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Chapitre 1 : Présentation de la zone d’étude

Introduction :
Afin de réaliser le projet de prévention contre les inondations de la ville de Yaoundé, il faut
tout d’abord bien connaître la ville et ses principales données historiques afin de procéder à la
modélisation hydrologique et hydraulique.
Dans ce premier chapitre, on va présenter la zone d’étude en décrivant les différentes
caractéristiques et les problèmes de la ville.

I. Cadre géographique de la zone d’étude :


Yaoundé, la capitale de Cameroun est une ville qui couvre une superficie de 304 km² dont
183 km² est urbanisée pour 3.5 millions d’habitants, de coordonnées géographiques « 3° 52' 0
N » de latitude et « 11° 31' 0 E » de longitude (horlogeparlante.com), son relief est caractérisé
par un étendu de sept collines traversées par des vallées marécageuses, pour cela elle a été
nommée « la ville de sept collines ». Le point le plus haut ou culminant de la région est
d’environ 1100 m au mont Fébé.
Ses limites géographiques sont :

- L’arrondissement d’Okokla au Nord.


- Le département de la Mefou-Akono au Sud.
- Le département de la Mefou-Afamba à l’Est.
- L’arrondissement de Nbankomo à l’Ouest.

Figure 1-1 : Localisation de la ville de Yaoundé


(worldcitymaps.blogspot.com)
La ville de Yaoundé est traversée par plusieurs cours d’eau dont le plus important est celui de
Mfoundi, qui est un fleuve qui traverse le centre commercial au cœur de la ville à travers des
canalisations souterraines.
La zone d’étude est couverte des bassins et sous-bassins versants, dans ce présent projet on va
s’intéresser de la prévention contre les inondations du bassin versant principal traversé par le
fleuve Mfoundi au centre de la ville.

II. Conditions climatiques :


La ville de Yaoundé est caractérisée par un climat subéquatorial, tempéré par l’altitude de la
région. Actuellement ce climat subit une élévation de température et un déficit de
précipitations ce qui peut engendrer certains problèmes relatifs à la dégradation du couvert
végétal.
Le vent dominant de cette zone est un vent humide de direction Sud-Ouest.
Le climat subéquatorial comporte quatre saisons caractérisées par une alternance de deux
saisons sèches et deux humides réparties comme suit :

- Une longue saison sèche de mi-novembre à la fin du mois mars.


- Une courte saison de pluie du mois d’avril à mi-juin.
- Une courte saison sèche de mi-juin à mi-août.
- Une longue saison de pluie de mi-août à mi-novembre.

(Etude de prévention d’inondations de Yaoundé, 2017)

1. Température :

Le Tableau 1-1 indique les variations de la température moyenne, minimale moyenne et


maximale moyenne mensuelles entre les années 1982 et 2012.

Tableau 1-1: Variation de la température de Yaoundé entre 1982 et 2012 (climate-data.org)

Jan Fév Mars Avr Mai Juin Juil Aoû Sep Oct Nov Déc
Température 24.5 24.5 24.6 24.3 24.1 23.3 22.8 22.6 23.1 23 23.6 23.9
moyenne (°C)
Température 19.5 19.5 19.6 19.2 19.6 19.2 19 18.5 19 18.6 19 19.2
minimale
moyenne (°C)
Température 29.5 29.6 29.6 29.5 28.6 27.4 26.7 26.7 27.3 27.4 28.3 28.6
maximale
moyenne (°C)

Pour la ville de Yaoundé, la température minimale moyenne est de 18.5°C alors que la
température maximale moyenne est de 29.6°C.
Le mois le plus chaud est mars avec une température moyenne de 24.6°C alors que le mois le
plus froid est août avec une température moyenne de 22.6°C.
On peut remarquer que la variation de la température n’est pas assez importante entre le mois
le plus froid et le mois le plus chaud, on peut dire alors que la température moyenne est
presque stable avec une faible variation pour tous les mois de l’année.
2. Pluviométrie :

La pluviométrie moyenne annuelle enregistrée à la station de l’ancien aéroport de Yaoundé


est de 1470 mm entre les années 1974 et 2016.
La hauteur pluviométrique moyenne annuelle minimale est de 1122 mm en 1998, alors que la
hauteur maximale a atteint de 2066 en 1984 (SCET-Tunisie, 2019).

3. Nature du sol :

Le sol dans cette région est formé d’agrégats sablo-argileux et considéré comme sol
ferralitique. Ce type de de sol favorise le ruissellement superficiel plutôt que l’infiltration
grâce à la formation des cuirasses ferrugineuse qui permettent le durcissement le sol.

