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Management des Organisations

Thème 1: Introduction à la théorie des organisations

Mars 2011

Karim GASSEMI – Management des organisations – S2/2011 1


THEORIE DES ORGANISATIONS

INTRODUCTION
Une approche multidisciplinaire
économie sociologie

Organisation

psychologie droit
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THEORIE DES ORGANISATIONS

Henry Mintzberg dans « le Management » :

« Nous sommes nés dans le cadre


d’organisations et se sont encore des
organisations qui ont veillé à notre éducation
de façon, à ce que plus tard, nous puissions
travailler dans des organisations. […] Et,
notre dernière heure venue, ce seront encore
des organisations qui s’occuperont de nos
funérailles ».
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THEORIE DES ORGANISATIONS
définition
ORGANISATION= Système d’Action Collective
+
Recherche permanente d’une Cohérence et un équilibre de
ressources

1. dont le problème majeur consiste à définir des modes de


coopération efficaces entre ses membres
2. articulé autour d’une structure organisationnelle et traversé par de
multiples jeux de pouvoir et d’influence
3. caractérisée par la poursuite de certains objectifs
4. qui doit faire face à un contexte particulier et établir avec lui des
relations durables

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THEORIE DES ORGANISATIONS
ICEBERG ORGANISATIONNEL

Aspects formels
(ce qui est visible
ou patent) :

-Buts
-Technologie
-Structure
-Politiques et procédures
-Produits
-Ressources

Aspects informels
(ce qui est plus
caché ou latent) :
-Perceptions
-Attitudes Du Système
Formel
-Sentiments

-Valeurs
-Interactions informelles
-Normes du groupe
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THEORIE DES ORGANISATIONS
Évolution de la théorie des organisations

ÉPOQUE THÉORIE/CONCEPT/MODÈLE AUTEURS


. 1910 •

Le mouvement scientifique
Les principes administratifs
Frederic Taylor
Henri Fayol

1920 • Les principes de la bureaucratie Max Weber

• L’école des relations humaines Elton Mayo, Fritz Roethlisberger


et Bill Dickson
1930 • La dynamique de groupe Kurt Lewin
• Les premières études sur le leadership Ronald Lippitt et Ralph White
Ivan Pavlov

• La théorie des besoins (motivation) Abraham Maslow


1940 • La psychanalyse Sigmund Freud
• La théorie du leadership fondée sur le comportement Ralph Stogdill
• La théorie bifactorielle (motivation) Frederick Herzberg
• La psychologie humaniste Carl Rogers
1950 • Le stress Hans Selye
• Le système sociotechnique Eric Trist
• La théorie de la décision James March et Herbert Simon

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THEORIE DES ORGANISATIONS
ÉPOQUE THÉORIE/CONCEPT/MODÈLE AUTEURS

• La dimension humaine de l’organisation Douglas McGregor


• La structure organisationnelle et l’environnement Tom Burns et George Stalker
• La grille de gestion (styles de leadership) Robert Blake et Jane Mouton
• Le modèle comportemental du leadership Robert Tannenbaum
1960 • Le modèle contingent du leadership Fred Fiedler
• La théorie de l’expectative (motivation) Victor Vroom
• Le stress (perspective cognitive) Richard Lazarus
• La personnalité de type A George Friedman et Rosenman

• La dynamique de la bureaucratie Michel Crozier


1970 • La théorie de la dépendance des ressources Jeffrey Pfeffer et Gerald Salanick
• La théorie des objectifs Edwin Locke et Gary Latham
• La culture organisationnelle Edgar Schein
• La théorie de l’excellence Tom Peters et Robert Watterman
• Les avantages compétitifs Michael Porter
1980 • Le concept de la qualité totale Edward Demings et Joseph Juran
• Le concept de la créativité Edward De Bono
• La psychanalyse organisationnelle Manfred Kets de Vries
• La planification stratégique Henry Mintzberg
• Le leadership transformationnel Bernard Bass
1990 • Le concept d’organisation apprenante Peter Senge
• L’intelligence émotionnelle Daniel Goleman

