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Grands faits (Rois en Angleterre)

• 1016 - EDMOND II monte sur le trône de son père pour quelques mois, mais il
dût céder à son rival KNUD Le Grand : la Mercie et la Northumbrie.
• 1017 à 1066 - " Hégémonie danoise " sur la couronne d'Angleterre
• 1017 à 1035 - Le ROI KNUD (en danois) ou CANUT-II le Grand règne sur
l'Angleterre, le Danemark (1018-1035) la Norvège (1030-1035). En 1017 Knud,
surnommé le pieux épousa Emma la veuve d'Ethelred et fit en 1026 un
pèlerinage à Rome. A sa mort son royaume fut partagé entre ses trois enfants :
Sven II reçut la Norvège, KNUD III le Danemark et Harald ou Harold 1er
reçut l'Angleterre.
• 1035 à 1040 - Règne du roi HAROLD 1er (surnommé pied de lièvre) qui
mourut à Oxford, il se livra à une sévère lutte pour le pouvoir contre son propre
frère Knud le Hardi.
• 1040 à 1042 - Règne du roi KNUD Le Hardi ou également nommé CANUT
III qui reçut à la mort de son frère Harold : le royaume d'Angleterre pour un
règne de deux ans, malgré qu'il régnait déjà sur le Danemark depuis 1035.
Lorsqu'il mourut, les anglais profitèrent de la situation pour se libérer
définitivement du joug de la dynastie danoise.
• 1042 à 1066 - Règne du roi EDOUARD dit le Confesseur qui selon les
historiens s'occupa plus de son salut personnel que de la gestion de son pays.
Fils d'Ethelred II, il est par sa mère EMMA petit-fils de Richard 1er duc de
Normandie. En 1045, il épousa la fille de son conseiller : le comte de Godwin.
En 1051 - disgrâce de Godwin qui lors d'un voyage de Guillaume en Angleterre
lui a promis la succession, mais Godwin soutiendra la candidature d'Harold son
fils.
• 1066 - A la mort d'Edouard : HAROLD II devient roi des anglo-saxons Il
mourut la même année à la bataille de Hasting.
• 1066 - Bataille de Hasting : fin de la suprématie danoise sur l'Angleterre et
avènement de la Maison de Normandie jusqu'en 1154
• 1066 à 1087 - Règne de GUILLAUME Le Conquérant, fils illégitime du duc
de Normandie Robert 1er. Il vainquit en 1054 le roi Henri 1er de France et fut
reconnu héritier par son cousin Edouard le confesseur. Il s'assura le trône anglais
par la bataille de Hasting, où le roi Harold II fut tué au combat. Il nomma un
shérif par comté et s'entoura d'un vrai pouvoir féodal... Son épouse Mathilde de
Flandres lui donnera trois fils : Guillaume II, Henri 1er et Robert II de
Courteheuse. Robert II, duc de Normandie, s'étant allié au roi de France
Philippe 1er contre son père, Guillaume sera blessé à Mantes et mourra le 7
Septembre 1087 à Rouen. Malgré sa participation à la première croisade, Robert
sera déchu de ses droits par son frère Henri 1er de Beauclerc qui lui ôtera la
Normandie en 1106.
• 1087 à 1100 - Règne du roi GUILLAUME II, dit le roux. (Né en 1056) Fils de
Guillaume il vaincra en 1089 son frère Robert II qui lui dispute le trône. En gage
de défaite il exigea du duché de Normandie le paiement de dix mille marcs
d'or. Le 2 août 1100 Guillaume II décéda d'un accident de chasse, son frère
Henri 1er de Beauclerc lui succéda sur le trône anglais
La fin du Xe siècle est marquée par la reprise des attaques des Vikings, qui sont
notamment victorieux à Maldon en 991. Le roi Ethelred le Malavisé est chassé
d'Angleterre par Sven de Danemark en 1013, mais ce dernier meurt peu de temps après,
ce qui permet à Ethelred de reprendre le pouvoir. Son fils aîné Edmond Côtes-de-Fer
doit faire face à un adversaire de poids : Knut le Grand, le fils de Sven. Edmond est
vaincu à Assandun en octobre 1016 et meurt deux mois plus tard, permettant à Knut de
s'emparer de toute l'Angleterre. Son empire s'étend alors sur le Danemark, la Norvège,
une partie de la Suède et l'Angleterre.

La première moitié du XIe siècle voit se succéder les descendants de Knut (Harold Pied-
de-Lièvre, Hardeknut) et d'Ethelred (Édouard le Confesseur). Le 5 janvier 1066,
Édouard le Confesseur meurt sans descendance, et sa succession est disputée. Le
puissant comte Harold Godwinson, affirmant avoir été choisi comme successeur par le
Confesseur sur son lit de mort, est reconnu roi par le Witenagemot, mais le duc de
Normandie Guillaume le Bâtard et le roi de Norvège Harald Hardråda peuvent
également prétendre au trône. Tous deux envahissent l'Angleterre. Malgré l'appui du
frère de Harold, Tostig, Harald est vaincu et tué à la bataille de Stamford Bridge, mais
Harold est à son tour vaincu par Guillaume à Hastings. Le duc de Normandie est
couronné roi d'Angleterre le jour de Noël à Westminster, mais son autorité n'est pas
unanimement acceptée, comme le montrent les rébellions de 1068 et 1069, qui ne seront
que difficilement réprimées (Dévastation du nord de l'Angleterre).