4. Contexte géomorphologique :

La ville de Yaoundé se caractérise par un relief accidenté, formé de haut plateaux variant
entre 700 et 800 m d’altitude et des zones montagneuses dont l’altitude des points culminants
ne dépasse pas 1100 m (Plan directeur d’urbanisme de Yaoundé, août 2018).
La ville aux sept collines se caractérise par deux types de crues :

- Des crues rapides entraînant des inondations torrentielles qui concernent les reliefs à
une forte pente.
- Des crues lentes entraînant des inondations étalées qui concernent les reliefs à une
faible pente.

En général, les crues dans cette ville sont davantage torrentielles grâce aux caractéristiques
physiques du milieu qui facilite les écoulements superficiels.

5. Réseau hydrographique :

Le drainage des eaux pluviales de cette ville est assuré par un réseau hydrographique
important qui comporte 4 cours d’eau principaux : Anga, Foulou, Méfou et Mfoundi.

- Mfoundi est la rivière principale qui draine la ville de Yaoundé. A l’amont, on trouve
les collines du Nord-Ouest de la ville et l’aval on trouve le cours d’eau Méfou qui
alimente le fleuve Nyong. Donc Mfoundi prend la direction Nord-Ouest – Sud-Est en
traversant toutes les communes de la région. Son bassin versant couvre une superficie
d’environ 95 km².
- Anga alimente aussi le cours d’eau Méfou mais il prend la direction Nord-Nord-Est –
Sud-Sud-Ouest. Son bassin versant appartient à Yaoundé 4 au Sud-Est de la ville, sa
superficie est d’environ 62 km².
- Foulou est une rivière qui s’oriente vers le Nord contrairement aux autres cours d’eau
et traverse les communes de Yaoundé 1, 2, 4 et 5. Son bassin versant s’étend à 104
km².
- Méfou est suitée à L’Ouest de la ville et traverse les communes de Yaoundé 2, 6 et 7.
Son bassin versant est le plus important avec une superficie d’environ 236 km².

(Etude du plan directeur d’assainissement de Yaoundé, 1993)


Pour ce travail, on va s’intéresser de la rivière Mfoundi qui couvre le centre de la ville
Yaoundé où les problèmes des inondations sont les plus menaçantes.
La figure 1-2 montre les communes de la ville de Yaoundé.

Figure 1-2 : Communes de Yaoundé (worldcitymaps.blogspot.com)


6. Plans d’eau naturels :

Il existe plusieurs plans d’eau qui couvrent la ville, parmi ces plans d’eau :

- Le lac Municipal : ce lac est considéré comme le plus important de la ville avec une
longueur de 800 m et une largeur de 300 m. Il est situé entre le quartier administratif et
le quartier résidentiel dans la vallée du plateau Atamengue.
- Les lacs Efoulan, Biyemassi et Nsimeyong du bassin de Biyeme.
- Les lacs de Ngoa Ekéllé dans le vallon Olezoa.
- Le lac de Nkolbisson.
- Les lacs de Nkolo.

7. Occupation du sol :

La connaissance des différentes zones d’occupation du sol est indispensable pour la


connaissance de l’imperméabilité du sol afin de procéder à l’analyse hydrologique.
Pour cela un travail a été effectué afin de distinguer la nature d’usage du sol dans la ville.
On a alors subdivisé la ville de Yaoundé selon les différentes zones caractérisant l’occupation
du sol afin de connaître l’espace occupé de chaque zone par rapport à la surface totale de
chaque sous bassin de la zone d’étude, les données ont été fournies par le bureau d’étude
SCET-Tunisie, la délimitation des zones a été faite comme suit :

- Zone d’habitat (haut et moyen standing, spontané et spontané périurbain)


- Zone de périphérie en développement
- Zone d’équipements
- Zone industrielle
- Zone administrative
- Zone commerciale
- Zone de marécage
- Zone verte
- Zone montagneuse

Le plan d’aménagement de la ville est représenté dans la figure 1-3 où on peut distinguer les
différentes classes d’occupation du sol.
Figure 1-3 : Plan d'aménagement urbain de Yaoundé
6. Démographie :

La ville de Yaoundé comme la plupart des villes africaines subit une évolution
démographique importante, ce qui affecte l’extension urbaine dans cette région.
En 1976, le nombre d’habitant a été estimé à 314 milles habitants, ce chiffre s’est multiplié à
649 milles en 1987.
Entre 1987 et 2005, la population de Yaoundé a presque triplé pour atteindre 1.9 millions
d’habitant avec un taux de croissance annuel moyen de 5.7 %.
D’après les documents fournis du plan directeur d’assainissement de Yaoundé, le nombre
d’habitants de la ville a atteint 2.7 millions d’habitants en 2014 et il est passé à 3.4 millions en
2017. Il est prévu qu’il atteindra 6 millions d’habitants en 2035 (Etude d’assainissement des
eaux usées de Yaoundé, 2016).
Le Tableau 1-2 résume l’évolution démographique de Yaoundé de 2005 jusqu’à 2035.