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L’école classique des organisations (1900-1930) Contexte
conjoncturel :

„ Révolution industrielle 18ème-19eme: concentration des moyens de


production favorisent l’émergence de la société industrielle et du
machinisme. L’usine, lieux de création des richesses, suppose des
changements de valeurs et une forte demande du marché:

¾ Le secteur industriel attire une main d’œuvre agricole nombreuse, peu


adaptée à la production technique et qu’il va falloir intégrer.
¾ Accumulation du capital: naissance de la bourgeoisie industrielle
¾ Individualisme.
„ C’est dans ce contexte que l’école classique se développe dans 2
directions :
„ Inspiration managériale (Taylor, Fayol).
„ Théories sur la bureaucratie (Weber).

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L’organisation scientifique du travail (OST)
Taylor (1856-1930)
„ 1911 : Principles of scientific management.
„ C’est un self-made man, apprenti puis ingénieur, il réfléchit sur
son expérience de l’organisation. Il dépasse la simple
organisation du travail.
„ Taylor critique l'organisation du travail du XIXe siècle : des
patrons souvent absents de leurs ateliers, ne s'intéressant pas à
ce qui s'y passe, des ouvriers, jaloux de leurs méthodes et n'en
faisant qu'à leur tête, soit décidés à travailler le moins possible
Entre les deux, les rapports sont méfiants, voire hostiles. Taylor
espère régler cette question sociale.
„ Il a la certitude que la science peut résoudre les problèmes. La
méthode expérimentale, rationnelle permettra d’arriver à des
méthodes de production et d’organisation scientifiques,
incontestables et acceptables par tous.

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L’organisation scientifique du travail (OST)
3 principes pour le «One Best Way »

9 L'observation minutieuse et le chronométrage


permettent de décomposer le travail afin d'en préparer une
organisation «rationnelle !!!». Il faut donc développer des
techniques d'observation et d'analyse (relevés de tâches, photos
et films, études des gestes et des mouvements, etc…) ...

9 La décomposition des gestes aboutit à structurer les tâches


de manière précise et fortement parcellisée.

9 Ceci permet de calculer des temps qui seront alloués à


l'opérateur pour effectuer sa tâche constitue aujourd'hui la base
de nombreux systèmes de gestion.
Rationalisation de la production et optimisation de la rentabilité !!!

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L’organisation scientifique du travail (OST)
4 principes en matière d'organisation du travail

Séparation du travail de conception et d’exécution.


Cadre dirigeant et ouvrier
Les ingénieurs déterminent scientifiquement des standards de
production incontestables.

Sélection scientifique et entraînement de l’ouvrier suivant ses


aptitudes.

Le salarié doit être motivé par une rémunération à la pièce:


principe d’équité.

Contribution / Rétribution

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L’organisation scientifique du travail (OST)
Framework et cadre général

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TAYLOR :
ORGANISATION SCIENTIFIQUE DU TRAVAIL

„ 3 PRINCIPES FONDAMENTAUX :
1- Utiliser l’étude des temps et méthodes pour trouver la meilleure
manière de faire un travail. Fonction de maximisation très demandée
« One Best Way »
2- Prime au rendement
Fournir au travailleur une stimulation matérielle pour exécuter son travail
selon la meilleure méthode et à une bonne cadence.

3- Utiliser des experts spécialisés (contres-maîtres spéciaux) pour élaborer


la méthode, la vitesse des machines et priorité des tâches.

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Les limites de L’OST

9 La double division du travail, horizontale et verticale


crée:
• des taches répétitives, monotones et aliénantes.
• Faible mobilité du personnel.
• Absentéisme chronique
• Rotation du personnel élevée
• Conflits collectifs
• Taux de rebut important

9 La seule motivation possible pour l’homme est


l’argent.

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Le modèle Weberien de la bureaucratie
Max Weber (1864-1920)
Né d’un père juriste et d’une mère très cultivée et préoccupée par les
problèmes sociaux et religieux, il avait l’habitude de croiser les
intellectuels de son époque chez ses parents.

