son intervalle de définition.
La fonction f est dérivable sur ]0, +∞[ comme somme de fonctions dérivables et

0 1 3
f (x) = √ − 2
3 2x

Etudions le signe de f 0 (x) : pour x > 0


√ r
0 1 3 2 3 3
f (x) > 0 ⇐⇒ √ > 2 ⇐⇒ x > ⇐⇒ x >
3 2x 2 2
q
x 3 +∞
0 2
f 0 (x) − 0 +
+∞ +∞
f

2

x
(b) Etudier la position de la courbe C par rapport à la droite d’équation y = √ .
3
x
Il s’agit simplement d’étudier le signe de la différence f (x) − √ qui est clairement positif :
3

x 3
f (x) − √ = > 0 lorsque x > 0.
3 2x
x
La courbe C est donc située au dessus de la droite d’équation y = √
3

4
(c) Tracer la courbe C représentative de f sur la feuille annexe fournie avec l’énoncé.
Voir feuille annexe.
(2) Soit m un nombre réel et ∆m la droite d’équation y = m. Discuter suivant les valeurs de m, le nombre de points
d’intersection de ∆m et de C .
Etudions pour cela l’équation f (x) = m sur ]0, +∞[ :
— d’abord, si m ≤ 0, cette équation n’a aucune solution puisque f est positive strictement sur ]0, +∞[,
— ensuite, si m > 0, on a :

x 3
f (x) = m ⇐⇒ √ + =m
3 2x

x2 3
⇐⇒ √ + = mx
3 2

x2 3
⇐⇒ √ − mx + = 0.
3 2

2 1 3
Cette dernière est une équation du second degré de discriminant ∆ = m − 4 × √ × = m2 − 2 donc
3 2

— si 0 < m < 2, le discriminant est strictement nérgatif et l’équation n’a alors aucune solution,

— si m = 2, le discriminant est nul et l’équation a alors une unique solution,

— si m > 2, le discriminant est strictement positif et l’équation a deux solutions réelles distinctes. Leur somme
√ 3
est m 3 et leur produit est donc les deux racines sont strictement positives.
2
En conclusion,

— si m < 2, la courbe C et la droite ∆m n’ont aucun point en commun,

— si m = 2, la courbe C et la droite ∆m ont un unique point d’intersection,

— et enfin si m > 2, la courbe C et la droite ∆m ont deux points communs.
(3) On construit une suite de points (An )n∈N de la manière suivante :
— le point A0 est le point de C d’abscisse 2 ;
— pour tout n ∈ N, à partir du point An de C ,
— on détermine Bn , deuxième point d’intersection de C avec la parallèle à l’axe (O,~i) passant par An ,
— puis, on détermine In , milieu du segment [An , Bn ],
— le point An+1 est alors le point de C de même abscisse que In .
Pour tout entier n ∈ N, on appelle xn l’abscisse du point An .
(a) Placer les points A0 , B0 , I0 , A1 , B1 , I1 sur la feuille annexe fournie avec l’énoncé.
(b) Soit n ∈ N. Etablir une relation de récurrence entre xn+1 et xn .
On va admettre que la procédure de l’énoncé définit bien une suite de points (An )n∈N .
Soit n ∈ N. D’après la procédure, on a la relation
1
xn+1 = (tn + xn )
2
où tn est l’abscisse du point Bn . Puisque Bn a même ordonnée que An , on a aussi f (tn ) = f (xn ). On étudie donc
l’équation f (t) = f (x) avec l’hypothèse t 6= x :

√ √
x 3 t 3
f (t) = f (x) ⇐⇒ √ + =√ +
3 2x 3 2t

x−t 3(x − t)
⇐⇒ √ =
3 2tx
3
⇐⇒ xt = puisque x 6= t par hypothèse
2

3
L’abscisse tn de Bn s’exprime donc en fonction de xn par la relation tn = ce qui conduit à la relation de
2xn
récurrence
 
1 3
xn+1 = xn +
2 2xn

5
(4) On considère la suite (vn )n∈N définie par v0 = 2 et pour tout entier n ∈ N,
 
1 3
vn+1 = vn + .
2 2vn

(a) Etablir pour tout entier n ∈ N l’inégalité vn > 0.


Pour tout n ∈ N, notons Pn la propriété : « vn > 0 ».
— P0 est vraie puisque v0 = 2 > 0.
— Soit n ∈ N tel que Pn est vraie. Montrons Pn+1 .
3
Par hypothèse de récurrence, vn > 0 donc vn + > 0 et par suite vn+1 > 0.
2vn
Ainsi, Pn+1 est vrai dès que Pn est vraie.
— D’après le principe de récurrence sur N, pour tout n ∈ N, vn > 0.
(b) Etablir pour tout entier n ∈ N, l’égalité
q
3 2
(vn − 2)
r
3
vn+1 − =
2 2vn

Pour tout entier n ∈ N,


r   r
3 1 3 3
vn+1 − = vn + −
2 2 2vn 2
r !
1 3 3
= vn2 + − 2vn
2vn 2 2
 r !2 r 
1  2 3 3
= vn + − 2vn
2vn 2 2
q
(vn − 32 )2
=
2vn
r
3
(c) En déduire, pour tout entier n ∈ N, l’inégalité vn ≥ et ensuite que
2
r r !2
3 3
0 ≤ vn+1 − ≤ vn −
2 2

r !2
3
D’après ce qui précède, pour tout n ∈ N∗ , vn−1 > 0 et vn−1 − ≥ 0, on a donc
2
q
3 2
(vn−1 − 2)
r
∗ 3
∀n ∈ N , vn − = ≥0
2 2vn−1
r r
3 3
ce qui donne bien vn ≥ et cette propriété reste vraie pour n = 0 puisque v0 = 2 > .
r 2 2
3 1
Puisque ≥ 1, pour tout n ∈ N, vn ≥ 1 donc 2vn ≥ 2 ≥ 1 donc ≤ 1 et d’après l’égalité en (b), cela
2 2vn
implique
r r !2
3 3
vn+1 − ≤ vn − .
2 2

On a donc bien, pour tout n ∈ N,


r r !2
3 3
0 ≤ vn+1 − ≤ vn −
2 2

(d) Montrer, à l’aide des questions précédentes, que pour tout entier n ∈ N,
r r !(2n )
3 3
0 ≤ vn − ≤ v0 −
2 2

6
Remarquons d’abord que la partie gauche de l’encadrement est déjà acquise.
r !(2n )
q 3
Pour tout n ∈ N, notons Qn la propriété : « 0 ≤ vn − 2 ≤ v0 −
3
».
2
r !(20 )
q 3
— Q0 est vraie puisque 0 ≤ v0 − 2 = v0 −
3
.
2
— Soit n ∈ N tel que Pn est vraie. Montrons Pn+1 .
r !2
q
3 3
D’après la question précédente, on a vn+1 − 2 ≤ vn − et par hypothèse de récurrence,
2

r r !(2n )
3 3
0 ≤ vn − ≤ v0 −
2 2

donc
r r !2  r !(2n ) 2 r !(2n ×2) r !(2n+1 )
3 3 3 3 3
0 ≤ vn+1 − ≤ vn − ≤  v0 −  = v0 − = v0 −
2 2 2 2 2

Ainsi, Qn+1 est vrai dès que Qn est vraie.


— D’après le principe de récurrence sur N, pour tout n ∈ N,
r r !(2n )
3 3
0 ≤ vn − ≤ v0 −
2 2

(e) En vous rappelant que xα = eα ln x lorsque x > 0, montrer que la suite (vn ) converge et déterminer sa limite.
Soit n ∈ N :
r !(2n ) √3 √3
3 n n
v0 − = e2 ln(v0 − 2 ) = e2 ln(2− 2 )
2
r r r r r
3 3 3 3 3 3
Puisque 4 > , on a 2 > et puisque > 1 on a 1 + > 2 donc 0 < 2 − < 1 donc ln(2 − ) < 0.
2 2 2 2 2 2
r r !(2n )
3 3
Par conséquent, lim 2n ln(2− ) = −∞ et puisque lim ey = 0, on a par composition de limites : lim v0 − =
2 y→−∞ 2
0. q
3
Le théorème de convergence par encadrement assure alors que la suite (vn − 2) converge vers 0 donc la suite
(vn ) converge et r
3
lim vn = .
2

(5) Compléter (sur la feuille annexe ) les pointillés dans l’algorithme suivant pour qu’il calcule vn :
Entrée n est un entier naturel.
Initialisation i prend la valeur 0 ; v prend la valeur · · ·
Traitement Tant que · · · · · ·
i prend la valeur · · · · · ·
v prend la valeur · · · · · ·
Fin Tant que
Sortie Afficher v.

7
Feuille annexe à rendre avec la copie.

Nom :
Prénom :
y

y = f (x)

x
y=√
3

B0 I0 A0
• • •
I1
• • •
B1 A1

~j

0 ~i x

Entrée n est un entier naturel.


Initialisation i prend la valeur 0 ; v prend la valeur 2
Traitement Tant que i < n
i prend la valeur i + 1
v prend la valeur (v + 3/(2 ∗ v))/2
Fin Tant que
Sortie Afficher v.

8
Mathématique ECS 1
10 oct. 2015

Corrigé du devoir surveillé 2.

Veillez à bien justifier vos réponses : un exercice bien traité rapporte des points, un exercice traité de façon non rigoureuse
ne rapporte pas de points. Malus de 2 points pour les copies mal rédigées. La durée de l’épreuve est de 3 heures. Aucune
sortie avant la fin de l’épreuve. Les calculatrices ne sont pas autorisées.

Si, au cours de l’épreuve, vous repérez ce qui vous semble être une erreur d’énoncé, signalez le sur votre copie et poursuivez
votre composition en expliquant les raisons des initiatives que vous êtes amenés à prendre.

Ce sujet comporte quatre exercices indépendants.

Exercice 1. Un cycliste va d’une ville A à une ville B. Le parcours compte x kilomètres de montée, y kilomètres de plat et
z kilomètres de descente. Il roule à 15 km/h en montée, 20 km/h sur le plat et 30 km/h en descente.
Il met deux heures à effectuer le trajet aller et trois heures pour le retour.
(1) Un mobile parcourt une distance d à la vitesse v en un temps t. Quelle équation relie v, d et t ?

d
v=
t

(2) Déduire de l’énoncé une équation impliquant x, y et z traduisant le temps mis pour le trajet aller. Etablir de même une
équation impliquant x, y et z traduisant le temps mis pour le trajet retour.
x y z
Equation de l’aller : + + = 2.
15 20 30
x y z
Equation du retour : + + = 3.
30 20 15
Un autre cycliste qui roule respectivement à 20, 30 et 40 km/h sur chaque type de route, effectue l’aller et le retour en
un temps total de trois heures et quarante minutes.
(3) Déduire de cette information une équation impliquant x, y et z traduisant le temps mis pour le trajet aller-retour.
x+z 2y z + x 2
Equation de l’aller-retour : + + =3+ .
20 30 40 3
3x 2y 3z 11
Cette équation se réecrit : + + =
40 30 40 3
(4) Résoudre le système obtenu.

 x y z
 + + = 2 
 15
 x
 20
y 30
z  4x + 3y + 2z = 120
+ + = 3 ⇐⇒ 2x + 3y + 4z = 180
30 20 15
 3x 2y 3z 11 9x + 8y + 9z = 440

 
 + + =
40 30 40 3 
 x+y+z = 50 L1 ← 61 (L1 + L2 )
⇐⇒ 2x + 3y + 4z = 180
9x + 8y + 9z = 440


 x+y+z = 50
⇐⇒ y + 2z = 80 L2 ← L2 − 2L1
−y = −10 L3 ← L3 − 9L1


 x = 5
⇐⇒ z = 35
y = 10

Le parcours de A vers B compte donc 5 kilomètres de montée, 10 kilomètres de plat et 35 kilomètres de descente.
(5) La montée et la descente ont toute deux une pente de 5% (cela signifie qu’en parcourant 100 mètres en montée, l’altitude
augmente de 5 mètres et inversement en parcourant 100 mètres en descente, l’altitude diminue de 5 mètres). Quelle est
la différence d’altitude entre les deux villes A et B ?
5 30 × 5
La différence d’altitude est (z − x) × = = 1, 5 kilomètres.
100 100

1
Exercice 2. L’objectif de cet exercice est le calcul des intégrales suivantes
Z 1 Z 1 Z 1p
1 x2
I= √ dx, J = √ dx, K = x2 + 2dx
0 x2 + 2 0 x2 + 2 0

(1) Soit f la fonction définie sur [0, 1] par f (x) = ln(x + x2 + 2).
(a) Calculer la dérivée de la fonction f .
La fonction f est dérivable comme somme et composée de fonctions dérivables et
x √
1+ √
0 x 2 + 2 x + x2 + 2 1
∀x ∈ [0, 1], f (x) = √ = √ √ =√
x+ x +22 2 2
(x + x + 2) x + 2 2
x +2

(b) En déduire la valeur de l’intégrale I.


Z 1
√ !
1 1+ 3
I= √ dx = [f (x)]10 = f (1) − f (0) = ln √
0 x2 + 2 2

(2) Calcul de J et K.
(a) Sans calculer I et J, montrer que J + 2I = K.
Par linéarité de l’intégrale
Z 1 Z 1 Z 1 2 Z 1p
x2 1 x +2
J + 2I = √ dx + 2 √ dx = √ dx = x2 + 2dx = K
0 x2 + 2 0 x2 + 2 0 x2 + 2 0


(b) A l’aide d’une intégration par parties portant sur l’intégrale K, montrer que K = 3 − J.

On pose u(x) = x et v(x) = x2 + 2 pour x ∈ [0, 1].
Les fonctions u et v sont de classe C 1 sur [0, 1] et
x
u0 (x) = 1 v 0 (x) = √
2
x +2

v(x) = x2 + 2 u(x) = x
donc par intégration par parties,
Z 1p Z 1
p
1 x2
K= 2 2
x + 2dx = [x x + 2]0 − √ dx
0 0 x2 + 2
d’où √
K= 3 − J.

(c) En déduire les valeurs des intégrales J et K.


√ √
J + 2I = 3 − J donc 2J = 3 − 2I d’où
√ √ !
3 1+ 3
J= − ln √
2 2

puis
√ √ !
3 1+ 3
K= + ln √
2 2

Exercice 3. On considère l’équation suivante

z 3 + (−1 − 4i)z 2 + (−7 + 4i)z + 4i + 3 = 0. (1)

(1) Déterminer les racines carrées complexes de 8 − 6i.


On pose z = x + yi. L’équation z 2 = 8 − 6i revient à (x + yi)2 = 8 − 6i.

2
x2 − y 2

= 8
(x + yi)2 = 8 − 6i ⇐⇒
2xy = −6
 2
 x − y2 = 8
⇐⇒ 2xy = −6
 2
x + y2 = 10
 2
 x = 9
⇐⇒ y2 = 1
xy = −3

 
x = 3 x = −3
⇐⇒ ou
y = −1 y = 1

Les racines carrées complexes de 8 − 6i sont donc −3 + i et 3 − i.


(2) Déterminer une solution de l’équation (??) sous la forme αi où α est un réel.
Soit α ∈ R.
Substituons αi à z dans l’équation :

αi est solution ⇐⇒ (αi)3 + (−1 − 4i)(αi)2 + (−7 + 4i)(αi) + 4i + 3 = 0


⇐⇒ −α3 i + (1 + 4i)α2 + (−4 − 7i)α + 4i + 3 = 0
⇐⇒ α2 − 4α + 3 + i(−α3 + 4α2 − 7α + 4) = 0
α2 − 4α + 3 = 0

⇐⇒
−α + 4α2 − 7α + 4 = 0
3

La première équation admet 1 et 3 comme racines évidentes mais seul 1 est racine de la seconde équation.
Une solution de l’équation (??) est donc i.
(3) Déterminer des nombres complexes u et v tels que

z 3 + (−1 − 4i)z 2 + (−7 + 4i)z + 4i + 3 = (z − αi)(z 2 + uz + v)

D’abord
(z − i)(z 2 + uz + v) = z 3 + (−i + u)z 2 + (−iu + v)z − iv
et ensuite par identification, l’égalité équivaut à

u − i = −1 − 4i
v − iu = −7 + 4i
−iv = 3 + 4i

La première équation donne u = −1 − 3i et la dernière v = −4 + 3i.


Vérifions que la seconde équation est satisfaite :

−4 + 3i − i(−1 − 3i) = −4 + 3i + i − 3 = −7 + 4i.

(4) Terminer la résolution de (??).


D’après la question précédente,

z 3 + (−1 − 4i)z 2 + (−7 + 4i)z + 4i + 3 = (z − i)(z 2 − (1 + 3i)z − 4 + 3i)

et par conséquent

z 3 + (−1 − 4i)z 2 + (−7 + 4i)z + 4i + 3 = 0 ⇐⇒ z = i ou z 2 − (1 + 3i)z − 4 + 3i = 0.

Résolvons l’équation z 2 −(1+3i)z−4+3i = 0 : le discriminant est ∆ = (1+3i)2 −4(−4+3i) = 1+6i−9+16−12i = 8−6i


dont une racine carrée complexe est 3 − i, donc les racines sont
1 + 3i − 3 + i 1 + 3i + 3 − i
= −1 + 2i et = 2 + i.
2 2

Les solutions de l’équation (??) sont donc : i, 2 + i et −1 + 2i.

3
Exercice 4. Pour tout n ∈ N∗ , on définit une fonction fn sur ]0, +∞[ par

(ln x)n
fn (x) = .
x2
Z e
On pose alors In = fn (x)dx.
1
1 + ln x
(1) Pour tout réel x > 0, on pose F (x) = − . Vérifier que F est une primitive de la fonction f1 et en déduire la
x
valeur de I1 .
La fonction F est dérivable sur ]0, +∞[ comme quotient défini de fonctions dérivables et
1
× x − (1 + ln x) 1 − 1 − ln x ln x
∀x > 0, F 0 (x) = − x =− = 2
x2 x2 x
donc F est une primitive de la fonction f1 .
2
On en déduit I1 = F (e) − F (1) = − + 1.
e
(2) A l’aide d’une intégration par parties, montrer que, pour tout n ∈ N∗ ,
1
In+1 = − + (n + 1)In .
e
1
Pour tout x > 0, on pose u(x) = − et v(x) = (ln x)n+1 . Les fonctions u, v sont de classe C 1 sur [1, e] et
x
1 (n + 1)(ln x)n
u0 (x) = 2 v 0 (x) =
x x
n+1 1
v(x) = (ln x) u(x) = −
x
Par intégration par parties,
e
(ln x)n+1
Z
In+1 = dx
1 x2
e Z e
(ln x)n+1 (ln x)n

= − + (n + 1) dx
x 1 1 x2
1
= − + (n + 1)In
e

(3) Etablir par récurrence, pour tout entier n ∈ N∗


 
In 1 1 1 1 1
=1− 1+ + + + ··· +
n! e 1! 2! 3! n!
 
