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FI – GC

Support de cours
Module :
Electrotechnique – Electronique de base –
Mesures

Année universitaire : 2015-2016

1
Chapitre 3 : Réseaux électriques monophasés

1.1. Introduction
1.1.2 : Principe de production d’une f.é.m. alternative

Considérons une bobine plate de n spires placée dans un champ magnétique B tournant à  .
Ce champ peut être obtenu par la rotation d’un électroaimant ou d’un aimant permanent.

Le flux à travers la bobine à



l’instant t est :   n.B.S 
Où : n est le nombre de spires
S est la section de la bobine.
La bobine est traversée par un champ variable. Elle est donc le siège d’une f.é.m.
 d
entre E et S : e( t )   E m sin(t ) avec E m 
dt

Allure de e(t) :

1.1.2 : Grandeur périodique


Une grandeur s(t) est T-périodique si : s(t) = s(t+T), avec T est la période en seconde [s].

1
Le nombre de période par seconde est appelé « fréquence : f » où f  [Hz].
T
On dit que s(t) est une grandeur périodique et alternative si sa valeur instantanée est tantôt
positive tantôt négative.
La partie positive : l’alternance positive.
La partie négative : l’alternance négative.
Valable si s(t) s’annule 2 fois par période.

L’emploi préférentiel du courant alternatif dans les installations électro-énergétique et dans


les industries s’explique par le fait que les transformateurs fonctionnent en courant alternatif

2
et que les moteurs alternatifs sont plus simples de construction, plus robustes et moins
coûteux que les moteurs à courant continu.
1.2 : Grandeur sinusoïdal
Les grandeurs alternatives les plus fréquemment utilisés sont les grandeurs sinusoïdales et
cela pour des raisons pratiques, où : s(t )  Sm cos(t  i )

Sm : amplitude (valeur max de s(t)).


(t   i ) : Phase instantanée.
 i : Phase initiale [rad].
2
 : Pulsation où   2f  [rad/s].
T
2
Toute grandeur périodique de période T  peut se décomposer en série de fourier :


s(t )  S moy   S nm cos(nt  i n ) .
n 1

Smoy : Valeur moyenne.


Sn m : Amplitude de l’harmonique de rang n. (n=1 fondamental)
i n : Phase initiale de l’harmonique de rang n.

Grandeur périodique Grandeur sinusoïdale


Valeur moyenne : 1 T Smoy   s  0
T 0
Smoy   s  s(t )dt

Valeur efficace : 1 T 2 Smax


Seff  S 
T 0
Seff  S  s (t )dt
2

S12m S22m
2
= Smoy    ...
2 2
Remarques :
 La valeur moyenne :
La valeur moyenne d’un signal est la valeur qui sépare le signal, sur une période, en
deux surfaces égales.
 La valeur efficace :
C’est la recherche de la puissance par effet joule dû à un courant alternatif qui mène à la
notion de valeur efficace.

3
En réalité, la valeur efficace d’un courant est celle qui produit la même puissance
consommée par effet joule qu’un courant continu de même valeur.
 Si s(t )  s1(t )  s2 (t ) alors s  s1  s2  mais Seff  S1eff  S2eff
1.3 : Représentation et propriétés des grandeurs sinusoïdales
En régime sinusoïdal, les relations de maille exprimées à l’aide des relations de UR, UL, UC en
fonction du courant, deviennent des équations différentielles dont la résolution se complique
dans les circuits comportant plus d’un ou deux récepteurs.
Pourtant le régime sinusoïdal est le plus utilisé dans le domaine de l’énergie électrique. Il est
donc impératif de mettre en œuvre une notation portant sur les grandeurs sinusoïdales. Cette
notation est la notation complexe (ou : vectorielle) des grandeurs sinusoïdales.
On représente les nombres complexes dans un plan appelé « plan complexe » représenté
comme suit :

La norme (ou : module) du complexe Z est : r  Z 


La projection du module sur les axes donne : a  et b 
D’où l’écriture polaire du nombre complexe Z :
Z  a  jb  r cos   j sin    r.e j
 
Où  est appelé argument de Z, et on écrit :   Arg Z   Arc tan 
 
Pour représenter une grandeur sinusoïdale il suffit, à fréquence constante, de connaître sa
valeur efficace et sa phase.
En électrotechnique, l’écriture sous forme complexe des courants et des tensions permet de ne
les caractériser que par ces deux grandeurs et non plus en fonction du temps (car : Fr = 50Hz).
Exemple pour un récepteur inductif :

