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CHAPITRE 2 : ANALYSE COMPARATIVE DES NORMES IAS/IFRS ET NORMES

COMPTABLES MAROCAINES : PRINCIPAUX RETRAITEMENTS


I. LES DIFFERENCES DE PRESENTATION
1. Principes comptables fondamentaux
Les principes comptables fondamentaux à la base des normes marocaines sont les mêmes que ceux des
normes internationales à l’exception du principe de la prééminence de la réalité sur l’apparence, non
applicable au Maroc, et le principe d’intangibilité du bilan d’ouverture, non applicable pour les normes
internationales (exemple : correction des erreurs fondamentales). Les sept (7) principes comptables
fondamentaux marocains :
- Le principe de la continuité d’exploitation
- Le principe de la permanence des méthodes
- Le principe du coût historique
- Le Principe de la spécialisation des exercices
- Le principe de prudence
- Le principe de la clarté
- Le principe de l’importance significative
Les principes que les IFRS préconisent sont :
- Le principe de la continuité d’exploitation
- Le principe de la permanence des méthodes
- Le principe de la juste valeur
- Le Principe de la spécialisation des exercices
- Le principe de l’actualisation
- Le principe de la clarté
- Le principe de l’importance significative
- Le principe de la prééminence économique sur le juridique
2. Compte de produite et de charges
L’objectif de l’information comptable est l’analyse économique, financière pertinente et fiscale, à
partir des états de synthèse qui sont le Bilan et le CPC. Au Maroc, les charges et les produits doivent
être classés uniquement par nature :
- Charges d’exploitation et produits d’exploitation : concernant les charges d’exploitation (redevance
de crédit-bail), le Plan Comptable Marocain préconise l’enregistrement des crédits-bails dans le CPC
- Charges financières et Produits financiers
- Charges non courantes et produits non courants.
Pour les normes internationales, la présentation des charges et des produits peut se faire par nature ou
par fonction. Les éléments obligatoires sont :
- Produits des activités ordinaires
- Résultat opérationnel
- Charges financières
- Quote-part dans le résultat net des entreprises associées et des coentreprises comptabilisées selon la
méthode de la mise en équivalence
- Charge d’impôt sur le résultat
- Résultats des activités ordinaires
- Eléments extraordinaires
- Intérêts minoritaires
- Résultat net de l’exercice
Impôts Différés Au niveau des comptes consolidés, il n’existe pas de différences majeures entre les
règles marocaines et les normes internationales en matière d’impôts différés. Les impôts différés ne
sont comptabilisés au Maroc que dans les comptes consolidés. Dans les comptes sociaux, seul est
comptabilisé l’impôt courant à payer au titre de l’exercice concerné. La norme IAS 12 Impôts sur le
résultat, préconise la comptabilisation des impôts différés dans les comptes sociaux et dans les
comptes consolidés. Elle impose la comptabilisation de passif et actif d’impôts différés basés sur des
conséquences fiscales futures des différences temporelles taxables.
3. Bilan
Au Maroc, les actifs sont classés selon une liquidité croissante et les passifs sur l’exigibilité croissante.
S’agissant des normes internationales, la présentation des états financiers est traitée par la norme IAS
1. Selon cette norme, chaque entreprise doit décider, selon la nature de ses activités, de présenter, au
bilan, séparément ses actifs et passifs courants et non courants. Lorsqu’une entreprise choisit de ne pas
distinguer les éléments courants des éléments non courants, elle doit présenter ses actifs et passifs en
fonction de leur liquidité. Les éléments obligatoires d’un bilan selon les normes internationales sont :
- Immobilisations corporelles
- Immobilisations incorporelles
- Actifs financiers
- Participations comptabilisées selon la méthode de mise en équivalence
- Stocks
- Clients et autres débiteurs
- Trésorerie et autres débiteurs
- Fournisseurs et autres créditeurs
- Actifs et passifs d’impôts
- Provisions
- Passifs non courants portant intérêt
- Intérêts minoritaires
- Capital émis et réserves
- Des postes, rubriques et sous totaux supplémentaires doivent être présentés au bilan lorsqu’une
norme comptable internationale l’impose ou lorsqu’une telle présentation est nécessaire pour présenter
une image fidèle de la situation financière de l’entreprise.
