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Série - T. 23 - Fasc. 1 Mars 1984

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Fondée par YVES DELACE en

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UNIVERSITY 0F CALIFORNIA
SANTA CRUZ

MAY 3 1 1984

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DÉRATION FRANÇAISE DES SOCIÉTÉS DE SCIENCES NATURELLES


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Secrétaire général
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Laboratoire d'Évolution,
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Série - T. 23 - Fasc. 1 Mars 1984

L'ANNÉE
BIOLOGIQUE
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triels; elle publie des mises au point de questions d'actualité intéressant
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PROBLÈMES DU CADMIUM

PAR James GOTTOFREY (*)

SOMMAIRE
Pages
1. — POLLUTION DUE AU CADMIUM i
1.1. GÉNÉRALITÉS X
1.2. POLLUTION DU SOL x
1.3. POLLUTION DE L'AIR J
1.4. POLLUTION DE L'EAU 4
1.5. POUSSIÈRES INDUSTRIELLES j
1.6. SITUATION EN SUISSE 5
1.6.1. Situation générait 5
1.6.2. Lac Léman 6
1.6.5. Affluents du Limait tt quelques rivières du tonton de Genbt 7
1.6.4. i^c de Constance 7
1.7. CONTAMINATION DE LA NOURRITURE 9
2. — TOXICITÉ DU CADMIUM 9
2.1. TOXICITÉ POUR L'HOMME 9
2.1.1. Métabolisme du cadmium 9
2.1.1. Répartition du Cd dam le corps humain II
2.1.3. Intoxication du fatus et risques 14
2.1.4. Métallotbionine 15
2.2. ÉTUDES ANIMALES l6
2.2.1. Métabolisme du cadmium 16
2.2.2. Signes cliniques 17
2.2.3. Dotes léfaits 20
2.2.4. Répartition du cadmium dans le corps 21
2.2.3. Emhryfitûxicité 24
2.2.6. \\ftallotbiomne 27
2.2.7. Vacteurs influençant la toxicité du cadmium 27

BIBLIOGRAPHIE . 28

i. — POLLUTION DUE AU CADMIUM

i.i. GÉNÉRALITÉS
Ces dernières années, le problème de la contamination par le cadmium,
l'un des métaux les plus toxiques utilisés dans l'industrie, est devenu

(*) Université de Fribourg, Institut de Zoologie, Département d'Embryologie


et Tératologie Expérimentales, CH-I7OO Fribourg, Suisse.
»**. BIOL. — T. uni, FASC. 1, 198i. )
2 AlVMiK BIOLOGIQUE

critique (6, 10, 29). L'Homme s'y trouve exposé par l'air, par l'eau
et par la nourriture (14, 18, 20, 27). De plus, à l'instar du plomb, du
nickel, du chrome ou du mercure, le cadmium n'est dégradé ni chimi
quement, ni biologiquement, mais au contraire se concentre de plus
en plus dans le sol, puis dans toute la biosphère.
La forme chimique du cadmium dans l'environnement, et plus parti
culièrement dans la nourriture, étant en général inconnue, les analyses
se restreignent à la détermination de concentration en cadmium « total »
ou cadmium métallique. Ainsi, pour des zones non contaminées, on a
déterminé des concentrations de cadmium allant de 0,15 ppm dans la
lithosphère à 430 ppm dans certains sédiments des rivières et des lacs,
celles de l'air étant d'environ 0,002 à 0,02 fxg/m3 (10, 27).
La pollution cadmique croissante risque de par son expansion, de
concerner une population de plus en plus large. Les industries rejettent
des poussières, des fumées, des déchets, des eaux de rejet et des boues
riches en cadmium (4, 21, 27). Ainsi, en 1970, environ 2.000 t de cadmium
furent émises dans l'atmosphère aux USA, tandis qu'on peut estimer
à environ 500 t/an la quantité globale de cadmium aboutissant à l'environ
nement en RFA (6, 27).
La consommation de tabac représente également une importante
source de pollution individuelle par le cadmium (22, 27, 32, 52).

1.2. POLLUTION DU SOL

L'utilisation croissante des boues d'épuration et des composts de


gadoues, rejetés par l'industrie, comme engrais pour l'agriculture, a
pour effet d'enrichir gravement le sol en métaux lourds (6, 7, 27, 5 5).
Des études détaillées de boues d'épuration récoltées dans des usines
de cadmiage ont démontré que 89 à 96 pour 100 du cadmium consommé
est déposé sur les pièces travaillées, ce qui signifie 4 à n pour 100 de
pertes. La concentration de cadmium dans les boues d'épuration utilisées
pour la fumure présentait des valeurs très variables, allant de 8 ppm
pour une région non industrialisée jusqu'à 883 ppm pour une région
fortement industrialisée. Des chercheurs suédois ont trouvé 56 échan
tillons de boues dont les concentrations variaient entre 2 et 61 ppm.
On a même découvert en Angleterre et au Pays de Galles 42 échantillons
de boues dont les concentrations s'étendaient de 60 à 1.500 ppm (n).
A proximité immédiate de certaines fonderies de zinc et de plomb,
et de certaines usines d'accumulateurs, les résultats ont même révélé
des rejets de cadmium totalement incontrôlés (55).
La fumure par les boues d'épuration n'enrichit pas seulement le sol
en cadmium. Il est en effet connu que certaines plantes, comme le Riz
ou le Blé, par exemple, peuvent accumuler des quantités considérables
de cadmium à partir du sol (27).
D'autre part, les fumées contaminées s'échappant des fabriques,
J. GOTTOFREY. PROBLÈMES DU CADMIUM 3

fonderies ou incinérateurs se déposent sur le sol par sédimentation ou


lors de précipitations (6). Dans des champs non contaminés, la concen
tration moyenne normale de 0,15 g Cd/t peut varier de 0,05 à 0,5 g/t,
tandis qu'à proximité des sources d'émission les concentrations sont
beaucoup plus élevées (27, 36). On a pu mesurer dans certains champs
des concentrations allant jusqu'à 160 g Cd/t. A 250 mètres d'une fonderie
de zinc, en Westphalie, les sols présentaient une concentration en cad
mium de 41 g/t, qui était encore de 37 g/t à 400 mètres et de 5 g/t à
4 kilomètres (6).
Pour certains auteurs japonais, la contamination des aliments est due
principalement à la fumure artificielle, et plus particulièrement à l'emploi
des engrais phosphatés qui contiennent une forte proportion de cadmium
(36, 44). On trouve généralement de 2 à 50 ppm de cadmium dans les
engrais superphosphatés, mais les concentrations peuvent parfois
atteindre 170 ppm (27, 55).
Le risque de contamination des cultures dépend évidemment aussi
de la nature du sol. Ainsi, un sol légèrement acide, riche en sable et
pauvre en argile, permet une bonne mobilité des métaux lourds (49).
Sur la base de toutes ces observations, plusieurs pays ont pris des
mesures visant à réduire la pollution par les métaux lourds dans des
proportions notables (6, 27).

1.3. POLLUTION DE L'AIR

Le bas point de fusion du cadmium explique que lors de manipulations


thermiques, telles que fusion ou incinération, ce métal s'évapore, puis
forme au contact de l'air une fumée d'oxyde de cadmium qui peut
ainsi atteindre aisément les poumons (6, 27, 55).
La plus grande partie du cadmium se dépose à proximité des sources
d'émission : hauts fourneaux, incinérateurs, chaudières à charbon (n).
Mais en Belgique, important pays producteur de cadmium, l'exposition
à ce dangereux métal lourd ne se limite pas aux seuls sujets profession
nellement exposés. En effet, l'émission de cadmium dans tout l'environ
nement sous forme d'oxyde risque d'entraîner une exposition accrue
de certains groupes de la population, exposition éventuellement accom
pagnée d'effets sanitaires (28).
A proximité des sources d'émission de cadmium, la concentration
de ce métal dans l'air peut être assez élevée, c'est-à-dire 0,010 à
5 fxg/m* (27). Le maximum a été trouvé à El Paso au Texas où elle était
de plus de 0,30 mg Cd/m8 air (14).
En résumé, le cadmium est universellement présent dans l'atmosphère.
Sa concentration peut varier de moins de i ng/m* dans des zones rurales
(0,1-43 ng/rn3) à quelques centaines de nanogrammes dans des régions
industrialisées (en général entre 2 et 700 ng/m') (n, 27). Ceci reste
assez faible en ce qui concerne les risques encourus par inhalation en
4 ANNÉE BIOLOGIQUE

comparaison des dangers représentés par des nourritures contaminées


ou par l'apport cadmique de la cigarette. Mais à proximité des sources
d'émission, la concentration en cadmium de l'air est beaucoup plus
élevée, atteignant des niveaux critiques pour la santé.

1.4. POLLUTION DE L'EAU

On a détecté du cadmium dans de nombreux échantillons d'eau


provenant aussi bien de sources, d'étangs, de rivières ou de lacs que de
réservoirs publics, de laboratoires ou de maisons familiales (14). La
concentration dans l'eau pure d'un lac, en général approximativement
0,05 g Cd/1, n'excède normalement pas 2 jxg Cd/1 en surface (27). En
rivière non polluée, cette concentration varie entre o et 1,2 [ig Cd/1.
Par contre, dans des eaux de rivières légèrement contaminées en cad
mium, les concentrations s'élèvent jusqu'à environ 10 ng/1, et peuvent
même dépasser cette valeur lorsqu'elles sont polluées par des effluents
industriels. Par exemple, dans le Rhin on peut mesurer jusqu'à 16,2 [ig/1
et 3,6 pour 100 des échantillons récoltés dans des rivières belges ont
donné des concentrations comprises entre 40 et 50 ;xg Cd/1 (27, 31).
Les lacs ne sont pas plus à l'abri de la pollution cadmique due aux
rejets de l'industrie que les rivières. Par exemple, vers la fin des années
1940, le lac Érié aux États-Unis a vu sa concentration en cadmium
augmenter parallèlement à la croissance de l'industrie d'électroplacage
de Cleveland (i 5).
La pollution des eaux par le cadmium résulte principalement de
l'extraction minière et de l'industrie d'électroplacage cadmique (27).
Le drainage des mines implique fréquemment une contamination
significative des eaux car les eaux de drainage ont souvent un />H acide
situé vers 2,5-3,5 (")•
L'utilisation d'engrais phosphatés et de boues d'épuration en agri
culture contribue également à la charge cadmique des eaux par l'action
des fortes pluies qui lavent le sol (27). De même les précipitations
peuvent laver l'air des poussières en suspension et des fumées conta
minées en cadmium, lequel peut ainsi aboutir aux cours d'eau. Les eaux
industrielles s'échappant des fabriques chimiques de stabilisateurs ou
de pigments cadmiques, ainsi que de nombreuses autres fabriques
traitant le cadmium, portent également une part de responsabilité.
Enfin, la corrosion de pièces cadmiées finit aussi par enrichir les eaux
en cadmium (6). Évidemment toutes ces considérations sont influencées
par nombre de facteurs tel \epH des eaux, étant donné que les carbonate
et hydroxyde de cadmium ne se dissolvent qu'avec un pH inférieur à 6.
Dans l'eau potable, enfin, le cadmium est présent avec une concen
tration en général inférieure à 5 y.g/1 (27). Aux USA, par exemple, des
études ont montré une moyenne de 1,3 jxg Cd/1 et seulement 0,3 pour 100
des échantillons d'eau du robinet dépassait 10 fzg Cd/1 (n). La valeur
J. GOTTOFREY. PROBLÈMES DU CADMIUM S

la plus élevée était de no [Ag Cd/1. Dans d'autres régions, on a même


trouvé des concentrations encore plus fortes; par exemple 225 pg Cd/1
dans une région polluée du Japon. Toutes ces mesures ont été effectuées
directement à la station de pompage. On peut donc s'attendre à ce que
les concentrations des eaux collectées dans les ménages soient supérieures.
En effet, les deux principales sources de contamination de l'eau potable
par le cadmium sont les tuyaux galvanisés employés en plomberie, et
les soudures des systèmes de distribution de l'eau où des tuyaux en
cuivre sont utilisés (27). Plus l'eau potable est acide, et plus le risque
de contamination est grand, le cadmium devenant alors plus soluble.

1.5. POUSSIÈRES INDUSTRIELLES

En 1971-1972, des poussières contaminées par du cadmium, du zinc


et du plomb s'échappèrent des filtres défectueux d'une forge de plomb
et zinc de Nordenham. Cent quarante des Bœufs paissant dans un pré
voisin périrent ou durent être abattus (6).
Les concentrations dans les poussières industrielles sont en général
10 à 100 fois plus fortes que celles trouvées dans les terres superficielles
des régions étudiées (27).

1.6. SITUATION EN SUISSE

i .6. i . Situation générale.


Les charges de cadmium en Suisse sont de 23,1 t/an (Tab. I).
Les boues d'épuration sont utilisées en agriculture, tandis que le
compost de gadoues concerne surtout le vignoble.

TABLEAU I
Répartition des charges de cadmium en Suisse.

quantité quantité
surface
source de Cd de Cd
tha] [g/ha/an] [t/an]

4 x 106 précipitations 6 20
1 x 106 engrais 1 1
4 x 104 boues d'épuration 37 1.5
2 x 103 compost de gadoues 300 0.6
O ANNEE BIOLOGJOL'E

Entre 1971 et 1975, sur 484 échantillons de boues d'épuration ana


lysées, la concentration en cadmium, mercure et zinc d'environ
20 pour 100 de ces échantillons excédait le niveau admissible. Pour les
poussières industrielles, la Caisse Nationale Suisse en cas d'accidents
a proposé en 1976 une concentration maximale de 0,2 mg/m3.

1.6.2. Lac Léman.


Les teneurs en cadmium des eaux du Léman ne sont pas très élevées.
Les principales sources de pollution métallique sont les stations d'épu
ration et les affluents les plus importants. Les plus fortes concentrations
se rencontrent entre Évian et Meillerie sur la côte française, entre Morges
et Cully sur la côte suisse et dans la région d'Hermance-Versoix, où
elles s'élèvent jusqu'à 5,2 ppm (Carte i). Dans ces deux dernières zones,
cette pollution est imputable au rejet des stations d'épuration (5, 33).

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iiiii 2000 - 5200
10 km.
1978
Gtnève

Carte i. — Teneur en cadmium des eaux du Léman en 1978


[d'après J.-P. VERNET (46)].

Les teneurs en cadmium mesurées dans les perches, les lottes et les
gardons ne présentent encore aucun danger pour la santé humaine (2).
Cependant, le mercure et le cadmium restent les polluants principaux
des sédiments lémaniques. Alors que les autres métaux lourds ont des
concentrations moyennes de 1,5 à 2,5 fois plus élevées que les teneurs
naturelles, celles du cadmium et du mercure le sont respectivement
5 à 26 fois. Ainsi, en 1978, 39 tonnes de cadmium se trouvaient stockées
dans les cinq premiers centimètres de sédiments. Les 78 pour 100 de ce
stock proviennent de l'activité humaine (5, 33, 46).
J. GOTTOFREY. PROBLÈMES DU CADMIUM 7

Bien qu'actuellement encore en concentration aqueuse sans grand


danger pour la santé humaine, le cadmium doit absolument rester sous
surveillance dans le lac Léman, d'une part du fait de son abondance
dans les sédiments et d'autre part, à cause de sa grande mobilité qui lui
permet, dans certaines conditions, de repasser dans le milieu aqua
tique (46).
1.6.3. Affluents du Ijéman
et quelques rivières du canton de Genève.

Dans les affluents du Rhône et du Léman, les pollutions observées


sont souvent en liaison avec les rejets de stations d'épuration. Le mercure
et le cadmium sont les polluants majeurs et les seuls dont la teneur
moyenne, sur l'ensemble des rivières, semble augmenter. Entre 1977 et
1978, il y a cependant eu une exception pour l'Arve et le Rhône aval
qui ont enregistré une légère diminution de ces éléments, lesquels
restent néanmoins les polluants majeurs du bassin lémanique (46, 47).
Cette diminution s'accompagne d'un fléchissement de tous les autres
métaux. La vidange du barrage de Verbois, au printemps 1978, en
provoquant une érosion et un transport de matériel en aval, explique
en partie, peut-être, cette diminution (Carte 2). Il sera intéressant de voir
si cette amélioration se poursuivra dans les années à venir. Par contre
dans la Seimaz, en aval de Chêne-Bourg (GE), le cadmium atteint brus
quement des teneurs très élevées (25.000 ppb), puis décroît légèrement
(10.000 ppb). Le cadmium est également particulièrement concentré
dans le Vengeron où il atteint 13.000 ppb à la sortie de la station d'épu
ration. Dans un bras de la Venoge longeant la zone industrielle de
Vimoutiers (VD), on a pu relever une teneur en cadmium de 12.000 ppb.
Plus en aval, les zones urbaines de Bussigny et d'Échandens près Lau
sanne, apportent leur complément de pollution. On observe également
de fortes teneurs en cadmium dans l'Aubonne, la Versoix, la Drize,
l'Aïre, PAllandon et l'Eau Morte (47).
Ainsi, d'une teneur moyenne 4,7 fois supérieure à la teneur naturelle
de 300 ppb en 1977, la contamination moyenne en cadmium des affluents
du Léman s'est élevée à une concentration valant 6,1 fois 300 ppb en
1978. Le rapport entre la teneur maximale et la teneur naturelle est
passé pour sa part de 25,5 en 1977 à 84,9 en 1978.
En 1978, on a même trouvé à la sortie d'une usine qui rejette dans le
canal d'Evionnaz, affluent du Rhône en Valais, une concentration
cadmique de 344.400 ppb, soit plus de i.ooo fois la teneur naturelle
qui est de 300 ppb (38).

1.6.4. Lac de Constance.

Les sédiments du lac de Constance présentent une concentration


moyenne de 0,21 ppm avec des valeurs maximales de 0,68 ppm (15).
8 ANNÉE BIoLoGIQUE

Cd f --

| | ? ] | $ [I
LEGENDE

o 1 • 300. vIMoUTIER -)#,


e 10 * 300 # Bussigny
O 100 • 300
ECHANDENS

3OO 300 ppb


teneur naturelle HERMANCE

1978

Carte 2. — Localisation des pollutions cadmiques


de quelques rivières vaudoises et genevoises [d'après M. VIEL (47)].
a, affluents du Léman; b, rivières genevoises.
Le diamètre des cercles figurés est une fonction logarithmique du rapport valeur
mesurée/teneur naturelle, et seuls les points présentant des teneurs supérieures à
deux fois la teneur naturelle sont figurés en noir.
J. COTTOFREV. PROBLÈMES DU CADMIUM

1.7. CONTAMINATION DE LA NOURRITURE

Le cadmium est un poison redoutable pour l'Homme et pour les


animaux. Malheureusement, de nos jours, nombreux sont les aliments
(et les cigarettes !) qui contiennent des traces de cadmium (18, 22).
En effet, l'environnement, y compris les sols agricoles, se trouve
de plus en plus contaminé par du cadmium en provenance de poussières
industrielles, de déchets de toute nature telles les boues d'épuration,
d'engrais phosphatés ou d'additifs aux denrées fourragères (49). Il n'est
donc pas surprenant que ce métal se trouve également largement distribué
dans la biosphère. Le cadmium se trouve généralement dans les aliments
d'origine végétale et animale en concentration supérieure au mercure (6).
Certaines espèces de plantes et les animaux ont la faculté de concentrer
le cadmium à des niveaux parfois beaucoup plus élevés que ceux de
l'environnement immédiat (i i).
Ainsi le cadmium a pu être détecté dans l'eau potable, dans le Blé,
l'Avoine et diverses sortes de farines, dans le Café, le Thé et le cidre,
dans les végétaux et la viande, etc. Il n'y a pratiquement pas d'aliments
sans cadmium (44). Certains d'entre eux, si ce n'est tous, contribuent
à l'accumulation du cadmium dans les tissus du corps humain (21).
En général, les concentrations cadmiques dans la plupart des aliments
provenant de régions non contaminées sont inférieures à 0,1 ppm. Mais
quelques aliments tels le foie, les reins de Mammifères ou les Mollusques
peuvent atteindre des concentrations beaucoup plus élevées, de même
que certains légumes et céréales cultivés sur des sols pollués (27).

2. — TOXICITÉ DU CADMIUM

2.1. TOXICITÉ POUR L'HOMME

Les poumons et le tube digestif constituent les deux principales voies


d'absorption puis d'assimilation du cadmium.

2.1.1. Métabolisme du cadmium.


a) Assimilation par la voie gastro-intestinale. — L'Homme est le dernier
et le plus exposé des membres de la chaîne alimentaire au long de laquelle
le cadmium s'accumule (6). Heureusement, ce métal est faiblement
absorbé par le tractus gastro-intestinal (35). Le mécanisme de passage
au travers de la muqueuse et de la paroi intestinale est encore obscur.
Malgré cela, on a pu estimer à environ 5-6 pour 100 la quantité de cad
mium provenant de la nourriture et des boissons qui est effectivement
assimilée par le corps (n, 27). La quantité totale de cadmium ingérée
varie beaucoup suivant les régions. En Europe et aux USA, on estime
IO ANNÉE BIOLOGIQUE

qu'elle est généralement comprise entre 50 et 60 |xg Cd/d. Cependant,


dans certaines régions, elle n'est en moyenne que de 6 jxg Cd/d, alors que
dans d'autres régions plus contaminées, elle peut atteindre en moyenne
87 |xg Cd/d (10, 27). Ceci correspond donc à des assimilations moyennes
effectives de 0,30 et de 5,22 (ig Cd/d respectivement, soit en général
une assimilation effective de 2,5 à 3,6 jxg Cd/d qui sont retenus par
le corps (10, n, 27). Au japon, par contre, ces moyennes seraient
beaucoup plus élevées (27).
b) Assimilation par la voie respiratoire. — Pour la plupart des personnes,
si l'on ignore l'apport dû aux cigarettes, la nutrition constitue la source
principale d'intoxication par le cadmium. Mais dans des régions indus
trialisées où la teneur en cadmium de l'atmosphère est élevée, l'assimi
lation effective de ce métal dans le corps par la voie respiratoire devient
plus importante que par la voie digestive. En effet, le taux d'assi
milation du cadmium par les poumons est supérieur à celui du tractus
gastro-intestinal (27, 35). En effet, le cadmium atmosphérique se
trouvant dans l'air ambiant sous forme de minuscules particules
respirables, on estime à environ 40-50 pour 100 la proportion de ce
dangereux métal assimilé par le corps au travers des poumons (n, 27).
Ainsi, aux États-Unis ou en Europe, un non-fumeur assimile effective
ment environ 0,0003-0,138 |j.g Cd/d à la campagne, 0,006-2,24 pLg Cd/d
dans une zone urbaine, et 0,03-16 (j.g Cd/d dans une région industriali
sée (27). Il convient d'ajouter à ces valeurs environ 2 (jtg Cd/d pour une
personne fumant un paquet de cigarettes par jour (n, 27). Cependant,
ces valeurs ne sont pas très élevées comparativement à celles obtenues
lors d'expositions professionnelles. Par exemple, en travaillant 6 heures
par jour dans un local où la teneur en cadmium serait de 50 |j.g/m3, une
personne respirerait ainsi environ 250 pg Cd/d. Ceci correspond à une
assimilation effective par les poumons, donc à une rétention dans le
corps, d'environ 100 à 125 [ig Cd/d.
c) Assimilation globale (rétention totale). — Nous venons de voir
que dans des régions non polluées, la nourriture et le tabagisme consti
tuent les deux principales sources d'assimilation de cadmium.
En Europe et aux USA, l'Homme absorbe au total en moyenne entre
6 [ig Cd/d s'il s'agit d'un non-fumeur vivant dans les meilleures conditions
(6 |xg ingérés et 0,0008 ptg inhalés) et 132 ng Cd/d pour une personne
fumant un paquet de cigarettes par jour, vivant à proximité d'une source
de pollution cadmique et mangeant une nourriture contaminée (5 |*g
inhalés avec la fumée, 40 |j.g inhalés en respirant l'air contaminé, et
87 fig ingérés avec l'eau et la nourriture contaminées). L'absorption
quotidienne peut se révéler encore plus élevée dans certaines circons
tances particulières. Dans quelques contrées japonaises où le sol est
fortement contaminé, les indigènes, qui se nourrissent entre autres de
leur production locale de Riz, absorbent même jusqu'à 600 (xg Cd/d.
En Europe et aux États-Unis, au total, une personne assimile donc
J. GOTTOFHEY. PROBLÈMES DU CADMIUM II

effectivement, selon ses habitudes alimentaires, son lieu de résidence et


son statut de fumeur ou non, entre 0,3 fxg Cd/d (0,30 (j.g dû à la nourriture
et à l'eau, et 0,0003 f^g dû à l'air) et 23,22 jxg Cd/d (5,22 jxg dus à la
nourriture et à l'eau, 16 [xg dus à l'air et 2 \ig dus à la cigarette) qui sont
retenus par le corps. Pour les personnes exposées professionnellement
aux fumées ou poussières cadmifères, ces moyennes peuvent évidemment
être encore plus élevées. Pour la majorité de la population, cette assimi
lation effective ou rétention équivaut en moyenne à 2,5-3,8 [j.g Cd/d chez
les non-fumeurs, et environ le double chez les fumeurs. 2,5 à 3,6 [xg sont
dus à l'alimentation, 0,02 (à la campagne) à 0,16 [ig (en ville) est dû à
l'air, et 2 jxg par paquet de cigarettes sont dus au tabagisme (10, n).
Le foie et les reins, comme nous le verrons plus tard, sont les principaux
organes de stockage de ce cadmium assimilé. Ce dernier s'y trouve
fortement lié à une petite protéine appelée métallothionine (3).
d) Excrétion. — L'Homme excrète le cadmium presque exclusivement
par la voie urinaire. Normalement, la quantité éliminée ainsi du corps
est inférieure à 2 [xg Cd/d. Mais chez des travailleurs professionnellement
intoxiqués, l'excrétion de cadmium avec l'urine peut être beaucoup plus
importante : jusqu'à plusieurs centaines de jxg Cd/d.
D'autre part, dans les selles, il est très difficile de déterminer avec
précision quelle proportion de cadmium provient directement de la
nourriture sans avoir été effectivement assimilée par l'organisme, et
quelle proportion a réellement été excrétée. Néanmoins, malgré la
difficulté d'évaluation, il semble que l'excrétion de cadmium par voie
fécale soit beaucoup moins importante que par voie urinaire.
Enfin, les quantités de cadmium excrétées via la peau, les cheveux,
la sueur, la salive et le lait maternel sont négligeables comparativement
aux autres voies (27).
Nous constatons donc que le cadmium est assimilé par le corps humain
en bien plus grandes quantités qu'il n'y est éliminé.
e) Demi-vie biologique du cadmium. — De nombreuses observations
suggèrent une longue demi-vie biologique pour le cadmium assimilé par
l'Homme. On estime en effet que cette période est comprise entre 10 et
40 ans (n, 20, 28, 35).
On constate donc que le cadmium est très long à être éliminé de
l'organisme. Par conséquent, ce toxique cumulatif est très dangereux
pourl'Homme (17, 28). Normalement, à la naissance l'Homme ne possède
pas de cadmium. Mais tout au long de sa vie, ce toxique sera accumulé
continuellement par petites quantités jusqu'à atteindre des niveaux
critiques pouvant entraîner de l'hypertension par exemple (37).

2.1.2. Répartition du cadmium dans le corps humain.


Le cadmium est accumulé avec l'âge dans l'organisme. Au total, le
corps d'un adulte de 5 o ans vivant aux États-Unis, par exemple, contient
12 ANNÉE BIOLOGIQUE

environ 30 mg de cadmium (10). Mais chez des travailleurs exposés


professionnellement à ce métal, on peut en trouver jusqu'à plus de
1.200 mg (27).
Évidemment, le cadmium n'est pas distribué uniformément dans
l'organisme. Certains organes en accumulent beaucoup plus que d'autres.
Ainsi, près de la moitié du cadmium total contenu dans le corps humain
est concentré dans le foie et les reins (14, 20, 25). En effet, ces organes
contiennent normalement, à eux seuls, environ 50 pour 100 de tout le
cadmium accumulé dans l'organisme (10, n, 27, 43, 44). Mais parfois
on peut y trouver jusqu'à 75 pour 100 du cadmium total (10, n, 44).
Chez des personnes longtemps exposées à des fumées ou poussières
cadmifères, tels des ouvriers de l'industrie chimique ou des fumeurs,
les deux organes où l'on rencontre les plus fortes concentrations de
cadmium sont alors les reins et les poumons (27).
De plus, on a remarqué que les teneurs en cadmium des divers tissus
humains (reins, poumons, foie...) sont plus élevées chez les fumeurs
que chez les non-fumeurs (27).
Environ 30 à 35 pour 100 de tout le cadmium assimilé par le corps
humain sont stockés dans les reins (n, 20, 27, 35, 44), et principalement
concentrés dans les cellules tubulaires du cortex rénal sous forme d'un
complexe métallothionine-cadmium (20). Chez les fumeurs, on estime
que près de la moitié du cadmium rénal est due au tabagisme. En effet,
le cortex rénal des fumeurs contient en moyenne 31,1 ± 1,63 ppm de
cadmium, tandis qu'on trouve une moyenne de 14,8 ± 1,86 ppm de
cadmium chez les non-fumeurs (3). Ceci est un des arguments montrant
que le tabagisme double plus ou moins la quantité totale de cadmium
retenu par le corps humain. A partir de mesures similaires, on a pu
estimer à 17,8 mg la quantité totale moyenne de cadmium retenu par
le corps d'un non-fumeur, et à 37,8 mg celle d'un fumeur (27). Très peu
de temps après une intoxication déjà, la majeure partie du cadmium est
accumulée dans les reins (5 1). L'accumulation progressive et continuelle
de ce toxique dans les reins est probablement responsable de l'hyper
tension croissant avec l'âge. Il en résulte un risque accru d'infarctus du
myocarde ou d'artériosclérose (21, 22). Cependant, il est possible de
trouver des teneurs en cadmium plus faibles que prévu dans les tissus
rénaux de patients gravement empoisonnés par ce métal. Ceci est dû aux
importants dommages subis par les reins qui ont ainsi permis une excré
tion plus prononcée de cadmium par la voie urinaire, d'où baisse possible
de la concentration rénale en cadmium (27).
Pour sa part, le foie contient environ 15 à 25 pour 100 du cadmium
retenu par le corps (27, 44).
La teneur en cadmium des poumons varie fortement suivant qu'il
s'agit d'une intoxication principalement alimentaire ou d'une intoxica
tion principalement professionnelle ou tabagique. Dans le premier cas,
on n'y trouve qu'environ 2 pour 100 de la totalité du cadmium (23, 27).
Dans le second cas, la proportion peut augmenter considérablement
J. GOTTOFREY. PROBLÈMES DU CADMIUM 13

et devenir aussi importante que celle du cadmium stocké dans les reins.
Le sang contient relativement peu de cadmium. La concentration
cadmique normale du sang humain étant en moyenne 0,3 5 j/g Cd/ioo ml,
elle peut devenir plus élevée dans certaines conditions (n, 14, 44).
Dans certaines villes des États-Unis, par exemple, on a mesuré des
moyennes plus importantes. Chez les Hommes vivant à El Paso, au
Texas, la moyenne était de 0,69 jig Cd/ioo ml, tandis qu'à Fargo, dans
le Dakota, elle était de 7,99 [ig Cd/ioo ml (14). D'autre part, la teneur
en cadmium dans le sang des fumeurs est plus élevée que dans le sang
des non-fumeurs (27). Chez des patients intoxiqués, environ 2 pour 100
de tout le cadmium retenu par le corps se trouve dans le sang (27).
Même si des troubles nerveux sont parfois notés lors d'empoisonne
ments, le cadmium ne se fixe qu'en très faibles quantités dans le système
nerveux central (n, 23, 27). Seul 0,4 à 0,5 pour 100 de la totalité du
cadmium retenu dans le corps humain se situe dans le cerveau (23, 27).
De même, le cadmium pénètre assez difficilement dans les os, où on
ne trouve que 2 à 3 pour 100 environ du cadmium total. Cette proportion
peut cependant être plus forte chez des personnes particulièrement
intoxiquées, qui accusent des lésions osseuses très importantes, comme
certains patients touchés par la maladie itaï-itaï (23, 27).
Les muscles peuvent stocker une quantité assez importante de cad
mium, pouvant aller jusqu'à 20 pour 100 environ (27). Mais il ne faut
pas oublier que les muscles représentent environ 40 pour 100 de la masse
totale du corps, soit 20 à 40 kilogrammes. Ceci explique que la concen
tration en cadmium que l'on y trouve soit en fait relativement faible (i i).
Elle est sensiblement égale à celle que l'on peut mesurer dans les intestins
ou dans les poumons.
Le cadmium accumulé dans le cœur ne représente, de son côté,
qu'environ 0,1 à 0,2 pour 100 du cadmium total. Mais si l'on considère
à nouveau le poids (227 à 284 g) que représente cet organe, on s'aperçoit
que la concentration en cadmium de ce muscle est assez semblable à
celle rencontrée dans les autres muscles, bien que très légèrement
inférieure.
Le tube digestif, pour sa part, contient environ 2 pour 100 du cadmium
total, et la peau presque 4 pour 100 (27).
Enfin, on rencontre encore du cadmium dans d'autres organes, mais
en très faibles quantités. Par exemple, environ 0,8 pour 100 de la totalité
du cadmium retenu par le corps se trouve dans le pancréas, et 0,4 pour 100
dans la rate, tandis que i pour 100 est stocké dans les tissus adipeux (27).
Des quantités extrêmement faibles de cadmium peuvent se rencontrer
dans les testicules (n). Mais la présence de ce métal dans cet organe
n'est de loin pas négligeable. En effet, 20 immoles, soit 2,248 mg, de
cadmium (sous forme de sulfate) suffisent déjà à immobiliser les sperma
tozoïdes humains.
Il est intéressant également de considérer les concentrations respectives
en cadmium de divers organes. Les mesures effectuées post mortem sur
14 ANNEE BIOLOGIQUE

cinq patientes atteintes de la maladie itaï-itaï, mais décédées pour une


autre raison, après n'avoir plus mangé de Riz contaminé ni bu d'eau
polluée (23) pendant plusieurs années, sont condensées dans le Tableau II.
Ces valeurs permettent assez bien de comparer l'affinité des divers
organes pour le cadmium qui y est retenu.

TABLEAU II
Affinité des différents organes pour le cadmium.

Organe ppm N

reins 10 41 4
foie 63 132 5
poumons 2.1 - 8 3
cerveau 0.6 1
os 1.1 - 2.8 1
musc les 8.3 - 14 2
tube digestif 2.4 - 12 4
peau 3.9 - 5.1 3
pancréas 45 65 3
rate 6.0 - 6.8 3

N = nombre de cas mesurés

2.1.3. Intoxication dufœtus et risques.


a) Intoxication transplacentaire. — Le transfert placentaire du cadmium
est très faible, mais non négligeable (n, 14). De nombreux examens
ont permis de conclure que ce métal, de même que le plomb ou le
mercure, est transféré de la mère au fœtus. Cependant, le rôle de la
barrière du placenta est plus important pour le cadmium que pour le
plomb ou le mercure (6, 28). Malgré cette barrière, une intoxication
cadmique du fœtus peut se produire. De plus, certains produits syn
thétiques employés pour la tenue du ménage reculent les limites de
défense de l'enfant durant la grossesse et facilitent ainsi l'action du
cadmium sur l'embryon (37).
Des analyses d'absorption atomique ont montré que la présence de
cadmium dans le placenta où il s'est accumulé reflète des concentrations
J. GOTTOKHEY. PnOBLÈMES DU CADMIUM 15

détectables de cadmium dans le sang de la mère et dans le sang de


l'enfant (39). Par conséquent, présent dans le sang fœtal, ce métal se
fixe dans divers tissus, ainsi que des analyses faites sur des fœtus avortés
légalement l'ont confirmé (14, 39).
En moyenne, un fœtus humain contient environ 50 ^g Cd/kg, c'est-à-
dire une concentration de 50 ppb (14). En général, cette concentration
varie entre 32 et 220 ppb (39). Il y a quelques années, des autopsies
faites au Japon sur des fœtus au deuxième trimestre de leur vie prénatale
et dont les mères avaient vécu dans des régions non polluées par le
cadmium ont fourni des renseignements alarmants. Environ 80 pour 100
des foies contenaient du cadmium (en moyenne 113 ppb), de même que
28 pour 100 des reins (avec une moyenne de 50 ppb) et 17 pour 100
des cerveaux (où la moyenne était de 140 ppb) (27). En 1977, on a
même trouvé 5,2 ppm de cadmium dans les côtes et 2,2 ppm dans les
vertèbres des nouveau-nés. Les teneurs en cadmium dans les os des
nouveau-nés examinés étaient environ dix fois plus élevées que celles
trouvées normalement dans les tissus osseux humains (39).
La très grande sensibilité de la plupart des tissus lors de l'organogenèse
explique la vulnérabilité de l'embryon face au cadmium. Ce toxique
entraîne souvent la mort de l'enfant. Cette mort, sans équivoque, est
souvent liée à de sévères malformations, à un arrêt de croissance ou à
une défaillance générale des fonctions essentielles (16, 54^. En consé
quence, vu les risques encourus par l'enfant, il serait logique de prévenir
toute exposition au cadmium pendant la grossesse.

b) Embryotoxicité. — On possède encore très peu d'informations sur


les effets tératogènes du cadmium chez l'Homme. Des études faites sur
126 femmes enceintes ont montré que le poids de 25 pour 100 des
nouveau-nés dont les mères avaient été exposées professionnellement au
cadmium était significativement inférieur au poids normal. Quatre
enfants sur dix-sept dont la mère travaillait dans une fonderie de zinc
présentaient des signes de rachitisme et un retard dans le développement
des dents (27).
Si l'on ne peut qu'espérer voir disparaître ce problème, des connais
sances supplémentaires quant aux effets tératogènes du cadmium chez
l'Homme restent néanmoins souhaitables.

2.1.4. Métallothionine.
Le cadmium fortement accumulé dans le cortex rénal est associé à
une protéine appelée métallothionine (10, 20, 25). Cette petite protéine
contient des groupes sulfurés pouvant retenir des métaux. Elle peut
lier simultanément le zinc et le cadmium qui, ainsi, sont transportés
ensemble (25). On a également pu identifier cette protéine, à laquelle
le cadmium se lie, dans de nombreux tissus humains. Ainsi, on note sa
présence dans la muqueuse du duodénum, dans le foie ou dans les éry
16 ANNÉE BIOLOGIQUE

throcytes, de même que dans des fibroblastes de culture par exemple


(3» 35, 44)-
La fonction biologique de la métallothionine n'est pas encore très
claire, mais il semble que la raison d'être de cette protéine se situe
d'abord dans le métabolisme du zinc (35). De plus, la métallothionine
est vraisemblablement aussi un agent protecteur lors d'intoxications
cadmiques aiguës. En effet, on a remarqué que le cadmium, ainsi que
quelques autres métaux lourds d'ailleurs, induit dans le foie et les reins
la synthèse de métallothionine à laquelle il se lie (3, 35).

2.2. ÉTUDES ANIMALES

De même que pour l'Homme, le cadmium n'a pas de fonction biolo


gique connue et est extrêmement toxique pour les autres Mammifères
ainsi que pour les Oiseaux (27).

2.2.1. Métabolisme du cadmium.


Aucune différence majeure n'est à signaler quant à l'absorption, à
l'assimilation et à l'excrétion du cadmium entre l'Homme et les animaux
expérimentaux.

a) Assimilation effective. — Chez les animaux de laboratoire, un peu


moins de 5 pour 100 du cadmium absorbé par la voie gastro-intestinale
est effectivement assimilé par le corps. Évidemment, ce rapport varie
légèrement suivant les espèces considérées (35, 45, 48). Comme pour
l'Homme, le cadmium assimilé pénètre dans l'organisme en traversant
la muqueuse puis la paroi intestinale. Le reste se lie à la métallothionine
présente dans les cellules de la muqueuse, puis se perd dans la lumière
de l'intestin par desquamation de l'épithélium (45).
Par rapport à l'Homme, la proportion de cadmium effectivement
assimilée par la voie respiratoire est légèrement inférieure chez les ani
maux de laboratoire. Par exemple, environ n pour 100 du cadmium
absorbé sont effectivement assimilés et résorbés par le corps des pou
lets (48).
Comme pour l'Homme, le cadmium résorbé, rapidement transporté
par le sang, possède une forte tendance à s'accumuler dans tout l'orga
nisme des animaux avec une affinité particulière pour les reins et le
foie (3ï, 48).

b) Excrétion. — Chez les animaux, la principale voie d'excrétion du


cadmium est la voie urinaire. D'administrations chroniques sous-cutanées
de cadmium à des Lapins résulte une excrétion par la voie urinaire
d'environ i pour 100 de la dose injectée. Après plusieurs mois d'expo
sition à ce toxique l'excrétion de cadmium via l'urine devient vingt fois
Comptes Rendus du 5e Colloque de Pont-à-Mousson
BIOLOGIE PROSPECTIVE
EDITEURS : MM. GALTEAU, G. SIEST, J. HENNY
Cet ouvrage en 2 volumes rassemble les textes correspondant aux
300 communications scientifiques présentées lors de ce colloque
international. Présente de nombreuses techniques et applications
nouvelles.
• Le Tome 1 traite des Biotechnologies et de la Biologie clinique
(biologie prospective, nouvelles méthodes ; difficultés des nouvel
les méthodes ; matériaux de référence et évaluation des méthodes
et appareils ; évolution des réactifs ; amélioration des techniques
de dosage).
• Le Tome 2 est consacré à la Biochimie, la Physiopatholo-
gie et au diagnostic
(indicateurs de santé, de risque : aide à la décision, applications en
pathologie ; examens de laboratoire chez les animaux ; médica
ments : méthodes de dosage, interférences analytiques et effets
sur les examens de laboratoire).
1983, broché, 1312p.
550 F. Prix Public T.T.C. au 15.09.83
ISBN : 2-225-80033.2

Ouvrage en vente chez votre libraire ou à La Maison du Livre Spécialisé.


B.P. 36- 41353 Vineuil MASSON m

III
TERMITOLOGIA
PIERRE P. GRASSÉ

ToME | | ANATOMIE - PHYSIOLOGIE - REPRODUCTION DES TERMITES


ToME II : FONDATION DES SOCIÉTÉS - CONSTRUCTION
ToME III : Le Tome III traitera des divers comportements, de
l'écologie et de la systématique des Isoptères. A paraître en 1984.

Termitologia, œuvre en trois tomes d'un seul auteur, fait le ques de ces Insectes Sur chaque sujet, il donne son opinion per
point des connaissances sur l'Ordre des Isoptères ou Termites Une sonnelle, fruit de ses travaux et de sa méditation Nombreuses sont
socialisation que, seule l'espèce humaine dépasse, leur confère un les données qu'il avait laissées inédites, qu'il expose dans Termi
intérêt exceptionnel. tologia. -

ces Insectes constituent un univers fermé ou tout est particulier Le caractère unitaire de Termitologia le différencie des ouvrages
Habitants des ténèbres et aveugles, ils n'en sont pas moins les plus collectifs, mosaïques d'articles plus ou moins logiquement liés les
habiles constructeurs du monde animal. uns aux autres, laissant entre eux des lacunes Son unité de présen
Sexualité, modes de reproduction, statut social, défense de la tation et de pensée prend son fondement dans une certaine inte
termitière affectent chez eux une totale originalité Mangeurs de prétation de la nature, qui, souvent, s'écarte des théories act-le
cellulose, ils ont recours, pour la digérer, à des symbiotes variés : ment en faveur.
bactéries. champignons supérieurs, Protozoaires Selon leurs Zoologistes, entomologistes, agronomes (les Termites sont sou
besoins, ils ont la capacité d'utiliser l'azote atmosphérique vent de redoutables destructeurs), pédologues (dans maint pays
Quant à leur éthologie, elle atteint le summum de la complexité tropical l'action des Termites sur les sols est prépondérante). socio
dans l'automatisme. Elle pose une infinité de problemes dont plu logues, philosophes de la nature trouveront dans Termitologia une
mine d'informations d'accès facile et clairement exposée
sieurs ne sont pas résolus. -

Termitologia ne doit pas être compris comme un livre de pure L'illustration de l'ouvrage a été établie avec le plus grand on
érudition, il est tout autre chose Pierre-P. Grassé, dont la première Celles des figures qui ne sont pas dues à l'auteur ont été rigoureuse
publication sur les Termites date de 1923, a étudié par lui-même ment sélectionnées.
presque toutes les manifestations tant physiologiques qu'éthologi

I - 1
- -- n
-5> ſig -- ble .

TOME | |
1982.692 p .
411 fig 59 tableauv '

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J. GOTTOFREY. PROBLÈMES DU CADMIUM 17

plus importante et même davantage. Cette augmentation coïncide


toujours avec des lésions rénales caractérisées par l'apparition de pro-
téinurie (35). Les problèmes rencontrés à propos d'excrétion du cadmium
par les animaux de laboratoire sont donc tout à fait similaires à ceux
dont nous avons parlé à propos de l'Homme.
c) Demi-vie biologique du cadmium. •— Les observations faites sur des
animaux suggèrent une longue demi-vie biologique du cadmium assi
milé par leur organisme. D'après les estimations, chez les Rongeurs,
cette période est en général comprise entre 50 et 250 jours. Mais elle
peut s'étendre jusqu'à plus de 700 jours chez les Singes (35).

2.2.2. Signes cliniques.

Les animaux peuvent être intoxiqués par voie gastro-intestinale ou


par voie respiratoire, ainsi que par injection de cadmium. Mais dans
tous les cas, qu'il s'agisse d'une intoxication chronique ou aiguë, les
conséquences de cet empoisonnement sont, à quelques différences près,
pratiquement les mêmes que pour l'Homme (17). Pourtant, il convient
de signaler un fait nouveau dont certains auteurs ont parlé. Il s'agit
de l'effet controversé du cadmium sur la croissance des animaux
testés (3, 27). Cette influence n'est pas encore certaine, mais nous pensons
qu'elle dépend de la nature du sel de cadmium utilisé, ainsi que la dose
employée. Ainsi, des biologistes ont nourri des Canards colverts adultes
avec des diètes contenant jusqu'à 200 ppm de chlorure de cadmium.
Aucun de ces Canards ne succomba et leurs poids ne présentèrent aucun
changement (53). De même, des diètes contenant 5 ppm de cadmium
n'eurent aucun effet sur la croissance de Souris mâles, tandis que cette
fois la mortalité augmenta. D'autres expériences arrivèrent aux mêmes
conclusions avec des Lapins. Par contre, tandis que des diètes avec
1 5 ppm de cadmium semblent ne pas influencer la croissance des Rats,
on observe une réduction du taux de croissance chez ces derniers avec
une alimentation contenant 50 ppm de cadmium (27). Des retards de
croissance ont ainsi été mentionnés chez de nombreux animaux de labo
ratoire, accompagnant les autres signes tels des dommages rénaux,
des lésions du système nerveux ou des nécroses testiculaires par
exemple (3, 35) ou des désordres métaboliques affectant entre autres les
cycles du calcium ou de l'albumine (21).
Chez les poulets, l'adjonction à leur nourriture de 20 ppm ou plus
de cadmium sous forme d'acétate provoque une diminution de croissance.
Ainsi, après sept semaines, avec 20, 40 ou 80 ppm de ce sel, les poulets
pèsent respectivement 8, 24 ou 64 pour 100 de moins que des poulets
dont l'alimentation est identique mais exempte de cadmium. Les conclu
sions sont les mêmes lorsque l'on remplace l'acétate de cadmium par
du cadmium lié à la cystéine. Par contre, on n'observe encore aucun
effet avec l'adjonction de 40 ppm de cadmium sous forme de sulfure (48).
A:\V BIOL. — T. zxiii, PASC. 1, 1984. i
l8 ANNÉE BIOLOGIQUE

Chez les animaux, comme chez l'Homme, le cadmium peut induire


des lésions osseuses (27). Mais ces dernières ne sont que rarement
mentionnées. Chez le poulet, par exemple, à partir de 5 ppm déjà, on
observe une décalcification de la substance osseuse qui se caractérise
par un ramollissement et une légère flexibilité des os. De plus, on peut
remarquer une forte diminution de la masse osseuse (48).
Lors d'intoxications dues à l'inhalation de fumées ou de poussières
cadmifères, les animaux présentent les mêmes lésions pulmonaires que
l'Homme. Leurs éternuements et leurs toux sont accompagnés de sécré
tions muqueuses et d'inflammations des voies respiratoires supérieures.
D'autre part, même lors d'une intoxication chronique à très faible
dose, le rein est également un organe cible chez les animaux. On y
rencontre le même type de dommages que chez l'Homme. Déjà en admi
nistrant de façon chronique seulement 0,2 ppm de cadmium à des Rats
en leur donnant à boire de l'eau contaminée, des dommages rénaux
apparaissent après deux à trois mois. Ils consistent en un étranglement
des artères rénales et une fibrose diffuse des capillaires. 3 ppm de cadmium
administrés quotidiennement durant 70 jours de la même façon pro
voquent également des dommages tubulaires chez la Souris, ainsi que
des lésions au niveau des glomérules (14, 27). D'autre part, ainsi que
chez l'Homme, un empoisonnement cadmique aigu produit de la même
façon des lésions rénales chez les animaux (27). Enfin, lors d'intoxications
au cadmium, on observe aussi une protéinurie fréquente chez les ani
maux (14).
Le foie semble un peu moins sensible au cadmium chez l'Homme que
chez les animaux. Lors d'intoxication, ces derniers peuvent souffrir de
cirrhoses hépatiques accompagnées de dégénérescences graisseuses et
présentent dans cet organe une production de glucose accrue (14, 27, 43).
De façon analogue à ce que nous pouvons voir chez l'Homme, en
plus de sa propriété de vomitif puissant, le cadmium peut provoquer
des troubles gastro-intestinaux et une perte d'appétit chez les animaux.
Chez le poulet, on observe une hyperkératose de la couche cornée du
gésier (48).
On possède très peu de renseignements sur les effets musculaires du
cadmium chez les animaux. La musculature de poulets intoxiqués par
des doses égales ou supérieures à 40 ppm de cadmium, ingérées régu
lièrement avec la nourriture, devient pâle et même translucide (48).
Les effets du cadmium sur le système cardiovasculaire des animaux,
en particulier les effets hypertensifs, sont tout à fait semblables à ceux
observés chez l'Homme. Que l'intoxication soit chronique ou aiguë,
les conséquences sont les mêmes (3, 14, 27, 43). Par exemple, on a pu
démontrer sur le Rat qu'une administration aiguë de cadmium élève
la pression artérielle et augmente le débit cardiaque (3). Cependant,
toutes les études faites sur des animaux n'arrivent pas aux mêmes conclu
sions. Par exemple, une administration de 0,1 ou de 0,4 ppm de cadmium
(sous forme de chlorure ou de sulfate) chez des Rattes élève la pression
J. GOTTOFREY. PROBLÈMES DU CADMIUM IQ

diastolique d'environ 25 mm Hg en l'espace d'une minute, et ce pour


plus de trois heures, tandis qu'une administration de 0,8 à 3,3 ppm chez
ces mêmes animaux produit une réponse dépressive de même ampli
tude (3). D'autre part, les effets hypertensifs du cadmium peuvent être
directs ou indirects, ou même une conjugaison d'effets directs et indirects.
Lors d'intoxications chroniques au cadmium, les conséquences sut
la tension artérielle sont plus constantes. Par exemple, une administration
hebdomadaire de 2. ppm de cadmium sous forme d'acétate durant
18 semaines provoque une augmentation de la pression systolique et
de la pression diastolique chez le Chien. La même expérience effectuée
avec des Lapins aboutit également à une hypertension après 6 à
8 semaines (3).
Des lésions cardiovasculaires histologiques ne sont en général pas
évidentes (21). Mais on a pu démontrer que non seulement des intoxica
tions cadmiques chroniques peuvent inhiber la croissance du cœur,
mais qu'en outre elles peuvent effectivement induire une atrophie
cardiaque (43). Ces intoxications sont aussi responsables d'artériosclé
rose (14).
Nous avons déjà mentionné précédemment que les animaux intoxiqués
par le cadmium, à l'instar de l'Homme, présentaient une légère
anémie (25, 27, 43).
Des expériences faites sur des animaux de laboratoire ont apporté de
nombreux renseignements intéressants à propos des effets du cadmium
sur l'appareil reproducteur mâle. Ce métal cause des dommages aux
testicules de nombreux animaux (12, 25, 27). Lors d'intoxications au
cadmium, on note un ralentissement de la spermatogenèse, une baisse
du taux d'AMP cyclique dans la prostate, et, surtout lorsqu'il s'agit
d'intoxications aiguës, une nécrose testiculaire (43). On a constaté chez
le Rat que les dommages sont d'abord localisés dans Pendothélium des
vaisseaux sanguins testiculaires puis sont suivis par la destruction de
l'épithélium séminifère (12).
On observe un comportement anormal chez les Poissons intoxiqués
par du cadmium. Ce métal provoque chez les Perches des mouvements
natatoires désordonnés, irréguliers, sans coordination, des spasmes
musculaires et des convulsions suivis d'une perte de l'équilibre avec
des périodes de tranquillité et même de paralysie. Ce comportement
anormal suggère que le système nerveux est le siège des dommages.
Un autre exemple de la toxicité potentielle du cadmium pour le système
nerveux central nous est fourni par le Chat. En effet, une administration
ionophorétique, c'est-à-dire au moyen d'un courant continu, de cadmium
dans le cortex cérébral ou dans la substance même du cerveau du Chat,
produit une baisse marquée de ses influx nerveux spontanés (42).
Ainsi donc, des administrations aiguës de cadmium peuvent avoir
des effets toxiques sur le système nerveux. Une ingestion chronique de
cadmium peut également être la cause de désordres neurologiques (14).
D'autre part, il est intéressant de noter que, chez les Rats et les Lapins,
20 ANNÉE BIOLOGIQUE

le traitement de nouveau-nés avec du cadmium produit des dommages


au niveau du cerveau et du cervelet, tandis que les adultes sont résis
tants (27).
Au niveau histologique enfin, l'injection sous-cutanée chez des Rats
nouveau-nés de 4 ppm de cadmium sous forme de chlorure provoque
des lésions hémorragiques dans le cerveau (43).
D'autres symptômes moins fréquents, rencontrés parfois chez
l'Homme, peuvent également être observés chez les animaux, à savoir
des caries, ou des troubles fonctionnels du pancréas et des glandes
surrénales (27).
En outre, on pense que le cadmium induit des cancers chez les ani
maux, en général à l'emplacement des injections (27).
Le zinc est un catalyseur très important pour de nombreux systèmes
enzymatiques (21). Les problèmes concernant les effets inhibiteurs du
cadmium sur les enzymes contenant des groupes — SH sont donc les
mêmes pour les animaux que pour l'Homme.
Finalement, nous constatons donc, qu'aux doses près, les effets du
cadmium sur les animaux sont très semblables aux effets observés à
propos de l'Homme.
2.2.3. Doses létales.
Chez les animaux, comme chez l'Homme, lors d'empoisonnements
aigus par inhalation de fumées ou de poussières cadmifères, un œdème
pulmonaire peut survenir quelques heures et au plus tard trois jours
après l'inhalation. En cas d'empoisonnement grave, la mort par anoxie
peut en résulter (30).
Des Souris recevant en s'abreuvant 3 ou 300 ppm de cadmium sous
forme de chlorure accusent des taux de mortalité de 7 et de 26 pour 100
respectivement (27).
Suite à de nombreuses expérimentations animales, il est évident que
la tolérance au cadmium présentée par les animaux varie énormément
suivant les sels utilisés et les espèces en question (4). Quelques doses
létales pour le Rat lors d'administrations gastro-intestinales sont données
ci-dessous :
substance : cyanure de cadmium dose létale LD^, : 16 ppm
chlorure de cadmium 88 ppm
iodure de cadmium 222 ppm
acétate de cadmium 333 ppm
sulfate de cadmium 357 ppm
nitrate de cadmium 397 ppm
carbonate de cadmium 659 ppm
sulfure de cadmium > 5.000 ppm
poudre de cadmium (métallique) 2-33° PPm
Lors d'intoxication par voie intra-péritonéale, la dose létale LD50 chez
le Rat pour l'acétate de cadmium est de 74,9 ppm. S'il s'agit d'une
injection intra-musculaire, elle vaut 25 ppm pour le chlorure de cadmium.
J. GOTTOFREY. PROBLÈMES I)L' CADMIUM 21

Tandis que cette dose létale LD50 est de 88 ppm pour l'acétate de cad
mium administré oralement chez le Rat, elle vaut 63 ppm chez le Cobaye
et 5 ppm chez la Souris dans les mêmes conditions (27).

2.2.4. Répartition du cadmium dans le corps.


Durant ces vingt dernières années, de nombreuses études ont montré
que le cadmium peut affecter des tissus d'origine endodermique, méso-
dermique et ectodermique (21). Les animaux exposés soit de façon
aiguë, soit de façon chronique au cadmium accumulent ce métal dans
pratiquement tous les tissus. Mais les concentrations cadmiques des
divers tissus, très variables, dépendent du type d'intoxication et varient
en fonction du temps (35, 36). En général, les plus fortes teneurs en
cadmium se rencontrent dans les reins, le foie, la rate, le pancréas et
les testicules (35).
Plus de la moitié du cadmium effectivement assimilé est retenu dans
les reins et le foie. On trouve dans ces organes des dommages fonctionnels
et histologiques évidents (10, n, 14, 35, 36, 43, 53).
Une étude intéressante a été faite sur des Vaches, des Porcs et des
poulets de race Leghorn. Ces animaux ont reçu par la nourriture jusqu'à
13,1 ppm de cadmium par rapport à leur ration quotidienne sous forme
de chlorure durant trois mois pour les Vaches et les Porcs et durant
six mois pour les poulets. Pendant toute la durée de l'expérience, les
reins et le foie de ces animaux furent les principaux organes à stocker
le cadmium et la concentration de ce dernier ne cessa de s'accroître
proportionnellement à la dose administrée. Chez les Vaches, la teneur
en cadmium continua encore à augmenter légèrement durant les trois
mois qui suivirent la fin de l'administration chronique de cadmium,
bien que leur nourriture fût alors exempte de ce métal lourd. Cette
observation indique que les autres tissus peuvent aussi mobiliser et
redistribuer le cadmium. D'autres poulets reçurent les mêmes diètes
enrichies en cadmium durant six semaines, puis leur alimentation fut
à nouveau non contaminée. Aucune diminution du taux de cadmium
dans les reins et le foie de ces poulets ne fut observée durant les sept
semaines qui suivirent la fin de leur intoxication (42).
Chez pratiquement tous les animaux traités au cadmium, une concentra
tion exceptionnelle de ce métal est observée dans le cortex rénal (35, 42).
Les reins accumulent le cadmium beaucoup plus lentement que le foie.
Le cortex rénal continue de concentrer ce toxique longtemps après la
saturation de tous les autres tissus. On observe même une diminution
de la teneur en cadmium de certains organes tandis que la concentration
cadmique du cortex rénal n'a pas encore atteint son maximum (35).
Excepté les reins, le foie est le principal organe de stockage du cad
mium. C'est même un organe d'accumulation plus important que les
reins sitôt après une exposition au cadmium. Chez le Rat, par exemple,
le cadmium s'accumule rapidement durant les dix premiers jours qui
22 ANNKE BIOLOGIQUE

suivent l'intoxication. Puis, tandis que la concentration cadmique des


tissus rénaux continue de s'accroître, le taux de cadmium dans le foie
diminue entre le dixième et le cent cinquantième jour. La concentration
cadmique dans les reins dépasse celle mesurée dans le foie vers le ving
tième jour après l'intoxication. Suite à une injection intraveineuse ou
intra-péritonéale chez certains animaux, le taux du cadmium dans les
tissus hépatiques peut même être plus élevé que dans les reins durant
plusieurs semaines (35).
Rappelons qu'une dose de 20 ppm de cadmium dans la nourriture
correspond après une intoxication chronique de sept semaines à une
concentration cadmique dans le foie de poulet égale à 12,6 ppm, tandis
qu'après onze mois elle serait de 26 à 36 ppm (48). Finalement, il se
révèle que le cadmium est encore plus concentré dans les reins que dans
le foie. Par exemple, on peut trouver de 0,0 1 à 7,8 ppm de cadmium
dans les reins du Chat, tandis que le foie en contient de 0,01 à 3,1 ppm
et les muscles de 0,01 à 0,08 ppm (36).
Chez les Poules adultes, la plus forte teneur en cadmium se rencontre
également dans les reins, suivie des concentrations trouvées dans le foie,
puis les os, les plumes, et enfin les muscles (48). Lors d'intoxications
alimentaires chroniques, les teneurs en cadmium de ces divers organes
sont proportionnelles à la durée de l'intoxication et à la dose de cadmium
ajoutée à la nourriture. Ainsi pour une dose de 20 ppm de cadmium
dans la nourriture, on trouve après sept semaines environ 24,7 ppm de
cadmium dans les reins, 12,6 ppm dans le foie, 0,7 ppm dans les plumes,
0,6 ppm dans les os et 0,1 ppm dans les muscles. Avec une dose de seule
ment 2 ppm de cadmium dans la nourriture, on en trouve après onze mois
environ 32 ppm dans les reins, 3 ppm dans le foie, 0,2 ppm dans les
plumes, 0,1 ppm dans les os, et 0,1 à 0,2 ppm dans les muscles (48).
Comme nous venons de le mentionner, le cadmium a une prédilection
pour le foie et les reins, mais son dépôt n'est pas restreint à ces seuls
organes.
Comme pour l'Homme, lors d'exposition à des fumées ou poussières
cadrnifères, ou lors de l'administration d'un aérosol aqueux de chlorure
de cadmium, une forte concentration cadmique est initialement localisée
dans les poumons. Cette concentration décroît rapidement durant les
premiers jours qui suivent l'intoxication et le cadmium se dirige alors
vers le foie et les reins où il est stocké. Une partie de ce cadmium est
également accumulée dans les autres organes, mais en quantités moins
importantes. Ainsi, un Chat exposé durant deux heures à une poussière
riche en sulfure de cadmium présentait après quatre heures 2,1 mg de
cadmium dans ses tissus dont 93 pour 100 dans les poumons et 7 pour 100
dans le foie, tandis qu'un autre Chat exposé durant une demi-heure à
une fumée d'oxyde de cadmium très concentrée a accumulé après
cinq heures 5,4 mg de cadmium dans son organisme dont 46 pour 100
dans les poumons, 35 pour 100 dans le foie, n pour 100 dans les reins
et 8 pour 100 ailleurs. Enfin, un Chat exposé durant vingt minutes à
J. GOTTOK11EV. PNOKI.ÈMliS 1)11 CADMIUM 23

de la poussière fortement contaminée en oxyde de cadmium possédait


après un mois encore 2,1 mg de cadmium dans son corps. Il n'y en avait
plus que 12 pour 100 dans les poumons, tandis que 26 pour 100 se
trouvaient dans les reins, 23 pour 100 dans le foie, 19 pour 100 dans
les os et les 20 pour 100 restants étaient répartis dans les autres organes.
Le sang animal contient relativement peu de cadmium et ne présente
guère de différences par rapport au sang humain quant à sa capacité de
concentrer ce métal lourd.
Chez l'Homme, le cadmium ne pénètre pas facilement dans le cer
veau (27). Le système nerveux central n'accumule que des traces de
cadmium, lequel est d'abord associé dans le cerveau à la pie-mère et aux
plexus choroïdes (35). Rappelons à cette occasion que la pie-mère
appelée aussi leptoméninge est une fine enveloppe cérébrale molle
richement vascularisée, située à la surface du système nerveux central.
Les plexus choroïdes, eux, sont des digitations vascularisées qui plongent
dans les cavités ventriculaires du cerveau et participent à la sécrétion
du liquide céphalorachidien.
Le cadmium pénètre dans le cerveau des fœtus avec plus de facilité
que dans celui des adultes. Cependant on a pu démontrer que même
chez les adultes ce toxique peut franchir la barrière sang-cerveau (43).
Le taux de cadmium dans les os des animaux est normalement inférieur
à i ppm. Ce métal n'est effectivement que peu accumulé dans les tissus
osseux (27, 32, 42, 48). Les lésions osseuses observées sont certainement
des effets secondaires aux lésions rénales et peut-être associés à des
troubles du métabolisme de la vitamine D. En effet, par suite de ces
lésions rénales, le métabolisme phosphocalcique se trouve perturbé (27).
La concentration de cadmium dans les muscles est généralement
un peu plus faible encore que dans le cerveau ou les os. Malgré cela,
vu l'importante masse musculaire totale, une proportion importante du
cadmium retenu par l'organisme se trouve accumulée dans ceux-ci. On
a mesuré la quantité de cadmium dans les muscles de nombreux animaux
de laboratoire tels que Rats, Souris, poulets, etc. (10, 35, 42, 48). Grâce
à ces mesures, on a pu constater que le cadmium était plus facilement
accumulé par les muscles squelettiques (35). Chez des poulets nourris
avec une alimentation contaminée par 20 ppm de cadmium, tandis que
la concentration cadmique des muscles vaut en moyenne 0,74 ppm après
onze mois, les muscles des cuisses accusent une teneur d'environ 0,84 à
1,20 ppm de cadmium, tandis que seulement 0,37 à 0,54 ppm sont stockés
par les muscles pectoraux (48). En comparaison, rappelons que le foie
en contient alors 26 à 36 ppm.
On a également détecté du cadmium dans le système cardiovasculaire
d'animaux intoxiqués par injections. Le cadmium se trouve alors associé
au myocarde et à la paroi des principaux vaisseaux sanguins (35).
Chez les animaux, le tube digestif et ses glandes annexes peuvent
contenir une quantité assez importante de cadmium (10, n). La Caille
nourrie avec une alimentation contenant jusqu'à i ppm de cadmium
24 ANNÉE BIOLOGIQUE

accumule ce toxique principalement dans le duodénum, le foie et les reins.