Grandeurs sinusoïdales temporelles : Grandeurs complexes : (En supposant que U est à l’origine des phases)
u (t )  U= et I=
i(t )  Représentation dans le plan complexe :
U eff 
I eff 
  I ,U    Arg I 
4
Ainsi, un courant sinusoïdal : i(t )  I m cos(.t   ) peut être représenté par sa valeur
complexe : I m  I m cos   jI m sin 

Le courant efficace I peut aussi être représenté par sa valeur complexe (en divisant I m par

2 ): I  I cos   jI sin 
Cette forme d’écriture est dite algébrique. Elle peut être transformée en une forme
exponentielle (suivant la formule d’Euler) :

I I cos  2  I sin  2 e j  I .e j
Où I est le module et  l’argument du nombre complexe.

1.4 : Application de la notation complexe aux dipôles linéaires communs :


Déterminer les relations liantes U à I dans les trois cas.

1.5 : Réactance d’induction x L et Réactance de capacité xC :


di
 Si : i(t )  I m sin(t ) alors u L  L  I m L cos(t )
dt
Donc : U m  I m .L ou : U  I .L

5
U
Suivant la loi d’ohm, on dira que : L est en [  ] (puisque : L  ).
I
Donc L joue le rôle d’une résistance. Elle est appelée réactance d’inductance (ou : réactance
inductive) et notée : x L .
Sa valeur est proportionnelle à la fréquence du courant, et en courant continu elle est nulle.

dq du
 Si uC  U m sin(t ) alors i   C C  CU m cos(t )
dt dt
1
Donc : I m  C.U m d’où : U m  Im
C
C’est l’équation de la loi d’ohm pour un circuit purement capacitif.
1
a les dimensions d’une résistance ([  ]). Elle est appelée réactance de capacité et
C
désignée par : xC .
A la différence de la réactance d’induction, xC diminue lorsque la fréquence du courant
alternatif augmente, et en courant continu elle est infinie.
1.6 : Notion de déphasage
Considérons deux grandeurs sinusoïdales de même  (c.à.d. de même Fr) :
s1 (t )  S1 m cos(t  1 ) et s2 (t )  S 2 m cos(t   2 )
(Les grandeurs doivent avoir la même  , sinon on ne peut pas parler de déphasage)
Le déphasage entre s1 et s 2 est défini par :    2  1

Si   0 s1 et s 2 sont

Si   0

Si  0

Si  
2

6

Si   
2

Ainsi le courant capacitif est déphase de en sur le vecteur de tension.
2
1.7 : Impédance complexe
U
L’impédance complexe est définie par : Z 
I
Les impédances complexes sont des nombres complexes : Z  R  jX où R représente la
résistance série de l’impédance et X sa réactance série.
Les impédances complexes bénéficient des règles d’associations classiques des résistances :

Z eq  Z eq 

L’impédance complexe est très importante puisqu’elle reflète une proportionnalité entre les
courants et les tensions et non plus une relation différentielle.
 Impédance complexe d’un dipôle : Unité :

 Impédance d’un dipôle : Unité :

1.8 : Puissance
On s’intéresse au cas général d’un dipôle sous la tension : u(t )  U 2 cos.t  et parcouru
par le courant : i(t )  I 2 cos.t    .

1.8.1 : Puissance instantanée


p(t )  u(t ).i(t ) = 2U.I cos.t  cos.t  
Après simplification du produit, on trouve :

p(t )  UI cos( )  UI cos(2.t   )

instantanée active fluctuante

7
Donc la variation de la puissance instantanée est la suivante :

1.8.2 : Puissance fluctuante


C’est la partie variable de la puissance instantanée :
p f (t )  UI cos(2.t   )
1.8.3 : Puissance active
C’est la valeur moyenne de la puissance instantanée : P   p(t ) = unité [W]
1 T U I
T 
P   p(t ) 
0
p(t )dt donc P  UI cos( )  m m cos( )
2
On l’appel puissance active car c’est elle qui est réellement utilisée par les récepteurs. Par
exemple, dans un moteur électrique, c’est la puissance active qui est transformée en puissance
mécanique.
 
  alors P 0 : le dipôle est récepteur de puissance.
2 2
 3
  alors P0 : le dipôle est émetteur de puissance.
2 2

Remarque :
Si u et i sont périodiques quelconques, alors : P  U moy I moy  U1I1 cos(1 )  U 2 I 2 cos(2 )  ...
1.8.4 : Puissance apparente
L’amplitude de la puissance instantanée (amplitude de la variation) est : UI . Cette quantité
est appelée puissance apparente : S  UI , sachant que U et I sont les valeurs efficaces.
S est calculée en [VA] (volt-ampère)
Remarque :
Si u et i sont périodiques quelconques, alors : S  2
U moy  U12  U 22  ...  I moy
2
 I12  I 22  ...