In 1 1 1 1 1
Pour tout n ∈ N , notons Pn la propriété : «

=1− 1 + + + + ··· + »
n! e 1! 2! 3! n!
2 1 2
— Pour n = 1, on a I1 = − + 1 et 1 − (1 + 1) = 1 − donc P1 est vraie.
e e e
— Soit n ∈ N∗ tel que Pn est vraie. Montrons que Pn+1 est vraie.

1
In+1 − + (n + 1)In
= e
(n + 1)! (n + 1)!
1 In
=− +
e(n + 1)! n!
 
1 1 1 1 1 1
=− +1− 1 + + + + ··· +
e(n + 1)! e 1! 2! 3! n!
 
1 1 1 1 1 1
=1− 1 + + + + ··· + +
e 1! 2! 3! n! (n + 1)!

Ainsi, la propriété Pn+1 est donc vraie dès que Pn est vraie.
 
In 1 ∗ 1 1 1 1
— D’après le principe de récurrence sur N, pour tout n ∈ N , =1− 1 + + + + ··· + .
n! e 1! 2! 3! n!

4
(4) En utilisant un encadrement de ln x sur l’intervalle [1, e], montrer que, pour tout n ∈ N∗ ,

0 ≤ In ≤ 1.
(ln x)n 1
Pour 1 ≤ x ≤ e, on a 0 ≤ ln x ≤ 1 donc 0 ≤ (ln x)n ≤ 1 et 0 ≤ ≤ 2.
x2 x
Par positivité de l’intégrale, on obtient
e Z e
(ln x)n
Z
1
0≤ 2
dx ≤ 2
dx
1 x 1 x
1
ce qui donne, après calcul de l’intégrale de droite, 0 ≤ In ≤ 1 − d’ où l’encadrement :
e
0 ≤ In ≤ 1.

(5) En déduire la limite  


1 1 1 1
lim 1+ + + + ··· + .
n→+∞ 1! 2! 3! n!
L’encadrement précédent donne, pour tout n ∈ N,
In 1
0≤ ≤
n! n!
 
In 1 1 1 1 1
donc lim = 0 d’après le théorème de convergence par encadrement. Ainsi, lim 1+ + + + ··· + =1
n! e 1! 2! 3! n!
c’est à dire  
1 1 1 1
lim 1 + + + + ··· + = e.
n→+∞ 1! 2! 3! n!

5
Mathématique ECS 1
21 nov. 2015

Devoir surveillé 3.

Veillez à bien justifier vos réponses : un exercice bien traité rapporte des points, un exercice traité de façon non rigoureuse
ne rapporte pas de points. Malus de 2 points pour les copies mal rédigées. La durée de l’épreuve est de 3 heures. Aucune
sortie avant la fin de l’épreuve. Les calculatrices ne sont pas autorisées.

Si, au cours de l’épreuve, vous repérez ce qui vous semble être une erreur d’énoncé, signalez le sur votre copie et poursuivez
votre composition en expliquant les raisons des initiatives que vous êtes amenés à prendre.

Ce sujet comporte quatre exercices indépendants.

Exercice 1. Calcul de sommes déjà vues et d’autres.


3n+2
X 2ikπ
(1) Simplifier la somme e 3 .
k=1

3n+2 2iπ
X 2ikπ 2iπ 1 − (e 3 )3n+2
e 3 =e 3 × 2iπ
k=1
1−e 3

2iπ
2iπ 1 − (e 3 )2
=e 3 × 2iπ
1−e 3
2iπ 2iπ 2iπ 4iπ
=e 3 × (1 + e 3 ) = e 3 + e 3
2iπ 2iπ
=e 3+ e− 3

= 2 cos( ) = −1
3

n
X
(2) Soit x ∈ R. Simplifier la somme kxk−1 . On pourra remarquer kxk−1 est le polynôme dérivé de xk .
k=1
Fait en classe.
n
X nxn+1 − (n + 1)xn + 1
kxk−1 =
(x − 1)2
k=1
X
(3) Simplifier la somme j(i2 + j). On donnnera une forme factorisée.
1≤i,j≤n
X n X
X n
j(i2 + j) = (ji2 + j 2 )
1≤i,j≤n i=1 j=1
n
X
On commence avec le calcul de (ji2 + j 2 ) :
j=1

n n n
X X X n(n + 1) n(n + 1)(2n + 1)
(ji2 + j 2 ) = i2 j+ j 2 = i2 +
j=1 j=1 j=1
2 6

n  
2 n(n + 1) n(n + 1)(2n + 1)
X
puis on calcule la somme i + :
i=1
2 6

1
n   X n n
X n(n + 1) n(n + 1)(2n + 1) n(n + 1) X n(n + 1)(2n + 1)
i2 + = i2 +
i=1
2 6 i=1
2 i=1
6
n
n(n + 1) X 2 n2 (n + 1)(2n + 1)
= i +
2 i=1
6
n(n + 1) n(n + 1)(2n + 1) n2 (n + 1)(2n + 1)
= × +
2 6 6
n2 (n + 1)2 (2n + 1) n2 (n + 1)(2n + 1)
= +
12 6
n2 (n + 1)(2n + 1) n + 1
 
= +1
6 2
n2 (n + 1)(2n + 1)(n + 3)
=
12
(4) Quel est le résultat affiché par la dernière instruction lorsque les instructions Scilab ci-dessus sont exécutées :
m=[-4, 1; 2, 3];
a=(m+m’).*(m-m’);
x=m(1,:)./m(2,:);
disp(a*x’);
 
−1
le vecteur affiché est
−6

1 a bt + c
Exercice 2. (1) Déterminer des réels a, b, c tels que : pour tout t ∈ R∗ , 2
= + .
t(1 + t ) t 1 + t2
La première méthode est d’identifier les coefficients après mise au dénominateur commun du membre de droite.
On peut aussi procéder directement, si on est à l’aise en calcul : pour tout réel t 6= 0,
1 (1 + t2 ) − t2 1 + t2 t2 1 t
2
= 2
= − = − .
t(1 + t ) t(1 + t ) t(1 + t ) t(1 + t2 )
2 t 1 + t2
Z √1
x 2t ln t
(2) A l’aide d’une intégration par parties, calculer l’intégrale H(x) = dt.
0 (1 + t2 )2
1
Pour tout réel t > 0, on pose u(t) = − et v(t) = ln t.
1 + t2
Les fonctions u et v sont de classe C 1 sur ]0, +∞[ et
2t 1
u0 (t) = u(t) = −
(1 + t2 )2 1 + t2
1
v(t) = ln t v 0 (t) =
t
donc par intégration par parties,
  √1x Z √1
ln t x 1
H(x) = − 2
− − dt
1+t 1 1 t(1 + t2 )
Z √1  
ln x x 1 t
= + − dt
2(1 + x1 ) 1 t 1 + t2
   
x ln x 1 1 1
= − ln x − ln 1 + − ln 2
2(x + 1) 2 2 x
x ln x 1 1 1 ln 2
= − ln x − ln(1 + x) + ln x +
2(x + 1) 2 2 2 2
x ln x 1 ln 2
= − ln(1 + x) +
2(x + 1) 2 2

(3) Etudier la limite lim H(x).


x→0
x>0
Le théorème des croissances comparées donne lim x ln x = 0. Les opérations sur les limites permettent alors d’établir :
x→0

ln 2
lim H(x) = .
x→0 2

2
(4) Justifier la dérivabilité de la fonction H sur ]0, +∞[ et exprimer H 0 (x).
On peut partir de l’expression calculée en (2) pour justifier et calculer la dérivabilité de H.
On va procéder autrement.
2t ln t 2t ln t
La fonction t 7→ est continue sur ]0, +∞[. Soit donc F une primitive de la fonction t 7→ . On a
(1 + t2 )2 (1 + t2 )2
alors H(x) = F ( √1x ) − F (1) : cela fait apparaître H comme composée et somme de fonctions dérivables donc H est
dérivable sur ]0, +∞[ et

√2 ln( √1x )
 
1 1 1 x ln x
H 0 (x) = − 3 F
0
√ =− × =
(1 + ( √1x )2 )2
3
2x 2 x 2x 2 2(1 + x)2

1 1 1
 
0 s s2 s3 

s 1 1
∗ 0 
Exercice 3. Soit s ∈ R et A la matrice A =  s s2 

 2 1
s s 0

s

s3 s2 s 0
2 2
(1) Calculer A et déterminer une relation entre A , A et I4 .
On trouve
2 2 2
 
 3 s s2 s3 
 2 2
2s 3
A2 = 
 
s s2 

 2 2
2s 2s 3

s

2s3 2s2 2s 3
et A2 = 3I4 + 2A.
(2) Montrer que A est inversible et donner la matrice A−1 .
On a : A2 − 2A = 3I4 donc A( 13 A − 23 I4 ) = I4 donc A est inversible et A−1 = 13 A − 23 I4 .
(3) Montrer, par récurrence sur n, qu’il existe des suites (an ) et (bn ) telles que :

∀n ∈ N, An = an I4 + bn A

et donner les relations entre an+1 , an , bn d’une part et entre bn+1 , an , bn d’autre part.
Pour tout n ∈ N, notons Pn la propriété : « il existe des réels an et bn tels que An = an I4 + bn A. »
— Pour n = 0 : A0 = I4 = 1I4 + 0A donc P0 est vraie.
— Pour n = 1 : A1 = A = 0I4 + 1A donc P1 est vraie.
— Pour n = 2 : A2 = 3I4 + 2A donc P2 est vraie.
— Soit n ∈ N∗ tel que Pn est vraie. Montrons que Pn+1 est vraie.

An+1 = An × A = (an I4 + bn A)A = an A + bn A2 = 3bn I4 + (an + 2bn )A


donc Pn+1 est vraie avec
an+1 = 3bn et bn+1 = an + 2bn .
Ainsi, la propriété Pn+1 est donc vraie dès que Pn est vraie.
— D’après le principe de récurrence sur N, il existe des suites (an ) et (bn ) telles que :

∀n ∈ N, An = an I4 + bn A

avec a0 = 1, b0 = 0, a1 = 0, b1 = 1 et les relations de récurrence :

an+1 = 3bn et bn+1 = an + 2bn .

(4) Etablir que la suite (an − bn ) est une suite géométrique et on exprimera an − bn en fonction de n.
Pour tout n ∈ N, an+1 − bn+1 = bn − an = (−1)(an − bn ) donc la suite (an − bn ) est une suite géométrique de raison
(−1) et : an − bn = (−1)n (a0 − b0 ) = (−1)n .
(5) On pose, pour tout n, un = (−1)n bn .

3
(a) Montrer que, pour tout entier n, un+1 = −3un − 1.
Pour tout entier naturel n,

un+1 + 3un = (−1)n+1 bn+1 + 3(−1)n bn


= (−1)n+1 (an + 2bn ) + 3(−1)n bn
= (−1)n+1 (3bn + (−1)n ) + 3(−1)n bn
= 3bn ((−1)n+1 + (−1)n ) + (−1)2n+1
= −1.

1
(b) On pose, pour tout entier n, vn = un + . Montrer que la suite (vn ) est une suite géométrique et on exprimera
4
vn en fonction de n.
Pour tout entier naturel n,
 
1 1 3 1
vn+1 = un+1 + = −3un − 1 + = −3un − = −3 un +
4 4 4 4

donc la suite (vn ) est géométrique et

(−3)n
 
n 1 n
vn = (−3) v0 = (−3) b0 + = .
4 4

(c) En déduire les expressions de an et bn en fonction de n.


On a donc : pour tout entier naturel n,

(−3)n 3n − (−1)n
   
1 1
bn = (−1)n un = (−1)n vn − = (−1)n − =
4 4 4 4
et
3n − (−1)n 3n + 3(−1)n
an = bn + (−1)n = + (−1)n =
4 4

Exercice 4. Quelques limites matricielles.


Partie 1.
On rappelle que :
N N
 
X X
N    ak bk 
X ak bk k=1 k=1

est la matrice  N N

ck dk X X 
k=1
ck dk
 
k=1 k=1
 
1 0
et on désigne par I2 la matrice .
0 1
Pour tout réel non nul t, on pose  
1 t
At = .
− 1t −1
(1) A quelle condition sur s et t, l’égalité At As = As At est-elle vérifiée ?
D’une part
1 − st
    
1 t 1 s s−t
At As = 1 1 =
− t −1 − s −1 − 1t + 1s 1 − st
et
1 − st
    
1 s 1 t t−s
As At = =
− 1s −1 − 1t −1 − 1s + 1t 1 − st
t
= st

 s
donc At As = As At si et seulement si − 1t + 1
s = − 1s + 1
t c’est à dire si et seulement si t = s.
s−t = t−s

4
(2) Calculer (At + As )2
!
 2 (s+t)2
2 2 s+t 4− st 0
(At + As ) = =
− 1t − 1
s −2 4− (s+t)2
st

(s + t)2 (s − t)2
Or 4 − =− donc
st st
(s − t)2
(At + As )2 = − I2 .
st
(s − t)2n
(3) Montrer que (At + As )2n = (−1)n I2 .
(st)n
(s − t)2
De l’égalité (At + As )2 = − I2 , il vient
st
n
(s − t)2 (s − t)2n

(At + As )2n = − (I2 )n = (−1)n I2 .
st (st)n
   
an bn a b
(4) On dit qu’une suite de matrices converge vers une matrice lorsque
cn dn c d

lim an = a, lim bn = b, lim cn = c, lim dn = d


   
a bn a b
et on note alors : lim n = .
cn dn c d
On pose pour tout entier n ∈ N∗ ,
n
X
Mn = (At + A2t )2k .
k=1

Etudier lim Mn .
n→+∞
t2k (−1)k
D’après ce qui précède, (At + A2t )2k = (−1)n I2 = I2 donc
(2t2 )k 2k
n n  k !
X (−1)k X −1
Mn = I2 = I2 .
2k 2
k=1 k=1

n  k n
1 − (− 12 )n
    
X −1 1 1 1 −1
Or =− =− 1 − (− )n et lim = 0 donc
k=1
2 2 1 + 21 3 2 2

1
lim Mn = − I2 .
3

(5) On pose pour tout entier n ∈ N∗ ,


n
X
Pn = (Ak + Ak+1 )2 .
k=1

Etudier lim Pn .
n→+∞
−1
Toujours d’après la question (3), (Ak + Ak+1 )2 = I2 donc
k(k + 1)
n
!
X 1
Pn = − I2 .
k(k + 1)
k=1

n n
X 1 X1 1 1 1
Or = − = 1 − et lim = 0 donc
k(k + 1) k k+1 n n
k=1 k=1

lim Pn = −I2

Partie 2.

5
Pour tout réel non nul t, on pose

− at
   
cos t − sin t 1
Bt = et Ct = a .
sin t cos t t 1

Dans cette partie, on s’intéresse à la limite lim (Cn )n .


n→+∞

(6) Montrer que pour tout t ∈ R et tout n ∈ N∗ , (Bt )n = Bnt . On pourra procéder par récurrence sur n.

Soit t ∈ R∗ .
Pour tout n ∈ N∗ , notons Pn la propriété : « (Bt )n = Bnt »
— Pour n = 1, l’égalité est claire : Bt = Bt !
— Soit n ∈ N∗ tel que Pn est vraie. Montrons que Pn+1 est vraie.
On a   
cos nt − sin nt cos t − sin t
(Bt )n+1 = (Bt )n × Bt = Bnt × Bt =
sin nt cos nt sin t cos t
Or     
cos nt − sin nt cos t − sin t cos nt cos t − sin nt sin t − cos nt sin t − sin nt cos t
=
sin nt cos nt sin t cos t sin nt cos t − cos nt sin t cos nt cos t − sin nt sin t
et d’après les formules de trigonométrie, on obtient
 
cos(n + 1)t − sin(n + 1)t
(Bt )n+1 = = B(n+1)t
sin(n + 1)t cos(n + 1)t

Ainsi, la propriété Pn+1 est donc vraie dès que Pn est vraie.
— D’après le principe de récurrence sur N, pour tout n ∈ N∗ , (Bt )n = Bnt .
(7) Soit n ∈ N∗ . Justifier l’existence d’un réel θn ∈ [0, 2π[ vérifiant
1 a
cos(θn ) = p a 2
et sin(θn ) = p .
1 + (n) n 1 + ( na )2
a
On pourra considérer le nombre complexe 1 + i.
n
a
Le nombre complexe 1 + i est non nul : appelons θn son argument dans [0, 2π[. La forme trigonométrique de ce
n
nombre complexe est donc r
a  a 2
1+ i= 1+ (cos θn + i sin θn )
n n
ce qui donne après identification des parties réelles et imaginaires :
r r
a 2 a a
1 + ( ) cos θn = 1 et 1 + ( )2 sin θn =
n n n
d’où les égalités demandées.
(8) Exprimer alors Cn en fonction de 1 + ( na )2 et Bθn .
p

On a  r
1 − na 1 + ( na )2 cos θn −p 1 + ( na )2 sin θn
  p p  a 2
Cn = a = p = 1+ × Bθ n
n 1 1 + ( na )2 sin θn a 2
1 + ( n ) cos θn n

(9) Exprimer alors (Cn )n en indiquant ses coefficients en fonction de a, n et θn .


