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ZAD AL MUSTAQNI' - Imam Al Hajjawy

Commentaire par Salih ibn Fawzan al Fawzan

CHAPITRE – ZAKAT (Introduction) :

Fawzan : Après nous avoir parlé des règles sur la prière, qui est le deuxième pilier de l’Islam,
l’auteur déplace notre attention sur le prochain pilier qui est la zakat (l’impôt obligatoire). La
Zakat est toujours mentionné avec l’accomplissement de la prière dans le Qur’an.

La définition linguistique de Zakat est purification. (Voir Lisan al-‘Arab 14/358) Allah a dit : « C’est
Lui qui a envoyé à des gens sans Livre (les Arabes) un Messager des leurs qui leur récite
Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse. » (Sourate Al Jumu’a – V.2)

Le terme Zakat peut également se référer à la croissance et à l'augmentation, car il augmente


littéralement la richesse de quelqu'un alors même qu'il donne son argent.
Le Prophète (‘Alayhi salat wa salam) a dit : « Le montant donné en charité ne diminue pas la
richesse. » [Hadith rapporté par Ahmad (4/231) et At-Tirmidhi (2325)] De plus la Zakat est par
conséquent, commeune purification de la saleté physique et spirituelle et de l'impureté. Il est
également défini comme la croissance, une augmentation et une bénédiction.

Celui qui ne croit pas en l’obligation de la Zakat a mécru en Islam et il est considéré comme un
apostat. Cela parce qu’il aura démentit Allah et Son Messager. De plus, il est essentiel que chaque
musulman sache que la Zakat est une obligation dans la religion.

Toutefois, s’il accepte le caractère obligatoire de la Zakat mais qu’il refuse de la payer en raison de
son avarice, alors l’obligation de la Zakat est réitérée à lui. Le dirigeant des musulmans devra
s’assurer qu’il complète son obligation. S’il persiste à refuser, le dirigeant des musulmans lui prend
de force et le réprimande pour sa défaillance de son obligation. Si ceux qui refusent de payer la
zakat ont une puissance militaire, le chef des musulmans doit leur faire la guerre pour les obliger à
se conformer à l'obligation. Abu Bakr As-Siddiq (Radiya Allahu ‘anhu) et les Compagnons ont
combattus ceux qui ont refusé de payer la Zakat jusqu’à qu’ils se soumettent aux lois de l’Islam et
payent la Zakat.

Hajjawy : Elle devient obligatoire sous cinq conditions : Que la personne soit libre, l’Islam,
qu’elle atteigne le nisab, propriété établie et qu’il la possède pour une année.

Fawzan : La Zakat devient obligatoire quand il y a ces cinq conditions qui sont présentes :
1) Une personne libre, l’esclave n’a pas besoin de payer la Zakat même s’il a, en sa
possession la richesse. Sa richesse appartient à son maître. La Zakat est obligatoire sur la
personne libre qui a, en richesse l’équivalent ou plus du taux fixe du nisab.
2) L’islam, la Zakat n’est pas obligatoire sur un mécréant, c’est-à-dire qu’elle ne lui ait pas
demandé tant qu’il est un mécréant. Car la Zakat est un acte d’adoration. Et ce n’est
accepté que pour un musulman. S’il embrasse l’Islam, il n’est pas nécessaire pour lui de
payer la Zakat car il avait manqué pendant qu'il était un mécréant. Il a besoin de payer la
Zakat pour l’année où il est devenu musulman et au-delà.
3) Qu’elle atteigne le Nisab, le nisab est un montant fixé sur quoi la Zakat est dû. Si
quelqu’un possède moins que ce montant, il n’a pas besoin de payer la Zakat. Le Nisab
diffère selon le type de richesse. L’argent (solide) et la monnaie ont un Nisab. L’or a son
propre Nisab. Les chameaux, moutons et vaches ont des différents Nisabs. Les produits de
la terre ont leur propre Nisab.
4) Une propriété établie, quand les fruits et les grains commencent à produire ou à mûrir,
la Zakat devient obligatoire sur eux. Toutefois, cela ne devient pas obligatoire jusqu’à ce
que ce ne soit pas établit. Donc si les arbres et les plantes viennent juste d’être plantés, la
Zakat n’est pas obligatoire à ce moment vu qu’il ne connait pas la quantité de fruits,
légumes, graines qu’il va récolter, ce qui n'a pas été provoqué par la négligence du
propriétaire, alors la zakat n'est pas obligatoire pour lui car il n'a pas atteint la richesse
qu'il attendait. Sa richesse n'a pas été établie.
5) Le posséder pendant un an, c’est-à-dire que la richesse soit en sa possession pendant
douze mois. Comme le Prophète (‘Alayhi salat wa salam) a dit : « Il n’y a pas de Zakat
excepté sur la richesse qui a été préservée pour un an. » [Hadith rapporté par At-Tirmidhi
(631), Ad-Daraqutni (2/90) et d’autres.] C’est-à-dire à partir du moment où il a gagné la
richesse.