8
1.8.5 : Facteur de puissance
P
Le facteur de puissance est : f p  . Pour u et i sinusoïdales : f p  cos( )
S
Intérêt du cos( ) :
Pour fournir une puissance constante à une installation sous une tension U donnée, on a
intérêt à réduire l’effet joule, donc prendre I minimal. Pour cela il faut avoir
un cos( )  1 .
Par exemple, si la tension entre les bornes de l’installation est U=6 KV, elle absorbe au
réseau une puissance P=600KW pour un courant I=200A. le facteur de puissance de
cette installation est donc : cos( )  0,5 .
Si cos( )  1 , pour obtenir la même puissance, il serait suffisant d’avoir un courant
I=100A.

Par suite du déphasage, qui se traduit par un cos( )  1 , u(t) et i(t) ont pendant une
partie de la période des sens opposés, de sorte que p(t ) développée pendant cet
intervalle de temps est négative. Cela diminue donc la puissance moyenne.

1.8.6 : Puissance réactive


Lorsqu’il y a plusieurs récepteurs dont les cos( ) sont différents, le calcul du cos( ) globale
présente certaines difficultés.
Pour rendre plus complète la caractéristique énergétique d’une installation, on a introduit la
notion de puissance réactive : Q  UI sin( ) .
Les relations entre les puissances active, réactive et apparente sont mises en évidence à l’aide
d’un triangle dit des puissances :

Les relations entre P, Q et S sont :

9
1.8.7 : Puissance apparente complexe
On forme la puissance apparente complexe : S  U .I
*

Où I est le complexe conjugué de I ( I  Ie  j alors I  Ie j )


* *

S  UIe j  j donc : S  j

Le module de S est : S  P 2  Q2
La partie réelle de S est : P
La partie imaginaire de S est : Q
Exemple :

Application :

1.8.8 :Théorème de Boucherot


 Association en série

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 Association en parallèle :

Le théorème de Boucherot traduit la conservation de l’énergie.


 Théorème de Boucherot : la puissance active d’un système est la somme des
puissances actives des éléments le constituant, de même pour la puissance réactives et
la puissance apparente complexe.
P  P1  P2  ...  Pn
Q  Q1  Q2  ...  Qn
S  S 1  S 2  ...  S n
S  S1  S2  ...  Sn
1.9 : Chute de tension
On considère un récepteur d’impédance complexe : Z  R  jX alimenté par une ligne
d’impédance complexe : z  r  jx

Cherchons l’expression de U :
Le récepteur est caractérisé par son cos( ) et un courant I.
Donc, si u(t )  U m cos(t ) , ( U   U  ), alors i(t )  I m cos(t   ) , ( I  Ie  j ).
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La représentation vectorielle est :

Par projection sur l’axe U  et jU  on aura :

eq1. U . cos  

eq2. U . sin  

U  eq12  eq22

En général,  est très faible, d’où cos   1

U U  

U 

et en fonction de P et Q : U 

1.10 : Amélioration du cos( )


Dans les entreprises industrielles, la faible valeur du facteur de puissance est généralement
due aux courants magnétisants des moteurs électriques (puisque il faut faire circuler un
courant alternatif qui est un courant réactif inductif).
Une faible valeur du cos( ) provoque : Premièrement, une utilisation incomplète de la
puissance des alternateurs, des lignes de transport et des transformateurs et, deuxièmement,
des pertes supplémentaires inutiles lors du transport de l’énergie électrique.
L’utilisation des batteries de condensateurs mises en parallèle avec les moteurs électriques
permet de décharger les alternateurs et les lignes de transport du courant inductif, si l’on
réalise la condition de résonance de courant. Le courant réactif se ferme en totalité dans un
anneau constitué par les condensateurs et les bobines d’inductance (enroulements des moteurs
électriques).
Avant : Après :

12
Par projection sur l’axe Imaginaire :

 En utilisant la solution de Boucherot :


Avant : Après :

Triangle des puissances :

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Chapitre 4 : Réseaux triphasés équilibrés

2.1 : Principe de production des courants triphasés


2.1.1 : Principe de production d’une f.é.m. alternative

Considérons une bobine plate de n spires placée dans un champ magnétique B tournant à  .
Ce champ peut être obtenu par la rotation d’un électroaimant ou d’un aimant permanent.