La relation logarithmique entre la dose administrée et la concentration
résultante dans ces trois organes est linéaire. La proportion de cadmium
retenu dans le duodénum est considérable, elle est même plus importante
que dans les reins ou le foie (19).
Des administrations intraveineuses de cadmium radioactif ont permis
de constater que ce métal s'associe à la muqueuse du tube digestif, et
plus particulièrement dans le côlon et dans les régions sécrétrices (35).
On peut également trouver des traces de cadmium dans la peau, le
pancréas, la rate, les tissus adipeux, ainsi que dans les testicules. Du
cadmium a aussi été détecté dans les glandes mammaires de Souris
et dans les plumes de poulets (35, 48).
Enfin, on peut ajouter qu'en additionnant 10 ppm de cadmium sous
forme d'acétate à la ration quotidienne de nourriture pour des Poules,
aucune influence sur la ponte n'est visible. Mais on observe une concen
tration cadmique de 0,04 ppm dans les œufs, soit environ quatre fois
plus que la normale. Alors que dans l'albumine la concentration cadmique
est inférieure à 0,01 ppm, elle atteint 0,10 ppm dans le jaune de l'œuf.
Vers la fin de la période de ponte, la coquille des œufs devient moins
stable (53).
Les œufs de Cane colvert accumulent également du cadmium lorsque
l'on ajoute à leur nourriture ce métal sous forme de chlorure. Mais avec
une dose de 200 ppm de chlorure de cadmium la ponte est alors suppri
mée (53).
2.2.5. Embryotoxitité.
a) Intoxication d'embryons. — Comme pour l'Homme, on a pu démontrer
que le cadmium administré à des animaux de laboratoire est déposé dans
le placenta et dans les tissus embryonnaires, lorsqu'il s'agit de femelles
portantes (39). Chez des femelles de Hamster doré, on a même remarqué
à l'aide du cadmium — 109 que cet isotope radioactif traverse aisément
le placenta durant les premiers stades critiques de l'organogenèse de
cette espèce (12). Des études chromatographiques ont permis de constater
que le cadmium qui a franchi la barrière placentaire est toujours lié à
une protéine spécifique. Aucun cadmium libre n'est visible dans les
tissus embryonnaires (39).
Grâce à des injections intraveineuses de cadmium — 1 1 5 m sous forme
de chlorure à des Rattes au vingtième jour de gestation, on a pu étudier
la résorption embryonnaire et la distribution du cadmium dans les
organes fœtaux. La répartition du cadmium dans l'organisme de l'em
bryon n'est pas similaire à celle rencontrée chez la mère. Les teneurs
en cadmium radioactif mesurées dans la rate, les os, le cerveau et les
capsules surrénales sont comparativement supérieures aux teneurs
correspondantes rencontrées chez la mère (39).
A tous les stades du développement embryonnaire de Souris et de
Hamsters, on observe une forte accumulation de cadmium dans le léci
J. GOTTOFHEY. PHOBI.ÈMF.S 1)1 CADMIUM 2j

thocoele, homologue du sac vitellin des œufs télolécithes (39). En effet,


ce toxique pénètre dans l'embryon par le lécithocoele puis l'intestin
primitif (i, 8, 13, 34). Chez le Hamster, la fermeture de cet intestin
ayant lieu le huitième ou neuvième jour de gestation, le cadmium admi
nistré à la mère à partir du neuvième jour ne pénètre plus dans l'embryon.
Il en va de même à partir du onzième jour chez la Souris (27, 39). Il est
également possible que le cadmium puisse endommager le placenta.
Ceci pourrait altérer la relation mère-enfant et interférer avec la nutrition
du fœtus (39).
Enfin, à propos des Oiseaux, il est important de savoir que l'accumu
lation du cadmium dans les œufs de Caille s'accroît parallèlement à la
dose administrée à la mère (9).
b) Effets térafogènes du cadmium. — La tératogenèse consécutive à
l'administration de cadmium chez une femelle portante peut être le
résultat d'une action indirecte du cadmium sur le placenta ou sur les
tissus maternels, ou d'une action directe du cadmium sur les tissus
embryonnaires (39).
Chez la Souris, une injection sous-cutanée de 0,2 ppm de cadmium
sous forme de chlorure au septième jour de gestation peut produire
des effets létaux. A partir d'une dose de 0,39 ppm, des effets tératogènes
commencent à se manifester (27). Lorsqu'une injection de cadmium à
une femelle portante a lieu dans les cinq premiers jours de gestation,
la parturition libère des fœtus normaux. La sensibilité de l'embryon au
cadmium commence vers le cinquième jour, c'est-à-dire au moment
de la nidification du blastocyste (39). Un traitement cadmique entrepris
au septième ou huitième jour provoque une exencéphalie. Vingt-
quatre heures après l'injection de cadmium un nombre variable de cellules
neurales sont mortes. A ce moment, la plaque neurale est en train de se
fermer. Chez quelques embryons, on observe même la rupture de la
paroi du tube neural (50). Lorsque les injections de cadmium sont
effectuées entre le quatorzième et le dix-septième jour de gestation les
animaux sacrifiés après vingt-quatre heures présentent des signes impor
tants de nécrose du placenta et de la muqueuse utérine. D'amples hémor
ragies utérines sont observables et nombreux sont les fœtus morts.
Enfin, des injections sous-cutanées uniques de i ou 2 ppm de cadmium
sous forme de chlorure à des Souris inséminées depuis sept jours peuvent
aussi perturber le développement. Les fœtus examinés au dix-huitième
jour, soit onze jours après l'injection, présentent diverses malformations
(atrésie rectale, fente palatine) ainsi que des anomalies squelettiques (39).
Chez le Rat, on obtient déjà des développements aberrants avec une
seule injection intrapéritonéale de 1,5 ppm de cadmium sous forme de
chlorure faite dans les premiers jours de Porganogenèse. Mais à partir
de 1,2 ppm de cadmium déjà, des lésions placentaires peuvent intervenir,
entraînant parfois la mort de l'embryon dans l'utérus (16, 27, 54). Chez
des Rattes portantes ayant reçu une unique injection de sulfate de
26 ANNÉE BIOLOGIQUE

cadmium à la dose de 1-2 ppm de cadmium vers le dixième jour de


gestation, 43 pour 100 des fœtus arrivés à terme présentent des anomalies.
Outre un éventuel retard de croissance, on peut observer une évidente
atrophie musculaire (surtout atrophie et amollissement de la musculature
abdominale, ainsi que des hernies diaphragmatiques), une cryptorchidie
c'est-à-dire une migration incomplète des testicules qui ne parviennent
pas dans le scrotum, des aberrations de l'œil (microphtalmie ou anoph-
talmie) et de l'appareil auditif (oreilles absentes ou bifides), une hydro
céphalie, des malformations des membres et des côtes, une queue bifide,
ainsi qu'une hydronéphrose et une atrésie rectale (i, 8, 13, 16, 34, 39, 54).
Lorsque l'administration de cadmium se fait entre le treizième et le
dix-neuvième jour par une injection de 2,5 ppm de cadmium sous forme
de chlorure, la principale conséquence est une embryolétalité qui atteint
le taux de 50 pour 100 avec une dose de 7,4 ppm. On a remarqué que
le poids du fœtus diminue quand la dose de cadmium s'accroît. Outre
les effets létaux du cadmium et son influence sur la croissance, le pour
centage d'anomalies fœtales est de 4 pour 100 pour une injection sous-
cutanée chez la mère de 2,5 ppm de cadmium sous forme de chlorure.
Cette proportion atteint 50 pour 100 des fœtus, morts ou vivants, avec
une dose injectée équivalant à 4,9 ppm. Enfin, si la dose est de 7,4 ppm
de cadmium, 70 pour 100 des fœtus sont anormaux. Les anomalies les
plus fréquentes sont des malformations faciales. Il s'agit en général de
micrognathies ou de fentes palatines. Les fœtus peuvent également
présenter des pattes difformes à cause de rétractions musculaires ou des
poumons réduits (27, 39).
On a également rapporté des malformations faciales et palatines chez
des embryons de Hamsters traités au sulfate de cadmium par injection
intraveineuse de 1,1 ppm de cadmium chez la mère le huitième jour de
gestation, ainsi que des morts et résorptions intra-utérines (i, 8, 13, 16,
34, 54). De plus, on a constaté que de fortes concentrations de cadmium
peuvent affecter l'appareil mitotique et la structure chromosomique
dans les cellules de cet animal. L'activité mitotique peut même pratique
ment disparaître en présence d'une concentration cadmique d'environ
i ppm (27).
Une eau contenant z mg CdSO,/!, soit 1,1 ppm de cadmium, dans
laquelle se développent des œufs de grenouille, est responsable de la
non-fermeture du tube neural des embryons (27).
Enfin, la mortalité des embryons de poulets est en relation directe
avec l'injection de chlorure de cadmium dans la chambre à air ou dans
le jaune d'œufs fécondés (14, 19). D'autre part, chez un embryon de
poulet au stade 8 à 22 somites, un dépôt sur l'embryon ou une injection
sous le blastoderme de sulfate de cadmium en solution exerce un effet
tératogène. Outre un éventuel retard de croissance et une mortalité en
relation avec la dose, le développement des embryons traités est perturbé,
en particulier dans la région occupée par le sinus rhomboïdal au moment
de l'intervention et éventuellement dans la région postérieure, ainsi que
J. GOTTOFREY. PROBLKMKS DU CADMIUM 2J

du rachis, du tube nerveux et des membres, surtout des ailes, accompagné


parfois de cœlosomie (40, 41).

2.2.6. Métallothionine.
Nous avons déjà vu à propos de l'Homme que le cadmium accumulé
dans son organisme est en général lié à une protéine nommée métallo-
thionine. Il en est de même du cadmium stocké dans le corps des ani
maux (10, 35). Il semble que le cadmium assimilé soit d'abord lié à la
métallothionine dans le foie. Puis, de là, il serait transporté vers les reins
où il s'y concentre surtout dans le cortex. En effet, en injectant dans les
veines de Rats du cadmium lié à de la métallothionine purifiée, on constate
une rapide accumulation préférentielle de ce complexe dans les reins (35).
De nombreuses formes de métallothionine ont été observées dans
divers tissus de plusieurs animaux tels le Rat, la Souris, le Lapin, le
Cheval, la Vache, le Porc, la Poule, la Caille, etc. (9, 35, 42). On rencontre
cette protéine non seulement dans les reins et le foie, mais également dans
de nombreux autres organes tel l'intestin proximal par exemple (35, 45).
On a pu extraire et purifier de la métallothionine à partir du cortex
rénal de Cheval. Cette protéine de bas poids moléculaire contient
5,9 pour 100 de cadmium, 2,2 pour 100 de zinc, et 8,5 pour 100 de
soufre. La forte proportion de soufre est principalement due aux nom
breux groupes cystéine qui constituent près de 30 pour 100 de tous les
acides aminés de cette protéine (35).
La fonction biologique de la métallothionine n'est pas plus claire
chez les animaux que chez l'Homme. Cependant, on a pu contrôler sur
des Vaches, des Porcs, des Poules et des Cailles que le cadmium induit
la synthèse de cette protéine (9, 35, 42). Grâce à la capacité des cellules
hépatiques d'emprisonner le cadmium en le liant à la métallothionine,
la quantité de ce dangereux métal transférée aux œufs se trouve très
restreinte. En effet, le cadmium est alors fortement retenu dans le foie
et les reins, ainsi que dans d'autres organes (9).

2.2.7. Facteurs influençant la toxicité du cadmium.


Des Rats traités par une faible administration de cadmium sont par
la suite plus résistants face à ce toxique. Ceci est peut-être dû à une induc
tion de la synthèse de métallothionine. Par exemple, en pré-traitant des
Rats par une injection intraveineuse de i ppm de cadmium sous forme
de chlorure, on remarque que ces animaux deviennent résistants à une
dose consécutive de 4,5 ppm, dose normalement létale. Cette protection
induite par pré-traitement cadmique dure au plus trois jours, puis diminue
graduellement (27).
En outre, d'autres facteurs peuvent également influencer l'accumula
tion de cadmium dans l'organisme. Par exemple, lorsqu'un animal est
nourri avec une alimentation déficiente en calcium, l'accumulation de
28 ANNÉE BIoLoGIQUE

cadmium dans le foie, les reins, et les autres organes s'en trouve fortement
accrue. Cependant, la distribution relative de ce métal dans l'organisme
ne s'en trouve pas altérée (4, 2o, 24, 26, 35).
Enfin, la vitamine D joue vraisemblablement un rôle dans l'assimi
lation gastro-intestinale du cadmium, ainsi qu'on a pu le constater chez
le poulet, sa carence ayant la même influence qu'un manque de cal
cium (35).

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3O ANNÉE BIOLOGIQUE

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PLASMODIUM Sp. ET DÉGRADATION
DE L'HÉMOGLOBINE :
Mécanisme et relations avec les antimalariques

PAR P. CHARET, C. SLOMIANNY,


G. PRENSIER, S. MOREAU (*)

SOMMAIRE
Pages
i. — INTRODUCTION 31
i. — MISE EN ÉVIDENCE DE LA DÉGRADATION DE L'HÉMOGLOBINE ... 32
5. — SYSTÈME PROTÉOLYTIQUF. DES PI.AX.MODIUM 53
4. — ÉTUDE MORPHOLOGIQUE ET PHYSIOLOGIQUE DU SYSTÈME DIGESTIF . . 38
ÉTUDE MORPHOLOGIQUE DU SYSTÈME VACUOLAIRE j8

5. — DEVENIR DES AMINO-ACIDES LIBÉRÉS LORS DE LA PROTÉOLYSE. . . 44


6. — RELATIONS ENTRE LA DÉGRADATION DH L'HÉMOGLOBINE ET LE MODI.
D'ACTION DKS SCHI7.0NTICIDES SANGUINS (CI ILOROQUINE, QUININE) . . 46
PIGMENT MALARIQUE 46
MODE D'ACTION DE LA CHLOROQUINE 47
CONCENTRATION DE LA CHLOROQUINE 47
COALESCENCE DU PIGMENT 51
7. — DÉGRADATION DK L'HÉMOGLOBINE. ACTION DE LA CHLOROQUINE EN
FONCTION DE LA MATURITÉ DE L'HÉMATIE PARASITÉE 52
g. — CONCLUSIONS GÉNÉRALES 53
BIBLIOGRAPHIE 5;

i. — INTRODUCTION

La croissance de Plasmodititn dans l'hématie nécessite une grande


quantité d'amino-acides indispensables pour les synthèses protéiques.
Ceux-là pourraient être, soit synthétisés par le parasite, soit puisés chez

Cette étude a reçu l'appui financier du programme spécial PNUD/Banque mondiale/


OMS de recherche et de formation concernant les maladies tropicales.
(*) INSERM U. 42, 369, rue Jules-Guesde, 59650 Villenenve-d'Ascq (France).
A»(V BIOL. — T. XXIII, FASC. 1, 1984.
32 ANNÉE BIOLOGIQUE

l'hôte. L'apparition d'une pigmentation noire à l'intérieur du parasite,


consécutive à l'envacuolisation d'une grande quantité de stroma érythro-
cytaire, a tout de suite suggéré au malariologiste l'existence d'une
intense dégradation de l'hémoglobine, la pigmentation observée corres
pondant à l'accumulation de la partie héminique de l'hémoglobine qui
ne serait pas catabolisée tandis que les acides aminés libérés seraient
utilisés par le parasite. Une telle affirmation nécessite que l'on s'appuie
sur des résultats expérimentaux précis. Tout d'abord, il faut s'assurer
qu'effectivement, l'hémoglobine est bien dégradée jusqu'au stade
d'amino-acides, susceptibles d'être incorporés dans les protéines plasmo-
diales, s'assurer, également, que la pigmentation observée correspond
bien à la partie héminique de l'hémoglobine, enfin, vérifier que les acides
aminés libérés sont incorporés dans les protéines plasmodiales. Un grand
nombre de chercheurs se sont attachés à répondre à ces questions. A
titre d'exemple, dès 1911, BROWN tentait d'isoler le pigment malarique
d'hôte infesté par P'. falciparum ; il signalait, alors, la présence dans celui-ci
d'hématine ou ferriprotoporphyrine IX, molécule qui correspond à la
partie héminique de l'hémoglobine. Le problème n'était pas résolu pour
autant, car, comme nous le verrons, d'autres constituants pourraient
être impliqués dans la structure moléculaire de ce « pigment ».
L'objet de la présente revue sera, après avoir rappelé comment on a
pu démontrer que l'hémoglobine de l'hôte est dégradée jusqu'au stade
d'amino-acides, de synthétiser l'ensemble des travaux dont l'objet a été
d'en démontrer le mécanisme. Enfin, nous envisagerons les relations
de ce phénomène avec le mode d'action des schizonticides sanguins et,
plus particulièrement, de la chloroquine.

2. — MISE EN ÉVIDENCE
DE LA DÉGRADATION DE L'HÉMOGLOBINE

Si la présence d'une pigmentation dans Plasmodium suggère une dégra


dation de l'hémoglobine, ce phénomène n'est pas la preuve intangible
d'une hydrolyse de la partie protéique de l'hémoglobine. En effet, ce
pigment pourrait s'apparenter à la formation des corps de Heinz observés
dans les hématies de patients souffrant de certaines anomalies congénitales
de l'hémoglobine. Ces corps de Heinz résulteraient de l'instabilité de
la liaison hémoglobine, entraînant une précipitation de l'hémoglobine
sans aucune protéolyse de la globine.
Il apparaissait alors nécessaire de montrer que l'hématie parasitée
est le siège d'une importante production d'acides aminés et qu'elle
possède des enzymes protéolytiques capables d'effectuer la dégradation
de la globine. Les premiers à avoir envisagé cette étude furent CHRIS-
TOPHERS et FULTON (1938) qui ont mis en évidence, en incubant in vitro
des hématies de Singes parasitées par P. knowlesi, une légère augmentation
du taux d'azote aminé; mais, c'est, en fait, MOULDER et EVANS (1946)
P. CIIARET, C. SLOMIANNY, G.PRENSIER, S. MOREAU. — « PLASMOD1UM SP. » 33

qui ont montré sans ambiguïté que des hématies de poulet, parasitées
par P. gallinaceum, maintenues en survie dans un tampon isotonique
supplémenté en glucose, produisaient une grande quantité d'amino-
acides, détecté par la réaction à la ninhydrine, alors que des hématies
saines ne présentent pas ce phénomène. Ils indiquaient, d'autre part, que
des extraits de parasites, obtenus après libération du parasite de l'hématie
par choc osmotique, étaient capables de protéolyser l'hémoglobine native
et un peu mieux l'hémoglobine dénaturée.
Ces résultats indiquent clairement que la présence du parasite dans
l'hématie entraîne l'apparition d'amino-acides qui ne peuvent provenir
que de l'hydrolyse du stroma de l'hématie ou, hypothèse plus improbable,
de synthèse par le parasite. La présence d'activité protéolytique dans le
parasite est un argument en faveur de la première hypothèse. Ces auteurs
proposent, d'ailleurs, cette solution sans ambiguïté, en précisant que
cette dégradation doit être reliée à un mécanisme énergétique puisque
l'absence de glucose dans le milieu conduit à une réduction de la pro
duction de ces acides aminés.
En 1952, GROMAN confirme ces résultats avec P. gallinaceum et P. knotv-
lesi et précise que la présence du parasite dans l'hématie peut entraîner
une destruction de près de 50 pour 100 de l'hémoglobine contenue dans
celle-ci.
Notons, enfin, que SHERMAN et MUDD (1966), SIDDIQUI et TRACER
(1967) ont dosé les amino-acides libres présents dans des hématies de
Canard parasitées par P. lophurae et comparé cette composition avec
celle des hématies saines. Dans chaque cas, les auteurs ont constaté une
augmentation considérable du taux global d'acides aminés. Cette accumu
lation peut s'expliquer par une dégradation de l'hémoglobine ou par
une concentration par le parasite d'acides aminés provenant du plasma.
Cette ambiguïté a été totalement levée par le travail de CENEDELLA
et coll. (1968) qui ont dosé les amino-acides libérés dans des hématies
de Rat, parasitées par P. bergbei, au cours d'une incubation de celles-ci
dans un milieu exempt d'acides aminés. Ces auteurs ont alors constaté
que le taux d'acides aminés augmentait au cours du temps. D'autre part,
la composition relative en acides aminés libres correspond statistiquement
à la composition de l'hémoglobine, ce qui a conduit naturellement à
conclure que les acides aminés proviennent de la dégradation de l'hémo
globine.

3. — SYSTÈME PROTÉOLYTIQUE DES PLASMODIUM

Pour dégrader une protéine comme l'hémoglobine jusqu'au stade


d'amino-acides il ne faut pas une enzyme protéolytique mais un système
enzymatique comprenant endo- et exo-protéases.
La plus grande difficulté dans la recherche d'un tel système est de
pouvoir discerner si les enzymes identifiées dans des extraits parasitaires
Ajcjt. moi.. — T. xxin, PASC. 1, 1984. 3
34 ANNÉE BIOLOGIQUE

sont effectivement synthétisées par le parasite. Or, l'obtention de parasite


libre de toute contamination est un problème quasiment insurmontable.
En effet, le parasite se trouve à l'intérieur de la cellule rouge qui, elle-
même, baigne dans un milieu riche en d'autres cellules sanguines. Or,
toutes ces cellules possèdent leurs propres enzymes protéolytiques.
Actuellement, il est relativement aisé de séparer la plus grande part
des globules blancs et des plaquettes, par des techniques alliant la
centrifugation et la filtration sur bulles de verre et poudre de cellulose.
En revanche, s'il est également facile de libérer le parasite du globule
rouge par une lyse, il est impossible d'affirmer que le parasite est dépourvu
de contamination de cette cellule, compte tenu qu'il est en train d'en
ingérer une grande partie. Enfin, signalons que l'infestation chez l'animal,
surtout lors d'une évolution naturelle, peut entraîner une augmentation
des réticulocytes, cellules dont l'équipement enzymatique est particulière
ment actif.
Donc, toute étude concernant les enzymes du parasite doit s'accompa
gner de la recherche et de l'étude des mêmes enzymes pouvant se trouver
dans les contaminants éventuels et, tout particulièrement, le globule
rouge. Les enzymes protéolytiques ont été recherchées à partir d'extraits
parasitaires provenant de souches variées de Plasmodium, en vue de
préciser leurs propriétés physicochimiques et leur comportement
vis-à-vis des agents anti-palustres, d'autant que MOULDER et EVANS (1946)
avaient indiqué que la quinine inhibe la production d'amino-acides, au
cours de l'incubation in vitro d'hématies parasitées.
COOK et coll. (1961) ont tenté, les premiers, d'identifier des endopro-
téases à partir de parasites libres (P. knowlesi) obtenus après infestation
de Macacus rhésus et de P. berghei entretenu sur Souris. La mesure des
activités protéolytiques est effectuée par évaluation du taux de dégradation
d'hémoglobine préalablement dénaturée. C'est ainsi qu'ils ont mis en
évidence deux activités endoprotéasiques, l'une présentant un maximum
d'activité à/>H 7-8 et l'autre àpH 3.
L'activité à />H basique, la plus importante, se trouve dans les extraits
parasitaires solubles et insolubles. Bien que le globule rouge normal
présente une activité protéolytique possédant le même pH optimum, les
auteurs concluaient que l'enzyme des extraits parasitaires est d'origine
plasmodiale, en s'appuyant sur le fait qu'elle est inhibée par le diiso-
propylfluorophosphate alors que la protéase globulaire ne l'est pas.
Malheureusement, cette activité n'a été retrouvée par aucun des
auteurs qui, par la suite, ont étudié ces protéases. Seuls, AISSI et coll.
(1983), en utilisant la même méthodologie que COOK et coll., retrouvent
une activité à />H basique. Mais ils montrent également que le système
de mesure conduit à la même réponse en l'absence de substrat. Compte
tenu que seule la nature du substrat permet de définir la spécificité d'une
enzyme, il est possible d'affirmer que l'activité ainsi détectée ne corres
pond pas obligatoirement à une activité endoprotéasique.
En 1973, LEVY et CHOU, comparant l'activité protéolytique de globules
P. CI1ARET, C. SLOMIANNY, G. PRENSIEH , S. MOREAU. — « PLASMOnlL'M Sl>. )l 35

rouges normaux et parasités par P. berghei, révèlent, dans chaque cas, une
forte activité àpH acide, vis-à-vis de l'hémoglobine native, mais l'activité
est beaucoup plus importante dans les hématies parasitées, ce qui leur
suggère l'existence d'une enzyme strictement parasitaire. Ils entre
prennent donc de purifier et de comparer les propriétés physicochimiques
des enzymes responsables de cette activité, leur matériel de départ étant
soit le globule rouge normal, soit le parasite libéré de l'hématie-hôte
(LEVY et CHOU, 1974). Ils constatent alors que les enzymes possèdent
des propriétés qui ne permettent pas de les différencier. Ils obtiennent
les mêmes résultats avec P. falciparum et P. knowlest parasitant des
hématies de Singe (LEVY et coll., 1974).
Les propriétés physicochimiques de ces protéases correspondent
d'ailleurs aux propriétés de la cathepsine D isolée par REICHELT et coll.
(1974), à partir d'hématies humaines. Cette enzyme se caractérise par
une grande spécificité d'action vis-à-vis de l'hémoglobine, àpïi acide, et
elle est remarquablement inhibée par la pepstatine.
Compte tenu de l'importance que peut avoir une telle enzyme dans
le mécanisme de dégradation de l'hémoglobine, les recherches concer
nant cette protéase se sont intensifiées en vue de déterminer son origine.
Ainsi, HEMPELMANN et WILSON (1980) ont étudié la mobilité électro-
phorétique en gel de polyacrylamide de la cathepsine D d'hématies de
Singes normaux et parasités par P. knowlest; ils ont pu ainsi révéler la
présence d'enzymes différentes dans les hématies parasitées. Cela a
conduit ces auteurs à conclure à la présence de cathepsine D spécifique
du parasite.
Un résultat inverse a été obtenu par AISSI et coll. (1983), par une
méthodologie analogue, mais en analysant des extraits enzymatiques
légèrement mieux purifiés. Ils ont, en effet, montré que la protéase acide
se trouve sous des formes moléculaires présentant la même migration
électrophorétique dans les extraits parasitaires de P. joelii nigeriensis et
dans les extraits de Souris normales.
Comme le point isoélectrique d'une protéine est une caractéristique
de sa structure moléculaire, ces auteurs ont également essayé de comparer
la valeur des pHi des cathepsines D de différentes origines. Malheureuse
ment, ils indiquent qu'ils n'ont pas pu déterminer ces valeurs de façon
rigoureuse. Pour expliquer ce fait, ils suggèrent, en s'appuyant sur la
bibliographie concernant les cathepsines, que ces enzymes se trouvent
en équilibre sous plusieurs formes moléculaires. Il leur paraît donc pré
maturé de prendre position quant à l'origine parasitaire de l'enzyme.
Signalons, enfin, que cette enzyme n'est pas particulièrement inhibée
par les antimalariques comme la chloroquine, la primaquine ou la
quinine (LEVY et CHOU, 1974; SHERMAN et TANIGOSHI, 1981; AISSI
et coll., 1983), excepté à des concentrations extrêmement élevées
(GYAND et coll., 1982). En revanche, elle est remarquablement inhibée
par l'hématine qui constitue la partie héminique de l'hémoglobine
(Aissi et coll., 1983). Comme cette partie doit être libérée au cours de
36 AN.1ËE BIOI.Or.10UE

la protéolyse de l'hémoglobine, elle pourrait intervenir dans la régulation


de la dégradation.
En conclusion, en dépit du problème non encore résolu de l'origine
de l'enzyme, il est indéniable que le parasite a, à sa disposition, une
endoprotéase acide capable de dégrader l'hémoglobine native. Il est
même séduisant de penser que, comme elle se trouve dans l'hématie en
présence de son substrat, Plasmodium, en véritable parasite, englobe
l'ensemble et place la cathepsine D dans des conditions favorables à son
action. Mais cette enzyme ne peut, à elle seule, être responsable de la
dégradation de l'hémoglobine jusqu'au stade d'amino-acides. Elle peut
simplement fournir de gros peptides susceptibles d'être alors plus ample
ment dégradés (PONTREMOLI et coll., 1979). Or, comme nous l'avons vu,
l'existence d'une autre endoprotéase basique, décrite par COOK et coll.,
est beaucoup moins certaine. En revanche, GYANG et coll. (1982) (Tab. I)

TABLEAU I
Propriétés des enzymes protéolytiques de P. yoelii nigeriensis
(Aissi et coll., 1983) et P. falciparum (GYANG et coll., 1982).

Sllt . l I dl Mb N.A.N.A. : A.N.A. Hb : N.A.N.A. ...... ;



H.-.« n.U^.ljHe
lio.uuu JSO.OUO , -A). «» I4H.UOO : I/O.tU)

,41l - •0 : S.2-S.J-S.« 4,4!. , 4,i f.0%

-• ' -1 • -i
-i -1

Hb : Hémoglobine, N.A.N.A. : N-acctyl-alanine-4-nitroaniline, A.N.A. : Ala-


ninc-4-nitroanilinc.

signalent qu'il existe, dans les extraits de P.falciparnni obtenus par culture
in vitro, une enzyme capable de dégrader le substrat de synthèse N-acétyl-
alanine-4-nitroaniline, à pH 8. Ces auteurs considèrent cette enzyme
comme une endoprotéase capable de couper des liaisons peptidiques
vraies. AISSI et coll. (1983) indiquent que cette enzyme se trouve égale
ment dans les Plasmodium de Rongeurs, mais ils prennent soin de la
désigner sous le nom d'endoaryl-amidase, en précisant qu'ils n'ont
pas pu mettre en évidence d'activité vis-à-vis de liaison peptidique
authentique. Néanmoins, ils proposent l'intervention de cette enzyme
dans la dégradation de l'hémoglobine, en s'appuyant sur le fait qu'il leur
a été, par la suite, possible de la localiser au niveau du site cellulaire de
dégradation (SLOMIANNY et coll., 1983).
AISSI et coll. (1983) ont également montré qu'une enzyme identique
se trouve dans le globule rouge normal, mais, cette fois, l'isofocalisation
P. CHABET, C. SI.OMIAS.NY, G. PIIENS1EH, S. MOREAU. — « PLASMOUUIM SP. » 37

leur a permis sans ambiguïté de séparer Fen2yme parasitaire à l'état pur


et d'étudier ses propriétés.
En dehors des endoprotéases qui fournissent des peptides, la libération
d'amino-acides à partir de ces derniers nécessite l'intervention d'exo-
peptidases et de carboxypeptidases.
La présence d'aminopeptidase dans les extraits de Pasmodium de
Rongeurs a été rapportée par CHARET et coll. (1978, 1980); par contre,
il ne semble pas exister de carboxypeptidase. L'étude de cette amino-
peptidase a permis de préciser qu'elle est bien d'origine parasitaire et
que, contrairement aux endoprotéases, elle est inhibée par les antimala-
riques comme la chloroquine, la quinacrine et, dans une moindre mesure,
par la quinine. Signalons qu'une enzyme identique se trouve dans
P. falciparum (GYANG et coll., 1982).
Un autre protozoaire, Bahes/a, parasite spécifiquement le globule rouge
mais il ne produit pas de pigment. Aussi, est-il classique de considérer
qu'il ne dégrade pas l'hémoglobine, d'autant qu'il ne semble pas être
le siège d'une protéolyse intense (BARRY, 1982). Dans un but comparatif,
AISSI et CHARET (1981) ont recherché la présence de protéases chez ce
parasite, en utilisant comme modèle B. hylomysd de la Souris.
Dans les extraits parasitaires, ils ont retrouvé la cathepsine D et
l'aminopeptidase. Ces deux enzymes possèdent des propriétés iden
tiques à celles identifiées chez les Plasmodium de Souris. Par contre,
l'activité endoarylamidase est totalement absente.
En conclusion, il est certain qu'avec l'hématie, Plasatodium dispose
d'un système protéolytique complet comprenant une cathepsine D et
une aminopeptidase. Le rôle de Pendoarylamidase reste encore mal
défini, bien que cette enzyme intervienne dans le processus de dégradation
de l'hémoglobine. Nous proposons à cet égard deux hypothèses :

i) L'endoarylamidase est une peptidase vraie et elle intervient directe


ment dans la séquence de dégradation.

Hémoglobine ———:—--»Gros peptides >


Cathepsine D cndopcptidasc

Petits peptides —: :—* Amino-acides + Hème


Aminopeptidase

i) L'endoarylamidase active certains facteurs qui permettent l'action


de la cathepsine et de l'aminopeptidase. Cette deuxième hypothèse
pourrait expliquer le fait que Babesia ne dégrade pas ou peu l'hémoglobine
puisqu'il ne possède pas cette enzyme.

Il s'avérait néanmoins important d'envisager le problème de la dégra


dation sous d'autres aspects. Tout d'abord définir, au niveau cellulaire,
où et quand elle se produit. Les méthodologies ultrastructurales se sont
révélées, à cet effet, des outils précieux.
38 ANNÉE BIOLOGIQUE

4. — ÉTUDE MORPHOLOGIQUE ET PHYSIOLOGIQUE


DU SYSTÈME DIGESTIF

La microscopie optique a permis d'observer un stade particulier du


développement intra-érythrocytaire du parasite appelé trophozoïte,
caractérisé par la présence, à l'intérieur du cytoplasme, de vacuoles
dont l'aspect du contenu semble indiquer une origine érythrocytaire.
L'étude morphologique ultrastructurale devait donc apporter beau
coup d'informations concernant le mécanisme de dégradation de l'hémo
globine. Cependant, il convient de signaler que la visualisation de
vacuoles dans le parasite n'indique en aucune manière quel est le lieu
effectif de la dégradation. En conséquence, une étude morphologique
ne pourra, à elle seule, apporter toutes les réponses aux questions posées.
Pour cette raison, ces études ont été récemment complétées par des
travaux cytochimiques, témoins plus directs de la protéolyse de l'hémo
globine.

ÉTUDE MORPHOLOGIQUE DU SYSTÈME VACUOLAIRE

La synthèse de l'ensemble des travaux de microscopie électronique


conduit à considérer qu'il existe dans le Plasmodium un système vacuolaire
complexe comportant des vacuoles de grande taille, un cytostome et des
vésicules de micropinocytose.
FULTON et FLEWETT (1956), les premiers, montrèrent que les tropho-
zoïtes envacuolisaient de larges portions de stroma érythrocytaire.
RUDZINKA et TRACER (1957) ont appliqué le terme de phagotrophie à
ce type particulier d'endocytose. Dès lors, nombreux furent les auteurs
qui ont confirmé ces observations fondées uniquement sur l'étude de
coupes isolées de ces vacuoles qui ont été nommées « vacuoles nutritives »
(FLETCHER et MAEGRAITH chez P. knowlcsi, 1962; SCALZI et BAHR, 1968,
ainsi que KILLBY et coll. chez P. chabattdt).
Un second mécanisme d'endocytose du stroma a été découvert par
AIKAWA et coll. (1966) puis RUDXINSKA et TRACER (1968) : une structure
annulaire provenant d'une différenciation du plasmalemme parasitaire
serait responsable de l'invagination des membranes externe (plasmalemme
parasitaire) et interne (membrane de la vacuole parasitophore). Ce
micropore ou cytostome a déjà été décrit chez d'autres Sporozoaires
(GARNHAM, 1960, 1962; VIVIER et coll., 1964; CHEISSIN et coll., 1965).
Depuis, cette structure a été observée chez de nombreuses espèces de
Plasmodium (HOWELLS et coll., 1968; SCHOLTYSECK et coll., 1970; VIVIER
et Coll., 1970; PORCHET et Coll., I97i; SlNDEN Ct GARNHAM, 1975;
LANGRETH, 1976; SINDEN, 1978).
Enfin, il existe un dernier mécanisme d'endocytose noté pour la
première fois par RUDZINSKA et coll. (1957) chez P. lophurae. Les auteurs
P. CI1ARET. C. SLOM1A.NNY, G. PRENSIER, S. MOREAU. — (( PLASMODIUM SP. >! 39

ont montré un processus de micropinocytose dont le mécanisme présente


le pincement de petites vésicules sur le pourtour de la vacuole nutritive.
Ce même phénomène existerait également chez P. coatneyi (RUDZINSKA,
1968), chez P. knowksi, P. galllnaceum et P. tynowo/gi, notamment autour
de la vacuole cytostomale (AIKAWA et coll., 1966), chez P. sinrium
(SEED et coll., 1976) ou P.falciparum (TRACER et coll., 1966). Il coexiste
rait avec le cytostome (AIKAWA et coll., 1966; AIKAWA et STERLING,
1974; SEED et coll., 1976).
Toutes ces observations effectuées sur des coupes isolées ne peuvent
pas rendre compte de l'organisation spatiale des différents organites.
D'autre part, elles peuvent conduire à des erreurs d'interprétation.
Aussi, SLOMIANXY et PRENSIER (1982) ont-ils entrepris, à l'aide de coupes
sériées suivies de reconstitution tridimensionnelle, de donner une vue
d'ensemble du système vacuolaire des trophozoïtes de P. chabaiidi. Ils
ont ainsi pu confirmer l'existence simultanée de trois systèmes, en
apportant des précisions importantes (fig. i).

Fig. i. — Montage stéréoscopique d'une série de 45 coupes de P. chabandi montrant


la complexité du système digestif. La flèche indique l'ouverture d'un des tubes
cytostomaux sur le stroma érythrocytaire (le pigment malarique et le contour
des vacuoles cytostomales sont représentés en plein et en pointillé la limite du
parasite).

Tout d'abord, ils ont montré que les grandes vacuoles dites vacuoles
nutritives n'étaient jamais fermées. Comme Cox et VlCKERMAN (1966),
ils considèrent que ces invaginations se forment dans le but d'augmenter
la surface de contact, donc d'échanges, entre le parasite et le stroma
érythrocytaire. Pour avancer une telle hypothèse, ils notent l'existence
sur le pourtour de cette grande invagination et sur la périphérie du
parasite de petites vésicules suggérant la présence d'un phénomène de
micropinocytose (fig. 2).
D'autre part, SLOMIANNY et PRENSIER (1982) ont pu également démon
trer l'existence d'un système cytostomal composé d'un cytostome typique
se prolongeant par un tube contourné pouvant d'ailleurs se ramifier.
40 ANNKE BIOLOGIQUE

Fig. 2. — Schéma des processus d'cndocytosc chez P. cbabaiidi. — Micropinocytosc


sur toute la surface de contact parasite-hôte (plasmalemme et « vacuole nutritive »,
VN) : bourgeonnement de vésicules. — Système cytostomal : à partir du cytostomc
se forme une vacuole cytostomalc (VC) qui s'étend en un tube cytostomal (TC)
à la périphérie du parasite. De l'extrémité distalc de ce tube se détachent des
vacuoles. La membrane interne des vacuoles et vésicules disparait (accolemcnt ou
digestion) et le contenu vésiculairc s'altère pour aboutir à un composé final,
cristallin, le pigment.

Ils ont appelé ce tube, tube cytostomal. Contairement à ce qui avait été
décrit précédemment, ces auteurs n'ont pas observé de vacuoles se
détachant du cytostome comme la simple observation de coupes isolées
pouvait le taire penser (fîg. 2).
Ils ont aussi précisé que le cytostome ne pourrait être qu'une structure
provisoire n'intervenant qu'au début de l'invagination. En effet, il
existe de tels tubes (fréquemment 2 ou plus) sans cytostome, c'est-à-dire
présentant une ouverture sans structure spécialisée, directement dans le
stroma. Il peut également exister plusieurs cytostomes fonctionnels,
comme l'ont décrit THEAKSTON et coll. (1968) chez P. berghei.
La vue d'ensemble du parasite, obtenue par la méthode des coupes
sériées, permet de conclure à la coexistence des trois structures. Cependant,
il semblerait que chez le trophozoïte jeune, la micropinocytose existerait
P. CHARET, C. SLOMIANNY, G. PHENSIER, S. MOREAU. — « IM.ASMonil'M SI'. I) 4!

seule alors que chez le trophozoïte âgé, le système cytostomal prédomi


nerait.
Il restait à préciser dans quelle structure se produit la protéolyse de
l'hémoglobine. Or, s'il n'est pas possible de visualiser directement le
phénomène, il est, par contre, possible d'observer le produit de la dégra
dation et de localiser, par des méthodes cytochimiques, les enzymes
protéolytiques en cause.
L'observation de coupes isolées a montré l'existence, dans le cyto
plasme parasitaire, de vésicules contenant du pigment, considéré comme
le résidu de la digestion. En s'appuyant sur le fait que certaines vésicules
semblent encore contenir du stroma érythrocytaire associé à des struc
tures cristallines imparfaites, certains auteurs ont proposé ces vésicules
comme Porganite dans lequel s'effectue la protéolyse de l'hémoglobine.
Il semble cependant exister une différence entre Plasmodittm d'Oiseaux
et Plasmodium de Rongeurs. Chez les premiers, le phénomène prendrait
place dans une grande « vacuole nutritive » qui, elle, serait fermée
(RUDZINSKA et coll., 1957, 1961, 1968; RISTIC et KREIER, 1964; AIKAWA
et coll., 1966; LANGRETH, 1976; AIKAWA, 1977); chez les seconds, elle
se fait dans des vésicules de petite taille (RuoziNSKA et coll., 1959, 1968;
FLETCHER et coll., 1962; AIKAWA et ANTONOVITCH, 1964; PETERS
et coll., 1965 ; AIKAWA et coll., 1966; Cox et VICKERMAN, 1966; TRACER
et coll., 1966; SEED et coll., 1976). Chez P. cbabaudi la dégradation pren
drait place à la fois dans les vésicules de micropinocytose et dans les
vésicules issues du système cytostomal par un bourgeonnement de
l'extrémité distale (SLOMIANNY et PRENSIER, 1982).
Mais il n'est pas possible de s'appuyer sur ces seules observations pour
acquérir la certitude du lieu de la digestion. En effet, les structures
internes du parasite ne sont pas figées; elles évoluent en permanence et
il est connu que les vésicules pigmentaires fusionnent en vue de former
une vacuole résiduelle qui sera expulsée à la fin de la schizogonie.
La localisation des enzymes protéolytiques peut apporter des indica
tions intéressantes concernant ce problème, leur présence étant une
condition nécessaire pour que s'effectue la dégradation.
SLOMIANNY et coll. (1983) ont ainsi pu localiser, chez P. cbabaudi,
l'aminopeptidase, dont l'existence avait été révélée par des études biochi
miques. Ils ont constaté un marquage au niveau des ribosomes, confir
mant ainsi l'origine parasitaire de l'enzyme, puis au niveau des vésicules
d'endocytose. Plus précisément, le marquage apparaît initialement sur
le pourtour de la vésicule, puis il augmente d'intensité tandis que disparaît
la membrane interne (pi. I). Quand le pigment apparaît nettement cris
tallisé, l'activité enzymatique tend à disparaître.
Ces mêmes auteurs ont également pu révéler, de la même manière,
l'endoarylamidase détectée par Aissi et coll. (1983). Elle se localise au
niveau des ribosomes et des vésicules de micropinocytose, ce qui amène
ces auteurs à conclure à une intervention effective de l'enzyme dans le
mécanisme de dégradation (pi. II).
ANNÉE BIOLOGIQUE

PLANCHE I

/
/

VN

Mise en évidence de l'activité Aminopeptidase, AP.


1. — Jeune trophozoïte (anneau). L'activité AP est détectée au niveau cytoplasmique
et en lisière des vésicules de pinocytose en début de formation (flèche). N, noyau
(X 40.000).
2. — Début de marquage de \'AP sur des vésicules en formation (flèches) (X 70.000).
3. — Évolution du marquage de \'AP (flèches). L'activité cytoplasmique décroît
chez ce trophozoïte moyen. VN, vacuole nutritive ( x 80.000).
PLANCHE II

Mise en évidence de l'activité Endoarylamidase, EAA.


1. — Très léger marquage du cytoplasme parasitaire. Présence d'une activité EAA
dans les vésicules de pinocytose (grandes flèches). Noter le marquage du stroma
érythrocytaire (petites flèches). VN, vacuole nutritive (x 65.000).
2. — Marquage intense des vésicules de pinocytose (flèches). Absence d'activité
des vésicules pigmcntaires dont le cristal est bien formé. VN, vacuole nutritive
(X 75.000).
3. — Témoin. Absence totale de marquage. Noter la légère osmiophilie des cristaux
pigmentaires. RE, réticulum endoplasmique ; TC, tube cytostomal (x 40.000).
4. — Trophozoïte moyen. Baisse générale de l'activ ité EAA. Le marquage du stroma
érythrocytaire est toujours présent (flèches). N, noyau; TC, tube cytostomal
(X 52.000).
44 ANNÉE BIOLOGIQUE

Bien que les informations fournies permettent de supposer que la


protéolyse s'effectue dans les vésicules d'endocytose, il serait nécessaire
de le confirmer par d'autres voies, notamment en tentant de localiser la
troisième enzyme détectée, la cathepsine D.
D'autre part, se pose la question de savoir comment les enzymes
protéolytiques ont pu gagner ces vésicules. La digestion intracellulaire
de substrats exogènes se fait habituellement grâce à l'intervention de
lysosomes contenant des hydrolases qui sont déchargées dans les vési
cules d'endocytose pour former des phagolysosomes. Il était donc inté
ressant de savoir si des structures de type lysosomal existent chez les
Plasmodium.
Une des hydrolases contenues dans les lysosomes est la phosphatase
acide. La mise en évidence de cette enzyme a été réalisée par THEAKSTON
et coll. (1958) et AIKAWA et THOMPSON (1971) qui ont localisé l'activité
phosphatasique au niveau des cisternes du réticulum endoplasmique
ainsi qu'au niveau des vacuoles nutritives de P. bergbei et P. gallinactum.
Les résultats conduisent ces auteurs à admettre l'existence, chez Plasmo
dium, d'un système semblable à un système lysosomal. Par contre,
SCORZA et coll. (1972), utilisant pourtant les mêmes souches, mais une
technique différente, ont été incapables de localiser la phosphatase acide
bien qu'ils aient détecté une aryl-sulfatase, autre enzyme lysosomale.
Ils attribuent cependant à cette enzyme une origine érythrocytaire et
ils concluent à l'absence d'un système lysosomal classique.
L'ambiguïté persiste donc toujours quant à l'existence de lysosomes
chez Plasmodium. Les résultats récents obtenus par SLOMIANNY et coll.
(1982) portant sur la détection de peptidases basiques ou neutres (amino-
peptidase et endoarylamidase) s'opposent à l'existence d'une digestion
après fusion de vésicules. Cela n'est cependant pas une preuve suffisante
et il sera nécessaire d'utiliser de meilleures enzymes marqueurs de
lysosomes telles que les glycohydrolases afin de résoudre le problème.

5. — DEVENIR DES AMINO-ACIDES LIBÉRÉS


LORS DE LA PROTÉOLYSE

La mise en évidence d'une telle dégradation de l'hémoglobine a natu


rellement conduit les malariologistes à penser que le parasite trouve
ainsi le moyen de satisfaire ses besoins en acides aminés.
Néanmoins, cette protéolyse ne représente pas la seule source poten
tielle d'amino-acides. Ii,n effet, il est démontré que le parasite peut puiser
des amino-acides dans le milieu extérieur (SHERMAN, 1977) et même en
synthétiser certains. En conséquence, il s'avérait indispensable de vérifier
qu'effectivement, les acides aminés de l'hémoglobine de l'hôte sont
incorporés dans les protéines plasmodiales.
Dans cet objectif, FITLTON et GRANT (1956) ont marqué in vivo, par la
méthionine 35S, l'hémoglobine de globule rouge de Singe, par la suite
I'. CHARET, C. SLOMIANNY, G. PHE.NSIEH, S. MOKEMJ. — « PLASMODIli.M SI'. )) 45

infesté par P. knoivlesi. Les parasites récupérés présentent un marquage


notable. Une expérience similaire a été effectuée par SHERMAN et TANSIS-
GOSHI (1970) à l'aide de P. lophurae, en utilisant, cette fois, un marquage
de l'hémoglobine par un ensemble d'amino-acides 14C. La radioactivité
est également retrouvée au niveau des parasites. Enfin, signalons que
THEAKSTON et coll. (1970) ont effectué une expérience analogue chez
P. berghei, mais en recherchant le marquage au niveau du parasite par
autoradiographie. Les auteurs utilisaient la Leu 14C comme amino-acide
marqueur. L'autoradiographie a révélé que certains éléments cellulaires
du parasite ont incorporé cet amino-acide.
Si ces expériences démontrent que les amino-acides de l'hémoglobine
sont susceptibles d'être incorporés dans le parasite, elles n'indiquent en
aucune manière si ceux-ci sont puisés directement au niveau de l'hémo
globine, au fur et à mesure des besoins.
En effet, comme GROMAN (195 1) l'avait suggéré, CHARET et coll. (1983)
ont démontré que les acides aminés provenant de la dégradation de
l'hémoglobine sont rejetés en grande partie hors de la cellule-hôte.
En effet, lors de l'incubation dans un milieu isotonique supplémenté
en glucose, d'hématies parasitées par P. berghei, le milieu externe s'enrichit
en amino-acides alors que leur taux reste constant dans la cellule parasitée.
De ce fait, si ce phénomène a lieu in vivo, le marquage observé par
FULTON et GRANT, SHERMAN et TANISGOSHI et THEAKSTON et coll.
peut s'effectuer après passage des amino-acides dans le plasma, compte
tenu du temps écoulé entre le moment de la dégradation et la récupération
des parasites. C'est pourquoi, CHARET et coll. (1983) ont vérifié que le
relargage des amino-acides se produit également in vivo. Pour cela, ils
ont marqué par la Leu 14C l'hémoglobine d'hématies de Souris normales
puis injecté ces hématies à des Souris fortement parasitées par P. chabaudi,
dont l'évolution est pratiquement synchrone, et suivi la radioactivité des
hématies au cours du cycle schizogonique suivant l'injection.
Ils ont ainsi pu montrer que le marquage des hématies diminue dès
l'apparition des trophozoîtes alors que ce marquage reste constant chez
des témoins parasités par Babes/a hylomysd qui, comme le montre BARRY
(1982) et CHARET et coll. (1983), ne dégrade pas l'hémoglobine de façon
notable. Il est donc possible d'affirmer que les amino-acides libérés par
la protéolyse sont en grande partie rejetés hors de la cellule rouge.
L'autoradiographie des hématies parasitées, effectuée au même moment,
indique que le marquage reste localisé au niveau du stroma crythrocytaire
alors que le parasite lui-même ne présente pas ce marquage.
Le rôle de la dégradation massive de l'hémoglobine reste encore
relativement énigmatique. En effet, on ne peut rejeter l'hypothèse nutri
tive sur la seule base de ces expériences. Le parasite peut dégrader de
grandes quantités d'hémoglobine en vue d'assimiler un ou des amino-
acides particuliers, par exemple, compte tenu de la richesse relative de la
globine en histidine, satisfaire ses besoins en cet acide aminé. Enfin,
comme la dégradation de l'hémoglobine par le parasite s'effectue à un
46 ANNÉE BIOLOC.IQUE

stade cellulaire bien particulier alors que l'utilisation des amino-acides


doit se produire à d'autres stades, nous suggérons qu'il utilise le milieu
extérieur dans le but de ne pas perturber l'équilibre osmotique du
milieu dans lequel il se trouve.

6. — RELATIONS ENTRE LA DÉGRADATION


DE L'HÉMOGLOBINE ET LE MODE D'ACTION
DES SCHIZONTICIDES SANGUINS (chloroquine, quinine)

Les processus de dégradation de l'hémoglobine provoquent la forma


tion du pigment malarique.
Le mode d'action moléculaire de la chloroquine n'est pas connu avec
exactitude. Parmi les hypothèses avancées pour expliquer la toxicité
sélective de ce médicament pour le parasite intra-érythrocytaire, la plus
récente fait appel à une interaction entre un constituant du pigment
(hématine) et la chloroquine.
Dans un premier temps, nous examinerons les données en notre posses
sion sur la structure du pigment malarique puis nous analyserons l'inter
action entre hématine et antimalarique.

PIGMENT MALARIQUE

Le pigment malarique, très couramment désigné sous le nom de


hémozoïne, est ce produit brun noir que l'on observe chez le parasite,
au cours du développement intra-érythrocytaire. La nature, la composition
chimique de ce pigment font toujours l'objet d'études. Dès le début de
ce siècle, BROWN (1911) avait fait l'hypothèse que la digestion de l'hémo
globine, par le parasite, rompait la liaison hème-globine et qu'ainsi
l'hémozoïne était essentiellement constituée d'hématine. Cette hypothèse
était confirmée par FULTON et coll. (1953). Cependant, d'autres auteurs
ont montré que l'hémozoïne n'était pas uniquement de l'hématine mais
qu'elle contenait une fraction protéique (DEEGAN, 1956; SHERMAN,
1968). En réalité, la préparation de ce pigment, sa purification, présentent
des difficultés certaines. Il est souvent contaminé par des fragments de
membranes. HOMEWOOD et coll. (1975) ont montré qu'une préparation
purifiée du pigment contenait environ 10 pour 100 en poids d'hématine.
Dans une étude plus récente (YAMADA, 1979) effectuée sur P. lophurae,
des fragments protéiques ont pu être isolés dont l'origine n'est pas
clairement démontrée. Il n'est pas établi, en particulier, s'il s'agit de
polypeptides parasitaires ou provenant de l'hémoglobine. D'autre part,
la nature de l'interaction entre ces polypeptides et l'hématine n'est pas
précisée.
Pour approfondir les relations entre pigment, hématine et dégradation
de l'hémoglobine, il est nécessaire de préciser la nature des espèces
I'. C11ARKT, C. SLOMIA.NNY, G. PREMIER, 8. MOREAU. — « PLA8MODIUM SI'. Il 47

chimiques en jeu et, en premier lieu, de donner un contenu déterminé


à la terminologie employée.
Dans la suite de cet exposé, nous désignerons par hémine le chlorure
de ferriprotoporphyrine IX (fer au degré d'oxydation + 3 complexé à
la porphyrine) et par hématine l'hydroxyde de cette même porphyrine.
Le terme berne est réservé au complexe avec le fer au degré d'oxy
dation -f 2.
Il a été montré que Phémine existe à l'état cristallisé sous forme mono-
mérique et qu'une solution diluée (dans un solvant organique tel que
le diméthyl sulfoxide) conduit à un monomère solvaté (KoNiG, 1965).
En solution aqueuse, l'hémine se transforme spontanément en hématine.
L'hématine, par contre, existe tant en solution aqueuse (!NADA, 1962)
que dans le chlorure de méthylène (COHEN, 1969) sous forme d'un dimère
dont les deux atomes de fer sont hors du plan tétrapyrrolique et liés
par un pont oxygène (SMITH, 1975). Ce dimère est désigné par le terme
dimère [i-oxo. En solution aqueuse, ce dimère forme des agrégats de
très grande taille, même à des concentrations io-«M. L'interaction entre
ces dimcres est fondée sur des liaisons plus faibles, sans doute de nature
hydrophobe (SMACK, 1947; GALLAGHER, 1967).

MODE D'ACTION DE LA CHLOROQUINE

Lorsque des érythrocytes de Souris infestées avec P. berghei sont


soumis à l'action de la chloroquine, on observe deux phénomènes :
1 — une accumulation rapide du médicament dans les cellules infestées ;
2 — une coalescence du pigment malarique associé à la formation d'une
vacuole autophage.
Nous les examinons en dégageant le rôle de l'interaction hématine-
chloroquine.

CONCENTRATION DE LA CHLOROQUINE

L'aptitude que présentent les parasites intra-érythrocytaires à concentrer


des drogues telles que la quinine et la mépacrine fut démontrée dès
1938 (BOCK, 1938). La capacité des cellules de Mammifères à concentrer
ces médicaments est beaucoup plus faible.
MACOMBER et coll. (1966) ont démontré que la chloroquine se concentre
dans des hématies parasitées par P. berghei et qu'une souche chloroquino-
résistante présentait un mécanisme de concentration déficient. FITCH
(1969) analysa plus finement le phénomène. Quand des hématies sont
mises en présence de chloroquine (io~8 M), on constate l'établissement
d'un rapport de concentration en chloroquine (cellule/milieu de culture)
de 600/1 pour des hématies parasitées avec une souche sensible, de 100/1
pour des cellules infestées avec une souche résistante, et 14/1 pour des
cellules non infestées. Ce phénomène est sarurable et dépend des fonctions
4& ANNÉE BIOLOGIQUE

énergétiques de la cellule parasitaire (FiTCH, 1974). Il est stimulé par la


présence de pyruvate, lactate, glucose ou glycérol. Il est possible de
définir une constante d'affinité pour un tel phénomène de (FiTCH, 1972)
(Ka ~ io8 M"1), qui est inhibé par des drogues de la même classe théra
peutique (quinine, amodiaquine, etc.).
La recherche du récepteur de haute affinité responsable de ce phéno
mène a été la préoccupation constante de plusieurs équipes pendant ces
dix dernières années. Trois hypothèses principales ont été émises. La
première proposition émane de HAHN (1975). Cet auteur se fonde sur les
propriétés intercalantes de la chloroquine dans la double hélice du DNA
pour promouvoir le DNA parasitaire comme récepteur de haute affinité.
La deuxième, élaborée par HOMEWOOD et coll. (1972, 1975), utilise les
propriétés basiques de la chloroquine. La diprotonation de cette espèce,
à un />H acide, lui empêche tout passage membranaire. La chloroquine
peut donc se concentrer dans les compartiments acides d'une cellule
Selon ces auteurs, la vacuole digestive présenterait cette particularité. Il
faut se rappeler que ce mécanisme est celui qui est avancé pour expliquer
les propriétés lysosomotropes de la chloroquine (DE DUVE, 1974).
Ces deux propositions présentent quelques écueils. En particulier, la
méfloquine (fig. 3) (excellent anti-malarique) ne s'intercale pas dans la
double hélice du DNA (DAVIDSON, 1977) et elle ne peut donc, selon
cette hypothèse, entrer en compétition pour le site de haute affinité.
Or, tel n'est pas le cas, puisque cette molécule inhibe la concentration de
la chloroquine (FITCH, 1974). D'autre part, il faut atteindre des concen
trations de l'ordre de 10 jj.M en chloroquine externe pour observer une
concentration intralysosomiale (WiBO, 1974; OLIE, 1973). Cela est loin
du phénomène observé chez le parasite puisqu'une concentration de
0,5 [iM est suffisante pour inhiber une souche de Plasmodium falciparum.
Il serait également nécessaire de soumettre ces deux premières hypo
thèses à nos connaissances dans le domaine des relations structures-
activités. Sans entrer dans une analyse poussée et complexe de ces
relations, il est possible de dire que le rôle important joué, en particulier,
par l'atome de chlore (BASS, 1971) n'est pas expliqué dans ces deux
théories.
Récemment, troisième hypothèse, CHOU (1980), reprenant une obser
vation faite dès 1963 (SCHUELER, 1963; COHEN, 1964), selon laquelle
l'hématine interagissait avec la chloroquine, proposait comme site de
haute affinité pour l'antimalarique, l'hématine libérée par action protéo-
lytique du Plasmodium sur l'hémoglobine. La mesure in vitro de l'inter
action chlorcquine-hématine conduisait à une constante de dissociation
du complexe de 3,5 . 10 ~° M1. Cette affinité élevée de la chloroquine pour
l'hématine était également inhibée par des antimalariques tels que
quinine, méfloquine (CHOU, 1980). De plus, cet auteur proposait une
explication simple et séduisante du mécanisme de résistance à la chloro
quine. Les souches chloroquino-résistantes (P. bergbeï), sont moins
pourvues en pigmentation résiduelle (donc d'hématine); elles perdent
P. CHARET, C. SLOMIANNY, G. PRENSIER, S- MOREAU. — (( PLASMODIUM SP. » 49

CHs C2Hg
NH.CH.CH2.CH2.CH2.N

Chloroquine

CH--CH2

CH30

Quinine

Mefloquine

CF3

Fig. 3. — Structure des antimalariques.

donc leur aptitude à concentrer la drogue. Selon FITCH (1983), la chute


de la teneur en pigment est à relier à la chute de l'activité protéolytique.
Ces quelques éléments semblent clarifier la situation et ouvrir une
perspective dans le mode d'action des antimalariques. Cette hypothèse
a servi de base de départ pour les études dans le domaine des antimala
riques et orienté des travaux vers l'analyse de l'interaction chloroquine-
hématine au niveau moléculaire, dans le but d'approcher les relations
structures-activités de cette interaction.
Ainsi, à l'aide de la spectrométrie de Résonance Magnétique Nucléaire,
il a été montré (MOREAU et coll., i98z) que la chloroquine s'intercale
grâce à son noyau quinoléique entre les dimères d'hématine (fig. 4) et
que des forces d'interaction hydrophobes sont responsables de la liaison.
»jtïi. moi.. — T. uni, FASC. 1, 1984. 4
ANNEE BIOLOGIQUE

Fig. 4. — Schéma de Pintercalation de la chloroquine


entre 2 dimèrcs d'hématinc.

On constate également que l'azote de la chaîne terminale ne participe


pas à la liaison (il est pourtant indispensable à l'activité antimalarique);
de même, l'atome de chlore n'est pas directement impliqué dans le pro
cessus.
Cette seule étude montre que l'interaction chloroquine-hématine ne
peut rendre compte de la totalité des données (expérimentales) en notre
possession sur l'activité biologique des schizonticides sanguins.
MOREAU et coll. (1983) ont examiné l'affinité de diverses molécules pour
une hématine greffée sur un gel. Des molécules ne possédant pas une acti
vité antimalarique mais présentant un caractère aromatique ont une affinité
notable pour l'hématine, de l'ordre de grandeur, par exemple, de l'affinité
de la méfloquine (Kd ~ io-6 M1). Il faut conclure que l'interaction
chloroquine-hématine, si elle rend compte de la concentration des anti-
malariques, ne rend pas compte des propriétés biologiques de ces molé
cules. Des études réalisées à l'aide de la spectroscopie ultraviolet ont
montré l'existence d'une interaction entre hématine et divers schizon
ticides (JEARNPIPAKUL, 1980) mais elles ne permettent pas d'accéder à
la géométrie de l'interaction. WARHURST (1981) montre, également par
spectroscopie ultraviolet et visible, une liaison entre l'azote quinuclidique
de la quinine et l'atome de fer de la porphyrine; malheureusement, cette
étude, effectuée dans un solvant organique (le benzène), ne permet pas
de conclure quant à l'existence de cette interaction en milieu aqueux.
FITCH, dans une série de travaux, propose que l'activité antimalarique
soit due à l'accumulation du complexe toxique hématine-chloroquine.
Bien que l'hématine soit plus toxique que le complexe vis-à-vis des
parasites (ORJIH, 1981; FITCH, 1982), il démontre l'existence d'une
substance parasitaire protégeant le parasite de l'action de l'hématine
(BANYAL, 1982) mais non du complexe hématine-chloroquine. Si cette
orientation des travaux est originale et intéressante, elle nécessite, au
préalable, la vérification d'aspects importants et précis.
I'. <;ll\HKT. C. Sl.OMIANNY, G. PHEiNSlER, S. MOREAU. — « PLASMODIUM SP. » 51

En premier lieu, l'existence même très probable de l'interaction chlo-


roquine-hématine in vivo n'a jamais été démontrée et reste un point-clé
de l'ensemble de l'hypothèse. Dans un deuxième temps, l'interaction du
complexe avec les constituants cellulaires devra rendre compte des
relations structures-activités de ces médicaments, mais également de la
diversité du mode d'action des antimalariques (en particulier l'opposition
des molécules type chloroquine et type quinine).
Cet aspect sera examiné dans le paragraphe suivant.

COALESCENCE DU PIGMENT

En 1967, WARHURST montrait que, 30 à 35 minutes après administra


tion de la chloroquine à des Souris infestées par P. berghei, les vésicules
pigmentées dispersées commençaient à fusionner et en 60 à 80 minutes
se rassemblaient en i ou 2 grosses vacuoles. Ce phénomène est désigné
par le terme pigment dumping que nous intitulerons coalescence du pig
ment. Selon des études en microscopie électronique, cette coalescence
de Fhémozoïne se produirait à l'intérieur d'une vacuole qui ressemble
aux vacuoles autophages (MACOMBER, 1967) montrant une activité de
dégradation de l'ARN ribosomal.
Ce phénomène est produit par des drogues de la classe de la chloro
quine (amino-4-quinoléine ou mépacrine) et il est inhibé, par contre,
par des drogues du type de la quinine (WARHURST, 1975). Ces mêmes
drogues ne produisent pas la coalescence du pigment mais plutôt sa
dispersion, sa dissolution (DAVIES, 1973). Il est possible de définir pour
ce phénomène une affinité (Kd ~ 2. io~8 M"1 pour la chloroquine)
(WARHURST, 1975), ainsi que des relations structures-activités (WAR
HURST, 1982). Ces relations sont beaucoup plus restrictives que celles
obtenues pour la concentration dans la cellule rouge parasitée. La présence
de l'atome de chlore en position 7, de même que celle de l'azote terminal
sont indispensables à l'obtention de la coalescence du pigment, comme
ils le sont pour exprimer l'activité antimalarique.
Conclusion : Les relations entre dégradation de l'hémoglobine, hématine
et antimalariques permettent d'apporter une vision nouvelle sur le
mode d'action de ces médicaments. Dans l'état actuel des connaissances,
il nous semble raisonnable de proposer un schéma du mode d'action
des antimalariques dans lequel l'hématine joue un rôle important mais
ne constitue pas la clé unique de l'activité des schizonticides sanguins.
Dans ce schéma (fig. 5) la concentration intra-érythrocytaire des anti
malariques est assurée par l'hématine qui serait donc un récepteur n° i
commun aux molécules du type chloroquine et quinine. La deuxième
étape est une interaction avec des récepteurs (n° 2, etc.) plus spécifiques
de chacune des catégories au niveau de la cellule parasitaire.
Ce schéma hypothétique ne reprend pas les propositions de BANYAL
et FITCH (1982). Il semble, en effet, peu concevable d'imaginer un récep
52 ANNÉE BIOLOGIQUE

teur exigeant des relations structure-activité strictes pour une molécule


dont la plus grande partie est masquée par une interaction avec la por-
phyrine. De même, la substance protégeant le parasite de la toxicité de
la porphyrine pourrait simplement être un constituant du pigment
malarique, d'origine parasitaire.

<",> r
DROGUE DROGUE -R,'
L

R, : Plgrmnt ?, Hëmitin*

Fig. 5. — Schéma hypothétique d'action des antimalariques : R, Récepteur de concen


tration (N° i); R2, Rs, Ri récepteurs spécifiques des diverses molécules antimala
riques (Chloroquine, Quinine, etc.).

Dans ce schéma, l'apparition de la résistance est liée à au moins


2 niveaux : la chute de la concentration en récepteur n° i (ou de son
accessibilité) et des modifications au niveau des interactions avec le
ou les récepteurs n° 2. Les formes de résistances dues à l'intervention
du récepteur n° i laissent prévoir des résistances croisées entre molécules
de type chloroquine et quinine.

7. — DÉGRADATION DE L'HÉMOGLOBINE.
ACTION DE LA CHLOROQUINE EN FONCTION
DE LA MATURITÉ DE L'HÉMATIE PARASITÉE

L'apparition de souche de Plasmodium humain résistant à la chloro


quine a incité les chercheurs à reproduire ce phénomène au laboratoire,
à l'aide de parasites de Rongeurs. C'est ainsi que, dès 1964, PETERS a
obtenu une souche de P. berghei C. R. présentant une résistance considé
rable à ce médicament, en soumettant la souche normale (N) à une pres
sion constante de chloroquine.
Cette souche se différencie de la souche originelle par le fait qu'elle
évolue presque exclusivement dans des réticulocytes et qu'elle présente
une pigmentation beaucoup moins importante (PETERS et coll., 1965).
Contrairement à ce qu'affirmé FITCH (1983), ce phénomène n'est pas
dû à une diminution de la dégradation de l'hémoglobine par le parasite.
Bien au contraire, comme l'ont montré CHARET et coll. (1983), la protéo-
lyse est plus importante dans ce parasite. Cette observation est en corré
P. CIIARET, C. SLOMIANNY, U. PRENSIER, S. MOHEAU. — (( PLASMODIUM SP. » 53

lation avec le fait que le taux de cathepsine D est beaucoup plus important
dans P. berghei C. R. que dans la souche normale (MAHONEY et EATON,
1981 ; AISSI et coll., 1983).
Compte tenu du tropisme que présente P. berghei C. R. pour les
réticulocytes, SLOMIANNY et coll. (1983) ont fait évoluer P. berghei N dans
des Souris présentant un taux élevé d'hématies jeunes, obtenues en ané
miant les animaux par des saignées répétées. Ils ont alors constaté que
l'activité cathepsine D chez le parasite évoluant dans les réticulocytes
est environ 6 fois plus élevée que chez P. berghei N évoluant dans des
globules rouges matures et que la protéolyse de l'hémoglobine est plus
importante. D'autre part, la quantité d'hématine résiduelle est considéra
blement réduite chez P. berghei N parasitant les réticulocytes.
Cela conduit à considérer que le mécanisme de dégradation de l'hémo
globine est lié de façon étroite à l'état de maturité de la cellule rouge
parasitée.
Remarquons que, comme le réticulocyte présente lui-même une activité
cathepsine D beaucoup plus importante que l'hématie (MELONNI et coll.,
1981), le fait que Plasmodium parasitant la cellule jeune protéolyse
l'hémoglobine de façon plus intense est en faveur d'une utilisation par
celui-ci de l'enzyme globulaire.
Considérant alors les analogies de comportement de la souche de
P. berghei N évoluant dans les réticulocytes et de la souche P. berghei
C. R., SLOMIANNY et coll. (1983) ont évalué l'action de la chloroquine
sur le parasite placé dans ces conditions, en utilisant l'expérience de
coalescence du pigment. Si des doses de l'ordre de 5 mg/kg de poids
provoquent, in vivo, une coalescence complète en moins de 2 heures, ce
phénomène ne se produit quasiment pas dans les mêmes conditions avec
P. berghei C. R. Ils ont aussi constaté qu'il en est de même si la souche
de P. berghei N évolue dans des réticulocytes. L'action de la chloroquine
semble, elle aussi, liée à l'état de maturité de l'hématie parasitée.
Bien que l'expérience de coalescence du pigment n'indique pas une
augmentation de la résistance du parasite à l'action létale de la chloro
quine, il est possible d'émettre l'hypothèse qu'un des moyens pour le
parasite d'échapper à l'action du médicament est d'évoluer dans une
hématie jeune. Cette hypothèse pourrait expliquer les observations
cliniques indiquant que des individus voyageant en zone d'endémie et
soumis à une prophylaxie à la chloroquine contractent un paludisme à
P. falciparum qui, par la suite, se révèle, en culture in vitro, normalement
sensible à l'action de ce médicament.