II. RETRAITEMENT DES POSTES DU BILAN
1. Immobilisations en non-valeur
En principe, et selon les normes marocaines, les charges constatées lors d’un exercice constituent des
charges afférentes à ce même exercice (principe de spécialisation des exercices). Toutefois, des
charges importantes et dont l’impact profite à plus d’un exercice peuvent être immobilisées afin d’être
réparties sur plusieurs exercices. Il peut s’agir des :
Frais préliminaires : Il s’agit essentiellement des frais de constitution, des frais préalables au
démarrage ou d’augmentation du capital. Ils sont amortissables le plus tôt possible et dans un délai
maximum de 5 ans. La règle du prorata temporis ne leur est pas applicable.
Charges à répartir sur plusieurs exercices : Elles incluent les frais d’acquisition des
immobilisations, frais d’émission des emprunts. Elles sont amortissables dans les mêmes règles que
les frais préliminaires.
Primes de remboursement des obligations : Elles sont amorties soit au prorata des intérêts courus
soit par fractions égales au prorata de la durée de l’emprunt quel que soit la durée du remboursement.
Les normes IAS ne reconnaissent pas le concept des frais d’établissement ou des coûts de démarrage.
Ils sont comptabilisés en tant que charges des exercices courants. Aucun des comptes susmentionnés
ne doit figurer sur les états de synthèse retraités, nous devons contre-passer chaque compte ainsi que
son compte d’amortissement.
L’annulation de la non-valeur se fera par la contre-passation du compte concerné (à titre d’exemple
frais préliminaires) par :
- Le débit du compte ‘ dotation d’exploitation aux amortissements des immobilisations en non-valeur
‘pour la fraction non encore amortie ;
- Le débit du compte ‘ réserves ‘ pour la fraction déjà amortie lors des exercices antérieurs ;
2. Immobilisations incorporelles
Cas : Goodwill ou écart d’acquisition Au Maroc, le PCGE (Plan Comptable Général des Entreprises)
prévoit que l’écart d’acquisition soit amorti, sans exception, selon un plan d’amortissement dont la
durée doit refléter les hypothèses retenues et les objectifs fixés lors de l’acquisition. Le goodwill n’est
plus amortissable depuis la révision de l’IAS 38
Cas : Frais d’établissement et frais à étaler
L’IAS 38 interdit la comptabilisation parmi l’actif des frais à étaler ou des frais d’établissement Par
contre avec le PCGE marocain les frais à étaler et d’établissement sont comptabilisés à l’actif est
amortis sur une durée maximum de 5 ans. A la différence des règles marocaines, IAS 38 interdit
l’inscription des frais d’établissement et des frais à étaler au niveau des actifs. Selon cette norme, ils ne
répondent pas aux critères de distinction d’un actif.
3. Immobilisations corporelles
Réévaluation des immobilisations corporelles
-Les normes internationales recommandent d’effectuer régulièrement les réévaluations de manière à ce
que la valeur comptable nette de l’immobilisation soit proche de sa juste valeur
-Au Maroc, les règles fiscales jouent un rôle pénalisant puisque les réévaluations sont soumises à
l’impôt. Les réévaluations sont rarement pratiquées au Maroc
Amortissement des immobilisations corporelles
-Au Maroc, les méthodes comptables d’amortissement des immobilisations sont dépendantes de la
réglementation fiscale en termes de durée retenue et de rythme d’amortissement. La durée de vie sur le
plan fiscal et comptable est en général plus courte que la durée de vie réelle des immobilisations
- L’IAS 16 (immobilisations corporelles) précise que l’entreprise doit identifier et sélectionner la
méthode d’amortissement qui reflète le rythme selon lequel les avantages économiques liés à l’actif
sont consommés par l’entreprise
Approche par composante
Au Maroc, l’approche d’immobilisation par composante n’est pas aussi systématique que dans les
normes internationales
Selon IAS 16, les composantes d’une immobilisation complexe, ayant des durées de vie différentes
que l’immobilisation principale, doivent être immobilisées séparément et amorties selon leurs propres
durées
Contrats de location
Au Maroc, le crédit-bail (le leasing) est constaté en charges, contrairement aux normes internationales,
traitant celui-ci comme un élément d’actif (immobilisation généralement)
4. Immobilisations Financières
Le CGNC distingue au sein des immobilisations financières, les titres de participation et les autres
titres immobilisés ; et d’autre part les titres et valeurs de placement figurant à l’actif circulant
Cette classification en immobilisations et actif circulant traduit la distinction qu’a opérée Le CGNC
entre le long et le court terme, en se fondant sur une durée de détention ou de recouvrement de plus ou
moins 12 mois
Evaluation initiale :
Les placements sont comptabilisés à leur coût d’acquisition qui comprend : le prix d’achat et les coûts
de transaction (honoraires, commissions versées, courtage…).