Le flux à travers la bobine à l’instant t est :



  n.B.S 

Où : n est le nombre de spires


S est la section de la bobine.
La bobine est traversée par un champ variable. Elle est le siège d’une f.é.m. entre E et S :
 d
e( t )   E m sin(t ) avec Em 
dt

Allure de e(t) :

2.1.2 : Principe de production de f.é.m. triphasée


Considérons 3 bobines identiques décalées de 120 dans l’espace, et soumissent au même
champ :


Choisissons l’instant t=0, le moment où B et ox sont colinéaire ; e1 (dans la bobine 1)
comme origine des phases : e1 (t )  Em sin(t )
La f.é.m. induite dans la bobine 2 sera décalée de 120 par rapport à e1 .

e2 ( t )  e3 ( t ) 

En complexe : e1  E e2  E  e3  E 
On dit que les 3 tensions forment un système 3~ équilibré.
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2.1.3 : Courants triphasés équilibrés
Relions les 3 bobines à 3 impédances Z :

Où : Z1  Z2  Z3

Si  est l’argument de Z , l’expression des 3 courants est :


i1 (t )  Im 
Em Em
i2 (t )  avec : Im   .
Z Z
i3 ( t ) 
En complexe on aura : I1  I I2  I  I3  I 
Donc les trois courants forment un système triphasé équilibré.
2.1.4 : Définitions et remarques
 Un système triphasé est un ensemble de trois grandeurs (tensions ou courants)
sinusoïdales de même fréquence, déphasées les unes par rapport aux autres.
 Le système est équilibré si les valeurs efficaces des grandeurs sinusoïdales sont égales
2
et si le déphasage entre deux grandeurs consécutives vaut .
3
 On appelle système direct un système dont le diagramme des phaseurs est ordonné
dans le sens horaire. Les grandeurs passent par un maximum dans l’ordre de
numérotation. Dans le cas contraire, le système est dit inverse.
Pour un système triphasé direct, on a :
V1  V2  V3 
Le diagramme des phaseurs est le suivant :

Les formes d’ondes des tensions instantanées sont :

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 En tout instant, la somme des trois tensions complexes est nulle :

V1  V 2  V 3 
 Un circuit triphasé est équilibré quand la source et la charge sont toutes les deux
équilibrées. Il en résulte que les trois courants de ligne sont de même intensité et
2
décalés de .
3
Charge 3~ est équilibrée lorsque toutes les impédances de chacune des 3
phases sont identiques en modules et en argument

 Avantage du 3~ par rapport au monophasé :

2.2 : Distribution en courant 3~


L’installation 3~ c’est l’ensemble :
*

*
2.2.1 : Montage étoile (Symbole : )
Le modèle simplifié usuel d’une source de tension triphasé comporte trois sources
monophasées connectées en étoile, c'est-à-dire avec un point commun.

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Chaque source correspond à une phase. Le point commun aux trois sources est appelé le
neutre. Le fil neutre est parcouru par i1  i 2  i 3 , or cette somme de courant est nulle (système
équilibré), donc ce fil ne sert à rien et peut être enlevé. On aura ceci :

 On appelle tensions simples les trois tensions V1 ,V 2 , V3


de module V , mesurées entre chaque conducteur (fil) de
phase et le point neutre de la source 3~
 On appelle tensions composées les trois tensions mesurées
entre deux conducteurs de phase :
2.2.1.1 : Relation entre tensions simples et tensions composées en Y
Loi des branches :
U12  u12 ( t ) 
U 23  et u 23 ( t ) 
U 31  u 31 ( t ) 
Les trois tensions composées ont la même fréquence que les tensions simples.
U12 
U 23 
U 31 
Diagramme des phaseurs :
     
V1   , V 2   , V 3  
     
     
U12   , U 23   , U 31  
     
 2
U12  U 23  U31  0 et forment un système triphasé équilibré (déphasé de ).
3

On retiendra pour un couplage étoile :


U  V. 3
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On peut aussi écrire :
U12  V1 - V 2  V1 
U 23  V 2 - V3  V 2 
U31  V3 - V1  V3 
Donc les tensions composées forment également un système triphasé symétrique en avance de

par rapport aux tensions simples.
6
Exemples :
V  127V U  220V
V  220V U  380V
V  380V U  660V
2.2.1.2 : Courant de ligne et de phase en Y
Pour un récepteur triphasé équilibré (constitué de trois dipôles identiques d’impédance Z ) :
Courant par phase (j) : ce sont les courants qui traversent les Z du récepteur 3~
Courant en ligne (i) : ce sont les courants qui passent dans les fils du réseau triphasé.