On la donnera sous la forme  
n cos(un ) − sin(un )
(Cn ) = λn
sin(un ) cos(un )
Le calcul précédent donne
  a 2  n2   a 2  n2   a 2  n2  
n n cos nθn − sin nθn
(Cn ) = 1 + (Bθn ) = 1 + Bnθn = 1 +
n n n sin nθn cos nθn

  a 2  n2
(10) On s’intéresse dans cette question à la limite : lim 1+ .
n→+∞ n
ln(1 + u)
(a) Rappeler la limite lim .
u→0 u
ln(1 + u)
lim = 1.
u→0 u

6
  a 2  n2
(b) Utiliser la limite précédente pour déterminer lim 1+ .
n→+∞ n
  a 2 
n
On étudie ln 1 + :
2 n   a 2 
ln 1 +
a2
  a 2 
n n
ln 1 + =  a 2 .
2 n 2n
n
  a 2 
ln 1 +
n
Puisque lim na = 0, par composition de limites avec la précédente, lim  a 2 = 1 et par opérations sur
n→+∞
n
les limites, 
n  a 2 
lim ln 1 + =0
n→+∞ 2 n
donc   a 2  n2
lim 1+ = 1.
n→+∞ n

(11) On s’intéresse dans cette question à la limite : lim nθn .


n→+∞

π
(a) Soit n ∈ N. Montrer que 0 < θn < .
2
D’après la question (7) :
cos θn > 0, sin θn > 0 et θn ∈ [0, 2π[
Or sur l’intervalle [0, 2π[, la fonction
 π  sin est strictement positive sur ]0, π[, et la fonction cos est strictement positive
sur [0, π2 [∪] 3π
2 , 2π[, donc θ n ∈ 0, 2 .
i πh
(b) A l’aide de ses variations, étudier le signe de la fonction définie sur 0, par g(x) = sin(x) − x cos(x).
i πh 2
La fonction g est dérivable sur 0, comme somme et produit de fonctions dérivables et
2
g 0 (x) = cos x − cos x + x sin x = x sin x.
i πh
La dérivée g 0 est strictement positive sur 0, donc g est strictement croissante. Puisque lim g(x) = 0, la fonction
i πh 2 x→0
g est strictement positive sur 0, .
2 i
πh x i πh
(c) En étudiant la fonction définie sur 0, par f (x) = , montrer que pour tout x ∈ 0, ,
2 sin(x) 2
π
sin(x) ≤ x ≤ sin(x).
2
i πh x
La fonction définie sur 0, par f (x) = est dérivable comme quotient défini de fonctions dérivables et
2 sin(x)
i πh sin x − x cos x
∀x ∈ 0, , f 0 (x) = .
2 (sin x)2
i πh
La stricte positivité de la fonction g assure donc que f est strictement croissante sur 0, . Puisque lim f (x) = 1
2 x→0
π i πh
et limπ f (x) = , pour tout x ∈ 0, ,
x→ 2 2 2
x π
1≤ ≤
sin x 2
c’est à dire encore
π
sin(x) ≤ x ≤ sin(x).
2
(d) En déduire lim θn .
n→+∞
i πh
Puisque θn ∈ 0, , on a
2
π
sin(θn ) ≤ θn ≤ sin(θn )
2

7
et d’après la question (7),
a πa
a 2
≤ θn ≤ p .
2n 1 + ( na )2
p
n 1 + (n)
a πa
Puisque lim p = lim p = 0, le théorème de convergence par encadrement donne alors
n 1 + ( na )2 2n 1 + ( na )2
lim θn = 0.
sin(u)
(e) En utilisant la limite lim , déterminer lim nθn .
u→0 u n→+∞
a θn a
D’après la question (7), sin θn = p a 2
donc = donc
nθn 1 + ( na )2
p
n 1 + (n) θn
r  a 2
a
nθn = sin θn
1+ .
θn
n

sin θn
Puisque lim θn = 0, on a lim = 1 et par opérations sur les limites :
θn
lim nθn = a.

(12) En déduire la limite lim (Cn )n


n→+∞
Des résultats précédents, on tire  
cos a − sin a
lim(Cn )n = .
sin a cos a

8
Mathématique ECS 1
15 décembre 2015
Concours blanc 1.

Veillez à bien justifier vos réponses : un exercice bien traité rapporte des points, un exercice traité de façon non rigoureuse
ne rapporte pas de points. Malus de 2 points pour les copies mal rédigées. La durée de l’épreuve est de 4 heures. Aucune
sortie avant la fin de l’épreuve. Les calculatrices ne sont pas autorisées.

Si, au cours de l’épreuve, vous repérez ce qui vous semble être une erreur d’énoncé, signalez le sur votre copie et poursuivez
votre composition en expliquant les raisons des initiatives que vous êtes amenés à prendre.

Ce sujet comporte quatre exercices indépendants.

Exercice 1. Applications du cours.


(1) Soit (un )n∈N la suite arithmético-géométrique définie par u0 = 6 et la relation de récurrence un+1 = 3un −8. Exprimer
un en fonction de n.
La méthode a été vue en cours. On trouve un = 2 × 3n + 4.
(2) Enoncer l’inégalité de Cauchy-Schwarz (tout énoncé incomplet ne donnera lieu à aucun point).
  
k 2n k
X
(3) Simplifier la somme double (−1) .
k j
0≤j≤k≤2n

   X2n   k  
X 2n k 2n X k
(−1)k = (−1)k
k j k j=0
j
0≤j≤k≤2n k=0
2n  
X 2n
= (−1)k 2k
k
k=0
2n  
X 2n
= (−2)k = (1 − 2)2n
k
k=0
= (−1)2n = 1

(4) Etudier l’inversibilité et, le cas échéant, calculer l’inverse, de la matrice


 
0 1 −1
M = 0 −1/2 1  .
1 5/2 −7
Toutes les opérations
 devrontêtre indiquées sur la copie.
2 9 1
On trouve M −1 = 2 2 0 .
1 2 0

Z π
cos nx
4
Exercice 2. Pour tout n ∈ N∗ , on pose In = dx.
0 (cos x)n
(1) Soit n ∈ N∗ . En intégrant par parties, montrer que
Z π4 √
sin nx sin x ( 2)n sin( nπ
4 )
n+1
dx = − In .
0 (cos x) n
Cette question comportait une erreur d’énoncé.
Pour tout x ∈ 0, π4 , on pose u(x) = n(cos1 x)n et v(x) = sin(nx) : les fonctions u, v sont de classe C 1 sur 0, π4 .
   

Par intégration par parties,

Z π  π Z π
4 sin nx sin x sin(nx) 4 4 cos nx
dx = − dx
0 (cos x)n+1 n(cos x)n 0 0 (cos x)n
√ n
( 2) sin( nπ4 )
= − In .
n

1
(2) Grâce au résultat précédent, établir une relation de récurrence entre In+1 et In .

Z π
4 cos(n + 1)x
In+1 = dx
0 (cos x)n+1
π
cos(nx) cos x − sin(nx) sin x
Z 4
= dx
0 (cos x)n+1
Z π4 Z π4
cos(nx) cos x sin(nx) sin x
= n+1
dx − dx
0 (cos x) 0 (cos x)n+1
√ !
( 2)n sin( nπ4 )
= In − − In
n

( 2)n sin( nπ4 )
= 2In − .
n

Ip+1 Ip
(3) En considérant − p , montrer que
2p+1 2
n−1
!
π X sin( kπ )
In = 2n − √4
8 2k( 2)k
k=1

Partons de l’indication : pour p ∈ N∗



Ip+1 Ip ( 2)p sin( pπ
4 )
p+1
− p =− p+1
2 2 p2
√ !p
sin( pπ
4 ) 2
=− ×
2p 2
sin( pπ )
=− √4
2p( 2)p

et par sommation de ces égalités (télescopage)


n−1
In I1 X Ip+1 Ip
− = − p
2n 21 p=1
2p+1 2
n−1
X sin( pπ )
=− √4
p=1
2p( 2)p
n−1

In I1 X sin( 4 )
= − √
2n 21 p=1 2p( 2)p
n−1
!

π X sin( 4 )
In = 2n − √
8 p=1 2p( 2)p

Z π
4 π
puisque le calcul de I1 donne I1 = 1dx = .
0 4

Exercice 3. Pour une fonction f : [0, 1] −→ R , on pose pour tout n ∈ N∗ et tout x ∈ [0, 1],
n    
X n k
Sn (f, x) = f xk (1 − x)n−k .
k n
k=0

On prendra garde dans cet exercice à ne pas confondre les variables n et x.


(1) Déterminer, dans chacun des cas suivants, la forme simplifiée de Sn (f, x) et la limite lim Sn (f, x) si elle existe :
n→+∞
(a) f est la fonction définie par f (x) = 1, pour tout x ∈ [0, 1]

2
n  
X n
Sn (f, x) = xk (1 − x)n−k
k
k=0
= (x + 1 − x)n
=1

donc lim Sn (f, x) = 1.


n→+∞
(b) f est la fonction définie par f (x) = x, pour tout x ∈ [0, 1]
Dans le calcul ci-dessous, on utilise la formule d’absorption-extraction :
   
n n n−1
=
k k k−1

n  
X n k
Sn (f, x) = xk (1 − x)n−k
k n
k=0
n  
X n k k
= x (1 − x)n−k
k n
k=1
n  
X n−1 k
= x (1 − x)n−k
k−1
k=1
n  
X n − 1 k−1
=x× x (1 − x)(n−1)−(k−1)
k−1
k=1
n−1
X n − 1 
=x× xj (1 − x)(n−1)−j
j=0
j
= x × (x + 1 − x)n−1
=x

donc lim Sn (f, x) = x.


n→+∞

(c) f est la fonction définie par f (x) = x2 , pour tout x ∈ [0, 1]

n   2
X n k
Sn (f, x) = xk (1 − x)n−k
k n2
k=0
n  
X k n−1 k
= x (1 − x)n−k
n k−1
k=1
n  
X k−1+1 n−1 k
= x (1 − x)n−k
n k−1
k=1
n   n  
X k−1 n−1 k n−k
X 1 n−1 k
= x (1 − x) + x (1 − x)n−k
n k−1 n k−1
k=1 k=1
n   n  
X n−1 n−2 k n−k 1 X n−1 k
= x (1 − x) + x (1 − x)n−k
n k−2 n k−1
k=2 k=1
n  
n−1 2 X n − 2 k−2 1
= x x (1 − x)(n−2)−(k−2) + x
n k−2 n
k=2
n  
n−1 2X n−2 j 1
= x x (1 − x)(n−2)−j + x
n j=0
j n
n−1 2 1
= x (x + 1 − x)n−2 + x
n n
n−1 2 1
= x + x
n n
donc lim Sn (f, x) = x2 puisque lim n−1 1
n = 1 et lim n = 0.
n→+∞

3
(2) Dans cette question, on pose, pour tout x ∈ [0, 1] , f (x) = ex .
(a) Vérifier que, pour tout n ∈ N∗ et tout x ∈ [0, 1]
 1
n
Sn (f, x) = 1 + x(e n − 1)

n  
X n k k
Sn (f, x) = e n x (1 − x)n−k
k
k=0
n  
X n 1
= (e n x)k (1 − x)n−k
k
k=0
1
= (xe n + 1 − x)n
 1
n
= 1 + x(e n − 1)

(b) Déterminer lim Sn (f, x)


n→+∞
— Si x = 0 alors Sn (f, 0) = 1 donc lim Sn (f, 0) = 1.
n→+∞
— Si x > 0
 1

ln(Sn (f, x)) = n ln 1 + x(e n − 1)
 1

ln 1 + x(e n − 1) 1
en − 1
= 1 × 1
en − 1 n
1
ln (1 + tn ) e n − 1
=x× × 1
tn n

1 ln (1 + u) eu − 1
où on a posé tn = x(e n − 1). D’après les limites bien connues lim = 1 et lim = 1, on a
1
u→0 u u→0 u
en − 1 ln (1 + tn )
lim 1 = 1 et lim = 1 de sorte que lim ln(Sn (f, x)) = x et par conséquent lim Sn (f, x) = ex .
n
tn n→+∞ n→+∞

(3) Dans cette question, la fonction f est une fonction dérivable quelconque sur [0, 1] et on pose pour tout x ∈
[0, 1], g(x) = xf (x). Vérifier que pour tout x ∈ [0, 1] et tout n ∈ N∗ ,

x(1 − x) 0
Sn (g, x) = Sn (f, x) + xSn (f, x)
n
où Sn0 (f, x) est la dérivée par rapport à x de Sn (f, x).
D’une part,
n    
x(1 − x) 0 x(1 − x) X n k  k 0
Sn (f, x) = f x (1 − x)n−k
n n k n
k=0
n    
x(1 − x) X n k  k−1
(1 − x)n−k − (n − k)xk (1 − x)n−1−k

= f kx
n k n
k=0
n    
x(1 − x) X n k
= f xk−1 (1 − x)n−1−k [k(1 − x) − (n − k)x]
n k n
k=0
n    
x(1 − x) X n k
= f xk−1 (1 − x)n−1−k (k − nx)
n k n
k=0
n     
X k − nx n k
= f xk (1 − x)n−k
n k n
k=0
puis d’autre part
n    
X n k
xSn (f, x) = x f xk (1 − x)n−k
k n
k=0
n     
X nx  n k
= f xk (1 − x)n−k
n k n
k=0

4
et par addition
n
    
x(1 − x) 0 X k n k
Sn (f, x) + xSn (f, x) = f xk (1 − x)n−k
n n k n
k=0
n    
X n k
= g xk (1 − x)n−k
k n
k=0
= Sn (g, x)

(4) Etablir, pour tout n ∈ N∗ et pour tout x ∈ [0, 1], l’égalité :


n   2
X n k x(1 − x)
−x xk (1 − x)n−k =
k n n
k=0

 2
k
Posons pour tout x ∈ [0, 1], a(x) = 1, b(x) = x et c(x) = x2 . En développant −x :
n
 2  2      
k k k 2 2 k k k
−x = − 2x + x = x a − 2xb +c
n n n n n n

et en utilisant les résultats de la question (1), on obtient :

n   2
X n k
−x xk (1 − x)n−k = x2 Sn (a, x) − 2xSn (b, x) + Sn (c, x)
k n
k=0
n−1 2 1
= x2 − 2x2 + x + x
n n
1
= (x − x2 )
n
x(1 − x)
= .
n

1
(5) Dans cette question, on pose, pour tout x ∈ [0, 1] , f (x) = .
1+x
(a) Vérifier que, pour tout n ∈ N∗ et tout x ∈ [0, 1],
Z 1
n
Sn (f, x) = n tn−1 (1 − x(1 − t)) dt
0

Soit t ∈ [0, 1] et x ∈ [0, 1]. Grâce à la formule du binôme


n  
n n
X n
(1 − x(1 − t)) = ((1 − x) + xt) = (xt)k (1 − x)n−k
k
k=0

donc
n  
n−1 n
X n
t (1 − x(1 − t)) = tn−1+k xk (1 − x)n−k
k
k=0

et en intégrant
n  
!
Z 1 Z 1
n−1 n
X n n−1+k k n−k
t (1 − x(1 − t)) dt = t x (1 − x) dt
0 0 k
k=0
n   Z 1
X n k
= x (1 − x)n−k tn−1+k dt
k 0
k=0
n  
X n k 1
= x (1 − x)n−k
k n+k
k=0

5
puis
Z 1 n  
n
X n n
n tn−1 (1 − x(1 − t)) dt = xk (1 − x)n−k
0 k n+k
k=0
n  
X n k 1
= x (1 − x)n−k
k=0
k 1 + nk
n    
X n k
= f xk (1 − x)n−k
k n
k=0
= Sn (f, x)
(b) Etablir, pour n ∈ N et (a, b) ∈ [0, 1]2 , l’inégalité |an − bn | ≤ n|a − b|.
— Si a = b, c’est clair.
— Si a 6= b alors d’après la formule géométrique
n−1
!
X
n n k n−1−k
a − b = (a − b) a b
k=0

puis en passant à la valeur absolue,


n−1
X k n−1−k
|an − bn | = |a − b| × a b
k=0

et l’inégalité triangulaire donne


n−1 n−1 n−1
X k n−1−k X k n−1−k X
a b ≤ |a b |≤ 1=n
k=0 k=0 k=0

donc
|an − bn | ≤ n|a − b|.
(c) En déduire, pour n ∈ N∗ et pour tous réels x, x0 et t de [0, 1], l’inégalité :
|(1 − x(1 − t))n − (1 − x0 (1 − t))n | ≤ n(1 − t)|x − x0 |
puis
|Sn (f, x) − Sn (f, x0 )| ≤ |x − x0 |
Soient x, x0 et t des réels de [0, 1].
Prenons a = 1 − x(1 − t) et b = 1 − x0 (1 − t) : l’inégalité précédente donne alors
|(1 − x(1 − t))n − (1 − x0 (1 − t))n | = |an − bn | ≤ n|a − b| = n(1 − t)|x − x0 |.
Passons à la seconde inégalité :
Z 1 Z 1
n n
Sn (f, x) − Sn (f, x0 ) = n tn−1 (1 − x(1 − t)) dt − n tn−1 (1 − x0 (1 − t)) dt
0 0
Z 1
n n
=n n−1
t (1 − x(1 − t)) − (1 − x0 (1 − t)) dt
0
En appliquant l’inégalité triangulaire intégrale combinée avec l’inégalité précédente, on a
Z 1
n n
|Sn (f, x) − Sn (f, x0 )| ≤ n (1 − x(1 − t)) − (1 − x0 (1 − t)) dt
n−1
t
0
Z 1
≤n tn−1 n(1 − t)|x − x0 |dt
0
Z 1
≤ n|x − x0 | tn−1 n(1 − t)dt
0
Z 1
≤ n|x − x0 | (tn−1 − tn )dt
0
 
1 1
≤ n|x − x0 | −
n n+1
 
n
≤ |x − x0 | 1 −
n+1
≤ |x − x0 |
n
puisque 0 < 1 − < 1.
n+1

6
(d) Déduire de (c) que : ∀x ∈ [0, 1], |Sn0 (f, x)| ≤ 1
La fonction x 7→ Sn (f, x) est polynômiale donc dérivable sur [0, 1].
Soit x ∈ [0, 1]. Par définition de la dérivablité :
Sn (f, t) − Sn (f, x)
Sn0 (f, x) = lim
t→x t−x
et d’après la question précédente
S (f, t) − S (f, x)
n n
∀t ∈ [0, 1]\{x}, ≤1

t−x
donc par prolongement des inégalités aux limites
S (f, t) − S (f, x)
n n
|Sn0 (f, x)| = lim ≤1

t→x t−x
(e) En remarquant que xf (x) = 1 − f (x), montrer que
x(1 − x) 0
∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ [0, 1], Sn (f, x) = 1 − (1 + x)Sn (f, x).
n
Soit x ∈ [0, 1] et n ∈ N∗ .
D’après la question (3),
x(1 − x) 0
Sn (f, x) + xSn (f, x) = Sn (g, x)
n
où g est définie par g(x) = xf (x). Dans cette question, on a g(x) = 1 − f (x) donc
n    
X n k
Sn (g, x) = 1−f xk (1 − x)n−k = 1 − Sn (f, x)
k n
k=0

donc
x(1 − x) 0
Sn (f, x) + xSn (f, x) = 1 − Sn (f, x)
n
d’où la conclusion
x(1 − x) 0
Sn (f, x) = 1 − (1 + x)Sn (f, x).
n
(f ) En déduire, que pour tout entier n ∈ N∗ et tout réel x ∈ [0, 1],
1
|Sn (f, x) − f (x)| ≤
4n
puis déterminer la limite lim Sn (f, x).
n→+∞
Soit x ∈ [0, 1].
D’après la question précédente
(1 + x)S (f, x) − 1
n
|Sn (f, x) − f (x)| =

1+x

x(1 − x) 0
= Sn (f, x)

n(1 + x)
x(1 − x)

n
1
puisque |Sn (f, x)| ≤ 1 et ≤ 1.
1+x
Une étude rapide de la fonction y 7→ y(1 − y) sur [0, 1] montre que le maximum de cette fonction est obtenu pour
1 1 1
y = et ce maximum vaut donc x(1 − x) ≤ ce qui donne
2 4 4
1
|Sn (f, x) − f (x)| ≤ .
4n
Cette inégalité se réecrit
1 1
f (x) −
≤ Sn (f, x) ≤ f (x) +
4n 4n
et d’après le théorème de convergence par encadrement
lim Sn (f, x) = f (x).
n→+∞

7
Exercice 4 (Autour de la suite de Fibonacci.). On définit une suite (fn )n≥1 en posant

f1 = 1, f2 = 1 et pour tout n ∈ N∗ , fn+2 = fn+1 + fn .


 
fn+1
et on introduit aussi le vecteur colonne défini pour tout n ∈ N∗ , par Xn = .
fn
2
(1) Pour tout n ∈ N, on pose vn = fn+2 − fn+1 fn+3 .
(a) Calculer v0 , v1 et v2 .
On a f1 = f2 = 1 puis f3 = 2, f4 = 3, f5 = 5.

v0 = f22 − f1 f3 = 1 − 2 = −1, v1 = f32 − f2 f4 = 22 − 3 = 1, v2 = f42 − f3 f5 = 32 − 10 = −1.