8. — CONCLUSIONS GÉNÉRALES

L'importance des travaux consacrés au problème de la dégradation


de l'hémoglobine indique que ce phénomène ne constitue pas une étape
anecdotique de la vie du parasite, surtout si l'on considère la relation
54 ANiSÉE BIOLOGIQUE

étroite qui peut exister entre ce dernier et le mode d'action des schizon-
ticides sanguins.
Malgré les progrès considérables accomplis dans ces dernières années,
grâce à une approche multidisciplinaire du problème, un certain nombre
de points restent encore à éclaircir.
S'il est incontestable que, lors de son passage dans l'hématie, le parasite
dégrade l'hémoglobine jusqu'au stade d'amino-acide et que deux enzymes
protéolytiques (une cathepsine D et une aminopeptidase) doivent
intervenir dans l'hydrolyse de la globine, le rôle de l'endoarylamidase
reste à préciser. Si la recherche de carboxypeptidase a été effectuée de
manière infructueuse, par contre, aucun chercheur ne semble avoir
recherché d'autres enzymes protéolytiques à caractère plus spécifique
comme, par exemple, des dipeptidases. Il n'est donc pas exclu que les
protéases que nous avons présentées ne soient pas les seules à intervenir
dans le mécanisme de dégradation. Il conviendrait dans l'avenir d'effectuer
cette recherche de façon systématique. Un problème important, également
en suspens, concerne l'origine de la cathepsine D. En effet, si, effective
ment, le parasite utilise à son profit l'enzyme de l'hôte, il importerait de
déterminer par quelles modalités.
Il faut également noter que l'étude isolée d'une enzyme ne donne
qu'une idée partielle de son rôle. Ainsi, si la chloroquine inhibe l'amino-
peptidase parasitaire, ce composé n'a pas d'effet sur le résultat global de la
protéolyse. Au contraire, la quinine qui est pratiquement sans action sur
les enzymes, inhibe l'action protéolytique du parasite. Ce qui semble
indiquer que ces composés n'agissent pas de manière directe sur les
enzymes.
Cela conduit à envisager le phénomène de digestion, sous son aspect
cellulaire. Dans ce domaine, les techniques ultrastructurales ont apporté
des informations permettant de préciser le mécanisme d'endocytose du
stroma de l'hématie par le parasite. En effet, la méthode des coupes
sériées a permis de mettre en évidence l'existence d'un système complexe
d'envacuolisation comprenant un système cytostomal et un système de
micropinocytose.
Ces observations morphologiques ne permettent pas de préciser la
physiologie de la digestion. Par contre, la révélation cyto-enzymatique
des activités amidasiques permet de penser que la dégradation proprement
dite s'effectue dans les vésicules de micropinocytose, compte tenu de la
coexistence dans ces vésicules du pigment et des enzymes. Mais comme
il n'a pas été encore possible de localiser la cathepsine D et étant donné
que les conditions d'action de cette enzyme doivent être notablement
différentes de celles des autres peptidases, il n'est pas exclu que celle-ci
agisse dans un autre site cellulaire. D'autre part, le mécanisme a surtout
été étudié chez les Plasmoàium de Rongeurs, il est nécessaire d'effectuer
maintenant des études identiques chez d'autres espèces et plus parti
culièrement chez P.falciparum. Les cultures synchrones seront à cet égard
un outil précieux. En effet, il convient si l'on veut comprendre ce phéno
P. CHARET, C. SLOMIANNY, G. PRENSIER, S. MOHEAU. — « PLASMODIUM SP. M 55

mène dynamique, d'effectuer des observations à différents stades cellu


laires.
Enfin, la mise en évidence des différences intervenant dans la protéolyse
en fonction de l'état de maturité de l'hématie, souligne l'importance de la
relation du parasite et de son hôte.
Étant donné l'importance du paludisme dans le monde et l'intérêt
thérapeutique de la chloroquine, la relation qui peut exister entre le
pigment malarique, produit de dégradation de l'hémoglobine, et ce
médicament ne peut qu'inciter à approfondir les études entreprises.
S'il semble acquis qu'en solution aqueuse, l'hématine peut s'empiler
spontanément et que la chloroquine s'intercale dans ces empilements, il
serait nécessaire de montrer qu'effectivement ce phénomène se produit
à l'intérieur du parasite.
Mais il convient de souligner que les données concernant l'interaction
hématine-chlorcquine, que nous possédons actuellement, permettent
seulement de considérer le pigment malarique comme l'agent responsable
de la concentration du médicament dans le parasite. Ce phénomène
serait simplement un préalable nécessaire pour l'intervention de la molé
cule au niveau du métabolisme du Protozoaire.
Enfin, si des acquis récents indiquent qu'il peut exister une relation
étroite entre la nature de l'hématie parasitée et la sensibilité du parasite
à la chlorcquine, d'ailleurs en liaison avec la dégradation de Phémoglobu-
line, il convient de ne pas généraliser hâtivement ce fait, en considérant
ce phénomène comme le seul moyen pour le parasite d'échapper à ce
médicament. Mais il constitue pour les travaux futurs une intéressante
hypothèse de travail.

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MÉTABOLISME ÉNERGÉTIQUE ET
DÉVELOPPEMENT POST-EMBRYONNAIRE
CHEZ LES INSECTES HOLOMÉTABOLES

PAR C. GUILLET (i) (2)

SOMMAIRE
P.ges
INTRODUCTION 62
l. — ÉTUDE COMPARÉE, AU COURS DES DÉVELOPPEMENTS LARVAIRE ET
NYMPHAL, DE LA RESPIRATION DES ANIMAUX INTACTS ET DE LA RES
PIRATION MESURÉE IN VITRO DES ANIMAUX HOMOGÉNÉISÉS. . . 63
a) LARVES 63
i) CHRYSALIDES 64
t) CONCLUSION 64
IL — CARACTÉRISTIQUES ET FONCTIONNEMENT DES MITOCHONDRIES AUX
STADES LARVAIRE ET NYMPHAL 65
«0 LARVES 65
b) CHRYSALIDES 66
t) CONCLUSION 67
III. — MITOCHONDRIES ET HORMONES 69
a) HORMONES ET CHANGEMENT DE STRUCTURE DES TISSUS 69
b) HORMONES, STRUCTURE ET FONCTIONNEMENT DES MITOCHONDRIES 70

IV. — MÉCANISMES DE RÉGLAGE DE LA RESPIRATION AU COURS DU DÉVE


LOPPEMENT POST-EMBRYONNAIRE CHEZ LES INSECTES 7»
a) RESPIRATION ET COMPOSES RICHES EN ÉNERGIE 72
b) AJUSTEMENTS SPÉCIFIQUES 7;
Développement imaginai 75
Jeiine et diapause 74

CONCLUSIONS 75
BIBLIOGRAPHIE 76

(1) Département de Biologie Générale et Appliquée, Université Claude-Bernard ,


Lyon-I, 43, boulevard du ii-Novembre-igiS, 69622 Villeurbanne Cedex.
(2) Avec la collaboration technique de D. GUILLET.
A*N. BIOL. T. XXIII, FASC. 1, 1984.
62 ANNÉE BIOLOGIQUE

INTRODUCTION

Chez les Insectes holométaboles, chaque étape du développement est


caractérisée par une évolution et une intensité particulières de la respi
ration (FOURCHE, 1969). En outre, au cours d'une étape donnée, des
événements métaboliques spécifiques, synthèses cuticulaires, dépenses
musculaires, s'accompagnent de pics brefs de la consommation d'oxygène
(FOURCHE, 1967). Ces variations de l'intensité respiratoire, limitées dans
le temps, suggèrent qu'à un moment précis du développement, l'orga
nisme est capable d'ajuster sa consommation d'oxygène aux variations
de la demande énergétique. Selon HARVEY (1962), l'intensité de la respi
ration est la résultante de l'ensemble des processus métaboliques qui
interviennent en amont dans l'organisme et celle-ci suit la demande
énergétique de manière strictement passive.
Cependant, plusieurs travaux concluent que l'intensité respiratoire
obéit à des réglages très précis.
A partir de résultats obtenus pendant les métamorphoses de Dro-
sophila et de Bombyx, FOURCHE (1969) suggère que la courbe en U est
la résultante de mécanismes actifs susceptibles d'exercer soit une action
stimulât rice, soit une action dépressive sur l'intensité respiratoire. Une
autre série de travaux, s'appuyant sur le fait qu'une partie de l'énergie
libérée par les oxydations cellulaires donc par la respiration, est mise en
réserve sous forme de composés riches en énergie : ATP et ADP prin
cipalement, a cherché à relier l'intensité de la respiration au taux de
nucléotides adényliques (HELLER, 1936; BOUGUES et BERREUR, 1969;
GUILLF.T, 1972; ZOTIN, 1972). Des similitudes plus ou moins étroites
entre les évolutions respectives de ces paramètres ont effectivement été
constatées et la question de leur signification a été posée (GUILLET, 1974).
L'observation à partir de laquelle l'ADP stimulait la respiration mito-
chondriale a conduit à transposer au niveau de l'organisme entier l'hypo
thèse d'un contrôle de l'intensité respiratoire par les nucléotides adény
liques (CAREY et WYATT, 1963; STEELE, 1976).
Quoi qu'il en soit, la consommation d'oxygène et la quantité de nucléc-
tides adényliques ont en commun les mitochondries. Ces organites
constituent le site principal de production d'ATP et sent le siège de
deux étapes essentielles de la respiration cellulaire, le cycle de Krebs
et les phosphorylations oxydatives. Chez les Insectes, la formation de
nouvelles mitochondries est décrite dans divers organes : tissu adipeux
et tubes de Malpighi pendant la croissance larvaire (WIGGLEWORTH,
1959), muscles alaires pendant la métamorphose (WALKER et BIRT,
1969 £; BIRT, 1970; HOLMES et KEELEY, 1975). Des changements du
nombre des mitochondries sont aussi associés à des états physiologiques
particuliers : préparation des métamorphoses (!SHIZAKI, 1965 ; WALKER,
1966), diapause (DE KORT, 1969; BROWN et CHIPPENDALE, 1977),
levée de diapause (STEGWEE et coll., 1963 ; WILLIS, 1966). Les inhibiteurs
C. GU1I.LET. MÉTABOLISME ÉPIEBGÉTIO.UE 63

de l'ADN mitochondrial entraînent des perturbations du développement


imaginai (KEELEY et OLSON, 1977). La production des mitochondries
est donc un phénomène essentiel au cours du développement.
Pour tenter de mieux comprendre les mécanismes de contrôle de la
respiration chez les Insectes, nous avons réalisé une étude de plusieurs
paramètres du métabolisme énergétique et examiné les corrélations
susceptibles d'exister entre eux. Nous avons en particulier étudié chez
Pieris et Drosophila les évolutions de la consommation d'oxygène de
l'Insecte intact ou après homogénéisation, de l'intensité respiratoire
spécifique et ATP-synthétique des mitochondries en présence de divers
substrats, de la quantité de protéines mitochondriales extraites, des
pools d'ATP et d'ADP. Ces mesures ont été réalisées sur des larves et
des chrysalides entières, sur des organes, dans le cas d'un développement
normal ou modifié par différents traitements (photopériode, alimentation,
application ou injection d'hormones). L'ensemble de ces données
(GuiLLET, 1981) nous permet d'évoquer deux séries de problèmes.
A un moment donné de son développement, l'Insecte dispose d'un
système mitochondrial que l'on peut définir par l'activité, la quantité
et la structure des mitochondries. Pour chacune des étapes du dévelop
pement, ces paramètres présentent une évolution caractéristique. Nous
pouvons alors supposer que les capacités respiratoires de l'organisme
sont programmées par l'intermédiaire des mitochondries. Le développe
ment des Insectes obéit à un double déterminisme alimentaire et hormo
nal ; celui-ci peut-il agir sur les mitochondries et comment ?
Il existe des situations dans lesquelles la respiration de Phomogénat
ou celle de la fraction mitochondriale isolée apparaît tout à fait conforme
à la respiration de l'organisme intact. Mais il existe aussi des situations
au cours desquelles il n'y a pas conformité entre la respiration mesurée
in vitro, soit de l'homogénat, soit de la fraction mitochondriale et la
respiration de l'organisme. Dans ces conditions, le système mitochondrial,
intégré dans l'organisme, réagit différemment du système fonctionnant
in vitro. Quels sont alors les mécanismes en cause ?

I. — ÉTUDE COMPARÉE,
AU COURS DES DÉVELOPPEMENTS LARVAIRE ET NYMPHAL,
DE LA RESPIRATION DES ANIMAUX INTACTS
ET DE LA RESPIRATION MESURÉE IN VITRO
DES ANIMAUX HOMOGÉNÉISÉS

a) LARVES

L'intensité respiratoire de la larve du je stade de Pieris passe par


un maximum concomitant à celui du poids vif, puis décroît jusqu'à
l'exuviation larvo-nymphale. Aux valeurs près, la courbe de respiration
64 ANNÉE BIOLOGIQUE

des larves homogénéisées suit un tracé tout à fait comparable (GUILLET


et FOURCHE, 1980).
La respiration de la larve soumise au jeûne (GUILLET, 1981) décroît
rapidement comme il l'a été décrit chez d'autres Insectes (FOURCHE, 1965 ;
BOSQUET, 1971). A l'opposé, la respiration in vitro d'animaux jeûneurs
homogénéisés reste pendant 24 à 36 heures identique à celle des larves
au moment de la mise au jeûne. En fonction de la durée d'alimentation
préalable au jeûne, nous constatons cependant : — que la période de
stabilité de la respiration des homogénats est d'autant plus courte que
les larves ont été alimentées plus longtemps; — que la diminution de
la respiration des homogénats est plus importante chez les larves qui
vont subir la métamorphose.

b} CHRYSALIDES

Après l'exuviation laivo-nymphale, la diminution de l'intensité respi


ratoire de la chrysalide intacte se poursuit (GUILLET, 1976) :
— pendant 4 jours dans le cas d'un développement continu (branche
descendante de la courbe en U),
•— pendant une dizaine de jours chez les animaux diapausants. Elle
ne représente plus alors que 8 pour 100 de sa valeur à l'exuviation larvo-
nymphale.
La respiration des animaux post-diapause présente une évolution carac
téristique en trois phases : une remontée immédiate consécutive à l'injec
tion d'ecdysone, un plateau, puis une remontée principale (GUILLET et
FOURCHE, 1976). La respiration des homogénats de chrysalides induites
ou non en diapause est minimale dès l'exuviation larvo-nymphale
(GUILLET, 1981). Chez les chrysalides à développement continu, elle
reste constante pendant 5 jours, puis augmente jusqu'à dépasser en
valeur absolue la respiration de la chrysalide intacte dans les jours pré
cédant l'émergence. Chez les chrysalides diapausantes, la respiration des
homogénats demeure sensiblement constante.

c) CONCLUSION

La respiration de l'organisme intact traduit l'intensité de la demande


énergétique résultant de l'ensemble des processus métaboliques. Cepen
dant, à chaque instant, l'organisme dispose de capacités intrinsèques qui
lui permettent de répondre à sa propre évolution. Celles-ci s'expriment
au niveau de la respiration des homogénats, mesurée in vitro. L'homogé
néisation libère le système respirant des contraintes énergétiques qu'il
subit dans l'organisme intact ou les uniformise. La comparaison des
respirations respectives des animaux intacts ou après homogénéisation
C. GUILLET. MÉTABOLISME ÉNERGÉTIQUE 65

permet de distinguer deux types de situations : •— celles au cours des


quelles la respiration des homogénats évolue de la même façon que la
respiration des animaux intacts : la croissance larvaire et la préparation
des métamorphoses ainsi que le développement imaginai; — celles au
cours desquelles les respirations de l'organisme intact et après homo
généisation n'évoluent pas forcément dans le même sens : ce sont le
jeûne, le début des métamorphoses et l'entrée en diapause. Dans ces cas,
les capacités fonctionnelles du système respirant sont susceptibles d'être
modulées in situ en fonction des besoins énergétiques.

II. — CARACTÉRISTIQUES
ET FONCTIONNEMENT DES MITOCHONDRIES
AUX STADES LARVAIRE ET NYMPHAL

a) LARVES

Pendant la croissance larvaire, chez Pieris, l'activité respiratoire spéci


fique des mitochondries reste constante (GUILLET et FOURCHE, 1980).
Chez Drosophila, les variations sont de faible amplitude (REZVOY et coll.,
1979). La quantité de protéines mitochondriales augmente parallèlement
au poids vif auquel elle est fortement corrélée (GUILLET, 1979). Chez
Pieris, si l'on allonge le 5e stade, ,soit par application d'hormone juvénile
(GUILLET, 1981), soit en soumettant les larves à une photopériode courte,
la période de stabilité de l'activité mitochondriale est allongée d'une
durée équivalente à l'allongement de la période d'alimentation (GUILLET
et FOURCHE, 1980; GUILLET, 1981), et la quantité de protéines mito
chondriales s'accroît proportionnellement à l'augmentation de la taille
des larves. L'accroissement général de la quantité de protéines mito
chondriales se fait parallèlement à l'augmentation de la quantité de pro
téines totales (GUILLET et FOURCHE, 1980) et simultanément dans diverses
parties étudiées : intestin, tissu adipeux et carcasse. On est alors tenté
de penser que la quantité de protéines mitochondriales constitue un
paramètre de la croissance comme cela a été décrit pendant la crois
sance ovocytaire chez Xenopus (CALLEN et coll., 1980).
Au cours d'une période initiale de jeûne larvaire et pendant un temps
qui dépend de la durée d'alimentation préalable au jeûne, le système
mitochondrial n'apparaît pas affecté (GUILLET, 1981). Il reste qualitati
vement et quantitativement identique à celui des animaux au moment
de la mise au jeûne. Cependant, après cette période de stabilité, on assiste
à une diminution progressive des protéines mitochondriales aussi bien
chez les larves en période d'alimentation obligatoire qui ne donneront
jamais de chrysalides que chez les larves en période d'alimentation facul
tative qui subiront la métamorphose (LEGAY, 1955; FOURCHE, 1965).
Chez les premières, la diminution de l'intensité respiratoire spécifique est
AS*. BIOL. — T. \M i. i -«:. 1, 1984. 5
66 ANNÉE BIOLOGIQUE

de faible amplitude (GuiLLET, 1981). Chez les secondes, l'intensité respi


ratoire des mitochondries s'effondre. Cette diminution apparaît plus
caractéristique de la préparation des métamorphoses que du jeûne.
A partir du moment où les larves normalement alimentées ont atteint
leur taille maximale, on assiste à une diminution simultanée de l'activité
et de la quantité de protéines mitochondriales (GUILLET et FOURCHE,
1980). L'abaissement de l'activité se produit en même temps dans toutes
les parties étudiées, la plus touchée étant l'intestin (GUILLET, 1981).
Ceci nous permet de supposer que les mitochondries dans tous les organes
obéissent au même signal. La diminution de la quantité de protéines
mitochondriales avant l'exuviation larvo-nymphale ne semble concerner
que l'intestin et le tissu adipeux alors que dans la carcasse l'augmentation
se poursuit jusqu'à l'exuviation larvo-nymphale.

b) CHRYSALIDES

La respiration spécifique des mitochondries est minimale dès l'exuvia


tion larvo-nymphale. Elle varie peu au cours des premiers jours de vie
nymphale ((JUILLET, 1981), aussi bien chez les chrysalides à développe
ment continu que chez celles qui entrent en diapause. Cette faible activité
semble liée à des modifications de structure des organites (WALKER, 1966 ;
REZVOY, 1977; TSUYAMA et MIURA, 1979). Elle constitue un phénomène
général concernant en particulier l'activité oxydasique (MIAKE et coll.,
1976; FARNSWORTH, 1965 ; DELOACH et MAYER, 1979). Les mitochondries
correspondraient alors aux organites de type « a » décrits par WALKER
et BIRT (1969 h), le couplage oxydation-phosphorylation étant très faible
(WALKER et BIRT, 1969 a).
Dès l'exuviation larvo-nymphale, la diminution de la quantité des
protéines mitochondriales s'amortit. Une différence se manifeste entre
chrysalides diapausantes et non diapausantes, deux à trois jours après
l'exuviation larvo-nymphale, à un moment qui peut correspondre à
Papolyse chez les animaux à développement continu. Chez ceux-ci, l'arrêt
de la diminution de la quantité de protéines mitochondriales apparaît
tout à fait en accord avec les résultats faisant état de la formation de nou
velles mitochondries dans le tissu adipeux (WiLLis, 1966), l'épiderme
alaire (SEDLAK et GILBERT, 1976) et les myoblastes à l'origine des
muscles (BiRT, 1970). La poursuite de la diminution de la quantité de
protéines mitochondriales chez les chrysalides diapausantes est liée au
faible métabolisme et à la température estivale de 20° C, apparemment
défavorable, à laquelle sont conservées les chrysalides.
Chez Pieris, entre le jour 6 après l'exuviation larvo-nymphale et l'émer
gence, il est possible de mettre en évidence une séquence caractérisant
l'évolution du système mitochondrial. On assiste d'abord à une augmen
tation de la quantité de protéines mitochondriales nettement plus impor
tante que celle de l'activité respiratoire spécifique, puis l'activité oxyda
C. GUILLET. MKTABOLISME ÉNERGÉTIQUE 67

sique des mitochondries s'accroît (HOLMES et KEELEY, 1975) en même


temps qu'augmentent l'activité cytochrome oxydasique (DELOACH et
MAYER, 1979) et celle des enzymes du cycle de Krebs (MiAKE et coll.,
1976). A la fin de la vie nymphale, les mitochondries oxydent plus facile
ment l'a-glycérophosphate, substrat spécifique des sarcosomes (SACKTOR,
1974). Une séquence de ce type a pu être mise en évidence chez Lucilia
(BiRT, 1970).
La séparation des chrysalides en deux parties, tête + thorax d'une
part, abdomen d'autre part, nous montre que la maturation que nous
venons de décrire concerne principalement les mitochondries du thorax
qui, d'une façon générale, présentent une activité spécifique nettement
supérieure à celles de l'abdomen. Par opposition aux mitochondries
isolées en début de métamorphoses, les organites qui se forment au cours
du développement imaginai et qui acquièrent une structure particulière
(HÉROLD, 1965; WALKER et BIRT, 1969 b) sont dits de type « b ». Ils
se caractérisent en particulier par une forte activité oxydasique (WALKER
et BIRT, 1969 a).
Cette mitochondriogenèse ne se produit qu'après le pic d'ecdysone
qui est très étalé dans le temps : du 3e au 7e jour après l'exuviation
larvo-nymphale (MAUCHAMP, 1980). Une injection d'hormone à des
chrysalides en diapause déclenche un développement qui aboutit à
l'émergence d'un imago 13 à 14 jours après l'injection (GuiLLET et
FOURCHE, 1976). Une séquence de maturation des mitochondries
s'exprime après une période de 6 à 7 jours au cours de laquelle intervient
une augmentation du nombre des mitochondries (SEDLAK et GILBERT,
1976). Finalement, l'apport d'hormone exogène déclenche toute une série
d'événements identiques à ceux décrits chez les animaux qui produisent
eux-mêmes l'hormone (GUILLET, 1981).

c} CONCLUSION

Le développement des Insectes obéit à un double déterminisme, alimen


taire et hormonal. L'évolution des taux des différentes hormones est
aussi bien connue chez Pieris brassicae. Elle a été représentée de façon
schématique sur la figure, à partir des travaux de LAFONT (1976), CALVEZ
(1976), MAUCHAMP (1980), MAUCHAMP et coll. (1979), VARJAS et coll.
(1976). Nous avons aussi résumé sur cette figure (fig. i) les principaux
changements concernant le système mitochondrial. Ceci nous permet
de définir plusieurs étapes physiologiques au cours du développement :
— La croissance larvaire jusqu'au pic d'ecdysone : l'activité respi
ratoire spécifique des mitochondries est élevée (GUILLET et FOURCHE,
1981) et la quantité de protéines évolue parallèlement au poids vif
(GUILLET, 1979); — la période comprise entre le pic d'ecdysone larvaire
et le pic nymphal. Des mitochondries disparaissent et l'activité se main
tient à un niveau faible; — la période nymphale postérieure au pic
ECD

HJ

XÏP

IR

ADP

IRSN

PM

larves 5 chrysalides
0 10
jours
C. GUILLET. MÉTABOLISME ÉNERGÉTIQUE 6p

d'ecdysone nymphal. Le système mitochondrial est le siège de modifica


tions majeures. Il passe d'un état peu ou pas différencié à un état diffé
rencié. En absence de ce pic, on peut définir une autre phase physiolo
gique qui correspond à la diapause nymphale.

III. — MITOCHONDRIES ET HORMONES

a) HORMONES ET CHANGEMENT DE STRUCTURE DES TISSUS

D'une manière générale, les changements de structure de divers tissus


qui s'opèrent au dernier stade larvaire, alors que s'engagent les pro
cessus conduisant aux métamorphoses, sont sous la dépendance de l'ecdy-
sone. Chez Calliphora (CROSSLEY, 1968), Acheta (SRIHARI et coll., 1975)
ou chez Pieris (SRIHARI, 1979), la dégénérescence des muscles inter-
segmentaires est sous contrôle de l'ecdysone. Chez la larve de Pieris,
la longueur de ces muscles passe par un maximum en même temps que
le poids vif (AUBER-THOMAY et SRIHARI, 1973). Une ligature en arrière
du thorax, pratiquée avant la période critique (SRIHARI, 1974), empêche
la dégénérescence de ces muscles. L'injection d'ecdysone dans l'abdomen
l'induit.
L'hormone injectée à des larves du 3* âge de Sarcopbaga (RADFORD et
MISCH, 1971) provoque une dégénérescence anticipée de Pépithélium de
l'intestin moyen identique à celle que l'on observe normalement 48 heures
plus tard chez les larves qui vont subir la métamorphose. Les phénomènes
d'autophagie qui se produisent dans le tissu adipeux en fin de vie lar
vaire (LARSEN, 1970; LABOUR, 1974; DEAN, 1978) sont aussi induits
par l'ecdysone (DEAN et coll., 1980).
De la même façon, pendant la métamorphose, la suppression du système
céphalothoracique ralentit considérablement l'évolution du tégument
abdominal des chrysalides de Pieris (CASSIER et coll., 1979).

Fig. i. — Évolution schématique — des ecdystéroides (ECD) [d'après CALVEZ (1976),


LAFONT (1976) et MAUCHAMP (1980)] — de l'hormone juvénile (HJ) [d'après
VARJAS et coll. (1976), MAUCHAMP et coll. (1979)] — de l'adcnosine-triphosphate
(ATP), de l'intensité respiratoire (1R), de l'adénosine-diphosphate (ADP) [d'après
GfiLLET (1976)] — de l'intensité respiratoire spécifique des mitochondries (IRSM)
et des protéines mitochondriales (PM) [d'après GUILLET et FOURCHE (1980),
GUILLET (1981)] au cours du dernier stade larvaire et du stade nymphal, chez
les animaux diapausants et non diapausants .
Les flèches indiquent les pics d'hormones.
70 ANNÉE BIOLOGIQUE

b) HORMONES, STRUCTURE ET FONCTIONNEMENT DES MITOCHONDRIES

Les changements subis par les mitochondries concernent le nombre,


la taille, la structure et l'activité enzymatique.
Le raccourcissement des muscles intersegmentaires chez Pieris (AUBER-
THOMAY et SRIHARI, 1973), l'histolyse du tissu adipeux pendant le filage
de Philosamia (IsmzAKi, 1965), la vidange de l'intestin, s'accompagnent
d'une diminution du nombre des mitochondries. Inversement, après le
pic d'ecdysone nymphal (LAFONT, 1976) ou l'accroissement de l'activité
des glandes prothoraciques (BiRT, 1970), le nombre de ces organites
augmente.
En fin de vie larvaire, dans le tissu adipeux de Aldrichina, TSUYAMA
et MIURA (1979) observent un changement de taille des mitochondries
qui ne disparaissent pas. Un tel phénomène est aussi mis en évidence
pendant la maturation nymphale des muscles alaires de Lud/ia (WALKER
et BIRT, 1969 a).
Les changements de forte amplitude d'activités enzymatiques mito-
chondriales (FARNSWORTH, 1965; GUILLET et FOURCHE, 1980; HOLMES
et KEELEY, 1975) sont certainement « corrélés » aux modifications structu
rales des organites. En fin de vie larvaire, la matrice devient de plus en
plus transparente (TSUYAMA et MIURA, 1979), les crêtes prennent un
aspect tubulaire, des figures de dégénérescence apparaissent soit au début
du filage (WALKER, 1966), soit lorsque le poids vif diminue (REZVOY,
1977). Si l'on considère la différenciation des muscles alaires pendant les
métamorphoses (LENNIE et coll., 1967; WALKER et BIRT, 1969 b), on
observe d'abord des organites composés d'une double membrane,
présentant peu de crêtes. Celles-ci augmentent pendant la phase de matu
ration qui s'accompagne d'une charge en protéines de structure, puis en
protéines enzymatiques (BiRT, 1970), après une période d'activité des
glandes prothoraciques (BARRITT et BIRT, 1970).
Il existe donc bien des corrélations étroites entre les modifications du
système mitochondrial et les changements de taux d'ecdysone aussi bien
chez les larves que chez les chrysalides. Nous pouvons essayer d'envisager
comment les mitochondries peuvent réagir aux hormones.
Chez les Mammifères, les hormones affectent à la fois le métabolisme
basai et l'activité des mitochondries (TATA et coll., 1962). L'adminis
tration d'hormone thyroïdienne augmente la respiration des tissus et
les capacités phosphorylantes des mitochondries (TATA et coll., 1963).
La thyroïdectomie entraîne une diminution du cytochrome c et de la
respiration des muscles du Rat (KLITGAARD, 1966). La même intervention
provoque sur les mitochondries du foie une diminution des capacités
à oxyder les intermédiaires du cyle de Krebs d'environ 50 pour 100,
6 semaines après l'intervention (BRONK, 1966). L'hypophysectomie
abaisse la concentration en cytochrome C et modifie l'activité cytochrome
oxydasique (MADDAIAH et coll., 1976).
C. GUII.LET. MÉTABOI.I8MF ÉMÎRGK1 IQUE 71

Chez les Insectes, l'ablation des corps cardiaques et des corps allata
de Blaberus, au début de la vie imaginale (KEELEY et FRIEDMAN, 1969)
entraîne, à long terme, une diminution de la respiration du tissu adipeux
et de l'activité respiratoire spécifique des mitochondries qui en sont
isolées.
Il semble donc bien que, tant chez les Insectes que chez les Vertébrés,
les hormones n'agissent pas seulement sur tel ou tel mécanisme consom
mateur d'énergie, mais aussi sur les mitochondries au même titre que
sur d'autres effecteurs.
L'injection d'hormone cérébrale à des chrysalides diapausantes de
Philosamia (!SHIZAKI, 1963) entraîne une augmentation importante des
mitochondries qui est précédée de changements nucléaires. Chez Lepti-
nofarsa, la reconstruction des sarcosomes au cours de la levée de diapause
s'effectue à partir de nombreuses petites vésicules qui, à l'origine, présen
tent simplement une double membrane (STEGWEE et coll., 1963). Ce pro
cessus est analogue à celui décrit chez Luci/ia pendant le développement
imaginai. Ces résultats montrent à l'évidence qu'il n'y a pas de réaction
rapide des mitochondries aux hormones et expliquent en particulier
pourquoi la plupart des auteurs qui ont tenté d'ajouter in vitro soit des
hormones, soit des complexes neuro-endocrines à des suspensions mito-
chondriales (KEELEY et FRIEDMAN, 1969; MINKS, 1967), à l'exception de
FIRSTENBERG et SILHACEK (1973), n'ont pas réussi à stimuler l'activité
mitochondriale. Si, en fait, il apparaît aussi difficile de perturber, in vitro,
le fonctionnement des mitochondries par adjonction d'hormones, c'est
sans doute que celles-ci agissent en amont et que des intermédiaires sont
nécessaires.
Si l'on considère la maturation des mitochondries thoraciques pendant
la métamorphose, il est clairement établi (BiRT, 1970; GUILLET, 1981)
qu'elle fait intervenir successivement des protéines de structure et des
protéines enzymatiques. Au cours du développement imaginai, la pré
sence d'ecdysone, tôt dans la période nymphale, pourrait déclencher le
développement de certains tissus imaginaux ainsi que la synthèse de
protéines (TELFER et WILLIAMS, 1960; NEUFELD et THOMSON, 1968;
WYATT et WYATT, 1971), y compris les protéines que l'on retrouve
localisées dans les mitochondries (CHAUDHARY et MALHOTRA, 1974).
Le génome mitochondrial code seulement une faible proportion des
protéines mitochondriales, la majorité d'entre elles étant c< dées par le
génome nucléaire (BORST, 1972; BARTELINK et DE KORT, 1973). Dans
ce cas, par une succession d'étapes, l'ecdysone permettrait de passer d'un
système mitochondrial non fonctionnel à un système fonctionnel.
C'est l'inverse qui se produit chez les larves, entre le pic d'ecdysone
larvaire et l'exuviation larvo-nymphale. L'activité spécifique des mito
chondries décroît progressivement (GUILLET et FOURCHE, 1980) en
même temps que se mettent en place les processus de métamorphose. Ces
modifications constituent sans doute une expression des phénomènes de
dégénérescence qui s'expriment au travers de l'activité lysosomale qui,
72 ANNÉE BIOLOGIQUE

elle, apparaît directement contrôlée par Pecdysone (VAN PELT-VERKUIL,


1980).

IV. — MÉCANISMES DE RÉGLAGE DE LA RESPIRATION


AU COURS DU DÉVELOPPEMENT POST-EMBRYONNAIRE
CHEZ LES INSECTES

La complexité de la fonction respiratoire fait supposer qu'il n'existe


pas un seul, mais plusieurs mécanismes. Certains situés au niveau soit
de la glycolyse, soit du cycle de Krebs ont été décrits (revue par NEWS-
HOLME et START, 1963). Nos travaux permettent cependant d'apporter
des précisions concernant certains de ces mécanismes et de suggérer
l'existence de nouveaux.

a) RESPIRATION ET COMPOSÉS RICHES EN ÉNERGIE

Selon STEELE (1976), l'intensité du métabolisme respiratoire est


contrôlée par le taux d'ADP à l'intérieur de la cellule. Dans cette optique,
la demande énergétique entraîne une hydrolyse de l'ATP, une augmen
tation de l'ADP qui stimule l'intensité respiratoire et les phosphoryla-
tions oxydatives. Selon ATKINSON et MORTON (1960), dans les cas de
forte demande énergétique, contraction musculaire par exemple, la perte
soudaine d'une quantité d'ATP n'est pas immédiatement compensée
par les phosphorylations oxydatives. Le phosphagène aurait pour rôle
de tamponner les variations du système ATP/ADP. Ceci se trouverait
justifié par le fait que, dans les tissus soumis à des variations importantes
de demande énergétique, la quantité de phosphagène et l'activité kina-
sique correspondante sont très élevées. Nous avons reporté sur la figure
récapitulative les évolutions respectives de l'intensité respiratoire et des
nucléotides adényliques. Les dosages systématiques que nous avons
effectués aux stades larvaire et nymphal ont fourni les résultats suivants.
Chez les larves en croissance, la quantité d'ATP augmente en même
temps que le poids vif avec lequel elle présente une relation linéaire
(GUILLET, 1972), le rapport ATP-ADP est sensiblement constant alors
que l'intensité respiratoire spécifique de la larve décroît.
Pendant les métamorphoses (GUILLET, 1974, 1976), les nucléotides
adényliques évoluent selon une courbe en U susceptible de présenter
quelques différences avec la courbe de respiration (GUILLET, 1976). Il
est intéressant de constater que l'abaissement du taux de nucléotides ne
se fait qu'à partir du moment où, in vitro, le couplage oxydation-phospho-
rylation des mitochondries a disparu (GUILLET et FOURCHE, 1980). Inver
sement, au cours du développement imaginai, l'augmentation des
nucléotides adényliques ne devient effective qu'après que le couplage
oxydation-phosphorylation soit restauré (GUILLET, 1981). Au début de
C. GUILLKT. MÉTAUOLISME ÉNERGÉTIQUE 73

la métamorphose, bien que la demande soit faible, la quantité de


nucléotides décroît alors qu'elle augmente dans la seconde partie à un
moment où l'on est sûr que la demande est importante.
Pendant l'établissement de la diapause, les quantités d'ATP et d'ADP
restent relativement élevées (GUILLET, 1976) alors que l'intensité respi
ratoire s'effondre (SCHNEIDERMAN et WILLIAMS, 1953; GUILLET, 1976).
Au cours de la levée de diapause, le rapport ATP-ADP n'est pas signifi-
cativement différent de celui observé pendant la diapause (CAREY et
WYATT, 1963), alors que la reprise du développement s'accompagne d'une
reprise immédiate du métabolisme respiratoire (GUILLET et FOURCHE,
1976).
Pendant les métamorphoses de Drosophila, les variations brutales de
température modifient l'intensité respiratoire (GUILLET et FOURCHE,
1973), sans que l'on puisse observer de variations significatives des
nucléotides adényliques (GUILLET, 1974). Ces résultats montrent qu'il
n'est pas du tout certain que le taux des nucléotides à l'intérieur de la
cellule puisse toujours contrôler la respiration et que finalement le pool
d'ATP dépend à la fois de la demande énergétique et des caractéristiques
fonctionnelles des mitochondries.
L'hypothèse d'ATKiNSON et MORTON (1960) selon laquelle les variations
du système ATP-ADP seraient compensées par le phosphagène, l'arginine-
phosphate chez les Insectes est difficile à vérifier compte tenu des rares
résultats obtenus chez ces animaux. CROMPTON et BIRT (1967) ont effecti
vement observé peu avant l'émergence de Lucilia une diminution de
phosphagène alors que la quantité de nucléotides adényliques continue
d'augmenter. Cependant, au début des métamorphoses (CROMPTON et
BIRT, 1967), pendant l'anoxie (HESLOP et coll., 1963), au cours du vol
(SACKTOR et HURLBUT, 1966), les variations des nucléotides adényliques
et de Farginine-phosphate se font toujours dans le même sens.
Finalement, au cours d'une étape donnée du développement, se
déroulent des événements morphologiques et morphogénétiques qui se
répercutent sur l'état des mitochondries, sur leur activité phosphorylante
en particulier. Il faut donc tenir compte de plusieurs facteurs faisant
intervenir l'intensité de la demande énergétique, l'évolution des mito
chondries, liées au contexte endocrine et alimentake.

b) AJUSTEMENTS SPÉCIFIQUES

Cependant, il existe des situations transitoires dans le développement,


au cours desquelles se manifestent des ajustements particuliers.

Développement imaginai.
— A la fin du développement imaginai, la respiration des homogénats
de chrysalides, mesurée en présence d'a-glycérophosphate, est supérieure
74 ANNÉE BIOLOGIQUE

à l'intensité respiratoire de la chrysalide intacte. Ce substrat est oxydé


de façon préférentielle par les sarcosomes (SACKTOR, 1974). Les capacités
respiratoires de la chrysalide in vitro semblent donc nettement supérieures
à celles in situ. On peut alors dire qu'il y a ajustement de la respiration
de la chrysalide intacte. Pendant la même période, MOREAU (1973) rnet en
évidence la prépondérance du cycle des pentoses dont l'intensité va
croissant jusqu'à l'émergence. Ce cycle aboutit à la formation de 3-phos-
pho-glycéraldéhyde qui peut être facilement converti en a-glycéro-
phosphate. Dans ce cas, l'ajustement qui s'exprime in situ peut résulter
d'une limitation en substrat. Celui-ci doit jouer un rôle important car,
dans une période qui n'excède pas deux heures au moment de l'émergence,
la respiration de l'organisme peut doubler. Dans ces conditions, le substrat
peut être l'un des facteurs de modulation de la respiration.

Jeûne et diapause.

Au début du jeûne, les capacités respiratoires de la larve restent élevées;


nous n'avons observé aucun changement d'activité et de quantité de
mitochondries. Pourtant la respiration de la larve s'effondre. BOSQUET
(1976) a montré que, pendant cette période, la demande énergétique
diminuait. Il y a donc bien in situ adaptation à une situation nouvelle qui
aboutit au niveau de l'organisme à l'établissement d'un mécanisme
d'économie.
Un système analogue se manifeste en diapause. Si l'on compare les
chrysalides diapausantes âgées de plus de 6 jours, aux chrysalides à
développement continu de 4-5 jours (intensité respiratoire minimale),
on constate que, dans les deux cas, la respiration mesurée in vitro des
homogénats est identique (GUILLET, 1981) alors que les intensités respi
ratoires des animaux intacts sont très différentes (GUILLET, 1976). En
d'autres termes, les deux types de chrysalides disposent des mêmes
capacités respiratoires alors que la demande énergétique est très faible
pendant la diapause (HARVEY, 1962). Chez les chrysalides diapausantes,
il existe donc aussi un système de freinage qui s'exprime in situ et nécessite
l'intégrité de l'organisme. Un tel système a déjà été suggéré chez les
chrysalides diapausantes de Hyalophora (TELFER et WILLIAMS, 1960). Il
existe, au moins pendant le jeûne, des arguments qui permettent de dis
cuter de la nature de cet ajustement. Sur une période courte de jeûne
il n'y a pas de diminution de la quantité de protéines mitochondriales.
Chez tous les organismes étudiés (LucK, 1965 ; WALKER, 1965 ; WIGGLES-
WORTH, 1967; SOHAL et BRIDGES, 1978), le phénomène général qui est
décrit est celui d'une fusion des mitochondries entraînant une diminution
de leur nombre et une augmentation de leur taille. Si ce phénomène se
produit chez Pieris, il ne change en rien, in vitro, l'activité spécifique des
mitochondries (GUILLET, 1981). Nous supposons donc que le jeûne,
sur une période courte, ne se répercute in situ que sur l'activité spécifique
C. GUILLET. MÉTABOLISME KMÏHGKTIQUE 75

des mitochondries pour expliquer l'abaissement de la respiration de la


larve intacte.
Dans une étude ultrastructurale de la glande séricigène de Bombyx
au cours du jeûne, BLAES (1977) a observé que la majorité des mito
chondries passait de l'état orthodoxe à l'état condensé et que le phéno
mène s'inversait lorsque les larves étaient réalimentées. Ceci voudrait
dire qu'en fonction de l'état nutritionnel, les mitochondries sont suscep
tibles de modifier leur état conformationnel. Or, très schématiquement,
celui-ci dépend de l'environnement métabolique dans lequel sont placés
les organites (HACKENBROK, 1966). Dans ces conditions, nous pensons
que les mitochondries en suspension dans un milieu standard (GUILLET
et FOURCHE, 1980) présentent les différents états conformationnels dans
des proportions identiques chez les animaux jeûneurs et chez les animaux
nourris. Sur une période courte de jeûne, il n'y aurait pas de modification
fondamentale des mitochondries. Les changements induits par l'inanition
nécessiteraient l'intégrité de l'organisme, seraient réversibles et effacés
soit par l'extraction, soit par le fonctionnement des mitochondries in vitro.

CONCLUSIONS

A chaque étape du développement correspond une courbe de respi


ration qui constitue une image globale de l'intensité du métabolisme. A
un instant donné d'une étape, l'Insecte dispose d'un équipement mito-
chondrial que l'on peut définir par la quantité de mitochondries, la
structure et l'activité de ces organites. Il permet de répondre à un méta
bolisme élevé pendant la croissance et le développement imaginai, à un
métabolisme nettement plus faible au début des métamorphoses et pen
dant la diapause. Le profil d'évolution du système mitochondrial dépend
du contexte endocrine au même titre que d'autres fonctions comme la
synthèse des protéines, par exemple. Ce programme concerne la quantité
de mitochondries en relation avec la croissance et la morphogenèse,
l'activité et la structure liées à la synthèse de protéines. Nous avons
montré que des évolutions opposées, abaissement et accroissement des
capacités fonctionnelles des mitochondries, ne s'exprimaient chacune
qu'après un pic d'ecdysone respectivement larvaire et nymphal. Dans les
deux cas, nous sommes en présence d'un même type d'action de l'ecdy-
sone qui initie une séquence en agissant sur tel ou tel gène, puis se réper
cute (secondairement) sur les mitochondries. La nécessité d'intermédiaires
entre le site d'action de l'hormone, ecdysone dans le cas de Pieris, et un
changement d'activité enzymatique des mitochondries expliquerait en
particulier pourquoi celle-ci n'est pas modifiée in vitro par l'addition
d'hormone.
Sur ces bases, la respiration ne fait pas que suivre passivement la
demande énergétique. Elle évolue au même titre que d'autres paramètres
du développement.
76 ANNÉE BIOLOGIQUE

Cependant, toutes conditions ci-dessus exposées étant réalisées, les


modifications d'environnement sont susceptibles de moduler temporai
rement le programme. C'est le cas au cours du jeûne. A partir d'un système
mitochondrial parfaitement défini pour fonctionner dans des conditions
précises, l'environnement métabolique des mitochondries peut être
modifié en fonction de la demande énergétique. Ce qui aurait pour consé
quence soit de stimuler, soit de ralentir l'activité des mitochondries sans
en modifier les capacités initiales. Un ajustement est donc possible.
Finalement, la respiration mesurée serait une résultante entre les deux
séries de mécanismes décrits.

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Springer-Verlag, Berlin, Heidelberg, New York, 1982. Prix : DM 428; S 171.20. —
Beau, somptueux comme un livre d'art; il ne manque que la couleur. Voilà un ouvrage
très moderne sur les Ptéridophytes, comprenant des milliers d'informations très
récentes permettant aux auteurs de présenter une systématique renouvelée, chaque
groupe étant accompagné de toutes les données principales concernant l'écologie,
la biogéographie, la cytologie, les caryotypes, la description des spores, la biochimie
des différentes espèces.
Les auteurs de l'ouvrage sont américains et ils annoncent clairement dans la préface
qu'ils ont mis délibérément l'accent sur les espèces du Nouveau Monde. Cela présen
tera certainement beaucoup d'intérêt pour les botanistes français, sans doute plus
familiers des Fougères de notre vieille Europe. Encore plus intéressantes sont les
descriptions des espèces de l'Amérique tropicale. Il y a là certainement de quoi
compléter ses connaissances pour élargir son horizon personnel.
Un soin tout particulier a été apporté aux planches de reproductions photogra
phiques. J'ai spécialement admiré les photographies de spores examinées en micro-
scopie électronique à balayage : l'impression de relief est admirable; les décorations
des couches externes de la paroi des spores sont merveilleuses de délicatesse. Et de
quelle grande utilité seront ces photographies pour tous les spécialistes I
Au total 9.000 espèces, 240 genres et 53 familles sont passées en revue. La classifi
cation adoptée ici est différente des classifications antérieures, notamment pour les
Fougères ; les considérations évolutives, comme toujours chez les Ptéridophytes, ont
servi de base à tous les remaniements. Cependant, les considérations chimiotaxino-
miques, les caractères morphologiques des stomates ont été largement pris en compte;
bien des Ptéridophytes de l'ère primaire ont en effet disparu sans avoir laissé de fossiles
connus et l'on doit pallier certains « trous » de la paléobotaniquc.
En tête d'ouvrage figure la classification détaillée adoptée et une clé permettant
d'identifier les trente-trois familles décrites. En outre, la description générale des
caryotypes de chaque famille (avec les nombres chromosomiques les plus fréquents)
est également donnée. Les photographies très nombreuses révèlent par exemple la
grande plasticité des frondes au sein d'une même famille : que l'on compare les petites
Ophioglosses dressées du Macchu Pichu, au Pérou, avec les larges lames des Ophio-
glosses épiphytes de l'Equateur I Les aires de distribution des familles sont immenses
et couvrent souvent les deux Amériques.
Les flores de Fougères xérophytes du Mexique sont très particulières; PICKET
publia en 1931 des résultats d'expériences montrant que certaines Fougères pouvaient
résister à cinq ans de dessiccation quasi-totale (dans une atmosphère asséchée par
du chlorure de calcium anhydre). Les Fougères des Andes sont aussi très particulières.
Les Prêles, Isoètes, Sélaginelles et Lycopodes sont présents, à la fin de l'ouvrage.
Ces groupes sont représentés par un nombre très réduit d'espèces.
Les bibliographies accompagnant chaque famille sont fournies, récentes et vraiment
internationales. Les publications françaises tiennent une place honorable. L'ouvrage
comporte un important index des noms propres de 21 pages, sur trois colonnes.
En somme il s'agit d'un livre indispensable aux botanistes, chercheurs et ensei
gnants. Quant aux naturalistes amoureux des Fougères, ils consulteront ce bel ouvrage
avec jubilation. — P. MAZLIAK.
AN*. BIOL. T. XXIII, PASC. 1, 1984. 6
82 ANNÉE BIOLOGIQUE

BEWLEY (J. D.) et iBLACK (M.). — Physiology and Biochemistry of


Seeds in relation to germination. Vol. z : Viability, dormancy and environmental
control. Un vol. (17 X 24,5 cm), XII + 575 p., 153 fig. Springer-Verlag, Berlin,
Hcidclbcrg, New York, 1982. Prix : DM 128; S 51.20. — II s'agit du deuxième tome
d'un ouvrage consacré à la physiologie des graines. J'avais salué la parution du premier
tome (consacré à la morphologie des semences et à la mobilisation des réserves au
cours de la germination) comme une sorte de petit événement témoignant, en autres,
du retour de la physiologie des graines au premier plan de la physiologie végétale.
Le deuxième tome ne dément pas le premier.
Le premier chapitre est consacré à la longévité des graines. Combien d'années les
semences végétales conservent-elles leur pouvoir gcrminatif ? La question est abordée
de façon amusante, par une discussion sérieuse de la prétendue viabilité des grains
de Blé ou d'Orge retrouvés dans la tombe de Toutankhamon. Bien que morpholo
giquement assez bien conservées, les graines des tombes des pharaons sont biochi-
miquement beaucoup trop dégradées pour pouvoir germer de nos jours. Les records
de longévité des graines, dûment constatés par BECQUEREL, sont de l'ordre de 1 50 ans.
La masse des recherches contemporaines porte sur la perte de viabilité des semences
entreposées quelques mois dans les silos des agriculteurs.
Le corps de l'ouvrage traite de la dormance, son déterminisme, les divers procédés
de levée de dormance. Enfin une mise au point moderne et cxtcnsive paraît sur cette
question ! Enfin une bibliographie exhaustive, des définitions claires, des schémas
percutants, des exemples par dizaines ! Aucun botaniste, aucun physiologiste des
végétaux ne pourra se dispenser de la lecture de ces pages : c'est un véritable bain de
jouvence. L'ouvrage témoigne bien de la nouvelle approche, à l'échelle moléculaire,
du problème de la levée de dormance : fixation éventuelle du phytochrome aux
membranes, changements d'organisation des biomembrancs, décompartimentation
dans la cellule, libération des divers effecteurs (positifs ou négatifs) de la croissance
et de la multiplication cellulaire... Ce livre montre les progrès importants de la phy
siologie végétale au cours des dix dernières années. 11 faut néanmoins citer les auteurs
pour faire exactement le point des connaissances contemporaines : « Si les différentes
formes de dormance ont véritablement en commun un même mécanisme d'enclenche
ment, ce mécanisme nous a échappé jusqu'à présent et nous échappe encore ».
Un dernier chapitre est consacré aux effets des divers paramètres du milieu ambiant
sur la germination.
Deux importants index (par auteur et par matière) facilitent la consultation de
l'ouvrage. Luxueusement imprimé, magnifiquement illustré, c'est un « classique :•
qui vient de paraître. — P. MA/LIAK.

GOTTLIEB (O. R.). — Micromolecular évolution, systematics and ecology.


Un vol. (16,5 X 24 cm), xi |- 170 p., 80 fig. Springer-Verlag, Berlin, Heidclberg,
New York, 1982. Prix : DM 79; S 33. — L'ouvrage porte en sous-titre : Essai pour
r'introduction d'une nouvelle discipline botanique. 11 s'agit en effet d'une tentative pour fondet
des filiations évolutives (phylogénétiqucs) sur la considération des substances chi
miques synthétisées par les plantes — substances chimiques assimilées aux produits
« secondaires » du métabolisme. On sait que l'unité biochimique de tous les êtres
vivants se traduit par le fait qu'ils ont tous les mêmes voies « primaires » du métabo
lisme : glycolyse, fl-oxydation, cycle des acides tricarboxyliques, grandes voies ana-
boliqucs communes, etc. Par contre, les voies de biosynthèse conduisant aux
métabolitcs « secondaires » (stcroïdes, pigments, flavonoïdts, alcaloïdes), sont
beaucoup moins uniformément répandues et peuvent fort bien servir de témoins pour
reconstituer les progrès de la spéciation dans le règne végétal. C'est ce pari que tente
O. R. GOTTLIEB. Il fait remarquer que jusqu'à présent les meilleures reconstitutions
d'arbres phylogénétiques biochimiques ont été obtenues en considérant les variations
des macromolécules (cytochrome c, ferredoxines, hémoglobines). Peut-on faire le
même travail avec les produits secondaires du métabolisme végétal ou micromolé
cules? Voilà le thème central de l'ouvrage. L'auteur mène son enquête en prenant
ANALYSES 83

en compte à la fois les structures chimiques (démarche chimiotaxinomique classique)


et les voies métaboliques diverses existant chez les végétaux pour leur biosynhèse
(démarche plus originale).
Les trois premiers chapitres sont consacrés à quelques notions générales : présenta
tion des substances allélocbimiqnes utilisées comme marqueur systématique; considé
rations générales sur la systématique fondée sur ces substances ou sur les voies méta
boliques intéressées. Les substances allélochimiqiies constituent les signaux chimiques
que les êtres vivants émettent dans les écosystèmes pour communiquer avec, ou se
protéger, d'autres êtres vivants; il y a donc inévitablement un aspect écologique
associé aux présentations chimiosystématiques figurant dans le reste de l'ouvrage.
On trouve un chapitre sur l'évolution des flavonoïdes, un sur les terpénoîdes et
phénols associés, un sur les benzylisoquinolines chez les Magnoliidae, puis des cha
pitres, sur les iridoïdes, alcaloïdes, xanthones, quinolizidines, néolignancs et arylpy-
rones; le chapitre terminal propose des réflexions évolutives sur la couleur bleue des
fleurs.
La conclusion est une discussion de la question fondamentale posée par cet ouvrage :
« est-ce qLC l'intégration des données allélochimiques, morphologiques, écogéogra-
phiqucs débouche sur un système de classification pertinent? ». Il faut dire que les
diagrammes phylogénétiques construits par l'auteur sont impressionnants par la
finesse des filiations proposées et la richesse des structures chimiques complexes
analysées. Les diagrammes concernant les Angiospermes construits à partir de méta-
bolites secondaires différents se recoupent assez bien. L'auteur conclut, à mon avis
à juste titre, qu'un fort degré de corrélation existe entre les variations morphologiques
des végétaux d'une part et les variations des métabolismes secondaires d'autre part.
Les deux types de données illustrent la réponse des végétaux aux pressions de sélection
diverses s'exerçant sur les systèmes de reproduction et de défense. La cohérence des
classifications évolutives phytochimiques est étroitement liée à une variation chimique
graduée dans l'espace (biogéographie chimique).
L'ouvrage est ires dense. Il s'adresse aux chercheurs, biochimistes et botanistes
avertis. C'est certainement un des ouvrages de botanique ou de biochimie les plus
stimulants pour la réflexion, parmi tous ceux publiés ces dernières années. — P. MAZ-
LIAK.

MATUSZEWSKI (B.). — Animal Cytogenetics. Vol. 3, Fasc. j. Insecta, Dip-


tera. I. Cccidomyiidae. Un vol. (16 X 25 cm), t4Op., 35 fig., 10 tab. Gebriïder Borntrae-
gcr, Berlin, Stuttgart, 1982. — Les Cccidomyiidae sont une famille de Diptères inférieurs
(sous-ordre des Nématocères) normalement rangés dans la superfamille des Bibiono-
morpha. Ils appartiennent au même ensemble que les Mycétophylidae, les Sciaridae,
les Bibionidae, les Ceroplatidae, les Scatopsidac, les Anisopodidae et les Macroccridac,
soit autant de familles importantes par le nombre des espèces. Les Cecidomyiidae
seraient issus d'une famille de Diptères connus au début du Crétacé (RODENDORF,
1946), voire au début du Jurassique (MANI, 1950) ou du milieu de cette période
(HENNING, 1954). Pour MOON (1960), les espèces non gallicoles existaient déjà au
Jurassique alors que les espèces gallicoles apparaissent à la fin du Crétacé. En dépit
de ces divergences il est certain que la sous-famille de Cecidomyiinac est apparue
au début du Crétacé formant un groupe en pleine extension de telle sorte que, à la fin
de cette période, elle comportait déjà un certain nombre d'espèces se développant aux
détriments des végétaux et induisant le développement de galles.
Ces assertions ont été confirmées par les données des paléontologistes qui grâce
aux spécimens inclus dans l'ambre de la Baltique, ont constaté que les Cecidomyiidae
constituaient une famille diversifiée, très spécialisée, des forêts de l'Eocène supérieur
présentant beaucoup de caractères connus chez les espèces actuelles de Gallicoles.
Le taux d'évolution des Cecidomyiidae a changé de manière significative au cours
des temps géologiques. Ainsi, au cours des 60 millions d'années de la période crétacé,
les Gallicoles se diversifient, définissent diverses sous-familles et les genres majeurs.
Les changements sont alors plus importants que ceux qui se manifestent pendant les
84 ANNÉE BIOLOGIQUE

70 millions d'années de la période néozoïque au cours laquelle la différenciation de


nouveaux genres est considérablement réduite. Tout semble donc indiquer que la
phase de diversification maximale coïncide avec le début de la phase d'explosion des
Angiospermes (MAMAEV, 1968). De plus, l'étude comparée et approfondie de la mor
phologie des formes larvaires et imaginales, prouve que l'affinité des Cecidomyiidae
et des Mycetophylidae est plus étroite que celle des Cecidomyiidae et des Sciaridae
(MAMEV, 1968).
L'analyse cytogénétique des trois familles confirme ces affinités (WHITE, 1949-
1950).
Le fascicule rédigé par B. I\IATUSZEWSKI compte, outre de longues considérations
sur l'histoire des Cecidomyiidae, cinq chapitres d'inégale importance. Le chapitre II
traite des caractéristiques cytologiques des Cecidomyiidae, qu'il s'agisse d'observations
(réductions somatiques et différenciation des cellules germinales primordiales) ou
de données expérimentales (cautérisation, irradiation, ligatures ou constrictions des
œufs, centrifugation).
Le troisième chapitre relate les cycles biologiques et les cycles chromosomiques de
divers Cecidomyiidae : Lestremiinae (Tekomyia populi, Mycophila nikoleii, M. barnesi,
M. speyeri), Porricondylinae (Henria psalliatae, Leptosyna nervosa, Heleropezula tenais,
H. pygmaea, Brittenia fraxinicola, Miastor metraloas, M. castaneae), Cecidomuiinae. Ces
études sont poursuivies en relation avec les capacités de paedogenèse thélytoque ou
arrhénotoquc, en fonction de la cytologie des embryons mâles ou femelles, de la
reproduction bisexuée, de la détermination du sexe.
Les derniers chapitres rappellent les relations entre les chromosomes somatiques (5)
qui subissent le processus de réduction et les chromosomes E qui seront éliminés à
diverses étapes de la segmentation, mais dont le rôle doit être précisé. Indépendam
ment de ces phénomènes, la présence de chromosomes polyténiques a été décelée dans
divers tissus (glandes salivaires, tubes de Malpighi, trophocytes, mésentéron, etc.).
Ce fascicule constitue l'un des éléments d'une longue série d'études dédiées aux
Plathelminthcs (Vol. I), aux Annélides (Vol. 2), aux Insectes (Vol. 3 ; 7 fascicules),
aux Chordés (Vol. 4; 4 fascicules). Outre sa valeur de répertoire, il apporte des infor
mations précises et originales sur les particularités cytogénétiques des Cecidomyiidae.
•— P. CASSIER.

BIELKA (H.), éd. — The Eukaryotic Ribosome. Un vol. (17 x 24,5 cm),
338 p., 36 fig., 29 tab. Springer-Verlag, Berlin, Hcidclberg, New York, 1982. Prix :
DM 76; S 31.70. — Bien que d'abord découverts dans les cellules d'Eukaryotes,
les ribosomes sont actuellement mieux connus chez les Prokaryotcs en raison de leur
complexité moindre (55 protéines constitutives au lieu de 70 à 75) et de la possibilité
d'y analyser de nombreux mutants. L'auteur entend donc procéder à une mise au point
des travaux chez les Eukaryotes, mais en prenant essentiellement en considération
les ribosomes cytoplasmiques (80 S).
Après un bref aperçu des ribosomes dans la cellule (libres ou liés au réticulum,
à l'état de polysomes, associés en une structure cristalline...) et de quelques-unes de
leurs caractéristiques physiques et chimiques générales, il précise leur morphologie
en microscopie électronique (petite sous-unité, grande sous-unité) et d'après l'analyse
aux rayons X. 11 expose leur composition protéiquc (33 protéines associées à la parti
cule 40 S et 49 à la particule 60 S, dans le foie de Rat) avec les estimations des poids
moléculaires des protéines, de la composition et de la séquence de leurs acides aminés
(connues dans peu de cas), en soulignant le degré élevé de conservatisme évolutif
de ces protéines, démontré aussi par utilisation de techniques immunologiques.
Cependant, des différences antigéniqucs ont été trouvées entre protéines ribosomales
de tissus malins et de tissus normaux.
Les acides nucléiques associés aux particules ont respectivement des poids molé
culaires de 25-28 S et 15-18 S. Alors que les compositions en bases des ARN de diffé
rents tissus d'individus d'une même espèce sont à peu près semblables, elles sont
notablement différentes pour le même tissu d'organismes différents. Les séquences de
ANALYSES 85

nuclcotides (116 à 121) de l'ARN 5 S sont connues chez de nombreuses espèces, de


même que celles (158 à 162 nucléotides) de l'ARN 5,8 S. Les protéines ribosomales
sont synthétisées sur les polysomes et transportées dans le noyau. La maturation des
pré-ARNr implique, au niveau du nucléole, la liaison des protéines ribosomales
au pré-ARNr en particules pré-RNPr transportées dans le cytoplasme. L'analyse des
interactions entre les constituants du ribosome facilite la compréhension du fonction
nement de ce dernier pendant la translation. Aussi, l'auteur détaille-t-il les différentes
méthodes qui ont été utilisées pour déceler cette organisation supramoléculaire. On
admet qu'au niveau des polysomes fixés aux membranes du réticulum endoplasmique,
deux classes de protéines sont formées (celles destinées au transport dans d'autres
compartiments cellulaires ou à l'exocytosc et celles devant participer aux structures
membranaires) alors qu'au niveau des polysomes libres sont synthétisées principale
ment les protéines solubles. Les étapes de la synthèse protéique (initiation, élongation,
terminaison) sont successivement exposées avec quelques exemples de régulation au
niveau de la translation (synthèse de globine dépendant de la présence de Thème dans
le réticulocytc; action des interférons).
Chaque chapitre est suivi d'une importante bibliographie (2.812 articles cités au
total) et le livre s'achève par un index des mots et un index des auteurs. L'ensemble
donne un bon ouvrage de référence, où sont clairement présentées pour l'enseignant
les données actuelles essentielles et où le chercheur peut trouver une abondante
bibliographie, allant jusqu'en 1981. — P. DE PUYTORAC.

RIEUTORT (M.). — Physiologie animale, i. Les cellules dans l'organisme.


Coll. Abrégés de Sciences. Un vol. (15,5 X 21 cm), 272 p., 162 fig. Masson, Paris,
New York, Barcelone, 1982. — Le but de ce manuel destiné aux étudiants qui s'en
gagent dans les études de Biologie, est la présentation des divers aspects de la physio
logie contemporaine, discipline carrefour qui associe les données de la biochimie,
de la génétique, de l'immunologie, de la cytologie voire de la pathologie. L'intégra-
t ion de ces informations assure une meilleure compréhension des processus qui assurent
la survie de l'individu et la pérennité de l'espèce.
Le corps des Métazoaires n'est pas la simple juxtaposition de cellules différenciées;
son activité, l'harmonie des fonctions, les qualités et l'homéostasie des divers compar
timents suppose une coordination d'ordre supérieur, l'échange de messages de nature
variée entre les organes, les tissus, les cellules et réciproquement.
L'auteur a choisi l'alternative « de la cellule à l'organisme ». L'échange des infor
mations nécessite, quels que soient leur provenance, le franchissement ou la recon
naissance d'une interface constante des cellules, la membrane plasmique dont il
précise la structure (composition, architecture, biogenèsc, renouvellement et les
Jonctions (perméabilité passive, transports actifs, endocytose et exocytose). Cette
présentation est l'occasion de préciser les techniques couramment utilisées, leurs
limites, les lois qui régissent les échanges.
Puis, RIEUTORT envisage la physiologie de quelques types cellulaires dont les parti
cularités sont marquées : les neurones et la conduction rapide de l'information (structure,
environnement et physiologie, le potentiel d'action et propagation du signal nerveux) ;
la contraction musculaire et les autres aspects de la motilité (muscle strié squelettique, autres
cellules musculaires, cellules non musculaires douées de motilité); les cellules sécrétrices
et la sécrétion (cellules exocrines et endocrines du pancréas, cellules thyroïdiennes,
cellules stéroïdogènes). Après cette présentation qui est également l'occasion de
préciser divers points de biochimie, de cytologie, de bioénergétique, l'auteur envisage
les intégrations d'ordre supérieur entre cellules (gap jimctions : synapses chimiques et
neurotransmetteurs, hormones, récepteurs et messager d'ordre secondaire AMPc,
calciprotéines (CaBP), calmodulinc...) et entre les organes (le système hypothalamo-
hypophysaire des Vertébrés).
Cette présentation synoptique témoigne du souci de l'auteur d'une progression
dans l'analyse des interrelations. Les développements ne sont pas exhaustifs mais, à
86 ANNÉE BIOLOGIQUE

l'issue du manuel et pour chaque chapitre, l'auteur fournit une liste des lectures
conseillées et les principales références.
Si ce manuel est par son contenu conforme aux programmes actuels du premier
cycle des études universitaires, il faut regretter par référence à des ouvrages équivalents
que le format, la typographie, l'emploi exclusif de schémas en noir et blanc, nuisent à
l'esthétique de l'ouvrage qui mériterait d'être plus attractif. Les grandes fonctions
d'un organisme (circulation, respiration, régulation du métabolisme hydrominéral,
reproduction) seront envisagées dans un ouvrage ultérieur. — P. CASSIER.

ZWEERS (G. A.)- — The feeding System of thé Pigeon (Coltimba


livia L.). Advances in Anatomy, Embryology and Cell Biology, vol. 7}. Un vol. (16,5
X 24 cm), vu + 108 p., 45 fig. Springer-Verlag, Berlin, Heidclbcrg, Ne\v York,
1982. Prix : DM 54; S 24. — Anthropocentrisme et pragmatisme semblent être les
raisons majeures qui au cours de la dernière décade ont déterminé les psychologues
et les neuro-éthologistes à utiliser le Pigeon comme modèle expérimental. Anthropo
centrisme, car au premier abord, le Pigeon présente plusieurs particularités compa
rables à celles de l'Homme; les Pigeons boivent, ont une posture bipède, un compor
tement territorial, et en apparence un certain sens de leurs intérêts. Pragmatisme,
car a priori le système Pigeon est comparativement à l'Homme un système moins
complexe mais susceptible d'apporter des informations utiles ou paradigmes à la
compréhension des systèmes humains. Il est de manière plus prosaïque, un modèle
biologique peu onéreux, qui s'adapte rapidement à de multiples situations expéri
mentales, est capable d'apprentissage et manifeste une mémoire véritable...
De nombreuses études lui ont donc été consacrées et concernent par exemple les
processus sensorimoteurs et les motivations de la faim, de la soif, de l'apprentissage,
du picoragc ou de la façon de se désaltérer. Une description des structures anatomiques
sous-jaccntes, des dispositifs biomécaniques, impliqués dans ces comportements
élaborés font généralement défaut. Ceci est particulièrement vrai dans le cas du sys
tème alimentaire, les bases neuro-anatomiques de la cybernétique de ce système ont
été étudiées à l'occasion d'études expérimentales sur les connexions cérébrales mais
les nerfs périphériques, les éléments sensoriels extéroceptifs ont été trop souvent
négligés faute d'une étude approfondie, de l'anatomie et de la mécanique du système
alimentaire; les rares données sont histologiques ou concernent exclusivement les
muscles des mâchoires...
Ces insuffisances notoires justifient l'étude entreprise par G. A. ZWEERS et relatée
dans le présent fascicule. Cette monographie parcellaire comporte trois parties.
La première est consacrée à l'appareil lingual (structures superficielles et orifices
glandulaires; ostéologie et arthrologie, myologie). La seconde est une description
intégrée dans l'espace de la « bouche » et du pharynx, les nerfs périphériques, élé
ments dermiques, glandes, muscles, squelette osseux et cartilagineux, vascularisation,
voies olfactives et respiratoires. La troisième partie relate les trois fonctions essen
tielles effectuées par ce système, qu'il s'agisse du picorage, de la succion des liquides,
et du rôle du larynx. Ce fascicule accompagné de nombreux schémas de qualité, de
photographies en microscopie à balayage, de radiographies, etc., est à la croisée des
préoccupations convergentes des chercheurs engages dans quatre secteurs de recher
che, morphologie fonctionnelle, neuropsychologic, cthologic alimentaire, écologie
des stratégies de quête. — P. CASSIER.

