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Il n’y a pas société marchande sans monnaie affirment Orléan et Aglietta pourtant les

pensées économiques orthodoxes partagent une même conception de la neutralité de la


monnaie qui s’exprime par une théorie quantitative qui oublie l’étape de différenciation
qualitative sans laquelle la monnaie ne pourrait accéder à la souveraineté. Cette
différenciation s’effectue selon nos auteurs grâce à la concurrence mimétique qui opère la
sélection de ce qui au sein des biens marchands assurera le mieux leurs échangeabilité .La
sélection de ce bien liquide ne se fait pas sans violence mais ni l’Etat ni une logique
contractuelle ne peut en garantir la pérennité , seule la confiance peut lui donner une
légitimité qui lui permettra de s’imposer comme unité comptable ,moyen de paiement et
monnaie de réserve. C’est cette troisième fonction qui va déterminer le niveau de
productions à travers la préférence pour la liquidité et orienter le système monétaire vers la
centralisation bancaire du crédit qui favorise une création monétaire se synchronisant mal
avec le financement de l’économie mais ayant le mérite de l’irriguer de façon homogène ou
le fractionnement du marché financier qui évalue les créances privées dans une autonomie
relative vis-à-vis de la monnaie mais ayant le défaut majeur d’ induire son instabilité
chronique. On voit donc apparaitre les deux logiques qui vont ensemble animer l’économie
l’une privilégiant son aspect monétaire l’autre sa valorisation.L’incompatibilité de ces deux
logiques va tracer la ligne de partage entre une pensée orthodoxe de l’économie qui voit
dans la monnaie au mieux un instrument passif et au pire un obstacle à son efficacité et une
conception monétaire qui voit dans la monnaie l’expression même de l’économie ,une
totalité sociale.