Soit le montage suivant : (même branchement représenté de deux façons différentes)

Ou :

i1  i 2  i3  0 puisque mêmes impédances.


On constate que les courants de ligne sont égaux aux courants par phase.
i1  i2  i3 
La charge et le réseau électrique sont équilibrés, donc : I1  I2  I3  I  J

On retiendra pour un couplage étoile :


U  V. 3 et IJ

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2.2.2 : Montage triangle (Symbole : )
Le montage en triangle est utilisé dans les systèmes triphasés plus rarement que le montage en
étoile.

Le montage devient :

La tension aux bornes de chaque impédance est égale à la tension composée : U  V


On voit apparaître les deux types de courants :
* courants en ligne : I13 , I 21 , I32
* courants dans le triangle : J1 , J 2 , J 3 (courants par phase)
Les courants du triangle forment un système équilibré :
J1 
J2 
J3 
Les relations suivantes peuvent être établies :
I13  J1 - J 3 
I 21  J 2 - J1 
I32  J 3 - J 2 

Ces équations permettent de déduire : I  J. 3


Le montage en triangle a un certain avantage de ne pas exiger un quatrième fil en cas d’une
charge non équilibrée.
Question :
Supposons que vous voulez couplez un récepteur triphasé au réseau 220V/380V et que
la tension nominale pour chaque phase du récepteur soit 380V. Quel couplage faut-il
choisir ? Les deux couplages sont-ils possibles ?
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2.3 : Puissance dans les systèmes triphasés équilibrés
La puissance active d’une phase est :
La puissance active d’un système triphasé équilibré est :
La puissance P est à exprimer par les grandeurs composées et non pas par les grandeurs
simples.
2.3.1 : montage étoile
La puissance d’une phase du récepteur est :
La puissance absorbée par la totalité :

2.3.2 : montage triangle


La puissance absorbée par une phase du récepteur:

La puissance totale :

En conclusion :

2.3.3 : Remarques
Dans le cas d’une charge équilibrée alimentée par une tension formant un système
symétrique on aura :

v1 ( t )  j1 ( t ) 

v2 (t )  et j2 ( t ) 

20
v3 ( t )  j3 ( t ) 

La puissance instantanée absorbée par la charge est :

La puissance instantanée est constante et égale à la puissance active.


Le triphasé a fait disparaître la puissance fluctuante.
L’expression de la puissance complexe absorbée par une charge triphasée est :

2.4 : Mesure des puissances active et réactive en triphasé équilibré


En triphasé, il existe plusieurs méthodes pour la mesure de P et Q
- Méthodes des 3 wattmètres ;
- Méthodes des 2 wattmètres ;
- Méthode de boucherot.
2.4.1 : méthode des 3 wattmètres

21
2.4.2 : méthode des 2 wattmètres

22
23
24
25
Chapitre 5 : Transformateur monophasé

Un transformateur est un convertisseur statique « alternatif-alternatif » qui permet de modifier


la valeur d’une tension alternative en maintenant sa fréquence et sa forme inchangées.
L’utilisation des transformateurs est primordiale pour le transport de l’énergie électrique où
l’on préfère transporter des volts plutôt que des ampères.
Un transformateur monophasé est constitué de deux bobines en fil de cuivre, l’une dite
« primaire » et l’autre « secondaire ».

On trouve deux symboles pour le transformateur :

5.1 : Principe de fonctionnement


Le flux doit être variable pour induire une f.é.m. au secondaire du transformateur. Il faut
donc que la tension primaire soit variable. Le transformateur ne peut pas fonctionner s’il
est alimenté par une tension continue.
Le transformateur est réversible, chaque bobinage peut jouer le rôle de primaire ou de
secondaire. Le transformateur peut être abaisseur ou élévateur de tension.
Un transformateur comprend :
 Un C.M fermé, son rôle est transmettre le plus efficacement possible l’énergie
magnétique du primaire au secondaire.
 Un enroulement primaire alimenté par un générateur de tension u1 et
comportant n1 spires. Il absorbe le courant i1. C’est un récepteur d’énergie
électrique.