WEISS (D. G.), éd. — Axoplasmic transport. Un vol. (17 X 24,5 cm),
xni + 477 p., 181 fig. Springer-Verlag, Berlin, Heidelberg, New York, 1982. Prix :
DM 129 ; $ 5 3.80. — Dans une cellule d'Eukaryote, un système complexe de processus
permet le transfert des macromolécules et des organelles de leur site de synthèse à leur
destination. Ces phénomènes de transport sont particulièrement importants dans les
neurones et, pour les y aborder, une approche interdisciplinaire faisant appel à la
neurochimie, la biologie cellulaire, la neurophysiologie et la biophysique est ncces
ANALYSES 87

saire. Tel est l'objet de ce livre, publié d'après les exposés de la Table Ronde sur
le Transport axoplasmiqut (Schloss Elmau, en Bavière, 1981).
La première section concerne la Motililé intracellulaire, non neuronale. D. J. MORRÉ (Purdue
Univ.) insiste sur le rôle du réticulum endoplasmique dans le transfert des vésicules
intracellulaires. K. J. LUBY-PHELPS (Univ. of Colorado) et M. SCIILIWA (Carnegie,
Mellon Univ.) prennent la migration du pigment dans les chromatophores comme
système modèle de transport et B. R. BRINKLEY et S. L. BRENNER (Baylor Collège Univ.)
les mouvements des chromosomes.
La deuxième section réunit des articles sur les composants moléculaires et structuraux
de l'axone. C. H. BERTHOLD (Goteborgs Unit.) présente quelques aspects de l'ultra-
structure des axones à myéline, périphériques chez le Chat, en envisageant plusieurs
voies possibles pour un transfert métabolique direct entre ce type d'axone et les
cellules de Schwann. M. H. ELLISMAN et J. D. LIVIDSEY (Univ. o/California) s'attachent
plutôt à l'étude des composants membranaires et fibrillaires impliqués dans le transport
neuroplasmique rapide. D. SOIFER (Stalen Island, N. Y.) et coll. détaillent les pro
priétés des protéines des neurofilaments et le rôle possible des microtubules dans le
transport axoplasmique. D. J. GOLDBERG (Columbia Univ. Collège of Physicians and
Surgeons, N. Y.) résume les données actuelles sur l'actinc et la myosinc du neurone.
K. PRUS et AT. WALLIN (Univ. of Goteborg) se demandent si l'association d'une activité
ATPase avec les microtubules n'est pas un artefact. P. F. BAKER (King's Collège)
attire l'attention sur la viscosité de l'axoplasme.
La troisième section a trait aux caractéristiques générales du transport axoplasmique.
C. BAITINGER (Washington Univ. School of Medicine) et coll. classent en cinq groupes
les protéines transportées. J. O. KARLSSON (Univ. Goteborg) souligne les difficultés à
caractériser les protéines rapidement transportées. A. DAIILSTROM (Univ. of Goteborg)
d'une part, J. Y. COURAUD et L. DI GRAMBERARDINO, d'autre part, envisagent le
cas du transport des enzymes intervenant dans la régulation du métabolisme de l'acé-
tylcholine. B. T. PICKERING (Univ. of Bristol) commente les effets de la colchicine
sur le système hypothalamo-hypophysairc de Rat, modèle de transport de granules
de sécrétion golgiens au site d'émission.
Le rôle d'un polypeptide proche de la calmoduline dans le transport rapide est
envisagé par T. TASIIIRO et M. KUROKAWA (Tokyo Univ.), N. A. INGOGLIA et
M. F. ZANAKIS (Neiv Jersey Médical School) démontrent le transport d'ARM 4 S.
B. DROZ (Centre d'Études Nucléaires, Saclay) et coll. étudient le transfert axonc-glie
des constituants phospholipidiques et P. AloREL et coll. (Univ. of North Carolina) le
transport d'un lipide spécifique de mitochondric (le diphosphatidylglycérol).
M. A. BISBY (Univ. ofCalgary) examine le transport rétrograde des protéines endogènes
sous les aspects recyclage et transfert d'informations tandis que K. KRISTENSSON
( Karolina Institut) étudie le transport rétrograde de macromolécules exogènes.
S. T. BRADY et R. J. LASCK (Case Western Réserve Univ., Cleveland) font le point des
connaissances sur les composants lents du transport axonal. P. CANCALON (Florida
State Univ.) donne les caractéristiques du flux lent dans les nerfs olfactifs et optiques
de Ljpidosteus.
Dans la section 4 sont juxtaposés des résultats expérimentaux sur le mécanisme de
transport. D. S. FORMAN (Navae Médical Res. Inst. Bethesda) observe les effets du
taxol, S. Ch. PAPASOZOMENAS et coll. (Case Western Res. Univ. Cleveland) ceux du fi-
[i'-Iminodipropionitrite. H. ISHIKAWA et S. FSUKITA (Univ. of Tokyo) pensent à
l'intérêt d'études en cryodécapage. J. LEVINE (Salk Institute, San Diego) évoque un
rôle possible de la fodrine dans le transport et R. HAMMERSCIILAC;, d'une part, (City
of Hope Res. Inst., Duartt) et M. KANJE (Univ. of Lund) et coll., S. T. BRADY (Cleve
land), d'autre part, reviennent sur les rôles multiples du Ca++ dans l'initiation du
transport rapide. Z. IQBAL et S. Ocus (Indiana Univ. Scbool of Médiane) précisent les
caractéristiques de la calmoduline des nerfs de Mammifères.
G. ALSONSO (Montpellier) repose la question du rôle des filaments d'actine dans les
neurones hypothalamo-neurohypophysaires de Rat. Les expériences de G. ISENBERG
(Max-Planck Inst.) indiquent que ces filaments interviennent dans le transport axo
88 ANNÉE BIOLOGIQUE

plasmique. Par l'emploi de la vinblastine, B. GHETTI (Indiana Univ. School of Medicine)


et coll. tentent de montrer le rôle essentiel des microtubules. Des approches théoriques
et des modèles de mécanismes de transport sont réunis dans la section /, et des tech
niques expérimentales d'études du transport axoplasmique sont présentées dans la
sixième section.
En résumé, dans cet ouvrage est brossé, d'abord, un tableau général de la grande
variété des matériaux transportés avec leurs vitesses spécifiques. Ensuite, est démontrée
notre incompréhension actuelle du mécanisme de transport. Les résultats concernant
l'intervention du Ca++, par exemple, sont contradictoires. Le rôle réel des micro
tubules est controversé, celui de l'actine, sujet à caution. Les inhibiteurs mitotiques
agissent semblablement sur les organelles qu'ils se meuvent en direction rétrograde ou
en direction antérograde. Le sens de la direction du déplacement serait un processus
quantitatif plutôt que qualitatif. Le livre de D. G. WEISS représente, au total, une
excellente mise au point des faits acquis et des problèmes posés. — P. DE PI.YTORAC.

WEISS (D. G.) et GORIO (A.), éd. — Axoplasmic transport in physiology


and pathology. Un vol. (17 X 24,5 cm), xi -f- 192 p., 76 fig. Springer-Verlag,
Berlin, Heidelberg, New York, 1982. Prix : DM 78; S 31.20. — Ce volume est issu
de la table ronde sur le transport axoplasmique qui a eu lieu à Schloss Elmau (Bavière),
en 1981. 11 est jumelé avec un autre fascicule (Axoplasmic transport) traitant des carac
téristiques du transport axoplasmique et des mécanismes moléculaires impliqués.
Dans le présent ouvrage, les exposés sont partagés en 5 chapitres, après un rapport
des propriétés générales du transport axoplasmique par D. G. WEISS ( Unieersitàt
Miinchen).
Dans le /er chap. (Rôle physiologique du transport axoplasmique), A. DAHLSTRÔM
(Univ. of Goteborg) centre son intérêt sur la liaison entre transport axoplasmique et
transmission synaptique. Se demandant dans quelle mesure l'activité physiologique du
neurone a un effet sur le transport axonal, B. GRAFSTKIN et D. EDWARDS (Cornet!
Univ. Médical Coll., N. Y.) constatent que la quantité de nucléosides transportés est
50 pour 100 plus grande dans le neurone en activité qu'en absence d'activité. Pour
M. SANDBERG et coll. (Univ. of Goteborg), la plus grande partie des protéines rapidement
transportées doit être dégradée dans les terminaisons nerveuses. P. SCHUBERT et
G. KREUTZBKRG (Max-Planck Inst. of Psychiatry, Miinchen) insistent sur le fait que le
neurone peut émettre de nombreux signaux moléculaires pour communiquer avec
son environnement et ils prennent l'exemple de transport des nucléotides adény-
liques. Pour H. GARNIKR et coll. (Bethesda), les vésicules de neurosécrétion sont plus
qu'un processus de transport. Elles auraient aussi un rôle actif dans la biosynthcse
des hormones et des neurophysines.
Les communications du 2e chap. ont trait au râle du transport axoplasmique an
cours de la croissance et de la régénération. K. PFENNINGER (Colambia Univ.) montre
l'importance du transport axonal dans le transfert des composants membranaires,
depuis leur lieu de synthèse, dans le périkar\on, à la surface du neurone en croissance.
P. CANCALON et coll. (Florida State Univ.) analysent toutes les phases du transport
durant la régénération du nerf olfactif. M. BISBY (Univ. ofCalgary) note une diminution
de protéines et glycoprotéines marqués, après section, avec retour à la normale durant
la régénération. L. DI GRAMBERARDINO et coll. (Commissariat à l'Energie atomique,
Gif-snr-Yvette) soulignent que l'effet d'un traumatisme du nerf sur le transport
axonal de l'acctylcholincstérasc dépend du type de traumatisme. A. GORIO (Fedia
Rfj. Lab.) étudie l'influence du transport axonal sur la restauration synaptique du
nerf sciât ique.
Nfitropathies expérimentales et transport axoplasmique font l'objet du f chap. P. SPEN
CER et J. GRIFFEN (Albert Einstein Coll. of Med., Bronx, N. Y.) analysent l'effet de
la 2,5-Hexanedione sur le transport axoplasmique, D. DROZ et coll. (Commissariat
à l'Énergie atomique, Gif-sur-Yvette) ceux de l'acrylamide, J. GRIFFEN et coll. ceux du
p-p'-Iminodipropionitrile et A. P. AUZIL ceux du Disulferam.
Les communications du 4e chap. lient transport axoplasmique et pathologie neuronale.
ANALYSES 89

Pour S. BRIMIJOIN et coll. (Mayo Clinic, Racketter, USA), la clé de la lésion neuronale
due à la />-bromophénylacétylurée est dans une détérioration du transport antérograde
rapide. Dans la maladie d'Alzheimer, le remplacement des microtubules normaux,
dans les cellules centrales, par des filaments hélicoïdaux appariés est lié à un désordre
sévère du flux axonal (P. DUSTIN et J. FLAMENT-DURAND, Univ. libre de Bruxelles).
J. SJÔSTRAND et coll. (Univ. of Goteborg) donnent quelques résultats expérimentaux
des effets de la compression, sur le transport axonal des nerfs périphériques et SJÔS
TRAND fournit quelques exemples des implications du transport axonal en ophtalmo
logie. Des virus peuvent se servir des axones pour leur transfert (K. KRISTENSSON,
Karolinska Inst.~).
Le transport axoplasmique peut donc être un outil en neurophysiologie et neuroanatomie,
par emploi de transmetteurs marqués (M. CUENOD et coll., Univ. of Zurich), de peroxi-
dase comme traceur (A. ASCHOFF et K. SCIIÔNITZER, Max-Planck Inst.) ou de compo
sés fluorescents (A. ASCHOFF et coll.).
En résumé, on voit clairement ici comment la question du transport axoplasmique
déborde, actuellement, largement le plan théorique et fondamental pour intéresser les
neurologues, les neurochirurgiens, les ophtalmologistes, etc. — P. DE PUYTORAC.

CHIARELLI (A. B.) and CORRUCINI (R. S.)- — Primate Evolutionary


Biology. Un vol. (17 x 24,5 cm), ix + 119 p., 73 fig. Springer Verlag, Berlin, Heidel-
bcrg, New York, 1981. Prix : 56 DM; S 26.10. — II s'agit d'une sélection des com
munications présentées au 8e Congrès de la Société Internationale de Primatologie à
Florence (7-12 juillet 1980) et portant sur la morphologie fonctionnelle, l'évolution et
la paléontologie (partie A) des Primates.
Les homologies du système carotidien interne des Lorisidés sont exposés par
H. BUTLER (University of Saskatchen'an). P. SCHMIU (Universitdt Zurich) compare
les Nonadapidcs de l'éocènc et le Tarsius. L. R. GODFREY et A. J. PETTO (University
of Massachiissetts) étudient les variations de taille chez Archaeolemur spp. de Mada
gascar.
T. I. GRAND (Oregon Régional Primate Research Cenler) lie l'anatomie de la croissance
aux capacités locomotrices du Macaque. A. A. EUDEY (Universiiy of Nevada) relevé
les caractéristiques morphologiques et écologiques de populations sympatriques de
Macaque, en Thaïlande. D. K. MESSMANN (University of Illinois) voit dans les surfaces
articulaires des tarses un reflet de la spécialisation du pied des Primates et C. TARUIEU
(.Musée de l'Homme, Paris) montre que les surfaces articulaires du genou sont de bons
indicateurs des modes de fonctionnement de cette articulation. A. PREJZNER-
MORAWSKA et M. URBANOWICZ (Médical Academy, Gdansk) observent les variations
morphologiques de quelques muscles du membre postérieur des Primates.
B. SENUT (Musée de l'Homme, Paris) s'appuie sur la morphologie de l'humérus distal
pour distinguer 3 groupes principaux d'Hominidcs au Plio-Plcistocène.
O. J. OYEN et D. H. ENLOW (School of Dentistry, O/jio) tentent de préciser les rela
tions structures-fonctions entre la mécanique de la mastication, la biologie du
squelette et le développement cranio-facial chez les Primates.
B. JACOBSHAGEN (Universitdt Hamburg) procède à une comparaison des caractères
morphologiques du crâne des Grands Singes et de l'Homme. Les aspects phylogcniqucs
de la disposition des prismes d'émail dentaire, chez les Hominoïdes européens, sont
envisagés par N. T. XIROTIRIS ( ( .niversitàt Frankfurt) et \V. HENKE (Johannes
Gutenberg-Universitàt, Mainz). L'organisation structurale du cortex de l'aire du langage
du cerveau humain et des zones homologues dans le cerveau des Singes est étudiée par
M. S. VOJNO (Moscou! Utiiversity). — P. DE PUYTORAC.

GRIFFIN (D. R.)i éd. — Animal Mind-Human Mind. Life Sciences Research
Report vol. 21, Un vol. (15 X 21 cm), x + 427 P-> 3° fig-, 2 tab., 4photos. Springer
Verlag, Berlin, Heidelberg, New York, 1982. Prix : DM 54; S 25.20. — II s'agit
d'exposés présentés à la Table ronde de Dahlem (Berlin, 1981) qui se donnait pour
9O A.WÉK BIOLOGIQUE

objet d'explorer la nature de l'esprit (Mind) animal et de développer de nouvelles


approches en vue de sa compréhension, l'idée a priori étant la possibilité de production
de divers types d'expériences mentales dans des groupes animaux autres que l'Homme.
L'expérience consciente ne serait pas un phénomène de tout ou rien et une base de
départ dans cette recherche pourrait donc être ce que nous savons sur l'esprit humain.
Quatre groupes de réflexion ont spécifiquement débattu des approches neuropsycholo
giques, de l'évolution de la pensée, des approches comparatives d'une connaissance
animale, de la communication comme évidence de pensée. Les grandes lignes des
débats de chaque groupe sont reprises à la fin de l'ouvrage qui débute par 16 expo
sés sucessifs d'auteurs.
S. A. HYLLYARD (Univ. of California) et F. E. BLOOM (The Salk /«//., La ]olla)
décrivent plusieurs types de fonctions cérébrales qui paraissent liées, chez l'Homme,
à des processus mentaux et qui pourraient être envisagés comme marqueurs de pro
cessus semblables ou homologues chez les animaux. A propos d'une discussion sur la
nature de l'intelligence animale et sur ses relations avec l'intelligence humaine,
W. HODOS ( Uni», of Maryland) expose les fluctuations d'opinion concernant les régions
du cerveau qui ont été tenues comme particulièrement importantes pour l'évolution
de l'intelligence. J. LEVY (Univ. of Chicago) souligne l'asymétrie fonctionnelle des
hémisphères cérébraux, sujet bien connu de controverses depuis le xixe siècle. Il
parait pourtant évident que chaque hémisphère a son propre lot de processus mentaux
complémentaires de ceux de l'autre hémisphère et que ces capacités différentes pro
grammées à la naissance émergent au cours d'une maturation ultérieure. R. H. DRKNT
(Rijksitniversiteit Groningen) se demande comment les Oiseaux évaluent les risques et
les avantages dans une situation d'alternative qui leur est proposée. Partant d'une
hypothèse sur un schéma général de comportement, D. DORNER (Univ. Bamherg)
voit l'origine de la pensée humaine dans une simulation interne d'un comportement
externe, la forme de pensée dépendant de l'étendue de contrôle que le sujet estime
avoir sur son environnement. H. KUMMER (Univ. of Zurich) montre comment, chez
des Primates, un comportement apparemment simple tel que se cacher ou ne pas se
battre peut impliquer plus de connaissances sur d'autres que des interactions complexes
telles que la menace. W. A. MASON (Univ. of California) rappelle que nos données sur
l'intelligence des Primates sont principalement fondées sur des études au laboratoire
d'individus isolés face à un problème posé, alors que la plupart des Primates vivent
en groupes sociaux. G. LUKR (Inst. fur Psychologie der Rheinisch, Westfdliscben l'tchni-
scben) résume les procédés actuellement utilisés en psychologie pour révéler, décrire
et expliquer les principes de l'esprit humain, se demandant si tout cela est applicable
à l'animal. D. J. GILLAN (Univ. oj Pennsylvanie) apporte une démonstration de possi
bilité de raisonnement inductif et déductif chez les Chimpanzés, tout en soulignant des
différences dans les processus cognitifs de l'Homme et des Singes. R. H. KLUNVE
(Hainburg) développe la recherche dans le sens de la métaconnaissancc, inaugurée
par FLAVELL et F. FLIX (Humboldt Univ.) expose son point de vue de l'évolution des
processus cognitifs. G. BEER (Rntgers Univ.) présente quelques exemples de communi
cation chez les Vertébrés comme des « fenêtres » possibles du mental animal.
J. L. GOULD et C. G. GOULD (Princeton Unir.) rappellent que, chez les Insectes,
beaucoup de traits du comportement sont génétiquement programmés. Avouerai-je
ma perplexité après lecture de cet intéressant ouvrage? Je conçois que T. H. BVLLOCK
(Univ. of California) ait évoqué, dans son allocution de clôture, le désappointement
possible du lecteur qui s'attendrait à un accord des 50 experts réunis, sur l'esprit
animal. Il n'est pas, en effet, évident qu'éthologistes, psychologues et ncurophysio-
logistes se soient entendus sur les termes utilisés et compris sur les niveaux d'approche
considérés. Entre la connaissance conçue comme aspect de phénomènes biologiques et
la théorie même de la connaissance il y a un hiatus difficile à combler. L'intelligence
humaine étant elle-même difficile à appréhender (bien que plus de 100 critères aient
été discutés), l'application de ce concept au comportement animal n'en parait que plus
complexe sinon utopique. Une certitude cependant : si DESCARTES est dépassé, MORGAN
(Introduction to comparative psychology, 1894) l'est aussi. — P. DE PUYTORAC.
ANALYSES P!

TÉTRY (A.). —Jean ROSTAND, Prophète clairvoyant et fraternel. Préface


de Et. WOLFF. Un vol. (17 X 25 cm), 394 p., 9 pi. Fondation Singer-Polignac,
Gallimard, Paris, 1983. — L'idée de ce livre a été conçue du vivant de J. ROSTAND
et avec l'assentiment de ce dernier qui fournit à l'auteur « les premiers éléments d'une
documentation partielle ». La mort de J. ROSTAND (septembre 1977) imposa une
relecture de son œuvre tout entière, ce qui révéla à A. TÉTRY l'actualité des sujets
d'intérêt de J. ROSTAND qu'elle souligne par l'exposé de travaux récents sur ces
questions.
Dans une courte biographie, l'auteur brosse les grands traits de l'enfance, la for
mation et la vie de J. ROSTAND. On en retient le rôle primordial joué par la vénération
du Père (Edmond ROSTAND) et par un milieu familial bourgeois et ouaté qui maintient
le jeune Jean dans un univers beau mais renfermé, contre lequel il va se rebeller par
la publication de 12 livres parus de 1919 à 1931 où il expose ses idées personnelles
sur divers problèmes dans lesquels il se sent engagé : la guerre, les inégalités sociales,
la famille, le couple, l'écrivain soi-même. A. TÉTRY met là, en lumière un J. ROSTAND
peu connu, écrivain social satirique, agressif parfois, traduisant sa sympathie pour les
humbles, son hostilité contre la famille et une misogynie qu'il ne maintiendra pas,
plus tard. Cette œuvre de jeunesse (les premiers textes paraissent quand ). ROSTAND
a 25 ans) me paraît particulièrement passionnante pour une compréhension de la
psychologie de son auteur, à cette période de sa vie, et en référence aux conditions de
son milieu. D'autre part, son comportement n'est pas si différent de celui qu'auront
beaucoup de jeunes, semblablement, après lui, comme nous savons. Mais, lui, conser
vera toute sa vie le sens de l'équité et de la justice, dans tous les domaines.
L'auteur expose ensuite l'œuvre de diffusion scientifique : les livres de vulgarisa
tion, car c'est surtout cette partie de l'œuvre qui est effectivement la plus généralement
connue. Comme beaucoup d'autres étudiants d'avant la guerre, les livres de J. ROSTAND
sur la génétique et l'évolution ont été pour moi cause d'enthousiasme pour la Biologie
et le premier ouvrage par lequel j'ai abordé cette discipline fut Les Problèmes de
l'hérédité et du sexe (1933). Il est peut-être difficile pour les étudiants d'aujourd'hui,
disposant des très nombreux moyens de connaissances dispensés par les média, de
comprendre ce que les mises au point de J. ROSTAND sur des travaux récents et surtout
les développements qu'il en tirait pour un futur proche et lointain ont pu représenter
pour une jeunesse passionnée alors des grands problèmes de la Vie. Après un bref
rappel de quelques considérations de J. ROSTAND sur la Science en général, la Biologie,
le Biologiste, quelques types de Biologistes, A. TÉTRY détaille quelques sujets pri
vilégiés de J. ROSTAND, à propos desquels elle fait le point de l'état actuel de la
question : d'abord, la Génétique. ROSTAND s'attache à imposer les travaux de MORGAN
et de l'École américaine contre les préjugés de certains savants français et contre le
Mitchourisme soviétique. Puis l'Évolution ; ROSTAND admet le fait de l'évolution, en
vulgarise les diverses interprétations, mais ne se satisfait d'aucune. On sait que le
débat est toujours ouvert, en effet. Ensuite, L'Homme ; refusant tout hiatus entre
l'animal et l'homme, J. ROSTAND nie l'existence d'une âme, souligne l'importance de
l'unicité de chaque être humain, se pose la question de la part du milieu par rapport à
l'hérédité, dans les inégalités naturelles. C'est l'occasion pour A. TÉTRY d'exposer les
opinions reposant sur des données scientifiques et concernant le débat actuel sur
l'égalité ou l'inégalité des humains.
Parmi les innovations majeures qui pourront modifier l'homme, J. ROSTAND envisage
« la prolongation de la vie, la détermination à. volonté du sexe, la génération sans père,
l'insémination posthume, les transformations de sexe et des caractères individuels,
le génie et la vertu sur commande, le contrôle des états d'âme et des sentiments, voire
une surhumanisation de l'espèce », ce passage de l'Homo na/uralis à l'Homo biologicus
imposant à J. ROSTAND une certaine anxiété. A. TÉTRY montre alors que ces antici
pations hardies (bébés-éprouvettes, banques de sperme, insémination artificielle post-
mortem, greffe, génie génétique, contrôle du comportement, organes artificiels)
apparaissent bien maintenant comme des prophéties. La morale de J. ROSTAND,
fondée sur la Biologie, a trois impératifs : « mater en soi la brute, dépasser l'enfance,
92 ANNÉE BIOLOGIQUE

échapper à la névrose ». A. TÉTRY se demande comment, depuis les réflexions de


ROSTAND, se présente, actuellement, la morale.
Dans plusieurs livres, ROSTAND fait référence à la psychanalyse qu'il utilise à l'inter
prétation même de certaines de ses Pensées. Il s'est intéressé à la vieillesse, souhaitait
une longue durée de vie, considérant la mort comme un scandale, demeurait convaincu
que les thérapeutiques futures vaincraient la sénilité. A. TÉTRY rappelle que, pour
vieillir sans devenir vieux, il faut posséder des centres d'intérêt, ne pas se fermer au
monde extérieur, combattre la paresse, l'ennui, le laisser-aller, l'isolement et le repli
sur soi-même.
L'Histoire des Sciences a été un thème privilégié de recherche et de réflexion pour
J. ROSTAND qui s'est passionné pour l'histoire de la génération spontanée, pour les
conceptions biologiques de quelques écrivains et philosophes (DESCARTES, BACON,
VOLTAIRE et pour les précurseurs en de nombreux domaines), pour la vie de person
nalités (PASTEUR, J.-H. FABRE, HERRIOT).
11 a attaqué les fausses Sciences, condamnant astrologie et radiesthésie. A. TÉTRY
considère alors l'attitude actuelle des milieux scientifiques devant les phénomènes
paranormaux (OVNI, affaire Uri Geller, action possible de champs physiques sur des
mécanismes biologiques).
Sous le titre « Quelques sujets d'actualité brûlante », A. TÉTRY a groupé sept sujets
envisagés par ROSTAND et qui suscitent de violentes polémiques de nos jours : la
vivisection, l'avortement, la peine de mort, le pacifisme, la guerre atomique, le racisme,
l'histoire.
Est exposée, enfin, l'œuvre scientifique originale de J. ROSTAND. D'abord les
recherches sur les Amphibiens (facteur de régulation de la parthénogenèse trauma-
tique, ovulation par traitement hypophysaire, parthénogenèse et hybridation, influence
du refroidissement sur l'œuf, gynogenèse diploïde chez le Crapaud, gynogenèse et
sexualité, gynogenèse et anomalies ; polydactylie héréditaire chez le Crapaud, ano
malie P de la Grenouille verte, anomalies diverses, tératogenèse expérimentale,
régénération ; procédés de conservation des spermatozoïdes, action de la ribonucléase
sur la segmentation, etc.).
Puis, les recherches sur les Insectes. Plusieurs listes bibliographiques groupées en
1 3 rubriques et ne mentionnant que les œuvres de ROSTAND, terminent le volume.
Qui pouvait être plus qualifié que A. TÉTRY, amie de longue date et collaboratrice
de ROSTAND, pour écrire un tel ouvrage ? Oui, l'engagement a été tenu. Oui, A. TÉTRY
nous fait parfaitement revivre la personnalité complexe de cet « honnête homme »,
« survivant du xvnie siècle et qui annonce le xxic siècle ». Oui, nous partageons avec
elle l'exaltation de ce que la fréquentation d'un tel homme peut procurer même par
ses seuls écrits. Mais l'auteur a considérablement agrandi, en outre, son sujet en
faisant le point sur de nombreuses questions modernes et dont ROSTAND fut prophète.
Là, A. TÉTRY révèle aussi sa propre personnalité, la bonté de son cœur, l'honnêteté
de son esprit, la sévérité de ses jugements. On y retrouve l'humaniste, la chercheuse,
l'universitaire, non conformiste, sans faiblesse, fidèle aux règles éthiques de son Maî
tre L. CUÉNOT (qui, le premier en France, saisit tout l'intérêt de la Génétique) et de
son modèle : J. ROSTAND. Le style de l'ouvrage, aussi clair que précis, est sans détour,
comme l'est l'auteur lui-même. Le livre se lit comme le livre d'une aventure à laquelle
on souhaitera participer : plus d'amour de l'Homme pour l'Homme, tout en se remé
morant que « regarder un atome le change, regarder l'Homme le modifie, regarder
l'Avenir le bouleverse » (Gaston BKRGER). — P. DE PUYTORAC.
SAKAI (H.), MOHRI (H.) et BORISY (G. G.), éd. — Biological functions
of microtubules and related structures. Un vol. (15,5 X 25,5 cm), 453 p., illust.
Académie Press, Londres, New York, 1982. — Ce manuel est le compte rendu du
13e séminaire international de l'O. J. I. qui s'est tenu à Tokyo du 30 novembre au
4 décembre 1981. Le séminaire consacré aux fonctions biologiques des microtubules
et des structures associées a été scindé en 6 sessions.
— La première session (9 communications) avait pour objet la biochimie, la
ANALYSES 93

biologie moléculaire de la tubuline, la régulation des modalités de l'assemblage des


microtubules que le modèle biologique appartienne au monde animal ou au monde
végétal. A cette occasion le rôle des protéines associées, des ATPases, du GDP, de
poisons classiques (vinblastine), de la calmoduline et des ions Ca2+ a été largement
développé.
— La deuxième session (8 communications) dévolue aux problèmes de motilité
cellulaire a plus particulièrement traité du rôle de la dynéine, de l'AMPf, de Protéines-
Kinases-AMPf dépendantes, au niveau des axopodes d'Echinospbaerium, des cils de
Tetrahymena, du flagelle de Chlamydomonas ou des spermatozoïdes de la Truite, de
l'Oursin, de l'Étoile de Mer.
— La 3e session (5 communications) a été consacrée au comportement des micro
tubules et des protéines associées au cours de la mitose alors que les conférenciers
ont ultérieurement envisagé les interactions de ces éléments avec les composants
cytosquelettiques (4° session : 5 communications) et le cytosquelette ss (5° session :
6 communications). L'ensemble des microtubules, des filaments d'actine (actin-like)
et de myosine (myosin-like) forme l'architecture des cellules et de leurs projections
(ex : axone); il contribue à l'activité des cellules, aux déplacements incessants de leurs
inclusions (vésicules hérissées; mitochondries, grains pigmentaires, etc.), aux défor
mations et à l'excitabilité membranaires (6e session : 4 communications).
On mesure à la lecture de ce manuel les progrès considérables réalisés dans notre
connaissance des microtubules et de leurs fonctions, depuis 1972 où les observations
en microscopie électronique avaient déjà permis d'observer ces structures dans une
infinie variété de tissus et de cellules. La tubuline (« tubulun de MOIIRI »), protéine
constitutive des microtubules est toujours associée à d'autres protéines structurales,
contractiles, enzymatiques et la structure des microtubulcs n'est pas statique comme
pourrait le suggérer le rôle cytosquelettique le plus évident. Les microtubules sont
des états d'un équilibre dynamique, phénomène perceptible in vivo et in vitro. Com
prendre l'importance des propriétés multifonctionnelles de la molécule de tubuline
et de ses rôles dans l'activité cellulaire est devenu l'un des objectifs majeurs de la
Biologie cellulaire. La prochaine étape des recherches consacrées aux microtubulcs
et à la tubuline sera très vraisemblablement du domaine de la génétique moléculaire.
— P. CASSIER.
ANDERSON (R. M.) et MAY (R. M.), éd. — Populations biology of Infec-
tious Diseuses. Dahlem Workshop Report, vol. 25. Un vol. (15 X 21 cm), vin +
315 p., 12 fig., 4 photos, 14 tab. Springer-Verlag, Berlin, Heidelberg, New York, 1982.
Prix : DM 40 ; $ 16.00. — Ce manuel est le compte rendu des travaux d'un groupe
d'étude qui s'est réuni du 14 au 19 mars 1982 à Berlin. Il comporte 14 rapports variés
où sont envisagés l'impact des agents infectieux sur la démographie des populations,
leur croissance, leur distribution, qu'il s'agisse d'animaux ou de populations humaines.
Les agents infectieux générateurs de maladies peuvent occasionner une forte
mortalité dans les populations animales, surtout si la densité est élevée. Les données
relatives aux Invertébrés suggèrent que cette mortalité peut jouer un rôle important
dans la dynamique des populations, ce qui ne serait pas le cas dans les populations de
Vertébrés où d'autres facteurs interviennent. Ainsi, les populations humaines croissent
régulièrement grâce aux modifications des conditions de vie et au contrôle médical
des agents infectieux.
En ce qui concerne la transmission des agents infectieux, divers modèles sont
présentés, qu'il s'agisse de micro- ou de macroparasites. Doivent être pris en compte
le taux de reproduction R des parasites et la taille N de la population des parasites.
La valeur de N doit atteindre une valeur critique pour que le parasite se maintienne
à l'état endémique, ce qui dépend de l'intensité de la réaction de défense immunitaire
des hôtes. Selon les espèces et leur cycle biologique, la transmission est verticale
(des parents à la descendance) ou horizontale (intervention d'Arthropodes piqueurs,
par exemple). Diverses combinaisons de ces modalités essentielles sont possibles.
Le contrôle des agents infectieux nécessite tout d'abord une bonne connaissance
94 ANNÉE BIOLOGIQUE

du taux d'infection par un agent et pour une population donnée ; cette information
est décisive quant à la stratégie à développer (vaccination ; chimiothérapie préventive
ou curative ; emploi des pesticides contre les agents vecteurs : Insectes, Rongeurs,
Mollusques, etc. ; lutte biologique : viroses d'Insectes...).
Enfin, la coévolution des hôtes et des agents infectieux les plus variés ne peut pas être
négligée. Cette partie est particulièrement intéressante, compte tenu de l'intérêt
actuel qui se manifeste quant aux processus de « camouflage » des parasites qui
réussissent à contourner les défenses de leurs hôtes : localisation intracellulaire,
variation antigénique, immunosupprcssion spécifique ou non spécifique. Les agents
pathogènes, en contrepartie, peuvent contribuer à la variation génétique des popu
lations-hôtes. — P. CASSIER.
DEMAILLE (A.), CAPPELAERE (P.), ADENIS (L.)- — Cancérologie 82.
Un vol. (15,5 X 2i cm), x + 404 p. Masson, Paris, New York, Barcelone, 1982. — Ce
livre est la réunion d'une série d'exposés d'une équipe d'un Centre de lutte contre le
cancer (Centre Oscar-Lambert) rédiges dans l'esprit de ce qu'elle a déjà publié en
1978 puis en 1980, c'est-à-dire selon les sujets d'intérêt du moment et de chacun.
A. CI.AY y fait part de ses réflexions sur la classification anatomopathologique des
tumeurs, actuellement à base histogénétique mais nullement satisfaisante, si on veut
y associer, pour toutes les entités tumorales, le pronostic, le potentiel évolutif des
tumeurs demeurant imprévisible. Y. GODEFROY-VENDEVILLE montre justement que
le chordomc (tumeur osseuse développée aux dépens des vestiges embryonnaires de la
corde et représentant 4 pour 100 de l'ensemble des tumeurs malignes primitives
du squelette) allie à une image histologique souvent caractéristique un étonnant poly
morphisme clinique. U. HORNER-VALLET tente de donner une réponse à la question :
« Existe-t-il des virus responsables de cancers chez l'Homme? ». Le pouvoir oncogènc
de certains virus a été prouvé in vitro en infectant des cellules humaines et les études séro-
épidémiologiques et biochimiques montrent une relation entre virus à ARN de type C
et leucémies, virus Epstein-Barr et lymphome de Burkitt, cancer du nasopharynx,
maladie de Hodgkin, virus à ARN de type B et adénocarcinomc mammaire, virus
herpétique simplex de type 2 et cancer du col utérin, papillovirus et cancer du col
utérin, virus de l'hépatite B et cancer primitif du foie, mais, dans tous ces cas, le virus
ne semble pas le seul agent étiologique en cause. Les cancers mammaires du Rat,
les plus fréquemment étudiés ne sont jamais d'origine virale, mais chimio-induits
par le diméthylbenzanthracène et la méthylnitrosourée. Les œstrogènes et surtout la
prolactine ont un rôle fondamental aussi bien sur l'induction que sur la croissance
tumorale (J. BONNETERRE et G. KANTOR). La mise en évidence de récepteurs de pro
lactine mcmbranairc dans le cancer du sein de la femme ainsi que la démonstration
dans différents systèmes de la sensibilité de ces tumeurs à la prolactine donnent un
regain d'intérêt à la compréhension des relations complexes de la prolactine avec le
cancer du sein (J. BONNETERRE). J. LEI EBVRE et A. LESOIN-MONTAGNE s'attachent
à présenter les productions hormonales ectopiques, c'est-à-dire produites par un tissu
qui n'en est pas habituellement sécréteur. Bien qu'étant des entités rares, elles pré
sentent un intérêt possible en tant que marqueurs hormonaux. J. M BURETTE relance
le débat sur le rôle éventuel joué par la contraception hormonale dans l'induction et
l'évolution de certains cancers. P. CAPPELAERE et L. ADENIS exposent le problème
des lymphomes malins digestifs, rares par rapport aux lymphomes malins ganglion
naires, et dont la révélation provient souvent d'un seul examen histologique de la
pièce d'exérèse. Le mycosis fongoïdc (la plus anciennement connue des hématoder-
mies) est actuellement intégré dans le cadre des lymphomes malins cutanés à lympho
cytes (J. BONNETERRE et P. CAPPELAERE). Les aspects biologiques et les perspectives
cliniques de l'interféron sont rappelés par J. BONNETERRE. En raison du petit nombre
de malades traités, l'auteur estime que, en dépit d'intéressants résultats sur l'ostco-
sarcome et le myélome multiple, les résultats en pathologie humaine doivent être
interprétés avec réserve. Le problème du rôle essentiel des antimitotiques dans le
risque ultérieur de cancer est soulevé par P. CAPPELAERE et A. DEMAILLE. Ce risque
ANALYSES 95

intervient soit par l'activité cancérigène propre des antimitotiques, ce que suggèrent
certains bio-essais et les tests à court terme, soit par leur effet immunosuppresseur
et/ou leur effet myélosuppresseur. Les complications pulmonaires de la chimio
thérapie anticancéreuse sont décrites par A. JOVENIAUX et L. ADENIS.
L'impression générale qui se dégage de la lecture de ces mises au point est qu'on ne
peut pas faire preuve actuellement d'un grand optimisme dans la guérison des cancers,
alors que leur fréquence ne cesse d'augmenter. Si des progrès ont indiscutablement été
réalisés, ce n'est pas sombrer dans le plus noir pessimisme que de reconnaître que des
progrès encore plus grands restent à accomplir. — P. DE PUYTORAC.
FEST (C.) and SCHMIDT (K. J.). — The chemistry of organophosphorus
Pesticides. 2e éd. Un vol. (16,5 X 25 cm), x + 360 p., 44 fig. Springer Verlag,
Berlin, Heidelbcrg, New York, 1982. Prix : DM 164; S 68.40. — Ce livre dédié à
G. SCIIRADER, est la seconde édition d'un ouvrage paru en 1973, avec la participation
de C. FEST et K. J. SCHMIDT; ce dernier est brutalement décédé en 1980. Au-delà
des informations, cette nouvelle édition est parfaitement justifiée compte tenu des
progrès rapides accomplis dans le domaine de la chimie des pesticides organo-
phosphorés, de l'analyse des relations entre la structure et l'activité biologique, du
métabolisme des produits ingérés. Les chapitres relatifs à la chimie des organo-
phosphorés et à leur métabolisme ont été, respectivement, actualisés et entièrement
réécrits.
Le but de l'ouvrage est, rappelons-le, l'apport aux chimistes d'une part, aux biolo
gistes ou agronomes, d'autre part, des informations de base quant à la chimie des insec
ticides organophosphorés, aux relations structure-activité biologique. Ces connais
sances sont fondamentales; nul n'ignore le danger lié à l'emploi nécessaire quant à la
préservation des productions végétales, au problème de la faim, mais trop souvent
irrationnel ou exagéré de ces composés stables ou à durée de vie prolongée, qui s'accu
mulent graduellement dans les organismes aux étapes successives des chaînes et des
réseaux trophiqucs. L'emploi des pesticides chimiques reste, à notre époque, un
« mal » nécessaire dont il faut connaître et maîtriser les limites jusqu'à l'apparition de
composés biodégradables, à activité spécifique, utilisés seuls ou associés à des compo
sés naturels (phéromones, allomoncs, kairomoncs) après ou avant la mise en œuvre
des méthodes de la lutte biologique qui suscite maints espoirs mais dont l'efficacité
optimale prévisible est la restauration d'un « équilibre naturel » ; le prix à payer restant
le prélèvement d'une partie des productions humaines. La question qui subsiste est de
savoir si cette « dîme » est acceptable et compatible avec la satisfaction des besoins
alimentaires de la population dont le taux d'accroissement reste, dans de trop nom
breuses contrées, incompatible avec les capacités de production intensives, mais géné
ratrices de déséquilibres.
La production des pesticides organophosphorés est chaque année exorbitante :
100 à 150.000 tonnes. Elle est nécessairement associée aux recherches d'ordre fonda
mental ou appliqué, dans les domaines de la chimie, de la biologie, de la biochimie,
de la toxicologie, de la pollution, de l'environnement, etc.
L'histoire des insecticides organophosphorés est précédée par près de cent années de
recherches de chimie pure consacrées au phosphore et à ses dérivés dont les éléments de
base, la nomenclature, les capacités de liaisons, les modes de dégradation, d'interactions
(phosphorylations) avaient été précisés.
La chimie des insecticides organophosphorés repose sur l'utilisation de plusieurs
catégories de composés : phosphorochlorido(thio)atcs, phosphonochlorido(thio)ates,
acides phosphoro et phosphono(thio)iques, di- et trialkyl phosphites et phosphoro-
thioites. Leur manipulation aboutit à la production de multiples insecticides (cyani-
dates, fluoridates, anhydrides, énolphosphates, énolphosphorothioates, etc.), fongi
cides, herbicides et chémostérilisants.
La biochimie des pesticides est fondée sur l'analyse du mécanisme d'action chez les
Mammifères et les Arthropodes, de la relation structure-activité, des effets synergiques
ou antagonistes, des modalités de la résistance, des formes du métabolismes (oxydation,
p6 ANNÉE BIOLOGIQUE

réduction, isomérisation, saponification, hydrolyse, conjugaison, etc.), de l'effet


toxique général ou neurotoxique.
L'ouvrage est utilement complété par un volumineux appendice où sont corrélés
pour chaque produit, chaque firme de production, le nom scientifique du pesticide et
son appellation commerciale. La bibliographie est judicieusement présentée en fonction
des chapitres de l'ouvrage (chimie, insecticides, biochimie, analyse statistique).
Les références sont indiquées de manière exhaustive (1155).
En conclusion, ouvrage bien conçu, complet, ouvert à un large public. Son oppor
tunité est évidente, à une époque où l'Administration américaine, trop sou%rent prise
pour modèle, est en train de bâtir une nouvelle politique de réglementation des agences
fédérales qui aura sans doute pour conséquence l'augmentation du risque d'exposition
de la population aux substances cancérigènes, aux insecticides en particulier (i/io^
à i/io* voire i/io3 dans le cas du Permethrin, insecticide utilisé pour protéger le
coton. — P. CASSIER.
BARD (A. J.) et FAULKNER (L. R.). — Électrochimie. Principes, méthodes
et applications. Adaptation française sous la direction de R. ROSSET et D. BATER.
Un vol. (17,5 X 24 cm), xxx -+- 794 p., illust. Masson, Paris, New York, Barcelone...,
1982. — II s'agit d'un ouvrage d'enseignement, destiné aux étudiants chimistes de
second et troisième cycle. De très nombreux biologistes — enseignants ou cher
cheurs — peuvent aussi tirer le plus grand profit de la lecture de ce traité. Les méthodes
électrochimiques sont en effet couramment utilisées dans certains domaines de la
biochimie ou de la physiologie cellulaire : dosages ampérométriques ou polarogra-
phiques, mesures d'intensités respiratoires ou photosynthétiques, mesure des pH, etc.
le retour aux principes d'électrochimie qui commandent la construction des appareils
de mesure, le retour aux lois gouvernant les potentiels de surface, les attractions des
couches de contre-ions, etc. ce retour aux « sources » sera, comme toujours, rafraîchis
sant.
L'ouvrage contient 14 chapitres : Introduction et généralités sur les processus aux
électrodes — Les cellules électrochimiques : potentiel et autres grandeurs thermo
dynamiques — Cinétique des réactions électrochimiqucs aux électrodes — Transfert
de masse par migration et diffusion — Microélectrolyse à potentiel contrôlé —• Volt-
ampéromctrie à balayage forcé — Méthodes fondées sur le concept d'impédance —
Macroélcctrolyse — Réactions électrochimiqucs couplées avec des réactions chimiques
en phase homogène — Structure de la double-couche et intermédiaires adsorbés dans
les processus aux électrodes — Instrumentation — Spcctro- et photo-électrochimie.
D'abondantes annexes mathématiques figurent en fin d'ouvrage. A en croire les
collègues français qui ont traduit cette édition, ce livre constitue un traité d'électro
chimie complet, didactique et à jour. — P. MAZLIAK.

(£) Masson, Paris, ift^. Lt Directeur de la Publication : Andrée

Tous droits dt traduction, d'adaptation et de reprodu.tion par tout pnrtdh renrvis pomr tous pays.
La loi du n mars 1957. n'autorisant aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part
que les copies ou reproductions strictement réservées a l'usage privé du copiste et non destinées à
une utilisation collective et, d'autre part, que les analyses et courtes citations dans un but d'exemple
et d'illustration. « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consente
ment de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa i'T de l'article 40).
Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une
contrefaçon sanctionnée par les articles 42; et suivants du Code pénal.

Masson, éditeur. Paris. — Dépôt légal : 1984. — N° d'ordre : 5656. — i" trimestre 1984.
Imprimé par Imprimerie Barnéoud, Laval. N° 8611. Commission puritain : n" 54125
frintid in Fraatt. OJD Diffusion 1982 : 484 ei
CONTENTS

GENERAL PAPERS
J. GOTTOFREY. — Problems of cadmium i
P. CHARET, C. SLOMIANNY, G. PRENSIER and
S. MOREAU. — Plasmodium Sp. and dégradation of
hemoglobin : mechanism and relations with antimala-
ric drugs 31
C. GUILLET. — Energetic metabolism during post-
embryonic development in holometabolous insects. . 61

BOOKS REVIEW
TRYON (R. M.) and TRYON (A. F.). — Ferns and allied plants
(P. Mazliak) 8:
BEWLEY (J. D. and BLACK (M.). — Physiology and Biochemistry
of Seeds in relation to germination (P. Mazliak) 82
GOTTLIEB (O. R.). — Micromolecular évolution, systematics and
ecology (P. Mazliak) 82
MATUSZEWSKI (B.). — Animal Cytogenetics (P. Cassier) ... 83
BIELKA (H.), éd. — The Eukaryotic Ribosome (P. de Puytorac) . . 84
RIEUTORT (M.). — Animal physiology. i. Cells in thé organisai
(P. Cassier) 85
ZWEERS (G. A.). — The feeding System of thé Pigeon (P. Cassier) . 86
WEISS (D. G.), éd. — Axoplasmic transport (P. de Puytorac) ... 86
WEISS (D. G.) and GORIO (A.), éd. — Axoplasmic transport in phy
siology and pathology (P. de Puytorac) 88
CHIARELLI (A. B.) and CORRUCINI (R. S.). — Primate Evolutio-
nary Biology (P. de Puytorac) 89
GRIFFIN (D. R.), éd. — Animal Mind-Human Mind (P. de Pty-
torac) 89
TÉTRY (A.). — Jean Rostand, fraternal and acute seer (P. de
Puytorac) 91
SAKAI (H.), MOHRI (H.) and BORISY (G. G.), éd. — Biological
fonctions of microtubules and related structures ( P. Cassier) . . 92
ANDERSON (R. M.) and MAY (R. M.), éd. — Populations biology
of Infectious Diseases (P. Cassier) 93
DEMAILLE (A.), CAPPELAERE (P.), ADENIS (L.). — Cancero-
logy 82 (P. de Puytorac) 94
FEST (C.) and SCHMIDT (K. J.). — The chemistry of organophos-
phorus Pesticides (P. Cassier) 95
BARD (A. J.) and FAULKNER (L. R.). — Electrochemistry. Prin-
ciples, methods and applications (P. Mazliak) 96
ISSN OOOJ-J017

SOMMAIRE

ARTICLES GÉNÉRAUX
J. GOTTOFREY. — Problèmes du cadmium .... i
P. CHARET, C. SLOMIANNY, G. PRENSIER et
S. MOREAU. — Plasmodium Sp. et dégradation de l'hé
moglobine : mécanisme et relations avec les antimala-
riques 51
C. GUILLET. — Métabolisme énergétique et développe
ment post-embryonnaire chez les Insectes holométa-
boles. 61

ANALYSES D'OUVRAGES
TRYON (R. M.) et TRYON (A. F.). — Ferns and allied plants
(P. Mazliak) 81
BEWLEY (J. D.) et BLACK (M.). — Physiology and Biochemistry
of Seeds in relation to germination ( P. Mazliak) 82
GOTTLTEB (O. R.). — Micromolecular évolution, systematics and
ecology (P. Mazliak) 82
MATUSZEWSKI (B.) — Animal Cytogenetics (P. Cassier) ... 85
B1ELKA (H.), cd. — The Eukaryotic Ribosome (P. de Puytorac) . . 84
RIEUTORT (M.). — Physiologie animale, i. Les cellules dans l'or
ganisme (P. Cassier) 83
ZWEERS (G. A.). — The feeding System of thé Pigeon (P. Cassier) . 86
WEISS (D. G), éd. — Axoplasmic transport (P. de Puytorac) ... 86
WEISS (D. G.) et GORIO (A.), cd. — Axoplasmic transport in physio-
logy and pathology (P. dePuytorac) 88
CHIARELLI (A. B.) and CORRUC1NI (R. S.) — Primate Evolutio-
nary Biology (P. de Puytorac) 89
GRIFFIN (D. R.), éd. — Animal Mind-Human Mind. (P. de Puytorac) . 89
TÉTRY (A.). — Jean ROSTAND, Prophète clairvoyant et fraternel
(P. de Puytorac) 91
SAKA1 (H.), MOHRI (H.) et BORISY (G. G.), éd. — Biological func-
tions of microtubules and related structures (P. Cassier) ... 92
ANDERSON (R. M.) et MAY (R. M.), éd. — Populations biology of
Infectious Diseases (P. Cassier) 93
DEMAILLE (A.), CAPPELAERE (P.), ADENIS (L.). — Cancérolo
gie 82 (P. de Puytorac) 94
FEST (C.) and SCHM1DT (K. J.). — The chemistry of organophos-
phorus Pesticides (P. Cassier) 95
BARD (A. J.) et FAULKNER (L. R.). — Électrochimie. Principes,
méthodes et applications ( P. Mazliak) 96

Les sommaires de l'Amit Kiologiqut sont reproduits dans les CURRENT CONTENTS, indexés dans les
différentes publications de l'Institue of Scitntific Information (Philadelphie, U. S. A.), dans les Abstracts
et index de Biostiences Information service of Biological Abslracti (Philadelphie, U. S. A.) ainsi que dans
le Bulletin signalétiqn du C. N. R. S. (Paris).
Série - T. 23 - Fasc. 2 Juin 1984

L'ANNÉE
BIOLOGIQUE
Fondée par YVES DELACE en 189}

19m
UNIVER8ITY kg*M*y

ÉDÉRATION FRANÇAISE DES SOCIÉTÉS DE SCIENCES NATURELLES

BASSON
L'Année Biologique
Fondée par Yves DELAGE en 189 J.

Comité Honoraire

MM. fE. FAURÉ-FREMIET (ancien directeur), G. MANGENoT, M. PRENANT.


A. THoMAs, tJ. VERNE.

Directeurs

MM. R. BUVAT, M. FoNTAINE, Et. WoLFF.

Comité de Rédaction

MM. J. BERGERARD, R. BUvEr, P. CAssIER, J. GÉNERMONT, P.-P. GRAssÉ,


M. JoUvET, P. KoURILsKY, P. MAzLIAK, Th. MoNoD, P. DE PUYroRAc,
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Associés étrangers
MM. fG. DE BEER (Londres), J. BRACHET (Bruxelles), K. voN FRIsCH (Munich),
R. MARGALEF (Barcelone), A. MoNRoY (Palerme), fMlle K. PoNsE (Genève),
MM. G. RoUssEAU (Québec), E. STEEMANN-NIELsEN (Copenhague),
P. WEIss (New York).

Secrétaire général
Mlle A. TÉTRY.
Laboratoire d'Évolution,
1o5, Boulevard Raspail, Paris 6°
Série - T. 23 - Fasc. 2 Juin 1984

L'ANNÈE
BIDLUGIQUE Fondée par YvEs DELAGE en 189J

•ih.
E E.

iDÉRATIoN FRANçAISE DEs socIÉTÉs DE scIENcES NATURELLES

WASSON l|
ris New York Barcelone Milan

Publication périodique trimestriell |


T\uis aux autewis

L'Année Biologique, revue internationale, paraît par fascicules trimes


triels; elle publie des mises au point de questions d'actualité intéressant
la Biologie générale et des analyses de livres de Biologie.
Outre les manuscrits en français, elle accepte ceux rédigés en anglais
et en allemand.
Des tirés à part peuvent être fournis, à titre onéreux (leur coût est
communiqué aux Auteurs au moment où les épreuves de la composition
leur sont adressées).
Les auteurs abonnés à l'Année Biologique reçoivent gratuitement 25 tirés à
part de leur article (ils peuvent en obtenir un nombre plus élevé à leurs frais).
Les clichés des illustrations accompagnent l'envoi des tirés à part, dont
les frais de port sont à la charge des auteurs.
Pour ce qui concerne la Rédaction, s'adresser au Secrétaire Général
Mlle A. TÉTRY, Laboratoire d'évolution, 105, boulevard Raspail, Paris 6e.

Abonnements Subscriptions 1984


France Étranger
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USA, JAPON. AUSTRALIE, NOUVELLE-ZÉLANDE, PORTO Rico
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NY 10022 (USA)
AMÉRIQUE DU SUD, AMÉRIQUE CENTRALE, MEXIQUE
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Numéros séparés de l'année et volumes antérieurs (jusqu'à épuisement du stock) /


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(Tél. : 325-74-73 et 326-68-45)
MASSON, Éditeur
Paris, New York, Barcelone, Milan
à Paris, 120, bd Saint-Germain, 75280 Paris Cedex 06
Téléphone : 634-21-60
LE GÉNOME CHLOROPLASTIQUE
DES CELLULES SAUVAGES ET DES
MUTANTS NON-PHOTOSYNTHÉTIQUES
WEUGLENA GRACILIS

PAR Paul NICOLAS, Philippe HEIZMANN,


Patrick RAVEL-CHAPUIS, Frédéric FLAMANT
et Victor-Marc NIGON (*)

SOMMAIRE
Pages
INTRODUCTION 98

I. — PLASTES ET PLASTOME DES CELLULES SAUVAGES 100


1. LES PLASTES IOO
Nombre, structure spatiale et division 100
Effet de l'iclairement sur la morphologie plastidiemu IOO
I. L'ADN CHLOROPLASTIQUE (ADNct) 101
Caractéristiques physiques ... loi
Cartographie des gènes chloroplastiques lot
5. RÉPLICATION 108
4. CONCLUSION 109

II. — OBTENTION ET CLASSIFICATION DES MUTANTS PLASTIDIENS. ... 110


1. LES FACTEURS ENTRAINANT L'ALTÉRATION HÉRÉDITAIRE DE LA FONCTION PHOTO-
SYNTHÉTIQUE tlO

2. CLASSIFICATION DES MUTANTS PHOT- 111


5. FRÉQUENCE D'OBTENTION DES DIFFÉRENTS TYPES DK MUTANTS PLASTIDIKNS . . . 113
4. CONCLUSION 114

UI. — ÉTUDE GÉNÉTIQUE DE LA FORMATION DE MUTANTS PHOT-. ... 114


i. FORMATION DES MUTANTS PHI~ APRÈS IRRADIATION UV 114
Apparition et ségrégation des mHlants pbi~ 114
localisation et tentative de dénornbrtmtnt des siles sensibles à l'irradiation lia

(*) LA CNRS 92. Département de Biologie Générale, Université Lyon I, 43, bou-
evard du ii-Novembre-igiS, 69622 Villeurbanne Cedex.
— Ce travail a bénéficie des ATP 8068 et 8210 en Biologie moléculaire végétale.
OV BIOL. — T. XX11I, PASC. 2, 1984. 7
Ç8 ANNÉE BIOLOGIQUE

Pages
Pholoréatlivation des lésion! entraînait It blanchiment 117
Réparations à l'obscurité HT
Sunivance des cellules vertes après forte irradiation 118

2. STABILITÉ ET INSTABILITÉ DES DIVERS TYPES DE MUTANTS . ... . 119


Ségrégation somatifjue cljtz certains cp~ It Antr 119
Avantage multiplicatif des formes sani'agei I2O
;. DISCUSSION 121

IV. — ALTÉRATIONS DU PLASTOME CHEZ LES MUTANTS PHOT- 113


I. MISE EN ÉVIDENCE D'UNE ALTÉRATION QUANTITATIVE ET STRUCTURALE DU PLASTOME
DES MUTANTS PllOT
Caractéristiques structurales des x]/).\Y/ des mutants Phot~
Dosage des Al)\ct citez les mutants Pf»t~
MODIFICATIONS DE L'ADNCT AU COURS DE LA PRODUCTION DE MUTANTS PH1~
Dteradation d'ADNct après irradiation, en l'absen e de multiplication cellulaire ....
Dégradation et syntlva a"AD\(l au (ours dis multiplication tonsétmiits aa traitemnt
mutiigctie 1 26

5. DISCUSSION

DISCUSSION 128
1. LOCALISATION NUCLÉAIRE ou CHLOROPLASTIQUE DES MUTATIONS PHOT- 128
2. MODIFICATIONS QUANTITATIVES DE L'ADNct CHEZ LLS ML TANTS PHOT- ijo
3. MODIFICATION STRUCTURALE DE L'ADNct CHEZ LES MUTANTS PHOT~ 152
4. MÉCANISME DE LA MUTAGENÈSE PLASTIDIENNE CHEZ « EUGI.ENA » . . 132

INTRODUCTION

Des mutants à photosynthèse déficiente sont connus chez de nom


breuses espèces végétales. Cependant, chez les Végétaux supérieurs,
les plants Phot~ totalement dépourvus d'activité photosynthétique sont
létaux. Ne peuvent donc être conservés, dans les conditions ordinaires
de culture, que les plants à déficience partielle : mutants homozygotes
présentant une activité photosynthétique réduite mais non nulle, mutants
hétérozygotes, mutants hctéroplastidiés porteurs de cellules à chloro-
plastes normaux et de cellules à chloroplastes mutés (plantes à panachures,
ou sectoriées, présentant des secteurs verts et des secteurs blancs). Par
greffe, peuvent être conservés des rameaux homozygotes ou homoplas-
tidiens à photosynthèse inactive : d'autre part, les techniques récentes
de cultures de plants en milieu gélose ou de cultures de cellules végétales
permettent, dans certains cas, de conserver plants ou cellules totalement
dépourvus d'activité photosynthétique.
Les mutants non photo-autotrophiques Phot~ d'Algues unicellulaires,
comme Euglena ou Cblamydomonas, peuvent être cultivés sans difficulté
sur milieu organique, car ces espèces sont capables de se multiplier aussi
NICOLAS, liEI/MANN, HAVEL-C1I U'UIS. I-'I.\MAM, MCON. 1,15 GKMOME 9Q

bien par utilisation des substrats carbonés présents dans le milieu (hétéro-
trophie ou organotrophie) que par utilisation des produits de la photo
synthèse (autotrophie ou phototrophie). Ainsi, parmi les mutants Phot~
de Chlantydomottas, on note les mutants dits ac qui requièrent l'acétate
comme substrat carboné. Chez Eaglena gracilis, les mutants Phot~ sont
généralement dénommés blancs, car la majorité d'entre eux est totalement
dépigmentée; cependant, certains mutants Phot~à'Euglena sont pigmentés.
Chlamydomonas et Eug/ena, en plus de la possibilité qu'ils offrent de
permettre la conservation et l'étude de leurs mutants Phot~, présentent
l'avantage d'autoriser les techniques microbiologiques, ce qui rend leur
culture et leur étude plus aisées que celles des plantes supérieures. Ces
deux Flagellés photosynthétiques offrent, d'autre part, des avantages
complémentaires. Chlamydomonas est une espèce sexuée, ce qui a permis
de l'utiliser pour analyser la transmission méiotique de l'ADN chloro-
plastique (ADNct), et pour cartographier génétiquement certains gènes
chloroplastiques. Par contre, on ne connaît pas de sexualité chez Eug/ena
gracilis.
L'Euglène présente sur Chlamydomonas l'avantage de pouvoir être
cultivée sur une large gamme de substrats carbonés et de tolérer des
/>H compris entre 3 et 9; cela permet de faire pénétrer des substances
qui ne peuvent être utilisées avec Chlamydomonas. D'autre part, PEuglène
supporte des chocs physiologiques importants, sans que ces facteurs
induisent, comme chez Chlamydomonas, sporulation ou gamétogenèse.
Enfin, les chloroplastes d'Eagtena régressent, à l'obscurité, à l'état de
proplastes rudimentaires qui, lors du rééclairement, reforment, en
quelques heures et de façon synchrone, des chloroplastes fonctionnels.
Les études physiologiques et biochimiques de l'ensemble des événements
conduisant des proplastes rudimentaires aux chloroplastes matures
peuvent donc être suivies sur une période de temps brève, ce qui n'a
guère d'équivalent. L'ensemble de ces propriétés et la facilité d'obtention
de mutants Phol~ font aussi de l'Euglène un matériel de choix pour
l'étude de la réplication et de la transmission mitotique de l'ADNct.
Divers travaux récents ont permis de faire le point des études concer
nant le développement chloroplastique sous l'influence de Péclairement,
chez E. gracilis (ScniFF, 1975; SCHMIDT et LYMAN, 1976; NIGON et
HEIZMANN, 1978).
Cet article a pour but de faire le point des données concernant l'orga
nisation du plastome (génome chloroplastique), sa réplication et sa
transmission mitotique, et des perturbations qu'y apportent les traite
ments mutagènes. L'étude comportera, d'une part, l'analyse structurale
de l'ADNct des cellules sauvages et des cellules mutées, d'autre part,
l'analyse phénotypique du déroulement de la mutagenèse chloroplas
tique. Nous verrons ensuite quelles conclusions il est aujourd'hui
possible de tirer de l'ensemble de ces travaux et quels sont les problèmes
principaux qui restent à résoudre.
IOO ANNÉE BIOLOGIQUE

I. — PLASTES ET PLASTOME
DES CELLULES SAUVAGES

I. LES PLASTES

Nombre, structure spatiale et division.


Le nombre et l'arrangement des chloroplastes différent selon les
descriptions des divers auteurs. La fluorescence rouge de la chlorophylle
permet de repérer les chloroplastes en microscopie de fluorescence
et montre loà 15 granules fluorescents par cellule (EPSTEIN et coll., 1960;
STERN et coll., 1964; EPSTEIN et ALLAWAY, 1967; CARELL, 1969;
SCHNEYOUR et coll., 1969; KLEIN et coll., 1972; COOK, 1973). Le nombre
de ces granules pourrait, selon certains auteurs, passer à 60 dans les
cellules en phase stationnaire de croissance (CooK, 1973); d'autres auteurs
décrivent alors un réseau continu de chloroplastes branchés (GiBOR et
GRANICK, 1962 a; CALVAYRAC et LEFORT-TRAN, 1976). L'utilisation de
coupes sériées ultra-fines, en microscopie électronique et la reconstitution
tridimensionnelle des chloroplastes montrent que chaque cellule contient
6 à 12 chloroplastes (10 le plus souvent), toujours individualisés mais
occasionnellement lobés, alors qu'elle ne contient qu'une seule mito-
chondrie extrêmement diverticulée (PELLEGRINI, 1976, 19800, 1980 V).
Au moment de la division cellulaire, chaque chloroplaste se partage
en deux, perpendiculairement aux thylakoïdes (PELLEGRINI, 1980 a).
La division des plastes peut être synchrone de la cytokinèse ou la pré
céder légèrement (ÛRCIVAL-LAFFONT et coll., 1972; COOK, 1973;
BOASSON et GIBBS, 1973; PELLEGRINI, 1980 a).

Effet de l'éclaireraent sur la morphologie plastidienne.


Dans les cellules à'Euglena gracilis cultivées à l'obscurité, la morpho
logie des plastes diffère de celle observée chez les plantes supérieures
ou chez d'autres Algues. En effet, à l'exception à'Ochrotnonas danica
(KiRK. et TILNEY-BASSET, 1978), les plastes des végétaux à l'obscurité
sont généralement présents sous forme d'étioplastes dont le volume est
réduit de moitié par rapport à celui des chloroplastes de plantes cultivées
à la lumière. Par contre, chez E. gracilis se multipliant à l'obscurité sur
milieu organique, les chloroplastes régressent à l'état d'organites rudi-
mentaires dépourvus de chlorophylle, appelés proplastes (EPSTEIN et
SCHIFF, 1961), dont le volume est considérablement diminué (BEN-SHAUL
et coll., 1964; SALVADOR et coll., 1971; KLEIN et coll., 1972; SALVADOR,
1973; SCHIFF, 1973; OPHIR et coll., 1975; OSAFUNE et coll., 1980).
PELLEGRINI (1980 b) a montré que le volume des chloroplastes chez les
cellules photo-autotrophes représente 16 pour 100 du volume cellulaire
alors que, chez les cellules hétérotrophes à l'obscurité, ce volume ne
NICOLAS, HEIZM\\\. RAVEL-CIIAPUIS, FLAMANT, NIGO.N. LE GÉNOME IOI

représente plus que i pour 100 du volume cellulaire. Chez Euglenagracilts,


les proplastes subsistent même après plusieurs centaines de générations
sur milieu organique à l'obscurité.
L'éclairement d'Euglènes étiolées active fortement le métabolisme
cellulaire et entraîne la formation de chloroplastes matures en 48 heures
à 96 heures. Les modifications structurales et métaboliques liées au
développement plastidien sous l'influence de l'éclairement ont fait
l'objet de nombreuses publications (voir revues in SCHIFF, 1975 et 1978;
SCHMIDT et LYMAN, 1976; NIGON et HEIZMANN, 1978).

2. L'ADN CHLORO PLASTIQUE (ADNct)

Caractéristiques physiques.
— Densité et composition en bases. — La densité de l'ADNct d'Euglène,
en gradient de chlorure de césium, est de 1,684-1,686 g/cm3, alors que
celle de l'ADN mitochondrial est de 1,688-1,691 et celle de l'ADN
nucléaire de 1,707-1,708 (voir revue in GROUSE et coll., 1974).
La faible densité de l'ADNct résulte d'une teneur moyenne en GC
particulièrement faible (28 pour 100), inférieure à celle observée pour
l'ADNct d'autres végétaux (SCHMITT et coll., 1981). La répartition
respective des paires de nucléotides GC et AT sur la molécule d"ADNct
n'est pas aléatoire, de sorte que certains fragments, riches en GC, peuvent
être séparés en tant que satellites de densités respectives 1,692, 1,696,
ou 1,700-1,702 (MANNING et coll., 1971; STUTZ et VANDREY, 1971;
RAWSON et HASELKORN, 1973; GROUSE et coll., 1974; MIELENZ et
HERSHBERGER, 1974; GIBSON et HERSHBERGER, 1975 ; SLAVIK et HERSH-
BERGER, 1976; RAWSON et BOERMA, 1977; SCHMITT et coll., 1981).
— Taille. — L'ADNct d'Euglène se présente sous forme de molécules
circulaires comme la plupart des ADNct végétaux, excepté celui à'Aceta-
bularia qui serait linéaire. La circonférence des molécules d'ADNct
d'Euglène est de 44 micromètres, soit 143 kpb et 92 x 10" daltons
(MANNING et coll., 1971; MANNING et RICHARDS, 1972 a et b; SLAVIK
et HERSHBERGER, 1975). Cette taille est comparable à celle des molécules
d'ADNct des autres végétaux, comprise généralement entre 85 et
103 x io' daltons (cf. revues in BEDBROOK et KOLODNER, 1979; KIRK
et TILNEY-BASSETT, 1978) ; l'ADNct de Chlorella ellipsoidea est un peu plus
grand (56 [im : YAMADA, 1982), tandis que le plus long est celui de
Chlamydomonas reinhardtii (143 x io6 daltons, BEHN et HERRMAN, 1977).
D'après JENNI et coll. (1981), une région limitée de l'ADNct d'Euglène
présenterait une variabilité dans sa taille. Cette variabilité pourrait
s'expliquer par l'existence, en nombre variable, de répétitions d'une courte
séquence d'ADNct.
— Nombre de molécules. - - Les molécules d'ADNct sont réitérées
dans chaque cellule en plusieurs centaines d'exemplaires. Leur nombre
1O2 ANNÉE BIOLOGIQUE

varie en fonction des conditions physiologiques. Les cellules en phase


exponentielle de croissance contiendraient moins d'ADNct que les
cellules en phase stationnaire (&BSON et HERSHBERGER, 1975 ; STO-
LARSKY et coll., 1976). L'éclairement de cellules étiolées induit une aug
mentation du nombre de molécules (Uzzo et LYMAN, 1972; STOLARSKY
et coll. 1976; RAWSON et BOERMA, 1976 a; CHELM et coll. 1977). Ainsi,
le nombre moyen de molécules contenues dans les cellules en croissance
hétérotrophique (milieu organique à l'obscurité), photo-hétérotrophique
(milieu organique à la lumière) et photo-autotrophique (milieu minéral
à la lumière) est respectivement de 200, 600 et i.ooo (RAWSON et BOERMA,
1976^); les valeurs obtenues dans notre laboratoire sont très voisines
(HUSSEIN, 1982; HEIZMANN et coll., 1982/2). D'après CHELM et coll.,
(1977), les cellules hétérotrophiques contiendraient 1.400 molécules et
les cellules photo-autotrophiques en contiendraient 2.900. Comparées
au nombre de chloroplastes, ces valeurs conduisent à estimer qu'un
chloroplaste ou un proplaste pourrait contenir entre 20 et 300 molécules
d'ADNct.
— Répartition en nucléoïdes. — Les ADN organellaires sont associés
en structures souvent nommées nucléoïdes. Chaque chloroplaste d'Eu-
glène contiendrait de 20 à 34 nucléoïdes (COLEMAN, 1979; KUROIWA et
coll., 1981; HASHIMOTO et MURAKAMI, 1982), ce qui représenterait une
association de 3 à 9 molécules d'ADNct par nucléoïde.