Ceci constitue une différence majeure avec le CGNC qui comptabilise le coût des transactions
directement en charges. Evaluation ultérieure des titres : La norme prévoit la réévaluation des titres à
leur juste valeur, exception faite des placements détenus jusqu’à leur échéance qui sont évalués au
coût amorti. Le coût amorti correspond au fait qu’en cas d’écart entre Le prix d’acquisition et la valeur
de remboursement du titre, le différentiel (décote ou prime) est amorti sur la durée de vie résiduelle du
titre.
5. Ecart de Conversion Actif
Au Maroc, les pertes de changes latents sont comptabilisées au bilan dans des comptes d’écart de
conversion. Une provision pour risque de change est constatée, en cas de perte latente. Le gain de
change latent n’est pas intégré dans le résultat comptable, mais il est pris en compte dans la
détermination du résultat fiscal. Selon les normes IAS/IFRS, les pertes latentes, dues aux variations
des cours de monnaies étrangères, sont comptabilisées directement dans le résultat comptable. Elles
ont une incidence directe sur le résultat. Les transactions en monnaies étrangères sont comptabilisées
comme suit :
-Evaluation en utilisant le cours de change à la date de transaction
-Evaluation en utilisant le cours de clôture à la date de clôture pour les éléments monétaires et celui du
jour de la transaction pour les éléments non monétaires
-Les écarts de change sont comptabilisés dans le compte de résultat
6. Stocks
Il n’y pas de divergences majeures entre le traitement des stocks selon les normes internationales et
marocaines. Les principes comptables sont comparables, toutefois l’information à fournir est plus
complète en normes IAS/IFRS qu’en règles marocaines. La norme IAS 2 impose de fournir en annexe
une information sur la valeur des stocks dépréciées et comptabilisées à la valeur nette de réalisation.
Les méthodes d’évaluation des stocks admises sont les mêmes selon les deux normes. Au Maroc, deux
méthodes sont utilisées pour l’évaluation des stocks :
-La méthode du Coût Moyen Unitaire Pondéré (CMUP) : consiste à diviser le coût des marchandises
destinées à la vente par le total des unités à vendre.
-La méthode de l’épuisement successif (FIFO) : consiste à attribuer aux articles encore en stock les
coûts les plus récents. Les sorties sont valorisées selon les plus anciens prix.
7. Créances
Elles sont classées selon leur fonction économique et financière et non selon leur échéance. Elles
rentrent au bilan à leur coût historique et restent dans leur poste d’origine de leur naissance jusqu’à
leur échéance. Selon les normes marocaines, les créances circulantes sont inscrites à leur valeur
nominale en principal, telle que celle-ci résulte des conventions légales ou contractuelles liant
l’entreprise à ses débiteurs. En normes IAS/IFRS, Le montant des produits des activités ordinaires doit
être évalué à la juste valeur de la contrepartie reçue ou à recevoir en tenant compte du montant de
toute remise commerciale ou rabais pour quantités consenti par l’entreprise.