Il étudia le droit, l’économie, l’histoire, la philosophie et la théologie.


Professeur allemand qui a légué une œuvre d’une richesse
exceptionnelle.

Il fut occasionnellement journaliste mais à son grand désespoir, il ne


devint pas leader politique !!!!.

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Max Weber (1864-1920)
La sociologie appliquée dans l’étude des organisations est la
science de la conduite humaine: à partir de faits observables, il
s’agit de comprendre la conduite humaine dans la signification que
lui donnent les acteurs eux-mêmes.

La sociologie est la science de l’action sociale qu’elle veut


comprendre en l’interprétant et dont elle veut expliquer socialement
le déroulement:

¾ Comprendre: saisir les significations des comportements en groupe


¾ Interpréter: organiser en concepts le sens subjectif des
comportements
¾ Expliquer: mettre à jour les régularités des conduites humaines

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Max Weber (1864-1920)

Son ambition est de comprendre l’organisation:

¾ comment les hommes ont pu vivre dans des


sociétés aussi diverses, en fonction de
croyances différentes;
¾ Comment, selon les siècles, ils se sont
consacrés à une activité ou à une autre,
mettant leurs espoirs tantôt dans l’Autre
Monde, tantôt dans le notre, obsédés soit par
leur salut, soit par la croissance économique.

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Le modèle Weberien de la bureaucratie
Max Weber (1864-1920)
Les formes de l’action et de la domination

Economie et Société propose une analyse générale des actions humaines, lesquelles
peuvent être étudiées à partir de 4 idéaux types fondamentaux:

L’action traditionnelle se rattache à la coutume, à l’habitude. ex: activités quotidiennes.

L’action affective est guidée par les passions. Ex: gifle impulsive, Zidane mettant un coup de
tête à un joueur lors de la coupe du monde.

Action rationnelle en valeur est mue par des valeurs d’ordre éthique, esthétique ou religieux.
Ex: calcul d’un taux de rentabilité ou de croissance

L’action rationnelle en finalité est tournée vers un but utilitaire et qui implique l’adéquation entre
fins et moyens. Ex: entreprises capitalistes visant la maximisation du profit, le savant
qui expérimente, le stratège militaire qui organise l’armée.

Ceci n’est pas une classification rigide et cloisonnée des modes de l’activité
sociale. Dans la réalité l’activité se rapproche de l’un ou l’autre de ces
idéaux types, souvent elle les combine.

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Weber: action et domination
Autorité et légitimité
Les 3 formes de domination et de légitimité distincte:
1. La domination/autorité traditionnelle fonde sa légitimité sur le
caractère sacré de la tradition, les précédents et les usages
2. La domination charismatique est issue d’une personnalité
dotée d’une aura exceptionnelle et d’une grande force de
conviction.
3. La domination/autorité légale ou rationnelle s’appuie sur des
règles strictes, explicites et impersonnelles.

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Les 3 types d’organisation selon Weber
De ces trois types d’autorité découlent trois
classes d’organisation (société):
1. L’organisation traditionnelle: basée sur les usages,
les coutumes de l’entreprise et le passé de
l’entreprise. Ex: le fils succédant à son père à la
tête de l’entreprise.
2. L’organisation charismatique: basée sur les
qualités personnelles du leader. Ex: Ford, Citroën.
3. L’organisation moderne, rationnelle ou
bureaucratique: induite par l’essor du capitalisme,
elle est, selon Weber, la forme la plus efficace
pour la direction du des grandes organisations.

