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M.

Boussaid Novembre 2005

CHAPITRE 9 : CONDITIONS D’EXPLOITATION EN ZONE SAHARIENNE

1. Particularités du Sahara

Le Sahara Algérien est l’une des zones du monde les plus hostiles à la vie.
Les températures à l’ombre peuvent dépasser en été les 50°C avec un
ensoleillement pouvant dépasser les 1000W/m2 et l’humidité relative y est
très faible. Une autre caractéristique concerne la fréquence relativement
grande des tempêtes de sable. L’exploitation du pétrole est donc
relativement pénible sur le plan humain et sur le plan matériel. Il est donc
nécessaire de tenir compte de ces conditions extrêmes pour dimensionner
la plupart des appareils appelés à y être utilisés. C’est le cas en ce qui
concerne les aéro-réfrigérants en particulier mais le rafraîchissement
d’une façon générale (ambiance notamment).

Au Sahara la température la plus grande rencontrée sur une période


suffisamment longue, est très importante, ajouter à cela un fort
ensoleillement et le résultat est un aéro-réfrigérant qui « peine » à
refroidir les fluides process aux températures exigées. A conditions
spéciales, il s’agit donc d’avoir des solutions spéciales pour pallier à :

• Fortes températures

• Fort ensoleillement

• Tempêtes de sables

2. Rafraîchissement de l’air

La faible humidité relative (et absolue) de l’air Saharien est un avantage


indéniable en vue du rafraîchissement de celui ci. En effet un air chaud et
sec que l’on fait passer à travers un filet d’eau de façon adiabatique va
s’humidifier, l’évaporation d’une partie de l’eau servira à réduire
sensiblement la température du mélange. L’humidité maximale atteinte
est la saturation (100%).

L’effet rafraîchissant est fonction de :

• du débit d'air

• de la température et de l'humidité de l'air

• de la température de l'eau

• de la surface de contact entre l'eau et l'air

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2.1 Propriétés de l’air humide (diagramme de l’air humide)

• La pression atmosphérique varie avec l’altitude z selon la relation


suivante :

pat = 1.19745 .10


−8
(288.15 − 0.065z )5.25588
On considère souvent l’air humide comme un gaz parfait sur les lequel les
lois de la thermodynamique des gaz parfait peut s’appliquer avec une
bonne précision.

• Humidité spécifique ou absolue : C’est le rapport de la masse d’eau


contenue dans un volume d’air humide à la masse d’air sec
contenue dans ce même volume.

s mv pv
r = = 0.622 en kg d' eau / kg d' air sec
ma p − pv

• Humidité relative : L’humidité relative notée ψ est le rapport entre la


pression partielle de la vapeur d’eau dans l’air pv et la pression de
saturation ps,θ de cette vapeur d’eau à la température θ. Soit :

pv
ψ =
ps, θ

• Enthalpie de l’air sec : Les tables météorologiques donnent pour la


chaleur massique de l’air sec, sous pressions constante Cp,a :

Cp ,a=1.005 kJ/kgK

L’enthalpie massique de l’air sec est:


T
ha = ∫C
0
p, a
dT

En adoptant la valeur moyenne de Cp,a entre –20 à 50°C, on peut écrire la


relation simple suivante :

ha=1.006θ en kJ/kg (d’air sec)

Avec θ exprimée en °C.

• Enthalpie de l’air humide :

h=1.006. θ+rs(2500.8+1.8266θ) kJ/kga.s

• Chaleur spécifique de l’air humide

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kJ/kg air sec K


s s
Cp = 1.006 + 1.8266 r

• Chaleur massique de l’air humide :


s
Cp = 1.006 + 1.8266
s
r kJ/kg air humide K
1+ r
• Température de bulbe sec: C’est la température au sens habituel du
terme

• Température de bulbe humide : C’est la température obtenue sur un


thermomètre dont le bulbe a été préalablement recouvert d’une
mince couche d’eau.

• Le diagramme de l’air humide (en θ - rs)

C’est un diagramme en température-humidité absolue. Il exprime les


différents états de l’air humide. En paramètre on rencontre l’humidité
relative et l’enthalpie du mélange qui sont dessinées. Les mesures
météorologiques donnent le plus souvent la température sèche et humide
sur un psychromètre qui permet d’évaluer l’humidité absolue rs comme
suit :

2500 .8rh − 1.006(θ − θh )


s

en kg eau/kg a.s
s
r =
2500 .8 + 1.8266(θ − θh )

On peut tirer par la suite l’humidité relative ψ par le diagramme de l’air


humide et situer précisément l’état thermodynamique de l’air en question.

Lorsque de l’air sec et chaud est humidifié de façon adiabatique, il est


possible de refroidir l’air humide résultant. Le maximum de l’effet
rafraîchissant est obtenu lorsque l’air est saturé en eau à la sortie. La
température est alors celle donnée par le thermomètre humide. On peut
apprécier le degré de refroidissement que l’on peut obtenir.

L’air saharien est souvent à même d’être refroidis, parce que chaud et très
sec.

