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III) Les gratte-ciel, contraintes dépassées grâce à l’innovation technique et

nouvelles contraintes à résoudre

Exemple étudié : Burj Khalifa

A) Nouvelles hauteurs, nouvelles contraintes

Les gratte-ciel sont devenus de plus en plus hauts au fil des années, à tel point qu’on aurait pensé
impossible il y a quelques années qu’un gratte-ciel atteigne 800 m de hauteur, comme la Burj
Khalifa à Dubaï. Mais pour construire dans de telles hauteurs, il faut faire face à de nouvelles
contraintes qui deviennent plus importantes et contraignantes en fonction de la hauteur du
bâtiment.

1) La construction d’un gratte-ciel

2) Contraintes liées à l'environnement (vent, séismes, terrain de construction, température)

Certaines des contraintes les plus importantes des grattes ciels sont celles liées à l’environnement
dans lequel ils sont.

Nous avons comme première contrainte la résistance au vent, on sait que des tempêtes et des
vents violents peuvent causer de graves destructions. On peut mesurer les effets du vent sur
l’environnement grâce à l’échelle de Beaumont, qu’on peut voir ci-dessous;
De façon générale, on observe aussi que les vents sont bien plus forts en altitude qu’au sol. On
peut ainsi dire que la force exercée par le vent varie en proportion géométrique à l’augmentation
des hauteurs. On s’accorde à dire que pour une tour de 200m, la vitesse maximale du vent sera
égale à 150km/h en haut de la tour. Or d’après l’échelle de Beaumont, un telle force aurait des
effets dévastateurs.

On trouve une ressemblance entre le gratte-ciel et le voile d’un bateau «plus la surface de la voile
est grande plus la force exercée par le vent sur la voile est grande, et l’intensité de cette force est
proportionnelle à la surface de contact.». Les architectes essayent de mettre une arrête au
bâtiment face au vent dominant. Cependant, le vent change de direction, donc il s’agit de quelque
chose d’impossible.

Grâce à la relation suivante, nous pouvons calculer la force exercée par le vent sur la surface du
gratte-ciel;

Avec F : la force exercée sur le bâtiment en Newton (N)


C : Le coefficient de traînée du corps
p air: masse volumique de l’air
S : la surface exposée au vent en m2
v : la vitesse du Vent (en m.s-1)

Le coefficient de traînée varie en fonction de l’aérodynamisme du bâtiment. Pour un bâtiment de forme


cubique, le coefficient de traînée est égal à 1.
La masse volumique de l’air est égale à 1,184kg/m³ à des conditions normales de température et de pression.

Certains gratte-ciel comme la Burj Khalifa font plusieurs centaines de mètres et leur surface est
donc énorme comparée à d’autres bâtiments ayant une surface moins grande, donc la pression
exercée sur cette surface sera conséquente, mettant en danger l’équilibre du gratte-ciel.

L’équilibre du gratte-ciel est donc essentiel à la pérennité d’un gratte-ciel. Puisque si l’on prend en
compte les oscillations dues à la force du vent exercée sur la surface du gratte-ciel, celle-ci aura
tendance à se pencher. Or la stabilité du gratte-ciel se doit à la réaction du sol. Si le gratte-ciel se
penche, la poussée exercée par celui-ci sur le sol s’exercera sur le vide, et puisqu’il n’y a plus de
réaction, il n’y a plus d’équilibre et la tour s’écroule.

La deuxième contrainte dont nous allons parler sont les séismes. Pour lutter contre ce problème,
les gratte-ciel doivent suivre une norme antisismique plus ou moins stricte en fonction des pays.
Par exemple, cette contrainte est beaucoup plus importante dans les zones à fort risque sismique
comme le Japon, les normes antisismiques là bas sont donc extrêmement strictes.

Comme autre contrainte nous avons la température extérieure. C’est aussi une contrainte
importante due au fait que la température peut déformer le gratte-ciel (phénomène de dilatation ou
contraction des matériaux), le fragilisant grandement et le rendant plus vulnérable aux autres
contraintes environnementales.
Enfin nous avons la contrainte du sol. Lors de la construction d’un gratte-ciel, les fondations sont
aménagées en fonction du type de sol (sol rocheux peu profond ou profond).
Les architectes travaillant sur ces grattes-ciels doivent obligatoirement prendre compte de ces
contraintes sous peine de risquer l’endommagement ou la destruction du gratte-ciel.

