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Tribune presse

Collectif En Marge

Pour le retrait de l’arrêté anti-mendicité de Strasbourg - faux-nez de la Ville-Vitrines


et un plan hébergement-logement à la hauteur des besoins

L’arrêté municipal du 25 avril 2019, dit arrêté « anti-mendicité agressive » est inutile dans ses effets
concrets. Il sert en fait de totem posté à l’entrée d’une Ville marchande dont l’espace doit servir à
faire du shopping et du tourisme, où l’individu doit être un consommateur. Enfin, il est devenu le
symbole d’une Ville inhospitalière pour ses habitants.

Son retrait est un objectif pour le/la prochain.e maire de Strasbourg.

Les règlements municipaux en matière de propreté, salubrité et de tranquillité dans le domaine


public sont anciens et cet arrêté n’accorde aucun nouveau pouvoir à la police. Pis, le bilan que l’on
peut en retirer depuis sa mise en place démontre sa totale inutilité. La comparaison des mains
courantes des périodes d’avril à septembre 2018 et en 2019 relevant du champ de l’arrêté (période
et horaires) le démontre : 42 en 2018 et 43 en 2019. Sur ces 85 mains courantes, seules 13 en 2
ans ont fait l’objet d’une verbalisation par les forces de l’ordre.

Contrairement à ce qu’en dit monsieur Herrmann (conseil municipal du 23 septembre 2019), on peut
donc tirer le bilan de l’inutilité pratique de cet arrêté. Son utilité en réalité est tout autre : il sert
uniquement la communication d’un acteur précis désirant modeler la Ville à son avantage : la
Chambre et de commerce et d’industrie et son représentant local, les Vitrines de Strasbourg.

L’arrêté anti-mendicité a en effet été pris suite à leur lobby : « il en va de la du dynamisme et de la


réputation de Strasbourg » (MM. Heimburger et Bauer, DNA du 18 mai 2019). La Ville-Vitrines ne
s’embarrasse pas des catégories sociales qui lui sont inutiles, en particulier les personnes en
errance et en difficulté. Rappelons ici que l’espace public appartient à toutes et à tous et n’a pas
seulement une fonction marchande.

Habitant.e.s de Strasbourg, considérez que la Ville-Vitrines est vecteur d’exclusion des plus
démuni.e.s d’entre nous (mobilier anti-SDF, refus de vente de boissons chaudes après 17H place
d’Austerlitz, etc.). tel que le démontre le philosophe strasbourgeois Michael Labbé (Reprendre
place. Contre l’architecture du mépris, Payot, 2019) ».

Enfin, Habitant.e.s de Strasbourg, considérez qu’il vous est également maintenant interdit de vous
arrêter de manière prolongée d'avril à septembre et pendant le Marché de Noël, places du Marché
Neuf et du Temple Neuf et rue des Grandes arcade, si tant est qu’il vous serait encore agréable de
le faire! Les conséquences de l’exclusion des plus démuni.e.s existent pour tout le monde.
Cette Ville-Vitrines n’est pas le reflet d’une Ville hospitalière, mais celui d’une Ville du mépris et de
l’intérêt particulier. En ces temps électoraux propices aux débats sur l’avenir de Strasbourg, il est
bon d’ériger et d’abattre les symboles !

Mesdames, Messieurs les candidats à la mairie, inscrivez le retrait de l’arrêté anti-mendicité dans
vos programmes politiques pour la Ville de Strasbourg !
Au-delà de cette stigmatisation, c’est aussi la mort qui vient chercher ces citoyens et citoyennes (3
décès en 1 mois à Strasbourg de personnes vivant à la rue). A grand renfort de communication la
préfecture annonce dans sa grande mansuétude “mettre à disposition” 321 place d'hébergements
supplémentaires en Alsace pour le plan hiver, quand le manque d'hébergements et de logements
correspond plutôt à des besoins de 1500 places pour l'Eurométropole de Strasbourg.

Aujourd’hui nous pouvons affirmer que la continuité et l’inconditionnalité de l'hébergement n’est pas
assuré. Aujourd’hui l’on fait porter toute la responsabilité aux personnes refusant des hébergements.
Hébergements se trouvant parfois dans des lieux indignes (appartements et lieux surpeuplés,
conditions d’insalubrité constaté, présence de puces de lit, horaires d’accueil et de sortie non
adaptées) et non adaptés aux besoins des personnes (personnes en couple, familles, personnes
avec des animaux).

Nous demandons aux service de l’Etat, un plan d’urgence pour faire face à la crise, associant
personnes de la rue, acteurs associatifs et professionnels de terrains, ainsi qu’un réel effort en
matière de proposition d'hébergement et de logements afin de garantir un habitat digne à toutes et
tous.

Le Collectif En Marge.

Le Collectif en Marge regroupe des citoyen.ne.s bien et mal-logé.e.s en lutte contre la précarité à
Strasbourg

Afin de rappeler que le temps des fêtes de fin d’année est aussi le
temps du partage, de la solidarité et de la fraternité, mais aussi pour
en souvenir à nos ami.e.s décédé.e.s dans et de la rue, nous vous
invitons à nous rejoindre ce vendredi 22 novembre, pour l’ouverture
du marché de Noël de Strasbourg Place Kleber à partir de 18h.

CONTACT PRESSE : 06.34.68.72.92