Pratiquement, il s’agira d’intercaler entre le faisceau tubulaire et


l’ambiance (dans la zone d’influence du ventilateur) un ruissellement
d’eau (laveur d’eau adiabatique) en circuit fermé permettant l’opération
de refroidissement. En plus de cela l’air parvenant aux tube ailetés est
« lavé ». L’opération de ruissellement utilise une petite pompe en circuit
fermé, qui consomme très peu d’eau et d’énergie. Le diagramme de l’air
humide permet en outre d’évaluer l’appoint en eau du circuit. Ce débit se
calcule de la manière suivante :

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( )
& eau = rhs − r s m
m & as

2.2 Système de ruissellement et entretien

Le système de ruissellement est constitué généralement :

• D’une cuvette en ciment pour la rétention de l'eau de


refroidissement et pour le bardage (fibrociment)

• de polyester pour le bardage

• de bois ou d'acier galvanisé pour la structure

• de PVC, de polystyrène ou de polypropylène pour la dispersion de


l'eau, le contact avec l'air et l'élimination des vésicules entraînées.

Le bois résiste bien à l'eau légèrement acide mais est sensible à la


pourriture dans une eau basique.

Le ciment est sensible à l'eau acide ou contenant une trop grande


proportion de CO2, mais résiste bien aux eau basiques (jusqu'à pH=10).

Les tubes permettant le ruissellement sont généralement en matériau


plastique, craignent :

• La chaleur

• Le poids excessif

• Les chocs

• Les hydrocarbures ou solvants organiques.

La température de l'eau devra être limitée à 55°C.

Pour éviter la formation de tartre, on peut traiter l'eau aux poly-


phosphates (typiquement 5g/m3 d'eau).

Il est conseillé de préparer une solution concentrée à 10% (attention


celle-ci est corrosive) qui est ajoutée par un système doseur.

La solution diluée jusqu'à 100g/m3 a par contre un rôle passivant.

Ce traitement ne supprime pas la purge de déconcentration, mais il


permet de la réduire tout en limitant l'entartrage.

Un autre moyen de limiter l'entartrage est de faire l'appoint avec de l'eau


épurée.

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2.3 Lutte contre la prolifération bactérienne

L'eau tiède et aérée des aéro-réfrigérants contient des matières minérales


et organiques qui peuvent favoriser le développement d'une faune et
d'une flore qui accélèrent le pourrissement du bois, la corrosion des
métaux et les dépôts sur les surfaces d'échangeur.

Pour éviter cela, l'eau doit être traitée.

Parmi les bactéries pouvant se développer, la Legionella Pneumophila


responsable de la maladie du légionnaire est particulièrement redoutée.

Parmi les moyens de lutte contre cette prolifération bactérienne on


trouve:
• Le chlore

• Le peroxyde d'hydrogène éventuellement associé à un catalyseur de


décomposition (GEA MOL Clean)

• L'iode (Baltimore Aircoil)

• Le rayonnement UV : Un rayonnement à 254nm modifie le patrimoine


génétique des bactéries et provoque leur mort. Le liquide à traiter doit
être suffisamment limpide pour transmettre le rayonnement. Une filtration
peut être nécessaire.

3. Ensoleillement

Les aéro-réfrigérants installés en zone saharienne reçoivent en période


estivale de fortes irradiations solaires dont le flux peut dépasser en
journées claires les 1000W/m2. Selon le coefficient d’absorption des
surfaces externes de ces appareils, il faudrait évacuer en plus du service
thermique la quantité absorbée et due à l’ensoleillement qu’on peut
estimer grosso modo comme suit :

φab. = αSES

S : étant la surface projetée sur le plan horizontal de l’extérieur de l’aéro-


réfrigérant

ES : Est l’ensoleillement de l’endroit considéré.


Il est devient donc évident qu’il est important d’utiliser des peintures
ayant des émissivités les plus faibles possible (les peintures les plus
claires sont conseillées) afin de réduire l’absorption solaire, à défaut
d’utiliser des écrans faisant des ombres bénéfiques aux aéro-réfrigérants.

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Les faisceaux de tubes ailetés constituent s’ils sont directement exposés


au soleil des structures antirayonnantes, c’est à dire des surfaces ayant la
propriété de piéger le rayonnement solaire incident, ce qui accentue
encore la difficulté de refroidissement.

4. Vents de sables
Les vents de sables entraînent sur les aéro-réfrigérants des dépôts de
poussières qui peuvent porter préjudice à l’échange thermique. En
principe ces poussières fines sont emportées dès l’arrêt des tempêtes
mais certains dépôts peuvent persister, il y a lieu de nettoyer
régulièrement les faisceau à l’air sous pression ou à l’aide de jets d’eau.
DONNEES DE DIMENSIONNEMENT

• Vitesse frontale de l'air mesurée devant la première nappe de tubes:


2,5m/s
• Pertes de charge côté air pour une vitesse frontale de 2.5m/sec:
2.1mmCE par nappe de tubes
• Pertes de charge totale admissible par le ventilateur: normalement
15mmCE et maxi 25mmCE
• Rendement du ventilateur : 60%
• Ratio surface ailetée / surface interne des tubes : 21
• Coefficient de transfert thermique coté air : 40 W/m2.°C

Puissance électrique nécessaire pour actionner le ventilateur:


P= QV x 9,81 x ∆p / η
avec:
- P : Puissance en W
- QV : Débit d’air en m3/s
- ∆p : pertes de charge coté air en mm de colonne d'eau (mmCE)
- η : rendement du ventilateur (≈ 60%)

Exemple: Soit un aéro-réfrigérant constitué de 5 nappes de tubes de 2m


de long disposés sur une largeur de 2m:

Surface frontale de l'échangeur: 2 x 2 = 4m2

Débit d'air pour une vitesse frontale de 2,5m/sec: 4 x 2,5 = 10m3/s

Perte de charge coté air: 5 x 2,1 = 10,5mmCE

Puissance consommée par le ventilateur: 10 x 9,81 x 10,5 / 0,6 = 1717 W

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