(b) Montrer que pour tout n ∈ N∗ , vn = −vn−1 .

2
vn = fn+2 − fn+1 fn+3
2
= fn+2 − fn+1 (fn+2 + fn+1 )
2
= fn+2 (fn+2 − fn+1 ) − fn+1
2
= fn+2 fn − fn+1
= −vn−1

(c) En déduire, pour tout n ∈ N, vn en fonction de n.


La suite (vn ) est géométrique de raison −1 et de premier terme −1 donc
2
∀n ∈ N, vn = fn+2 − fn+1 fn+3 = (−1)(−1)n = (−1)n+1

(d) A l’aide du résultat obtenu, expliquer la supercherie ci-dessous (pour être prise en compte, toute explication devra
obligatoirement s’appuyer sur un calcul.)

(2) Soit n ∈ N∗ .
(a) Déterminer la matrice A telle que Xn+1 = AXn .
Pour tout n ∈ N       
fn+2 1 1 fn+1 1 1
Xn+1 = = = Xn
fn+1 1 0 fn 1 0
 
fn+1 fn
(b) Montrer que, pour n ≥ 2, An = .
fn fn−1
 
fn+1 fn
Pour tout n ∈ N tel que n ≥ 2, notons Pn la propriété : « A = n

fn fn−1
— Pour n = 2, l’égalité est claire puisque
      
1 1 1 1 2 1 f3 f2
A2 = = =
1 0 1 0 1 1 f2 f1

— Soit n ∈ N∗ tel que Pn est vraie. Montrons que Pn+1 est vraie. On a donc
      
n+1 n fn+1 fn 1 1 fn+1 + fn fn+1 fn+2 fn+1
A =A ×A= = =
fn fn−1 1 0 fn + fn−1 fn fn+1 fn

Ainsi, la propriété Pn+1 est donc vraie dès que Pn est vraie.
— D’après le principe de récurrence sur N, pour tout n ∈ N∗ tel que n ≥ 2,
 
fn+1 fn
An = .
fn fn−1

8
(c) Etablir, pour tout p ∈ N, la relation fn+p+1 = fn fp+1 + fn+1 fp+2 . On pourra considérer An × Ap+1 .
Soit p ∈ N.
Partons de l’égalité An+p+1 = An × Ap+1 :
    
fn+p+1 fn+p fn+1 fn fp+2 fp+1
=
fn+p fn+p−1 fn fn−1 fp+1 fp
 
fn+1 fp+2 + fn fp+1 fn+1 fp+1 + fn fp
= .
fn fp+2 + f − n − 1fp+1 fn fp+1 + fn−1 fp

et en égalisant les coefficients d’indice (1, 1) on obtient

fn+p+1 = fn fp+1 + fn+1 fp+2 .

3
(d) Etablir, d’une manière analogue, la relation : f3n = fn+1 + fn3 − fn−1
3
.
3n n 3
Partons cette fois de l’égalité A = (A ) : on a
     
f3n+1 f3n fn+1 fn fn+1 fn fn+1 fn
=
f3n f3n−1 fn fn−1 fn fn−1 fn fn−1
2 2
  
fn+1 + fn fn+1 fn + fn fn−1 fn+1 fn
=
fn fn+1 + fn−1 fn fn2 + fn−1
2
fn fn−1

puis en égalisant les coefficients d’indice (1, 1) et (2, 2), on obtient :


2
f3n+1 = (fn+1 + fn2 )fn+1 + (fn+1 fn + fn fn−1 )fn
f3n−1 = (fn+1 fn + fn fn−1 )fn + (fn2 + fn−1
2
)fn−1

ce qui donne par différence :

f3n = f3n+1 − f3n−1


2
= (fn+1 + fn2 )fn+1 − (fn2 + fn−1
2
)fn−1
3 3
= fn+1 − fn−1 + fn2 fn+1 − fn2 fn−1
3 3
= fn+1 − fn−1 + fn2 (fn+1 − fn−1 )
3 3
= fn+1 − fn−1 + fn3

(3) (a) Déterminer les racines de l’équation x2 − x − 1 = 0. On notera ω la racine positive.


Le discriminant du trinôme est ∆ = 1 + 4 = 5 donc l’équation admet deux racines réelles qui sont :
√ √
1+ 5 1− 5
et .
2 2

1+ 5 1
On pose donc ω = . L’autre racine est alors − .
2 ω
(b) Soit n ∈ N∗ . Montrer que
ωfn+2 + fn+1
ω= .
ωfn+1 + fn
Pour tout n ∈ N∗ ,

ωfn+2 + fn+1 = ω(fn+1 + fn ) + fn+1


= (ω + 1)fn+1 + ωfn
= ω 2 fn+1 + ωfn puisque ω 2 − ω − 1 = 0
= ω(ωfn+1 + fn )

ce qui assure l’égalité attendue


ωfn+2 + fn+1
= ω.
ωfn+1 + fn

9
(c) On donne 3
2 < ω < 2. A l’aide d’un raisonnement par récurrence, montrer que pour tout n ∈ N∗ ,
f2n+2 f2n+1
<ω<
f2n+1 f2n
(on pourrra remarquer que ω = 1 + ω1 ).
Cette question comportait une erreur d’énoncé.
Il est clair que la suite (fn ) est strictement positive.
Pour tout n ∈ N∗ , notons Qn la propriété : « ff2n+1
2n+2
<ω< f2n+1
f2n »
— Pour n = 1, l’encadrement donné 3
2 < ω < 2 se réecrit f4
f3 <ω< f3
f2 donc Q0 est vérifiée.
f2n+2 f2n+1
— Soit n ∈ N tel que Qn est vraie. Montrons que Qn+1 est vraie. On suppose donc

f2n+1 <ω< f2n .
— Etudions le signe de f2n+4 − ωf2n+3 : d’abord
f2n+4 − ωf2n+3 = f2n+3 + f2n+2 − ωf2n+3
= (1 − ω)f2n+3 + f2n+2
= (1 − ω)(f2n+2 + f2n+1 ) + f2n+2
= (1 − ω)f2n+2 + f2n+2 + (1 − ω)f2n+1
1 1
= − f2n+2 + f2n+2 − f2n+1
ω  ω
1 1
= 1− f2n+2 − f2n+1
ω ω
(ω − 1)f2n+2 − f2n+1
=
ω
f2n+2 − ωf2n+1
=
ω2
et par hypothèse de récurrence f2n+2 < ωf2n+1 donc
f2n+4 − ωf2n+3 < 0
et par conséquent
f2n+4
< ω.
f2n+3
— Etudions maintenant le signe de f2n+3 − ωf2n+2 : on a
f2n+3 − ωf2n+2 = f2n+2 + f2n+1 − ωf2n+2
= (1 − ω)f2n+2 + f2n+1
1
= − f2n+2 + f2n+1
ω
ωf2n+1 − f2n+2
=
ω
f2n+2
et par hypothèse de récurrence f2n+1 < ω donc ωf2n+1 − f2n+2 > 0 et puisque ω > 0, on a f2n+3 − ωf2n+2 > 0 et
par conséquent
f2n+3
ω<
f2n+2
Ainsi, la propriété Qn+1 est donc vraie dès que Qn est vraie.
— D’après le principe de récurrence sur N, pour tout n ∈ N,
f2n+2 f2n+1
<ω< .
f2n+1 f2n

(5) Ecrire un script Scilab demandant à l’utilisateur un entier n, n’utilisant aucune boucle (ni boucle for, ni boucle while)
f2n+3 f2n+2
et permettant le calcul des quotients et .
f2n+2 f2n+1
Les termes qui apparaissent sont les coefficients de la matrice A2n+2 :
n=input(’valeur de n : ’)
A=[1, 1; 1, 0];
M=A^(2*n+2);
q1=M(1,1)/M(2,1)
q2=M(2,1)/M(2,2)

10
Mathématique ECS 1
23 janv. 2016

Corrigé du devoir surveillé 5.

Veillez à bien justifier vos réponses : un exercice bien traité rapporte des points, un exercice traité de façon non rigoureuse
ne rapporte pas de points. Malus de 2 points pour les copies mal rédigées. La durée de l’épreuve est de 4 heures. Aucune
sortie avant la fin de l’épreuve. Les calculatrices ne sont pas autorisées.

Si, au cours de l’épreuve, vous repérez ce qui vous semble être une erreur d’énoncé, signalez le sur votre copie et poursuivez
votre composition en expliquant les raisons des initiatives que vous êtes amenés à prendre.

Ce sujet comporte quatre exercices indépendants.

Exercice 1. On considère la suite (un ) définie par récurrence comme suit : on pose u0 = 0 et pour tout entier n ∈ N∗ ,
p
un = n + un−1

(1) Montrer que (un ) est une suite positive et croissante. On pourra raisonner par récurrence.
Pour tout n ∈ N∗ , notons Pn la propriété : « 0 ≤ un ≤ un+1 »

— Pour n = 0, on a u0 = 0 et u1 = 1 + u0 = 1 donc P0 est vraie.
— Soit n ∈ N tel que Pn est vraie. Montrons que Pn+1 est vraie.
√ √
On a un+2 = n + 2 + un+1 et un+1 = n + 1 + un : par hypothèse de récurrence, un , un+1 sont positifs donc
un+1 , un+2 sont positifs. Pour comparer un+1 et un+2 , on compare donc les carrés :

u2n+2 − u2n+1 = n + 2 + un+1 − n − 1 − un = 1 + un+1 − un ,

et par hypothèse de récurrence, un+1 − un ≥ 0 donc u2n+2 ≥ u2n+1 et par suite un+2 ≥ un+1 .
Ainsi, la propriété Pn+1 est donc vraie dès que Pn est vraie.
— D’après le principe de récurrence sur N, pour tout n ∈ N, 0 ≤ un ≤ un+1 .

(2) En déduire que : pour tout n ∈ N, un ≥ n.
Puisque la suite (un ) est positive, pour tout n ∈ N∗
p √
un = n + un−1 ≥ n

et cela reste vraie pour n = 0.



(3) On pose, pour tout n ∈ N, vn = un − n.
un−1
(a) Montrer que pour tout n ∈ N, vn = √ et en déduire l’encadrement 0 < vn < 1 pour tout entier n ≥ 2.
un + n
Pour tout n ∈ N, √√
√ (un −
n)(un + n) u2 − n un−1
vn = un − n= √ = n √ = √
un + n un + n un + n
√ √ √
Soit n ∈ N tel que n ≥ 2 maintenant. D’après (2), un ≥ n donc un + n ≥ 2 n et par conséquent : vn ≥
Puisque la suite (un ) est croissante, on a 1 = u1 ≤ un−1 ≤ un donc
un
vn ≤ √ < 1.
un + n
√ √ √
D’après (2), un ≥ n donc un + n ≥ 2 n > 0 et un−1 ≥ u1 > 0 donc
un−1
0< √ = vn
un + n

d’où l’encadrement
0 < vn < 1.

1
√ √
n−1 n−1+1
(b) En déduire, pour tout entier n ≥ 3, l’encadrement : √ < vn < √ .
2 n+1 2 n
Soit n ∈ N tel que n ≥ 3.
√ √ √ √ √
L’encadrement 0 < vn < 1 se reformule n < un < 1 + n, qui implique 2 n < un + n < 1 + 2 n et par
conséquent
1 1 1
(e1 ) : √ < √ < √
1+2 n un + n 2 n
Par ailleurs, l’encadrement 0 < vn−1 < 1 est aussi vrai (car n − 1 ≥ 2) donc
√ √
(e2 ) : n − 1 < un−1 < 1 + n − 1.
un−1
Comme vn = √ et puisque les encadrements (e1 ) et (e2 ) font intervenir des termes positifs, on peut
un + n
multiplier membre à membre pour obtenir :
√ √
n−1 n−1+1
√ < vn < √ .
2 n+1 2 n

(c) Conclure à la convergence de la suite (vn ) et à sa limite éventuelle.



n−1 1
Montrons que lim √ = .
2 n+1 2

Pour tout entier n ≥ 3, après factorisation par n au numérateur et dénominateur, on obtient


q
n−1 1 − n1
√ =
2 n+1 2 + √1n

et par opération sur les limites, il est clair que



n−1 1
lim √ = .
2 n+1 2

On montre de même, que √


n−1+1 1
√ = .
2 n 2
1
Le théorème de convergence par encadrement assure alors que la suite (vn ) converge vers .
2
(4) Compléter le programme Scilab suivant pour qu’il calcule le terme un de la suite :
n=input(’Entrez une valeur de n’);
u=0;
for j=1:n do
u=sqrt(j+u);
end;

(5) Donner le résultat du programme suivant sous sa forme exacte (on ne demande pas de valeur approchée) :
u=0;
for j=5:(-1):1 do
u=sqrt(j+u);
end;
s r

q p
Ce programme calcule 1+ 2+ 3+ 4+ 5

Exercice 2. Soit (ak )k≥0 une suite de réels strictement positifs.


n
ak xk − a0
P
Pour tout entier n ≥ 1, on définit la fonction fn sur [0, +∞[ par : fn (x) =
k=1

(1) Montrer que l’équation fn (x) = 0 admet une unique solution positive. On note λn cette racine.
Pour k ∈ N∗ , les fonctions x 7→ xk sont strictement croissantes et puisque ak > 0, les fonctions x 7→ ak xk sont
strictement croissantes.

2
La fonction fn est une somme d’une fonction croissante x 7→ −a0 et de fonctions strictement croissantes x 7→ ak xk
donc fn est strictement croissante sur R+ . La fonction fn est également continue sur R+ comme fonction polynômiale
sur R+ .
Enfin, fn (0) = −a0 < 0 et lim fn (x) = +∞ (par opérations sur les limites) donc d’après le théorème des valeurs
x→+∞
intermédiaires appliqué aux fonctions strictement monotones, l’équation fn (x) = 0 admet une unique solution dans
R+ .
(2) Montrer que pour tout n ∈ N∗ , fn+1 (λn ) = an+1 λn+1
n . En utilisant les variations de fn+1 , établir que la suite (λn )n≥1
est strictement décroissante. En déduire que cette suite converge vers une limite λ.
Soit n ∈ N∗ . Pour tout x ≥ 0, on a
n+1
X n
X
fn+1 (x) = ak xk − a0 = an+1 xn+1 + ak xk − a0 = an+1 xn+1 + fn (x)
k=1 k=1

donc fn+1 (λn ) = an+1 λn+1


n + fn (λn ) = an+1 λn+1
n puisque fn (λn ) = 0.
Puisque fn (0) = −a0 < 0, on a λn > 0 et comme an+1 > 0, on a an+1 λnn > 0. On dispose donc de l’inégalité
0 = fn+1 (λn+1 ) < fn+1 (λn ) = an+1 λnn
et comme la fonction fn+1 est strictement croissante (c’est établi en (1)), on en déduit λn+1 < λn .
La suite (λn ) est donc strictement décroissante et minorée par 0 : elle est donc convergente d’après le théorème de la
limite monotone.
(3) Dans cette question, on suppose que pour tout entier k ≥ 0, on a : ak = k + 1.
(a) Montrer que 0 ≤ λ < 1.
Soit λ la limite de la suite (λn ) associée au choix de la suite (ak ) définie par ak = k + 1.
Puisque la suite (λn ) est positive, sa limite ne peut être que positive ou nulle d’où le caractère positif de λ .
Soit n ∈ N∗ . Le calcul de fn (1) donne :
n
X n(n + 1)
fn (1) = (k + 1) − 1 = +n−1>0
2
k=1

donc fn (λn ) < fn (1) et par stricte croissance de fn , on a donc λn < 1.


La suite (λn ) est donc majorée par 1 et puisque la suite (λn ) est strictement décroissante, on a pour tout n ∈ N∗
λ < λn < 1
d’où l’encadrement : 0 ≤ λ < 1.
(b) Montrer la relation suivante : (n + 1)λn+2
n − (n + 2)λn+1
n + 1 = 2(1 − λn )2 (on pourra exprimer fn (x) en fonction
n+1
P k
de la dérivée de x .)
k=0
Soit n ∈ N∗ et 0 ≤ x < 1.

n
X
fn (x) = (k + 1)xk − 1
k=1
n
!0
X
k+1
= x −1
k=1
n+1
!0
X
k
= x −1
k=2
n+1
!0
X
k
= x −1−x −1
k=0
n+1
!0
X
k
= x −2
k=0
0
1 − xn+2

= −2
1−x
−(n + 2)xn+1 (1 − x) + 1 − xn+2
= −2
(1 − x)2
−(n + 2)xn+1 (1 − x) + 1 − xn+2 − 2(1 − x)2
=
(1 − x)2

3
Le numérateur se réexprime encore en −(n + 2)xn+1 + 1 + (n + 1)xn+2 − 2(1 − x)2 .
Puisque λn < 1 et puisque fn (λn ) = 0, on a
−(n + 2)λn+1
n + 1 + (n + 1)λn+2
n − 2(1 − λn )2 = 0
donc
−(n + 2)λn+1
n + 1 + (n + 1)λn+2
n = 2(1 − λn )2
qui est la relation attendue.
(c) Etudier la limite lim λnn .
n→+∞
On étudie la suite (ln(λnn )) = (n ln(λn )) : il y a deux cas à distinguer
— si lim λn = λ > 0 alors lim ln(λn ) = ln(λ) < 0 puisque on sait λ < 1 et par opérations sur les limites :
lim n ln(λn ) = −∞,
— si lim λn = 0 alors lim ln(λn ) = −∞ et par opérations sur les limites : lim n ln(λn ) = −∞,
donc dans les deux cas lim n ln(λn ) = −∞ et par conséquent
lim λnn = 0.