8. Provisions
Au Maroc, c’est surtout le principe de prudence, qui est à la base de la dotation aux provisions. Les
provisions pour grosses réparations ne sont pas permises par les normes internationales. L’approche
par composante au niveau de la gestion des immobilisations permet de combler les impacts de cette
non autorisation.
Selon la norme 37, une provision ne doit être comptabilisée que si les conditions ci-dessous sont
respectées :
-Un passif résultant d’événements passés
-Une obligation actuelle qui aboutira à une sortie de ressources
-La probabilité d’évaluer de façon fiable le montant de l’obligation
Ces conditions ne sont pas les mêmes qu’au Maroc. En effet, les provisions pour grosses réparations,
qui ne respectant pas la condition première de l’IAS 37, sont autorisées par la réglementation
comptable marocaine.
9. Capitaux propres assimilés
Subventions
Selon les IFRS les subventions doivent être comptabilisées en produits, sur une base systématique sur
les exercices nécessaires pour les rattacher aux coûts liés qu’elles sont censées compenser
Au Maroc une subvention d'investissement est constatée systématiquement dans un compte spécifique
des capitaux propres pour le montant perçu est amorti au même rythme que l'immobilisation
correspondante par le crédit du compte de résultat. La présentation des subventions en diminution des
postes de l’actif immobilisé n’est pas prévue
Comptabilisation des subventions liées à des actifs
La 1ère méthode consiste à comptabiliser la subvention au passif comme un produit différé à répartir
sur plusieurs exercices (sur la durée d’utilisation du bien subventionné ; la réintégration de la
subvention aux résultats suivra le rythme des amortissements).
La 2ème méthode consiste à déduire la subvention de la valeur brute de l’actif qu’elle contribue à
financer, la subvention est donc automatiquement rapportée aux résultats par l’intermédiaire d’une
réduction de la charge d’amortissement. Comptabilisation des subventions liées aux résultats.
La subvention est dans ce cas rapportée au résultat de l’exercice dont elle compense les charges, soit
en considérant la subvention comme un produit, soit en diminuant les charges qui lui sont liées.
Ecart de conversion passif
Au Maroc, les gains de change latents sont comptabilisés au bilan dans des comptes d’écart de
conversion. Une provision pour risque de change est constatée, en cas de perte latente. Le gain de
change latent n’est pas intégré dans le résultat comptable, mais il est pris en compte dans la
détermination du résultat fiscal.
Selon les normes IAS/IFRS, les gains latents, dus aux variations des cours de monnaies étrangères,
sont comptabilisés directement dans le résultat comptable. Ils ont une incidence directe sur le résultat.
Les transactions en monnaie étrangères sont comptabilisées comme suit :
-Evaluation en utilisant le cours de change à la date de transaction
-Evaluation en utilisant le cours de clôture à la date de clôture pour les éléments monétaires et celui du
jour de la transaction pour les éléments non monétaires
-Les écarts de change sont comptabilisés dans le compte de résultat
En application du principe de prudence, cet écart qui est un produit latent à long terme n’a pas de trace
dans le CPC.
10. Avantages du personnel
La comptabilisation de l’ensemble des avantages du personnel, obligatoire dans les normes IAS/IFRS,
ne fait pas l’objet d’une normalisation comptable marocaine directe et précise. Des provisions pour
risques et charges peuvent être comptabilisées (engagement de retraite par exemple). Aussi, dans les
normes internationales, les informations complémentaires relatives aux avantages du personnel et
exigées sont très détaillées par rapport à ce qui est exigé pour les provisions pour risques et charges au
Maroc
IV. COMPARATIF DES REGLES POSEES PAR LE PLAN COMPTABLE GENERAL DES
ENTREPRISES ET LES NORMES IAS

PCGE NORMES IAS/IFRS


Vision juridique de l'entreprise : la Vision économique de l'Entreprise : la
comptabilité est un outil de contrôle et un comptabilité devient une information
instrument de régulation sociale financière, un outil d'aide à la décision et de
(réglementation, contrôle étatique, notion de mesure de la richesse créée pour les
prudence). investisseurs et tous les Tiers intéressés.
