Vous êtes sur la page 1sur 33

Droit public économique

Quelques éléments pour réussir les concours d’accès à la fonction publique

Support de cours préparé par Taher SABONI

Diplômé de l’université Mohammed V Rabat Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales ‒ Souissi Master spécialisé ‒ comptabilité, contrôle et audit Promotion : juillet 2016

Octobre 2019 ©Protection des droits d’auteur.

Introduction I. Présentation générale :

Plan du cours :

1. Notion de droit public économique

2. Interventions des personnes publiques dans l’économie

3. Divisions du droit public économique

4. Les sources du droit public économique

II. Caractères généraux du droit public économique :

1. L’organisation administrative économique

2. Le droit administratif économique

III. Les principes fondamentaux du droit public économique :

1. La liberté des prix et de la concurrence :

1.1 Champ d’application

1.2 La liberté des prix

1.3 Les pratiques anticoncurrentielles

2. L’égalité en matière économique :

2.1 Caractéristiques générales

2.2 Les limites

3. Autre principe, la démocratie économique

IV. L’organisation générale de l’État en matière économique :

1. Notions générales

2. Le Parlement et l’économie :

2.1 Le pouvoir économique du Parlement

2.2 Le rôle du Parlement et la politique économique

2.3 Le rôle du Parlement et les instruments financiers de la politique économique

3. L’administration économique centrale :

3.1 Les composants de l’administration économique centrale

3.2 Les organes chargés de la fonction bancaire de l’État

3.3 L’organe consultatif, le Conseil économique, social et environnemental

4. L’administration économique territoriale :

4.1 Généralités

4.2 La réforme du cadre juridique et le nouveau découpage régional,

4.3 L’apport de la loi organique relative aux collectivités territoriales

4.4 La décentralisation et la déconcentration

4.5 La région

4.6 La préfecture et la province

4.7 La commune

4.8 Cas particulier des centres régionaux d’investissement

V. Le droit du secteur public économique :

1. Présentation générale :

1.1 La genèse du secteur public

1.2 L’étendue du secteur public

1.3 Les raisons de l’intervention de l’État

2. La classification des entreprises publiques :

2.1 Les établissements publics industriels et commerciaux (EPIC)

VI. Le régime juridique des activités économiques des personnes publiques :

1. Le droit public de la planification économique :

1.1 Présentation générale

1.2 Contexte historique

1.3 La politique d’aménagement du territoire

1.4 Les organes chargés de la planification économique

1.5 Planification, programmation et budgétisation

2. Les relations juridiques de l’administration avec le secteur privé :

2.1 Présentation générale

2.2 Les marchés publics :

2.2.1 Présentation générale des marchés publics

2.2.2 La conclusion des marchés publics

2.2.3 L’exécution des marchés publics

2.2.4 Le contrôle des marchés publics

2.2.5 Les droits pécuniaires du titulaire du marché

Conclusion.

Introduction :

Le droit public économique est la discipline qui encadre le rôle important que joue l’État dans les affaires économiques. Ces deux éléments sont fondamentaux car fortement sollicités dans un contexte marqué essentiellement par la réflexion sur un nouveau modèle de développement du Maroc qui appelle des mesures économiques de soutien, de relance et de régulation en particulier.

Dans ce cadre, la puissance publique se positionne, à travers ses actions, dans une optique de régulation globale, que ce soit pour encadrer, d’abord, ses propres activités économiques ou celles du secteur privé ensuite, et ce sans oublier la prise en considération des questions sociales. C’est cette démarche d’optimisation de l’action publique globale que le droit public économique tend à réguler.

Le lecteur trouvera dans ce document des informations générales, techniques et parfois détaillées qui concernent l’évolution des textes législatifs et réglementaires en matière d’intervention économique de l’État ainsi que la structure de ce dernier et ses interactions avec les institutions qui régissent et encadrent l’économie nationale à l’échelle centrale et territoriale, telles que les établissements et entreprises publics ou les collectivités territoriales.

Nous nous sommes efforcés, dans ce modeste travail, d’adopter une démarche didactique et de couvrir l’essentiel du droit public économique en adéquation avec le contexte national et la réalité économique du Maroc. C’est ainsi que ce document traite, entre autres, le rôle économique des autorités publiques centrales et déconcentrées dans un cadre de régionalisation avancée, la planification économique et les marchés publics.

Ce document s’adresse essentiellement aux étudiants de licence et master en droit, sciences économiques et gestion des universités, des écoles nationales de commerce et de gestion (ENCG), aux candidats aux concours d’accès à la fonction publique ainsi que toute personne qui s’intéresse au secteur public et à la régulation juridique de l’économie.

Nous espérons que ce document pourra servir le lecteur et lui procurer utilité et satisfaction.

I. Présentation générale :

1. Notion de droit public économique

Distinction droit public vs. droit privé → en matière de droit économique

droit public économique public économique

droit privé économique privé économique

Droit économique = droit de l’économie ? Définition :

Droit économique → droit applicable à toutes les matières qui entrent dans la

notion d’économie

Droit économique = droit public (qui touche à l’économie) + droit privé (qui touche à l’économie)

Droit économique ≠ droit de l’économie ? (cela dépend des points de vue) :

Extension du droit commercial → fait partie du droit privé (selon certains)

Droit économique plutôt orienté droit public car considéré comme droit de l’intervention de l’État dans l’économie (d’après d’autres)

Définition du droit public (rappel) :

Ensemble des règles qui régissent les personnes publiques (État, EEP, CT) :

Organisation

Fonctionnement

Relations entre elles

Relations avec les particuliers

Définition du droit public économique :

Droit applicable aux interventions des personnes publiques dans l’économie et à leur gouvernance.

2. Interventions des personnes publiques dans l’économie :

Interventions globales, sectorielles, ponctuelles :

Interventions globales : qui affectent l’économie dans son ensemble (ex : mesures de blocage des prix, d’encouragement des investissements …)

Interventions sectorielles : qui affectent l’économie selon le secteur d’activité (ex → stratégies sectorielles : agriculture, industrie, tourisme, digitalisation …)

Interventions ponctuelles : concernent une situation particulière → entreprise par quel moyen ? par des actes individuels

Interventions directes et indirectes :

Interventions directes : actions qui visent directement les agents économiques

Interventions indirectes : actions qui visent à obtenir des résultats économiques par des mesures qui ont parfois elles-mêmes un objet économique Exemples d’interventions indirectes :

actions fiscales → créer/supprimer/aménager l’impôt

crédit d’impôt (avoir fiscal) → impact économique : encourager (+) les investissements → (↗) développer placements financiers (valeurs mobilières …)

emprunts obligataires émis par l’État → freiner (↘) dépenses de consommation + attirer (↗) disponibilités vers l’épargne

L’État exerce un contrôle sur l’économie par son action sur "l’environnement" de la vie économique (transports/communications, infrastructures, urbanisation …)

L’État dispose de puissants leviers

Interventions par voie unilatérale et par voie conventionnelle :

Intervention unilatérale : action classique en matière d’intervention publique dans l’économie : l’État réglemente, autorise, interdit … etc.

Intervention par voie conventionnelle : accords, contrats … etc.

Interventions à l’égard des entreprises privées et secteur public économique :

Mesures

(entreprises …)

prises par les personnes publiques envers les

agents économiques privés

3. Divisions du droit public économique :

Droit public économique

droit constitutionnel économique constitutionnel économique

droit administratif économique administratif économique

Droit constitutionnel économique :

Règles d’ordre économique et institutions qui figurent dans le texte de la Constitution de 2011 (articles 35, 36, 39, 40 et 49)

Exemples :

La Constitution de 2011 garantit le droit de propriété, la liberté d’entreprendre, la libre concurrence, l’égalité des chances pour tous et la justice sociale (art. 35).

La loi sanctionne les conflits d’intérêts, les délits d’initié, les délinquances liées à la passation et la gestion des marchés publics et toutes infractions financières (art. 36).

Les citoyens supportent les charges publiques (selon leur capacité de contribution). Seule la loi peut créer et répartir ces charges (art. 39).

Règles d’organisation, fonctionnement, compétences des autorités politiques et des autorités administratives supérieures

Exemples :

Rapports entre les pouvoirs législatif et exécutif en matière économique :

discussion/évaluation des politiques publiques du Gouvernement par le Parlement : les commissions des 2 chambres peuvent demander à entendre les responsables des administrations/EEP (art. 101 et 102, Constitution 2011).

Droit administratif économique :

Ensemble de règles relatives aux organes administratifs dotés d’attributions en matière d’économie (ex : contrôle financier des établissements publics par l’État)

Ensemble de règles applicables à la relation administration/administrés si

au

administration : intervention de nature service public)

économique

(ex : règles relatives

Droit administratif : composante majeure (plus grande partie) du droit public économique

4. Les sources du droit public économique :

Les sources internes du droit public économique

sources écrites écrites

sources non écrites non écrites

Les sources écrites :

Sources

écrites

Lois non écrites  Les sources écrites : Sources écrites Règlements administratifs Constitution 2011 Lois ordinaires

écrites  Les sources écrites : Sources écrites Lois Règlements administratifs Constitution 2011 Lois ordinaires
écrites  Les sources écrites : Sources écrites Lois Règlements administratifs Constitution 2011 Lois ordinaires

Règlementsécrites  Les sources écrites : Sources écrites Lois administratifs Constitution 2011 Lois ordinaires ( votées

administratifs

Constitution 2011

Lois ordinaires

(votées par le Parlement)

Décrets

Arrêtés ministériels

Les sources non écrites : c’est la jurisprudence.