Cartographie des gènes chloroplastiques.


— Détermination du site de codage des constituants chloroplastiques. — Une
partie seulement des constituants chloroplastiques est codée par le
plastome.
La détermination du site de codage de l'ARN chloroplastique peut
être étudiée par hybridation. Après extraction à partir de chloroplastes,
cet ARN peut être purifié, puis rendu radioactif ou éventuellement
transcrit en ADN complémentaire; on étudie alors s'il s'hybride à
l'ADN nucléaire ou à l'ADN chloroplastique. Les ARN de transfert
s'hybrident exclusivement au génome chloroplastique (McCREA et
HERSHBERGER, 1976; SCHWARTZBACH et coll., 1976). Les ARN ribo-
somiques chloroplastiques •>*, i6s et 23 s s'hybrident principalement
au génome chloroplastique (Seoir, 1973 ; RAWSON et HASELKORN, 1973 ;
GRUOL et coll., 1975). Cependant, CURTIS et RAWSON (1982) ont mis
en évidence une homologie de séquences entre la région ribosomique
du plastome et une région limitée de l'ADN nucléaire.
Pour déterminer le site de codage, nucléaire ou chloroplastique, d'une
protéine chloroplastique particulière, on a d'abord cherché à déterminer
le site de traduction de cette protéine, sans avoir la certitude qu'il soit
identique aux sites de codage et de transcription. Ainsi, lorsque, d'une
part, la synthèse d'une protéine est inhibée par la streptomycine ou le
chloramphénicol (antibiotiques inhibant spécifiquement les protéo
NICOLAS, HE1ZMANK, RAVEL-CI1APUI8, FLAMANT, NIGOIV. LE UÉNOME 10j

synthèses chloroplastiques) et non par la cycloheximide (antibiotique


inhibant spécifiquement les protéosynthèses cytoplasmiques), et que
d'autre part, le niveau de cette protéine est très réduit chez les mutants
« blancs », qui ne présentent plus que des résidus d'ADN plastidien,
on peut admettre que cette protéine est synthétisée à l'intérieur du
chloroplaste (SMILLIE, 1968; SMILLIE et coll., 1971). C'est le cas par
exemple du cytochrome 552 (FREYSSINET et coll., 1979); par contre,
la ferredoxine serait codée par l'ADN nucléaire (VAISBERG et coll.,
1976). Cette méthode ne fournit pourtant que de premières approxima
tions : en effet, l'emploi de toxiques peut entraîner des réactions en
chaîne chloroplaste-noyau, qui viennent obscurcir la conclusion.
Une autre méthode fait intervenir la stimulation des synthèses pro-
téiques in vitro à l'aide d'ARNm; elle a permis de montrer, par exemple,
que la grande sous-unité de la ribulose-^/V-phosphate carboxylase est
codée par l'ADNct (SAGHER et coll., 1976). On note cependant que,
là aussi, il peut être difficile d'exclure la présence contaminante d'ARN
de provenance cytoplasmique. Tout au plus peut-on réduire le risque
en traitant la préparation de protéosynthèse in vitro par la cycloheximide,
qui bloque le fonctionnement des ribosomes cytoplasmiques sans
empêcher celui des ribosomes chloroplastiques.
L'obtention de fragments d'ADNct clones et multipliés sur plasmides
bactériens offre maintenant de nouvelles perspectives. Leur utilisation
pour des synthèses in vitro dans des systèmes de transcription-traduction
permet d'identifier les polypeptides codés par ces fragments. Cette
méthode a été utilisée, par exemple, pour la localisation des sub-unités
bêta et epsilon de l'ATP-synthase des membranes thylakoïdiennes.
Enfin, une dernière méthode consiste à fixer des ADNct clones et
bien identifiés sur des colonnes d'affinité; ces colonnes sont employées
pour extraire de préparations d'ARN total les espèces qui hybrident
spécifiquement les ADN clones. Ces espèces sont ensuite employées
dans un système de traduction pour identifier les polypeptides tormés.
L'hybridation à saturation de l'ADNct d'Euglène par l'ARN total
de ces cellules permet d'estimer à une vingtaine le nombre de gènes
chloroplastiques transcrits (HALLICK, 1983; NIGON et VERDIER, 1983).
— Carte de restriction. — La carte de restriction de l'ADNct a été
obtenue chez de nombreuses espèces végétales. PJlle a été construite,
chez E.gratilis, pour une dizaine d'enzymes (cf. revue in HALLICK, 1983).
La fig. i présente la carte correspondant aux enzymes Eco Ri, Bam Hi,
Pvuz, Xho i et Sal i. Les différents gènes localisés à ce jour y sont
répertoriés.
— Gènes d'ARN ribosomiques : structure, position et diversité. — Les
plastomes de la plupart des plantes possèdent deux opérons d'ARNr
disposés en configuration palindromique (séquences répétées inversées);
c'est le cas du Maïs, de l'Epinard, du Blé ou de Chlamydomonas (KOLOD-
XER et BOGORAD, 1977; KoLODNER, 1979 î BEDBROOK Ct GROUSE Ct
IO4 ANNEE BIOLOGIQUE

coll., 1978; BOWMANN et coll., 1981; ROCHAIX et MALNOE, 1978). Les


plastomes de certaines légumineuses ne possèdent qu'un seul opéron
d'ARNr (KOLLER et DELIUS, 1980; TALMER et THOMPSON, 1981; CHU
et coll., 1981).
Le plastome de la plupart des souches d'Euglène est porteur de trois
opérons d'ARNr disposés en tandem (SLAVIK et HERSHBERGER, 1976;

UGU (*'
GCC
UU»J'

Fig. i. — Organisation de l'ADNct d'Euglène (souche Z).


Les cercles les plus internes représentent la position des sites de coupure pour
5 enzymes de restriction. La carte est établie d'après les données de HALLICK (1983)
et PASSAVANT et coll. (1983). Sur le cercle le plus externe sont indiquées les positions
des gènes ribosomiques i6S, 238, 58, si6S (HALLICK, 1983; Roux et coll., 1983)
et des gènes d'ARNt et ij'-ARNj'1' localisés avec précision (GRAF et coll., 1980;
OROzcoet coll., 1980 b; OROZCO et HALLICK, 1982 b; HOLLINGSWORTH et HALLICK,
1982; KARABIN et HALLICK, 1983; Roux et coll., 1983). On a indiqué pour ces
gènes le sens de transcription, hormis pour le gène si6S, qui n'est probablement
pas transcrit (Roux et coll., 1983). Les pointillés repèrent les régions séquencées.
Les doubles flèches correspondent aux gènes d'ARNt (KuNTZ et coll., 1982) et
de protéines localisées approximativement : LS, grande sous-unité de la ribulose-
i,5-biphosphate carboxylase (STIEGLER et coll., 1982); EF-Tu, Facteur d'élonga-
tion Tu (PAASVANT et coll., 1983); P32, polypeptide 32 kd du photosystème II
(KELLER et coll., 1982; HALLICK et coll., 1982); p.su, sous-unité du complexe CF,
de l'ATPase (HALLICK et coll., 1982); I1 et I2 représentent les séquences inversées
répétées de KOLLER et DELIUS (1982 a), v, origine de réplication d'après RAVEL-
CHAPUIS et coll., 1982. T, origine de réplication d'après KOLLER et DELIUS (1982 c).
ÎSICOLAS, HEIZMA.NIN, RAVEI.-CHAPUI8, FLAMANT, MOON. I.E GÉNOME 10$

STUTZ et coll., 1976; MIELENZ et coll., 1977; LOMAX et coll., 1977;


JENNI et STUTZ, 1978; RAWSON et coll., 1978; GRAY et HALLICK, 1978;
HELLING et coll., 1979; GRAF et coll., 1980). On trouve sur chaque
opéron, dans le sens de transcription, successivement les cistrons 16 S,
23 S et 5 S. En amont du premier opéron, les plastomes possèdent
généralement un cistron 16 S supplémentaire (JENNI et coll., 1979;
KOLLER et DELIUS, 1982 a et b) qui a été séquence (Roux et coll., 1983).
Diverses variations dans la structure des cistrons ribosomiques ont
été décrites, qui concernent les séquences inter-cistroniques non codantes,
d'une part, et le nombre des cistrons, d'autre part (fig. 2) : — Dans
la lignée Z sauvage, les trois cistrons ribosomiques sont parfaitement
identiques : la digestion de chacun de ces cistrons par les enzymes de
restriction fournit des fragments identiques qui se superposent dans les
diagrammes de restriction. Seule, l'étude en microscopie électronique
après hybridation par les ARNr chloroplastiques, permet d'assurer la
présence de trois cistrons (RAVEL-CHAPUIS et coll., 1982 a et b).

z-s

5s 23s tes 5s 23s 16s bs 23s 16s «16s

1b

Fig. 2. — Diversité dans l'arrangement des cistrons ribosomiques


chez différentes souches sauvages et chez le mutant Y3BUD d'Eugltna gracilis.
Le nombre et la disposition des cistrons ont été déterminés par cartographie de restric
tion et par microscopie électronique. Le gène « si6S » est un gène i6S « supplé
mentaire » dont la signification n'a pas été déterminée. Les zones en pointillé
chez bacillaris indiquent des délétions (</).

L'ADNct de la lignée bacillaris sauvage, au contraire, présente deux


délétions dans des zones non codantes de la région ribosomique; l'une
d'entre elles, portant sur environ 400 pb, située dans l'espaceur entre les
cistrons i et 2, permet de différencier les divers cistrons ribosomiques
et les fragments de restriction correspondants sur les diagrammes de
restriction (HELLING et coll., 1979; EL GEWELY et coll., 1981).
— En outre, des lignées photosynthétiques à un seul cistron
(lignée Z S : WURTZ et BUETOW, 1981) et à cinq cistrons ribosomiques
(lignées ATCC 10 : 616 : KOLLER et DELIUS, 1982^) ont été décrites;
nous avons déterminé que l'ADNct du mutant non-photosynthétique
io6 A>NLE BIOLOCIOl'E

Y3BUD porte deux cistrons ribosomiques (RAVEL-CHAPUIS et coll., en


préparation). L'analyse par cartographie de restriction nous a permis
de montrer que les ADNct des souches Y3BUD (2 cistrons) et
ATCC 10.616 (5 cistrons) pouvaient résulter de simples réarrangements
de molécules sauvages, sans création d'aucun site de restriction nouveau
ni délétion de séquences. Des recombinaisons par crossing-over inégal,
rendues possibles par la disposition en tandems répétés des cistrons
ribosomiques, rendent compte de toutes les variations observées :
— la recombinaison entre deux molécules d'ADNct de type Z selon
le mécanisme de la fig. 3 a entraînerait la formation complémentaire
d'un ADN à 5 cistrons (type ATCC 10.616) et d'un ADN à un seul
cistron (type Z);

ADN cl bacilljr.s

3a 2a la

3b

3a 2a

z-s

kb

Fig. 3. — Mécanismes possibles de réorganisation de l'ADNct


intervenant au niveau des codes ribosomiques.
a) passage de l'ADNct sauvage bacillaris à l'ADNct de la souche V3BUD par appa-
riemcnt intramoléculaire et excision.
b) passage de l'ADNct sauvage Z à l'ADNct des souches ATCC 10.616 à j cistrons
et Z-S à un seul cistron, par crossing-over inégal intermoléculaire.
M(OT.\S. IIKIZMAVN. H \\ KI.-CHAPL'IS, FLAMANT, MGO> . I.E CKNOMF. IOJ

— la recombinaison intramoléculaire par appariement-excision d'une


molécule de type bacillaris selon la fig. 3 b, conserverait les deux cistrons i
et 3, et exciserait le cistron 2 et l'espaceur portant la délétion de 400 pb
caractéristique de la lignée bacillaris.
— Structure et position des gènes d'ARN de transfert (ARNt). —
L'hybridation à saturation des ADNct par des ARNt totaux indique que
les gènes d'ARNt représentent entre 0,48 et 0,76 pour 100 du génome
plastidien (GRUOL et HASELKORN, 1976; McCREA et HERSHBERGER,
1976; SCHWARTZBACH et coll., 1976). Ces mesures indiquent la présence
de 25 à 30 gènes, ce qui est vraisemblablement sous-évalué (HALLICK,
1983).
Chez les plantes supérieures et chez Chlamydomonas, les gènes des
ARNt sont très dispersés sur le génome chloroplastique (MALNOE et
ROCHAIX, 1978; DRIESEL et coll., 1979; BURKARD et coll., 1980). Chez
PEuglène, les ARNt s'hybrident également à plusieurs régions réparties
sur l'ensemble du plastome (£L GEWELY et coll., 1981; OROZCO et
HALLICK, 1982 a; KUNTZ et coll., 1982); 22 gènes identifiés sont actuel
lement positionnés (fig. i). Les premiers gènes localisés, ARNIle et
ARNAla, se situent dans l'espaceur compris entre les gènes ribosomiques
16 S et 23 S (KELLER et coll., 1980; OROZCO et coll., 1980 a et b; GRAF
et coll., 1980), dans une localisation similaire à celle observée chez
certains opérons ribosomiques de E. coli (YouNG et coll., 1979; SEKIYA
et NISHIMURA, 1979) et de B. subtilis (LOUGHNEY et coll., 1982). La
région « leader » des gènes i6Setji6S contient un pseudo-ARNIlc et
des séquences évoquant partiellement un ARNt pour l'alanine ou le
tryptophane (OROZCO et coll., 1980 b; Roux et coll., 1983).
Certains gènes d'ARNt sont très regroupés : on trouve 4 gènes sur
567 pb (OROZCO et HALLICK, 1982 b}, 6 gènes sur 557 pb (HOLLINGS-
\TORTH et HALLICK, 1982) et 5 gènes sur 581 pb (KARABIN et HALLICK,
1983). Les 3 gènes ARNt^-ARNt'^-ARNt1-" de même polarité sont
transcrits en un ARN polycistronique (GauisSEM et coll., 1982). Plusieurs
gènes ont été séquences (fig. i) (ÔRAF et coll., 1980; OROZCO et coll.,
1980 b; OROZCO et HALLICK, 1982 £; HOLLINGSWORTH et HALLICK,
1982; KARABIN et HALLICK, 1983). Aucun ne contient d'intron alors
que, chez les plantes supérieures, certains en présentent (KocH et coll.,
1981; STEINMETZ et coll., 1982; TAKAIWA et SUGIURA, 1982; DEMO
et coll., 1982).
— Structure et position de gènes de polypeptides. — Certains gènes chloro-
plastiques ont été localisés sur le plastome d'Euglène en utilisant comme
sondes des fragments d'ADNct clones, issus de diverses espèces (E. coli,
Chlamydomonas, Maïs, Épinard) (fig. i). Le gène de la grande sous-unité
de la RUBP Carboxylase serait interrompu par un intron, premier
exemple de ce type de structure dans un gène chloroplastique codant
pour une protéine (STIEGLER et coll., 1982).
IO8 ANNÉE BIOLOGIQUE

— Séquences inversées répétées. — Le plastome de Chlamydomonas


possède de nombreuses séquences répétées inversées, de taille comprise
entre 0,1 et 0,5 kb (GELVIN et HOWELL, 1979). Le plastome d'Euglène
ne posséderait que deux séquences inversées répétées, It et I2, localisées
à proximité de la région ribosomique (KOLLER et DELIUS, 1982 a).

3. RÉPLICATION

Plusieurs études ont visé à déterminer à quel moment intervient la


réplication de l'ADNct dans une culture synchronisée par une alternance
12 heures de lumière — 12 heures d'obscurité. Les résultats obtenus
divergent selon les auteurs. RICHARDS et MANNING (1975) situent la
réplication au début de la phase d'obscurité. Pour d'autres auteurs, elle
aurait lieu au cours de la phase d'éclairement et l'ADNct présenterait
deux vagues de synthèse (CooK, 1968; BRANDT, 1975; RAVEL-CHAPUIS
et coll., 1982).
MANNING et RICHARDS (1972 b) ont étudié la réplication de l'ADNct
selon l'expérience classique de MESELSON et STAHL (1958). Ils ont ainsi
pu montrer que les chaînes polynucléotidiques de l'ADN se séparent
avant la réplication et qu'il se forme une nouvelle chaîne au contact
de chacune d'elles (réplication semi-conservative). Des résultats iden
tiques ont été obtenus chez Chlamydomonas (KELLER et Ho, 1981) et
Chlorella (!WAMURA et coll., 1982).
En microscopie électronique, les molécules d'ADNct d'Euglène en
réplication ont un aspect en 6 : la molécule circulaire est dédoublée
sur une partie variable de sa longueur en 2 branches de longueurs égales
(RICHARDS et MANNING, 1975 ; nos observations). La bulle ainsi formée
représente la partie répliquée, selon le modèle dit de Cairns. En situant
les bulles de réplication de l'ADNct par rapport à des repères bien défi
nis (sites de coupure par des enzymes de restriction, gènes 23 S), on a pu
déterminer que la réplication est initiée dans une région unique très
proche des gènes ribosomiques (fig. i) (KOLLER et DELIUS, 1982 c;
RAVEL-CHAPUIS et coll., 1982 a et b). La région dans laquelle se trouve
l'origine de réplication présente plusieurs particularités. Elle est de
longueur variable, du fait qu'une séquence de 30-50 pb serait répé
tée avec des fréquences différentes selon les molécules (JENNI et
coll., 1981). Deux séquences inversées répétées de 125 pb y sont
localisées (KOLLER et DELIUS, 1982 a et c). Enfin, elle est riche en
séquence AT (SCHLUNEGGER et coll., 1983).
L'utilisation de repères a également permis de démontrer que la
réplication de l'ADNct d'Euglène s'effectue, à partir de l'origine,
simultanément dans les deux directions opposées (réplication bidirection
nelle ou symétrique) (KOLLER et DELIUS, 1982 c; RAVEL-CHAPUIS et coll.,
1982 a et b). Enfin, on observe que les deux branches de la bulle de
Cairns sont bicaténaires : lorsque la réplication entre dans la région
MCOLAS, HEIZMAVN, RAVBL-CHAPUI8, FLAMANT, MCI». —• I.E OKINOME IOQ

ribosomique, on peut hybrider de TARN ribosomique (R. loops) sur


les 2 branches à la fois.
Des observations similaires, faites sur l'ADNct de Pois et de Maïs,
n'ont pas déterminé la position de l'origine de réplication par rapport
à des gènes définis : la réplication s'effectue selon deux modes (KOLODNER
et TEWARI, 1975). Certaines molécules se répliquent selon le modèle de
Cairns, d'autres se présentent sous forme de cercle ayant une queue
bicaténaire (modèle du cercle roulant). Dans le premier cas, la réplication,
initiée dans une région unique, est symétrique et bidirectionnelle. D'après
KOLODNER et TEWARI, chaque brin d'ADN aurait une origine propre
et ces origines seraient distantes de 7 kb. Chez PEuglène, la possibilité
de deux origines très proches n'est pas exclue, mais aucune observation
n'y supporte actuellement ce modèle.
La réplication des ADNct apparaît très différente de celle de l'ADN
mitochondrial de différentes cellules animales, chez qui elle est uni
directionnelle sur chaque brin, dont chacun porte une origine de répli
cation propre fort éloignée de celle du brin homologue (CLAYTON, 1982).

4. CONCLUSION

L'ADNct d'E. gracilis présente certaines caractéristiques comparables


à celles des ADNct de la plupart des végétaux. Il s'en distingue cependant
par sa composition en bases, et surtout par l'organisation en tandem
de ses cistrons ribosomiques : il est probable que cette différence struc
turale soit à l'origine de la stabilité relativement plus faible du plastome
de l'Euglène, comparativement à celui des autres végétaux. En effet,
la disposition inversée répétée assure la stabilité des cistrons ribosomiques
chloroplastiques chez les végétaux supérieurs (PALMER et THOMPSON,
1982) et chez Chlamydomonas (MYERS et coll., 1982); par contre, l'arran
gement en tandems répétés des cistrons ribosomiques chloroplastiques,
chez l'Euglène, autorise des événements de recombinaison apparemment
plus fréquents chez cette espèce. Dans les conditions normales, de tels
réarrangerrents restent bien entendu exceptionnels : les ADNct d'une
culture sauvage se maintiennent sans modification au cours des réplica-
tions successives. La nature du mécanisme qui maintient cette homo
généité reste inconnue. Au contraire, sous l'effet d'agents divers qui
s'avèrent être mutagènes, la réplication des ADNct est profondément
perturbée et des réarrangements des cistrons ribosomiques sont systé
matiquement observés (voir chap. 4).
Les codes des ARN ribosomiques et de plusieurs ARNt chloroplas
tiques sont localisés sur le plastome, mais très peu de gènes codant pour
des polypeptides sont, à l'heure actuelle, cartographiés, comme d'ailleurs
pour la plupart des plastomes d'autres espèces. De sorte que la fonction
de la plus grande partie du génome reste à déterminer.
Le plastome d'Euglena est actuellement le seul dont l'origine de repli
I 10 ANNÉE BIOLOGIQUE

cation soit localisée par rapport à des gènes identifiés. Cette origine est
située à proximité des cistrons ribosomiques.

II. — OBTENTION ET CLASSIFICATION


DES MUTANTS PLASTIDIENS

L'altération de l'ADNct ou de gènes nucléaires codant pour des


constituants chloroplastiques entraîne l'apparition de mutants plastidiens,
c'est-à-dire de mutants chez lesquels la structure ou le fonctionnement
des plastes est altéré.
Deux catégories de mutants plastidiens sont principalement étudiées
chez les végétaux :
— les mutants dits non-photo synthétiques ou non-photo-autotrophiques ont
perdu toute activité photosynthétique; pour ces mutants nous utiliserons
l'abréviation Phot^. D'autres mutants présentent une activité photo
synthétique faible mais non nulle.
— les mutants résistants à certaines drogues qui, chez les souches sauvages,
inhibent le fonctionnement chloroplastique. Parmi ces mutants on trouve
principalement : — les mutants Antr, restant verts et aptes à photo-
synthétiser en présence de certains antibiotiques qui inhibent spécifique
ment les protéosynthèses chloroplastiques, comme la streptomycine;
— les mutants résistants à des herbicides, comme le 3(3,4-dichloro-
phényl)-i,i diméthyl-urée (DCMU) ou la triazine, par exemple.
Chez PEuglène, des mutants Anf ont été obtenus et partiellement
étudiés, présentant une résistance à la streptomycine, à la clindamycine,
à la kanamycine ou à la spectinomycine (SCHWARTZBACH et SCHIFF,
1974; FREYSSINET, 1975 ; MORLE et coll., 1979; NICOLAS, 1981; NICOLAS
et NIGON, 1982). Des cellules présentant une résistance au DCMU ont
également été décrites (LAVAL-MARTIN et coll., 1977; CALVAYRAC
et coll., 1979 a, b et ().
Les mieux connus des mutants d'£. gracilis sont les mutants Phot~
dits mutants blancs. En effet, c'est déjà depuis plusieurs dizaines d'années
que PEuglène a attiré l'attention par la fréquence élevée avec laquelle y
apparaissent des cellules dépigmentées ayant irréversiblement perdu
l'aptitude à la formation de chloroplastes fonctionnels (TERNETZ, 1912;
HOLLANDE, 1942; PRINGSHEIM et HOVASSE, 1948; PROVASOLI et coll.,
1948).

I. LES FACTEURS ENTRAINANT L'ALTÉRATION HÉRÉDITAIRE


DE LA FONCTION PHOTOSYNTHÉTIQUE

De nombreux travaux ont montré que le blanchiment irréversible


des plastes d'Euglenagraci/is peut être induit par plusieurs dizaines d'agents
NICOL\S, HEIZMAIXN. HAVEL-CHAPCIS, FLAMANT, NIGON. LE GENOME lit

chimiques, inhibiteurs des synthèses d'ADN, d'ARN ou de protéines


(voir revues in EBRINGER, 1972 et 1978; NIGON et HEIZMANN, 1978).
Divers agents physiques peuvent également blanchir irréversiblement
les cultures A'E.uglena gracilis : la multiplication à température égale ou
supérieure à 33° C (BRAWERMAN et CHARGAFF, 1959 et 1960; MEGO
et BUETOW, 1965; Uzzo et LYMAN, 1969 et 1972), les hautes pressions
hydrostatiques (GROSS, 1965), les rayons X (SIMONIS et SEUBERLING,
Z975J THEISS-SEUBERLING, 1973), les rayons gamma (NAIR et NETRA-
WALI, 1979) et les rayons ultraviolets (UV) (première observation par
LYMAN et coll., 1961; puis nombreuses publications).

2. CLASSIFICATION DES MUTANTS PHOT-

L'examen des propriétés structurales et biochimiques des mutants


non-photosynthétiques met en évidence une grande hétérogénéité et
différentes classifications en ont été proposées (SCHIFF et coll., 1971
et 1980; NIGON et HEIZMANN, 1978). La distinction entre les différentes
classes nécessite une définition claire des méthodes d'analyse employées :
en effet, la détection de structures ou de molécules spécifiques dépend
souvent des conditions utilisées pour la culture des cellules et de la
sensibilité des techniques employées. Les données actuelles permettent
de proposer la classification présentée dans le Tabl. I (d'après NICOLAS
et coll., 1982 b). Les critères retenus sont les suivants.
— Premier critère : contenu des cellules en A^DNct. — Deux classes de
mutants sont définies, selon qu'un pic d'ADNct apparaît ou non en
gradient de CsCl (voir p. 101) :
. mutants cp~ : pic d'ADNct décelable; . mutants ç- (= phi~} : pic
d'ADNct indécelable.
— Deuxième critère : pigmentation. — Trois types de mutants peuvent
ctre distingués selon leur contenu en pigments plastidiens, chlorophylles,
d'une part, (pics d'absorption d'extraits acétoniques à 663 et 645 nm),
caroténoïdes, d'autre part, (pics d'absorption des extraits acétoniques
entre 350 et 500 nm).
Les mutants Pbot~ de phénotype (Mo+ car* appartiennent uniquement
à la classer/)-. Ils correspondent aux mutants pale green~P, ou olive Ô décrits
par SCHIFF (1971 et 1980), et aux mutants m de SHNEYOLTR et AVRON
(1975 a et b).
Les mutants de phénotype chlo~ car* peuvent appartenir soit à la
classe cp~, soit à la classe phi~ :
— les mutants cp~ chlo~ tar+ correspondent essentiellement aux
mutants yellow Y de la classification de SCHIFF,
— les mutants phi~ chlo~ car^ correspondent à certains mutants
jt'hite n> de la classification de SCHIFF; ils comptent, en particulier, les
mutants W3 BUL et Wa4 ZUD.
112 ANNÉE BIOLOGIQUE

TABLEAU I
Classification des .mutants Phof

CLASSE cp <F~

PHENOTYPE chlo car chlo car chlo car

Détection d'ADNct
en gradient de CsCl -t- + — -

Détection \ chloro + traces traces -


phylles
des pigments
sur extraits caroté- + + + -
noïdes
acétoniques >

Fréquence maximale
de production par
<!0-3
irradiation UV, par <io-3 icT3 0,999
rapport à l'ensemble
des colonies formées

Les classes de mutants Pbot~ sont distinguées en fonction de la détection d'ADNct


en gradient de CsCl. Les phénotypes sont déterminés en fonction de la quantité de
pigments plastidiens renfermés par les cellules. Leur fréquence est mesurée après
formation de colonies à partir de cellules irradiées aux UV.

Les mutants de phénotype chlo~ car* appartiennent uniquement à la


classe phi^. Ils correspondent à la plupart des mutants wbite W de la
classification de SCHIFF.
Les mutants cp~ possèdent des plastes non fonctionnels, mais dont
les structures sont aisément caractérisables en microscopie photonique
ou électronique (EDELMAN et coll., 1965).
Les mutants phi~ sont tous achlorophylliens. Chez ce type de mutants,
la subsistance de structures proplastidiennes a fait l'objet de nombreuses
controverses (SIEGESMUND et coll., 1962; GIBOR et GRANICK, 1962 a;
GIBOR et HERRON, 1968; DWYER et SMILLIE, 1970; SALVADOR et coll.,
1972; KIVIC et VESK, 1974; GROSS et coll., 1975; HEIZMANN et coll.,
1976; PARTHIER et NEUMANN, 1977; GIBBS, 1978; BINGHAM et SCHIFF,
1979). Certains mutants possèdent des structures plastidiennes, très
réduites mais caractéristiques; d'autres mutants ne présentent pas de
structure que l'on puisse considérer sans ambiguïté comme représentant
LES TRICHOLOMES
de France et d'Europe occidentale
M. BON
Encyclopédie mycologique - Tome XXXVI
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même la famille entière), et permettant l'étude quasi exhaustive des
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ver d'ailleurs en Europe de l'Est ou en Amérique du Nord et même au
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GÉNÉRALE
MYCOLOGIE GENERALE
ET
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M. LOCQUIN
Préface du Pr E. BOUREAU
1984, 552 pages, 47 figures
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lité de leur approche : méthodes taxinomiques, analyse cladistique, évolution des champi-
gnons dans les temps fossilifères, thermodynamique et cybernétique de leur évolution,
application de la théorie des catastrophes de René Thom à leur morphogénèse, présence
des Champignons jusqu'à 3500 m de profondeur dans la croûte terrestre, prairies marines
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phogénèse, la biophysique, la biochimie des êtres vivants..."
Extrait de la Préface du
Professeur Edouard BOUREAU
Membre de l'Institut

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IV
NICOLAS, HEIZMANN, HAVEL-CII AI'UIS, FLAMANT, NIÇOIS. LE GÉNOME IIJ

un plaste résiduel. Les résultats de ces études sont souvent difficiles à


interpréter du fait que la distinction entre mutants porteurs de caroté-
noïdes et mutants dépourvus de caroténoîdes n'a pas toujours été faite.
L'étude systématique des caractéristiques uJtrastructurales et physio
logiques des mutants phi~ serait susceptible de permettre d'établir des
subdivisions plus précises.

3. FRÉQUENCE D'OBTENTION
DES DIFFÉRENTS TYPES DE MUTANTS PLASTIDIENS

Une étude quantitative de la production des différents types de mutants


plastidiens a été effectuée chez Ê.gracilis Z, après irradiation UV (NICOLAS
et coll., 1982). Les cellules irradiées sont étalées sur milieu solide, pour
former des colonies qui constituent des clones, ce qui permet de mesurer
la fréquence des colonies révélant une mutation plastidienne.
Des doses relativement modérées, non létales, de rayons UV (2 5 9 nm)
ne laissent subsister qu'une colonie verte sur i.ooo ou 10.000. L'examen
de plusieurs millions de colonies obtenues après irradiation à doses
très variées révèle que la plupart des colonies non chlorophylliennes
sont totalement blanches (phénotype chlo~ far~"); l'analyse spectrophoto-
métrique des extraits acétoniques obtenus à partir de cultures de ces
colonies en milieu liquide confirme l'absence de caroténoîdes. La teneur
en ADNct a été analysée chez plusieurs de ces mutants, qui se révèlent
de classe phi~.
Les mutants obtenus par multiplication en présence d'antibiotique
appartiennent eux aussi à cette classe; ils sont, pour la plupart, totale
ment dépigmentés.
Un petit nombre de colonies formées à partir de cellules irradiées
aux UV sont pigmentées en jaune (phénotype chlo~ car+). Le dénombre
ment précis de ces colonies n'est pas possible, leur coloration jaune
pouvant être faible et n'apparaître qu'après une longue période d'incu
bation. On peut estimer que, parmi les colonies achlorophylliennes, la
proportion de colonies renfermant des caroténoîdes est inférieure ou
égale à i pour i.ooo. La teneur en ADNct a été déterminée chez une
dizaine de ces mutants de phénotype chlo~ car^ en vue de reconnaître
ceux qui pourraient être cp~ ou pbi~; aucun ne possède de quantité
importante d'ADNct, de sorte que ces mutants appartiennent également
à la classe pbi~.
Parmi les colonies vertes subsistantes, pourraient se trouver des
mutants non-photosynthétiques cp~ chlo^ car+; c'est pourquoi nous avons
testé l'aptitude à la photosynthèse de plus de 600 colonies vertes obtenues
à partir de cellules irradiées à différentes doses d'UV; toutes se sont
avérées aptes à se multiplier phototrophiquement et n'appartiennent
donc pas à la catégorie des mutants non-photosynthétiques. Cela signifie
soit que ce type de mutation est rare, soit qu'au cours de la phase d'éta-
A*V BIOL. — T xxni, l'ASC. 2( 1984. 8
114 ANNÉE BIOLOGIQUE

blissement de la mutation, les conditions de culture sont défavorables


au maintien de ces mutations. La deuxième hypothèse impliquerait que
l'obtention de ces mutants requiert, à la suite du traitement mutagène,
l'emploi de conditions sélectives appropriées (SCHNEYOUR et AVRON,
1975 £).
L'irradiation UV ou la multiplication en présence d'antibiotique
conduit donc essentiellement à la formation de mutants pbi~, le plus
souvent de phénotype chlo~ far~, parfois de phénotype chlo* car^. Les
mutants cp~ ne sont produits que très rarement par ces agents mutagènes.
Il est possible que d'autres agents mutagènes (nitrosoguanidine, rayons X)
soient plus efficaces pour l'obtention de cette classe de mutants.

4. CONCLUSION

Les agents les plus variés permettent d'obtenir, chez Euglenagracilis, des
mutants non-photosynthétiques en proportion voisine de 100 pour 100,
sans affecter le taux de survie. La quasi-totalité des mutants obtenus
appartient à la classe phi~, caractérisée par la diminution de la teneur
en ADNct qui devient indétectable en gradient de CsCl. Les mutants cp~
qui conservent une quantité normale d'ADNct ne sont obtenus que très
rarement; on ne peut savoir si cette rareté est intrinsèque à la production
du génotype cp~t ou si elle résulte des conditions de sélection employées
qui pourraient favoriser le développement des mutants pbi~ par rapport
aux mutants cp~.

III. — ÉTUDE GÉNÉTIQUE


DE LA FORMATION DE MUTANTS PHOT-

Parmi les nombreux agents mutagènes qui induisent la formation de


mutants Phot~ chez Etiglena graciles, l'irradiation UV a été souvent
utilisée en raison de sa facilité d'emploi; les doses fournies peuvent être
définies de façon précise et les résultats obtenus sont reproductibhs.

i. FORMATION DE MUTANTS PHI-


APRES IRRADIATION UV

Apparition et ségrégation des mutants phi~.


Lorsque des cellules cultivées en milieu liquide sont irradiées, puis
étalées sur milieu organique solide, on observe la formation de colonies,
qui constituent des clones. Le dénombrement de ces colonies, par rapport
à celui des colonies formées dans des conditions similaires à partir d'une
aliquote non irradiée, permet de mesurer la survie clonale, représentant
NICOLAS, 1IEIZMANN, HAVEL-CHAPUIS, FLAMANT, NIGOM. LE OK.NOME 115

l'effet létal de l'irradiation. L'observation du phénotype des colonies


survivantes permet de distinguer des colonies vertes, dont les cellules
renferment de la chlorophylle, et des colonies dépigmentées, achloro-
phylliennes, le plus souvent blanches. La fig. 4 montre que la proportion
de colonies vertes chute à des doses beaucoup plus faibles que celles
nécessaires pour affecter la survie clonale. En l'absence d'irradiation,
une très faible proportion de cellules (< 0,2 pour 100) forme des mutants
blancs spontanés.

100 200 300 400 500 600 700 800


dose UV [j/m2]

Fig. 4. — Effet de l'irradiation UV sur la proportion de colonies vertes


et la proportion de colonies survivantes.
Des cellules étiolées en phase stationnaire de croissance, resuspendues dans 100 ml
de KC1 30 mM (5 x io6 cellules/ml) sont irradiées aux UV avec une intensité de
3,5 J/m2/mn. Après dilution, les cellules sont étalées sur boîtes de milieu orga
nique Euglena Agar (Difco). On mesure la proportion de colonies survivantes
s = N/N0 où N est le nombre de colonies formées après irradiation et N0 le nombre
de colonies formées par le témoin non irradié. La proportion P de colonies vertes
est exprimée par le rapport du nombre V de colonies vertes au nombre N0.

Les cellules irradiées aux UV, ou brièvement traitées par la strepto


mycine, peuvent donner dans leur descendance, simultanément, des
cellules vertes et des cellules blanches (DE-DEKEN-GRENSON et MESSIN,
195 8 ; LYMAN et coll., 1961 ; GIBOR et GRANICK, 1962 a; GRENSOX, 1964).
Il6 ANNÉE BIOLOGIQUE

Cette ségrégation a été étudiée quantitativement (NICOLAS et coll., 1977).


Lorsque les cellules composant les colonies blanches sont reprises et
reétalées sur de nouvelles boîtes de milieu organique solide pour obtenir
des sous-clones, tous ceux-ci restent blancs. Par contre, le sous-clonage
des colonies vertes montre qu'elles sont hétérogènes et peuvent être
réparties en deux catégories : — les colonies vertes pures (Vp), composées
uniquement de cellules donnant naissance à des sous-clones verts;
— les colonies vertes mixtes (Vm), composées de cellules donnant
naissance à des sous-clones verts et à des sous-clones blancs.
Parmi les colonies vertes primaires obtenues à partir de cellules irra
diées aux ultra-violets, la proportion de colonies Vp diminue rapidement
lorsque la dose d'irradiation augmente; cette proportion devient négli
geable pour une dose où toutes les colonies primaires sont encore
vertes. Ainsi, dès les faibles doses, les potentialités génétiques du verdis
sement sont modifiées. Par repiquage successif des colonies vertes
issues de colonies Vm, la disjonction entre cellules vertes et cellules
blanches peut être observée durant plusieurs dizaines de générations.

Localisation et tentative de dénombrement


des sites sensibles à l'irradiation.
En utilisant un microfaisceau de lumière ultra -violette (UV), GIBOR
et GRANICK (1962 b) ont montré que l'irradiation du cytoplasme d'une
cellule produit des mutants blancs, alors qu'une irradiation localisée
au noyau seul n'en produit pas. Cela implique une localisation non
nucléaire des « cibles » contrôlant le verdissement, dont l'altération par
irradiation UV entraîne le blanchiment irréversible des cellules.
Divers auteurs ont tenté de dénombrer ces cibles extranucléaires, en
étudiant quantitativement la proportion de colonies blanches formées
sur milieu solide à partir de cellules irradiées à différentes doses d'UV.
Les courbes de blanchiment obtenues, représentant la proportion de
colonies blanches formées en fonction de la dose d'irradiation, sont
interprétées comparativement à des modèles mathématiques construits
à partir d'un ensemble d'hypothèses qui constituent la « théorie de la
cible ». Dans le cas particulier de FEuglène, ces modèles stipulent que
les courbes de blanchiment diffèrent selon le nombre de « cibles » qu'il
est nécessaire d'altérer pour blanchir irréversiblement une cellule. Les
valeurs obtenues par cette méthode pour le nombre des cibles sont très
variables, allant de 30 à 150 (LYMAN et coll., 1961; PETROPULOS, 1964;
HILL et coll., 1966 a; EPSTEIN et ALLAWAY, 1967; SCHNEYOUR et coll.,
1969; DAVIS et EPSTEIN, 1971; J. R. COOK, 1972). Ces déterminations
ayant été faites le plus souvent par simple estimation graphique, sans
test statistique de l'ajustement, ESTEVE et coll. (1978) ont utilisé une
méthodologie statistique, permettant d'obtenir, par ordinateur, le meilleur
ajustement de modèles variés aux courbes expérimentales : l'étude des
courbes de blanchiment de PEuglène révèle un ajustement satisfaisant
NKOI.AS, HEIZMANN, HAVEI.-CIIAPU1S. FLAMANT, MGON. I.E GÉNOME 117

à différents modèles. Par contre, cette étude prouve qu'il est impossible
de faire un choix entre ces différents modèles. Aucune signification
biologique simple ne peut donc être attribuée aux déterminations du
nombre de cibles faites par les auteurs. En particulier, contrairement
aux hypothèses avancées, il n'est pas possible de considérer qu'une cible
équivaut soit à un corps prolamellaire, soit à une molécule d'ADNct.
Il apparaît plus vraisemblable, comme le suggère la variabilité sur la
détermination du nombre de cibles, que les modèles sont trop simples
pour correspondre à la réalité biologique et qu'en fait interviennent des
réparations de cibles ou des réorganisations entre cibles dont la prise
en compte ne viendrait qu'augmenter l'ambiguïté du test de signification
statistique.

Photoréactivation des lésions entraînant le blanchiment.


Différentes observations indiquent que les cibles qu'il est nécessaire
d'altérer pour produire des mutants Phot~ sont constituées par de l'ADN,
vraisemblablement chloroplastique, compte tenu de la localisation extra-
nucléaire de ces cibles : — le spectre de blanchiment par irradiation UV
correspond au spectre d'absorption des acides nucléiques (LYMAN
et coll., 1961); — le blanchiment induit par irradiation ultraviolette
peut être annulé par éclairement en lumière visible (LYMAN et coll., 1961 ;
SCHIFF et coll., 1961; COOK, 1963; HILL et coll., 1966 b, 1966 c, 1969;
DIAMOND et SCHIFF, 1970; NICOLAS et coll., 1980 h}. Les données de la
littérature montrent que les lésions induites par irradiation UV et cor
rigées par la photoréactivation, comme c'est ici le cas, sont généralement
des dimères de pyrimidines, formés par liaison covalente entre deux bases
pyrimidiques adjacentes sur un même brin d'ADN; ces dimères peuvent
retourner à l'état de monomères sous l'action d'une photolyase, dite
enzyme de photoréactivation, dont l'activation requiert une excitation
lumineuse à 310-400 nm (LIEBERMAN, 1976; LEHMAN et BRIDGES, 1977;
WITKIN, 1977). La présence de cette enzyme a été prouvée chez PEuglène,
où elle serait codée par l'ADN nucléaire et synthétisée dans le cyto
plasme (DIAMOND et coll., 1975).

Réparations à l'obscurité.
Divers mécanismes de réparation de l'ADN ne nécessitant pas l'éclai-
rement ont été décrits chez les organismes eucaryotes ou procaryotes.
Ces mécanismes qui permettent soit une réparation fidèle reconstituant
un ADN non modifié, soit une réparation infidèle induisant des muta
tions, peuvent être subdivisés en deux catégories : a — Les voies de
réparation par excision exerçant leur activité avant rcplication de l'ADN ;
b — Les mécanismes post-réplicatifs intervenant après cette réplication
(LEHMAN et BRIDGES, 1977; WITKIN, 1976 et 1977; CLEAVER, 1978;
LIEBERMAN, 1976; DEVORET, 1978; HANAWALT et coll., 1979).
Il8 ANNÉE BIOLOGIQUE

Différentes techniques permettent d'apprécier l'importance des répa


rations s'exerçant à l'obscurité : le maintien des cellules irradiées au
repos sur milieu liquide (liquid-bolding) , le fractionnement de l'irradiation
et l'emploi d'inhibiteurs des réparations. Ces techniques ont été utilisées
chez l'Euglène pour étudier les réparations, d'une part, sur les lésions
conduisant au blanchiment des cellules, d'autre part, sur les lésions qui
entraînent la perte de la survie clonale. Cette dernière, conséquence de
mutations interdisant la multiplication des cellules, traduit vraisembla
blement l'altération du génome nucléaire. Les résultats montrent que
les lésions nucléaires (perte de la survie clonale) sont efficacement
réparées à l'obscurité, alors qu'aucune réparation des lésions conduisant
au blanchiment des cellules n'est décelable dans les mêmes conditions
(NICOLAS et coll., 1980 b; OHKI et coll., 1980). Cette différence montre
que les deux types de mutations sont vraisemblablement produits dans
des compartiments cellulaires différents et donc sur des ADN distincts.
L'ensemble des observations précédentes suggère que les lésions
primaires conduisant aux mutations de blanchiment phi~ correspondent
à la formation de dimères de pyrimidines sur l'ADNct. Ces dimères ne
seraient pas réparés à l'obscurité dans les conditions expérimentales
utilisées. Ces dernières correspondent, chez les Bactéries, aux conditions
permettant une réparation par excision-resynthèse. Celle-ci fait ainsi
vraisemblablement défaut au niveau de l'ADNct d'Euglène.
On note également que, chez Chlamydomonas, les dimères de pyrimidine
portés par l'ADNct ne sont pas excisés à fréquence élevée (SWINTON
et HANAWALT, 1973 a et b). De même, il n'y a pas de réparation par
excision au niveau de l'ADN mitochondrial de levure (PRAKASH, 1975 ;
WATERS et MOUSTACCHI, 1974) ou de l'ADN mitochondrial des cellules
de Mammifères (J. S. COOK, 1972; CLAYTON et coll., 1974). Il est donc
possible que l'absence de réparation par excision-resynthèse soit un
phénomène général aux ADN organellaires, chloroplastique ou mito
chondrial.

Survivance des cellules vertes après forte irradiation.


L'emploi de doses UV élevées révèle qu'il subsiste toujours des cellules
capables de former des colonies vertes (NICOLAS et coll., 1981 c). Une
nouvelle irradiation de ces cellules montre qu'elles ne présentent pas une
résistance héréditaire à l'irradiation. L'une des interprétations les plus
vraisemblables serait que ces cellules résultent de l'intervention, après
irradiation UV, d'un mécanisme de réparation. Celui-ci pourrait être
post-réplicatif, puisqu'on ne peut détecter de réparation dans des cellules
au repos. L'étude quantitative montre que ce mécanisme pourrait
aboutir à une réparation complète dans environ une cellule sur 5.000.
Dans cette hypothèse, on peut envisager que ce même processus pourrait
se dérouler à fréquence plus élevée dans les cellules qui ont subi une
MCOI.AS, 1IE1ZMANN, H AVEL-CHAPUIS, FLAMANT, MGON. I,E C.K.NOME I 19

irradiation plus faible. Cependant, comme ce processus est peu fréquent,


il ne peut être décelé que pour les irradiations élevées qui devraient
entraîner un blanchiment total.

2. STABILITÉ ET INSTABILITÉ
DES DIVERS TYPES DE MUTANTS

Ségrégation somatique chez certains cp~ et Anf.


Les études précédentes ont montré qu'après irradiation UV, une culture
de cellules sauvages est transformée par l'apparition, en proportion plus
ou moins importante, de cellules caractérisées par la production d'une
ségrégation somatique qui peut être suivie sur de nombreuses générations.
Des observations présentant une certaine similarité ont été effectuées à
partir de diverses souches mutantes.
Parmi les souches cp~, l'une d'entre elles, YjBXD, se transmet de
façon apparemment stable : le clonage de la population suivi des sous-
clonages ultérieurs ne révèle pas l'apparition de formes différentes.
Lorsque cette souche, qui contient des pigments jaunes caroténoïdiens,
est irradiée aux UV, elle donne naissance à des colonies blanches de
type phi~. La production de ces mutants phi~ à partir de cp~ n'a pas fait
l'objet d'études quantitatives.
Une autre souche cp~, Y3BUL, créée dans le laboratoire de SCHIFF
il y a plus de 20 ans, montre un comportement sensiblement différent.
En effet, le passage de la forme cp~ à la forme phi~ s'y produit spontané
ment avec une fréquence élevée, très supérieure à la fréquence de forma
tion spontanée de formes phi~ à partir de cellules sauvages. Les cellules
de ce rr.utant renferment des pigments qui leur confèrent une coloration
jaune. Lorsque ces cellules sont étalées sur un milieu organique solide,
30 à 50 pour 100 des colonies formées ont perdu ces pigments; elles
forment des colonies blanches dont le reclonage ne fournit que d'autres
colonies blanches. L'étude du contenu en ADNct de ces colonies
blanches, multipliées en milieu organique liquide, révèle qu'il s'agit de
mutants de type phi~, pauvres en ADNct. Lorsque les cellules ayant
formé une colonie jaune sont dispersées et réensemencées sur milieu
solide, on observe à nouveau l'apparition de colonies blanches. Les
clonages successifs révèlent la persistance de cette disjonction entre
colonies jaunes cp~ et colonies blanches phi~. Malgré la sélection ainsi
réalisée en faveur des colonies jaunes, on ne peut discerner, habituelle
ment, aucune diminution significative du taux de colonies blanches
formées. Cependant, un clone jaune stable a pu être isolé à partir de la
souche Y3 : la descendance de ce clone ne comporte plus l'apparition
de cellule blanche phi~.
Des situations comparables à celles constatées chez le mutant Y,BUL
I2O ANNÉE BIOLOGIQUE

ont été observées chez des mutants Antr, résistants aux antibiotiques qui,
dans les souches sauvages, provoquent le blanchiment irréversible des
cellules (voir p. 1 10). Plus de 100 générations après leur obtention et leur
stabilisation relative par sélection, le degré de stabilité de ces souches A.ntr
a été analysé (NICOLAS, non publié) : après culture pendant 20 générations
sur milieu non sélectif (milieu organique liquide sans antibiotique, à
l'obscurité), les cellules sont étalées sur milieu solide sans antibiotique
et sur milieu solide additionné d'antibiotique. L'observation des colonies
obtenues permet de distinguer au moins trois types de mutants : —
certains sont stables, toutes les colonies formées restant capables de
verdir en présence de l'antibiotique comme en son absence; — un des
mutants s'avère strictement dépendant de la streptomycine, l'absence de
cet antibiotique entraînant le blanchiment irréversible de toutes les
cellules; — d'autres enfin présentent une instabilité de la résistance ou
de la dépendance : au terme des 20 générations sur milieu non sélectif,
une certaine proportion de cellules, variable selon les mutants, est
retournée à l'état sauvage ou a blanchi irréversiblement.

Avantage multiplicatif des formes sauvages.


Si les cellules Y, disjoignantes sont caractérisées par la production
fréquente de cel Iules phi~ stables et par la production rare de cellules Y3
stables, on devrait s'attendre à voir toutes les cultures rapidement
envahies par les mutants phi~. Des mutants spontanés pbi~ stables
apparaissant aussi, bien qu'à très faible fréquence, lors d'étalements de
cellules sauvages (voir p. 1 14), on devrait donc aussi observer l'augmenta
tion progressive du taux de mutants blancs dans les cultures sauvages.
On observe, en fait, dans l'un et l'autre cas, le maintien de la proportion
de mutants blancs à taux approximativement constant.
Ces résultats peuvent s'expliquer par la vitesse de multiplication
réduite des mutants pbi~, particulièrement faible au moment de leur
formation. On observe, en effet, après étalement sur milieu organique
solide de cellules irradiées, que les colonies blanches restent toujours
nettement plus petites que les colonies capables de verdir. Lorsque les
cellules irradiées sont ensemencées sur milieu organique liquide, l'avan
tage multiplicatif des cellules qui sont restées aptes au verdissement est
tel qu'en 1 8 générations la population passe d'une proportion de 4 x io~4
à 99 pour 100 de cellules capables de former des colonies vertes. A la
suite d'un traitement mutagène par la streptomycine, qui permet d'obtenir
100 pour 100 de cellules phi~, le temps de génération en milieu liquide
est, une dizaine de générations après le traitement mutagène, 5 à 6 fois
supérieur à la normale (NICOLAS, 1981 b}. Le temps de génération de
certains mutants clones est parfois trop long pour permettre leur conser
vation (MITCHELL, 1971). Le temps de génération des mutants phi~
qui peuvent être stabilisés reste environ le double de celui de la souche
sauvage dont ils sont issus (NICOLAS, 1981 b).
MCOLAS, 1IEIZMAMY IIAVEL-CH.\PUI5. FLAMANT, 1NIGON. I.E GÉNOME 121

3. DISCUSSION

La formation de mutants Phot~.

Tous les résultats précédents sont en faveur d'une interprétation


d'après laquelle les cibles altérées par l'irradiation UV sont représentées
par l'ADN chloroplastique.
La fréquence élevée de production de mutants phi~ par de faibles
doses d'UV peut s'expliquer, du moins en partie, par l'absence, au niveau
de l'ADNct, d'un processus de réparation qui est, au contraire, très
efficace au niveau de l'ADN nucléaire. Il est vraisemblable que le pro
cessus de réparation qui fait défaut au niveau de l'ADNct d'Euglène
est le mécanisme d'excision-resynthèse.
La subsistance, aux fortes irradiations, d'une faible proportion de
colonies vertes suggère qu'un autre processus de réparation s'exerce
cependant sur l'ADNct d'Euglène. La nature de ce processus reste à
déterminer. Chez Chlamydomonas reinhardtii, la disparition d'une partie
des dimères de pyrimidine portés par l'ADNct semble associée à un
renouvellement partiel de cet ADN (SMALL et GREIMANN, 1977). Chez
S. cerevisiae, des réparations de l'ADN mitochondrial peuvent intervenir
dans certaines conditions physiologiques (WATERS et MOUSTACCHI,
1974). Chez les Bactéries, certains mécanismes de réparation sont
contrôlés par la protéine Rec A. Lorsque les réparations par excision
ne peuvent suffire à assurer une réparation correcte, les produits de
dégradation de l'ADN stimulent l'induction par la protéine Rec A d'une
fonction de réparation infidèle dite « SOS » (RADMAN, 1974; WITKIN,
1976; DEVORET, 1978; HANAWALT et coll., 1979; D'HARMALINGAM
et GOLDBERG, 1980; TARDY-HORAIST, 1981). Ces réparations infidèles
conduisent à des mutations. Or, le traitement mutagène active, chez
FEuglène, la dégradation de l'ADNct (NICOLAS et coll., 1980/7); HEIZ-
MANN et coll., 1982), et l'on constate, d'autre part, une très forte augmen
tation du taux de mutants résistants aux antibiotiques parmi les colonies
qui restent vertes (NICOLAS et NIGON, 1982 a); ces observations indiquent
peut-être l'existence d'une fonction chloroplastique de type SOS.

La ségrégation somatique et l'instabilité de certains mutants.

La ségrégation mitotique observée après irradiation UV des cellules


sauvages peut s'interpréter suivant deux schémas théoriques :
— ou bien les cellules irradiées ont subi une modification à la suite
de laquelle les ADNct ont été déstabilisés. Dans cette hypothèse, ces
ADN peuvent continuer à se multiplier et permettre le verdissement
des cellules. Cependant, l'instabilité de cet ADNct lui confère la possi
bilité, soit de subir la transformation qui donne naissance aux cellules
122 ANNÉE BIOLOGIQUE

irréversiblement blanchies, soit de réverter en donnant naissance à des


cellules vertes stables,
— ou bien les cellules irradiées contiennent simultanément plusieurs
unités indépendantes responsables du verdissement, dont certaines
pourraient être altérées par l'irradiation UV alors que d'autres resteraient
fonctionnelles. Ces unités, stables, seraient capables de se multiplier et
de se répartir au cours des divisions cellulaires par un processus de
sorting-out, tel qu'il a été décrit chez plusieurs espèces végétales (voir
revue in KIRK et TILNEY-BASSET, 1978). Un modèle général de sorting-out
pur a été formulé mathématiquement et testé expérimentalement (Nico-
LAS et coll., 1977). Les résultats montrent qu'au cours des premières
multiplications cellulaires qui suivent le traitement mutagène, la ségré
gation des unités responsables du verdissement est compatible avec
le modèle de sorting-out. Au-delà de 3 générations, la ségrégation ne
répond plus au modèle, du fait de l'avantage multiplicatif des cellules
capables de verdir.
Ces résultats ne sont donc pas en contradiction avec l'hypothèse d'une
ségrégation mitotique au hasard, à la suite de l'irradiation, entre unités
génétiques chloroplastiques mutées et unités génétiques chloroplastiques
non mutées. Ils ne permettent cependant pas d'établir si les unités géné
tiques chloroplastiques non mutées sont toutes homogènes et stables. En
effet, dans l'hypothèse où une unité génétique chloroplastique serait
identifiable à un chloroplaste, les molécules d'ADNct portées par un
chloroplaste considéré comme non muté sont-elles toutes de type sau
vage, ou bien représentent-elles un mélange de molécules sauvages et de
molécules mutées ? Dans ce dernier cas, au cours de ses divisions
successives, le chloroplaste s'avérera-t-il de type sauvage stable, ou bien
produira-t-il à la fois des chloroplastes sauvages et des chloroplastes
mutés ?
Chez Y3BUL, la ségrégation mitotique observée en l'absence de traite
ment mutagène, plus de 20 ans après la sélection du mutant, semble
difficilement conciliable avec l'hypothèse d'une ségrégation au hasard
d'unités génétiques stables conférant les unes le caractère cp~, les autres
le caractère pbi~, qui auraient pu se former au moment de la production
du mutant. Cette ségrégation traduit plus vraisemblablement l'existence
d'une instabilité persistante du plastome de ce mutant. De même, la
production par certains mutants Antr, plus de 100 générations après
leur sélection, de cellules non résistantes ou de cellules blanches,
s'explique vraisemblablement par une certaine instabilité de leur plas
tome.
De nombreuses hypothèses peuvent être émises pour expliquer cette
instabilité. L'une d'elles serait que le mécanisme moléculaire qui détermine
l'instabilité chez les mutants cp~ ou AnP soit le même que celui qui
entraîne la déstabilisation du plastome sauvage à la suite d'un traitement
mutagène tel que l'irradiation UV. Dans cette hypothèse, la mutagenèse
NICOLAS, HE1ZMANM, RAVEL-CIIAPUIS, FLAMANT, NIGON. LE GÉNOME I2J

chloroplastique correspondrait à une déstabilisation du plastome sau


vage, conduisant aux mutants phi~ dans la majorité des cas. Une désta
bilisation partielle, ou l'intervention de processus de réparation, pourrait
conduire dans des cas beaucoup plus rares à la production de mutants cp~
ou Anf; la structure du plastome de certains de ces derniers ne corres
pondrait cependant pas à une forme stable, d'où la persistance d'une
ségrégation chez ces mutants.

IV. — ALTÉRATIONS DU PLASTOME


CHEZ LES MUTANTS PHOT~

I. MlSE EN ÉVIDENCE D'UNE ALTÉRATION QUANTITATIVE


ET STRUCTURALE DU PLASTOME DES MUTANTS PHOT~

L'ADNct n'étant plus décelable en gradient de CsCl chez les mutants


« blancs » (phi~), ceux-ci ont longtemps été considérés comme totalement
privés de plastome (LEFF et coll., 1963; EDELMAN et coll., 1965; RAY
et HANAWALT, 1965 ; SCHIFF et EPSTEIN, 1967 et 1968; Uzzo et LYMAN,
1970). Cependant, en 1976, HEIZMANN et coll. démontraient, chez tous
les mutants dépigmentés analysés, la persistance d'ARN ribosomiques
chloroplastiques formés selon la voie de biosynthèse caractéristique des
ribosomes chloroplastiques (stimulation de la vitesse de transcription par
la cycloheximide, inhibiteur des protéosynthèses cytoplasmiques; matu
ration de précurseurs p. 16 et p. 23 en ARN mûrs 16 S et 23 S; inhibition
de cette maturation par les inhibiteurs de la protéosynthèse chloroplas
tique comme la lincomycine). Cela suggérait que des gènes ribosomiques
chloroplastiques restent présents et actifs chez les mutants blancs. Les
ADNct de ces mutants ont donc été analysés sur le plan structural et
sur le plan quantitatif.

Caractéristiques structurales des ADNct des mutants Phot~.


Des ADN totaux de mutants Phot~ ont été traités par des enzymes
de restriction et analysés par électrophorèse, transfert et hybridation
à l'aide de sondes chloroplastiques radioactives. Les résultats obtenus
peuvent être résumés comme suit (HEIZMANN et coll., 1981).
— Lfs mutants cp~. — Pour la lignée Y,BXD, les diagrammes de
restriction sont parfaitement similaires à ceux de la forme sauvage
bacillaris dont est issu ce mutant. Par contre, l'ADNct du mutant Y3BUD
montre une diminution du nombre des cistrons ribosomiques (2. cistrons)
résultant vraisemblablement d'un processus intramolcculaire d'appa-
riement entre cistrons disposés en tandems et d'une excision du cis-
tron n° 2 (voir p. 106). De plus, les préparations d'ADNct de Y3BUD
sont hétérogènes : outre les molécules circulaires de grande taille
124 ANNÉE BIOLOGIQUE

elles contiennent une proportion significative (< i pour 100 de la masse


d'ADN) de minicercles (0,7 à 8 jim) dont certains hybrident les sondes
chloroplastiques. Ce , résultat concorde avec l'indication d'une hétéro
généité fournie par les cinétiques de réassociation (voir p. 125). La nature
et l'organisation des séquences de ces minicercles restent encore obscures ;
on ignore également s'ils possèdent une autonomie de réplication ou
de synthèse.
— Les mutants pbi~. — Chez les mutants pbi~, les séquences hybridant
les sondes non ribosomiques d'ADNct sont généralement présentes,
mais difficilement décelables du fait de leurs très faibles quantités; elles
montrent des modifications limitées particulières à chaque mutant.
Les séquences hybridant les sondes ribosomiques sont beaucoup plus
faciles à mettre en évidence, car elles se trouvent amplifiées par rapport
aux séquences non ribosomiques : une sonde constituée d'ADNct radio
actif permet de les révéler sélectivement parmi les ADN totaux de mutants
phi~, du fait de leur réitération accrue.
Chez les mutants dérivés de la forme bacillaris (W3BUL, W10BSmL),
des réarrangements identiques à celui démontré chez Y3BUD ont entraîné
l'excision des segments ribosomiques porteurs de la délétion de 400 pb
caractéristique de cette lignée.
Outre le signal fourni au niveau ou à proximité du fragment carac
téristique de l'ADNct sauvage, chaque sonde marque divers autres
fragments, souvent communs à plusieurs souches. On sait qu'il existe
certaines homologies de séquences entre ADNct ribosomiques et ADN
nucléaires ribosomiques chez PEuglène (CuRTis et RAWSON, 1981); chez
le Maïs, une séquence de 10 kpb est commune aux génomes chloro-
plastique et mitochondrial (STERN et LONSDALE, 1982). Il est donc
possible que certains signaux d'hybridation entre les sondes chloro
plastiques et les ADN totaux des mutants phi" puissent résulter d'homo-
logies de séquences entre le plastome et les génomes nucléaire et mito
chondrial.
Dosage des ADNct chez les matants Phot~.
L'ADNct des mutants Phot~ a été dosé en mesurant l'accélération
qu'entraîné l'addition d'ADN cellulaires totaux, extraits de ces mutants,
sur la vitesse de renaturation d'ADN chloroplastiques purifiés radioactifs
présents en quantité traceuse; cette accélération s'explique par l'accrois
sement de la concentration des séquences homologues à l'ADNct; la
représentation des cinétiques de réassociation s'effectue selon WETMI/R
et DAVIDSON (1968). Les ADN cellulaires de tous les mutants Phot~
étudiés provoquent une accélération significative de la réassociation
des sondes chloroplastiques, ce qui signifie qu'ils contiennent des
séquences correspondant à celles de l'ADNct (HEIZMANN et coll., 1981) :
- les mutants cp~ Y,BXD et Y3BUD possèdent des ADNct en quan
tités comparables à celles des lignées sauvages. L'allure des courbes
MCOLAS, HEIZMANN, RAVËL-CHAPUIS, FLAMANT, NIGON. I,E GÉNOME 125

d'hybridation révèle que les populations d'ADNct de ces deux souches


ne sont probablement pas homogènes. Elles pourraient comprendre
une proportion appréciable de molécules défectives (i à 10 pour 100
du total de l'ADNct).
— les mutants phi~ ne possèdent que 100 à i.ooo fois moins d'ADNct
que les souches sauvages. Les courbes de réassociation fournissent
deux demi-droites représentatives, indiquant la présence de deux popu
lations de molécules d'ADNct différant par leur abondance et par leur
complexité : — la population la plus abondante (30 à 160 exemplaires
par cellule, selon les mutants) possède une complexité équivalant à
10 pour 100 de celle de l'ADNct sauvage; elle paraît formée essentielle
ment de séquences ribosomiques; — la population la moins abondante
(2 à 10 exemplaires par cellule) a une complexité au moins égale à
50 pour 100 de celle de l'ADNct sauvage; la limite de sensibilité des
méthodes, associée à la faible quantité d'ADNct présent, interdit
de préciser davantage les interprétations fondées sur ces mesures.
Ces valeurs doivent être considérées comme erronées en excès,
du fait de contaminations possibles de la sonde chloroplastique par des
ADN nucléaires (qui verraient leur renaturation accélérée par l'addition
d'ADN total) et du fait d'homologies de séquences entre gènes ribo
somiques chloroplastiques et nucléaires (l'addition d'ADN nucléaires
accentuerait alors la renaturation des seuls cistrons ribosomiques chloro
plastiques).

2. MODIFICATIONS DE L'ADNct
AU COURS DE LA PRODUCTION DE MUTANTS PHI~

A la suite d'un traitement mutagène, le passage d'une population


de cellules sauvages à une population de cellules mutées s'étend sur un
certain nombre de générations. Les altérations qualitatives et quantita
tives de l'ADNct ont été suivies au cours de ces générations.

Dégradation d'ADNct après irradiation,


en /'absence de multiplication cellulaire.
Lorsque les cellules sont maintenues sur milieu liquide non nutritif
après irradiation (NICOLAS et coll., 1980 £), la quantité d'ADNct décroît;
l'importance de la dégradation dépend de la dose d'irradiation reçue
par les cellules. Chez H. coli et dans les cellules de Mammifères, la dégra
dation de l'ADN après irradiation UV résulte de l'intervention d'une
réparation par excision; cette dégradation n'intervient pas chez les
cellules déficientes en réparation par excision, ou lorsque l'excision est
bloquée par la caféine (SHIMADA et TAKAGI, 1967; YONEI et Nozu, 1972;
FORNACE et coll., 1976; FONG et BOCKRATH, 1979). Nous avons vu que
l'expérimentation génétique suggérait l'absence de réparation par
excision au niveau de l'ADNct; d'autre part, nous avons vérifié que la
126 ANNÉE BIOLOGIQUE

caféine n'inhibe pas la dégradation de l'ADNct après irradiation UV.


Cette dégradation est donc provoquée, chez l'Euglène, par un processus
autre que la réparation par excision.

Dégradation et synthèse d'ADNet


au cours des multiplications consécutives au traitement mutagene.
On a vu que l'irradiation UV laisse subsister une certaine proportion
de cellules capables de verdir; du fait de leur avantage multiplicatif,
celles-ci deviendront prépondérantes dans les cultures. Il a donc paru
préférable d'utiliser un traitement par un antibiotique comme la strepto
mycine pour étudier les transformations de l'ADNct au fil des géné
rations. La culture de cellules pendant 6 générations en présence de
streptomycine à 500 ;xg/ml ne laisse en effet subsister aucune cellule
capable de verdir.
Le Tabl. II montre que, lorsque les cellules traitées par la streptomycine
se multiplient sur milieu organique, la quantité d'ADNct diminue pendant
plusieurs générations; une quinzaine de générations après le début du
traitement mutagene, le nombre de molécules d'ADNct ne représente
plus qu'environ le vingtième de la valeur normale. Sur le tableau sont

TABLEAU II
Évolution de FADNet lors des multiplications consécutives
à la mutagenèse par la streptomycine.