Image fidèle des comptes traduisant la Image fidèle de la situation financière, de la
situation juridique des Actifs et des Passifs de performance et des flux de trésorerie d'une
l'Entreprise = Évaluation du Patrimoine. Entité économique = Évaluation de la
Rentabilité.
Prééminence du droit sur les faits : Prééminence de la réalité sur la forme
n'apparaissent à l'Actif que les Biens dont (substance over form) : présence dans l'Actif
l'Entreprise est propriétaire. des Biens en location/financement.
Valeur comptable des Actifs : Biens évalués Valeur de marché des Actifs : Biens évalués
au coût historique. selon le concept de juste valeur (fair value)
Corrélation étroite entre comptabilité et Indépendance de la comptabilité vis à vis de
fiscalité. la fiscalité : gestion "stratégique" des résultats.
États financiers conformes au Plan États financiers conformes aux normes
Comptable Général. IAS/IFRS (nouvelle définition)

Conclusion
Face à la mondialisation, la concentration des capitaux et le développement des modes de
financements ; les systèmes comptables ne pouvaient que se transformer. Désormais, la
comptabilité n’est plus seulement un moyen de preuve ou un système nécessaire pour calculer
l’impôt. Mais plutôt un outil indispensable qui a pour vocation de fournir une information
financière pertinente, fiable et donc utile pour les dirigeants des entreprises, des actionnaires et
des tiers. Le Maroc, par ses relations économiques internationales, notamment avec l’union
européen, ne peut rester à l’écart. D’ailleurs, les sociétés multinationales et plusieurs sociétés
marocaines, en raison de leur double cotation (Maroc et Paris) ont adopté les normes IAS/IFRS.
Le passage aux normes IFRS doit être conçu comme un projet d’envergure, plein d’enjeux
stratégiques pour toutes les parties concernées : les dirigeants d’entreprises, les investisseurs,
l’Etat ….Ces derniers, sont appelés à se préparer au chantier de conversion par l’anticipation des
coûts de passage, la réalisation des simulations et la formation des ressources humaines
concernées. Au niveau de l’entreprise marocaine, et au-delà des implications purement technico
comptables que nous avons relatées dans le présent rapport, la conversion aux normes IAS/IFRS
doit être perçue comme un projet d’entreprise, qui nécessiterait la mobilisation de ressources
matériels, financières et humaines importantes. Adopter le référentiel IFRS par une entreprise,
c’est d’abord adopter une démarche méthodologique en trois phases, dans le cadre d’un projet de
plus haut niveau :
La première phase est celle "d’état des lieux", et nécessitera une forte implication du staff
financier de l’entreprise et de l’expert-comptable, afin de déterminer les modifications à opérer ;
La deuxième phase est celle d’organisation inhérente à la gestion de projets complexes ;
Enfin, la troisième phase de l’élaboration et la mise en œuvre des plans d’action portées par
toutes les équipes de l’entreprise.

Sur le plan national, l’implémentation des normes IFRS au Maroc rencontre certaines difficultés
d’ordre conceptuel, organisationnel et réglementaire.
Normes comptables statiques en déphasage avec le référentiel IFRS dont les principes
fondamentaux sont la prééminence de l’économique sur le juridique et la juste valeur.