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« L’idéal-type » bureaucratique
L’administration bureaucratique présente les caractéristiques
suivantes:
9 Une hiérarchie des emplois claire et définie.
9 Des compétences définies pour chaque emploi (Ex: diplômes)
9 Les salaires sont fixés et augmentent selon la hiérarchie.
9 Chaque emploi est définit par un contrat entre l’employé et
l’organisation.
9 La promotion est définie selon l’ancienneté et le jugement des
supérieurs.
9 Séparation entre la fonction et l’homme qui l’occupe: le salarié
n’est ni propriétaire des moyens de l’organisation, ni de son
poste.
9 L’employé est soumis a une discipline stricte.
9 L’emploi est la seule occupation du salarié au sein de
l’organisation
Modèle Weberien et l’organisation du Travail
Des conclusions convergentes sur:

¾ Les objectifs de productivité et d’efficacité peuvent se réaliser en


poussant les hommes à agir logiquement.

¾ Le « one best way » nécessite une organisation rationnelle:


structure hiérarchique et délégation de pouvoir, division du travail
et une spécialisation des taches.

¾ La rationalité des principes administratifs doit s’imposer à tous.

¾ La supériorité de l’organisation réside dans un contrôle plus


grand, une prévisibilité et une dépersonnalisation plus fortes.

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Les critiques sur l’Ecole Classique
Ces premières théories sont empreintes de l’esprit de leur
époque dont elles contribuèrent à l’évolution. Depuis, la théorie
des organisations foisonne de prolongements et critiques sur
l’école dite classique dont:
9 La naïveté de ses principes;
9 La sous-estimation de l’impact des conflits et de la complexité de
l’individu (absentéisme, turnover, syndicalisme)
9 La méconnaissance des mécanismes cognitifs de traitement des
connaissances et des informations. => la division des tâches ne
rend pas les employés plus épanouis.
9 La croyance en l’efficacité invariable et constante de la
spécialisation et de l’unité de commandement.
9 Les lacunes méthodologiques et théoriques.
Une organisation ne peut pas être conçue uniquement sur les
méthodes scientifiques !!!!

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ELTON MAYO (1880-1949)

Principes :

1- L’entreprise est autant un système social qu’un système technico-


économique.

2- L’individu est motivé par l’argent, mais également par des facteurs
psychosociologiques : Sentiments, Perceptions, Attitudes.

3- Le groupe de travail est une unité importante à considérer dans les


attitudes et le rendement de l’individu (ambiance, sécurité)

4- Les styles de leadership définis par la structure doivent tenir compte des
facteurs psychologiques et sociologiques (démocratique)

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L’apport de Mc Gregor (1906-1964)
« Théorie X » Vs. « Théorie Y »

THEORIE X : CONCEPTION TRADITIONNELLE DE LA DIRECTION


BASEE SUR LA CONTRAINTE ET LE CONTROLE

HYPOTHESES :
„ Les individus ont une aversion pour le travail
„ Il doivent être contraints, dirigés et contrôlés
„ L’individu moyen préfère être conduit, a peu d’ambition, fuit les
responsabilités.

Les gestionnaires qui raisonnent selon la théorie X surveillent étroitement leurs


subalternes, les menacent de sanction et exigent la conformité aux politiques de
l’organisation.

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L’apport de Mc Gregor (1906-1964)
« Théorie X » Vs. « Théorie Y »

THEORIE Y: CONCEPTION MODERNE DE LA DIRECTION BASEE SUR


LA PARTICIPATION
HYPOTHESES

„ Les êtres humains ne détestent pas le travail


„ L’être humain ne craint pas l’engagement et les responsabilités
- Il est capable de créativité, d’imagination, d’originalité pour
solutionner des problèmes organisationnels.
- Associé aux objectifs de l’entreprise, il devient plus productif (MPO)

Pour Mc. GREGOR,


„ L’homme a envie de travailler
„ L’homme désire s’accomplir et se sentir utile.

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L’APPROCHE SYSTEMIQUE

L’idée de base :
- L’organisation est un système composé de parties interdépendantes.
- De même, l’organisation doit être perçue comme un « fonctionnement
global » à l’intérieur duquel chaque partie joue un rôle.
Le système de gestion comprend plusieurs parties :
• Les entrées ; in put (ressources…)

• Le processus de gestion

• Les sorties ; out put (produits ou services)

• La retro-action (information sur les résultats et les corrections…).

- Le système de gestion est un système ouvert.

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