(d) En déduire la valeur de λ.


Il ne faut pas aller vite à cette question : on ne peut pas déduire lim nλnn = 0 directement de ce qui prà cède.
c
On a  
ln(n) 1
ln(nλnn ) = ln(n) + n ln(λn ) = n ln(λn ) 1 + ×
n ln(λn )
1 ln n
Que la suite (λn ) tende vers 0 ou vers une limite strictement positive, la suite ( ln(λ n)
) est bornée et lim =0
n
ln(n) 1
donc lim × = 0. Le résultat précédent lim n ln(λn ) = −∞ donne alors lim ln(nλnn ) = −∞ donc
n ln(λn )
lim nλnn = 0.
De ce résultat, on tire alors
lim (n + 2)λn+1
n = lim (nλnn × λn ) = 0et lim (n + 1)λn+2
n = lim (nλnn × λ2n ) = 0
comme produit de suites bornées par une suite tendant vers 0.
Par conséquent, la relation en (3b) permet d’avoir lim 2(1 − λn )2 = 1 et par ailleurs lim 2(1 − λn )2 = 2(1 − λ)2 .
On en déduit donc
1
λ=1− √ .
2

Exercice 3. Une urne contient quatre boules rouges, quatre boules blanches et quatre boules noires.
On prélève simultanément quatre boules dans l’urne. On suppose les boules indiscernables au toucher.
(1) Décrire ce qu’est un résultat possible pour cette expérience et déterminer le nombre de cas possibles (le cardinal de
l’univers).
 12 × 10 × 11 × 9
Un résultat possible est une 4-combinaison : il y en a au total 12
4 = = 495.
4!
(2) Calculer la probabilité que d’un prélèvement unicolore (c’est à dire les quatre boules soient de la même couleur).
Notons U l’événement « les quatre boules sont de la même couleur », Il y a trois 4-combinaison formées de quatre
boules de la même couleur :
3 1
P (U ) = = .
495 165

(3) (a) Quelle est la probabilité d’un prélèvement bicolore composé de boules rouges et blanches ?
Notons V l’événement :« le prélèvement est bicolore, composé de boules rouges et blanches. »
Un prélèvement bicolore composé de boules rouges et blanches peut être formé
— soit d’une rouge et de trois blanches : il y 4 choix pour la boule rouge, et 43 = 4 choix pour les trois blanches,


ce qui fait donc 16 prélèvements de ce type ;


— soit de deux rouges et deux blanches : il y a 42 = 6 choix pour les rouges, et 42 = 6 choix pour les blanches,
 

ce qui fait donc 36 prélèvements de ce type ;


— soit de trois rouges et d’une blanche : il y a 16 prélèvements de ce type (cas analogue au premier) ;
la probabilité cherchée est donc
16 + 36 + 16 68
P (V ) = = .
495 495

4
68
(b) Démontrer que la probabilité d’un prélèvement bicolore est .
165
Notons W l’événement :« le prélèvement est bicolore. »
Il y a trois types de prélèvements bicolore : ceux composés de de boules rouges et blanches, ceux composés de de
boules rouges et noires, et ceux composés de boules noires et blanches.
La question précédente permet donc d’écrire
68 68
P (W ) = 3 × P (V ) = 3 × = .
495 165

(4) Déduire des résultats précédents la probabilité d’un prélèvement tricolore.


Soit T l’événement :« le prélèvement est tricolore. »
On a T = U ∪ W et U, W sont incompatibles.
D’après ce qui précède :
1 + 68 96 32
P (T ) = 1 − P (T ) = 1 − P (U ) − P (W ) = 1 − = = .
165 165 55

(5) Quelle est la probabilité d’avoir exactement deux boules rouges sachant que le prélèvement est bicolore ?
Notons S l’événement :« le prélèvement comporte exactement deux boules rouges. »
La probabilité demandée est PW (S).
Calculons la probabilité P (S ∩ W ) : l’événement S ∩ W est « le prélévement est bicolore et comporte exactement deux
boules rouges », on doit donc compter les prélèvements de ce type.
Un tel prélèvement comporte
— soit deux rouges et deux blanches : il y en a 36 (établi en (3a)) ;
— soit deux rouges et deux noires : il y en a 36 aussi ;
il y a donc en tout 72 prélèvements bicolores comportant exactement deux boules rouges. On obtient donc
72
P (S ∩ W ) 495 72 6
PW (S) = = 3×68 = = .
P (W ) 495
3 × 68 17

Exercice 4. Deux personnes P1 et P2 ont rendez-vous dans un complexe formé de cinq sites S1 , S2 , S3 , S4 et S5 , disposés
en pentagone et reliés par des routes, comme l’illustre le schéma ci-dessous.

S3
S2
S4
S1
S5

Ils arrivent au rendez-vous à I’heure prévue, mais suite à un malentendu, P1 se présente au site S1 et P2 au site S2 .
Ils décident alors de partir à la recherche I’un de l’autre. Ils empruntent les différentes routes du complexe, avec les règles
suivantes : .
— à partir d’un site, chacun choisit de se rendre sur l’un des deux sites voisins, les deux possibilités étant équiprobables ;
— les déplacements des deux personnes se font simultanément ;
— tous les choix de déplacement se font indépendamment les uns des autres.
Ils continuent à se déplacer ainsi jusqu’à se retrouver éventuellement sur un même site (ils ne se rencontrent pas le long
des routes ). Une fois retrouvés, ils ne se déplacent plus.
Pour tout entier naturel n, on définit les trois événements An , Bn , Cn :
— An : « les deux personnes sont sur le même site après le n-ième déplacement »
— Bn : « les deux personnes sont sur des sites adjacents après le n-ième déplacement »
— Cn : « les deux personnes sont à deux routes de distance après le n-ième déplacement »
On note an , bn , cn les probabilités respectives des événements An , Bn , Cn .

5
(1) Justifier pourquoi An , Bn , Cn forment un système complet d’événements.
Après le nme déplacement, les deux personnes sont
— soit sur le même site,
— soit sur des sites distincts mais adjacents,
— soit sur des sites distincts non adjacents et sont alors à deux routes de distance d’après la configuration en pentagone
du site,
et ces trois cas sont incompatibles. Le premier cas correspond à l’événement An , le second cas à l’événement Bn et le
troisième cas à l’événement Cn .
Les événements An , Bn , Cn forment donc un système complet d’événements.
(2) Déterminer les valeurs de a0 , b0 et c0 .
Au départ, les deux personnes sont sur des sites adjacents donc
a0 = 0, b0 = 1, c0 = 0.

(3) (a) Montrer : ∀n ∈ N, PCn (An+1 ) = 41 .


Soit n ∈ N. On suppose Cn réalisé : les deux personnes sont donc à deux routes de distances après le nme dplacement.
Pour le n + 1me déplacement, la personne P1 a deux choix possibles de direction, et la personne P2 a également
deux choix possibles de direction.
Il y a donc quatre configurations possibles après le n + 1me déplacement. Parmi ces quatre configurations, une
seule les fait se rencontrer au même site donc
1
PCn (An+1 ) = .
4
(b) Justifier l’égalité : PAn (An+1 ) = 1.
Une fois que les personnes P1 et P2 se sont rencontrées sur le même site, elles ne se quittent plus donc

PAn (An+1 ) = 1.
(c) Déterminer toutes les probabilités conditionnelles analogues. On représentera les résultats en reproduisant sur la
copie et en complétant le schéma ci-dessous (indiquer les valeurs des probabilités conditionnelles figurant sur le
scéma)
0

3
1 A B 4
0

1
0 4

1 1
4 4
C

1
2

= an + 14 cn

a
 n+1

(4) Etablir les relations suivantes pour tout entier n ∈ N : bn+1 = 34 bn + 14 cn
= 1b + 1c

 c
n+1 4 n 2 n
La formule des probabilités totales appliquée au système complet d’événements (An , Bn , Cn ) donne, à l’aide des
probabilités calculées en (3c) :
an+1 = P (An+1 ) = PAn (An+1 )P (An ) + PBn (An+1 )P (Bn ) + PCn (An+1 )P (Cn )
1
= an + cn
4
De même,
bn+1 = P (Bn+1 ) = PAn (Bn+1 )P (An ) + PBn (Bn+1 )P (Bn ) + PCn (Bn+1 )P (Cn )
3 1
= bn + cn
4 4

6
et

cn+1 = P (Cn+1 ) = PAn (Cn+1 )P (An ) + PBn (Cn+1 )P (Bn ) + PCn (Cn+1 )P (Cn )
1 1
= bn + cn
4 2

(5) (a) En utilisant les relations en (4), exprimer bn+2 à l’aide de bn+1 , bn .
On a

3 1
bn+2 = bn+1 + cn+1
4 4 
3 1 1 1
= bn+1 + bn + c n
4 4 4 2
 
3 1 4 3
= bn+1 + bn + bn+1 − bn
4 16 8 4
5 5
= bn+1 − bn
4 16
√ √
(b) En déduire une expression de bn en fonction de n. On fera intervenir les nombres α = 5−8 5 et β = 5+8 5
5
On reconnaît une suite récurrente linéaire d’ordre deux, d’équation caractéristique r2 − 54 r+ 16 = 0. Son discriminant
25 20 5
est ∆ = 16 − 16 = 16 et ses racines sont
5

5
√ 5

5

4 − 4 5− 5 4 + 4 5+ 5
α= = et β = =
2 8 2 8
D’après le cours, il existe des coefficients λ et µ tels que

∀n ∈ N, bn = λαn + µβ n .

On doit avoir b0 = 1 = λ + µ et b1 = 43 b0 + 41 c0 = 3
= λα + µβ ce qui donne
4
3
√ √
−α 1+ 5 5+ 5
µ= 4 = √ =
β−α 2 5 10
puis √
5− 5
λ=1−µ= .
10
Donc
√ √
5)αn
(5 − (5 + 5)β n n
bn = + β
10
√ 10

(5 − 5)αn (5 + 5)β n n
= + β
10 10
4 n+1
+ β n+1

= α
5

5
(c) Montrer que pour tout n ∈ N : cn = 5 (β n − αn ).
D’après la question (4) :

cn = 4bn+1 − 3bn
4
4αn+2 + 4β n+2 − 3αn+1 − 3β n+1

=
5
4
(4α2 − 3α)αn + (4β 2 − 3β)β n

=
5
(16α2 − 12α)αn + (16β 2 − 12β)β n
=
5
√ √
Or 16α2 − 12α = 8α − 5 = − 5 et 16β 2 − 12β = 8β − 5 = 5 donc

5 n
cn = (β − αn )
5

7
(6) (a) Exprimer an en fonction de n, α et β. (on pourra s’intéresser à la somme an + bn + cn ).
Puisque (An , Bn , Cn ) est un système complet d’événements, an + bn + cn = 1 donc

4 n+1 n+1 5 n
(β − αn )

an = 1 − bn − cn = 1 − α +β −
5 5

(b) Déterminer la limite de la suite (an )n∈N .


Puisque 0 < α < 1 et 0 < β < 1, on a lim β n = lim αn = 0 donc

lim an = 1.

8
Mathématique ECS 1
12 mars. 2016

Devoir surveillé 6.

Veillez à bien justifier vos réponses : un exercice bien traité rapporte des points, un exercice traité de façon non rigoureuse
ne rapporte pas de points. Malus de 2 points pour les copies mal rédigées. La durée de l’épreuve est de 4 heures. Aucune
sortie avant la fin de l’épreuve. Les calculatrices ne sont pas autorisées.

Si, au cours de l’épreuve, vous repérez ce qui vous semble être une erreur d’énoncé, signalez le sur votre copie et poursuivez
votre composition en expliquant les raisons des initiatives que vous êtes amenés à prendre.

Ce sujet comporte quatre exercices indépendants.

Exercice 1. Soit f la fonction définie sur R par


e2x − 1
f (x) =
e2x + 1
(1) Montrer que f est impaire. Etudier les variations de f .
Soit x ∈ R :
e−2x − 1
f (−x) =
e−2x + 1
e−2x − 1 e2x
= −2x ×
e + 1 e2x
1 − e2x
=
1 + e2x
= −f (x)
La fonction f est donc impaire.
La fonction f est dérivable sur R comme quotient définie de fonctions dérivables sur R et
2e2x (1 + e2x ) − (e2x − 1)(2e2x )) 4e2x
f 0 (x) = =
(e2x + 1)2 (e2x + 1)2
qui est strictement positif sur R donc f est strictement croissante sur R.
Ses limites en −∞ et +∞ sont
−1
lim f (x) = = −1
x→−∞ 1
et
1 − e−2x 1
lim f (x) = lim = =1
x→+∞ x→+∞ 1 + e−2x 1
(2) Montrer que f réalise une bijection de R sur ] − 1, 1[ et donner son application réciproque.
La fonction f est continue sur R, strictement croissante et admet pour limites
lim f (x) = −1 et lim f (x) = 1
x→−∞ x→+∞

donc f réalise une bijection de R sur l’intervalle ] − 1, 1[ d’après le théorème de la bijection.


Déterminons l’application réciproque de f . Pour cela, résolvons l’équation y = f (x) d’inconnue x :
e2x − 1
y = f (x) ⇐⇒ y =
e2x + 1
⇐⇒ y(e + 1) = ex − 1
2x

⇐⇒ (y − 1)e2x = −1 − y
y+1
⇐⇒ e2x =
1−y
 
y+1
⇐⇒ 2x = ln
1−y
 
1 y+1
⇐⇒ x = ln
2 1−y
 
−1 1 y+1
La fonction réciproque de f est donc la fonction définie sur ] − 1, 1[ par f (y) = ln .
2 y−1

1
(3) Vérifier que pour tous réels a et b,
f (a) + f (b)
f (a + b) =
1 + f (a)f (b)
Soient a et b deux réels :

2a 2b
e −1
f (a) + f (b) 2a + ee2b −1
= e e+12a
+1
e2b −1
1 + f (a)f (b) 1 + e2a −1
+1 × e2b +1
(e2a − 1)(e2b + 1) + (e2b − 1)(e2a + 1)
=
(e2a + 1)(e2b + 1) + (e2a − 1)(e2b − 1)
2e2a+2b − 2
= 2a+2b
2e +2
e2a+2b − 1
= 2a+2b
e +1
= f (a + b)

x+y
(4) Déduire de ce qui précède que si x et y appartiennent à ] − 1, 1[ alors appartient à ] − 1, 1[.
1 + xy
Soient x et y deux réels de ] − 1, 1[. Par bijectivité de f , il existe un unique réel t et un unique réel s tels que f (t) = x
et f (s) = y.
Alors
x+y f (t) + f (s)
= = f (t + s) ∈] − 1, 1[.
1 + xy 1 + f (t)f (s)

Deuxième partie.

On note D le sous-ensemble de C défini par D = {z ∈ C| |z| < 1} et α un nombre complexe appartenant à D.


z−α
(1) Montrer que pour tout z ∈ C, |1 − αz|2 − |z − α|2 = (1 − |z|2 )(1 − |α|2 ). En déduire que si z ∈ D alors ∈ D.
1 − αz
Soit z ∈ C :

|1 − αz|2 − |z − α|2 = 1 + |αz|2 − 2Re(αz) − |z|2 − |α|2 + 2Re(αz)


= 1 + |α|2 |z|2 − |z|2 − |α|2
= 1 − |z|2 − |α|2 (1 − |z|2 )
= (1 − |z|2 )(1 − |α|2 )

Si z ∈ D alors (1 − |z|2 ) > 0 et (1 − |α|2 ) > 0 donc (1 − |z|2 )(1 − |α|2 ) > 0 et par conséquent |1 − αz|2 − |z − α|2 > 0
ce qui donne z−α
|1 − αz|2 > |z − α|2 ou encore < 1.

1 − αz
z−α
Donc ∈ D.
1 − αz
z−α
(2) Montrer que l’application ϕ : D −→ D définie par ϕ(z) = est une bijection et donner l’application réciproque
1 − αz
ϕ−1 .
On montre que pour tout ξ ∈ D, l’équation ξ = ϕ(z) d’inconnue z admet une unique solution dans D.
Soit ξ ∈ D :

z−α
ξ = ϕ(z) ⇐⇒ ξ =
1 − αz
⇐⇒ ξ(1 − αz) = z − α
⇐⇒ ξ + α = z(1 + αξ)
ξ+α
⇐⇒ z =
1 + αξ

Posons β = −α : on a alors
ξ−β
ξ = ϕ(z) ⇐⇒ z = .
1 − βξ

2
ξ−β
On |β| = |α| < 1 donc β ∈ D et d’après la question (1), ∈ D lorsque ξ ∈ D.
1 − βξ
La fonction ϕ est donc une bijection de D dans D et sa bijection réciproque est définie par
ξ+α
ϕ−1 (ξ) = .
1 + αξ

Exercice 2. Soit n un entier supérieur ou égal à 2. Une urne contient n + 5 boules dont n rouges, 3 jaunes et 2 vertes. On
tire au hasard et simultanément trois boules de cette urne. Soit les événements suivants :
A « Les trois boules sont rouges. »
B « Les trois boules sont de la méme couleur. »
C « Les trois boules sont chacune d’une couleur différente. »
Les réponses seront données sous la forme la plus réduite possible.
(1) Calculer les probabilités P (A), P (B) et P (C) en fonction de n.
Il y a n+5

3 résultats possibles (toutes les 3-combinaisons de boules de l’urne).
n

Il y a 3 cas favorables à l’événement A donc
n

3 n(n − 1)(n − 2)
P (A) = n+5 = .
3
(n + 5)(n + 4)(n + 3)

L’événement B est réalisé si et seulement si les trois boules sont toutes les trois rouges ou toutes les trois jaunes donc
n

3 +1 n(n − 1)(n − 2) + 6 n3 − 3n2 + 2n + 6 (n + 1)(n2 − 4n + 6)
P (B) = n+5 = = = .
3
(n + 5)(n + 4)(n + 3) (n + 5)(n + 4)(n + 3) (n + 5)(n + 4)(n + 3)

n 3 2
  
Pour l’événement C, il y a 1 × 1 × 1 = 6n cas favorables donc

6n 36n
P (C) = n+5
=
3
(n + 5)(n + 4)(n + 3)

(2) On note X le nombre de couleurs obtenues. Déterminer les probabilités des événements [X = 1], [X = 2], [X = 3]
L’événement [X = 1] est réalisé si et seulement si les trois boules sont toutes les trois de la même couleur. Donc
P (X = 1) = P (B).
L’événement [X = 3] est réalisé si et seulement si les trois boules sont chacune d’une couleur différente donc P (X =
3) = P (C).
Il n’y a que trois couleurs possibles dans l’urne donc les événements [X = 1], [X = 2], [X = 3] forment un système
complet d’événement et par conséquent

n(n − 1)(n − 2) + 6 + 36n 3(5n2 + 3n + 18)


P (X = 2) = 1 − P (B) − P (C) = 1 − =
(n + 5)(n + 4)(n + 3) (n + 5)(n + 4)(n + 3)

(3) Soit maintenant l’ événement D : « Deux boules exactement sont de la méme couleur. »Calculer la probabilité de
l’événement D en fonction de n.
L’événement D correspond à l’événement [X = 2] donc P (D) = P (X = 2).