Résumé : COMPARATIF ENTRE LES NORMES IAS/IFRS ET LES NORMES


MAROCAINES :
Rubrique Normes IAS / IFRS Normes MAROC
LES IMMOBILISATIONS Amortissement de certaines immobilisations Amortissement obligatoire des immobilisations
INCORPORELLES incorporelles incorporelles
• Réévaluation possible • Réévaluation interdite
• Mode d’amortissement linéaire • Mode d’amortissement linéaire

Le Goodwill ou écart Comptabilisé en tant qu’actif Comptabilisé en tant qu’actif


d’acquisition • Amortissement non autorisé suite à la révision • Mode d’amortissement linéaire
d’IAS 38 • Durée maximum 20 ans (durée d’utilité de
A noter : Le goodwill n’est plus amortissable l’immobilisation concernée
depuis la révision d’IAS 38 Au Maroc, le PCG (Plan Comptable Général) ne prévoit
. que l’écart d’acquisition soit amorti, sans exception,
selon un plan d’amortissement dont la durée doit refléter
les hypothèses retenues et les objectifs fixés lors de
l’acquisition
Les Frais d’établissement et frais IAS 38 interdit la comptabilisation parmi l’actif des Les frais à étaler et d’établissement sont comptabilisés à
à étaler frais à étaler ou des frais d’établissement l’actif et amortis sur une durée maximum de 5 an
Les Frais de recherche et Frais de recherche fondamentale doivent être Frais de recherche fondamentale doivent être
développement comptabilisées en charge comptabilisées en charge
• Frais de recherche appliquée doivent être • Frais de recherche appliquée peuvent être
comptabilisées en charge comptabilisées en immobilisation
• Frais de développement peuvent être • Frais de développement peuvent être immobilisées sous
immobilisées sous certaines conditions certaines conditions
• Amortissement sur la durée prévisionnelle • Amortissement sur 5 ans maximum
d’utilisation Au Maroc, la règle générale est la constatation en charge.
A noter : Cependant, pour les frais de recherche appliquée et
IAS 38 prévoit l’activation des frais de développement, l’activation est possible si :
développement lorsque les critères - Les projets sont individualisés
suivants sont vérifiés : - D’importantes chances de réussites techniques
- Probabilité de générer des bénéfices - La rentabilité commerciale est démontrée
- Produit clairement identifié
- Possibilité de fabrication démontrée
- Intention de vendre le produit
- Existence d’un marché potentiel
- Ressources suffisantes
LES IMMOBILISATIONS Permise •Permise
CORPORELLES • Non Taxée • Taxée
La Réévaluation des • Pratiquée • Pratiquée rarement
immobilisations corporelles -Les normes internationales recommandent -Au Maroc, les règles fiscales jouent un rôle pénalisant
d’effectuer régulièrement les réévaluations de puisque les réévaluations sont soumises à l’impôt
-Les réévaluations sont rarement pratiquées au Maroc
manière à ce que la valeur comptable nette de
l’immobilisation soit proche de sa juste valeur
Les Amortissement des La durée d’amortissement est la durée de vie La durée d’amortissement est la durée de vie économique
immobilisations économique prévue prévue
corporelles • Mode d’amortissement non précisé • Mode linéaire ou dégressif
• Durée fiscale non applicable • Durée fiscale fréquemment choisie comme durée
* IFRS 16 (immobilisations corporelles) précise d’amortissement
que l’entreprise doit identifier A noter :
et sélectionner la méthode d’amortissement qui * Au Maroc, les méthodes comptables d’amortissement
reflète le rythme selon lequel des immobilisations sont dépendantes de la
les avantages économiques liés à l’actif sont réglementation fiscale en termes de durée retenue et de
consommés par l’entreprise rythme d’amortissement
L’APPROCHE PAR COMPOSANTE * La durée de vie sur le plan fiscal et comptable est en
Selon IAS 16, les composantes d’une général plus courte que la durée de vie réelle des
immobilisation complexe, ayant des immobilisations
durées de vie différentes que l’immobilisation L’APPROCHE PAR COMPOSANTE
principale, doivent être immobilisées séparément et Au Maroc, l’approche d’immobilisation par composante
amorties selon leurs propres durées. n’est pas aussi systématique que dans les normes
internationales.
CONTRATS DE LOCATION Location- financement à enregistrer en tant qu’actif • Dans les comptes individuels, la comptabilisation ne
• Location- exploitation à enregistrer en tant que distingue pas la nature des contrats de location.
charge Définition et critères précis pour un contrat Dans les comptes consolidés, il peut être procédé au
de location financement selon les normes IAS/IFRS retraitement des contrats de location – financement
(IAS 17 : Contrats de location) • les loyers dus à raison du contrat constituent des
charges d'exploitation
Au Maroc, le crédit-bail (le leasing) est constaté en
charges, contrairement aux normes Internationales,
traitant celui-ci comme un élément d’actif
(immobilisation généralement)
LES STOCKS • L’enregistrement des stocks se fait à la date de • L’enregistrement des stocks en normes marocaines se
transfert de l’essentiel des fait à la date du transfert de propriété
risques et avantages et du contrôle des avantages • La liste des coûts incorporables aux coûts fixes de
économiques futurs production est plus restreinte
• Inclut tout le matériel utile à la production et au • La présentation des subventions en diminution des
stockage même les coûts de transport postes de l’actif immobilisé n’est pas prévue.