Hajjawy : Sauf la Zakat sur les produits de la terre. Les exceptions à cela sont la
progéniture des bovins et le profit du commerce, même s'ils n'atteignent pas le nisab.
L'année fiscale est comptée à partir de la source de ces deux qui a atteint le nisab. S'il n'a
pas atteint nisab, alors il est combiné.

Fawzan: La condition que la richesse doit être possédé pour un an n’est pas applicable pour ce qui
suit :

1) La Zakat sur les produits de la terre. C'est la richesse sur laquelle un dixième devrait être donné
comme zakat. Pour les céréales et les fruits, la zakat est due au moment de la récolte même si cela
ne fait pas un an que la dernière fois qu'il a payé la zakat.

2) Les progénitures des bovins sont exemptés de la règle de posséder pendant un an. Une année de
possession pour la progéniture court en même temps qu’avec les adultes. C'est-à-dire que si la
progéniture vient de naître, la zakat est payée sur la progéniture avec celle des adultes si celle-ci a
atteint le nisab. Si son nisab n'est pas atteint, l'année fiscale est calculée à partir du moment où le
montant du nisab est atteint avec la naissance de la progéniture. Par exemple, une progéniture est
née d’un bovin qui a atteint le nisab au cours de l'année fiscale, la zakat pour la progéniture est
payée à la fin de l'année même si elle n'a pas été vivante pendant une année entière. C'est parce
que l'année de possession pour la progéniture est calculée en tandem avec les adultes.

3) Le profit du commerce. L’année fiscale du profit du commerce est calculée à partir du capital
d’investissement. Si le capital d’investissement a atteint le nisab et qu’il y a un profit dans le
commerce, alors la Zakat est payée pour le capital et le profit.

Toutefois, si le profit est retardé de peu de temps, alors la zakat pour le profit est due avec le
capital quand celui-ci est en possession depuis un an. Si le bénéfice n’était atteint qu’à la fin de
l’année, il ne serait pas pris en compte pour une année distincte. Au contraire, l'année du profit
coïncide avec le capital investi, à condition que ce dernier ait atteint le nisab. Si le capital investi
est inférieur au nisab, il doit être combiné avec le profit et l'année ne commence que plus tard.
Après une année de combinaison du capital et du profit, la zakat pour le montant total est payée.

Hajjawi : Celui qui a accordé des prêts ou une part de la dot ou d'autres biens qu'il a prêtés
à un débiteur solvable ou insolvable, doit antidater le paiement de la zakat lorsqu'il en
aura la possession.

Fawzan : La Zakat est obligatoire sur l’argent qui est en sa possession ou qui est en possession
d’autres personnes qui ont une dette envers lui. Cela car en définitive l’argent lui appartient.
Si une année s'est écoulée après l'octroi du prêt, il doit payer zakat si le débiteur est solvable et
règle la dette autrement. C'est parce qu'il y a une forte probabilité que le débiteur réglera la dette
bientôt si elle n’est pas déjà réglée. Cependant, que faire si le débiteur est insolvable et est
incapable de rembourser la dette ? Puisque le créancier ne sait pas si le débiteur lui rendra un jour
son argent, il n'a pas besoin de payer la zakat pour cette dette aussi longtemps que le débiteur
insolvable lui doit. Le créancier paie zakat pour la dette une fois qu'il l’a récupéré. De même est le
cas si l'argent est dû par quelqu'un qui possède l’argent et qui retarde le remboursement dans la
mesure où le créancier ne sait pas s'il sera remboursé ou non.

Hajjawy : La Zakat n’est pas payée sur un montant qui lorsque l’on soustrait sa dette de
celui-ci, cela diminue le montant qui tombe en dessous du nisab. Cela s'applique
également aux propriétés observables. L'expiation est comme une dette.

Fawzan : Nous avons vu précédemment ce qui concerne les créditeurs, maintenant nous allons
voir les débiteurs. C’est-à-dire, il a de la richesse mais il est également endetté. Certains savants
ont dit : Si le remboursement de sa dette réduit le montant en dessous du nisab, il ne payera pas la
Zakat. Par ailleurs, la Zakat est obligatoire pour lui sur le montant qui reste après avoir payé la
dette. (si cela ne descend pas en dessous du nisab)[Voir Al-Insaf 3/24] Il n’y a pas de Zakat sur le
montant payé comme dette.
« Cela s’applique également aux propriétés observables. » C’est-à-dire, la quantité, le montant qui
diminue en dessous du Nisab après le règlement de la dette comprend des biens observables et pas
seulement de l'argent. Un exemple de propriété observable serait les produits agricoles, le bétail et
d’autres produits commerciaux. Une propriété non observable serait l’argent.

L’expiation qui doit être réalisée par une personne est comme la dette qu'il doit. Les règles pour
les deux sont similaires car l'expiation est une dette envers Allah. Si, en payant son expiation, le
montant auquel la zakat est due diminue en dessous du nisab, alors il n'y a pas de zakat pour cela.

