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1.

L’économie Nazie : du chaos à la prospérité

a. État des lieux de l'économie allemande avant 1933


Au début de 1933, l'Allemagne est durement touchée par la crise sur tous les plans :

i. Crise sociale :
L’Allemagne compte six millions de chômeurs auxquels s'ajoutent huit millions de chômeurs
partiels.

ii. Crise financière :


La crise financière a été violente en Allemagne. Depuis 1919, de nombreux capitaux
étrangers, en particulier américains, ont été placés en Allemagne. Le krach boursier d'octobre
1929 à New-York a contraint les Américains à retirer leurs capitaux d'Allemagne. De
nombreuses entreprises allemandes se sont alors trouvées sans capitaux et sont mises en
grande difficulté financière.

iii. Crise économique


À partir de 1930, la diminution très importante des échanges internationaux est dramatique
pour l'Allemagne qui est un grand pays exportateur de machines et d'objets. La mévente des
produits allemands contraint les industriels à réduire leur production (en moyenne d'un tiers),
ils licencient une partie de leur personnel qui se trouve alors au chômage.

Les gouvernements se succèdent, incapables de maîtriser la situation mais lorsque Hitler prit
le pouvoir, il a pu en un petit laps de temps sortir l’Allemagne d’une situation chaotique et
restructurer le pays. En effet, Hitler fit un îlot de prospérité de l'Allemagne. En trois ans, les
besoins criants et la masse de difficultés se transformèrent globalement en prospérité modeste
mais confortable ; L’impuissance et le désespoir firent place à la confiance et l'assurance et la
transition de la dépression vers le boom économique fut réalisée sans inflation, avec des
salaires et des prix parfaitement stables. C’est pourquoi on parle souvent du miracle
économique nazi.

Vous vous posez certainement la question comment Hitler a-il-fait pour mener l’Allemagne à
bon port en si peu de temps ?

La réponse est simple pour relancer l’économie et préparer l’Allemagne à la guerre l’Etat
(Hitler et son ministre le docteur Schacht qui joua un rôle clef dans la mise en place des
politiques) s’est retrouvé devant l’obligation d’un côté de renforcer les secteurs prioritaires
c’est pourquoi l’Allemagne a eu recours à l’endettement, l’intervention de l’Etat et l’industrie
de l’armement. Et de l’autre côté de revenir autarcique. La reprise économique assurée par les
commandes de l’Etat permet le recul du chômage. Ainsi la politique économique de Hitler lui
assure un large soutien dans l’opinion publique allemande.
b. Les grands traits de la politique économique nazie
i. La politique des grands travaux : ressources et impacts
Dès les deux premières années, l’endettement allemand explosa puisque politique économique
du régime hitlérien impliqua des emprunts à grande échelle pour les dépenses publiques et les
travaux publics : voies ferrées, canaux et réseau autoroutier, aérodromes, stades, ligne
Siegfried en Rhénanie. Il en résulta une action efficace contre le chômage et l’aménagement
de l’espace allemand.

D’ailleurs, en le 1938 Reich réquisitionna 400.000 travailleurs allemands pour reconstruire le


westwall (mur destiné à arrêter l’armée française). À la fin des années 30, le plein emploi
avec des prix stables furent instauré en Allemagne.

En 1939, les dépenses publiques étaient de 37 milliards de Reichsmark pour des recettes de 17
milliards de Reichsmark ce qui prouve que les dépenses de l’Etat dépassèrent de loin ses
recettes ce qui le pousse à se surendetter davantage

En 1938, quelques fonctionnaires du ministère des finances ont tiré la sonnette d’alarme en
attirant l’attention des autorités du Reich III sur les de l’endettement, selon eux si les
dépenses publiques continuèrent le pays court droit vers la faillite. Ce qui a poussé le Reich à
arianiser les biens juifs (exproprier les juifs en contre partie des bons d’Etat qui n’avait
aucune valeur et qu’ils ne pouvait pas vendre). Ce qui permettre à l’Etat de gagner 8 milliards
de Reichsmark.

ii. L’interventionnisme de l’Etat


L’Etat avait le contrôle des prix, le contrôle des salaires, le contrôle des profits, le contrôle des
taux, le contrôle des changes, le contrôle du commerce international, les traités bilatéraux, les
rations, priorités, allocations et quotas, avec une autorisation spéciale demandée pour presque
tout.

Dans cette perspective, Schacht va relancer les exportations allemandes. Il interdit la sortie
des capitaux (capital et bénéfices) étrangers investis en Allemagne. S'ils veulent s'en servir,
leurs propriétaires peuvent les utiliser pour acheter des marchandises allemandes destinées à
l'exportation. Pour éviter les importations, et renforcer l’autarcie l’Allemagne restructure
l’agronomie et développe des produits de substitution qui sont fabriqués en Allemagne
(essence synthétique en remplacement du pétrole, caoutchouc et tissus synthétiques à la place
des matières naturelles...). Pour les importations obligatoires (en particulier les métaux rares
destinés à l'armement) on oblige les pays fournisseurs (qui eux aussi veulent vendre leurs
produits) à acheter pour la même valeur des produits allemands (c'est la technique
du clearing).

D’autant plus le contrôle de la finance via la planche à billets va permettre d’injecter des
sommes colossales dans l’économie Allemande pour faire relancer la machine.