I] L’amour au Moyen âge :

Amour courtois :

Genre littéraire né à la toute fin du XIè siècle dans le sud de ce qui n’était pas encore la
France : l’amour courtois en occitan, on l’appelle la fin’amor. Il est bien évidemment nécessaire
de contextualiser et définir, avant toute chose, ce terme.

La fin’amor fait son apparition sous la plume de Guillaume IX (1071-1126), duc d’Aquitaine et
comte de Poitiers. Seigneur puissant, homme de combat ayant participé à la première croisade
en 1101, il établit une des cours les plus raffinées de son époque et écrit à ses heures des
poèmes dans sa langue maternelle : l’occitan, langue latine vernaculaire parlée majoritairement
dans le Sud de la France. Bien que parfois de consonance crue et érotique, ces poèmes,
chantés (au Moyen-Âge, un poème n’est jamais prononcé d’une voix neutre mais toujours mis
en musique), sont considérés comme les précurseurs de l’esthétique courtoise, puisqu’ils
traitent de la femme et de l’amour, thématiques sur lesquelles nous allons revenir en détail.

Ce genre littéraire va se propager à une vitesse fulgurante au point de devenir une véritable
révolution idéologique. Il se répand d’abord en Occitanie grâce à l’intervention des troubadours,
ces poètes de langue d’oc s’adonnant à l’art de créer des formes lyriques, et gagne peu à peu
le Nord de la France puis l’Angleterre, notamment par l’influence d’Aliénor d’Aquitaine, petite
fille de Guillaume IX et successivement épouse du roi de France Louis VII et du roi d’Angleterre
Henri II.
Il faut d’abord distinguer, en théorie, deux « types » littéraires de l’amour courtois : celui des
troubadours du Sud de la France, et celui des trouvères du Nord.

L’amour courtois, je l’ai dit, est né en Occitanie à la toute fin du XIè siècle. Les troubadours,
premiers à chanter le sentiment amoureux, y prônent l'amour et, surtout, la femme.

"Ce n'est pas étonnant si je chante


Mieux que tous les autres chanteurs :
Mon coeur répond plus fort à l'appel de l'amour
Et j'obéis mieux à ses ordres!
Coeur et corps, savoir et sens,
Force et pouvoir : je lui ai tout donné,
Si bien que je ne me l'applique à rien d'autre

(...)

Quand je la vois, tout témoigne de mon désir :


Mes yeux, mon visage, ma pâleur.
Aussitôt je tremble de peur
Comme une feuille dans le vent
Et je n'ai pas plus de sens qu'un petit enfant...
Voilà comment je suis prisonnier d'Amour.
Ah! Que d'un homme ainsi conquis,
Une Dame peut avoir grand pitié!

Bonne Dame, je ne vous demande


Que d'être accepté pour serviteur.
Je vous servirai en bon seigneur,
Quelle que soit ma récompense.
Me voici à vos ordres :
Etre noble et doux, gai, courtois!
Vous n'êtes point un ours ni un lion,
Vous ne me tuerez pas, si je me rends à vous!"

Extrait d'un poème de Bernard de Ventadour (né vers 1125), attaché au service d'Aliénor
d'Aquitaine.
Poème traduit de l'occitan

Néanmoins, la dame aimée n'est pas n’importe laquelle : elle est toujours issue de la catégorie
sociale la plus élevée. En effet, dans l’amour courtois, il n’est pas mention de la femme du
« peuple », la paysanne, la bouchère, la boulangère, mais bel et bien de la femme appartenant
à la noblesse. Pourquoi cette discrimination ?

L’explication est que le terme de courtoisie désigne un ensemble de valeurs, une attitude
mentale propres à un milieu social particulier : l’aristocratie. L’étymologie du mot courtoisie
provient d’ailleurs du nom commun cour. La fin’amor ne peut donc évoluer que dans ce milieu
restreint de la noblesse, car il est une manière de s’opposer au monde des « vilains », c'est-à-
dire au monde paysan. Un paysan ne peut être courtois, et par conséquent une paysanne ne
peut bénéficier de l’attention courtoise. Autre fait notable, dans l’amour courtois chanté par les
troubadours, la femme courtisée est toujours socialement supérieure à l’homme qui en est
amoureux. Elle est noble s’il est roturier, elle est duchesse s’il est comte, elle est reine s’il est
chevalier…

Autre caractéristique : la dame aimée est toujours mariée, et bien sûr elle ne l’est pas à celui qui
en est amoureux. La relation courtoise est donc par essence adultère et socialement
impossible. Il est important d’ajouter qu’ « adultère » ne signifie pas obligatoirement
consommation sexuelle (cela arrive, mais ce n’est pas obligatoire), mais bien sentiment
amoureux en dehors du mariage. Ce sentiment peut être partagé par les deux protagonistes du
poème ou unilatéral (c’est toujours l’homme qui aime).

Dans la relation courtoise, l’homme amoureux n’agit et ne vit que pour plaire à la dame de ses
pensées sur laquelle il fantasme. Cette femme, au fil de l’histoire et si elle partage ses
sentiments, lui accorde de plus en plus de faveurs (baisers, caresses, voire relation sexuelle qui
est l’aboutissement de la relation et met un terme à la courtoisie). Pour elle, l’amant se
surpasse, affronte toutes sortes d’obstacles (des guerres ; des combats ; des ennemis ; un mari
jaloux, appelé gilo). La relation courtoise n’est pas de tout repos, l’amant lui-même peut être
rongé par une jalousie maladive vis-à-vis de l’époux ou d’éventuels autres prétendants mais il
doit mesurer son comportement. En bref, le danger guette constamment l’amour, et l’amant doit
y faire face, ne pas s’y soustraire.