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LECTURES SENIORS NIVEAU 3

Les lectures ELI sont une collection de livres de différents niveaux


superbement illustrés allant des classiques toujours actuels aux
STENDHAL
histoires originales écrites pour les élèves qui étudient le français. LE ROUGE

STENDHAL

NIVEAU 3
Stendhal
Le Rouge et le Noir
ET LE NOIR

LE ROUGE ET LE NOIR
Julien Sorel, un jeune homme d’origines modestes, aspire à une ascension
sociale. D’abord fasciné par les guerres napoléoniennes, il est attiré par
la carrière militaire. Mais c’est en fait la carrière ecclésiastique qui, sous la
Restauration, permet une ascension certaine. D’où probablement le titre du
roman Le Rouge et le Noir, le rouge représentant la carrière militaire et le noir la
soutane portée par les prêtres.
D’abord précepteur chez le maire de Verrières, il devient l’amant de sa femme.
En suivra un scandale qui l’oblige à entrer au séminaire de Besançon. Là, il
est pris à cœur par le directeur qui, reconnaissant son intelligence supérieure,
l’aide à franchir les échelons que lui dicte son ambition. Ce sera l’occasion de
connaître la société parisienne de la Restauration où, faute d’idéaux, l’ennui
domine.
L’échec social de Julien sera total, mais il connaîtra enfin le bonheur véritable.

Dans cet ouvrage :


- des dossiers culturels ;
- des exercices DELF ;
- des activités ludiques très variées.

Thèmes
Société Orgueil Hypocrisie Amour Ennui

NIVEAU 1 600 mots A1


NIVEAU 2 800 mots A2
NIVEAU 3 1.000 mots B1
NIVEAU 4 1.800 mots B2
LECTURES ELI SENIORS

NIVEAU 5 2.500 mots C1


NIVEAU 6 Texte intégral C2
Classique

Avec CD audio Avec livret


+ lecture intégrale gratuit
version MP3 téléchargeable 
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téléchargeable
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FLE LECTURES SENIORS


FLE B 1

www.elireaders.com
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RS

B1
LESLES
PERSONNAGES
PERSONNAGESstendhal
PRINCIPAUX
PRINCIPAUX

Mathilde De La Mole
Madame De Rênal

Julien Sorel

6
le rouge et le noir
Monsieur de Rênal

Abbé Chélan

Sorel père

Marquis De La Mole

7
ACTIVITÉS DE PRÉ-LECTURE

Repères
1 Une solution est possible pour compléter le texte qui suit.
Coche-la.
Le Rouge et le Noir de Stendhal paraît le 13 novembre 1830. Le
sous-titre de cette œuvre est « Chronique de 1830 », qui sera
précisé ensuite par « Chronique du XIXème siècle ». Cette année-là,
un événement historique a eu lieu en France, c’est …
a ■ … la proclamation de la République.
b ■ … l’exécution de Louis XVI.
c ■ … Louis Philippe est roi des Français.
d ■ … le départ de Napoléon à Sainte-Hélène

2 Complète les événements en ordre chronologique avec les


solutions de l’encadré.

Napoléon • Louis Philippe • République • Insurrection à Paris


la République • Terreur • Empereur • Waterloo

République
(21/9/1792) Déclaration de la …...........................
a (5/9/1793) Début de la …………………………..
b (18/5/1804) Napoléon devient ……………………
c (18/6/1815) Défaite de Napoléon à ………………………
d (15/7/1815) Départ de ………………………… pour Sainte-Hélène
e (28/7/1830) …………………………………. (Les Trois Glorieuses)
f (9/8/1830) ………………………………… devient roi des Français
g (4/5/1948) Proclamation de ………………………………….

3 Réponds aux questions.


1 La France est appelée l’hexagone, pourquoi ?
………………………………………………………………………………………………………………....
…………………...........................................................................................................
2 La Franche-Comté, dans quelle partie de l’hexagone se trouve-
t-elle ? Indique-la dans la carte de France.