 Le secondaire comporte n2 spires. Il fournit, sous la tension u2, un courant i2 au


dipôle récepteur. C’est un générateur d’énergie électrique.

26
Si le dipôle récepteur absorbe une puissance P2  U2 .I 2 . cos 2 ( 2 étant le déphasage
dû au dipôle), le primaire qui se comporte comme récepteur, absorbe P1  U1.I1.cos 1
( 1 étant le déphasage entre u1 et i1 )
Remarques :
1. Il peut y avoir plus d’un enroulement secondaire. Par exemple dans le cas d’un
transformateur abaisseur fournissant une tension efficace de 24 V, une de 12 V et une
autre de 5 V, on a un primaire et trois secondaires.
2. On rencontre essentiellement le transformateur cuirassé dans lequel les bobines sont
coaxiales. Ce type de transformateur émet moins de lignes de champ magnétique à
l’extérieur (fuites).

Dans les deux cas de transformateur, les enroulements sont isolés électriquement, mais
magnétiquement couplés par le flux  .
5.2 : Transformateur parfait
Un transformateur parfait :
- n’a pas de fuites magnétiques : l f 2  l f 1  0
- n’a pas de pertes joule : r1  r2  0
- n’a pas de pertes fer
Les équations se simplifient :

On obtient alors les relations fondamentales :

n1
Le nombre est appelé rapport de transformation. On remarque que le flux  est lié à la
n2
tension d’alimentation :

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5.3 : Transformateur réel à vide
A vide, le primaire reçoit la tension u 1 ( t ) et absorbe le courant i10 ( t ) . Le secondaire délivre
la tension u 20 ( t ) et un courant i 20 ( t ) nul puisqu’il est vide.
Le comportement du primaire est celui d’une bobine à noyau de fer :
d1 di d
u1 ( t )  r1 .i10  n1 .
 r1 .i10  L f1 . 10  n1 . 0
dt dt dt
D’après les déterminations établies sur le courant dans la bobine à noyau de fer, le courant du
primaire n’est pas sinusoïdal. Pour y remédier, on effectue l’hypothèse de sinusoïdalité du
courant primaire. Dans ces conditions on peut utiliser la notation complexe :
U1 
U2 
n1 10 
Schéma équivalent :
On retrouve le comportement d’une bobine à noyau de fer. Le schéma équivalent est identique
à la différence de l’insertion d’un transformateur parfait en parallèle avec les éléments de
magnétisation et des pertes fer.

Bilan des puissances :


On utilise le Th de Boucherot :
2
E10
P10  2
r1 .I10 
R

Q10 

On peut aussi écrire : P10 


Et Q10 
5.4 : Transformateur réel en charge

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Le flux traversant une spire du primaire est :
Le flux traversant une spire du secondaire est :
Si r1 et r2 sont les résistances des enroulements, on peut écrire, en régime sinusoïdal (circuit
magnétique non saturé) :

Le flux commun  est donné par la relation d’Hopkinson dans laquelle on néglige les fuites
devant  :

Les flux des fuites :

On obtient finalement :

Le flux ( t ) est créé par le champ d’excitation magnétique h ( t ) dans le circuit magnétique.
Théorème d’Ampères sur la ligne moyenne l :

Le transformateur est une machine à flux forcé (c.à.d. est imposé par u 1 ) ; donc 10  
Donc :
En grandeurs complexes :
U1 

U2 
On pose : E1  j.n1.. , en quadrature avance sur le flux 
E 2  j.n 2 .. , en quadrature avance sur le flux  , donc en phase avec E1 .
Cela permet de définir le rapport de transformation :
n2 E2
m 
n 1 E1

29
Comportement des courants :

Schéma équivalent :
On définit alors le schéma équivalent complet du transformateur

Bilan des puissances :


On utilise le Th de Boucherot :

P2 

Q2 

5.5 : Comportement simplifié dans l’hypothèse de Kapp


Les tensions primaire et secondaire à vide sont proportionnelles : elles sont dans le rapport de
transformation. En ce qui concerne les courants, i  intervient dans :
Or, les transformateurs sont réalisés de manière à ce que le courant à vide (donc : n1.i ) soit le
plus faible possible.
L’hypothèse de Kapp permet de négliger ce courant vis-à-vis de i1 .
5.5.1 : Mise en équations
Relation entre les courants :