3) Contraintes techniques et matérielles

B) Solutions apportées à ces contraintes

Il y a plusieurs structures de grattes-ciels différentes ayant chacune leurs propres caractéristiques,


que ce soient des avantages ou des inconvénients. Certaines nouvelles structures deviennent de
nouveaux modèles et d’autres structures deviennent obsolètes et ne sont plus utilisées. On peut
dire que les grattes-ciels, dans leur hauteur ou dans leur capacité à répondre aux contraintes
engendrées par la hauteur, sont de plus en plus technologiquement aboutis et permettent de
franchir de nouvelles limites jusque là jamais dépassées.
Au fil du temps, les techniques et les matériaux utilisés pour construire les grattes-ciels ont
grandement évolué. Avant le XXème siècle, la structure la plus utilisée était la structure dite “en
pyramide”. Elle consistait à construire très large au pied du bâtiment, et de réduire son périmètre
au fur et à mesure que le bâtiment prenait de la hauteur. Ces structures étaient très stables grâce
à l’homogénéité de la relation poids-surface. Plus tard, les techniques de construction se sont
améliorées grâce à de nouveaux matériaux comme le béton armé.
Aujourd’hui, pour construire des bâtiments aussi grands que les grattes-ciels actuels, on utilise des
matériaux plus légers mais tout aussi voire plus résistants.

1) Le choix des matériaux : avantages et inconvénients

Les matériaux les plus utilisés pour la construction de gratte-ciel sont l’acier, le verre et le béton.
Chacun a des qualités différentes et ils peuvent être complémentaires.

L'acier est utilisé pour sa résistance aux chocs et à la force de traction, pour sa facilité à travailler,
son aspect plutôt écologique (il est durable dans le temps et recyclable) et son prix peu élevé.
Cependant, il ne permet pas d'obtenir des formes très volumineuses.

Le béton a pour avantage de résister aux forces de compressions. Sa forme la plus courante dans
la construction des gratte-ciel est le béton armé. Le béton armé est formé de tiges métalliques
enrobées d’une couche de béton. Cela permet à la fois une rigidité et une flexibilité nécessaires à
la solidité d’un gratte-ciel. Ce matériau est plus cher que le béton.
Le verre est très utile pour éclairer l’intérieur du gratte ciel par la lumière solaire naturelle, mais il
est surtout utilisée pour son esthétique qui donne un aspect moderne au bâtiment. Le verre utilisé
dans les gratte-ciel est également très solide et peut très bien le protéger.

2) Les différentes structures des grattes-ciels

La structure d’un gratte-ciel peut varier en fonction de sa hauteur,des contraintes


environnementales et du pays dans lequel il est construit ainsi que l’époque à laquelle il a été
construit. Le choix de la structure est une étape fondamentale dans la construction d’un gratte-ciel
car elle va déterminer sa hauteur maximale, son esthétique, son rapport à l’environnement...

Il y a deux grands types de structure de gratte-ciel, la structure à noyau central et la structure en


tubes.

La structure à noyau central est la structure la plus répandue aujourd’hui. Cette structure a pour
principale particularité un noyau massif de béton armé au centre du gratte-ciel, c’est à dire un très
grand pilier creux en béton armé qui va permettre de soutenir la totalité de la masse de l’immeuble.

Photographie prise lors


de la construction de la
Tour Montparnasse,
nous pouvons
apercevoir le noyau
central, véritable
colonne vertébrale du
gratte-ciel

Les avantages de cette structure sont que le bâtiment gagne beaucoup en rigidité ce qui le plus
solide et la résistance au feu du béton ce qui rend le gratte-ciel potentiellement invulnérable aux
incendies contrairement aux d’autres grattes-ciels utilisant principalement des matériaux
métalliques comme l’acier.
Le principal problème de ce type de structure est le fait que le gratte-ciel va être limité en étages et
donc en hauteur. En effet, le noyau central va s’élargir proportionnellement à la hauteur du gratte-
ciel jusqu’à atteindre une largeur trop importante pour justifier la construction d’un nouvel étage qui
sera considérablement plus petit que ceux en dessous de lui.
Un autre inconvénient de cette structure est son prix, car elle nécessite d’acheter de très grandes
quantités de béton, coûtant plus cher que la plupart des autres matériaux.

La structure en tubes quand à elle est plus récente que la structure à noyau central et elle apporte
3) Contraintes à résoudre pour dépasser les frontières d’aujourd’hui