Milieu de Nonbre de Proportion Nombre de


croissance Temps générations de cellules molécules
Nt
donnant des d'ADNct
colonies par
vertes cellule

NCbut +
Sm 500 0 0 1 220 220
•^g/ml 3h 0,125 0,82 150 195
6h 0,25 0,57 94 176
24h 1 2 x 10~4 79 110
1 semai ne 6 0 69 3,5
NCbut
2semain es 12 0 32 0,06
3 sema in es 13 0 13 0,001

On cultive des cellules à l'obscurité sur milieu organique NCbut (NICOLAS et coll.,
1980 a), d'abord en présence de streptomycine à 500 microgrammes /ml durant 6 géné
rations, puis en l'absence d'antibiotique. Des prélèvements sont effectués périodique
ment; l'ADN total est extrait et la quantité d'ADN est mesurée comme indiqué p. 124.
Nt, Nombre théorique de molécules d'ADNct par cellule dans l'hypothèse d'une
dilution de l'ADNct après blocage de sa synthèse.
NICOLAS, I1EIZMANN, HAVEL-CHAPUI8, FLAMANT, NIGON. LE GÉNOME 127

portées les valeurs du nombre théorique de molécules d'ADNct qui


pourraient subsister dans chaque cellule, dans l'hypothèse du blocage
de toute néosynthèse d'ADNct et d'une répartition entre les cellules
filles à chaque division. On constate qu'au cours de la première géné
ration, la quantité d'ADNct diminue plus vite que prévu, ce qui concorde
avec l'existence d'une dégradation d'ADNct en l'absence de multipli
cation cellulaire. En revanche, au cours des générations suivantes, la
quantité d'ADNct diminue beaucoup moins vite que ne le voudrait
l'hypothèse d'une simple dilution, ce qui démontre la reprise des syn
thèses nettes d'ADNct. Les cinétiques de renaturation indiquent, en outre,
que les molécules d'ADNct forment une population homogène pendant
les premières 24 heures; après quelques générations, les cinétiques de
réassociation montrent l'apparition des deux composants moléculaires
distincts, caractéristiques des ADNct des mutants blancs phi~ stabilisés,
indiquant l'amplification relative des cistrons ribosomiques. Les études
cartographiques confirment la diminution rapide des ADNct en cours
de mutagenèse, par l'extinction des signaux d'hybridation; les dégrada
tions induisent la formation, entre les fragments de restriction, de
traînées hybridables par les sondes chloroplastiques.
Certains réarrangements transitoires, affectant une fraction des popu
lations de molécules, entraînent le marquage de fragments de restriction
supplémentaires à certaines phases du processus. Hormis le cas des
cistrons ribosomiques, seuls les fragments de restriction identiques à
ceux de l'ADN sauvage restent détectables au cours des étapes terminales
(12-18 générations), indiquant que dans la masse de la population, le
processus de mutagenèse ne sélectionne pas un type de modification
particulier.
Les cistrons ribosomiques constituent une exception tout à fait
remarquable, puisqu'ils sont, au contraire des autres segments d'ADNct,
systématiquement modifiés (et amplifiés); ce phénomène est particu
lièrement clair dans le cas de la souche baciltaris où le dédoublement
des fragments de restriction ribosomiques (dû à des délétions de 400 pb,
voir p. 105) disparaît progressivement au cours du traitement par la
streptomycine, indiquant l'élimination des cistrons délétés et l'amplifi
cation relative des autres cistrons. Ainsi, dans le cas présent, des modifi
cations d'ordre quantitatif et toujours difficiles à assurer, prennent
l'aspect de modifications d'ordre qualitatif particulièrement démonstratives
du phénomène d'amplification.

3. DISCUSSION

L'ADNct reste en quantité importante chez les mutants cp~, ce qui


rend possible son étude par les techniques de cartographie de restriction
et de microscopie électronique. Une délétion d'un cistron ribosomique
a ainsi pu être caractérisée chez le mutant Y,BUL.
128 ANNÉE BIOLOGIQUE

La très faible teneur en ADNct résiduel chez les mutants phi~ rend
son étude structurale beaucoup plus ardue et oblige à une certaine
prudence. Du fait d'homologies de séquences décrites, d'une part, entre
ADN mitochondrial et ADN nucléaire chez divers organismes (\7AN DEN
BOOGART et coll., 1982; GELLISSEN et coll., 1983 ; JACOBS et coll., 1983 ;
FARRELLY et BUTOW, 1983), d'autre part, entre cistrons 16 S chloro-
plastiques et ADN mitochondrial chez le Maïs (STERN et LONSDALE,
1982), enfin, entre la région ribosomique du plastome et l'ADN nucléaire
chez l'Euglène (CuRTis et RAWSON, 1982), il est difficile, dans l'état
actuel du travail, de déterminer chez les mutants />^/~ la part d'hybridation
correspondant indubitablement à la présence d'ADNct résiduel. L'état
structural des molécules d'ADNct persistant chez les mutants phi~ reste
également méconnu.

DISCUSSION

LOCALISATION NUCLÉAIRE ou CHLOROPLASTIQUE


DES MUTATIONS PHOT~

Certains constituants plastidiens étant codés par l'ADN nucléaire,


d'autres par l'ADN chloroplastique, des mutations Phof~ pourraient
être portées par l'un ou l'autre de ces ADN. Chez les organismes pourvus
d'une reproduction sexuée, la transmission du caractère Phot~ durant
la méiose fournit généralement des arguments décisifs pour déterminer
le site de la mutation : lorsque celle-ci est à site nucléaire, sa transmission
répond en règle générale au mode mendélien; lorsque la mutation est
à site chloroplastique, sa transmission s'effectue avec des modalités le
plus souvent bien distinctes d'une transmission mendélienne.
Ainsi, chez Chlamydomonas, 95 pour 100 de la descendance issue d'une
conjugaison porte le caractère chloroplastique du parent de type
sexuel mt+, dit femelle, répondant à une transmission matrocline. Chez
les plantes supérieures, les mutations à site chloroplastique se transmettent
avec une préférence sexuelle qui, selon les espèces, est à prédominance
maternelle (cas le plus fréquent) ou paternelle : en général, les croisements
réciproques donnent alors des résultats différents. Cependant, les situa
tions complexes rencontrées dans certains cas, peuvent rendre la distinc
tion difficile entre une transmission de type mendélien et une trans
mission non mendélienne, lorsque la prédominance de l'un des parents
n'est pas très marquée.
Chez Eug/ena gracilis, aucun échange de type sexuel n'a été observé
jusqu'à présent. De sorte que la localisation des mutations ne peut être
assurée en réalisant des croisements. Cependant, nous avons vu que
diverses données suggèrent que les mutations Phot~ de classe phi~
résultent pour la plupart de l'altération du plastome et non du génome
nucléaire. La situation est beaucoup moins claire dans le cas des
mutants tp~.
NICOLAS, HEIZMA.VV, R.WEL-OIIAPUIS, FLAMANT, MGO.N. LE GÉNOME 1 2Ç

Mutants phi~.
Les arguments en faveur de la localisation sur l'ADNct des événements
mutagènes primaires conduisant aux mutants phi~ sont les suivants :
— des conditions de réparation qui permettent une diminution très
importante du taux de mutations létales (essentiellement à localisation
nucléaire) ne produisent aucune diminution du taux de mutation phi-,
Les deux types de mutations ne sont donc pas portés par le même
génome, ce qui suggère une localisation extranucléaire des muta
tions phi~ ; — les mutants phi~ peuvent être obtenus par micro-irradia
tion UV de la région cytoplasmique alors que la micro-irradiation du
noyau est inefficace; — l'étude structurale de l'ADNct des mutants phi~
met en évidence des délétions.
Ces résultats s'expliquent si l'on admet que la plupart des mutants phi~
résultent directement d'une altération du plastome; il reste possible,
cependant, qu'une proportion minime de mutants phi~ résulte de l'alté
ration du génome nucléaire.
L'hypothèse selon laquelle la production de mutants phi~ nécessiterait
à la fois la réalisation de mutations de PADN nucléaire et de mutations
de l'ADNct ne peut être retenue. Dans ces conditions, en effet, les
mutants phi~ devraient être obtenus à faible fréquence, car leur formation
nécessiterait la réalisation de deux événements indépendants; or, il
apparaît au contraire qu'ils sont obtenus en grande quantité, pour des
doses beaucoup plus faibles que celles nécessaires à l'obtention de
mutations létales.
Mutants cp~.
Les arguments en faveur d'une localisation exclusivement chloro-
plastique des mutations phi~ ne peuvent être étendus aux mutants cp~.
En effet : — les mutants cp~ sont obtenus avec une fréquence trop faible
pour étudier directement le processus de leur formation; — chez les
deux souches cp~ qui ont fait l'objet d'une analyse structurale de l'ADNct,
les résultats obtenus ne permettent pas d'expliquer le caractère non
photosynthétique de ces souches. En effet, l'analyse par cartographie de
restriction ne fait pas apparaître de délétion importante chez YVBXD
et révèle chez Y3BUL la délétion d'un des trois cistrons ribosomiques;
à elle seule, cette délétion ne semble pas suffire à expliquer le caractère
muté de la souche. Le caractère Phot~ de ces souches peut donc s'expli
quer, soit par l'existence d'une délétion courte ou d'une mutation
ponctuelle au sein du plastome, indécelable par cartographie de restric
tion, soit par l'intervention d'une mutation nucléaire.
Le mutant Y3BL)L manifeste une instabilité persistante de son plas
tome. Cette instabilité peut conduire, d'une part, (à fréquence élevée) à
l'apparition de formes stables phi-, d'autre part, (à fréquence faible), à
l'apparition de formes stables cp~. Cette instabilité peut s'expliquer aussi
bien par une altération intrinsèque de l'ADNct que par les effets secon-
A». BIOL. — T. xxi:i, PASC 2, 1084 9
130 ANNÉE BIOI.Of.ïQL'E

daires d'une mutation nucléaire; il pourrait exister : — soit une modifi


cation structurale du plastome lui conférant un caractère instable, sus
ceptible de se réorganiser pour conduire au caractère phi~ ou, à faible
fréquence, au caractère cp~ stable; — soit une mutation nucléaire stable
conférant une instabilité du plastome; — soit une mutation nucléaire
instable déterminant tantôt l'état cp~, tantôt l'état pbi~.
Dans l'hypothèse d'une mutation nucléaire, la production d'une forme
non ségrégante pourrait représenter la conséquence d'une réversion
nucléaire, ou d'une altération de l'ADNct lui permettant d'échapper à
l'effet déstabilisant de la mutation nucléaire.
On connaît chez d'autres organismes photosynthétiques des gènes
nucléaires instables, déterminant à l'état muté le caractère Phot~ mais
révertant à fréquence élevée (KiRK et TILNEY-BASSETT, 1978). L'un des
cas les mieux étudiés est celui du locus Yt chez Chlamydomonas. Ce gène
nucléaire, qui mute à fréquence élevée, réverte également très souvent
(SAGER et TSUBO, 1962; FORD et WANG, 1982).

MODIFICATIONS QUANTITATIVES DE L'ADNct


CHEZ LES MUTANTS PHOT~

Chez tous les végétaux dont on a étudié la quantité d'ADNct dans les
cellules de feuilles à caractère Phot~, on a trouvé une teneur en ADNct
normale ou légèrement réduite : WONG-STAAL et WILDMAN (1973) chez
un mutant à panachures de Nicotiana; KNOTH et coll. (1979) chez Pelar-
gonium; WALBOT et COE (1979) chez le Maïs; HERRMANNetFEiERABKND
(1980) chez le Riz; SCOTT et coll. (1982) chez Hordeum vulgare. La teneur
en ADNct reste élevée chez les mutants Phot~ de Chlamydomonas (GiLL-
HAM, 1978), ainsi que chez Polytoma obtttsum, sorte de mutant naturel
de C. reinhardtii, dont les leucoplastes sont dépourvus de chlorophylle
(WILSON et coll., 1980).
Les mutants Pbot~ de classe cp~ conservent également chez PEuglène
une teneur élevée en ADNct. La faible teneur en ADNct des mutants phi~
semble donc représenter une exception.
Cependant, pas plus chez Ettglena que chez les autres végétaux, on ne
connaît aujourd'hui de mutant totalement dépourvu d'ADNct.

Subsistance d'ADNct chez les mutants Phot~.


On peut se demander pourquoi l'ADNct subsiste chez les mutants
Phot~ d'Eugkna ou de Chlamydomonas, qui peuvent être conservés en
organotrophie durant des milliers de générations. Diverses études
indiquent l'existence d'interactions fonctionnelles entre l'ADNct,
l'ADN nucléaire et l'ADN mitochondrial.
Chez l'Algue brune Pjlaiella littoralis, LOISEAUX et MACHE (1980)
observent que la synthèse d'ARNr cytoplasmique dépend de la photo
MCOLAS, HEIZMANN, HAVEL-CIIAPUIS, FLAMANT, NIGON. LE GÉNOME 131

synthèse : un contrôle négatif de la synthèse des ARN ribosomiques


cytoplasmiques pourrait être exercé par une synthèse se déroulant dans
le plaste.
Chez C. reinhardtii, BLAMIRE et coll. (1972) ont observé que l'inhibition
des protéosynthèses chloroplastiques par un antibiotique comme la
streptomycine provoque une diminution des synthèses d'ADN nucléaire;
lorsque les cellules sont maintenues en présence de cet antibiotique, la
multiplication cellulaire est stoppée (&LLHAM, 1978).
Chez FEuglène, les mutants phi~ se multiplient plus lentement sur
milieu organique que les souches sauvages (MITCHELL, 1971; NICOLAS,
1981 b).
L'ensemble de ces observations peut trouver différentes interprétations,
qui toutes supposent le codage par l'ADNct de substances étrangères à
l'activité photosynthétique mais indispensables à la survie de la cellule :
— le fonctionnement de l'ADNct pourrait intervenir en régulant la
réplication de l'ADN nucléaire. Dans ce cas, les divisions cellulaires
pourraient se trouver bloquées par une inhibition de la réplication de
l'ADNct; — d'après BENNOUN (1981), les chloroplastes pourraient
fournir aux mitochondries des protéines (peut-être ribosomiques) que
les mitochondries ne pourraient synthétiser, mais qui seraient indispen
sables à leur fonctionnement aussi bien qu'à celui des chloroplastes.
Ainsi, la disparition totale de l'ADNct pourrait entraîner un effet létal.

Le tas des mutants ph'r d'Eiiglène.


L'exception que représentent les mutants phi~ d'Euglène, du fait de
leur teneur extrêmement réduite en ADNct, s'explique vraisemblablement
par des processus de régulation propres à cette espèce.
En effet, la production de mutants ptù~ est induite non seulement
par les agents mutagènes affectant directement la structure ou la répli
cation de l'ADNct, mais aussi par tous les facteurs qui inhibent la synthèse
des ARNm chloroplastiques ou les protéosynthèses chloroplastiques.
Ainsi : . l'activité ARN polymérasique chloroplastique est inhibée à
32° C chez les souches Z et badllaris, mais non chez la souche V (BRANDT
et WIESSNER, 1977); or, la multiplication à 32°-}5° C de PEuglène induit
la formation de mutants achlorophylliens chez les souches Z et bacillaris,
mais non chez la souche V (Uzzo et LYMAN, 1972 ; BRANDT et WIESSNER,
1977); . tous les inhibiteurs des protéosynthèses du type procaryotique,
comme la streptomycine, induisent la formation de mutants phi~.
Il semble donc vraisemblable que l'ADNct d'Euglène code certains
polypeptides qui interviendraient dans la régulation de sa réplication,
alors que les polypeptides exerçant des fonctions similaires seraient, chez
les autres espèces étudiées, à codage strictement nucléaire (GILLHAM,
1978). La teneur en ADN mitochondrial chez la levure Saccharomyces
cerevisiae est contrôlée par des gènes nucléaires (HALL et coll., 1976).
Il n'est pas possible, à l'heure actuelle, de déterminer si les événements
IJ2 ANNÉE BIOLOGIQUE

liés à la diminution quantitative d'ADNct sont à l'origine des modifi


cations structurales observées chez les mutants phi~, ou si, au contraire,
les modifications structurales, s'exerçant, entre autres, au niveau des
gènes contrôlant la teneur en ADNct, entraînent secondairement la
chute de la quantité d'ADNct.

MODIFICATION STRUCTURALE DE L'ADNct


CHEZ LES MUTANTS PHOT~

Les mutations affectant l'ADNct exercent généralement un effet


pléiotrope et leur situation sur la molécule d'ADNct demeure le plus
souvent inconnue. C'est le cas, par exemple, des mutants à hérédité
maternelle à'Oenolhera (HALLIER et coll., 1978) ou de Nicotiana (DULIEU,
1981). Chez Chlamydomonas, on connaît deux mutants présentant une
altération non pléiotropique de l'ADNct : l'un présente une modification
de la phosphoribulokinase (MOLL et LEVINE, 1970), l'autre une modifi
cation de la grande sous-unité de la Ribulose feV-phosphate carboxylase
(SPREITZER et METS, 1980). SHEPHERD et coll. (1979) distinguent chez
cette espèce 9 loci chloroplastiques affectant différentes fonctions photo
synthétiques.
Le type d'altération affectant PADNct chez les Phot~ à hérédité
maternelle demeure le plus souvent inconnu. WONG-STAAL et WILD-
MAN (1973) observent chez un mutant à panachure de Nicotiana tabacum
un ADNct affecté d'une délétion de 500 à i.ooo paires de base. Chez
C. reinhardtii, MYERS et coll. (1982) étudient 8 mutants obtenus par
traitement aux rayons X de cellules cultivées en présence de j-fluoro-
déoxyuridine. Tous présentent une altération d'une des deux régions
inversées répétées, et le plus souvent l'altération (délétion, inversion ou
duplication) affecte ces deux régions de façon symétrique. Les régions
altérées portent les cistrons ARNr, mais ceux-ci ne sont pas délétés.
Chez PEuglène, nous avons vu que l'un des mutants cp~, obtenu à
partir d'une souche sauvage à 3 cistrons ARNr, ne présente plus que
2 cistrons; les mutants phi~ présentent d'importantes délétions, mais
conservent un ADN s'hybridant aux sondes d'ADNct et particulièrement
aux sondes porteuses de gènes d'ARNr chloroplastiques.

MÉCANISME DE LA MUTAGENÈSE PLASTIDIENNE


CHEZ

L'une des particularités du génome chloroplastique, comme du génome


mitochondrial, est la réitération des molécules au sein d'une même
cellule. Ainsi, PEuglcne contient 200 à i.ooo molécules d'ADNct
réparties entre 6 à 10 chloroplastes. La réplication, la transmission mito-
tique de ces molécules et les échanges génétiques entre elles revêtent
NICOLAS, HEIZMANN, RAVEI,-CH.\PUIS, FLAMANT, IN1GON. LE GÉNOME 133

donc nécessairement des caractéristiques originales, que les expériences


de mutagenèse contribuent à analyser.
L'extrême mutabilité du plastome d'Euglène, sensible aux agents
mutagènes les plus variés, à faible dose ou faible concentration, s'explique
vraisemblablement en partie par l'absence d'un processus de réparation;
cependant, cette raison n'est sans doute pas la seule. Les caractéristiques
de la mutagenèse plastidienne semblent, en effet, révéler plus une déstabi
lisation du plastome qu'un processus mutagénique, tel qu'on le connaît
chez les Bactéries ou les cellules eucaryotes. Cette déstabilisation pourrait
s'exercer par l'intermédiaire d'une cascade de réarrangements et de
recombinaisons entre molécules d'ADNct, dont les mécanismes pour
raient s'apparenter à ceux décrits pour la mutagenèse mitochondriale
de Saccharomyces cerevisiae ou, plus récemment, pour la sénescence de
Podospora.
L'essentiel des propriétés des génomes de mitochondries de mutants
« petites » spontanées est interprété par l'existence d'origines de repli-
cation multiples dispersées sur le génome sauvage (BERNARDI, 1982).
Des phénomènes d'appariement-excision touchant les divers segments
de l'ADN mitochondrial pourvus d'une origine de réplication entraînent
la naissance de réplicons autonomes. Une simple compétition entre
réplicons dotés d'efficacités différentes permettrait la propagation préfé
rentielle des molécules à multiplication rapide et la dilution de celles à
réplication plus lente (dont les génomes sauvages intacts) parmi la
descendance.
Par rapport à ce modèle, le cas de la mutagenèse du système plastidien
de l'Euglène montre certaines analogies mais surtout des différences
importantes. Les 2 types de génomes sont très riches en AT, leur renatu-
ration est hétérogène, les mutants spontanés sont relativement fréquents
et l'action d'agents mutagènes peut provoquer la mutagenèse en masse
de toutes les cellules d'une culture. Comme les mutants p~ de levure, les
mutants Phot~ conservent des ADN résiduels; le niveau de l'ADNct
décroît cependant considérablement chez les mutants phi~ d'Euglène
alors que l'ADNmt subsiste à un niveau voisin de la normale chez les
mutants p~ de la levure. Tandis qu'un phénomène de compétition
entraîne l'élimination du génome sauvage au profit de génomes très
défectifs chez les levures « petites », l'essentiel des séquences chloro-
plastiques persiste chez les Euglènes pbi~ en coexistence avec des
séquences ribosomiques relativement amplifiées.
Nous ignorons actuellement sous quelle structure moléculaire se
retrouvent ces ADNct; il est probable que certaines séquences au moins
existent sous forme d'ADN minicirculaires engendrés par excision.
Un problème important sera de déterminer si l'origine de réplication
unique mise en évidence in vivo chez le sauvage est la seule fonctionnelle,
ou si d'autres origines, telles celles supposées pour la mitochondrie de
levure, peuvent entrer en jeu après la mutagenèse. Il est probable que,
dans le premier cas, les minicercles doivent être formés essentiellement
I34 ANNÉE BIoLoGIQUE

par réplication abortive entraînant une amplification préférentielle des


séquences voisines de l'origine de réplication unique; dans le second cas,
le modèle de l'Euglène serait essentiellement très proche de celui de
la levure.

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ANN. rIoL. -- T. xxIII, F Asc. 2, 1984 10


LA MEMBRANE AMNIOTIQUE HUMAINE
STRUCTURE ET PERMÉABILITÉ
II. - Perméabilité
de la membrane amniotique in vitro

PAR M. BARA et A. GUIET-BARA (*)

SOMMAIRE
Page,
INTRODUCTION 147
I. — ÉTUDE DE LA PERMÉABILITÉ DE LA MEMBRANE AMNIOTIQUE MON
TÉE ENTRE DEUX CUVES 148
1) TECHNIQUES EXPÉRIMENTALES 148
2) CARACTÉRISTIQUES ELECTROCHIHIQUES DE L'AMNIOS 151
5) TRANSFERT DE L'EAU 154
4) TRANSFERT DU SODIUM ET AUTRES ÉLECTROLYTES 155
5) TRANSFERT DES ACIDES AMINÉS 157
6) TRANSFERT DE COMPOSÉS DIVERS 157
7) CONCLUSIONS 159
IL — ÉTUDE DE LA PERMÉABILITÉ DES CELLULES ÉPITHÉLIALES PAR IM
PLANTATION DE MICROÉLECTRODES 161
1) TECHNIQUES EXPÉRIMENTALES 161
2) RÉSULTATS ET DISCUSSION 162
III. — CONCLUSIONS GÉNÉRALES 164
BIBLIOGRAPHIE ... . 164

INTRODUCTION

Chez les Mammifères, les échanges materno-fœtaux s'effectuent prin


cipalement au niveau du placenta, mais certaines annexes embryonnaires
sont susceptibles de participer à ces échanges. Dans l'espèce humaine,
la différenciation des cellules épithéliales amniotiques laisse penser que
la membrane amniotique peut avoir deux rôles : un dans la sécrétion ou
l'absorption du liquide amniotique et l'autre dans les échanges s'effec-

(*) Laboratoire de Biologie de la Reproduction, Bât. A, 7, quai Saint-Bernard,


75230 Paris Cedex 05.
AIV BIOI.. — T. uni, PA«C. 2, 1984
148 ANNÉE BIOLOGIQUE

tuant entre le liquide amniotique et la mère. C'est ce second rôle qui est
l'objet de notre étude.
Le transfert d'eau et de substances du liquide amniotique vers la mère
et inversement, mis en évidence depuis KEIFFER (1926), est étayé par
l'observation, en microscopie électronique, de la morphologie des
cellules épithéliales, laissant présager un rôle actif dans les échanges d'eau
et de sels. En particulier, les cellules épithéliales possèdent des micro-
villosités, un espace intercellulaire complexe et des podocytes, ce qui
constitue selon DIAMOND et BOSSER (1968) les caractères communs des
épithélia de transfert.
De nombreuses études ont été effectuées sur l'existence d'homéostasie
liquide et électrolytique dans le liquide amniotique. Ces études ont été
notamment d'ordre morphologique : expérimentation in vivo sur des
êtres humains et des animaux, recherches in vitro sur des systèmes isolés.
Chaque méthode présente des avantages et des limites spécifiques et il
n'en existe pas d'exclusivement valable pour l'examen de la production
du liquide amniotique et de l'étude de ses échanges à travers l'amnios.
Nous étudierons ici la perméabilité de la membrane amniotique humaine
in vitro en utilisant deux méthodes : l'amnios monté entre deux cuves et
l'amnios étudié avec des microélectrodes de verre intracellulaires.
In vitro, il n'y a pas de profondes et graves modifications de la structure
(HOYES, 1972; BARA et GUIET-BARA, 1980, observations non publiées),
mais les fonctions physiologiques sont-elles toujours préservées ? Une
réponse nous est fournie par les travaux de divers auteurs. En effet, des
études, in vitro, montrent que l'amnios humain, à terme, réalise la gly-
colyse (BRAME et OVERLY, 1970), synthétise des hexosamines (MAZUR-
KiEwicz-KiKZEWSKA, 1971), stocke des lipides tels que les triglycérides
et les esters du cholestérol (PRITCHARD et coll., 1968) et métabolise les
prostaglandines (KIERSE et TURNBULL, 1975); en outre, BRAME et
coll. (1972) constatent que l'amnios consomme autant d'oxygène en
début qu'en fin de leurs expériences in vitro. En 1977, SCHWARTZ et coll.
montrent que l'amnios, étudié dans du liquide amniotique artificiel, est
structuralement intact et viable pendant plusieurs heures in vitro, la
viabilité biochimique étant démontrée par les mesures des concentrations
en glycogène et ATP et par le taux d'utilisation du glucose.
Ainsi, l'étude de la perméabilité de l'amnios humain, in vitro, peut être
entreprise, la structure et les fonctions physiologiques étant préservées.

I . — ÉTUDE DE LA PERMÉABILITÉ
DE LA MEMBRANE AMNIOTIQUE
MONTÉE ENTRE DEUX CUVES

i) TECHNIQUES EXPÉRIMENTALES
Les prélèvements des lambeaux de membrane amniotique, séparée
ou non du chorion, sont effectués dans les zones réfléchie (ZR), placen
M. BARA ET A. GtJIE T-BXRA. MEMBRANE AMNIOTIQUE HUMAINE 149

taires (ZP) et ombilicales (près du placenta (ZOpp) et près du fœtus


(ZOpf) ) après accouchement normal ou au cours d'opérations césa
riennes réalisées à partir du 8e mois de la grossesse jusqu'au terme ou au
cours d'interventions chirurgicales pratiquées pendant la grossesse. Les
lambeaux d'amnios, ainsi prélevés, sont conservés, avant chaque expé
rience, dans des cuves contenant du liquide de survie oxygéné.
Ensuite, la membrane amniotique est montée entre deux cuves sem
blables à celles utilisées par USSING et ZERAHM (1951) pour l'étude de la
peau de Grenouille, selon le dispositif de BATTAGLIA et coll. (1962). Les
cuves sont soit de volume identique (10 ml) (GuiET-BARA et BARA, 1978,
fig. i) soit de volume différent, avec une petite cuve représentant le com
partiment fœtal et une grande cuve représentant le compartiment maternel

Fig. i. — Schéma de montage utilisé pour l'étude des propriétés électriques


de la membrane amniotique montée entre deux cuves.
A et B, stimulation; E ou O, enregistreur ou oscilloscope; M, membrane; pc, plaque
chauffante.
I5O ANNÉE BIoLoGIQUE

(SCOGGIN et coll., 1964, fig. 2). Les solutions aqueuses sont agitées
constamment par un bullage d'air équilibrant et oxygénant le liquide de
survie. La température des solutions aqueuses est maintenue constante
par une plaque chauffante. Le milieu de survie est choisi parmi différents
liquides : Earle, Gey ou Hanks tamponnés à pH 7,4, dont la composition
est assez proche de celle du liquide amniotique.

pipettes à
2-échantillons --
O2-CO2
agitation ) 2• • () O,-CO2
ſ ` agitation
Amniochorion

chambre
2000ml

Fig. 2. — Cuves utilisées pour étudier le passage de substances radioactives


à travers l'amnios (ScoGGIN et coll., 1964).

Les méthodes de mesures sont les suivantes :

a) Lors de l'utilisation de substances radioactives, on mesure la vitesse


d'échange, fournie par la relation :
--(A).(B)
« MR » = (A) *+N (B)
#s - ln
Il I — F

aVeC :
ln 1-F= - sSa =
— Sao
-

#
A, quantité de soluté dans la chambre A; B, quantité de soluté dans la
chambre B; F, fraction échangée; Sa, activité spécifique au moment de
la mesure; Sao, activité spécifique au temps t = o; Sa., activité spécifique
à l'équilibration théorique du système.
Cela permet ensuite la mesure du coefficient de perméabilité :
K
Q
= -=-=-==
(cm/sec) A(CI - C,)
M. BARA ET A. GUIET-BARA. — MEMBRANE AMNIOTIQUE HUMAINE I51

avec Q, la quantité transférée (mole/sec); A, surface de la membrane


(cm*); C1, concentration initiale (mole/cmº); Cº, concentration au
moment de la mesure (mole/cm°).
b) Dans le cas de mesures électriques, on mesure :
— la résistance électrique de la membrane

RM
M ==-=-
E, E» Ri-

avec : Ri, résistance en série (Ri > 1oo à 1.ooo fois la résistance de la
membrane); Ei, voltage d'entrée; E, voltage mesuré à travers la
membrane.

Les courbes courant-voltage (I/V) sont construites à partir des poten


tiels mesurés, comme une fonction du voltage appliqué. La résistance
expérimentale transmembranaire RM (Q ohms) est convertie en valeurs
normalisées R, (ohms.cmº) en multipliant RM par la surface de la mem
brane A. La résistivité (résistance spécifique en ohms.cm) est calculée
à partir de R, en utilisant l'équation :
R» A •

pm = t- (t» = épaisseur de la membrane)

La conductance, qui fournit une mesure directe de la mobilité des


ions dans la membrane si la densité de charge reste constante, est fournie
par la relation : g, = 1/R, (ohm-*. cm -*);
— la capacité électrostatique (uF/cmº)
f
C
"T R, ln EJE,
avec : t, temps en secondes; Eo, voltage à l'état d'équilibre (t = o);
Et, voltage lu au temps t; Rp, résistance de fuite = R, Ri/R,+R;;
— le coeffcient de perméabilité ionique

E, voltage d'entrée; ti, nombre de transfert; g,, conductance; F, fara


day; C, concentration interne; C., concentration externe.

2) CARACTÉRISTIQUES ÉLECTRoCHIMIQUES DE L'AMNIos

— Quand la membrane amniotique est baignée de part et d'autre


par des solutions aqueuses à la même concentration, le potentiel trouvé
est | s 2mV |(GARBY, 1957; MELLOR et coll., 1969; LIND et coll., 1972 ;
PAGE et coll., 1974; GUIET-BARA et BARA, 1978; BARA, 1982).
152 ANNÉE BIOLOGIQUE

— En 1957, GARBY a émis l'hypothèse de la présence de charges, dans


la membrane amniotique, susceptibles de jouer un rôle dans les transferts.
Dans des travaux récents (BARA, 1981, 1982), nous avons défini les carac
téristiques électrochimiques de l'amnios humain à terme. Les résultats
principaux sont les suivants, sans différence entre les zones de prélève
ments (fig. 3) :
— la conductance augmente linéairement avec la concentration des
solutions salines; — lors de mesures de potentiels électro-osmotiques,
le signe du potentiel est compatible avec l'existence de charges fixées
négatives, la résistance spécifique au flux de la membrane étant de
1,03 . io8 g/cm-3/sec-11/cm HjO; — les mesures de potentiels de concen
tration mettent en évidence une sélectivité imparfaite mais favorable aux

V(mV)
100
g (M—ÇA) m mho cm-2
KCI
100

1 I (m A)

50100 250 500 mM

V(mV)

ÇA hypcrotmotiqu*

2 Moles (Gluco»)

-S M hypcrotmotiqiM

Fig. 3. — Propriétés électrochimiques de l'amnios


prélevé dans la zone placentaire (ZP).
a, relation conductance-concentration ; b, relation courant-voltage ; c, potentiels
électro-osmotiques.
M. BARA ET A. GUIET-BARA. MEMBRANE AMNIOTIQUE HUMAINE I$3

cations et montrent également que l'amnios peut être considéré, électro-


chimiquement, comme une membrane unique; — les courbes courant-
voltage sont linéaires (les valeurs de résistance, conductance, conductivité
et capacité étant exprimées dans le tab. I).

TABLEAU I
Caractéristiques électriques de l'amnios dans du liquide de Hanks

Résistance Conductance Conductivité Capacité


(lu"1 ohm. cm2) (10~3 mho.cm"2) (10~5 mho.cra"2) (ji'.œs"2)

ZP M—»P 2,8 36 72 116


F-»M 10,2 9,8 19,6 93

ZS M->F 2,9 35 70,2 92


F-»M 10,2 9,8 19,6 69

ZOpp M-»P 2,2 45 90 105


P-»M 9.2 10,9 21,8 99

ZOpf M-»F 1,8 56,4 112,8 112


F-»H 7 14,3 28,6 97

M -> F, mesure des caractéristiques électriques dans le sens côté maternel vers le
côté fœtal; F —»• M, mesure des caractéristiques électriques dans le sens côté
fœtal vers le côté maternel.

La conductance dans le sens mère-fœtus est environ 4 fois supérieure


à la conductance dans le sens fœtus-mère et est plus forte dans les zones
ombilicales que dans les zones réfléchie et placentaire. La conductance
spécifique est intermédiaire entre celle de l'axone géant de Calmar
(i.io~'.mho cm"1) et celle des résines échangeuses d'ions (io~3 à
io-J mho.cm-1); — la conductance ne varie pas entre pH 6,5 et 8,2.
Ces résultats montrent que la membrane amniotique, quelle que soit
la zone de prélèvement, correspond à une membrane à sites fixés neutres
(la conductance est une fonction linéaire de la concentration des solutions
aqueuses, les potentiels de dilution sont linéaires, de pente inférieure à
62 mV/io mM à 37° C et montrent une perméabilité aux cations et aux
anions), mais deux autres résultats semblent en contradiction avec la
154 ANNÉE BIOLOGIQUE

présence de sites fixés neutres : le signe des potentiels électro-osmotiques


est en faveur de sites négatifs et le rapport PCI/PK augmente linéaire
ment avec la concentration.
Aussi, nous pouvons conclure de ces données que la membrane amnio
tique est suffisamment épaisse pour que l'électroneutralité microscopique
soit observée et que le mécanisme de perméabilité cationique ne fasse
pas appel à des sites mobiles (les sites étant fixés et neutres mais pouvant
être en plus grande proportion négatifs en fonction de l'environnement
membranaire) et n'est pas limité par une résistance interfaciale.

3) TRANSFERT DE L'EAU

En 1948, VOSBURGH et coll. montrent que le liquide amniotique


échange 350 ml d'eau par heure. Pour PAUL et coll. (1956), la moitié
passe à travers le placenta, l'autre moitié à travers les membranes fœtales.
En 1957, GARBY étudiant l'amnios, in vitro, montre que le flux d'eau est
de 3 ml /heure, l'eau pouvant être échangée à travers les canaux et les pores
des cellules épithéliales (BOURNE et LACY, 1960). SCOGGIN et coll. (1964)
calculent le taux d'échange de l'eau à travers l'amnio-chorion : il est de
0,0272 mole/h/cm* dans le liquide amniotique et de 0,0209 mole/h/cm5
dans le plasma (in vivo, c'est la somme des deux qui intervient).
Il semble que le passage de l'eau à travers l'amnios réponde à la présence
de gradients hydrostatique et osmotique. En présence de tels gradients,
l'eau traverse les tissus poreux multicellulaires comme l'amnios et le
chorion par un processus de non diffusion connu sous le nom de « bulk
flow ».
A partir de ces données, BARTON et BAKER (1967) calculent la taille
des pores : 85 A dans Pamnios, 75 A dans le chorion.
SEEDS (1967) trouve que le transfert d'eau, observé en réponse à un
gradient osmotique, à travers l'amnios est 100 fois plus grand que le
transfert par simple diffusion; ce qui correspond à un rayon pour les
pores supérieurs à 25 A.
La perméabilité de l'amnios (tissu hétérogène) représente un nombre
de processus différents, incluant par exemple, la diffusion à travers les
espaces intra- et extracellulaires, la perméation à travers les membranes
cellulaires et l'association possible avec les composants intra- et extra-
cellulaires. Ainsi, LLOYD et coll. (1969) montrent que l'augmentation du
transfert d'eau à travers l'amnios au cours de la grossesse (P = cons
tante de perméabilité =2,08 ±0,19.10-* cm.sec-1 à 12-16 semaines
et 2,88 ± 0,19. 10 ~l cm.sec-1 à terme) peut être due à une relative
augmentation de la taille du pore ou à un changement dans la composition
de l'espace extracellulaire. En effet, l'eau pénètre dans les espaces inter
stitiels et ainsi favorise le passage de substances (salicylate), relativement
insolubles dans l'amnios, dans la cavité amniotique (SEEDS, 1970; SFEDS
et coll., 1973).
M. BARA ET A. Ol'IET-BARA. MEMBRANE AMNIOTIQUE HUMAINE 155

ABRAMOVICH et PAGE (1972) montrent que la surface placentaire (ZP)


est un site d'échange d'eau important. PAGE et coll. (1974 a, b) cal
culent que les valeurs de la constante de perméabilité trouvée par LLOYD
et coll. (1969) est plus importante car ceux-ci ne tiennent pas compte des
couches inertes existant aux interfaces membranaires et montrent que le
transfert global d'eau est largement contrôlé par l'épithélium, les cellules
épithéliales étant entrecoupées par un petit nombre de pores de rayon
compris entre 10 et 30 A et un nombre plus grand de pores plus larges.
In vivo (HUTCHINSON et coll., 1959), les études ont établi que l'eau
marquée est distribuée entre le liquide amniotique et les circulations
fœtale et maternelle, en respect de la possibilité d'ingestion et de réjection
du fœtus. Ces observations montrent la possibilité qu'un flux net d'eau
significatif puisse traverser les membranes fœtales in utero. In vitro, l'eau
passe à travers l'amnios en réponse à des gradients hydrostatiques et
osmotiques. ABRAMOVICH et coll. (1976) montrent que le flux total à
travers î'amnio-chorion serait la somme des flux induits par les pressions
hydrostatique et osmotique avec la pression hydrostatique comme
pression dominante; et que à terme, in vivo, le flux d'eau sortant de la
cavité amniotique serait de 34 à 83 ml/jour.
L'addition de vasopressine (100 mU/ml) n'a pas d'effet significatif sur
le transfert d'eau (LLOYD et coll., 1969), alors que la prolactine (10 (ig/ml)
(LEONTIC et TYSON, 1977; LEONTIC et coll., 1979) diminue la perméabilité
de l'amnios in vitro, à l'eau, du côté fœtal au côté maternel; ceci impli
quant un rôle actif et spécifique de la prolactine sur le transfert d'eau du
côté fœtal de la membrane.

4) TRANSFERT DU SODIUM ET AUTRES ÉLECTROLYTES

Le sodium, le potassium et le chlore sont présents dans le liquide


amniotique à des concentrations inférieures à celles des sérums maternel
et fœtal (MAKEPEACE et coll., 1929; MELLOR et coll., 1969; tab. II).

TABLEAU II
Concentrations ioniques dans les plasmas maternel etfatal
et dans le liquide amniotique en

ci

Plasma maternel 138 - 2 4,6 - 0,5 107 - 2


Plasma foetal 139 - 4 6,4 - 0,2 108 t g

Liquide amniotique 125 - 11 4,3 - 0,6 102 - 7


I$6 ANNÉE BIOLOGIQUE

Cette différence de concentration laisse supposer un transport passif du


Na+ de la mère vers le fœtus. Ce transfert a été mis en évidence par
NESLEN et coll. (1954) qui utilisent simultanément le Na" et le Na14, l'un
en injection intraveineuse à la mère, l'autre en injection intra-amniotique
pour étudier leur vitesse d'échange. Ils concluent à un mouvement
important et rapide des électrolytes entre la circulation maternelle et le
liquide amniotique. Ce mouvement se fait en partie par voie trans
amniotique et en partie par l'intermédiaire de l'organisme fœtal suivant
un système à trois compartiments : mère, fœtus, liquide amniotique.
En 1957, GARBY détermine la vitesse de transfert du Na+ à travers
l'amnios seul et montre que le transfert est régi par une diffusion simple.
BRAME et coll. (1968), utilisant du Na23, dénient un rôle sécréteur de
Na+ pour l'amnios et indiquent que le transport de Na+ à travers l'amnio-
chorion répond à un gradient de concentration et montrent qu'il y a
un transfert net de Na+ du tissu maternel au liquide amniotique.
LIND et coll. (1972) confirment ces données : le mouvement de Na*
dans un sens ou un autre est uniquement proportionnel à la différence de
concentration entre les deux côtés, indiquant un transfert par diffusion
simple. En outre, ils montrent que la quantité de Na+ transférée dépend
de l'âge de la gestation : 1 1,7 |iEq/cm2/h à 12-16 semaines, 16,3 nEq/cm2/!!
en fin de gestation. Quand la concentration de Na+ est identique de
chaque côté de la membrane, le rapport de flux est égal à i ; si on crée
une différence de concentration de 26 mEq/1 entre les deux faces de la
membrane, il y a un excès de transfert du Na ( qui amène les concentra
tions à 126 mEq et 138 mEq de part et d'autre de la membrane. Ces
valeurs semblables à celles in vivo, laissent penser que le taux de transfert
du Na + (0,75 (xEq/cm2/h) correspond à la situation in vivo.
Par des mesures avoisinantes, BRAME (1972) trouve un coefficient de
perméabilité de 5,i.io~5 cm2/sec à travers l'amnio-chorion qui permet
de calculer un coefficient de diffusion de 1,8.10 5 cm2, en prenant une
épaisseur membranaire de 0,35 ±0,07 mm. Cette valeur, proche du
coefficient de diffusion en solution libre (i,74.io~5 cm2) suggère qu'à
terme, le transfert de Na+ à travers l'amnio-chorion est passif.
En mesurant les potentiels bi-ioniques et les conductances électriques,
avec des cations monovalents, GUIET-BARA et BARA (1979) donnent une
séquence réelle de mobilité à travers l'amnios : Rb =Cs =K > Na > Li.
Il n'y a pas de différence significative entre les trois cations les moins gros
à l'état hydraté (rayon hydraté de Pauling). Si nous admettons que la
membrane possède des sites fixés, formés par les groupes PO, , COO ,
NH^, la séquence précédente met en évidence que les interactions
électrostatiques, entre les cations les plus gros à l'état hydraté et les
groupes polaires des sites, sont les plus importantes. Ainsi, la mobilité
de ces cations sera plus faible que celle des cations les moins gros à
l'état hydraté. Cette constatation montre que les sites existant sur la
membrane et dans les canaux intercellulaires sont de grande taille,
favorisant la mobilité des ions ayant la taille la plus petite à l'état hydraté.
M. BARA ET A. GUIËT-BARA. — MEMBRANE AMNIOTIQUE HUMAINE 157

De ce fait, le champ électrique dans l'environnement des sites est faible


et les interactions eau-ion sont plus élevées que les interactions ion-site.
Les mesures de conductance montrent aussi que le flux résultant est
nettement en faveur des échanges dans le sens liquides maternels extra-
cellulaires vers le liquide amniotique.
BARA (1981) montre une nouvelle fois que le transfert de Na+ à travers
l'amnios est passif et obéit à une diffusion : Pouabaîne n'a pas d'effet sur
la conductance sodique.
SEEDS (1970) a montré que Cl^ diffuse à travers l'amnios et BARA (1981)
a mis en évidence que le remplacement de Cl~ par I~ dans les milieux
aqueux augmente la conductance sodique de la membrane amniotique.

5) TRANSFERT DES ACIDES AMINÉS

PAGE et coll. (1957), KELLY et coll. (1964) ont montré que la L-his-
tidine traversait le placenta de Primate plus rapidement que l'isomère D.
En 1976, SCOGGIN a étudié le passage des acides aminés à travers l'amnio-
chorion. Les acides aminés, à la concentration de iomM/1, sont ajoutés
dans des solutions de Locke dans les deux compartiments et 25 (xCi/1 de
l'isotope (C14) sent placés dans la solution représentant le côté cavité
amniotique. La solution de Locke est tamponnée au point isoélectrique
de l'acide aminé considéré. Il mesure la vitesse d'échange de chaque acide
aminé à travers l'amnio-chorion (tab. III). Il constate qu'il n'y a pas de
différence significative entre les divers acides aminés, sauf pour la glycine,
le plus petit des acides aminés. En outre, il n'y a pas de spécificité stéréo-
isomérique relative au transfert des acides aminés sous forme L ou D, le
transport des acides aminés n'étant pas actif.

6) TRANSFERT DE COMPOSÉS DIVERS

— SCOGGIN (1976) montre le transfert de glucose et de mannitol à


travers l'amnio-chorion sans différence selon le sens de transfert (tab. IV).
L'urée et la créatinine sont transportées à travers l'amnio-chorion en
réponse à un gradient de concentration (MAC GAUGHEY et coll., 1959,
1960).
La perméabilité de l'amnios aux formamide, acétamide et à une série
de dérivés de l'urée (urée, méthylurée, éthylurée, propylurée) et de
thiourée (thiourée, méthylthiourée, éthylthiourée) a été étudiée par des
techniques bioélectrique et isotopique (FOREMAN et SEGAL, 1973).
L'amnios est perméable aux formamide et acétamide en relation avec
leurs coefficients de partage. Dans les séries urée et thiourée, il y a aug
mentation de la perméabilité, à la fois avec l'accroissement dans la lon
gueur de la chaine et avec la substitution d'une liaison C-S par une
liaison C-O. Chaque dérivé thiourée est plus perméable que le dérivé urée.
158 ANNÉE BIoLoGIQUE

TABLEAU III

Détermination de la vitesse d'échange des acides aminés


à travers l'amnio-chorion.

Acides Aminés Vitesse d' échange

(pM/h/cm*)

glycine l0,3

D-alanine 6,5

L-alanine 7

D-valine 6,l

L-valine 7,7

D-leucine 7,7
L-leucine 7,l

D-méthionine 6,5
L-méthionine 6,3

L-histidine 7,8
D-phénylalanine 6,4

L-phénylalanine 5,9

TABLEAU IV

Détermination du taux d'échange des glucides


à travers l'amnio-chorion.

Sens d' échange Taux d'échange

(PM/n/cm*)

amnios —» chorion 4 , 23
glucose
Chorion-> amnios 4 , 29

amnios -> chorion 3 , 24


mannitol
Chorion -»amnios 3,50
M. BARA ET A. Gt!IET-H\HA. MEMBHA.NE AMNIOTIQUE HUMAINE 159

Cela est en désaccord avec les résultats trouvés avec d'autres épithélia
(vésicule biliaire, vessie) où les non-électrolytes de poids moléculaire
inférieur à 100, sont transportés dans un pore aqueux dont la taille est
le facteur limitant. Dans ce cas, la thiourée est moins perméante que
l'urée car elle est plus grande; dans l'amnios, c'est l'inverse car la thiourée
a une solubilité lipidique plus grande. Ainsi, dans l'amnios, ces molécules
seront perméables en fonction de leur solubilité lipidique, à travers un
pore aqueux ayant une taille plus petite que celle de la molécule de la
formamide.

7) CONCLUSIONS

La structure des cellules amniotiques permet de supposer qu'elles sont


impliquées dans les processus d'échange, qu'elles synthétisent les pro
téines et qu'elles sécrètent éventuellement des protéines et des lipides.
La présence de canaux avec un rayon de pore moyen de 20 à 30 A entre
les cellules amniotiques explique les résultats trouvés selon lesquels le
principal flux d'eau à travers l'amnios est presque 100 fois plus grand
que le transfert d'eau par simple diffusion. In vivo, le transfert d'eau et de
solutés est commandé par hydrolyse, osmose et électrochimie. Étant
donné la perméabilité partielle de l'amnio-chorion à beaucoup de solutés,
ceux-ci ne peuvent pas exercer leur pression osmotique totale et leur
pression osmotique et hydrolique transmembranaire est définie par le
coefficient de réflexion (Y) d'un soluté. La présence de solutés avec des
coefficients de réflexion très différents entre deux compartiments séparés par une
membrane semi-perméable, peut expliquer l'apparition d'un transfert net d'eau
contre un gradient osmotique calculé. Ce phénomène peut être à l'origine du
transfert net d'eau du compartiment maternel au liquide amniotique qui
s'opère sans aucun doute, bien qu'on puisse difficilement l'expliquer, par
les forces calculées d'osmose et d'hydrolyse.
Les résultats des expériences, in vivo et in vitro, indiquent que le flux
principal d'eau pourrait se faire par les canaux intercellulaires de Fépithé-
lium du cordon ombilical.
Depuis peu, les données recueillies pour les volumes d'urine fœtale
passée dans la cavité amniotique peuvent être mesurées par le calcul
ultrasonique de l'accroissement du volume de la vessie fœtale pendant un
certain laps de temps. Dans les grossesses normales, la production
d'urine fœtale augmente de façon rapide et continue à raison de 3,5 ml/h
à la 2je semaine jusqu'à 26 ml/h à la 39e semaine. Après la 40e semaine,
la production d'urine fœtale semble diminuer. Ces données, ainsi que
l'observation faite selon laquelle, au 3* trimestre de la grossesse, les
concentrations de Na+ et Cl" diminuent dans le liquide amniotique et
l'urine fœtale alors que les concentrations d'urée et de créatinine aug
mentent, semblent prouver que l'urine du fœtus représente sans doute
un élément important du liquide amniotique, au moins dans la dernière
partie de la grossesse (WALLENBURG, 1977). On peut en déduire que l'amnio
l6o ANNÉE BIOLOGIQUE

chorion et le cordon ombilical constituent les principales voies d'échange continu


d'eau et de solutés. L'urine fœtale s'additionne par intermittence au liquide
amniotique, tandis que l'absorption fœtale fournit phasiquement des
quantités de liquide amniotique. L'importance relative de ces voies et
mécanismes évolue selon le stade de la grossesse. Dans la première
moitié de la grossesse, la composition du liquide amniotique semble se
rapprocher davantage du liquide extracellulaire fœtal que du liquide
extracellulaire maternel. A la 20e semaine de grossesse, l'augmentation
quotidienne du volume de liquide amniotique est de 16 ml et le même
volume est absorbé par le fœtus. La mesure uJtrasonique de la production
d'urine fœtale indique que le fœtus élimine environ 50 ml par jour à cette
période de la grossesse. Ces données nous livrent une idée de l'importance
du transfert d'eau non phasique : 1 8 ml d'eau doivent être évacués de la
cavité amniotique toutes les 24 heures.
Des résultats préliminaires font supposer qu'une telle évacuation d'eau
hors du sac amniotique est probablement accrue par une prolactine du
liquide amniotique. Dans la première moitié de la grossesse, l'urine
fœtale peut pratiquement fournir la totalité du K+ et du Cl~ du liquide
amniotique. Seule, une faible quantité de Na+ supplémentaire doit pro
venir d'autres sources. Ces données indiquent l'existence de transferts
mesurables et indépendants d'électrolytes et de flux principal d'eau entre
les compartiments intra-utérin et maternel.
Dans la 2e moitié de la grossesse, on observe une baisse progressive
dans l'osmolalité du liquide amniotique. Il semble que cela soit dû en
grande partie à une baisse de la concentration de sodium qui peut être
attribuée au fœtus passant un volume croissant d'urine hypotonique dans
la cavité amniotique. Une diminution de la concentration des chlorures
s'opère aussi, mais sans être aussi forte que la chute de Na. L'addition
phasique d'eau urinaire fœtale se trouve à peu près équilibrée par le
transfert d'un volume égal d'absorption fœtale (entre 200 et 700 ml/24 h
au terme de la grossesse). Par ailleurs, l'absorption fœtale retire du
liquide amniotique des quantités considérables de Na+ et de Cl". On
peut estimer à 50 mEq et 35 mEq les quantités respectives de Na+ et
de Cl~ par 24 heures qui doivent être redonnées au liquide amniotique
par un mouvement net de ces électrolytes au terme de la grossesse
(SEEDS, 1980).
On ne connaît pas encore bien, cependant, les facteurs qui maintiennent
ces échanges en équilibre avec le transfert d'eau et de solutés par absorp
tion et miction fœtale. Des gradients osmotiques entre les circulations
utérine et ombilicale et entre les liquides extracellulaires fœtaux et
maternels et le liquide amniotique semblent devoir exercer des forces
qui retirent l'eau de la cavité amniotique. La pression sanguine hydro
statique fœtale, augmentant en même temps que la grossesse avance,
pourrait donc amener l'eau et les solutés à passer dans le liquide amnio
tique à travers l'amnios du cordon ombilical.
Ainsi, la membrane amniotique est une zone de transfert importante,
M. BARA ET A. GUIET-BARA. MEMBRANE AMNIOTIQUE HUMAINE 161

mais dont la grande majorité semble localiser dans Pépithélium amnio


tique (PAGE et coll., 1974) dont nous allons étudier les caractéristiques
de perméabilité par des microélectrodes intracellulaires.

II. — ÉTUDE DE LA PERMÉABILITÉ


DES CELLULES ÉPITHÉLIALES
PAR IMPLANTATION DE MICROÉLECTRODES

Les cellules épithéliales de la membrane amniotique peuvent être


étudiées, séparées des autres couches, en employant de la collagénase ou
en implantant des microélectrodes intracellulaires (BARA, 1980; BARA
et GUIET-BARA, 1980).

i) TECHNIQUES EXPÉRIMENTALES
(BARA et GUIET-BARA, 1981 a)

La méthode employée est dérivée de la technique de HELMAN et


FISCHER (1977) utilisée pour la peau de Grenouille (fig. 4). On mesure le
potentiel de membrane (Vm) et la résistance membranaire (Rm). Le
potentiel de membrane correspond à la différence de potentiel entre la
pointe de la microélectrode, insérée dans la cellule et une électrode indiffé
rente de Ag/AgCl située dans le milieu d'incubation. La résistance de la
membrane est mesurée soit avec une seule microélectrode selon la

Fig. 4. — Cuves utilisées pour l'étude de l'amnios avec des microélectrodes.


A, agitation par huilage d'air; ÇA, côté cavité amniotique de la membrane; I~ — 1+,
courant transépithélial; M, côté maternel; V~ — V+, potentiel transépithélial ;
Vo, potentiel de membrane de la cellule épithéliale.
A\>. BIOL. T. XXIII, PASC. 2, 1984 11
162 ANMÉE BIOLOGIQUE

technique de SCHANNE et DE CERETTI (1971), soit avec une microélectrode


double. Les microélectrodes de verre sont remplies de KC1 3 M et sélec
tionnées pour une résistance comprise entre 5 et 1 5 Mîî et un potentiel
de pointe inférieur à 2 mV. Le lieu d'insertion des microélectrodes est
vérifié par marquage au bleu de méthyle après l'expérimentation.

2) RÉSULTATS ET DISCUSSION (fig. 5)

a) Le potentiel de membrane (Vm), mesuré avec des microélectrodes


de verre à travers la membrane plasmique des cellules épithéliales de
l'amnios humain isolé, est de — 18,3 ± 0,7 mV pour ZP, — 15,3 + o,4mV
pour ZR, — 12 i 0,4 mV pour ZOpp et — 8,3 ± 0,3 mV pour ZOpf,
à 37° C. L'intérieur de la cellule est négatif par rapport à l'extérieur et les

Vm (mV) Vm(mV)

40 °C 200 mM
NaCI

Vm (mV)
. . Mg".1mM Ci"
-20
a o C««*.1mMMg"

1 OniM Mg'MmMCa'

2 1 mM Mg".OmM Ça*

-10

0 1 4

Fig. 5. — Enregistrements du potentiel de membrane (Vm)


des cellules épithéliales de la zone placentaire (ZP).
, Vm en fonction de la température; b, Vm en fonction de la concentration externe
en Na+; e, Vm en fonction de la concentration externe en Ca++ et Mg++.
M. BAHA ET A. GUIET-BARA. MEMBRANE AMNIOTIQUE HUMAINE 163

valeurs du potentiel sont faibles mais proches de celles mesurées dans


certaines cellules non-excitables (WILLIAMS, 1970). Ce potentiel est
identique que la microélectrode soit insérée du côté maternel ou du côté
fœtal.
— La résistance de la membrane (Rm) est de 213 ± 7 K£i pour ZP,
172+6 Kii pour ZR, 160 ± 4 KQ pour ZOpp et 138 ±4 KQ pour
ZOpp, à 37° C. Ces valeurs montrent que la membrane des cellules
épithéliales est une barrière effective à l'encontre des petits ions et que
les zones du cordon ombilical sont les plus perméables; mais que le
passage paracellulaire est beaucoup plus important que le passage trans
cellulaire.
b) Vm et Rm sont dépendants de la température des solutions externes.
Entre 30 et 40° C, Vm augmente de 1,24 mV/°C pour ZP, de 1,05 mV/°C
pour ZR, de 0,82 mV/°C pour ZOpp et de 0,63 mV/°C pour ZOpf, ces
accroissements étant beaucoup plus forts que ceux prévus par l'équation
de Nernst (0,2 mV/°C).
r) L'appauvrissement des solutions externes en Na+ (35 mM) hyper-
polarise la membrane (Vm = — 31 ± i mV pour ZP) alors que l'aug
mentation de la concentration externe en Na+ (210 mM) dépolarise la
membrane (Vm = — 10,8 ± °,5 nW pour ZP). Ainsi, Na+ semble
invoqué dans le maintien de Vm et il semble que la membrane soit légère
ment perméable à Na+ et que la concentration interne en Na+ soit main
tenue par une pompe; cette assertion étant fondée sur le fait que la
diminution de la concentration en Na+ dans les solutions externes induit
une hyperpolarisation cellulaire et une augmentation de Rm.
Les ions K~ ont un effet similaire à Na+ sur Vm et sur Rm, bien que
l'absence de K+ hyperpolarise moins la membrane que l'absence de Na+.
On peut supposer une origine cellulaire pour Vm car la variation de
facteurs physiques (température) ou chimiques (variation de gradients
de concentrations intra- et extracellulaires) fournit un écart de potentiel
de membrane beaucoup plus important que celui attendu par l'équation
de Nernst (GLADWELL, 1977).
d) L'ouabaïne (0,1 mM) ajoutée du côté maternel ou du côté fœtal
(BARA, 1980) diminue le potentiel de membrane (Vm = —7,2 ± 0,3 mV
pour ZP), cette diminution étant en faveur de l'existence d'une pompe
aux cations monovalents sur les faces maternelle et fœtale des cellules
épithéliales.
e) Le calcium et le magnésium contribuent aussi à Vm puisque
l'absence de Ca + + ou de Mg+H induit une hyperpolarisation cellulaire
et une diminution de la perméabilité de la membrane. Les résultats
expérimentaux montrent que Ca + + a un effet plus important que Mg + +
et que la présence simultanée de Ca++ et de Mg + + est nécessaire pour
maintenir le niveau de polarisation de la membrane (fig. 5 r).
Un excès de Ca + + ou de Mgt+ induit une dépolarisation cellulaire et
une diminution de la résistance. Il est difficile de savoir comment ces
deux cations peuvent contribuer à Vm. Cependant, on peut envisager
104 ANNÉE BIOLOGIQUE

trois possibilités : i) régulation du flux de cations monovalents avec


mobilisation des sites de surface et intervention directe sur le potentiel
de membrane; 2) une contribution directe à Vm de Ca + + et Mg + * s'ils
pénètrent ou sortent activement dans ou hors de la cellule (BARA et
GUIET-BARA, 1980); 3) une intervention sur le couplage électrique qui
augmente en présence de Mg + + (BARA et GUIET-BARA, 1981 £).
Ainsi, l'étude de la membrane des cellules épithéliales avec des micro
électrodes a permis la mise en évidence : — d'un passage transcellulairc
plus faible que le passage paracellulaire; — d'une pompe aux cations
monovalents agissant pour le moins partiellement de manière électro-
génique; — d'un couplage électrique intercellulaire important.

III. — CONCLUSIONS GÉNÉRALES

L'étude de la perméabilité de la membrane amniotique humaine,


in vitro, a permis de montrer que l'amnios paraît être un tissu adapté au
passage de nombreux solutés soit par la voie paracellulaire, soit par la
voie transcellulaire moins importante, mais la connaissance de la nature
et de l'importance relative des forces biochimiques et biophysiques qui
régissent les transports est encore trop limitée actuellement pour nous
permettre de postuler une théorie qui résume et synthétise toutes les
données cliniques et expérimentales.

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L'INTESTIN MOYEN DES INSECTES
III. — Fonctions de la cellule mésentérique

PAR Jean-Claude ANDRIES (*)

SOMMAIRE
Pages
INTRODUCTION 167
SÉCRÉTION DES ENZYMES DIGESTIVES 168
I. — SYNTHÈSE tr LIBÉRATION DES ENZYMES DIGESTIVES 168
II. — MODE ET LIEUX D'ACTION DES ENZYMES DIGESTIVES 170
III. — DÉTERMINISME DE LA SÉCRÉTION KNZYMATIQUE 171
TRANSFERT DES SUBSTANCES NUTRITIVES A TRAVERS L'ÉPITHÉLIUM INTES
TINAL 172
I. — TRANSPORT DES ACIDES AMINÉS 173
II. — TRANSPORT DES LIPIDES 175
TRANSPORT DE L'EAU ET DES IONS 174
I. — TRANSPORT ACTIF DE K+ 17;
II. — TRANSPORT ACTIF DE Na+ 176
ROLE EXCRÉTEUR 177
ROLE DÉTOXIFICATEUR 179
INTERVENTION DANS LE MÉTABOLISME DES HORMONES STÉROIDES . . 180
I. — HYDROXYLATION DE L'ECDYSONF. 180
II. — SÉCRÉTION DE L'ECDYSONIi l8o
TU. — INACTIVATION DES HORMONES STÉROÏDES 181
CONCLUSION 181
BIBLIOGRAPHIE . . . . 182

INTRODUCTION

Ces dernières années, la microscopie électronique a fourni les bases


ultrastructurales de la physiologie de l'intestin moyen des Insectes
(ANDRIES, 1982). Même si un schéma d'ensemble est difficile à établir en

(*) Université des Sciences et Techniques de Lille, Service de Biologie Animale


et Laboratoire Associé au CNRS n° 148 « Endocrinologie des Invertébrés »,
59655 Villeneuve-d'Ascq Cedex.
A\v. BTOL. — T. X3UII, F»5C. 2, 1984.
l68 ANNÉE BIOLOGIQUE

raison essentiellement de la diversité extrême de leur régime alimentaire,


la structure de l'épithélium intestinal reste la même dans ses grandes
lignes : la quasi-totalité des cellules épithéliales qualifiées de principales
ou columnaires sont des cellules à polarité marquée, à bordure en brosse
apicale et à labyrinthe basai. Elles dérivent des cellules de régénération.
En dehors de ces types cellulaires, des cellules endocrines sécrétant des
substances apparentées à des hormones de Mammifères (ANDRIES et
TRAMU, 1984) semblent communes à la majorité, sinon à tous les
Insectes. S'y ajoutent également des cellules plus spécifiques de certains
ordres ou de certaines espèces : cellules caliciformes des Lépidoptères,
cellules cuprophiles des Diptères.
Les fonctions de l'intestin moyen sont multiples et peuvent différer
suivant la région intestinale comme l'ont démontré les études morpho-
métriques. Toutefois, quelle que soit l'espèce envisagée, l'intestin moyen
assure la sécrétion enzymatique, l'absorption et le transfert des métabo-
lites de la lumière intestinale vers le milieu intérieur. Il s'agit des fonctions
spécifiques de l'intestin moyen même si certaines autres parties du tube
digestif (glandes salivaires, gésier...) y participent. Conjointement avec
d'autres organes, l'intestin moyen assure d'autres fonctions : avec le
rectum et les tubes de Malpighi, il participe à la régulation de l'équilibre
hydrominéral, il assure une fonction excrétrice particulièrement chez les
espèces telles que les Collemboles dépourvues de tubes de Malpighi,
enfin avec le tissu adipeux, il intervient dans le métabolisme des hormones
stéroïdes et dans les processus de détoxification.

SÉCRÉTION DES ENZYMES DIGESTIVES

I. — SYNTHÈSE ET LIBÉRATION DES ENZYMES DIGESTIVES

Chez de nombreux Insectes, des granules denses (« zymogen-like


granules ») sont présents dans toute la région supranucléaire de la
cellule mésentérique et ont tendance à s'accumuler sous la membrane
apicale. La pénétration de la nourriture dans l'intestin moyen provoque
l'exocytose des granules denses dans la lumière intestinale d'Aesbna
cyanea (ANDRIES, 1976 V) et de Stomoxys calcitrans (LEHANE, 1976). Ces
granules d'origine golgienne pourraient être, soit des précurseurs de la
membrane péritrophique (BIGNELL et coll., 1982), soit des réservoirs
d'enzymes digestives protéolytiques comme l'ont suggéré STAÙBLI et
coll. (1966) chez Anophèles, FAIN-MAUREL et coll. (1973) chez Petrobius
maritimus, ANDRIES (1976 b) chez Aeshna cyanea, LEHANE (1976) chez
Stomoxys calcitrans et BOEHRINGER-SCHWEIZER (1977) chez Glossina
montions.
En absence de granules denses, STAÙBLI et coll. (1966) avaient postulé
j.-c. ANDRIES. — L'INTESTIN MOYEN DES INSECTES 169

que chez Aèdes aegypti, la fragmentation des complexes ergastoplasmiques


en vésicules d'aspect microsomial correspondait à la libération des enzymes
digestives, les microvésicules déversant leur contenu dans la lumière au
niveau des microvillosités. A l'appui d'une telle interprétation, la micro-
vésiculation des microvillosités a été signalée chez diverses espèces :
Fulgora candelaria (MARSHALL et CHEUNG, 1970), Calliphora erythrocephala
(DE PRIESTER, 1971), Lofusta migratoria (HEINRICH et ZEBE, 1973),
Sarcopbaga bullata (NOPANITAYA et MISCH, 1974), Tomocerus minor (HuM-
BERT, 1979). Le fait que cette microvésiculation et l'exocytose des gra
nules denses d'origine golgienne puissent coexister chez un même
animal (ex. : Loatsta migratorià) et surtout le fait que la microvésicu
lation n'apparaisse dans certaines espèces qu'après une fixation inadé
quate (HECKER, 1977) enlève cependant beaucoup de crédibilité à une
telle hypothèse. D'autant plus que chez Aèdes aegypti, infirmant l'hypo
thèse de STAÙBLI et coll. (1966), la synthèse des enzymes protéolytiques
se ferait de novo en réponse à la prise de nourriture (GoooiNG, 1973;
FUCHS et FONG, 1976; YEATES, 1978).
Comme viennent de le suggérer MISCH et coll. (1980) à propos des
cellules intestinales de Mammifères, les microvésicules permettraient
l'élimination de portions membranaires dénaturées, liée au renouvelle
ment de la membrane plasmique; elles ne seraient ainsi que l'expression
du « turn-over » qui affecte normalement la surface cellulaire et ses cons
tituants.
L'utilisation combinée de méthodes morphométriques et de drogues
(a-amanitine) inhibant spécifiquement soit la synthèse d'ARN messagers,
soit celle d'ARN de transfert (Fucns et FONG, 1976; FONG et FUCHS,
1976) a permis d'élucider en grande partie le mécanisme de synthèse des
enzymes digestives chez le Moustique femelle. Prélude à une synthèse
enzymatique, une triple réponse est observée dans les cellules mésenté-
riques d'Anophèles stephensi (HECKER, 1978) et d'Aèdes aegypti (HECKER
et RUDIN, 1979) : — i) une augmentation du nombre de ribosomes;
— 2) une prolifération du réticulum endoplasmique granulaire; — 3) une
augmentation du rapport nombre de ribosomes liés, nombre de ribo
somes libres.
Ainsi, la prolifération du réticulum endoplasmique granulaire (il en
serait de même pour sa différenciation) sous contrôle d'ARN messagers
induits par le repas de sang, serait essentielle à la synthèse des enzymes
digestives. Chez les Insectes comme chez les Vertébrés, les protéines de
sécrétion (ici, les enzymes de type trypsine) seraient donc synthétisées
par des ribosomes liés aux membranes du réticulum alors que les protéines
structurales (ici, celles des membranes du réticulum) le seraient par les
ribosomes libres (GANDER et coll., 1980).
Chez un autre hématophage Rhodnius prolixus, une synthèse d'ARNm,
indispensable à la production des enzymes protéolytiques de la lumière
du tube digestif survient également à la suite du repas de sang (HOUSEMAN
et DOWNE, 1983 b~). Cependant, la production, chez cet Insecte, d'enzymes
170 ANNÉE BIOLOr.IOUE

intracellulaires telles que des aminopeptidases ne requiert pas la synthèse


de nouveaux ARNm.
En conclusion, en ce qui concerne la synthèse et la libération des enzy
mes digestives, deux cas sont à envisager : — i) Synthèse des enzymes
au niveau du réticulum endoplasmique granulaire, stockage dans des vési
cules denses d'origine golgienne, libération de leur contenu par exocytose
dès la pénétration de la nourriture dans la lumière intestinale
(Odonates, certains Diptères) ; — 2) En réponse à la prise de nourriture,
synthèse de novo des enzymes par les ribosomes liés aux citernes ergasto-
plasmiques, libération de ces enzymes dans la lumière intestinale sans
intervention du Golgi qui reste « peu spectaculaire » selon RICHARDS
(1975) (Insectes hématophages).