Tension primaire : (eq 1)


Tension secondaire : (eq 2)

Dans l’hypothèse de Kapp :

* A vide :

* En charge

5.5.2 : Etablissement du schéma équivalent simplifié


5.5.2.1 : Ramené au secondaire
On multiplie l’équation 1 (de la tension primaire) par m :

Or

30
Donc

Mais d’après l’équation 2 (de la tension secondaire) : E 2 


En remplaçant on aura :

L’équation du transformateur ramenée au secondaire est :

Avec :
R2  est la résistance totale ramenée au secondaire.
L2  est l’inductance totale ramenée au secondaire.
Cette relation se traduit par le schéma suivant :

5.5.2.2 : prise en compte des pertes fer et de la puissance magnétisante


On associe le schéma relatif aux pertes à celui ramené au secondaire, ce qui conduit au
schéma suivant :

5.5.3 : Exploitation du schéma équivalent dans l’Hypothèse de Kapp


5.5.3.1 : Détermination de la chute de tension
La relation : U 2  U 20  ( R 2  jL 2 )I 2 permet de déterminer U 2 . On connait la tension à
vide U 20 , le courant en charge I 2 , la charge cos 2 , les paramètres ramenés au secondaire R 2
et L 2  que l’on notera X 2 .

31
On traduit l’expression de U 2 par un diagramme de Fresnel :

5.5.3.2 : Détermination de la chute de tension ΔU2


Le triangle de Kapp représente les défauts du transformateur. Ses conditions sont faibles par
rapport au module de U 2 . Dans ces conditions U 2 et U 20 sont déphasées d’un angle 
proche de zéro.

 est faible, on réalise l’approximation de la chute de tension en charge :

5.5.4 : rendement du transformateur


Le rendement d’un appareil est le rapport de la puissance restituée à la puissance fournie.
Pour le transformateur :
puissance disponible au sec ondaire P2
 
puissance total absorbée au primaire P1

Le rendement du transformateur est maximum si :


c.à.d:  est max lorsque les pertes fer et les pertes joules sont identiques.

32
Chapitre 6 : Transformateur Triphasé

6.1 : Bobine à noyau de fer triphasée


On peut réaliser une bobine à noyau de fer triphasée à partir de trois éléments monophasés
dont on couple les bobines en étoile ou en triangle.

Chaque élément se calcule comme une bobine monophasée en considérant suivant le cas la
tension et le courant en ligne si le couplage est en étoile, la tension composée et le courant par
phase s’il est en triangle.
Les A-T de chaque phase sont à l’origine des flux 1 , 2 et 3 qui ont chacun un circuit
magnétique pour circuler, une telle bobine est dites à flux libres.
Il est possible de réaliser une économie de fer en couplant les circuits magnétiques en étoile
ou en triangle.

Dans le noyau NN’ du C.M en étoile, le flux est nul en régime équilibré. On peut donc
éventuellement enlever ce noyau neutre. Les points N et N’ sont les neutres magnétiques. Le
C.M est encore symétrique mais à flux forcés car on les oblige, en fonctionnement
déséquilibré, à avoir une somme nulle.
La construction de tels CM est difficile. On préfère disposer les noyaux dans un même plan.

33
Lorsque le système de tensions sinusoïdales appliquées est équilibré, les flux sont sinusoïdaux
et forment un système triphasé équilibré. La somme des flux est nulle à chaque instant et les
noyaux non bobines peuvent être enlevés.
L’utilité des noyaux non bobinées apparait en fonctionnement déséquilibré. Ils permettent
l’existence de la composante homopolaire des flux.
6.2 : Constitution du transformateur triphasé
Chaque noyau porte deux enroulements concentriques donc fortement couplés : une phase
primaire et une phase secondaire. Les bornes haute tension sont repérées par des lettres
majuscules (A, B et C), les bornes basse tension par (a, b et c).
Un transformateur à vide :

Pour le premier noyau, par exemple, la tension primaire U A crée le courant magnétisant
primaire i A 0 .
La f.m.m. n1i A 0 est à l’origine du flux propre 'A 0 .
Aux bornes de la bobine secondaire apparait la tension U a 0 . Si on néglige la chute de tension
au primaire, les enroulements étant réalisés dans le même sens, alors les tensions primaires et
U a0 n 2
secondaires sont en phase et le rapport des nombres des spires est : 
U A n1

Diagramme vectoriel
des tensions à vide.