II. Caractères généraux du droit public économique :

1. L’organisation administrative économique :

L’action économique est conduite par les 2 autorités publiques :

Le Parlement : fonction → délibérer/légiférer sur les questions économiques

Le Gouvernement : fonction → exécuter la loi, dispose de l’administration,

supervise les EEP et en assure la tutelle (Constitution 2011, art. 89)

Autres organes spécialisés dans l’action économique de l’État :

Ministère de l’économie et des finances

Ministère du commerce, de l’industrie et de l’économie numérique

Ministère de l’agriculture

Ministère de l’équipement, du transport et de la logistique

Ministère de l’énergie et des mines

organes de planification/prévisions économiques (HCP)

organes consultatifs : le Conseil économique, social et environnemental (CESE)

2. Le droit administratif économique :

Le droit administratif économique est récent en partie → droit administratif économique traditionnel : concerne l’action de l’État à caractère économique → en effet, il comprend les marchés publics, les concessions … etc.

Ce droit a ses théories, ses règles, ses pratiques (ex : clauses de révision/variation des prix dans les marchés)

Le droit administratif économique est souple car les moyens sont diversifiés : instruments d’actions, procédés, types d’actes … :

Instruments : interventionnisme, octroi aides financières … etc.

Procédés : l’administration opère par voie contractuelle, et non pas par voie unilatérale

Imprécision relative des règles du droit administratif économique :

plus de liberté d’appréciation : c’est le pouvoir discrétionnaire

en droit : approche/maîtrise difficiles des phénomènes économiques

force impérative (lois, règlements …) mais l’administration peut accorder des dérogations

III. Les principes fondamentaux du droit public économique :

1. La liberté des prix et de la concurrence :

Compte tenu du caractère assez vaste du droit public économique qui touche pratiquement tous les secteurs à caractère économique et social, il nous paraît utile de nous focaliser sur un texte fondamental qui aborde de multiples questions en rapport direct avec cette branche du droit. Il s’agit, en l’occurrence, de la loi n°104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

En effet, et comme on peut le constater dans ce qui suit, la loi n°104-12 est transversale, cela signifie qu’elle concerne tous les secteurs de l’économie de manière globale. Elle précise les conditions qui garantissent la liberté des prix et la libre concurrence et décrit les exigences d’une pratique économique saine et équitable.

1.1 Champ d’application (art. 1) :

Cette loi s’applique à :

toutes les personnes physiques et morales résidentes ou non résidentes (si leurs activités/opérations → impact sur la concurrence dans le marché marocain)

toutes les activités de production/distribution/services

aux accords à l’exportation (si leur application → impact sur la concurrence dans le marché marocain)

1.2 La liberté des prix (art. 2) :

Les prix des biens/produits/services sont déterminés par le jeu de la libre concurrence (→ sauf ceux dont la liste est fixée par voie réglementaire, après consultation du Conseil de la concurrence, s’agissant de produits de première nécessité ou de secteurs stratégiques)

1.3 Les pratiques anticoncurrentielles (art. 6 à 10) :

Les concertations, les conventions et les ententes sont interdites si elles :

limitent l’accès au marché ou la libre concurrence par d’autres entreprises

font obstacle à la formation des prix par le libre jeu du marché → si (↗) ou (↘) artificielle des prix

limitent/contrôlent la production, les débouchés, les investissements ou le progrès technique

marchés

répartissent les marchés, les sources d’approvisionnement ou les publics

L’abus de position dominante, les pratiques de prix de vente abusivement plus bas que les coûts de revient (sauf exceptions légales et réglementaires) sont interdites.

Si le but est d’empêcher, limiter ou fausser le jeu de la concurrence

1.4 Les opérations de concentration économique (art. 11) :

Une opération de concentration peut prendre les formes suivantes :

Fusion de 2 ou plusieurs entreprises

Prise de contrôle d’une entreprise par une/plusieurs personne(s)/entreprises qui détiennent déjà le contrôle d’une autre entreprise :

Participation au capital

Achats d’éléments d’actif ou de contrats

2. L’égalité en matière économique :

2.1 Caractéristiques générales :

L’égalité n’est pas propre au droit public économique, c’est un principe général du droit (Constitution de 2011, art. 31)

Exemples :

égalité devant l’impôt : débat actuel sur l’équité fiscale …

égalité des chances (صر ُ ﻔﻟا ؤﻓﺎﻛﺗ) → ex : égalité d’accès à la fonction publique :

recrutement sur titre → sur concours

égalité devant la loi … etc.

Le principe d’égalité en matière économique renvoie à l’égalité des administrés devant :

La loi/réglementation et les mesures économiques

Le fonctionnement des services publics économiques

Ce principe interdit à l’administration :

Les mesures discriminatoires traiter différemment les administrés qui se trouvent dans des situations comparables (sauf si l’intérêt général justifie la

discrimination)

Assimiler des personnes qui se trouvent dans des situations différentes

Il s’applique uniquement entre les citoyens placés dans une situation identique au regard des obligations qui leur sont imposées.

2.2 Les limites du principe d’égalité économique :

Contradiction :

définition,

l’interventionnisme porte atteinte à l’égalité → l’État intervient en faveur de certains

secteur, mais pas d’autres.

intervention

de

l’État

principe

d’égalité

car

par

Rôle faible du principe d’égalité (contexte : intervention de l’État)

Exemples :

Stratégies sectorielles : allocations budgétaires différenciées → certains secteurs sont mieux dotés financièrement que d’autres :

Agriculture : Plan Maroc Vert → 20 milliards dhs Explication : car secteur stratégique pour l’économie nationale

Pêche maritime : Plan Halieutis → 1 milliard dhs seulement Explication : car rationalisation exploitation ressources naturelles

fiscales

Fiscalité

dérogatoire :

dépenses

(exonérations)

orientées

vers

certains

secteurs et pas d’autres pour favoriser l’investissement :

ex : le secteur immobilier bénéficie de l’essentiel de ces exonérations car il contribue à la construction de logements sociaux.

3. Autre principe, la démocratie économique :

Ce principe ne fera pas l’objet d’un approfondissement car il n’est qu’embryonnaire en droit marocain. C’est pourquoi nous en ferons une présentation succincte.

La démocratie économique (ou "droits/principes économiques et sociaux") est un principe économique nouveau :

matière

elle

constitue

pour

l’État

une

source

d’obligation

d’intervenir

en

économique

elle lui impose des schémas et des règles d’organisation économique

participation du personnel de l’entreprise au fonctionnement de celle-ci :

directe ou par l’intermédiaire de représentants

IV. L’organisation générale de l’État en matière économique :

1. Notions générales :

L’État a une personnalité morale

Rappel : définition de la personnalité morale

Groupement de personnes physiques, entités → afin de leur reconnaître la qualité de sujets de droit, ce qui leur permettra de :

participer à la vie juridique

posséder des biens

agir en justice

Importance de la personnalité morale en droit public :

Les personnes physiques → autorités publiques (wali, gouverneur, présidents de collectivités territoriales …) ou fonctionnaires :

Au nom de la personne morale publique :  État  Collectivités territoriales (CT) 
Au nom de la personne morale publique :
 État
 Collectivités territoriales (CT)
 Établissements et entreprises publics
(EEP)
 Prise de décisions pour leur  Signature de contrats compte personnel
 Prise de décisions
pour leur
 Signature de contrats
compte personnel

L’organisation de l’État repose sur l’existence de personnes morales → les personnes publiques :

Les collectivités territoriales (CT) : régions, provinces, communes Le conseil régional ou le conseil provincial (membres : élus locaux) peut délibérer sur les affaires d’intérêt régional ou local

Les établissements et entreprises publics (EEP) :

Il existe des EEP nationaux (ONCF, ONEE, RAM, CCG …) et des EEP régionaux (ORMVA, CRI …). Nous verrons les EEP plus en détail dans la cinquième partie.

Le pouvoir économique de l’État fait partie de l’organisation générale politique et administrative du pays ;

Les compétences économiques ne sont pas dissociées des autres compétences publiques, mais il existe malgré cela des organes spécialisés.

2. Le Parlement et l’économie :

2.1 Le pouvoir économique du Parlement :

Quel rôle joue le Parlement en matière économique ?