8
a ■ Nord Ouest
b ■ Nord Est
c ■ Sud Ouest
d ■ Sud Est
e ■ Centre Est
f ■ Centre Ouest

3 La capitale régionale de la
Franche-Comté est:

a ■ Belfort
b ■ Besançon
c ■ Montbéliard

4 Contexte politique et social. Lis le texte ci-dessous et réponds


à la question qui suit (plusieurs réponses possibles).
Le XIXème est le siècle du progrès avec de nouvelles techniques
comme la machine à vapeur. Ce fait pousse à l’ambition et à la
richesse, surtout chez les arrivistes.
Ce siècle débute aussi par l’effondrement de l’Empire de
Napoléon 1er, interrompu par la défaite de Waterloo. Cette période
napoléonienne fut comme un prolongement des idéaux de
réussite individuelle apportés par la Révolution française, pour
laquelle tout être humain a droit au succès.
À chaque instant dans Le Rouge et le Noir, nous assistons à des
luttes de tout genre : dans le clergé, dans la société, entre deux
mondes opposés, dans les milieux politiques, mais aussi entre
l’hypocrisie et l’honnêteté, l’ennui et l’idéal, l’amour réel et l’amour
passion, etc.

Stendhal ajoute au titre de son roman Chronique de 1830 ou, plus


tard, Chronique du XIXème siècle : que veut-il surtout décrire à ton
avis ?
a ■ L’ennui dans les salons aristocratiques
b ■ Les conflits politiques de l’époque
c ■ La pensée paysanne
d ■ Les mutations économiques
e ■ Les inégalités sociales
f ■ Le dur travail des paysans

9
Chapitre 1

Verrières - Julien
précepteur
et naissance de l’amour
2 Abritée* par une haute montagne, la petite ville de Verrières est
l’une des plus jolies de la Franche-Comté* avec ses maisons blanches
et leurs toits pointus de tuiles rouges qui s’étendent sur la pente
d’une colline. Le Doubs* coule au-dessous de ses fortifications bâties
jadis par les Espagnols, maintenant ruinées. Un torrent la traverse
et actionne des scies à bois, qui procurent du bien-être à la majeure
partie des habitants plus paysans que bourgeois. Mais c’est toutefois
la fabrique des toiles peintes qui offre une certaine aisance générale à
toute la population.
En entrant dans la ville, on est étourdi par une machine très
bruyante : vingt marteaux sont soulevés par une roue que le torrent
fait tourner. Chacun de ces marteaux fabrique, chaque jour et grâce
au travail de jeunes filles fraîches et jolies, des milliers de clous.
Si un voyageur demande à qui appartient cette fabrique, on lui répond :
— Eh ! elle est à M. le maire.
C’est un homme à l’air très occupé et important. Son visage qui,
au premier abord, est agréable, peut vite choquer à cause de son
air sûr de soi, mêlé à je ne sais quoi de peu intelligent. On sait enfin
que le talent de cet homme-là est de se faire payer exactement ce
qu’on lui doit, et de payer lui-même le plus tard possible.
Tel est le maire de Verrières, M. de Rênal.
abritée protégée Doubs affluent de la Saône
Franche-Comté région de l’est de la France

10
le rouge et le noir

17
ACTIVITÉS DE POST-LECTURE

Compréhension
1 Coche la bonne solution pour compléter chacune de ces phrases.
Mathilde avait en réserve :
A ■ des vêtements propres pour Julien ;
B ■
3 une lettre du prélat qui nommait les évêques ;
C ■ une lettre de son père qui lui pardonnait.

1 Quand Julien descendit de sa prison :


A ■ les gendarmes eurent beaucoup de mal à écarter la foule ;
B ■ Mathilde l’attendait dehors ;
C ■ il tenta de s’évader.

2 L’avocat de Julien s’adressa aux jurés. Julien frémit. Grand Dieu !


A ■ que dira Valenod ?
B ■ que diront mes ennemis ?
C ■ que dira mon père ?

3 Julien confirma son crime :


A ■ mais demanda grâce ;
B ■ mais dit qu’il n’était pas prémédité ;
C ■ et insista sur le fait qu’il fut prémédité.

4 Le baron de Valenod s’avança d’un pas grave :


A ■ il était suivi de tous les jurés ;
B ■ il alla s’asseoir ;
C ■ il regarda Julien dans les yeux.

5 Julien était absorbé par ce qu’il dirait à Mme de Rênal :


A ■ mais rien ne lui vint à l’esprit ;
B ■ mais il savait que c’était inutile ;
C ■ s’il avait le bonheur de la voir.