Tableau 1-2 : Evolution démographique de Yaoundé (Etude d’assainissement des eaux usées de Yaoundé, 2016)

Année Taux de Yaoundé Yaoundé Yaoundé Yaoundé Yaoundé Yaoundé Yaoundé Yaoundé
croissance 1 2 3 4 5 6 7 (hab)
annuelle (hab) (hab) (hab) (hab) (hab) (hab) (hab)
intercensitaire
(%)
2005 281536 250085 251851 477380 365087 268928 93108 1987975
2010 5.9 369647 319826 330910 639992 348819 353253 124738 2487185
2014 4.5 440069 374151 394756 770656 415297 420885 148905 2964719
2017 4.5 502191 426968 450482 879446 475922 477299 169924 3382232
2020 3.5 539447 457267 484335 948956 509527 515538 182524 3637594
2025 3.5 645927 540471 573849 1127062 603698 610820 216258 4318085
2030 3.4 764624 626554 678267 1332142 713547 721965 255608 5092707
2035 3.4 903776 726348 801684 1574538 843384 853333 302118 6005181

L’extension spatiale varie en fonction de la croissance démographique, plus le nombre


d’habitants évolue plus la surface urbanisée augmente.
En effet, cette surface a évolué de 4000 ha à 15000 ha entre les années 1980 et 2000 avec un
taux de croissance annuel de 7.1 % qui est proche du taux de croissance démographique
annuel pour la même période (6.8%).
D’après les résultats trouvés lors du diagnostic pour l’élaboration du plan directeur
d’urbanisme de Yaoundé, les quartiers centraux seront les plus affectés par une densification
urbaine et un développement des quartiers périphériques.
Les populations pauvres se concentrent généralement dans les zones inondables et donc dans
les bassins à forte pente.
On trouve aussi une densification des anciens quartiers de manière anarchique ce qui
provoque un véritable désordre urbain.
Le Tableau 1-3 montre l’évolution de la surface urbanisée ainsi que le nombre d’habitants
pour les trois périodes (1958-1979, 1980-2000 et 2001-2017)
Tableau 1-3 : Développement urbain de Yaoundé (Plan directeur d’urbanisme de Yaoundé, août 2008)

Phase Surface urbanisée (ha) Population (hab)


1958 - 1979 1500 à 4000 58000 à 350000
1980 - 2000 4000 à 16000 350000 à 1800000
2001 - 2017 16000 à 31000 1800000 à 3381000

On peut remarquer que le développement urbain de la ville est très rapide ce qui rend
l’extension spatiale difficile à gérer. Ceci est traduit dans la figure 1-4 qui montre l’extension
urbaine entre 1980 et 2001.

Figure 1-4 : Evolution de la surface urbanisée entre 1980 et 2001 (Plan directeur d’urbanisme de Yaoundé, août
2008)

III. Inondations à Yaoundé :


1. Historique des inondations :

Yaoundé, la capitale de Cameroun est de plus en plus menacée par le risque d’inondations
récurrentes et parfois catastrophiques dues principalement au débordement du Mfoundi.
Historiquement, cette ville a été affectée plusieurs fois par des inondations considérées parfois
catastrophiques, les évènements historiques les plus marquées sont :
- Du 25 au 26 avril 2008 :

La nuit du 25 au 26 avril, une pluie de forte intensité a frappé de nombreux quartiers


notamment Nkolbisson et a causé des dégâts importants (fr.allafrica.com).

- 25 mai 2009 :

L’eau a envahi le carrefour Warda de la rue qui relie le rond-point de la Poste au marché du
Mfoundi le jour du 25 mai 2009 entre 8h30 et 11h, ce qui a provoqué une augmentation du
niveau de l’eau dans la région mettant un terme à la circulation dans cette zone
(journalducameroun.com).

- 12 septembre 2017 :

Ces inondations ont provoqué des dégâts humains et matériels, dans les quartiers Nkolbisson
et surtout dans Nkolmesseng (esc-environnement.org).

- 29 mai 2018 :

Le 29 mai dernier, plusieurs quartiers ont été envahis par les eaux, à cause d’une forte pluie
aux alentours de 17h, l’avenu Kennedy est considéré comme le lieu le plus touché par cette
catastrophe (journalducameroun.com).