Quelle est l’importance de ce rôle comparé à celui du Gouvernement ? → rapports Parlement/Gouvernement

a/ Le parlement joue un rôle "effacé" du fait des caractéristiques permanentes de l’action économique. Ce rôle effacé est un trait permanent (càd depuis toujours). rapidité

b/ Certaines mesures économiques exigent

que le Parlement ). rapidité  b/ Certaines mesures économiques exigent n’a pas surprise technicité  c/ Mais (↗)

n’a pasb/ Certaines mesures économiques exigent que le Parlement surprise technicité  c/ Mais (↗) interventions de

mesures économiques exigent que le Parlement n’a pas surprise technicité  c/ Mais (↗) interventions de

surprise

technicité

c/ Mais (↗) interventions de l’État

place les parlementaires en état d’infériorité dans l’information

faible compétence scientifique d’appréciation des données fournies par le HCP et autres cabinets spécialisés

Conclusion de a, b et c :

La compétence du Parlement couvre l’économie mais une bonne partie de l’action économique de l’État ne relève pas de lui

Sauf au titre de son pouvoir général de contrôle politique du Gouvernement

Rôle du Parlement : plus théorique que réel

2.2 Le rôle du Parlement et la politique économique :

Le rôle du Parlement est faible dans la prise de décision économique

La plupart des politiques économiques/mesures sont la décision du Gouvernement

Le gouvernement est assisté des autorités monétaires pour la prise de décision, celle-ci échappe au Parlement :

Autorités monétaires :

Ministère des finances

Bank Al Maghrib

1. Dialogue et concertation

Gouvernement

Bank Al Maghrib 1. Dialogue et concertation Gouvernement 2. Aide à la prise de décision 3.
Bank Al Maghrib 1. Dialogue et concertation Gouvernement 2. Aide à la prise de décision 3.

2. Aide à la prise de décision

3. Assistance

Politique économique (exemples) :

Mesures douanières

Mesures relatives au crédit

Mesures relatives aux prix

2.3 Le rôle du Parlement et les instruments financiers de la politique économique :

Malgré la faiblesse du rôle économique du Parlement, il exerce un pouvoir important dans le contrôle budgétaire

Le rapport économique et financier (REF) est un document d’information et d’analyse qui aide le Parlement dans son rôle de contrôle :

Il permet de replacer le budget dans le cadre économique

Il justifie par les données de la conjoncture économique la politique financière exprimée dans la loi de finances

L’introduire dans le formalisme 1 budgétaire se fait au nom de la loi organique des finances : transparence des finances publiques → principe de responsabilité et reddition des comptes

Cela explique aussi

le souci de l’information économique du Parlementet reddition des comptes  Cela explique aussi l’importance de l’aspect économique de la loi de

l’importance de l’aspect économique de la loi de financesaussi le souci de l’information économique du Parlement 3. L’administration économique centrale : 3.1 

3. L’administration économique centrale :

3.1

Coordination

interministérielle

Les composants de l’administration économique centrale :

L'administration économique centrale → composantes ayant des attributions qui leur permettent de traiter des questions à caractère économique :

Présidence du Gouvernement

Secrétariat général du Gouvernement : compétence horizontale → sur tous les textes législatifs et réglementaires (il intervient à ce titre via l’examen et la publication au BO de ses textes)

Ministère de l’intérieur

Ministère de l'économie, des finances et de la réforme de l'administration

Ministère de l'industrie, du commerce et de l'économie numérique

Ministère de l’agriculture

3.2. Les organes chargés de la fonction bancaire de l’État

Bank Al Maghrib (BAM) :

BAM est la banque centrale du Maroc. C’est l’autorité monétaire ou la banque des

banques, chargée de la politique monétaire.

Elle exerce plusieurs missions (loi n°04-15, statut de Bank Al Maghrib, art. 6) :

Formulation/conduite de la politique monétaire

Supervision du système bancaire

Veille à la stabilité des prix

1 Formalisme (en droit) : principe juridique selon lequel une formalité ou un écrit sont exigés par la loi pour la validité d'un acte, d'un jugement ou d'une procédure (d’après le dictionnaire Larousse).

L’agence bancaire de la Trésorerie Générale du Royaume (TGR) :

La TGR exerce une activité bancaire et collecte l’épargne pour financer la trésorerie de l’État

Elle propose des services bancaires

Comptes de dépôt à vuede l’État  Elle propose des services bancaires Comptes de dépôt à terme  Elle n’exerce

Comptes de dépôt à termepropose des services bancaires Comptes de dépôt à vue  Elle n’exerce pas d’activité de financement

Elle n’exerce pas d’activité de financement et n’octroie pas de crédits

3.3. L’organe consultatif, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) :

Le CESE est une institution consultative en matière économique. À ce titre, il réalise des études/recherches :

à la demande du Gouvernement/chambre des représentants/chambre des conseillers → saisine

de sa propre initiative → auto-saisine

Ses missions/attributions (Dahir n°1-14-124, loi organique n°128-12) sont les suivantes → avis/propositions sur :

questions économiques/sociales relatives à la régionalisation avancée

orientations générales de l’économie nationale/développement durable

4. L’administration économique territoriale :

4.1 Généralités

Il convient de distinguer

Administration centrale :

Administration centrale vs. administration territoriale  Il convient de distinguer Administration centrale : Services centraux vs. services extérieurs ( déconcentrés

Services centraux: Administration centrale vs. administration territoriale vs. services extérieurs ( déconcentrés )  Se compose

vs. services extérieurs (déconcentrés)

Se compose des ministres et de l’administration placée sous leur autorité

Ces ministres exercent leurs compétences à l’échelle nationale

Administration territoriale La gestion du pays comporte nécessairement un aménagement régional/local :

le Maroc est divisé en CT (régions, provinces, communes)

Les CT sont des circonscriptions 2 (ou divisions) territoriales dirigées par le président de la région/présidents des communes urbaines et rurales

Les CT servent de cadre d’action aux autorités administratives régionales (wali, gouverneur, chefs des services extérieurs de l’État)

4.2

Le nouveau découpage régional, réforme du cadre juridique :

La Constitution 2011 et la réforme territoriale 2015 ont donné une nouvelle impulsion au processus de décentralisation et régionalisation avancée

Elles donnent aux élus locaux les moyens et les instruments pour faire évoluer la gestion des CT

Constitution 2011, article 1 § 4 (rappel) :

L’organisation territoriale du Royaume est décentralisée. Elle est fondée sur une régionalisation avancée.

Nouveau découpage régional : passage de 16 régions → à 12 régions

Réforme du cadre juridique : lois organiques des CT

Loi n°111-14 relative aux régions

Loi n°112-14 relative aux préfectures/provinces

Loi n°113-14 relative aux communes

ces lois organiques donnent aux CT de nouvelles attributions

2 Circonscription : division administrative d’un territoire (d’après le dictionnaire Larousse).

4.3 L’apport de la loi organique relative aux CT :

Ces lois organiques permettent de renforcer les ressources budgétaires des CT → donc (↗) leur autonomie financière (d’après la Constitution 2011) :

Constitution 2011, article 141 :

Les régions et les autres collectivités territoriales disposent de ressources financières propres et de ressources financières affectées par l’État

Tout transfert de compétences de l’État vers les régions et les autres collectivités territoriales doit s’accompagner d’un transfert de ressources correspondantes.

Elles élargissent leurs compétences en matière de :

Développement local

Urbanisme

Gestion des affaires locales

Cette réforme comporte aussi un passage à un système intégré de la gouvernance territoriale.

Ce système est basé sur la consolidation de la démocratie locale et le développement régional intégré et durable

4.4 La décentralisation et la déconcentration :

Les deux notions désignent un système d’organisation des structures administratives de l’État. Quelle est la différence entre décentralisation et déconcentration ?

Décentralisation : système qui accorde des pouvoirs de décision et de gestion à des organes autonomes régionaux et locaux, les CT.

sont

Déconcentration :

système

dans

lequel

certains

pouvoirs

de

décision

donnés aux agents locaux représentant le pouvoir central

Les schémas suivants résument les différences entre les mécanismes de décentralisation et de déconcentration :

CT

Décentralisation

(ﺔﯾزﻛرﻣﻼﻟا)

Ministère de l’intérieur (Rabat)

Région de Région de Région de … etc. Rabat-Salé-Kénitra Fès-Meknès Drâa-Tafilalet Préfecture de
Région de
Région de
Région de
… etc.
Rabat-Salé-Kénitra
Fès-Meknès
Drâa-Tafilalet
Préfecture de
Préfecture de
Préfecture de
… etc.
Skhirate-Témara
Rabat
Salé
Remarque :
Commune urbaine
Commune rurale
de Sidi Yahya Zaër
Commune rurale de
Mers El Kheir
… etc.
Les présidents/représentants des CT ont un
statut d’élus locaux (on leur transfère des responsabilités)
de Témara

au niveau

central

aux niveaux

régional

et local

Déconcentration

(زﻛرﻣﺗﻼﻟا)

Chef du Gouvernement (Rabat)

Ministre de l’éducation nationale Ministre de Ministre de l’intérieur la santé Wali de la région
Ministre de
l’éducation nationale
Ministre de
Ministre de
l’intérieur
la santé
Wali de la région
Drâa-Tafilalet
Wali de la région
Fès-Meknès
Wali de la région
Marrakech-Safi
la région Fès-Meknès Wali de la région Marrakech-Safi Gouverneur de la province d’ Errachidia Gouverneur de
la région Fès-Meknès Wali de la région Marrakech-Safi Gouverneur de la province d’ Errachidia Gouverneur de

Gouverneur de la province d’Errachidia

Gouverneur de la province de Midelt

Gouverneur de la province de Ouarzazate

Remarque :

… etc.