Hajjawy : S’il possède de jeunes progénitures comme bétail, l’année fiscal est calculée à
partir du jour où ils atteignent la valeur du Nisab.

Fawzan : La Zakat est obligatoire sur le bétail qui atteint la valeur du Nisab, l’âge des animaux
nonobstant. L’année fiscale est calculée à partir du moment où les animaux atteignent la valeur du
Nisab.

Hajjawi : Et si le montant diminue en dessous du Nisab durant le court de l’année fiscale


ou s’il s'il vendait une chose ou remplaçait ce qu'il avait pour un autre, tant qu'il n'avait
pas l'intention de perturber l'année fiscale pour échapper au paiement de Zakat. Il n'y a
pas d'interruption de l'exercice fiscal s'il remplace ce qu’il possède par quelque chose de
similaire.

Fawzan : Si par des évènements inattendus, la richesse de quelqu’un diminue en dessous du Nisab
ou s’il perd tout durant l’année, alors il n’y a pas de Zakat sur sa richesse. Cela car il y a une
absence de la condition qui rend le paiement de la Zakat obligatoire : c’est-à-dire atteindre la
valeur du Nisab.

Similairement, s'il devait vendre sa propriété au cours de l'année, il n'est pas tenu de payer la zakat
car il ne la possède plus. Toutefois, la Zakat est payée sur le montant qu’il reçoit (de la vente) si
cela atteint le Nisab et qui reste en sa possession durant un an.

S'il remplace ce qu’il possède avec autre chose, par exemple si un propriétaire de moutons qui ont
atteint le nisab décide de le vendre en échange de chameaux. Comme le nisab des moutons et des
chameaux varie, il est possible que les chameaux qu'il a échangés n'atteignent pas le nisab. Dans ce
cas, le propriétaire n'a plus à payer la Zakat sur les chameaux qu'il possède. Ceci est valable à
condition que son intention ne soit pas d'éviter la zakat. Avoir cette intention le rendra obligé de
payer la zakat sur la valeur des chameaux. C'est parce que le contournement n'absout pas les
droits dus aux personnes.

« Il n’y a pas d’interruption de l’exercice fiscal s’il remplace… » S’il remplace un type de bétail par
quelque chose de similaire, alors l’année fiscale n’est pas interrompue. Il ne commencera pas à la
date du dernier achat.
Hajjawy : La Zakat est obligatoire sous la même forme que celle de la richesse. C'est une
dette. Cependant, un mandat d'aumône ne signifie pas nécessairement la capacité de
payer la zakat ni la présence de la richesse. La Zakat est comme une dette assujetti sur
l'héritage.

Fawzan : La Zakat est payée sous la même forme de la richesse. Le Prophète (‘Alayhi salat wa
salam) a dit : « Un mouton pour chaque quarante moutons. » [Hadith rapporté par Abu Dawud
(1568), At-Tirmidhi (621) et d’autres.] La Zakat est une dette. Par exemple, si la richesse est
détruite après que la Zakat soit dû. Si la richesse était toujours en sa possession quand qu’elle a été
détruite, alors la Zakat devra être payer pour celle-ci. Dans le cas des dattes ou des grains non
mûrs, ils ne sont pas sa possession au sens figuré. Par conséquent, s'ils sont détruits avant la
récolte, la zakat n'a pas besoin d'être payée.

Si la richesse, sur laquelle la Zakat était due, était en sa possession quand elle fut détruite, alors il
doit payer la zakat pour cela, car la responsabilité était établie quand une année s'était écoulée et à
partir du moment où la richesse atteignait le nisab. Elle est considérée comme une dette qu'il doit,
lorsqu’il retarde le paiement de la zakat après son entrée en vigueur.

Il lui incombait d'accélérer le paiement de la zakat sans tergiverser, afin qu'aucune circonstance
imprévue ne l'empêche de s'acquitter de cette obligation. La Zakat était obligatoire sur lui avant
qu'elle (la richesse) ne soit détruite. Par conséquent, il n'est pas absous avec la perte de sa richesse
à condition qu'il était en sa possession.

« ni la présence de la richesse) Comme nous l’avons mentionné, la présence de la richesse n’est pas
une condition de la Zakat. Si elle est détruite, la Zakat reste obligatoire sur elle comme une
responsabilité, une dette a été établie. Elle est maintenant considérée comme une dette qu’il doit.

« La Zakat est comme une dette passible d’héritage. » Si une personne meurt avant d’avoir payer la
Zakat, cela devra être réglée avec l’argent qu’il aura laissé derrière lui comme la dette qu’il doit.
Cela car la dette due par le défunt est divisée en deux : la dette due à Allah et la dette due aux
personnes.

Des dettes due à Allah comme la Zakat, les expiations et les vœux. Il est obligatoire de s’en
acquitter avec l’argent qu’il aura laissé derrière lui avant même que son testament soit exécuté et
que l’héritage soit distribué. Cela est similaire avec la dette due aux gens. Ces deux types de dettes
devront être acquitter avec la richesse laissé par le défunt avant même d’exécuter le testament ou
de distribuer l’héritage.