2. Causes des inondations :

Parmi les causes qui ont provoqué des inondations dans la ville :

- La pollution : Bouchage des lits des cours d’eau et des ouvrages par des déchets
solides.
- Le sous dimensionnement des ouvrages hydrauliques
- L’empiètement des lits par plusieurs constructions anarchiques

Figure 1-5 : Empiétement du lit de Mfoundi (SCET-Tunisie, Figure 1-6 : Pollution (SCET-Tunisie, juin 2017)
juin 2017)
3. Cas particuliers :

 Cas particulier du rond-point de la poste :

Le rond-point de la poste est situé au cœur de la ville, il a subi plusieurs inondations qui ont
provoqué une paralysie totale.

La rivière Mfoundi traverse le cœur de la ville via un collecteur enterré, il draine une
superficie d’environ 22.6 km² des eaux pluviales et il s’agit de quatre dalots de 283 m de
longueur (Etude de prévention d’inondations de Yaoundé, 2017).

Figure 1-7 : Cas du rond-point de la poste (journalducameroun.com)

Parmi les causes d’inondations du carrefour de la poste :

- L’obturation partielle de l’ouvrage par des déchets solides qui causent la perturbation
du fonctionnement de l’ouvrage et réduisent sa capacité pour le drainage des eaux
pluviales. De plus, cet ouvrage est mal entretenu puisque il n’a été curé qu’en 1999
puis en 2008 depuis sa construction en 1985.
- La stagnation des eaux de ruissellement puisque les grilles et les avaloirs sont souvent
obturés, donc le réseau de drainage n’est pas fonctionnel.
- L’élévation du niveau de l’eau et le débordement du Mfoundi à cause du blocage
causé par les déchets. Le débordement rejoint superficiellement le carrefour de la
poste.
 Cas particulier de l’avenue Kennedy :

L’avenue Kennedy est fréquemment inondé, il est situé à une altitude de 380 m du rond-point
de la poste.
La figure 1-8 a été prise lors des inondations du 29 mai 2018.

Figure 1-8 : Inondations du 29 mai 2018 à Kennedy (camer.be)

L’avenue Kennedy est traversé par le cours d’eau Djoungolo qui est un affluent du Mfoundi,
composé de deux tronçons :

- Un tronçon amont de longueur 400 m avec une section de 1.5m x 0.8m.


- Un tronçon aval de longueur 150 m raccordé avec le cours d’eau Abiergueu ayant une
section de 2.5m x 1.5m (Etude de prévention d’inondations de Yaoundé, 2017).

Les principales causes d’inondations sont :

- Le bouchage de la plupart des grilles qui assurent le drainage des eaux pluviales de
l’avenue.
- L’obturation des dalots aval sur l’abiergueu et sur le Mfoundi
- Le sous dimensionnement du collecteur enterré.

4. Aménagements réalisés :

Au centre-ville de Yaoundé, le réseau de drainage des eaux pluviales comporte des caniveaux
bétonnés, des fossés, des dalots et des buses enterrées. Ce réseau n’est pas assez efficace et est
mal entretenu ce qui a engendré des perturbations lors du fonctionnement de ces ouvrages et
ainsi, la ville rencontre des inondations de plus en plus fréquentes.
Pour cela des mesures ont été prises pour l’aménagement des ouvrages existants afin réparer
le système de drainage existant lors du Projet d’Assainissement de Yaoundé (PADY).
Les aménagements réalisés lors de l’étude de ce projet sont :
- La protection et le curage des principaux collecteurs sur le cours d’eau Abiergueu,
Ekozoa et Mfoundi amont afin de piéger les déchets solides qui causent l’obturation de
ces ouvrages par dégrillage.
- L’extension du canal Mfoundi aval sur 5 km de longueur.
- Le redimensionnement du canal Mfoundi sur environ 3.5 km de longueur.
- La construction des canaux sur les affluents dans la partie amont du Mfoundi pour une
distance d’environ 13.6 km.
- L’aménagement des alentours du canal afin de faciliter son entretien et limiter le
risque de débordement.
- La construction des ouvrages de franchissement.

(Etude de prévention d’inondations de Yaoundé, 2017)

Conclusion :
Dans ce présent chapitre on a présenté la zone d’étude de Yaoundé afin de déterminer les
aléas et les enjeux qui définissent le risque des inondations pour cette région.
Dans une première partie on a cité les différentes caractéristiques de la région en ce qui
concerne les conditions climatiques, la morphologie du terrain, l’évolution démographique et
le réseau hydrologique.
Dans une deuxième partie on a évoqué le problème des inondations, ses évènements
historiques, ses causes et des cas particuliers pour la ville de Yaoundé qui décrivent les lieux
les plus menacés par cette catastrophe naturelle.

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