… etc.

… etc.

Processus

administratif

Chaque gouverneur est le supérieur hiérarchique des chefs des services extérieurs/délégations régionales (éducation, agriculture, santé …)

Les walis, gouverneurs et chefs des services extérieurs ont un statut de fonctionnaires

Pour expliquer la déconcentration, une expression dit qu’au niveau des CT c’est "le même marteau qui frappe" qu’au niveau national, "mais le manche est plus long".

CT : principe de base → l’élection. Ce sont donc des assemblées élues.

4.5 La région :

4.5.1 Caractéristiques générales :

Définition :

(loi organique n°111-14 relative aux régions, art. 2 et 3) La région est une CT de droit public :

elle a la personnalité morale et l’autonomie administrative/financière

elle représente l’un des niveaux de l’organisation territoriale décentralisée du Royaume, fondée sur une régionalisation avancée

Gestion des affaires de la région :

(loi organique n°111-14 relative aux régions, art. 4)

Principe de libre administration → chaque région a le pouvoir de :

délibérer (de manière démocratique)

exécuter ses délibérations/décisions dans la limite de ses compétences

Prééminence de la région par rapport aux autres CT :

(loi organique n°111-14 relative aux régions, art. 5)

Importance du rôle de la région plus que les autres CT en matière de :

élaboration/exécution/suivi des programmes de développement régional

schémas régionaux d’aménagement du territoire

respect des compétences propres des autres CT

4.5.2 Les compétences de la région :

Mission de la région → promotion du développement intégré/durable :

(loi organique n°111-14 relative aux régions, art. 80)

(↗) attractivité de l’espace territorial + (↗) compétitivité économique

bonne utilisation/valorisation/préservation des ressources naturelles

mesures d’encouragement de l’entreprise/son environnement + faciliter la domiciliation des activités génératrices de richesse et d’emploi … etc.

Mission de développement économique régional :

(loi organique n°111-14 relative aux régions, art. 82a)

soutien aux entreprises

création des zones d’activités économiques dans la région

attraction des investissements

promotion de l’économie sociale et des produits régionaux

4.5.3 Le conseil de la région :

(loi organique n°111-14 relative aux régions, art. 28)

Le conseil de la région se compose de 3 commissions permanentes (min.) et 7 (max.)

Ces commissions sont chargées d’examiner :

le budget, les affaires financières et la programmation

le développement économique, social, culturel et environnemental

l’aménagement du territoire

4.5.4 Les attributions du conseil de la région et de son président :

Les attributions du conseil de la région :

(loi organique n°111-14 relative aux régions, art. 98)

Le conseil de la région délibère sur des questions relatives aux finances locales. Parmi elles, on peut noter :

le budget

ouverture de nouveaux crédits budgétaires, relèvement/transfert de crédits dans le même article

fixation de :

taux des taxes

tarifs des redevances, droits divers …

perçus au profit de la région

(dans la limite fixée par la loi)

Le rôle du président du conseil de la région :

(loi organique n°111-14 relative aux régions, art. 101 et 105)

Le président du conseil de la région exécute les décisions du conseil concernant :

programme de développement régional + schéma régional de l’aménagement du territoire

élaboration/exécution du budget : recettes et dépenses de la région

conclusion des marchés de travaux, fournitures ou services

conclusion/exécution des contrats d’emprunts (dans les limites des décisions du conseil de la région)

gestion/conservation des biens de la région :

mise à jour du sommier de consistance 3 + apurement juridique des biens

actions en justice … etc.

4.5.5 Le budget de la région

(loi organique n°111-14 relative aux régions, art. 101 et 105)

Définition : acte qui prévoit et autorise les recettes et les dépenses de la région pour chaque année budgétaire (du 01/01 au 31/12)

Composantes du budget de la région :

opérations de fonctionnement (recettes et dépenses)

opérations d’équipement : recettes/ressources (affectées à l’équipement) et dépenses/emplois (où va cet argent ? comment est-il employé ?)

→ ces rece es doivent inclure les parts provenant du Fonds de solidarité

interrégionale (art. 234)

Le budget doit être toujours équilibré dans chacune de ses parties (principe budgétaire d’équilibre)

Les recettes des opérations d’équipement ne peuvent pas avoir de contrepartie des dépenses de fonctionnement

(principe budgétaire de non affectation des recettes : pas de compensation entre les recettes et les dépenses, elles doivent être comptabilisées séparément)

Le budget de la région comprend : des budgets annexes et des comptes spéciaux (art. 182 et 183)

4.6 La préfecture et la province :

(loi organique n°112-14 relative aux préfectures et provinces)

4.6.1 Caractéristiques générales :

Définition / gestion des affaires de la préfecture/province :

articles 2 et 3 → même contenu que les articles 2 et 3 de la loi n°111-14 des régions

4.6.2 Les compétences de la préfecture ou la province :

(loi organique n°112-14 relative aux préfectures et provinces, art. 4)

La préfecture ou la province a des compétences propres

Elle a aussi des compétences partagées avec l’État et qui lui sont transférées par ce dernier

Ce transfert de compétences de l’État doit s’accompagner d’un transfert de ressources nécessaires pour les exercer.

Ce transfert de compétences se fait :

dans le domaine de développement social, réalisation et entretien des petits et moyens ouvrages hydrauliques, surtout en milieu rural

selon le principe de progressivité et différenciation entre les préfectures ou les provinces

ces compétences transférées deviennent des compétences propres

3 Sommier de consistance : document, registre qui décrit les biens de la CT.

4.6.3

Les attributions du conseil de la préfecture ou la province et de son président :

Les attributions du conseil de la préfecture/province :

(loi organique n°112-14 relative aux préfectures et provinces, art.92 et 93) Le conseil de la préfecture ou de la province délibère sur :

Développement,

services publics

Finances, fiscalité

et patrimoine

Le programme de développement

L’organisation de l’administration de la préfecture/province et la fixation de ses attributions

La création de services publics et leurs modes de gestion

Il se réunit également et discute les affaires suivantes :

Le budget

L’ouverture des comptes spéciaux/budgets annexes

L’ouverture de nouveaux crédits, relèvement/transfert de crédits dans le même article

Fixation du taux des taxes, tarifs des redevances … etc.

Le rôle du président du conseil de la préfecture/province :

(loi organique n°112-14 relative aux préfectures et provinces, art. 95 et 99)

Le président du conseil de la préfecture/province exécute les décisions du conseil concernant :

programme de développement

exécution du budget : recettes et dépenses de la préfecture/province

gestion/conservation des biens de la préfecture/province

gestion du domaine public + délivrance des autorisations d’occupation

temporaire

conclusion de conventions de coopération/partenariat/jumelage

Il est l’ordonnateur des recettes et des dépenses de la préfecture/province. Il la représente officiellement dans tous les actes de la vie civile, administrative et judiciaire. Par ailleurs, il élabore le budget, conclut les marchés et intente des actions en justice.

4.7 La commune :

(loi organique n°113-14 relative aux communes)

4.7.1 Caractéristiques générales :

Définition / gestion des affaires de la commune :

même contenu que les articles 2 et 3 de la loi n°111-14 des régions

4.7.2 Les compétences de la commune :

Compétences propres → missions : prestations de services de proximité aux citoyens :

Services, équipements publics communaux

(loi n°113-14 relative aux communes, art. 83)

Distribution d’eau potable et d’électricité

Transport public urbain

Éclairage public, entretien des voies/places publiques

Circulation, signalisation et stationnement des véhicules … etc.

Autres missions :

Urbanisme, aménagement du territoire (art. 85)

Coopération internationale : conventions, financements (art. 86)

Compétences partagées (transférées par l’État) :

(loi n°113-14 relative aux communes, art. 87)

Développement de l’économie locale et promotion de l’emploi

promotion et l’encouragement des investissements privés :

réalisation des infrastructures et des équipements

contribution à la mise en place de zones d’activités économiques

amélioration des conditions de travail des entreprises

4.8 Cas particulier des centres régionaux d’investissement (CRI) :

4.8.1 Contexte, enjeux :

Les CRI représentent le guichet unique de l’investisseur au niveau régional, mais des obstacles, soulignés dans le discours royal 2017, se posent aux investisseurs :

Les centres régionaux d’investissement, si l’on en excepte un ou deux, constituent un problème et un frein au processus d’investissement : ils ne jouent pas leur rôle de mécanisme incitatif ; eux qui ont, en principe, vocation à régler les problèmes qui se posent régionalement aux investisseurs, à leur épargner le besoin de se déplacer auprès de l’Administration centrale.

Extrait du discours royal (fête du trône), 29 juillet 2017.

Le Dahir n°1-19-18 (13 février 2019) loi n°47-18 sur la réforme des CRI a été adopté, la mise en application est en cours.