Exercice 3. Questions indépendantes sur les polynômes.


(1) Soit A la matrice  
3 2 1 −1
0 1 0 0
A=
−1

−1 1 1
1 1 1 1
(a) Calculer A2 et trouver une relation entre A2 , A et I4 .
 
7 6 3 −3
2
0 1 0 0
On trouve A =   = 3A − 2I4 .
−3 −3 1 3
3 3 3 1

3
(b) Soit n ∈ N tel que n ≥ 2. Déterminer le reste de la division euclidienne du polynôme X n par le polynôme
X 2 − 3X + 2.
D’après le théorème de la division euclidienne, il existe unique polynôme Q et des coefficients a, b uniques tels que
X n = (X 2 − 3X + 2)Q(X) + aX + b.
Le polynôme X 2 − 3X + 2 admet pour racines 1 et 2 donc on évalue la relation précédente en x = 1 et x = 2 pour
obtenir
a + b = 1 et 2a + b = 2n
ce qui donne
a = 2n − 1 et b = 2 − 2n
Le reste demandé est donc (2n − 1)X + 2 − 2n .
(c) En déduire le calcul de la matrice An .
En substituant A à X dans la relation polynômiale X n = (X 2 − 3X + 2)Q(X) + aX + b, et en tenant compte de
A2 − 3A + 2I4 = 0, on obtient
An = (2n − 1)A + 2 − 2n I4
n
X
(2) Soit P un polynôme à coefficients complexes de degré n ∈ N∗ ayant pour expression P (X) = cj X j .
j=0
(a) Soit k ∈ J0, nK et α ∈ C∗ . Donner l’expression de P (k) (α) en fonction de ck , ck+1 , . . . , cn et α.
Le polynôme dérivé d’ordre k de X j est nul si j < k et c’est j(j − 1) · · · (j − k + 1)X j−k si j ≥ k, ce que l’on peut
j!
encore réecrire X j−k .
(j − k)!
Le polynôme dérivé d’ordre k de P s’écrit donc :
n
X j!
P (k) (X) = cj X j−k
(j − k)!
j=k

donc
n
X j!
P (k) (α) = cj αj−k
(j − k)!
j=k

(b) Soit j ∈ J0, nK. A l’aide de la formule du binôme, déterminer des coefficients λ0 , λ1 , . . . , λj tels que
j
X
Xj = λk (X − α)k .
k=0

Soit j ∈ J0, nK. D’après la formule du binôme,


j   j  
X j X j
X j = (α + X − α)j = (X − α)k αj−k = kαj−k (X − α)k
k k
k=0 k=0

(c) Etablir alors la formule de Taylor


n
X P (k) (α)
P (X) = (X − α)k
k!
k=0

n
X
P (X) = cj X j
j=0
j  
n
!
X X j k j−k
= cj (X − α) α
j=0
k
k=0
j
n X  
X j
= cj (X − α)k αj−k
j=0 k=0
k
n X n  
X j
= cj (X − α)k αj−k
k
k=0 j=k
n X n
X j!
= cj (X − α)k αj−k
k!(j − k)!
k=0 j=k
 
n n
X 1 X j!
= cj αj−k  (X − α)k
k! (j − k)!
k=0 j=k

4
et on reconnaît dans la parenthèse, l’expression de P (k) (α) d’où l’égalité :
n
X P (k) (α)
P (X) = (X − α)k
k!
k=0

(3) On considère le polynôme P (X) = X 6 + 2X 4 + 4X 3 + X 2 + 4X + 4. Factoriser dans R[X] le polynôme P (X) sachant
qu’il admet une racine évidente dont on précisera la multiplicité.
On remarque que −1 est racine évidente. Par factorisation, on obtient :

P (X) = X 6 + 2X 4 + 4X 3 + X 2 + 4X + 4 = (X + 1)(X 5 − X 4 + 3X 3 + X 2 + 4)

et on observe que la racine −1 est aussi racine de X 5 − X 4 + 3X 3 + X 2 + 4 et par factorisation

X 5 − X 4 + 3X 3 + X 2 + 4 = (X + 1)(X 4 − 2X 3 + 5X 2 − 4X + 4)

donc
P (X) = (X + 1)2 (X 4 − 2X 3 + 5X 2 − 4X + 4)
et le polynôme X 4 − 2X 3 + 5X 2 − 4X + 4 n’admet pas −1 pour racine donc −1 est racine double de P .
Ensuite, on peut tenter de faire apparaître des identités remarquables en regroupant certains termes, par exemple,
X 4 + 4 = (X 2 + 2)2 − 4X 2 , ce qui donne

X 4 − 2X 3 + 5X 2 − 4X + 4 = (X 2 + 2)2 + X 2 − 2X 3 − 4X = (X 2 + 2)2 − 2X(X 2 + 2) + X 2 = (X 2 − X + 2)2

et le trinôme X 2 − X + 2 a un discriminant strictement négatif. La factorisation dans R[X] s’arrête donc là :

P (X) = (X + 1)2 (X 2 − X + 2)2 .

Exercice 4. Dans la première partie, on met en oeuvre la méthode de Newton pour construire des approximations de la
solution d’une équation.
Dans la seconde partie, on étudie un exemple où la méthode de Newton peut produire des suites périodiques de n’importe
quelles périodes pourvu que la condition initiale soit bien choisie.

Première partie.

Soit f la fonction définie sur R par f (x) = x3 − 2x − 5. On note C sa courbe représentative dans un repère orthonormal
(O,~i, ~j).
5
(1) Montrer que l’équation f (x) = 0 admet une unique solution α dans R et que 2 < α < .
2
La fonction f est polynômiale donc dérivable sur R et sa dérivée est donnée par

f 0 (x) = 3x2 − 2
q q
2 2
qui s’annule en − 3 et + 3. D’après la règle pour le signe d’un trinôme du second degré,
r r
0 2 2
f (x) < 0 ssi − <x<+
3 3
q q q q
donc f croît sur ] − ∞, − 23 ], décroit sur [− 23 , 23 ], et recroît sur [ 23 , +∞[.
q q q q q
La fonction f admet donc un maximum local en − 23 qui vaut f (− 23 ) = − 23 23 + 2 23 − 5 = 43 23 − 5.
 q 2 32 q
Or 43 23 = < 52 donc f (− 23 ) < 0 et d’après les variations de f , la fonction f est donc strictement négative
27 q
sur l’intervalle ] − ∞, 23 ] sur lequel elle ne peut donc pas s’annuler.
q
Sur l’intervalle [ 23 , +∞[, la fonction f est continue, strictement croissante admet +∞ pour limite en +∞ et prend
q q q
en 23 la valeur f ( 23 ) = − 43 23 − 5 < 0. D’après le théorème de la bijection, l’équation f (x) = 0 admet donc une
unique solution α dans R.
5 q
Les réels 2 et appartiennent bien à l’intervalle [ 23 , +∞[ sur lequel f est strictement croissante. Puisque f (2) =
2
5
23 − 4 − 5 = −1 < 0 < f ( 52 ) = ( 25 )3 − 10 = 45
8 , la croissance de f permet d’affirmer l’encadrement 2 < α < 2 .

5
(2) Soit t > α. Ecrire l’équation de la tangente T au graphe de f au point (t, f (t)).
f (t)
Montrer que T coupe l’axe (O,~i) au point d’abscisse g(t) = t − 0 .
f (t)
Soit t > α. Léquation de la tangente T au graphe de f au point (t, f (t)) a pour équation y = f 0 (t)(x − t) + f (t).
Cette tangente T coupe l’axe (O,~i) au point d’abscisse x = g(t) solution de l’équation f 0 (t)(x − t) + f (t) = 0 donc

f (t)
g(t) = t − .
f 0 (t)

(3) On considère la suite définie par récurrence par


5
u0 = , et ∀n ∈ N un+1 = g(un )
2

(4) (a) Montrer que, sur I = [α, +∞[, la fonction g est croissante et vérifie g(x) ≥ α.
q
Puisque [α, +∞[⊂] 23 , +∞[, la dérivée f 0 ne s’annule pas sur l’intervalle [α, +∞[ donc la fonction g est bien définie
sur cet intervalle.
t3 − 2t − 5 2t3 + 5
On a pour t ≥ α, g(t) = t − 2
= 2 . La fonction g est dérivable sur [α, +∞[ comme fonction
3t − 2 3t − 2
rationnelle et sa dérivée est donnée par

6t4 − 12t3 − 30t 6t(t3 − 2t − 5) 6tf (t)


g 0 (t) = 2 2
= 2 2
= .
(3t − 2) (3t − 2) (3t2 − 2)2

Sur l’intervalle [α, +∞[, le signe de g ne dépend donc que de celui de f . Puisque f est strictement positive sur
]α, +∞[, la dérivée g 0 est strictement positive sur ]α, +∞[ donc g est strictement croissante sur I = [α, +∞[.
f (α)
Pour tout x ≥ α, on a donc g(x) ≥ g(α) = α − 0 = α.
f (α)
(b) Montrer que pour tout n ∈ N, un > α puis que la suite (un ) décroît.
Pour tout n ∈ N, notons Pn la propriété : « un > α »
5
— Pour n = 0, on a u0 = > α d’après la question (1).
2
— Soit n ∈ N tel que Pn est vraie. Montrons que Pn+1 est vraie.
On suppose donc un > α. La stricte croissance de g sur [α, +∞[ implique alors g(un ) > g(α) et puisque g(α) = α,
on a bien un+1 > α.
Ainsi, la propriété Pn+1 est vraie dès que Pn est vraie.
— D’après le principe de récurrence sur N, pour tout n ∈ N, un > α.
145 5
Le calcul de u1 = g(u0 ) donne : u1 = g(u0 ) = < = u0 . Par récurrence, la stricte croissance de g va entraîner
67 2
la stricte décroissance de la suite (un ) : pour tout n ∈ N, notons Qn la propriété : « un > un+1 »
— Pour n = 0, on a u0 > u1 d’après le calcul précédent.
— Soit n ∈ N tel que Qn est vraie. Montrons que Qn+1 est vraie.
On suppose donc un > un+1 . La stricte croissance de g sur [α, +∞[ implique alors g(un ) > g(un+1 ) et on a bien
un+1 > un+2 .
Ainsi, la propriété Qn+1 est vraie dès que Qn est vraie.
— D’après le principe de récurrence sur N, pour tout n ∈ N, un > un+1 .
(c) En déduire que la suite (un ) converge vers une limite que l’on précisera.
La suite (un ) est décroissante et minorée par α donc elle converge d’après le théorème de la limite monotone.
Soit ` cette limite. Puisque un > α, pour tout n ∈ N, le théorème de prolongement des inégalités aux limites donne
` ≥ α et par continuité de g en `, on a g(`) = ` donc f (`) = 0. Or f n’e s’annule qu’en α donc ` = α.
(5) (a) Montrer que, pour tout x ∈ [α, +∞[,
(x − α)2 (2x + α)
g(x) − α = .
3x2 − 2

6
Pour tout x ∈ [α, +∞[,
2x3 + 5
g(x) − α = −α
3x2 − 2
2x3 + 5 − 3αx2 + 2α
=
3x2 − 2
2x + α3 − 2α − 3αx2 + 2α
3
=
3x2 − 2
2x + α − 3αx2
3 3
=
3x2 − 2
(x − α)(2x2 − αx − α2 )
=
3x2 − 2
Le trinôme 2x2 − αx − α2 s’annule encore en α, ce qui permet de factoriser à nouveau par x − α :
(x − α)(x − α)(2x + α)
g(x) − α =
3x2 − 2
2
(x − α) (2x + α)
= .
3x2 − 2

2x + α
(b) En étudiant les variations de la fonction h définie sur [α, +∞[ par h(x) = , montrer l’inégalité
3x2 − 2
2x + α 3
∀x ∈ [α, +∞[, <
3x2 − 2 4
2x + α
La fonction h définie sur [α, +∞[ par h(x) = est dérivable sur [α, +∞[ comme fonction rationnelle et
3x2 − 2
−6x2 − 6αx − 4
h0 (x) = <0
(3x2 − 2)2
donc h décroit strictement sur [α, +∞[. Par conséquent,
2x + α 3α
∀x ∈ [α, +∞[, < h(α) = .
3x2 − 2 3α2 − 2
5 15 1 1 3α 15 3
Or 2 < α < donc 3α < et 3α2 − 2 > 10 donc < donc < = .
2 2 3α2 − 2 10 3α2 − 2 20 4
2
(c) En déduire que, pour tout entier n ∈ N, |un+1 − α| ≤ 0.75|un − α| puis par récurrence que
1 n
|un − α| ≤ 0.752
0.75
L’inégalité précédente implique
3
∀x ∈ [α, +∞[, |g(x) − α| ≤ |x − α|2 .
4
Pour tout n ∈ N, on a donc
|un+1 − α| = |g(un ) − α| ≤ 0.75|un − α|2 .
1 n
Pour tout n ∈ N, notons Rn la propriété : « |un − α| ≤ 0.752 »
0.75
1
— Pour n = 0, |u0 − α| < < 1 donc R0 est vraie.
2
— Soit n ∈ N tel que Rn est vraie. Montrons que Rn+1 est vraie.
1 n
On suppose donc |un − α| ≤ 0.752 .
0.75
D’après l’inégalité précédente,
 2
1 2n 1 n+1
|un+1 − α| ≤ 0.75 0.75 = 0.752
0.75 0.75

Ainsi, la propriété Rn+1 est donc vraie dès que Rn est vraie.
— D’après le principe de récurrence sur N, pour tout n ∈ N,
1 n
|un − α| ≤ 0.752 .
0.75

7
(6) Compléter le programme suivant pour qu’il calcule une valeur approchée de α à une précision « eps » donnée par
l’utilisateur :
eps=input(’Entrer une precison : ’)
u=5/2;
err=1;
while err > eps do
u=(2*u^3+5)/(3*u^2-2);
err=0.75*err^2;
end;
disp(u)

Deuxième partie.

Soit R ∈ N∗ .
On dit qu’une suite (un ) est périodique de période R lorsque

∀n ∈ N, un+R = un .

Soit f la fonction définie sur R par f (x) = x3 − 3x + 3.


Pour un réel α donné, on considère, lorsqu’elle est bien définie, la suite (xn )n∈N vérifiant x0 = α et la relation de récurrence :
f (xn )
∀n ∈ N, xn+1 = xn − .
f 0 (xn )

Le but de cette partie est de montrer que pour tout entier naturel R ∈ N∗ , il existe un réel α tel que la suite (xn ) soit
périodique de période R.

(1) Montrer qu’il existe un réel α tel que la suite (xn ) soit stationnaire (c’est à dire de période R = 1).
La fonction f est polynômiale donc dérivable sur R de dérivée

f 0 (x) = 3(x2 − 1).

La dérivée est strictement positive sur ] − ∞, −1[ et sur ]1, +∞[ et strictement négative sur ] − 1, 1[. La fonction f est
donc strictement croissante sur ] − ∞, −1[, strictement décroissante sur [−1, 1] puis strictement croissante sur ]1, +∞[.
La fonction f admet un minimum sur [−1, +∞[ en x = 1 valant f (1) = 1 − 3 + 3 = 1 > 0 donc f ne s’annule pas
sur [−1, +∞[. Sur l’intervalle ] − ∞, −1], la fonction est strictement croissante, admettant −∞ pour limite en −∞ et
prend en x = −1 la valeur f (−1) = −1 + 3 + 3 = 5 > 0 donc l’équation f (x) = 0 admet une unique solution α dans
cet intervalle qui est aussi l’unique solution dans R.
En choisissant x0 = α, on a x1 = x0 et par récurrence, pour tout n ∈ N, xn = xn+1 .
On supposera désormais que R est un entier supérieur ou égal à 2.
f (x)
(2) On considère la fonction F définie sur R \ {−1, 1} par F (x) = x − 0 .
f (x)
2x3 − 3
(a) Montrer que, pour tout réel x différent de −1 et 1, F (x) = .
3(x2 − 1)
Pour tout réel x différent de −1 et 1,
x3 − 3x + 3 3x3 − 3x − x3 + 3x − 3 2x3 − 3
F (x) = x − = = .
3x2 − 3 3x2 − 3 3x2 − 3

(b) Montrer que F réalise une bijection de l’intervalle ]1, +∞[ sur un intervalle J à préciser et que son application
réciproque est une fonction continue. On note G l’application réciproque de F .
La fonction F est dérivable sur ]1, +∞[ comme fonction rationnelle de dérivée donnée par

6x2 (3x2 − 3) − (2x3 − 3)6x 6x4 − 18x2 + 18x 6xf (x)


F 0 (x) = 2 2
= 2 2
=
(3x − 3) (3x − 3) (3x2 − 3)2
et dont le signe sur ]1, +∞[ ne dépend que de celui de f (x). Puisque f croit sur [1, +∞[ avec f (1) = 1, la fonction
f est strictement positive sur ]1, +∞[. Donc la dérivée F 0 est strictement positive sur ]1, +∞[ et par conséquent
F est strictement croissante sur ]1, +∞[.
Ses limites en 1 et en +∞ sont :
3
2− x3
lim F (x) = −∞ et lim F (x) = lim x 3 = +∞
x→1,x>1 x→+∞ x→+∞ 3− x2

8
d’après les propriétés opératoires sur les limites.
La fonction F est donc continue, strictement croissante et admet −∞ et +∞ pour limite en 1 et +∞. D’après le
théorème de la bijection, F réalise une bijection de ]1, +∞[ sur R et son application réciproque G : R −→]1, +∞[
est également strictement croissante et continue.
(c) Montrer que pour tout réel x, G(x) > x. On pourra commencer par établir que F (t) < t pour tout réel t > 1.
Pour tout réel t > 1,
f (t)
t − F (t) = 0
f (t)
et f et f 0 sont strictement positives sur ]1, +∞[ donc t − F (t) > 0.
Montrons que G(x) > x pour tout réel x.
Soit x ∈ R. Par bijectivité de F , il existe un unique réel t > 1 tel que x = F (t). Ce réel t est précisément G(x)
puisque G est la réciproque de F . Puisque F (t) < t, on a bien x < G(x).
(3) On définit G2 = G ◦ G, G3 = G ◦ G ◦ G et plus généralement si k ∈ N∗ , on pose

| ◦G◦G
Gk = G {z◦ · · · ◦ G} .
k fois

On considère alors un entier R supérieur ou égal à 2 et H la fonction définie sur l’intervalle ] − 1, 0] par

H(x) = F (x) − GR−1 (x).