II. — MODE ET LIEUX D'ACTION DES ENZYMES DIGESTIVES


Nous ne dresserons pas la liste, souvent variable, des multiples enzymes
du tube digestif des Insectes : à titre d'exemple, il existerait huit protéi-
nases dans le tube digestif d'Aèdes aegypti (K.UNZ, 1978). Il est cependant
intéressant de rappeler la nature, le mode et les lieux d'action de ces
enzymes. Les travaux (TERRA et coll., 1979; FERREIRA et TERRA, 1980,
1982; FERREIRA et coll., 1981; TERRA et FERREIRA, 1981, 1983) réalisés
chez RJynchosciara americana en fournissent l'occasion.
Dans l'espace trophique de ce Diptère (c'est-à-dire à l'intérieur de la
membrane péritrophique) il y a dispersion et diminution de poids molé
culaire des constituants organiques grâce à la présence de carbohydrases
(a-amylase, cellulase) et de protéinases du type trypsine. Puis, les enzymes
présentes dans l'espace péritrophique (espace séparant les cellules épithé-
liales de la membrane péritrophique) (e. g. aminopeptidases, p-N-acétyl-
glucosaminidase) ou liées à la membrane plasmique (e. g. maltase, car-
boxypeptidase A, cellobiase, a-mannosidase, p-fucosidase...) assurent les
étapes intermédiaires et finales de la digestion. Seules les cellules des coeca
et celles de la région postérieure du mésentéron possèdent les enzymes
responsables des dernières étapes de la digestion. Notons cependant que
selon DROSTE et ZEBE (1974), les étapes ultimes de la digestion se dérou
leraient dans la lumière du tube digestif de Locusta migratoria.
La spécialisation de coeca antérieurs dans les étapes ultimes de la
digestion et dans l'absorption peut sembler surprenante. TERRA et
FERREIRA (1981) et FERREIRA et coll. (1981) l'expliquent ainsi : un liquide
sécrété par les cellules de la région postérieure de l'intestin moyen remonte
en direction des coeca, permettant une circulation endo-ectopéritrophique
des enzymes digestives et la progression des produits intermédiaires de la
digestion vers les coeca. Il est intéressant de constater qu'indépendam
ment de ce travail, Dow (1981 c) ait entrevu un mécanisme voisin chez
Schistocerca gregaria. Dans ce cas, chez les animaux soumis au jeûne, sitôt
le repas absorbé, de l'eau sécrétée par les tubes de Malpighi remonte à
contre-courant l'intestin moyen. Un tel mécanisme qui assure une absorp
J.-C. ANOniES. I.iVIKSIIN MOVK.N DES INSECTES 171

tion maximale pourrait exister chez d'autres Insectes herbivores à régime


discontinu dont le mésentéron est pourvu de coeca gastriques. Ce modèle
pourrait de même expliquer la présence d'un inhibiteur protéasique dans la
région antérieure de l'intestin moyen de ILeucophaea maderae bien que les
enzymes soient sécrétées dans la région postérieure (ENGELMANN et
GERAERTS, 1980).
Il est généralement admis que les enzymes du tube digestif sont actives
à />H voisin de la neutralité. Cependant, les exceptions sont nombreuses.
Ainsi, les protéases du mésentéron d'espèces de régime alimentaire divers
agissent de façon optimale à pH fortement alcalin. C'est le cas des larves
phytophages de Lépidoptères (!SHAAYA et coll., 1971; EGUCHI et IWA-
MOTO, 1976) où la forte alcalinité de la lumière intestinale est due à un flux
important de K+ (voir paragraphe III), des larves de Moustiques micro-
phages (YANG et DAVIES, 1972; DADD, 1975) et de leurs adultes hémato-
phages (KuNX, 1978), mais aussi celui des Blattes omnivores (ENGELMANN
et GERAERTS, 1980), ou des larves détritivores de Tipules (MARTIN et
coll., 1980). Ainsi le/>H semble indépendant du régime alimentaire et de
la position systématique de l'Insecte, contrairement à ce qui a parfois été
suggéré auparavant (SHINODA, 1930).
On ne connaît que quelques cas où le maximum d'action des protéases
se situe à/>H nettement acide : larves de Diptères Brachycères (LABREMONT
et coll., 1959), un Hémiptère (OKASHA, 1968; GARCIA et coll., 1978).

III. DÉTERMINISME DE LA SÉCRÉTION ENZYMATIQUE

Chez de nombreux Insectes, le jeûne entraîne une diminution, voire un


arrêt des sécrétions enzymatiques intestinales (PRZELECKA, 1963; BAN
et PRZELECKA, 1973; ANSTEECÎ CHARNLEY, 1977; ROSINSKI et coll., 1979;
TERRA et FERREIRA, 1981).
Bien qu'il soit probable, comme l'ont souligné récemment HOUSEMAN
et DOWNE (1983 a) qu'un même mécanisme ne contrôle pas obligatoire
ment la sécrétion de toutes les enzymes digestives d'un même Insecte et
que de nombreux paramètres physiologiques puissent être concernés,
la sécrétion enzymatique semble dépendre de deux mécanismes fondamen
taux :
i) L'action de sécrétagogues contenus dans la nourriture. Le contrôle
de la synthèse des protéases a été expliqué de cette manière chez des
Diptères (Sarcophaga bidlata : ENGELMANN et WILKINS, 1969; Drosophila
melanogaster : HOSBACH et coll., 1972; Glossina morsitans : GOODING,
1974; Aèdes aegypti : BRIEGEL et LEA, 1975 ; Stomoxys calcitrans : LEHANE,
19770), des Dictyoptères (Leucophaea maderae : ENGELMANN, 1969;
B/atta orientalis : GORDON, 1970), un Hétéroptère (Rhodnius prolixus :
PERSAUD et DAVEY, 1971; GARCIA et GARCIA, 1977; HOUSEMAN et
DOWNE, 1983 a), un Coléoptère (Attagenus megatoma : BAKER, 1977 et
1978). La synthèse de carbohydrases serait contrôlée de la même façon
172 ANNÉE BIOLOGIQUE

chez Attagenus megatoma (BAKER, 1977) et Tenebrio molitor (RosiNSKi et


coll., 1979).
2) L'intervention d'un facteur hormonal (DADD, 1961; STRANGWAYS-
DIXON, 1961; THOMSEN et MÔLLER, 1963; LANGLEY, 1967; MORDUE,
1967; HRUBEVSOVA et SLAMA, 1967; ROUNDS, 1968; DOGRA et GILLOTT,
1971) qui pourrait être schématisée de la manière suivante (ANSTEE et
CHARNLEY, 1977) : des influx nerveux, ayant pour origine des récepteurs
sensibles à la distension de l'intestin antérieur, agissent sur des cellules
neurosécrétrices du cerveau qui, en retour, libèrent une hormone contrô
lant la sécrétion enzymatique, amylolytique ou protéolytique.
Comme chez les Vertébrés, la sécrétion enzymatique des cellules
mésentériques de Periplaneta americana est sous contrôle d'hormones du
tube digestif. Pour ROUNDS (1968), le facteur hormonal est synthétisé
dans l'épithélium mésentérique même (la démonstration récente de cellules
endocrines pourrait conforter une telle hypothèse), selon AGRAWAL et
BAHADUR (1981), il le serait dans les glandes salivaires.

TRANSFERT DES SUBSTANCES NUTRITIVES


A TRAVERS L'ÉPITHÉLIUM INTESTINAL

Sur la base d'arguments ultrastructuraux, les étapes du transfert de


substances nutritives (non identifiées) de la lumière intestinale jusqu'à
l'hémolymphe ont pu être définies chez Aeskna cyanea (ANDRIES, 1976 h).
— /re étape : capture des substances ayant diffusé à travers la membrane
plasmique apicale par les vésicules dilatées du réticulum endoplasmique
agranulaire.
— 2e étape : passage du contenu des vésicules du réticulum lisse à l'inté
rieur des profils ergastoplasmiques comme le suggère l'apparition d'un
matériel floculeux dans les vésicules dilatées du réticulum endoplasmique
agranulaire et au sein des lames ergastoplasmiques. Ces dernières se
situent à proximité des vésicules et saccules du réticulum lisse avec lesquels
elles peuvent entrer en communication.
— /e étape : transfert du matériel du réticulum endoplasmique granu
laire dans les espaces intercellulaires par la formation de petites vésicules
qui, en s'agglomérant, font hernie dans ces espaces. Le transfert pourrait
également se faire par le « déversement » du contenu des citernes ergasto
plasmiques dans l'espace intercellulaire (encore faudrait-il dans ce cas
démontrer l'existence de communication).
Le rôle du réticulum endoplasmique tel que nous l'avons défini dans
les cellules mésentériques d'Aesbna cyanea (ANDRIES, 1976 b) semble
pouvoir être généralisé à bon nombre d'espèces d'Insectes si l'on en juge
par la localisation spécifique des vésicules du réticulum endoplasmique
lisse et des citernes du réticulum endoplasmique granulaire ainsi que par
leurs modifications à la suite de la prise de nourriture.
j.-c. ANDRIES. — L'INTESTIN MOYEN DES INSECTES 173

I. — TRANSPORT DES ACIDES AMINÉS

Très peu de travaux concernent le transport des acides aminés de la


lumière vers l'hémolymphe. Nous devons à NEDERGAARD (1972),
HANOZET et coll. (1980), SACCHI et GIORDANA (1980) et SACCHI et coll.
(1981) les seuls résultats prouvant un transport actif des acides aminés
chez des chenilles de Lépidoptères. Dans ce cas bien particulier, la force
qui permet l'absorption des acides aminés serait fournie par un gradient
électrochimique dû au K+ (HANOZET et coll., 1980). Ainsi, selon ces
auteurs, l'hypothèse du co-transport émise par CRANE (1965) en ce qui
concerne l'absorption des acides aminés chez les Vertébrés pourrait être
généralisée aux Insectes.
Un échange d'acides aminés a lieu entre l'hémolymphe et les cellules
mésentériques d'Hja/ophora cecropia (NEDERGAARD, 1981). Indépendant
du transport actif des acides aminés et du K+, son rôle serait de fournir aux
cellules intestinales les acides aminés nécessaires à ses synthèses protéiques.

IL — TRANSPORT DES LIPIDES

Des données ultrastructurales chez Aeshna cyanea (ANDRIES, 1976 a


et 1976 b) et Stomoxys calcitrans (LEHANE, 1977 b) permettent d'établir le
schéma suivant : — i) les acides gras traversent la membrane des micro-
villosités et passent dans les citernes du réticulum endoplasmique granu
laire, sans doute après capture par les vésicules du réticulum endoplas
mique lisse; — 2) les lipides absorbés sont stockés temporairement sous
forme de globules lipidiques. Ceux-ci sont formés soit au niveau de l'appa
reil de Golgi (Stomoxys calcitrans, LEHANE, 1977 b), soit au niveau des
systèmes lamellaires présents à l'apex des cellules mésentériques à'Aeshna
cyanea (ANDRIES, 1976 c) ; — 3) le transfert au pôle basai s'effectue vraisem
blablement sous forme de microvésicules.
L'épithélium intestinal A'Aeshna cyanea (ANDRIES, 1976 b) comme celui
de Glossina morsitans (BOEHRINGER-SCHWEIZER, 1977) ou à'Aèdes
aegypti (RuoiN et HECKER, 1979) est capable de transformer les lipides
ingérés en glycogène.
Au point de vue enzymatique, bien que les résultats soient encore très
fragmentaires, il semblerait qu'il y ait :
1) Hydrolyse dans la lumière intestinale sous l'action de lipases des
triglycérides ingérés (EISNER, 1955; TREHERNE, 1958; GILBERT et coll.,
1965 ; BOLLADE et coll., 1970; TURUNEN, 1975 ; GEERING et FREYVOGEL,
1975). En ce qui concerne les lipides structuraux, il y a, du moins chez
les chenilles de Lépidoptères, hydrolyse de glycérophosphatides et de
phospho-amino-lipides (SOMERVILLE et POCKETT, 1976; TURUNEN et
KASTARI, 1979).
2) Absorption des acides gras libres, de mono- et peut-être de digly-
cérides (TURUNEN, 1975; TIETZ et coll., 1 97 5 ;. Le fait que chez bon nombre
174 AN.NÉK BIOLOGIQUE

d'espèces, il y ait excrétion d'acides gras libres résultant de l'hydro


lyse de triglycérides, suggère qu'ils ne sont pas absorbés tels quels
(TuRUNEN, 1979). Les mécanismes impliqués seraient leur transport par
des protéines vectrices (HOFFMAN et DOWNER, 1 976), leur saponification
(LEHANE, 1977 b\ leur émulsion (TURUNEN et KASTARI, 1979).
3) Transformation des molécules absorbées en triglycérides et phos-
pholipides (WEINTRAUB et TIETZ, 1973; TURUNEN, 1975) sous l'action
d'acyltransférases localisées dans les dictyosomes (LEHANE, 1977 h).
Sans doute, chez Aeshna cyanea seraient-elles localisées au niveau des
systèmes lamellaires dérivés du réticulum endoplasmique granulaire;
chez les Mammifères d'ailleurs, les acyltransférases sont localisés essen
tiellement au niveau du réticulum endoplasmique (HiGGiNS et BARRNETT,
1971). Il semble que deux voies d'estérification existent chez les Insectes
comme chez les Mammifères. La première, celle du glycérol-3-phosphate,
bien que non démontrée, est probable dans la mesure où elle est la voie de
synthèse des phospholipides. La seconde voie, celle de Pestérification du
monoacylglycérol vient d'être confirmée chez Periplaneta americana
(HOFFMAN et DOWNER, 1979) dont les cellules mésentériques, et à un
degré moindre celles du gésier, renferment une monoacylglycérol acyl-
transférase.
4) Libération de diglycérides (essentiellement) et d'acides gras dans
l'hémolymphe (WEINTRAUB et TIETZ, 1973; TURUNEN et CHIPPENDALE,
1977 b} après une nouvelle lipolyse intracellulaire. Chez Diatraea grandio-
sella, la lipase intracellulaire active est différente de celle qui agit dans la
lumière intestinale (TURUNEN et CHIPPENDALE, 1977 a). Notons cepen
dant que chez Periplaneta americana les lipides seraient transférés sous
forme de triglycérides dans l'hémolymphe (REISSER-BOLLADE et BOUCROT,
1973 et REISSER-BOLLADE, 1976).

TRANSPORT DE L'EAU ET DES IONS

Par leur structure (développement de la bordure en brosse, du laby


rinthe basai, proximité des mitochondries, source d'ATP, des membranes
plasmiques basale et apicale), les cellules mésentériques présentent les
caractéristiques de cellules impliquées dans l'absorption et le transport
de l'eau et des ions.
Il est logique de penser que la nature des échanges ioniques entre la
lumière intestinale et l'hémolymphe dépend essentiellement de la compo
sition ionique de l'hémolymphe et à un degré moindre de celle de la
nourriture. FLORKIN et JEUNIAUX (1974) ont récapitulé de façon exhaus
tive la composition ionique de Phémolymphe de très nombreuses espèces
d'Insectes. De façon simplifiée, chez les Insectes Inférieurs, Aptérygotes
et Ptérygotes Hétérométaboles (Éphéméroptères, Odonates, Dicty-
optères, Orthoptères) le Na+ est l'élément majeur. S'il en est encore de
même chez certains Holométaboles (Diptères), la prédominance du
j.-c. ANDRIES. — L'I.VTESTI.N MOYEN DES INSECTES 175

Na+ s'efface au profit du Mg*+ ou du K+ chez certains Trichoptères et


Coléoptères, les larves d'Hyménoptères et surtout chez les Lépidoptères.
Dans cette optique, nous distinguerons les Insectes dont la composi
tion ionique en Na+ est élevée et chez lesquels un transport actif du Na +
existera, de ceux qui allient à une forte valeur en K+ des taux beaucoup
plus faibles et variables de Na+ et qui, de ce fait, seront caractérisés par
un transport actif de K+.

I. — TRANSPORT ACTIF DE K+

Les seuls travaux bien établis concernent les Lépidoptères. Rappelons


que l'hémolymphe, la lumière et l'épithélium intestinaux renferment
toujours une concentration élevée en K+ (le rapport Na/K inférieur à i).
Par ailleurs, contrairement à ce qui se passe généralement chez les Insectes,
les taux hémolymphatiques en Na+ et K+ sont régulés essentiellement par
l'intestin moyen et non par les tubes de Malpighi (!RVINE, 1969; JUN-
GREIS et coll., 1973; HARVEY et coll., 1975; JUNGREIS, 1977).
Ce sont les cellules caliciformes qui sont concernées par le transport
actif du K+ du sang vers la lumière intestinale, transport qui entraîne une
différence du potentiel transmembranaire importante de l'ordre de 100
à 130 mV in vivo, de 70 à 85 mV in vitro, la lumière étant positive par rap
port à l'hémolymphe (HARVEY et NEDERGAARD, 1964; GIORDANA et
SACCHI, 1977). Ce rôle est facilité par le bouchon de matériel semi-
visqueux présent dans leur cavité (SCHULTZ et JUNGREIS, 1977 a et b).
Chez les Lépidoptères, le transport actif du K ' dépend de la présence de
particules appelées K> portasomes (HARVEY, 1980) associées à la mem
brane des microvillosités. Les K> portasomes sont comparables en taille
aux particules Fj de la membrane interne des mitochondries et la pompe
à K+ fonctionnerait de façon comparable à la pompe à protons de la
membrane mitochondriale (HARVEY et coll., 1983 a, b}. L'ATP est la
source d'énergie alimentant le transport du K+ (ÎVÎANDEL, 1980 a, b} et
la pompe utilise une ATPase K> dépendante (WOLFERSBERGER, 1979)
localisée probablement au niveau de ces particules (HARVEY et coll.,
1983 b). Quoique les mitochondries soient nécessaires au transport du K +,
une association étroite entre elles et les K + portasomes n'est cependant pas
obligatoire dans la mesure où la diffusion de l'ATP est suffisamment rapide
(CioFFi et HARVEY, 1981). Ainsi, la région postérieure de l'intestin
moyen assure comme les régions antérieure et médiane, le transport du
KT bien que les microvillosités de ses cellules caliciformes soient dépour
vues de mitochondries.
Généralement dans les épithéliums transporteurs, le taux du transport
actif est fonction de la consommation d'Oz. Ce n'est pas le cas de l'épi
thélium intestinal d' Hyalophora cecropia (HARVEY et coll., 1967), ni de
celui de Manduca sexta (MANDEL et coll., 1980 a) bien que le transport
du K> y dépende du métabolisme oxydatif (MOFFETT, 1979). L'absence
176 ANNKE BIOLOGIQUE

de contrôle respiratoire pourrait être due au fait que le rapport des concen
trations en ATP d'une part, en ADP et phosphate inorganique d'autre
part est particulièrement bas. Ceci provoquerait une consommation d'O2
d'emblée maximale au niveau de la cellule caliciforme, saturant par là
même le mécanisme de régulation de la respiration quel que soit le taux de
transport actif du K> (MANDEL et coll., 1980 b). Par ailleurs, celui-ci
contrôle l'entrée du K+ dans la cellule de façon que sa concentration
intracellulaire soit constante (CiOFFi et HARVEY, 1981).
En ce qui concerne les autres ions, le Ca++ (Wooo et HARVEY, 1976)
et le Mg + + (Wooo et coll., 1975) emprunteraient des voies indépendantes
de celles du K+ à travers les cellules columnaires. Il n'y aurait pas in vivo
de transport actif du Na+ (HARVEY et coll., 1975) alors que le Mg + + serait
transporté activement de la lumière intestinale vers Phémolymphe (Wooo
et coll., 1975), ce qui permet le maintien dans Phémolymphe d'un niveau
élevé en Mg + +.
En dehors des Lépidoptères, un même transport de K+ existerait chez
la larve xylophage d'un Coléoptère, Oryctes nasicornis, au niveau des
csecums et de la gouttière ventrale du mésentéron (BAYON, 1980).

II. — TRANSPORT ACTIF DE Na+

Nous devons à O'RIORDAN (1968 et 1969) et à SAUER et MILLS


(1969 a, b) une étude du mouvement de l'eau et des ions à travers l'intes
tin moyen de Periplaneta americana. La paroi intestinale apparaît perméable
à l'eau, au Na+, au K+ et à l'ion Cl~ (O'RiORDAN, 1968; SAUER et MILLS,
1969 b), au Ca^ f et au Mg + + (SAUER et MILLS, 1969 a). Le mouvement de
l'eau serait un phénomène passif lié à un transport actif du Na+ de la
lumière vers Phémolymphe (O'RiORDAN, 1968, 1969; SAUER et MILLS,
1969 b). Plus récemment, un même mécanisme a été invoqué chez
Sarcophaga btillata (PRUSCH, 1978), G/ossina morsitans (BROWN, 1980;
PEACOCK, 1982) et Rhodnius prolixus (FARMER et coll., 1981; BARRETT,
1982) : le transport actif de Na f de la lumière vers Phémolymphe condi
tionne l'absorption passive d'eau.
Il en est tout autrement chez Schistocerca gregaria où le transport actif
de Naf observé au niveau des coeca gastriques antérieurs (Dow, 1981 a)
ne joue aucun rôle dans le transport de l'eau. C'est un déséquilibre osmo-
tique créé essentiellement par un flux passif de K+ de la lumière vers
Phémolymphe et accessoirement par une absorption active de Cl" qui
permet le mouvement de l'eau vers Phémolymphe (Dow, 1981 b; Dow
et coll., 1981).
Enfin, un tel transport actif de Na+ existerait chez une espèce xérophile
tel le ver de farine Tenebrio molitor (KOEFOED et ZERAHN, 1982).
Le mouvement actif de fluides à travers des épithéliums variés requiert
la présence d'une ATPase Na+-K+ dépendante, sensible à Pouabaïne.
Chez les Arthropodes, une activité ATPasique Na+-K+ dépendante a
j.-c. ANDRIES. — L'INTESTIN MOYEN DES INSECTES 177

été démontrée dans des épithéliums sécréteurs tels que les glandes sali-
vaires (KAUFMAN et coll., 1976), les tubes de Malpighi (ANSTEE et BELL,
1975), le rectum (PEACOCK, 1976, 1977; TOLMAN et STEELE, 1976).
En ce qui concerne le mésentéron, une activité ATPasique Na+-K+ dépen
dante a été décrite dans la région antérieure de l'intestin moyen de Glossina
morsitans (PEACOCK, 1981) que l'on sait être la région d'absorption rapide
de l'eau. Par contre, ni l'intestin moyen de Sarcopbaga bullata (PEACOCK,
1981), ni celui de Locusta migratoria (PEACOCK, 1976) ne présentent d'acti
vité ATPasique importante, ce qui s'explique par le fait que ces Insectes
n'ont pas de grands volumes d'eau à éliminer, n'étant ni l'un ni l'autre
des hématophages (PEACOCK, 1981).
A noter encore que chez Periplaneta americana (SAUER et MILLS, 1971),
les mouvements de fluides à travers l'épithélium intestinal seraient sous le
contrôle de deux hormones, l'une diurétique, l'autre antidiurétique, toutes
deux issues du dernier ganglion abdominal.

ROLE EXCRÉTEUR

S'il est certain que le principal mécanisme de l'excrétion et de l'osmo-


régulation des Insectes se situe au niveau des tubes de Malpighi et du
rectum (revues : STOBBART et SHAW, 1964; MADDRELL, 1971; WALL et
OSCHMANN, 1975), le mésentéron peut, dans certains cas du moins,
assurer une fonction excrétrice. Rôle démontré in vitro chez Manduca
sexta (NIJHOUT, 1975) où les cellules mésentériques sont capables
d'excréter de façon active les colorants acides.
Les cellules mésentériques renferment toujours des quantités appré
ciables de sels minéraux, carbonates et phosphates; les principaux cations
étant le calcium, le magnésium, le potassium et, à un degré moindre,
le fer et le manganèse (BALLAN-DUFRANÇAIS et coll., 1971). Par ailleurs,
chez certaines espèces (cf. tableau) les sels minéraux sont concentrés
au niveau de cristaux sphériques stratifiés d'où leur nom de sphéro-
cristaux.
Aux sphérocristaux, il faut ajouter les corps denses richement minéra
lisés d'origine lysosomiale présents chez les Diptères (Mtisca domesti'ca :
SOHAL et coll., 1977; SOHAL et LAME, 1977), et les dépôts ferrugineux
présents dans le noyau et le cytoplasme d'un Homoptère, Philaenus
spumarius (GOURANTON, 1967).
La composition et la distribution des sphérocristaux et d'une façon
générale des sels minéraux présents dans les cellules mésentériques varient.
Parmi les facteurs, le régime alimentaire, le milieu de vie, le stade de
développement sont à considérer (MARTOJA et coll., 1975). Néanmoins,
une très grande diversité spécifique, dont ne peuvent rendre compte ces
différents facteurs, subsiste fréquemment. L'exemple des Coléoptères
terrestres ou aquatiques, à régime carné, étudié par BAYON et MARTOJA
(1974) en est la meilleure illustration.
»*». BIOL. — T. Min, FA»C. 2, 1984. 12
178 ANNÉE BIoLoGIQUE

Collemboles Orcherella DALLAI, 1966


Tomocerus minor HUMBERT, 1974, 1977
Pogonagnathellus HUMBERT, 1974
Folsomides variabilis PoINsor-BALAGUER et BARRA, 1977
Hypogastrura tullbergi LAUGA-REYREL, 198o
Thysanoures Petrobiur maritimus FAIN-MAUREL et coll., 1973
Machilir BALLAN-DUFRANçAIs et coll., 1971
Plannipennes Euroleon nostras BALLAN-DUFRANçAIs et coll., 1971
Chrysopa BALLAN-DUFRANçAIs et coll., 1971
Myrmeleon hyalinus MARToJA et coll., 1977
Acanthaclisis beaticus MARToJA et coll., 1977
Homoptères Philaenus spumarius GoURANToN, 1968
Cercopis sanguinea GoURANroN, 1968
Aphropbora alni BALLAN-DUFRANçAIs et coll., 1971
Aphis EHRHARDT, 1965
Trichoptères Phryganea varia LHoNoRE, 1973
Lépidoptères Aglais urticae BALLAN-DUFRANçAIs, 1971
Bombyx mori WAKU et SUMIMoro, 1974
Coléoptères Ablattaria laevigata BAYoN et MARroJA, 1974
Agabus bipustulatus BAYoN et MARToJA, 1974
Hyménoptères Formica polyctena JEANTET, 1971
Formica rufa BALLAN-DUFRANçAIs et coll., 1971
Diptères Drosophila melanogaster TAPP, 1975

L'accumulation, dans les sphérocristaux en formation, de cations en


excès plus ou moins toxiques, puis le rejet des cristaux achevés dans la
lumière intestinale est un mécanisme important du maintien de l'équi
libre minéral. L'épithélium intestinal jouerait ainsi le rôle de barrière à
l'égard de cations apportés en excès par la nourriture (BALLAN-DUFRAN
çAIs et coll., 1971; JEANTET et coll., 1974; HUMBERT, 1978).
Le rejet des sphérocristaux dans la lumière intestinale peut, suivant les
espèces, survenir lors du renouvellement de l'épithélium à chaque mue
(Tomocerus minor : HUMBERT, 1974), soit au cours de la métamorphose
(Homoptères : GoURANToN, 1968), lors du rejet de cellules isolées (Bombyx
mori : WAKU et SUMIMoTo, 1974), soit en absence de rejet cellulaire, de
façon mérocrine (Bombyx mori : WAKU et SUMIMoTo, 1974) ou dans des
extrusions cytoplasmiques (Formica polyctena : JEANTET, 1971). Un cas
particulier est fourni par les larves de certains Plannipennes terrestres
(MARToJA et coll., 1977) dont le tube digestif est aveugle. De ce fait,
un méconium formé de membranes péritrophiques emboîtées, de sub
stances non dégradables par les enzymes digestives et d'amas de sphéro
cristaux d'origine mésentérique, dilate la lumière intestinale. Ce n'est
qu'à la fin de la nymphose, après établissement d'une communication entre
le mésentéron et le proctodeum, que le méconium sera rejeté. Quant à
l'épithélium larvaire, il sera digéré et ses constituants minéraux remaniés
restockés, du moins en partie, dans les cellules mésentériques imaginales.
Apparemment, le mode de formation des sphérocristaux est sensible
ment le même partout : une trame organique essentiellement poly
saccharidique emprisonne les sels minéraux. Les dépôts initiaux appa
raissent très généralement dans les citernes du réticulum endoplasmique
j.-c. ANDRIES. — L'INTESTIN MOYEN DES INSECTES 179

(GOURANTON, 1968; JEANTET, 1971; HUMBERT, 1978). Exception à cette


règle, selon FAIN-MAUREL et coll. (1973) et WAKU et SUMIMOTO (1974),
ils prendraient naissance dans des vésicules golgiennes, comme c'est le
cas des corps denses minéralisés décrits par SOHAL et coll. (1977) chez
Musca domestica. Ainsi, les Insectes posséderaient-ils deux modes de
stockage, l'un représenté par les sphérocristaux formés dans les citernes
du réticulum endoplasmique granulaire, l'autre par des concrétions intra-
lysosomiales.

ROLE DÉTOXIFICATEUR

Chez les Vertébrés, les processus de détoxification se font au niveau des


membranes du réticulum endoplasmique (des cellules hépatiques surtout)
où les toxiques sont inactivés essentiellement par des réactions d'oxyda
tion et de conjugaison. Généralement, les oxydations sont catalysées par
la NADPH-cytochrome P45o-réductase et par une oxydase terminale à
fonctions mixtes, le cytochrome P45O.
Chez les Insectes, la détoxification se fait au niveau de l'intestin moyen;
rôle démontré principalement chez les chenilles de divers Lépidoptères
(Spodoptera eridania : WILKINSON et BRATTSTEN, 1972; Antheraea pernyi :
KRIEGER et coll., 1976; Agrotis ypsilon : THONGSINTHUSAK et KRIEGER,
1976; Manduca sexta : TATE et coll., 1982). L'activité enzymatique majeure
peut, cependant, être située dans le tissu adipeux (Periplanata americana :
TURNQUIST et BRINDLEY, 1975) ou les tubes de Malpighi (Acheta domes-
ticus : BENKE et WILKINSON, 1971).
Le système oxydasique de la fraction microsomes des cellules mésen-
tériques apparaît très semblable à celui décrit dans les tissus de Mammi
fères, il en possède les propriétés catalytiques (KRIEGER et WILKINSON,
1969; WILKINSON et BRATTSTEN, 1972), renferme les mêmes transpor
teurs d'électrons (WILKINSON et BRATTSTEN, 1972; CRANKSHAW et coll.,
1979; MACFADDEN et coll., 1979) et répond de façon similaire à divers
inducteurs et inhibiteurs (WILKINSON et BRATTSTEN, 1972; BRATTSTEN
et WILKINSON, 1973). Ainsi, la cellule mésentérique répond à un certain
nombre de drogues et poisons, par une augmentation des synthèses
d'oxydases à fonctions mixtes (BRATTSTEN et WILKINSON, 1973, 1977;
BRATTSTEN et coll., 1977; BRATTSTEN et coll., 1980) laquelle dépend d'une
activité RNA polymérase accrue (ELSHOURBAGY et WILKINSON, 1978).
Malgré ces similitudes, des différences fondamentales existeraient
cependant dans la structure même des enzymes (NADPH-cytochrome
P45O réductase) catalysant les réactions de détoxification des Mammifères
et des Insectes (CRANKSHAW et coll., 1981 a, V).
Des estérases intestinales peuvent également intervenir dans les proces
sus de détoxification; dans le cas de certains insecticides (cyperméthrine),
elles apparaissent plus importantes que les oxydases à fonctions mixtes
(ISHAAYA et CASIDA, 1980).
l80 ANNÉE BIOLOGIQUE

INTERVENTION DANS LE MÉTABOLISME


DES HORMONES STÉROIDES

I. — HYDROXYLATION DE L'ECDYSONE

Notons tout de suite que cette fonction n'est pas spécifique de l'intestin
moyen de tous les Insectes. Décrite dans le mésentéron de Manduca sexta
(Nice et coll., 1976; MAYER et coll., 1978), elle semble plus largement
répandue dans les tubes de Malpighi (Schistocerca gregaria : JOHNSON et
REES, 1977; Locusta migratorla : FEYEREISEN, 1977; FEYEREISEN et DURST,
1978) et le tissu adipeux (Manduca sexta : BOLLENBACHER et coll., 1977;
SMITH et coll., 1979; Locusta migratoria : FEYEREISEN, 1977; FEYEREISEN
et DURST, 1978).
Chez les Insectes, les deux principaux stéroïdes sont l'ecdysone et
l'ecdystérone, la forme hydroxylée en C20 de l'ecdysone. Il est généralement
admis que l'ecdystérone est la forme active de l'hormone de mue, l'ecdy
sone, laquelle est sécrétée par les glandes prothoraciques. Un tel méca
nisme n'est pas sans rappeler celui entrevu chez les Vertébrés où la
testostérone est également sécrétée sous une forme inactive. L'ecdysone
20-monooxygénase (EMO) responsable de la conversion ecdysone-ecdy-
stérone est présente soit dans la fraction mitochondriale (JOHNSON et
REES, 1977; MAYER et coll., 1978; SMITH et coll., 1979...), soit dans la
fraction microsomiale (FEYEREISEN et DRUST, 1978), soit dans les deux
(cas des cellules mésentériques de Manduca sexto) (WEIRICH et coll., 1983).
L'EMO est une oxydase à fonctions mixtes qui utilise le cytochrome P45o
comme biocatalyseur, dont la synthèse peut être induite par le substrat
(l'hormone endogène) (TERRIF.RE et Yu, 1976; FEYEREISEN et HOFF
MANN, 1977). Ainsi, il existe d'étroites relations entre les systèmes
d'hydroxylations des hormones stéroïdes de Vertébrés et d'Insectes,
des oxygénases à fonctions mixtes étant impliquées dans des
régulations hormonales comme elles le sont dans les réactions
de détoxification.

IL SÉCRÉTION DE L'ECDYSONE

Le cerveau produit une hormone (l'hormone prothoracotrope) qui,


probablement par l'intermédiaire de l'AMP cyclique (VEDECKIS et coll.,
1976), active les glandes prothoraciques, source de l'ecdysone. L'intestin
moyen pourrait contrôler ce mécanisme dans la mesure où les cellules
mésentériques (du moins celles de Manduca sexto) élaborent l'AMP cyclique
phosphodiestérase, l'enzyme responsable de la dégradation de l'AMP
cyclique (WHITMORE et coll., 1973).
J.-C. AMIRIKS. I.'lNTKSriN MOYEN DES INSECTES l8l

III. — INACTIVATION DES HORMONES STÉROÏDES

Plusieurs voies métaboliques de l'ecdysone et de Pecdystérone (revue


par KOOLMAN, 1982) ont été rapportées chez différentes espèces d'Insectes.
Pour l'essentiel ce sont : — i) leur oxydation en 3-déhydroecdystéroïdes
(KARLSON et KOOLMAN, 1973); — 2) leur conversion en composés plus
polaires (KOOLMAN et coll., 1975) qui ont été interprétés comme des
conjugués-glucurono, gluco, phospho, acéto ou sulfoconjugués; —
3) leur transformation en acides ecdysonoïques dérivant de 26-hydroxy-
ecdystéroïdes (KOOLMAN, 1982; LAFONT et coll., 1983); — 4) leur 3-épi-
mérisation (Nice et coll., 1974; THOMPSON et coll., 1974).
Divers organes — tissu adipeux, tubes de Malpighi, épiderme — ont
été impliqués dans l'une ou l'autre de ces voies. Mais c'est, sans conteste,
l'intestin moyen qui, dans la majorité des cas, est l'organe préférentiel de
l'inactivation de l'ecdysone et de l'ecdystérone. Cela est vrai pour les
processus d'oxydation et de conjugaison (KOOLMAN, 1975; SCHALLER,
1975; FEYEREISEN et coll., 1976; etc.). De même, l'isomérisation de
l'ecdysone en son composé 3-épimer qui survient chez certains Lépido
ptères est due à une ecdysone 3-épimérase dont la présence a été démontrée
dans les cellules intestinales de Manduca sexta (MAYER et coll., 1979).

CONCLUSION

Les deux fonctions principales de l'intestin moyen des Insectes


sont la sécrétion des enzymes digestives et l'absorption des substances
nutritives : ces fonctions le caractérisent. Cependant, chez certains, la
digestion peut se faire dès le gésier (ex. : Orthoptères) et les glandes
salivaires sécrètent des enzymes digestives, essentiellement des carbo-
hydrases, qui entrent dans la composition du fluide intestinal.
D'autres fonctions sont, selon les espèces, le propre de l'intestin
moyen, du tissu adipeux, des tubes de Malpighi ou du rectum; ce sont la
régulation de l'équilibre hydro-minéral, l'inactivation de substances
toxiques ou des hormones stéroïdes. L'intestin moyen participerait éga
lement à l'élaboration de certaines protéines hémolymphatiques (ROTH
et PORTER, 1964), à la digestion du cocon de nymphose des Lépidoptères
(EGUCHI et IWAMOTO, 1975), à la défense de l'organisme dans la lutte
contre les infections (ANDRIES, 1982).
Le fonctionnement de la cellule mésentcrique est sous la dépendance
du milieu intérieur, que ce soit par sa composition ionique (voir équilibre
hydro-minéral) ou par les hormones qu'il véhicule (rôle possible dans la
sécrétion enzymatique). L'hémolymphe assure la coordination entre les
divers organes de l'Insecte : l'exemple des hématophages où le repas.de
sang déclenche le fonctionnement ovarien est typique. Ainsi, une hormone
sécrétée par les cellules neurosécrétrices médianes de la pars intercerebralis
182 ANNÉE BIOLOGIQUE

assure à la fois le développement des ovocytes et la rétention de la nourri


ture dans la lumière intestinale (GILLETT et coll., 1975 ; COLE et GILLETT,
1978).
Quant aux mécanismes de la cellule intestinale, les données physiolo
giques récentes, bien que demandant encore confirmation, tendent à
prouver, malgré les variations spécifiques, qu'ils diffèrent peu de ceux
démontrés chez les Mammifères, qu'il s'agisse du transport actif des
acides aminés, du mode d'estérification des molécules lipidiques, des pro
cessus d'hydroxylation des hormones stéroïdes ou enfin des mécanismes
de détoxification.

BIBLIOGRAPHIE

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ANALYSES

DÉRUELLE (S.) et LALLEMANT (R.). — Les lichens témoins de la


pollution. Coll. Thème Vuibert Université, Biologie. Un vol. (16 X 21 cm), 108 p.,
45 fig., 7 tab. Vuibert, Paris, 1983. — Cet ouvrage appartient à une excellente collec
tion de mises au point. La quinzaine d'ouvrages déjà publiés ne me paraît pas avoir
assez retenu l'attention du public, des enseignants et des étudiants : en une centaine
de pages, bien illustrées, sous une forme accessible à tous, des biologistes de renom
présentent au public cultivé, les connaissances acquises dans leurs domaines de
recherche. N'est-ce pas là une démarche tout à fait exemplaire — et l'on comprend mal
que le succès ne suive pas de telles initiatives.
L'ouvrage publié par S. DÉRUELLE et R. LALLEMANT, tous deux universitaires,
spécialistes de longue date des Lichens, s'inscrit parfaitement dans le profil de la
collection. Tout homme cultivé devrait s'intéresser aux Lichens. Ces êtres-là 'sont
très communs dans notre environnement quotidien : sur les vieux murs, au fronton
des monuments, dans les sous-bois... Leur biologie est passionnante : chaque Lichen
est une association symbiotique entre une Algue microscopique (Algue bleue fixa
trice d'azote et de gaz carbonique, le plus souvent) et un Champignon (participant à
l'association en assurant la nutrition minérale, l'alimentation en eau de l'ensemble
symbiotique). Comment se retrouvent les partenaires dans la nature ? Comment
vivent-ils isolément? Le lecteur trouvera dans le livre des réponses à ces questions.
La symbiose lichénique (association à bénéfices réciproques entre Algue et un
Champignon) est certainement l'association d'êtres vivants la plus étudiée du point de
vue fondamental : morphologie, ccophysiologie, reproduction... L'intérêt de tels
travaux redouble depuis qu'est débattue la théorie endosymbiotique de l'origine des
cellules. Il y a 3 milliards d'années, des symbioses successives entre microorganismes
divers auraient abouti à l'émergence de la cellule eucaryote. On voit bien que toute
étude en profondeur d'une symbiose authentique — et qui a manifestement « réussi »
dans l'évolution — comme la symbiose lichénique, ne peut qu'éclairer le débat sur
la théorie endosymbiotique.
L'ouvrage analysé se divise en deux grandes parties. Vient d'abord une étude
fondamentale des Lichens, groupant trois chapitres : i — Constitution, anatomie,
reproduction — 2 — Quelques données sur la biologie et la physiologie — 3 — Diffé
rences fondamentales avec les végétaux supérieurs. Cette première partie porte évidem
ment la marque de la spécialité de recherche des auteurs. Morphologistes et cytolo-
gistes, ils nous donnent d'excellentes descriptions anatomiques, de beaux dessins de
cytologie. Les techniques d'isolement, de mise en culture sont bien présentées. On
a une bonne idée de la structure générale d'un Lichen, après lecture. le suis moins
sûr qu'on ait une idée juste de l'extraordinaire exubérance que la végétation liché
nique peut prendre dans certaines régions du globe : pays Scandinaves, Nord du
Canada, etc. Ce sont les lichens de 1" « hexagone », me semble-t-il, qui ont principale
ment été passés en revue, ce qui me parait un peu court. Quant à la partie physiolo
gique, elle est trop succincte. Il y avait plus à dire, me semble-t-il, sur les potentialités
métaboliques de l'association lichénique : fixation de l'azote atmosphérique et pho
tosynthèse couplées.
La deuxième partie présente les Lichens comme organismes témoins (ou indica
teurs) de la pollution atmosphérique. La présence ubiquiste des Lichens, leur extrême
sensibilité à divers polluants atmosphériques comme le SO2) peuvent en faire « des
instruments de mesure » des degrés de pollution. Ils peuvent servir à dresser des
A.IX. moi.. — T. m:i, rA»c. 2, 1984. 13
IQ4 ANNÉE BIOLOGIQUE

cartes de pollution. Les Lichens peuvent aussi accumuler des métaux lourds, des
isotopes radioactifs et, dans ces domaines aussi, leur rôle comme indicateurs de
pollution reste précieux. Cette deuxième partie tient toute la seconde moitié de
l'ouvrage. Certes, la pollution est une des grandes questions des sociétés contem
poraines. Il n'en reste pas moins que l'utilisation des Lichens comme indicateurs de
pollution ne me paraît pas l'aspect le plus important de la biologie de ces végétaux
et je regrette, personnellement, un certain déséquilibre dans l'ouvrage entre les
aspects fondamentaux (peut-être trop rapidement traités) et cet aspect applique
exposé de manière un peu longuette.
Que cela n'empêche cependant personne de lire cette excellente mise au point.
Les Lichens méritent d'être mieux connus, des enseignants, de leurs élèves ou de
leurs étudiants. MM. DÉRUELLE et LALLEMANT ont fait de l'excellent travail. Une
certaine mode pousse à s'intéresser aux problèmes de la pollution : ce peut être un
moyen de venir à la biologie, et, pourquoi pas, à partir des Lichens. — P. MAZLIAK.
MONET (R.). — Le pêcher, génétique et physiologie. Coll. Actualités
Scientifiques et Agronomiques de l'INRA. Un vol. (16 X 24 cm), 160 p., illust. Masson.
Paris, New York, Barcelone..., 1983. — Le Pêcher, après le Pommier et les Agrumes,
est probablement la troisième espèce fruitière cultivée dans le monde, avec une pro
duction annuelle de l'ordre de 5 millions de tonnes (production ayant doublé après
la deuxième guerre mondiale). L'industrie de la conserve a vu un développement
considérable, en particulier en Californie. L'auteur de cet ouvrage, R. MONET, Maitre
de Recherche à la Station d'Arboriculture fruitière de Bordeaux, a consacré sa vie
à la génétique du Pêcher et il nous livre ici les fruits de sa grande expérience.
Les dix chapitres de l'ouvrage couvrent la garniture chromosomique, la variation
des caractères (anomalies et mutations), la germination de la graine (après la nécessaire
« stratification » pour lever la dormance), la période juvénile et la croissance du système
aérien, la formation des organes reproducteurs, la vie ralentie de l'arbre à la mauvaise
saison.
J'ai trouvé la lecture de cette monographie très intéressante. L'auteur précise à
juste titre dans son avant-propos : «... il ne s'agit pas ici de donner la meilleure recette
pour cultiver le Pécher mais bien d'en faire progresser la connaissance ». Cette
approche, quittant l'empirisme, me parait devoir retenir l'attention des botanistes et
physiologistes des végétaux. — P. MAZLIAK.
DEXHEIMER (J-) « GADAL (P.) — Les Vacuoles. Coll. Actualités bota
niques^, 1982). Un vol. (16 x 24 cm), 144 p., fig. Soc. Bot. de France, Paris, 1983.
— Vingt et un spécialistes (Français et Suisses) font le point sur la morphologie et
l'ultrastructure des vacuoles d'une part, sur leur physiologie et biochimie, d'autre part.
On notera les derniers travaux sur l'origine des vacuoles, véritables « lysosomcs
secondaires géants », se formant par autophagie de grands territoires cellulaires séques
trés par des nappes mcmbranaires riches en hydrolases. Ces vacuoles végétales peuvent
être aujourd'hui isolées à partir de protoplastes essentiellement et les tonoplastes qui
les entourent, les ATPases qui s'y trouvent et qui contribuent à créer des gradients
ioniques ou électriques, peuvent ainsi être directement étudiés. — P. MAZLIAK.
MOYSE (A.), éd. — La Photosynthèse. Coll. Actualités botaniques, i, 1983.
Un vol. (16 X 24 cm), 128 p., fig. Soc. Bot. de France, Paris, 1983. — Dix spécialistes
français de la photosynthèse font le point sur la structure de l'appareil photosynthé
tique, les conversions (ou transductions) énergétiques, l'interaction des génomes
nucléaire et chloroplastique pour la biosynthèse des protéines du chloroplastc, les
différents modes de fixation du CO2 (chez les plantes en C3, Ct ou CAM) ainsi que
sur les aspects écologiques de la photosynthèse. — P. MAZLIAK.
FERADINI (C.) et PUCHEAULT (J.). — Biologie de l'action des rayon
nements ionisants. Un vol. (16 X 24 cm), 224 p., illust. Masson, Paris, New York,
A.NALYSES IQS

Barcelone..., 1983. — II s'agit d'une approche très théorique de l'effet des radiations
ionisantes sur les système physicochimiques présents dans les protoplasmes cellulaires.
Approche très formalisée (impliquant de nombreuses réductions et approximations
pour permettre l'écriture d'équations différentielles assez compliquées).
On étudie aussi l'impact des différentes radiations ionisantes sur les cibles chimiques
(molécules diverses, ADN) ou cellulaires. Les cycles cellulaires et leurs perturbations
sont aussi formalisés à l'extrême, pour aboutir à diverses expressions mathématiques
de la mort cellulaire.
Le biochimiste trouvera dans l'ouvrage d'utiles indications sur la production des
radicaux libres et la propagation des réactions en chaîne. Le biologiste, parions-le,
sera déçu. — P. \fAZUAK.

ELSTER (H. J.), OHLE (W.), éd. — Ergebnisse der Limnologie.


Vol. 16, 17, 18. 3 vol. (16 x 24 cm) : 16. The measurtment of photosynthetic pigments in
freshwaters and standardization of methods, iv + 130 p., 38 fig., 34 tab. Prix : DM 59,80,
S 26.50 — 17. Polychloriertc Biphenyle im Lebensranm Wasser, n -f 74 p., 8 fig., 20 tab.
Prix DM 42, S 18.5. — 18. Nutricnt remobilization from sédiments and ils limnological
effects, iv +113 p., 64 fig., 10 tab. Prix : DM 56, S zj. E. Schweizerbart'sche Verlags-
buchhandlung, Stuttgart, 1983. — Ces trois volumes constituent la dernière livraison
de section de la revue Arcfoiv fur Hydrobiologie, spécialisée dans la Limnologie.
Le vol. 16 est le compte rendu d'un Symposium consacré à la mesure des pigments
photosynthétiques dans les eaux douces. Dix-huit communications discutent de
méthodes fluorimétriques, spectrophotométriqucs ou chromatographiques. — Le
vol. 17 est une riche revue bibliographique écrite par R. FALKNER et W. SIMONIS,
consacrée aux polychlorures de biphényle (PCB) dans les eaux naturelles (accumulation
par les organismes, passage dans la chaîne alimentaire). L'article est écrit en allemand.
— Le vol. 18 contient cinq chapitres consacrés à la mobilisation des matières nutritives
à partir des sédiments (étude des effets en limnologie). Les cinq chapitres traitent de la
mobilisation des phosphates et de son importance pour la croissance des Algues dans les
lacs et réservoirs d'eau douce. — P. MAZLIAK.

SASSON (A.). — Les biotechnologies, défis et promesses. Coll. Sextant,


vol. 2. — Un vol. (17 X 18 cm), 340 p., 18 fig., 13 tab., photographies. Unesco,
Paris, 1983. — La nouvelle collection Sextant vise à ce que chaque lecteur, profane
ou expert, puisse faire le point sur des questions d'actualité même complexes. A. SASSON
a rédigé dans cet esprit le présent volume qui constitue un dossier rigoureux des
nombreuses applications pratiques liées au rôle prépondérant de la biologie en cette
seconde moitié du xxe siècle.
Après un rappel de la nature et de la variété des processus biotechnologiques,
l'étude des diverses méthodes est abordée. — i° Recombinaisons génétiques et domaines
d'application. — Les recombinaisons génétiques in vitro sont réalisées dans des cellules
bactériennes, dans d'autres microorganismes, dans les cellules et embryons de Mam
mifères. Diverses possibilités sont offertes selon le mode de recombinaison génétique
(biosynthèse de l'insuline, de la somatotropinc humaine et d'autres hormones, de
médicaments, de substances immunogèncs et de -vaccins; nouvelles méthodes de
diagnostic et d'investigation ; biomatériaux biocompatiblcs pour les diverses prothèses
et pratiques chirurgicales). Ces séries d'expériences ont apporté une connaissance
plus exacte de la structure des gènes (introns et exons), de l'organisation et du fonc
tionnement du génome.' — L'élucidation de la position des gènes favorise la carto
graphie. — 2° Hybridomes ou fusion de cellules somatiques qui selon les cellules traitées
conduisent à la production d'anticorps monoclonaux (les échantillons disponibles en
1981 valaient entre 200 et 400 dollars le milligramme) dont les applications sont
importantes (dosage de différentes substances et diagnostics de nature variée, notam
ment tests de détection des cellules cancéreuses. -— 3° Biotechnologies et accroissement
de la productivité végétale. Sont envisagées les cultures de cellules et de protoplastes,
les fusions des protoplastes; la culture des cellules végétales permet d'obtenir des
IQ6 ANNÉE I1IOI.OCIQOE

produits utilisés en pharmacie et en agro-alimentaire. La fixation biologique de


l'azote atmosphérique est activement étudiée (aspects biochimiques et physiologiques
de la diazotrophie). Les transferts du gène Nif (fixation de l'azote) ont permis la
création de nouvelles plantes fixatrices d'azote. — 4° Production de substances utiles
par les microorganismes, microbiologie industrielle. Les produits des fermentations et du
métabolisme microbien sont des métabolites primaires, secondaires, des enzymes,
des polyosides capsulaires, des protéines. Quelle est la valeur nutritive et l'avenir des
protéines d'origine microbienne? —• 5° Conversion des déchets et des sous-produits agri
coles et industriels par les microorganismes. Les sous-produits et les déchets des activité*
agricoles, forestières, agro-alimentaires peuvent être utilisés à des fins énergétiques
d'où une valorisation de la biomasse et la diminution de la pollution de l'environne
ment. — 6° Production d'énergie par les microorganismes à partir de la biomasse, bio-énergie.
Pour les matières sèches, la voie la plus simple est la combustion qui produit de la
chaleur convertie en force motrice ou en électricité. Pour les matériaux humides, la
conversion en biogaz (méthane) est la plus efficace. Sont analysés la nature biochi
mique et microbiologique de la biométhanogencse et ses mécanismes ; les expériences
indienne et chinoise sont relatées. Certains pays ont établi des programmes nationaux
de production d'alcools-carburants. La production d'hydrocarbures par une Algue
unicellulaire Botryococcus braimii pourrait être intéressante (les hydrocarbures consti
tuent 15 à 75 pour 100 du poids de matière sèche, alors que cette proportion est de
i pour 100 chez des végétaux supérieurs). Placés dans certaines conditions, les chloro-
plastes isoles d'Épinard produisent de l'hydrogène. Une bactérie halophile Halohat-
terium halobium utilise l'énergie lumineuse par l'intermédiaire d'un pigment pourpre,
le bactériorhodopsine, logé dans la membrane cellulaire; il se comporte comme une
pompe à protons mue par l'énergie lumineuse. Des techniques sont mises au point
pour utiliser ces propriétés. — 7° Développement de la bio-industrie. Les diverses perspec
tives envisagées et leurs conséquences pratiques ont suscité la création d'une bio
industrie et celle de sociétés à vocation bio-industrielle. Les tendances actuelles du
développement de la bio-industrie dans divers pays (Japon, USA, URSS, Europe
occidentale), la formation d'un personnel qualifié, les nouveaux rapports entre Uni
versité et Industrie, les brevets et l'exploitation des inventions (peut-on breveter des
êtres vivants?) sont exposés en détail. — 8° Nouvelles perspectives, nouveaux problèmes.
Les progrès rapides permettent de concevoir des applications à bref délai; mais il ne
faut pas dissimuler les difficultés. Entre 1980 et l'an 2000, certaines réalisations sont
escomptées; d'autres ne sont probables que pour le XXIe siècle. Le cas de l'interféron
avec les problèmes qu'il offre est analysé. La prévention des risques, les problèmes
éthiques et professionnels, le choix, le transfert et l'appropriation des biotechnologies
restent des questions difficiles dont les solutions relèvent d'une coopération inter
nationale.
Des bibliographies relatives à chacune des grandes parties terminent l'ouvrage.
Ce trop rapide survol du volume révèle l'immense domaine envisagé ; des documents
sérieux sont présentés; le sujet retient l'attention eu égard à ses innombrables consé
quences. Je tiens à signaler que, pour chaque découverte, sont mentionnées les phases
successives qui ont abouti aux résultats avec indication des noms des chercheurs et
des inventeurs, de leurs Instituts, clé leurs techniques, de leur succès ou de leurs
insuccès. Ainsi ce volume participe à une histoire des sciences qui s'élabore actuelle
ment; l'anonymat n'y est pas de règle, contrairement à ce que certains biologistes
cherchent malheureusement à instaurer.
Je recommande vivement la lecture de l'ouvrage — quelques passages sont peut-être
un peu difficiles pour les profanes — qui donne une excellente vue d'ensemble de ces
problèmes d'avenir. Les découvertes successives présentent un double intérêt :
application en biotechnologie et connaissance plus approfondie de la biochimie et
de la physiologie des microorganismes, des végétaux et des animaux. — A. TÉTRY.

ROLAND (J.-C1.) et SZOLLOSI (A. et D.). — Atlas de Biologie cellulaire.


3e édit. Un vol. (20,5 x 26 cm), 120 p. Masson, Paris, New York, Barcelone..., 1982. —
ANALYSES 197

II s'agit de la troisième édition d'un ouvrage dont nous avions déjà rendu compte
(Aim. Biol., 1975, 14, 588 et 1980, 19, 333) qui a paru pour la première fois en 1974
et qui a été traduit depuis, en espagnol (1976), en anglais, en italien (1977) et en russe

le déclarais tenir cet ouvrage « pour remarquable par la qualité et le choix de l'illus
tration, par la quantité d'informations qu'il contient sous un format limité, par la
clarté de l'exposé et par la façon dont ce dernier est conduit ». Cette dernière édition
apporte peu de modifications à l'édition de 1979. Le schéma de l'architecture molé
culaire de la membrane a été changé (p. 16); une photographie de sous-unités mem-
branaires est remplacée par le schéma d'une membrane par la technique de cryofrac-
ture. Un schéma de flux des substances à travers l'appareil de Golgi a été supprimé;
le texte relatif à l'organisation de la membrane interne des mitochondries est modifié
ainsi que le schéma annexe (p. 46); un schéma de la fonction du thylakoïde est ajouté
(p. 56); le terme de cytosquelette apparaît comme titre de chapitre (6); des schémas
de mitose sont rajoutés avec une image en microscopie photonique interférentiellc et
une photographie de microtubules mis en évidence par l'antitubuline (p. 84).
Le livre reste toujours d'actualité pour les étudiants et il ne peut que leur être
vivement recommandé. — P. DE PUYTORAC.

NOVER (L.), LUCKNER (M.) et PARTHIER (B.), éd. — Cell Diffe-


rentiation. Molecular basis and problems. Un vol. (17,5 x 24,5 cm), 650 p.,
228 fig., 65 tab. Springer-Vcrlag, Berlin, Heidclberg, New York, 1982. Prix : DM 1 18 ;
S 55.00. — II s'agit d'une édition complètement révisée et traduite en anglais, de
l'ouvrage Zelldifferenzierting, publié en 1978.
La multiplicité des phénotypes exprimés par les cellules différenciées repose sur des
mécanismes moléculaires fondamentaux, semblables. Ce sont justement ces méca
nismes qui constituent le sujet central de ce livre.
La première partie, dite Introduction, comporte deux importants chapitres (Biochimie
de l'expression des gènes et Méthodes de l'analyse génétique) qui rappellent, respectivement,
l'organisation du matériel génétique des Prokaryotes et des Eukaryotes, le code
génétique, les étapes de la transcription, de la translation et les données actuelles sur
les enzymes de restriction et le clonage des gènes.
Le problème complexe de la différenciation cellulaire est alors envisagé sous
deux aspects : dans une partie, dite générale, est brossé un tableau global de la base
moléculaire de la différenciation cellulaire, alors que dans la partie ditt spéciale sont
exposés 15 systèmes particuliers de processus de régulation.
Dans la deuxième partie (après une brève présentation historique par VC'. BF.RG
et W. HEESF., des concepts de la différenciation), L. NOVKR traite donc la base molé
culaire de la différenciation, en considérant qu'elle comporte 5 aspects par lesquels
cette étude peut être abordée : i, la réception d'un signal et sa transformation; 2, les
altérations sélectives du matériel génétique; ;, l'expression différentielle des gènes;
4, l'organisation des programmes de l'expression génétique et 5, la considération
interccllulairc avec les programmes de développement des tissus, des organes, des
organismes.
Les signaux agissent directement sur la réaction cible intracellulaire (système ara-
binose d'H. coli) ou indirectement par la mise en jeu d'un système plus ou moins
complexe, faisant intervenir dss seconds messagers, activant des protéines de régula
tion, elles-mêmes intervenant dans l'expression des gènes (ex. : activation de la syn
thèse de p-glucuronidasc par la testostérone dans les cellules rénales de Souris). Le
contrôle de l'expression des gènes peut s'effectuer au niveau de la transcription, des
pré-ARN/w, des ARNw ou de la translation (ex. : le contrôle de la synthèse de globine
parl'hème dans les rcticulocytes). Une des formes simples de programmation d'expres
sion génique est l'induction cnzymatique séquentielle (système lac d'E. coli), mais
des formes plus complexes ont été bien analysées dans les cas de sporulation des
Bactéries, crythropoîcse des Mammifères. Les coordinations intercellulaires sont
illustrées par le cycle des Myxobactéries, les mouvements des cellules du système
198 ANNÉE BIOLOr.KJUE

immunitaire des Vertébrés, le rôle des gradients morphogénétiques pour les premières
phases déterminantes de la différenciation cellulaire chez la Drosophile et, finalement,
le système de régulation du développement et du fonctionnement de l'appareil génital
humain. Il est clairement démontré, par les résultats expérimentaux obtenus tant sur
les Prokaryotes que les Eukaryotes, que la différenciation cellulaire est la résultante
de l'activité sélective qualitative et quantitative de parties distinctes d'un matériel
génétique donné.
Dans la troisième partie, sont détaillés des exemples de contrôle génétique. L. NOVER
expose, comme modèle de contrôle de complexe de transcription, les données actuelles
sur le régulon arabinose d'E. coll. Le régulon ara montre bien, en effet, comment une
Bactérie répond aux changements du milieu extérieur en reprogrammant une partie
de son métabolisme intermédiaire. B. PARTHIER fait une mise au point de nos connais
sances sur la chloroplastogenèse induite par la lumière, surtout d'après les résultats
obtenus chez PEuglènc et le Maïs.
Le mécanisme de l'induction par les œstrogènes de la sécrétion protéique, par les
cellules de l'oviducte est détaillé par M. LUCKNER, la synthèse et le mode d'action
de l'insuline par H. ZÙIILE.
L'observation des anneaux dt Balbiani des chromosomes polytcnes permet une
étude des activités différentielles des gènes (E. SERFLING) dans quelques cellules
sécrétrices spécialisées. Les propriétés et le mode d'expression d'une isoenzymc,
souvent restreinte à un type cellulaire, reflètent la spécificité d'une réponse adaptative,
aussi bien pour une Bactérie que chez un Eukaryote (K. P. RINDT). M. LUCKNER
démontre que l'expression du métabolisme secondaire est un aspect de la spécialisation
cellulaire, comme le sont la biosynthèse et l'accumulation des protéines de réserve dans
les graines des plantes. Dans la réponse humorale immunitaire des Mammifères, on
observe deux phases de spécialisations cellulaires ; dans la première, les cellules souches
maintiennent une population de lymphocytes (3, dans la 2e, il y a maturation de ces
lymphocytes, après contact avec l'antigène. L'analyse de l'expression des gènes
d'immunoglobulines démontre des réarrangements chromosomiques irréversibles,
avec délétion d'une partie du matériel génétique (R. F. RICHTER et L. NOVER).
Les interactions entre phage et cellule-hôte fournissent à L. NOVER et R. PIE-
CHOCKI un bon exemple de rcprogrammation d'expression génétique, notamment
avec le cas des phages tempérés. Les différents types de cycles cellulaires sont aussi
dirigés par des programmes d'expression gcnique (M. LUCKNER).
Depuis les études classiques d'HAMMERLiNG sur Acetabularia, cette Algue unicellu-
laire est devenue un modèle pour l'étude de nombreux problèmes touchant à la
différenciation cellulaire (R. WOLLGICHN). De même, le cycle biologique de Dictyoste-
lium discoidenm permet une étude fine de la communication intercellulaire, de la trans
formation du signal (AMPc) de l'expression différentielle des gènes dans la morpho
genèse. Le système crown-g»\\-Agrobacterium tumcfacietis est un bon modèle de tumo-
rogcnèse et de réversion de l'état néoplasique (R. KRAUSPE). On sait peu de choses
sur les mécanismes de rcprogrammation de l'expression génétique dans les cellules
tumorales des animaux (G. BUTSCHAK).
Il est difficile de donner une idée complète de la masse de documentation présentée
dans cet ouvrage, prévu, selon les auteurs, pour les étudiants et les jeunes biologistes
et médecins. Il me semble que beaucoup d'enseignants aux 2e et 3° cycles y trouveront
matière à perfectionner leurs cours, d'autant plus que chacun des 19 chapitres est
suivi d'une importante bibliographie, et que de nombreux spécialistes y apprendraient
aussi des données en dehors de l'objet propre de leur recherche. — P. DE PUYTORAC.

CHOTTARD (J. Cl.), DEPEZAY (]. Cl.) et LEROUX (J. P.). — Chimie
fondamentale. Études biologiques et médicales. III. Réactions organiques et
enzymatiques. Coll. Méthodes. Un vol. (15 x 22 cm), xvn + 320 p. Hermann,
Paris, 1982. —-Ce volume est le troisième d'une série où ont déjà été envisagés Échanges
d'énergie et équilibres (vol. i), Structure moléculaire (vol. II en préparation). Cet ouvrage
n'est pas rédigé ex abrupto, il est le fruit d'une expérience commune de plusieurs
ANALYSES IQ9

années, menée face aux étudiants du P. C. E. M. i. et dans le cadre du diplôme


d'Université préparatoire aux études de Biologie humaine, à l'Université René-
Descartes (Paris V). L'enseignement de la chimie y est compris dans la perspective
des disciplines biologiques et médicales. La chimie et la biochimie obéissant aux mêmes
lois, il faut que l'étudiant puisse passer de l'une à l'autre sans changer de système
de référence et de modes de raisonnement fondamentaux. Précaution élémentaire,
mais qui implique que l'enseignement de la chimie soit, sans nuire à son unité,
présenté et illustré le plus possible par des exemples biochimiques. Les étudiants
acquièrent d'autant mieux les notions fondamentales de chimie qu'ils perçoivent la
finalité de l'enseignement. Le recours à « l'outil chimique » est d'autant mieux
souhaité et apprécié qu'il a pour but d'aborder et de traiter un problème biolo
gique.
Plus qu'une déclaration liminaire les propos développés ci-dessus sous-tendent
constamment l'exposé des faits relatifs aux réactions organiques et enzymatiques.
Chaque chapitre comporte trois parties : — la première partie (aspects biologiques)
présente très succinctement un ou plusieurs faits biologiques appelant une approche
chimique. Cette présentation n'utilise que les notions de chimie dont dispose l'étudiant
arrivant au premier cycle universitaire; — dans la seconde partie (Notions de chimie)
les notions fondamentales sont exposées avec pour but d'élaborer un outil approprié
à l'étude de la chimie moléculaire et plus particulièrement à l'étude de la biochimie;
— dans la troisième partie (développements biochimiques) « l'outil chimique » est
utilisé pour l'interprétation de faits biologiques présentés en introduction ou pour
d'autres développements biochimiques ce qui devrait inciter l'étudiant à approfondir
ses connaissances de chimie et de biochimie dans d'autres ouvrages de niveau supé
rieur.
Les systèmes ouverts (état stationnairc de non-équilibre), les systèmes tampons, les
couples redox, les liaisons chimiques et la réactivité moléculaire, la stéréoisoméric et
la stéréospécificité des réactions enzymatiques, les associations intcrmoléculaircs, etc.,
ont reçu une attention toute particulière et ce choix témoigne également du caractère
•< vécu » de la pédagogie des auteurs ou, pour transposer certaines expressions à la
mode, de leur formation par renseignement. On ne peut que souhaiter que les étudiants
acquièrent cet ouvrage, livre de base et outil de travail efficace. — P. CASSIER.