Objectifs de la réforme :

Transformer les CRI → jouer pleinement leur rôle : faciliter et catalyser

l’investissement au niveau régional

Corriger les dysfonctionnements qui empêchent les CRI d’accomplir leurs missions

4.8.2

Les CRI transformés en établissements publics :

Restructuration des CRI : 3 axes

publics :  Restructuration des CRI : 3 axes refonte statut/gouvernance/organisation commissions

refonte statut/gouvernance/organisation

commissions régionales unifiées

simplification des procédures

Réorganisation des CRI en 2 pôles

Pôle 1 : Incitation économique et offredes procédures  Réorganisation des CRI en 2 pôles Pôle 2 : La Maison de l’investisseur

Pôle 2 : La Maison de l’investisseurCRI en 2 pôles Pôle 1 : Incitation économique et offre  Pilotés par Directeur Général

Pilotés par Directeur Général + Conseil d’administration

Conseil d’administration = AMCIE + ANPME + OFPPT + CCG + Agence urbaine …

4.8.3 Plus d’attributions et de prérogatives :

Objectif : placer l’investisseur au centre du dispositif administratif

Comment ?

Traitement complet des dossiers (dépôt demandes → octroi autorisations) avec

transparence et efficience

Simplification + digitalisation des procédures

Impacts :

Impulsion économique de la région

Promotion de son offre territoriale

Règlement à l’amiable des litiges administrations/investisseurs

4.8.4

Les CRI, plateformes pour accompagner les PME

Faciliter l’accès aux données

accompagner les PME  Faciliter l’accès aux données foncier public ressources humaines opportunités de

foncier public

ressources humaines

opportunités de partenariat

Renforcer les offres de conseil/assistance → aider les entreprises à surmonter les obstacles liés à leur activité

Commissions régionales unifiées :

évaluer, instruire et traiter les dossiers d’investissement

réunion chaque semaine → répondre rapidement aux demandes des investisseurs

4.8.5

Le contrôle des CRI :

Qui va contrôler les CRI ? L’IGF, l’IGAT et la Cour des comptes

contrôle financier

contrôle interne et audit régulier ( normes et procédures ) contrôle de la gouvernance ( rapport annuel : gestion CRI ( normes et procédures ) contrôle de la gouvernance ( rapport annuel : gestion CRI (normes et procédures) contrôle de la gouvernance (rapport annuel : gestion CRI et évaluation performances)

V. Le droit du secteur public économique :

1. Présentation générale :

1.1 La genèse du secteur public

La constitution du secteur public et l’intervention de l’État remontent à l’époque du Protectorat français et l’indépendance → une vague de création d’entreprises publiques :

OCP (1920)

Office des changes (1939)

Caisse de compensation, Caisse centrale de garantie (1949)

BRPM (bureau des recherches et des participations minières en 1928, devenu l’ONHYM depuis 2005)

… etc.

La création des EEP est une des formes d’intervention de l’État.

Après l’indépendance, d’autres EEP/principales institutions financières ont été créés/transformés pour promouvoir le développement économique :

La BEPI (bureau d’études et de participations industrielles, 1957)

La Banque du Maroc (1959)

La CDG (caisse de dépôt et de gestion, 1959)

La BNDE (banque nationale pour le développement économique, 1959)

… etc.

1.2 L’étendue du secteur public

La consistance du secteur public au Maroc est difficilement mesurable, faute de données statistiques ou études sectorielles. Elle est méconnue des administrations (même les plus directement concernées)

Pourtant, l’État est omniprésent sur les secteurs divers : agriculture, commerce, industrie, tourisme …

La réflexion sur les entreprises publiques n’a commencé qu’à partir des années 1970.

1.3 Les raisons de l’intervention de l’État

L’intervention de l’État s’explique par des considérations économiques liées à la conjoncture et au rapport étroit entretenu avec le secteur privé. En effet, le secteur public :

Crée les conditions d’une meilleure rentabilité du secteur privé

Exemple :

spécialisés : infrastructures ferroviaires (ONCF), électriques (ONEE) …

intervention

publique

dans

les

infrastructures

recours

aux

EEP

Compense l’insuffisance de l’épargne privée

Exemple : intervention publique dans le secteur industriel → car l’investissement lourd ne permet pas de dégager une rentabilité immédiate, ce fut le cas pour la SONASID

Stimule le secteur privé, notamment via les PPP (partenariats public-privé)

Alimente le budget de l’État → (↗) recettes fiscales

Exemple : la création de la régie des tabacs (devenue société marocaine des tabacs) permet à l’État d’encaisser les TIC (taxes intérieures de consommation)

Contrôle de certains secteurs pour des raisons économiques et stratégiques

Exemple : création de la société nationale des produits pétroliers (SNPP) par le Dahir du 4 avril 1974, aujourd’hui privatisée → politique énergétique de l’État en adéquation avec les objectifs de développement économique.

Certaines activités ont été privatisées dans les années 1983 – 1984 → contexte de l’époque : programme d’ajustement structurel mis en place avec le FMI

Remise en cause de l’étendue du secteur public ? sachant que le Maroc privilégie l’économie mixte (principe du juste milieu : économie ni entièrement pilotée par le public, ni par le privé).

2. La classification des entreprises publiques :

2.1 Les établissements publics industriels et commerciaux (EPIC)

Définition (rappel) : l’établissement public industriel et commercial, nous l’avons déjà vu, est une personne morale dotée d’une autonomie financière et qui exerce un service public d’intérêt général.

Gestion et organisation des EEP :

Les EEP ont 2 caractéristiques :

Ils proposent un service public

Ils ont une personnalité morale et l’autonomie financière

Autonomie de fonctionnement :

organisation interne développée

gouvernance (direction + conseil d’administration)

sous tutelle (la plupart des EEP)

Autonomie financière → les EEP ont leur propre budget :

le budget est élaboré/adopté par l’EP lui-même

voté par le conseil d’administration

exécuté par le directeur (l’ordonnateur)

Règle de spécialité :

l’EP ne peut pas exercer une activité étrangère à son objet

objet limité (contrairement aux CT) : gestion d’un service public ou quelques services publics à objectif unique

Exemples de spécialité des EEP :

L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) doit exercer comme activité unique la gestion des infrastructures d’énergie électrique/eau potable et la distribution d’énergie électrique/eau potable

L’Office national des chemins de fer (ONCF) doit exercer comme activité unique la gestion des infrastructures ferroviaires (voies ferrées, gares, trains …) et le service de transport ferroviaire de voyageurs

On distingue

Établissements publics industriels et commerciaux (EPIC)

(ONCF, ONEE, ONHYM … ) ONCF, ONEE, ONHYM …)

(Office des changes, centres régionaux d’investissement… ) Office des changes, centres régionaux d’investissement…)

Établissements publics administratifs (EPA)

2.2 La distinction des EPIC des EPA (établissements publics administratifs) :

La distinction des EPIC et des EPA est parfois floue. Certains EEP ont une activité mixte :

à la fois commerciale/industrielle et administrative :

Exemple : Centre cinématographique marocain (CCM) :

Mission de contrôle de l’activité cinématographique → administrative

Mission de production cinématographique → commerciale/industrielle

EPIC ou EPA ? → La qualification est importante car elle détermine le régime juridique applicable :

EPIC : soumis à un régime de droit administratif, mais en théorie s’inspire du droit privé

EPA : soumis au droit administratif

Cas exceptionnels : le texte de création de l’EPIC le qualifie clairement.

Exemple : Dahir portant loi n°1-72-498 du 20 rabii II 1394 (21 mai 1974) relatif à la création des établissements régionaux d’aménagement et de construction (ERAC)

→ article 1 er : "dans chacune des régions … est créé un établissement public à caractère industriel et commercial doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, dénommé ERAC". Création de la holding Al Omrane → regroupement des ERAC

Pour bien cerner un EEP, il faut considérer 2 éléments :

Sa nature/activité : pour certains EEP elle est mixte (ex : CCM, voir plus haut), pour

de

d’autres

la

nature

de

l’EEP

est

plus

difficile

à

déterminer

(ex :

caisse

compensation)

Le texte de loi qui régit l’EEP : examiner 2 règles :

tenue des écritures comptables

exécution des opérations financières → contradictions entre comptabilité publique et règles/usages du commerce.

Autres particularités de l’EPIC :

le personnel des EPIC est régi par le droit du travail et ne se confond pas avec les fonctionnaires de l’État

les directeurs des EPIC sont nommés dans les mêmes conditions que les directeurs des EEP (dahir n°1-72-113 du joumada II 1382/18 juillet 1972)

contrôle financier des EEP :

très rigoureux

régi par le Dahir n°1-03-195 du 16 ramadan 1424/11 novembre 2003 portant promulgation de la loi n°69-00 relative au contrôle financier de l'État sur les entreprises publiques et autres organismes

VI. Le régime juridique des activités économiques des personnes publiques :

1. Le droit public de la planification économique :

1.1 Présentation générale :

L’analyse de l’activité économique des personnes publiques commence par la planification économique, au sens large du terme (plan quinquennal ou triennal). Les décisions de planification ont pour but d’orienter la politique économique de l’État.