(a) A l’aide du théorème des valeurs intermédiaires, montrer qu’il existe α ∈] − 1, 0] tel que H(α) = 0.
La fonction H est continue sur l’intervalle ] − 1, 0] comme somme de fonctions continues.
D’une part, on a H(0) = F (0) − GR−1 (0) = 1 − GR−1 (0) et puisque G est à valeurs dans ]1, +∞[, on a GR−1 (0) =
G(GR−2 (0)) > 1, il vient H(0) < 0.
D’autre part, F admet une limite en −1 qui est limx→−1 F (x) = +∞ et G étant continue sur R, la fonction GR−1
admet une limite finie en −1 de sorte que limx→−1 H(x) = +∞.
D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe donc α ∈] − 1, 0] tel que H(α) = 0.
(b) Montrer alors que la suite définie par x0 = α et la relation de récurrence :

f (xn )
∀n ∈ N, xn+1 = xn −
f 0 (xn )

est périodique de période R.


Il suffit de montrer qu’après R itérations, on trouve xR = x0 pour avoir le caractére périodique de période R.
Puisque H(α) = 0, on a F (α) = F (x0 ) = GR−1 (x0 ) donc x1 = F (x0 ) = GR−1 (x0 ) puis x2 = F (x1 ) = F ◦ G ◦
GR−2 (x0 ) = GR−2 (x0 ) et par récurrence xR−1 = G(x0 ) donc xR = F (xR−1 ) = F ◦ G(x0 ) = x0 puisque F ◦ G est
l’identité de R.
Pour tout n ∈ N, on a alors

xn+R = Fn+R (x0 ) = Fn ◦ FR (x0 ) = Fn (xR ) = Fn (x0 ) = xn

donc la suite (xn ) est périodique de période R.


(c) A l’aide de la question (2c), montrer que

x1 > x2 > · · · > xR−1 > x0 .

Que peut-on en conclure pour la périodicité de la suite (xn ) ?


On sait que pour tout réel x, G(x) > x.
Pour tout k ∈ J1, R − 1K, on a xk = Fk (x0 ) = Fk−1 ◦ GR−1 (x0 ) = GR−k (x0 ) et donc

xk = G(xk+1 ).

D’après l’inégalité rappelée, on a donc


∀k ∈ J1, R − 1K, xk+1 < xk
ce qui donne x1 > x2 > x3 > · · · > xR−1 > xR = x0 .
On en déduit que R est la plus petite période de la suite (xn ).

9
Mathématique ECS 1
23 mai 2016

Corrigé du concours blanc 2.

Veillez à bien justifier vos réponses : un exercice bien traité rapporte des points, un exercice traité de façon non rigoureuse
ne rapporte pas de points. Malus de 2 points pour les copies mal rédigées. La durée de l’épreuve est de 4 heures. Aucune
sortie avant la fin de l’épreuve. Les calculatrices ne sont pas autorisées.

Si, au cours de l’épreuve, vous repérez ce qui vous semble être une erreur d’énoncé, signalez le sur votre copie et poursuivez
votre composition en expliquant les raisons des initiatives que vous êtes amenés à prendre.

Ce sujet comporte trois exercices indépendants.

Exercice 1. On considère l’espace vectoriel R3 muni de sa base canonique (e~1 , e~2 , e~3 ) :
     
1 0 0
e~1 =  0  , e~2 =  1  , e~3 =  0  .
0 0 1

L’identité de R3 est notée IR3 et la matrice identité de M3 (R) est notée I3 .


On rappelle aussi que pour un endomorphisme f d’un espace vectoriel E, les notations f 2 , f 3 , etc. désignent f ◦ f, f ◦ f ◦ f
etc.
Soit f l’application de R3 dans R3 définie par
   
x 2x − y + z
f y = x+z 
z x − y + 2z
   
x x
(1) (a) Montrer que f est un endomorphisme de R3 et déterminer la matrice A ∈ M3 (R) telle que f  y  = A  y .
z z
3 3
L’application f est définie sur R à valeurs dans R .
   
x x
On a f  y  = A  y  où
z z
 
2 −1 1
A = 1 0 1
1 −1 2
3
Les règles du calcul matriciel impliquent
   la linéarité de f qui est donc un endomorphisme de R , puisque
alors
x x
quelque soient les vecteurs u = y  , v = y  et quelque soit le réel λ, on a
z z

f (λu + v) = A(λu + v) = λAu + Av = λf (u) + f (v).

(b) Montrer que A2 = 3A − 2I3 .


On trouve  
4 −3 3
A2 = 3 −2 3
3 −3 4
donc      
4 −3 3 2 −1 1 1 0 0
A2 − 3A + 2I3 = 3 −2 3 − 3 1 0 1 + 2 0 1 0 = 0
3 −3 4 1 −1 2 0 0 1

(c) En déduire que f 2 = 3f − 2IR3 .


Soit u un vecteur de R3 . Puisque f (u) = Au, on a f ◦ f (u) = A(Au) = A2 u donc f 2 (u) = A2 u.
La relation matricielle vérifiée par A implique alors

∀u ∈ R3 , A2 u − 3Au + 2I3 u = 0

1
soit encore
∀u ∈ R3 , f 2 (u) − 3f (u) + 2u = 0
d’où la relation
f 2 = 3f − 2IR3 .

(d) En déduire que f est un automorphisme de R3 et déterminer l’automorphisme réciproque de f en fonction de f .


La relation obtenue précédemment se réécrit encore f 2 − 3f = −2IR3 donc f ◦ 21 (3IR3 − f ) = IR3 ce qui prouve
que f est un automorphisme de R3 et son automorphisme réciproque est f −1 = 12 (−f + 3IR3 ).
(2) Déterminer une base de Ker (f − 2IR3 ) et une base de Ker (f − IR3 ).
 
x
Soit y  ∈ R3 .
z
  
x  2x − y + z = 2x
y  ∈ Ker (f − 2IR3 ) ⇐⇒ x + z = 2y
z x − y + 2z = 2z


 z = y
⇐⇒ x + z = 2y
x = y

⇐⇒ x = y = z
   
x 1
⇐⇒ y  = x 1
z 1
ce qui montre que  
1
Ker (f − 2IR3 ) = R 1
1

  
x  2x − y + z = x
y  ∈ Ker (f − IR3 ) ⇐⇒ x+z = y
z x − y + 2z = z


 x−y+z = 0
⇐⇒ x−y+z = 0
x−y+z = 0

⇐⇒ x − y + z = 0
     
x 1 0
⇐⇒ y  = x 1 + z 1
z 0 1
   
1 0
ce qui montre que Ker (f − IR3 ) = Vect 1 , 1.
0 1
Les deux vecteurs générateurs de Ker (f − IR3 ) ne sont pas colinéaires, ils forment donc une base de Ker (f − IR3 ).
(3) Montrer que Ker (f − 2IR3 ) et Ker (f − IR3 ) sont supplémentaires dans R3 .
     
1 1 0
D’après la question précédente, il suffit de montrer que les vecteurs 1 , 1 , 1 forment une base de R3 .
1 0 1
 
x
Soit y  un vecteur de R3 .
z
        
x 1 1 0  a+b = x
y  = a 1 + b 1 + c 1 ⇐⇒ a+b+c = y
z 1 0 1 a+c = z


 a = x−y+z
⇐⇒ b = y−z
c = y−x

2
     
1 1 0
donc tout vecteur de R3 se décompose de manière unique en combinaison linéaire des vecteurs 1 , 1 , 1 qui
1 0 1
forment donc une base de R3 . Par suite, les sev Ker (f − 2IR3 ) et Ker (f − IR3 ) sont supplémentaires dans R3 .
(4) (a) Déterminer des endomorphismes p, q de R3 tels que

p+q = IR3
2p + q = f

(On les exprimera en fonction de IR3 et f .)


On trouve facilement p = f − IR3 et q = 2IR3 − f .
(b) Montrer que p, q sont des projecteurs.
Etudions p2 et q 2 . On a, puisque IR3 et f commutent,

p2 = (f − IR3 )2 = f 2 − 2f + IR3 = 3f − 2IR3 − 2f + IR3 = f − IR3 = p

et
q 2 = (2IR3 − f )2 = 4IR3 − 4f + f 2 = 4IR3 − 4f + 3f − 2IR3 = 2IR3 − f = q
donc p et q sont des projecteurs.
(c) Vérifier que p ◦ q = q ◦ p = 0.
On a d’une part

p ◦ q = (f − IR3 ) ◦ (2IR3 − f ) = 2f − f 2 − 2IR3 + f = −f 2 + 3f − 2IR2 = 0

et d’autre part

q ◦ p = (2IR3 − f ) ◦ (f − IR3 ) = 2f − 2IR3 − f 2 + f = −f 2 + 3f − 2IR3 = 0

(5) A l’aide de la question (4), établir que pour tout entier n ∈ N, f n = 2n p + q.


Pour tout n ∈ N, notons Pn la propriété : « f n = 2n p + q »
— Pour n = 0 et n = 1, la propriété est vraie.
— Soit n ∈ N∗ tel que Pn est vraie. Montrons que Pn+1 est vraie.
On a
f n+1 = f n ◦ f = (2n p + q) ◦ (2p + q) = 2n+1 p2 + 2n p ◦ q + 2q ◦ p + q 2 = 2n+1 p + q
Ainsi, la propriété Pn+1 est donc vraie dès que Pn est vraie.
— D’après le principe de récurrence sur N, pour tout n ∈ N, f n = 2n p + q.

Exercice 2. Soit (An ) une suite de matrices de M4 (R), l’élément situé à l’intersection de la ième ligne et de la j ème colonne
est noté ai,j (n), et soit une matrice A de M4 (R), dont l’élément situé à l’intersection de la ième ligne et de la j ème colonne
est ai,j .
On dit que la suite de matrices (An ) converge vers la matrice A si :

∀(i, j) ∈ J1, 4K × J1, 4K, lim ai,j (n) = ai,j


n→+∞

On considère deux urnes U et V contenant chacune 3 boules. Au départ, l’urne U contient 3 boules blanches et l’urne V
contient 3 boules noires.
On effectue une suite de tirages dans ces urnes de la façon suivante : chaque tirage consiste à tirer au hasard une boule de
chaque urne et à la mettre dans l’autrre urne (un tirage est un échange de 2 boules).
Pour tout entier naturel n, on note Xn la variable aléatoire égale au nombre de boules blanches que contient l’urne U avant
le (n + 1)ème tirage (c’est à dire après 
le nème échange)
 et on a donc X0 = 3.
P (Xn = 0)
P (Xn = 1)
On considère le vecteur colonne Yn =  P (Xn = 2).

P (Xn = 3)
(1) Soient n un entier supérieur ou égal à 3 et M la matrice de M4 (R) dont l’élément de la (i + 1)ème ligne et de la (j + 1)ème
colonne est égal à P(Xn =j) (Xn+1 = i).

3
(a) Pour tout couple (i, j) éléments de J0, 3K et tout entier n ≥ 3, déterminer P(Xn =j) (Xn+1 = i).
Chaque tirage échange une boule de l’urne U avec une boule de l’urne V , on a donc Xn − 1 ≤ Xn+1 ≤ Xn + 1
donc
— si |i − j| ≥ 2, P(Xn =j) (Xn+1 = i) = 0,
— si i = j, la probabilité P(Xn =j) (Xn+1 = i) = P(Xn =j) (Xn+1 = j) est la probabilité de tirer une noire de l’urne
U et une noire de l’urne V ou bien une blanche de l’urne U et une blanche de l’urne V donc par incompatibilité
et indépendance des tirages (les urnes sont distinctes)

j 3−j 3−j j 2j(3 − j)


P(Xn =j) (Xn+1 = j) = × + × =
3 3 3 3−j 9

— si i = j + 1, la probabilité P(Xn =j) (Xn+1 = i) = P(Xn =j) (Xn+1 = j + 1) est la probabilité de tirer une noire de
l’urne U et une blanche de l’urne V donc par indépendance des tirages (les urnes sont distinctes)

3−j 3−j (3 − j)2


P(Xn =j) (Xn+1 = j + 1) = × =
3 3 9

— si i = j − 1, la probabilité P(Xn =j) (Xn+1 = i) = P(Xn =j) (Xn+1 = j − 1) est la probabilité de tirer une blanche
de l’urne U et une noire de l’urne V donc par indépendance des tirages (les urnes sont distinctes)

j j j2
P(Xn =j) (Xn+1 = j − 1) = × =
3 3 9

(b) Justifier soigneusement que M est la matrice donnée à la question (4).


Pour (i, j) ∈ J1, 4K2 , le coefficient mi,j d’indice (i, j) de la matrice M est P(Xn =j−1) (Xn+1 = i − 1).
D’après la question précédente,
1
m1,1 = 0, m1,2 = , m1,3 = 0, m1,4 = 0
9
4 4
m2,1 = 1, m2,2 = , m2,3 = , m2,4 = 0
9 9
4 4
m3,1 = 0, m3,2 = , m3,3 = , m3,4 = 1
9 9
1
m4,1 = 0, m4,2 = 0, m4,3 = , m4,4 = 0
9
donc
1
 
0 9 0 0
1 4 4
9 9 0
M =
 4 4

0 9 9 1
1
0 0 9 0

(c) Montrer que : ∀n ∈ N t.q. n ≥ 3, Yn+1 = M Yn (le résultat est admis pour n = 0, 1 et 2).
Soit i ∈ J1, 4K. Notons (Yn+1 )i et (Yn )i les coefficients d’indice i des vecteurs Yn+1 et Yn .
D’après la formule des probabilités totales appliquées au système complet d’événements ([Xn = j])0≤j≤3 , on obtient
3
X 4
X
P (Xn+1 = i − 1) = P[Xn =j] (Xn+1 = i − 1)P (Xn = j) = P[Xn =j−1] (Xn+1 = i − 1)P (Xn = j − 1)
j=0 j=1

donc
4
X
(Yn+1 )i = mi,j (Yn )j
j=1

et cela exprime bien que Yn+1 = M Yn .


(d) En déduire que : ∀n ∈ N, Yn = M n Y0 .
D’après la relation précédente, et grâce à une récurrence immédiate, il vient Yn = M n Y0 .
   1 
−1 1 −1 1 −3 0 0 0
 3 −1 −3 9 1
 et J la matrice diagonale J =  0 − 9 01 0
 
(2) Soit S la matrice S = −3 −1 3 9  0 0 3 0 
1 1 1 1 0 0 0 1

4
(a) Montrer que S est une matrice inversible (on ne demande pas de calculer son inverse).
 
x
y 
 z . On étudie l’équation SX = 0.
Posons X =  

t


 −x + y − z + t = 0
3x − y − 3z + 9t = 0

SX = 0 ⇐⇒

 −3x − y + 3z + 9t = 0
x+y+z+t = 0


 −x + y − z + t =
 0
2y − 6z + 12t = 0 (L2 ← L2 + 3L1 )

⇐⇒

 −4y + 6z + 6t = 0 (L3 ← L3 − 3L1 )
2y + 2t = 0 (L4 ← L4 + L1 )



 −x + y − z + t = 0
y − 3z + 6t = 0

⇐⇒

 −2y + 3z + 3t = 0
y+t = 0



 −x − z + y + t = 0
−3z + y + 6t = 0

⇐⇒

 3z − 2y + 3t = 0
y+t = 0



 −x − z + y + t = 0
−3z + y + 6t = 0

⇐⇒

 −y + 9t = 0 (L3 ← L3 + L2 )
y+t = 0



 x = 0
z = 0

⇐⇒
 y = 0

t = 0

La matrice S est donc inversible.


(b) Calculer les produits M S et SJ.
On trouve    
1/3 −1/9 −1/3 1 1/3 −1/9 −1/3 1
 −1 −1 9
1/9  et SJ =  −1 1/9 −1 9

MS =  
1 1/9 1 9  1 1/9 1 9
−1/3 −1/9 1/3 1 −1/3 −1/9 1/3 1

(c) A l’aide des questions précédentes (2a) et (2b), établir :

∀n ∈ N, M n = SJ n S −1

Pour n = 0, on a M 0 = I3 et SJ 0 S −1 = SI3 S −1 = SS −1 = I3 et d’après ce qui précède, M S = SJ donc


M = SJS −1 et la formule est donc vraie pour n = 0 et n = 1.
On remarque que M 2 = SJS −1 SJS −1 = SJ 2 S −1 donc la formule est aussi vraie pour n = 2.
Soit n un entier tel que la formule est vraie pour cet entier n.
On a M n+1 = M n M = SJ n S −1 SJS −1 = SJ n+1 S −1 donc la formule est vraie au rang n + 1 dès qu’elle l’est au
rang n.
D’après le principe de récurrence : ∀n ∈ N, M n = SJ n S −1 .
 
0 0 0 0
0 0 0 0 −1
(d) En déduire que la suite de matrices (M n ) admet une limite M ∞ vérifiant M ∞ = S 
 0 0 0 0 S .

0 0 0 1
Puisque la matrice J est diagonale, on a pour tout entier n ∈ N,
 1 n 
(− 3 ) 0 0 0
 0 (− 19 )n 0 0
Jn =  
 0 0 ( 13 )n 0
0 0 0 1

5
et puisque les nombres − 13 , − 19 et 1
3 sont strictement compris entre −1 et 1, la suite (J n ) admet une limite qui est
 
0 0 0 0
0 0 0 0
lim J n = 
0 0 0 0

0 0 0 1
 
0 0 0 0
0 0 0 0
et d’après le résultat admis, la suite de matrices (M n ) admet pour limite la matrice M ∞ =S
0
 S −1 .
0 0 0
0 0 0 1
(3) Soit L1 , L2 , L3 et L4 les lignes de la matrices S −1 . On pose L4 = c1

c2 c3 c4 .
(a) En utilisant l’égalité S −1 M = JS −1 , montrer que L4 M = L4 et en déduire que a1 = a2 = a3 = a4 .
D’après les règles de calcul matriciel, le produit matriciel L4 M donne la dernière ligne de la matrice S −1 M donc
la dernière ligne de la matrice JS −1 qui est obtenue en faisant le produit de la ligne 0 0 0 1 de J par la
matrice S −1 . Ce produit redonne la dernière ligne de la matrice S −1 , c’est à dire L4 d’où l’égalité L4 M = L4 .
De cette égalité, on tire le système
a2 = a1



 a1 + 4a2 + 4a 3
= a2


9
4a 2 + 4a 3 + a4

 = a3
9



a3 = a4
qui donne immédiatement a1 = a2 = a3 = a4 .
1
(b) En utilisant l’égalité S −1 S = I4 , montrer que a1 = a2 = a3 = a4 = .
20
Le produit L4 S donne la dernière ligne de la matrice S −1 S donc L4 S = 0 0 0 1 et en égalisant les derniers


coefficients de cette égalité, il vient a1 + 9a2 + 9a3 + a4 = 1 et en tenant compte de (3b), on a la conclusion
1
a1 = a2 = a3 = a4 = .
20

(c) Déterminer la matrice M ∞ en la donnant avec ses 16 coefficients.