6 Cet infâme Frilair m’a trahie :


A ■ lui disait-elle, furieuse ;
B ■ je m’y attendais ;
C ■ et pourtant j’avais confiance.
144
7 Mathilde n’avait pas pu voir l’abbé de Frilair :
A ■ elle l’attendit donc ;
B ■ sa fureur retomba alors sur Julien ;
C ■ elle s’en alla.

8 Je te le jure. À moins :
A ■ que Mathilde soit trop jalouse ;
B ■ que je tombe malade ;
C ■ que mon mari ne me le défende.

9 M. Valenod avait donc osé se moquer de M. de Frilair et :


A ■ se donner le plaisir de le condamner à mort ;
B ■ ne pas se présenter au tribunal ;
C ■ lui avait raconté comment les jurés avaient décidé.

10 Justement ce matin-là, il éprouvait :


A ■ la certitude que Mathilde ferait tout son possible ;
B ■ le remords de ne pas aimer son père ;
C ■ le besoin de voir son père.

Grammaire
2 Ajoute la ponctuation dans le texte.
Je deviens fou et injuste se dit Julien en se frappant le front je
suis isolé ici dans ce cachot mais je n’ai pas vécu isolé sur la Terre
j’avais la puissante idée du devoir le devoir que je m’étais prescrit
à tort ou à raison a été comme le tronc d’un arbre solide auquel
je m’appuyais pendant l’orage je vacillais j’étais agité après tout je
n’étais qu’un homme mais je n’étais pas emporté
C’est l’air humide de ce cachot qui me fait penser à l’isolement
Et pourquoi être encore hypocrite en maudissant l’hypocrisie
ce n’est ni la mort ni le cachot ni l’air humide c’est l’absence de
Mme de Rênal qui m’accable si à Verrières pour la voir j’étais
obligé de vivre des semaines entières caché dans les caves de sa
maison est-ce que je me plaindrais

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GRAND ANGLE

Stendhal
L’observateur réaliste

Stendhal, pseudonyme d’Henri Beyle


Né à Grenoble le 23 janvier 1783, Stendhal, l’initiera à l’esprit de liberté. La dureté de son
dont le vrai nom est Henri Beyle, est issu précepteur fait naître en lui l’horreur de la
d’une famille bourgeoise. Sa mère meurt religion et de la monarchie. Lorsqu’il a dix ans
quand il a sept ans, et cela le marquera a lieu l’exécution de Louis XVI qu’il apprend
énormément. Il se révolte contre son père, donc avec enthousiasme. À treize ans, il entre
avocat au parlement du Dauphiné, qui à l’école centrale de Grenoble. Mais il aspire
s’occupe peu de lui, est peu présent et éduque à aller à Paris, où il arrivera en 1799. Après
ses enfants avec beaucoup de rigidité aidé le coup d’état de Napoléon Bonaparte, il fait
de la sœur de sa femme et d’un précepteur partie de l’armée d’Italie, ce qui le passionne
que Stendhal détestera. Alors il a beaucoup vu ses origines italiennes de par sa mère, et
d’affection pour son grand-père maternel, entre en Lombardie en 1800. Mais en 1802,
admirateur du siècle des Lumières, qui il démissionne pour retourner à Paris. Là, il

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Profil d’une œuvre
Peu avant 1830, deux faits divers donnent
à Henri Beyle l’idée d’écrire Le Rouge et le
Noir. Le principal est l’affaire du séminariste
Berthet qui a été condamné à mort pour avoir
tué sa maîtresse. Publié en 1830, il s’agit d’un
roman qui observe toute la génération des
derniers jours de la Restauration et les tensions
politiques qui culminent à la Révolution de 1830.
Réaliste sans le savoir, Beyle veut montrer « la
vérité, l’âpre vérité ». Cette création littéraire
compense en quelque sorte les déceptions et
les mesquineries que la vie lui réserve, c’est ce
qui explique le plaisir profond qu’il éprouve en
écrivant.
Henri Beyle signera son roman du pseudonyme
‘Stendhal’ qu’il voulait qu’on prononce
‘scandale’. Comme toutes les œuvres de Épigraphe sur sa tombe
Stendhal, Le Rouge et le Noir laisse ceux de que lui-même a voulu en italien
ses contemporains qu’il n’a pas choqués assez « Henri Beyle, Milanais, j’ai écrit,
indifférents. Son roman ne sera reconnu que vers j’ai aimé, j’ai observé ».
la fin du XIXème siècle.