Le contrôle de l’Etat s’exerce aussi sur la population. Le Front du Travail créé en 1933
remplace les syndicats ; il assure le contrôle de l’emploi et des salaires. L’adhésion aux
Jeunesses Hitlériennes à l’âge de 14 ans est obligatoire en 1936.
L'économie allemande fonctionne alors en autarcie : le mark n'est utilisable qu'en Allemagne
et l'essentiel du commerce extérieur doit être équilibré. La création d'ersatz est favorisée pour
éviter la dépendance technologique et en matières premières à l'étranger.

iii. Développement du secteur industriel et réarmement


À partir de septembre 1936, un « plan de quatre ans », est mis en place sous l'autorité du
général Herman Gœring. Ce plan prévoit la fabrication de produits de remplacement (les
ersatz), l'exploitation et l'importation des matières premières, la mobilisation de la main-
d'œuvre. Dans ce sens, l'État attribue des matières premières et des subventions pour soutenir
des industries nouvelles mais stratégiques comme l'essence synthétique.

En 1937, sont créées les « Herman Gœring-Werke ». Ce sont des entreprises étatisées, qui
dans le domaine des mines de fer et de la métallurgie, remplacent les capitaux privés (peu
attirés par le manque de rentabilité de ces secteurs).

Pour l'essentiel cependant l'industrie allemande reste entre les mains du capital privé. Celui-ci
a tendance à se concentrer dans quelques grandes entreprises (Siemens, Thyssen, Krupp, IG
Farben). Ces grandes entreprises sont elles-mêmes encouragées par le gouvernement nazi à
prendre la tête de cartels (regroupement d'entreprises afin d'éviter la concurrence sauvage).
Ces grandes entreprises reçoivent de très importantes et très rentables commandes de l'État.

Entre 1932, la dernière année de l'ère pré-hitlérienne, et 1938, la dernière année complète
avant le déclenchement de la guerre, la consommation alimentaire augmenta d'un sixième,
tandis que le chiffre d'affaires des vêtements et textiles augmenta de plus d'un quart, et les
meubles et biens des ménagers de 50%. Dans les années pacifiques du Troisième Reich, la
consommation de vin augmenta de 50%, et celle de champagne quintupla. Entre 1932 et
1938, le volume du tourisme fit plus que doubler, tandis que le nombre de propriétaires
d’automobiles tripla durant les années 30. La production de véhicules automobiles allemands,
qui comprenait des voitures fabriquées par les usines Ford et General Motors (Opel), doubla
en cinq années, de 1932 à 1937, tandis que les exportations d’automobiles allemandes furent
multipliées par huit. Entre 1933 et 1937, le trafic de passagers aériens fit plus que tripler en
Allemagne.

Les affaires allemandes renaquirent et prospérèrent. Pendant les quatre premières années de
l'ère hitlérien, les bénéfices nets des grandes entreprises quadruplèrent, et le revenu
managérial et entrepreneurial augmentèrent de près de 50 pour cent. En 1939, l’économie
allemande tourne à plein rendement et 60% des dépenses de l’état vont l’armement.

De 1933 à 1939, l’armée allemande est passée de 100.000 à 4,7 millions de soldats. N’est-il
pas un astucieux moyen pour résoudre le chômage ?

iv. Régulation du régime fiscale pour alimenter les dépenses publiques


et améliorer les conditions de la population
Certaines mesures fiscales vont être prises pour alimenter les caisses de l’Etat, ainsi les impôts
sur la société régulièrement relevés, de 20% en 1934 à 25% en 1936, et 40% en 1939-40.
Tandis que la fiscalité était nettement progressive, les plus hauts revenus payant
proportionnellement plus que les revenus inférieurs. Entre 1934 et 1938, le taux moyen des
impôts sur les revenus de plus de 100.000 marks augmenta de 37,4% à 38,2%. En 1938, les
Allemands dans les tranches d'imposition les plus basses représentaient 49% de la population
et 14% du revenu national, mais payaient seulement 4,7% de charge fiscale. Ceux dans la plus
haute catégorie de revenu, qui représentaient à peine 1% de la population, mais avaient 21%
des revenus, payaient 45% de charge fiscale.

Bien que les entreprises allemandes prospérassent aussi, les profits étaient maîtrisés et
maintenus par la loi dans des limites modérées. Cette politique eut l'effet prévisible
d'encourager le réinvestissement corporatif et l'autofinancement, et de réduire ainsi l’emprunt
auprès des banques et, plus généralement, de diminuer l'influence du capital dans le
commerce.
Pour la grande masse des Allemands, les salaires et les conditions de travail s’améliorèrent
continuellement. De 1932 à 1938 le montant brut des gains hebdomadaires réels augmentèrent
de 21%. Dans le même temps, les loyers restèrent stables, et il y eut une baisse relative des
coûts de chauffage et de lumière. Les prix diminuèrent effectivement pour certains biens de
consommation comme les appareils électriques, les horloges et les montres, ainsi que pour
certains aliments.

Pour la plupart des Allemands, la journée de travail « normale » était de huit heures, et les
heures supplémentaires étaient rémunérées généreusement. En plus des hauts salaires, la
protection sociale et les conditions de travail étaient nettement améliorées par des avantages
inclus, comme de meilleures conditions sanitaires et de sécurité, des cantines avec repas
chauds subventionnés, des terrains de sport, des parcs, des représentations théâtrales et des
concerts subventionnés, des expositions, du sport et des groupes de randonnée, de la danse,
des cours d'éducation pour adultes et du tourisme subventionné.