KRUH (J. ). — Biochimie. Études médicales et biologiques. I. Biologie cel


lulaire et moléculaire. Un vol. (19,5 X 25,5 cm), 268 p., 146 fig. en deux coul. Her-
mann, Paris, 1982. — Depuis sa première édition (1971), au cours des éditions
suivantes (1973, 1975, 1978) et maintenant, l'ouvrage a subi de nombreuses et impor
tantes modifications. 11 est présenté en deux volumes : « le premier est centré sur la
biologie moléculaire et cellulaire, avec comme thème central la structure et le fonc
tionnement des macromoléculcs informationnelles (protéines, enzymes, acides
nucléiques) »; le second traite des métabolismes et de leurs régulations.
Dans Biochimie et cellule, sont rapidement présentées la méthodologie biochimique
et les caractéristiques biochimiques des constituants subcellulaires. Puis la Structure
des composés biochimiques simples prend successivement en considération les glucides,
les lipides, avec un mot sur les prostaglandines, les acides aminés, les nucléotides
et leurs dérivés. Ensuite sont étudiés les protéines avec quelques indications sur le rôle
de quelques peptidcs (hormones et neurotransmetteurs peptidiqucs) et protéines
importants, puis la structure des enzymes, la cinétique de leur action, les agents qui
modifient leur activité et leur action dans les métabolismes, avec indication des
isozymes. Enfin, les acides nucléiques et la biosyntbese des macromolécules informationnelles
sont considérés où, en 9 pages, sont signalées les manipulations génétiques et l'inter-
féron, de même que pour mutations et évolution.
Quelques références terminent chaque chapitre et, en fin du livre, sont mentionnés
les traités et revues couvrant l'ensemble de la biochimie. La présentation générale
est soignée, l'illustration claire, le texte aéré. C'est un livre classique pour des étudiants,
manquant diront certains d'un peu d'originalité. — P. DE PUYTORAC.
2OO ANNÉE BIOLOGIQUE

JÀENICKE (L.), éd. — Biochemistry of Differentiation and Morpho-


genesis. Un vol. (17 X 24,5 cm), xi + 301 p., 158 fig. Springer-Verlag, Berlin,
Heidelbcrg, New York, 1982. Prix : DM 88; 8 35.20. — II s'agit des communications
effectuées au 33° Colloque de Mosbach (1982) sur la biochimie de la différenciation
et de la morphogenèse.
Dans la ire partie, j exposés ont trait à l'expression des gènes. Par exemple, on sait
que la différenciation des granulocytes et des macrophages est induite par certaines
protéines (MGI-2) et leur croissance par d'autres (MGI-i). L. SACHS (Weizmann
înst. of Sciences) montre que des cellules leucémiques myéloîdes peuvent se passer de
MGI-i pour leur croissance ou les produire elles-mêmes et sont encore capables de
se différencier en macrophages ou granulocytes sous l'effet des MGI-z, perdant ainsi
leur malignité. P. K. WELLAUER et coll. (Swtss Inst.f. Exp. Cancer Res.J pensent que
c'est un processus de régulation post-transcriptionnel qui contrôle les taux d'accumu
lation différents de l'ARM»/ de l'a-amylase dans le cytoplasme des cellules des glandes
salivaires et dans celui des hépatocytcs. Selon M. BUCK INGHAM et coll. (Institut
Pasteur, Paris), il existe dans les premiers stades de la formation de la fibre musculaire,
un ARN/w d'actine fœtale identique à l'actine du muscle cardiaque. Chez la Levure,
un changement de type sexuel est possible par réarrangement intrachromosomique,
impliquant une conversion génique non réciproque. La fréquence de ces réarrangc-
ments est accrue par déclenchement des processus de réparation de l'ADN (V. WIN-
TERSBERGER et R. ScitiESTL (Université de I ienne). La 2e partie, traite du transfert
des gènes. Ainsi, les plasmides Ti des Agrobacteria inductrices des « cro\vn-gall » des
Dicotylédones, transfèrent des séquences de leur ADN (ADN-T) aux chromosomes
de ces plantes. Ce ADN-T contient des gènes dont les produits suppriment spécifi
quement la formation de bourgeon ou de racine, selon des effets analogues à ceux
produits par les auxines et cytokinines (J. SCHELL et coll., Max-Planck Inst.). L'ADN
monocaténaire du virus du sarcome de Rous porte un gène v-src codant pour une
protcine-kinase spécifique de la tyrosine, qui est également présent dans les cellules
de nombreux animaux (c-src) où il est exprimé au cours du développement embryon
naire. Le virus provoque donc dans les cellules transformées une rétrodifférenciation
(H. BAUER et coll., justus Liebig Univ.). La régulation de l'expression du gène c-src
peut être abordée par l'analyse génétique des hybrides de Poisson Xipbopborus qui
développent des mélanomes par effet d'un gène Tu contrôlé par différents gènes
régulateurs qui suppriment le développement de types variés de néoplasmes potentiels.
Tu pourrait être identique à c-src (F. ANDERS, Inst. der justus Liebig Univ.).
La différenciation cellulaire ( je partie) , aboutissant à la formation de tissus spécifiques,
est l'objet de 6 exposés. La sporulation bactérienne fournit à S. SZULMAJSTER (Enzy-
mologie, Gif-sur-Yvette) un bon modèle de différenciation au niveau unicellulaire,
faisant intervenir environ zoo gènes. J. PAUL et coll. ( The Beatson Inst. f. Cancer
Res., Glasgon') tentent d'élucider le mécanisme de régulation du gène de la globine e.
N. R. RINGERTZ et coll. (Karolinska Inst.) montrent une expression différente des
gènes du noyau d'érythrocyte de poulet dans des hétérocaryons réalisés avec différents
types de cellules de Mammifères, ce qui atteste l'influence de l'environnement cyto-
plasmiquc sur la réactivation des gènes. Pour B. DWORNICZAK et coll. (Univ. Bochum),
chez la larve de 3e stade de Drosophile, la première étape qui conduit à une régulation
de la transcription par la 2o-hydroxyccdysone pourrait venir de signaux cellulaires,
seulement reliés indirectement à la concentration en hormone.
Parmi les 3 articles consacrés à la reconnaissance cellulaire ( 4* partie), mentionnons
l'étude de P. MUHLRADT et coll. (Braunscbtveig-Stockljeim) sur la biosynthèse des gly-
cosides et des gangliosides des lymphocytes au cours de leur différenciation.
Le premier des 6 exposés de la dernière partie (MorpbogenèseJ porte sur la conjugaison
des Ciliés, comme modèle, par A. MIYAKE (Zoologischei Inst. der Univ. Munster) d'une
étude biochimique de morphogenèse cellulaire, car dans l'induction du rapprochement
des 2 conjugants, les cellules sont transformées par une gamone produite par le
partenaire. L'union cellulaire hétérotypique induit, à son tour, l'activation méiotique.
L. JAENICKE et R. GILLES (Univ. Kohi) résument l'état de nos connaissances sur les
A.NALVSES 2O I

mécanismes d'induction sexuelle et de différenciation chez Volvox. H. SCHALLER et


H. BODENMULLER ( Max Planck Inst.) révèlent l'existence de 4 substances (2 activa-
trices, 2 inhibitrices) spécifiques dans la formation du pied ou de la tête, chez l'Hydre.
Des messagers de la morphogenèse ont donc été identifiés très largement dans le
Monde vivant et allant des plus petites molécules aux protéines complexes. Il est
alors intéressant de se souvenir qu'il y a presque 80 ans que SPEEMAN avait postulé
l'existence d'inducteurs moléculaires pour expliquer la différenciation. — P. DE Pur-
TORAC.

BARBAULT (R.). — Abrégé d'Écologie générale. Coll. Abrégés de Sciences.


Un vol. (15,5 x 2i cm), 224 p., 108 fig., 21 tab. Masson, Paris, New York, Barce
lone..., 1983. — On peut, a priori, s'interroger sur l'opportunité de la parution, même
sous une forme abrégée, d'un nouveau manuel d'Écologie générale, cette discipline
ayant eu les honneurs de l'édition au cours de la décennie passée. Pourtant, le fascicule
rédigé par R. BARBAULT mérite notre attention, compte tenu des vues très originales
de l'auteur sur la dynamique des populations et des peuplements (voir Coll. Biologie-
Maîtrise : Écologie des populations et des peuplements, Masson, 1981).
En un nombre limité de pages, R. BARBAULT s'est efforcé de donner de l'Écologie
une vue d'ensemble, d'en faire apparaître la logique interne et l'unité, sans simplifi
cation ou généralisations abusives. A cet égard, l'ouvrage dépasse largement le cadre
traditionnel des ouvrages d'Écologie générale, où, le plus souvent seuls les écosys
tèmes, les biomes, les interactions organismes-facteurs de l'environnement sont
envisagés. En réalité, le domaine de l'Écologie est beaucoup plus \aste; il s'étend
de la physiologie à la biogéographie; c'est une sorte de biologie générale des orga
nismes. L'Écologie est aujourd'hui une Histoire naturelle profondément renouvelée,
structurée par l'intégration et le développement des concepts et des méthodes issues
de la théorie générale des systèmes, d'une part, fécondée par l'assimilation des progrès
de la théorie générale de l'Évolution, d'autre part. Ainsi, comme science fondamentale,
l'Écologie a pour but l'étude de l'organisation, du fonctionnement des systèmes
biologiques correspondant aux niveaux d'intégration égaux ou supérieurs à celui
de l'individu.
Effectivement, l'objet immédiatement donné ou accessible au naturaliste est un
individu. Les individus que l'on perçoit d'abord comme isolés dans la nature n'ont
de sens, pour l'écologiste, qu'au travers du système de relations qui les lient d'une
pan à d'autres individus et d'autre part à leur environnement physicochimique
(je et 4e parties).
L'unité fondamentale, la pièce élémentaire de ces systèmes écologiques, est la
population (2e partie), ensemble des individus de la même espèce coexistant dans le
milieu considéré. La délimitation concrète des systèmes écologiques dépend de l'objec
tif de l'étude et de l'état des connaissances dans le domaine. On peut, par exemple,
s'intéresser à la dynamique d'une population particulière et définir le système à étudier
par le réseau des relations directes ou indirectes avec les composants biotiques et
abiotiques (ile et 4e parties) de l'environnement. Dans d'autres cas, le système doit
inclure l'ensemble des populations en présence, regroupées là aussi en compartiments
définis selon une base fonctionnelle; il s'agit là d'un véritable écosystème (4e partie).
La dynamique de la quasi-totalité des systèmes écologiques met en jeu de multiples
relations avec une inter-dépendance complexe de nombreux facteurs appartenant
éventuellement à des niveaux d'organisation différents, ce qui échappe à l'analyse
monofactorielle et requiert une approche systémiquc. La simulation de modèles sur
ordinateurs apparaît de plus en plus comme un outil fondamental de recherche.
Les systèmes écologiques ne sont pas des structures immuables. Ils peuvent changer
au cours du temps, se transformer ou disparaître. Cet aspect de la dynamique des
systèmes écologiques bien connu de tout temps par les naturalistes est développé
tout au long de l'ou\ rage et il convenait de mettre l'accent sur une composante
souvent négligée mais essentielle, la dimension évolutionniste (génétique des popu
lations, variabilité génétique).
202 .\NiNEE BIOLOGIQUE

Enfin, l'Homme dans la biosphère (5' partie) joue un rôle essentiel, soit de manière
directe (la biosphère, source de nourriture) soit de manière indirecte (la biosphère,
environnement de l'Homme) et dans ce dernier cas, il convient de piendre conscience
des incidences de la pollution et de la nécessité de préserver les milieux et les espèces.
Livre bien structuré, destiné à un large public d'étudiants, d'hommes curieux de
l'état actuel d'une science qui les concerne au premier chef, de chercheurs spécialisés
soucieux de se situer dans un cadre de pensée plus général. — P. CASSIER.
DAGET (Ph.) et GODRON (M.). — Analyse fréquentielle de l'écologie des
espèces dans les communautés. Collection d'Ecologie n° 18. Un vol. (16 x 24 cm),
x + 164 p. Masson, Paris, New York, Barcelone, Milan, 1982. — Ce nouveau fascicule
de la Collection à'Écologie, préfacé par M. ELLENBERG est dédié à la mémoire de Louis
EMBERGER, co-fondateur et Directeur du Centre d'Études phytosociologiques et
écologiques (CEPE-CNRS) et à celle de Ch. SAUVAGE, Directeur du CEPE-CNRS
Louis-EMBERGER.
L'écologie a pour objet l'étude des relations mutuelles entre les facteurs du milieu
et les organismes vivants et entre les organismes qui peuplent ce même milieu et y
vivent en communauté. Les différents milieux (biotopes) et les organismes interdépen
dants qui les peuplent (biocénoses) forment des ensembles complexes dénommés
écosystèmes par TANSLEY en 1923. L'analyse des peuplements est délicate et procède
par étapes. Il faut, dans un premier temps, caractériser les conditions du milieu qui
permettent la survie des espèces constituant la biocénosc, régissent leur répartition,
leur évolution démographique. Cette recherche synécologique, comparative, permet
également de reconnaître dans un ensemble, les espèces caractéristiques, indicatrices,
et les espèces dont la présence est accidentelle ou dont la valence écologique permet
une large répartition, l'exploitation d'un biotopc élargi. Comme l'indiquent les auteurs,
cette analyse écologique est souvent conduite au moyen d'une série de méthodes de
nature fréquentielle et constitue dès lors « l'analyse fréquentielle de l'écologie des
espèces dans les communautés ». Cette analyse établie à partir de recherches phyto-
écologiques, s'est appuyée sur des « relevés écologiques » adéquats qui, faute de
pouvoir matériellement être étendus à l'ensemble d'un milieu, doivent procéder à
l'aide de controverses et a donné lieu à une véritable « théorie de l'échantillonnage »
(types non probablilistes, ou probabilistes). Pourtant « le plan d'échantillonnage est
le plan de campagne de l'écologue » et il convient de le définir au mieux du but fixé,
en fonction des problèmes posés.
L'analyse écologique passe par l'intermédiaire de « profils écologiques » de divers
types, suites de fréquences (relatives, absolues, pondérées ou corrigées) ordonnées
selon les magnitudes successives du descripteur envisagé. Il s'agit donc d'une « dis
tribution de fréquence » (ÛJEBAILI, 1978). Elle aboutit à la détermination des espèces
indicatrices, à la reconnaissance des descripteurs efficaces, à la constitution des groupes
écologiques, c'est-à-dire d'ensembles d'espèces indicatrices présentant la même
réaction relativement à un descripteur efficace qu'il est possible d'associer. La prise
en considération de ces données permet de préciser la « valeur caractérisante »,
le signalement écologique des espèces et justifie pleinement l'application des procèdes
de l'analyse fréquentielle aux synthèses en écologie.
Le fascicule écrit par des spécialistes est d'une lecture facile, procède par ordre et
repose sur des données concrètes. — P. CASSIER.
LETONTURIER (Ph.). — Immunologie générale. 2e éd. revue et complé
tée. Coll. Abrégés. Un vol. (15,5 X 21 cm), 168 p., 52 fig. Masson, Paris, New
York, Barcelone, 1982. — Ce manuel d'immunologie n'a pas la prétention de
présenter une revue exhaustive des apports de l'immunologie et de ses développe
ments les plus modernes. Son but, à mon sens atteint, est d'initier un vaste public
à cette discipline en plein essor qu'est l'immunologie. Les données sont volontaire
ment schématiques sans nuire à la compréhension. Il faut souligner la démarche
logique de l'auteur, qui s'est efforcé de suivre le trajet et le devenir d'une sub
ANALYSES 2O3

stancç étrangère introduite dans l'organisme et les différents moyens que ce dernier
oppose à sa pénétration et à ses effets délétères.
Les examens de laboratoire explorant in vitro ce qui se passe in vivo sont regroupés
de manière à être le plus proche possible du phénomène concerné. Chaque nouveau
terme est défini lors de son utilisation mais pour le lecteur qui ne suivrait pas l'ordre
des chapitres, un index analytique aide à retrouver rapidement les principales défini
tions.
Les défenses immunitaires bien que les mieux connues ne constituent qu'un des
aspects des défenses spontanées dont dispose l'organisme. Il faut citer les facteurs
tissulaires, les facteurs cellulaires (phagocytose), les facteurs humoraux (anticorps
naturels, complément, système properdine; lysozyme, protéines basiques), les facteurs
constitutionnels. L'interférai! (ISAACS et LINDERMANN, 1957), vedette de l'actualité
scientifique mérite une attention particulière.
La mise en œuvre des réactions immunitaires nécessite la présence de substances
immunogènes, dont le nombre est pratiquement infini, quelle que soit leur qualité
(immunogènes forts ou faibles; haptènes figurés, non figurés, hétérophiles, hétéro-
logues, etc.). Les quatre règles classiques de l'antigénicité (caractère étranger à l'orga
nisme, introduction parentérale, poids moléculaire élevé, nature protéique) considérées
comme impératives voient chaque jour leur caractère rigoureux et obligatoire s'atté
nuer. La réaction immunitaire peut être renforcée par l'emploi d'adjuvants simples ou
d'origine bactérienne, par le choix de l'animal injecté et de la quantité injectée.
Enfin, l'immunogénicité est liée aux caractéristiques de la molécule antigénique
considérée dans son ensemble, au nombre des sites ou déterminants antigéniques.
Le développement d'une réaction immunitaire à la suite de la pénétration d'un
immunogène implique l'intervention de deux systèmes cellulaires, le système phago-
cytaire mononucléé (macrophages), le système lympho-plasmocytaire : lympho-
blastes, grands et moyens lymphocytes, petits lymphocytes thymo-dépendants
(lymphocytes T); lymphocytes thymo-indépendants ou burso-dépendants (lympho
cytes B) que seule la microscopie électronique permet de distinguer. Chaque catégorie
cellulaire a une fonction définie. Ainsi, les macrophages captent les antigènes et trans
mettent l'information antigénique au système lymphoîdc; le rôle des macrophages
est donc essentiel puisqu'il consiste à assurer la présentation d'antigènes, partiellement
dégradés et retenus de façon plus ou moins durable, aux cellules immunocompétentes.
I^es lymphocytes B à l'origine de la réaction immunitaire de type humoral donnent
naissance à des cellules qui sécrètent les anticorps; quant aux lymphocytes T, ils
sont à l'origine de cellules sensibilisées à l'antigène, intervenant dans la réaction
immunitaire de type cellulaire. De véritables phénomènes de coopération cellulaire
existent entre lymphocytes B et T.
Les caractéristiques des anticorps ou immunoglobulines (IgG, A, M, D, E),
molécules produites par les lymphocytes B et les cellules qui en dérivent (plasmocytes)
sont précisées notamment en ce qui concerne leurs sites actifs (isotypie, allotypie,
idiotypie) et les conditions de leur production (théories informatives ou instructives;
théories sélectives).
Le complément désigné par le symbole C est un complexe de protéines présent
dans tout sérum normal, non spécifique, qui complète l'action des anticorps (activité
cytolytique, anaphylactique, chimiotactique, immunoadhcrencc, conglutination,
neutralisation des virus, sensibilisation). Ce complément découvert à la fin du siècle
dernier (BUCHNER, 1889 à 1893; BORDET, 1895) a une action physiopathologique
considérable ; il comporte au moins 1 1 protéines sériques. Leur activation en chaîne
à partir de Ci (voie classique) est le fait de la présence des complexes antigènes-
anticorps; les endotoxines bactériennes, le Zymosan, le venin de Cobra, des agrégats
d'IgA, etc., activent à partir de C$ (voie alterne). Plusieurs éléments tendent à contrô
ler l'activité du complément.
Le deuxième type de réaction immunitaire, la réaction immunitaire cellulaire
établie depuis Kocu (1891), n'est pas transmissible à un animal neuf par le sérum
mais peut être transférée par injection de lymphocytes. Elle est le fait de macrophages
204 AN.NÉE BIOLOGIQUE

qui captent la plupart des antigènes, transmettent le message antigénique aux lympho
cytes T selon le processus déjà décrit. La réintroduction de l'antigène déclenche une
réaction secondaire communément désignée sous le nom d'hypersensibilité retardée.
La réaction d'immunité cellulaire paraît s'exercer de deux façons, par l'intermédiaire
de lymphocytes cytotoxiques et par la libération de facteurs solubles, les lymphokines.
Le dernier chapitre est consacré aux réactions immunitaires de rejet de greffe.
Les antigènes d'histocompatibilité à contrôle génétique déterminent les réponses
primaire et secondaire si importantes dans le problème des rejets de greffe.
En conclusion, on ne saurait que recommander la consultation fréquente de ce
livre qui se présente sous la forme modeste d'un abrégé. — P. CASSIER.

CHIARELLI (A. B.) et CORRUCCINI (R. S.), éd. — Advanced Views


in Primate Biology. Un vol. (17 X 24,5 cm), ix -f- 266 p., 55 fig. Springer-Verlag,
Berlin, Heidelberg, New York, 1982. Prix : DM 98; S 43.00. — II s'agit, dans la
première partie de l'ouvrage, de la publication de certains des exposés présentés au
8e Congrès International de la Société de Primatologie (Florence, 7-12 juillet 1980).
M. L. BABA (Wayne State Univ.), L. L. DARGA (Children's Hospital, Détroit) et
M. GOODMAN (Wayne State Univ.) exposent les données récentes de l'anthropologie
moléculaire (étude des séquences d'acides aminés, approche immunologique, hybri
dation d'ADN) et leurs implications tant pour la phylogénie des Primates que pour
la compréhension du processus général de l'évolution (périodes d'accélération et de
décélération, effets de la sélection). J. RUFFIÉ (Collège de France, Paris), J. MOOR-
JANKOWSKI et W. SOCHA (N. Y. School of Medicine) s'attachent à l'évolution immuno-
génétique des groupes sanguins des Primates, insistant sur le rôle des duplications de
séquences dans la diversification des espèces, la multiplication d'un locus produisant
un matériel génétique susceptible de subir la mutation et les pressions de sélection.
Sauf quelques exceptions, les propriétés anatomiques et physiologiques caractéris
tiques de la peau humaine ne se retrouvent pas dans la peau des autres Primates
(W. MONTAGNA, Oregon Régional Primate Behavior Research Center). S. T. PARKER
(Sonoma State Unir.) et K. R. GIBSON (Univ. of Texas) pensent que, comme pour
l'intelligence, les étapes de développement du prélangage et du langage, chez les
enfants, récapitulent les étapes de l'évolution du langage chez les ancêtres de l'Homme.
J. WIND (Free Univ. Amsterdam), tout en reconnaissant que la valeur de la socio-
biologie est plus heuristique que pratique quand elle concerne des animaux supérieurs,
estime qu'elle pourrait conduire, cependant, à une meilleure compréhension de la
morphologie, de la physiologie et du comportement des Primates. E. B. KEVERNE,
R. E. MELLER et A. EBERHARDT (Univ. of Cambridge) démontrent que l'état dominant
ou dominé va de pair avec des différences physiologiques notables au plan hormonal.
C. H. PHOENIX et K. C. CHAMBERS (Oregon Régional Primate Res. Center) constatent
que le déclin des performances sexuelles de mâles âgés, chez le Rhésus, n'est pas lié
à une baisse du taux de testostérone; W. P. McNuLTY (Oregon Régional Primate Rts.
Center) présente quelques résultats d'étude de toxicité de polluants (hydrocarbures
polyaromatiques) sur des Rhésus. Justement, C. H. SOVTHWICK et coll. (Unit, of
Colorado) constatent un sérieux déclin des populations de ces Singes dans le Nord de
l'Inde, dû à l'altération de l'habitat, l'accroissement de la pression de population
humaine, l'intensification de l'agriculture et une exportation excessive de ces animaux.
Des problèmes similaires se posent pour le Alacaca cyclops de Taïwan (F. E. POIRIER,
The Ohio State Univ.).
Dans la deuxième partie de l'ouvrage (Symposium Reports), 1 1 articles résumés de
Symposium pré-Congrès sont réunis : R. L. CIOCHON (Univ. of Nort/j Carolina) et
R. S. CORRUCINI (Southern Illinois Univ.) montrent que le Symposium Hominoîdfs du
Miocène et nouvelles interprétations de l'ancêtre du Singe et de l'Homme a abouti à une rccon-
ceptualisation des Hominoïdes du Miocène. Le but du Symposium Infanticide chez
les Singes du genre Presbytis était d'évaluer les hypothèses en cours sur les stratégies de
reproduction de ce Singe (G. HAUSFATER, Cornell Univ. et C. VOGEL, Univ. Gottingtn).
W. C. GREW (Univ. of Stirling) fait le point des présentations au Symposium sur
ANALYSES 2O5

l' Étude dt l'usage d'outils par les Primates non humains, et C. T. SNOWDON (Univ. of
tt' isconsinj et coll. sur le Symposium Communication chez les Primates. H. ISHIDA (Osaka)
et coll. résument les données apportées au pré-Congrès sur les systèmes de locomotion
chez les Primates et D. FALK (Boston) et E. ARMSTRONG ( Louisiana State Univ. Médical
Center) sut les méthodes et concepts dans l'évolution du cerveau des Primates. Le Symposium
Effets des drogues et des hormones sur le comportement social des Primates non humains est
rapporté par A. KLING (Piscataivay) et H. O. STEKLIS (Putger's Univ.) et celui sur la
biologie comparée du testicule des Primates par GOULU (Emory Univ.). L'analyse des
bandes des chromosomes dans la reconnaissance des homologies intcr-spécifiques est
exposée par H. M. SELANEZ (Univ. Fed. do Rio de Janeiro) et le Symposium de Psycho
logie comparée par P. A. BERTACCHINI (Univ. délia Calabria) d'une part et J. T. BRAGGIO
(Univ. of Nortb Carolina), d'autre part. — P. DE PUYTORAC.

HYVARINEN (J.). — The pariétal cortex of Monkey and Man. Coll. Stu-
dies of Erain Function, 8. Un vol. (17 X 24,5 cm), xi + 202 p., 85 fig. Springer-Verlag,
Berlin, Heidelberg, New York, 1982. Prix : DM 89; S 37.20. — Depuis la publication
du livre de MAC DONALD CRITCIILEY The Pariétal lobes (1953), des données nouvelles
fondamentales, complétées par des observations cliniques ont ravivé l'intérêt de
l'étude de cette partie du cerveau, dans le développement actuel de la neuroscience,
l.cs travaux réalisés portent sur le lobe pariétal antérieure (SI) ou cortex somatoscn-
soriel primaire ou le lobe pariétal postérieur (SI1) (— cortex d'association).
Dans ce livre, l'auteur présente d'abord les différences dans l'évolution anatomique
entre les deux lobes, chez le Singe et l'Homme, le lobule pariétal inférieur (appartenant
au lobe postérieur) étant particulièrement développé chez l'Homme (aires 40 et 39 de
Brodmann). Le SI reçoit ses influx du complexe thalamique ventrobasal ; la partie
antérieure de SI est connectée avec des récepteurs cutanés, la partie postérieure avec
des récepteurs profonds. L'un des rôles principaux de SI est piobablement de trans
mettre les messages concernant la localisation et le « timing » des stimulus somatiques
Différentes observations suggèrent une différenciation fonctionnelle en direction
antéro-postéricure dans le SI. L'attention n'a que des effets mineurs dans les parties
du système somatosensoriel qui sont traditionnellemcrt considérées comme senso
rielles (c'est-à-dire le complexe ventrobasal du thalamus et les couches moyennes du
SI), alors qu'elle a des effets marqués sur le SII et le cortex moteur. Le rôle de la
perception sensorielle en connexion avec les mouvements actifs paraît accru. Les
connexions neurales du cortex pariétal associatif sont complexes. Elles s'étendent
approximativement à 60 aires corticales ou noyaux subcorticaux identifiés, sans
compter les connexions avec l'hémisphère opposé. Ces connexions sont établies
avec les régions corticales sensorielles (somatosensorielle et visuelle), une partie du
lobe frontal, le sulcus temporal supérieur, le cipgulum, les aires homologues de
l'hémisphère opposé, les ganglions basaux, le pulvinar thalamique, les noyaux LP
et VL, le collcculus supérieur. Une interprétation fonctionnelle de ces principales
connexions est la liaison de l'aire 5 avec des fonctions somatiques qui sont aussi
en rapport avec l'aire 7 h, alors que l'aire 7 est fonctionnellemcnt liée à la vision. Les
connexions avec les aires préfrontales et le cingulum suggèrent un rôle dans le
comportement d'attention et d'émotion. Les connexions avec la zone de projection
trimodale du sulcus temporal supérieur suggèrent une participation à l'intégration
à un haut niveau des fonctions sensorielles.
Des altérations du lobe pariétal postérieur chez l'Homme se traduisent par une
désoricntation visuo-spatiale, des anomalies des mouvements des yeux, l'ataxie
optique, l'apraxic de construction, l'hémidépersonnalisation, le syndrome de Gerst-
mann. Les anomalies observées chez le Singe laissent croire que la fonction pariétale
postérieure est essentiellement somatosensorielle alors qu'elle est essentiellement
visuelle chez l'Homme.
Les études de stimulation électrique chez l'Homme aident à la compréhension de
la représentation corticale somatosensorielle. La fonction des neurones de l'aire 5 du
Singe est liée au comportement somatomotcur, de l'aire 7 aux mécanismes visuels et
2O6 ANNÉE BIOLOGIQUE

oculomotcurs. L'aire 2 v est une région polysensorielle qui reçoit des influx vesti-
bulaires, proprioceptifs et visuels. Les mécanismes somatomoteurs dans l'aire Tpt sont
essentiellement liés aux mouvements de la tête.
En résumé, ce livre où l'auteur fait part de nombreux résultats obtenus dans son
laboratoire de Physiologie de l'Université d'Helsinki, représente certainement une
excellente mise au point pour les spécialistes du cerveau et dans laquelle ils trou-
\eront la bibliographie sur le sujet jusqu'en 1981. — P. DE PUYTORAC.

ABELES (M.). — Local Cortical Circuits. An electrophysiological study.


Studies o/Brain Fiinction, vol. 6. Un vol. (17 X 24,5 cm), vin + 102 p., 51 fig. Springer-
Verlag, Berlin, Heidelberg, New York, 1982. Prix : DM 39; S 18.20. — Le livre a pour
but une description des types d'activité et des interactions qui sont décelables quand
plusieurs neurones corticaux sont étudiés simultanément. Un essai est tenté, en outre,
de lier l'histologie et la physiologie du cortex sur une base quantitative.
Après un bref rappel des techniques élcctrophysiologiques, des données sont
fournies en accord avec l'idée que chaque cellule corticale reçoit et fait de nombreuses
connexions locales. Les neurones proches établissent des contacts très puissants et
rien n'indique des classes distinctes d'unités, avec des types de connexions très spé
cialisées. Par contre, des relations entre deux unités peuvent changer quand changent
les conditions. Ainsi, le cortex auditif n'est pas simplement une station le long d'un
cheminement sensoriel. Le même neurone peut être impliqué dans des fonctions diffé
rentes à des moments différents. La classification de l'aire auditive comme aire sen
sorielle n'est justifiée qu'en ce que la plupart de l'activité de ses unités est sensorielle.
L'influx sensoriel est organisé de sorte que les unités d'une région du cortex tendent
à être plus affectées par une sorte de stimulus que par d'autres. Comment l'information
est-elle alors codée dans l'activité du réseau neuial? L'auteur présente l'hypothèse
selon laquelle l'activité des neurones qui transmettent l'information est organisée selon
une chaîne de groupes de neurones en exacte synchronie (« synfire chain »). Cet
ouvrage n'est à la portée que des spécialistes. — P. DE PUYTORAC.

PALM (G.). — Neural assemblies. An Alternative Approach to Artificial


Intelligence. Sttidies of Brain Fiinction, vcj. 7. Un vol. (17 x 24,5 cm), vin -f- 244 p.,
147 fig. Springer-Verlag, Berlin, Heidelberg, New York, 1982. Prix : DM 88; .S 39.10.
— Dans une première partie, après présentation du cerveau comme un passage d'infor
mation, avec décision d'une action motrice, l'auteur se demandant « qui fait les
décisions », et ce qui, dans le comportement d'un autre, nous fait penser qu'il est
pensant, est conduit à envisager les conditions de création d'une machine artificielle
qui travaillerait comme un organisme dans son milieu. 11 montre qu'une telle machine
à comportement programmé peut être construite avec des éléments analogues aux
neurones. Faut-il encore trouver des stratégies correctes, des algorithmes convenables !
C'est à cette démonstration que s'attache le plus clairement possible l'auteur, en
utilisant l'outil mathématique le plus simplement possible (pour un mathémati
cien).
Dans une deuxième partie, la présentation des connexions entre neurones le conduit
à des spéculations sur le flux d'activité neuronale dans le cortex. La projection de la
rétine sur le cortex visuel est pris comme exemple de la façon dont une entrée senso
rielle informative entre dans le cortex. Diverses expériences sont discutées pour une
meilleure compréhension des processus d'apprentissage. Un certain type de modèle
mathématique de cerveau est proposé. Il n'y a rien dans le comportement d'un autre
être humain, en principe, qui ne pourrait pas être reproduit par un robot. Le langage
est un phénomène d'évolution culturelle. Finalement, le comportement humain peut
être réduit à des processus électrophysiologiques dans le cerveau.
Après les nombreuses références bibliographiques, l'ouvrage se poursuit par
quelques analyses mathématiques et certains développements théoriques. — P. DE PUY
TORAC.
ANALYSES 207

CHERRUAULT (Y.). — Biomathématiques. Coll. Que sais-je? n° 2052.


On vol. (n X 17,5 cm), 128 p., 9 fig. P. U. F., Paris 1983. — Les Biomathématiques
sont au carrefour et associent deux sciences fondamentales : la biologie et les m?thé-
matiques. Elles sont constituées par l'ensemble des méthodes et techniques mathé
matiques, numériques et informatiques, qui permettent d'étudier les phénomènes
biologiques. 11 s'agit par essence d'une science pluridisciplinaire que le mathématicien
seul ou le biologiste seul sont incapables de développer. Cette discipline en honneur
aux U. S. A. et en U. R. S. S. est relativement nouvelle en France où elle est encore
trop méconnue, voire méprisée, par les mathématiciens, les biologistes et les méde
cins.
Ce nouveau manuel d'une collection bien connue présente dans un formalisme
simplifié au maximum des résultats et des méthodes mises au point et appliquées
au MEDIMAT (Laboratoire de Mathématiques appliquées à la Biomédecine; 45, rue
des Saints-Pères, Paris). L'auteur s'est efforcé de donner les idées qui président à
l'élaboration de modèles mathématiques et numériques; il en présente l'application
dans quelques cas concrets, qu'il s'agisse de la respiration, phénomène régulé, du
muscle squelettique, de l'activité musculaire, des hormones antagonistes, des gran
deurs hémodynamiques de la circulation sanguine, de l'optimisation en agro-alimen
taire. Un nombre limité de pages donne un aperçu intelligible des Biomathématiques
qui constituent un domaine particulièrement riche en problèmes ouverts (non résolus),
problèmes remarquablement intéressants et particulièrement importants du point
de vue des applications industrielles ou thérapeutiques.
Y. CHERRUAULT apporte une démonstration claire de l'intérêt de la modélisation,
représentation qui permet de prédire l'évolution d'un système en fonction de stimuli
divers sans avoir à refaire des expériences et surtout qui permet d'agir sur le système
étudié en envisageant, par exemple, la définition de thérapeutiques ou de posolo-
gies optimales. — P. CASSIER.

JOLIVET (E. ). — Introduction aux modèles mathématiques en biologie.


IXR.A, Actualités scientifiques et agronomiques, il. Un vol. (16 X 24 cm), 152 p.,
55 fîg. Masson, Paris, New York, Barcelone..., 1982. — L'auteur déclare avoir rédigé
ce livre dans un but avant tout pédagogique « pour familiariser le lecteur, chercheur
ou étudiant en biologie, avec la manipulation d'objets mathématiques utilisés couram
ment en modélisation ». Il insiste sur le caractère « très concret des diverses notions
manipulées : les équations ne sont pas des formules magiques et lorsque certaines
d'entre elles sont utilisées pour représenter un phénomène, elles ont été choisies
parmi d'autres à l'aide d'hypothèses bien précises ».
En introduction sont considérés des exemples montrant que la formalisation mathé
matique d'un phénomène peut répondre à une question précise : quantification du
métabolisme de la sérotoninc et de son précurseur (le tryptophane), existence de
transferts a priori non évidents dans le tube digestif du Ljpin, mise au point d'une
stratégie optimale de lutte contre des Insectes, classification de diverses variétés de
Blé quant à leur résistance à la septoriose, par exemple.
Le 2e chapitre est consacré à un rappel mathématique sur les équations différentielles
(du Ier ordre, du 2e ordre à coefficients constants) et, en particulier, sur les systèmes
d'équations différentielles et à leurs liens avec les modèles à compartiments. Un
exemple concret de modèle à deux compartiments est donné en détail, par l'étude des
échanges entre le foie et le plasma de bromosulfophtaléine, après injection intra
veineuse de cette substance. Puis sont décrits des modèles destinés à rendre compte de
phénomènes de croissance dans lesquels un équilibre s'établit de façon naturelle sans
intervention d'éléments extérieurs. Les modèles de la cinétique enzymatique four
nissent un bon exemple de l'utilité des mathématiques.
Ayant ainsi décrit l'évolution dans le temps des variables d'état d'un système,
l'auteur s'intéresse ensuite à une évolution spatiale, décrite par des équations aux
dérivés partielles, où les dérivées des variables d'état par rapport aux coordonnées
d'espace interviennent dans le modèle aux côtés des dérivées par rapport au temps.
208 AiNNKE IIIOl.OliK.il'Ë

Les équations aux dérivées partielles sont utilisées, notamment, pour décrire les
phénomènes de diffusion.
Puis est abordé un type d'étude où le but du modélisateur est plus de rendre compte
du comportement d'un système à l'aide d'un modèle reposant sur des hypothèses
vraisemblables, sans chercher à quantifier les paramètres (ex. : compétition de
2 espèces). L'exemple du système proie-prédateur soumis à une force extérieure
montre comment, à partir d'une étude qualitative, on peut mettre en évidence un
changement de comportement brûlai lié à une variation continue de paramètres. En
annexe est donnée la liste d'un programme BASIC permettant d'estimer les paramètres
d'un modèle non linéaire par la méthode des moindres carrés.
L'auteur a volontairement écarté les modèles décrits par des relations de récurrence
et s'en est tenu à un niveau de mathématiques qui est celui d'une 2e année d'études
universitaires scientifiques. 11 n'est pas douteux que le présent ouvrage permettra à
des non-spécialistes de se familiariser avec la modélisation qui peut faire partie inté
grante d'un processus de recherche. — P. DE PUYTORAC.

McPHERSON (J. E.). — The Pentatomoidea (Hemiptera) of Northeastern


North America with Emphasis on thé fauna of Illinois. Un vol. (15,5
X 23,5 cm), ix + 240 p., 191 fig. Southern Illinois University Press, Carbondale, 1982.
Prix : $ 30. — La supcrfamille des Pentatomoidea très largement répandue à la surface
de la terre est représentée, en Amérique du Nord, par 5 familles (Scutelleridae, Cori-
melaemidae, Cydnidae, Pcntatomidae et Acanthosomatidae). La faune des Pentato-
mides de la région N.-E. de l'Amérique du Nord comporte 120 espèces et sous-
espèces. Ce manuel fournit des clés de détermination des stades juvéniles et des
imagos, des informations biologiques, et de brefs résumés sur les cycles naturels,
pour ces divers Pentatomides d'origines variées comprenant des formes Ncotropicales,
Néarctiques et Paléarctiqucs. Les espèces uni- ou bivoltines sont à quelques exceptions
près, des phytophages, vivant dans la strate herbacée et hivernant à l'état imaginai
Jans la litière. Les modalités de l'accouplement, les caractères des œufs, la réalisation
de cinq stades larvaires, la présence de glandes odoriférantes métathoraciques à rôle
défensif, sont décrites. Après une description biosystématique de chaque espèce,
le livre est valablement complété par des listes récapitulatives des espèces, des auteurs
à l'origine de la détermination des Pentatomoidea des divers États du N.-E. de
l'Amérique du Nord, des espèces capturées à l'aide de pièges lumineux, entraînés
par les courants, résidant à plus de 3.000 pieds, des proies. Les caractères présentant un
intérêt systématique font l'objet de figures. Enfin, des cartes de distribution sont
fournies pour chaque espèce.
Livre destiné à des spécialistes en raison des limites du groupe étudié et de la zone
prospectée. — P. CASSIER.

(g) Manon, Paris, iftj. Le Directeur île la Publication : Andrée TÉTRT

Toits droits de traduction, d'adaptation et lit reproduction par tuus procédés réservés poitr tous pays.

La loi du il mars 1957, n'autorisant aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part
que les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à
une utilisation collective et, d'autre part, que les analyses et courtes citations dans un but d'exemple
et d'illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consente
ment de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l'article 40).
Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une
contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.

Masson, éditeur. Paris. — Dépôt légal : 1984. — N° d'ordre : 5656. — j* trimestre 1984.
Imprimé par Imprimerie Barnéoud, Laval. N° 8660. Commission paritaire : n° 54123
Prixted in France. OJD Diffusion 1982 : 484 ex
CONTENTS

GENERAL PAPERS

P. NICOLAS, P. HEIZMANN, P. RAVEL-CHAPUIS,


F. FLAMANT et V.-M. NIGON. — The chloroplastic
génome in wild types strains and unphotosynthetic-
deficient mutants of Euglena gracilis 97
M. BARA et A. GUIET-BARA. — Human amniotic
membrane: structure and permeability. II. — Isolât ed
amniotic membrane permeability 147
J.-C. ANDRIES. — The insect midgut. III. — Functions
of thé midgut cell 167

BOOKS REVIEW

DÉRUELLE (S.) and LALLEMANT (R.). — Lichens, pollution


witnesses (P. Mazliak) 193
MONET (R.). — The peach-tree, genetics and physiology
(P. Mazlhk) 194
DEXHEIMER (|.) and GADAL (P.). — Vacuols (P. Mazliak) . . 194
MOYSE (A.), ed. — Photosynthesis (P. Mazliakj 194
FERADINI (C.) and PUCHEAULT (J.). — Biology of thé action
of ionizing radiations (P. Mazliak) 194
ELSTER (H. J.), OHLE (W.), éd. — Ergebnisse der Limnologie
(P. Mazliak) 195
SASSON (A.). Biotechnologies: challenges and promises
(A. Tétry) 195
ROLAND (J.-CI.) and SZOLLOSI (A. and D.). — Atlas of cellular
biology (P. de Pnytorac) 196
NOYER (L.), LUCKNER (M.) and PARTHIER (B.), ed. — Cell
Differentiation. Molecular basis and problems (P. de Pnytorac) . 197
CHOTTARD (J. Cl.), DEPEZAY (J. Cl.) and LEROUX (J. P.). -
Fundamental chemistry. Biological and médical studies (P. Cas-
sier) 198
KRUH (J.). - Biochemistry. Médical and biological studies
(P. de Pnytorac) 199
IAEN1CKE (L.), ed. — Biochemistry of Differentiation and Mor-
phogenesis (P. de Pnytorac) 200
BARBAULT (R.). — Concise général ecology (P. Cassitr) ... 201
DAGET (Ph.) and GODRON (M.). — Frequential analysis of thé
ecology of species in communities (P. Cassier) 202
LETONTURIER (Ph.). — General immunology (P. Cassier) . . 203
CHIARELLI (A. B.) and CORRUCCINI (R. S.), ed. — Advanced
Views in Primate Biology (P. de Pnytorac) 204
HYVARINEN (J.). -- The pariétal cortex of Monkey and Man
(P. de Pnytorac) 205
ABELES (M.). — Local Cortical Circuits. An electrophysiological
study (P. de Pnytorac) 206
PALM (G.). — Neural assemblies. An Alternative Approach to
Anificial Intelligence (P. de Puytorac) 206
CHERRUAUI.T (Y.). — Biomathematics (P. Cassier). ... 207
JOL1VET (E.). — Introduction to mathematical models in biology
(P. de Pnytorac) 207
McPHERSON (J. E.). - The Pentatomoidea (Hemiptera) of
Northeastern North America with Emphasis on thé fauna of
Illinois (P. Caisier) 208
ISSN 0003-5017

SOMMAIRE

ARTICLES GÉNÉRAUX
P. NICOLAS, P. HEIZMANN, P. RAVEL-CHAPUIS,
F. FLAMANT et V.-M. NIGON. — Le génome chloro-
plastique des cellules sauvages et des mutants non-
photosynthétiques d'Euglena gracilis 97
M. BARA et A. GUIET-BARA. — La membrane amnio
tique humaine : structure et perméabilité. II. — Per
méabilité de la membrane amniotique in vitro. . . 147
J.-C. ANDRIES. — L'intestin moyen des Insectes.
III. — Fonctions de la cellule mésentérique ... 167

ANALYSES D'OUVRAGES
DÉRUEI.LE (S.) et LALLEMANT (R.). — Les lichens témoins de
la pollution (P. Mazliak) 193
MONET (R.). — Le pêcher, génétique et physiologie (P. Maz
liak) 1 94
DEXHEIMER ().) et GADAL (P.). - Les Vacuoles (P. Mazliak). 194
MOYSE (A.), éd. — La Photosynthèse (P. Mazliak) 194
FERAD1NI (C.) et PUCHEAULT (J.). — Biologie de l'action des
rayonnements ionisants (P. Mazliak) 194
EI.STER (H. J.), OHLE (W.), éd. -- Ergebnisse der Limnologie
(P. Mizliak) 195
SASSON (A.). — Les biotechnologies, défis et promesses (A. Télry). 195
ROLAND (J.-C1.) et SZOLLOSI (A. et D.). Atlas de Biologie
cellulaire (P. de Ptytorac) 196
NOVER (L.), LUCKNER (M.) et PARTHIER (B.), éd. - Cell
DifTerentiation. Molecular basis and problems (P. de Ptytorac) . 197
CHOTTARD (J. Cl.), DEPEZAY (J. Cl.) et LEROUX (J. P.).
Chimie fondamentale. Études biologiques et médicales (P. Cai-
sier) 198
KRUH (J.). - Biochimie. Études médicales et biologiques
(P. de Ptytorac) 199
JAENICKÉ (L.), éd. — Biochemistry of Differentiation and Mor-
phogenesis (P. de Ptytorac) 200
BARBAULT (R.). — Abrégé d'Écologie générale (P. Cassier) . . 201
DAGET (Ph.) et GODRON (M.). — Analyse fréquemielle de l'éco
logie des espèces dans les communautés (P. Cassier). . . . 202
LETONTURIER (Ph.). Immunologie générale (P. Cassier) . . 203
CH1ARELLI (A. B.) et CORRUCCIN1 (R. S.), éd. - Advanced
Views in Primate Biology (P. de Ptytorac) 204
HYVAR1NEN (J.). — The pariétal cortex of Monkey and Man
(P. de Ptytorac) 205
ABELES (i\I.). — Local Cortical Circuits. An electrophysiological
study (P. de Pitylorac) .... 206
PALM (G.). — Neural assemblies. An Alternative Approach to
Artificial Intelligence (P. de Vnytnrac) 206
CHERRUAUI.T (Y.). — Biomathématiques (P. Cassier) .... 207
JOLIVET (E.). -- Introduction aux modèles mathématiques en
biologie (P. de Ptytorac) 207
McPHERSON (J. E.). - The Pentatomoidea (Hemiptera) of
Northeastern North America with Emphasis on thé fauna of
Illinois (P. Cassier) 208

Les sommaires de l'Anna Biologique sont reproduits dans les CUKHENT CONTENTS, indexes dans les
différentes publications de Vlnstllalt of Sritnlific Informalion (Philadelphie, U. S. A.), dans les Abstracts
et index de Bioscitmes Information strcice of Biologiral Abstratts (Philadelphie, U. S. A.) ainsi que dans
le Bulletin jignairli.jne au C. N. R. S. (Paris).
érie - T. 23 - Fasc. 3 Septembre 1984

4 L'ANNÉE
BIOLOGIQUE
Fondée par YVES DELACE en iSgj

Publiée avec le concours du Centre National de la Recherche Scientifique

É CALIFORNIA
SANTA CRUZ

NÛV 1 9 '08

JHE UNIVERSITY LIQRARY


AÉRATION FRANÇAISE DES SOCIÉTÉS DE SCIENCES NATURELLES

MSSON
L Année Biologique
Fondée par YvEs DELAGE en 189 J.

Publiée avec le concours du Centre National de la Recherche Scientifique.

Comité Honoraire

MM. fE. FAURÉ-FREMIET (ancien directeur), G. MANGENoT, M. fPRENANT,


A. THoMAs, tJ. VERNE.

Directeurs

MM. R. BUvAT, M. FoNTAINE, Et. WoLFF.

Comité de Rédaction

MM. J. BERGERARD, R. BUvET, P. CAssIER, J. GÉNERMoNr, P.-P. GRAssÉ,


M. JoUvET, P. KoURILsKY, P. MAzLIAK, Th. MoNoD, P. DE PUYroRAc,
J. RUFFIÉ.

Associés étrangers
MM. fG. DE BEER (Londres), J. BRACHET (Bruxelles), K. voN FRIsCH (Munich),
R. MARGALEF (Barcelone), A. MoNRoY (Palerme), fMlle K. PoNsE (Genève),
MM. G. RoUssEAU (Québec), E. STEEMANN-NIELsEN (Copenhague),
P. WEIss (New York).

Secrétaire général
Mlle A. TÉTRY.
Laboratoire d'Évolution,
1o5, Boulevard Raspail, Paris 6°
érie - T. 23 - Fasc. 3 Septembre 1984

L'ANNÉE
BIOLOGIQUE
Fondée par YVES DELACE en 189;

Publiée avec le concours du Centre National de la Recherche Scientifique

DÉRATION FRANÇAISE DES SOCIÉTÉS DE SCIENCES NATURELLES

1ASSON
i New York Barcelone Milan

Publication périodique trimestrit


T\uLs aux auiewis

L'Année Biologique, revue internationale, paraît par fascicules trimes


triels; elle publie des mises au point de questions d'actualité intéressant
la Biologie générale et des analyses de livres de Biologie.
Outre les manuscrits en français, elle accepte ceux rédigés en anglais
et en allemand.
Des tirés à part peuvent être fournis, à titre onéreux (leur coût est
communiqué aux Auteurs au moment où les épreuves de la composition
leur sont adressées).
Les auteurs abonnés à l'Année Biologique reçoivent gratuitement 25 tirés à
part de leur article (ils peuvent en obtenir un nombre plus élevé à leurs frais).
Les clichés des illustrations accompagnent l'envoi des tirés à part, dont
les frais de port sont à la charge des auteurs.
Pour ce qui concerne la Rédaction, s'adresser au Secrétaire Général
Mlle A. TÉTRY, Laboratoire d'évolution, 105, boulevard Raspail, Paris 6e.

Abonnements /Subscriptions 1984


France Étranger
Un an (Annual subscription) 410 FF 90 US $
Pour la France, Adresser le paiement à l'ordre de :
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Pour l'Étranger, s'adresser à / For thé following counlries, please contact:
BELGIQUE, PAYS-BAS, LUXEMBOURG, FINLANDE, SUÈDE, NORVÈGE, DANEMARK,
IRLANDE, ROYAUME-UNI
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CANADA Somabec, 2475 Sylva Caplin, B.P. 295, St-Hyacinthe, Québec
ESPAGNE D.I.P.S.A., Francisco Aranda 43, Barcelona 5
ITALIE Masson Italia Periodici, Via Pinturicchio 1, 20133 Milano
AFRIQUE, ASIE,
EUROPE (sauf les pays cités précédemment)
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USA, JAPON, AUSTRALIE, NOUVELLE-ZÉLANDE, PORTO Rico
Masson Publishing USA, Inc., 133 East 58th Street, New York,
NY 10022 (USA)
AMÉRIQUE DU SUD, AMÉRIQUE CENTRALE, MEXIQUE
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Numéros séparés de l'année et volumes antérieurs (jusqu'à épuisement du stock) /


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MASSON, Éditeur
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Téléphone : 634-21-60
LES TAXONS
ET LES CATÉGORIES TAXINOMIQUES
SUPRASPÉCIFIQUES ET INFRASPÉCIFIQUES
CHEZ LES BRYOZOAIRES EURYSTOMES

PAR Jean-Loup o'HONDT (*)

SOMMAIRE
P»ges

INTRODUCTION 210
i. — LES CATÉGORIES TAXINOMIQUES ET LES TAXONS SUPRASPÉCIFIQUES. 211
1.1. GÉNÉRALITÉS 211
1.2. LE GENRE, LE SOUS-GENRE ET LA SUPERSPECIES 212
1.2.1. Ljes concepts au Genre et du Sous-Genre en Zoologie 212
1.2.1.1. Le Genre 212
1.2.1.2. Le Sous-Genre 213
1.2.2. Li Gtnn tbez les bryozoaires Eurystomts 214
1.2.}. Le Sons-Genre chez lis Bryozoaires Enrys/omts 217
1.2.4. £•« Superspecies chtz les Bryozoaires Euryslomts 219
1.3. LA FAMILLE ET LA SUPERFAMILLH CHEZ LES BRYOZOAIRES EURYSTOMES 220
1.4. LES TAXONS ET LES CATÉGORIES TAXINOMIQUES DE RANG ÉLEVÉ CHEZ LES BRYOZOAIRES
EURYSTOMES 222
1.4.1. Rappel critique des classifications actuelles 223
1.4.2. Pour une classification « actualisée » des bryozoaires harystomff 227

J. — LES CRITÈRES TAXINOMIQUES ET LES TAXONS INFRASPÉCIFIQUES . . 230


2.1. GÉNÉRALITÉS 230
2.2. LA SOUS-ESPÈCE ET SON USAGE CHEZ LES BRYOZOAIRES EURYSTOMES 231
2.3. LES CATÉGORIES DE LA SYSTÉMATIQUE ÉVOLUTIVE 23!

CONCLUSION 232
BIBLIOGRAPHIE 238

(*) Laboratoire de Biologie des Invertébrés Marins et Malacologie, Muséum


National d'Histoire Naturelle, 55, rue de Buffon et 57, rue Cuvier, F 75005 Paris
(E. R. A. 957 du C. N. R. S.).
AX*. MOL. — T. «III, FA8C. 3, 1984. 14
210 ANNÉE B10LOOIQUË

INTRODUCTION

« Notre tendance à partager le monde en catégories séparées par


des lacunes n'est peut-être pas tout simplement un effort de notre part
pour comprendre la complexité du monde. Il semble que des lacunes
existent » (GouLD, 1982). Aussi, faisant suite à un précédent travail
(D'HONDT, 1981) consacré aux problèmes de l'Espèce chez les Bryozoaires,
cette note étudie ceux relatifs aux taxons et catégories taxinomiques
supraspécifiques et infraspécifiques chez ces organismes. Ces deux
domaines seront considérés indépendamment, les facteurs de la macro
évolution et de la microévolution au sein des différents taxons paraissant
de plus en plus aux auteurs actuels relever de processus évolutifs diffé
rents, et les mécanismes de la macroévolution doivent, de ce fait, être
découplés de ceux de la microévolution (ELDREDGE, 1982); ils offrent
respectivement aux gradualistes et aux tenants de la théorie des « équi
libres intermittents » (ou « ponctués ») les modèles sur lesquels ils ont
affirmé leurs théories (GOULD et ELDREDGE, 1977; ELDREDGE, 1982;
MAHÉ et DEVILLERS, 1981; TINTANT, 1982), d'ailleurs parfaitement
compatibles (STEBBINS et AYALA, 1981), mais encore insuffisamment
explicatives dans le contexte actuel (CHALINE, 1982; JAEGER, 1982).
Les Bryozoaires, en raison des difficultés matérielles que présente leur
étude, n'ont que très rarement été envisagés à ces points de vue; la
validité, la définition et les applications des critères infraspécifiques
y ont surtout été envisagées par des généticiens (BACKUS, 1979; POTTER,
1979), mais ceux-ci ont essentiellement travaillé sur les Phylactolaemates,
matériel d'un accès et d'une expérimentation plus aisés, puisque facile
à maintenir en élevage. Les problèmes posés par les taxons supra-
spécifiques ont, chez les Bryozoaires, été plus ou moins considérés
du point de vue théorique par quelques auteurs de formations variées
(BANTA, 1970; BOARDMAN, CHEETHAM et COOK, 1969; CHEETHAM, 1968;
CUFFEY, 1975; DZIK, 1975; JEBRAM, 1973; RAUP, GOULD, SCHOPF
et SIMBERLOFF, 1973 ; SiLÉN, 1942). Cet article passe en revue et apprécie
la validité des critères taxinomiques utilisés par les auteurs aux différents
niveaux de la hiérarchie et de la nomenclature bryozoologiques, et
présente des exemples caractéristiques des diverses entités systématiques
théoriques et adapte les définitions conventionnelles des niveaux taxi
nomiques aux réalités pratiques du matériel étudié. Nous limiterons
cette étude au Phylum (D'HONDT, 198217 et b) des Bryozoaires et à
l'Infraclasse Eurystomata.
Quel que soit le taxon considéré, l'établissement de toute taxinomie
pose des problèmes théoriques et pratiques, commentés par MAYR (1981)
et dont DUPUIS (1978) a, dans un mémoire très documenté, présenté une
synthèse. DUBOIS (1981 a) montre la grande instabilité de la classification
et de la nomenclature génériques, même pour un étroit groupe donné,
du fait du désaccord des spécialistes, et DEVILLERS (1978) a reconnu
J.-L. D IIONDT. TAXONS KT CATÉCORIES TAXINOMIQt'ES 211

que « dans la réalité, l'histoire d'un taxon n'est jamais connue dans la
totalité de ses membres : des lacunes existent, et nous les utilisons
comme limites entre taxons... Nos taxons ont été délimités à partir de
formes tardives (fossiles ou actuelles) entre lesquelles leur séparation
est franche, totale ». Aussi faut-il admettre, avec RAUP, GOULD, SCHOPF
et SIMBERLOFF (1973), que « thé taxonomic routine inevitably contains
some arbitrary rules ». Nous partageons le point de vue de GÉNER-
MONT (1980) : « On peut concevoir qu'une fraction de la descendance
de l'espèce ancestrale soit regroupée en un autre taxon si celui-ci peut
être caractérisé par le franchissement d'un pas évolutif important...
Pour la taxinomie évolutive, c'est ce pas évolutif qui doit être retenu
pour effectuer une coupure ».
Nous croyons opportun de rappeler ici un problème de terminologie,
sur lequel MAYR (1965 a) a mis l'accent. Le terme de « catégorie systé
matique » (Genre, Famille, Ordre, etc.) désigne un rang dans une hiérar
chie, et ce rang est fondé et défini par certains concepts; il est souvent
confondu par les auteurs avec celui de « taxon » qui désigne par leur
nom (par exemple, Eurystomata, Ctenostomata ou Alcyonidium polyoum
Hassall, 1841) un groupe d'organismes ou un individu déterminés.
« Taxon omie et nomenclature sont deux pratiques différentes, sans
autres rapports que conventionnels; rien n'interdit en taxonomie cla-
distique ou autre de ne nommer, par convention, que les taxa opéra-
tionnellement utiles » (Dupuis, 1978).

i. — LES CATÉGORIES TAXINOMIQUES


ET LES TAXONS SUPRASPÉCIFIQUES

I.I. GÉNÉRALITÉS

Cette étude envisagera successivement les différents paliers de la


classification des Bryozoaires. Il conviendra de considérer le plus grand
nombre possible de caractères et leur validité. « Les caractères morpho
logiques et morphométriques ne sont pas les seuls, loin de là, qu'on
puisse prendre en compte pour décrire des organismes » (GÉNERMONT,
1980) ; mais l'observation des caractères n'est pas une fin en soi : « Compa
rative zoology is not merely a descriptive science, it does hâve a expla-
natory objective » (MAYR, 1965 V).
Deux conceptions s'opposent, celle d'ALPHERAKY (1912) et celle de
DUBOIS (1982), émises à propos de la notion de Genre, mais applicables
en fait à tous les niveaux hiérarchiques de la taxinomie. Selon la première,
« chaque espèce, ou membre d'un Genre, doit absolument posséder
tous les caractères propres au Genre, et si l'une d'elles possède, ne fût-ce
qu'un seul caractère en plus, ou bien s'il en manque un seul, elle doit
être exclue du Genre et placée dans un Genre à part ». D'après DUBOIS,
un Genre peut être polythétique (certaines espèces ne possèdent pas
212 ANNÉE BIOLOGIQUE

tous les caractères du Genre; un caractère peut ne pas être présenté


par toutes les espèces du Genre ». ALPHERAKY propose, en outre, de
classer dans un Genre indépendant toute espèce incertae sedis dont les
caractères sont mal adaptés à la définition générique; nous acceptons
cette proposition.
Il ne faut pas perdre de vue que toute systématique a pour dessein
d'ordonner nos connaissances dans un esprit cartésien. Chez beaucoup
de Bryozoaires Reteporidae ou chez les Cellularines (Cheilostomes),
différentes espèces et différents genres ne possèdent pas tous les carac
tères donnés dans les définitions de leur genre ou de leur famille respectifs
d'appartenance, mais — dans la mesure où on a affaire à un spécimen
complet et en bon état — la détermination générique ne pose aucun
problème. Chez les Bryozoaires tout au moins, la position d'ALPHE-
RAKY est tout à fait satisfaisante, même si ses conceptions peuvent ne pas
totalement convenir à d'autres entités systématiques.
Une lignée peut connaître un succès considérable en donnant une
multiplicité de types spécialisés et très diversifiés spécifiquement, parfois
de durée éphémère (STANLEY, 1979). D'autres lignées issues de cette
cladogenèse seront loin de connaître la même fortune. L'un des avantages
des classifications cladistes (Dupuis, 1978) est d'attribuer le même niveau
dans la hiérarchie systématique à l'un des deux types d'organisation
qui semblent avoir divergé indépendamment l'un de l'autre à partir
d'une même souche en respectant la traduction d'un phénomène réel
au cours de l'évolution. A cette occasion, peut-être faut-il rappeler que
les Arthropodes, avec leur million d'espèces, représentent un Embran
chement comme les Bryozoaires avec leurs 5.000 espèces actuelles,
les Lophophorates avec 400 (de nos jours), les Kamptozoaires et les
Pogonophores avec de quelques dizaines à quelques unités spécifiques.
Les Gymnolaemates et les Phylactolaemates représentent deux Classes,
comme les Phoronidiens, les Lamellibranches, les Nématodes, les
Insectes ou les Mammifères; les Cténostomes ont le même rang taxino-
mique que les Coléoptères, les Néogastropodes ou les Primates...

1.2. LE GENRE, LE SOUS-GENRE ET LA SUPERSPECIES

1.2.1. Les Concepts du Genre et du Sous-Genre


en Zoologie.
1.2.1.1. Le Genre. — « Probably no taxonomic category causes much
difficulty as thé genus » (!NGER, 1958). Le Genre est défini comme suit
par MAYR (1969) : « A taxonomic category containing a single species,
or a monophyletic group of species, which is separated from other taxa
of thé same rank (other gênera) by a decided gap ».
DUBOIS (1981 a et b, 1982) propose un critère supplémentaire de défi
nition du Genre en Zoologie. Selon lui, deux espèces pouvant donner
J.-L. D'IIO.NDT. — TAXONS ET CATÉGORIES TAXINOMIQUES 213

naissance entre elles à des hybrides adultes viables appartiennent à


un même Genre; si elles étaient jusqu'alors classées dans des Genres
distincts, ces deux Genres doivent être réunis; l'hybride peut même
être stérile. L'auteur envisage ainsi une homogénéisation de la systé
matique du Règne Animal, en mentionnant que ce critère est utilisable
dans la plupart des groupes d'animaux; en fait, ce n'est pas toujours
le cas (espèces fossiles, ou à reproduction uniparentale, ou chez les
quelles la fécondation artificielle est malaisément obtenue en laboratoire
comme les Bryozoaires). L'auteur répond à cette objection en écrivant
que le critère de l'hybridation n'est certes pas utilisable dans tous les
cas, mais que ceci n'interdit nullement de faire appel à lui lorsque cela
est possible; cependant, nombre de problèmes pratiques ne peuvent
ainsi être résolus. Par ailleurs, l'interstérilité peut tenir à très peu de
chose et ne pas témoigner obligatoirement d'un grand éloignement
du point de vue génétique. Dans différents taxons, il faut invoquer
un autre mode de discrimination au niveau générique. En accord avec
DUBOIS (1982), le genre traduit le fait qu'une espèce est sortie de la zone
adaptative des espèces ancestrales et conquiert un nouveau milieu.
La reconnaissance d'un genre implique celle d'un saut évolutif, véritable
révolution génétique; c'est cette composante adaptative qui sera en fait
déterminante dans l'établissement des barrières intergénériques chez
les Bryozoaires comme dans d'autres taxons, conformément à l'opinion
de INGER (1958).
Les informations phylogénétiques nécessitent que l'on ait affaire à
un groupe monophylétique, ce qui sous-entend l'élimination subjective
des convergences et des parallélismes évolutifs; mais dans un groupe
comme les Bryozoaires, pourtant bien connu du point de vue paléonto-
logique dans le cas des Cheilostomes, bien des incertitudes demeurent
cependant et il y a loin de la théorie à la pratique.

i .2. i .2. Le Sous-Genre. — Reconnu par le Code International de Nomen


clature, le Sous-Genre est accepté ou rejeté par les auteurs, qui en
emploient le concept sous des acceptions assez différentes. ALPHE-
RAKY (1912) considère le Sous-Genre comme une catégorie inutile,
car incapable d'occuper une position définie et stable, estimant que
dans la majorité des cas où l'on propose l'établissement de Sous-Genres,
il n'y a aucune possibilité de prouver qu'ils soient en effet taxinomique-
ment inférieurs aux Genres dont on veut en faire des subdivisions.
DUBOIS (1982) pense qu'il faut utiliser le taxon sub-générique dans
deux cas : i) la tendance manifeste, à l'intérieur d'un Genre, à l'amélio
ration ou à l'affinement progressifs de l'adaptation des espèces à une
zone adaptative (« ensemble des relations entre groupes d'organismes
et leur environnement »); 2) la spécialisation d'un groupe d'Espèces,
colonisant des sous-zones contiguës, pouvant être sympatriques. Le Sous-
Genre, contrairement au Genre, exprime une tendance plutôt qu'une
rupture; il offre un avantage nomenclatural, celui de pouvoir garder
214 ANNÉE BIOLOGIQUE

d'anciens noms taxinomiques consacrés par l'usage (ainsi, avons-nous


procédé, 1977 a, pour ne pas faire disparaître de la nomenclature le
nom consacré d'Himantozoum).
MAYR (1969) insiste sur un autre intérêt pratique du Sous-Genre.
Quand on hésite sur le statut d'un taxon (Genre ou Sous-Genre ? Espèce
ou Sous-Espèce?), il est préférable de le garder comme subdivision
subgénérique ou subspécifique. Outre l'utilité de conserver provisoire
ment ce nom en attendant d'avoir mieux statué sur le niveau hiérarchique,
ce procédé attire l'attention sur l'individualité d'un ensemble de formes
animales (un ensemble d'espèces dans les cas d'un Sous-Genre) et sur
l'existence d'une certaine discontinuité entre elles et les autres formes
appartenant au taxon de rang immédiatement supérieur.

1.2.2. Le Genre chez les Bryozoaires Eurystowes.


Jusque vers 1960, chez les Bryozoaires, les séparations intergéné
riques ont toujours été fondées sur des homologies morphologiques;
ainsi sont encore établies les définitions des Genres dans les faunes
européennes récentes de PRENANT et BOBIN (1956, 1966), RYLAND
et HAYWARD (1977) et HAYWARD et RYLAND (1979). Depuis une ving
taine d'années, aussi bien au niveau des Genres qu'à celui des taxons
supra-génériques, les systématiciens ont fait appel à d'autres catégories
de critères. Ainsi, CANU et BASSLER (1920) ont considéré comme caractères
de Genres (et parfois de Familles) l'ornementation de la surface frontale
chez les Ascophorina, en reconnaissant trois grandes catégories fondées
sur la structure et l'aspect de la face frontale : olocyste, trémocyste,
pleurocyste (catégories dont BANTA, 1970 et SANDBERG, 1971, ont reconnu
l'hétérogénéité). Selon SANDBERG, l'hétérogénéité se situe aux niveaux
minéralogique et microstructural; mais des différences interspécifiques
à l'intérieur d'un même Genre et des similitudes entre taxons de rang
supérieur limitent l'usage de ces caractères au niveau subspécifique
(SANDBERG, 1977); ainsi, la microsculpture ne peut-elle pas être consi
dérée comme spécifique absolue d'un taxon chez les Ascophorina.
SANDBERG (1977) confirme l'opinion de SILÉN (1942) selon laquelle le
mode de formation du squelette frontal est en relation avec la cuticule
et le mécanisme hydrostatique de dévagination du polypide, et que
c'est ainsi qu'il peut permettre de définir de grands groupes parmi les
Ascophorina.
BOARDMAN, CHEETHAM et COOK (1969) ont été les seuls auteurs à
s'être préoccupés du concept de Genre spécifiquement chez les
Bryozoaires : « in theory, is not comparable test for inclusion in a supra-
specific taxon. In practice, thé différence between species and supra-
specific taxons is suggested by thé nature of phenetic variation gene-
tically controlled characters... Supraspecific taxa characteristically hâve
internai phenetic discontinuities in genetically controlled characters...,
arbitrary décisions are therefore required to delineate a supraspecihc