La planification se fait :

Dans le temps → exemples tirés de la loi organique des finances :

la programmation budgétaire triennale (CDMT : cadre des dépenses à moyen terme)

la gestion budgétaire par objectifs/résultats, pas par moyens

Dans l’espace : l’aménagement du territoire (ex : processus de régionalisation avancée)

1.2 Contexte historique :

Après l’indépendance du Maroc, le pays s’est retrouvé dans une situation économique et sociale difficile pour les raisons suivantes :

Pas d’industrie de base

Peu d’investissements

Chômage important

Manque de cadres et de main d’œuvre qualifiée

En principe, l’État devrait exercer ses fonctions régaliennes seulement (police, justice, administration …), l’activité économique devant être laissée au secteur privé → son absence a rendu obligatoire l’intervention directe de l’État.

Exemples : Création de :

La BMCE en 1959 (banque publique jusqu’en 1995, puis privatisée)

Bureau d’études et de participations industrielles créé en 1973, devenu l’Office pour le développement industriel (ODI), disparu aujourd’hui

Le groupe CDG → participation dans plusieurs secteurs de l’économie nationale à travers ses filiales : ingénierie financière (CDG Capital), prévoyance sociale (RCAR- CNRA), immobilier (CGI), développement territorial (CDG Développement) …

… etc.

Par conséquent, plusieurs plans quinquennaux se sont succédés depuis 1960 :

développement du secteur agricole, industrialisation, investissements, commerce extérieur, aménagement du territoire (1978 – 1980) …

Planification économique et aménagement du territoire → cadre juridique :

Dahir du 24 Kaada 1376 (21 juin 1957) relatif à l’établissement du plan quinquennal de développement économique et social pour l’ensemble du territoire, article 8 :

Des commissions économiques provinciales seront appelées à donner leur avis sur les aspects locaux des propositions de plans et programmes dans le cadre du plan national.

1.3 La politique d’aménagement du territoire :

Définition :

C’est l’ensemble des actions qui visent à optimiser la répartition des hommes dans l’espace, dans un cadre géographique en fonction des ressources naturelles et de l’activité économique.

Exemples : mesures de déconcentration et de planification régionale :

Désengorgement de la région Casablanca-Settat → implantation des entreprises industrielles à Tanger et Kénitra

Charte de l’investissement → nouvelle mesure : création d’une zone franche/région

Dispositif de la loi de finances 2018 → attraction des investissements vers les régions enclavées : prise en charge par l’État des frais de transport (lieu de production → port pour l’exportation)

Relation entre planification économique et aménagement du territoire : la planification économique est un document adopté par l’État dont la fonction est de :

Analyser les probabilités d’évolution économique

Exemple :

prévisions de base pour l’élaboration du PLF

hypothèses

de

croissance/inflation/cours

des

matières

premières

Définir les orientations de cette évolution (vers lesquelles l’État pousse les agents économiques)

Prévoir les ressources financières, les moyens humains/matériels pour la réalisation des projets de développement fixés par le plan

1.4 Les organes chargés de la planification économique :

Le Gouvernement (pris globalement) est chargé de l’élaboration des stratégies sectorielles, des lois de finances et des budgets triennaux, et en particulier à travers :

Ministère de l’économie et des finances

Ministère de l’intérieur

Ministère de l’agriculture

Ministère de l’équipement, du transport et de la logistique

Ministère du commerce, l’industrie et l’économie numérique

Ministère de l’énergie et des mines … etc. (et les autres ministères, chacun en ce qui le concerne)

HCP - Direction de la planification :

(Décret n°2-02-397 fixant les attributions du HCP, art. 7) Elle a pour mission, comme son nom l’indique, d’élaborer des plans de développement économique et social. Pour cela, elle exerce les fonctions suivantes :

Participation aux plans régionaux de développement + rapports périodiques de l’exécution des plans

Conception/étude des politiques/programmes sectoriels de développement + étude de leur financement + suivi de leur exécution

Participation aux travaux des commissions pour la préparation des lois de finances

Coordination entre le HCP et les départements ministériels :

Les départements ministériels coordonnent avec le HCP à travers leurs structures chargées de la planification des projets liés à leurs missions propres.

1.5 Planification vs. programmation :

Planification :

Processus qui définit les besoins économiques/sociaux … etc. à MLT (3-5 ans)

C’est l’encadrement du développement économique et social par l’État à l’aide d’un plan (élaboration de la stratégie économique et sociale à LT) → nécessaire car plus de visibilité stratégique à MLT

Programmation :

Prévision de la conjoncture économique à MT

Déclinaison de cette stratégie en actions concrètes à CT (programmes)

Budgétisation (annuelle) : mise en application de la planification à LT, et la programmation à CT

Exemple de programmation :

La loi organique des finances prévoit la programmation budgétaire triennale :

Cadrage macroéconomique

Concertation (présentation par le MEF au Conseil du Gouvernement et au Parlement)

Préparation détaillée du budget (note d’orientation + lettre de cadrage)

Examen → vote du PLF

2. Les relations juridiques de l’administration avec le secteur privé

2.1 Présentation générale :

L’administration entretient avec les agents économiques privés 2 types de relations :

Relation de collaboration : obtenir des prestations économiques, juridiquement sous forme de contrats

Relation de commandement : leur imposer des obligations, des interdictions, juridiquement sous forme d’actes unilatéraux (réglementations, décisions individuelles …)

Les relations classiques de collaboration sont représentées sous 2 formes : les marchés publics et les concessions.

2.2 Les marchés publics :

Les marchés publics sont réglementés par le décret n°2-12-349 du 20 mars 2013.

Contexte historique et économique :

Leur existence n’est pas nouvelle → l’administration a toujours eu recours à des marchés pour se procurer des biens ou des services

(↗) diversité des marchés + (↗) technicité/complexité des objets des marché

L’importance économique des marchés publics est de taille → quelques chiffres :

16% du PIB

37 milliards dhs (2001) → 160 milliards dhs en moyenne aujourd’hui

70% du CA des entreprises BTP ; 80% du CA des entreprises d’ingénierie

15 000 marchés conclus en 2015 pour l’État

Le cadre juridique a évolué :

Le premier texte législatif/réglementaire remonte à 1907

Des réformes se sont succédé : 1965, 1976, 1998 et 2013

Objectifs de ces réformes :

plus de transparence

accès plus simple à la commande publique

alignement sur les normes internationales

dépense publique efficace

2.2.1 Présentation générale des marchés publics :

Définition : C’est un contrat à titre onéreux entre 2 parties : le maître d’ouvrage (l’État, CT ou EEP) et le maître d’œuvre (personne physique ou morale) afin de :

exécuter des travaux

réaliser des prestations de services

livrer des fournitures

Marché Contrat à titre onéreux

livrer des fournitures Marché Contrat à titre onéreux Contrat reliant ces 2 parties Maître d’ouvrage (

Contrat reliant ces 2 parties

Maître d’ouvrage (État, EEP, CT)

Maître d’œuvre, prestataire (entreprises, particuliers)

Exemples :

Marchés de travaux : le ministère de la santé souhaite construire un hôpital. Il fait appel à une entreprise de BTP

Marchés de fournitures : une administration souhaite acheter du matériel de bureau. Elle fait appel à une entreprise de papeterie

Marchés de services : la direction des aménagements hydrauliques (ministère de l’énergie et des mines) souhaite faire une étude sur l’augmentation de la capacité de stockage d’un barrage. Elle fait appel à un expert en hydraulique.

Cahiers des charges : (art. 13) Les sources du régime juridique des marchés publics ne se limitent pas au décret n°2-12- 349, mais comprennent également les cahiers des charges. Ce sont des documents de travail qui déterminent les conditions de passation/exécution du marché. Il existe 3 catégories :

CPS (cahier des prescriptions spéciales) → ce document contient :

clauses du marché

signature du maître d’ouvrage (avant le lancement de la procédure)

approbation des autorités compétentes

CCAG (cahier des clauses administratives et générales) → ce document contient :

dispositions administratives (travaux, fournitures, services)

approbation par décret

CPC (cahier des prescriptions communes) → ce document contient :

dispositions techniques (même nature de travaux, fournitures ou services) pour un même ministère, service spécialisé ou établissement public

approbation par arrêté du ministre

2.2.2 La conclusion du marché :

2.2.2.1 Les acteurs :

Les commanditaires : (art. 4)

Commanditaire

Statut

Fonction(s)

Maître d’ouvrage

Autorité (État, CT, EEP)

Passer le marché avec le prestataire

Maître d’ouvrage délégué

Administration publique, entreprise publique ou filiale …

On leur confie une mission

Signataire au nom du maître d’ouvrage

Ordonnateur ou sous-ordonnateur (son délégué)

On leur délègue le marché

Autorité compétente

Ordonnateur ou sous-ordonnateur (son délégué)

Approuver le marché

Les prestataires : (art. 4)

Le prestataire peut être un entrepreneur, un fournisseur ou un prestataire de services. Il peut être dans l’une des catégories selon l’étape du processus de sélection :

Groupement :

Un ou plusieurs concurrents qui souscrivent à un engagement unique.