• En cas d’actualisation des paiements différés, Il n’y pas de divergences majeures entre le traitement des
l’écart est pris en résultat stocks selon les normes
financier. internationales et marocaines. Les principes comptables
Toutefois l’information à fournir est plus complète sont comparables,
en normes IAS/IFRS qu’en règles marocaines. La
norme IAS 2 impose de fournir en annexe une
information sur la valeur des stocks dépréciées et
comptabilisées à la valeur nette de réalisation. Les
méthodes d’évaluation
des stocks admises sont les mêmes selon les deux
normes.
LE TRAITEMENT DES La comptabilisation du chiffre d’affaires est en • La comptabilisation du chiffre d’affaires est en fonction
CREANCES fonction de la réalité de la transaction de la forme juridique
• La méthode du pourcentage d’avancement est du contrat
obligatoire pour les prestations de service • La méthode du pourcentage d’avancement est une
En normes IAS/IFRS, Le montant des produits des option
activités ordinaires doit être évalué à la juste valeur Selon les normes marocaines, les créances circulantes
de la contrepartie reçue ou à recevoir en tenant sont inscrites à leur valeur
compte nominale en principal, telle que celle-ci résulte des
du montant de toute remise commerciale ou rabais conventions légales ou
pour quantités consenti par l’entreprise. contractuelles liant l’entreprise à ses débiteurs.
Toutefois, lorsque l’entrée de trésorerie ou Les intérêts financiers nettement identifiables en
d’équivalent de trésorerie est différée, la juste application des conventions
valeur de la contrepartie peut être inférieure au établies ne rentrent pas dans cette valeur nominale.
montant nominal de la trésorerie reçue ou à
recevoir. Dans ce cas le montant enregistré en vente
est la valeur actualisée de la créance sur l’acheteur.
LES SUBVENTIONS • La présentation des subventions en diminution des • La présentation des subventions en diminution des
postes de l’actif postes de l’actif immobilisé n’est pas prévue.
immobilisé est prévue • Une subvention d'investissement est constatée
• Les subventions doivent être comptabilisées en systématiquement dans un
produits, sur une base
systématique sur les exercices nécessaires pour les compte spécifique des capitaux propres pour le montant
rattacher aux coûts liés qu’elles sont censées perçu est amorti au même rythme que l'immobilisation
compenser correspondante par le crédit du compte de résultat.
LES IMMOBILISATIONS La classification retenue est la suivante : • Le CGNC distingue au sein des immobilisations
FINANCIERES • Les actifs financiers détenus à des fins de financières, les titres de participation et les autres titres
transaction, dont Le but de la immobilisés; et d’autre part les titres et valeurs de
détention est de dégager un bénéfice des placement figurant à l’actif circulant
fluctuations du prix à court terme ; • Cette classification en immobilisations et actif circulant
• Les placements détenus jusqu’à leur échéance, traduit la distinction qu’opérée le CGNC entre le long et
sont généralement les le court terme, en se fondant sur une durée de détention
obligations. ou de recouvrement de plus ou moins 12 mois
• Les prêts et créances émis par L’entreprise
• Les actifs disponibles à la vente sont ceux qui ne
rentrent en aucune des
catégories précédentes.
LES ECARTS DE Selon les normes IAS/IFRS, les gains et pertes Au Maroc, les gains et pertes de change latents sont
CONVERSION latents, dus aux variations des comptabilisés au bilan dans
cours de monnaies étrangères, sont comptabilisés des comptes d’écart de conversion. Une provision pour
directement dans le résultat comptable. Ils ont une risque de change est
incidence directe sur le résultat. Les transactions en constatée, en cas de perte latente. Le gain de change
monnaie étrangères sont comptabilisées comme suit latent n’est pas intégré dans
: le résultat comptable, mais il est pris en compte dans la
- Evaluation en utilisant le cours de change à la date détermination du résultat
de transaction fiscal.