   
0 0 0 0 0 0 0 0
 0 0 0 0
0
 0 0 0
Pour la calcul de M ∞ = S   −1
0 0 0 0 S , on constate que le produit 0
 S −1 donne la matrice
0 0 0
0 0 0 1 0 0 0 1
 
0 0 0 0
 0 0 0 0 
  donc
 0 0 0 0 
1/20 1/20 1/20 1/20
   
0 0 0 0 1 1 1 1
 0 0 0 0  1 9 9 9 9
M∞ =S
 0
=  
0 0 0  20 9 9 9 9
1/20 1/20 1/20 1/20 1 1 1 1

(4) Compléter les pointillés dans le programme Scilab suivant pour que la variable E renvoyé en fin de programme calcule
l’espérance de Xn .
n=input(’Saisir un entier naturel non nul’);
M=[0 , 1/9 , 0 , 0 ; 1, 4/9 , 4/9 , 0 ; 0 , 4/9 , 4/9 , 1 ; 0 , 0 , 1/9 , 0];
Y=[0 , 0 , 0 , 1]’;
V=[... , ... , ... , ...]; attendu V=[0,1,2,3]

for j=1:n do
Y= ... ... ...; attendu Y=M*Y
end;

E= V * Y;
disp(E)

6
(3) On considère dans cette question l’expérience aléatoire suivante : dans une urne contenant 3 boules blanches et 3 boules
noires, on tire successivement et sans remise 3 boules. On appelle alors X la variable aléatoire égale au nombre de
boules blanches tirées.
(a) Déterminer X(Ω) et la loi de X.
On a X(Ω) = J0, 3K. Notons Bk l’événement « le k e tirage apporte une boule blanche »et Nk l’événement contraire.
D’après la formule des probabilités composées,

P (X = 0) = P (N1 N2 N3 ) = P (N1 )PN1 (N2 )PN1 N2 (N3 )

donc
3 2 1 1
P (X = 0) = × × =
6 5 4 20
1
et grâce à la symétrie de l’urne, on a aussi P (X = 3) = .
20
Toujours par symétrie de l’urne, on a P (X = 1) = P (X = 2) et puisque P (X = 0) + P (X = 1) + P (X =
2) + P (X = 3) = 1, on a
9
P (X = 1) = P (X = 2) = .
20
   
P (Xn = 0) P (X = 0)
P (Xn = 1) P (X = 1)
(b) Vérifier que lim  =
P (X = 2).

n→+∞ P (Xn = 2)
P (Xn = 3) P (X = 3)
On dit que la suite (Xn ) converge en loi vers la variable aléatoire X.
D’après l’étude précédente,
       
P (Xn = 0) 0 1 P (X = 0)
P (Xn = 1) n ∞
0 1 9 P (X = 1)
lim   = lim M Y0 = M   =
0 20 9 = P (X
   
n→+∞ P (Xn = 2) n→+∞ = 2)
P (Xn = 3) 1 1 P (X = 3)

Exercice 3 (Formule de Stirling.). Ce problème a pour objectif d’établir l’équivalent de n! suivant :


√  n n
n! ∼ 2πn
e
C’est la formule de Stirling.
Les trois parties de ce problème sont indépendantes.
Première partie.
(0) Par intégration par parties, trouver une primitive sur ]0, +∞[ de t 7→ ln t.
Soit x > 0. Z x Z x
x
ln(t)dt = [t ln(t)]1 − 1dt = x ln(x) − x + 1
1 1

Une primitive de ln sur ]0, +∞[ est donc la fonction x 7→ x ln(x) − x.


(1) Soit k un entier tel que k ≥ 2.
(a) Montrer que pour tout k ∈ N, k ≥ 2 :
Z k Z k+1
ln tdt ≤ ln k ≤ ln tdt.
k−1 k

Soit k un entier tel que k ≥ 2. La fonction ln est croissante sur ]0, +∞[ donc
Z k
— pour t ∈ [k − 1, k], on a ln(t) ≤ ln k et par positivité de l’intégrale, on a ln tdt ≤ ln k ;
k−1
Z k+1
— pour t ∈ [k, k + 1], on a ln k ≤ ln t et par positivité de l’intégrale, on a ln k ≤ ln tdt ;
k
d’où l’encadrement attendu.

7
(b) En déduire un encadrement de ln(n!), puis un équivalent de ln(n!).
n
X Xn
On constate que ln(n!) = ln(k) = ln(k) puisque ln(1) = 0.
k=1 k=2
Par sommation des inégalités précédentes membre à membre, on obtient
n Z
X k n
X n Z
X k+1
ln tdt ≤ ln k ≤ ln tdt.
k=2 k−1 k=2 k=2 k

et par additivité de l’intégrale Z n Z n+1


ln(t)dt ≤ ln(n!) ≤ ln(t)dt.
1 2

Le calcul de primitive fait en (0) donne alors

n ln(n) − n + 1 ≤ ln(n!) ≤ (n + 1) ln(n + 1) − (n + 1) − 2 ln(2) + 2.

L’encadrement précédent suggère de prendre n ln(n) comme équivalent de ln(n!). En effet, pour n ≥ 2, on a
n ln(n) > 0 et en quotientant par n ln(n) l’encadrement précédent, on obtient

1 1 ln(n!) (n + 1) ln(n + 1) (n + 1) 2 ln(2) − 2


1− + ≤ ≤ − −
ln(n) n ln(n) n ln(n) n ln(n) n ln(n) n ln(n)

1 1 (n + 1) 1 + n1 2 ln(2) − 2
Les termes , , = et tendent tous vers 0 d’après les opérations sur les
ln(n) n ln(n) n ln(n) ln(n) n ln(n)
limites.
(n + 1) ln(n + 1)
Etudions la limite du terme . Pour tout entier n ≥ 2,
n ln(n)
 
(n + 1) ln(n + 1) 1 ln(n + 1)
= 1+
n ln(n) n ln(n)
1 ln(n) + ln(1 + n1 )
 
= 1+
n ln(n)
1 (1 + n1 ) ln(1 + n1 )
=1+ +
n ln(n)

et d’après les opérations sur les limites, on a

1 (1 + n1 ) ln(1 + n1 )
lim = lim =0
n ln(n)

donc
(n + 1) ln(n + 1)
lim = 1.
n ln(n)
Le théorème de convergence par encadrement assure alors que

ln(n!)
lim =1
n ln(n)

ce qui prouve que ln(n!) ∼ n ln(n).


(2) On pose désormais, pour tout n ≥ 1,
en n!
vn = 1 , et dn = ln(vn ).
nn+ 2
Montrer que, pour tout n ≥ 1, !
1
2n + 1 1+ 2n+1
dn − dn+1 = ln 1 −1
2 1− 2n+1

8
Pour tout entier n ≥ 1,

dn − dn+1 = ln(vn ) − ln(vn+1 )


 
vn
= ln
vn+1
1
!
en n! (n + 1)n+1+ 2
= ln 1 ×
nn+ 2 en+1 (n + 1)!
 n+ 21 !
n+1 1
= ln
n e
   
1 n+1
= n+ ln −1
2 n
   
1 2n + 2
= n+ ln −1
2 2n
   
1 2n + 1 + 1
= n+ ln −1
2 2n + 1 − 1
1
!
2n + 1 1 + 2n+1
= ln 1 −1
2 1 − 2n+1

(3) Montrer que, pour tout n ≥ 1,


1 1 1
− ≤
12n + 1 12(n + 1) + 1 3(2n + 1)2
et
1 1 1
− ≥
12n 12(n + 1) 3((2n + 1)2 − 1)
Pour tout entier n ≥ 1,
1 1 12n + 13 − 12n − 1
− =
12n + 1 12(n + 1) + 1 (12n + 1)(12(n + 1) + 1)
12
=
(12n + 1)(12(n + 1) + 1)

donc
1 1 1 12 1
− − 2
= −
12n + 1 12(n + 1) + 1 3((2n + 1) − 1) (12n + 1)(12(n + 1) + 1) 3((2n + 1)2 − 1)
12 1
= −
(12n + 1)(12(n + 1) + 1) 12n2 + 12n
12 1
= −
(12n + 1)(12(n + 1) + 1) 12n(n + 1)
1 1
= 1 − .
(12n + 1)((n + 1) + 12 ) 12n(n + 1)

1 1 1
Or il est clair que (12n + 1)((n + 1) + 12 ) > 12n(n + 1) donc 1 < et par suite
(12n + 1)((n + 1) + 12 )
12n(n + 1)

1 1 1
− − <0
12n + 1 12(n + 1) + 1 3((2n + 1)2 − 1)

qui implique la première inégalité demandée.


De même, pour tout entier n ≥ 1,
1 1 1 1 1
− − 2
= −
12n 12(n + 1) 3((2n + 1) − 1) 12n(n + 1) 12n(n + 1)
=0

donc (il y a même égalité)


1 1 1
− − ≥0
12n 12(n + 1) 3((2n + 1)2 − 1)
qui implique la seconde inégalité demandée.

9
t2
 
1 1+t
(4) Soit f la fonction définie sur ]0, 1[ par f (t) = ln −1− .
2t 1−t 3
(a) Etudier les variations de la fonction g définie sur ]0, 1[ par g(t) = 2tf (t).
Pour tout réel t ∈]0, 1[,
2t3
 
1+t
g(t) = ln − 2t −
1−t 3
La fonction g est dérivable sur ]0, 1[ comme composée et somme de fonctions dérivables et
2
(1−t)2 2 2t4
g 0 (t) = 1+t − 2 − 2t2 = 2
− 2(1 + t2 ) = >0
1−t
1−t 1 − t2

d’où l’on déduit que la fonction g est strictement croissante sur ]0, 1[.
(b) En déduire que f est positive.
Les fonctions f et g ont le même signe sur ]0, 1[. Comme lim g(t) = 0, la fonction g est strictement croissante sur
t→0
]0, 1[ avec une limite nulle en 0 donc la fonction g est strictement positive sur ]0, 1[ et par suite la fonction f aussi.
t2
 
1 1+t
(5) Soit h la fonction définie sur ]0, 1[ par h(t) = − ln + 1.
3(1 − t2 ) 2t 1−t
(a) Etudier les variations de la fonction k définie sur ]0, 1[ par k(t) = 2th(t).
Pour tout réel t ∈]0, 1[,
2t3
 
1+t
k(t) = − ln + 2t.
3(1 − t2 ) 1−t
La fonction k est dérivable sur ]0, 1[ comme composée et somme de fonctions dérivables et
2
3t2 (1 − t2 ) − t3 (−2t)
 
0 2 (1−t)2
k (t) = − 1+t +2
3 (1 − t2 )2 1−t
2 t2 (3 − t2 ) 2
= 2 2
− +2
3 (1 − t ) 1 − t2
2t2 (3 − t2 ) − 6(1 − t2 ) + 6(1 − t2 )2
=
(1 − t2 )2
4t4
= >0
(1 − t2 )2

donc la fonction k est strictement croissante sur ]0, 1[.


(b) En déduire le signe de h.
Les fonctions h et k ont le même signe sur ]0, 1[. Comme lim k(t) = 0, la fonction k est strictement croissante sur
t→0
]0, 1[ avec une limite nulle en 0 donc la fonction k est strictement positive sur ]0, 1[ et par suite la fonction h aussi.
(6) En déduire, pour tout n ≥ 1, l’encadrement
1 1 1 1
− ≤ dn − dn+1 ≤ −
12n + 1 12(n + 1) + 1 12n 12(n + 1)

Soit n ∈ N∗ .
Les questions (4) et (5) permettent d’affirmer l’encadrement suivant :

t2 t2
 
1 1+t
∀t ∈]0, 1[, ≤ ln −1≤
3 2t 1−t 3(1 − t2 )

1
et en appliquant l’encadrement avec t = ∈]0, 1[, on trouve
2n + 1
1 1 1
2
≤ dn − dn+1 ≤ 1 =
3(2n + 1) 2 2
3(2n + 1) (1 − ( 2n+1 ) ) 3((2n + 1)2 − 1)

qui implique, d’après (3),


1 1 1 1
− ≤ dn − dn+1 ≤ −
12n + 1 12(n + 1) + 1 12n 12(n + 1)

10
1 1
(7) Montrer que les suites (dn − 12n )n∈N
∗ et (dn − 12n+1 )n∈N
∗ sont adjacentes. Soit ` leur limite commune.
Pour tout n ∈ N∗ , posons
1 1
an = dn −
et bn = dn − .
12n 12n + 1
D’une part, d’après la partie droite de l’encadrement précédent,
 
1 1
an − an+1 = dn − dn+1 − − ≤0
12n 12(n + 1)

ce qui signifie que la suite (an ) est croissante et d’autre part, d’après la partie gauche de l’encadrement précédent,
 
1 1
bn − bn+1 = dn − dn+1 − − ≥0
12n + 1 12(n + 1) + 1

ce qui signifie que la suite (bn ) est décroissante.


−1
Enfin, par différence an − bn = donc
12n(12n + 1)

lim(an − bn ) = 0.

Les suites (an ) et (bn ) sont donc adjacentes et admettent donc une limite commune.
(8) En déduire l’existence d’un réel C tel que pour tout n ≥ 1,
1 1 1 1
Cnn+ 2 e−n e 12n+1 ≤ n! ≤ Cnn+ 2 e−n e 12n

et donner un équivalent de n! à l’aide de la constante C.


1
Puisque lim = 0, la limite ` commune aux suites (an ) et (bn ) est aussi la limite de la suite (dn ). Par conséquent,
12n
la suite (vn ) est convergente de limite e` .
Posons C = e` .
Le théorème des suites adjacentes assure que pour tout entier n ∈ N∗ ,
1 1
dn − = an ≤ ` ≤ bn = dn −
12n 12n + 1
soit encore, puisque dn = ln(vn )
1 1
`+ ln(vn ) ≤ ` + .
12n + 1 12n
La fonction exponentielle étant croissante, on obtient
1 1
Ce 12n+1 ≤ vn ≤ Ce 12n

et par définition de vn , on arrive à


1 1 1 1
Cnn+ 2 e−n e 12n+1 ≤ n! ≤ Cnn+ 2 e−n e 12n .
1
En quotientant par Cnn+ 2 e−n , on a
1 n! 1
e 12n+1 ≤ 1 ≤ e 12n
Cnn+ 2 e−n
1 1
et puisque lim e 12n+1 = lim e 12n = 1, le théorème de convergence par encadrement implique
n!
lim 1 =1
Cnn+ 2 e−n
donc
1
n! ∼ Cnn+ 2 e−n .

Deuxième partie.
Dans cette partie, on détermine la constante C de l’équivalent de n! trouvé plus haut. Pour tout n ∈ N, on pose In =
Z π2
cosn xdx
0

11
(1) Calculer I0 et I1 .
On trouve
π π
I0 = et I1 = sin( ) − sin(0) = 1.
2 2

(2) A l’aide d’une intégration par parties, montrer que pour n ≥ 1,


n
In+1 = In−1 .
n+1
En déduire les valeurs de I2p et I2p+1 en fonction de p.
Soit n ∈ N∗ . On a
Z π2
In+1 = cosn−1 x cos2 xdx
0
Z π
2
= cosn−1 x(1 − sin2 x)dx
0
Z π Z π2
2
= cosn−1 xdx − sin x cosn−1 x sin xdx
0 0
Z π2  n 0
cos x
= In−1 + sin xdx
0 n

et par intégration par parties,


π 0  π2 π
cosn x cosn x cosn x
Z   Z  
2 2
sin xdx = sin x − cos xdx
0 n n 0 0 n

donc π 0
cosn x
Z 
2 1
sin xdx = − In+1
0 n n
et par conséquent
1
In+1 = In−1 − In+1
n
et cette relation se réécrit
n
In+1 = In−1 .
n+1
Pour tout p ∈ N, on a donc
2p
I2p+1 = I2p−1
2p + 1
qui fournit par récurrence,
2p(2p − 2) · · · 2
I2p+1 = I1
(2p + 1)(2p − 1) · · · 3
expression encore égale à
22p (p!)2
I2p+1 = .
(2p + 1)!
Et pour I2p , on a
2p − 1
I2p = I2p−2
2p
qui fournit par récurrence,
(2p − 1)(2p − 3) · · · 1
I2p = I0
2p(2p − 2) · · · 2
expression encore égale à
(2p)! π
I2p = .
22p (p!)2 2
 
I2n
(3) Montrer que la suite (In )n∈N est décroissante et en déduire la limite de la suite .
I2n+1
Puisque −1 ≤ cos x ≤ 1, on a pour tout entier n ∈ N, (cos x)n+1 ≤ (cos x)n et par positivité de l’intégrale, In+1 ≤ In
donc la suite (In ) est décroissante.

12
 
I2n
Pour la limite de la suite , on a par décroissance de la suite (In ) :
I2n+1

I2n I2n−1 2n + 1 1
1≤ ≤ = =1+
I2n+1 I2n+1 2n 2n

et grâce au théorème de convergence par encadrement,


I2n
lim = 1.
I2n+1

(4) Montrer alors que C = 2π.
D’après les résultats obtenus en (2),
I2n (2n + 1)((2n)!)2 π
=
I2n+1 24n (n!)4 2
et d’après l’équivalent de n! trouvé dans la partie 1,

((2n)!)2 C 2 (2n)4n+1 e−4n 24n+1


∼ ∼
(n!)4 C 4 n4n+2 e−4n C 2n

donc
I2n (2n + 1)((2n)!)2 π (2n + 1)24n+1 π 2π
= ∼ ∼ 2
I2n+1 24n (n!)4 2 24n C 2 n 2 C
I2n 2π
ce qui signifie que lim = . Or la limite trouvée en (3) et l’unicité de celle-ci impliquent
I2n+1 C2

C 2 = 2π soit C = 2π.

13