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Si jusqu’en 1975, la seule possibilité pour divorcer était de rapporter la faute de son conjoint, il

existe aujourd’hui quatre types de divorces pour encadrer au mieux les différentes hypothèses de
rupture.
Parmi ces quatre types de divorce prévus par l’article 229 du Code civil, il convient de distinguer le
divorce par consentement mutuel des autres divorces contentieux.

- Les divorces contentieux


Lorsque les deux époux sont en conflit et qu’ils ne parviennent pas à se mettre d’accord quant aux
modalités du divorce ou quant au principe même de celui-ci, on parle de divorce contentieux.
C’est ainsi le cas du divorce pour faute, du divorce sur acceptation du principe de la rupture du
mariage et du divorce pour altération définitive du lien conjugal.

• Le divorce pour faute ( article 242 )


L’article 242 du Code civil dispose que « le divorce peut être demandé par l’un des époux lorsque
des faits constitutifs d’une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage sont
imputables à son conjoint et rendent intolérable le maintien de la vie commune. »
Le divorce pour faute s’apparente à un divorce venant sanctionner la violation grave ou
renouvelée des droits et des devoirs respectifs des époux tels qu’ils sont prévus par les articles
212 à 215 du Code civil.
Il appartient aux juges du fond d’apprécier souverainement la gravité des griefs allégués.
Les griefs les plus couramment évoqués sont les atteintes au devoir de fidélité, ceux tirés de
l’absence ou de la rupture de cohabitation (abandon du domicile conjugal par exemple), la violation
du devoir d’assistance mais encore les comportements pathologiques (violences, addictions etc.).
(Voir aussi l’article intitulé « Le divorce pour faute toujours d’actualité : la notion de faute à la
loupe »)
Le divorce pour faute semble aujourd’hui réservé aux cas les plus graves.
Il peut être demandé par l’un des époux ou par les deux en cas de demande reconventionnelle en
divorce.
Il pourra alors être prononcé aux torts exclusifs d’un époux ou aux torts partagés des deux époux si
des fautes peuvent également être imputées à l’époux ayant effectué la demande initiale.
• Le divorce sur acceptation du principe de la rupture du mariage ( articles 233 / 234 )
Le divorce accepté est un divorce pour cause objective, prévu par les articles 233 et 234 du Code
civil.
C’est l’hypothèse selon laquelle les époux sont d’accord pour divorcer mais n’arrivent pas à
s’entendre sur les conséquences du divorce.
Le Juge aux Affaires Familiales vérifiera l’intégrité du consentement et prononcera le divorce après
avoir statué sur ses conséquences.
Il peut être demandé par l’un des époux ou par les deux.
Remarque Une fois l’acceptation du principe donnée (matérialisée par la signature d’un procès
verbal d’acceptation du principe de la rupture), il est impossible de se rétracter.
• Le divorce pour altération définitive du lien conjugal ( articles 237 et 238 )
Le divorce pour altération définitive du lien conjugal est prévu par les articles 237 et 238 du Code
civil qui envisagent deux hypothèses distinctes :
- lorsque la séparation est supérieure ou égale à deux ans ;
- lorsque le défendeur a répondu à une demande en divorce pour faute et que la partie adverse
répond en formulant une demande reconventionnelle en divorce pour altération définitive du lien
conjugal.
C’est donc un divorce pour cause objective à raison de la cessation de la communauté de vie depuis
deux ans au moins.
Le délai de la séparation de fait s’apprécie à la date de la délivrance de l’assignation en divorce et la
preuve de la séparation incombe au demandeur.
Cette preuve peut être apportée par tous moyens et il conviendra aux juges du fond de l’apprécier
souverainement.
Remarque Une séparation supérieure à deux ans entraîne seulement l’acquisition du principe du
divorce mais le Juge aux Affaires Familiales devra statuer sur toutes les autres demandes (pensions
alimentaires, prestation compensatoire etc.).
Ainsi, même si les époux sont séparés depuis plus de deux ans, le divorce pour altération définitive
du lien conjugal n’est pas automatique.

- Le divorce par consentement mutuel (article 230 )


Le divorce par consentement mutuel est un divorce consensuel puisque les époux s’entendent aussi
bien sur le principe de la rupture que sur les conséquences de celle-ci.
Les effets du divorce seront dès lors réglés par une convention de divorce rédigée par les époux et
leur(s) avocat(s). Il est en effet possible que les époux soient représentés par un seul et même
avocat.
Lorsque les époux étaient propriétaires d’un bien en commun, cette convention devra être
accompagnée d’un état liquidatif du régime matrimonial. (Voir aussi l’article intitulé « Divorce par
consentement mutuel : que devient le bien immobilier commun ? »)
Si cette procédure est privilégiée par les époux souhaitant divorcer dans la moitié des cas en raison
de sa rapidité et de son moindre coût, il convient de noter qu’il n’est pas possible de faire état de
grief lorsque le divorce est demandé par consentement mutuel.
Le rôle du Juge aux Affaires Familiales va, dans ce type de divorce, se borner à recevoir les époux
lors d’une audience au cours de laquelle il va prononcer le divorce et homologuer la convention de
divorce.
Au préalable, le Juge aura dû contrôler le contenu de la convention en veillant aux intérêts des
enfants mais aussi de chacun des deux époux.
Remarque La procédure de divorce par consentement mutuel n’est pas ouverte aux majeurs
protégés.
Prestation compensatoire

« Le divorce met fin au devoir de secours entre époux.

L'un des époux peut être tenu de verser à l'autre une prestation destinée à compenser,
autant qu'il est possible, la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions
de vie respectives. Cette prestation a un caractère forfaitaire. Elle prend la forme d'un
capital dont le montant est fixé par le juge.

Toutefois, le juge peut refuser d'accorder une telle prestation si l'équité le commande,
soit en considération des critères prévus à l'article 271, soit lorsque le divorce est
prononcé aux torts exclusifs de l'époux qui demande le bénéfice de cette prestation, au
regard des circonstances particulières de la rupture. »

Article 270 du Code civil

Concubinage : le concubinage est un mode de conjugalité défini comme l'union de fait entre deux
personnes qui vivent en couple, sans être mariés ni pacsés. Article 515_8

Pacs 515-1 pour pacs