Concurrent :

Personne physique/morale qui propose une offre. Objectif : conclure le marché.

Attributaire :

Candidat dont l’offre a été acceptée avant la notification de l’approbation du marché.

Titulaire :

Attributaire auquel l’approbation du marché a été notifiée.

2.2.2.2 Les modes de passation des marchés publics :

Appel d’offres (art. 17 à 62) :

Appel

consultation

d’offres

ouvert :

tout concurrent

peut

obtenir

le

dossier

de

Appel d’offres restreint : seuls les concurrents consultés par le maître d’ouvrage peuvent soumettre des offres

Principes de base :

appel à la concurrence

ouverture des plis en séance publique

examen des offres par une commission d’appel d’offres

Cette commission choisit l’offre la plus avantageuse à proposer au maître d’ouvrage

Processus d’un appel d’offres (étapes) :

1. Définition des besoins (estimation)

( étapes ) : 1. Définition des besoins ( estimation ) 2. Préparation du dossier d’appel

2. Préparation du dossier d’appel d’offres

(CPS + règlement des consultations)

d’offres ( CPS + règlement des consultations ) Phase 1 : Identification des besoins 3. Réunion

Phase 1 :

Identification des besoins

3. Réunion de la COP (commission d’ouverture des plis)

(président + représentant TGR + représentant direction du budget)

N.B : étude du dossier + observations → à remettre dans un délai de 8 jours

4. Publication du dossier : au journal (ﺔﯾﺑرﻌﻟا/ français) Phase 2 : et au portail
4.
Publication du dossier : au journal (ﺔﯾﺑرﻌﻟا/ français)
Phase 2 :
et au portail des marchés publics :
Publication du
dossier d’appel d’offres
 Si marché de travaux
délai : 21 jours
 Si marché de fournitures/services
≤ 63 MDH
≤ 1,6 MDH
 Si ≥ 1,6 MDH et 63 MDH → délai : 40 jours
Phase 3 :

Modification du dossier d’appel d’offres (exceptionnelle)

5. L’objet n’est pas modifié, sauf des petites clauses

Concours (art. 63 à 87)

Concerne

la

conception

d’un

projet

suivi/contrôle de la réalisation

+

réalisation

de

l’étude

+

Programme

du

concours

indique

les

besoins/consistance

prévisionnels

Critères de sélection

Garanties et capacités juridiques,

techniques et financières des concurrentsCritères de sélection Garanties et capacités juridiques, Références professionnelles des concurrents  Marchés

Références professionnelles des concurrentsjuridiques, techniques et financières des concurrents  Marchés négociés ou procédure négociée ( art. 84

Marchés négociés ou procédure négociée (art. 84 à 87)

Une commission de négociation choisit l’attributaire du marché (après consultation de plusieurs concurrents et négociation des conditions)

Cette commission est désignée par l’autorité compétente ou le sous- ordonnateur. Elle se compose du président et 2 représentants du maître d’ouvrage

Objet des négociations :

Prix

Délai d’exécution, date d’achèvement/livraison

Conditions d’exécution, livraison

Bon de commande (art. 88)

Ce

mode

de

passation

concerne

l’acquisition

de

fournitures

et

la

réalisation de travaux/services pour 200 000 dhs TTC max.

 

Il

détermine

les

spécifications

et

la

consistance

des

prestations

à

satisfaire, ainsi que le délai d’exécution (ou date de livraison) et les

conditions de garantie.

Processus d’un bon de commande (étapes) :

La procédure pour établir un bon de commande se déroule de la manière suivante :

Concurrents : 1. Envoi du Maître d’ouvrage établissent les devis : bon de commande établit
Concurrents :
1. Envoi du
Maître d’ouvrage
établissent les devis :
bon de commande
établit le bon de commande :
 Société 1
 Quantité
 Société 2
2. Réponse
 Prix
 Société 3
 … etc.

3. Envoi de l’engagement du bon de commande :

Proposition : meilleur offrant

Devis contradictoires des concurrents

Bon de commande saisi sur GID

des concurrents  Bon de commande saisi sur GID Comptable assignataire ( TGR ) pour exécuter

Comptable assignataire (TGR)

pour

exécuter

les

3 concurrents

minimum

Définition : comptable public auprès duquel est accrédité un ordonnateur, c’est le seul qui a la

opérations

compétence

comptables de cet ordonnateur.

Observations :

Le contrôle d’engagement des dépenses vérifie les éléments habituels mais aussi :

l’existence de 3 devis contradictoires

les éléments contenus dans chaque devis doivent être similaires

correspondance devis bon de commande saisi dans la base de données (GID : gestion intégrée de la dépense → système d’information de la TGR)

Si la dépense est concernée par le contrôle modulé de la dépense → le maître d’ouvrage est obligé de respecter la mise en concurrence

Prestation architecturale ou contrat d’architecte (art.89 à 129)

Elle se fait dans la respect d’un contrat d’architecte qui fixe les clauses administratives, techniques et financières.

La rémunération de l’architecte est sous forme d’honoraires payés par le maître d’ouvrage :

Sur la base d’un pourcentage (%) sur le montant HT des travaux réellement exécutés et régulièrement constatés

Honoraires sur lotissements : obtenus par forfait à l’hectare fixé

Honoraires pour prestations de construction de bâtiments (y compris aménagement et restauration) : entre 4% et 5%

Modes de passation de la prestation architecturale :

Consultation architecturale :

Programme de consultation + avis du jury de la consultation

Projets

budget

global

prévisionnel

<

20

MDH

HT

lotissements)

Concours architectural :

(ex :

Programme de concours + avis du jury

Obligatoire si budget global prévisionnel ≥ 20 MDH HT

Consultation architecturale négociée

2.2.3 L’exécution du marché :

2.2.3.1 La procédure avant l’exécution :

Avant l’exécution du marché, la procédure suivante doit être respectée :

1. Affichage des résultats + information des concurrents

2. Signature du marché par le représentant du titulaire

3. Approbation du marché

4. Enregistrement du marché

5. Début des prestations (par ordre de service → 60 jours après notification de l’approbation → après délai 15 jours)

2.2.3.2 Les différents types d’exécution des marchés :

Les différents modes d’exécution des marchés publics sont détaillés par les articles 6 à 10 du décret. Il convient de les expliciter brièvement :

Marché-cadre (art. 6)

Marché répétitif pendant 3 à 5 ans avec clause de tacite reconduction

Prestation prévisible et permanente

La quantification et le déterminés à l’avance

Marché

rythme

sur

d’exécution

(ex

ne

peuvent

pas

être

:

produits

alimentaires,

inexact,

basé

l’estimation

formation …) → tranche tolérée : ‒25% min. jusqu’à +10% max.

Marché reconductible (art. 7)

Marché répétitif pendant 3 à 5 ans

La quantité peut être déterminée à l’avance

Durée : période déterminée < 1 an (année en cours)

Marché à tranches conditionnelles (art. 8)

Tranche ferme → couverte par crédits budgétaires disponibles + tranche conditionnelle condition : si crédits budgétaires encore disponibles

Exemple : Le ministère de l’équipement et du transport souhaite construire un tronçon autoroutier d’un point A à un point C. Il veut faire appel à une société de construction spécialisée dans les infrastructures routières, mais l’ordonnateur chargé du projet ne sait pas si les ressources financières seraient suffisantes Il va donc envisager un marché à tranches conditionnelles (voir schéma ci- dessous), c’est -à-dire qu’il va faire construire l’autoroute par segments en fonction de la disponibilité des crédits :

Construction d’une autoroute de A à C: A B C Tranche ferme : A à
Construction d’une autoroute de A à C:
A
B
C
Tranche ferme : A à B
Tranche conditionnelle : B à C
Pour construire A à C, il faudra avoir construit A à B.

Marché alloti (art. 9)

Marché comprenant plusieurs lots, c’est-à-dire des ensembles de pièces

Exemple :

Complexe sportif → pour le construire, il faudra conclure un marché alloti qui comprend :

Lots de gazon

Lots de sièges

Lots de plomberie … etc.

Marché conception-réalisation (art. 10)

concevoir (planifier les travaux ) planifier les travaux)

réaliser (exécuter les travaux ) exécuter les travaux)

Marché passé avec un prestataire qui doit

Concerne des projets de type spécifique

Mode de passation : concours

Nécessite l’autorisation du Chef du gouvernement

2.2.4 Le contrôle des marchés publics :

Les intervenants :

Les organismes qui exécutent et contrôlent les marchés publics sont les suivants :

Organes

d’exécution

Organes

de contrôle

Organisme

Type de contrôle

 

Autorité compétente :

Ordonnateurs (maître d’ouvrage)

valide le service fait

approuve la prestation réalisée

Trésorerie Générale du Royaume (TGR)

Contrôle de régularité et de validité :

contrôle juridique, comptable et financier préalable au paiement

 

Contrôle juridictionnel → garantie de la discipline budgétaire et financière :

Cour des comptes

respect des règles de concurrence

égalité d’accès à la commande publique

passation des marchés … etc.