- Evaluation en utilisant le cours de clôture à la date • Conversion au taux de clôture
de clôture pour les • Impact sur résultat comptabilisé uniquement pour perte
éléments monétaires et celui du jour de la de change latente
transaction pour les éléments non
monétaires
- Les écarts de change sont comptabilisés dans le
compte de résultat
• Conversion au taux de clôture
• Impact sur résultat comptabilisé
LES PROVISIONS • l’actualisation des provisions est obligatoire. • l’actualisation des provisions n’est pas obligatoire.
• il y a une précision pour l’estimation des flux • Absence de disposition expresse concernant
futurs, l’actualisation et les l’évaluation des provisions. elle est
informations à fournir généralement faite avec approximation
• Les provisions pour grosses réparations ne sont • Une provision pour grosses réparations et
pas permises par les normes internationales. obligatoirement constituée si elle est destinée à couvrir
Selon la norme 37, une provision ne doit être des charges importantes qui ne présentent pas un
comptabilisée que si les caractère annuel et ne peuvent être assimilées à des frais
conditions ci-dessous sont respectées : courants d'entretien et de réparation.
- Un passif résultant d’événements passés Ces conditions ne sont pas les mêmes qu’au Maroc. En
- Une obligation actuelle qui aboutira à une sortie effet, les provisions pour grosses réparations, qui ne
de ressources respectant pas la condition première de IAS 37, sont
- La probabilité d’évaluer de façon fiable le autorisées par la réglementation comptable marocaine.
montant de l’obligation Au Maroc, c’est surtout le principe de prudence, qui est à
la base de dotation de provision.
Les provisions pour grosses réparations ne sont pas
permises par les normes internationales. L’approche par
composante au niveau de la gestion des immobilisations
permet de combler les impacts de cette non autorisation
LES IMPOTS DIFFERES • Comptabilisation dans les comptes sociaux • Non applicable dans les comptes sociaux
• Comptabilisation dans les comptes consolidés • Comptabilisation dans les comptes consolidés
La norme IAS 12 Impôts sur le résultat, préconise Au niveau des comptes consolidés, il n’existe pas de
la comptabilisation des impôts différés dans les différences majeures entre les règles marocaines et les
comptes sociaux et dans les comptes consolidés. normes internationales en matière d’impôts différés.
Elle impose la comptabilisation de passif et actif Les impôts différés ne sont comptabilisés au Maroc que
d’impôts différés basés sur des dans les comptes consolidés. Dans les comptes sociaux,
conséquences fiscales futures des différences seul est comptabilisé l’impôt courant à payer au titre de
temporelles taxables. l’exercice concerné
LES AVANTAGES DU La comptabilisation de l’ensemble des avantages du Aussi, dans les normes internationales, les informations
PERSONNEL personnel, obligatoire complémentaires relatives aux avantages du personnel et
dans les normes IAS/IFRS, ne fait pas l’objet d’une exigées sont très détaillées par rapport à ce qui est exigé
normalisation comptable pour les provisions pour risques et charges au Maroc.
marocaine directe et précise.
Des provisions pour risques et charges peuvent être
comptabilisées
(engagement de retraite par exemple).
EVENEMENTS POSTERIEURS Selon les normes IAS/IFRS, les corrections Au Maroc, les corrections d’erreurs, postérieurs à la date
A LA DATE d’erreurs fondamentales de clôture, sont à comptabiliser en compte de résultat
DE CLOTURE postérieures à la date de clôture et les changements
de principes comptables
sont comptabilisés en ajustant les capitaux propres
du bilan d’ouverture. Le principe comptable
d’intangibilité du bilan d’ouverture n’est pas
respecté.
Elles autorisent aussi la comptabilisation des
ajustements en résultat de l’exercice avec une
présentation pro forma des exercices antérieurs
retraités en annexe.

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