fréquente les théâtres, a plusieurs aventures pas cessé d’écrire, mais sans grand succès. En
amoureuses. Mais son rêve est l’écriture 1830, il est consul en Italie. Il publiera diverses
car il voulait être un auteur dramatique et œuvres sous différents pseudonymes. Il ne
rivaliser avec Molière. De 1806 à 1814, il suit signera ‘Stendhal’ qu’en 1817.
l’armée impériale en Autriche et en Russie, Enfin le succès arrive doucement avec Le
puis il retourne à Paris où il est auditeur Rouge et le Noir, puis surtout avec
au Conseil d’État, mais il retourne à Milan La Chartreuse de Parme, qui sera son œuvre
où il vit jusqu’en 1821 et il tombe follement majeure, et bien d’autres, bien que Stendhal
amoureux de Mathilde Dembowski. Suspecté ne soit vraiment apprécié, comme il le disait
de libéralisme, il se réfugie à Paris où il reste lui-même, qu’après 1880.
jusqu’à 1830. Il revient à Paris en 1841 et y meurt en 1842
Pendant toutes ces années, Henri Beyle n’a d’une crise d’apoplexie.

147
GRAND ANGLE

Stendhal, du romantisme
à l’égotisme
Stendhal, un romantique dont l’esprit est voltairien
Le romantisme est le climat de la société de en marge du monde alors, pour se sentir
tout un siècle, né suite à la Révolution, qui quelqu’un, ils écrivent, ils peignent, ils
s’est renforcé grâce au prestige de Napoléon, sculptent. Ils en viennent à penser que la
et auquel les curiosités de l’exotisme ont souffrance est le privilège des âmes ne faisant
accentué le désir de rêverie. pas partie du commun car, poussés par leur
Les romantiques ont le sentiment d’être besoin de vivre une vie digne de ce nom, ils

Courbet, auto-portrait

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recherchent l’unicité, l’anticonformisme. Leur pourvu d’une intelligence toujours en éveil et
souffrance devient alors source d’inspiration et passionnée, prête à s’enflammer. Il abhorre
les apaise. En littérature, le romantisme devient tout ce qui n’est pas vrai, authentique et
un courant littéraire où domine le lyrisme. rejette donc l’hypocrisie. Mais cette hypocrisie
Stendhal, lui, est un romantique qui lutte le tente, elle devient alors l’expression de
contre le romantisme de ses contemporains sa haine pour la Restauration et contre la
car sa manière de sentir se différencie de la monarchie de Juillet. Dans ses romans, il en fait
leur. Son grand-père maternel lui fait goûter, un jeu subtil, presqu’une forme d’art ; ce sera à
encore petit, la philosophie du XVIIIème siècle, travers l’ironie qu’affleurera la vérité profonde
il est donc fortement marqué par l’esprit dont il est constamment à la recherche, une
voltairien. Ayant horreur de l’attendrissement ironie qui sera toutefois très différente, parce
facile, il n’aime pas les élans de la sensibilité et que parfois même sympathique, de celle de
de l’imagination qu’il réprime, bien qu’il soit Voltaire.

Le Beylisme
Il représente une conception de la vie et un art de vivre constamment à la recherche du bonheur.
Henri Beyle et ses héros les plus typiques ont deux traits de caractère que certains ont jugé
inconciliables : ce sont des épicuriens passionnés. L’essentiel de la vie est, pour Stendhal, une sorte
de chasse au bonheur lors de laquelle les hommes se montrent véritablement eux-mêmes. Mais
pour cela, ils doivent agir individuellement pour pouvoir analyser leurs passions, ce qui est réservé à
l’élite des Happy few, qui sont ces êtres qui veulent l’indépendance, qui sont pourvus d’intelligence,
de sensibilité, de jeunesse d’esprit, d’amour du beau, de refus des bassesses et de volonté.

L’égotisme
S’agissant d’un individualisme poussé à l’extrême,
l’égotisme équivaut chez Stendhal à l’introspection
psychologique. Il s’agit d’un individualisme voué
au culte du moi, un culte qui ne baigne pas dans
l’inquiétude, mais est gai, plein d’enthousiasme
et désireux de conquête. Ce terme fait partie de
la langue française depuis 1838 seulement. Dans
Ses souvenirs d’égotisme, Stendhal a étudié les
mécanismes de la conscience qui permettent à
l’homme de penser, d’agir, de sentir tout en lui.

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