Inspection générale des finances (IGF)

Contrôle administratif ← vérification de la sincérité des comptes et de la gestion des ordonnateurs et comptables publics

Inspection générale de l’administration territoriale (IGAT)

Contrôle administratif ← vérifica on de la sincérité des comptes et de la gestion des ordonnateurs des organismes sous tutelle du ministère de l’intérieur (administrations et CT).

L’audit et le contrôle (les apports de la nouvelle réforme 2013) :

Les marchés publics sont soumis à l’audit et au contrôle en matière de dépenses publiques.

Exemples :

Procédure de préparation, passation, exécution d’un marché : régulière ?

Publication des documents dans le portail des marchés publics : obligation respectée ?

Comparaison prix du marché/prix pratiqués et évaluation des coûts des prestations objet de ce marché

Audit/contrôle obligatoires pour :

Marchés

> 5 MDH TTC

Marchés négociés

> 1 MDH TTC

Après l’audit et le contrôle, la procédure suivante doit être respectée :

Ministre ou Directeur de l’établissement public

Portail des

marchés publics

Auditeur
Auditeur

1. Envoi du rapport d’audit

marchés publics Auditeur 1. Envoi du rapport d’audit 2. Publication Nouveauté :  La réforme de

2. Publication

Nouveauté :

La réforme de 2013 du décret n°2-12-349 stipule que les marchés publics régionaux, préfectoraux/provinciaux et communaux (marchés des CT) sont aussi soumis à l’audit et au contrôle en matière de dépenses publiques :

Audit/contrôle obligatoires pour :

Marchés CT

> 3 MDH TTC

Marchés CT négociés

> 1 MDH TTC

La même procédure doit être respectée, mais avec une légère différence :

Portail des

marchés publics

Auditeur Ministre de l’intérieur
Auditeur
Ministre de l’intérieur

1. Envoi du rapport d’audit

Ministre de l’intérieur 1. Envoi du rapport d’audit 2. Publication  Dans le cadre de la

2. Publication

Dans le cadre de la lutte contre la fraude, la corruption et le conflit d’intérêts, lors de la procédure de passation des marchés, les intervenants doivent :

Art. 168

être indépendants vis-à-vis des concurrents

refuser tout avantage ou gratification

de

ne

pas

avoir

relation

qui

pourrait

compromettre

l’impartialité

l’objectivité

et

Les raisons de la réforme de 2013 :

La réforme de 2013 du décret n°2-12-349. Pourquoi ? → raisons :

Mise en œuvre des principes de la Constitution 2011

Réponse aux insuffisances de la réglementation de 2007

Satisfaction des attentes des acteurs

de 2007  Satisfaction des attentes des acteurs État, EEP, CT Entreprises BTP/ingénierie Citoyens 

État, EEP, CT Entreprises BTP/ingénierie

Citoyens

Prise en compte des recommandations des partenaires internationaux

2.2.5 Les droits pécuniaires du titulaire du marché (le maître d’œuvre) :

Plusieurs méthodes de calcul du prix sont prévues par les articles 11 et 12 du décret n°2- 12-349 qui régit les marchés publics. C’est une autre classification des marchés qui s’ajoute aux modes de passation et aux modes d’exécution. Cette classification des marchés selon le prix peut être visualisée ainsi :

Classification des marchés par prix

Par nature (marché → comment le prix est définiPar nature ( ) )

Marché à prix global

Marché à prix global

Marché à prix unitaires

Marché à prix mixte

Marché à prix mixte

Marché à prix au pourcentage

Par caractèreMarché à prix mixte Marché à prix au pourcentage Marché à prix ferme Marché à prix

mixte Marché à prix au pourcentage Par caractère Marché à prix ferme Marché à prix révisable

Marché à prix ferme

Marché à prix révisable

Marché à prix provisoire

2.2.4.1 Classification selon la nature et la modalité de définition du prix

(art. 11) :

Marché à prix global

Prix forfaitaire qui couvre l’ensemble des prestations

Calculé sur la base de la décomposition du montant total

Chacun des postes de la décomposition est affecté d’un prix forfaitaire

Marché à prix unitaires

Prestation décomposée (sur la base d’un détail estimatif) en plusieurs postes

Chaque poste → prix unitaire proposé

Marché à prix mixtes

Prix global et unitaire à la fois.

Marché à prix au pourcentage (%)

Prix fixé par un taux appliqué au montant HT des travaux réellement exécutés

Ce prix n’inclut pas les révisions des prix, indemnités ou pénalités

2.2.4.2 Classification selon le caractère des prix (art. 12)

Marché à prix ferme

Prix ferme : ne peut pas être modifié pendant le délai de l’exécution (sauf si taux TVA modifié après la date limite de remise des offres, le maître d‘ouvrage la répercute sur le prix)

Marchés passés à prix ferme

Marché de fournitures fournitures

Marché de services ( autres que les études ) services (autres que les études)

Marchés d’études si délai < 4 mois prix ferme

Marché à prix révisable

Prix révisable : peut être modifié si variations économiques pendant l’exécution

Marchés passés à prix révisable 4

Marchés de travaux travaux

Marchés d’études si délai ≥ 4 mois ≥ 4 mois

Marché à prix provisoire :

Prestation urgente → doit être commencée avant la fixation d’un prix définitif

2.2.4.3 Droit au règlement du prix

Le prix caractérise le marché public et représente sa contrepartie, son critère (voir plus haut)

En comptabilité publique, une prestation ne peut être rémunérée par le maître d’ouvrage qu’après avoir été accomplie → règle du "service fait"

Décret n°2-16-344 (délais de paiement et intérêts moratoires relatifs aux commandes publiques) art. 5 :

Le titulaire du marché doit constater le service fait dans un délai de 30 jours à compter de la date de dépôt de la facture/note d’honoraires …

2.2.4.4 Clauses de révision des prix

Le prix du marché peut être révisé suivant des conditions fixées par l’arrêté du Chef du gouvernement n°3-302-15, articles 1 à 4 (bulletin officiel n°6422 du 17 décembre 2015).

4 Pour les marchés de travaux, le prix peut être révisé (revu à la hausse ou à la baisse) en fonction de la variation du cours des matières premières (construction : prix du fer, ciment …)

Selon l’arrêté, la révision des prix de marché permet de tenir compte des variations économiques dans les cours des produits (entrant dans la réalisation de la prestation) entre la date du prix initial et la date d’achèvement de la prestation.

Le montant de la prestation est modifié par calcul du nouveau prix → formule(s) prévue(s) par le CPS.

2.2.4.5 Versements anticipés :

Lors de l’exécution du marché, il peut y avoir des versements anticipés dont les conditions sont prévues par le décret n°2-14-272.

L’avance est octroyée si :

Montant du marché ≥ 500 000 dhs TTC

Délai d’exécution

≥ 4 mois

Le montant de l’avance est accordé selon le mode d’exécution du marché. Les conditions sont résumées dans le tableau suivant :

Marché (par mode d’exécution)

Montant de l’avance

Marchés-cadre

Avance accordée en une seule fois sur la base du montant minimum

Marchés reconductibles

Avance accordée en une seule fois sur la base du montant de la 1 ère année

Marchés à tranches conditionnelles

Avance accordée en une seule fois sur la base du montant de la tranche ferme

Marchés allotis

Avance accordée en une seule fois sur la base du montant de chaque lot

Conclusion :

Comme on peut le constater dans ce document, non exhaustif, nous avons essayé de délimiter la notion de droit public économique et couvrir de nombreux aspects que nous avons jugés en relation directe avec la discipline et qui méritent que l’on s’y arrête.

Nous avons souligné l’importance des principes fondamentaux du droit public économique (liberté des prix et de la concurrence, égalité …), l’organisation générale de l’État marocain en matière économique en examinant les institutions centrales et territoriales (ministère de l’économie et des finances, Bank Al Maghrib, les collectivités territoriales, les établissements et entreprises publics …), leurs missions et attributions, ainsi que les prérogatives que la loi leur donne.

Le droit public économique demeure, cependant, assez vaste et traite plusieurs autres concepts (chambres de commerce et d’industrie, sociétés de développement local et autres institutions économiques à caractère national, régional ou local), en intersection les uns avec les autres. Nous ne les avons pas traités dans ce document par souci de concision et afin de ne pas l’alourdir outre mesure, eu égard à la diversité des profils des étudiants, des diplômés candidats aux concours et des fonctionnaires des administrations publiques et établissements publics, auxquels il est destiné.

En outre, les personnes visées n’étant pas toutes juristes ou spécialistes du droit public économique, nous avons jugé nécessaire de garder un certain niveau de généralité dans l’analyse des concepts fondamentaux de la matière. L’approfondissement du contenu n’était pas l’objectif premier de ce travail du fait de la diversité et du caractère hétérogène du public concerné. Toutefois, notre vœu est qu’il permette, grâce à des exemples pratiques, de comprendre les rouages et les mécanismes de l’activité économique nationale, régionale et locale, ainsi que le rôle que jouent les institutions publiques à ces niveaux.