6.3 : Couplage des enroulements


Les enroulements, tant au primaire qu’au secondaire, peuvent être couples en étoile, en
triangle ou en zig-zag (symbole : Z)
Le couplage zig-zag est obtenu en divisant les trois bobines d’un enroulement en six demi-
bobines puis, pour réaliser chaque phase, en mettant en série deux demi-bobines prises sur des

34
noyaux différents et connectées en sens inverse. Trois extrémités libres sont réunies et
forment le neutre, les trois autres constituent les bornes.

Une tension secondaire, V a par exemple, est la somme de deux tensions qui ne sont pas en
" '
phase : V b en opposition de phase avec V B et V a en phase avec V A .
Le système triphasés de tensions primaires : V A , V B , V C et des tensions induites dans les
' ' ' " " "
demi-secondaires : V a , V b , V c et V a , V b , V c sont :

Sachant que : V a  V b  V a , V b  Vc  V b et Vc  Va  V c , on peut construire les


" ' " ' " '

tensions secondaires :

35
Si les deux demi-bobines secondaires d’une même colonne étaient mises en série avec
le même sens d’enroulements, la valeur efficace de la tension induite dans chaque phase
secondaire serait V2 Y .
Dans le couplage zig-zag, les six tensions secondaires induites ont même valeur
V2 Y
efficace : .
2
V2 Y  3
Va  Vb  Vc  V2 Z  2 cos donc V2 Z  V2 Y
2 6 2
Remarque :
3
A égalité de poids de cuivre, un couplage zig-zag donne une tension fois plus faible
2
qu’un couplage étoile.
Il faut éviter d’avoir le même couplage au primaire et au secondaire d’un transformateur ceci
évite de transmettre intégralement le déséquilibre éventuel des courants d’un coté du
transformateur à l’autre. On voit donc apparaitre l’intérêt d’un transformateur Yz ou Zy
offrant un neutre des deux cotés et des couplages différents.
6.4 : Fonctionnement à vide : Rapport de transformation et indice horaire
Le rapport de transformation est le rapport des valeurs efficaces des tensions primaire et
U 
secondaire à vide : M   ba  Ce rapport dépend des nombres de spires primaires et
 U BA  0
secondaires mais aussi des couplages au primaire et au secondaire.
n2
On l’appel : rapport de transformateur externe, et m   M Yy rapport interne.
n1
VA Va
L’indice horaire indique le déphasage des tensions simples correspondantes : V B et V b
VC Vc
à vide.

Dépondant des couplages primaire et secondaire, ce déphasage  est un multiple de .
6
5.
Ainsi, un indice de 5 signifie que V a est en retard de par rapport à V A .
6
Exemple : Yz11
11.
Cela veut dire que l’indice horaire est 11 (   )
6
Couplage : étoile / zig-zag
3 n2
Le rapport de transformation : M  .
2 n1

36
6.5 : Fonctionnement en charge : schéma monophasé équivalent
Dans le cas du transformateur monophasé, l’hypothèse de Kapp permet de simplifier le
schéma équivalent. Dans le cas d’un transformateur triphasé on gardera la même
représentation.
Si l’on ramène ce transformateur au secondaire, on peut considérer qu’il est constitué d’un
transformateur triphasé parfait, présentant le même rapport de transformation et le même
indice horaire que le transformateur réel à vide, en série avec un dipôle dans chaque phase.

* Chaque dipôle met en évidence la chute de tension  V a  V a 0  V a par phase dans


un fonctionnement en charge.
* On place sous chaque tension simple primaire une impédance magnétisante Z 
absorbant les pertes actives et réactives à vide par phase.
* Les neutres N et n peuvent être réels ou fictifs.

On en déduit le schéma monophasé équivalent du transformateur réel ramené au secondaire


dans lequel, n’interviennent que les tensions simples et les courants en ligne, primaires et
secondaires.

* Le transformateur parfait T a un rapport de transformation m tel que :

V 20 
* Le transformateur T introduit le déphasage  :
I2 

37
* R 2 et L 2  sont la résistance et la réactance de fuites équivalentes par phase du
transformateur réel ramené au secondaire.
* Les relations établies en monophasé permettent de calculer la chute de tension par
phase. On peut par exemple, utiliser la relation simplifiée :
V2  V20  V2  R 2 I 2 cos  2  L 2 I 2 sin  2

et passer à la chute de tension composée secondaire par : U 2  3.V2


* Les pertes P10 et Q10 à vide du transformateur sont telles que :

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